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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Penser la culture et les actions culturelles sans p&#233;trifications</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>culture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;lections municipales le prouvent, le terme &#171; culture &#187; est g&#233;n&#233;ralement identifi&#233; aux projets dits &#171; culturels &#187;, &#224; destination du &#171; public &#187;, des &#171; lieux &#187; ou des &#171; espaces &#187; publics, con&#231;us par des institutions ou des associations. Non seulement on tourne en cercle, mais, &#224; leur &#233;gard, on ne discute que d'&#233;checs, de l'arr&#234;t &#224; infliger &#224; des ambitions, de repli sur des objectifs plus modestes, ou de diverses requ&#234;tes en reconduction, etc. En somme, le rapport &#224; &#171; la culture &#187; est tiss&#233; d'agressivit&#233;, de deuil, de m&#233;lancolie, d'humeurs, plus que d'objectifs, puisque le plus souvent r&#233;duit &#224; &#171; c'&#233;tait mieux avant &#187; ou &#171; ce sera mieux demain &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/culture" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/dscf6878-74432.jpg?1775383397' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;lections municipales le prouvent, le terme &#171; culture &#187; est g&#233;n&#233;ralement identifi&#233; aux projets dits &#171; culturels &#187;, &#224; destination du &#171; public &#187;, des &#171; lieux &#187; ou des &#171; espaces &#187; publics, con&#231;us par des institutions ou des associations. Non seulement on tourne en cercle, mais, &#224; leur &#233;gard, on ne discute que d'&#233;checs, de l'arr&#234;t &#224; infliger &#224; des ambitions, de repli sur des objectifs plus modestes, ou de diverses requ&#234;tes en reconduction, etc. En somme, le rapport &#224; &#171; la culture &#187; est tiss&#233; d'agressivit&#233;, de deuil, de m&#233;lancolie, d'humeurs, plus que d'objectifs, puisque le plus souvent r&#233;duit &#224; &#171; c'&#233;tait mieux avant &#187; ou &#171; ce sera mieux demain &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il n'&#233;chappe &#224; personne que les programmes &#171; culturels &#187; rel&#232;vent de multiples facettes de ce type, surmont&#233;es de surcro&#238;t d'appels &#224; la restauration normative de rep&#232;res ou de v&#339;ux de voir reconstituer une religion civile, notamment face &#224; ce qui est nomm&#233; &#171; individualisme &#187; ou &#171; barbarie &#187; de certains ou de beaucoup, des milieux &#171; bourgeois &#187; ou des &#171; quartiers &#187;, ou &#224; ce qui est r&#233;clam&#233; sous le titre d'une &#171; identit&#233; &#187; par la culture.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute l'ironie sur ces mots n'est-elle gu&#232;re de mise alors qu'ils engagent si gravement les existences. Aussi proposons-nous plut&#244;t ci-dessous un exercice de pens&#233;e, autour de notions utilis&#233;es pour parler &#171; culture &#187; : individu, auteur-autrice, &#339;uvre, public, mais aussi lieux et espaces publics. Ce qui est caract&#233;ristique des usages, c'est que ces termes sont essentialis&#233;s, comme celui de &#171; culture &#187; (LA Culture). Il est sans doute possible de sortir de ces abstractions et de projets culturels typ&#233;s, si l'on s'attache &#224; r&#233;inscrire ces termes dans des dynamiques leur proposant de s'&#233;manciper &#224; l'&#233;gard d'eux-m&#234;mes, de leur emploi fig&#233;, des traditions et des hi&#233;rarchies. Quelques illustrations s'y attachent aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;trifications de la culture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de consid&#233;rations actuelles relatives au champ culturel insistent sur des corr&#233;lations constitutives des objets qui le traversent : auteur&#183;rice et &#339;uvre, &#339;uvre et normes, public et &#339;uvre, etc. Elles figent pourtant ces corr&#233;lations au gr&#233; de leurs objectifs. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans les m&#233;dias et les discours publics, ces corr&#233;lations portent bien sur les rapports internes caract&#233;ristiques de l'espace public esth&#233;tique contemporain, sur les subalternit&#233;s, les pr&#233;s&#233;ances et les hi&#233;rarchies entre p&#244;les sollicit&#233;s (individu, auteur&#183;rice, &#339;uvre, public), mais selon des combinaisons p&#233;remptoires. Par exemple : on superpose et confond individu et auteur&#183;rice (compositeur-acteur) ; l'auteur&#183;rice serait premier par rapport &#224; l'&#339;uvre ; l'&#171; &#339;uvre &#187; r&#233;sulterait d'un &#171; cr&#233;ateur/cr&#233;atrice &#187; ; le/la cr&#233;ateur&#183;rice &#233;chapperait aux valorisations sociales ; le public devrait voir l'auteur&#183;rice ou l'artiste dans l'&#339;uvre ; l'&#339;uvre ne disposerait d'aucune autonomie ; l'adresse &#339;uvre-public r&#233;sulterait de la publicit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant, on doit d'autant moins m&#233;priser ces formulations qu'elles ont un usage social et une histoire. Dans cette derni&#232;re perspective, elles ont &#233;t&#233; compos&#233;es et discut&#233;es d&#232;s le d&#233;ploiement de l'art d'exposition ou d'ex&#233;cution moderne (Renaissance-Lumi&#232;res), dans son double espace &#233;conomique et esth&#233;tique. En son sein fonctionnaient les Salons, cercles de lecteurs&#183;rices par excellence relevant de la &#171; publicit&#233; &#187; (au sens de l'actuel &#171; usage public de la raison &#187;). Elles ont eu le m&#233;rite de d&#233;connecter la sph&#232;re des arts de l'&#201;glise. Elles ont &#233;t&#233; utilis&#233;es, critiqu&#233;es et affin&#233;es, par exemple, par Denis Diderot, tant dans &lt;i&gt;Lettre sur le commerce de la librairie&lt;/i&gt; (1763) que dans &lt;i&gt;Le paradoxe du com&#233;dien&lt;/i&gt; (1773-1830), au c&#339;ur par cons&#233;quent des Lumi&#232;res. Ces d&#233;bats sont revenus dans le &lt;i&gt;Contre Sainte-Beuve&lt;/i&gt; de Marcel Proust (posthume, 1954), au c&#339;ur de la modernisation g&#233;n&#233;ralis&#233;es de ce double espace (XIX&#7497;), au prix de leur recodification au sein du nouveau cadre m&#233;diatique (journaux, radios). Longuement critiqu&#233;s, ils sont pourtant p&#233;riodiquement remis en selle sous forme p&#233;trifi&#233;e. Revenons-y donc, d'autant qu'y oblige la d&#233;construction des notions d'&#339;uvre et d'auteur, d'individu et de public, en fin de XX&#7497; et d&#233;but de XXI&#7497; si&#232;cles, en rapport avec les cultures, alors que beaucoup la n&#233;gligent pour mieux c&#233;l&#233;brer &#224; nouveau l'individu traditionnel psychologique