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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>L'enfant comme m&#233;diateur subreptice du territoire</title>
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		<dc:date>2026-02-02T11:10:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manon Leseur et Utopik</dc:creator>


		<dc:subject>enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>art</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le M&#212;ME, c'est d'abord un dr&#244;le de camion vert et blanc qui se gare dans la cour d'une &#233;cole. Et &#224; chaque fois, la sc&#232;ne se r&#233;p&#232;te : les enfants collent leurs visages aux vitres, les yeux ronds comme des billes, un sourire d&#233;j&#224; accroch&#233; aux l&#232;vres, parfois un sourcil intrigu&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/enseignement" rel="tag"&gt;enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2791-8b19a.jpg?1772186913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le M&#212;ME, c'est d'abord un dr&#244;le de camion vert et blanc qui se gare dans la cour d'une &#233;cole. Et &#224; chaque fois, la sc&#232;ne se r&#233;p&#232;te : les enfants collent leurs visages aux vitres, les yeux ronds comme des billes, un sourire d&#233;j&#224; accroch&#233; aux l&#232;vres, parfois un sourcil intrigu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; C'est quoi ? Un food truck ? Une biblioth&#232;que ? Un pestacle ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On descend, on sourit, on ouvre les portes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de frites, pas de livres : &#224; l'int&#233;rieur, il y a des &#339;uvres. Des images, des mati&#232;res, des formes &#224; regarder, &#224; toucher parfois, &#224; apprivoiser. Et toujours ce m&#234;me instant suspendu : le silence fragile qui pr&#233;c&#232;de la d&#233;couverte, juste avant que l'atelier ne s'anime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le M&#212;ME : caMion d'exp&#212; noMade en bocagE, traverse les villages d'une Normandie rurale o&#249; les &#233;quipements culturels sont parfois &#233;loign&#233;s, o&#249; la sortie scolaire peut devenir un parcours du combattant. Alors la logique s'inverse : si les enfants ne peuvent aller vers l'art, c'est l'art qui vient jusqu'&#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la visite du camion et les ateliers men&#233;s en classe, survient un moment d&#233;cisif : les enfants reviennent&#8230; mais accompagn&#233;s. Parents, fr&#232;res, s&#339;urs, grands-parents, nounous. Ils n'ont re&#231;u aucune &#171; formation &#187; pour guider une exposition. Et pourtant, ils guident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que r&#233;side l'une des forces du M&#212;ME : il d&#233;place les r&#244;les.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous montrons. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les enfants regardent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, tr&#232;s vite, ils s'approprient, interpr&#232;tent, inventent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23084 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/_dsc0133-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH331/_dsc0133-2-26a30.jpg?1772188046' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un jour, un gar&#231;on s'est approch&#233; d'une peinture et a murmur&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est vraiment la vraie&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Un autre m'a d&#233;crit un tracteur invisible dans une toile : il l'&#8220;avait bien vu&#8221;, noir et blanc, comme ceux que conduit son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces interpr&#233;tations, nous ne cherchons pas &#224; les corriger. Elles disent quelque chose de pr&#233;cieux : l'exposition continue ailleurs que dans nos intentions. Elle se prolonge dans l'imaginaire, dans l'exp&#233;rience v&#233;cue, dans les r&#233;cits personnels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors les enfants reviennent dans le camion, plus assur&#233;s. Ils deviennent conteurs. Ils racontent, ils montrent, ils expliquent. Ils redistribuent l'exp&#233;rience avec leurs mots, leurs gestes, leurs images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pense souvent l'enfant comme simple b&#233;n&#233;ficiaire d'un dispositif culturel : un public captif, un r&#233;cepteur &#224; instruire. Le M&#212;ME propose autre chose : il r&#233;v&#232;le l'enfant comme acteur de la m&#233;diation, comme passeur entre l'exposition, sa famille, son village, son territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette m&#233;diation enfantine n'a rien de magique ou de spontan&#233;. Le M&#212;ME ne remplace pas la m&#233;diation : il en r&#233;v&#232;le la n&#233;cessit&#233;. Ce qui se joue dans ce camion est le r&#233;sultat d'un agencement pr&#233;cis : un espace pens&#233;, une pr&#233;sence adulte bienveillante, une attention r&#233;elle port&#233;e &#224; la parole de l'enfant, une mani&#232;re d'accueillir son regard sans l'invalider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans intervenants, le M&#212;ME ne serait qu'un volume am&#233;nag&#233; ; sans enfants, une simple exposition itin&#233;rante. C'est la rencontre, orchestr&#233;e mais jamais dirig&#233;e, qui rend possible cette &#233;mancipation discr&#232;te. On pense ici au ma&#238;tre ignorant de Jacques Ranci&#232;re : un cadre qui n'explique pas pour combler un manque, mais qui autorise chacun &#224; produire du sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ranci&#232;re rappelle qu'expliquer, c'est souvent partir du principe que l'autre ne peut pas comprendre par lui-m&#234;me. Dans le camion, le plus souvent, nous laissons les enfants d&#233;crire ce qu'ils voient, sans livrer imm&#233;diatement le bon sens de l'&#339;uvre, s'il en existe un. Parfois, nous partageons aussi ce que nous savons, une intention de l'artiste, un contexte, mais sans fermer l'interpr&#233;tation. Dire &#171; je n'ai pas toutes les r&#233;ponses &#187; devient alors un geste p&#233;dagogique &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette posture tranche nettement avec celle de l'institution scolaire, o&#249; les instituteurs et institutrices, parfois d&#233;stabilis&#233;s par cette approche ouverte, sont plus habitu&#233;s &#224; proposer des activit&#233;s fortement encadr&#233;es visant un r&#233;sultat attendu, mesurable et conforme &#224; des objectifs p&#233;dagogiques pr&#233;d&#233;finis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait &#233;galement rappeler l'&#233;tymologie latine du mot infans : &#171; celui qui ne parle pas &#187;. Or, dans le M&#212;ME, les enfants parlent beaucoup. Ils parlent parce qu'on leur en donne la possibilit&#233;, mais surtout parce que l'espace les y autorise. Le camion cr&#233;e en effet un environnement singulier : ni salle de classe, ni mus&#233;e, ni maison. Un espace liminal, plus petit, plus intime, moins impressionnant qu'une galerie. On peut s'approcher tr&#232;s pr&#232;s des &#339;uvres sans alarme, parler sans d&#233;ranger d'autres visiteurs, circuler librement. Cette libert&#233; favorise une relation d&#233;complex&#233;e &#224; l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a cependant ses limites. Si le dispositif fonctionne puissamment avec les enfants, il agit moins directement sur les adultes. Certains parents n'osent pas toujours monter dans le camion :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; on voit tr&#232;s bien d'ici &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;, certains passants restent &#224; distance. L&#224; encore, il n'y a pas d'&#233;chec, mais une r&#233;alit&#233; sociale avec laquelle composer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_3988.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH324/img_3988-10eaa.jpg?1768070525' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Simondon dirait que le M&#212;ME n'est pas seulement un camion : c'est un objet technique en cours d'individuation, un &#234;tre hybride qui n'existe pleinement que dans sa relation aux routes, aux villages, aux &#233;coles et surtout aux enfants. L'exposition n'y est jamais tout &#224; fait la m&#234;me. Elle se recompose &#224; chaque arr&#234;t, &#224; chaque r&#233;cit, &#224; chaque regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;diation, ici, n'est pas un programme fig&#233;. C'est un processus vivant, mouvant, transductif. Elle passe par les d&#233;tours de l'imaginaire enfantin, parfois sans logique apparente pour nous, adultes. Les enfants retiennent, d&#233;forment, inventent. Ils transportent l'exposition dans la voiture du retour, puis sur la table de la cuisine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce cheminement suit une s&#233;quence simple mais d&#233;cisive : voir, faire, puis raconter. Visite, atelier, retour en famille. C'est cette cha&#238;ne qui permet &#224; l'exp&#233;rience de circuler vers d'autres espaces : la maison, la cour, le village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est improvis&#233; : l'absence de jugement dans l'atelier, l'absence d'&#233;valuation, la libert&#233; accord&#233;e au geste rendent possible l'appropriation. Sans le savoir, les enfants &#233;largissent le territoire culturel de leur village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait enfin rapprocher le projet du M&#212;ME de ce qu'Aur&#233;lie Armellini nomme le devenir-araign&#233;e du m&#233;diateur culturel : un tisseur de relations, un cr&#233;ateur de circonstances. Le M&#212;ME tisse des fils entre &#339;uvres, enfants, familles, villages, imaginaires. Ce tissage n'est pas seulement po&#233;tique : il est profond&#233;ment politique, au sens o&#249; il d&#233;veloppe une attention &#224; l'autre, &#224; la complexit&#233; des exp&#233;riences, et &#224; la possibilit&#233; d'exister ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'enfant guide ses parents, il n'applique pas un savoir : il compose un r&#233;cit. Il devient interpr&#232;te &#224; partir de sa propre exp&#233;rience. Ce qu'il transmet n'est pas ce qu'il a appris, mais ce qu'il a invent&#233; en regardant. Cette invention ne fait pas dispara&#238;tre l'&#339;uvre : elle la prolonge. Les &#339;uvres conservent leur densit&#233;, leur qualit&#233; esth&#233;tique. Elles offrent un cadre commun &#224; l'int&#233;rieur duquel se d&#233;ploient des interpr&#233;tations multiples. L'enfant ne dissout pas l'&#339;uvre : il l'actualise, il en explore des possibles inattendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'art circule mieux qu'on ne le croit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se glisse dans l'imaginaire d'un enfant, puis dans un village entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il trouve l&#224; son territoire le plus inattendu : celui de la transmission involontaire, joyeuse et profond&#233;ment humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et peut-&#234;tre que c'est cela au fond le r&#244;le secret du M&#244;me : r&#233;v&#233;ler que l'enfant n'est pas seulement celui qu'on instruit mais celui qui relie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brendan Fravalo &amp; Manon Leseur&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une histoire de casier</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Une-histoire-de-casier</link>
