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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>&#201;vanescences</title>
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		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>voyage</dc:subject>
		<dc:subject>moyen-orient</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Le temps s'&#233;coulait hors du temps, les petits matins s'&#233;tiraient langoureusement et tous les soirs se paraient d'orange. C'&#233;tait cela l'Arabie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/nostalgie" rel="tag"&gt;nostalgie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH94/arton2494-94613.jpg?1772204049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le temps s'&#233;coulait hors du temps, les petits matins s'&#233;tiraient langoureusement et tous les soirs se paraient d'orange. C'&#233;tait cela l'Arabie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Temps dilat&#233;, temps de l'Arabie, se fondre dans l'espace aussi, se faire oublier dans l'ombre d'un muret, n'&#234;tre plus que regard, apprendre l'Orient&#8230; s'asseoir sur un tas de pierres ou se noyer dans le feuillage d'un arbre bas, et puis regarder simplement les gens vivre, prendre le pouls de cette humanit&#233; primordiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/denis_schmite.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH733/denis_schmite-3d744.jpg?1717589579' width='500' height='733' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;J'&#233;tais Hamlet !... Derri&#232;re moi le spectre de Palmyre.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il y eut cette belle fin d'apr&#232;s-midi de printemps et cette rencontre avec le petit musicien de Tadmor la secr&#232;te... Nous l'avions entendu de tr&#232;s loin sa fl&#251;te de jonc. C'&#233;tait comme un serpentin qui se d&#233;ployait dans l'air encore chaud, une sinuso&#239;de m&#233;lodieuse qui allait droit au c&#339;ur. Nous le d&#233;couvr&#238;mes accroupi au pied d'une colonne, tout pr&#232;s du th&#233;&#226;tre antique, tranquille et harmonieux. C'&#233;tait un jeune homme doux et roux, au visage t&#226;ch&#233; de son. Nous &#233;change&#226;mes quelques phrases courtoises dans nos langues respectives puis il nous proposa d'aller visiter son jardin. Nous le suiv&#238;mes par les chemins rafraichissants de la belle palmeraie, juste derri&#232;re le grand temple de Baal. Il nous offrit de l'eau et profusion de dattes, puis silencieux, assis &#224; m&#234;me le sol, nous nous content&#226;mes d'&#233;couter le chant des oiseaux et leurs battements d'ailes, simplement et r&#234;veusement. La vie ne devrait jamais &#234;tre plus compliqu&#233;e que cela&#8230; Temps &#233;vanoui de l'Arabie.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2024-06-06_a_12_51_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH337/capture_d_e_cran_2024-06-06_a_12_51_copie-906e6.jpg?1717702067' width='500' height='337' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Telle &#224; Palmyre, Tadmor la secr&#232;te, des villes avaient surgi des sables, &#233;taient n&#233;es quasi spontan&#233;ment du d&#233;sert et les gens vivaient parmi les vestiges du pass&#233;, au milieu de l'Histoire... Ils habitaient de la mani&#232;re la plus naturelle qui soit le berceau de l'humanit&#233;, au carrefour des peuples, &#224; la crois&#233;e des courants invasifs et des chemins caravaniers. Ils travaillaient des champs que les Romains avaient trac&#233;s et born&#233;s, comme au nord d'Alep en pays Kurde. Les civilisations endog&#232;nes, Sum&#233;riens, Babyloniens, Canan&#233;ens, Aram&#233;ens, Chald&#233;ens, Palmyr&#233;ens, et exog&#232;nes, Hittites, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Arabes, Byzantins, Crois&#233;s de toute l'Europe, Mongols, Ottomans, et bien d'autres encore avant et apr&#232;s, avant surtout, s'&#233;taient d&#233;pos&#233;es comme des couches alluvionnaires, des strates d'intelligence humaine qui constituaient un terreau composite et bien fertile sur lequel avait germ&#233;, puis pouss&#233;, le &#171; peuple &#187; le plus charmant et le plus courtois de l'Orient, et peut-&#234;tre de la terre enti&#232;re, le peuple syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hospitalit&#233; syrienne &#233;tait in&#233;galable. Il suffisait de s'adosser &#224; un muret pour qu'un verre de th&#233; au miel vous soit tendu par une main anonyme par-dessus ce muret. Le th&#233; c'&#233;tait toute la chaleur de l'Orient et le miel toute la douceur de l'Arabie, suc de son &#226;me noble et pure dilu&#233; dans un tout petit verre mordor&#233;. En Syrie, le th&#233; davantage qu'un rituel d'accueil, qu'une politesse rendue au visiteur, &#233;tait un partage authentique, une mani&#232;re d'eucharistie la&#239;que pourrait-on dire, le franc t&#233;moignage d'une fraternit&#233; ressentie pour le moins, et d&#233;j&#224; ce moins me remplissait l'&#226;me, &#224; moi. Ce partage du th&#233; c'&#233;tait une offre de suspension du temps pour rester un peu ensemble et tenter de se d&#233;couvrir un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pied des ruines archi-mill&#233;naires d'Ugarit, j'ai bu le th&#233; avec un b&#233;douin &#233;leveur de moutons, en compagnie de ses femmes et de ses enfants, sous la tente qu'il avait dress&#233; l&#224;. Les uns et moi, l'autre, nous nous regardions, &#233;tonn&#233;s de cette rencontre, heureux d'avoir gomm&#233; une totale improbabilit&#233; en un instant, instant que nous cherchions &#224; &#233;tirer les uns et moi, l'autre, avec ce verre de th&#233; que nous d&#233;gustions &#224; minuscules gorg&#233;es. Nous diluions le temps dans nos verres de th&#233;. La vie ne devrait jamais &#234;tre plus compliqu&#233;e que cela... Temps &#233;vanoui de l'Arabie.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_21250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ruines-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH319/ruines-2-0808d.jpg?1717703089' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout pr&#232;s des ruines pluris&#233;culaires du monast&#232;re de Sim&#233;on le Stylite, l'un de ces anachor&#232;tes de style ancien qui, pour se rapprocher de Dieu, avait choisi de vivre au sommet d'une colonne de marbre, un aspirant au ciel, aid&#233; par deux chevaux &#224; la robe blanche &#233;clabouss&#233;e de beige, un homme labourait son champ dans la fra&#238;cheur du petit matin. L'attelage progressait lentement, mais sans difficult&#233; apparente, et le soc tra&#231;ait un sillon bien droit dans la terre grasse et rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans les allers-retours lents et silencieux d'un laboureur dans son champ, et j'en ai regard&#233; beaucoup des laboureurs ici et ailleurs, quelque chose qui semble participer de la m&#233;canique terrestre, mais d'une m&#233;canique r&#233;guli&#232;re, horlog&#232;re, sans &#224;-coups, pour ainsi dire m&#233;tronomique. Chaque laboureur est un m&#233;tronome de sa terre. Il lui donne une cadence, un tempo. Il y fait na&#238;tre, ou mieux, il en r&#233;v&#232;le la pulsation profonde. Mais le laboureur est un m&#233;tronome silencieux. Il n'a pas besoin d'exhorter ses b&#234;tes en poussant des cris rauques ou en usant du b&#226;ton comme un charretier, ni de les forcer &#224; grand renfort de chiens harceleurs et aboyeurs comme un berger regroupant son troupeau en une masse compacte. C'est un homme calme, patient, compr&#233;hensif et attentionn&#233; qui &#233;tablit une v&#233;ritable relation de compagnonnage avec ses b&#234;tes, homme et attelage ont un travail &#224; mener &#224; bonne fin, et qui a m&#234;me des pr&#233;ventions pour elles. Le laboureur est &#224; la fois m&#233;ticuleux et contemplatif. Il veille &#224; la rectitude de son sillon comme un sculpteur amoureux de la mati&#232;re et s&#251;r de son art, et dans le m&#234;me temps cette rectitude tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment parall&#232;le &#224; une autre rectitude, celle du sillon pr&#233;c&#233;dent, para&#238;t &#234;tre pour lui la source et/ou l'objet d'une in&#233;puisable m&#233;ditation &#224; dimension incontestablement socio-cosmique. Le sillon droit est certes le fruit d'un travail appliqu&#233; mais c'est aussi l'image de ce que pourrait &#234;tre un monde non chaotique, mesur&#233;, harmonieux. Le laboureur &#224; sa t&#226;che montre l'application d'un ancien copieur de musique qui devait au pr&#233;alable tracer ses port&#233;es &#224; la plume sur une feuille de papier vierge et il &#233;prouve le ravissement d'un compositeur inspir&#233; lorsqu'il explore les champs sonores et les lignes harmoniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pied du monast&#232;re de Sim&#233;on le Stylite, le printemps pr&#233;coce avait d&#233;ploy&#233; un tapis de fleurs multicolores. L'homme et ses chevaux continuaient &#224; effectuer leur va-et-vient tranquille. Assis sur une pierre, &#224; c&#244;t&#233; d'un &#233;norme bouquet d'iris tigr&#233;s, la dame que j'accompagnais et moi-m&#234;me les regardions man&#339;uvrer, l'homme et les b&#234;tes. Soudain, le laboureur abandonna son attelage apr&#232;s l'avoir mis &#224; l'arr&#234;t et se dirigea lentement vers nous. Il sortit de sa poche un couteau pliant et coupa prestement quelques fleurs qu'il offrit avec un large sourire &#224; la dame que j'accompagnais.