et singulier comme &#171; cause &#187; de l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_1916-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/img_1916-2-3e381.jpg?1772701376' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux n&#233;gligences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, une partie de ces propos sur la psychologie des auteurs, la subalternit&#233; des &#339;uvres, etc. n'a plus qu'une fonction id&#233;ologique. Ce ne sont pas des d&#233;bats en, devant ou avec un public sous r&#232;gle d&#233;mocratique qui leur importent. Ce sont plut&#244;t les expansions de disputes fortement infl&#233;chies par les m&#233;dias aux fins de contr&#244;le de la sph&#232;re culturelle. Il est possible d'observer le poids de cette fonction dans le cas des formules aux traits sym&#233;triques d&#233;ploy&#233;es autour des &#171; personnages &#187; cit&#233;s ci-dessus (individu, auteur&#183;rice, &#339;uvre d'art, public). Soit, d'un c&#244;t&#233;, se rencontrent des d&#233;clarations prosa&#239;ques sur des d&#233;terminations psychologiques ou morales relatives &#224; la psych&#233; ou au v&#233;cu de l'individu-artiste (ses parents, ses m&#233;faits, son rapport aux autres, &#224; la biens&#233;ance, &#224; l'argent, aux vices et vertus et quelques traits racistes) &#171; exprim&#233;es &#187; dans ses &#233;crits ; soit, en contrepoint ou en retour, s'exposent des consid&#233;rations sur l'approche du ou par le public d'&#339;uvres d'adresse ind&#233;termin&#233;e, trait&#233;e en r&#233;flexe conditionn&#233; m&#233;prisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;nonc&#233;s se d&#233;roulent au profit d'emballements autour de sensualit&#233;s superficielles passant pour sources &#8211; on dit parfois &#171; origines &#187; &#8211; des &#339;uvres et crit&#232;res de leur analyse. Aucun compte n'est tenu de nombre de r&#233;flexions d'auteurs&#183;rices pensant leur &#339;uvre en &#171; refus de soi &#187; (du moi, de l'individu)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St&#233;phane Mallarm&#233;, &#171; Tombeau d'Edgar Poe &#187;, &#338;uvres compl&#232;tes, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quoi qu'il en soit, ces propos sertis de moralisme, tenus autour du th&#232;me de l'individu ou de l'artiste imm&#233;diatement fondu-confondu dans &#171; son &#187; &#339;uvre, servent d&#233;sormais non moins d'accusation contre l'&#339;uvre, sa facture et sa diffusion, d&#232;s lors que l'un ou l'autre, l'individu ou l'auteur&#183;rice, accomplit des m&#233;faits ou fait d&#233;faut &#224; la loi positive. &lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant le second trait, &#339;uvre-public, la possibilit&#233; m&#234;me d'une analyse de l'&#339;uvre par un public dispara&#238;t, puisque ce dernier est cens&#233; se couler dans la conception de l'&#339;uvre comme expression/miroir de l'auteur&#183;rice (au sens psychologique du terme), et se contenter de projeter sur elle ou de vouloir reconnaitre en elle des traits qui, par le truchement de la rumeur ou des m&#233;dias, proviennent de sa petite enfance ou de son adolescence. Dans cette projection se jouent, en sus de l'influence sur la r&#233;ception de l'&#339;uvre, les objectifs &#233;ducatifs assign&#233;s fr&#233;quemment aux &#339;uvres d'art &#224; partir d'un partage normatif (&#171; cultiver les citoyen&#183;nes &#187;, &#171; &#233;duquer les classes populaires &#187;&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des rapports&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par de tels propos par lesquels les m&#233;dias attisent l'opinion, utilisant sans vergogne des l&#233;gitimations juridiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En droit, &#171; auteur &#187; renvoie &#224; une symbiose que l'on peut estimer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'artistique est soumis &#224; cong&#233;lation sous une double loi. D'abord celle, psychologique, de l'affinit&#233; subjective entre l'auteur, sa vie et &#171; son &#187; &#339;uvre. Ensuite, en un parall&#232;le inverse, mais sur le m&#234;me mod&#232;le, celle d'un jugement du &#171; beau &#187; ramen&#233; soi-disant aux seuls sentiments du regardeur-individu. Cette loi (double) r&#233;duit la parole artistique &#224; des fonctions m&#233;caniques. Que ce soit la &#171; cr&#233;ation &#187; ou le regard esth&#233;tique, ils sont plac&#233;s hors de la possibilit&#233; d'une critique des dynamiques immanentes de la culture, gr&#226;ce &#224; ses adresses, fut-ce-t-elles silencieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de ces discours culturels, les formulations dominantes d'un rapport de type &#171; l'homme et l'&#339;uvre &#187;, deviennent m&#233;caniques. Elles admettent en sous-entendu une pirouette : &#171; l'&#339;uvre est l'homme &#187;, dont la valeur est celle d'un &#171; l'&#339;uvre : donc l'homme &#187;. Pirouette et sous-entendu ne se demandent pas si les deux c&#244;t&#233;s s'embo&#238;tent vraiment si ais&#233;ment. S'y lit seulement que l'&#339;uvre fonde l'auteur plus qu'elle-m&#234;me, en se nouant &#224; sa seule parole. L'&#339;uvre ne serait rien d'autre que son support mat&#233;riel. Leur in&#233;vitable r&#233;sultat est de priver l'auditeur ou l'auditrice d'une compr&#233;hension dynamique de ce qui est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De notre part, la r&#233;flexion &#224; conduire postule que l'on peut y objecter un autre libell&#233;. Ce dernier aurait &#224; charge de rendre sa vivacit&#233; &#224; la conjonction de coordination &#171; et &#187;, en lui redonnant une signification de v&#233;ritable &#171; rapport &#187;, sans tendance &#224; ressembler au verbe &#171; &#234;tre &#187;, et &#224; &#233;vincer une dissym&#233;trie potentielle. Il exclurait la pens&#233;e courante d'un ajustement ext&#233;rieur entre les termes reli&#233;s, d'une simple relation sans pluralit&#233; de points de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons en effet qu'un rapport, soit une formule &#224; deux ou quatre termes, implique des diff&#233;rences/dissym&#233;tries et requiert des liens qui rendent le jeu intrins&#232;que actif, gr&#226;ce &#224; quelque chose qu'il laisse en blanc. En l'occurrence un rapport impulse des devenirs, en laissant une fonction &#224; du vide. Si l'on entend par &#171; vide &#187; une fonction de f&#233;condit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Ruby, La f&#233;condit&#233; du vide, Paris, MKF &#201;ditions, 2024.