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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Mat&#233;riaux et synesth&#233;sie dans l'art (1)</title>
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		<dc:date>2025-06-29T08:39:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Jeandin</dc:creator>


		<dc:subject>Arts &amp; Sciences</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La chronique qui suit s'int&#233;resse aux mat&#233;riaux et proc&#233;d&#233;s que l'artiste met en &#339;uvre dans sa cr&#233;ation. Ni franchement scientifique, ni simple billet d'humeur, elle n'a pour ambition que de partager les r&#233;actions d'un amateur d'art dont la vie professionnelle a toujours &#233;t&#233; port&#233;e par la science des mat&#233;riaux. En plus des textes dissertant sur le polissage, l'or, le cuivre, et le plomb, l'auteur s'est lanc&#233; dans une analyse des sens au regard des mat&#233;riaux utilis&#233;s dans l'art contemporain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Soyez attentifs, l'auteur est fac&#233;tieux !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Arts-Sciences" rel="tag"&gt;Arts &amp; Sciences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH98/arton2699-10755.jpg?1772239445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La chronique qui suit s'int&#233;resse aux mat&#233;riaux et proc&#233;d&#233;s que l'artiste met en &#339;uvre dans sa cr&#233;ation. Ni franchement scientifique, ni simple billet d'humeur, elle n'a pour ambition que de partager les r&#233;actions d'un amateur d'art dont la vie professionnelle a toujours &#233;t&#233; port&#233;e par la science des mat&#233;riaux. En plus des textes dissertant sur le polissage, l'or, le cuivre et le plomb, l'auteur s'est lanc&#233; dans une analyse des sens au regard des mat&#233;riaux utilis&#233;s dans l'art contemporain. La deuxi&#232;me partie paraitra le mois prochain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soyez attentifs, l'auteur est fac&#233;tieux !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article constitue la suite de la s&#233;rie publi&#233;e, en 2024 dans les colonnes d'ArtsHebdoMedias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vous trouverez plusieurs renvoie vers notre partenaire dans le texte&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sur les sens dans l'art, leurs interactions et le r&#244;le des mat&#233;riaux en la mati&#232;re. C'est dire si, comme dans les &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents, sentience (ou plut&#244;t sensibilit&#233; pour &#233;chapper &#224; l'anglicisme) et sapience pourront s'y trouver m&#234;l&#233;es mais toujours, cependant, sans science (enfin pas trop) ni impatience (si ce n'est peut-&#234;tre un peu celle du lecteur). Pour fixer les id&#233;es, l'exposition, pr&#233;sent&#233;e de mars &#224; septembre 2024 et intitul&#233;e &lt;i&gt;Sentience, &#233;couter le parfum de la couleur,&lt;/i&gt; &#224; l'Abbaye de Maubuisson &#224; Saint-Ouen-l'Aum&#244;ne (Val d'Oise), se situe, par exemple, dans l'esprit de l'article. S'il peut &#234;tre dit avoir &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;, comme les &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents, sous l'&#233;gide de la Dame &#224; la licorne, il le fut cependant, moins &#224; la lumi&#232;re des tapisseries qui la repr&#233;sente qu'&#224; l'ombre du couloir qui y m&#232;ne au sein du Mus&#233;e de Cluny-mus&#233;e national du Moyen &#194;ge, &#224; Paris (fig.1, en ouverture). Son contenu, en effet, porte, dans une premi&#232;re partie, sur les sens dits interdits, par opposition aux sens dits autoris&#233;s qui furent l'objet de la premi&#232;re s&#233;rie d'articles : en l'occurrence ceux utilis&#233;s dans l'art pour la perception des &#339;uvres tant par l'artiste que par le public susceptible de les appr&#233;cier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils soient autoris&#233;s ou interdits, cependant, les sens sont bien ceux chant&#233;s par le th&#233;ologien Jean de Gerson dont les mots, report&#233;s en exergue de cet article, figurent au fond du couloir mentionn&#233; plus haut. La notion de sens interdit a pris de l'ampleur depuis la Covid-19 et le confinement qui s'ensuivit, entra&#238;nant la modification notable, voire la suspension, de l'usage de nos sens. Dans le domaine de l'art, les &#171; sens interdits &#187; ne manquent donc pas de renvoyer &#224; Edward Hopper, peintre du confinement s'il en est, notamment pour sa c&#233;l&#232;bre peinture Gas (1940). Il n'en sera pas dit plus ici parce que ce dernier est hors du champ de l'art contemporain mais aussi pour laisser le lecteur deviner pourquoi cette c&#233;l&#232;bre peinture, r&#233;pond si bien &#224; l'interdiction de sens. Un autre article se concentre sur les mat&#233;riaux utilis&#233;s par les artistes dans leurs cr&#233;ations et dont les propri&#233;t&#233;s jouent sur la perception sensorielle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A voir dans la suite dans ArtsHebdoMedias&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette partie exploite ce qui aura &#233;t&#233; abord&#233; dans les volets &#171; Sens autoris&#233;s &#187; et &#171; Sens interdits &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mat&#233;riaux en tous sens, autoris&#233;s et interdits&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les sens interdits, la r&#233;f&#233;rence &#224; la Dame &#224; la licorne est en creux. Une r&#233;f&#233;rence plus directe, serait Tommy, personnage phare de la &#171; g&#233;n&#233;ration lyrique &#187; comme l'appelle Fran&#231;ois Ricard &#224; laquelle ne peut se cacher d'appartenir l'auteur de cette chronique, celle des babyboomeurs &lt;i&gt;(baby boomers)&lt;/i&gt;. La composition en question n'est alors plus du 16&#7497; si&#232;cle comme dans le cas de la tenture de la Dame mais bien du 20&#7497;, n&#233;e de la brillante inspiration des Who pour le premier op&#233;ra rock au monde (1971). Le livret, si tant est que le terme s'applique en l'esp&#232;ce, raconte, en effet, l'histoire d'un enfant sourd-muet et aveugle qui devient champion de flipper (billard &#233;lectrique) et recouvre ses sens au point de devenir un gourou que ses adeptes finiront par rejeter. La Dame &#224; la licorne et Tommy, &#224; cinq si&#232;cles d'&#233;cart, se posent donc comme l'envers et l'avers de la repr&#233;sentation des sens. Cette id&#233;e se trouve confort&#233;e par les troublantes similitudes entre certains motifs (losanges/fleurs de lys) utilis&#233;s tant dans la tenture de la Dame (en particulier dans la tapisserie dite du sixi&#232;me sens &lt;i&gt;Mon seul d&#233;sir&lt;/i&gt;) que sur la pochette du double album original &lt;i&gt;Tommy&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(Decca, 1969)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : qui plus est avec, dans les deux cas, l'emploi d'un bleu virginal, signe de noblesse et esprit, et la pr&#233;sence d'animaux symboliques. Le chasseur de m&#233;taphores (le &#171; m&#233;taforeur &#187; autrement dit) et de co&#239;ncidences peut s'en trouver satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sens interdits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les sens interdits se doivent d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s car l'absence de sens ne nuit pas obligatoirement &#224; l'appr&#233;hension des &#339;uvres comme ce chapitre tentera de le montrer. En bref, non-sens (c'est-&#224;-dire sens interdit) n'est pas nocence. Comme le d&#233;but du premier &#233;pisode de cette s&#233;rie d'articles l'avait soulign&#233;, un sens d&#233;ficient, voire manquant, peut se trouver compens&#233; gr&#226;ce &#224; la plasticit&#233; du cerveau. La travailler passe parfois par la mise au point de m&#233;thodes, certaines anciennes, remarquables autant que spectaculaires. Ainsi, celle issue du PPP (&#171; Parkinson's Pantomime Project &#187;) mise au point par le mime parkinsonien Rob Mermin vise &#224; r&#233;duire les sympt&#244;mes de la maladie par le mime avec pour cons&#233;quence d'am&#233;liorer le sens du toucher et la proprioception. D'autres touchent (sans jeu de mots) la vue/vision comme celles d&#233;crites dans l'ouvrage historique autant que curieux d'Aldous Huxley, &lt;i&gt;L'art de voir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Payot, 1953&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutes ces m&#233;thodes jouent sur le r&#233;cepteur du signal transmis par le sens sollicit&#233;, sachant que l'artiste ou le m&#233;diateur joue sur son &#233;metteur, &#224; savoir l'&#339;uvre ou sa r&#233;plique interm&#233;diaire &#233;ventuellement pr&#233;vue pour l'appr&#233;hender.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partie consacr&#233;e aux sens interdits les traite sens par sens, en fonction de leur degr&#233; d'interdiction, c'est-&#224;-dire plus ou moins interdits, et de leurs interactions. Elle se concentre d'abord sur la vue, sens premier dans les arts plastiques, n'en d&#233;plaise &#224; Duchamp. L'ou&#239;e sera trait&#233;e ensuite et avant le toucher malgr&#233; la classification habituelle des arts qui reconna&#238;t la sculpture, les arts visuels et la musique dans cet ordre. L'odorat ferme le ban m&#234;me si c'est ce sens qui a le vent en poupe (toujours utile pour la dissipation des odeurs) actuellement, notamment quand il intervient en synesth&#233;sie avec d'autres sens dans les arts plastiques. Ce r&#244;le semble prendre le pas sur celui de sens unique (la m&#233;taphore routi&#232;re &#233;tant tenace), sauf &#233;videmment dans le cas de l'art des parfums. M&#234;me s'il n'est pas &#224; proprement parler un sens, le go&#251;t est, ensuite et enfin l'objet d'un paragraphe particulier puisque, par sa composition avec l'odorat et le toucher, il a la faveur de la flaveur, base de l'art culinaire qui ne saurait &#234;tre oubli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rer d'autres sens que la vue ajoute, cependant, &#224; la capacit&#233; d'appr&#233;ciation des &#339;uvres du public. Il est loin le temps o&#249; Hemingway disait appr&#233;cier les mus&#233;es parce qu'il n'y trouvait pas d'odeurs, allant m&#234;me, de son propre aveu, jusqu'&#224; sauter un repas pour le remplacer par la vue d'un Picasso ou d'un Matisse. Le sens unique (la vue) et les sens interdits (les autres) faisaient donc, pour cette raison, du mus&#233;e un endroit (p)r&#233;serv&#233;. Aujourd'hui, un certain manque na&#238;t plut&#244;t si d'autres sens que la vue ne sont pas aiguis&#233;s lors de la visite d'un mus&#233;e, quitte, pour l'instant, &#224; ce qu'ils le soient gr&#226;ce &#224; (&#224; cause de) sa caf&#233;t&#233;ria et l'&#233;ventuel casque de visite propos&#233;. A l'inverse, lors d'une visite de mus&#233;e, les sens peuvent aller jusqu'&#224; se trouver tous interdits mais ce n'est que dans le cas extr&#234;me du syndrome de Stendhal qui peut toujours y survenir quand la chance (?) en est donn&#233;e, le regardeur &#233;tant frapp&#233; de stupeur et restant interdit &#8212; lui aussi donc &#8212; jusqu'au malaise. Sinon, la satisfaction du public d&#233;pend g&#233;n&#233;ralement du rapport entre sens autoris&#233;s et sens interdits, selon leur nature, ce rapport ob&#233;issant &#224; quelques lois. La premi&#232;re d'entre elles impose que la perte (ou la d&#233;gradation) d'un sens en favorise un (ou plusieurs autres), d&#251;t-elle faire mentir le brave L&#233;on (Zitrone)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;source : Intervilles, finale 1971&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'exclamant, dans un &#233;lan rest&#233; fameux, &lt;i&gt;&#171; Je ne vous entends pas, on m'a cass&#233; mes lunettes &#187;&lt;/i&gt; ou, plus r&#233;cemment, Nicolas Sarkozy avec son d'ores et d&#233;j&#224; m&#233;morable &lt;i&gt;&#171; J'croyais pas mes oreilles de voir mon nom &#187;&lt;/i&gt;, lors d'une intervention, le 30 septembre 2024. Le personnage de Tommy, d&#233;j&#224; cit&#233;, dans l'op&#233;ra &#233;ponyme, b&#233;n&#233;ficie des vertus de cette loi, en d&#233;veloppant une habilet&#233; au flipper telle qu'il en devient champion &lt;i&gt;(Pinball wizard)&lt;/i&gt;. Les artistes et metteurs en sc&#232;ne connaissent bien le pouvoir des sens interdits parce qu'ils captent l'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#233;trange autant que sublime &lt;i&gt;Don Juan&lt;/i&gt; d'Emmanuel Daumas (pour suivre la mode de citer le metteur en sc&#232;ne plut&#244;t que l'auteur, quand bien m&#234;me il serait Moli&#232;re), &#224; la Com&#233;die Fran&#231;aise, en 2022, se gardait bien de montrer la statue du Commandeur. De m&#234;me le Faust de Jorge Lavelli, en 1975, se passa de plume au chapeau pour invoquer Satan, ce qui, &#224; l'&#233;poque, d&#233;clencha un scandale &#224; Garnier. Quant au &lt;i&gt;Couronnement de Popp&#233;e&lt;/i&gt; sans l'ombre d'un couronnement, dans sa repr&#233;sentation de &lt;i&gt;Die Oper #1-#3&lt;/i&gt; &#224; Berlin en 2023, son metteur en sc&#232;ne, Christopher Schlingernsiefs, en assuma la pertinence. Ne pas voir ce que l'on attend ne le rend donc que plus visible, dans l'esprit alors, selon le principe de r&#233;action au manque d&#233;j&#224; d&#233;crit dans l'&#233;pisode 5 de la s&#233;rie. Ce n'est pas un hasard si les deux derniers exemples cit&#233;s rel&#232;vent du genre op&#233;ratique qui exacerbe les sens. Les mots de Barthes extraits d'un m&#233;morable entretien avec Hector Bianciotti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les fant&#244;mes de l'op&#233;ra, Le Nouvel Observateur, d&#233;c. 1973&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'appliquent, au-del&#224; de la sensualit&#233;, valent &#224; l'&#233;vidence aussi pour la sensibilit&#233; et la sensorialit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Elle rayonne de toute part, de la musique, de la vision, des parfums de la salle, de ce que j'appellerai la v&#233;nust&#233; et la pr&#233;sence emphatique des corps dans un espace immense et prodigieusement &#233;clair&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Un sens atrophi&#233;, voire interdit, comme dans les mises en sc&#232;ne mentionn&#233;es plus haut, peut traduire, &#224; dessein pour le metteur en sc&#232;ne, un effet de m&#233;moire traumatique. Don Juan, Faust et Popp&#233;e le subirent au plus haut point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors du domaine de l'art dramatique, l'artiste contemporain Abdessamad El Montassir est l'un de ceux ayant le mieux exprim&#233;, dans son &#339;uvre polymorphe Trab'ssahl, cette relation entre traumatisme et perte de sens (dans l'acception sensorielle du terme, bien &#233;videmment), li&#233;e &#224; l'abandon du Sahara sud marocain et son passage du nomadisme &#224; la vie citadine. Il y met au jour des questions communes &#224; bon nombre d'approches sensorielles d'une &#339;uvre, reprises ici du texte du commissariat de son exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment montrer ce que l'on ne peut voir, comment &#233;couter ce qui ne peut se dire ? Qu'advient-il des m&#233;moires emp&#234;ch&#233;es, confisqu&#233;es ? Quelle forme donner &#224; l'oubli ? Dans Trab'ssahl, Abdessamad El Montassir propose d'&#233;couter ce qu'il appelle des paroles &lt;i&gt;silenci&#233;es&lt;/i&gt; (&lt;a href='https://www.tk-21.com/Materiaux-et-synesthesie-dans-l-2700' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cf. &#167; &#171; Ou&#239;e &#187;&lt;/a&gt; TK-21 n&#176;167 &#224; venir) pour y d&#233;celer les indices d'une m&#233;moire traumatique, celle associ&#233;e au Sahara sud marocain, en l'occurrence. Elles se font les t&#233;moins aupr&#232;s de ceux qui sauront les entendre. L'interdit appelle donc le d&#233;veloppement de sens compensateurs comme d&#233;j&#224; dit moult fois dans la premi&#232;re s&#233;rie, sans pr&#233;ciser, cependant, que cela pouvait aller jusqu'&#224; la cr&#233;ation d'endroits o&#249; tel ou tel sens &#233;tait banni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est ainsi de la vue, avec de nouveaux lieux pour &#233;duquer le go&#251;t, par exemple, le restaurant &#171; Dans le noir &#187; (publicit&#233; non pay&#233;e), pr&#232;s de Beaubourg, premier du genre, employant et recevant des malvoyants. M&#234;me un mus&#233;e permanent de l'obscurit&#233;, seul de son genre, a ouvert, en 2009, &#224; Barcelone (&#171; Di&#224;leg a la Fosca &#187;), sachant que des fr&#233;quentes visites dans l'obscurit&#233; (avec, &#233;ventuellement, lampe de poche) de mus&#233;es s'organisent tr&#232;s souvent &#224; l'occasion de performances et d'&#233;v&#233;nements particuliers (comme l'historique &lt;i&gt;Exposition internationale du surr&#233;alisme&lt;/i&gt; de 1938 &#224; la Galerie des Beaux-Arts de Georges Wildenstein, &#171; Nuit Blanche &#187; ou autres) pour &#233;veiller et/ou modifier les sens (y compris en synesth&#233;sie) et l'intellect. Pour &#234;tre conscient de l'efficacit&#233; du proc&#233;d&#233;, il n'est qu'&#224; penser aux &lt;i&gt;Notes de chevet (Soshi)&lt;/i&gt; de Sei Sh&#244;nagon, Dame d'Honneur d'une princesse japonaise du XI&#7497; si&#232;cle, &#224; Kyoto, classant dans les &#171; Choses peu rassurantes &#187; l'action de manger des fraises dans l'obscurit&#233;. Elle rejoint, par certains c&#244;t&#233;s, Chim&#232;ne d&#233;clarant et d&#233;clamant : &lt;i&gt;&#171; Je cherche le silence et la nuit pour pleurer &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Le Cid, Acte III, sc. V.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Proust, l'obscurit&#233; n'est pas non plus rassurante, dans l'art litt&#233;raire et l'histoire des lettres s'entend. Quelques pages d&#233;finitives dans sa chronique &lt;i&gt;Contre l'obscurit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Vacances de P&#226;ques et autres chroniques, Gallimard/Folio, 2019, pp. 71-75&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'associent, en effet, &#224; la peur de l'inintelligibilit&#233;, montrant ainsi un parall&#232;le entre sens et intellect, tout en d&#233;non&#231;ant le risque de l'avant-gardisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les sens autoris&#233;s trait&#233;s dans la premi&#232;re saison et les sens interdits abord&#233;s ici, existent aussi ce que d'aucuns, voulant poursuivre dans la m&#233;taphore routi&#232;re, pourraient appeler les sens en circulation altern&#233;e. Comme sur les parcours routiers, ils sont rares et n'encombreront donc pas la suite. Cependant, pour en donner une id&#233;e par un exemple, ils sont convoqu&#233;s dans le cas de tout ce qui s'apparenterait aux &#171; revers &#187; rencontr&#233;s dans l'art classique, c'est-&#224;-dire des trompe-l'&#339;il pr&#233;sents au dos de certains tableaux, d&#232;s le 14&#7497; si&#232;cle en Occident. Ces dos n'&#233;taient, &#224; l'origine pas vou&#233;s &#224; l'invisibilit&#233; mais, au contraire, destin&#233;s &#224; &#234;tre expos&#233;s &#224; intervalles r&#233;guliers. &lt;i&gt;La Vierge du Chancelier Rolin,&lt;/i&gt; tableau de Jan van Eyck r&#233;cemment restaur&#233; au Louvre, a donn&#233; un regain de popularit&#233; aux revers. La circulation est donc altern&#233;e pour la vue avec, pour le m&#234;me prix, appel au trompe-l'&#339;il (et m&#234;me au trompe-toucher en l'esp&#232;ce, puisque l'avers de la Vierge donne r&#233;ellement la sensation au toucher qu'il s'agit d'une pierre polie).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;137&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._2._wang_du_2022_exposition_j_ai_une_famille_au_muse_e_national_de_l_immigration_2023__c_photo_michel_jeandin_2024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH296/fig._2._wang_du_2022_exposition_j_ai_une_famille_au_muse_e_national_de_l_immigration_2023__c_photo_michel_jeandin_2024-a113e.jpg?1772206979' width='500' height='296' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 2 Wang Du &#034;Trois ombres&#034; 2022,
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Exposition &#034;J'ai une famille&#034; au Muse&#769;e national de l'immigration, 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette introduction sur les sens interdits pourrait assur&#233;ment &#234;tre illustr&#233;e par l'&#339;uvre poignante de Wang Du, &lt;i&gt;Trois ombres&lt;/i&gt; (2022), expos&#233;e r&#233;cemment au Mus&#233;e de l'histoire de l'immigration. Elles y faisaient grand effet sous sa vo&#251;te &#233;clairante (figure 2), en une sorte de r&#233;plique contemporaine des trois Singes de la sagesse est-asiatique, montrant les masques fl&#233;aux de la soci&#233;t&#233; actuelle. Ce qu'ils repr&#233;sentent sera d&#233;velopp&#233; dans ce qui suit (comme le concept g&#233;n&#233;ral de masquage avait pu l'&#234;tre dans le cinqui&#232;me &#233;pisode de la s&#233;rie (saison 1) et dans une pr&#233;c&#233;dente chronique sur le cuivre : sur la base que le casque de r&#233;alit&#233; virtuelle, le casque de soldat et le masque chirurgical, port&#233;s par les r&#233;pliques des &lt;i&gt;Trois Ombres&lt;/i&gt; de Rodin, soulignent le r&#244;le des sens dans la prise en compte des maux et les pr&#233;occupations du temps pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vue est consid&#233;r&#233;e comme le sens le plus pr&#233;cieux, pour l'artiste comme pour le commun des mortels, m&#234;me si Duchamp se rebellait contre la tyrannie du visible et pr&#244;nait, tout comme Andr&#233; Breton, l'art non r&#233;tinien. Sans cette tyrannie du visible, nul doute qu'Eurydice aurait &#233;chapp&#233; au s&#233;jour des morts, Orph&#233;e &#233;vitant de se retourner pour privil&#233;gier un autre sens que la vue pour v&#233;rifier sa pr&#233;sence avant de sortir des Enfers. Cette chronique n'essaiera m&#234;me pas de justifier cette pr&#233;&#233;minence de la vue, si nombreux d&#233;j&#224; &#233;tant ceux s'y &#233;tant attach&#233;s. Son auteur se contentera ici de faire r&#233;f&#233;rence &#224; son ophtalmologiste, le (tr&#232;s) bon Dr Lasry, dont le m&#233;tier le tient loin, par d&#233;finition, de l'ultracr&#233;pidarianisme en la mati&#232;re. Ce dernier, en effet, le certifie bien en affichant non sans humour des &#339;uvres de Mir&#243; et Delaunay dans sa salle d'attente : cela dit pour donner une touche personnelle au propos. Pour ce qui est de l'artiste, d'une part : &lt;i&gt;&#171; Je n'apprends pas &#224; peindre mais &#224; voir &#187;&lt;/i&gt;, disait Jon Albers tandis que Mathilde Rosier semble dire dans sa puissante &#339;uvre La souche que l'&#339;il est la souche des sens, pour preuve ses yeux de verre qui y grimpent (figure 3), rappelant la c&#233;l&#232;bre photo de Dora Maar &lt;i&gt;Les Yeux&lt;/i&gt; (vers 1932-1935).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le commun des mortels, d'autre part : on sait que la vue est le sens pr&#233;dominant. Quand la vue est sollicit&#233;e, le cerveau n&#233;glige d'activer tout ou partie d'autres fonctions susceptibles pourtant de lui &#234;tre utiles voire n&#233;cessaires. C'est pour cela qu'il est tr&#232;s mauvais de regarder un &#233;cran en mangeant, les fonctions digestives &#233;tant mises en veilleuse (question de vue encore). A contrario, une alt&#233;ration de la vision, quand elle n'affecte pas l'audition (syndrome &#171; de Zitrone &#187;, encore et encore), favorise le toucher le plus fr&#233;quemment et/ ou l'intellect. Pour ce qui est du toucher, beaucoup a &#233;t&#233; dit dans les pr&#233;c&#233;dents &#233;pisodes, en substance que les mus&#233;es s'&#233;quipent de plus en plus pour proposer une esp&#232;ce de &#171; braille artistique &#187;, non seulement pour les cartels mais aussi pour les &#339;uvres elles-m&#234;mes, donnant ainsi au visiteur un apport haptique. Les &#339;uvres peuvent &#234;tre m&#234;me photographiques gr&#226;ce aux d&#233;veloppements les plus r&#233;cents des techniques de reproduction 3D, par exemple le gaufrage de papier &#233;pais mis au point par la soci&#233;t&#233; Cr&#233;anog pour l'&#233;dition du coffret &lt;i&gt;Amazonia Touch&lt;/i&gt; (Editions Taschen, 2024) reproduisant, en reproduisant, en relief, les photos azoniennes de Sebasti&#227;o Salgado. D'autres maisons d'&#233;dition pr&#244;nent une autre forme de braille artistique o&#249; braille, cette fois, d&#233;riverait d'ailleurs plut&#244;t de brailler dans son acception sonore. Les &#339;uvres y sont d&#233;crites alors pour en prendre plein les yeux mais par les oreilles (comme le dit le slogan) gr&#226;ce aux r&#233;cents mais d&#233;j&#224; populaires &#171; podcast &#187; artistiques, par exemple ceux, tout &#224; fait recommandables, de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), regroup&#233;s sous le titre La recherche de l'&#339;uvre en plusieurs saisons &#224; partir de 2020.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22498 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;67&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._3._mathilde_rosier_2022-2023__c_photo_michel_jeandin_2023.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH366/fig._3._mathilde_rosier_2022-2023__c_photo_michel_jeandin_2023-8c5f2.jpg?1750069254' width='500' height='366' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 3 Mathilde Rosier Souche 2022 2023