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_21247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/chateau_de_saladin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH755/chateau_de_saladin-d71a5.jpg?1717702156' width='500' height='755' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai en t&#234;te une autre histoire, celle d'un homme qui avait intens&#233;ment v&#233;cu l'Histoire : le gardien du ch&#226;teau de Saladin. C'&#233;tait un homme serein qui allait sur ses quatre-vingt ans tout en en paraissant &#224; peine soixante. Je le revois accroupi sur ses talons et le sourire aux l&#232;vres devant la grande porte de la vieille forteresse, tripotant son chapelet d'agr&#233;ment d'une main et tirant sporadiquement de profondes bouff&#233;es d'une grosse cigarette de tabac brun qu'il tenait de l'autre main. Le gardien du ch&#226;teau de Saladin &#233;tait l'un de ces beaux vieillards profonds et rac&#233;s qui m&#233;ditent le jour durant &#224; l'ombre des murailles des kraks massifs. Beaucoup d'entre eux avaient emprisonn&#233; dans leurs yeux la couleur de la m&#233;diterran&#233;e captur&#233;e sur les rivages d'Ugarit et de Lattaqui&#233; mais de plus prosa&#239;ques que moi diront qu'il s'agit l&#224; du simple h&#233;ritage tenu des chevaliers crois&#233;s de France. Le regard du gardien du ch&#226;teau de l'&#201;mir avait conserv&#233;, quant &#224; lui, la m&#233;moire de l'ombre des cachots de cette m&#234;me France contre laquelle il avait lutt&#233; &#224; l'&#233;poque du mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'accroupissait &#224; son c&#244;t&#233; en partageant une cigarette, alors il pouvait parler longuement de sa jeunesse combattante, de son engagement pour la libert&#233; et pour quelques autres valeurs, de fusillades, de bombes mais aussi de femmes &#224; larges croupes et aux yeux de houris, de courses-poursuites effr&#233;n&#233;es dans les ruelles de Damas et d'Alep, des quelques vingt ann&#233;es qu'il avait pass&#233; dans les ge&#244;les de France, dont cinq avec de lourdes cha&#238;nes aux pieds, puis brusquement se taire et, le sourire toujours aux l&#232;vres, parcourir de son regard sombre, comme s'il caressait le flanc d'une femme, les courbes superbes des vertes collines environnant les ruines imposantes sur lesquelles il veillait. Le gardien du ch&#226;teau de Saladin, digne h&#233;ritier de l'&#201;mir, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; un jeune homme fortement engag&#233; &#233;tait devenu un vieil homme tout &#224; fait serein.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Les souks de Damas qui encerclaient la grande mosqu&#233;e des Omeyyades bruissaient tel un &#233;norme essaim d'abeilles qui se serait coll&#233; &#224; l'arbre de son tr&#233;sor, p&#226;te de verre et or m&#234;l&#233;s. Les voitures &#224; bras, les portefaix, les petits &#226;nes, charg&#233;s de rouleaux de soie venue d'Inde ou de cotonnades, de sacs de f&#232;ves et d'amandes s&#232;ches, de riches tapis d'Iran ou d'Afghanistan, les charrettes remplies de fruits ou de cuivres martel&#233;s, se bousculaient avec grand tapage sous la tr&#232;s haute arche de verre obscurci. Ce brouhaha contrastait fortement avec la lumi&#232;re jaune et apaisante que diffusaient les &#233;clairages des &#233;choppes. Paix lumineuse, toujours lumi&#232;re. Les souks d'Alep, les plus grands de tout l'Orient &#224; l'&#233;poque, &#233;taient ray&#233;s par la belle lumi&#232;re qui filtrait des toits de t&#244;le cribl&#233;s de soleil. Les petites boutiques irradiaient le jaune, l&#224; encore, ce qui avivait les couleurs des tas d'&#233;pices en c&#244;nes, rouge, jaune, orange, vert, et soulignait les &#233;clats moir&#233;s des &#233;toffes pr&#233;cieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que son effervescence pouvait laisser accroire, sa fi&#232;vre apparente, le souk ce n'&#233;tait pas le bazar. Un ordre parfait y r&#233;gnait. Ici, on d&#233;coupait le mouton &#224; queue grasse, plus loin on proposait les fruits secs et les &#233;pices moulues, plus loin encore tous les parfums de l'Arabie et tous les tissus de l'Orient, et ailleurs encore la lumi&#232;re jaune faisait &#233;tinceler les ors des joaillers, colliers et bracelets qui constituent la v&#233;ritable r&#233;serve de valeur du Sud du monde. Tout irradiait. Temps &#233;vanoui de l'Arabie.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;A Damas et &#224; Alep, dans l'entrelacs des ruelles &#233;troites, dans la cour des anciens caravans&#233;rails, &#224; la porte des vieux palais aux fa&#231;ades noircies et aux volets de bois, on croyait sentir encore la pr&#233;sence ambigu&#235; de Lawrence, ce subtil connaisseur des tribus, des familles et des dynasties, un amoureux d&#233;clar&#233; de l'Arabie et le seul occidental porteur d'un projet &#171; moderne &#187; pour elle, qui disait vouloir faire de la Syrie un &#233;tat libre et m&#234;me la grande puissance r&#233;gionale. Mais l'Occident a trahi son alli&#233; contre les Ottomans, le ch&#233;rif de la Mecque, le roi du Hedjaz, a permis au sultan wahhabite du Nedjd de le renverser et ainsi de contr&#244;ler les lieux saints de l'Islam. L'Occident a morcel&#233; l'Arabie, a trac&#233; &#224; la r&#232;gle sur une carte des fronti&#232;res dans le d&#233;sert immense, et ses grands &#233;tats de l'&#233;poque se sont partag&#233;es une grosse portion de son territoire. Les mandats, ils appelaient &#231;a, pour nous autres ce ne sont que des colonies. La tyrannie s'est install&#233;e partout car l'&#201;tat moderne est un oxymore. L'ali&#233;nation revient, ou appara&#238;t, d&#232;s lors que l'&#201;tat s'installe. Quelle utilit&#233; pouvait bien rev&#234;tir un &#201;tat &#171; moderne &#187; pour des b&#233;douins parfaitement adapt&#233;s &#224; un monde sans limite, ou pour des n&#233;gociants dont les caravanes parcouraient d&#233;j&#224; l'Orient en son presque entier, ou pour des paysans qui comme partout vivaient au rythme des saisons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom d'une pseudo-modernit&#233;, l'&#201;tat-tyrannique cherche &#224; lin&#233;ariser et &#224; raccourcir le temps circulaire et dilat&#233; de ces gens-l&#224;, agriculteurs, artisans, commer&#231;ants ou autres, tous vivant avec le soleil. Le portrait du tyran s'affichait sur tous les murs de Syrie, des banderoles &#224; son nom surplombaient toutes les rues, des statues le repr&#233;sentant en pied et en gloire se dressaient sur presque toutes les places. La t&#233;l&#233;vision diffusait en boucle des d&#233;fil&#233;s militaires et des chants l'encensant tandis que son image aur&#233;ol&#233;e, un soleil, une ic&#244;ne byzantine, s'incrustait progressivement dans l'&#233;cran. Mais personne ne pr&#234;tait plus attention &#224; tout cela. Les gens et le tyran vivaient dans des mondes parall&#232;les. Chacun vaquait &#224; ses affaires. La rue syrienne vrombissait et les souks de Damas et d'Alep continuaient &#224; bruisser comme des &#233;normes essaims d'abeilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Damas, au sein des belles Omeyyades, pr&#232;s du reliquaire du Baptiste, je m&#233;ditais sur les apports in&#233;gal&#233;s de l'Arabie et de cette premi&#232;re dynastie, et des suivantes aussi, &#224; l'Europe, architecture, math&#233;matiques, physique, chimie, m&#233;decine, philosophie, musique, po&#233;sie, un d&#233;licat art de vivre, une certaine tol&#233;rance ethnico-religieuse, une vraie noblesse d'&#226;me. Apports in&#233;gal&#233;s, sauf par ceux de la Gr&#232;ce, bien entendu, cet autre martyre de l'Occident pr&#233;dateur. Meurtre de la m&#232;re, complexe d'&#201;lectre. Al-Andalus !