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; le vide permet de s'avancer dans les lueurs de l'imaginaire &#8211;, fonction permettant de tricoter des dynamiques de rapports, c'est effectivement lui qui rend possible la modification des termes, le passage entre eux (ou des impasses) et une r&#233;p&#233;tition potentielle du mouvement qui les modifie encore peu &#224; peu en se donnant r&#233;ponse les uns aux autres. D'une telle connexion/rapport, ludique et critique, notamment dans les lieux/espaces publics, il est impossible d'en penser la notion sans son opposition avec des &#233;tats (sans mouvement) ou des figures solidifi&#233;es (normes sacr&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_2012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/img_2012-413f5.jpg?1772701376' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence de ce recadrage sur la notion de &#171; rapport &#187;, notamment sur celui qui concerne l'&#233;quation auteur&#183;rice-&#339;uvre, est d&#233;cisive. Un &#171; auteur/autrice &#187; n'est pas un &#234;tre imm&#233;diatement donn&#233;, f&#251;t-ce sous la solitude du penseur (ou du &lt;i&gt;Penseur &lt;/i&gt; &#224; la Rodin). C'est un individu devenu auteur&#183;rice gr&#226;ce &#224; l'appel d'un vide (un trou dans son r&#233;el), potentiellement d'une &#339;uvre &#224; entreprendre. Une &#171; &#339;uvre &#187; n'est pas non plus une chose p&#233;trifi&#233;e, imm&#233;diatement donn&#233;e telle quelle parce que produite par un &#171; auteur&#183;rice &#187;, mais le r&#233;sultat d'une interaction entre le devenir auteur&#183;rice d'un individu et un devenir &#171; &#339;uvre &#187; &#224; partir d'un vide (une inexistence) appuy&#233;e sur des &#171; nappes discursives &#187; pr&#233;alables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Michel Foucault, &#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, une conf&#233;rence donn&#233;e &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, des jeux de r&#232;gles (ou de r&#233;sistances aux r&#232;gles devenues &#171; officielles &#187;) du champ de r&#233;f&#233;rence. Enfin, le rapport entre auteur&#183;rice et &#339;uvre ne peut donc &#234;tre simplifi&#233; par une r&#233;f&#233;rence &#224; une causalit&#233; m&#233;canique, pas plus que ne peut &#234;tre r&#233;duit &#224; des automatismes le rapport &#339;uvre-spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dynamogramme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de reformuler les corr&#233;lations constitutives du champ artistique, nous pensons possible et positif de construire des raisonnements autour de ce que nous appelons un &#171; dynamogramme &#187;, selon le vocabulaire de Aby Warburg, et des &#171; jeux des subalternit&#233;s &#187;. Ces notions permettent de statuer &#224; nouveaux frais sur les rapports envisag&#233;s. Si &#171; jeu &#187; para&#238;t un terme pertinent pour &#233;voquer des devenirs, des vides qui appellent et des rapports entre des instances, la notion de &#171; subalternit&#233; &#187; n'a d'int&#233;r&#234;t que dans sa combinaison avec &#171; jeu &#187;. Ce second terme &#233;voque moins des couches hi&#233;rarchiques fixes que des niveaux de r&#233;flexion ou des dispositions pouvant muter en fonction des activit&#233;s prises en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dynamiques excluent que &#171; individu &#187;, &#171; auteur&#183;rice &#187;, et simultan&#233;ment &#171; &#339;uvre &#187;, r&#233;f&#232;rent &#224; des &#234;tres inalt&#233;rables, &#224; des isolats monadiques. De m&#234;me il est central pour le d&#233;veloppement entrepris d'y inclure ce rapport dont on parle peu, celui du public, des lecteurs&#183;rices, spectateurs&#183;rices, etc., &#224; l'&#339;uvre. &#171; Public &#187;, en effet, n'a de sens qu'en refus des pressions m&#233;diatiques imposant des tours psychologiques &#224; l'individu et &#224; la personne de l'artiste, tours dont la propri&#233;t&#233; est de combler les jugements potentiels, et critiques, par le plein de lieux communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, nous avons affaire &#224; une quadrilogie individu-auteur&#183;rice-&#339;uvre-public. Son premier m&#233;rite est de s'organiser autour d'encha&#238;nements et non autour de points d'appui, de liens d'accords et de d&#233;saccords, de r&#233;ussites et de revers, etc. Son second m&#233;rite est de laisser sa latitude n&#233;cessaire &#224; &#171; individu &#187; de concerner les hommes et les femmes dans leur singularit&#233; ainsi que le processus de leur formation (familial, &#233;ducatif) en direction ou non d'un appel &#224; devenir auteur ; &#224; &#171; auteur/autrice &#187; de viser un type d'activit&#233; en premier lieu ind&#233;fini, vide, la vis&#233;e-&#339;uvre, ou une vie artistique pour laquelle la confrontation &#224; des milieux, des r&#232;gles, des objectifs est centrale, tout en se d&#233;tachant de &#171; individu &#187; sans l'ignorer ; &#224; &#171; &#339;uvre &#187; de cerner des types de langage r&#233;&#233;laborant la langue ordinaire, des conflits entre r&#233;alisations, des jeux de normes et de contestation de celles-ci en ouverture sur une adresse ind&#233;termin&#233;e, donc vide, &#224; toutes et tous ; et &#224; &#171; lecteur/spectateur &#187;, ou &#224; &#171; public &#187; d'&#233;voquer des formes d'(auto-)&#233;ducation, de r&#233;formes ou de mises en question de soi. En quoi le graphe dynamogrammatique ci-dessous peut se sillonner selon les &#233;nergies sur lesquelles r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26962 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-03-04_a_20.47_20.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/capture_d_e_cran_2026-03-04_a_20.47_20-bd1e6.png?1772701377' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Afin d'objectiver diff&#233;remment nos amendements, gardons en m&#233;moire les obstacles &#224; surmonter dans chaque formulation de cette topologie : &lt;br class='autobr' /&gt; Ni l'individu, ni l'artiste, ni l'&#339;uvre, ni le public ne rel&#232;vent d'&#233;manations divines, ce qui sans doute r&#233;soudrait bien de (fausses) difficult&#233;s ! Il n'y aurait plus de liens &#224; penser, puisqu'on y laisse au Dieu de la religion la charge de la cause et de la cons&#233;cution. Chaque cr&#233;ature/cr&#233;ation serait paradoxalement de droit ind&#233;pendante, quoique uniquement d&#233;pendante de la lumi&#232;re divine susceptible de faire loi (lien). &lt;br class='autobr' /&gt; Ni l'individu, ni l'artiste ne se caract&#233;risent par une quelconque nature humaine, ou un quelconque g&#233;nie, lesquels gr&#226;ce &#224; de telles qualit&#233;s &#171; naturelles &#187; agiraient en dehors de toute d&#233;termination sociale ou culturelle. &lt;br class='autobr' /&gt; Ni l'&#339;uvre n'est un bloc de marbre, ni m&#234;me un bloc de