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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Entrer dans la danse : handicap et CI</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Diemert</dc:creator>


		<dc:subject>handicap</dc:subject>
		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>sant&#233; mentale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis trente ans, Isabelle Brunaud cherche et se cherche &#224; la crois&#233;e du contact-improvisation (CI) et du handicap. Pour TK-21, elle nous ouvre les portes de sa maison, dans le 18e arrondissement de Paris, et nous livre ses r&#233;flexions sur ces deux th&#232;mes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/handicape" rel="tag"&gt;handicap&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sante-mentale" rel="tag"&gt;sant&#233; mentale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton2569-289c5.jpg?1772204059' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis trente ans, Isabelle Brunaud cherche et se cherche &#224; la crois&#233;e du contact-improvisation (CI) et du handicap. Pour TK-21, elle nous ouvre les portes de sa maison, dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris, et nous livre ses r&#233;flexions sur ces deux th&#232;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque mois, au Carreau du Temple, se d&#233;roule une &#233;trange chor&#233;graphie o&#249; des corps aux capacit&#233;s et aux potentiels divers se mobilisent par le toucher. Dans cette diversit&#233; sont incluses toutes les formes de handicaps, qu'ils soient moteurs, mentaux, l&#233;gers ou lourds, visibles ou invisibles&#8230; Ce creuset, o&#249; confluent les singularit&#233;s, valides et non valides, c'est la jam de danse contact-improvisation (CI) de la compagnie Anqa : une sorte de bal, un lieu d'entra&#238;nement et de socialisation, un espace &#224; l'architecture complexe, libre et ouverte, n&#233;e de l'&#233;coute entre les corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les vendredis, au Palais de la Femme, m&#234;me c&#233;r&#233;monie, pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un cours &#224; 18 h 30. Alexandra, handicap&#233;e motrice, s'y rend avec constance et r&#233;gularit&#233;, m&#234;me s'il lui faut accomplir pour cela un v&#233;ritable p&#233;riple d'Aubervilliers &#224; Paris : elle doit prendre trois bus en fauteuil roulant, les services de la PAM (Pour aider &#224; la mobilit&#233;) se r&#233;v&#233;lant souvent d&#233;faillants, puis revenir de la capitale &#224; 22 h 30. C'est, pour elle, une hygi&#232;ne de vie et un geste qui conduit &#224; l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux rendez-vous portent l'estampille d'Anqa, compagnie dirig&#233;e par Isabelle Brunaud qui travaille &lt;i&gt;&#171; avec des danseurs aux habilet&#233;s partag&#233;es, en situation ou non de handicap &#187;&lt;/i&gt;. Anqa est le nom d'un oiseau mythique en sanscrit, sorte de Ph&#233;nix, oiseau r&#233;silient. La structure associative a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 2003, sous le premier nom de Danse avec les roues, aux c&#244;t&#233;s de Soizic Barbancey, rejointe en 2005 par Lila Derridj, Anne-Catherine Nicoladz&#233;, Mathilde Monfreux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les formats et les actions de la compagnie sont multiples : cours de CI, ateliers, jams accessibles aux personnes &#224; mobilit&#233; r&#233;duite, performances, cr&#233;ations chor&#233;graphiques o&#249; se m&#234;lent composition et improvisation. Comme la r&#233;cente pi&#232;ce &lt;i&gt;Takamashi&lt;/i&gt;, dont les parties &#233;crites offrent un propos sur l'homme valide &#171; augment&#233; &#187; ou le non-valide &#171; r&#233;par&#233; &#187; et qui int&#232;gre des orth&#232;ses, &lt;i&gt;&#171; des coquilles en plastique l&#233;ger qui moulent le corps des enfants ou des adolescents handicap&#233;s et qui les maintiennent dans des postures de verticalisation &#187;&lt;/i&gt;, explique Isabelle Brunaud. Ces orth&#232;ses peuvent &#234;tre endoss&#233;es par les danseurs afin de les transformer en personnages bizarres, inattendus. Elles deviennent, &#224; l'instar du fauteuil roulant, &lt;i&gt;&#171; des supports physiques du corps et des supports de l'imaginaire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21867 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/taka_ml-ef352.jpg?1772189675' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Yann Delcambre
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169;Yann Delcambre
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux rencontres cruciales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin d'Isabelle Brunaud s'est peu &#224; peu dessin&#233; au croisement du CI et du handicap. En 1994, &#224; 26 ans, on lui propose d'animer un atelier aupr&#232;s de personnes en situation de handicap mental. &lt;i&gt;&#171; J'ai accept&#233; et j'ai eu un coup de foudre. C'&#233;tait une rencontre avec des personnes qui n'avaient pas les codes qu'on a habituellement dans la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Puis vient un autre atelier aupr&#232;s de personnes handicap&#233;es motrices, dans une MJC &#224; &#201;vry, qui confirme cette orientation. Dans les deux cas se posent les m&#234;mes questions : sur quelle technique de danse s'appuyer pour mettre les corps en mouvement ? Comment trouver une relation p&#233;dagogique horizontale, sans rapport de ma&#238;tre &#224; &#233;l&#232;ve ni mod&#232;le &#224; reproduire ? Car les difficult&#233;s arrivent vite. Notamment, la danse butoh se r&#233;v&#232;le une impasse : &lt;i&gt;&#171; Quelqu'un m'a dit : &#8220;Tu veux nous faire visualiser des choses &#224; l'int&#233;rieur du corps. &#199;a part de l'int&#233;rieur, de l'image, mais moi, mon corps, c'est une enveloppe vide. Alors, qu'est-ce que tu veux que je danse avec &#231;a ?