&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant, l'on consid&#232;re toujours la porte nord des Omeyyades comme &#233;tant la porte du Paradis, B&#226;b al-Faradis. A l'&#233;cart de l'Occident, sans son tyran, la Syrie aurait pu &#234;tre le Paradis terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par tous les soirs d'orange, non loin des souks moyen&#226;geux d'Alep, les vieux amis se retrouvaient au pied de la formidable citadelle pour tirer de suaves bouff&#233;es de leurs longs narghil&#233;s aux r&#233;servoirs de verre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant... les flammes de la guerre l&#233;chaient d&#233;j&#224; les portes de la Syrie. L'Occident avait lanc&#233; l'un de ses chiens de chasse exotiques, lui aussi implacable tyran, fr&#232;re de Ba'as du syrien, mais son fr&#232;re ennemi, &#224; l'assaut de la th&#233;ocratie iranienne, et &#224; l'a&#233;roport de Damas les Pasdarans en visite officielle braillaient en salves les slogans que le Guide supr&#234;me leur avait dict&#233;s. Je les ai vus et entendus. De l'autre c&#244;t&#233;, au Liban, le trop plein de r&#233;fugi&#233;s palestiniens avait servi de pr&#233;texte pour allumer un conflit fratricide qui n'en finissait pas, partis religieux contre familles &#224; la noblesse douteuse et clans plus ou moins mafieux, en v&#233;rit&#233; variation &#224; l'orientale sur le vieux th&#232;me de la lutte des classes, musulmans pauvres contre riches maronites. &lt;br class='autobr' /&gt;
Propagation de l'incendie &#224; Hama. J'ai vu ses maisons &#233;ventr&#233;es, ses toits &#233;clat&#233;s par la canonnade, ses norias g&#233;antes paralys&#233;s et les berges de l'Oronte, ce fleuve rebelle mais &#244; combien romantique, totalement d&#233;sert&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans auparavant, le tyran alaouite avait fait donner l'arm&#233;e pour mater la contestation par les Fr&#232;res de son soutien inconditionnel au chiisme iranien. Une arm&#233;e contre une ville. Des soldats contre des civils. Des artilleurs et des tankistes contre des agriculteurs et des artisans. Un massacre ! Plusieurs dizaines de milliers de morts. Mort du panarabisme et du panislamisme ! La guerre brise le temps circulaire de la vie simple et bonne, ce temps imm&#233;morial, le lin&#233;arise, le redresse &#224; coups de marteau. Il y a le temps d'avant la guerre, les ann&#233;es de la guerre, le temps d'apr&#232;s la guerre. La guerre impose par sa force la m&#233;moire douloureuse. La guerre inonde les yeux des femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant... le printemps en Syrie &#233;tait encore beau ces ann&#233;es-l&#224; comme nulle part ailleurs, des fleurs partout dans les champs, et les gens &#233;taient encore doux comme nulle part ailleurs, de la chaleur dans tous les c&#339;urs ou presque.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/hamlet_bis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/hamlet_bis-88aef.jpg?1717702517' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;La Syrie encore, mais beaucoup, beaucoup plus tard. La Syrie &#233;tait une terre dont on ne pouvait se d&#233;faire une fois qu'on l'avait rencontr&#233;e, une terre de douceur et de langueur, de solitude un peu triste quelquefois aussi, comme ces lents apr&#232;s-midis de Damas, le vendredi, loin des femmes de Damas, o&#249; sur ses places les jeunes hommes d&#233;s&#339;uvr&#233;s trainaient sans but. Ainsi, j'avais un peu discut&#233; avec l'un d'entre eux qui &#233;trangement s'&#233;tait pris de passion pour un chanteur fran&#231;ais oubli&#233; aujourd'hui. Il en avait adopt&#233; le style vestimentaire et fl&#226;nait l&#224; en fredonnant tendrement ses chansons romantiques. Et il me dit combien il aimait son chanteur, et combien il aimait la France, et combien il aimait toute la po&#233;sie aussi. Syrie, terre de nostalgie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pays avait chang&#233; et une certaine lassitude l'avait gagn&#233;. L'Occident avait envoy&#233; quantit&#233; d'arch&#233;ologues pour fouiller ses vieilles n&#233;cropoles, retaper &#224; la va-vite les sanctuaires de dieux totalement oubli&#233;s des Hommes, et comprendre, si faire se peut, le fonctionnement de ses antiques cit&#233;s, et ils grattaient inlassablement la terre, les arch&#233;ologues, et ils creusaient des trous de taupes, pour en extirper d'infimes tessons de banales poteries qu'ils peinaient &#224; reconstituer, laborieusement plus que minutieusement, et ils exhumaient des momies vieilles de deux mille ans qu'ils laissaient moisir dans des sarcophages de verre au mus&#233;e de Palmyre o&#249; ils exhibaient d&#233;j&#224; les surprenants bustes fun&#233;raires d'hommes et de femmes qui avaient connu Z&#233;nobie et qui semblaient ouvrir des yeux tout ronds, de surprise, quand un tr&#232;s rare voyageur venait leur rendre visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens de Syrie avaient gard&#233; la douceur du miel qu'ils mettaient dans leur th&#233; mais ils &#233;taient fatigu&#233;s. &#171; Les gens sont fatigu&#233;s &#187; me confirma un jeune marchand d'un peu tout &#224; Palmyre avec lequel, pr&#233;cis&#233;ment, nous sirotions un th&#233;, tous deux assis sur un tas de tapis dans un recoin de sa boutique. Trop de touristes, trop d'arch&#233;ologues ! L'espace-temps de la petite ville se r&#233;tr&#233;cissait, se racornissait, sous le poids des exigences et des caprices de tout un chacun. L'Occident imposait d&#233;j&#224; une pr&#233;figuration de l'effondrement. Les &#233;quilibres sont particuli&#232;rement fragiles dans ces ailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, la nuit &#233;tait belle qui tombait sur les portiques &#224; colonnes et les tombeaux-tours de la cit&#233; antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hama, elle, avait &#233;t&#233; totalement reconstruite, plus de trace apparente de l'&#233;pouvante, et, &#224; nouveau, les norias g&#233;antes brassaient tranquillement les eaux de l'Oronte. Calme &#233;trange cependant. Le tyran, plus que jamais pr&#233;sent sur les murs et les places de Syrie, avait fait tracer de larges routes au pied des citadelles franques pour faciliter la circulation des cars de touristes d'Occident qui inondaient le pays et aussi... les mouvements de ses chars d'assaut. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y avait plus de vieillards nobles et m&#233;ditatifs aux portes des kraks majestueux et le gardien du ch&#226;teau de l'&#201;mir Saladin s'&#233;tait depuis longtemps &#233;vanoui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, par tous les soirs d'orange, les vieux amis se retrouvaient encore au pied de la formidable citadelle d'Alep pour tirer de suaves bouff&#233;es de leurs longs narghil&#233;s aux r&#233;servoirs de verre.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Et puis, la guerre. Sous un pr&#233;texte fallacieux, l'Occident &#233;crasa le voisin irakien, bombarda ses villes, mitrailla ses habitants, pilla ses mus&#233;es, br&#251;la les livres de ses biblioth&#232;ques, fit main-basse sur son or noir, d&#233;vasta de fond en comble un pays, r&#233;duisit &#224; n&#233;ant son &#233;conomie, insupportable spoliation, livra ses habitants aux d&#233;mons et aux lanceurs de bombes, annihila une culture archi-mill&#233;naire. &#171; All the perfumes of Arabia will not sweeten&#8230; &#187;. De toute fa&#231;on tous les parfums de l'Arabie se sont &#233;vapor&#233;s car leurs flacons ont &#233;t&#233; bris&#233;s en mille et un fragments que m&#234;me Sh&#233;h&#233;razade ne saurait recoller en mille et une nuits de Bagdad. &#201;vanescence.