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Michel Jeandin 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'intellect, (toujours pour pallier encore la vue) Fran&#231;oise P&#233;trovitch en appelle &#224; aller voir ce qui est derri&#232;re les paupi&#232;res, que l'on ne peut voir physiquement par d&#233;finition. Dans son exposition logiquement nomm&#233;e &lt;i&gt;Derri&#232;re les Paupi&#232;res,&lt;/i&gt; &#224; la BnF Mitterrand en 2022, elle invite &#224; traverser les apparences, a fortiori si on ne les voit pas : l'intellect au secours de la vue, c'est-&#224;-dire vision int&#233;rieure vs vision ext&#233;rieure. Dans la vie courante, cependant, quotidiennet&#233; oblige, c'est la vue qui s'impose plut&#244;t pour se substituer plus ou moins &#224; l'intellect (le raisonnement) et/ou d'autres sens : f&#226;cheusement, par exemple, quand il s'agit de la t&#233;l&#233;vision (les &#233;crans dirait-on aujourd'hui) devenue le chewing-gum de l'&#339;il comme le disait Obaldia. Emmanuel Tellier, dans une r&#233;cente et brillante chronique (&lt;i&gt;Marianne,&lt;/i&gt; 30 mai-5 juin 2024), intitul&#233;e &lt;i&gt;Ecrans : il faut voir comme on nous parle,&lt;/i&gt; enfonce le clou (dans l'&#339;il, comme de bien entendu) en compl&#233;tant la r&#233;crimination d'Alain Souchon dans &lt;i&gt;Foule Sentimentale,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Il faut voir comme on nous parle &#187;&lt;/i&gt;, par &lt;i&gt;&#171; comme &#224; de gros d&#233;biles qui ont les yeux sur leur t&#233;l&#233;phone portable pour y regarder des vid&#233;os sans le son mais avec du texte int&#233;gr&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Le m&#233;dia en ligne, Brut, en est le chantre. La foule aux &#233;crans, en rien sentimentale, n'a donc pas soif d'id&#233;al mais seulement de TRES GROSSES LETTRES INCRUSTEES DANS L'ECRAN MONTRANT CE QUE LE MONSIEUR OU LA DAME EST EN TRAIN DE DIRE. Puisse cela n'&#234;tre pas le cas, ici, pour les lecteurs de cette chronique, &lt;i&gt;&#171; attir&#233;s par les &#233;toiles &#187;&lt;/i&gt;, bien s&#251;r !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens de la vue interdit, ou partiellement interdit, se retrouve sous diff&#233;rentes manifestations, faisant l'objet de 3 parties distinctes dans la suite : alt&#233;ration des couleurs (pathologique ou non), flou et c&#233;cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la monochromie et la bichromie (le noir et blanc surtout, que ce soit par achromatopsie ou par choix) ont inspir&#233; nombre d'artistes contemporains, il n'en est pas de m&#234;me de la polychromie s&#233;lective, c'est-&#224;-dire avec absence de certaines couleurs malgr&#233; l'existence du daltonisme et ses variantes : protanopie (difficult&#233; &#224; voir le rouge), deut&#233;ranopie (difficult&#233; &#224; voir le vert) et tritanopie (difficult&#233; &#224; voir le bleu). Les exemples de peintres daltoniens sont donc peu nombreux, bien que loin d'&#234;tre les moindres, &#224; savoir : De Vinci (m&#234;me si son daltonisme n'&#233;tait pas des plus purs), Michel-Ange, Tintoret, Meyron, Turner, C&#233;zanne, Monet, Picasso, Calder, Warhol, O'Keeffe, et... Uderzo. L'art contemporain est absent de cette liste et ne s'y trouve qu'annonc&#233;. Bien que n'appartenant pas (encore) &#224; cette distingu&#233;e lign&#233;e, la peintre Jano'Acrylik semble &#234;tre la seule &#224; int&#233;grer cette anomalie visuelle et la revendiquer comme aide &#224; la cr&#233;ation comme d'aucuns pr&#233;tendent &#224; ce qu'elle puisse &#234;tre consid&#233;r&#233;e ainsi. Une d&#233;marche sym&#233;trique, c'est-&#224;-dire chez les exposants d'art contemporain s'est, d'ailleurs, r&#233;cemment instaur&#233;e, pour une meilleure appr&#233;ciation de la rencontre entre daltonisme et art. Ainsi, depuis 2022, le Centre Pompidou met &#224; disposition des lunettes (m&#234;me si ce n'est qu'au nombre de vingt) &#224; destination des daltoniens pour leur permettre de mieux appr&#233;cier les nuances de couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste n&#233;anmoins que la monochromie est plus accessible, qu'elle soit appr&#233;ciable ou d&#233;testable. Yasmina Reza dans sa pi&#232;ce &lt;i&gt;Art&lt;/i&gt; (1994) ou Alphonse Allais avec sa &lt;i&gt;Premi&#232;re communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige&lt;/i&gt; et autres moqueries (1883) l'ont bien cern&#233;e : au-del&#224;, de cette &#233;criture picturale &#171; sympathique &#187;, au sens de l'encre du m&#234;me nom, r&#233;pandue par Malevitch (le pionnier), Strzeminski, Fontana, Klein, Richter, Soulages, etc. Pour eux, la restriction de la palette de couleurs, paradoxalement, ouvre les yeux sur le monde. Le grand photographe d&#233;ambulateur Robert Frank allait dans le m&#234;me sens quand il vantait, pour son art, la pr&#233;cellence du noir et blanc, jusqu'&#224; &#233;noncer que &lt;i&gt;&#171; Noir et blanc sont les couleurs de la photographie &#187;&lt;/i&gt;. Frank fut, cependant, moins extr&#233;miste que son confr&#232;re Raoul Hausmann, chantre de ce qu'il appelait m&#233;lanographie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in La m&#233;lanographie, Ed. Jean Petithory, 1968&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire l'image noire. Pour lui, le noir porte la photographie, en une restriction ultime de la palette de couleurs donc, le clich&#233; photographique n'&#233;tant rien d'autre que la trace de la br&#251;lure de la couche photosensible par la lumi&#232;re. L'artiste plasticien et photographe contemporain Laurent Cammal aura, cependant, mis d'accord Frank et Hausmann, dans bon nombre de ses r&#233;centes prises de vue, en recouvrant des lieux en friche de peinture noire et blanche pour en privil&#233;gier une perception bimodale et aplanir ainsi la vision tridimensionnelle du regardeur. Gr&#226;ce &#224; une d&#233;marche oppos&#233;e, c'est-&#224;-dire allant du noir et blanc &#224; la couleur, l'artiste contemporain britannique Neil Harbisson peut se targuer d'avoir &#233;t&#233; le premier artiste cyborg au monde. Souffrant, &#224; la naissance, d'achromatopsie qui ne lui permet de ne voir qu'en noir et blanc, l'implantation d'une antenne dans la t&#234;te, en 2004, lui a permis d'endosser le statut de cyborg (officiellement reconnue, sur son passeport notamment o&#249; sa photo le montre avec son antenne) mais surtout d'acc&#233;der &#224; la perception des couleurs gr&#226;ce &#224; l'antenne et une puce &#233;lectronique qui en permet la traduction sous forme de sons : la fr&#233;quence du son variant selon la couleur. Cet exemple suffit &#224; illustrer la circulation des sens et les perspectives synesth&#233;siques associ&#233;es, pour peu que les artistes contemporains s'en saisissent aussi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22499 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;80&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._4._fabrice_samyn_2016__c_photo_michel_jeandin_2022.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L450xH800/fig._4._fabrice_samyn_2016__c_photo_michel_jeandin_2022-51947.jpg?1750069254' width='450' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 4 Fabrice Samyn &#034;Eyes does not see itself&#034; 2016
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Michel Jeandin 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du daltonisme et d'autres troubles visuels, poussant l'imperfection visuelle &#224; son paroxysme, de toute fa&#231;on il est acquis que ne rien voir ne signifie pas qu'il n'y a rien &#224; voir, quand bien m&#234;me les efforts pour y parvenir peuvent &#234;tre mal consid&#233;r&#233;s. &lt;i&gt;&#171; C'est bien cela les hommes : assez idiots pour aller voir une lumi&#232;re qui n'existe pas &#187;&lt;/i&gt;, comme l'&#233;crivait G.B. Edwards dans &lt;i&gt;Sarnia&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Nadeau/Payrus, 1983&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, rapport&#233; par Olivier Rollin dans &lt;i&gt;Vider les lieux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gallimard/Folio, 2022, p. 250&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Heureusement, rendre visible l'invisible peut &#234;tre pris pour l'un des objectifs de l'art contemporain. Le journal &lt;i&gt;Lib&#233;ration,&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 21 novembre 2024, le confirma dans sa critique d'&lt;i&gt;Assembl&#233;e Elargie (Constellation z&#233;ro)&lt;/i&gt; (2024), une &#339;uvre de Katinka Bock compos&#233;e de c&#233;ramiques-chaussures et aspirateurs, pr&#233;sent&#233;e &#224; la touchante exposition &lt;i&gt;Chaque vie est une histoire&lt;/i&gt; au Mus&#233;e de l'histoire de l'immigration, &#224; Paris (nov. 2024 &#8211; f&#233;v. 2025). Cette critique dit, en effet : &lt;i&gt;&#171; C'est une &#339;uvre de d&#233;senvoutement destin&#233;e &#224; rendre visible l'invisible &#187;&lt;/i&gt;. Pour sa part, Catherine Fol, directrice de la Centrale for contemporary art de Bruxelles/Paris, dans son introduction &#224; l'exposition &lt;i&gt;Traces de l'Invisible&lt;/i&gt; re&#231;ue en 2022 au Centre Wallonie-Bruxelles/Paris, affirme que le recours est de &lt;i&gt;&#171; voir comme un ressenti &#187;&lt;/i&gt;. L'&#339;uvre de Fabrice Samyn &lt;i&gt;Eye does not see itself &lt;/i&gt;(2016) en est la parfaite illustration (figure 4). Elle est compos&#233;e d'une page blanche, de fait un monochrome, au verso de laquelle une phrase est &#233;crite et se refl&#232;te dans un miroir. L'artiste oblige le spectateur &#224; se pencher pour y lire les mots suivants : &#171; L'&#339;il ne se voit pas lui-m&#234;me &#187;. Le commissariat de l'exposition voit (pour utiliser un verbe &#224; propos) en cette phrase &#171; une fa&#231;on d'amplifier la notion m&#234;me du regard, fait de visible et d'invisible (le ressenti), que l'on porte sur soi mais &#233;galement sur une &#339;uvre d'art, symbolisant ainsi l'intime communion se cr&#233;ant entre le visiteur et l'&#339;uvre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;NDLA : l'occasion est trop belle ici donn&#233;e &#224; l'auteur de faire part d'une note applicable &#224; l'ensemble de cette chronique. Elle na&#238;t du mot visiteur (&#224; la fin de la derni&#232;re phrase) qui n'ob&#233;it pas &#224; la r&#232;gle de l'&#233;criture inclusive &lt;/i&gt; &#8211; radix stultitiae &lt;i&gt; selon certain(e)s. L'absence du &#183;euses en fin de mot, son invisibilit&#233; autrement dit, veut simplement dire que, si la F&#233;minit&#233; n'est pas exprim&#233;e ainsi (par le &#171; pointeuse &#187; (&#183;euse), elle n'en est pas moins pr&#233;sente puisque ressentie selon les pr&#233;ceptes de Catherine Fol et des artistes de l'invisible. L'invisible ou le peu visible peut r&#233;sulter d'une incapacit&#233; physique (troubles visuels) comme, &#224; l'inverse, d'un surcro&#238;t de stimuli visuels, tant par la nature que par la densit&#233; du flux d'information qui emp&#234;che la perception de leur enti&#232;ret&#233;. C'est ce que d&#233;nonce, en particulier, Emmanuel Van des Auwera de la soci&#233;t&#233; actuelle en tant que d&#233;versoir d'images. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e mais relatif &#224; un exc&#232;s de couleurs, cette fois, Eug&#232;ne Leroy &#8211; m&#234;me si son art est plus &#224; cat&#233;goriser dans le moderne que dans le contemporain &#8211; peut faire figure d'exemple pour faire ressentir ce que l'&#339;il ne distingue pas au premier abord. Il en est ainsi de son &lt;/i&gt; Tronc d'arbre &lt;i&gt; (huile sur toile, 1988).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus radical est le principe du masquage pour limiter le nombre d'informations &#224; traiter simultan&#233;ment par l'&#339;il. La technique du revers, pr&#233;sent&#233;e plus haut en m&#234;me temps que celui de la circulation altern&#233;e, participe de ce principe, de m&#234;me pourrait-il en &#234;tre dit du monochrome qui masque les autres couleurs. Des exemples en ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; donn&#233;s. Plus contemporain, le photographe Laurent Lafolie, laur&#233;at du Prix Niepce 2022, gr&#226;ce &#224; des proc&#233;d&#233;s de tirage originaux (qui lui ont valu la r&#233;compense), joue aussi avec l'alternance visible/invisible, dans la plus pure tradition des tableaux &#224; malices (abord&#233;s d&#233;j&#224; dans la chronique sur le polissage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Pour cela, des proc&#233;d&#233;s de tirage originaux (qui lui ont valu la r&#233;compense) en trois dimensions, sur fil (figure 5a) ou sur papier washi (figure 5b), rendent l'image photographique propos&#233;e au regardeur, variable en fonction de la position de ce dernier. Par son d&#233;placement devant l'&#339;uvre, l'&#339;il compose et recompose ce qu'il voit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;154&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._5._laurent_lafolie_a_de_tail_2023_b_collection_florence_et_damien_bachelot_2023__c_photo_michel_jeandin_2023.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/fig._5._laurent_lafolie_a_de_tail_2023_b_collection_florence_et_damien_bachelot_2023__c_photo_michel_jeandin_2023-09dc5.jpg?1772206979' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 5 Laurent Lafolie.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;a) &#034;Fil&#034; de&#769;tail 2023. &lt;br class='autobr' /&gt;
b) &#034;OI l'origine des images&#034;, &lt;br class='autobr' /&gt;
Collection Florence et Damien Bachelot 2023 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du flou, 2&#7497; composante du triptyque dans les sens interdits apr&#232;s l'alt&#233;ration des couleurs et avant la c&#233;cit&#233;, le mot interdit voit son sens propre rejoindre son sens figur&#233;. En effet, interdit veut dire frapp&#233; par la stupeur comme dans le syndrome de Stendhal d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, au bas mot donc fortement troubl&#233; comme l'est le flou, par d&#233;finition. L'int&#233;r&#234;t pour le flou est connu depuis longtemps et pas seulement dans les bergeries (comme l'avertit M. Aubry). En litt&#233;rature le concept de flou a &#233;t&#233; pour le mieux exprim&#233; par Virginia Woolf quand elle disait qu'il fallait &lt;i&gt;&#171; voir le monde, du centre d'un grain de raisin &#224; travers la peau &#187;&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire voir mieux parce que de loin et flou. Cette phrase pr&#233;sente aussi la subtilit&#233; de sembler aussi donner du go&#251;t &#8211; celui du fruit divin en l'esp&#232;ce &#8211; &#224; la vision du monde que sa peau transmet. Ce r&#244;le de la peau dans l'art, d&#233;j&#224; soulign&#233; de mani&#232;re clinique par la plasticienne Martine Colignon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in La peau, m&#233;taphore d'une rencontre entre art et clinique, Editions &#233;r&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a &#233;t&#233; r&#233;cemment admirablement mis en lumi&#232;re par Alexandra Maio. Cette artiste contemporaine montre, en effet, &lt;br class='autobr' /&gt;
explicitement la peau (figure 6) comme &#233;mettrice/r&#233;ceptrice des sensations et en &#233;crit, compl&#233;tant Virginia Woolf et jetant un pont entre peinture et litt&#233;rature : &lt;i&gt;&#171; Je cherche les paroles que je n'ai pas &#233;crites, celles &#224; fleur de peau &#187;.&lt;/i&gt; Le croisement entre Woolf et Maio souffle alors l'id&#233;e de d&#233;finir le flou par de la fleur de peau. En retour, il est donc logique que la r&#233;flexion sur la couleur de peau, noire en l'esp&#232;ce, par la grande photographe contemporaine Mame-Diarra Niang, passe principalement par l'usage volontaire du flou. Il est notable dans sa s&#233;rie de ce qu'elle appelle non-portraits, Rapport depuis ce r&#234;ve (2022) notamment, pour exprimer la n&#233;gligence voire l'oubli de peuples. Plus prosa&#239;quement, dans les arts plastiques, le flou appelle la r&#233;f&#233;rence (et la r&#233;v&#233;rence) &#224; Gerhardt Richter, pionnier de la peinture directement par-dessus la projection d'une diapositive (la technique aura &#233;volu&#233; depuis, sur le m&#234;me principe) sur la toile apr&#232;s d&#233;focalisation de l'objectif du projecteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22501 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;136&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._6._alessandra_maio_2022__c_photo_michel_jeandin_2022.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH501/fig._6._alessandra_maio_2022__c_photo_michel_jeandin_2022-5f73d.jpg?1750069254' width='500' height='501' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 6 Alessandra Maio &#034;Peau. Je cherche les paroles que je n ai pas e&#769;crites, celles a&#768; fleur de peau&#034; 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Michel Jeandin 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_22502 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;75&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._7._gerhard_richter_1983__c_photo_michel_jeandin_2022.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH587/fig._7._gerhard_richter_1983__c_photo_michel_jeandin_2022-03ab3.jpg?1750069254' width='500' height='587' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 7 Gerhard Richter &#034;Scha&#776;del (Cra&#770;ne)&#034; 1983
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Michel Jeandin 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans sa peinture &lt;i&gt;Sch&#228;del (Cr&#226;ne),&lt;/i&gt; 1983 (figure 7), le flou ajout&#233; &#224; une quasi-monochromie aux effets d&#233;j&#224; d&#233;crits (&#167; pr&#233;c&#233;dent) conf&#232;re une puissance exceptionnelle de &lt;i&gt;memento mori&lt;/i&gt; &#224; l'&#339;uvre : le flou &#233;voquant immanquablement l'illusoire. Le flou est source d'illusion aussi parce que consubstantiel &#224; l'art photographique. &#201;tait devrait-on dire, sans tomber dans le Laudator temporis acti, cependant, gr&#226;ce, pour ne pas dire &#224; cause, du num&#233;rique qui l'efface en m&#234;me temps &#8211; ce qui est plus grave &#8211;, la trace du temps qu'il signifie. Une photographie pr&#233;sent&#233;e, r&#233;cemment, au Mus&#233;e Guimet, dans le cadre de l'exposition &lt;i&gt;A la cour du Prince Genji&lt;/i&gt; &#187;, montra encore une fois toute la puissance d'&#233;vocation et la beaut&#233; du flou. Il s'agissait de la photo de classe, dat&#233;e de 1860, montrant la promotion des &#233;l&#232;ves japonais de la classe de fran&#231;ais du Consul de France &#224; Nagazaki, L&#233;on Dury. Sous l'effet du temps, le visage &#8212; et lui seul pour quelque raison technique qui ne sera pas expliqu&#233;e ici &#8212; de nombre des &#233;l&#232;ves appara&#238;t diaphane, conf&#233;rant paradoxalement un caract&#232;re d'&#233;ternit&#233; &#224; la mission d'&#233;change entre les 2 pays assign&#233;e au consul. Cette photo n'est pas montr&#233;e dans cette chronique pour que son auteur puisse faire le flou-flou, autrement dit laisser flou le flou et le lecteur, en cons&#233;quence imaginer la photo avant de l'y trouver sur l'internet, s'il le souhaite vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie de Degas dont il sera question plus loin (figure 21), et, plus g&#233;n&#233;ralement les photographies du d&#233;but de la photo (par exemple, les fascinantes plaques photographiques conserv&#233;es aux archives du Mus&#233;e de la Vie Romantique/Paris) en sont aussi des t&#233;moins exceptionnels, notamment pour vivifier les souvenirs. Leur vivification est d'autant plus intense qu'ils sont flous, selon un processus de r&#233;miniscence, le fameux &lt;i&gt;&#171; cela a &#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; de Barthes, &#224; partir de photographies comme Kundera l'a d&#233;crit de mani&#232;re bouleversante dans &lt;i&gt;L'insoutenable l&#233;g&#232;ret&#233; de l'&#234;tre.&lt;/i&gt; Ce type de flou est diff&#233;rent du flou dit &#171; artistique &#187; &#8212; devenu une expression, surtout quand il ne l'est pas, d'ailleurs &#8211; dont la vocation n'est qu'esth&#233;tique. Le seul effacement en r&#233;sultant ne fut parfois que celui de la perversit&#233; de ceux le pratiquant, &#224; l'instar de David Hamilton. Autres que naus&#233;abondes, le flou peut susciter des odeurs &#233;manant, l&#224; encore, de la r&#233;miniscence. L'artiste John Murphy a appliqu&#233; avec bonheur ce principe aux fleurs, dans son ensemble explicitement titr&#233;, &lt;i&gt;Cut for the Visible-An Indefinable Odour&lt;/i&gt; semblant r&#233;pondre au reflet flou des fen&#234;tres du Marais sur la vitrine de la galerie (Galerie Bernard Bouche) o&#249; il fut pr&#233;sent&#233; r&#233;cemment (figure 8).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22503 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;278&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig__8_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH745/fig__8_-5016e.jpg?1750069254' width='500' height='745' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 8. Vitrine de la Galerie Bernard Bouche, Paris,
