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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>L'activit&#233; du vide en architecture III/III</title>
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		<dc:date>2024-10-06T13:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>vide</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce que montre l'anatomie du vide en architecture et urbanisme, telle qu'elle est propos&#233;e dans ces articles, ce n'est finalement pas seulement que le vide n'est pas toujours motif d'angoisses. C'est qu'il est m&#234;me heureusement constitutif de nos existences et de nos activit&#233;s.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2525-8459a.jpg?1772186926' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce que montre l'anatomie du vide en architecture et urbanisme, telle qu'elle est propos&#233;e dans ces articles, ce n'est finalement pas seulement que le vide n'est pas toujours motif d'angoisses. C'est qu'il est m&#234;me heureusement constitutif de nos existences et de nos activit&#233;s. Cette analyse souligne aussi que parler d'architecture et de vide implique des descriptions n&#233;cessaires, m&#234;me si selon Stefan Zweig : &#171; Rien n'est moins ais&#233; &#224; d&#233;crire que le vide &#187;. Et ce n'est pas tout. Elle implique une le&#231;on &#233;thique et politique, &#224; savoir que l'architecture propose de d&#233;limiter sans s'enfermer sur soi, d'identifier sans borner, de disposer sans figer, d'imaginer sans imiter, et se fait par l&#224; critique de projets qui n&#233;gligent la Polis (la cit&#233;), sans en faire l'unit&#233; par excellence de l'espace social. En un mot, l'architecture et l'urbanisme prouvent la f&#233;condit&#233; du vide, ainsi que nous l'&#233;tudions dans notre ouvrage : La f&#233;condit&#233; du vide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, MkF&#201;ditions, 2024&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si les articles I et II de cette s&#233;rie de trois, se sont attach&#233;s &#224; montrer que, comme concept autant que comme r&#233;alit&#233;, le vide constitue un appel, une ouverture et une dynamique gr&#226;ce auxquels les humains, dans leurs cultures, architecturent un/des mondes (des &#171; chez soi &#187;) ouverts sur la nature et d'autres mondes culturels ; et que la fondation d'une ville devient am&#233;nagement d'un vide ind&#233;fini en un lieu d&#233;fini sous principes diff&#233;rents (divins, anthropocentr&#233;s, notamment), il reste &#224; &#233;voquer trois points qui nous reconduisent &#224; l'actualit&#233; de ces domaines. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que soient envisag&#233;es l'architecture (ou l'urbain) sur terre ou dans l'espace, ainsi que les techniques de conception (du dessin au num&#233;rique et &#224; l'Intelligence artificielle (IA)), il est bon de se pencher sur les ouvrages de Henri Maldiney qui associent l'&#339;uvre d'art et le vide, afin de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce lien, voire d'en faire la critique. Pour lui, le vide n'est pas une ne&#769;gation du monde, mais au contraire une condition du rythme, du souffle &#8211; par la renaissance du vertige originel suscite&#769; &#8211;, qui rend possible la manifestation de l'&#234;tre, la perception sensible du monde. Du vide, &#233;crit-il, &#233;merge la possibilit&#233; d'&#171; &#234;tre le monde &#187; ou de devenir monde. Ce vide constitutif de lieux (physiques et m&#233;taphoriques) permettrait une interpr&#233;tation de ce qui nous est commun. Car les espaces constitu&#233;s se mod&#232;lent en significations. Ils rel&#232;vent de &#171; faires &#187; qui se forment en se faisant. C'est &#224; partir de ce vide que les hommes inventent du spatial, du culturel ou de l'imaginaire. C'est par ce vide que les espaces urbains trouvent leur qualit&#233; et leur essence publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces indications, un peu ph&#233;nom&#233;nologiques, de la part d'un philosophe de l'esth&#233;tique, pr&#234;tent &#224; des questions notamment &#224; l'adresse de trois ph&#233;nom&#232;nes &#171; nouveaux &#187; dans les domaines explor&#233;s ici. Chacun(e) sait que l'Intelligence Artificielle (IA) bouleverse depuis quelques ann&#233;es les m&#233;tiers de l'architecture. Dans cette pratique, elle ouvre, semble-t-il, des fronti&#232;res in&#233;dites dans la conception des formes jusqu'alors retenues. Non seulement des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives sont trait&#233;es d&#233;sormais par des machines, mais le c&#339;ur de la mission de l'architecte s'en trouve modifi&#233;, puisque des formes naissent qui restent &#224; explorer, et les contraintes du m&#233;tier se transforment. &#192; c&#244;t&#233; de l'IA, le r&#244;le des drones et le contexte spatial (au sens de l'interstellaire) impliquent des recherches diff&#233;rentes, elles aussi impactant les formes vou&#233;es traditionnellement au b&#226;ti. D&#232;s lors, dans les trois cas, le rapport au vide prend un autre tour. L'IA et l'interstellaire reconfigurent le rapport des humains &#224; l'espace et au vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le num&#233;rique brasse le vide derechef &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire des tentatives d'utilisation du num&#233;rique dans l'architecture et l'urbanisme pourrait &#234;tre profil&#233;e ici. Nous renvoyons le lecteur aux nombreux ouvrages qui la restituent. Les outils num&#233;riques sont entr&#233;s dans les &#201;coles d'art et d'architecture et les agences d'urbanisme depuis longtemps. L'usage de ces outils s'est ensuite g&#233;n&#233;ralis&#233;. Les premiers effets probl&#233;matiques se sont produits dans les agences, en modifiant les t&#226;ches, d&#233;faisant les postes et en recomposant les hi&#233;rarchies de la production dessin&#233;e des espaces. Les effets suivants furent internes &#224; la conception m&#234;me de l'espace. Eero Saarinen travaille espaces et lieux des entreprises General Motors et IBM, d&#232;s les ann&#233;es 1950. La conception des blobs (Greg Lynn), assez rapidement, s'est impos&#233;e dans de nombreuses r&#233;alisations. Si le lecteur ou la lectrice ne sont pas sp&#233;cialistes, signalons que l'ensemble est bien restitu&#233; dans l'ouvrage &lt;i&gt;Architecture num&#233;rique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;par Dimitris Kottas, Paris, Eyrolles, 2013&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, duquel nous extrayons deux visuels :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;193&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_-_biomorphisme.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH311/02_-_biomorphisme-331c8.jpg?1772199888' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Daniel Koehler, avec la participation de Chen Chen, Genmao Li et Zixuan Wang (Bartlett School, Londres)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;WanderYards, maquette, 2017-2018, &lt;br class='autobr' /&gt;
impression 3D, Paris, MNAM-CCI, inv. AM 2018-2-152.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;87&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03_-_tallinn.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/03_-_tallinn-659c8.jpg?1728027474' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Gilles Retsin Architecture
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Pavillon pour la Biennale d'architecture de Tallinn, 2017.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ces deux photos, ce qui est int&#233;ressant, c'est la mani&#232;re dont l'espace est devenu clairement une mati&#232;re, mati&#232;re &#224; penser et mati&#232;re &#224; travailler. Le vide et l'espace ne peuvent plus &#234;tre dissoci&#233;s en int&#233;rieur et ext&#233;rieur, les moyens utilis&#233;s pour les penser adoptent une structure proche de la bande de Moebius.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;monstration accomplie par Christophe Le Gac, dans une exposition &#224; Poitiers, en 2021&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;r&#233;sum&#233; de l'entreprise, dans Art Press, Octobre 2021&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme l'explique son compte rendu, loin d'en rester &#224; l'art num&#233;rique, la premi&#232;re ambition de l'auteur de l'exposition f&#251;t de montrer comment l'informatique, au-del&#224; de l'usage des nouvelles technologies, infuse la cr&#233;ation contemporaine. Dans cette exposition, les visiteurs ne devaient pas s'attendre &#224; c&#244;toyer des &#233;crans ou des tables num&#233;riques. Ils se trouvaient plus proches des arts plastiques et du design que de l'exaltation technologique. De nombreux artistes par ailleurs collaboraient &#224; l'exposition, d'autant qu'eux-m&#234;mes ont &#224; se confronter &#224; ces nouveaux outils. Parfois m&#234;me ils en font la critique, ainsi que le sculpteur Pierre Besson le montrait en ouverture des lieux, par une &#171; Maison du d&#233; &#187; (2021), soit l'agrandissement d'un composant d'imprimante de bureau. D'autres interventions d'artistes incitaient les visiteurs &#224; animer telle &#339;uvre par leur pr&#233;sence ou leurs gestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette exposition, les &#339;uvres contemporaines &#233;taient les plus nombreuses, certaines produites par des artistes en devenir, des &#233;tudiants de l'Esad TALM, membres de l'Atelier Design Game Global d'Angers. Ce qui n'interdisait pas la pr&#233;sence d'oeuvres anciennes. Par exemple, les dessins algorithmiques &#224; l'ordinateur que Manfred Mohr programme d&#232;s la fin des ann&#233;es 1960. L'exposition mettait ainsi en regard &#232;res analogique et num&#233;rique, comme en t&#233;moignait &lt;i&gt;Menace 2&lt;/i&gt; (2010) de Julien Pr&#233;vieux. Ce meuble en bois &#233;tait la r&#233;plique de la Matchbox (ou Machine) Educable Noughts and Crosses Engine, con&#231;ue en 1961 par le chercheur en IA Donald Michie. Initialement constitu&#233; de bo&#238;tes d'allumettes, l'ordinateur m&#233;canique devait pouvoir jouer au morpion et progresser de partie en partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re ou d'une autre, l'exposition prouvait que l'IA, globalement, permettait aux architectes et urbanistes de lire, penser, r&#234;ver les formes, ainsi que de r&#233;fl&#233;chir &#224; de nouveaux projets. L'auteur de l'exposition l'indiquait ainsi : gr&#226;ce &#224; l'IA, &#171; la plupart du temps, l'architecte pourra se mettre &#224; distance de son travail de coordination d'activit&#233;s et retrouvera l'essence m&#234;me de sa profession : concevoir, et non g&#233;rer &#187;. La cr&#233;ation architecturale et urbanistique revenait donc en force, par ces moyens, sans s'y soumettre. C'est m&#234;me la dimension du vide rendue possible par ces moyens qui force les architectes &#224; ne plus concevoir le vide sous forme de cube ou d'espacement lin&#233;aire. La part du vide devient celle d'une &#233;criture de l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_-_parame_trie_architecture-parametrique-conception-edited.jpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/04_-_parame_trie_architecture-parametrique-conception-edited.jpg-7dc31.jpg?1772199888' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Cr&#233;dit Xrenders