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		<dc:date>2025-12-28T16:48:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Myriam Mechita</dc:creator>


		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>censure</dc:subject>
		<dc:subject>enseignement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un dossier portant sur la censure dans les arts et la culture ne peut certes pr&#233;tendre &#234;tre complet alors que les questions pos&#233;es sont tr&#232;s nombreuses. En revanche, r&#233;parti sur six articles, dont voici le quatri&#232;me, il ne pouvait &#233;viter de s'int&#233;resser &#224; l'exercice potentiel de la censure dans les &#233;coles d'art. Et ceci sous plusieurs angles. Mais surtout, outre la censure des pratiques, il fallait se demander si un enseignement portant sur la censure, englobant la mani&#232;re d'y r&#233;agir, ne serait pas central dans les cursus.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Art-contemporain-176" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/censure" rel="tag"&gt;censure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/enseignement" rel="tag"&gt;enseignement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2786-0229d.jpg?1772189653' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un dossier portant sur la censure dans les arts et la culture ne peut certes pr&#233;tendre &#234;tre complet alors que les questions pos&#233;es sont tr&#232;s nombreuses. En revanche, r&#233;parti sur six articles, dont voici le quatri&#232;me, il ne pouvait &#233;viter de s'int&#233;resser &#224; l'exercice potentiel de la censure dans les &#233;coles d'art. Et ceci sous plusieurs angles. Mais surtout, outre la censure des pratiques, il fallait se demander si un enseignement portant sur la censure, englobant la mani&#232;re d'y r&#233;agir, ne serait pas central dans les cursus. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;small&gt;Myriam Mechita rend compte de ces dimensions qu'elle souligne par trois photos de sa part sur ses propres expositions. &lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis heureuse de m'inscrire dans cette r&#233;flexion vive et intense sur les questions de censure et leurs dimensions politiques au sein des milieux artistiques et notamment au sein des formations en &#233;cole d'art. Je tiens d&#232;s le d&#233;but de ce texte &#224; m'excuser pour son style et sans doute son manque d'&#233;criture scientifique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'explique : Je pourrais commencer par vous citer des tonnes de phrases tr&#232;s jolies sur le r&#244;le exact de l'art&#8230; &lt;i&gt;&#171; L'art n'est pas fait pour d&#233;corer les murs mais pour les d&#233;foncer &#187;&lt;/i&gt;. Ou dit avec plus d'&#233;l&#233;gance, &lt;i&gt;&#171; l'art n'est pas fait pour orner les murs mais exprimer l'inexplicable &#187;&lt;/i&gt; (Klimt). Je pourrais trouver une multitude de d&#233;finitions sur ce qu'est l'art et son r&#244;le pr&#233;cis dans une soci&#233;t&#233; telle que la n&#244;tre, mais avant cela, je vais contextualiser ma parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me pr&#233;sente, Myriam Mechita, artiste plasticienne dipl&#244;m&#233;e des Arts D&#233;coratifs de Strasbourg en 1997 (ancien nom de la HEAR &#224; Strasbourg), enseignante &#224; l'ESAM de Caen depuis 2006. J'ai un parcours constitu&#233; de r&#233;sidences, d'expositions, de collaborations, d'interventions dans des milieux tr&#232;s diff&#233;rents &#8212; m&#233;dicaux (h&#244;pitaux psychiatriques), carc&#233;raux ou m&#234;me scolaires &#8212; et j'ai quelques concours de la fonction publique &#224; mon actif. Depuis deux ans, je suis &#233;galement chercheuse et doctorante en philosophie contemporaine sur un sujet d'actualit&#233;, le statut des artistes plasticien&#183;nes. Une r&#233;flexion sur notre statut juridique, fiscal, &#233;thique, philosophique, voire artistique dans le cadre d'une th&#232;se de Recherche et Cr&#233;ation - Radian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du r&#244;le de l'art, de sa d&#233;finition m&#234;me et son essentialit&#233;, cr&#233;e une r&#233;sonance imm&#233;diate avec ce vivier r&#233;flexif tr&#232;s intense pr&#233;sent dans les &#233;coles d'art et leurs formations. Les questions de censure et d'autocensure ne sont pas imm&#233;diates, sans doute, mais bien souterraines et sont relay&#233;es par l'air du temps et son &lt;i&gt;&#171; on ne peut plus rien dire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la libert&#233; d'expression, pouvons-nous tout cr&#233;er librement ? Avons-nous le droit dans le cadre d'une formation en &#233;cole d'art de tout formuler, proposer et produire ? Est-ce que les &#233;coles d'art appellent &#224; une libert&#233; totale de cr&#233;ation ? Existe-t-il une limite &#224; ce qu'on peut y produire ? Est-ce que les &#233;coles d'art accompagnent ces questions de censure au sein m&#234;me de leur formation et des productions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;tayer le propos ou d'essayer de r&#233;pondre &#224; ces questions, je voudrais m'appuyer sur une r&#233;flexion et une perception totalement subjectives et intuitives issues de mon exp&#233;rience de plus de 20 ans en tant qu'enseignante et de mon double statut enseignante/artiste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23024 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_7641.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH341/img_7641-40f57.jpg?1772189566' width='500' height='341' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le myst&#232;re des idoles aux r&#234;ves color&#233;s
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;2021, &#224; la fondation Salomon
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, je me suis pos&#233; la question assez simple : est-ce que Chris Burden aurait pu r&#233;aliser aujourd'hui sa performance &lt;i&gt;Five Day Locker Piece&lt;/i&gt; de 1971, lui permettant d'obtenir son dipl&#244;me, enferm&#233; dans son casier pendant cinq jours, pli&#233; en quatre avec vingt litres d'eau ? Poussant ainsi &#224; l'extr&#234;me les limites de son corps, mais surtout d&#233;non&#231;ant les violences politiques et institutionnelles. Pourrait-il se mettre en danger de la sorte aujourd'hui ? Sans h&#233;siter, je peux r&#233;pondre que dans une &#233;cole d'art en 2025, cela serait impossible. Le respect de son int&#233;grit&#233; physique, ainsi que sa s&#233;curit&#233; mentale mise &#224; mal dans un b&#226;timent public, auraient provoqu&#233; une intervention imm&#233;diate de toutes formes d'autorit&#233;. Il aurait &#233;t&#233; d&#233;log&#233; de son casier au plus vite ; m&#234;me au nom de l'Art, la mise en danger d'autrui n'aurait jamais &#233;t&#233; envisageable. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de l'Art, tant d'&#339;uvres ont pu franchir des limites aujourd'hui peu franchissables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au nom de l'Art, tant de choses &#233;taient possiblement acceptables et ne le sont plus aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la censure se d&#233;coupe en plusieurs territoires : la censure administrative, la censure latente ou affirm&#233;e et l'autocensure. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vacuons la censure administrative, toute &#233;cole d'art a, dans son r&#232;glement int&#233;rieur, un ensemble de r&#232;gles de bonne conduite, physique et mentale. Aucune discrimination, ni violence ne sont tol&#233;r&#233;es. Si toutefois des propos ou comportements sont litigieux, le directeur ou la directrice de l'&#233;tablissement fait figure d'autorit&#233;. Ils sont en charge du respect du r&#232;glement. Une affiche, m&#234;me identifi&#233;e comme une &#339;uvre d'art portant sur un contenu politique, par exemple, ne pourra &#234;tre admise et affich&#233;e au sein de l'&#233;cole et sera retir&#233;e. Aucune &#339;uvre flirtant avec un contenu politique ou religieux n'est acceptable. Elle doit &#234;tre transform&#233;e pour ouvrir un questionnement et non r&#233;pondre &#224; un positionnement &#233;thique ou artistique. La question de la la&#239;cit&#233; rendant impossible toute forme de posture d&#233;finitive. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignants et enseignantes sont principalement des artistes engag&#233;s, d'une autre g&#233;n&#233;ration pour la plupart, poussant leurs &#233;tudiants et &#233;tudiantes &#224; aller dans des voies o&#249; les prises de risques et engagements sont n&#233;cessaires selon eux. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la censure n'est quasiment jamais abord&#233;e dans la formation, elle est totalement d&#233;pendante de la volont&#233; locale, celle des enseignants, de la direction et des invitations qui sont faites pour cr&#233;er des temps de sensibilisation. Mais &#224; quoi sommes-nous v&#233;ritablement sensibilis&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s questionnements aupr&#232;s de coll&#232;gues r&#233;partis sur le territoire des &#233;coles d'art territoriales et nationales, j'ai pu constater que les tentatives de travail sont tr&#232;s isol&#233;es. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont parfois mises en place sous forme de s&#233;minaires ou de conf&#233;rences sur des champs annexes de questionnements ; par exemple, principalement la libert&#233; de parole et le respect d'autrui, la d&#233;colonisation, les discriminations et leur impact dans la cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps les r&#233;ponses ont &#233;t&#233; &lt;i&gt;&#171; mais pourquoi parlerait-on de censure &#224; des &#233;tudiants et &#233;tudiantes, je n'en ai jamais rencontr&#233;, je crois que &#231;a n'existe plus &#187;&lt;/i&gt;, et en &#233;voquant le sujet avec les &#233;tudiants et &#233;tudiantes, leurs r&#233;ponses divergeaient totalement. La censure &#233;tait centrale pour eux. Entre cet air du temps qui consiste &#224; assumer des discriminations invers&#233;es, ou m&#234;me des privations de parole, ils et elles me rapportaient des situations tr&#232;s factuelles de censures directes et d'autocensures par peur de repr&#233;sailles dans leur parcours scolaire ou m&#234;me &#224; venir lors d'expositions ou de projets futurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme par exemple : ne pas accepter la parole d'un homme blanc cisgenre dans un &#233;change lors d'un cours, ou de refuser la pr&#233;sence, dans certains groupes, de personnes dont le genre ou la sexualit&#233; ne sont pas souhait&#233;s, voire rejet&#233;s. Les pr&#233;occupations de genre et d'identification ont aussi, au c&#339;ur des d&#233;bats troubl&#233;s, les limites de ce que l'on peut dire ou affirmer. La censure s'est souvent, selon mes constatations, retrouv&#233;e non pas dans le processus de cr&#233;ation, ni dans l'&#339;uvre elle-m&#234;me mais li&#233;e &#224; l'identification de l'auteur ou l'autrice. Impliquant que la parole, n'&#233;tant plus jamais dissoci&#233;e de son auteur ou son autrice, rend la cr&#233;ation et son produit secondaires. Et cette mise au second plan de la cr&#233;ation, rend la destination de l'&#339;uvre quelque peu opaque.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Afin de d&#233;battre sur les questions de censure et d'autocensure, il est important, dans un premier temps, de les identifier, et c'est l&#224; que le probl&#232;me prend d'abord sa source. En l'occurrence, en &#233;cole d'art, la parole semble en apparence libre et lib&#233;r&#233;e, permettant de fabriquer une pens&#233;e soi-disant &#171; originale &#187; et unique. Je mets bien &#233;videmment le mot original entre guillemets car les effets de mode au sein des d&#233;marches, recherches, productions, et de la pens&#233;e effective, prouvent le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Zeitgeist,&lt;/i&gt; l'esprit du temps, permettant de rendre compte de la sensibilit&#233; d'une &#233;poque et de ses pr&#233;occupations, peut &#234;tre la cl&#233; de cette nouvelle fa&#231;on de rendre la parole et la cr&#233;ation plus m&#233;fiantes, voire de justifier la censure directe. Amplifi&#233;es par les r&#233;seaux sociaux, j'ai constat&#233; certaines r&#233;ticences de certains et certaines de mes coll&#232;gues &#224; ne pas s'autoriser certains sujets. De la m&#234;me mani&#232;re que certains &#233;tudiants, sous la pression effective ou non effective de leurs enseignants et enseignantes, ne se permettent pas de produire de mani&#232;re d&#233;complex&#233;e et lib&#233;r&#233;e. Par exemple, il m'a &#233;t&#233; rapport&#233;, que des &#233;tudiants se retrouvant face &#224; des enseignants et enseignantes lors d'&#233;valuation, se sont entendu dire &lt;i&gt;&#171; tu ne peux pas produire ce genre de travail en 2025, tes questionnements ringards doivent laisser place &#224; un positionnement plus engag&#233;, tu n'as pas le choix, sinon tu ne travailleras jamais &#187;&lt;/i&gt;. Mais, en l'occurrence, dans ce non-choix, il s'av&#232;re que la d&#233;termination des sujets eux-m&#234;mes ne sont plus libres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le travail de l'un des &#233;tudiants concern&#233;s s'est positionn&#233; sur un territoire de recherche factice mais compl&#232;tement forc&#233;. Le travail initial censur&#233;, le nouveau impos&#233;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La censure et l'autocensure sont indissoci&#233;es des enjeux de cr&#233;ation, car si la sinc&#233;rit&#233; de la destination d'une &#339;uvre est respect&#233;e, cette derni&#232;re, comme on l'a vu au d&#233;but de ce texte, oblige &#224; l'irr&#233;v&#233;rence, l'imprudence et l'irrespect. &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23023 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/les_coincidences_de_paix.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/les_coincidences_de_paix-9b28f.jpg?1765478162' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les co&#239;ncidences de paix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;crayon et encre sur papier - 42 x 60 cm
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'une &#233;cole d'art peut former ses &#233;tudiants et &#233;tudiantes &#224; l'irrespect, au risque de lui compliquer sa vie d'artiste professionnel futur ? Il me semble que la complexit&#233; de la situation favorise l'&#233;touffement permanent de ces pans entiers de libert&#233;, pourtant intrins&#232;quement li&#233;s &#224; la cr&#233;ation elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul et les situations que je c&#244;toie au quotidien lors de ma mission d'enseignante, j'&#233;voque de mani&#232;re dilu&#233;e ces questions pour sensibiliser mes &#233;tudiants et &#233;tudiantes &#224; la difficult&#233; de ne jamais renoncer &#224; ce que la production d'&#339;uvres implique. Elle oblige &#224; l'autonomie de penser, en d&#233;fiant les forces contemporaines et tendances. Ce qui &#233;videmment suppose parfois de ne plus travailler ou d'&#234;tre mis &#224; l'&#233;cart. Il ne fait pas bon &#234;tre un artiste homme blanc cisgenre de plus de 50 ans aujourd'hui, les contrats doivent se rar&#233;fier. Comme il n'&#233;tait pas bon d'&#234;tre une femme artiste d'origine nord-africaine, ce qui a pu &#234;tre le cas lorsque j'avais 20 ans. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me &#233;crire ces mots est sans doute une prise de risque, car il est de bon ton de se dire que la cr&#233;ation est totalement dans son bon droit de parole lorsqu'elle sanctionne pour soi-disant r&#233;tablir un &#233;quilibre des discriminations. Alors que non, la premi&#232;re censure serait de se dire que sa propre v&#233;rit&#233; est la bonne, et que sous couvert d'une bien-pensance, interdire est la voie pour que tout rentre dans l'ordre ! Mais de quel ordre parlons-nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appelle &#224;, et j'apprends &#224; mes &#233;tudiants et &#233;tudiantes, la dissidence, l'autonomie, pour ne pas d&#233;pendre d'une potentielle censure d'&#201;tat lors de subventions ou achats de collections publiques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appelle au d&#233;sordre de la cr&#233;ation, pour que cette derni&#232;re &#233;chappe &#224; l'ordre &#233;tabli et la premi&#232;re des censures, celle de la peur de ne pas r&#233;ussir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en appelle &#224; la libert&#233; totale de cr&#233;ation, car il vaut mieux trop de libert&#233; qu'une libert&#233; sous contr&#244;le ou sous conditions. Et je r&#234;ve que mes &#233;tudiants ou &#233;tudiantes s'enferment dans leurs casiers pour nous faire r&#233;fl&#233;chir sur ce monde qui se replie sur lui-m&#234;me, comme un souhait utopique ou irr&#233;el que les artistes n'ont d'ordre &#224; recevoir de personne. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : &lt;strong&gt;Myriam Mechita&lt;/strong&gt; &#171; L'or perle de tes doigts m'a fait creuser jusqu'au bleu &#187; (2023, &#224; l'artoth&#232;que de Caen)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une &#233;ducation artistique pour le XXIe si&#232;cle ? (II)</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Une-education-artistique-pour-le-2661</link>
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		<dc:date>2025-05-05T08:57:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>enseignement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette seconde partie de l'exploration des propos de Tim Ingold, tenus dans les &#201;coles d'art et d'architecture, mais extensibles &#224; toute p&#233;dagogie, prend d'autant plus de sens que l'ann&#233;e 2025 f&#234;te le centenaire de l'arriv&#233;e de l'&#201;cole du Bauhaus (arts, architecture, design) &#224; Dessau, sous la pression politique, p&#233;dagogique et architecturale de l'extr&#234;me droite allemande.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2661-2cc13.jpg?1772248095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette seconde partie de l'exploration des propos de Tim Ingold, tenus dans les &#201;coles d'art et d'architecture, mais extensibles &#224; toute p&#233;dagogie, prend d'autant plus de sens que l'ann&#233;e 2025 f&#234;te le centenaire de l'arriv&#233;e de l'&#201;cole du Bauhaus (arts, architecture, design) &#224; Dessau, sous la pression politique, p&#233;dagogique et architecturale de l'extr&#234;me droite allemande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;font-family:goergia&#034;&gt;&lt;big&gt;&lt;i&gt;Dans la revue Nectart, N&#176;20 (&#201;ditions de l'Attribut), un article d'Arnaud Fourrier, &#224; partir de nombreux entretiens, fait aussi le point sur la &#171; crise &#187; des &#201;coles d'art. Pour la France, il en d&#233;crit bri&#232;vement l'histoire, et montre que, si le cas de la fermeture de l'&#201;cole de Valenciennes par fait de diminution des cr&#233;dits municipaux est d&#233;sastreux, ce n'est pourtant pas par absence de projet ou d'insertion complexe entre le territoire, les perspectives nationales et internationales ; ce n'est pas non plus par abandon d'un r&#244;le p&#233;dagogique reconnu, ouvert sur les collaborations requises avec des partenaires. &lt;/i&gt;&lt;/big&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;coles en question sont de nos jours des incubateurs des nouvelles g&#233;n&#233;rations de cr&#233;ateurs. Les propos de Tim Ingold apportent &#224; ces constats une dimension concr&#232;te importante. Mais dans cette seconde partie, nous &#233;largissons ses questionnements &#224; l'&#233;cologie, toujours dans la perspective d'un enseignement cette fois g&#233;n&#233;ralis&#233;, lequel s'inqui&#232;terait d'une approche du monde, de la nature et des humains. Cet &#233;largissement constitue aussi une mani&#232;re de r&#233;fl&#233;chir l'&#233;cologie au-del&#224; des th&#233;ories. Ingold a derni&#232;rement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, Paris, Seuil, 2025&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; repris ces analyses en accentuant ses recherches sur la collaboration des g&#233;n&#233;rations. Il souligne :&lt;i&gt; &#171; C'est en vivant et en travaillant ensemble sur les traces de leurs anc&#234;tres que les g&#233;n&#233;rations s'assurent un avenir pour elles-m&#234;mes et pour leur descendance &#187;&lt;/i&gt;. Certes, il faut &#233;tudier de pr&#232;s ce phras&#233;, en faire la g&#233;n&#233;alogie et en marquer les limites. Il est confront&#233; ici aux discours des deux enseignants en &#201;coles contact&#233;s &#8212; Nicolas Tixier et David Zerbib &#8211;, portant sur l'impact des propos d'Ingold sur leurs pratiques, dans la mesure o&#249; ils en font un support de leur action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est autour des notions de g&#233;n&#233;ration et d'&#233;cologie qu'Ingold tente de prendre