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;pour l'exposition en 2024 &#171; Cut from the Visible-An Indefinable Odour&#8230; &#187; de John Murphy, avec, en incrustation, tirage couleur c-print unique 45,5&#215;53,3&#215;4 cm3, intitul&#233;e de m&#234;me, 2022. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin, 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans l'art dramatique, il peut &#234;tre cit&#233; une nouvelle fois, l'iconoclaste Jorge Lavelli et son usage pr&#233;curseur du flou, &#224; la m&#234;me &#233;poque que Richter, les ann&#233;es 1980 donc. Il ne pouvait, en effet, s'emp&#234;cher d'interposer, entre la sc&#232;ne d'op&#233;ra et le public, un voile de tulle. Dans &lt;i&gt;Madame Butterfly&lt;/i&gt; (Op&#233;ra Garnier, 1977), le proc&#233;d&#233; se r&#233;v&#233;la grandiose gr&#226;ce au judicieux m&#233;lange de proximit&#233; et d'&#233;loignement d&#233;coulant de la double partition propos&#233;e : la musicale, puccinienne, d'une part, conjugu&#233;e &#224; celle, lavellienne, s&#233;parant sc&#232;ne et salle, d'autre part. De plus, l'exotisme de l'&#339;uvre, traduit par cette dualit&#233; s'en trouvait exprim&#233;e &#224; plein, sans pr&#233;senter le c&#244;t&#233; carton-p&#226;te qui lui est parfois pr&#234;t&#233;. Le tulle ne manque pas d'&#233;voquer les ateliers &#171; flous &#187;, par opposition aux ateliers dits &#171; tailleurs &#187;, en haute couture. Ces ateliers cr&#233;ent la transparence floue selon l'expression nuanc&#233;e employ&#233;e par le commissariat de la prestigieuse exposition Transparences du Mus&#233;e Yves Saint Laurent, en 2024. La notion de flou s'&#233;tendait m&#234;me jusqu'aux patrons du fait de leur ex&#233;cution sur du papier calque (figure 9). Cette transparence floue fascinait tellement Man Ray qu'il chercha, dans quelques-uns de ses rayogrammes, &#224; en reproduire les effets. Il n'y manquait que le mouvement, composante essentielle pour en r&#233;v&#233;ler tout le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22504 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._9._yves_saint_laurent_2001__c_photo_michel_jeandin_2024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH570/fig._9._yves_saint_laurent_2001__c_photo_michel_jeandin_2024-8f6f9.jpg?1750069254' width='500' height='570' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 9 Yves Saint Laurent &#034;Patron d'une robe du soir&#034; 2001
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Michel Jeandin 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_22484 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;209&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._10_2nd-volet-.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L478xH800/fig._10_2nd-volet--0dbd3.jpg?1750069254' width='478' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 10 Yves Saint-Laurent,
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#171; Ensemble du soir, Collection Automne-hiver 1978 &#187; en regard de &#171; Danse Serpentine II &#187; du Film Lumi&#232;re n&#176;765,1, 1897-1899. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin, 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma, cependant, s'&#233;tait d&#233;j&#224; charg&#233; de le montrer, d&#232;s ses d&#233;buts (figure 10), en filmant les chor&#233;graphies de Lo&#239;c Fuller. La sc&#233;nographie tr&#232;s inspir&#233;e de l'exposition au Mus&#233;e YSL acheva de le faire. Le cin&#233;ma souligna, par l&#224; m&#234;me, encore sa compl&#233;mentarit&#233; avec la photographie, f&#251;t-elle un rayogramme, et l'int&#233;r&#234;t de ces sens en sus que sont la proprioception et l'&#233;quilibrioception (cf. premiers &#233;pisodes de la s&#233;rie). A la base, il est normal que les couturiers s'int&#233;ressent au flou et &#224; la transparence puisqu'ils assurent une fonction enveloppante, ainsi que le disait le commissariat de l'exposition &lt;i&gt;Dans l'appartement de L&#233;once Rosenberg&lt;/i&gt; au Mus&#233;e Picasso au premier trimestre 2024. Ce jugement s'appliquait &#224; l'endroit des tableaux de la s&#233;rie bien connue Transparences de Picabia qui le d&#233;coraient, faisant &#233;cho aux m&#233;taphysiques Cit&#233;s transparentes d'Alberto Savinio et au surr&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, ce caract&#232;re enveloppant pr&#234;t&#233; au flou et &#224; la transparence a &#233;t&#233; sublim&#233; par le photographe contemporain Hiroshi Sugimoto, notamment dans son travail sur Giacometti. L'utilisation du flou dans ses prises de vues d'&#339;uvres du grand Alberto leur donne, en effet, de l'&#233;paisseur, dans tous les sens du terme, sans aller donc, ce qui peut surprendre, &#224; l'encontre des &#233;motions provoqu&#233;es par la morphologie fam&#233;lique caract&#233;ristique des personnages de Giacometti. De plus, les effets de transparence (et reflets associ&#233;s) apport&#233;e par la sc&#233;nographie adopt&#233;e &#224; l'Institut Giacometti se combinaient parfaitement au flou des photos de Sugimoto o&#249; elles furent pr&#233;sent&#233;es en 2024. Ces effets de transparence provenaient des vitraux et des vitrines environnant les &#339;uvres du ma&#238;tre, conduisant &#224; leur mise en abyme, par exemple pour ses figurines debout (figure 11).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;166&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._11._hiroshi_sugimoto_dans_l_environnement_de_l_institut_giacometti_paris_2013__c_photo_michel_jeandin_2024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L389xH800/fig._11._hiroshi_sugimoto_dans_l_environnement_de_l_institut_giacometti_paris_2013__c_photo_michel_jeandin_2024-b18f1.jpg?1750069254' width='389' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 11 Hiroshi Sugimoto &#034;Past Presence 001 Tall Figure III Alberto Giacometti&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;dans l'environnement de l'Institut Giacometti Paris 2013 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur ce m&#234;me principe de floutage (m&#234;me si le mot est peu engageant) de grandes &#339;uvres du pass&#233;, le floutage de figures historiques (pour ne pas dire &#171; gueules &#187; qu'il serait tentant de dire par facilit&#233; (autant que trivialit&#233;)) est devenu embl&#233;matique du travail de Philippe Cogn&#233;e, &#224; partir de peintures de Vel&#225;zquez ou Ingres (figure 12), en particulier. L'originale technique de Cogn&#233;e pour ce faire, &#224; savoir le passage d'un fer &#224; repasser sur la peinture &#224; l'encaustique (une copie, quand m&#234;me), a pour but de r&#233;v&#233;ler par brouillage du regard ce qui, apr&#232;s ce que l'artiste consid&#232;re comme un &#233;branlement respectueux (sic), r&#233;siste dans la toile d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;223&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig__12ab.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH216/fig__12ab-87057.jpg?1772206979' width='500' height='216' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 12. Philippe Cogn&#233;e,
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;a) &#171; Philippe IV (d'apr&#232;s Diego Velasquez) &#187;, 1994, &lt;br class='autobr' /&gt;
b) &#171; Madame Marcotte de Sainte-Marie (d'apr&#232;s Jean Auguste Dominique Ingres) &#187;, 2014-2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photos Michel Jeandin, 2021
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette chronique cataracte &#233;volue vers la c&#233;cit&#233;, troisi&#232;me partie du volet consacr&#233; &#224; la vue, en prolongement logique de tout ce qui s'y est dit jusqu'alors sur le flou. La c&#233;cit&#233; n'est que la traduction commune d'un sens interdit quand il s'agit de la vue. On peut, cependant, aussi l'attribuer au cas o&#249; ce qui est visible aura &#233;t&#233; masqu&#233; pour permettre de voir &lt;i&gt;&#171; derri&#232;re ses paupi&#232;res &#187;&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire au-del&#224; de ce qui est impos&#233; au regardeur, selon le mot de Fran&#231;oise P&#233;trovitch rappel&#233; en introduction. Comme d&#233;j&#224; dit, le concept de masquage a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;tabli dans l'&#233;pisode 5 de la s&#233;rie. Cette partie de chronique se contente donc de montrer par l'exemple le pont entre masquage et c&#233;cit&#233;. L'exemple retenu ici est celui de l'&#339;uvre de Christo dont les emballages ont, non seulement toujours provoqu&#233; des emballements mais aussi et surtout, permis de d&#233;couvrir mieux les monuments qu'ils cachaient, suivant en cela le paradoxe apparent de l'effet de masquage d&#233;j&#224; d&#233;crit. Pour l'anecdote que le sujet de cette chronique sur le multisensoriel appelle, il fut saisissant de constater que l'&#233;poque de la Covid-19 avait vu masqu&#233; tant l'Arc de Triomphe que les passants (figure 13) : pour peu que le feu tricolore f&#251;t rouge comme sur la photo de la figure 13 et la notion de sens interdit s'en trouva magnifi&#233;e. La c&#233;cit&#233; est donc un non-sens raisonn&#233;, en un double paradoxe donc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;97&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._13._double_masque_aux_champs_christo_et_christine_17_mars_2022__c_photo_michel_jeandin_2022.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L450xH800/fig._13._double_masque_aux_champs_christo_et_christine_17_mars_2022__c_photo_michel_jeandin_2022-b454d.jpg?1750069254' width='450' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 13 Double Masque aux Champs
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Christo et Christine, 17 mars 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Orhan Pamuk, dans &lt;i&gt;Mon nom est Rouge,&lt;/i&gt; son chef d'&#339;uvre traitant du monde de l'art, &#233;crit que la c&#233;cit&#233; est une gr&#226;ce divine que &lt;i&gt;&#171; tous les vrais grands peintres attendent pour d&#233;couvrir enfin les vraies images de la nature que seule leur m&#233;moire du c&#339;ur et Dieu leur commande qu'on les observe &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Mon nom est Rouge Gallimard/Folio, N&#176; 3840, p. 515&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La c&#233;cit&#233; pr&#233;serve aussi le peintre d'avoir &#224; se plier &#224; de nouvelles influences, une fois son &#339;uvre r&#233;alis&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibid., p. 578&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les pages (ibid. pp. 581-583) o&#249; le Ma&#238;tre Osman se cr&#232;ve les yeux, pour acc&#233;der plus t&#244;t (pour des raisons que le roman explique) &#224; cette gr&#226;ce divine, sont parmi les plus prenantes et &#233;mouvantes qui soient, qui justifieraient &#224; elles seules le Nobel de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature contemporaine, y compris fran&#231;aise, a repris ce paradoxe de la c&#233;cit&#233; qui ouvre les yeux. Le plus c&#233;l&#232;bre exemple est probablement Neige de Maxence Fermine (Seuil/Points, 2000), dans lequel le Ma&#238;tre japonais aveugle Soseki enseigne, malgr&#233; son handicap, au po&#232;te h&#233;ros du r&#233;cit la couleur parce que ses po&#232;mes sont jug&#233;s trop &#171; blancs &#187;. La c&#233;cit&#233; peut/doit donc favoriser la sensibilit&#233; aux &#339;uvres, autrement que par la vision directe. &lt;i&gt;&#171; Le soleil, &#231;a peut marcher aussi la nuit &#187;&lt;/i&gt;, dit Nicolas Fargues dans son tr&#232;s beau roman &lt;i&gt;P&#233;remption&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.O.L., 2023, p.125&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur la tentative de r&#233;alisation d'une &#171; frise sensorielle &#187; comme la nomme son h&#233;ro&#239;ne artiste. Il est donc normal, sinon logique, de penser que ne pas &#234;tre visible pour une &#339;uvre peut &#234;tre un moyen d'en aiguiser la perception. Il est alors fond&#233; de revendiquer le principe du masquage volontaire, quand il n'est pas le fruit d'une parano&#239;a quelconque comme chez Esther Carp (cf. &lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/materiaux-en-tous-sens-autorises-et-interdits-e1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1er &#233;pisode&lt;/a&gt;), le principe du cach&#233;, m&#234;me dans sa version extr&#234;me de &#171; mus&#233;e cach&#233; &#187; comme celui de l'artiste contemporain Ariel Kupfer, en allant jusqu'au concept ultime de &#171; provisibilit&#233; &#187; et d'invisibilit&#233; ? Depuis Giacometti et son sublissime dernier bronze surr&#233;aliste &lt;i&gt;Objet invisible, mains tenant le vide&lt;/i&gt; (1934-1935), il est aussi difficile que pr&#233;somptueux de revenir sur le sujet, ne f&#251;t-ce que dans une chronique comme celle- ci, libre, y compris de toute honte. Au-del&#224; de ses applications pratiques, par exemple &#224; l'Aston Martin de Pierce Brosnan dans &lt;i&gt;Meurs un autre jour&lt;/i&gt; ou, moins vulgairement, &#224; la cape d'Harry Potter ou &#224; celle de Siegfried dans la mythologie nordique, l'approche conceptuelle de l'invisibilit&#233; pour la relier aux sens interdits int&#233;ressant cette chronique, a donn&#233; lieu &#224; d'&#233;clairants ouvrages ou expositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y trouvent, en particulier, le r&#233;cent recueil d'illustrations par Catherine Meurisse intitul&#233; &lt;i&gt;Le passage&lt;/i&gt; (Barbier, 2024) ou l'exposition &lt;i&gt;Les traces de l'invisible&lt;/i&gt; (2022), d&#233;j&#224; cit&#233;e. Ces traces de l'invisible sont reconnues comme marquantes (la moindre des choses pour des traces) : pour preuve les peintures d'Ingres souvent appr&#233;ci&#233;es pour avoir &#233;t&#233; peintes avec un pinceau invisible, le nec plus ultra donc pour la ligne claire si en vogue aujourd'hui. Ces ouvrages et expos expliquent donc l'attrait pour l'invisible plus savamment et moins cyniquement que ne peut le faire Marc dans la pi&#232;ce de Yasmina Reza d&#233;j&#224; cit&#233;e (&lt;i&gt;Art,&lt;/i&gt; 1994) : &lt;i&gt;&#171; Naturellement, on ne peut pas d&#233;tester l'invisible, on ne d&#233;teste pas le rien &#187;&lt;/i&gt;. De l&#224; &#224; penser que, pour cela, d'aucuns aient pu investir 15 000 &#8364; dans l'achat, en 2021, de l'&#339;uvre invisible de Salvatore Garau (voir d&#233;tails dans une chronique ant&#233;rieure, &lt;i&gt;Or l'or&lt;/i&gt;) il n'y a qu'un pas. Vanessa Wagner, cit&#233;e dans l'&#233;pisode 2 de la s&#233;rie 1, a priori, n'en fait pas partie, tant son &#233;tude de l'invisible &lt;i&gt;(Study of the invisible)&lt;/i&gt; en semble &#233;loign&#233;e mais comment savoir ? Pour sa part, l'auteur de cette chronique se contentera ici de citer l'objet lunettes mais au sens barth&#233;sien du terme (excusez du peu !) qui lui semble traduire au mieux ce concept. Les lunettes, pour Roland Barthes, ne sont pas faites pour am&#233;liorer la vue mais surtout pour diminuer celle des autres. Dans &lt;i&gt;Fragments d'un discours amoureux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Editions du Seuil, 1977, p. 52 et sq.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'&#233;crivain et s&#233;miologue s'en prend aux lunettes de soleil qui cachent ce qui n'existe pas. De plus, Barthes affirme, s'inspirant de Descartes : &lt;i&gt;&#171; Il faut que cacher se voie : sachez que je suis en train de vous cacher quelque chose, tel est le paradoxe actif que je dois r&#233;soudre : il faut en m&#234;me temps que &#231;a se sache et que &#231;a ne se sache pas : que l'on sache que je ne veux pas le montrer voil&#224; le message que j'adresse &#224; l'autre. Larvatus prodeo &#187;&lt;/i&gt;. Pour illustrer par un exemple la dialectique de Barthes, pendant un enterrement, un porteur de lunettes noires voudra cacher les larmes qu'il n'a pas, autrement dit cacher le fait qu'il ne pleure pas, plut&#244;t que cacher ses larmes par pudeur. On cache donc ce qui n'existe pas, en une variante subtile du jeu de cache-cache sur &#171; les traces de l'invisible &#187;, pour reprendre le titre de l'exposition d&#233;j&#224; cit&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le domaine artistique, la question rel&#232;ve de l'analyse spectrale &#8211;dans les deux acceptions du mot spectre &#8211; d'une &#339;uvre du fait de l'invisible qu'elle utilise. Le capara&#231;on fantomatique montr&#233; par Guillaume Leblon dans &lt;i&gt;Lost Friend,&lt;/i&gt; 2014, (figure 14) entre dans cette cat&#233;gorie, sur le mod&#232;le du Chevalier inexistant dans le c&#233;l&#232;bre roman (1959) d'Italo Calvino.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22488 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;140&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._14._guillaume_leblon_2014_exposition_parade_au_palais_de_tokyo_19_oct._2022-8_jan._2023__c_photo_michel_jeandin_2022.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L474xH800/fig._14._guillaume_leblon_2014_exposition_parade_au_palais_de_tokyo_19_oct._2022-8_jan._2023__c_photo_michel_jeandin_2022-83f05.jpg?1750069254' width='474' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 14 Guillaume Leblon &#034;Lost Friend&#034; 2014
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Exposition &#034;Parade au Palais de Tokyo&#034; du 19 oct 2022 au 8 jan 2023&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'invisible doit, cependant, &#234;tre distingu&#233; du non-visible qui d&#233;pend, &#233;videmment, de l'&#233;chelle d'observation. Par exemple, la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; reproduite en &#233;criture en pattes de mouche, dans une belle r&#233;alisation d'art litt&#233;raire par un collectif d'artistes contemporains (figure 15), pourra sembler invisible alors qu'elle n'est, pour le coup, qu'illisible &#224; l'&#339;il nu : r&#233;jouissant curieusement ainsi les anti-Proust d&#233;non&#231;ant l'illisibilit&#233; du monument litt&#233;raire pour la raison inverse de pr&#233;sence de trop de longueurs, une histoire de dimension aussi donc. Puisse la phrase pr&#233;c&#233;dente ne pas entrer dans cette cat&#233;gorie ! Dans cette m&#234;me veine mais avec un objectif totalement oppos&#233;, les travaux du duo d'artistes contemporains mountaincutters ont abouti &#224; la cr&#233;ation de ce qu'il a appel&#233; Intervalles. Ce projet litt&#233;raire consiste en une &lt;i&gt;&#171; pratique de l'&#233;criture fragmentaire &#224; caract&#232;re po&#233;tique, sur papier 44 recycl&#233; &#187;&lt;/i&gt; (sic). Les fragments de mots s'y accumulent dans le d&#233;sordre et la continuit&#233;, par cycle depuis 2012 et sont pratiquement illisibles dans tous les sens du terme : la po&#233;sie, diront certains.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;175&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._15._collectif_d_artistes_contemporains_tableau_au_mur_reproduisant_l_inte_grale_de_a_l_ho_tel_swan_paris_2010__c_photo_michel_jeandin_2024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L450xH800/fig._15._collectif_d_artistes_contemporains_tableau_au_mur_reproduisant_l_inte_grale_de_a_l_ho_tel_swan_paris_2010__c_photo_michel_jeandin_2024-5f7ee.jpg?1750069254' width='450' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 15 Collectif d'artistes contemporains
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Tableau au mur reproduisant l'inte&#769;grale de &lt;i&gt;A la recherche du temps perdu) a&#768; l'Ho&#770;tel Swan, Paris 2010&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toujours dans le th&#232;me du difficilement visible, il peut &#234;tre dit aussi qu'il peut soutenir l'inspiration d'un artiste : Basquiat, par exemple, avec sa propension &#224; mettre en valeur ce qui est oblit&#233;r&#233;, par la rature et/ou la d&#233;figuration (cf. son Defacement, 1983). Dans l'art contemporain, un bel exemple est celui de Dove Allouche, d&#233;j&#224; cit&#233; dans l'&#233;pisode 1 pour son &#339;uvre si riche AgBr, 2022. Qu'il explique ainsi : &lt;i&gt;&#171; Mon approche est celle d'un presbyte. Je voudrais r&#233;v&#233;ler ce qui est trop proche de notre vue pour &#234;tre vu, ce qui est ici, juste &#224; c&#244;t&#233; de nous, mais &#224; travers nous regardons pour regarder autre chose. Saisir &#8220;l'invisibilit&#233; de ce qui est trop visible&#8221;, comme dirait Michel Foucault &#187;&lt;/i&gt;. L'artiste peut m&#234;me &#234;tre &#224; l'origine de ce non-visible, c'est-&#224;-dire le cr&#233;er et non se contenter de le r&#233;v&#233;ler : la r&#233;v&#233;lation &#233;tant d&#233;volu au public, quitte &#224; ce que ce le soit via un autre sens que la vue. Ainsi, Bach, artiste un peu moins contemporain qu'Allouche mais plus fac&#233;tieux probablement, avait cach&#233; son nom dans son Art de la fugue, premier mouvement, sous couvert du leitmotiv &#171; si b&#233;mol-la-do-si b&#233;carre &#187;, c'est-&#224;-dire B-A-C-H dans la notation de gamme &#233;trang&#232;re allemande. L'occasion est trop belle, ici, de digresser (un art de la fugue aussi mais mineur et pas en r&#233;) et de mentionner (partager l'amour de) Gregory Sokolov, pianiste dont l'interpr&#233;tation (1978-1981) de l'Art de la fugue reste un sommet. La digression n'&#233;tait pas si divagante parce que Sokolov est une image majestueuse de la polysensorialit&#233; (toucher, go&#251;t, ou&#239;e, et intellect en l'occurrence, ici) dont traite cette chronique, Christian Bobin disant de lui (in Murmure, Gallimard, 2024, p. 21) : &lt;i&gt;&#171; Pendant que les mains de Sokolov parlent, sa bouche m&#226;che comme un chewing-gum le silence qui manque &#224; nos vies affol&#233;es &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les artistes contemporains, dans l'avenir, travailleront encore dans cette direction de polysensorialit&#233; mais, probablement, avec des outils de transcription plus modernes. En tant que jalon interm&#233;diaire y ayant men&#233;, il est difficile de ne pas mentionner l'apport de Gaston Teuscher pour rendre visible le cach&#233; ou le flou qui, par d&#233;finition, participe de l'al&#233;atoire. Dans le cas de Teuscher, l'al&#233;atoire r&#233;sulte des froissures de papier d'emballage que l'artiste r&#233;v&#232;le en soulignant au stylo-bille les formes anthropomorphes qu'il y voit pr&#233;exister (figure 16).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;140&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._16._gaston_teuscher_1976_exposition_gribouillage_-_scarabocchio_aux_beaux-arts_de_paris_2023__c_photo_michel_jeandin_2023.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH360/fig._16._gaston_teuscher_1976_exposition_gribouillage_-_scarabocchio_aux_beaux-arts_de_paris_2023__c_photo_michel_jeandin_2023-c2e2d.jpg?1750069254' width='500' height='360' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 16 Gaston Teuscher &#034;Sans titre&#034; 1976