v&#233;rit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Ni le public n'est une chose manipulable en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que d'autres obstacles ne sont pas moins importants encore &#224; surmonter sur ce terrain du jeu, des rapports et des vides. Si les liens se formulent en termes d'expression, de transfert, de similitude, de continuit&#233;, de subsomption, de communication, restons-en au propos le plus r&#233;pandu : le rapport de causalit&#233;, pens&#233; de mani&#232;re magique. Nous ne pouvons adh&#233;rer &#224; sa formulation, d'autant que les discours qui le formulent donnent de l'efficace de la causalit&#233; l'image d'une activit&#233; sans distance, d'une succession imm&#233;diate, automatique, de l'effet. Elle dissout tout dans l'indiff&#233;rence d'une machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeu et vide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, sortir de la causalit&#233; m&#233;canique directe, telle est la derni&#232;re difficult&#233; &#224; dompter. Il est n&#233;cessaire d'affoler les identifications sans mouvement. Il est bon de r&#233;cuser l'imaginaire de la co&#239;ncidence qui pr&#234;te des motifs &#224; des attaques ad hominem : si tel personnage fait ceci ou cela dans l'&#233;crit, ce n'est rien d'autre que le v&#233;cu de l'auteur&#183;rice ou de l'artiste. Comme il est non moins n&#233;cessaire de combattre les s&#233;parations si rigoureuses qu'elles imposent de l'artiste la figure d'un &#234;tre d&#233;tach&#233; de toutes contingences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs en ce point que s'articulent les notions de &#171; jeu &#187; et de &#171; vide &#187;. Il n'est sans doute plus n&#233;cessaire de faire remarquer que la formulation courante de l'expression mise ici &#224; la question &#8211; &#171; l'homme et l'&#339;uvre &#187; &#8211; ne suppose aucun rapport dynamique, mais une simple conjonction attirant des automatismes d'identification. Elle demeure bien trop format&#233;e en figure duelle et ne dit finalement rien. Sa transmutation en &#171; l'artiste et l'&#339;uvre &#187; laisse survivre ce m&#234;me dualisme fig&#233;, ainsi que les autres jonctions : spectateur-&#339;uvre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cr&#233;dits accord&#233;s &#224; l'absence de tensions dans l'activit&#233; artistique souhaitent curieusement s'en prendre violemment aux th&#233;ories/pens&#233;es de l'autonomie de l'&#339;uvre. La raison ? Ces derni&#232;res d&#233;pouilleraient le jeu de la &#171; cr&#233;ation &#187;, de la lecture ou de l'audition d'une &#339;uvre des avatars de la vie priv&#233;e, du &#171; v&#233;cu &#187; des individus ou auteurs appliqu&#233;s m&#233;caniquement sur lui. Elles &#233;carteraient les formules qui &#171; expliqueraient &#187; par l'&#226;me de l'auteur&#183;rice les termes constitutifs des liens. Elles r&#233;cuseraient toute coagulation qui &#233;vincerait les dynamiques et puissances de jeu intrins&#232;ques aux champs des arts. Et elles ne s'&#233;l&#232;veraient pas assez &#224; l'encontre des juges qui consid&#233;reraient avec prudence les tourments relevant de l'individu soi-disant d&#233;ploy&#233;s dans &#171; son &#187; &#339;uvre, notamment la &#171; chose &#187; sexuelle ou les signes d'une d&#233;pravation, sans les leur assigner, ou &#224; l'inverse consid&#233;reraient les avatars priv&#233;s sans faire allusion &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la dimension de la &#171; cr&#233;ation &#187; se joue justement dans le refus d'entit&#233;s, se joue par cons&#233;quent dans des &lt;i&gt;devenirs,&lt;/i&gt; lesquels supposent des vides potentiels. Elle fait alors de l'individu, comme de l'auteur&#183;rice, de l'&#339;uvre et du public (le public, les lieux et les espaces publics), dans leurs relations contradictoires, des sortes de &#171; zones d'autonomie temporaires &#187; en mouvement permanent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_0536.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/img_0536-798a6.jpg?1772701377' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte que l'individu n'est pas directement identifiable &#224; l'auteur&#183;rice ; que l'auteur&#183;rice doit renoncer &#224; la pr&#233;tention &#224; &#234;tre le sujet ma&#238;tre et propri&#233;taire de ses &#233;crits ; que l'&#339;uvre n'est pas le r&#233;sultat imm&#233;diat de l'expression de sa volont&#233; cr&#233;atrice ; que l'&#339;uvre d&#233;pend sans doute plus de contingences sociales et juridiques que de cette volont&#233; ; que l'&#339;uvre n'est donc pas r&#233;ductible non plus &#224; une id&#233;e ; que le public n'est pas un simple r&#233;ceptacle de ce qu'un auteur aurait voulu exprimer, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons inscrit ci-dessus les termes &#171; jeu &#187; et &#171; vide &#187; dans l'&#233;vocation des devenirs et des rapports dynamogrammatiques entre des instances convergentes, individu-auteur-&#339;uvre-public. Insistons sur leur pertinence relativement &#224; nos analyses. Ces termes signifient &#224; la fois que les rapports peuvent &#171; avoir du jeu &#187; entre eux, et jouer avec tel ou tel terme, dans la mesure o&#249; toutes les interactions supposent une dynamique et un vide ouvrant des possibilit&#233;s de liaisons et de d&#233;liaisons, de hi&#233;rarchies ou de d&#233;constructions. Que la notion de &#171; jeu &#187; comportant l'id&#233;e de plaisanterie ou de plaisir procur&#233; ne fait que renforcer l'id&#233;e selon laquelle des rapports entre des termes ou des objets ne peuvent &#234;tre identifi&#233;s &#224; des engrenages (encore ceux-ci supposent-ils aussi du &#171; jeu &#187; !). Et si l'on se prend au mouvement des dynamogrammes, c'est leur jeu m&#234;me qui vient en avant : la d&#233;clinaison des modalit&#233;s de rapport et la pluralit&#233; des transformations possibles des termes et des relations, en fonction d'un vide qui doit &#234;tre sans cesse activ&#233;, surtout lorsqu'on pose le probl&#232;me des lieux et espaces publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propri&#233;t&#233; fonci&#232;re du &#171; jeu &#187; &#8211; il suffit &#224; cet &#233;gard de relire les &lt;i&gt;Lettres sur l'&#233;ducation esth&#233;tique de l'humain,&lt;/i&gt; de Friedrich von Schiller &#8211; est de d&#233;stabiliser les cl&#244;tures, les enfermements et les abstractions aux fins de provoquer des mouvements sans fin. Le jeu a une fonction plastique et excite les liens. En cela, il n'est pas tout &#224; fait sans r&#232;gle, mais il trouve et construit sa r&#232;gle dans le mouvement m&#234;me qu'il aiguillonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune et chacun a