la main sur les discours courants, &#224; partir de la priorit&#233; &#224; l'art qu'il souhaite introduire. Il articule aujourd'hui ces notions &#224; une m&#233;ditation sur la vie en g&#233;n&#233;ral. Sur ce plan, il reprend une antienne bien connue : &lt;i&gt;&#171; La vie est comme un relais, et tant qu'elle continue, il y a de l'espoir pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'en reste pas moins vrai qu'il faut pr&#233;ciser les choses, et se rendre attentif aux usages, parce que l'existence, et notamment l'existence sociale n'est pas la vie. Il n'est donc pas certain que la notion de g&#233;n&#233;ration puisse &#234;tre utilis&#233;e sans pr&#233;cision. C'est sans doute ce pourquoi, l'auteur insiste de la mani&#232;re suivante sur la connotation humaine de cette notion : &lt;i&gt;&#171; Je suis persuad&#233; que nous avons besoin de changer notre mani&#232;re de concevoir les g&#233;n&#233;rations, non seulement pour apaiser certaines de nos angoisses concernant l'avenir, mais aussi, plus profond&#233;ment, pour jeter les bases d'une coexistence durable &#187;&lt;/i&gt;. Est-ce qu'Ingold sous-entend par-l&#224; que les jeunes g&#233;n&#233;rations ont bris&#233; les liens avec la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente, ou que les anciennes g&#233;n&#233;rations n'ont pas su maintenir un lien avec leurs prog&#233;nitures ? Il importe de s'accorder &#224; faire attention &#224; des propos qui ont vite fait de satisfaire des esprits un peu mal form&#233;s, dans une soci&#233;t&#233; mal &#224; l'aise avec elle-m&#234;me. Plus sp&#233;cifiquement, l'auteur se contente d'insister sur le fait que &lt;i&gt;&#171; nous ferions mieux de rassembler les g&#233;n&#233;rations une fois de plus dans les conversations qui donnent &#224; la vie sa continuit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. La notion de &#171; conversation &#187; m&#233;rite de longues consid&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Devant les fluctuations induites par cette perspective, et revenant sur l'enseignement con&#231;u comme une des mani&#232;res de lier les g&#233;n&#233;rations, David Zerbib prend le parti suivant : &lt;i&gt;&#171; J'aimerais (ou j'aurais aim&#233;) pour ma part d&#233;velopper l'id&#233;e du rapport au devenir, aux lignes du devenir, en rapport aux projets autour desquels j'ai nou&#233;, de mon c&#244;t&#233;, les travaux d'Ingold en &#201;cole d'art &#187;&lt;/i&gt;. Il se r&#233;f&#232;re &#224; Nicolas Tixier qui, dans cette veine, parle de &#171; proj&#233;tation &#187;, en entendant par l&#224; un &lt;i&gt;&#171; certain rapport &#233;cologique &#224; l'espace terrestre [qui] modifie la perspective du projet &#187;&lt;/i&gt;. D&#232;s lors, &#233;crit-il, &lt;i&gt;&#171; Dans mon cas Ingold aide &#224; penser &#233;galement une forme de projection, en un sens certes moins sp&#233;cifique et plus g&#233;n&#233;ralement philosophique, mais li&#233; &#224; cette question du projet, &#224; savoir la projection par laquelle l'art s'inscrit dans une histoire qui n'est plus ligne d'un progr&#232;s t&#233;l&#233;ologique - dynamique qui a tellement marqu&#233; la modernit&#233; et les avant-gardes &#187;&lt;/i&gt;. En m&#234;me temps, avec Ingold, pr&#233;cise-t-il, on comprend &lt;i&gt;&#171; comment &#233;chapper dans le m&#234;me temps &#224; l'anomie de la post-histoire, car il nous incite &#224; voir que les autres mondes ne sont pas des buts pr&#233;d&#233;termin&#233;s fix&#233;s &#224; l'horizon, mais sont en r&#233;alit&#233; d&#233;j&#224; l&#224;, pour peu qu'on se tourne vers les lignes de traverse, les chemins d&#233;tourn&#233;s, les mani&#232;res de faire qui d&#233;finissent au fond ce que j'ai propos&#233; d'appeler &#034;l'humilit&#233; des possibles&#034; dans une journ&#233;e d'&#233;tude organis&#233;e r&#233;cemment &#224; l'ESAAA. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par cons&#233;quent, il nous fait ainsi revenir sur les formules d&#233;gag&#233;es dans la premi&#232;re partie de cet article : Comment l'art peut-il transformer l'&#233;ducation ? En quoi la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;duction artistique est-elle de n'&#234;tre pas sp&#233;cifique, autrement dit de confiner &#224; une anti-m&#233;thode ? C'est dans cette veine qu'il se situe : &lt;i&gt;&#171; A&#768; c&#244;t&#233; des discussions scientifiques portant sur le r&#233;chauffement climatique, ou des d&#233;bats d'&#233;cologie politique visant &#224; d&#233;finir les strat&#233;gies d'action a&#768; mettre en &#339;uvre et les attitudes a&#768; promouvoir pour r&#233;pondre &#224; la crise &#233;cologique, la sph&#232;re esth&#233;tique pourrait appara&#238;tre comme un domaine tr&#232;s secondaire, loin de l'urgence. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enjeux artistique et esth&#233;tique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La pens&#233;e artistique et esth&#233;tique dans ce contexte, prend le tour d'une pens&#233;e pol&#233;mique. Ingold ne cesse de r&#233;p&#233;ter son opposition &#224; ce qu'il appelle la &lt;i&gt;&#171; pens&#233;e stratigraphique &#187;&lt;/i&gt;, celle qui structurerait les sensibilit&#233;s modernes en empilant les disciplines les unes sur les autres dans un ordre toutefois hi&#233;rarchique. Ce qu'il caract&#233;rise comme STEM (cf. premi&#232;re partie) : &lt;i&gt;&#171; Cette fa&#231;on de penser s'est impos&#233;e, souvent sans que l'on s'en aper&#231;oive, dans tous les domaines o&#249; entrent en jeu les pass&#233;s et les futurs humains, qu'il s'agisse de tradition et de patrimoine, de conservation et d'extinction, de soutenabilit&#233; et de progr&#232;s, ou encore d'art et de sciences &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'encontre de cette fa&#231;on de penser, Ingold &#233;l&#232;ve les droits de l'art, disons d'ailleurs plut&#244;t des activit&#233;s artistiques que de l'art au sens d'une r&#233;f&#233;rence &#224; des mouvements artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tabli, David Zerbib va plus loin. Il stipule que &lt;i&gt;&#171; l'enjeu esth&#233;tique s'en trouve [lui-m&#234;me] modifie&#769; &#187;&lt;/i&gt;, sp&#233;cialement en ce qui concerne notre rapport &#224; la nature, ce rapport qui est en butte d&#233;sormais &#224; toutes les critiques. Aussi pers&#233;v&#232;re-t-il sur ce plan : &lt;i&gt;&#171; Il ne s'agit plus seulement de d&#233;fendre la nature au nom de sa beaut&#233;, comme pouvait le faire efficacement, par exemple, une pionni&#232;re de l'&#233;cologie politique comme Rachel Carson au d&#233;but des ann&#233;es 1960. Car sur une telle &#233;chelle de valeur pourrait lui r&#233;pondre aujourd'hui, notamment, le prix Nobel d'&#233;conomie William Nordhaus &#187;&lt;/i&gt;. Selon Zerbib, ce dernier aurait &lt;i&gt;&#171; fait r&#233;cemment l'hypoth&#232;se que nous allions&lt;/i&gt; &#034;finir par aimer les paysages alt&#233;r&#233;s de ce monde plus chaud&#034;, &lt;i&gt;cette adaptation rendant alors moins n&#233;cessaires des mesures de pr&#233;servation&#8230; La sph&#232;re esth&#233;tique, litt&#233;ralement coextensive &#224; l'atmosph&#232;re de notre plan&#232;te, doit donc d&#233;border largement cette seule solution de jugement de go&#251;t pour nous permettre de r&#233;fl&#233;chir autrement les formes de notre exp&#233;rience terrestre, en nous rendant sensibles &#224; des dynamiques &#233;cologiques longtemps m&#233;consid&#233;r&#233;es, &#224; des mani&#232;res nouvelles d'&#234;tre affect&#233;s par et dans la r&#233;alit&#233; sensible qui relie nos corps, nos sens et nos &#233;motions aux processus vivants et mat&#233;riels, non exclusivement humains, qui nous constituent autant qu'ils nous environnent. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant assurer que ces questionnements invitent &#224; examiner en quoi certains modes du sentir poss&#232;dent non seulement une dimension anthropologique, ce qui ne fait pas de doute, mais &#233;galement &lt;i&gt;&#171; constituent une prop&#233;deutique &#224; toute politique future &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Zerbib de reprendre : &lt;i&gt;&#171; &#192; quel(s) monde(s) une exp&#233;rience nous rend-elle sensibles ? &#187;&lt;/i&gt; Interrogation d&#233;cisive, qui ne concerne pas les seules &#201;coles d'art et d'architecture.&lt;i&gt; &#171; Et quel(s) monde(s) cette sensibilit&#233; rend-elle possible(s) &#224; son tour &#187;&lt;/i&gt;. Il en appelle donc &#224; l'&#233;largissement de toutes les formations, comme cela s'entend bien de nos jours dans de nombreuses sph&#232;res de formation. Il soutient donc que : &lt;i&gt;&#171; dans l'art, la litt&#233;rature, l'anthropologie, la philosophie, les sciences, les cultures populaires, traditionnelles ou militantes &#187;&lt;/i&gt;, peuvent nous appara&#238;tre &lt;i&gt;&#171; des gestes, mouvements, fabrications, cr&#233;ations, &#233;critures, r&#233;cits, rites, travers&#233;es, visions, sensations&#8230;qui nous donnent &#224; sentir le possible, et &#224; pressentir l'existence d'autres mondes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'id&#233;e est devenue courante, il n'est pas certain qu'elle trouve vraiment des applications. Aussi Zerbib insiste-t-il :&lt;i&gt; &#171; Comment le travail artistique se trouve-t-il mis en rapport avec une pluralit&#233; de pratiques que nous pourrions nommer &#034;cosmo-sensibles&#034;, o&#249; se reconditonne[rait] l'imaginaire politique ? &#187;&lt;/i&gt;. Mais il en parle avec &lt;i&gt;&#171; modestie &#187;&lt;/i&gt;, selon la formule qui caract&#233;rise son enseignement : &lt;i&gt;&#171; Une forme d'&#8220;humilit&#233; des possibles&#8220; &#187;&lt;/i&gt;, susceptible de nous aider &#224; prot&#233;ger et explorer les conditions du devenir, dans une forme d'esth&#233;tique et de politique des plus ambitieuses et radicalement terrestres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;cologie &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme on l'observe dans les propos qui s'ench&#226;ssent dans cette seconde partie, l'impulsion donn&#233;e par Tim Ingold peut porter &#224; de nombreuses bifurcations. Il en est encore une : celle qui porte sur l'&#233;cologie dans sa dimension technique mais aussi dans sa mani&#232;re d'aborder le probl&#232;me de l'histoire. Ingold, sur ce plan, prend pour support la figure &#233;labor&#233;e par Paul Klee, de l'&lt;i&gt;Angelus Novus,&lt;/i&gt; l'ange de l'histoire (1920), laquelle a &#233;t&#233; comment&#233;e par Walter Benjamin. Ingold en retient que le commentaire de Benjamin trahit un sentiment de d&#233;sespoir. Il l'interpr&#232;te ainsi : &#171; Peut-il y avoir un r&#233;pit dans l'encha&#238;nement cataclysmique des solutions ultimes impos&#233;es, g&#233;n&#233;rations apr&#232;s g&#233;n&#233;rations, au nom du progr&#232;s ? &#187;. Il associe donc en antith&#232;se progr&#232;s et catastrophe, en laissant entendre que &#171; progr&#232;s &#187; impliquerait de &lt;i&gt;&#171; laisser venir l'avenir &#224; nous &#187;.