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Exposition &#034;Gribouillage Scarabocchio&#034; aux Beaux-Arts de Paris, 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'invisible ou le difficilement visible susceptibles d'&#234;tre r&#233;v&#233;l&#233;s, soit en regardant mieux comme dans les exemples pr&#233;c&#233;dents (en grossissant avec une loupe, par exemple) soit en imaginant, existe l'invisible susceptible de l'&#234;tre par des moyens souvent qualifi&#233;s de paranormaux. Le premier d'entre eux consiste &#224; remplacer la vue par des &#171; mains magn&#233;tiques &#187; pouvant d&#233;tecter et/ou transmettre le fameux &#171; fluide vital &#187; au sens o&#249; l'entendaient Franz Anton Mesmer, le Marquis de Puys&#233;gur et Karl von Reichenbach. Ces mains magn&#233;tiques jouissent d'une sensibilit&#233; dermo-optique/paroptique (mais non panoptique). Les perceptions extrasensorielles associ&#233;es peuvent &#234;tre &#233;valu&#233;es par des cartes (genre cartes &#224; jouer) dite de Zener du nom du psychologue qui les a mises au point (tout cela semblant donc tr&#232;s s&#233;rieux !) ou avec des machines plus &#233;volu&#233;es, au point que l'artiste Marc Cohen en a con&#231;u une &#339;uvre, &lt;i&gt;Antin&#233;a,&lt;/i&gt; (figure 17). Pareilles machines mesurent les effets id&#233;omoteurs de ressenti o&#249; l'homme est un r&#233;cepteur d'ondes qu'il r&#233;percute en les rendant visibles : la plus connue d'entre elles &#233;tant le b&#226;ton du sourcier. Le m&#233;rite de ces machines est de r&#233;v&#233;ler l'importance premi&#232;re des mat&#233;riaux, qu'ils soient cuivre (figure 17) ou coudrier, sur laquelle la derni&#232;re partie de la chronique reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._17._marc_cohen_2022__c_photo_michel_jeandin_2023.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH295/fig._17._marc_cohen_2022__c_photo_michel_jeandin_2023-e984a.jpg?1750069254' width='500' height='295' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 17 Marc Cohen Antine&#769;a 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Michel Jeandin 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me partie reviendra aussi sur les mountaincutters, d&#233;j&#224; cit&#233;s, parce qu'incidemment, la machine d'Antin&#233;a s'apparente &#224; toutes celles cr&#233;&#233;es par ce groupe d'artistes. Toujours dans le chapitre de rendre visible ce qui ne l'est pas, se situe la mise en &#233;vidence de l'aura des individus. Elle fut une source d'inspiration pour l'artiste conceptuelle suisse Doroth&#233;e Elisa Baumann qui utilise une &#171; palette de couleurs invisibles &#187; (sic) pour cr&#233;er des portraits d'auras (figure 18).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;203&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._18._dorothe_e_elisa_baumann_se_rie_photographique_re_alise_e_lors_d_une_performance_au_muse_e_d_histoire_de_la_me_decine_le_12_novembre_2022_2023__c_photo_michel_jeandin_2023.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH270/fig._18._dorothe_e_elisa_baumann_se_rie_photographique_re_alise_e_lors_d_une_performance_au_muse_e_d_histoire_de_la_me_decine_le_12_novembre_2022_2023__c_photo_michel_jeandin_2023-ef8e8.jpg?1750069254' width='500' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 18 Dorothe&#769;e Elisa Baumann &#034;Que la force soit avec toi&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;se&#769;rie photographique re&#769;alise&#769;e lors d'une performance au Muse&#769;e d'histoire de la me&#769;decine le 12 novembre 2022.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo Michel Jeandin 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;[&lt;i&gt;NDLR En figure 18, ce n'est que le reflet du photographe &#8211;aussi auteur de cet article &#8211; sur la vitre de la vitrine d'exposition et non son aura (suppos&#233;e faible) qui sera probablement venue s'ajouter &#224; l'&#339;uvre pendant sa prise de vue&lt;/i&gt;]. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les halos de couleurs dessinant l'aura autour du corps humain ont &#233;t&#233; tr&#232;s s&#233;rieusement &#233;tudi&#233;s et d&#233;crits dans des ouvrages savants comme &lt;i&gt;L'Homme Visible et Invisible&lt;/i&gt; de C. W. Leadbeater, aux Editions Paris Publications Th&#233;osophiques, 1903. Quoiqu'il en soit, une conclusion tangible semble &#234;tre que pour conserver son aura, il faille rester invisible. Une anecdote fameuse relative au tournage de la s&#233;rie &#224; succ&#232;s &lt;i&gt;L'Homme Invisible,&lt;/i&gt; celle des ann&#233;es 1950-1960, le corrobore. Elle signale que l'acteur interpr&#233;tant Peter Brady, &#224; l'&#233;poque, ne l'&#233;tait pas moins (invisible) puisqu'il lui &#233;tait impos&#233;, par contrat, l'anonymat et une discr&#233;tion absolue quant &#224; sa participation &#224; la s&#233;rie pour lui conserver tout son myst&#232;re : en cons&#233;quence son aura n'en aura (bis) que grandi. L'aura et, plus g&#233;n&#233;ralement, les &#233;nergies insaisissables qui parcourent le corps humain, le Xi (celui du Xi (ou Chi)-Gong), selon la tradition chinoise, inspirent les artistes contemporains. Il en est ainsi de Hsiao Chin (Xiao Qin), dans Chi-88 notamment, (figure 19).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;67&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._19._hsiao_chin_xiao_qin_1980__c_photo_michel_jeandin_2023.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH326/fig._19._hsiao_chin_xiao_qin_1980__c_photo_michel_jeandin_2023-491f5.jpg?1772206979' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 19 Hsiao Chin Xiao Qin Chi 88 1980
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Michel Jeandin 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'artiste photographe majeure, Juliette Agnel, a fait de la capture des &#233;nergies insaisissables comme elle les appelle aussi, un objectif premier de son travail appliqu&#233; aux v&#233;g&#233;taux. Initi&#233;e par le sourcier g&#233;obiologue Yann Guilbert, elle a pris le cas des foug&#232;res suppos&#233;es &#234;tre les gardiennes &#233;nerg&#233;tiques des menhirs, pour son projet &lt;i&gt;L'invisible,&lt;/i&gt; 2019. Il est vrai que la contemplation de la forme de la foug&#232;re (figure 20), pour peu que l'esprit y soit pr&#233;par&#233;, peut convaincre que les M&#226;nes en &#233;manent. Le sens interdit devient autoris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;67&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._20._juliette_agnel_2019__c_photo_michel_jeandin_2024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH627/fig._20._juliette_agnel_2019__c_photo_michel_jeandin_2024-50487.jpg?1750069254' width='500' height='627' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 20 Juliette Agnel L'invisible 2019
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Michel Jeandin 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout cela traduit la difficult&#233; &#224; repr&#233;senter le n&#233;ant, &#233;tant donn&#233; les difficult&#233;s &#224; l'admettre pour l'homme probablement, c'est-&#224;-dire, en fait, le concevoir. L'homme cherchera, en effet, toujours &#224; voir quelque chose et ne veut/peut pas croire en rien, sauf &#224; en &#234;tre pouss&#233; au suicide, entra&#238;nant celui de son &#339;uvre s'il en est. Claude Rutault, en concevant sa &lt;i&gt;Peinture suicide n&#176;2 d&#233;finition/m&#233;thode n&#176;84&lt;/i&gt; (1973-2016), qu'il serait trop long de d&#233;crire ici malgr&#233; tout son int&#233;r&#234;t et parce qu'il faut bien que l'internet serve &#224; quelque-chose, est probablement l'artiste contemporain l'ayant le mieux exprim&#233;. Dubuffet aussi en avait aussi une telle profonde conviction (en le rien) qu'il en a produit sa derni&#232;re s&#233;rie de tableaux dite &lt;i&gt;Non-lieux.&lt;/i&gt; Ces peintures gravement nihilistes visent &#224; repr&#233;senter non plus le n&#233;ant mais l'incorporalit&#233; du monde, ou, disons, le n&#233;ant fantomatique peupl&#233; des fantasmes que nous y projetons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Biographie au pas de course, 1985, PES IV, Gallimard, 1995, p. 537&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est sans doute pour cela que le grand projeteur de fantasmes qu'&#233;tait Fellini avait cru toucher le n&#233;ant de son inspiration, peu avant Huit et demi qu'il avait pu, cependant tourner gr&#226;ce &#224; un sursaut du genre pirouette. Le grand Federico le raconte ainsi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;rapport&#233; par Jean-Philippe Toussaint dans L'Echiquier, Les Editions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; le moment o&#249; tout se r&#233;sout : j'entre du coup au c&#339;ur de mon film, je raconterai tout ce qui &#233;tait en train de m'arriver, je ferai mon film avec l'histoire d'un r&#233;alisateur de films qui ne sait plus ce qu'&#233;tait le film qu'il voulait faire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour marquer la fin de ce sous-chapitre sur la vue en sens interdit, une photographie prise par Degas pourrait &#234;tre retenue pour synth&#232;se des manifestations de monochromie, flou, invisibilit&#233; et c&#233;cit&#233; qui y ont &#233;t&#233; abord&#233;es. Cette photographie (figure 21), accroch&#233;e lors de l'exposition &lt;i&gt;Degas en noir et blanc&lt;/i&gt; &#224; la BnF Richelieu/Paris, en 2023, montre Renoir et Mallarm&#233;. Le v&#233;ritable sujet, tel que cette partie de chronique le retiendra, en est, cependant, bien Degas. Ce dernier y appara&#238;t (terme appropri&#233; s'il en est), en effet, dans l'arri&#232;re-plan, en fant&#244;me dans le miroir, pr&#232;s de son appareil et des ombres de Mallarm&#233; et de sa fille. Dans ce clich&#233;, l'arri&#232;re- plan est donc essentiel comme il l'est dans cette chronique puisqu'il repr&#233;sente les mat&#233;riaux sur lesquels elle se concentrera dans sa derni&#232;re partie de synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;179&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig._21._edgar_degas_ste_phane_mallarme_et_auguste_renoir-reflets_de_degas_marie_et_genevie_ve_mallarme_chez_julie_manet_et_ses_cousines_paule_et_jeannie_gobillard_1895.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH693/fig._21._edgar_degas_ste_phane_mallarme_et_auguste_renoir-reflets_de_degas_marie_et_genevie_ve_mallarme_chez_julie_manet_et_ses_cousines_paule_et_jeannie_gobillard_1895-18d9b.jpg?1772206979' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig 21 Edgar Degas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Ste&#769;phane Mallarme&#769; et Auguste Renoir avec les reflets de Degas Marie et Genevie&#768;ve Mallarme&#769; chez Julie Manet et ses cousines Paule et Jeannie Gobillard 1895
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vous trouverez plusieurs renvoie vers notre partenaire dans le texte&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A voir dans la suite dans &lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/materiaux-et-synesthesie-dans-lart-2/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ArtsHebdoMedias&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='https://www.tk-21.com/Materiaux-en-tous-sens-autorises' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mat&#233;riaux en tous sens, autoris&#233;s et interdits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(Decca, 1969)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Payot, 1953&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;source : Intervilles, finale 1971&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les fant&#244;mes de l'op&#233;ra, Le Nouvel Observateur,&lt;/i&gt; d&#233;c. 1973&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in &lt;i&gt;Le Cid,&lt;/i&gt; Acte III, sc. V.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;in Vacances de P&#226;ques et autres chroniques,&lt;/i&gt; Gallimard/Folio, 2019, pp. 71-75&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in La m&#233;lanographie, Ed. Jean Petithory, 1968&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maurice Nadeau/Payrus, 1983&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gallimard/Folio, 2022, p. 250&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/lombre-dune-colonne-de-buren-est-sans-rayures/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.artshebdomedias.com/article/lombre-dune-colonne-de-buren-est-sans-rayures/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;in La peau, m&#233;taphore d'une rencontre entre art et clinique,&lt;/i&gt; Editions &#233;r&#232;s poche, 2018&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;in Mon nom est Rouge&lt;/i&gt; Gallimard/Folio, N&#176; 3840, p. 515&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibid., p. 578&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P.O.L., 2023, p.125&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Editions du Seuil, 1977, p. 52 et sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in &lt;i&gt;Biographie au pas de course,&lt;/i&gt; 1985, PES IV, Gallimard, 1995, p. 537&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;rapport&#233; par Jean-Philippe Toussaint dans &lt;i&gt;L'Echiquier,&lt;/i&gt; Les Editions de Minuit, 2023, p. 191&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Inscription &#224; lire dans le couloir menant &#224; la Tenture de la Dame &#224; la licorne, au Mus&#233;e de Cluny/Mus&#233;e national du Moyen &#194;ge, &#224; Paris. &#169;Photo Michel Jeandin, 2023&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du plomb dans l'art</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Du-plomb-dans-l-art</link>
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		<dc:date>2025-03-31T08:35:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Jeandin</dc:creator>


		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>science</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ni franchement scientifique, ni simple billet d'humeur, la chronique qui suit n'a pour ambition que de partager quelques r&#233;actions d'un amateur d'art dont la vie professionnelle a depuis l'origine &#233;t&#233; port&#233;e par la science des mat&#233;riaux. Plus courte et plus personnelle que les pr&#233;c&#233;dentes sur le cuivre, l'or, les mat&#233;riaux et les sens..., elle s'attache au plomb en tant que mat&#233;riau commun aux arts, sciences et lettres.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/science" rel="tag"&gt;science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton2645-eb560.jpg?1772239445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ni franchement scientifique, ni simple billet d'humeur, la chronique qui suit n'a pour ambition que de partager quelques r&#233;actions d'un amateur d'art dont la vie professionnelle a depuis l'origine &#233;t&#233; port&#233;e par la science des mat&#233;riaux. Plus courte et plus personnelle que les pr&#233;c&#233;dentes sur le cuivre, l'or, les mat&#233;riaux et les sens..., elle s'attache au plomb en tant que mat&#233;riau commun aux arts, sciences et lettres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence des pr&#233;c&#233;dentes, cette chronique ne se fonde pas sur l'analyse d'&#339;uvres &#224; la lumi&#232;re de donn&#233;es issues de la science des mat&#233;riaux. Elle souhaite simplement utiliser l'un d'entre eux pour relier art, science et lettres : le plomb en l'occurrence. Le plomb comme fil rouge (pas du genre de ceux de Chiaru Chiota, cependant), ce qui tombe bien car ce mat&#233;riau se pr&#234;te ais&#233;ment au tr&#233;filage. Toute proportion et toute pr&#233;tention gard&#233;es, l'esprit de cet article rejoint celui qui pr&#233;side &#224; certaines cr&#233;ations contemporaines conceptuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix du plomb donne immanquablement &#224; cette chronique un parfum de fin, plut&#244;t que de pare-fin. En effet, &#171; sans vouloir plomber l'ambiance &#187;, pour parler trivialement, l'image du plomb est indissociable de celle du cercueil, aujourd'hui utilis&#233; pour des inhumations sp&#233;ciales et, autrefois, pour celles de personnages hors du commun. Il n'est que de se r&#233;f&#233;rer aux r&#233;centes mises au jour de cercueils de plomb, dans les sous-sols du mus&#233;e d'Aquitaine, pour Montaigne, ou dans le jub&#233; de Notre-Dame, pour le chanoine de La Porte et &#171; le cavalier &#187; Joachim du Bellay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contrebalancer, cependant, le plomb est devenu, depuis peu, symbole de reconstruction, pour ne pas dire r&#233;surrection, comme a pu le symboliser la main de la Piet&#224; de Nicolas Coustou, dans le ch&#339;ur de Notre-Dame, qui en recueillit un petit volume tomb&#233; du ciel (figure 1). En fait, le plomb, utilis&#233; pour la construction de la cath&#233;drale, principalement de sa couverture, fondu sous l'effet de la chaleur, y ruissela comme pleur&#233; par les pierres de l'&#233;difice pendant son incendie, en avril 2019 (cf. image d'ouverture), tels les cheveux de M&#233;lisande descendant de la tour. Les restaurateurs de la Pi&#233;ta ont alors choisi de conserver cette trace de plomb dans la main du Christ pour &lt;i&gt;&#171; pr&#233;server la m&#233;moire de l'incendie &#187;&lt;/i&gt;, selon les dires de sa restauratrice Nathalie Pruha. Le plomb se voit alors jouer un r&#244;le de pr&#233;servation de la m&#233;moire analogue &#224; ce que lui fait jouer Anselm Kiefer, dans bon nombre de ses &#339;uvres pour maintenir dans les esprits le drame de l'holocauste. Dans &lt;i&gt;Le livre (2016)&lt;/i&gt;, un ouvrage de plomb renferme symboliquement l'histoire du peuple juif, sur un fond de paysage marin repr&#233;sentant le monde au-dessus duquel il s'&#233;l&#232;ve en un renouveau vers l'avenir (figure 2).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_1-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH289/fig_1-2-947a5.jpg?1743003282' width='500' height='289' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 1. Main du Christ de la Pieta&#768; de Nicolas Coustou, a&#768; Notre-Dame de Paris, apre&#768;s restauration, novembre 2024.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_2-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH690/fig_2-2-6b6ab.jpg?1743003282' width='500' height='690' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 2. Anselm Kiefer, Le livre, de&#769;tail, 2007. &#169;Miche&#768;le Pellevillain, 2016
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un choix n&#233; d'un souvenir d'&#233;tudiant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette chronique sera donc aussi optimiste, le plomb pouvant passer du cercueil au recueil, ou de la main du Christ aux pages d'un livre ouvert. Assur&#233;ment, elle ne s'aventurera pas dans les m&#233;andres alchimiques que le mot encourage &#224; suivre : non seulement parce que l'alchimie avec le lecteur ne prendrait peut-&#234;tre pas mais aussi parce que ce dernier n'aura aucun mal &#224; se reporter aux nombreux &#233;crits s'y rapportant d&#233;j&#224;. De m&#234;me, cet article ne traitera pas du sujet poncif de la nocivit&#233; du plomb dans l'art, notamment parce qu'il fut employ&#233; comme agent s&#233;chant dans les peintures, &#171; s&#233;chant &#187; aussi, par l&#224; m&#234;me, quelques peintres. Haro sur le plomb, dans l'art comme dans l'industrie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;directive europ&#233;enne REACH de 2007 pour pr&#233;venir les risques associ&#233;s &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; put-on constater depuis, m&#234;me si quelques grands artistes contemporains l'ont utilis&#233; comme il sera vu, plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette introduction empruntant la voie de la pr&#233;t&#233;rition, je peux vous confier que le choix du plomb est n&#233; d'un souvenir d'&#233;tudiant. En ce temps, je partageais mon bureau avec un ami de promo, Bruno, travaillant sur une th&#232;se (la sienne, en l'occurrence) &#224; laquelle il avait donn&#233; l'exergue : &#171; Du plomb dans l'Al &#187;. Pour appr&#233;cier ce jeu de mots de m&#233;tallurgiste, il faut savoir que ses &#233;crits traitaient de l'influence de faibles concentrations de plomb&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;de l'ordre de quelques p.p.m., c'est-&#224;-dire quelques parties par million ou, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans l'aluminium (Al), selon un m&#233;canisme appel&#233; s&#233;gr&#233;gation aux joints de grains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conclusion majeure de cette th&#232;se fut de montrer la nocivit&#233; du plomb pour l'aluminium, m&#234;me (et surtout) s'il n'y est pr&#233;sent que sous forme de tr&#232;s faibles traces. Des pi&#232;ces en aluminium peuvent s'en trouver fragilis&#233;es, &#224; en devenir cassantes comme du verre pour oser une image &#224; faire fuir un m&#233;tallurgiste, f&#251;t-il amateur de jeux de mots. S'il s'agit d'une aile d'avion, souvent r&#233;alis&#233;e en alliage d'aluminium, pareille pollution plombif&#232;re peut donc se r&#233;v&#233;ler catastrophique. Avoir du plomb dans l'aile y retrouverait alors sa signification premi&#232;re au sens propre, doublant &#224; bon escient par son sens comme par sa musique l'exergue d&#233;j&#224; cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc tout naturellement que ce dernier m'est revenu &#224; l'esprit, par association de sons probablement. Il me sembla alors tentant d'&#233;crire sur l'influence de la nocivit&#233; de ce mat&#233;riau dans la cr&#233;ation artistique, en une sorte de parall&#232;le entre m&#233;tallurgie et art. Cependant, si cette id&#233;e pouvait s&#233;duire, elle n'&#233;tait pas neuve et n'encourageait pas &#224; la proposer encore au lecteur. Ma d&#233;cision &#233;tait prise : je m'en tiendrais au plomb en tant que simple fil rouge liant art, sciences et lettres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'invention de l'imprimerie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce fil au plomb, &#224; distinguer du fil &#224; plomb, s'est impos&#233;, en consid&#233;rant que s'il &#233;tait un mat&#233;riau pouvant &#233;tablir un pont entre arts, sciences et lettres, c'&#233;tait bien le plomb. Une raison historique premi&#232;re en fut son utilisation, par les &#201;gyptiens, en tant que mine de plomb (dite aussi crayon ou pointe de plomb) pour &#171; r&#233;gler &#187; le papyrus, c'est-&#224;-dire y tracer des lignes rep&#232;res. Parchemins, gravures et papiers divers en b&#233;n&#233;fici&#232;rent dans les &#233;poques ult&#233;rieures. La mine de plomb d'aujourd'hui est en graphite, graphite dont le minerai, &#224; l'origine &#8212; au XVI&#7497; si&#232;cle &#8212;, &#233;tait d'ailleurs appel&#233; plombagine, du fait de sa ressemblance avec le minerai de plomb. Le lien entre plomb, papier et &#233;crits, s'est fortement consolid&#233; lors du passage de la mine &#224; la typographie. Le plomb fut, en effet, &#224; la base de la typographie car il servait (&#233;ventuellement en alliage avec un peu d'antimoine et d'&#233;tain) &#224; la fabrication des caract&#232;res qui y &#233;taient employ&#233;s. De la lettre &#233;l&#233;mentaire repr&#233;sent&#233;e par son caract&#232;re correspondant en plomb aux lettres repr&#233;sentant les id&#233;es qu'elles v&#233;hiculaient, il n'&#233;tait qu'un pas que Gutenberg franchit gr&#226;ce &#224; son invention de l'imprimerie et la diffusion des livres qu'elle permit de produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imprimerie n'&#233;tait autre que la typographie avec les caract&#232;res en plomb mobiles reconductibles et r&#233;utilisables &#224; l'infini (ou presque) selon la technique mise au point, au XV&#7497; si&#232;cle, par le grand Johannes. Aujourd'hui, la typographie/imprimerie au plomb est heureusement sauvegard&#233;e et transmise par des ma&#238;tres typographes, et certaines maisons d'&#233;dition. L'Atelier typo de la Cit&#233;, &#224; Lausanne, le Mus&#233;e Typographique, &#224; Saint-L&#244;, ainsi que le Ma&#238;tre d'Art en typographie Fran&#231;ois Da Ros (jusqu'&#224; sa disparition en 2023 mais relay&#233; depuis par Martine Rassineux Da Ros) et ses disciples figurent parmi leurs meilleurs repr&#233;sentants. Les composants de leurs machines, les casses, comme les productions qui en sortent, peuvent, par leur esth&#233;tique et leur message, souvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des &#339;uvres d'art (figures 3 et 4).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;249&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig.3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH240/fig.3-b0d95.jpg?1743003282' width='500' height='240' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 3. Art du plomb au Muse&#769;e Typographique de Saint-Lo&#770;, a) &#171; Plomb de casse &#187;, b) &#171; Ve&#769;nus de Saint-Lo&#770; &#187; (montage sur socle reconstitue&#769;) en fond de creuset de fusion de plomb. &#169;Photo Annie Hurel, Muse&#769;e Typographique, 2025