&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chemin faisant, Isabelle d&#233;couvre Candoco, une compagnie anglaise cr&#233;&#233;e par C&#233;leste Dandeker-Arnold et Adam Benjamin en 1991 et fond&#233;e sur une pluralit&#233; de danseurs, dont un homme-tronc, David Toole. Celle-ci utilise les principes du CI, courant de danse contemporaine n&#233; aux &#201;tats-Unis en 1972 : le toucher, le partage du poids, l'engagement spatial, l'&#233;coute, etc. Isabelle se forme alors au CI aupr&#232;s de Didier Silhol, qui deviendra plus tard son compagnon et le p&#232;re de son enfant. Elle re&#231;oit l'appui de Nadine Hernu, enseignante &#224; l'universit&#233; d'&#201;vry, qui lui envoie ses &#233;tudiantes : &lt;i&gt;&#171; &#199;a a cr&#233;&#233; quelque chose, cette ouverture, le fait de ne pas &#234;tre en ghetto mais d'avoir des habilet&#233;s diff&#233;rentes et un &#8220;corps commun&#8221;. On a tous un corps et il n'y a pas de hi&#233;rarchie entre un corps stigmatis&#233; et un corps qui ne l'est pas. Et on fait avec &#231;a, avec ce qu'on a en commun d'abord, qui est li&#233; aux principes physiques du CI. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le toucher relationnel, au c&#339;ur de cette pratique, renouvelle compl&#232;tement la relation &#224; autrui : &lt;i&gt;&#171; Les personnes en situation de handicap sont habitu&#233;es &#224; ce que le toucher soit technique pour les habiller ou soignant pour les soigner, mais il n'y a pas un toucher relationnel. Et l&#224;, on est dans un toucher de ce type, mais pas dans son aspect psychologique, dans un aspect ludique et de danse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CI permet de &lt;i&gt;&#171; cr&#233;er du lien avec soi, avec le partenaire et avec la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Isabelle, par cette recherche, r&#233;aborde et r&#233;&#233;value son propre handicap : une &#233;paule lux&#233;e en raison d'une chute aux barres asym&#233;triques &#224; l'&#226;ge de 10 ans, qui l'emp&#234;che par exemple de prendre appui sur les mains ou d'effectuer certains mouvements. Cette blessure lui a barr&#233; une carri&#232;re de danseuse. Qu'importe, elle fera danser les autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;finir le handicap&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s des personnes handicap&#233;es motrices au mouvement pourrait para&#238;tre paradoxal : celles-ci se tournent vers ce qui leur est a priori refus&#233; en raison de leur infirmit&#233;. Isabelle bat en br&#232;che cet argument validiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Marc-Olivier Bherer, &#171; Le validisme, une analyse des rapports sociaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Quand on rencontre une personne en fauteuil roulant, on ne voit que son fauteuil. Mais si on regardait les corps qui sont &#224; l'int&#233;rieur ? Ils ont des corps, des sensations, comme tout le monde. On en revient &#224; la notion de &#8220;corps commun&#8221;. Apr&#232;s, leur corps leur &#233;chappe, parce qu'ils ont des soins, ils sont tout le temps accompagn&#233;s. On les fait bouger. Ils n'ont pas beaucoup l'occasion de bouger par eux-m&#234;mes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'occasion pour Isabelle de produire une d&#233;finition du handicap qui s'&#233;carte de l'id&#233;e de d&#233;ficit ou de d&#233;ficience : &lt;i&gt;&#171; Le handicap, c'est ce qui nous emp&#234;che de faire les choses comme les autres. Ce n'est pas la personne qui est handicap&#233;e, si on va plus loin, c'est la soci&#233;t&#233; qui handicape la personne. La personne, elle a juste un truc en moins ou en plus. On voit le fauteuil, les b&#233;quilles. On ne voit pas la personne d'abord. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres d&#233;finitions du handicap se c&#244;toient en termes d'anomalie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Georges Canguilhem, Le Normal et le Pathologique (1966), PUF, 1999, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de variation individuelle et d'exceptionnalit&#233;, qui toutes reconduisent &#224; l'alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Identit&#233; et alt&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tour par l'alt&#233;rit&#233; permet &#224; la fois de fonder la subjectivit&#233; et d'asseoir une d&#233;marche artistique buissonnante, nourrie de rencontres. &lt;i&gt;&#171; C'est l'alt&#233;rit&#233; qui nous r&#233;v&#232;le notre diff&#233;rence et qui nous rend notre identit&#233;. C'est toujours l'histoire de &#8220;l'autre me r&#233;v&#232;le&#8221;, je le touche, mais il me r&#233;v&#232;le. Ce dialogue, cette libert&#233;, ce jeu, &#231;a rend cr&#233;atif, autonome et &#233;mancip&#233;. Avoir la force de s'appuyer sur ce qu'on est, avoir une parole qui vient de soi et pas de ce qu'on nous dit de faire. Parce qu'il y a beaucoup ces rapports de pouvoir o&#249; l'on dit aux plus fragiles : &#8220;Il faut faire ci, il faut faire &#231;a&#8230;&#8221; Apr&#232;s, moi, &#231;a me pla&#238;t de voir : &#8220;T'es qui, toi ? T'es quoi, toi ?