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une conf&#233;rence, Stanislas Chaillou&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(@stanislaschaillou)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, chercheur &#224; la Harvard Graduate School, explique l'apport de la programmation d'une IA pour la cr&#233;ation architecturale. Il d&#233;montre l'&#233;volution logique de la conception architecturale, de la &#171; modularit&#233; &#187; (pr&#233;fabrication industrielle de modules architectoniques) des ann&#233;es 1920-30 &#224; l'arriv&#233;e de la CAO (Conception assist&#233;e par ordinateur, en anglais, Computer Aided Design, pour CAD) dans les ann&#233;es 1960-70, en passant par l'av&#232;nement du &#171; param&#233;trisme &#187; (g&#233;n&#233;ration de formes architecturales plus ou moins complexes &#224; partir de donn&#233;es pr&#233;d&#233;finies et gr&#226;ce &#224; des programmes informatiques) &#224; la fin des ann&#233;es 1990, pour arriver aujourd'hui, selon lui, &#224; l'accouchement de la quatri&#232;me &#233;tape, &#224; savoir l'&#232;re de l'IA en architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est pench&#233; (on l'observe sur son site) sur la num&#233;risation d'un ensemble de plans d'un appartement avec d'infimes variables (position de la porte d'entr&#233;e selon l'humeur du futur propri&#233;taire, par exemple). En retour, l'IA lui a dessin&#233; une infinit&#233; de plans avec d'innombrables variations d'am&#233;nagements int&#233;rieurs. Dans un espace aux contours donn&#233;s, nombre de solutions &#233;mergent quant &#224; la position des pi&#232;ces de jour, de nuit et de service.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son mantra, enti&#232;rement pris dans l'IA : flexibilit&#233;, options multiples, analyses en temps r&#233;el. Il ajoute : &#171; Plut&#244;t que d'utiliser des machines pour optimiser un ensemble de variables, l'IA permettrait de d&#233;terminer, gr&#226;ce &#224; la machine, les qualit&#233;s importantes du b&#226;ti et de les reproduire tout au long du processus de conception &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les drones dans le vide &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu en marge de cette rapide exploration des nouveaux rapports &#224; l'espace et au vide, il faut faire place &#224; la question des drones (dr&#244;nes). En permettant, entre autres choses, des relev&#233;s de fa&#231;ades, des explorations d'espaces inaccessibles, ces appareils promettent des donn&#233;es pouvant servir aux architectes et urbanistes, dans leurs rapports avec le vide ou avec ce que l'on croit vide. Traces et &#233;volutions environnementales deviennent des moments centraux de nouvelles recherches ou d'anciennes recherches affin&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'heure actuelle, il existe peu de travaux sur les impacts &#233;pist&#233;mologiques, architecturaux et urbanistiques, ainsi que philosophiques des nouvelles d&#233;territorialisations technico-spatiales du regard sur les vides par fait de drones. &#192; leur propos, nul ne peut se contenter de ce que nous connaissons depuis longtemps, les d&#233;territorialisations techniques terrestres, du t&#233;lescope aux jumelles. Ces d&#233;territorialisations-l&#224; r&#233;sultent de m&#233;diations con&#231;ues pour &#8216;am&#233;liorer&lt;/i&gt; le regard sur ou dans l'espace et la sensibilit&#233; corporelle. Le sens du regard est d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; des machines qui voient avec les humains et rep&#232;rent le vide &#224; hauteur d'humain. Elles maintiennent l'image &#224; partir de la situation de l'&#339;il humain corporel (se portant vers le ciel ou vers la terre, servant d'axe). Elles restent anthropocentr&#233;es, puisque ce sont des regards &#224; hauteur de corps et du sensible et que la soci&#233;t&#233; exerce sur elles des disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous int&#233;resse dans la question des drones, ce sont les m&#233;diations qui &#8216;changent ce que l'on voit habituellement sur la terre,&lt;/i&gt; en nous faisant acc&#233;der &#224; des perspectives in&#233;dites et impossibles sans sortir du champ terrestre (sans le d&#233;sir icarien de voler), et qui produit encore autre chose, lorsque ce n'est plus la terre qui est regard&#233;e mais l'univers. Alors on atteint l'&#201;ther, un milieu de coexistence sans totalisation possible, ni saisie synoptique. En somme, les drones renvoient &#224; des perspectives technico-spatiales, et &#224; leur enveloppement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques de telles d&#233;territorialisations, anciennes et nouvelles, sont triples. Elles sont tributaires de notre rapport &#224; notre corps : prises entre le r&#234;ve d'Icare et le d&#233;sir saturnien de s'alourdir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Jean-Paul Sartre, Oreste dans &#8216;Les Mouches : il ne veut plus vivre en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles s'articulent &#224; la d&#233;l&#233;gation du regard &#224; des machines qui extraient le regard de l'attraction horizontale caract&#233;risant le regard humain imm&#233;diat (extrait hors du corps humain). Et elles produisent de nouveaux agencements collectifs. En quoi, il faut &#233;viter absolument de croire que l'on pourrait se contenter de parler seulement de machines. Il faut montrer de quels agencements les machines font partie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ainsi que l'explique la Revue H&#233;rodote, G&#233;opolitique de la datasph&#232;re, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La r&#233;volution num&#233;rique provoqu&#233;e par l'adoption massive des technologies num&#233;riques et l'interconnexion mondiale des syst&#232;mes d'information et de communication requis conna&#238;t une acc&#233;l&#233;ration fulgurante depuis deux d&#233;cennies, qui bouleverse nos &#233;conomies et nos modes de vie et ouvre de nouveaux horizons de d&#233;veloppement encore largement inexplor&#233;s, au regard et &#224; la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que nous gagnons, qu'est-ce que gagnent alors les architectes et urbanistes ? Un regard sans corps qui fait vaciller les coordonn&#233;es habituelles (mais il n'est pas certain qu'il fasse vaciller le syst&#232;me centr&#233; de la perspective classique). Un surplomb, des vues en surplomb et en ext&#233;riorit&#233; (par rapport &#224; l'ancien lieu &#171; naturel &#187; de l'humain). Disons plut&#244;t au-del&#224; de l'h&#233;ritage de l'avion, un geste qui va plus loin, car le regard de l'avion est plut&#244;t li&#233; &#224; l'espace et au temps de voir (un h&#233;ritage qui aurait donn&#233; l'expression : &lt;i&gt;l'&#339;il de Dieu,&lt;/i&gt; c&#233;l&#233;br&#233; par Karen Blixen, dans &lt;i&gt;La ferme africaine&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont bien de nouvelles dimensions. Elles font sentir des mutations chez les humains qui passent d'un univers v&#233;cu et vu horizontalement &#224; un univers vu et v&#233;cu &#171; sur &#187;, de &#171; haut &#187;, sans leur pr&#233;sence. Surtout du fait qu'ils sont directement concern&#233;s par cet objet d'&#233;tude, ils sont aussi spatiaux, ils regardent et sont regard&#233;s, ils ne peuvent rester neutres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et tous gagnent en voir nouveaux, notamment lors des catastrophes ou afin de pr&#233;voir les catastrophes en architecture et urbanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, est-ce que nous perdons simultan&#233;ment quelque chose ? Au moins l'anthropocentrisme et sa philosophie du corps. La question soulev&#233;e par ces d&#233;territorialisations sp&#233;cifiques est que le regard n'est plus seulement aid&#233; (augment&#233;, dirait Bachelard, ou am&#233;lior&#233;), mais remplac&#233; par celui de machines qui alors voient pour nous. Et, si nous y perdons les soci&#233;t&#233;s disciplinaires (apr&#232;s tout), nous perdons sans doute aussi des agencements sociaux en nous trouvant pris dans de nouveaux agencements, au risque de la surveillance continuelle qu'il faut int&#233;grer &#224; l'architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous perdons aussi les repr&#233;sentations cin&#233;matiques organisant et rendant compossibles une pluralit&#233; de repr&#233;sentations possibles, car le survol (en tout cas pour l'heure) s'op&#232;re &#224; partir d'un seul &#339;il ? D'autant que l'espace livr&#233; par le survol n'est pas lib&#233;r&#233; des contraintes du point de vue (la cam&#233;ra, et le montage). Que pouvons-nous cr&#233;er &#224; partir de l&#224; (du surplomb, de la communication instantan&#233;e, du contr&#244;le&#8230;) ? Mais nous avons aussi &#224; d&#233;velopper la critique d'un sur-regard (au sens d'une super puissance pour dominer, le &#171; surhumain &#187; ?) et la composition d'un sur-regard (au sens d'un jeu sur l'ubiquit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le vide intersid&#233;ral et l'architecture des corps flottants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re modalit&#233; du vide dans cette s&#233;rie d'articles portant sur l'architecture et l'urbanisme : l'espace interstellaire ou intersid&#233;ral (mais la dimension de la mer et des Abysses ne saurait &#234;tre exclue totalement). Une architecture con&#231;ue ou &#224; concevoir &#224; partir de cette &#171; premi&#232;re fois &#187;, qui nous permet d'observer la terre de l'ext&#233;rieur, au-del&#224; des drones, par des humains, certes technologis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restons-en cependant &#224; l'intersid&#233;ral, et aux projets d'am&#233;nagement auxquels se consacrent des architectes, voire des urbanistes. La part du vide y est constante (et sans plaisanterie autour du vide d'id&#233;es de distribution et d'&#233;quipement qui en saisit beaucoup). &lt;br class='autobr' /&gt; 1 &#8211; Ces projets obligent &#224; un retour conceptuel sur le &lt;i&gt;vide ind&#233;fini&lt;/i&gt; &#224; am&#233;nager (dont nous sommes partis dans le premier article), un vide sans avoir &#224; d&#233;molir. Une sorte de laboratoire pur de ce qu'aurait pu &#234;tre une architecture premi&#232;re (mais pas primitive), tant dans l'espace interstellaire (donc la station orbitale internationale) que dans l'espace lunaire ; &lt;br class='autobr' /&gt; 2 &#8211; Ils imposent une r&#233;flexion sur le choix des sites et de l'ordonnancement en lieux, dans la mesure o&#249; il d&#233;pend moins des peuples, et m&#234;me des ing&#233;nieurs et techniciens, que des autorit&#233;s spatiales ; &lt;br class='autobr' /&gt; 3 &#8211; Ils inspirent des consid&#233;rations in&#233;dites, tant sur les questions de mat&#233;riaux que sur les questions d'implantation (que pouvons-nous construire sur place ?), en quoi nous revenons &#224; la dimension du &lt;i&gt;chantier&lt;/i&gt; et &#224; de nouvelles hi&#233;rarchies entre humains ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut partir de l&#224; pour s'int&#233;resser correctement &#224; l'architecture dans ce cadre. Pour la premi&#232;re fois sans doute, depuis longtemps, il faut construire sans mod&#232;le. Et sans fondation terrestre. D'autant que la spatialit&#233; interne &#224; une telle architecture n'est plus pr&#233;construite par les habitudes terrestres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui se penchant sur les sondes, voiles solaires, propulsions nucl&#233;aires, et autres cabines habit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;104&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/o5_-_archi_espace.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/o5_-_archi_espace-499ac.jpg?1772199888' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Nombreux sont aussi les artistes qui jouent des tels projets, par exemple Andr&#233; Robillard (Lille, Lam)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_-_soyuz-russian-spacecraft-min.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH633/06_-_soyuz-russian-spacecraft-min-434d8.jpg?1728027474' width='500' height='633' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Vaisseau spatial russe Soyouz