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;352&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_4-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH702/fig_4-2-c7bb1.jpg?1743003282' width='500' height='702' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 4. Forme typographique d'une composition a&#768; la main au plomb mobile en caracte&#768;re Ruano corps 36, par Franc&#807;ois Da Ros, Mai&#770;tre d'Art. Texte de Ge&#769;rard Farasse in &#171; Estampes avec la Lettre &#187;, 2002, 56 cm x 38 cm. &#171; On peut voir l'a&#770;me, parfois, en hiver... &#187;. &#169;E&#769;ditions Anakatabase, Franc&#807;ois Da Ros &amp; Martine Rassineux.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'art du livre, avec le livre d'art et, plus g&#233;n&#233;ralement, les livres compos&#233;s par typographie traditionnelle, peut donc &#234;tre dit sentir le plomb. Ryoko Sekiguchi le souligne avec pertinence, quand elle parle du plomb, dans son &#233;blouissant (y compris olfactivement parlant) ouvrage &lt;i&gt;L'Appel des odeurs&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.O.L, 2024, pp. 57-58&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle y fait, en effet, revivre de mani&#232;re touchante le souvenir de son p&#232;re imprimeur par son &lt;i&gt;&#171; ... odeur o&#249; il y avait un je-ne-sais-quoi qui &#233;voquait l'indigo &#187;&lt;/i&gt; qu'elle retrouvait fugitivement &lt;i&gt;&#171; ... quand sa m&#232;re achetait des l&#233;gumes encore humides que le marchand emballait dans du papier journal &#187;&lt;/i&gt;. Cela s'explique puisque le journal est, avec le livre, un vecteur d'opinion autant qu'il est le vecteur de transmission du plomb, proc&#233;d&#233; d'impression oblige. Pierre Lazareff, patron de presse historique, le r&#233;suma on ne peut mieux en d&#233;finissant le plomb comme la &lt;i&gt;&#171; mati&#232;re de l'opinion &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un h&#244;pital du livre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re p&#233;dagogique du plomb, au-del&#224; des r&#233;actions sensorielles qu'il peut susciter, s'est trouv&#233; merveilleusement r&#233;v&#233;l&#233; par une initiative r&#233;cente de la maison d'&#233;dition napolitaine Marotta &amp; Cafiero. Il s'est agi de l'ouverture, au premier trimestre 2022, dans l'un des quartiers les plus rong&#233;s par les agissements de la camorra, &#224; Naples, celui de Scampia, d'un &#233;tablissement dit h&#244;pital du livre &lt;i&gt;(Ospedale del libro)&lt;/i&gt;. Il s'y trouve un espace consacr&#233; &#224; la typographie o&#249; les jeunes peuvent se familiariser avec le livre dans sa mat&#233;rialit&#233; et apprendre sa fabrication avec des machines traditionnelles. Les enfants peuvent venir imprimer comme Gutenberg, avec des caract&#232;res mobiles au plomb r&#233;cup&#233;r&#233;s dans toute l'Italie. L'&#233;diteur &#224; l'initiative du programme, Rosario Esposito La Rossa, a d&#233;clar&#233; : &lt;i&gt;&#171; Chez nous, les jeunes peuvent se salir les mains et r&#233;fl&#233;chir au sens du mot imprimer qui signifie rendre public, dans une direction compl&#233;tement oppos&#233;e &#224; leurs habitudes &#187;&lt;/i&gt;. Nul doute que les jeunes &#233;viteront ainsi de se salir les mains autrement, sous l'influence de la camorra qui immanquablement les y auraient pouss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital du livre transmute donc le plomb destructeur de la mafia napolitaine en un plomb formateur, par une alchimie moderne autant que m&#233;taphorique, gr&#226;ce &#224; son action courageusement sociale. Le droit chemin y est trac&#233; par le plomb allant de la balle de pistolet au caract&#232;re d'imprimerie, autrement dit &#171; de la culasse &#224; la casse &#187;. L'objectif initial que s'assignait la maison d'&#233;dition m&#232;re, &#224; savoir &#233;carter la jeunesse de Scampia de l'influence mafieuse, semble maintenant atteint. De nouvelles ann&#233;es de plomb se profilent donc pour la jeunesse napolitaine mais, de ce fait, beaucoup moins funestes que celles qu'a pu connaitre l'Italie dans des temps ant&#233;rieurs. Ces ann&#233;es ont pu &#234;tre incarn&#233;es par des personnages comme Cesare Battisti, au point que France Inter qualifia r&#233;cemment sa vie&#8212; sans objectif de magnification est-il permis d'esp&#233;rer &#8212; d'une vie de plume au pass&#233; de plomb.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mat&#233;riau de pr&#233;dilection d'Anselm Kiefer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pourrait &#234;tre appel&#233; la p&#233;dagogie du plomb, telle qu'elle vient d'&#234;tre vue, s'apparente donc &#224; de l'art, pour partie conceptuel, li&#233; aux lettres. Le plomb garde, cependant, aussi sa qualit&#233; de mat&#233;riau pour les arts plastiques. M&#234;me si nous n'insisterons pas, Anselm Kiefer se doit, cependant, d'&#234;tre mentionn&#233; puisque le plomb est son mat&#233;riau de pr&#233;dilection, depuis toujours : &#224; un point tel qu'un cambrioleur avait visit&#233; son atelier de Croissy-Beaubourg, en novembre 2023, pour s'en saisir, son faible niveau d'instruction le laissant, cependant, dans l'ignorance qu'il s'attaquait &#224; une &#339;uvre d'art, estim&#233;e &#224; un million d'euros au bas mot. Sa condamnation n'en fut que plus s&#233;v&#232;re. Outre sa charge symbolique, li&#233;e &#224; son histoire et son nom, le plomb est appr&#233;ci&#233; par les artistes contemporains pour ses propri&#233;t&#233;s m&#233;caniques et physiques. Sylvie Guyomard, pour sa sculpture &lt;i&gt;Lithosph&#232;re&lt;/i&gt; (2016) notamment (figure 5), exploite la mall&#233;abilit&#233; de ce mat&#233;riau pour remplir avec pr&#233;cision des espaces laiss&#233;s vides par l'acier environnant, sa densit&#233; &#233;lev&#233;e, en outre, ajoutant &#224; la stabilit&#233; de l'ensemble via une meilleure r&#233;partition des masses. Enfin, sa teinte est aussi un atout, dans cette m&#234;me &#339;uvre, pour contraster avec la rouille de l'acier mais aussi, &#233;ventuellement et tr&#232;s opportun&#233;ment, en prendre la couleur mordor&#233;e en fonction de l'&#233;clairage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;100&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_5-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L389xH800/fig_5-2-9a3ec.jpg?1743003282' width='389' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 5. Sylvie Guyomard, &#171; Lithosphe&#768;re &#187;, hauteur 50cm, 2016. &#169;Photo : M. Jeandin, 2025
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ariel Kupfer, quant &#224; lui, dans son &lt;i&gt;Libro de plomo y cobre&lt;/i&gt; (livre de plomb et cuivre, 2006), exploite aussi la mall&#233;abilit&#233; du plomb pour faire ressentir que ce mat&#233;riau se confond avec l'art du livre et de l'imprimerie comme cela fut abord&#233; ant&#233;rieurement dans la chronique. Pour cela, l'artiste montre, par un renversement tr&#232;s subtil des r&#244;les, que le plomb peut &#234;tre marqu&#233; des caract&#232;res que, d'ordinaire, il constitue pour imprimer le papier (figure 6). Dans &lt;i&gt;Libro de plombo y de cobre,&lt;/i&gt; le plomb est associ&#233; au cuivre, non seulement pour r&#233;unir deux classiques mat&#233;riaux employ&#233;s pour la gravure, du fait de leur mall&#233;abilit&#233;, mais aussi pour introduire un contraste de lumi&#232;re que le gris du plomb favorise. L'aspect terne du plomb le distingue des autres mat&#233;riaux. Le plomb est d'ailleurs l'un des rares &#224; ne pas gagner en &#233;clat au polissage, &#224; cause de son oxydation rapide &#224; l'ambiante et de sa sensibilit&#233; m&#233;canique en surface. Il est ainsi propre &#224; g&#233;n&#233;rer des contrastes uniques avec son environnement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;102&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_6-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH549/fig_6-2-8412a.jpg?1743003282' width='500' height='549' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 6. Ariel Kupfer, &#171; Libro de plomo y cobre &#187;, 2006. &#169; Tan Kadam, in Materiosofia, 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une esth&#233;tique particuli&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'art du vitrail traditionnel doit beaucoup &#224; ces propri&#233;t&#233;s, o&#249; les plombs (joints en plomb) s&#233;parent les verres teint&#233;s de la mosa&#239;que. Gr&#226;ce &#224; ce contraste exceptionnel des mati&#232;res, le vitrailliste compose la lumi&#232;re de l'aura &#8212; particuli&#232;rement adapt&#233; au cadre religieux &#8212; pour reprendre la tr&#232;s belle expression de Miquel Barcel&#243; quand il se dit &lt;i&gt;&#171; peindre avec la lumi&#232;re mais une lumi&#232;re int&#233;rieure, pas l'&#233;clairage mais l'aura &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in De la vida m&#237;a, Mercure de France, 2024, p. 204&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; la diff&#233;rence d'un Monet qui peignait la lumi&#232;re, comme dit le clich&#233;. C'est pourquoi le remplacement du plomb, pour les vitraux, n'apporterait probablement pas que des avantages, qu'ils soient &#233;conomiques et/ou &#233;cologiques, car l'esth&#233;tique pourrait y perdre dans nombre de cas. La preuve en est de la technique dite Tiffany qui remplace le plomb par le cuivre et pour laquelle les vitraux (Tiffany) obtenus pr&#233;sentent une esth&#233;tique tout &#224; fait particuli&#232;re qu'il est permis de ne pas aimer quoique certains ne s'en privent pas comme en t&#233;moigne leur popularit&#233;. D'autres proc&#233;d&#233;s r&#233;cemment &#233;tudi&#233;s pourraient, cependant, permettre de remplacer les joints de plomb avec une plus grande capacit&#233; &#224; jouer sur le rendu esth&#233;tique, conduisant ainsi &#224; un plus heureux r&#233;sultat. Ils sont encore au stade de d&#233;veloppement, autant que leur caract&#232;re confidentiel permette de le dire. Le plomb n'est pas le seul mat&#233;riau soumis &#224; une limitation de sa diffusion pour en limiter les risques sur la sant&#233; humaine et son environnement. Il encourt les m&#234;mes restrictions, voire interdits, que des mati&#232;res qui, pour leur grande majorit&#233;, sont particuli&#232;rement bien adapt&#233;es &#224; la sculpture du fait de leur capacit&#233; &#224; &#234;tre mises en forme facilement : ivoire, amiante, b&#233;ryllium, cadmium, mercure (liquide &#224; la temp&#233;rature ambiante) et autres plastiques toxiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera pas dit plus, ici, au sujet d'&#339;uvres utilisant le plomb. Puisse le lecteur avoir suivi cette chronique tout du long sans s'endormir d'un sommeil du m&#234;me m&#233;tal, sur le texte-oreiller que la plume aura confectionn&#233;. La patience aurait eu alors raison de l'impatience, pour reprendre les termes d'un mod&#232;le qui pourrait &#234;tre qualifi&#233; de saturnien mais sans tristesse. Ce mod&#232;le, comme d'aucuns pourraient l'enseigner (cf. dessin en figure 7), prend appui sur le fait que la plan&#232;te Saturne, immanquablement li&#233;e au plomb depuis l'Antiquit&#233; parce que terne et pesante, est la plan&#232;te de la patience (sa p&#233;riode de r&#233;volution &#233;tant tr&#232;s longue) tandis que Saturnin le canard, ic&#244;ne &#224; plumes pour les enfants de la g&#233;n&#233;ration lyrique (autrement dit celle des babyboumeurs), reste &#224; jamais l'image de l'impatience. Ce triomphe de la patience se serait donc exprim&#233; ici gr&#226;ce au plomb dans la plume plut&#244;t que dans l'aile, heureusement. Il reste que, quoiqu'il en soit, un kilo de plomb vaudra toujours un kilo de plume, dixit le sage mat&#233;rialiste. Si l'auteur n'a pas failli, le plomb y fut montr&#233; comme un m&#233;tal de caract&#232;re dont le fil (comme celui de la m&#233;taphore associ&#233;e) servait &#224; nouer le lien entre le bon caract&#232;re de la (bonne) casse de l'imprimeur et le mauvais caract&#232;re du (mauvais) casse du mafieux. Art, sciences et lettres s'en trouv&#232;rent ainsi scell&#233;s, au plomb comme il se doit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2025&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig.7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/fig.7-fc5db.jpg?1743003282' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Michel Jeandin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;directive europ&#233;enne REACH de 2007 pour pr&#233;venir les risques associ&#233;s &#224; certaines substances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;de l'ordre de quelques p.p.m., c'est-&#224;-dire quelques parties par million ou, exprim&#233; en fraction massique, quelques mg/kg&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P.O.L, 2024, pp. 57-58&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in De la vida m&#237;a, Mercure de France, 2024, p. 204&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture&gt; &#169;David Bordes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#201;QUATION DE L'ART</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-EQUATION-DE-L-ART</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/L-EQUATION-DE-L-ART</guid>
		<dc:date>2025-03-02T10:08:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Guez</dc:creator>


		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>art conceptuel</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A = M &#215; A &#215; T &#215; H &#215; S &#215; C &#215; E&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;quation de l'art, depuis - &#8734; jusqu'&#224; + &#8734; , demande de r&#233;soudre, aux &#233;quations universelles m&#232;mes, et pour l'&#233;ternit&#233;, l'affirmation 0-1.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Appareil" rel="directory"&gt;Appareil&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Art-contemporain-176" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art-conceptuel" rel="tag"&gt;art conceptuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH91/arton2627-a51f4.jpg?1772187179' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;center&gt;&lt;big&gt;A = M &#215; A &#215; T &#215; H &#215; S &#215; C &#215; E&lt;/big&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;l'&#233;quation de l'art, depuis - &#8734; jusqu'&#224; + &#8734; , demande de r&#233;soudre, aux &#233;quations universelles m&#234;mes, et pour l'&#233;ternit&#233;, l'affirmation 0-1.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Mythe&lt;/i&gt;) : La puissance des mythes et des imaginaires sociaux que l'art cherche &#224; d&#233;chiffrer et &#224; exprimer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Authenticit&#233;&lt;/i&gt;) : L'authenticit&#233; de l'artiste dans son expression et sa d&#233;marche, fid&#232;le &#224; ses valeurs et convictions.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;T&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Technologie&lt;/i&gt;) : L'int&#233;gration de nouvelles technologies et m&#233;dias dans la pratique artistique (arts num&#233;riques, vid&#233;o, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;H&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;) : Le lien avec les racines historiques et pr&#233;historiques de l'art, comme les contre-empreintes de main des peintures pari&#233;tales.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;S&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;) : L'engagement sociologique de l'art, questionnant le rapport entre l'art et la soci&#233;t&#233;, les structures sociales, les id&#233;ologies dominantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Couleur&lt;/i&gt;) : L'utilisation consciente de la couleur et de sa symbolique, influen&#231;ant la perception et l'&#233;motion.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;E&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;&#201;nergie&lt;/i&gt;) : L'&#233;nergie vitale investie par l'artiste, incluant sa r&#233;flexion profonde et personnelle sur la condition humaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;Proposition&lt;/center&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;strong&gt;Mati&#232;re Art, Mart, (Mt)&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_22158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled-2-1200x728.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH303/untitled-2-1200x728-bb39f.jpg?1772189420' width='500' height='303' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;A = Mt &#215; A &#215; T &#215; H &#215; S &#215; C &#215; E&lt;/center&gt;&lt;/h2&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&#201;quation r&#233;vis&#233;e int&#233;grant un nouvel &#233;l&#233;ment p&#233;riodique : &lt;/center&gt;&lt;center&gt;Mart (Mt)&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'impact artistique (A) est le produit de l'interaction de toutes ces dimensions. En ajoutant &lt;strong&gt;Mart (Mt),&lt;/strong&gt; nous reconnaissons que l'art ne se limite pas &#224; la somme de ses composantes historiques, mythiques, techniques, sociales, chromatiques et &#233;nerg&#233;tiques, mais repose &#233;galement sur une essence premi&#232;re, un &#171; &lt;strong&gt;&#233;l&#233;ment z&#233;ro-un&lt;/strong&gt; &#187; fondateur. Cet &#233;l&#233;ment intangible &lt;strong&gt;Mart&lt;/strong&gt; soutient et impr&#232;gne toutes les autres composantes, garantissant que l'art demeure une force premi&#232;re, intemporelle, essentielle dans la qu&#234;te de sens de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Ajout du Nouvel &#201;l&#233;ment dans la table p&#233;riode des &#233;l&#233;ments
Mart&#8203; : La Mati&#232;re Art&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mart&lt;/strong&gt; est un &#233;l&#233;ment hypoth&#233;tique ajout&#233; &#224; la table p&#233;riodique, symbolisant la mati&#232;re premi&#232;re de la cr&#233;ation artistique. Il serait repr&#233;sent&#233; par le symbole chimique &lt;strong&gt;&#034;Mt&#034;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propri&#233;t&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#8226; Non mesurable par les instruments classiques, mais perceptible &#224; travers l'exp&#233;rience humaine.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#8226; &#201;met des vibrations &#233;motionnelles et intuitives.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#8226; Se combine avec les &#233;l&#233;ments de la r&#233;alit&#233; pour former des &#339;uvres tangibles ou immat&#233;rielles.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mart&#8203; &lt;/strong&gt; a la capacit&#233; de transformer non seulement des objets (peinture, pierre, son), mais aussi des perceptions, des croyances, ou des syst&#232;mes entiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mart&#8203; &lt;/strong&gt; fixe le fait que l'art est une &lt;strong&gt;force fondamentale,&lt;/strong&gt; aussi essentielle &#224; l'univers que les &#233;l&#233;ments chimiques eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tableau des &#233;l&#233;ments p&#233;riodiques, &lt;strong&gt;&#034;Mart&#034;&lt;/strong&gt; est plac&#233; comme &lt;strong&gt;&#233;l&#233;ment z&#233;ro-premier&lt;/strong&gt; (num&#233;ro atomique 0-1), pr&#233;c&#233;dant l'hydrog&#232;ne, pour signifier que toute cr&#233;ation commence par une &#233;tincelle artistique, une intuition invisible mais omnipr&#233;sente. Il symbolise l'&#233;nergie cr&#233;atrice et mythique que l'art apporte &#224; l'humanit&#233;, agissant comme un lien entre le pass&#233; et le futur, le tangible et l'intangible, l'individuel et le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En int&#233;grant &lt;strong&gt;Mart&lt;/strong&gt; au tableau p&#233;riodique, nous affirmons que l'art est un &#233;l&#233;ment indispensable &#224; la compr&#233;hension de notre existence et de l'univers qui nous entoure, tout comme les &#233;l&#233;ments chimiques sont essentiels &#224; la composition de la mati&#232;re. Et nous cr&#233;ons une nouvelle dimension au tableau p&#233;riodique, m&#234;lant sciences exactes et sciences humaines.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/logo_v1-les-arts-sont-d8289.png?1772187604' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le descriptif du projet&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/qrcode-guez.png' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le hors-livre d'Al Dante</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Le-hors-livre-d-Al-Dante</link>
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		<dc:date>2025-02-02T11:41:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesca Caruana</dc:creator>