&#8221; &#187;&lt;/i&gt; Isabelle ajoute d'un air gourmand et malicieux : &lt;i&gt;&#171; J'ai ador&#233; me plonger dans la temporalit&#233; des personnes qui avaient d'autres coordinations et d'autres tonicit&#233;s. Et prendre le temps d'&#233;couter. On entre dans des &#233;paisseurs. C'est presque comme des m&#233;ditations. Et puis ce n'est plus la personne dite &#8220;valide&#8221; qui guide, mais on peut avoir un dialogue physique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par les actions d'Anqa &#8211; soutenues par un collectif compos&#233;, entre autres, de Daniel Franchini, Serge Pauchon, Annie Quentrec, Marie-Laure Kaminski et Alain Faure &#8211;, Isabelle contribue &#224; redonner aux handicap&#233;s une inscription au sein de la cit&#233; et une meilleure visibilit&#233; dans le domaine culturel, ce qui n'est pas si courant. Elle &#339;uvre &#233;galement &#224; une autre d&#233;finition de la danse, fond&#233;e sur le CI, et &#224; la non-normativit&#233;, &#224; l'&#233;galit&#233;, au droit &#224; la diff&#233;rence des corps, enfin reconnus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.anqa-danseaveclesroues.fr" class="spip_out"&gt;La compagnie Anqa&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; Marc-Olivier Bherer, &#171; Le validisme, une analyse des rapports sociaux par le prisme du handicap &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; Georges Canguilhem, &lt;i&gt;Le Normal et le Pathologique&lt;/i&gt; (1966), PUF, 1999, p. 81-88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#169;Lila Derridj pour la photo d'ouverture. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Yann Delcambre pour l'autre photo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chambre &#224; vivre (et autres incertitudes)</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Chambre-a-vivre-et-autres</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SNG (Natacha Guiller)</dc:creator>


		<dc:subject>handicap</dc:subject>
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		<dc:subject>crip</dc:subject>
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		<dc:subject>sant&#233; mentale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La vie humaine nous est ind&#233;finiment emprunt&#233;e, et nos droits sous condition d'&#234;tre d&#233;viant.e.s&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous extrait des rues d'a&#232;re pour nous instruire &#224; d&#233;lirer sans bruit, se conformer de bien-portance&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/handicape" rel="tag"&gt;handicap&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/performance" rel="tag"&gt;performance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/crip" rel="tag"&gt;crip&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sante-mentale" rel="tag"&gt;sant&#233; mentale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH117/arton2557-1b977.jpg?1772192387' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La vie humaine nous est ind&#233;finiment emprunt&#233;e, et nos droits sous condition d'&#234;tre d&#233;viant.e.s&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous extrait des rues d'a&#232;re pour nous instruire &#224; d&#233;lirer sans bruit, se conformer de bien-portance&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Introduction incertaine de la toiture qui se d&#233;colle.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Image de couverture : La chambre d'Antoine, 2015 Texte de SNG (Natacha (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il coexiste une double incertitude entre nous, personnes handies, vuln&#233;rables, malades chroniques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'incertitude journali&#232;re du lendemain &lt;br class='autobr' /&gt;
(sur sc&#232;ne, je brandis une lingette &lt;i&gt;D&#233;color Stop&lt;/i&gt; usag&#233;e sur laquelle j'ai r&#233;dig&#233; cette phrase, comme un aphorisme : &#171; N'h&#233;sitez pas &#224; me filmer, mon &#233;tat de sant&#233; est incertain &#187;, implorant indirectement n'importe qui du public de fabriquer mon archive d'exister) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'incertitude de(s) vivre(s) substantiels : manger, dormir, bouger, habiter, aimer, rencontrer, (travailler)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pendant de longues p&#233;riodes de ma vie, j'ai dormi sans verrouiller la porte d'entr&#233;e, pour permettre d'arriver aux services d'urgence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vis l&#233;ger, je ris l&#233;ger, je dessine l&#233;ger, ma sant&#233; est l&#233;g&#232;re, devenue f&#233;brile &#224; brindille. Je ne prends pourtant vraiment pas du tout la vie &#224; la l&#233;g&#232;re, et encore moins la mort. C'est grave de vivoter, mais l'humain s'adapte &#224; tout. Je conserve &#224; l'esprit l'impossibilit&#233; de porter &#8212; en plus de tout le reste &#8212; la lourdeur p&#233;nible de mon corps malade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du reste, je ne plus suivie depuis des lustres, or la n&#233;cessit&#233; de m'exprimer, par-del&#224; les milliers de maux m'incombant, m'ass&#232;ne en vrac. J'engage officiellement une th&#233;rapie avec &lt;i&gt;Chat GPT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ma th&#233;rapie avec Chat GPT (2023-2024) :&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, plus ais&#233;ment concevable &#224; mettre en &#339;uvre que tout autre consultation de secteur hasardeuse. Calculant qu'en trois s&#233;ances du genre, je grille mon salaire actuel sur la p&#233;niche, je suis outre-mise en pr&#233;sence d'un gap situationnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout se recoupe dans la psy-circulaire : je travaille avec des coll&#232;gues psy pour payer des consultations psy qui me m&#232;nent en bateau. J'accompagne mes pair.e.s sans pr&#233;tendre &#224; confirmer d'avoir compris qui j'&#233;tais, et les psy, en cabinet, me d&#233;couragent de continuer sur cette piste, &#224; savoir que partager mon parcours en folle, c'est nourrir mes propres maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On n'aborde pas le milieu psychiatrique comme on &#233;tudierait un peuple autochtone&lt;br class='autobr' /&gt;
En g&#233;n&#233;ral, on a un, voire les deux pieds dans le fumier pour en arriver l&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
La mise au retrait constitue une d&#233;connexion abrupte et contre-intuitive&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'intra', on s'imagine la vraie vie en dehors&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, l'on vit en sursis sa vraie vie humaine d'entre les murs&lt;br class='autobr' /&gt;