&lt;/i&gt; Sans doute un peu caricatural, et peut-&#234;tre aussi un t&#233;lescopage entre les pens&#233;es d'un avenir &#224; restaurer et celles de la t&#233;l&#233;ologie. Peu importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il demeure que dans cette &#233;quation et la lecture des textes r&#233;f&#233;r&#233;s ici, l'&#233;cologie devient pr&#233;gnante. N&#233;anmoins les figures qu'en propose Ingold restent sans doute un peu fragiles, rappelant simplement qu'une &lt;i&gt;&#171; vie humaine ne se vit g&#233;n&#233;ralement pas de mani&#232;re isol&#233;e, mais en compagnie d'autres que soi. Les humains cheminent en groupe et leurs vies se tissent les unes autour des autres, en particulier dans les contextes intimes du foyer et de la famille &#187;&lt;/i&gt;. Certes. Mais il manque &#224; cette affaire des r&#233;flexions plus fructueuses comme celles qui mettent en &#233;vidence, par exemple, que &#171; l'obligation faite &#224; l'humain de dominer la nature d&#233;coule directement de la domination de l'humain sur l'humain &#187;. Autre conception sans doute simplifi&#233;e, mais qui met plus nettement le doigt sur la cons&#233;quence politique de ce que la r&#233;solution de la crise &#233;cologique plan&#233;taire d&#233;pend &#233;ventuellement de la capacit&#233; des humains &#224; s'attaquer aux d&#233;s&#233;quilibres sociaux et &#224; les r&#233;soudre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Tixier, reprenant ces questions et les difficult&#233;s auxquelles elles pr&#234;tent, notamment dans l'enseignement, intensifie la r&#233;flexion en la rapportant aux disciplines perp&#233;tu&#233;es dans les &#201;coles. Laissons-lui la parole : &lt;i&gt;&#171; Si les principes d'une interdisciplinarit&#233; forte ont souvent &#233;t&#233; une vis&#233;e, en particulier entre l'enseignement du projet et les sciences et techniques et les sciences humaines et sociales, le tournant &#233;cologique et un temps d'incertitudes quant &#224; demain, que nous vivons toutes et tous, a permis de remettre en d&#233;bat l'objectif de la performativit&#233; de l'architecture d'une part et d'une pens&#233;e programmatique d'autre part. Les enjeux actuels climatiques, biodiversitaires et, bien entendu, sociaux renouvellent les cadres tant de la pens&#233;e que de l'action en remettant en question nos imaginaires urbains et territoriaux jusqu'alors fortement anthropocentr&#233;s et fond&#233;s principalement sur le capital, la croissance et le d&#233;veloppement technologique. Au sein de ce tournant &#233;cologique, il se d&#233;veloppe, dans et hors des &#233;coles, des approches qui proposent une lecture fine du territoire, de ses histoires et de ses ressources et qui recherchent de nouveaux &#233;quilibres et de nouveaux modes de &lt;i&gt;projetation&lt;/i&gt; et de gouvernance afin de faire lien et lieu, de mieux consid&#233;rer les choses terrestres et les mondes du vivant. &#187;&lt;/i&gt; En retour, ces nouvelles &lt;i&gt;&#171; sensibilit&#233;s &#233;cologiques &#187;&lt;/i&gt;, et la mani&#232;re dont celles-ci transforment les rapports ordinaires aux territoires et les interrelations entre humains et non-humains, viennent interroger l'organisation m&#234;me de nos &#233;coles, de leurs p&#233;dagogies et des rapports aux territoires au sein desquels elles sont implant&#233;es. C'est l&#224; sans doute des changements profonds qu'il nous faut continuer d'op&#233;rer. &lt;i&gt;&#171; Mais&lt;/i&gt;, ajoute-t-il, &lt;i&gt;cette pluridisciplinarit&#233; pr&#233;sente dans nos &#233;coles, si elle est une composante indispensable pour penser et acter un projet de transformation d'un lieu, ne peut garantir &#224; elle seule, ni la qualit&#233;, ni la pertinence d'un projet. Plusieurs raisons &#224; cela. Tout d'abord le champ des disciplines id&#233;alement &#224; conna&#238;tre pour ma&#238;triser un projet est quasi infini et se renouvelle au regard des contextes locaux et des enjeux contemporains. &#187;&lt;/i&gt; L'utopie de la ma&#238;trise totale d'un projet est bien trop pr&#233;somptueuse pour tout architecte ou collectif de projet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_2387.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_2387-f3c8b.jpg?1772213608' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ducation artistique et culturelle &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il reste que ces interrogations sur le circuit artistico-culturel incitent &#224; passer sur un plan encore plus g&#233;n&#233;ral. Dans un autre propos r&#233;percut&#233; aussi ici, Ingold persiste &#224; insister sur les &#201;coles du point de vue du rapport entre les g&#233;n&#233;rations : &lt;i&gt;&#171; Je propose de revenir a&#768; l'id&#233;e plus ancienne que la vie se forge dans la collaboration de g&#233;n&#233;rations qui se chevauchent. Selon moi, c'est en vivant et en travaillant ensemble sur les traces de leurs anc&#234;tres que les g&#233;n&#233;rations s'assurent un avenir pour elles-m&#234;mes et pour leur descendance &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan, la question se pose de savoir en quoi ces propos compl&#233;mentaires peuvent concerner aussi bien l'&#201;ducation nationale que l'&#201;ducation artistique et culturelle (EAC) qui, comme on le sait, d&#233;bordent toutes deux le cadre des &#201;coles d'art pour se d&#233;ployer dans des &#233;tablissements qui confrontent autrement les g&#233;n&#233;rations et s'articulent &#224; des options diff&#233;rentes. Concernant l'EAC, les synth&#232;ses r&#233;centes sur ce plan indiquent que les promoteurs de ces projets se focalisent &#224; la fois sur des objectifs interg&#233;n&#233;rationnels et des objectifs culturels. Les premiers sont reli&#233;s au &lt;i&gt;&#171; lien social &#187;&lt;/i&gt;, ainsi que d&#233;fini par Ingold : &lt;i&gt;&#171; Ceux qui ont travaill&#233; si dur et mis tant de vie et d'&#226;me dans la cr&#233;ation d'un monde habitable m&#233;ritent notre respect. Nous devons notre existence m&#234;me &#224; leur labeur, tout comme ceux qui viendront apr&#232;s nous devront la leur au n&#244;tre &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seconds renvoient aux apports cognitifs, didactiques, sociaux et culturels, &#224; partir d'ateliers d'artistes en &#233;tablissements (mais peu de scientifiques) ou de rencontres autour de pratiques artistiques et culturelles. Au droit des travaux du philosophe Alain Kerlan, notamment, et de quelques sociologues, nous constatons que la dimension artistique et culturelle, lorsqu'elle &#171; entre dans l'&#233;cole &#187; par ce biais &#8212; &#224; raison d'avoir peu pens&#233; le non-rapport aux enseignements, ce qui est probl&#233;matique &#8212; produit moins des effets de connaissance que des effets de sens et de liens en chacune et chacun des participants : regain d'assurance de soi, reconnaissance r&#233;ciproque, ampleur de l'expression, apprentissage de la concentration, et renforcement du travail collectif. Dans la plupart des cas, le &#171; faire &#187; s'inscrit certes au c&#339;ur de l'objectif, mais &#224; partir d'orientations qui font signe vers un retour &#224; l'enseignement ou la r&#233;alisation d'une meilleure atmosph&#232;re dans l'&#233;tablissement. &lt;i&gt;&#171; Faites faire ceci ou cela &#224; vos &#233;l&#232;ves, et ils seront meilleurs partout &#187;&lt;/i&gt; (r&#233;sultat d'enqu&#234;te). En ce sens, l'EAC devient un simple outil susceptible d'am&#233;liorer ce qui par diff&#233;rence avec l'art et la culture s'appellerait &#171; les fondamentaux &#187; (les disciplines traditionnelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui oblige &#224; revenir sur un point, tout en imposant de discuter des options diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles qu'Ingold met en perspective en les opposant, r&#233;sum&#233;es ci-dessous dans un extrait de : &lt;i&gt;The maze and the labyrinth : walking and the education of attention.&lt;/i&gt; L'auteur y oppose &lt;i&gt;&#171; deux conceptions fort diff&#233;rentes de l'&#233;ducation. La premi&#232;re est suffisamment famili&#232;re pour quiconque a un jour &#233;t&#233; &#233;l&#232;ve ou professeur dans une salle de classe. Elle est associ&#233;e au verbe latin&lt;/i&gt; educare &lt;i&gt;qui signifie inculquer une ligne de conduite approuv&#233;e et le savoir qui la sous-tend&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDR : &#233;ducation : ex-ducere, conduire hors de soi&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une variante &#233;tymologique attribue toutefois l'origine du terme au verbe&lt;/i&gt; educere, &lt;i&gt;compose&#769; de&lt;/i&gt; ex &lt;i&gt;(dehors) et de&lt;/i&gt; ducere &lt;i&gt;(mener). L'&#233;ducation consiste dans ce sens a&#768; mener les novices vers le monde ext&#233;rieur et non &#8212; comme il est conventionnellement admis de nos jours &#8212; a&#768; inculquer un savoir dans leur esprit. Elle consiste litt&#233;ralement &#224; inviter l'&#233;l&#232;ve &#224; partir en promenade. Quelle forme d'&#233;ducation re&#231;oit-on en marchant ? Et en quoi la marche s'av&#232;re-t-elle une pratique aussi efficace pour ce type d'&#233;ducation particulier ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;puis&#233; ici dans Intuitive Notebook, #2, LDI, Juillet 2015, repris dans Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Encore cette posture est-elle englob&#233;e dans l'id&#233;e d'une continuit&#233; existentielle : &lt;i&gt;&#171; La vie est comme un relais, et tant qu'elle continue, il y a de l'espoir pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir &#187;&lt;/i&gt;. Et Ingold d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Je suis persuad&#233; que nous avons besoin de changer notre mani&#232;re de concevoir les g&#233;n&#233;rations, non seulement pour apaiser certaines de nos angoisses concernant l'avenir, mais aussi, plus profond&#233;ment pour jeter les bases d'une coexistence durable &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se trouve sugg&#233;r&#233; aussi un rapport complexe d'Ingold aux travaux de Jacques Ranci&#232;re, qui en opposant non moins le ma&#238;tre-savant et le ma&#238;tre ignorant, propose plut&#244;t de lier &#233;ducation et &#233;mancipation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Ma&#238;tre ignorant, Cinq le&#231;ons sur l'&#233;mancipation intellectuelle, Paris (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir,&lt;/i&gt; Paris, Seuil, 2025&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDR : &#233;ducation :&lt;/i&gt; ex-ducere, &lt;i&gt;conduire hors de soi&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;puis&#233; ici dans &lt;i&gt;Intuitive Notebook,&lt;/i&gt; #2, LDI, Juillet 2015, repris dans &lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.,&lt;/i&gt; p.188&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Ma&#238;tre ignorant, Cinq le&#231;ons sur l'&#233;mancipation intellectuelle,&lt;/i&gt; Paris Fayard, 1987&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dits photo : Thierry Mouill&#233; (LDI).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Une &#233;ducation artistique pour le XXIe si&#232;cle ? I/II</title>