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il ne peut r&#233;sulter d'un tel forfait que de sombres rancunes, des d&#233;sirs meurtriers de revanche, de nouveaux app&#233;tits de sang. La monarchie wahhabite, hostile au nouveau pouvoir chiite et &#224; la th&#233;ocratie iranienne qui l'appuyait, et soutenue en cela par certains &#233;mirats, d&#233;versa &#224; plein seau le salafisme dans les esprits et les dollars dans les poches ad&#233;quates pour alimenter le soul&#232;vement. Les officiers rescap&#233;s de l'arm&#233;e d&#233;faite recrut&#232;rent &#224; tout-va et form&#232;rent de la chair &#224; canon. Une fois de plus les flammes de la guerre l&#233;ch&#232;rent les portes de la Syrie. &#192; l'int&#233;rieur, la trag&#233;die de Hama avait laiss&#233; quantit&#233; de blessures qui ne parvenaient pas &#224; cicatriser. Les ressentiments &#233;taient nombreux et, par cette p&#233;riode troubl&#233;e, exacerb&#233;s. Le tyran &#233;tait un chef de guerre dont la tribu constituait le gros de l'arm&#233;e et dont la parano&#239;a lui avait fait essaimer par tout le pays des escadrons de chars et des batteries de missiles mal dissimul&#233;s par les dunes du d&#233;sert. L'incendie de la guerre s'engouffra en Syrie et continue de la d&#233;vorer. D&#233;j&#224;, Alep et Ohms ne sont plus que cendres. Deir Ez-Zoor et Palmyre sont tomb&#233;es entre les mains des salafistes venus en partie d'Irak. Des centaines de milliers de gens sont morts et des millions d'autres se sont exil&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_21414 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/photo_der-cb85f.jpg?1772204050' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Syrie est une plaie ouverte dans ma pauvre conscience, la ruine de tout espoir de r&#233;demption de l'Humain. Durant des si&#232;cles, les ruines de la Syrie, riches s&#233;diments temporels laiss&#233;s par des civilisations h&#233;t&#233;rog&#232;nes, Amorites, Canan&#233;ens, Hittites, Aram&#233;ens, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Arabes, Chr&#233;tiens d'Occident, Mamelouks, Ottomans, et j'en oublie sans doute, donc les ruines de la Syrie furent continuellement habit&#233;es, sans fa&#231;on aucune, par des gens humbles et doux. Ruines vivantes qui n'&#233;taient par cons&#233;quent plus ruines, puisque renaissantes &#224; chaque g&#233;n&#233;ration humaine. J'ai d&#233;j&#224; rapport&#233;, ailleurs, bien des rencontres au c&#339;ur ou &#224; proximit&#233; de ces ruines, celle du gentil fl&#251;tiste/jardinier qui d&#233;roulait de fines sinuso&#239;des faites de sons dans l'ombre d'un mur pr&#232;s du temple de Ba&#226;lshamin &#224; Palmyre, ou bien encore celle du laboureur/philosophe et amoureux fou des belles fleurs sauvages, juste au pied du monast&#232;re de Sim&#233;on le Stylite, Qal'at Sam'an, ou bien encore celle du gardien apais&#233; du ch&#226;teau de Saladin, Qal'at Salah ad-Din.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'&#233;voquerai ici surtout c'est la cit&#233; de Bosra, &#224; elle seule un sacr&#233; carrefour, de civilisations, de religions, de marchandises, capitale de la province romaine d'Arabie, aujourd'hui village druzze, ou ce qu'il en reste apr&#232;s la bataille dont elle fut le &#171; th&#233;&#226;tre &#187;, elle et son th&#233;&#226;tre, l'un des plus beaux du monde antique dit-on. Un peu avant que ne s'ouvre le beau soir d'orange, j'ai vu les ruines de Bosra s'animer apr&#232;s les premiers retours des champs et les sorties des &#233;coles, femmes et hommes devisant en voisins au bord de voies pav&#233;es o&#249;, autrefois, d&#233;filait la troisi&#232;me L&#233;gion cyr&#233;na&#239;que et o&#249; passaient des caravanes qui irriguaient toute la p&#233;ninsule arabique, des nuages d'enfants tournant comme des vols circulaires de martinets siffleurs sur des places bord&#233;es d'&#233;glises pal&#233;ochr&#233;tiennes, de mosqu&#233;es datant des premiers temps de l'Islam, ainsi que de majestueux vestiges de colonnades romaines. Les ruines vivaient et leurs habitants faisaient maisons de tout, renfor&#231;ant les murs pourtant d&#233;j&#224; &#233;pais avec tout ce qu'ils trouvaient, morceaux de colonnes et d'entablement, &#233;boulis divers, ce n'&#233;tait pas les tas de vieilles pierres qui manquaient, et utilisant les feuilles d'acanthe des chapiteaux corinthiens pour soutenir les c&#226;bles &#233;lectriques qui alimentaient lesdites maisons. Tout ceci n'allait pas du tout dans le sens des arch&#233;ologues du monde entier qui se sentaient quelque peu rejet&#233;s de leurs champs de fouilles qu'ils estimaient l&#233;gitimes. Ce sont l&#224; gens qui se plaisent &#224; d&#233;terrer ce qui est mort et &#224; tracer des plans sur ce qui avait &#233;t&#233;&#8230;ou sur ce qui aurait pu &#234;tre. Aussi, ces derniers faisaient-ils du Th&#233;&#226;tre, l'un des plus beaux du monde antique dit-on, une mani&#232;re de forteresse refusant par de fortes grilles l'acc&#232;s &#224; ceux qui vivaient ici, &#224; Bosra, et qui poussaient l'outrage jusqu'&#224; utiliser comme lieu d'aisance public l'antique cryptoportique. Une dizaine d'ann&#233;es plus tard tout &#233;tait rentr&#233; dans l'ordre&#8230; enfin, pour les arch&#233;ologues, comme j'ai pu le constater&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#193; quelques centaines de m&#232;tres du site de Bosra, on avait relog&#233; la population dans de &#171; confortables &#187; cubes en parpaings recouverts de t&#244;le ondul&#233;e, habitat parfaitement inadapt&#233; au climat de la r&#233;gion, suffoquant l'&#233;t&#233; et glacial l'hiver, et les arch&#233;ologues pouvaient enfin gratter la terre comme il convenait pour y r&#233;cup&#233;rer de la menue monnaie imp&#233;riale, un peu rogn&#233;e sur les c&#244;t&#233;s, et des morceaux d'&#233;cuelles sans &#226;ge, mais dont certaines plut&#244;t r&#233;centes quand m&#234;me, et les d&#233;poser dans les vitrines des mus&#233;es. Moins de vingt ans plus tard, tout s'est encore consid&#233;rablement simplifi&#233;&#8230; &#224; coup de canons et de barils de dynamite exp&#233;di&#233;s des avions. La bataille ! Ruine de la ruine, &#171; fractalisation &#187; des ruines. Mais, on nous a rassur&#233;. Le th&#233;&#226;tre de Bosra, l'un des plus beaux du monde antique dit-on, n'a presque pas &#233;t&#233; endommag&#233; et les &#171; touristes &#187; pourraient revenir &#224; nouveau le visiter. La Syrie reste une plaie ouverte dans ma pauvre conscience&#8230;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/sans_titre_2_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH737/sans_titre_2_copie-e7cc5.jpg?1717590272' width='500' height='737' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien des ann&#233;es maintenant j'avais ramass&#233; sur le site sum&#233;rien de Mari, &#224; quelques dizaines de kilom&#232;tres au sud de Deir Ez-Zoor, un joli morceau d'argile, un fragment de poterie. Il y a un peu plus de quatre mille ans un artiste tra&#231;ait du bout du doigt, ou &#224; l'aide d'un b&#226;tonnet, dans la glaise toute fra&#238;che, une s&#233;rie de lignes parall&#232;les, comme des port&#233;es musicales, et tout au milieu une ondulation bien r&#233;guli&#232;re, une sorte de vague stylis&#233;e, une sinuso&#239;de, qui bien s&#251;r ne manque pas de me renvoyer, lorsque je la regarde, c'est-&#224;-dire souvent, au son de la fl&#251;te du gentil musicien de Palmyre. Palmyre fut depuis, et &#224; de multiples reprises, le th&#233;&#226;tre cruel de tr&#232;s violents combats, et ce jusque dans la palmeraie, derri&#232;re le temple de Baal, jusque dans son jardin &#224; lui. Les destructions furent multiples, l'H&#244;tel Zenobia &#224; la terrasse duquel j'aimais regarder la belle nuit tomber sur les portiques &#224; colonnes et les tombeaux-tours a &#233;t&#233; incendi&#233;, tous les habitants ont fui ou bien sont morts. Tout est d&#233;solation maintenant. L'Arabie est d&#233;truite et ce pour toujours. Gens, valeurs humaines, villes et villages, maisons, paysages, palmeraies et champs, usines et &#233;choppes, civilisations, la musique, vieilles cultures, th&#233;&#226;tres antiques, temples anciens, mosqu&#233;es, tout est an&#233;anti, r&#233;duit en cendres. Tout est d&#233;truit &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'a-t-il bien pu advenir du petit musicien-jardinier ?