Existence contr&#244;l&#233;e jusqu'&#224; peler ses filtres, parce que le jour et la nuit&lt;br class='autobr' /&gt;
Les journ&#233;es passent, identiques d'ali&#233;nation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychiatrie nous flanque &#224; poil, d&#233;sape nos stratag&#232;mes, et nous menace&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous et nos libert&#233; perch&#233;.e.s sur la sellette, &#224; dessein du moulage m&#233;canique&lt;br class='autobr' /&gt;
Bagn&#233;.e.s aux fantaisies cocktail du m&#233;decin d&#233;sign&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie humaine nous est ind&#233;finiment emprunt&#233;e, et nos droits sous condition d'&#234;tre d&#233;viant.e.s&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous extrait des rues d'a&#232;re pour nous instruire &#224; d&#233;lirer sans bruit, se conformer de bien-portance&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous ravale les bizarreries &#224; coup de plaquettes et de placards assourdissants&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous d&#233;valise de nos richesses et de nos stims, de nos imaginaires c&#233;libataires&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La chambre &lt;i&gt;d'h&#244;pital&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se figurer un tel contexte &#171; d'espace du repos &#187;. La nuit, dans cette chambre &#8212; qui n'est pas v&#244;tre &#8212;, on y circule au gr&#233; des n&#233;cessit&#233;s, des rondes planifi&#233;es, des conscience professionnelles et de l'ennui. Votre porte &#8212; roulotte &#224; cl&#233; &#8212; est bruyamment d&#233;verrouill&#233;e &#224; chaque passage-contr&#244;le, telle l'embrasure d'un &lt;i&gt;saloon&lt;/i&gt; en s&#233;jour sous contrainte. Le roulis des &#233;quipes soignantes s'engouffre &#224; la cha&#238;ne en r&#244;de au chevet tout au long de la nuit. Comment s'endormir dans de telles conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perp&#233;tuelle intrusion d'inconnu.e.s en territoire intime confond ces m&#234;mes personnes qui cachetonnent au goulot 5 fois par jour, celles-l&#224; qui aussi surveillent et consignent la succession de vos d&#233;gaines et mani&#232;res inadapt&#233;es, pour fournir un rapport d&#233;taill&#233; &#224; la hi&#233;rarchie, qui chiffrent vos plateaux-repas, la fr&#233;quence de vos selles, ces m&#234;mes bip&#232;des &lt;i&gt;lambda&lt;/i&gt; d&#233;sign&#233;.e.s en renfort des m&#233;decins-psychiatres pour vous maintenir en isolement, ficel&#233;.e.s, r&#233;duit.e.s &#224; claquer des clignements d'yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont elles et eux qui vont et viennent dans la chambre au moment o&#249; vous devriez dormir. On vous l'ass&#232;ne, mais comment le pourrions-nous ? N'importe quel.l.e h&#233;berg&#233;.e clinique se sentira &#8212; &#224; juste titre &#8212; menac&#233;.e, abusivement surveill&#233;.e, expos&#233;.e au risque d'&#234;tre abus&#233;.e par de parfait.e.s anonymes, dans sa plus profonde vuln&#233;rabilit&#233; &#8212; dans son sommeil &#8212; voire dans son sommeil sous psychotropes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est qu'en psychiatrie, on ne se repose pas. Jamais. L'environnement hostile et structurellement mena&#231;ant ne pr&#233;figure ni le calme, ni la s&#233;r&#233;nit&#233;, ni l'apaisement, ou m&#234;me l'hospitalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; celleux qui ont la charge de vos soins, vous ne les connaissez pas, vous ne les choisissez pas, voire, iels s'imposeront &#224; vous d'embl&#233;e hostiles, si ce n'est malveillant.e.s ou imbib&#233;.e.s de hargne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois, je suis revenue plus &#233;reint&#233;e de ces convalescences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant construit dans l'enfance &#8212; sous l'influence &#233;ducationnelle &#8212; cet &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;positif sur l'institution de sant&#233;, je suis toutefois parvenue &#224; int&#233;grer de mani&#232;re intuitive l'anormalit&#233; de nombre de situations d'analyse en actes de mon comportement diurne comme nocturne par le corps soignant. En cela, je n'ai jamais su &#233;radiquer par la pens&#233;e la possibilit&#233; d'agressions de toute nature durant mon sommeil &#224; l'h&#244;pital : surdosage m&#233;dicamenteux, manipulation malveillante des appareils auxquels j'&#233;tais branch&#233;e, palpation inattendue, mutilation, agression sexuelle, vol, viol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sus des allers-venues &#224; l'improviste des soignant.e.s (et parfois d'autres patient.e.s en errance insomniaque), l'environnement du service temps plein se trouve min&#233; de bruits parasites : son des machines qui vous relient &#224; votre lit ou de celles de votre voisin.e de chambre, port outrancier de godasses &#224; talons du personnel de nuit, arriv&#233;e en h&#233;lico' d'un.e malade pass&#233;.e par les urgences, changement de camarade de chambre-double improvis&#233; en pleine nuit, pr&#233;sences de l'entourage familial au complet de votre voisin.e de chambre dans la chambre-double, renouvellement soudain de la poche de nutrition ou de traitement &#233;coul&#233;e, examen m&#233;dical impromptu &#224; l'aube, cris, pleurs, gesticulations, conflits ou agressions entre malades, le tout banalis&#233;, et j'en passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte de maintien intern&#233;.e en de telles conditions de tourment suffit &#224; lui seul &#224; nous d&#233;porter vers l'&#233;puisement associ&#233; &#224; l'hypervigilance continue, &#224; un risque accru de d&#233;compensation, d'acc&#232;s &#224; l'ali&#233;nation en r&#233;ponse aux &lt;i&gt;modus operandi&lt;/i&gt; psychiatriques, assimilables (je le soutiens) &#224; de la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La