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		<dc:date>2025-03-31T08:33:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>enseignement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Qu'il faille s'int&#233;resser de pr&#232;s &#224; certaines questions techniques urgentes soulev&#233;es par la crise plan&#233;taire en cours, ce n'est plus &#224; confirmer. Mais au-del&#224; de ces questions, d'autres plus spirituelles demeurent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tk-21.com/enseignement" rel="tag"&gt;enseignement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2640-4bb3e.jpg?1772248095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'il faille s'int&#233;resser de pr&#232;s &#224; certaines questions techniques urgentes soulev&#233;es par la crise plan&#233;taire en cours, ce n'est plus &#224; confirmer. Mais au-del&#224; de ces questions, d'autres plus spirituelles demeurent. Quelle signification voulons-nous donner &#224; l'approche &#233;cologique, &#224; la n&#233;cessit&#233; de comprendre notre propre humanit&#233; dans un milieu o&#249; existent tant d'autres mani&#232;res que la n&#244;tre d'&#234;tre vivant, &#224; la distribution des richesses et &#224; une id&#233;e de la d&#233;mocratie &#224; la hauteur de la p&#233;riode critique actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;font-family:goergia&#034;&gt;&lt;big&gt;&lt;i&gt;Encore une fois, parmi d'autres sans doute, ce sont les questions autour desquelles gravite l'anthropologue britannique Tim Ingold (1948). Il les a d&#233;velopp&#233;es, en particulier, dans des &#201;coles d'art et d'architecture. C'est &#224; ce titre que nous reprenons ici des propos de lui r&#233;cemment publi&#233;s. Et nous avons interrog&#233; trois enseignants en &#201;coles &#8212; Nicolas Tixier (Grenoble), David Zerbib (Annecy) et Thierry Mouill&#233; (Tours) &#8212;, sur l'impact des propos du chercheur sur leurs pratiques et celle de leurs &#233;tudiants. &lt;/i&gt;&lt;/big&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette premi&#232;re partie, il est surtout question de l'enseignement en &#233;coles professionnalisantes. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, le mus&#233;e d'art moderne et contemporain de Gen&#232;ve, le Mamco, publie un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Faire &#233;cole (ou la refaire)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Faire &#233;cole (ou la refaire), les presses du r&#233;el, Dijon, 2008&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Form&#233;s souvent, du c&#244;t&#233; des arts, par l'enseignement du Bauhaus, les &#233;tudiants des ann&#233;es 1968 et suivantes ont longtemps fait r&#233;f&#233;rence pour avoir condamn&#233; l'acad&#233;misme, d&#233;fini comme un corpus de connaissances diffus&#233; par des ma&#238;tres d&#233;terminant leurs comp&#233;tences. Mais l'esprit qu'ils ont diffus&#233; est lui aussi pass&#233; rapidement &#224; la trappe. S'il n'est pas ill&#233;gitime que les &#233;coles d'art r&#233;fl&#233;chissent par elles-m&#234;mes leur objet d'enseignement, cela conduit, justement, &#224; chercher &#224; refaire sans cesse les principes et orientations fondatrices, notamment &#224; partir des conditions du temps. Ainsi, tr&#232;s peu de temps apr&#232;s, en 2010, &#224; l'&#201;cole sup&#233;rieure des Beaux-Arts de Nantes M&#233;tropole, Jean-Sylvain Bieth et Christophe Kihm convoquent un autre colloque portant &#224; nouveau sur les objectifs requis pour une &#233;cole d'art, &lt;i&gt;Teaching the World II : l'enseignement par l'exp&#233;rience.&lt;/i&gt; Deux ans ont suffi pour que les formules de 2008 soient p&#233;rim&#233;es. En 2010, on proclame que l'art ne s'enseigne pas ou d'autant moins que l'on r&#233;duit la cr&#233;ation &#224; une &#233;tincelle, mais qu'il se transmet, &#224; la fois sous transmission technique (apprentissage de savoir-faire), transmission th&#233;orique (esth&#233;tique, culture, &lt;i&gt;Bildung&lt;/i&gt;) et transmission-formation du jugement et du go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il a suffi d'une ann&#233;e pour que Didier Semin pose une fois de plus la question : Peut-on enseigner l'art ? Il voulait ajouter au &#171; programme &#187; pr&#233;c&#233;dent une troisi&#232;me transmission : celle-l&#224; &#233;thique, ayant trait aux attitudes et aux modes d'&#234;tre artiste, &#224; la mani&#232;re de se situer dans le monde et d'en renouveler l'exp&#233;rience. Chacun de ces points de discussion (didactique, transmission, exp&#233;rience, comp&#233;tence) pose certes des probl&#232;mes. Et il n'est pas &#233;tonnant de voir derechef, en 2013, &#224; partir de l'Head-Gen&#232;ve (Haute &#201;cole d'art et de design), Christophe Kihm et Val&#233;rie Mavridorakis, reformuler une fois de plus la question : &lt;i&gt;Transmettre l'art - figures et m&#233;thodes - quelle Histoire ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Transmettre l'art, Figures et M&#233;thodes, Quelle Histoire ?, Dijon, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons passer quelques ann&#233;es. Et une importante production d'ouvrages autour de ces questions. Penchons-nous sur les r&#233;flexions plus r&#233;centes, celles des ann&#233;es 2020. Parmi elles, isolons un propos tenu &#224; Grenoble par Tim Ingold (1948), anthropologue et figure marquante de l'anthropologie &#224; l'&#232;re de l'anthropoc&#232;ne, comme indiqu&#233; ci-dessus. Ce dernier ne s'int&#233;resse pas uniquement aux d&#233;veloppements th&#233;oriques et aux d&#233;ploiements de concepts. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, outre des analyses de terrain, il ne cesse d'articuler ses propos &#224; la dimension pragmatique de l'enseignement. Il n'est donc pas &#233;tonnant, comme nous allons le voir, de l'entendre rendre publique une conception de l'enseignement g&#233;n&#233;ral et une conception de l'enseignement en &#233;coles professionnalisantes. Elle est discut&#233;e dans les &#233;coles d'art et d'architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la remise du titre de docteur &lt;i&gt;honoris causa&lt;/i&gt; de l'universit&#233; Grenoble-Alpes, le 2 d&#233;cembre 2022, Tim Ingold a prononc&#233; une conf&#233;rence &#224; l'ESAAA (&#201;cole sup&#233;rieure d'art Annecy-Alpes) et l'ENSAG (&#201;cole nationale sup&#233;rieure d'art de Grenoble) r&#233;unis. Sous le titre &lt;i&gt;Architecture educates ! Au contact de l'art,&lt;/i&gt; son th&#232;me portait sur l'enseignement sup&#233;rieur tel qu'il devrait &#234;tre con&#231;u. Cette conf&#233;rence est d&#233;sormais publi&#233;e,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;en tir&#233;-&#224;-part aux presses du r&#233;el, 2025.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; accompagn&#233;e d'une s&#233;rie de huit contributions figurales d'&#233;tudiant(e)s du master &#171; terrain &#187; de l'&#201;cole d'art Annecy-Alpes. Elle est en r&#233;alit&#233; extraite d'une publication-source, alors en cours, intitul&#233;e &lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, Paris, Seuil, 2025&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; laquelle nous r&#233;f&#233;rons aussi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conf&#233;rence de Tim Ingold&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Tixier, architecte, professeur et membre du laboratoire CRESSON&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centre de Recherche sur l'Espace Sonore et l'Environnement Urbain, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; Grenoble, pr&#233;cise ainsi l'enjeu de cette conf&#233;rence : &lt;i&gt;&#171; Ingold nous lance un d&#233;fi, celui de repenser radicalement l'&#233;thique et le cadre de l'enseignement sup&#233;rieur, en nous invitant &#224; consid&#233;rer les arts (et l'architecture !) non pas en tant que compl&#233;ment &#224; ce que la pens&#233;e contemporaine consid&#232;re comme la base de l'&#233;ducation, &#224; savoir la science, la technologie, l'ing&#233;nierie et les math&#233;matiques, mais comme la base m&#234;me d'une &#233;ducation pour le XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en prise aux enjeux sociaux et &#233;cologiques auxquels nous sommes confront&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; En cela, souligne-t-il encore, la conf&#233;rence d'Ingold est all&#233;e bien au-del&#224; d'une simple pr&#233;sentation de ses recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons-en le propos, lu ici, &#224; la fois, dans le volume de l'ESAAA-ENSAG&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;cole d'art Annecy-Alpes et &#201;cole nationale sup&#233;rieure d'architecture de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et dans l'ouvrage &lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir,chapitres : &#171; La voie de l'&#233;ducation &#187; et &#171; Au-del&#224; de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arts et l'architecture ne doivent pas &#234;tre reclus dans une fonction de compl&#233;ment aux enseignements r&#233;put&#233;s plus importants : la science, la technologie, l'ing&#233;nierie et les math&#233;matiques. Ils devraient passer pour le fondement de l'enseignement, voire de l'&#233;ducation. Ingold oppose les STEM et STEAM, soit les institutions dans lesquelles r&#232;gnent Science, Technologie, Eng&#233;nierie (Ing&#233;nierie en Fran&#231;ais), Math&#233;matique (STEM), et celles dans lesquelles pourrait ou devrait s'instaurer art et/ou architecture au c&#339;ur de l'organisation (donc STEAM). Ces STEAM, pr&#233;cise-t-il, &lt;i&gt;&#171; semblent &#187;&lt;/i&gt; avoir &#233;t&#233; invent&#233;es vers 2010. Le propos est brut, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre &#233;tay&#233;, surtout alors que la notion de &#171; science &#187; dans un tel usage m&#233;riterait une large critique, comme finalement toutes ces notions un peu simplifi&#233;es et essentialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons le cours du texte. Tim Ingold poursuit ses propos de la mani&#232;re suivante : Outre que l'usage d&#233;sormais fr&#233;quent des acronymes rel&#232;ve du d&#233;ploiement de versions instrumentales d'un langage st&#233;rilis&#233;, et d'une attitude qui distancie du monde parce que la prononciation de l'acronyme se substitue &#224; une approche affective de la chose d&#233;sign&#233;e, cet usage renvoie aussi &#224; nos conditions d'enseignement. Les STEM sont plus valoris&#233;es que les STEAM, soumis aux &#171; implacables demandes de l'&#233;conomie lib&#233;rale &#187;. Les STEAM au contraire, et davantage encore si on prononce chaque terme explicitement, nous propulsent (et pourraient nous propulser) dans des mondes concrets, explorables d'un c&#244;t&#233; et reli&#233;s &#224; toute l'activit&#233; humaine. Encore convient-il de ne pas se contenter d'ajouter les arts dans le complexe STEM !