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/sans_titre_1_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L499xH800/sans_titre_1_copie-24e2a.jpg?1719650169' width='499' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#201;vanescences &#187;, fragments ; &#171; Les laboureurs &#187; et &#171; G&#233;om&#233;trie &#187;, extraits. 2015 pour l'essentiel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture : &#201;clat de feuille d'acanthe, cartouche de guerre, &#233;caille de marbre gypseux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Voyage en terre oubli&#233;e</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Voyage-en-terre-oubliee</link>
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		<dc:date>2024-07-01T07:23:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Baldner et Louise Narbo</dc:creator>


		<dc:subject>nostalgie</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>voyage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Voyage en terre oubli&#233;e se pr&#233;sente comme le voyage int&#233;rieur d'un retour &#224; la terre d'origine, &#224; l'exploration du silence de l'exil et de l'exil&#233;e. Un texte de Jean-Marie Baldner sur un livres de photographies de Louise Narbo.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/nostalgie" rel="tag"&gt;nostalgie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/voyage" rel="tag"&gt;voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton2492-f3956.jpg?1772197837' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voyage en terre oubli&#233;e se pr&#233;sente comme le voyage int&#233;rieur d'un retour &#224; la terre d'origine, &#224; l'exploration du silence de l'exil et de l'exil&#233;e ; en quatre d&#233;cennies de photographies, dans un dialogue en trois &#233;tapes, une (re)construction r&#233;ciproque en trois temps, avec, chacun, son &#233;criture photographique singuli&#232;re, noir et blanc : la nostalgie ou l'&#233;motion, l'intemporel du refoulement, les coupures &#224; l'&#233;coute du pr&#233;sent ; trois citations les ponctuent, comme des notes, coll&#233;es photographi&#233;es, du souvenir et de l'oubli, Murakami, Nathalie Sarraute, Lamartine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_les_2_louise.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH702/1_les_2_louise-bc4c7.jpg?1717588053' width='500' height='702' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Louise Narbo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une enfant et peut-&#234;tre une a&#239;eule dans une rue, un escalier int&#233;rieur, sombre, un quai vu d'un bateau en partance ou en arriv&#233;e&#8230; Alger ou ailleurs, partout, dans la m&#233;moire oubli&#233;e des souvenirs d'enfance. Les photographies ne sont ni dat&#233;es, ni l&#233;gend&#233;es. Pourtant, d&#232;s la premi&#232;re page, se noue un r&#233;cit, une histoire dans l'histoire, celle d'une rupture, patente et enfouie, dans les noirs profonds de la surface sensible, les gris de la mat&#233;rialit&#233; rugueuse d'un mur, de la douceur d'un visage. En jeux de superpositions, les yeux s'ouvrent et se ferment au lecteur ; le visage &#233;bloui et effac&#233;, gomm&#233; par un &#233;clair lumineux ou en &#233;clipse, image &#224; la fois le creux et la diffraction de m&#233;moire ; dans la surface photographique, le regard, int&#233;rieur et ext&#233;rieur, ouvre le chemin intime des mots non prononc&#233;s.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21240 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_zazou.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/2_zazou-7a70b.jpg?1772189878' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Louise Narbo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trois robes brod&#233;es d'enfant, une lampe d&#233;branch&#233;e, le portrait du p&#232;re extrait d'un album de photos du temps d'avant&#8230; les images exposent et r&#233;v&#232;lent, en vertige, les signes, la trace, l'histoire et le d&#233;cor de vies ant&#233;rieures, connues et non connues, de vies disparues et de lieux quitt&#233;s ; elles engendrent, aux lueurs quelquefois de l&#233;gendes anciennes, de secrets familiaux et de non-dits intimes, l'&#233;vidence silencieuse des mots et des objets orphelins, de tout ce qui a v&#233;cu et a &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233; et entretenu au-del&#224; des ruptures, des expatriations, de tout ce qui va se taire et dispara&#238;tre. &#192; l'image des agaves en fleurs et des palmiers, toute une M&#233;diterran&#233;e s'invente, partout, dans la chaleur de l'&#233;t&#233;.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21241 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_agave_en_fleur.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH702/4_agave_en_fleur-8776b.jpg?1717588053' width='500' height='702' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Louise Narbo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui se joue entre l'intemporalit&#233; du refoulement des ann&#233;es de guerre et les images qui en reviennent, qui &#233;clatent, instables, &#224; la conscience, entre les temps d'une enfance et d'une adolescence avant l'exil et le temps des mots et des images qui reforment sens et &#233;motion d'un pass&#233; dans le pr&#233;sent ? Sur la photographie de classe, &#224; la fin des ann&#233;es 1950, en double page, l'horizon rectiligne d'un nuage voile les visages, renverse le temps et l'espace, dedans et dehors, d&#233;liant tout un dialogue complexe de mains.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21238 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_dans_les_nuages.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/8_dans_les_nuages-11a3f.jpg?1772189878' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Louise Narbo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_21237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_les_amarres.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/7_les_amarres-96eb8.jpg?1772189878' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Louise Narbo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et la mer, les amarres largu&#233;es, la photographie d&#233;chir&#233;e d'une Marianne en partance, coiff&#233;e du paquebot de l'exode, et l'Atlas&#8230;, les peuples m&#234;l&#233;s du Djebel Amour, s&#233;dentaires et nomades, Arabes et berb&#232;res, juifs et musulmans, &#233;veillent le mythe et la r&#233;alit&#233; d'un pays des anc&#234;tres, d'une terre familiale du retour possible et impossible ; la photographie, superposant, fusionnant l'&#339;il et l'horizon marin, le portrait et la carte, le visage et la terre, face aux eaux noires de la perte, devient, dans l'al&#233;atoire, le hasard peut-&#234;tre des mises en relation, recherche d'une identit&#233; lointaine, de la rencontre avec soi et avec les siens d'un ailleurs du temps, recherche de l'existence m&#234;me. Sur les photographies trouv&#233;es, les silhouettes gratt&#233;es de soldats en patrouille, en collage affront&#233; positif et n&#233;gatif, disent la guerre, longtemps refoul&#233;e, &#171; la gangr&#232;ne et l'oubli &#187; en France comme en Alg&#233;rie, l'absurdit&#233;, les peurs, les blessures et les traumatismes de cette guerre longtemps sans nom et sans mots, de toutes les guerres, les populations sacrifi&#233;es aux volont&#233;s de pouvoir ou aux id&#233;aux et ce qu'ils cachent ou taisent.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_la_patrouille.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/6_la_patrouille-51110.jpg?1772189878' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Louise Narbo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Suivent les diptyques verticaux, images-montages de la coupure, o&#249; les &#233;chos du pass&#233; aimantent le pr&#233;sent, o&#249; les yeux masqu&#233;s se rem&#233;morent, se rejouent l'enfance, les rues anim&#233;es et les caf&#233;s de Bab El Oued&#8230; et la guerre, les attentats. Sur la photographie au champ d'un nulle part, la t&#234;te de la petite fille, habill&#233;e en f&#233;e, est escamot&#233;e par l'image en n&#233;gatif d'une grenade DF35 ; sur la photographie d'identit&#233;, la chevelure se mue en sillage d'un bateau, tous les paquebots s'appellent alors le Ville d'Alger.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_rue_du_chene.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH702/3_rue_du_chene-112da.jpg?1717588054' width='500' height='702' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Louise Narbo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le livre se cl&#244;t, dans un fond uniform&#233;ment blanc, comme en surexposition, par l'autoportrait en jeune femme, les yeux masqu&#233;s par une parure ancienne de la conf&#233;d&#233;ration des Ouled Na&#239;l. La surimpression sur une photographie ancienne du bijou familial, &#224; l'origine contingente, transmis de m&#232;re en fille, archive la qu&#234;te d'identit&#233;, t&#233;moigne d'une m&#233;moire en reconstruction, la m&#233;moire de l'exil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une courte introduction scande la partition du livre en trois r&#233;cits des entrelacements du pass&#233;, du pr&#233;sent et du silence, qui les lient et les d&#233;lient. L'impression pleine page, en fond perdu, l'importance des blancs &#8211; bas de la page pour les photographies en format paysage, pages paires pour certaines photographies au format portrait &#8211;, le rendu photographique invitent le lecteur &#224; la lenteur, &#224; l'imaginaire d'un voyage de soi et de l'autre &#224; composer ; &#224; se poser, le temps d'un r&#233;cit &#224; invoquer, sur les mises en regard d'images, sur l'&#233;criture photographique, le noir et le blanc, les superpositions et les collages, les rapprochements et les encastrements d'images, le montage de n&#233;gatifs et de positifs, les jeux en miroir&#8230; ; &#224; &#233;couter silencieusement l'histoire int&#233;rieure initi&#233;e par les portraits et les autoportraits, retouch&#233;s, retravaill&#233;s en qu&#234;te de m&#233;moire, du souvenir et de l'oubli ; &#224; entendre, dans le doute de soi et le d&#233;sir de connaissance de l'en de&#231;&#224; de la conscience et de l'au-del&#224; des mots, les rumeurs &#233;touff&#233;es de l'histoire, la perte de la terre natale. Une invitation pour chacun &#224; faire le voyage dans ses terres oubli&#233;es et celles de l'autre, exil&#233;, &#233;migr&#233;, r&#233;fugi&#233;&#8230;, &#224; construire et entretenir dans la rencontre, un pass&#233; et un pr&#233;sent communs.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/10_berbe_re.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH702/10_berbe_re-2e3a5.jpg?1717588054' width='500' height='702' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Louise Narbo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : sans titre, &#169; Louise Narbo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le voyage imaginaire II</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Le-voyage-imaginaire-II</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Le-voyage-imaginaire-II</guid>
		<dc:date>2024-07-01T07:22:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#235;tan Viaris de Lesegno</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Carnet de voyage</dc:subject>
		<dc:subject>nostalgie</dc:subject>