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Les sc&#233;narios cin&#233;matographiques de voyages interstellaires ne sont pas en reste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L410xH307/ruby-eda9d.jpg?1728027474' width='410' height='307' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/08_-_film.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/08_-_film-6123c.jpg?1772199888' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, en y r&#233;fl&#233;chissant mieux, ne trouvons-nous pas dans une situation paradoxale sur le plan philosophique, mais aussi &#233;cologique. Dans ses &#171; R&#233;flexions sur les vols spatiaux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vue de la lune, 1972, Paris, H&#233;ros-Limite, 2022&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le philosophe allemand G&#252;nther Anders (1902-1992) attire notre attention : &#171; Nous ne serons pas &#233;tendus par l'extension de notre monde. Au contraire, cette extension nous rendra encore plus egocentriques, encore plus centrip&#232;tes. Sans cesse, nous serons forc&#233;s de mettre le lointain au service du proche, de domestiquer les plan&#232;tes captur&#233;es, d'utiliser les territoires conquis comme des bases strat&#233;giques, comme des mati&#232;res premi&#232;res, comme des instruments de prestige pour l'ici-bas &#187;. Autrement dit, nous ne quitterons jamais la terre, ajoute-t-il en parlant plut&#244;t des cosmonautes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il remarque encore plus globalement, c'est que les humains ne semblent pas pouvoir inventer des formes in&#233;dites, dans des lieux in&#233;dits, parce qu'ils sont enti&#232;rement pris dans l'analogie permanente. Ce que les architectes, ici plus que les urbanistes, n'envisagent pas vraiment, c'est de produire des formes qui ne soient pas uniquement faites pour assurer le triomphe sur terre des uns ou des autres. Et plus encore, de produire des formes destin&#233;es aussi &#224; &#233;poustoufler les peuples aux fins de les maintenir dans la distance avec les pouvoirs technologiques. Et c'est dans ce moment o&#249; la terre se tient devant le miroir qui la montre de l'ext&#233;rieur, gr&#226;ce aux technologies spatiales, o&#249; des humains meublent potentiellement l'univers entier que l'on s'aper&#231;oit que d'un c&#244;t&#233; les techniques poussent &#224; une entreprise aventureuse visant &#224; s'&#233;lever au moyen de l'ing&#233;niosit&#233; humaine vers une dimension d&#233;passant toute mesure humaine, et que de l'autre nous n'arrivons pas &#224; concevoir autre chose que des architecture et des urbanismes qui peuvent &#234;tre d&#233;truits et dispara&#238;tre sans retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'humour, soulignons bri&#232;vement qu'existe une derni&#232;re modalit&#233; du vide dans les domaines explor&#233;s ici. Un peu d&#233;tourn&#233;e. Elle joue cette fois sur les mots et les rapports entre ou aux architectes et urbanistes. Ainsi certains se plaignent de n'&#234;tre pas &#233;cout&#233; : Adolf Loos publie un ouvrage intitul&#233; : &lt;i&gt;Paroles dans le vide,&lt;/i&gt; 1897-1900. Et parfois juge-t-on que les projets de ses confr&#232;res sont &#171; vides &#187;. En un mot, &#171; le vide, c'est l'autre &#187;. La notion de vide devient une injure. Et le vide est trait&#233; comme absence de signification. Il est cens&#233; d&#233;noncer la grille qui &#233;chappe &#224; toute projection de sens&#8230; &#224; l'&#233;gal de ce que nous avons trait&#233; sous les formules de la vacuit&#233; dans ce qui s'appelait &lt;i&gt;la soci&#233;t&#233; du vide,&lt;/i&gt; sans reconna&#238;tre que notre modernit&#233; elle-m&#234;me doit &#233;norm&#233;ment &#224; la promesse du vide, comme celle de lib&#233;rer l'homme de l'accaparement de son temps par les activit&#233;s productives, afin de lui permettre de vouer son existence aux loisirs, &#224; la culture, &#224; l'instruction. &lt;br class='autobr' /&gt;
Hors de ces propos, &#233;largissons la dimension du vide afin de conclure cette succession d'articles. Le vide est bien une notion complexe, puisqu'elle engage des r&#233;flexions sur l'angoisse des humains devant le vide, la nature, l'espace, le site, le lieu, le mur (qui fait exister ou borde le vide) et donc la limite, la cosmologie, la mati&#232;re, l'urbain, etc. Finalement devant eux-m&#234;mes (le faire, l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt;) puisqu'elle pousse non moins &#224; des r&#233;flexions sur l'enracinement/l'enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, plus largement, nous pourrions consid&#233;rer le paradoxe de l'architecture quant au vide : mettre quelque chose &#224; la place du vide mais en projetant des d&#233;molitions et en recr&#233;ant d'autres vides ma&#238;tris&#233;s&#8230; (l'enracinement n'est pas une condition ontologique, c'est le mouvement).&lt;br class='autobr' /&gt;
En un mot, l'architecture est fond&#233;e sur une culture du vide toujours &#224; am&#233;nager, &#224; partager, &#224; cultiver. Le vide hante toute construction humaine comme son principe. Il rend possible le mouvement de mutation. L'architecture se lie au vide en ce qu'elle le structure, en r&#233;v&#232;le la puissance. Le vide impose &#224; l'humain de cr&#233;er des lieux, l'humain exige le lieu. Dans l'infini il n'est pas chez lui. Encore peut-il adopter des milliers de r&#232;gles diff&#233;rentes pour organiser le monde. Mani&#232;re de rendre le monde abordable, de clarifier son existence, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, MkF&#201;ditions, 2024&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;par Dimitris Kottas, Paris, Eyrolles, 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;r&#233;sum&#233; de l'entreprise, dans &lt;i&gt;Art Press,&lt;/i&gt; Octobre 2021&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(@stanislaschaillou)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Jean-Paul Sartre, Oreste dans &#8216;Les Mouches&lt;/i&gt; : il ne veut plus vivre en l'air, il aspire &#224; descendre&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ainsi que l'explique la Revue H&#233;rodote, &lt;i&gt;G&#233;opolitique de la datasph&#232;re,&lt;/i&gt; n&#176; 177-178. Juin 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Vue de la lune,&lt;/i&gt; 1972, Paris, H&#233;ros-Limite, 2022&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'activit&#233; du vide en architecture II/III</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-activite-du-vide-en-architecture-2517</link>
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		<dc:date>2024-07-29T13:23:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>vide</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour qui ne serait pas convaincu de l'int&#233;r&#234;t de se pencher sur la question du vide et de faire du vide une question centrale, notamment dans une r&#233;flexion culturelle, rappelons que nous avons r&#233;cemment et collectivement v&#233;cus tr&#232;s concr&#232;tement les effets du rapport plein/vide durant une pand&#233;mie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/vide" rel="tag"&gt;vide&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2517-65311.jpg?1772202173' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour qui ne serait pas convaincu de l'int&#233;r&#234;t de se pencher sur la question du vide et de faire du vide une question centrale, notamment dans une r&#233;flexion culturelle, rappelons que nous avons r&#233;cemment et collectivement v&#233;cus tr&#232;s concr&#232;tement les effets du rapport plein/vide durant une pand&#233;mie. Le vide d'activit&#233;s durant un mois, et la pratique de la distance vide entre les habitantes et habitants, ont contenu la diffusion d'un virus, tout en obligeant &#224; repenser l'interd&#233;pendance et la vuln&#233;rabilit&#233; partag&#233;e des &#234;tres humains, au point que cette dimension d'une fonction du vide maintenait bien l'essentiel : faire de nous des &#234;tres conscients de relations irr&#233;ductibles au fonctionnel. Notre approche des lin&#233;aments d'une anatomie du vide en architecture et en urbanisme nous y reconduit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'une fa&#231;on ou d'une autre, le premier article de cette s&#233;rie a montr&#233; que l'architecture et l'urbanisme exercent un pouvoir sur l'espace et l'espacement, et se trouvent li&#233;s &#224; des axes historiques (Lumi&#232;res, modernit&#233;, critique de l'anthropoc&#232;ne) et des pouvoirs. Un temple joue de l'interdit, d&#233;termine un lieu sacr&#233;, marqu&#233; &#224; la fois par le vide topographique qui l'extrait du tissu ordinaire urbain et le vide int&#233;rieur (jusqu'&#224; l'espace vide inaccessible de l'enceinte des dieux). La fondation d'une ville tisse un vide ind&#233;fini en lieux d&#233;finis, ainsi que le montre la photographie de l'&#339;uvre de Tom&#224;s Seraceno en t&#234;te de cet article r&#233;alis&#233;e sur mod&#232;le de la toile d'araign&#233;e. Ce deuxi&#232;me article s'attache &#224; donner sens au vide qui &#171; appara&#238;t comme un espace d'opportunit&#233; susceptible de r&#233;organiser les structures spatiales [&#8230;]. Il n'est pas simplement vide dans son caract&#232;re passif : il est productif et participe &#224; la perception de la ville &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En architecture, comme en urbanisme, le lieu se pr&#233;sente comme une partie d&#233;finie dans l'infini. Il configure la spatialit&#233; de l'existence humaine. Il poss&#232;de une qualit&#233; sp&#233;cifique permettant &#224; l'individu de se localiser dans son territoire. Il facilite l'identification personnelle et sociale. En opposition a&#768; l'espace illimite&#769;, les rues, places, esplanades et parvis sont en effet des vides entour&#233;s d'habitations, exer&#231;ant le pouvoir de se qualifier par l'activit&#233; sociale, politique, esth&#233;tique, des humains, et les routes facilitent les &#233;changes et les flux. Tous ils sont investis de pouvoirs, de sociabilit&#233;s et de cultures (parfois aussi d'une spectacularisation), de sens du moins. &#192; charge des habitantes et habitants de ne pas les r&#233;duire &#224; un simple usage et de ne pas vouer ce sens possible &#224; l'enfermement, ce que d&#233;noncent Georg Simmel ou Walter Benjamin dans la ville moderne obligeant les citadines et citadins &#224; affronter un cumul d'exp&#233;riences assaillantes et mod&#233;lis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant, le lieu r&#233;pond &#224; l'exercice d'un pouvoir, au sens de : &lt;i&gt;s'installer&lt;/i&gt; quelque part en le modifiant pour l'adapter &#224; des besoins, au sens du faire anthropologique afin de construire quelque chose, &lt;i&gt;am&#233;nager&lt;/i&gt; un vide, &lt;i&gt;passer&lt;/i&gt; au-del&#224; pour rencontrer, etc. Souvent l'architecture et l'urbain s'y pensent comme civilisateurs par rapport &#224; une nature &#171; naturelle &#187; qui n'est pas toujours m&#233;pris&#233;e pour autant. Il y a bien choix de l'endroit comme le montre le th&#233;&#226;tre d'&#201;pidaure (l'horizon de terre et de mer compl&#233;tant virtuellement la forme absente du cercle) ; et rapport &#224; une non moins hypoth&#233;tique &#171; nature humaine &#187; qui y prend une forme culturelle (&lt;i&gt;homo faber)&lt;/i&gt;. En r&#233;pandant dans l'espace ind&#233;fini des lieux distincts, elle mod&#232;le des mondes culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne va pas sans l'invention du mythe de la &#171; nature vierge &#187;, mythe qui n'est pas uniquement occidental, mythe hant&#233; par les colonisations, alors qu'il y a toujours quelque chose (et souvent une civilisation ant&#233;rieure, un h&#233;ritage). Si un tel mythe du vide est parfois n&#233;cessaire (pour imaginer quelque chose), il reste contestable dans l'ignorance qu'il prof&#232;re &#224; l'&#233;gard de la r&#233;alit&#233; de la nature et des cultures autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restons-en, dans ce deuxi&#232;me article, au vide d&#233;termin&#233; par des chantiers et des constructions, fabriqu&#233;, dispos&#233;, devenu condition de culture, d'imagination et de r&#233;alisations, constructions et/ou reconstructions, parce que disponible ou appel &#224; agir : un lieu abandonn&#233;, un site choisi pour &#234;tre am&#233;nag&#233;, une friche, une parcelle vid&#233;e par d&#233;molition (le vidage), un projet de refonte, un chantier dans la ville qui &#171; font le vide &#187;, un entre-deux b&#226;timents autrefois manifest&#233; par les pierres dites &#171; d'attente &#187; ou de &#171; convivialit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_-_pierre_d_attente.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/02_-_pierre_d_attente-80f77.jpg?1722000622' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pierres d'attente