		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour c&#233;l&#233;brer les 30 ans des &#233;ditions Al Dante, le CIPM pr&#233;sente une exposition consacr&#233;e &#224; cette singuli&#232;re aventure &#233;ditoriale, po&#233;tique et politique, conduite par Laurent Cauwet. Al Dante : le raout rassemble l'int&#233;gralit&#233; des quelque 500 titres publi&#233;s par l'&#233;diteur depuis sa cr&#233;ation, enrichie de documents originaux et tirages de t&#234;te. Magnifique occasion de se rem&#233;morer et de d&#233;couvrir cette bande de fous qui a plac&#233; la po&#233;sie au centre de la vie, une po&#233;sie fulgurante aux formes les plus inattendues. Jusqu'au 9 mars, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Art-contemporain-176" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH92/arton2621-3f210.jpg?1772224084' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour c&#233;l&#233;brer les 30 ans des &#233;ditions Al Dante, le CIPM pr&#233;sente une exposition consacr&#233;e &#224; cette singuli&#232;re aventure &#233;ditoriale, po&#233;tique et politique, conduite par Laurent Cauwet. Al Dante : le raout rassemble l'int&#233;gralit&#233; des quelque 500 titres publi&#233;s par l'&#233;diteur depuis sa cr&#233;ation, enrichie de documents originaux et tirages de t&#234;te. Magnifique occasion de se rem&#233;morer et de d&#233;couvrir cette bande de fous qui a plac&#233; la po&#233;sie au centre de la vie, une po&#233;sie fulgurante aux formes les plus inattendues. Jusqu'au 9 mars, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aimez-vous les p&#226;tes cuites ou al dente ? La question pourrait &#234;tre incongrue dans un journal artistique consacr&#233; &#224; tout autre chose qu'&#224; la r&#233;ussite culinaire, pourtant nous relatons aujourd'hui dans AHM que sont n&#233;es dans les ann&#233;es 1990, les &#171; &#233;ditions &#187; Al Dante. Ce nom plein de fantaisie fut choisi au cours d'un repas, et ceci expliquant cela, l'allusion &#233;tait patente &#224; celle d'une cuisson parfaite mais surtout &#224; celle du grand po&#232;te italien Dante Alighieri. Al Dante, incluant les acteurs qui composaient cette maison, est &#224; comprendre au sens des syndics tels qu'&#233;voqu&#233;s par Rembrandt dans sa peinture Le syndic des guildes des drapiers. Car si l'on s'en tenait &#224; un seul contenu &#233;ditorial, nous nous emp&#234;cherions d'aborder les contenus multiples des manifestations qui lui sont associ&#233;es. D&#232;s le commencement donc, cette double identit&#233; sonore renvoie &#224; des domaines diff&#233;rents impliquant d'une part le corps, via l'exp&#233;rience du m&#226;chage et d'autre part, le litt&#233;raire via le registre po&#233;tique de cet auteur d&#233;sign&#233; internationalement par son simple pr&#233;nom. D&#232;s son apparition donc, Al Dante est soumis &#224; la prononciation qui discriminera soit une &#233;valuation, soit une r&#233;f&#233;rence, une origine, et par cons&#233;quent, une identit&#233;. Adopt&#233; par tous, ce terme Al Dante montrait l'enthousiasme qui pr&#233;sidait &#224; la d&#233;cision de cr&#233;er une telle approche de l'art. Il s'agit en r&#233;alit&#233; d'une &#233;dition qui n'est pas seulement celle de livres mais constitue une matrice de manifestations impliquant les mots, les formes, les couleurs, l'engagement politique et la contestation des acad&#233;mismes, dont l'ambition &#233;tait de mettre en avant la mat&#233;rialit&#233; du langage, lalangue au sens lacanien, et la corpor&#233;it&#233; d'une prosodie, d'une musique d'intonations. Une &#171; maison &#187; consacr&#233;e &#224; la po&#233;sie augment&#233;e, ni trop cuite ni pas assez, celle surgie du visuel, de l'&#233;crit et du parler. Il n'en fallut pas plus pour que d'un coup de fourchette &#224; un trait de plume, le meilleur de l'avant-garde po&#233;tique annonce la couleur.&#8232;Al Dante f&#234;te aujourd'hui ses 30 ans, en pr&#233;cisant que le RAOUT (raout : de l'anglais &#171; rout &#187;, d&#233;sordre, et de l'ancien fran&#231;ais route, compagnie) annonc&#233; par affiche, se passe au Centre international de Po&#233;sie de Marseille (CIPM). C&#233;l&#233;bration et cons&#233;cration absolue pour cette bande de fous qui a plac&#233; jadis la po&#233;sie au centre de la vie, comme axe de conduite exigeant qui a pris les formes les plus inattendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cr&#233;&#233;es &#224; Marseille au milieu des ann&#233;es 1990, les &#233;ditions Al Dante ont d&#233;velopp&#233; un espace sp&#233;cifique dans le champ &#233;ditorial. D'une part en fabriquant des livres &#224; partir de textes qui n'&#233;taient pas destin&#233;s &#224; la publication, d'autre part en suscitant des d&#233;clinaisons hors livre, &#224; travers des expositions, performances ou &#233;v&#233;nements Manifesten &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; St&#233;phane Nowak Papantoniou po&#232;te, &#233;diteur, et co-commissaire de cette exposition, que nous devons cette r&#233;flexion, lui qui a &#233;tabli le catalogue des &#233;crits, interventions, manifestations po&#233;tiques de toutes sortes y compris des actions po&#233;tico-po&#233;tiques.&#8232;La g&#233;n&#233;alogie de ce Raout d&#233;marre donc il y a 40 ans &#224; l'initiative de Laurent Cauwet. Un mouvement que de nombreux effets de surprise n'ont pas manqu&#233; d'ossifier. En effet, il s'agit plus d'un mouvement po&#233;tico-plastique, d'une posture face &#224; la dualit&#233; texte/image, que d'une &#233;dition au sens habituel du terme. Cette dualit&#233; prenant des formes multiples jusqu'&#224; la performance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/julien-blaine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH371/julien-blaine-7e38e.jpg?1738496689' width='500' height='371' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Julien Blaine
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit le commentaire de St&#233;phane Nowak Papantoniou, qui en se promenant en boustrophedon parmi les vitrines, commentait avec &#233;motion le jour de l'inauguration, chacune des &#233;tapes de sa croissance, Al Dante s'est construite autour de la solidarit&#233;, d'un amour pour les mots, d'une capacit&#233; &#224; inventer de nouvelles formes, de nouveaux modes de transmission po&#233;tique, autres que ceux versifi&#233;s ou positionn&#233;s dans la page, selon les mises en espace d&#233;di&#233;es, les blancs, la ponctuation, etc. Il faut ajouter que d&#232;s le d&#233;but, il ne s'agissait pas d'un marathon consistant &#224; atteindre la formulation la plus touchante, la plus criante ou la plus audacieuse, il s'agissait d'une re-cr&#233;ation, r&#233;-cr&#233;ation permanente avec les mots pour mati&#232;re, la mati&#232;re beaucoup plus que le sens, et la spatialisation de formes autant que du texte. Avec les lettres lib&#233;r&#233;es de leur vocation initiale, celle de &#171; s'emboucler &#187; les unes aux autres pour faire sens, les lettres lib&#233;r&#233;es de leurs iambes et de leurs jambes, les mots, tous ont commenc&#233; &#224; danser. La page est devenue surface, le blanc est devenu espace, les lettres ont pris la place de graphismes. On peut en ce sens imaginer une correspondance des sens lorsqu'on sait que dans le domaine musical, &#224; la m&#234;me &#233;poque, il existait d&#233;j&#224; les partitions musico-picturales comme celles d'Ivo Malec o&#249; des dessins stationnaient en didascalies sur la partition et en dictaient l'interpr&#233;tation et la teneur sonore. A l'instar des arts plastiques, la remise en cause du cadre, du support, du sujet, avec le mouvement pictural Supports/Surfaces, avait sem&#233; la n&#233;cessit&#233; en mati&#232;re litt&#233;raire d'ouvrir les mots, d'&#233;tendre leurs supports de la page &#224; la voix, de brutaliser le sens, si pauvre &#224; ausculter la langue.&#8232;Parmi les premiers auteurs publi&#233;s, on ne s'attend pas &#224; trouver Gilbert Lascault, il est pourtant le premier &#224; prendre position dans un champ hors de toutes conventions, pour l'&#233;tendre &#224; l'&#233;criture qui tient lieu de dessin dans l'espace. Cette pratique n'exclut pas des formes d'intelligibilit&#233; plus courantes mais c'est ce qui qualifie chaque fois les apports de l'&#233;dition. Laurent Cauwet, cr&#233;ateur, fondateur, avoue qu'il ne s'est jamais senti &#233;diteur, ce que l'on a peine &#224; croire quand on est au nombre de 516 livres et revues ! Mais peut-&#234;tre ne prend-il pas assez en compte le poids des premiers soutiens ind&#233;fectibles qu'il a obtenus de son &#233;pouse, de sa famille, dont l'importance fut poursuivie et entretenue par des m&#233;c&#232;nes et amis, puis par l'indispensable Leo Scheer qui prit fait et cause pour Al Dante, ou par l'architecte Rudi Ricciotti qui ouvrit un volet nouveau consacr&#233; &#224; la po&#233;sie et &#224; l'architecture. Bien que les nommant, Cauwet a b&#233;n&#233;fici&#233; de ces soutiens avec une certaine insouciance, caract&#233;ristique d'une revendication r&#233;volutionnaire, afin de ne pas appartenir au syst&#232;me du salariat, &#224; la structuration d'une r&#233;mun&#233;ration des auteurs, aux profits possibles qu'aurait pu engendrer un tel projet. Il s'est voulu Hors de. C'est ce qui d&#233;finit le mieux peut-&#234;tre le maintien de cette exp&#233;rience depuis si longtemps, hors de tout mod&#232;le et de toute contrainte &#171; corporatiste &#187;.&#8232;Alors&#8230; en revenant sur l'histoire d'Al Dante, cette collaboration avec les Presses du R&#233;el, depuis 2018, a permis de renforcer la diffusion de leurs &#339;uvres, tout en cr&#233;ant une nouvelle collection toujours dirig&#233;e par Laurent Cauwet. Leur visibilit&#233; s'en trouve accrue et t&#233;moigne avec vigueur de la porosit&#233; entre po&#233;sie, politique et actions artistiques, explor&#233;e ind&#233;finiment par les artistes. Al Dante continue d'y publier des &#339;uvres marquantes, telles qu'Effracte de Julien Ladegaillerie (2023) ou Bye bye Babel de Patr&#237;cia Lavelle (2023). Par ailleurs, la revue Attaques, lanc&#233;e en 2019, offrit une plateforme de ces interventions d&#233;cal&#233;es, savantes, qui refl&#232;tent l'esprit engag&#233; des &#233;ditions Al Dante.&#8232;Chaque tournant profilait de nouvelles actions, effets ou autres d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es. En 1992, le lieu Manifesten est cr&#233;&#233;, espace culturel autonome, essentiel pour l'ind&#233;pendance du concepteur. Puis de 1994 &#224; 1997, un air nouveau souffle &#224; Marseille, les orientations po&#233;tico-artistiques et politiques, qui les a port&#233;es pendant quelques ann&#233;es aux c&#244;t&#233;s de la F&#233;d&#233;ration L&#233;o Scheer, redeviennent ind&#233;pendantes et se stoppent en 2006. Pour un temps seulement, car d&#232;s 2007, Al Dante mute en New Al Dante, dont l'offre d'agitateur exigeant se d&#233;cline en soir&#233;es po&#233;tiques, en soir&#233;es Manifesten. Parmi celles-ci, le num&#233;ro 5 de la revue Attaques s'est distingu&#233; par des contributions de figures intellectuelles comme celle de Jacques Ranci&#232;re, ainsi que par une micro-anthologie de jeunes po&#232;tes ha&#239;tiens, t&#233;moignant de l'ouverture internationale de la revue. Entre autres interventions, La langue du gar&#231;on de Vincent Broqua y a propos&#233; une exploration multidisciplinaire du d&#233;sir, de l'amour et de la masculinit&#233; &#224; travers des textes, dessins et photographies.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/journaux-de-sons-2019.-al-dante-les-presses-du-reel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/journaux-de-sons-2019.-al-dante-les-presses-du-reel-2c5b2.jpg?1738496689' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Journaux de sons, 2019. &#169;Al Dante Les presses du r&#233;el
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le po&#232;me engag&#233; Alep &#8211; Quinze heures du matin de Claude Favre a rendu hommage &#224; la ville syrienne d'Alep, abordant des questions humanitaires et contemporaines. Enfin, Le motier de Julien Blaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fondateur de Doc(k)s et d'autres p&#233;riodiques, auteur de 13427 po&#235;mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (2023) a incarn&#233; l'esprit exp&#233;rimental d'Al Dante avec une po&#233;sie spatialis&#233;e o&#249; les mots deviennent des objets vibrants et performatifs.Les &#233;ditions Al Dante sont ainsi sp&#233;cialis&#233;es dans la litt&#233;rature contemporaine et, surtout, la po&#233;sie exp&#233;rimentale, aussi bien quant &#224; sa constitution historique, avec la publication d'in&#233;dits de Bernard Heidsieck ou d'Isidore Isou, qu'au niveau des nouvelles g&#233;n&#233;rations avec parmi les trublions de la &#171; langue physique &#187; : St&#233;phane B&#233;rard, Anne-James Chaton, Sylvain Courtoux, Jean-Michel Espitallier, Christophe Fiat, Daniel Foucard, Manuel Joseph, Christophe Hanna, Franck Leibovici, Vannina Maestri, Jacques-Henri Michot, Charles Pennequin, Olivier Quintyn, Christophe Tarkos, Jacques Sivan&#8230;&#8232;C'est parce que la revue Al Dante s'est impos&#233;e comme un acteur majeur de la po&#233;sie contemporaine et des litt&#233;ratures exp&#233;rimentales en France qu'il me faut expliquer l'utilisation de deux termes, po&#233;sie physique et po&#233;sie exp&#233;rimentale. Physique car elle engage le corps, autant par la voix qui porte les mots, que les formes qu'ils prennent dans leur incorporation en dessins, en actions, en d&#233;ambulations&#8230; Exp&#233;rimentale, le terme est un pl&#233;onasme : la po&#233;sie n'est plus dans la gangue &#233;ditoriale de mots couch&#233;s, les mots sont h&#233;riss&#233;s, r&#233;volt&#233;s, hurl&#233;s ou r&#233;p&#233;t&#233;s en mantras, d&#233;form&#233;s, illogiques, esquint&#233;s, retrouss&#233;s, mix&#233;s avec leurs ic&#244;nes, avec leurs tautologies. De la po&#233;sie dada&#239;ste, en passant par Jiri Kolar, Jean-Fran&#231;ois Bory ou encore Adriano Spatola pour n'&#233;voquer que des plus grands, cette forme d'expression se d&#233;multiplie en petites sp&#233;cialit&#233;s, en pr&#233;cisions typologiques, typographiques, calligraphique, corporelle, comportementales, etc., cela, comme l'affirme encore Spatola, pour tendre vers une &#171; po&#233;sie totale &#187;. L'engagement d'Al Dante en faveur de formes litt&#233;raires innovantes et une volont&#233; de bousculer les conventions &#233;tablies se refl&#232;tent certes dans les publications, mais rien ne peut se substituer &#224; cette forme physico-physique qui fusionne le texte et la forme, le sens et l'image, comme l'exerce, parmi tous ces artistes, Julien Blaine qui spatialise la po&#233;sie d'une fa&#231;on exceptionnelle. Plasticien et po&#232;te, il hurle, chuchote, sc&#233;nographie les mots, les fait vivre en vibrations, en &#233;cho dessin&#233;s ou inscrits, il caresse des formes et les fait surgir du papier, parfois en les maltraitant, parfois en les sublimant mais la neutralit&#233; n'est pas de mise, comme pour tous ces cr&#233;ateurs qui se r&#233;clament de la po&#233;sie visuelle.&#8232;La r&#233;f&#233;rence &#224; Dante &#233;voque, enfin, qu'&#224; l'instar de son De Monarchia la critique du syst&#232;me en produit un autre, tout aussi it&#233;ratif mais qui a pour lui la force, l'&#233;nergie, la dissidence attach&#233;e &#224; l'intemporalit&#233; de la cr&#233;ation. Comme le rapporte Liliane Giraudon, elle-m&#234;me, actrice de cette po&#233;sie, il s'agit d'un &#171; r&#233;cit collectif &#187;, en mouvement, laiss&#233; &#224; la bonne digestion des lecteurs-spectateurs. Giraudon insiste sur cette forme-l&#224; qui, bien que d&#233;tach&#233;e de toutes les normes et r&#232;gles, raconte cependant l'histoire des hommes, des humains et leur relation au langage ou &#224; ce qu'ils d&#233;sirent faire entendre du langage.&#8232;Ainsi, depuis 1997, les &#233;ditions Al Dante ont jou&#233; un r&#244;le crucial dans la promotion de la po&#233;sie contemporaine en France, en publiant des auteurs innovants et en maintenant un engagement constant envers les &#233;critures exp&#233;rimentales et politiques. C'est ce qu'il faut d&#233;couvrir au CIPM avant le 8 mars ! Tout un genre !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fas3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH331/fas3-2a8a9.jpg?1738496689' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Favole e altre storie.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Julien Blaine
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fondateur de Doc(k)s et d'autres p&#233;riodiques, auteur de 13427 po&#235;mes m&#233;taphysiques et d'une ribambelle de livres et catalogues, organisateur de du sorcier de V. au magicien de M. et d'autres expositions. Il a pr&#233;sent&#233; Un Tri, en mai 2009, une importante exposition au [mac] Mus&#233;e d'Art Contemporain de Marseille et, en 2020, il a r&#233;alis&#233; &#224; la Friche de la Belle-de-Mai (Marseille) une ultime exposition : Le grand d&#233;potoir = Bon d&#233;barras ! Organisateur des Rencontres Internationales de Po&#233;sie de Tarascon et de multiples manifestations, il est le fondateur, avec Laurent Cauwet, du Centre International de Po&#233;sie de Marseille (CIPM) et d'autres espaces culturels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Infos pratiques&gt; Al Dante : le raout, du 9 novembre 2024 au 8 mars 2025, au CIPM, Centre de la Vieille Charit&#233;, 2, rue de la Charit&#233;, 13002 Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture&gt; Vue de l'exposition Al Dante : le raout. &#169;Al Dante&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/le-hors-livre-dal-dante/&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2025-01-24_a_20.00_06.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;618&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les mots d'un autre</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Les-mots-d-un-autre</link>
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		<dc:date>2024-12-27T10:27:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Phil Macquet</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Smaris Elaphus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Smaris Elaphus, chim&#232;re improbable &#224; la curiosit&#233; insatiable, nous &#233;loigne du cours ordinaire des choses. Le poisson-cerf d&#233;cortique et pense son &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
ArtsHebdoM&#233;dias, Corridor &#201;l&#233;phant et TK-21 LaRevue vous pr&#233;sentent des articles parus dans ses deux premi&#232;res &#233;ditions ! Trois revues libres et ind&#233;pendantes s'allient pour parler du monde qui change trop vite ou trop lentement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Phil Macquet ouvre cette ann&#233;e de r&#233;&#233;dition.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Smaris-Elaphus" rel="tag"&gt;Smaris Elaphus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH87/arton2596-22b3e.jpg?1772247473' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Smaris Elaphus, chim&#232;re improbable &#224; la curiosit&#233; insatiable, nous &#233;loigne du cours ordinaire des choses. Le poisson-cerf d&#233;cortique et pense son &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
ArtsHebdoM&#233;dias, Corridor &#201;l&#233;phant et TK-21 LaRevue vous pr&#233;sentent des articles parus dans ses deux premi&#232;res &#233;ditions ! Trois revues libres et ind&#233;pendantes s'allient pour parler du monde qui change trop vite ou trop lentement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Phil Macquet ouvre cette ann&#233;e de r&#233;&#233;dition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je me suis lib&#233;r&#233; des emprises de la terre, &lt;br class='autobr' /&gt;
pour danser dans le ciel,&lt;br class='autobr' /&gt;
sur des ailes argent&#233;es d'un grand ris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis all&#233; vers le soleil,&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai rejoint les cascades chaotiques de nuages tranch&#233;s de lumi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l&#224;,&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai v&#233;cu des moments dont vous n'avez jamais r&#234;v&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Voler, Planer, Balancer si haut dans le Silence solaire&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Suspendu, j'ai pourchass&#233; le vent hurlant,&lt;br class='autobr' /&gt;
et lanc&#233; mon vaisseau au travers de fabuleuses cavernes,&lt;br class='autobr' /&gt;
pleines d'un air raffin&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Haut, plus haut, au long d'un d&#233;lire de Bleu br&#251;lant, &lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai survol&#233; les sommets balay&#233;s de vent,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans une s&#233;r&#233;nit&#233; que nul aigle, nulles alouettes, &lt;br class='autobr' /&gt;
n'ont jamais v&#233;cu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis,&lt;br class='autobr' /&gt;
alors que mon esprit silencieux s'&#233;levait,&lt;br class='autobr' /&gt;
au travers du sanctuaire inviol&#233; de l'Espace&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai sorti une main&#8230; et caress&#233; le visage de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;John Gillespie Magee Jr&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le po&#232;me de John Gillespie Magee Jr refl&#232;te parfaitement l'id&#233;e que je me fais de la libert&#233;. Il traduit un vertigineux sentiment d'exaltation et de s&#233;r&#233;nit&#233;, &#234;tre l&#224; o&#249; l'on veut et &#234;tre l&#224; o&#249; l'on doit. La libert&#233; est un imp&#233;ratif int&#233;rieur que seuls les circonstances et les actes peuvent r&#233;v&#233;ler. Exercer sa libert&#233;, ce n'est pas tout s'autoriser. La libert&#233; est un id&#233;al qui nous honore et nous oblige. John Gillespie Magee Jr &#233;tait officier pilote de la Royal Canadian Air Force. Il est mort &#224; 19 ans, le 11 d&#233;cembre 1941, au-dessus de l'Angleterre. &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22004 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/phil_macquet_spit.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH673/phil_macquet_spit-18849.jpg?1772190437' width='500' height='673' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;High Flight, 2020. &#169;Phil Macquet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour en savoir plus :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/retour-vers-le-futur-avec-phil-macquet/&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/phil-macquet-ahm8.png' width=&#034;606&#034; height=&#034;551&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;SMARIS 1&lt;/p&gt;
&lt;iframe style=&#034;width:900px;height:500px&#034; src=&#034;https://online.fliphtml5.com/ojhgc/iutw/&#034; seamless=&#034;seamless&#034; scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowtransparency=&#034;true&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; &gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;SMARIS 2&lt;/p&gt;
&lt;iframe style=&#034;width:900px;height:500px&#034; src=&#034;https://online.fliphtml5.com/ojhgc/ssjd/&#034; seamless=&#034;seamless&#034; scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowtransparency=&#034;true&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; &gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conversation avec Jean-Marc Brunet</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Conversation-avec-Jean-Marc-Brunet</link>