d&#233;j&#224; not&#233; l'opposition du jeu &#224; toute r&#233;it&#233;ration ou imitation, que l'on pense &#224; l'&#233;ducation ou &#224; une formation quelconque en g&#233;n&#233;ral, &#224; l'espace public en d&#233;mocratie notamment. Chacune des th&#233;ories de la pulsion de jeu se d&#233;connecte d'une imitation dans laquelle certains tentent d'enfermer encore les citoyen&#183;nes, car l'imitation se fait conformiste et entravante. Tandis que l'assise dans le jeu indique qu'un rapport entre (des individus, des auteurs-rices, des &#339;uvres, des spectateurs) s'&#233;l&#232;ve au-dessus de l'imm&#233;diatet&#233; et du statique. Il est jeu au sens o&#249;, par la place vide qu'il inclut afin de fonctionner, il permet de saisir un rapport sans le laisser tel quel. On joue avec lui, ou on imagine &#224; partir de lui autre chose, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;St&#233;phane Mallarm&#233;, &#171; Tombeau d'Edgar Poe &#187;, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, Pl&#233;iade, 1998, p. 70 ; Ren&#233; Char, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, Pl&#233;iade, 1983, p. 168, 653 ; mais aussi Pierre Ducrozet, in &lt;i&gt;Andy Warhol, Miroirs du sphinx,&lt;/i&gt; Paris, Bouquins, 2025, traitant Warhol en &#171; miroir sans tain &#187;, &#171; habit&#233; par la qu&#234;te du rien, et la dissolution du moi &#187; ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En droit, &#171; auteur &#187; renvoie &#224; une symbiose que l'on peut estimer probl&#233;matique : soit &#171; la personne qui est &#224; l'origine d'une &#339;uvre originale ou d'une cr&#233;ation ; une personne qui a fait une cr&#233;ation originale manifestant sa personnalit&#233;, qu'il s'agisse de lettres, de sciences humaines ou d'art &#187; (formule de Fran&#231;ois Dagognet, &lt;i&gt;Philosophie de la propri&#233;t&#233;,&lt;/i&gt; Paris, Puf, 1992, p. 131).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Ruby, &lt;i&gt;La f&#233;condit&#233; du vide,&lt;/i&gt; Paris, MKF &#201;ditions, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Michel Foucault, &#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, une conf&#233;rence donn&#233;e &#224; la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de philosophie le 22 f&#233;vrier 1969, Paris, Honor&#233; Champion, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : Olivier Perrot, &lt;i&gt;Dire NON, Une installation de 493 photographies&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la dissolution de la question culturelle</title>
		<link>https://www.tk-21.com/De-la-dissolution-de-la-question</link>
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		<dc:date>2024-03-02T11:10:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>culture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les gouvernements changent, des ministres sont &#233;cart&#233;s, des aspirants deviennent ministres &#224; leur place, selon une hi&#233;rarchie d&#233;finie. Les commentateurs m&#233;diatiques se mobilisent. Mais qu'en est-il des notions, des formes et des forces que sont cens&#233;s mobiliser les minist&#232;res ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/culture" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2418-34de7.png?1772187358' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gouvernements changent, des ministres sont &#233;cart&#233;s, des aspirants deviennent ministres &#224; leur place, selon une hi&#233;rarchie d&#233;finie &#8212; partis, r&#233;gions, parit&#233;. Les commentateurs m&#233;diatiques glosent sur les personnalit&#233;s, racontent des humeurs, relatent de bons mots. Le jeu est r&#233;p&#233;titif. Mais qu'en est-il des notions, des formes et des forces que sont cens&#233;s mobiliser les minist&#232;res ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est caract&#233;ristique du minist&#232;re de la Culture que l'on n'interroge plus depuis longtemps le terme &#171; culture &#187;, que ce soit sous sa forme substantive ou adjective. Il est entendu que &#171; culture &#187; s'identifie &#224; lui, et que le terme est assimilable aux politiques culturelles, par ailleurs successives ou attach&#233;es &#224; des noms de ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il possible de d&#233;border ces conjugaisons, ne serait-ce que pour bouleverser les places minist&#233;rielles attribu&#233;es, trop soucieuses de survie, et les rapports de force dans le champ de la &#171; culture &#187;, laquelle a heureusement des significations plus amples, anthropologique, politique, sociologiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas tenter, en effet, de s'&#233;carter des assignations faites &#224; &#171; la culture &#187; dans le contexte contemporain, sans doute m&#234;me depuis longtemps, au m&#233;pris de ce qu'elle pourrait donner ? Tandis que pour les uns, elle aurait &#224; sa charge de restaurer le vivre ensemble qui se d&#233;graderait en ensauvagement et d&#233;civilisation, pour les autres, &#224; l'encontre de la d&#233;civilisation et de l'ensauvagement attribu&#233; &#224; nos contemporains, elle devrait permettre de refonder le vivre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement &#171; vivre ensemble &#187;, &#171; ensauvagement &#187; et &#171; d&#233;civilisation &#187; sont pos&#233;s comme des &#233;vidences dans un partage artistique et culturel sym&#233;triquement con&#231;u &#8212; &#224; restaurer ou refonder &#8212; et que nul n'aurait &#224; interroger ou &#224; analyser dans sa pr&#233;tendue dissolution. Mais l'assimilation de &#171; la culture &#187; &#224; deux facteurs, au minist&#232;re de la culture et aux politiques culturelles d'un c&#244;t&#233; et &#224; la solution glorieuse des maux qui nous envahiraient de l'autre, l'assigne &#224; un imp&#233;ratif d&#233;ploy&#233; en contre-point d'une d&#233;faite soulign&#233;e de la d&#233;mocratie, entendue dans son sens gouvernemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne conviendrait-il pas de sortir de cette double logique invers&#233;e &#8212; culture r&#233;paratrice ou culture refondatrice, culture enferm&#233;e dans des maisons ou culture &#233;largie &#8212; reposant finalement sur le m&#234;me pr&#233;suppos&#233;, voire st&#233;r&#233;otype. Selon ce dernier, il n'est d'autre conception de la culture que les formules officielles des affaires culturelles incorpor&#233;es d&#233;sormais par ceux dont on dit qu'ils sont les &#171; acteurs de la culture &#187;. La culture est r&#233;duite aux institutions culturelles, elle se r&#233;sume aux pratiques depuis longtemps avalis&#233;es, elle consiste en un instrument qui doit contribuer &#224; conforter une r&#233;alit&#233; sociale, ou exprimer la &#171; communaut&#233; &#187; par des repr&#233;sentations du corps politique. Ce qui d'embl&#233;e est aussi exclusif que la d&#233;mocratie telle qu'entendue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20803 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/inaction-culturelle.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH208/inaction-culturelle-e6088.jpg?1772213201' width='500' height='208' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;inaction-culturelle M.Verdier