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le chantier, d&#233;termination d'un vide vacant &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tel est d'abord le chantier, un ensemble d'actions autour ou dans un vide vacant ou une table rase organis&#233;e. Il &lt;i&gt;&#171; cr&#233;e le vide dans la ville &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Massimiliano Fuksas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chaos Sublime, Arl&#233;a, 2017, p. 66&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il d&#233;marre dans un espace libre/vide ou vid&#233; afin de construire autre chose (&#224; la place d'une vieille maison abandonn&#233;e, d'un terrain aras&#233;&#8230;), impliquant par ailleurs une r&#233;flexion sur la d&#233;cision de vider (impliquant les syst&#232;mes de propri&#233;t&#233;, le lien aux habitants alentour, la sauvegarde ou non d'un &#171; patrimoine &#187;, etc.), m&#234;me si parfois il est possible de reconstruire en permanence sans impliquer de chantier (ou de faire que le chantier soit permanent sans que ce soit visible, comme les temples reconstruits &#224; l'identique et sur le m&#234;me emplacement au Japon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par diff&#233;rence avec le vide originaire (premier article), cette fois, c'est un vide qui devient destin&#233; pour installer un b&#226;timent. Le vide se livre en matrice de l'espace &#224; construire. &lt;i&gt;&#171; L'architecte sculpte en quelque sorte la ville, et sculpte les vides qui deviendront des lieux &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Laurence Kimmel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une po&#233;tique des rep&#232;res, pour une architecture des rep&#232;res, Th&#232;se de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Mies van der Rohe r&#233;alise d'abord dans son agence un collage sur plan, o&#249; il &lt;i&gt;&#171; blanchit &#187;&lt;/i&gt; le site vis&#233; avant de dessiner sur ce blanc son nouveau projet. Il fait le vide (en imagination ou en r&#233;alit&#233;), et simultan&#233;ment joue des &#233;carts entre les pleins des b&#226;timents encore subsistants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; chantier &#187; (accord&#233; &#224; son &#233;tymologie : pi&#232;ce de bois soutenant quelque chose) implique effectivement un lieu pr&#233;par&#233; (ou &#224; pr&#233;parer), un projet, un acteur ou une &#233;quipe destin&#233;s &#224; permettre un r&#233;sultat, ce que donnent &#224; voir en public les photographies de chantiers. Cela se fait depuis 1851, gr&#226;ce &#224; la mission H&#233;liographique et les images de Charles Malville. Puis est repris avec les films de chantier de l'entreprise Boussiron, autour de 1950, selon l'exposition d'archives &lt;i&gt;Quand l'entreprise se raconte&lt;/i&gt; (Paris, Cit&#233; de l'architecture). Et est devenu un &lt;i&gt;must&lt;/i&gt; de l'art de b&#226;tir et de la publicit&#233; pour l'achat, de nos jours. En l'occurrence, par diff&#233;rence historique avec les toiles peintes de b&#226;timents royaux d'autrefois sur lesquelles des artistes figuraient par avance le b&#226;timent termin&#233;, ne sugg&#233;rant le chantier que par quelques pierres dispers&#233;es au hasard sur l'image&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Blondel G. (1755), &#171; Ach&#232;vement d'une des fa&#231;ades de la cour du Vieux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La fonction du vide vacant dans le chantier, appelant le chantier, prend plusieurs formes plus ou moins joyeuses pour l'architecte, d&#232;s lors que le chantier est visualisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - Disposer par avance d'un vide en vue de construire, partir d'un z&#233;ro d&#233;termin&#233; (ici, il n'y a encore rien, on peut donc placer quelque chose), mais qui a d&#233;j&#224; des qualit&#233;s (une for&#234;t, un plateau, et leur physicalit&#233;). Ce que pr&#233;cise Philippe Boudon pour la ville de Richelieu (mais pas le ch&#226;teau) command&#233;e par le Cardinal : &lt;i&gt;&#171; le vide est forme et le plein est fond &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richelieu, Ville nouvelle, Paris, Dunod, 1978&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il se cale sur un plan de Richelieu du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, montrant vides et pleins, tel que repris et comment&#233;s par Michel Foucault, dans S&#233;curit&#233;, territoire, population&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1978, Gallimard, Le Seuil, 2004, p. 17-18&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03_-_richelieu.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/03_-_richelieu-7953d.jpg?1722000622' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; Reconstruire apr&#232;s les destructions dues &#224; une guerre. Il faudrait citer Dresde (Allemagne) sans cesse reconstruite : d&#233;truite 1945, reconstruite 1950, remani&#233;e 1990, etc. &#192; propos de Hiroshima (et que dire de l'Ukraine, de Gaza aujourd'hui !), Le Corbusier &#233;crit &lt;i&gt;&#171; Tout est &#224; faire ! T&#226;che immense ! &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Vers une architecture,&lt;/i&gt; p. 78) et &#224; propos de la Reconstruction, il pr&#233;cise dans Destin de Paris : &lt;i&gt;&#171; C'est &#224; chaque fois, un enterrement, une liquidation et &#224; la place, une cr&#233;ation. Ainsi Paris fut faite de remplacements &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, Sorlot, 1941, p. 11&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi vont aussi les &#171; no man's land &#187; dans les villes dont parle Paul Chemetov&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Fabrique des villes, La Tour d'Aigues, L'Aube, 1992, p. 63&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8211; Programmer un &#171; vidage &#187; urbain : un vide afin d'y planifier quelque chose, un vide vis&#233; en vue de construire. Ainsi Brunelleschi concevait-il l'h&#244;pital des Innocents de Florence comme une interruption du plein de la ville consid&#233;r&#233;e comme un tout unifi&#233;, et Georges Pompidou attise l'id&#233;e d'une esplanade &#224; Paris (15&#7497; arrondissement) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#8211; Effectuer une critique pratique d'un plein. Le Grec &#201;rostrate, selon le r&#233;cit de Plutarque, voulait r&#233;duire des &#339;uvres en cendres afin de faire de la place pour de nouvelles sculptures dans la ville : &lt;i&gt;&#171; la terre ressemble &#224; de grandes tablettes o&#249; chacun veut &#233;crire son nom. Quand ces tablettes sont pleines, il faut bien effacer les noms qui y sont inscrits pour y mettre de nouveaux noms. Que serait-ce si tous les monuments anciens subsistaient ? &#187;&lt;/i&gt;. Et, joignant le geste &#224; la parole, il mit le feu au temple d'&#201;ph&#232;se. David Greene, du groupe Archigram, veut un moratoire sur les b&#226;timents en consid&#233;rant qu'il y en a bien trop ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 &#8211; Pousser &#224; un effondrement : la d&#233;t&#233;rioration immanente &#224; la mati&#232;re utilis&#233;e, qui provoque le vide ou le creux ou la destruction, qui oblige &#224; remplacer (toute architecture est finie, non seulement elle porte en elle sa destruction (tout doit mourir) mais aussi sa transformation) ; mais aussi le destin conceptuel des immeubles-barres de la Reconstruction autour des ann&#233;es 1970, d&#233;sormais &lt;i&gt;persona non grata&lt;/i&gt; (non sans poser de probl&#232;mes relativement aux habitants, leur m&#233;moire, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21444 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_-_m_pernot.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/04_-_m_pernot-508b7.jpg?1722000622' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Mathieu Pernot, 2000, s&#233;rie Le grand ensemble
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Longtemps le chantier n'a pas eu d'organisation fixe, montre Giulio Carlo Argan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giulio Carlo Argan, Projet et destin, p. 80&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la division du travail produisant un m&#233;tier d'architecte sanctionn&#233; n'&#233;tait pas effective, comme le montre l'absence de nombreux noms de b&#226;tisseurs (Imhotep, Eudes de Metz, Erwin von Steinbach&#8230; mis &#224; part). L'architecture des XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles impliquait la collaboration de l'ensemble de l'artisanat urbain, de toutes les forces productives de la communaut&#233; autour du commanditaire. On doit la forme moderne et r&#233;fl&#233;chie de l'organisation fixe et hi&#233;rarchis&#233;e &#224; Brunelleschi, donc au XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent, une pens&#233;e du chantier est d'&#233;laboration r&#233;cente, qui ne concerne plus les &#171; douze travaux d'Hercule &#187;, mais un acte culturel global incr&#233;ment&#233; dans la division du travail capitaliste. Elle reste cependant souvent prise dans une perspective prom&#233;th&#233;enne, laquelle doit &#234;tre modifi&#233;e d&#233;sormais &#224; l'aune de l'&#233;cologie. Outre le bruit, elle retient du chantier le lien et la hi&#233;rarchie entre professions, la culture constructive produite par le chantier, avec production (ou critique) d'une &#233;chelle d'autorit&#233; entre techniciens (selon la division : promoteurs, architectes, ma&#231;ons&#8230;). Les architectes eux-m&#234;mes, par exemple, Frank Lloyd Wright, plaident pour un chantier soucieux de la mise en &#339;uvre des mat&#233;riaux, et se pr&#233;occupent de la question de la technique (le chantier et la main, puis l'outil, puis la m&#233;canique sous le r&#232;gne du capital, et la domination du num&#233;rique dans l'organisation de nos jours). &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on ne peut tomber dans l'exaltation des machines en une sorte d'ivresse futuriste sans oublier la question des accidents de chantier, et surtout les questions &#233;cologiques (sinon &#224; combiner les deux). Enfin, on peut le concevoir comme un moment provisoire d&#233;pass&#233; par un ach&#232;vement ou comme une situation permanente du monde humain. Des philosophes retiennent d'abord du chantier l'&#233;vocation d'un rapport d&#233;truire/construire, ou d&#233;faire/agencer, pla&#231;ant souvent la violence qui d&#233;chire l'existant en avant. Friedrich Nietzsche (dans &lt;i&gt;Ainsi parlait Zarathoustra&lt;/i&gt;) retient du chantier que : les destructeurs seront les cr&#233;ateurs de demain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste la dimension artistique, soit du chantier lui-m&#234;me, le (ou la vie de) chantier comme &#233;mergence possible d'&#339;uvres d'art (le chantier de la A85 et des artistes de Tours), soit de l'&#339;uvre d'art con&#231;ue comme &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt; permanente, soit du monde comme chantier &#224; jamais inachevable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vide relatif entre les constructions (les espaces et les intervalles) &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une autre approche du vide se joue dans l'interaction