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		<dc:date>2024-12-01T18:07:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'a&#770;ge de 20 ans, Jean-Marc Brunet s'est installe&#769; a&#768; Paris. Dans ses bagages, des paysages aquarelle&#769;s et une irre&#769;pressible envie de peindre. Le jeune homme arpente les muse&#769;es, frappe aux portes des ateliers. Observe et apprend. Le chemin ne fait que commencer. Pinceau a&#768; la main, il se glisse dans les formes de l'histoire de l'art. Comprendre pour lui rele&#768;ve de l'expe&#769;rience. Le geste est d'emble&#769;e au c&#339;ur de ses recherches alors que la couleur est plus insaisissable.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH104/arton2578-7c5e7.jpg?1772245440' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'a&#770;ge de 20 ans, Jean-Marc Brunet s'est installe&#769; a&#768; Paris. Dans ses bagages, des paysages aquarelle&#769;s et une irre&#769;pressible envie de peindre. Le jeune homme arpente les muse&#769;es, frappe aux portes des ateliers. Observe et apprend. Le chemin ne fait que commencer. Pinceau a&#768; la main, il se glisse dans les formes de l'histoire de l'art. Comprendre pour lui rele&#768;ve de l'expe&#769;rience. Le geste est d'emble&#769;e au c&#339;ur de ses recherches alors que la couleur est plus insaisissable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La toile parle, ombre et lumie&#768;re, chaud et froid. Autant d'e&#769;le&#769;ments que des voyages re&#769;pe&#769;te&#769;s au Se&#769;ne&#769;gal rendent habite&#769;s et puissants. Le temps fait son &#339;uvre et libe&#768;re le trait du sujet, fait jaillir l'expression des couleurs. Profonde&#769;ment inspire&#769; par la nature, la peinture s'adresse aux sens. Dans la matie&#768;re en expansion, les e&#769;toiles dansent tandis que le XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; sie&#768;cle se termine et qu'une rencontre majeure se pre&#769;pare. Les mots viennent frapper a&#768; la porte, ils s'immiscent et nourrissent le dessin. Les collaborations avec des poe&#768;tes se multiplient et de nombreux ouvrages voient le jour. D'autant que le peintre a toujours cultive&#769; son gou&#770;t pour la gravure. Chez lui, a&#768; Chassemy pre&#768;s de Soissons, il a installe&#769; deux ateliers dont un avec une presse. Parlons donc un instant de cette maison pour ainsi dire bleue, qui re&#769;unit si souvent de nombreux convives a&#768; sa table. Tout le monde est la&#768; a&#768; cinq heures du soir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelques mots emprunte&#769;s a&#768; San Francisco de Maxime Le Forestier&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... et me&#770;me beaucoup plus tard. Les amis d'aujourd'hui comme ceux d'hier. Les disparus aussi. Tous ce&#769;le&#768;brent la vie. Aux murs, les &#339;uvres ne sont pas signe&#769;es de la main de l'artiste, car jamais il n'he&#769;site a&#768; mettre en valeur un travail qui n'est pas le sien. D'ailleurs, il arrive fre&#769;quemment qu'il soit commissaire d'exposition, comme pour Correspondances des arts, festival re&#769;unissant chaque anne&#769;e dans un me&#770;me e&#769;lan musique, peinture, sculpture et poe&#769;sie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La prochaine e&#769;dition du Festival Correspondances des arts se tiendra a&#768; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; celui qui affirme avoir suivi le conseil de Rainer Maria Rilke &#8211; &#171; Rapprochez-vous de la nature et cherchez a&#768; dire ce que vous voyez, comme si vous e&#769;tiez le premier homme &#187; &#8211; ArtsHebdoMe&#769;dias a souhaite&#769; demander quelle est la nature du lien qui l'unit depuis plus de 20 ans a&#768; la poe&#769;sie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Homme ! libre penseur &#8211; te crois-tu seul pensant &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Dans ce monde ou&#768; la vie e&#769;clate en toute chose : &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Des forces que tu tiens ta liberte&#769; dispose,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais de tous tes conseils l'univers est absent.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Respecte dans la be&#770;te un esprit agissant : ...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Chaque fleur est une a&#770;me a&#768; la Nature e&#769;close ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un myste&#768;re d'amour dans le me&#769;tal repose :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Tout est sensible ! &#187; &#8211; Et tout sur ton e&#770;tre est puissant !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Crains dans le mur aveugle un regard qui t'e&#769;pie &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;A la matie&#768;re me&#770;me un verbe est attache&#769;...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ne la fais pas servir a&#768; quelque usage impie !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Souvent dans l'e&#770;tre obscur habite un Dieu cache&#769; ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et comme un &#339;il naissant couvert par ses paupie&#768;res, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un pur esprit s'accroi&#770;t sous l'e&#769;corce des pierres !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_21880 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_signature-du-livre-baisemain-fernando-arrabal-et-jean-marc-brunet-juin-2019.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH338/brunet_signature-du-livre-baisemain-fernando-arrabal-et-jean-marc-brunet-juin-2019-e353e.jpg?1733077250' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Jean-Marc Brunet (&#224; droite) avec Fernando Arrabal lors d'une signature du livre Baisemain en juin 2019 &#224; Paris.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Relire &lt;i&gt;Vers dore&#769;s&lt;/i&gt; de Nerval est de&#769;ja&#768; regarder la peinture de Brunet. C'est aborder son &#339;uvre par son versant le plus (in)conscient. Les mots du poe&#768;te soulignent les courants telluriques de la toile sans rien en dire pour autant. La poe&#769;sie est un art divinatoire. Si le peintre remonte le fil de ses souvenirs, il de&#769;croche le premier et vous le jette a&#768; la face comme une provocation badine : le Marquis de Sade. &#192; peine le nom prononce&#769;, il rit joyeusement de son mensonge opportun. Seules lui reviennent vraiment en me&#769;moire les rencontres, qui ont fait de lui un e&#769;couteur avant qu'il ne devienne un lecteur. &#171; Quand je me suis inte&#769;resse&#769; a&#768; la poe&#769;sie, il m'a fallu revenir aux fondamentaux pour comprendre tout ce que les poe&#768;tes contemporains, comme Arrabal ou Orizet, me racontaient. Je me suis alors aperc&#807;u que tous les peintres que j'affectionne ont travaill&#233;s avec de grands poe&#768;tes. &#187; Pousse&#769; par un caracte&#768;re pugnace et bouillonnant, Jean-Marc Brunet va e&#769;cumer l'histoire du livre d'art, explorer le lien entre peintre et poe&#768;te. Sont e&#769;voque&#769;s tout a&#768; trac Henri Michaux, qui e&#769;tait les deux, Pierre Reverdy, Rene&#769; Char, Saint-John Perse, Picasso, Braque, Olivier Debre&#769; et Zao Wou-Ki. En 2000, un livre avec David Beaurain (poe&#768;te et ami) marque le de&#769;but d'une complicite&#769; concre&#768;te entre son &#339;uvre et les mots des poe&#768;tes. Parmi lesquels il faut citer Michel Butor, Charles Carre&#768;re, Jean-Yves Cle&#769;ment, Bernard Noe&#776;l, Pierre Nicolas, Jean Orizet, Jean-Clarence Lambert, Natanae&#776;le Chatelain, Fernando Arrabal,Yves Namur, Andre&#769; Schmitz et Andre&#769; Verdet. Sans oublier, Jean-Marc Natel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_avec-jean-marc-natel-2009-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L494xH800/brunet_avec-jean-marc-natel-2009-2-e9394.jpg?1733077251' width='494' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Jean-Marc Brunet et Jean-Marc Natel en 2009
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec lui, j'ai vraiment explore&#769; le lien historique et sensible entre la poe&#769;sie et la peinture. Il m'a permis de mieux comprendre ce qu'instinctivement je ressentais et a e&#769;tabli pour moi les connexions entre les peintres et les poe&#768;tes que j'aimais. &#187; Une fois a&#768; l'atelier, Jean-Marc Natel n'en sortira pour ainsi dire jamais. Une amitie&#769; inde&#769;fectible le lie au peintre jusqu'a&#768; aujourd'hui. &#171; C'e&#769;tait la premie&#768;re fois, qu'une personne me parlait aussi justement de ma peinture, ne voyait pas en elle un travail abstrait et arrivait a&#768; en dire les intentions. Quand je l'ai interroge&#769; sur cette diablerie, il a simplement re&#769;pondu : &#8220;C'est normal, je suis poe&#768;te, je sens les choses, les vibrations&#8221;. &#187; De&#769;bute ainsi un compagnonnage fertile. Une fois par semaine pendant 15 ans, ils se voient pour discuter peinture et poe&#769;sie, poe&#769;sie et peinture, jusqu'au bout de la nuit. Aux conversations nocturnes suivent les lectures. Plus le peintre lit, plus les mots re&#769;sonnent dans la matie&#768;re de ses toiles. Jean-Marc Brunet s'enhardit, e&#769;crit a&#768; ceux dont il se sent proche. Leur envoie ce qu'il a produit en e&#769;cho. Comme pour leur dire &#171; merci &#187;. Les rendez-vous se multiplient, les collaborations aussi. Face a&#768; la poe&#769;sie, le peintre conserve son style mais ne pratique pas le me&#770;me registre. &#171; Mon objectif n'est jamais d'illustrer, mais quand je suis aux prises avec de la poe&#769;sie, je m'inte&#769;resse peut-e&#770;tre plus aux couleurs, aux rythmes, que lorsque je peins une toile sans lien avec elle. Ma the&#769;matique personnelle est le &#8220;de&#769;paysage&#8221;, notion pense&#769;e a&#768; la fin des anne&#769;es 1950 par le poe&#768;te et critique d'art, Jean-Clarence Lambert. La couverture du livre e&#769;ponyme avait d'ailleurs e&#769;te&#769; re&#769;alise&#769;e par Pierre Soulages. Il s'agit de qualifier des productions qui s'inte&#769;ressent a&#768; la nature tout en la dige&#769;rant, la transformant, au point de faire nai&#770;tre des paysages inte&#769;rieurs, comme la peinture de Zao Wou-Ki, par exemple. Je me suis instinctivement inscrit dans cette veine. &#187; Qu'il se prome&#768;ne sous une pluie battante ou offre son visage aux rais mordants du soleil, le peintre se nourrit. Si les proble&#768;mes environnementaux le touchent profonde&#769;ment, il explique spontane&#769;ment n'e&#770;tre pas un tre&#768;s grand militant, mais avoir &#171; une conscience totale de la beaute&#769; et de l'importance de cette prodigieuse nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/83-variation-ronsard-2017-avec-jean-clarence-lambert-sous-e_tui-22_16-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH339/83-variation-ronsard-2017-avec-jean-clarence-lambert-sous-e_tui-22_16-1-f305c.jpg?1772213184' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Variation Ronsard, avec Jean-Clarence Lambert, Jean-Marc Brunet, 2017
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais retournons a&#768; la poe&#769;sie. Comment s'y prend-elle pour s'immiscer au bout du pinceau, de la plume ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je m'interroge toujours sur les agencements de mots du poe&#768;te. Je les lis et les relis dans le silence de l'atelier. J'essaie d'entrer dans ce rythme, cette e&#769;nergie, qui ne m'appartiennent pas, et de les transcrire par mes propres moyens d'expression. La po&#233;sie est une musique. La mani&#232;re dont j'aborde alors la feuille ou la toile est bien diffe&#769;rente ces jours-la&#768;. &#187; &#192; force de lecture, les textes se colorent. Le peintre ressent un bleu, un orange, un noir et blanc... &#171; Je ne sais pas pourquoi. C'est comme c&#807;a. Je ne tente pas de the&#769;oriser. &#187; Des exemples ? &#171; La poe&#769;sie d'Orizet est bleue. Couleur qui pour moi accompagne ses the&#769;matiques de l'entre-temps et du voyage. Son dernier livre s'intitule Retour a&#768; Ithaque. Et voila&#768; que surgit toute la Me&#769;diterrane&#769;e ! La poe&#769;sie de Bernard Noe&#776;l fait nai&#770;tre, quant a&#768; elle, le noir et blanc. Il travaille sur le corps et ses diffe&#769;rentes e&#769;tapes. Il y a eu des livres sulfureux sur le corps sexuel et aujourd'hui sur le corps en de&#769;composition. Face a&#768; cette puissante poe&#769;sie se dresse la pierre noire. Avec lui, j'ai re&#769;alise&#769; des livres en gravure. &#187; Arrive-t-il que l'inverse se produise et que ce soit des poe&#768;tes qui accompagnent votre peinture ? &#171; Oui, c'est arrive&#769; en re&#769;ponse a&#768; certaines toiles. Notamment avec Natanae&#776;le Chatelain. Elle aussi est d'une grande clairvoyance. Avant me&#770;me de nous rencontrer, elle m'a parle&#769; d'abeilles, d'atomes... m'a offert une de&#769;finition de mon travail que j'aurais aime&#769; e&#770;tre en mesure de formuler moi-me&#770;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_murmure-52x395-2011-monotype-604x800.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH662/brunet_murmure-52x395-2011-monotype-604x800-78ced.jpg?1772213184' width='500' height='662' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Murmure (monotype), Jean-Marc Brunet, 2011.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jour apre&#768;s jour, vers apre&#768;s vers, la peinture de Jean-Marc Brunet a ope&#769;re&#769; une mutation. &#171; Plus j'approfondis la poe&#769;sie, plus je prends le temps de peindre. La poe&#769;sie, c'est le temps. Quand le poe&#768;te est grand, que la lecture est bonne, le travail n'a pas pu se faire en un claquement de doigts. Il y a force&#769;ment eu des heures et des heures de digestion des mots. Contrairement a&#768; un roman, la poe&#769;sie rend compte de ce processus de maturation des sensations, des e&#769;motions. J'attache e&#769;galement plus d'importance au titre de chacune de mes toiles. Sans e&#770;tre une de&#769;finition, il donne la direction poe&#769;tique de l'&#339;uvre, ouvre un acce&#768;s vers elle. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'atelier, le peintre regarde beaucoup ce qu'il fait pour saisir l'instant. Ces interventions sont tre&#768;s courtes, fulgurantes. Clac, clac. Et il repose le pinceau. &#171; Avant, je produisais. Il fallait faire pour exister comme peintre. Produire, produire. Quand j'ai eu ma nouvelle presse, j'ai re&#769;alise&#769; un monotype par jour. 365 jours, 365 monotypes ! Sans compter les peintures. Aujourd'hui, tout est beaucoup plus retenu. J'essaie d'e&#770;tre comme le poe&#768;te qui e&#769;limine la virgule, le mot de trop et n'oublie pas les respirations. &#187; Alors, Jean-Marc Brunet efface a&#768; la te&#769;re&#769;benthine comme avec une gomme. Les choses sont plus laborieuses que lorsqu'il ajoutait des effusions aux effusions de peinture. Elles demandent plus d'attention, d'assiduite&#769;, de pre&#769;paration, pour libe&#769;rer le geste a&#768; dessein.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_14-le-gou_t-du-vent-2017-h_t-150x150.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH494/brunet_14-le-gou_t-du-vent-2017-h_t-150x150-b5b68.jpg?1733077251' width='500' height='494' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le go&#251;t du vent, Jean-Marc Brunet, 2017.&lt;br class='autobr' /&gt;
150 x 150 cm
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les autres domaines, il faut que c&#807;a pulse, mais de&#769;sormais a&#768; l'atelier, le calme re&#768;gne. &#171; J'y rentre comme dans une e&#769;glise ou dans un temple. J'y suis me&#769;tamorphose&#769;, autre. &#187; Est-ce la sagesse qui vous gagne ? &#171; Non, la poe&#769;sie ! &#187; L'artiste a pris conscience que la puissance nai&#770;t dans le temps long. Qu'elle s'ourdit de toile en toile, de dessin en dessin, de gravure en gravure. Que l'un renforce l'autre et qu'ensemble ils ne sont qu'un. &#171; Tous les textes de Bernard Noe&#776;l viennent dans la continuite&#769; du premier. Quand tu en prends conscience, tu te dis que le plus re&#769;cent a e&#769;te&#769; pense&#769; depuis et pendant longtemps. &#187; Est-ce une ambition pour votre peinture ? &#171; Non, pluto&#770;t la volonte&#769; d'un e&#769;loge a&#768; la poe&#769;sie. Mai&#770;triser les mots, c'est beaucoup plus fort que de mai&#770;triser la couleur ou le dessin. Quand un ami ne va pas bien, je cherche et trouve le texte, la phrase, qui puissent lui apporter l'e&#769;clairage ne&#769;cessaire. Les poe&#768;tes ont les solutions a&#768; nos maux. Ils ont perce&#769; a&#768; jour la vie, la mort, la maladie, le manque d'amour... Ils sont a&#768; la fois philosophes et gue&#769;risseurs. &#187; Et le peintre de faire un heureux lapsus, ou peut-e&#770;tre pas. &#171; Quand tu vis un beau texte, tu es heureux. &#187; Vivre la peinture comme la poe&#769;sie, pluto&#770;t que regarder l'une et lire l'autre. &#192; l'exte&#769;rieur, la boi&#770;te aux lettres se signale. Un pli vient d'arriver. Jean-Marc Brunet rec&#807;oit de&#769;sormais de nombreux ouvrages. Il y a ceux qui lui tombent des mains et les autres dont il souligne des passages. Et puis, a&#768; la tombe&#769;e du jour, il lui arrive de les offrir a&#768; Sophie, son e&#769;pouse. &#171; Je reviens syste&#769;matiquement vers les poe&#769;sies que j'aime a&#768; des heures diffe&#769;rentes de la journe&#769;e car chacune a une lumie&#768;re bien a&#768; elle, e&#769;videmment. &#187; Comme vos toiles, en ve&#769;rite&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_double.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH222/brunet_double-e421e.jpg?1733077251' width='500' height='222' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;La nuit me parle (2016-2017) et Variation marine (2012), Jean-Marc Brunet.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.jean-marc-brunet.com" class="spip_out"&gt;www.jean-marc-brunet.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quelques mots emprunte&#769;s a&#768; San Francisco de Maxime Le Forestier&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La prochaine e&#769;dition du Festival Correspondances des arts se tiendra a&#768; Braine, dans l'Aisne, du 8 au 17 mai 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Retour d'astre, avec Michel Butor &#169; Jean-Marc Brunet &#8211; Toutes les photos sont cre&#769;dite&#769;es Jean-Marc Brunet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru initialement dans ArtsHebdoM&#233;dias le 23 octobre 2019 : &lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/conversation-avec-jean-marc-brunet/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.artshebdomedias.com/article/conversation-avec-jean-marc-brunet/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/conversation-avec-jean-marc-brunet/&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/ahm.png' width=&#034;598&#034; height=&#034;487&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Smaris Elaphus 02</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Smaris-Elaphus-02</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Smaris-Elaphus-02</guid>
		<dc:date>2024-10-06T13:30:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Laure Desjardins , Martial Verdier et Pierre Leotard</dc:creator>


		<dc:subject>Corridor &#233;l&#233;phant</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>TK-21</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Smaris Elaphus, chime&#768;re improbable a&#768; la curiosite&#769; insatiable, nous e&#769;loigne du cours ordinaire des choses. Le poisson-cerf de&#769;cortique et pense son e&#769;poque.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Publications" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Corridor-elephant" rel="tag"&gt;Corridor &#233;l&#233;phant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/TK-21" rel="tag"&gt;TK-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH131/arton2537-63ff1.jpg?1772189364' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='131' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Smaris Elaphus deuxi&#232;me &#233;dition, chime&#768;re toujours improbable a&#768; la curiosite&#769; toujours insatiable, nous e&#769;loigne du cours ordinaire des choses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le poisson-cerf de&#769;cortique et pense son e&#769;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Liberte&#769; &amp; Insolences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ArtsHebdoMe&#769;dias, Corridor E&#769;le&#769;phant&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;TK-21 LaRevue&lt;/strong&gt; sont heureux de vous pre&#769;senter le nume&#769;ro 2 ! Trois revues libres et inde&#769;pendantes s'allient pour parler du monde qui change, trop vite... ou trop lentement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Liberte&#769;, liberte&#769; che&#769;rie, mais liberte&#769; qualifie&#769;e, norme&#769;e, encadre&#769;e, surveille&#769;e. Pauvre liberte&#769; oxymore&#769;e de novlangue, pauvre e&#769;galite&#769; quand elle est promue par ceux qui sont plus e&#769;gaux que d'autres, pauvre fraternite&#769; qui s'arre&#770;te a&#768; chaque frontie&#768;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Re&#769;apprenons a&#768; &#171; roter, cracher, pe&#769;ter &#187;, blasphe&#769;mer et &#171; faire ce que voudra &#187;... Remettons en question les valeurs morales qui doivent nous guider tant elles sont manipule&#769;es, perverties. Il faut re&#769;apprendre l'insolence, porter l'inde&#769;cence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Liberte&#769;, liberte&#769; a&#768; che&#769;rir, pre&#769;server, conque&#769;rir, inventer pour soi-me&#770;me et pour les autres, avec soi-me&#770;me et avec les autres. Indispensable liberte&#769; a&#768; vivre au jour le jour, indispensable e&#769;galite&#769; a&#768; qualifier au boulot, me&#769;tro, dodo, indispensable fraternite&#769; a&#768; dispenser autour de soi avant d'ambitionner de l'e&#769;tendre au monde.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;padding:100% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/1013556854?badge=0&amp;autoplay=1&amp;loop=1&amp;autopause=O&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;berga_smaris_elaphus_03&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a jamais eu d'E&#769;den, de socie&#769;te&#769; parfaite, de monde altruiste, d'univers bienveillant. Seulement et toujours des moments de gra&#770;ce, d'e&#769;quite&#769;, de solidarite&#769;, de joie, de de&#769;sir. Le verre est e&#769;ternellement a&#768; moitie&#769; vide, mais seuls ceux qui le voient a&#768; moitie&#769; plein peuvent faire grandir l'humanite&#769; et pre&#769;server le vivant. E&#769;duquons, imaginons. Prenons cette liberte&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emplissons nos verres, laissons couler l'encre et fleurir la cre&#769;ation, re&#769;pondons aux de&#769;sordres de nos de&#769;sirs, a&#768; l'insolence d'e&#770;tre. Oublions les re&#768;gles de bonne conduite, les e&#769;motions retenues, les engagements tie&#768;des, les amours de fac&#807;ade, les cre&#769;ations de commande et les pense&#769;es musele&#769;es a&#768; l'illusion du &#171; mieux &#187; vivre. Ne cherchons pas demain, mais buvons aujourd'hui a&#768; grandes lampe&#769;es avant que la vie ne s'e&#769;vapore. Le meilleur reste toujours a&#768; venir a&#768; celui qui, loin des codes, des diktats que l'on dit impose&#769;s a&#768; de&#769;faut d'avouer sa la&#770;chete&#769;, choisit son devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &lt;i&gt;the medium is the message,&lt;/i&gt; alors voila&#768; un bre&#769;viaire de la liberte&#769; et des insolences (supprimer vous-me&#770;me synecdoques et oxymores).&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_21655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/smaris_elaphus_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH650/smaris_elaphus_couv-54230.jpg?1772189364' width='500' height='650' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le n&#176;02 de SMARIS &#201;LAPHUS**, revue annuelle r&#233;alis&#233;e par trois revues en ligne (Arts Hebdo M&#233;dias, TK-21 LaRevue, Corridor &#201;l&#233;phant). Revue exp&#233;rimentale, elle ouvre ses pages une fois par an pour proposer &#224; des artistes contemporains et des auteurs de s'exprimer sur un th&#232;me choisi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le N&#176;02 a pour sujet &#171; Libert&#233; &amp; Insolences &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Souscrire :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.corridorelephant.com/smariselaphus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.corridorelephant.com/smariselaphus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mat&#233;riaux en tous sens, autoris&#233;s et interdits (E1)</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Materiaux-en-tous-sens-autorises</link>
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		<dc:date>2024-07-29T12:59:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Michel Jeandin</dc:creator>


		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>histoire de l'art</dc:subject>