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, on ne parle bien s&#251;r jamais de &#171; la culture &#187; sans r&#233;f&#233;rence implicite &#224; une id&#233;e de la culture et &#224; des &#339;uvres, cr&#233;ateurs et diffuseurs aptes &#224; la repr&#233;senter sous une image d'un &#171; tous &#187; &#8212; oubliant &#171; toutes &#187; &#8212; auquel elle serait adress&#233;e en surplomb, traduite en &#171; int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;, surtout de ceux qui sont d&#233;clar&#233;s inaptes &#224; la repr&#233;senter, m&#233;pris&#233;s en &#171; non publics &#187;, les publics &#171; &#233;loign&#233;s &#187;, etc. C'est une chose connue, qui pourtant s'amplifie de nos jours. Car ces assignations faites &#224; &#171; la culture &#187; prennent rang dans ce contexte dans lequel nous ne pouvons plus &#233;carter le constat de la plus large d&#233;cr&#233;dibilisation de l'illusion d'un contrat social fondateur de &#171; la &#187; d&#233;mocratie. Cette d&#233;cr&#233;dibilisation n'emporte pas seulement avec elle les termes du &#171; contrat &#187; &#8212; contrat d'&#233;change de paroles entre des volont&#233;s libres, &#233;galit&#233; principielle des fondateurs et autorit&#233; de la loi choisie &#8212;, elle enveloppe dans sa chute la conception de la culture qui l'accompagnait &#8212; l'assimilation entre culture et universalit&#233; gr&#226;ce au surplomb de l'&#201;tat ou des repr&#233;sentants &#8212; sous forme d'une cascade d'autres contrats, des contrats de travail aux contrats d'engagement r&#233;publicains, r&#233;cemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de pallier cette d&#233;cr&#233;dibilisation, des pratiques culturelles (peinture, musique, th&#233;&#226;tre, arts de rue, etc.), des m&#233;dias (ateliers, animations, immersion dans des r&#233;alit&#233;s virtuelles) sont &#171; envoy&#233;s au front &#187;, non pour leurs qualit&#233;s, mais parce que d&#233;sign&#233;s comme instruments de r&#233;animation de ces id&#233;aux d'une &#171; culture pour tous &#187; diffus&#233;e par l'&#201;tat. Par la droite politique, et l'extr&#234;me-droite, sous forme de r&#233;armement de l'identit&#233; culturelle, r&#233;veil de racines et mani&#232;res d'occuper les jeunes &#171; sainement &#187; par une &#171; culture populaire &#187;. Par la gauche politique, sous forme d'&#233;ducation artistique et culturelle peu soucieuse d'analyser ses mod&#232;les de &#171; culture &#187;, en m&#234;me temps qu'elle revendique &#171; plus de culture &#187; ou d'espaces culturels (salles de spectacles, de concerts, de danses, mus&#233;es&#8230;) pour la diffuser. Le th&#232;me d'une &#171; sant&#233; culturelle &#187; des Fran&#231;ais &#224; restaurer semblant convenir aux uns et aux autres dans un univers o&#249; &#171; la culture &#187; doit exprimer une r&#233;alit&#233; sociale pr&#233;-donn&#233;e ou promettre une r&#233;alit&#233; sociale &#224; venir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ne peut n&#233;gliger le fait que des pratiques artistiques et culturelles accessibles au plus grand nombre ou propos&#233;es &#171; &#224; toutes et tous &#187; peuvent rendre possible pour chacune et chacun des exercices esth&#233;tiques ouverts sur des formes d'existence nouvelles et des affects (&#233;panouissement, concentration, apprentissage des contraintes) propres &#224; inscrire dans du commun (int&#233;gration, respect, &#233;coute, &#233;change de paroles), ces pratiques sont enferm&#233;es syst&#233;matiquement sous des l&#233;gitimations discutables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une en fait des pr&#233;alables &#224; la confrontation avec des &#339;uvres d'art ou avec &#171; les grandes &#339;uvres de l'humanit&#233; &#187;, un int&#233;r&#234;t qui pr&#233;c&#232;derait la reconnaissance des &#339;uvres universalis&#233;es. Mais il ne suffit pas d'invoquer les &#233;crits de John Dewey pour assurer qu'il y aura n&#233;cessairement continuit&#233; de ces exercices &#224; cette confrontation ; ou il ne suffit pas d'invoquer le philosophe Jacques Ranci&#232;re pour assurer que des pratiques r&#233;put&#233;es &#233;mancipatrices, parce qu'elles produisent des espaces de paroles non hi&#233;rarchis&#233;s, fabriquent des publics &#233;mancip&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre en fait une aventure sociologique contribuant &#224; prolonger des actions &#224; l'encontre des in&#233;galit&#233;s sociales, voire g&#233;ographiques ou de genre, mesur&#233;es toutefois &#224; l'aune de &#171; la culture dominante &#187;. Mais il ne suffit pas d'affirmer que ces actions correspondent &#224; des formes de socialisation et/ou de droits pour l&#233;gitimer leur instrumentalisation et d'invoquer l'&#233;mancipation des personnes parce que les politiques se veulent &#233;mancipatrices. La troisi&#232;me enfin en fait un mode d'acc&#232;s &#224; la culture sans s'arr&#234;ter sur les termes engag&#233;s, le rapport des termes aux pratiques, et le rapport entre individus, sans oublier le rapport &#224; une transformation de la soci&#233;t&#233;, et &#224; la d&#233;mocratie comme &#171; condition &#233;galitaire &#187;, comme dirait Jacques Ranci&#232;re. Quand on ne se trouve pas pris dans un conflit entre l'impr&#233;gnation culturelle affich&#233;e comme objectif de la &#171; sant&#233; culturelle &#187; et l'application de la charte des droits culturels dans la construction de repr&#233;sentations sociales qui se veulent &#171; &#233;veillantes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste qu'il ne suffit pas de gloser sur ces espoirs d'acheter la paix sociale par des recettes culturelles. On peut leur objecter, par ailleurs, que dans leur perspective, aucune n'autorise &#224; changer de place sans que l'on continue &#224; tomber sous le coup de l'&#171; arrivisme &#187; ou de l'&#171; opportunisme &#187;. Et il est encore possible d'all&#233;guer que lorsqu'on s'attaque ainsi aux discriminations culturelles, en rendant les cultures officiellement &#233;gales, on conserve cependant leurs hi&#233;rarchies internes (femmes, migrants, minorit&#233;s). Voire que les gestes pratiqu&#233;s maintiennent des