		<dc:subject>r&#234;ve</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Suite du p&#233;riple imaginaire qui m'a conduit de l'h&#244;pital de Ville-&#201;vrard en France, jusqu'&#224; l'oasis de Timimoun en Alg&#233;rie. Second &#233;pisode, un voyage dans le temps, les souvenirs et l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Carnet-de-voyage" rel="tag"&gt;Carnet de voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/nostalgie" rel="tag"&gt;nostalgie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/reve" rel="tag"&gt;r&#234;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2473-aa4c7.jpg?1772204065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite du p&#233;riple imaginaire qui m'a conduit de l'h&#244;pital de Ville-&#201;vrard en France, jusqu'&#224; l'oasis de Timimoun en Alg&#233;rie. Second &#233;pisode, un voyage dans le temps, les souvenirs et l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Maintenant, nous atteignons la c&#244;te alg&#233;roise que nous abordons par l'ouest et nous survolons alors le si c&#233;l&#232;bre site de Tipasa immortalis&#233; par l'essai d'Albert Camus &lt;i&gt;Noces &#224; Tipasa&lt;/i&gt; (1936-37) dont je vous propose un court extrait :
&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;i&gt;Au printemps, Tipasa est habit&#233;e par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirass&#233;e d'argent, le ciel bleu &#233;cru, les ruines couvertes de fleurs et la lumi&#232;re &#224; gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil.&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21022 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/tipasa_1984_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH326/tipasa_1984_-a67fb.jpg?1713372608' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Tipasa 1984 &#169;Viaris. Photo argentique, tirage de l'auteur.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Juste &#224; proximit&#233;, &#224; quelques kilom&#232;tres &#224; l'est, voici le majestueux monument berb&#232;re dit &lt;i&gt;Le tombeau de la Chr&#233;tienne&lt;/i&gt; qui s'appelle en r&#233;alit&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Kbour-er-Roumia&lt;/i&gt;.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21086 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH331/8_-4-86839.jpg?1713514590' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Viaris 1982. Photo argentique, tirage de l'auteur.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qui voit-on ? Le fant&#244;me de la Reine fondatrice du site, Cl&#233;op&#226;tre S&#233;l&#233;n&#233;, &#233;pouse de Juba II ? Non, ma belle-m&#232;re, amoureuse des vieilles pierres &#233;rod&#233;es qui nous invite dans un large geste d'accueil &#224; prendre possession de ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous invite maintenant &#224; p&#233;n&#233;trer au sein m&#234;me du site et, gr&#226;ce &#224; ce qu'Andr&#233; Malraux appelle &lt;i&gt;la proximit&#233; optique&lt;/i&gt;, de vous rapprocher (&#224; les toucher) des bas-reliefs de l'&#233;poque romaine qui ornent ce site.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21087 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/9_-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH241/9_-3-5cee5.jpg?1772191808' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Ga&#235;tan Viaris, photgraphies 6 x 6 argentiques, d'apr&#232;s tirages de l'auteur, 1988.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis voici Alger que je pr&#233;sente dans une belle gravure ancienne datant sans doute du d&#233;but de la colonisation qui nous montre la seule Casbah entour&#233;e de ses remparts d'&#233;poque (avant 1830). &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/10-35.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH359/10-35-dfb19.jpg?1772191808' width='500' height='359' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de la Casbah, un autre fragment de r&#234;ve ressurgit, la rencontre de Catherine Poncin (artiste photographe qui a travaill&#233; pr&#233;cis&#233;ment sur ce site dans les ann&#233;es 2015) avec mon p&#232;re, dans une apparition saugrenue en compagnie de Fernand Pouillon, l'architecte.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/diptyque_kasbah.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/diptyque_kasbah-95d5e.jpg?1772191808' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;photos Catherine Poncin &#034;Eclats&#034; 2015
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voici donc mon p&#232;re, habill&#233; d'un smoking noir de bonne fa&#231;on, portant son monocle, &#224; priori tr&#232;s &#224; l'aise parmi ces gens qu'il n'a jamais rencontr&#233;s (comme il l'a toujours &#233;t&#233; d'ailleurs) pratiquant le baise main avec les dames de la bonne soci&#233;t&#233; alg&#233;roise et une poign&#233;e de mains chaleureuse avec les hommes. &#192; ses c&#244;t&#233;s, deux compagnons franchement douteux qu'il nous pr&#233;sente comme &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; mes associ&#233;s &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. En quoi ? Myst&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai juste le temps de lui pr&#233;senter Catherine, dont il se dit tr&#232;s heureux de faire la connaissance &lt;i&gt;&#171; depuis que j'entends parler de vous &#187;,&lt;/i&gt; car son renom semble avoir atteint les &lt;i&gt;&#171; plus hautes sph&#232;res &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;voque alors aupr&#232;s d'elle ses s&#233;jours alg&#233;rois :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8211; Vous savez, j'ai bien connu Alger pour y avoir &#233;t&#233; agent d'affaires !&lt;/i&gt;, sans plus pr&#233;ciser de quelles affaires il s'agit (elles ne pouvaient &#234;tre qu'assez troubles !). &lt;i&gt;Ce que j'aimais par-dessus tout, ajoute-il avec conviction, c'&#233;tait d'aller me promener au petit matin dans la casbah, parfois en compagnie de Fernand Pouillon qui &#233;tait alors de mes amis et qui venait puiser l&#224; sa veine architecturale. Quelle tristesse de voir l'&#233;tat de d&#233;labrement dans laquelle elle se trouve aujourd'hui. Mais,&lt;/i&gt; ajoute-t-il un peu &#171; vieille France &#187;, &lt;i&gt;instruisez-moi donc de votre d&#233;marche photographique, j'y prendrai grande attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Monsieur,&lt;/i&gt; r&#233;pond Catherine sur le m&#234;me ton un peu c&#233;r&#233;monieux, &lt;i&gt;puisque vous me posez la question, je vous r&#233;pondrai que ce qui m'int&#233;resse, &#224; travers cette qu&#234;te photographique, c'est moins de rechercher dans ce d&#233;cor &#171; pittoresque &#187; des signes et des empreintes de la lumi&#232;re solaire que de rendre compte d'une r&#233;alit&#233; architecturale, si belle soit elle et h&#233;las si meurtrie aujourd'hui faute de soins et d'en exploiter les vertus po&#233;tiques. Voyez, en privil&#233;giant un point de vue vertical, la lumi&#232;re souligne alors &#224; cru toutes les lignes des corniches, toutes les ar&#234;tes des angles, toutes les ciselures des balcons. Ainsi s'articulent vides et pleins sur l'horizon infini du ciel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; En effet,&lt;/i&gt; r&#233;pond-il, tout en examinant avec attention &#224; l'aide de son monocle assis sur son &#233;l&#233;gante canne-si&#232;ge les photographies qu'elle lui montre, &lt;i&gt;cette vigueur des contours ainsi obtenue donne &#224; vos photographies une fermet&#233; et une nettet&#233; qui frappent l'&#339;il, sans parler, bien entendu de leurs vertus po&#233;tiques&#8230; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, sans m&#234;me terminer sa phrase, il s'&#233;vanouit &lt;i&gt;subito&lt;/i&gt; avec ses deux associ&#233;s douteux pour on ne sait quels plans fumeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une derni&#232;re phrase lanc&#233;e &#224; la ronde dans une voix forte et sonore qui sent sa provocation existentialiste :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; plut&#244;t &#234;tre n&#233;ant que de ne pas &#234;tre n&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;que je vous laisse interpr&#233;ter comme bon vous semble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cet interm&#232;de sur la Casbah, revenons &#224; notre survol d'Alger. Je devine la localisation de l'h&#244;tel de l'Oasis o&#249; je descendais quelquefois pour &#234;tre au centre de la ville et dont je vous montre l'affiche publicitaire en &lt;i&gt;modern style.&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/grand_hotel_d_300-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH640/grand_hotel_d_300-2-41180.jpg?1718643047' width='500' height='640' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis nous survolons la commune de Bouzareah sur les hauteurs d'Alger (752 m&#232;tres), et je ne peux voir sans un serrement au c&#339;ur la maison et le jardin d&#233;vast&#233;s, revenus &#224; l'&#233;tat sauvage, que nous avions visit&#233;s avec Martine et Arthur en 2009 alors qu'ils pr&#233;sentaient avant cette d&#233;ch&#233;ance un aspect si raffin&#233;.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/13-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH121/13-22-d80af.jpg?1772191808' width='500' height='121' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;En 2009 &#169;Viaris
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21011 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/bouzareah_1985_copie_psd_1200dpi.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH160/bouzareah_1985_copie_psd_1200dpi-c2495.jpg?1713372608' width='500' height='160' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;259&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/bouzareah_1985_copie_psd_12oo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH136/bouzareah_1985_copie_psd_12oo-b32d0.jpg?1713372608' width='500' height='136' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;i&gt;La campagne de Bouzareah&lt;/i&gt; en 1982 que DT a re&#231;u en cadeau d'anniversaire pour ses 21 ans (en 1933) de son p&#232;re, elle disait aux amis qui venaient la visiter &lt;i&gt;n'h&#233;sitez pas &#224; cueillir une fleur de mon jardin, ainsi, par le parfum,vous en garderez le souvenir !&lt;/i&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Je ne peux m'emp&#234;cher de montrer cette photographie prise dans les ann&#233;es 1958 lors d'un d&#238;ner mondain dans cette maison de Bouzareah, o&#249; l'on voit entre autres convives, mon p&#232;re souriant, sourire de fa&#231;ade (qui cache en r&#233;alit&#233; bien des v&#233;rit&#233;s inavouables), regard tourn&#233; vers l'objectif et entour&#233; de deux &#233;l&#233;gantes de l'&#233;poque. &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21026 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L402xH276/alger_1955_copie-85f8d.jpg?1713372608' width='402' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Un d&#238;ner mondain (ou soi-disant d'affaires) &#224; Bouzareah.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et ma belle-m&#232;re Denise T. (dans une photographie prise vers 1932 sans doute) sur son voilier, certes petit (22 pieds) mais remarquablement sportif, le fameux &lt;i&gt;Star&lt;/i&gt; gr&#233;&#233; en Sloop, qui venait juste d'&#234;tre introduit en France, (et par cons&#233;quence en Alg&#233;rie), &#233;voluant avec adresse dans la baie d'Alger au milieu de navires de toutes sortes, marchands et militaires.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;90&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L438xH276/denise_jeune_en_bateau-ea7b3.jpg?1713372608' width='438' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Denise Thomaron sur son &lt;i&gt;Star&lt;/i&gt; dans la baie d'Alger dans les ann&#233;es 1932. Source inconnue.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous laissons maintenant Alger derri&#232;re nous.