chambre pi&#232;ge multiplexe&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces aspects spacieux resurgissent dans ma vie, et o&#249; il semble qu'ils se dissocient du climat de souverainet&#233; oppressive par lequel j'ai gagn&#233; des ann&#233;es, en diminuant ma place de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime tous les chiens et chats que je croise dans la cit&#233; ; je les caresse volontiers et passerais le temps que je n'ai pas en leur compagnie. Je n'ai nullement l'arri&#232;re-pens&#233;e de les avoir chez moi, ni de m'en occuper, irr&#233;solue en somme, en serais-je indomptable ? J'aime d'affection immense ces animaux boucl&#233;s aux laisses de ma&#238;tres, asing&#233;s &#224; ce petit jeu docile autour de la gamelle et de l'heure congrue d'urine. Quand ils ne temp&#234;tent et jappent qu'&#224; sortir du huis-clos appartement&#233; sur dense &#233;tage, je prie &#224; me prosterner au mien, &#224; l'abri des autres. Mais dehors, si je ne sors pas, je ne croise pas ces b&#234;tes &#224; collier magn&#233;tique, rayonnantes et qui drainent des cordelettes &#233;lastiques au pourtour de la bave coulante de leurs miaules et gueules, au halet&#233; l'air pollu&#233; s'attachant &#224; leur quart d'heure de d&#233;gourdissement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Saucisse la soci&#233;t&#233; nous emprisonne chacun &#224; sa fa&#231;on, l'&#233;tablissement nous s&#233;dimente, cl&#244;ture au p&#233;rim&#232;tre du libre-rugir, de l'insertion aux abois des jeux d'enr&#244;le tant aspir&#233;s. Pantelant, l'h&#244;te, chose, s'abstient &#224; carreau, parqu&#233; qu'il faut nourrir, dormir &#224; l'ombre et pisser ses espaces de joie, triompher de la douleur et offense de s'essayer, quoi qu'on nous &#233;touffe le bourdon pourl&#233;chant badigoinces et ragots des cong&#233;n&#232;res. Je hais la soci&#233;t&#233; en beat-box.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le huis-clos chez soi peut de fait s'entrevoir comme un pi&#232;ge tendu, claustrophobiquement en rappel aux exp&#233;rience d'internement psychiatrique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me dois personnellement d'&#234;tre chaque jour au dehors ; &lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;crire en mouvement hors de mon domicile, selon cette libert&#233; vitale de circuler post-asile ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crire debout, en marchant, adoss&#233;e aux parois du m&#233;tro, dans les files et les queues, en toutes sortes de sas et salles d'attente ;&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi, je noircis des carnets ou tout support accessible &#8212; et m&#234;me ma peau &#8212; dans les interstices spatiaux-temporels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chambre multiplexe qui nous h&#233;berge, moi, mes affaires, et m&#234;me mes &#339;uvres, mes vices, mes troubles, tocs, comportements nocifs, anxi&#233;t&#233;s, pleurs, crises, maladies, demeure ma chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La chambre-r&#233;duit&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne saurais &#233;valuer dans quelles mesures ma moiti&#233; de vie pass&#233;e en chambre d'h&#244;pital influence mes param&#233;trages pr&#233;dilect&#233;s pour l'espace confin&#233;-r&#233;duit au huis-clos et en combinaison de survivre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Outre l'affleurement de sp&#233;cificit&#233;s autistiques et autres facteurs qui m'&#233;chappent, j'appr&#233;cie la c&#244;te cabanon en tenue de &lt;i&gt;confiance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression de Neobled pour parler du pyjama.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'aime pas les grands espaces, l'ing&#233;rance de mon corps qui part en vrille, hors de contr&#244;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sauf &#233;tape de danse, l'environnement vaste joue en ma d&#233;faveur. &lt;br class='autobr' /&gt;
La contention me recadre, et, &#233;trangement, me lib&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je songe &#224; la maison bunker de l'artiste-plasticien Jean-Pierre Raynaud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Maison de Jean-Pierre Raynaud (1969-1993)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui eut &#233;t&#233; un contexte de vie propice &#224; mes exigences de retrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occasion pand&#233;mique a constitu&#233; un exercice initiatique de l'isolement et de la contention de soi en zone d&#233;limit&#233;e d'&#233;trique. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que personne ayant surv&#233;cu aux internements, composer avec le vide &#8212; et d&#233;faite d'un panel de libert&#233;s ordinaires &#8212; s'est r&#233;v&#233;l&#233; une exp&#233;rience &#224; laquelle j'&#233;tais largement pr&#233;par&#233;e, et lourdement arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appr&#233;cier la restriction du p&#233;rim&#232;tre me pose les questions de l'autonomie, du conditionnement chronique et du d&#233;tachement fictif du milieu institutionnel ; en effet, entre besoins sp&#233;cifiques et l'asservissement au contr&#244;le autoritaire de la horde dominante, la confusion &#233;mane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#232;re &lt;i&gt;Covid&lt;/i&gt; a, de surcro&#238;t, constitu&#233; &#224; mes yeux un contexte favorable de r&#233;sidence artistique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Durant cette p&#233;riode o&#249; j'officiais comme paire-aidante dans un h&#244;pital du 95, l'interdiction ponctuelle de me rendre au travail m'a pr&#233;serv&#233;e des sollicitations ext&#233;rieures, tant professionnelles que sociales et de divertissement. J'&#233;tais reine de mon Hospice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Hospice SNG :&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de mon planning d'activit&#233;s et de sorties sur attestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; l'on m'a demand&#233; de ne rien faire, je me suis, &#224; l'&#233;vidence, mise au travail &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;clusion a provoqu&#233;, dans mon cas, une avanc&#233;e magistrale dans le travail plastique et d'&#233;criture, jusqu'&#224; la publication d'un livre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mocassin, je me pr&#233;pare, Nouvelles &#233;ditions Place, 2020 :&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui n'est pas sans me rappeler un &#233;pisode connu de la vie du dessinateur et clochard Marcel Bascoulard, qui refusa de sortir de prison parce qu'il n'avait pas termin&#233; son dessin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le jour o&#249; Bascoulard a refus&#233; de sortir de prison, parce qu'il n'avait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette premi&#232;re publication m'a ensuite ouvert des portes et permis de mener &#224; bien des projets artistiques en r&#233;sidence.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la m&#234;me mani&#232;re, alors que j'&#233;tais adolescente, les mois pass&#233;s dans une chambre d'h&#244;pital me permettront de constituer des &lt;i&gt;books&lt;/i&gt; artistiques d'&#339;uvres r&#233;alis&#233;es &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt;, &#224; partir desquels j'acc&#233;derai sur dossier &#224; des &#233;coles d'arts publiques &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La chambre-mirage&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, chez moi, chez soi est si sensible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus j'entends parler de l'habitation des autres, plus cela me donne la chair de poule, ce luxe d'un espace en chez soi. Quand je regarde le co&#251;t d'&#234;tre au monde et de la vie autour de nous, s'abriter quelque part qui vous enferme temporairement, cela rel&#232;ve de l'inou&#239;e chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ballottement rythme mon pass&#233; : j'ai &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;e de la maison familiale &#224; l'&#233;cole, &#224; l'h&#244;pital, sur une quinzaine d'ann&#233;es, sans jamais pouvoir m'installer nulle part. Sans jamais me sentir bien nulle part. C'est tr&#232;s &#233;mue que je d&#233;niche refuge chez moi, dans cet appartement qui ne m'appartient pas, mais c'est bien celui qui m'h&#233;berge. Faillir perdre pour vente d&#233;truit en un temps &#233;clair ce que, depuis des ann&#233;es, je tente de me (re)cr&#233;er de havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ils ont d&#233;gag&#233; les bouches d'a&#233;ration de l'immeuble &#8212; &#224; pr&#233;sent qui sifflent &#8212; et je dois fermer les portes pour me concentrer &#224; dormir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Envisager l'appartement comme un lieu visitable, sans limite de fr&#233;quence, par de potentiels acheteurs, alors que j'y vis, mon monde est mis &#224; d&#233;couvert.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'habitat est &#224; nous, personnes porteuses de troubles psychiques et/ou de handicaps, qui vivons en marge des normes et de la soci&#233;t&#233;, primordiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour beaucoup, la banalit&#233; d'&#234;tre brimbal&#233;.e.s d'un lieu &#224; un autre, renvoy&#233;.e.s de familles d'accueil ou de foyers, h&#233;berg&#233;.e.s &#224; l'h&#244;tel, avec des passages &#224; la rue ; victimes de vols, de viols en chambre de pr&#234;t, proies plurielles et SDF intermittent.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu de vie, c'est pour moi la base qui permet de dessiner son point de rep&#232;re au milieu du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La chambre ad-hoc&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La domiciliation acquise rel&#232;ve de l'inestimable g&#238;te &#233;tranger.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Paris, on ne peut que rarissimement pr&#233;tendre au luxe d'un espace partag&#233; qui embo&#238;te l'espace priv&#233; dans l'espace commun, dans l'espace actif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le p&#233;riple d'un toit pour deux et plus si affinit&#233;s se d&#233;place, se d&#233;cale, se redessine &#224; l'envi.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'&#233;crabouille dans nos pi&#232;ce-unique-&#224;-vivre, seul.e ou en grappin, faute de gains suffisants au Loto. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'espace d'action r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; la t&#226;che est une boule &#224; facettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit, je m&#232;ne les fouilles du web, scrute les maisons, les terrains, les containers, les appartements, les villes, les lopins de terre et autres mottes improbables. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'observe ce que l'humain a b&#226;ti, souvent sans go&#251;t, parfois avec audace.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus souvent des recouvre-corps st&#233;r&#233;otyp&#233;s et mal fichus. &lt;br class='autobr' /&gt;
De ces voyages &#224; demeure fictifs se bricole la contre-angoisse de la rue, la r&#233;sistance illusoire sans barri&#232;re tangible au monde ; &lt;br class='autobr' /&gt;
sans toit, c'est clair je ne tiens pas 72 heures dans la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;De l'&#233;tablissement vers la chambre et vice-versa&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En tout &#233;tat de cause, et suivant mon rythme naturel, je suis pr&#234;te et op&#233;rationnelle pour bosser apr&#232;s tous mes rituels, repas et n&#233;cessit&#233;s au bon r&#233;veil, soit aux alentours de 13h30-14h00. &lt;br class='autobr' /&gt;