repr&#233;sentations d'autorit&#233; et de surplomb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient surtout de se demander si l'enjeu de notre &#233;poque, sur ces plans, n'est pas tout autre : comment construire des regards autres sur le monde qui d&#233;placent les probl&#232;mes qu'on invoque au profit d'autres formulations et d'autres pratiques qui rel&#232;veraient d'un devenir d&#233;mocratique, artistique et culturel ? D&#232;s lors, on s'aper&#231;oit qu'il faut d'abord se d&#233;prendre de l'accablement fr&#233;quent devant les travaux culturels contemporains et saisir la part d'&#233;nergie qui traverse nos soci&#233;t&#233;s. Tant de la part des artistes, &#233;crivains, compositeurs qui con&#231;oivent des &#339;uvres &#224; partir des points de fragilit&#233; ou de bascule de nos soci&#233;t&#233;s, en n'impliquant &#233;videmment pas que ces &#339;uvres doivent &#234;tre enr&#244;l&#233;es dans des doctrines gouvernementales ou p&#233;dagogiques. Elles ont leur propre logique &#8212; celles d'espaces autres que chacune et chacun peut s'approprier pour faire jouer la diff&#233;rence entre ce qu'elle ou il vit et la proposition de l'artiste. Et si elles fabriquent du r&#233;cit, elles ne peuvent et ne doivent pas devenir des symboles d'un r&#233;gime ou rentrer dans un cadre d'interpr&#233;tation unique et uniforme. Que de la part des citoyennes et citoyens qui refusent de devenir sujets de la culture en se soumettant &#224; une culture de surplomb, alors que chacune et chacun est sujet d'une culture, dans la mesure o&#249; cette culture la ou le fait sujet, en d&#233;passant son moi, en lui proposant des actions, et en fait simultan&#233;ment son producteur ou sa productrice &#8212; son origine &#8212; et son oblig&#233;(e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avancer en ce sens, relevons quelques points sensibles dans les propos culturels de notre temps, en en laissant d'autres de c&#244;t&#233;, comme la question de la libert&#233; de cr&#233;ation, de la d&#233;nonciation du &#171; wokisme &#187; dans la culture, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier des politiques culturelles est loin d'&#234;tre clos, notamment dans cet usage qui identifie ces politiques &#224; &#171; la culture &#187; et r&#233;duit l'exercice du pouvoir culturel &#224; ses repr&#233;sentants officiels. La succession des mots d'ordre et des forces mobilis&#233;es &#8212; qui appellent une r&#233;alit&#233; et participent &#224; sa construction par leur force illocutoire avec la diffusion des grandes &#339;uvres de l'humanit&#233;, la d&#233;mocratisation culturelle, la d&#233;mocratie culturelle, la culture pour tous, la culture pour chacun, la sant&#233; culturelle &#8212; en fait foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui prend au s&#233;rieux les violences contre des institutions culturelles prises pour symboles de richesse &#8212; culturelle ? &#8212; quoique sans doute pas pour leurs actions ? Il semble que l'on en soit r&#233;duit d&#233;sormais &#224; se contenter d'occuper la rue par des animations culturelles en vue d'&#233;viter de la livrer aux manifestations. Certes, apprendre &#224; pratiquer un art de rue, prendre confiance en soi devant les autres, pr&#233;senter au besoin une multitude de styles au &#171; public &#187; en le faisant &#171; participer &#187;, n'est pas &#224; &#233;carter. Mais &#171; la culture &#187; ainsi v&#233;cue n'est plus qu'un d&#233;bouch&#233; utile face &#224; des difficult&#233;s sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de la &#171; transmission &#187; culturelle prend le m&#234;me tour. Non seulement peu &#233;tudient le registre conceptuel recouvert par ce terme, mais il est manifestement engag&#233; dans le souci de &#171; r&#233;parer &#187; les liens entre des g&#233;n&#233;rations, dans le souci de les raccorder &#224; la d&#233;mocratie lib&#233;rale repr&#233;sentative. La transmission est pens&#233;e lin&#233;airement, causalement et t&#233;l&#233;ologiquement. Elle est cens&#233;e avoir la vertu de &#171; retisser &#187; des liens, mais sans qu'on interroge les &#171; liens &#187; bris&#233;s et les raisons de les trouver distendus, sauf &#224; &#233;voquer quelques faits divers toujours un peu choquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle venue dans les discours : la notion d'&#171; &#233;cologie culturelle &#187;. Elle se concentre d'abord sur la d&#233;carbonation des pratiques culturelles, la transition &#233;cologique dans les institutions culturelles. Et il est vrai qu'il importe de poser les questions d'empreinte et de bilan carbone, de pr&#233;servation de la diversit&#233; &#233;cologique, des tourn&#233;es on&#233;reuses, et de les peser &#224; l'aune des artistes employ&#233;s et des &#171; publics &#187; touch&#233;s. Mais peu d'analystes puisent dans les mots culturels des incitations &#224; envisager de remanier les pouvoirs dans le secteur, ou &#224; parler du secteur culturel plus que de culture, alors qu'il existe bien une culture de l'&#233;cologie ent&#233;e sur la pr&#233;servation de l'habitabilit&#233; de la terre et sur une formation &#233;cologique tant au titre d'&#339;uvres sur l'&#233;cologie qu'au titre d'une relecture d'&#339;uvres anciennes du point de vue de l'&#233;cologie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois points sensibles de l'approche de &#171; la culture &#187; de nos jours tournent enfin autour d'une seule et m&#234;me dimension, celle du &#171; public &#187; dans ses rapports aux citoyens et &#224; la d&#233;mocratie, pour autant que &#171; public &#187; &#8212; de culture et des arts &#8212; soit pris comme un bloc. Mais &#171; public &#187; ne peut plus s'entendre sous le couvert de l'utopie universalisante des Lumi&#232;res li&#233;e &#224; la d&#233;mocratie classique. Cette utopie fonctionnait &#224; la fois sur un mod&#232;le et sur une essence, ou un sch&#233;ma d'explication unidimensionnel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20805 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vignette-ratio-cc-2014-7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/vignette-ratio-cc-2014-7-33f57.jpg?1772213201' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Industrie Culture un oxymore