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, une fois l'Atlas franchi, c'est le Sahara. Curieusement le dirigeable suit le m&#234;me trajet que j'ai parcouru dans une petite Fiat de location en 2009 avec Martine et son fils, et seul en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Ville Evrard&lt;/i&gt; (c'est le nom que je donne &#224; cet a&#233;ronef particulier issu du r&#234;ve) vole tr&#232;s bas, presque au ras du sol disons. Aussi reconnais-je les lieux que j'avais photographi&#233;s &#224; cette &#233;poque et qui font ressurgir, comme autant de flashs visuels, les v&#233;cus d'un pass&#233; plus ou moins proche (qui ici peuvent remonter jusqu'&#224; l'enfance) avec leurs sensations et leurs &#233;motions, ci-dessous dans un montage panorama.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21035 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;139&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/png/lebleue_de_fromentin.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH167/lebleue_de_fromentin-b8b8f.png?1713372608' width='500' height='167' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;i&gt;Ici commence le pays du bleu, le bleu absolu, le bleu triomphant, le bleu sans partage &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Eug&#232;ne Fromentin &lt;i&gt;Un &#233;t&#233; au Sahara&lt;/i&gt; &#233;crit en 1863.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_21028 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/carte_bs_biskra-touggourt__jourgla_pg_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH522/carte_bs_biskra-touggourt__jourgla_pg_copie-ec056.jpg?1772191808' width='500' height='522' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;i&gt;La Porte du d&#233;sert,&lt;/i&gt; (carte des ann&#233;es 1960, c'est-&#224;-dire de l'Alg&#233;rie encore fran&#231;aise, pour peu de temps encore.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bient&#244;t nous survolons Bou-Saada &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde patrie du peintre orientaliste Etienne &#034;Nasr ad Dine&#034; Dinet qui poss&#232;de un mus&#233;e &#224; son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant un autre visuel de Bou-Saada, un document personnel : Martine T. au bord de la piscine de l'h&#244;tel Kerdada (anciennement Transatlantique, construit en 1913 et r&#233;nov&#233; en 1970 par Fernand Pouillon). On peut la voir d&#233;tendue, car, gr&#226;ce &#224; son intervention &#233;nergique, elle a convaincu le jardinier de l'h&#244;tel de remplir l'&#233;l&#233;gante piscine dall&#233;e de mosa&#239;ques bleues d'une belle eau turquoise dans laquelle il est d&#233;licieux de se tremper.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21066 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/21-7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH118/21-7-6b8dd.jpg?1713514591' width='500' height='118' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Martine d&#233;tendue dans la piscine de l'h&#244;tel Transatlantique de Bou-Saada. &#169;Viaris 2009.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement la cuisine n'est pas &#224; la hauteur, pastiche de m&#233;diocre cuisine europ&#233;enne ; il est pr&#233;f&#233;rable d'aller dans un des innombrables petits restaurants de la vieille ville et go&#251;ter par exemple au fameux Zviti qui se d&#233;cline comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Zviti&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;zfiti&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;z'fiti&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_21025 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/zviti.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/zviti-dc6b1.jpg?1772191808' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Galette de bl&#233; cuisin&#233;e avec des piments verts et/ou rouges, de l'ail, des tomates parfum&#233;es &#224; la coriandre fra&#238;che et &#224; l'huile d'olive &#8212; tout simplement d&#233;licieux, &#233;colo, et, en plus, un accueil chaleureux, &lt;i&gt;marhaban bikum,&lt;/i&gt; dit-on en arabe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant un petit coup d'&#339;il au cimeti&#232;re si accueillant dans son environnement sauvage et encore pr&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21067 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/23-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH374/23-5-d6325.jpg?1772191808' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Cimeti&#232;re arabe de Bou Saada. &#169;Viaris 2007
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En poursuivant ma route, je vous pr&#233;sente ce paysage peint dans l'oued M'zi de Dinet en 1890 que j'ai photographi&#233; &#224; l'exposition &#224; l'Institut du Monde Arabe en 2024 et une photographie de moi de cette ann&#233;e 2007.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;95&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/24-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH119/24-5-cefae.jpg?1713514591' width='500' height='119' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;De gauche &#224; droite, Ga&#235;tan dans l'oued M'zi, Une famille se rendant au march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Viaris 2007.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure ce s&#233;jour &#224; Bou-Saada, les ruines du Moulin Ferrero ; belle randonn&#233;e &#224; une courte encablure du centre de la ville (une demi-heure &#224; pied) et en prime un bassin naturel creus&#233; dans la roche dans lequel on peut se baigner.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21069 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/25__pg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH122/25__pg-a05c0.jpg?1713514591' width='500' height='122' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'oued M'Zi, Viaris 2007, l'oued M'zi en crue, Dinet 1890, l'oued M'Zi, Viaris 2007
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de Bou-Saada, le &lt;i&gt;Ville-Evrard&lt;/i&gt; pique plein sud-est &lt;i&gt;South East bound&lt;/i&gt;, en direction de l'oasis de Djanet, 1900 kilom&#232;tres &#224; parcourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surprise : entre l'a&#233;roport et la ville, je d&#233;couvre le d&#233;cor insolite dans ce coin perdu d'un film d'un ami cin&#233;aste kabyle avec qui j'avais d&#238;n&#233; quelques jours avant &#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21071 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/27-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH109/27-5-3bf1f.jpg?1713514591' width='500' height='109' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Tournage de film &#224; Djanet &#169;viaris 2007
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je vous invite maintenant dans le parc naturel du Tassili n'Ajjer, c&#233;l&#232;bre pour ses fresques d&#233;couvertes par l'ethnologue Henri Lhote en 1959 dont ici la fameuse &lt;i&gt;vache qui pleure&lt;/i&gt; prise au cours d'une randonn&#233;e &#224; dos de chameau.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21072 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/28-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/28-4-f6daf.jpg?1713514591' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;La vache qui pleure. &#169;Viaris 2007.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce fut l'occasion de bivouaquer au milieu de &lt;i&gt;nulle part&lt;/i&gt; et de go&#251;ter &#224; la d&#233;licieuse galette de farine cuite au feu de bois par notre si gentil guide touareg.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21073 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/29_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH115/29_-a561c.jpg?1713463489' width='500' height='115' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Bivouac 2007 &#169;Viaris. &#192; six heures de marche &#224; pied de Djanet dans ces &#226;pres paysages.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21079 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3ojpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH121/3ojpg-c1deb.jpg?1772191808' width='500' height='121' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Retour vers Djanet. &#169;Viaris 2007.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis de Djanet, le &lt;i&gt;Ville Evrard&lt;/i&gt; vire plein nord-ouest &lt;i&gt;full Nothwest bound&lt;/i&gt; en direction de El Golea et Timimoun (route que j'avais emprunt&#233;e en 2007 qui traverse de nombreux champs de p&#233;trole). Cependant &lt;strong&gt;faire tr&#232;s attention,&lt;/strong&gt; : malgr&#233; cette proximit&#233; de champs p&#233;trolif&#232;res, on ne trouve aucun poste d'essence entre Ouargla et Gharda&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21004 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/0_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/0_copie-39b05.jpg?1772191808' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;193 kilom&#232;tres &#8212; heureusement les 350 derniers m&#232;tres en descente, car j'ai d&#251; finir ma route en roue libre, plus d'essence (on me voit ici dans une station miraculeusement trouv&#233;e en bas de cette pente raide). Je revois aussi, &#224; la sortie de Ouargla, au kilom&#232;tre 149, cet accueillant palmier qui me prot&#232;ge de l'ardeur du soleil. Justement, c'est l'heure du pique-nique. Au menu frugal : olives, thon (en bo&#238;te), vache qui rit, dattes (&#224; proximit&#233; d'une longue et vorace colonne de fourmis).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21415 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/tougourt_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH319/tougourt_copie-e733c.jpg?1772191808' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Touggourt
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Peu de flashes dans la partie du vol entre Ouargla et Gharda&#239;a, si ce n'est que, curieusement, surgit de nulle part une voie de chemin de fer enfouie dans les sables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/32_bis_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/32_bis_-95b92.jpg?1713514591' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Un train fant&#244;me du c&#244;t&#233; de El Gol&#233;a. &#169;Viaris 2006
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus au sud, nous survolons les approches de l'oasis de Gharda&#239;a, avec quelques vues prises du hublot...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21343 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ghardai_a_32733594832_37baf54972_b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/ghardai_a_32733594832_37baf54972_b-6601c.jpg?1718829791' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Vue de Gharda&#239;a
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous poursuivons notre vol toujours &lt;i&gt;full West&lt;/i&gt; pour finalement survoler l'oasis de Timimoun surnomm&#233; &lt;i&gt;L'oasis rouge&lt;/i&gt;, capitale de la r&#233;gion du Gourara, c&#233;l&#232;bre pour l'architecture de la ville tout en &lt;i&gt;rouge-sang&lt;/i&gt; et son festival de musique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21038 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/re_gion_du_gourara_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH509/re_gion_du_gourara_-dd9b3.jpg?1713372608' width='500' height='509' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bel h&#244;tel, toujours restaur&#233; par Fernand Pouillon dans les ann&#233;es 1970 - &#224; &#233;viter absolument, gestion d&#233;plorable. Autant aller chez l'habitant !