Merci d'arranger mon emploi du temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
(liste des t&#226;ches pr&#233;alables disponible sur demande)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hospitalit&#233;, la chaleur et un certain confort d&#233;gainent les rais du symposium dans la collectivit&#233; qui s'y berce. Alors, enfin, nous pouvons penser le soin et : &#171; [&#8230;] &#224; dans une semaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rencontre sur la bateau ce que j'identifie comme mes doubles-pair.e.s : des sp&#233;cimens humains avec qui je me trouve des accointances nombreuses, avec qui nous partageons un langage pluriel familier, un &#233;ventail de passions transmissibles et de nouvelles fa&#231;ons d'&#234;tre et de penser le monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du reste, iels sont aussi musicien.e.s, r&#233;alisateur.ice.s, historien.ne.s d'art, jardinier.e.s, baroudeur.e.s, bibliophiles, &#233;crivain.e.s, militant.e.s, cin&#233;philes, artistes, biffin.e.s, chanteur.se.s, sportif.ve.s, conf&#233;rencier.e.s, formateur.ice.s.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;l&#233;e &#224; cette bande recto-verso de po&#232;tes, nous parvenons &#224; r&#233;inventer un quotidien, quand presque partout ailleurs s'arrime &#8212; &#224; un stade avanc&#233; &#8212; la d&#233;sincarnation du milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychiatrie, dans sa normativit&#233; institutionnelle, tend &#224; d&#233;ployer les armes inverses, &#224; pulv&#233;riser le sujet vers la masse, &#224; d&#233;shumaniser et simplifier les rapports (rapports de force), &#224; exercer son pouvoir contre toutes peurs ancr&#233;es et par facilitation en gestes, s'encombrant sans scrupule de d&#233;go&#251;t, de lassitude, d'automatismes, et d'incoh&#233;rence profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai besoin de me sentir toujours un petit peu en vacances pour ne pas avoir l'impression d'&#234;tre arnaqu&#233;e par cette soci&#233;t&#233;. En ce sens, le travail salari&#233; &#224; temps partiel est le minimum d&#233;vital pour ma sant&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il transpara&#238;t ici &#8212; plus indistinctement &#8212; une continuit&#233; de son lieu de travail vers sa chambre, plut&#244;t que la coupure ou rupture entre les vies intimes et celles adress&#233;es au service public.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sans doute pour ce que rev&#234;t de d&#233;sirable l'activit&#233; &#224; bord ; tangu&#233; propice &#224; la rencontre sur le lit mineur de la Seine, entre un rai de lumi&#232;re et ces lattes, en vaisseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le conseil de p&#244;le m'accueille 5 secondes pour faire les pr&#233;sentations et pr&#233;tendre que tout va, &lt;br class='autobr' /&gt;
pour &#233;viter l'embourbe dans mes calamit&#233;s d'impaiement et de plante en pot, &lt;br class='autobr' /&gt;
et bient&#244;t mon statut de SDF.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tiens &#224; me scandaliser haut et fort quant aux modalit&#233;s d'usage des aides de la &lt;i&gt;CAF&lt;/i&gt;, dispositif de soutien r&#233;serv&#233; &#224; une &#233;lite d'intellectuel.e.s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le balayage op&#233;r&#233; s'imagine ais&#233;ment parmi toutes les personnes mal en point que je croise et qui ne disposent, &#224; l'&#233;vidence, pas des armes administratives, ni des moyens pratiques pour se mettre &#224; jour et b&#233;n&#233;ficier du secours en l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie et les comptes &#224; r&#233;gler avec la &lt;i&gt;CAF&lt;/i&gt; en entonnoir des crises d'angoisses, tout est pr&#233;vu pour nous faire renoncer &#224; nos handicaps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pour moi quelque chose d'un signe du destin avec cette histoire d'infestation sur mon lieu de travail. La pr&#233;voyance de Patrice D. : &#171; Vous &#234;tes fragile, faites attention &#224; vous &#187;. Le fait qu'au fond de moi, j'ai bien conscience que ce travail, tel qu'il s'articulait concr&#232;tement, ne me convenait pas, quand bien m&#234;me mon cadre d'exercice d'alors se situe largement au-dessus de tout ce que j'ai connu auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aller au travail est une maltraitance sensorielle inou&#239;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Une violence pour le corps [sans titre]&lt;br class='autobr' /&gt;
Un vecteur d'exc&#232;s d'angoisse&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela alimente l'ulc&#232;re des sens&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sue bout &#224; bout dans mon mal sensitif&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nuits ne me r&#233;parent pas&lt;br class='autobr' /&gt;
Le quotidien m'&#233;prouve plus que la vie&lt;br class='autobr' /&gt;
Sortir en somme du repos est un pi&#232;ge&lt;br class='autobr' /&gt;
L'anxi&#233;t&#233; organique &#8212; de crampes en vertiges &#8212; &lt;br class='autobr' /&gt;
La tachycardie de routine &lt;br class='autobr' /&gt;
Et je vomis mes spasmes liant mes n&#339;uds au bide&lt;br class='autobr' /&gt;