des volumes consid&#233;r&#233;s de l'ext&#233;rieur, ou de volumes dispos&#233;s &#224; l'int&#233;rieur d'un espace li&#233;. L&#224; joue pleinement la notion d'&#233;cart. L'&#233;cart se fait tension entre des pleins. Il entre aussi en dialectique avec le plein, dans le jeu des fa&#231;ades, dont il donne le rythme&#8230; (de la fa&#231;ade classique au travail de Xenakis &#224; l'Arbrelle, de Ren&#233;e Gailhoustet ou de Fran&#231;ois Borel). Il conteste la ville fonctionnelle entass&#233;e. Cela &#233;tant, on ne sait pas encore enti&#232;rement ce qu'il adviendra de la ville post-industrielle o&#249; la &lt;i&gt;Polis&lt;/i&gt; (la cit&#233;) n'est plus l'unit&#233; par excellence de l'espace social. Le promeneur qu'est le peintre Louis Soutter avoue : &lt;i&gt;&#171; Ce que je regarde, ce ne sont ni les escaliers, ni les toits, ni la cath&#233;drale : c'est le vide qu'il y a entre eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Louis Soutter, Arles, Actes Sud, 1987&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou la force des liaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pose de nouveaux probl&#232;mes : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ceux de la simultan&#233;it&#233; dans l'espace (un potentiel de l'architecture : superposition ou greffe, conjugaison ou conjonction, voire &#171; pli &#187;, si l'on suit Gilles Deleuze) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ceux de la succession (l'un &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, la disjonction), que l'on parle d'architecture ou d'urbanisme, et surtout de juxtaposition ou de &#171; fronti&#232;res &#187; (s&#233;paration, murs politiques&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est question ici d'un vide efficient maintenu, d'une discontinuit&#233; qui peut &#234;tre li&#233;e dans un b&#226;timent, ou des changements d'&#233;chelle dans un seul b&#226;timent (Bauhaus), et a fortiori dans l'organisation centr&#233;e de la ville industrielle ou d&#233;centr&#233;e de la ville post-industrielle (point&#233;e par la cod&#233;pendance d'&#233;chelles diff&#233;rentes). Ce vide est toujours signifiant, actif : rapprocher, &#233;loigner, passer dessous (type arc de triomphe ou arcade &#224; la Fernand Pouillon). Il est inscrit dans l'architecture, mais aussi dans l'urbanisme : le plan d'une ville manifeste les vides dans les b&#226;timents, entre les b&#226;timents (cours, jardins) et dans les articulations d'immeubles par les rues et les places qui sont ainsi rendus disponibles aux activit&#233;s ext&#233;rieures ou aux manifestations des citoyennes et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vide relatif entre les constructions, f&#251;t-ce pour un seul b&#226;timent, se d&#233;cline donc en :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vide qui s&#233;pare des b&#226;timents &#224; vis&#233;e unique (le discontinu visuel) : ainsi va la maison Drusch &#224; Versailles (Claude Parent), vide qui articule des volumes, fait fonctionner le b&#226;timent en d&#233;calant les plans, en articulations entre des volumes ou en d&#233;sarticulation (de l'espace tendu entre plusieurs espaces, de dislocation), en produisant des embo&#238;tements, en s&#233;parant des fonctions, en op&#233;rant des tensions ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vide au milieu comme chez Dominique Perrault (Biblioth&#232;que Fran&#231;ois Mitterrand, Paris). Le vide se fait silence. Ce vide peut aussi d&#233;faire les fa&#231;ades rigides (Auguste Perret, rue Franklin, Paris, mais aussi Fran&#231;ois Borel ou, chez Adolf Loos, la fa&#231;ade de la villa Tzara &#224; Montmartre) ;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21445 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/05_-_d_perrault.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/05_-_d_perrault-3dfd3.jpg?1722000622' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dominique Perrault, Biblioth&#232;que F. Mitterrand, Paris
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais c'est aussi, l'intervalle dans la ville, les espaces publics, les lieux publics (rues, places qui s'accompagnent de rencontres et de rythmes d'existence), les liens entre b&#226;tis (les pierres de convivialit&#233;) et celui qui fait la ville : au risque d'isoler tel b&#226;timent en sculpture. Cet aspect est largement discut&#233; entre architectes et urbanistes : Le Corbusier aime la masse blanche et libre d'une villa qui se dresse solitaire dans le paysage, &#233;clatante de lumi&#232;re (inspiration du Parth&#233;non d'Ath&#232;nes) ; Robert Venturi c&#233;l&#232;bre les rues italiennes et les r&#233;adaptations permanentes ; Patrick Bouchain revient sur les interstices, terrains vagues, marges et franges ; et les citoyennes et citoyens r&#233;clament des lieux de rassemblement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vide cern&#233; et incitatif entre les murs construits &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue d'une anatomie du vide en architecture et urbanisme, il s'agit cette fois du vide &lt;i&gt;interne&lt;/i&gt; aux volumes, des espaces invent&#233;s et activ&#233;s culturellement, par cons&#233;quent d'un vide relatif (localis&#233; et qui peut &#234;tre ouvert par fen&#234;tre et porte, voire rester ouvert selon le &lt;i&gt;Keka&#239;&lt;/i&gt; japonais), y compris dans les structures gonflables. De mani&#232;re ambig&#252;e Massimiliano Fuksas y insiste : &lt;i&gt;&#171; je fais intervenir le vide dedans ou tout autour &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chaos sublime, Arl&#233;a 2017, p. 36&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si nous r&#233;duisons l'architecture &#224; cette part d'art de l'espace construit par des murs ou des toiles, alors il est temps de p&#233;n&#233;trer &#224; l'int&#233;rieur d'un b&#226;ti, et d'y observer les pouvoirs de l'architecture, par contraintes interpos&#233;es. Un peu sur le mod&#232;le p&#226;tissier des chouquettes : un vide entour&#233; de p&#226;te&#8230;, &#224; ne pas confondre avec les coques qui renferment un noyau, et demeurent ferm&#233;es sur elles-m&#234;mes, au point que la coque ne se distingue pas du noyau, tandis que la chouquette diff&#233;rencie l'entour, l'enceinte et le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un vide int&#233;rieur dans lequel se d&#233;placent les habitantes et habitants et qui doit susciter l'imagination de l'habiter. En ce sens, l'architecture &#171; habituelle &#187;, de nos contr&#233;es, livre des espaces int&#233;rieurs &#224; am&#233;nager, dont l'un des premiers inventaires moderne et occidental est d&#251; &#224; l'historien d'art et d'architecture Siegfried Giedion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Espace, temps, architecture, Paris, Deno&#235;l, 1941 ; La m&#233;canisation au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#234;me si un Walter Benjamin a produit nombre de consid&#233;rations sur ce plan (comme de nombreux romanciers).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21446 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_-_giedion.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/06_-_giedion-cd54a.jpg?1722000622' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle &#233;dition de 1980
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En milieu de capitalisme de consommation, ce sont souvent des espaces jouant sur la peur du vide (et du regard des &#171; autres) qui entra&#238;ne la course &#224; des mod&#232;les de r&#233;f&#233;rence, la surench&#232;re d'objets (si bien d&#233;crite par Georges P&#233;rec, dans &lt;i&gt;Les choses,&lt;/i&gt; 1965). Des analyses et critiques provoquent souvent un rapprochement avec les textes de Blaise Pascal confrontant le vide &#224; l'ennui et au divertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vide fonctionne effectivement comme une coquille &#224; remplir. Ce qu'&#233;claire Franck Gehry (&#224; propos de la maison de Ron Davis) : &lt;i&gt;&#171; J'ai construit la coquille la plus belle que je pouvais et ensuite, je l'ai laiss&#233; amener ses affaires, et l'am&#233;nager &#224; sa convenance &#187;&lt;/i&gt;. Une enveloppe pour les besoins, la r&#233;alit&#233; d'une pi&#232;ce &#233;tant son espace vide, mais ni ses murs, ni son toit. Sous-entendu : &#224; chacun de requalifier les surfaces (le propri&#233;taire, le locataire, l'occupant), mais dans un vide contraint, sinon incitatif. Le probl&#232;me du mur restant &#224; ce stade entier ou non ou rarement pos&#233; en tant que tel dans une histoire du mur ou une philosophie du mur (&#224; laquelle un GWF. Hegel participerait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela &#233;tant, cette dimension interne du vide n'a cess&#233;, au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, de susciter des difficult&#233;s de compr&#233;hension, d'autant que, pour en rester &#224; eux, les Occidentaux confondent le vide et le n&#233;ant. Christian de Portzamparc fait part de son exp&#233;rience : &lt;i&gt;&#171; Quand je disais espace, on ne me comprenait pas, je voulais dire l'entre-deux, le vide. On me r&#233;pondait : &#034;Le vide, c'est angoissant ce mot&#034;. Depuis je cite Lao-Tseu : &#034;La maison ce n'est pas le mur, ce n'est pas le sol, ce n'est pas la toiture, la maison, c'est le vide dans lequel je suis&#034; &#187;&lt;/i&gt;. Il rejoint ce que Charlotte Perriand a v&#233;cu, en particulier au Japon, et r&#233;sume ainsi : &lt;i&gt;&#171; Si, pour les Occidentaux, le vide, c'est le n&#233;ant, pour les Japonais, le vide contient tout &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Le vide est tr&#232;s puissant car il peut tout contenir &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reli&#233; au probl&#232;me des go&#251;ts, du beau de et dans l'architecture, et de l'&#233;ducation esth&#233;tique (pour ne pas parler de l'&#233;ducation &#224; l'architecture et &#224; l'urbain), le vide intervient avant l'am&#233;nagement, mais peut &#234;tre entretenu en favorisant le spectacle de l'habitant(e) au centre d'une pi&#232;ce, en repoussant tout vers ou dans le mur ou les cloisons. Il pousse &#224; de nouvelles solutions d'habitat, promues par des &#171; architectes d'int&#233;rieur &#187;. Pinto Jorge Cruz le r&#233;sume abstraitement ainsi : &lt;i&gt;&#171; Le paradigme de la maison vide et me&#769;ta-fonctionnelle, allie&#769; aux principes asc&#233;tiques d'immat&#233;rialit&#233;, d'inoccupation a&#768; travers l'&#233;loge et la fluidit&#233; de l'espace et aux principes de v&#233;rit&#233; comme r&#233;v&#233;lation de clart&#233;, a&#768; partir de la lumi&#232;re et des transparences dans l'interruption des limites exprim&#233;es, tant dans les esquisses d'une g&#233;om&#233;trie essentielle &#8211; d&#233;monstrative d'une id&#233;e, traduite par l'aphorisme du presque rien qui r&#233;duit la mati&#232;re &#224; l'essence de l'espace et de la structure &#8211; que dans l'expression synth&#233;tique, d&#233;termine les principales lignes de force de la composition, qui d&#233;finiront elles-m&#234;mes ensuite les formes visibles. &#187; &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ce point, toutefois, il convient de tenir compte aussi des diff&#233;rents types de ce vide : les mod&#232;les du temple antique, de l'&#233;glise gothique, du monast&#232;re m&#233;di&#233;val, du palais de la Renaissance, de l'h&#244;tel particulier du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ou, encore, de l'appartement moderne (balzacien/haussmannien) et contemporain m&#233;ritent sous cet angle des analyses diff&#233;renci&#233;es : le vide th&#233;ocentr&#233; (les b&#226;timents habit&#233;s par les dieux, construire une bibliographie), le vide des forteresses du pouvoir examin&#233;es par Patrick Boucheron, le vide anthropocentr&#233;, le vide autor&#233;f&#233;rentiel (contemporain) que cela aboutisse &#224; des b&#226;timents habit&#233;s par les dieux ou les humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un cas singulier autorise un ajout : celui du vide con&#231;u par Daniel Libeskind pour le nouveau mus&#233;e juif de Berlin destin&#233; &#224; manifester (et faire ressentir) le vide de ce qui n'est pas visible puisque les nazis n'ont pas seulement extermin&#233; les Juifs d'Europe, mais ont an&#233;anti aussi toutes archives entre leurs mains. Ce qui est encore amplifi&#233; par le fait que &lt;i&gt;&#171; &#224; son tour, le vide se mat&#233;rialise lui-m&#234;me dans l'espace ext&#233;rieur (du mus&#233;e) comme quelque chose qui a &#233;t&#233; ruin&#233;, ou plut&#244;t comme le reste solide d'une structure ind&#233;pendante, un vide &#233;vid&#233; &#187;&lt;/i&gt; (&#233;crit Jacques Derrida, dans &lt;i&gt;Les arts de l'espace,&lt;/i&gt; Paris, La Diff&#233;rence, 2015) qui exige une participation du visiteur, dans son parcours dans une absence de sens et une absence d'artefacts. Ce vide n'est pas n'importe quel vide. C'est un vide historiquement d&#233;termin&#233; ou circonscrit. Et ce n'est pas, par exemple, le lieu ind&#233;termin&#233; o&#249; tout a lieu. Ce serait m&#234;me tr&#232;s facile de le couvrir (r&#233;ellement et en l'ignorant).