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certes, depuis quelques temps, lorsque les bonnes volont&#233;s culturelles ou les institutions s'appliquent &#224; sacrifier &#224; ce qui est nomm&#233; &#171; transmission &#187; ou &#171; activation des dispositions &#187; en vue de &#171; la culture &#187;, c'est la r&#233;f&#233;rence &#171; au &#187; public (substantif) qui occupe les esprits. &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; &#224; l'heure o&#249; l'on parle de &#171; crise du public (culturel) &#187;, crise de sa pr&#233;sence pleine, semble-t-il, de sa quantit&#233; donc sans que l'on pr&#233;cise quel nombre fera autorit&#233;, mais sans doute aussi de son adh&#233;sion aux sch&#232;mes de la r&#233;ception culturelle, v&#233;cue dans une introspection douloureuse, renouvel&#233;e par les interrogations post-confinements en d&#233;sir d'un &#171; revenir &#224; avant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatons cependant qu'une part significative de ces discours portant sur &#171; le public &#187; r&#233;percutent une rh&#233;torique d&#233;j&#224; &#233;prouv&#233;e autour de la &#171; communication culturelle &#187; &#224; destination du &#171; public &#187; &#224; am&#233;liorer, du pr&#233;suppos&#233; d'une sensibilit&#233; &#224; engendrer dans un public qui en serait d&#233;pourvu, laquelle dresse de lui le portrait d'une entit&#233; en soi, sans r&#233;f&#233;rence sociale ni genre, qu'il conviendrait de prendre en mains en surplomb. Une telle approche culturelle reste hant&#233;e par la volont&#233; d'assurer la croissance du public en se contentant de le confronter aux artefacts culturels existant gr&#226;ce &#224; un ajustement des param&#232;tres culturels jamais reconnus comme h&#233;t&#233;rog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette constance dans des propos routiniers concernant la culture n'entretient pas autre chose qu'un m&#233;pris. Quel m&#233;pris ? Un m&#233;pris d&#233;plac&#233; par rapport &#224; une &#233;poque ant&#233;rieure. Car ce m&#233;pris porte curieusement moins sur des composantes sociales ou genr&#233;es parfois mises platement en avant, que sur quelques modalit&#233;s paradoxales d'identification du public des arts et de la culture dans le monde culturel occidental contemporain. Parmi elles figure l'indiff&#233;rence &#224; une double question pol&#233;mique.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part de savoir si l'on doit parler &#171; du public &#187; ainsi, &lt;i&gt;in abstracto&lt;/i&gt;, comme d'un bloc existant quelque part et &#224; aller chercher sans s'apercevoir que la notion fonctionne presque toujours en distinction de la &#171; foule &#187;. D'autre part de relever la diff&#233;renciation et hi&#233;rarchisation historique perp&#233;tu&#233;e entre plusieurs &#171; publics &#187;, au moins le politique et l'esth&#233;tique (depuis le XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, renforc&#233; par l'universalisme abstrait des Lumi&#232;res), pour ne pas parler du public sportif (depuis le XIXe si&#232;cle et la spectacularisation du sport ), de celui des sciences &#224; l'heure de la science amusante (depuis le XXe si&#232;cle et l'affaiblissement des formations scientifiques), et, pourquoi pas, des d&#233;fil&#233;s militaires ou de la rue (pour &#233;voquer les allusions de Honor&#233; de Balzac dans &lt;i&gt;Facino Cane&lt;/i&gt; et de Claude L&#233;vi-Strauss dans &lt;i&gt;Les Structures &#233;l&#233;mentaires de la parent&#233;&lt;/i&gt;). Tous publics qui d&#233;clinent un sch&#232;me commun, un rapport, mais qui ne cessent de diff&#233;rer, alors que l'on passe pourtant notre temps soit &#224; les opposer, soit &#224; les confondre sans rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, cette assignation de la culture &#224; r&#233;sidence dans le minist&#232;re et ses repr&#233;sentants assujettis &#224; leur survie, outre les difficult&#233;s concernant la compr&#233;hension de &#171; culture &#187;, emp&#234;che de comprendre que si le public est peut-&#234;tre &#171; subjectiv&#233; &#187; au sens de Michel Foucault &#8212; il devient le principe de son propre assujettissement &#8212; dans les m&#233;diations sociales et politiques, il n'en reste pas moins vrai que l'on peut penser aussi sa &#171; subjectivation &#187; au sens de Jacques Ranci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#171; culture &#187; ? Dans ce septi&#232;me opus d'une s&#233;rie consacr&#233;e aux m&#233;pris culturels, sans doute faut-il revenir sur ce point, qui n'interdit pas de r&#233;fl&#233;chir &#224; la constitution d'un minist&#232;re, garant de financements, mais en se d&#233;prenant de toute assimilation. Au sens moderne, dans le contexte europ&#233;en et hors anthropologie, ce terme ne devrait d&#233;signer ni une essence ou une identit&#233;, ni uniquement un monde d'objets ou de ressources sp&#233;cifiques (culture &#233;litiste ou cultiv&#233;e), ni une discipline que l'on pourrait apprendre (d&#233;termin&#233;e par un programme et assign&#233;e &#224; des sp&#233;cialistes, type universitaire), ni une somme de connaissances. &#171; Culture &#187; ne se r&#233;duit pas non plus &#224; une doctrine d'&#201;tat. Elle est, si l'on peut parodier un auteur c&#233;l&#232;bre, la chose du monde la mieux partag&#233;e et dont on ne peut en interdire l'acc&#232;s &#8212; alors que l'on peut, en revanche, limiter l'acc&#232;s aux objets culturels. D&#232;s lors que l'on en a le d&#233;sir (d&#233;sir d'art et de culture), on en a le droit (en un sens non juridique), c'est-&#224;-dire toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture, en fin de compte, consiste en des exercices de formation des femmes et des hommes &#224; la capacit&#233; &#224; demeurer debout en toutes circonstances, en un d&#233;ploiement de r&#232;gles de l'existence multipliant le refus des assignations dans un &#233;change et une solidarit&#233; potentiels avec les autres, dans leur proximit&#233; et leur alt&#233;rit&#233;. La culture fabrique ainsi des comp&#233;tences destin&#233;es &#224; aider les humains &#224; construire des trajectoires durant lesquelles les existences peuvent s'amplifier et non se soumettre ou se disloquer, notamment devant la n&#233;cessit&#233; de vivre humainement l'&#233;chec, la souffrance, la vieillesse et la mort. La culture rel&#232;ve alors d'une t&#226;che infinie &#233;mancipatrice. Elle forge bien un imaginaire des relations, une conscience de dimensions les plus universelles possibles et fait droit &#224; un espace public esth&#233;tique et culturel (et non &#224; un ordre culturel ou &#224; un ordre public), dans lequel il doit &#234;tre question de nos jours du d&#233;colonial, du f&#233;minisme, des migrations, des images, des solidarit&#233;s, autant de partages sociaux et culturels qui engagent le chemin de la d&#233;mocratie. &#171; Culture &#187; devient donc ici le processus par lequel un esprit se forme, apprend &#224; juger tout en prenant soin de soi-m&#234;me, des autres et du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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