Je cr&#232;ve dans ce monde leitmotiv d'intranquillit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si ma vie se jouait en carton, sous l'irresponsable absence d'enjeux qui pour moi n'&#233;taient pas l'existence comme pour les autres, avec des vies encadr&#233;es et prises en compte dans une globalit&#233; d'actes au maintien sens&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ces raisons, parmi mes comportements, il y a ceux-l&#224; &#233;tranges et infertiles consistant &#224; singer vos instants repus, comme si je m'alimentais de normalit&#233;, pour ensuite d&#233;g&#233;n&#233;rer, comme si je faisais la nique, quartier par quartier, au Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je perds mon poste en cl&#244;ture de cette histoire, ou si je d&#233;cide simplement de partir, j'aurai finalement poursuivi mes convictions profondes, sans tenir compte de ce qu'on m'impose de penser et de faire, en consid&#233;rant &#224; ma place ce qui est bon pour moi. Lourdement balis&#233;e par des conseils d'exigence en provenance de l'entourage de proches et d'organismes, nul ne rate l'occasion de me faire culpabiliser &#224; propos de tout ce que je ne fais pas, ou que je fais de travers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En forme d'existence qui s'inach&#232;ve dans l'assaut&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisqu'en striant des profondeurs&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui veille la mort jouffl&#233;e de craintes &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;tend &#224; tout malmener &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'urgence d'&#233;tat maladive &lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;rit&#233;, c'est que c'est court&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que je sais ce que j'ai &#224; faire&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que je sais ce qui me tue plus vif dans le fait ne pas le faire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes pratiques artistiques migrent en lien au contexte socioprofessionnel qui est le mien. Par exemple, si je suis salari&#233;e d'une institution, ma pratique du dessin de bande dessin&#233;e redouble, car elle constitue pour moi la transposition la plus imm&#233;diate et instinctive face &#224; un contexte &#233;reintant d'incompr&#233;hension et d'inadaptation aux codes sociaux dans le milieu dans lequel je suis embauch&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si je vis une exp&#233;rience sociale augment&#233;e, c'est &#224; dire que je c&#244;toie plus que de naturel des individus (ami.e.s ou partenaires potentiel.l.e.s, groupes d'engagement, ou m&#234;me relation affective et amoureuse), ma pratique de l'&#233;criture s'acc&#233;l&#232;re, voire d&#233;colle comme une bombe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si jamais je m&#232;ne une vie paisible, une p&#233;riode de grand calme, alors, enfin, je reviendrai &#224; la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21869 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/voyage_a_goinfre_36_-96.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/voyage_a_goinfre_36_-96-52980.jpg?1730805412' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Voyage &#224; goinfre (extrait, 2022)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://natachaguiller.blogspot.com/" class="spip_out"&gt;SNG (Natacha Guiller)&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;small&gt;Image de couverture : La chambre d'Antoine, 2015&lt;/small&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Texte de SNG (Natacha Guiller) &#233;crit et lu &#224; l'occasion de la Soir&#233;e &#171; Sant&#233; mentale et garantie des moyens mat&#233;riels d'existence &#187;, &#224; laquelle &#233;tait convi&#233;e l'association CLE Autistes (membre du p&#244;le communication de l'association), organis&#233;e par Angel Ika Gross, T&#233;l&#233;maque Masson-Renaudin et Giovanni Materaqui, et qui s'est tenue jeudi 10 octobre 2024 &#224; la Maison Ouverte de Montreuil, lors de la Journ&#233;e mondiale pour la sant&#233; mentale pour le lancement de la Semaine Internationale des &#233;tudes sur le revenu de base inconditionnel, avec le soutien du Mouvement Fran&#231;ais pour un Revenu de Base (MFRB) et du groupe local ATD Quart Monde de Montreuil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ma th&#233;rapie avec Chat GPT (2023-2024) : &lt;a href=&#034;https://essen-g.blogspot.com/p/ma-therapie-avec-chat-gpt.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://essen-g.blogspot.com/p/ma-therapie-avec-chat-gpt.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Expression de Neobled pour parler du pyjama.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Maison de Jean-Pierre Raynaud (1969-1993) &lt;a href=&#034;https://ap.chroniques.it/la-maison-de-j-p-raynaud/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ap.chroniques.it/la-maison-de-j-p-raynaud/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Hospice SNG : &lt;a href=&#034;https://essen-g.blogspot.com/p/hospice-sng.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://essen-g.blogspot.com/p/hospice-sng.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mocassin, je me pr&#233;pare, Nouvelles &#233;ditions Place, 2020 : &lt;a href=&#034;https://natachaguiller.blogspot.com/p/mocassin-je-me-prepare-de-sng-natacha.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://natachaguiller.blogspot.com/p/mocassin-je-me-prepare-de-sng-natacha.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le jour o&#249; Bascoulard a refus&#233; de sortir de prison, parce qu'il n'avait pas termin&#233; son dessin &#187; : &lt;a href=&#034;https://www.leberry.fr/bourges-18000/loisirs/le-jour-ou-bascoulard-a-refuse-de-sortir-de-prison-parce-qu-il-n-avait-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leberry.fr/bourges-18000/loisirs/le-jour-ou-bascoulard-a-refuse-de-sortir-de-prison-parce-qu-il-n-avait-&lt;/a&gt; pas-termine-son-dessin_12696677/&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;SNG (Natacha Guiller) est artiste, po&#232;te, performeuse, paire-aidante.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expression artistique pluri-indisciplinaire constitue son outil principal, l'instrument de lib&#233;ration de l'imaginaire qui jalonne son parcours personnel &#8212; de la survie vers le r&#233;tablissement &#8212; jusqu'&#224; l'entr&#233;e en r&#233;sistance et l'engagement militant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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