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21447 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/07_-_libeskind.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/07_-_libeskind-a2f63.jpg?1722000622' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	En somme, dans une philosophie du vide, l'architecture et l'urbanisme constituent des appuis d&#233;terminants. D'une mani&#232;re ou d'une autre, en eux (l'architecture et l'urbanisme), la dimension du vide impose globalement une r&#233;flexion sur la n&#233;cessit&#233; de clore ou de ne pas clore le b&#226;ti sur lui-m&#234;me, r&#233;flexion qui renvoie toujours &#224; un parall&#232;le avec l'image que l'humain se fait de lui-m&#234;me, du monde et des relations aux autres, par cons&#233;quent &#224; des confrontations non moins n&#233;cessaires entre les cultures et les options &#233;cologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.arc.ulaval.ca/files/arc/EmilieBrin-contrepoint.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.arc.ulaval.ca/files/arc/EmilieBrin-contrepoint.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Chaos Sublime&lt;/i&gt;, Arl&#233;a, 2017, p. 66&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Une po&#233;tique des rep&#232;res, pour une architecture des rep&#232;res,&lt;/i&gt; Th&#232;se de doctorat, Paris X, Avril 2006, Nanterre, p. 5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Blondel G. (1755), &#171; Ach&#232;vement d'une des fa&#231;ades de la cour du Vieux Louvre &#187;, f&#233;vrier 1755, et gravure anonyme (1786) &lt;i&gt;L'h&#244;tel de Salm en construction&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Richelieu, Ville nouvelle,&lt;/i&gt; Paris, Dunod, 1978&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1978, Gallimard, Le Seuil, 2004, p. 17-18&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, Sorlot, 1941, p. 11&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Fabrique des villes,&lt;/i&gt; La Tour d'Aigues, L'Aube, 1992, p. 63&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Giulio Carlo Argan, &lt;i&gt;Projet et destin,&lt;/i&gt; p. 80&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in &lt;i&gt;Louis Soutter,&lt;/i&gt; Arles, Actes Sud, 1987&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Chaos sublime,&lt;/i&gt; Arl&#233;a 2017, p. 36&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Espace, temps, architecture,&lt;/i&gt; Paris, Deno&#235;l, 1941 ; &lt;i&gt;La m&#233;canisation au pouvoir,&lt;/i&gt; Paris, Deno&#235;l, 1948&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Suite et fin dans le prochain num&#233;ro de TK21 : Le vide et les corps flottants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;image d'introduction : Tom&#224;s Saraceno, Palais de Tokyo, 2018 (photo de l'auteur)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'activit&#233; du vide en architecture I/III</title>
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		<dc:date>2024-07-01T07:15:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>vide</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les humains ne devraient pas avoir d'angoisse du vide puisqu'il leur offre mille moyens de d&#233;ployer des formes d'existence et des actions. Son importance, sous consid&#233;rations n&#233;gatives ou positives, se reconna&#238;t dans des domaines aussi vari&#233;s que la cosmologie, la th&#233;ologie, la philosophie, l'anthropologie et les diff&#233;rentes pratiques artistiques, au bas mot.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/vide" rel="tag"&gt;vide&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2500-d82b2.jpg?1772202173' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les humains ne devraient pas avoir d'angoisse du vide puisqu'il leur offre mille moyens de d&#233;ployer des formes d'existence et des actions. Son importance, sous consid&#233;rations n&#233;gatives ou positives, se reconna&#238;t dans des domaines aussi vari&#233;s que la cosmologie, la th&#233;ologie, la philosophie, l'anthropologie et les diff&#233;rentes pratiques artistiques, au bas mot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En architecture et en urbanisme, les humains ne peuvent se dispenser de s'y appuyer. Ils l'appellent (afin de construire quelque chose quelque part), le cultivent (en mettant tel lieu en errance afin de construire autre chose), y logent des habitantes et habitants (une maison, un igloo, un local&#8230;) quand ces derniers ne le produisent pas eux-m&#234;mes comme architecture sans architecte. &lt;br class='autobr' /&gt;
En somme, les humains ne cessent d'en engendrer et d'en activer comme le c&#339;ur d'instauration de tous les possibles. Gr&#226;ce &#224; lui, ils suscitent l'espace et l'espacement et en jouent (au sens des &#233;crits de Friedrich von Schiller ou de Roger Caillois sur le vide, et du jeu du Taquin). En cela, il n'est pas une chose. Comme concept autant que comme r&#233;alit&#233;, il constitue un appel, une ouverture et une dynamique gr&#226;ce auxquels les humains, dans leurs cultures, architecturent un/des mondes (des &#171; chez soi &#187;) ouverts sur d'autres mondes. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de plaquer sur notre propos une d&#233;finition s&#232;che du vide, r&#233;ifiant imm&#233;diatement la notion et les d&#233;bats potentiels, cette s&#233;rie de trois articles encha&#238;n&#233;s, soumis aux lectrices et lecteurs par un philosophe qui s'int&#233;resse &#224; l'architecture et l'urbanisme sous l'angle de la Polis (la cit&#233;) sans comp&#233;tence technique dans ces domaines, souhaite tracer les lin&#233;aments d'une anatomie du vide en architecture et en urbanisme, entendus au sens moderne des termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'en amorcer les contours, regardons quatre b&#226;tis pr&#233;sent&#233;s par des architectes, provoquant &#233;tonnements, discussions et projets autour du vide en architecture et urbanisme. Il s'agit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du mus&#233;e d'art Benesse House (1990) de Tadao Ando. Dans son contexte (Japon), il pr&#233;sente une salle dont la partie centrale du toit, sous forme ovale, est absente, tandis que cet ovale se r&#233;percute au sol sous forme d'une pi&#232;ce d'eau refl&#233;tant le ciel. L'architecte se livre l&#224; &#224; une r&#233;alisation qui cadre le ciel local, et pose la question du rapport entre la terre et le ciel, en ouvrant le b&#226;timent &#224; la perception de l'infini. Alors le ciel peut devenir le Ciel, et la question de la croyance religieuse comme la question m&#233;taphysique interviennent ; ou peut demeurer un ciel &#224; explorer mat&#233;riellement. &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_-_ando_benesse_house.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/02_-_ando_benesse_house-473fe.jpg?1718111164' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tadao Ando, Benesse House
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du dessin c&#233;l&#232;bre de Superstudio. Soit une plage et des falaises dessinant un paysage/d&#233;cor &lt;i&gt;vide&lt;/i&gt; (la nature naturelle ?). Sur ce &#171; d&#233;cor &#187;, qui n'est autre que la nature, des personnages, sis en un lieu d&#233;termin&#233; gr&#226;ce &#224; une grille, &lt;i&gt;meublent&lt;/i&gt; une partie de ce vide en le d&#233;limitant (sans doute ici comme cauchemar urbain moderniste). Cette image place le regard devant le jeu du vide et de la fonction de limite/d&#233;limitation (la limite comme fin et commencement de l'existence humaine). Superstudio d&#233;cline le vide naturel comme condition de l'architecture, un vide dans lequel se pose la question des limites construites par les humains, un vide &#224; d&#233;limiter pour que se produisent un espace, un site urbain ou un lieu architectur&#233;. Encore Superstudio associe-t-il sa r&#233;flexion sur la limite &#224; un vide moral et politique r&#233;sultant de l'application d'un seul mod&#232;le d'architecture (celui des modernes).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03_-_superstudio.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH269/03_-_superstudio-71477.jpg?1718111164' width='500' height='269' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De l'&#339;uvre con&#231;ue par Zaha Hadid, sur la photographie, &#224; Duba&#239;, &#224; la limite de la sculpture et de l'architecture, donnant ainsi corps au rapport entre le plein et le vide dans une option hypermoderne, et dans laquelle le vide fonctionne comme liaison de volumes. Il articule l'habiter en &#233;carts. C'est un vide relatif externe entre des b&#226;tis &#233;cart&#233;s (par opposition &#224; l'entassement), critique de l'architecture compacte (pleine).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_opt.hotel-dubai-me-by-melia-noken-porcelanosa-laurian-ghinitoiu-2.jpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/04_opt.hotel-dubai-me-by-melia-noken-porcelanosa-laurian-ghinitoiu-2.jpg-a5fb8.jpg?1772202173' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Zaha Hadid, Hotel Dubai Me
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;by Melia Noken Porcelanosa Laurian Ghinitoiu