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si l'on veut se d&#233;partir de ce primat d'une organisation &#233;conomiste de l'existence et de la connaissance dans l'enseignement, tout en reconnaissant la teneur positive des ambitieux programmes de d&#233;veloppement des sciences et des techniques depuis les Lumi&#232;res, il faut introduire l'art et l'architecture dans la r&#233;flexion et l'ordonnancement des &#233;tudes. Pour autant, cela peut se jouer sous trois modes d'int&#233;gration, dont seul le dernier pourrait correspondre &#224; un projet id&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#233;mentarit&#233; : L'art et l'architecture sont seulement ajout&#233;s au programme g&#233;n&#233;ral des STEM, et ils sont subordonn&#233;s aux m&#234;mes objectifs instrumentaux impos&#233;s par avance dans le domaine des sciences, des technologies et de l'ing&#233;nierie. Les artistes et les architectes sont charg&#233;s de trouver de nouvelles recettes afin d'amplifier les march&#233;s : conception de nouveaux produits, marketing, attractions diverses pour les consommatrices et consommateurs. L'art est r&#233;duit &#224; la valeur de divertissement, dans une opposition banale entre la froideur du concept et du m&#233;canique et la chaleur du subjectif, &lt;i&gt;&#171; en accord avec les sentiments, l'empathie et une compr&#233;hension holistique &#187;&lt;/i&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;&#233;quilibrage : Les arts et l'architecture sont introduits dans les STEM afin de mod&#233;rer &lt;i&gt;&#171; tout profit de projet n&#233;olib&#233;ral &#187;&lt;/i&gt;, en lui attribuant un visage humain et une conscience. Ce qui devient un simple vernis est couvert par l'id&#233;e d'introduire de l'expression personnelle ou de la couleur locale dans un jeu commercial instaur&#233; par avance. L'art et l'architecture rendraient seulement l'innovation plus efficace, voire l'orienteraient &#171; au profit de tous &#187;, comme le souhaitent quelques institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le radicalisme : Or, art et architecture ont autre chose &#224; nous apprendre. Leur r&#244;le n'est-il pas &lt;i&gt;&#171; d'&#233;largir nos horizons, voire d'ouvrir nos c&#339;urs et nos esprits &#224; des v&#233;rit&#233;s plus fondamentales ? &#187;&lt;/i&gt;. Ils peuvent d&#233;fier les STEM sur leur propre terrain. Ils peuvent aussi &lt;i&gt;&#171; changer le sens et le but m&#234;me de l'&#233;ducation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ingold approfondit alors ce troisi&#232;me point. Les arts et l'architecture, pr&#233;cise-t-il, peuvent ais&#233;ment se soustraire &#224; un double d&#233;faut : c&#233;der au march&#233; et se contenter de l'expression subjective de soi. En en faisant le c&#339;ur de l'&#233;ducation et de l'enseignement, il s'agirait de conduire &lt;i&gt;&#171; les &#233;tudiant(e)s &#224; un dialogue soutenu avec le monde lui-m&#234;me &#187;.&lt;/i&gt; Dans ce dessein &#8212; ni soumission, ni expression &#8212;, et en les &#233;loignant des th&#233;matiques d&#233;sengag&#233;es et manipulatrices que l'on a impos&#233;es aux arts et &#224; l'architecture &#224; partir du march&#233;, il est possible de se focaliser sur les pratiques artistiques elles-m&#234;mes. Ce sont elles qui &#233;duquent, dans la mesure o&#249; elles ouvrent des chemins, et guident l'attention &lt;i&gt;&#171; vers des aspects du monde qui seraient dignes d'&#234;tre &#233;tudi&#233;s de pr&#232;s &#187;&lt;/i&gt; &#8212; Seule difficult&#233;, le jeu caricatural de l'opposition aux sciences, risquant d'induire les lectrices et lecteurs &#224; c&#233;der aux sir&#232;nes de l'esprit antiscientifique. Ne ferait-on pas mieux, au contraire, de prendre au s&#233;rieux les tentatives radicales pour penser &#224; nouveaux frais l'articulation entre une pens&#233;e des sciences moins caricaturale et une pens&#233;e des arts, notamment, contemporains, plus vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine mani&#232;re, cette focalisation d&#233;sormais possible sur le sens m&#234;me de la correspondance entre l'&#233;ducation et le monde, permettrait de retrouver, y compris dans les sciences, les technologies et l'ing&#233;nierie, les traits anciens positifs qui y ont &#233;t&#233; gomm&#233;s. Il suffit de songer &#224; quelques g&#233;ants du pass&#233; : L&#233;onard de Vinci, Vitruve, Alberti, etc. Sur un tel fil, le rapport entre art/architecture et les sciences, technologies, ing&#233;nieries repens&#233;es enti&#232;rement, permettrait de red&#233;ployer un imaginaire ouvert &#224; &lt;i&gt;&#171; la formation incessante du monde &#187;&lt;/i&gt;. C'est cet imaginaire qu'il faudrait replacer au c&#339;ur m&#234;me de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer ce propos, Tim Ingold affirme qu'une &#233;ducation &lt;i&gt;retourn&#233;e&lt;/i&gt; par l'art et l'architecture, en restaurant la curiosit&#233; et la sagesse, favoriserait le soin et l'attention au monde et aux autres, lesquelles restaureraient un passage entre les g&#233;n&#233;rations actuellement bris&#233; par des mod&#232;les de transmission m&#233;caniques et donneraient lieu &#224; des programmes &#233;ducatifs qui ne seraient plus enferm&#233;s dans des avenirs pr&#233;d&#233;termin&#233;s. L'&#233;ducation deviendrait &#224; la fois travail et &#339;uvre artistique, au double sens de l'action d'&#339;uvrer et de r&#233;sultats potentiels.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_2456.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_2456-2a3a6.jpg?1772188267' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transitivit&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;largissons le d&#233;bat. Autour de cette conf&#233;rence, Nicolas Tixier revient autrement sur ces points : &lt;i&gt;&#171; Entre h&#233;ritages choisis, transitions en cours et ruptures n&#233;cessaires comment penser alors l'habiter du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; pour les villes et les territoires et nous rappeler la fameuse phrase de Walter Benjamin &#034;Que les choses continuent comme avant, l&#224; est la catastrophe&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zentralpark, Fragments sur Baudelaire, Fragment 35, Paris, Payot, r&#233;ed. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Les r&#233;flexions de Tim Ingold, et celles avant lui de personnes comme William James, John Dewey ou encore Patrick Geddes, pour ne citer que quelques ant&#233;c&#233;dents c&#233;l&#232;bres, nous y aident fortement en r&#233;introduisant l'importance de penser notre monde et son habitabilit&#233; par un double prisme, celui de la cr&#233;ation, de l'exp&#233;rience et du faire, et celui de l'engagement collectif et d&#233;mocratique pour un tissage des savoirs autant que des g&#233;n&#233;rations. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de bien saisir ces enjeux pour les conditions actuelles, il convient de rappeler que l'enseignement dans les &#233;coles d'architecture en France est structur&#233; autour de la p&#233;dagogie du projet et d'un ensemble de disciplines qui permettent aux &#233;tudiant.es d'acqu&#233;rir des connaissances sur les enjeux tant de l'habiter que de la construction. Les champs disciplinaires de recrutement des enseignants dans les &#201;coles Nationales Sup&#233;rieures d'Architecture, d&#233;taille Nicolas Tixier (CRESSON Grenoble) sont au nombre de six : deux sont dites disciplines du projet (Th&#233;orie et Pratique de la Conception Architecturale et Urbaine et Ville et Territoires), cinq sont destin&#233;es &#224; l'architecture (Sciences de l'homme et de la soci&#233;t&#233; pour l'architecture, Sciences et techniques pour l'architecture, Arts et techniques de la repr&#233;sentation, Histoire et cultures architecturales, qui toutes se d&#233;clinent en sous champs). Ces enseignements recourent le plus souvent &#224; des formes vari&#233;es de transmission des savoirs, du cours magistral &#224; des applications ou des exp&#233;rimentations situ&#233;es, du d&#233;veloppement de pratiques de repr&#233;sentation &#224; l'initiation &#224; la capacit&#233; critique et &#224; la recherche. De par la nature m&#234;me de leur structuration et des modes de recrutement de leurs enseignants, les &#233;coles d'architectures sont pluridisciplinaires et le projet est souvent (mais pas que) le lieu de croisement des disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cependant, de nos jours, de nombreux troubles traversent les &#201;coles d'art et d'architecture et bien &#233;videmment notre soci&#233;t&#233;. Des troubles collectifs : la d&#233;cr&#233;dibilisation des grands r&#233;cits d'orientation, l'exaltation lib&#233;rale, la revalorisation de certains pass&#233;s, l'anthropoc&#232;ne, etc. Et des troubles particuliers &#224; l'enseignement : interrogation sur la &#171; transmission &#187;, la configuration des enseignements, l'importance des &#171; disciplines &#187;, la professionnalisation, les finances des &#233;coles d'art. Face &#224; eux, il est certes n&#233;cessaire d'entendre ceux qui ont des propositions &#224; adresser autour de la notion d'&#201;cole, de ma&#238;trise et d'autorit&#233;, de transmission, et d'en discuter, surtout si &#171; transmission &#187; est bien l'&#233;picentre de ce qu'on appelle &#171; enseignement &#187;, ce qui est discutable. N&#233;anmoins, on peut aussi se demander s'il n'y a pas une immense diff&#233;rence, du point de vue des &#201;coles sup&#233;rieures, entre des professeurs non artistes et des professeurs artistes. Surtout si, du point de vue des arts, on souhaite que la transmission soit une v&#233;ritable &lt;i&gt;transposition&lt;/i&gt; (comme celle qui se produirait entre l'artiste et sa cr&#233;ation, selon certaines m&#233;taphysiques de l'art), voire une &lt;i&gt;transformation&lt;/i&gt; r&#233;ciproque du professeur et de l'&#233;tudiant. Ce dernier processus, disait John Cage, &#233;mergerait&lt;i&gt; &#171; de