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21077 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/35_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/35_-c06bc.jpg?1713514591' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'h&#244;tel Gourara restaur&#233; par Fernand Pouillon &#169;Viaris 2009
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21078 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/36_bis_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/36_bis_-19a0f.jpg?1713514591' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Chez l'habitant &#224; Timimoun.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et, en effet, apr&#232;s un court s&#233;jour dans la ville, log&#233; chez un notable, et sur sa recommandation, je visite le circuit de Tinerkouk et son fort construit par les Fran&#231;ais durant la guerre d'Alg&#233;rie et restaur&#233; r&#233;cemment avec talent. Je vous montre ici sa grande piscine dans laquelle j'ai pu me baigner sur invitation du jeune conservateur tr&#232;s chaleureux. Je ne peux m'emp&#234;cher aussi de vous faire d&#233;couvrir la salle de bains priv&#233;e du commandant du fort, restaur&#233;e &#224; l'identique. &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/la_picine_du_fort_de_tinrekouk.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/la_picine_du_fort_de_tinrekouk-95fd3.jpg?1713372609' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;La piscine du fort de Tinrekouk et la confortable baignoire du commandant du fort.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi pour moi l'occasion d'&#233;couter sur un vieux phonographe laiss&#233; sans doute par un officier fran&#231;ais et, si j'ose dire, pieusement conserv&#233;, le fameux air de Jos&#233;phine Baker, &lt;i&gt;J'ai deux amours&lt;/i&gt; que mon guide, le jeune conservateur me fait d&#233;couvrir :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;J'ai deux amours&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Mon pays et Paris&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Par eux toujours&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Mon c&#339;ur est ravi&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Ma savane est belle&#8230;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_21021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;152&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/sans_titre-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH119/sans_titre-1-6b40e.jpg?1713372609' width='500' height='119' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;H&#233;las, je ne peux transposer ni les rayures ni la voix &#233;raill&#233;e de Jos&#233;phine d&#251; &#224; l'usure du disque, mais ce fut un moment &#233;mouvant. &#169; G. Viaris 2009.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques vues, rep&#233;r&#233;es dans ce circuit de Tinrekouk, par exemple le cimeti&#232;re de l'oasis de Ighzer, remarquable par son &lt;i&gt;minimalisme&lt;/i&gt; que ne renieraient pas des artistes du &lt;i&gt;land art&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que ce soit la fin du parcours. Maintenant le &lt;i&gt;Ville Evrard&lt;/i&gt; fait demi-tour vers le nord. Une heure apr&#232;s, nous survolons les contreforts de l'Atlas, apr&#232;s avoir quitt&#233; le Sahara &#224; la hauteur de Ksar el Boukhari.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21080 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/40_bis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/40_bis-ae983.jpg?1713514591' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Site remarquable de Ighzer &#169;Viaris 2009
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/on_franchit_l_atlas.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/on_franchit_l_atlas-93ebf.jpg?1713372609' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Nous survolons l'Atlas laissant derri&#232;re nous le Sahara
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous survolons l'Atlas. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/42_bis_monastere-tibhirine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH264/42_bis_monastere-tibhirine-669f2.jpg?1713514591' width='500' height='264' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et soudain un flash : le monast&#232;re de Tibhirine, que j'avais visit&#233; une premi&#232;re fois dans les ann&#233;es 2000 avec DT et o&#249; j'avais rencontr&#233; Christian de Cherg&#233;, le p&#232;re abb&#233; du monast&#232;re (avec qui j'ai une lointaine filiation familiale). Souvenir de la conversation lumineuse que j'ai eue avec lui autour de la musique d'Olivier Messiaen et plus particuli&#232;rement du monumental op&#233;ra &lt;i&gt;Saint-Fran&#231;ois d'Assise&lt;/i&gt; (quatre heures) dans lequel le musicien introduit des chants d'oiseaux (&#233;videmment, Saint-Fran&#231;ois d'Assise, le saint qui parlait aux oiseaux). &lt;i&gt;Comme le bienheureux Fran&#231;ois allait vers Bevagna, il pr&#234;chait &#224; de nombreux oiseaux, et les oiseaux, exultants, tendaient le cou, &#233;tendaient les ailes, ouvraient le bec et touchaient sa tunique&#8230;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L496xH233/sfda-2ad27.png?1713372609' width='496' height='233' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Extrait de la partition de Saint-Fran&#231;ois d'Olivier Messiaen
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1979, Saint-Fran&#231;ois d'Assise est nomm&#233; &lt;i&gt;Patron des &#233;cologistes&lt;/i&gt; par Jean-Paul II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, apr&#232;s l'assassinat des p&#232;res, j'ai eu l'occasion en 2009 de revenir sur ces lieux en compagnie de volontaires fran&#231;ais et alg&#233;riens venus donner un coup de main pour remettre le monast&#232;re en &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21044 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/visite_monastere_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH123/visite_monastere_1-c131a.jpg?1772191808' width='500' height='123' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Nous sommes introduits au monast&#232;re par mon ami Jean-Fran&#231;ois Heugas. &#169;Viaris 2009.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21041 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/de_brouissailler_le_jardin_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH121/de_brouissailler_le_jardin_-09899.jpg?1772191808' width='500' height='121' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Comme d&#233;broussailler le jardin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21042 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/entretien_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH121/entretien_-3edd2.jpg?1772191808' width='500' height='121' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;ou proc&#233;der &#224; des travaux d'entretien
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21043 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/sans_titre-1-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH219/sans_titre-1-2-d1e99.jpg?1772191808' width='500' height='219' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;fignolage
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait aussi l'occasion pour moi, gr&#226;ce &#224; l'initiative d'une des deux s&#339;urs en service au monast&#232;re, dont la jeune et si belle S&#339;ur Christine venue d'un lointain monast&#232;re du Liban, d'avoir pu consulter l'album de famille de Christian de Cherg&#233; dont je ne peux m'emp&#234;cher de vous pr&#233;senter quelques pages extraites de cet album&#8230; &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;108&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/cherge_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH147/cherge_-326e9.jpg?1713372609' width='500' height='147' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Extrait de l'album de famille de Christian de Cherg&#233;. Merci &#224; s&#339;ur Christine qui a bien voulu me l'ouvrir.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et puis, une visite d'hommage aux s&#233;pultures des moines canonis&#233;s depuis.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21014 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/christophe_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/christophe_copie-5f1e0.jpg?1713463489' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#234;ves souverains, &#244; r&#234;ves, mes beaux d&#233;sirs, reliquats d'un pass&#233; proche ou lointain (intime ou pas), ressurgis en mille jeux de miroirs bris&#233;s, &#233;nergies cosmiques, chim&#232;res &#233;nigmatiques, langage sibyllin, &#233;chos de notre imaginaire &#233;veill&#233; issu des profondeurs de nos inconscients chaotiques, fen&#234;tre(s) sur de nouveaux espaces, mais aussi images m&#233;morielles v&#233;cues (ou pas), venez, &#244; venez r&#234;ves souverains, au-del&#224; du r&#233;el, au-del&#224; du connu, vous, oui, vous qui aiguisiez d'un ton imp&#233;rieux l'infini de nos sensations, nous vous attendons, oui, nous vous attendons toutes les nuits avec tant d'impatience, avec vous, &#233;vadons-nous, oui, &#233;vadons-nous des liens des lourdes pesanteurs de notre quotidien, lib&#233;rons nos cha&#238;nes d'esclavage, vive la libert&#233; de penser, d'agir, d'aimer...
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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