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfin, d'un dessin de Patrick Bouchain montrant la n&#233;cessit&#233; de passer de l'architecture autoritaire &#224; une architecture libertaire : les murs internes du b&#226;ti sont supprim&#233;s. Reste un vide interne, local, con&#231;u comme incitation ou appel &#224; agir dans un b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_-_bouchain.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH357/06_-_bouchain-d255f.jpg?1718111164' width='500' height='357' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Patrick Bouchain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sommaire rep&#233;rage sp&#233;cifiquement li&#233; au projet d'&#233;tablir une anatomie du vide en architecture et en urbanisme, &#233;cartant par cons&#233;quent les consid&#233;rations sur le beau, l'utile ou le pouvoir en ces deux domaines, d'autres r&#233;f&#233;rences pourraient encore &#234;tre ajout&#233;es. Par exemple une tente nomade, un village Bororo, un b&#226;timent de Peter Eisenman, puisque l'architecte c&#233;l&#232;bre constamment le plein de l'absence dans le vide de l'absent&#233;, mais aussi un projet tel qu'en pr&#233;sentait Ren&#233;e Gailhoustet en son temps (voir la photographie en t&#234;te de cet article). Et pour &#233;tendre encore la perspective, sans parler imm&#233;diatement des &#171; trous &#187; dans le tissu urbain, des photographies d'Eug&#232;ne Atget, des photos de Paris vides de personnes notamment, pourraient aussi servir de rep&#232;re. Ainsi que des travaux sur l'amour du terrain vague, l&#224; o&#249; &#171; rien &#187; ne r&#232;gne encore, &#233;crit fictionnellement Ettore Sottsass, dans &lt;i&gt;Metafore&lt;/i&gt; (Paris, Skira, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Chacun de ces b&#226;timents met en &#233;vidence la r&#233;flexion d'un ou une architecte sur le vide. Par opposition &#224; une &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; r&#233;pandue, cette r&#233;flexion montre que le vide n'est ni angoissant, ni n&#233;gatif &#8212; nulle peur du vide ici &#8212;, mais une condition de l'architecture sous la forme d'un &lt;i&gt;axe&lt;/i&gt; de r&#233;flexion et d'action dans le monde. Le vide n'est ni une chose que l'on peut manipuler, ni une instance ext&#233;rieure &#224; l'architecture et qu'on lui incorporerait. Le vide est au principe de toute &#233;dification spatiale, de toute d&#233;limitation, de tout mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'architecture et l'objectivation des cultures dans des formes durables, qu'elles soient nomades ou s&#233;dentaires, voire flottantes (ciel ou mer), con&#231;ues ou non par des architectes en titre &#8212; il est des architectures sans architectes &#8212;, le vide incite &#224; donner corps aux rapports de l'humain au monde et aux rapports entre humains (y compris sous exigence de vide physique distanciel), aussi bien dans le concept d'architecture, notamment &#224; l'&#232;re de l'anthropoc&#232;ne, que dans la pratique (y compris la pratique num&#233;rique) et des r&#233;alisations de tous types (temple, monument, logement, parc d'attraction&#8230;), que ce corps soit parfois r&#233;duit &#224; un seul mod&#232;le impos&#233; &#224; tous, par exemple celui de l'anthropologie classique &lt;i&gt;aufkl&#228;rer&lt;/i&gt; conduite par une acad&#233;mie d'architecture, celui mod&#233;lis&#233; &#224; partir du &#171; modulor &#187; de Le Corbusier, celui des postmodernes, ou qu'il d&#233;signe des consid&#233;rations plus dispers&#233;es et diff&#233;rentielles telles que le XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en d&#233;ploie (post-anthropoc&#232;ne, &#233;cologie), voire intersid&#233;rales&#8230;. Il renvoie de toute mani&#232;re &#224; une pluralit&#233; de mod&#232;les historiques et culturels. Il peut faire l'objet de propositions et contre-propositions, et peut laisser imaginer d'autres rapports&#8230; quand il ne fonctionne pas comme injure de l'un par rapport &#224; l'autre (accusation), ce qui se retrouvera au long des articles propos&#233;s ici. Il renvoie &#224; cinq types : celui, originaire et infini, relevant d'une m&#233;taphysique spontan&#233;e des architectes ; celui du vide ind&#233;fini d'une hypoth&#233;tique nature premi&#232;re, condition paradoxale de l'architecture/urbanisme ; et le vide relatif instaur&#233; et activ&#233; (externe ou interne aux b&#226;timents, architecture et urbanisme) par le travail des architectes. &#192; ces trois types principaux (explor&#233;s dans les articles 1 et 2), expliquant que &lt;i&gt;&#171; l'importance du vide est tout &#224; la fois pragmatique, m&#233;taphysique et m&#233;ta-fonctionnelle, elle tient de la totalit&#233; productive et de la fa&#231;on de vivre l'espace &#187; &lt;/i&gt; (in &lt;i&gt;Le Carr&#233; Bleu, Feuille internationale d'architecture,&lt;/i&gt; 2. 2010, ouvrage non pagin&#233;, publi&#233; avec le soutien de la Cit&#233; de l'architecture), s'ajoutent les dimensions du vide num&#233;rique, des vides r&#233;v&#233;l&#233;s par les drones, du vide intersid&#233;ral (d&#233;velopp&#233;es dans l'article 3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des imaginaires de l'architecture&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une conf&#233;rence prononc&#233;e &#224; la Cit&#233; de l'architecture, le 29 avril 2011 (dans la s&#233;rie : &lt;i&gt;Quand les architectes n'ont pas peur du vide&lt;/i&gt;), l'architecte Bernard Tschumi d&#233;cline un spectre de la notion de vide. D'abord en substantif (le vide) : absence, cavit&#233;, creux, d&#233;barras, ennui, espace, fente, futile, inhabit&#233;, st&#233;rile, z&#233;ro&#8230; Puis en adjectif (vide) : une pi&#232;ce vid&#233;e. Enfin en verbe (vider) : abandonner, d&#233;meubler, expulser, d&#233;truire, etc. Qu'il ait raison ou non de croire pouvoir cerner le vide &#224; partir de telles listes, il n'en reste pas moins qu'il donne au concept de vide en architecture et dans l'urbain une effectivit&#233; d&#233;cisive, y m&#234;lant bien s&#251;r son propre travail, illustr&#233; ci-dessous (Paris, La Villette).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21284 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/07_-_img_3852.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/07_-_img_3852-18999.jpg?1772202173' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, s'il existe une vertu de la liste, ainsi que l'affirme Umberto Eco, rien ne s'y discerne vraiment. Michel Foucault le souligne avec humour au tout d&#233;but de &lt;i&gt;Les mots et les choses&lt;/i&gt; (Paris, Gallimard, 1969). Parmi ces vides certains sont physiques, effectifs et d'autres rel&#232;vent de conceptions m&#233;taphysiques du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, commen&#231;ons par explorer ces derni&#232;res conceptions avant de nous concentrer sur les autres types de vide. Une discussion sur le vide peut en effet reposer sur le profil d'une interrogation portant sur l'existence ou non d'un vide ontologique : l'imaginaire d'un vide originaire et indiff&#233;rent, d'une vacuit&#233; originelle (ou son refus). Ce vide-l&#224; serait &lt;i&gt;&#171; la mati&#232;re des possibilit&#233;s d'&#234;tre &#187;&lt;/i&gt; (&#233;crit Gaston Bachelard dans &lt;i&gt;La po&#233;tique de l'espace,&lt;/i&gt; Paris, Puf, 1957).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet aspect de la r&#233;flexion sur le vide est-il n&#233;cessaire pour penser l'architecture ? Sans doute pas pour penser telle architecture, de nombreux architectes y &#233;tant indiff&#233;rents, pour autant une telle r&#233;flexion existe bien, notamment en contexte moderne. Un tel souci du vide pose bien des questions, auxquelles des architectes &#8212; ce &#224; quoi cet article se restreint, en n'&#233;voquant pas les m&#233;taphysiciens de l'urbain et de l'architecture &#8212; font allusion dans leurs propos d&#232;s lors qu'ils s'inqui&#232;tent dans leur travail :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit d'une bipolarit&#233; du monde obligeant &#224; r&#233;server une place au divin dans le monde terrestre (penser un temple, une &#233;glise, un espace sacr&#233;), et m&#234;me si tel temple ne doit rien aux dieux (un panth&#233;on r&#233;publicain) en tant que tels, ces derniers inspirent l'ardeur des b&#226;tisseurs ; une bipolarit&#233; imposant un vide destin&#233; &#224; loger l'absolu ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit de nier cette double dimension en s'en remettant &#224; la seule loi int&#233;rieure de leur esprit/formation, autonomisant alors l'architecture par rapport au sacr&#233; (d'&#201;glise, reste le probl&#232;me du sacr&#233; r&#233;publicain), en prise avec un vide d'absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, il existe bien historiquement une &lt;i&gt;m&#233;taphysique spontan&#233;e des architectes,&lt;/i&gt; qu'elle les aide ou non &#224; concevoir leur travail, y compris dans le m&#233;lange des vocabulaires qui peut les autoriser &#224; se vivre, sous le coup de certaines religions, en &#171; cr&#233;ateurs &#187;, en &#171; divins architectes &#187;, comme Eug&#232;ne Viollet-le-Duc se disait &#171; prince des architectes &#187;, etc. M&#233;taphysique s'entendant ici au sens litt&#233;ral : postuler l'existence d'entit&#233;s situ&#233;es au-del&#224; de la r&#233;alit&#233; explorable. D&#232;s lors que l'architecte recourt aux vocables de l'origine, du commencement, du vide et du plein, de l'harmonie, etc., il ne peut &#233;viter le fond commun o&#249; se m&#234;lent th&#233;ologie (de diverses religions), math&#233;matiques et morale. Au niveau le plus &#233;lev&#233;, en rapport avec l'existence de l'univers, cette m&#233;taphysique spontan&#233;e se d&#233;cline en r&#233;cit des gen&#232;ses, donc en monde cr&#233;&#233; (et donc plein) ou monde incr&#233;&#233; (et enveloppant du vide), cr&#233;ation ou &#233;ternit&#233; du monde, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si cr&#233;ation il devait y avoir, il lui faudrait un cr&#233;ateur. Ce dernier, un dieu ou Dieu, peut-il avoir cr&#233;&#233; le vide, ici interpr&#233;t&#233; comme le rien ? Certes non. D&#232;s lors, il n'existe pas de vide originaire. Ou si refus de cr&#233;ation il y a, alors le vide est possible et r&#233;el comme &#233;l&#233;ment de l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation, notamment mat&#233;rialiste, d'une &#233;ternit&#233; du monde supporte tout aussi bien l'id&#233;e de vide originaire mais comme repr&#233;sentant positif de l'ab&#238;me infini, ce vide devenant un des moteurs du mouvement de toutes choses en rapport et au profit d'une existence qui n'est pas aussi vaine que le laisse croire une peinture de Giorgio de Chirico ou un po&#232;me de Charles Baudelaire sur l'ennui. Et si le vide est premier, il est ainsi ce mat&#233;riau de base a&#768; partir duquel penser, &#233;crire, jouer. Il n'est pas n&#233;cessaire de cacher ce vide soit par une transcendance, soit par des normes &#233;ternelles, mais plut&#244;t de savoir que renoncer aussi bien &#224; la totalisation divine qu'&#224; supprimer le vide, c'est s'obliger &#224; repenser autrement que par des actes divins l'origine du monde, de la communaut&#233;, de la cit&#233; ou de l'urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi faut-il encore pr&#233;ciser que ce vide originaire, positif, n'est pas le rien local. Ce dernier correspond &#224; ce qui reste quand on a tout enlev&#233; : le retrait d'objets, comme par exemple les d&#233;crochages de tableaux par les artistes, ce que Ben, figure dans l'&#339;uvre : &lt;i&gt;Tout doit dispara&#238;tre&lt;/i&gt; (1975, Amsterdam), ou bien avant lui, Yves Klein, mettant en sc&#232;ne l'exposition du vide (1962). Il est un vide relatif. Le rien a lieu dans un lieu o&#249; il n'y a rien (encore) ou plus rien. &#192; cet &#233;gard, le rien n'est qu'une possibilit&#233;, celle de mettre quelque chose ou non quelque part. Il se r&#233;duit aux actes de mettre quelque chose, ou d'enlever quelque chose. Ce que n'est pas le vide originaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles r&#233;percussions cette &lt;i&gt;m&#233;taphysique spontan&#233;e des architectes&lt;/i&gt; a-t-elle dans les perspectives architecturales d&#233;fendues par eux ? Il faut en parler bri&#232;vement, d'autant que courent dans ce contexte th&#233;ologico-politique, deux propos tournant autour de ce point : selon une tradition bien &#233;tablie en Occident, Dieu prend le nom de &#171; Grand Architecte de l'univers &#187;, ainsi qu'on le trouve &#233;voqu&#233; dans le po&#232;me de John Milton (&lt;i&gt;Le paradis perdu,&lt;/i&gt; 1667), les &#339;uvres de William Blake et les dessins de Gustave Dor&#233; illustrant la Bible ; face &#224; la mise en &#339;uvre de b&#226;timents religieux, peut-on affirmer qu'elle rel&#232;ve enti&#232;rement d'un acte de foi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, sauf cas particulier, il n'est pas n&#233;cessaire aux architectes de pr&#233;ciser dans leur travail s'ils croient en un Dieu ou s'ils sont mat&#233;rialistes. On peut cependant lire leurs &#233;crits sur l'architecture ou sur les origines de l'architecture sous l'angle de l'id&#233;alisme ou du mat&#233;rialisme, relativement &#224; cette conception globale du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au-del&#224; d'un r&#233;pertoire pr&#233;cis de textes d'architectes de r&#233;f&#233;rence, articul&#233;s &#224; une m&#233;taphysique du divin ou du vide originaire, il convient de pr&#233;ciser les modalit&#233;s de ces d&#233;bats qui, incluant la question religieuse ou non, s'&#233;tend tout de m&#234;me &#224; l'approche m&#233;taphorique de certaines activit&#233;s humaines auxquelles les architectes ne sont pas insensibles : au th&#233;&#226;tre comme sur la page, le vide, la toile vierge, l'espace premier ou&#768; commencer et la page blanche qui rend l'&#233;criture ou le dessin possibles, voire la surface de l'&#233;cran d'ordinateur. Des &#233;crits d'architectes &#233;voquent cette possibilit&#233; du vide de la page blanche avant tout dessin de b&#226;timent, quand ils n'&#233;voquent pas, comme l'a propos&#233; Tschumi, le vide de l'imagination qui peut parfois saisir, ou la n&#233;cessit&#233; de &#171; faire le vide &#187; avant de se lancer, afin de brider la pr&#233;gnance des lieux communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, ce vide originaire ou bien n'existe pas ou bien il est l'infini, &#171; le vide ou l'&#234;tre en puissance, qui est la mati&#232;re des possibilit&#233;s d'&#234;tre &#187; (Bachelard, &lt;i&gt;op.cit.