la rencontre de chaque personne avec d'autres ou, pour ainsi dire, de chacun avec soi-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon Ingold, il serait d&#233;sormais n&#233;cessaire, plut&#244;t qu'une transmission, de d&#233;fendre l'id&#233;e d'une transduction entre l'enseignant et l'&#233;tudiant, laquelle ne serait pas calqu&#233;e sur le mod&#232;le traditionnel : &lt;i&gt;&#171; En effet, en tant que lieu d'apprentissage, l'acad&#233;mie &#8212; qu'il s'agisse d'une &#233;cole, d'un lyc&#233;e ou d'une universit&#233; &#8212; est fond&#233;e sur l'hypoth&#232;se de l'existence d'une connaissance sup&#233;rieure de la fa&#231;on dont le monde fonctionne, du moins par rapport au savoir de ceux que l'on appelle les &#034;profanes&#034;, qui, par contraste, est tellement lie&#769; &#224; l'exp&#233;rience qu'il &#233;chappe &#224; l'explication et a&#768; l'analyse. Presque par d&#233;finition, le savoir acad&#233;mique se place en surplomb, a&#768; distance des th&#233;&#226;tres de la pratique d&#233;sordonn&#233;e dans lesquels il pourrait &#234;tre utilise&#769;, si tant est qu'il le soit. C'est pourquoi les &#233;tudes acad&#233;miques s&#233;parent g&#233;n&#233;ralement l'apprentissage de la pratique, la transmission du savoir entre les g&#233;n&#233;rations de son application par celles-ci &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel d'une &#201;cole devrait donc r&#233;sider dans une nouvelle mani&#232;re de traiter le &#171; TRANS- &#187;, tout en changeant sa d&#233;nomination, en passant &#224; &#171; Lab &#187;, &#171; Incubateur &#187;, etc. Il faudrait en finir d&#233;finitivement &#8212; ce qui serait &#224; approcher plus finement en relisant Aristote ou Kant/Hegel &#8212; avec la notion de formation ((Bildung&lt;/i&gt;) qui reposerait sur une p&#233;dagogie de surplomb, garantie par une autorit&#233;, se fixant comme objectif de d&#233;fendre une position, de transmettre un corpus de connaissances ou de r&#233;aliser un grand projet. La nouvelle mani&#232;re de traiter le &#171; TRANS- &#187; devrait op&#233;rer plut&#244;t par &lt;i&gt;&#171; d&#233;placement de ses disciples, en les faisant sortir de leur position, ou, en un mot, par leur exposition &#187;&lt;/i&gt;. Ce qui, nous allons y revenir, conduit Ingold &#224; souhaiter repenser le rapport entre les g&#233;n&#233;rations, dans un esprit pourtant tr&#232;s traditionnel. Il exclut certes l'id&#233;e de &#171; ma&#238;tre &#187; au sens de l'histoire de l'art, encore cette notion est-elle d&#233;licate &#224; manier puisque lorsque l'on y parle de &#171; ma&#238;tres &#187;, on pense aussi &#8212; notamment dans le contexte artistique des XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles &#8212; &#224; la pratique de cr&#233;er les &#339;uvres imposantes &#224; plusieurs mains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. cf. Sophie Cassagnes-Brouquet, &#171; Les ateliers d'artistes au Moyen Age (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, il renvoie implicitement &#224; un retour au &lt;i&gt;doctor&lt;/i&gt; latin, celui qui enseigne apr&#232;s avoir &#233;t&#233; enseign&#233;, notion qui est toujours reli&#233;e au &lt;i&gt;documentum&lt;/i&gt; (l'enseignement) ou &#224; la Torah orale, qui apprend &#224; remonter de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Ceci s'entendant par rapport/opposition &#224; l'h&#233;ritage de disruption de la fin des ann&#233;es 1980 : &lt;i&gt;&#171; Nous ferions mieux de rassembler les g&#233;n&#233;rations une fois de plus dans les conversations qui donnent a&#768; la vie sa continuit&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relativement aux &#201;coles d'art, ce qui est plus int&#233;ressant dans la position de Tim Ingold, qui n'est pas enseignant artiste, c'est qu'il change la nature de la question, sans doute effectivement dans le sillage du philosophe John Dewey&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'art comme exp&#233;rience, 1934, collectif [trad.], Paris, Folio, 2010&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tous deux originaires du monde culturel anglais (Britannique et &#201;tatsunien). Cette question devient : Comment l'art peut-il transformer l'&#233;ducation ? En quoi la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;ducation artistique est-elle de n'&#234;tre pas sp&#233;cifique, autrement dit de confiner &#224; une anti-m&#233;thode ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Interrog&#233; sur ce point, Nicolas Tixier valorise cette id&#233;e d'anti-m&#233;thode, qui nous revient aujourd'hui non sans avoir eu d&#233;j&#224; une longue carri&#232;re derri&#232;re elle &#8212; paradoxalement, Mai 1968 compris, alors que cette p&#233;riode est ici critiqu&#233;e. Il incite &#224; en amplifier encore la notion. Il y greffe quant &#224; lui des pratiques inspir&#233;es par Ingold et Benjamin : &lt;i&gt;&#171; C'est en lisant un article sur la critique de l'historienne et th&#233;oricienne du cin&#233;ma Nicole Brenez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La Critique comme concept, exigence et praxis &#187;, in La Furia Umana, no17, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que j'ai pu, comme en miroir, trouver de fa&#231;on r&#233;sum&#233;e des &#233;l&#233;ments de m&#233;thode autant que d'anti-m&#233;thode. Nicole Brenez relit une s&#233;rie de textes de Benjamin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fragments, 1916-1938, Paris, &#201;d. PUF, 2002&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui portent sur la question de la critique. Quand on posait la question : &#034;qu'est-ce que la critique ?&#034; &#224; Benjamin, il r&#233;pondait qu'il ne savait pas, mais que, par contre, il savait tr&#232;s bien, pour lui, ce qu'&#233;tait le travail critique. &#187;&lt;/i&gt; En articulant Ingold et Benjamin, Tixier souhaite que &lt;i&gt;&#171; nous reprenions volontiers la suite de son d&#233;veloppement en changeant le terme de critique par celui de recherche ou de p&#233;dagogie. Pour Benjamin, le travail critique, et donc pour nous le travail de recherche ou de p&#233;dagogie, consiste en trois choses : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;fl&#233;chir sur un corpus (des &#339;uvres ou, pour nous, des situations habit&#233;es, etc.) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; se laisser d&#233;placer par l'&#339;uvre ou, pour nous, des situations habit&#233;es (cr&#233;er les conditions pour que ce corpus nous touche, nous alt&#232;re, nous transforme) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; inventer des formes d'exposition (&#224; son tour produire une forme et prendre le risque de la rendre publique) &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, Ingold, pour revenir &#224; lui, ne tombe pas dans le pi&#232;ge de la &#171; participation &#187;, cette rengaine/r&#233;clamation des commanditaires d&#233;sormais pour accepter de financer une &#339;uvre. Dans les ann&#233;es 1970, d&#233;j&#224;, Jean Clay, dans la revue &lt;i&gt;Robho&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robho, n&#176;5 et 6&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soulignait que les formes les plus courantes de la &#171; participation &#187; &#233;quivalaient &#224; proclamer : &lt;i&gt;&#171; Personnalisez votre ali&#233;nation &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Appuyez sur ce bouton qui ne sert &#224; rien &#187;&lt;/i&gt;. Certes, cette &#171; participation &#187; se voulait au d&#233;but du mouvement une mise en cause de la position &#171; magistrale &#187; de l'artiste, refus des propositions esth&#233;tiques fig&#233;es dans l'immuable. Et dans le cas du GRAV (Groupe de Recherche d'Art Visuel, 1960), elle se voulait un apprentissage de la libert&#233; dans la quasi-disparition de l'objet artistique. Le spectateur &#233;tait conduit &#224; affronter directement sa situation. C'est dans un deuxi&#232;me temps d'ailleurs que cette &#171; m&#233;thode &#187; s'est retourn&#233;e en souhait de faire intervenir le spectateur afin de rem&#233;dier &#224; son agitation, puisqu'en participant, ils &lt;i&gt;&#171; ne feront plus de b&#234;tises &#187;&lt;/i&gt;. Ceci au risque de marginaliser l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on devait conclure cette premi&#232;re partie, cela pourrait se faire en reprenant ce questionnement de Tixier : &lt;i&gt;&#171; Que l'on soit en recherche, en projet ou en p&#233;dagogie, comment maintenir une inqui&#233;tude sur ce que l'on fait, ce que l'on produit ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Faire &#233;cole (ou la refaire)&lt;/i&gt;, les presses du r&#233;el, Dijon, 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Transmettre l'art, Figures et M&#233;thodes, Quelle Histoire ?&lt;/i&gt;, Dijon, les presses du r&#233;el, janvier 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;en tir&#233;-&#224;-part aux presses du r&#233;el, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2025&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Centre de Recherche sur l'Espace Sonore et l'Environnement Urbain, laboratoire UMR 1563 &#171; Ambiances, Architectures, Urbanit&#233;s &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;cole d'art Annecy-Alpes et &#201;cole nationale sup&#233;rieure d'architecture de Grenoble&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;,chapitres : &#171; La voie de l'&#233;ducation &#187; et &#171; Au-del&#224; de la science et la technologie (Paris, Seuil, 2025) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Zentralpark, Fragments sur Baudelaire,&lt;/i&gt; Fragment 35, Paris, Payot, r&#233;ed. 2002, p. 242&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. cf. Sophie Cassagnes-Brouquet, &#171; Les ateliers d'artistes au Moyen Age : entre th&#233;orie et pratiques &#187;, in (Perspective. Actualit&#233; en histoire de l'art,&lt;/i&gt; n&lt;sup&gt;o&lt;/sup&gt;1 (2014)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'art comme exp&#233;rience, 1934, collectif [trad.], Paris, Folio, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La Critique comme concept, exigence et praxis &#187;, in &lt;i&gt;La Furia Umana,&lt;/i&gt; n&lt;sup&gt;o&lt;/sup&gt;17, en ligne (&lt;a href=&#034;http://www.lafuriaumana.it&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lafuriaumana.it&lt;/a&gt;), non dat&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fragments, 1916-1938, Paris, &#201;d. PUF, 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Robho&lt;/i&gt;, n&#176;5 et 6&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dits photo : Thierry Mouill&#233; (LDI).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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