&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'obsession constructive de l'artefact &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abandonnons cette &lt;i&gt;m&#233;taphysique spontan&#233;e des architectes,&lt;/i&gt; afin de prendre en mains une autre approche m&#233;taphysique du vide, celle-l&#224; paradoxale : l'architecture s'&#233;tablirait sur un vide originel, la nature avant l'humain (l&#224; o&#249; il n'y aurait rien d'humain, en r&#233;alit&#233; ou par la pens&#233;e), afin de produire un vide d&#233;limit&#233; &#224; l'int&#233;rieur duquel les humains se d&#233;placeraient. Elle construirait donc un jeu de vide/plein &#224; partir de ce premier vide et un vide/plein qui donnerait lieu &#224; des situations humanis&#233;es. O&#249; l'on reconna&#238;t l'axe majeur des discours portant sur l'existence d'une impulsion constructive d'humanisation du monde gr&#226;ce aux artefacts humains, par la main, l'action, le faire, etc., ce qui est remis en question d&#233;sormais sous couvert de la critique de l'anthropoc&#232;ne. Ce type de conception du vide, degr&#233; z&#233;ro de l'exp&#233;rience architecturale au sein d'une nature muette et dont on dit qu'elle a horreur du vide sous signature d'Aristote, d'une nature inhabit&#233;e, d'un ind&#233;fini spatial, se ferait m&#234;me, pour certains, &lt;i&gt;appel &#224;&lt;/i&gt; l'activit&#233; humaine constitutive et limitation, appel &#224; des choix selon des r&#232;gles et la critique de r&#232;gles &#233;tablies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Disons un vide ind&#233;fini, sous la forme d'un point d'ancrage de la r&#233;flexion et de l'action transformatrice (ou d'une strat&#233;gie exp&#233;rimentale) discutable affirmant la d&#233;limitation n&#233;cessaire des rapports de l'humain et de l'espace, de l'ind&#233;fini et du fini. Ce point d'ancrage deviendrait le moteur de toute &#233;dification spatiale et de tout mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e d'un vide ind&#233;fini se retrouve dans diverses sources anthropologiques et culturelles, des sources de penser(&#233;e) sans doute sous m&#233;taphores ou r&#233;cits mythiques, celles d'un espace vide dans lequel se fondre, ou contre lequel se d&#233;fendre, dans tous les cas &#224; partir duquel mettre en &#339;uvre (poser, agir) les limites culturelles qui font un monde habitable, et des limites de plus en plus restreintes : Culture, &#201;tat, ville, quartier, famille, individu. Elle permet de penser l'habiter comme d&#233;termination, limitation, donnant un sens &#224; l'existence humaine (au-del&#224; de l'utilit&#233;) : rendre le monde habitable, rendre la rencontre possible, etc., ce qui ne signifie pas n&#233;cessairement coloniser voracement toute la nature. Comme axe de penser(&#233;e), il permet &#224; l'humain d'imaginer une construction l&#224; o&#249; il n'y a rien, d'agir l&#224; o&#249; il y a d&#233;j&#224; quelque chose (une histoire, une civilisation ant&#233;rieure, etc.) &#224; d&#233;molir ou &#224; transformer (en faisant le vide). Il est le potentiel de l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, cependant, dans ce point de d&#233;part s'affirme que, du point de vue de l'humain, cet ind&#233;fini est motif d'actions, reconnaissables dans les quatre cat&#233;gories anthropologiques d&#233;termin&#233;es par Philippe Descola au moins (tot&#233;misme, analogisme, animisme, naturalisme). Dans l'ind&#233;fini, l'humain n'est pas chez lui, et il ne peut &#234;tre partout &#224; la fois : &lt;i&gt;&#171; Il est pour l'homme essentiel, au plus profond, de se donner lui-m&#234;me des limites &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Georg Simmel (&lt;i&gt;Pont et porte,&lt;/i&gt; 1988, Rivages, p. 162). Chacun n'est pas tout, ne peut &#234;tre partout ou ne peut &#234;tre quelque part que parce qu'un autre est ailleurs. En cela, l'humain appelle la constitution de limites, presque invisibles dans le nomadisme ou la continuit&#233; humain-non-humain, ou vou&#233;es au s&#233;dentarisme discontinu et fixe), le fini, tant dans la r&#233;alit&#233; que dans son imagination de l'habiter. L'humain doit se convertir &#224; l'activit&#233; qui institue, limite, d&#233;signe des lieux de r&#233;f&#233;rence (une portion d'espace) et ouvre sur l'autres lieux. Par-l&#224;, il meuble ce vide afin d'exister (ex-ister, sortir, entrer, rapport &#224; l'autre), il organise des lieux qui font des mondes &#224; parcourir, de mani&#232;re communautaire ou par effet d'un pouvoir (tant en &#201;gypte ancienne o&#249; le Pharaon est &#171; architecte &#187;, que dans le magister m&#233;di&#233;val soumis &#224; l'&#201;glise, ou dans la commande r&#233;publicaine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecte et historien d'art Bruno Zevi note sur ce plan : &lt;i&gt;&#171; L'essentiel dans l'architecture est le fait qu'elle organise l'espace [infini], par le biais d'un processus de limitation, pour en faire une forme charg&#233;e de signification en d&#233;finissant par obstructions, dans le vide o&#249; se joue la vision, le p&#233;rim&#232;tre des regards possibles &#187;&lt;/i&gt; (th&#232;me que reprend Ludger Schwarte, &lt;i&gt;Philosophie de l'architecture,&lt;/i&gt; Paris, La D&#233;couverte, 2021, p. 31). Pour Zevi, l'architecture organise l'espace, par le biais d'un pouvoir, gr&#226;ce &#224; des processus de limitation, afin de le muer en une forme charg&#233;e de signification (sociales, politiques, th&#233;ologiques), dans le vide global. Ce que Simmel, encore, &#233;non&#231;ait ainsi : &lt;i&gt;&#171; L'homme qui, le premier, a &#233;rig&#233; une hutte a manifeste&#769; une aptitude propre a&#768; l'homme se positionnant dans la nature (avec elle, contre elle) : il a amoindri ou rompu la continuit&#233; de l'espace, en a &#233;rig&#233; une parcelle en culture et en a fait une unit&#233; sp&#233;cifique dot&#233;e d'un sens. Un morceau de l'espace a ainsi &#233;t&#233; unifie&#769; et s&#233;par&#233; du reste du monde. &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Parce que l'homme est l'&#234;tre de liaison qui doit toujours s&#233;parer, et qui ne peut relier sans avoir s&#233;par&#233; &#187;&lt;/i&gt; (Simmel, &lt;i&gt;Pont et porte, op.cit.,&lt;/i&gt; p. 166). Au demeurant, le privil&#232;ge conf&#233;r&#233; g&#233;n&#233;ralement &#224; l'humain est aussi &#224; ressaisir &#224; la lumi&#232;re des vies animales susceptibles non moins d'habitats flottants ou fixes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui revient &#224; dire que l'architecture (humaine r&#233;fl&#233;chie) produit la ligne qui circonscrit un espace, marque le d&#233;but et/ou la fin d'une &#233;tendue dans laquelle s'installer. Une marque qui montre aussi le passage possible d'un endroit a&#768; un autre. En d&#233;passant cette marque, on p&#233;n&#232;tre dans un autre espace, la ligne se fait charnie&#768;re entre deux espaces. M&#234;me si la limite peut &#234;tre mat&#233;rielle (un mur, une cl&#244;ture, un fleuve, une montagne) ou immat&#233;rielle (la lumi&#232;re/l'ombre, les sons de la for&#234;t), passer par un escalier ou des niveaux, un simple marquage au sol, un parcours de f&#233;lin, ou le privil&#232;ge d'un jardin organis&#233; en paysage (jardin anglais, &#224; la fran&#231;aise, musulman, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fictivement ou non, c'est dans la nature (sur la Terre) que se joue ce rapport humain actif entre le vide ind&#233;fini (le potentiel), qui n'engendre rien d'humain en soi, et les limites (le quelque chose). La nature se pr&#233;senterait comme un vide qui requiert d'&#234;tre activ&#233; en espaces ou en lieux distinguables par le choix d'actions de d&#233;limitation (f&#251;t-ce en imagination de ce qu'est l'humain, gr&#226;ce &#224; des l&#233;gendes). Elle rendrait disponible et recevrait ce qui est engendr&#233;, non sans reprendre parfois la main (ruines envahies, d&#233;bordements, &#233;ruptions). Le rapport ind&#233;fini/fini ainsi compris pousse l'humain &#224; b&#226;tir des mondes sp&#233;cifiques et &#224; les habiter sous forme de cultures. L'architecture alors &lt;i&gt;&#171; am&#233;nage la r&#233;alit&#233; de telle sorte que l'on puisse, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, faire des exp&#233;riences dans la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des espaces et les mesurer &#224; l'aune de ceux-ci &#187; &lt;/i&gt; (Ludger Schwarte, &lt;i&gt;op.cit.,&lt;/i&gt; p. 56).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mythe ou r&#233;alit&#233;, ce rapport ind&#233;fini-fini fabrique la conscience de la n&#233;cessit&#233; de l'architecture, et l'architecture, &#224; son tour, fabrique des dimensions, li&#233;es parfois &#224; l'obsession fonctionnelle, parfois &#224; une relation au cosmos, parfois &#224; des traditions : dedans-dehors, haut-bas, avant-arri&#232;re, droite-gauche, ici et l&#224;-bas. Ainsi tant d'architectes ressentent-ils encore la n&#233;cessit&#233; de revisiter des sites d&#233;serts (Ettore Sottsass, Aristide Antonas). Il y a une logique &#224; cela : retrouver (ou se repenser dans) la fonction de la limitation, par exemple sous forme de tente ou d'une cabane &#8212; GWF. Hegel la renvoie plut&#244;t au temple &#8212;, telle qu'imagin&#233;e par Vitruve (Ier si&#232;cle av. notre &#232;re, &lt;i&gt;De l'architecture,&lt;/i&gt; Livre II), mod&#232;le repris ensuite par beaucoup, dans un d&#233;sert r&#233;el ou m&#233;taphorique, ainsi que le principe d'hospitalit&#233; que nos demeures ou logements enfermants auraient perdu. Ce vide d&#233;limit&#233; est &#233;videmment conditionn&#233; par les histoires et les cultures dont il proc&#232;de. C'est sans doute sa positivit&#233; mais limit&#233;e, dans laquelle s'englobent : des r&#233;cits m&#233;taphysiques/mythiques de la terre &#224; am&#233;nager, les r&#233;cits d'une origine naturelle de l'architecture dans la cabane, les grands r&#233;cits de fondation de villes de Rome &#224; Brasilia et Chandigarh&#8230; mais aussi la croyance (tr&#232;s occidentale) en une architecture et un urbanisme universels absents de consid&#233;rations sur la diff&#233;rence de r&#232;gles culturelles et de mani&#232;res de poser le probl&#232;me de l'existence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : &lt;br class='autobr' /&gt;
Hommage &#224; Ren&#233;e Gailhoustet (1929-2023), dessin pr&#233;paratoire (photo de l'auteur)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Suite dans le prochain num&#233;ro de TK21 : Le vide dans l'acte de construire et les constructions)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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