		<dc:subject>science</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La chronique qui suit s'inscrit dans une s&#233;rie consacr&#233;e aux mat&#233;riaux et proc&#233;d&#233;s que l'artiste met en &#339;uvre dans sa cr&#233;ation.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Art-contemporain-176" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/histoire-de-l-art" rel="tag"&gt;histoire de l'art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/science" rel="tag"&gt;science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH102/arton2520-b32cf.jpg?1772207113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La chronique qui suit s'inscrit dans une s&#233;rie consacr&#233;e aux mat&#233;riaux et proc&#233;d&#233;s que l'artiste met en &#339;uvre dans sa cr&#233;ation. Ni franchement scientifique, ni simple billet d'humeur, elle n'a pour ambition que de partager les r&#233;actions de Michel Jeandin, &lt;i&gt;&#171; modeste amateur d'art dont la vie professionnelle fut/est (pour employer les grands mots) port&#233;e par la science des mat&#233;riaux &#187;&lt;/i&gt;, comme ce dernier aime &#224; le pr&#233;ciser. Apr&#232;s trois textes s'int&#233;ressant au polissage, &#224; l'or et au cuivre, l'auteur s'est lanc&#233; dans une r&#233;flexion/analyse des sens au regard des mat&#233;riaux utilis&#233;s dans l'art contemporain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour embrasser ce vaste sujet, deux temps de publication sont pr&#233;vus. Tel un feuilleton estival, la chronique sera livr&#233;e en 5 &#233;pisodes pour m&#233;nager un temps de r&#233;flexion et le suspens de ce qui adviendra le lendemain.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;pisode 1&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme le regard est le porte-parole des yeux, dixit joliment Moix avant moi, les sens sont les h&#233;rauts des mat&#233;riaux, charge &#224; l'art d'en &#233;crire les messages. Cet article s'int&#233;resse donc moins directement aux mat&#233;riaux eux-m&#234;mes qu'aux sens qui les r&#233;v&#232;lent. Il est logiquement structur&#233; pour distinguer les sens en &#233;veil (dits autoris&#233;s par l'auteur, notamment dans son titre), &#233;ventuellement en interaction (synesth&#233;sie au sens large), de ceux qui ne le sont pas. Il les nomme, en cons&#233;quence, respectivement, &#171; sens de circulation &#187; et &#171; sens interdits &#187;. Deux cat&#233;gories de sens dont seule la premi&#232;re sera abord&#233;e cette semaine. Laissant pour une prochaine fois, les &#171; sens interdits &#187; et une synth&#232;se montrant que les mat&#233;riaux sont bien l'essence des sens n&#233;cessaire au voyage sur la route de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21496 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;279&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH273/untitled-1-295b3.jpg?1722000541' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 1 : L'art et les sens
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;a) Tenture de la Dame &#224; la licorne, 6e tapisserie Mon seul d&#233;sir, photo Mus&#233;e de Cluny, &lt;br class='autobr' /&gt;
b) Rebecca Horn, &#171; Unicorn (Einhorn), 1970-72, photographie de la performance, collection de l'artiste &#169; Rebecca Horn, ADAGP, Paris, 2021, photo Achim Thod
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mat&#233;riaux et synesth&#233;sie dans l'art&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement la Dame &#224; la Licorne (figure 1) qui symbolise le mieux la rencontre entre mat&#233;riaux, sens et art. Sa repr&#233;sentation m&#233;di&#233;vale (figure 1a), une tenture, rassemble, en effet, sous la forme de cinq tapisseries all&#233;goriques, les (5) sens classiques. Une sixi&#232;me tapisserie dite &lt;i&gt;A Mon seul d&#233;sir&lt;/i&gt; compl&#232;te cet ensemble. Au-del&#224; de l'interpr&#233;tation classique allant vers un sixi&#232;me sens, il faut y voir, selon l'auteur de ces lignes, une repr&#233;sentation de l'art qui n'est autre que la quintessence (&#171; sextessence &#187; devrait-on plut&#244;t dire alors) des cinq autres. L'art sollicite, en effet, tous les sens comme le dit Lichtenberg qu'aime &#224; citer Sollers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;par exemple, dans son Agent secret, Gallimard, 2021, p. 88&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour y ajouter que l'amour, d'ailleurs, en fait autant. La repr&#233;sentation contemporaine de la &lt;i&gt;Dame &#224; la Licorne,&lt;/i&gt; par exemple au travers de l'&#339;uvre &lt;i&gt;Unicorn&lt;/i&gt; de l'artiste Rebecca Horn (la bien nomm&#233;e), le confirme en reprenant ces m&#234;mes th&#232;mes fondamentaux, notamment celui du d&#233;sir, magnifi&#233; encore lors de sa performance de 1970 (figure 1b) qui se voulait l'exprimer. Depuis lors, le trouple mat&#233;riaux-sens-art se trouble du fait de la complexification engendr&#233;e par des sens plus nombreux et plus en interaction qu'on ne le consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement. Le grand designer Jean-Baptiste Sibertin-Blanc en d&#233;nombre quatre en plus des cinq traditionnels : la proprioception, &#224; savoir la sensibilit&#233; profonde par la perception des diff&#233;rentes parties du corps, l'&#233;quilibrioception ou sens de l'&#233;quilibre, la thermoception ou ressenti des temp&#233;ratures, et la nociception ou perception des stimulations provoquant la douleur, &#224; distinguer de la douleur elle-m&#234;me. Les progr&#232;s de la science attestent cette complexification, gr&#226;ce au d&#233;veloppement de l'imagerie m&#233;dicale notamment. L'interpr&#233;tation artistique comme celle du fait artistique n'en est que plus riche et complexe elle aussi. L'art s'en trouve augment&#233; comme la r&#233;alit&#233; du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue Astasa dans sa s&#233;rie amorc&#233;e en 2023 &#171; Les sens &#224; l'&#339;uvre &#187; l'explore, de mani&#232;re scientifique et document&#233;e pour une clarification de l'ind&#233;finition du fait artistique, comme le qualifiait la Biennale NOVA XX au Centre Wallonie Bruxelles, d&#233;but 2022. Le lecteur est invit&#233; &#224; s'y reporter comme &#224; d'autres articles g&#233;n&#233;raux sur le polysensoriel, par exemple celui paru dans Beaux-Arts magazine, &#224; la m&#234;me &#233;poque (mars 2022). Cette simple chronique, cependant, si elle se veut aller dans le m&#234;me sens n'a pour ambition, que de faire &#233;tat de r&#233;flexions issues de p&#233;r&#233;grinations d'une exposition &#224; une autre au cours de ces deux derni&#232;res ann&#233;es, sans autre rigueur que de se laisser guider par les sens. Il reste (quand m&#234;me !) qu'un plan d&#233;taill&#233; a &#233;t&#233; adopt&#233;, avec pour objectif d'essayer de simplifier le propos, f&#251;t-ce au prix de quelque approche subjective comme l'exercice de la chronique l'autorise.&#8232;Selon qu'ils interviennent au stade de la cr&#233;ation d'une &#339;uvre, par l'artiste en l'occurrence, ou de sa perception, par son public donc, les sens peuvent jouer des r&#244;les diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attachons-nous pour l'heure aux &#171; sens de circulation &#187; attach&#233;s &#224; la cr&#233;ation. Pour aboutir &#224; l'&#339;uvre, l'artiste, puise l'inspiration dans son intellect, voire son intelligence, et/ou d'un mod&#232;le qu'il traduit au travers de ses sens. Parfois, il lui faut recourir &#224; plusieurs sens, plus ou moins simultan&#233;ment, pour exprimer ce qu'il ressent dans ce qui peut s'appeler processus de cr&#233;ation avec interaction de sens. D'autres fois, il entre dans un processus de cr&#233;ation par transcription, c'est-&#224;-dire qu'il essaie de convertir ce qu'il cr&#233;e et per&#231;oit avec un sens donn&#233; en une autre cr&#233;ation perceptible par un autre sens. Il s'agit alors d'un travail de traduction sensorielle, en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avec interaction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'un des plus beaux exemples de cr&#233;ation selon le premier des processus d&#233;crits plus haut se trouve chez Virgil Thomson, compositeur et critique d'art, d'autant plus que son mod&#232;le &#233;tait des plus artistiques. Thomson fit, en effet, de Peggy Guggenheim un &#171; portrait musical &#187; (sa sonate pour piano n&#176;IV dite &lt;i&gt;Guggenheim Jeune&lt;/i&gt;) qui n&#233;cessita d'elle des heures de pose devant lui tout en lui lisant l'un de ses ouvrages, pour nourrir son inspiration. Cette anecdote racont&#233;e par Peggy Guggenheim, elle-m&#234;me, dans ses m&#233;moires (&lt;i&gt;Ma vie et mes folies,&lt;/i&gt; Perrin, 2004, p. 178) r&#233;v&#232;le bien un type de processus de traduction impliquant plusieurs sens. Toujours pour de la traduction sensorielle mais avec, en plus, le toucher (m&#234;me si avec Peggy aussi&#8230; ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Derain, prenait aussi parfois, sur ses genoux, ses mod&#232;les pour travailler. Il lui fallait, en effet, voir mais aussi toucher, leur enserrant la taille d'une main et peignant de l'autre. Moins moralement attaquable aujourd'hui, l'interaction sensorielle est connue, beaucoup plus prosa&#239;quement, gr&#226;ce aux plateaux-repas servis dans les avions qu'il serait os&#233;, quand m&#234;me, de rattacher &#224; l'art, f&#251;t-il culinaire. La synesth&#233;sie entre bruit et go&#251;t, en effet, conduit &#224; saler et/ou sucrer &#224; l'exc&#232;s pour compenser l'impression de fadeur que les passagers trouvent aux aliments du fait des bruits de cabine (de type bruit blanc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple venu du ciel est celui de l'affinage du jambon de Saint-Flour, traditionnellement pratiqu&#233; dans le clocher de la cath&#233;drale puisque bonifi&#233;, aux dires de son cur&#233;, par les vibrations de sa cloche.&#8232;Perturber les sens a toujours fait partie des techniques aidant l'artiste &#224; ouvrir des portes &#224; son inspiration. Le recours aux drogues n'a pas &#224; &#234;tre trait&#233; ici, aussi parce qu'il est banal. Moins banale est la perturbation due &#224; une excitation sensorielle &#171; naturelle &#187;, pouvant cependant mener &#224; des effets majeurs. L'excitation auditive, par la musique notamment, aide &#224; la cr&#233;ation : chor&#233;graphique et philosophique chez les derviches tourneurs soufis, litt&#233;raire chez les artistes du groupe Bazooka, &#224; l'origine de la sc&#232;ne graphzine issue de l'&#233;coute de musique punk (parfois sous psychotrope, il est vrai), picturale pour Charlotte Salomon, glorifi&#233;e par David Foenkinos, qui ne cr&#233;ait qu'en &#233;coutant de la musique, ou litt&#233;raire encore pour Guillaume Musso (r&#233;f&#233;rence retenue ici, bien que probablement triviale pour certains, pour montrer combien le proc&#233;d&#233; est r&#233;pandu) qui ne peut &#233;crire qu'en &#233;coutant de la musique (celle de Philippe Glass, comme aime &#224; dire l'&#233;crivain, excusez du peu !).&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le polyglottisme sensoriel peut s'&#233;tendre &#224; plus de deux sens. L'artiste contemporain Dove Allouche l'a r&#233;cemment montr&#233; dans son &#339;uvre &lt;i&gt;AgBr&lt;/i&gt; dont la grande richesse d'inspiration doit au m&#233;lange des sens, go&#251;t, vue et toucher qui y a conduit : &#339;uvre si riche que la place manque ici pour l'expliquer et tenter d'en faire partager la puissance. Associ&#233;s aux sens, les mat&#233;riaux catalysent l'inspiration artistique puisque argent et brome, combin&#233;s pour former le bromure d'argent, sel m&#233;tallique r&#233;v&#233;lateur photographique, &#233;voquent le sel de la mer Morte qui constitue le mod&#232;le des 9 prises de vue que l'artiste en a fait (figure 2a) &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles de grandissement et contraste. Si, de plus, l'&#339;uvre est correctement &#233;clair&#233;e sur son lieu d'exposition, la lumi&#232;re (en haut de la figure 2b) semble dire qu'elle n'est pas l&#224; o&#249; le regardeur la voit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;163&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image_2-17.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH227/image_2-17-a6407.jpg?1722000541' width='500' height='227' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 2 : Dove Allouche, &#171; AgBr &#187;,
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;a) Vue oblique d'une partie de l'ensemble des 9 panneaux, &lt;br class='autobr' /&gt;
b) D&#233;tail en vue de face, 2022. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo M. Jeandin, 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Par transcription&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La musique est, probablement, l'art par lequel la cr&#233;ation par traduction sensorielle a commenc&#233; et est la plus courante, la transcription musicale en devenant presque une discipline artistique &#224; part enti&#232;re. Cela ne doit pas faire oublier que la musique est abstraite et se suffit &#224; elle-m&#234;me, ce qui lui vaut souvent d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le premier des arts. Jon Albers ne disait-il pas : &lt;i&gt;&#171; Tout le monde aime la musique [&#8230;]. G&#233;n&#233;ralement, en l'&#233;coutant, il n'est pas n&#233;cessaire de penser &#224; quelque-chose dans la nature que la musique essaie d'imiter ou de repr&#233;senter. La musique poss&#232;de une vie en soi &#187;&lt;/i&gt; ? Ce n'est, cependant, pas une contradiction avec ce qui vient d'&#234;tre dit plus haut sur l'existence de transcriptions musicales de sens autres que l'ou&#239;e ou, plus commun&#233;ment et &#224; un moindre degr&#233;, d'&#233;vocations/illustrations musicales &#233;veill&#233;es par les arts plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, une &#339;uvre musicale pourra inspirer un plasticien y compris dans le cadre d'une cocr&#233;ation. Certaines barri&#232;res entre plasticiens et musiciens s'en trouvent alors abolies, &#224; la diff&#233;rence de ce qui aura pu exister autrefois entre &#233;crivains et musiciens, Mallarm&#233; le qualifiant m&#234;me de &#171; supr&#234;me jalousie &#187;. L'aujourd'hui est plut&#244;t dans la recherche de connivence entre arts (et sens donc) et la cr&#233;ation des c&#233;l&#232;bres passerelles pour les relier. Diff&#233;rents parcours existent donc, pour cela, d'un sens l'autre ou d'un sens avec l'autre. La suite de cette chronique les distingue, &#224; la lumi&#232;re (pour ne pas dire au son voire au toucher) d'&#339;uvres contemporaines puisque ce sont, surtout, les artistes contemporains qui se sont ouverts et ouvrent au polysensoriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre ou&#239;e et vue, entre son et image pour ce qui est de leur traduction, est la plus courante. La recherche d'un instrument combinant les deux sens simultan&#233;ment, dans le r&#234;ve d'un art synesth&#233;sique a conduit, d&#232;s le d&#233;but du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Vladimir Baranoff-Rossin&#233;, peintre, sculpteur et musicien, &#224; mettre au point son piano optophonique (figure 3a) qui acta, en son temps, la fusion entre peinture et musique. L'instrument assurait la projection d'images color&#233;es se mouvant, au travers de disques peints (figure 3b), simultan&#233;ment au son de ce que jouait le pianiste : les disques peints pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &#339;uvres visuelles en elles-m&#234;mes, conserv&#233;es dans les mus&#233;es comme telles d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;171&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image_3-12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH196/image_3-12-08af3.jpg?1772207052' width='500' height='196' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 3 : Vladimir Baranoff-Rossin&#233;,
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;a) &#171; Piano ortophonique &#187;, 1920-1923, &#169;Photo M. Jeandin, 2021, &lt;br class='autobr' /&gt;
b) Disque ortophonique, 1920-1923. &#169;Photo M. Jeandin, 2021
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour aller de l'image au son ou r&#233;ciproquement, sans synesth&#233;sie qui implique la simultan&#233;it&#233; des sens, l'artiste se place dans une qu&#234;te d'&#233;quivalence. Les po&#232;tes et litt&#233;rateurs furent les premiers &#224; y &#234;tre sensibles. Cocteau l'exprime en une fulgurante association des mots (par d&#233;finition m&#234;me de la po&#233;sie) cacato&#232;s, charivari et couleurs dans sa phrase &lt;i&gt;&#171; Les cacato&#232;s entonnent le charivari des couleurs &#187;&lt;/i&gt; reprise sur le banc cr&#233;&#233; par les artistes canadiens contemporains Goulet et Massut (figure 4). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chronique est l'occasion de signaler que ce banc m&#233;rite d'&#234;tre reconnu comme une &#339;uvre contemporaine &#224; part enti&#232;re, &#224; appr&#233;cier dans le Jardin du Palais Royal, m&#234;me si les colonnes de Buren (&lt;i&gt;Les Deux Plateaux&lt;/i&gt;) qui lui sont proches peuvent en &#233;loigner le promeneur. L'esth&#233;tique de ce banc, dit Dentelles d'Eternit&#233;, s'accorde, en effet, parfaitement avec les arbres environnants (figure 4) et les cacato&#232;s aussi gr&#226;ce aux com&#233;diens du Fran&#231;ais qui viennent souvent y r&#233;p&#233;ter leurs sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21488 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;192&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH291/fig_4-a3a9f.jpg?1772207052' width='500' height='291' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 4 : Michel Goulet et Fran&#231;ois Massut, &#171; Dentelles d'Eternit&#233; &#187; (cf. plaque estampille &#224; droite sur le dos) dans le Jardin du Palais Royal/Paris, 2016. &#169;Photo M. Jeandin, 2023.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Marcel Proust est, cependant, le ma&#238;tre pour exprimer le m&#233;lange des sens et leur &#233;quivalence. A la vue et l'ou&#239;e comme elles &#233;taient consid&#233;r&#233;es dans le premier exemple pr&#233;c&#233;demment pris, il ajoute souvent l'odorat (olfaction). Son c&#233;l&#232;bre texte sur les aub&#233;pines est un sommet, au point que l'auteur de cet article a conscience de la vanit&#233; de son projet de parler des sens quand Proust en a d&#233;j&#224; montr&#233; toute la puissance et les subtilit&#233;s. Il encouragerait m&#234;me son lecteur &#224; ne pas en continuer la lecture pour lui pr&#233;f&#233;rer celle du grand Marcel, notamment :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Je le trouvai [le chemin] tout bourdonnant de l'odeur des aub&#233;pines [&#8230;]. Moi-m&#234;me j'appr&#233;ciais plus le fromage &#224; la cr&#232;me rose, celui o&#249; l'on m'avait permis d'&#233;craser des fraises. Et justement ces fleurs avaient choisi une de ces teintes de chose mangeable, ou de tendre embellissement &#224; une toilette pour une grande f&#234;te, qui, parce qu'elles leur pr&#233;sentent la raison de leur sup&#233;riorit&#233;, sont celles qui semblent belles avec le plus d'&#233;vidence aux yeux des enfants, et &#224; cause de cela, gardent toujours pour eux quelque chose de plus vif et de plus naturel que les autres teintes, m&#234;me lorsqu'ils ont compris qu'elles ne promettaient rien &#224; leur gourmandise et n'avaient pas &#233;t&#233; choisies par la couturi&#232;re &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte, repris dans &lt;i&gt;Un amour de Swan&lt;/i&gt; de la &lt;i&gt;Recherche,&lt;/i&gt; figure dans le livre &lt;i&gt;Vacances de P&#226;ques et autres chroniques&lt;/i&gt; de Marcel Proust&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Editions Gallimard, Collection Folio, n&#176;6727, 2020, p. 16&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'il faut conseiller &#224; quiconque cherche, ne serait-ce qu'un livre, pour acc&#233;der au bonheur, pour seulement deux euros qui plus est : fin de digression proustienne. Les couleurs si merveilleusement &#233;voqu&#233;es par Proust sont &#224; la base de multiples cr&#233;ations artistiques visant &#224; les appr&#233;hender autrement que par la vue. Il s'y trouve, par exemple, le c&#233;l&#232;bre sonnet &lt;i&gt;Voyelles&lt;/i&gt; qui m&#233;rite bien son nom puisque Rimbaud y fait sonner les couleurs au son des voyelles qu'il leur fait correspondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science n'est pas en reste avec Newton pour qui les 7 couleurs de l'arc-en-ciel auraient pour origine la gamme musicale. Le musicologue belge, Claude Charlier, pour sa part, associe des couleurs, non pas &#224; des notes &#233;l&#233;mentaires mais &#224; des phrases musicales, y compris pour des raisons didactiques, en coloriant les partitions, m&#234;me s'il est permis de penser que Bach, son musicien de pr&#233;dilection, n'en avait pas besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un registre plus r&#233;cent, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre colori&#233;es, les compositions de la grande musicienne contemporaine Camille P&#233;pin, peuvent &#234;tre dites color&#233;es. Elles sont, en effet, par exemple &lt;i&gt;Les Eaux c&#233;lestes,&lt;/i&gt; aux dires de la compositrice elle-m&#234;me, le fruit d'une riche exploration sur des couleurs comme le ferait un peintre. Camille P&#233;pin a trouv&#233; en C&#233;lia Oneto Bensaid, une interpr&#232;te qui la comprend parfaitement puisque, dans &lt;i&gt;Number 1&lt;/i&gt; notamment, cette derni&#232;re revendique dans son interpr&#233;tation de se rapprocher de Pollock. Le mariage P&#233;pin-Ben Said ne pouvait donc &#234;tre que grandiose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la transcription musicale des couleurs, port&#233;e &#224; un niveau exceptionnel par cet exemple, se pose plus g&#233;n&#233;ralement et prosa&#239;quement la question de la sonorisation d'images que peuvent avoir en t&#234;te tant l'artiste que son public. C'est le Prince de Polignac qui en fut l'un des premiers cr&#233;ateurs, par la sonorisation des projections de paysages peints qu'il donnait dans les salons de l'&#233;poque, celui de sa Princesse d'&#233;pouse (Princesse Edmond de Polignac) donc, entre autres. Son go&#251;t de la conjugaison entre l'oreille et la vue l'y pr&#233;disposait, entra&#238;n&#233; qu'il &#233;tait par sa fr&#233;quentation assidue d'Amsterdam et de Venise. C'est l&#224;, comme le rapporte Proust (encore lui !) dans l'une de ses premi&#232;res chroniques au Figaro, qu'il fut le premier &#224; souligner la parent&#233; entre la lumi&#232;re et le silence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Musique d'Aujourd'hui-Echos d'Autrefois, Chronique du 11 mai 1903 dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais nous y reviendrons.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les composantes de ces paysages inspirants, le bleu a toujours b&#233;n&#233;fici&#233; d'une attention particuli&#232;re en musique que m&#234;me Michel Pastoureau n'explique pas, cependant. La composition &lt;i&gt;Celeste&lt;/i&gt; (rappelant les Eaux du m&#234;me nom de Camille P&#233;pin, d&#233;j&#224; cit&#233;e) de Brian et Roger Eno, interpr&#233;t&#233;e magistralement par Vanessa Wagner dans son opus &lt;i&gt;Study of the Invisible,&lt;/i&gt; est cit&#233; ici pour sa pertinence, comme veut l'esp&#233;rer l'auteur, mais aussi parce que propre &#224; d'autres commentaires sensoriels (si ce n'est sens&#233;s) dans le deuxi&#232;me volet de l'article (&#167; &#171; Invisible &#187;). &lt;i&gt;A l'&#233;coute du bleu&lt;/i&gt; constitue une autre r&#233;f&#233;rence majeure sous la forme d'un livre r&#233;cent sous ce titre explicite par le chor&#233;graphe L&#233;o Walk : dense et dans&#233;. Sinon, la r&#233;f&#233;rence, plus commune, des &lt;i&gt;Mots bleus&lt;/i&gt; de Jarre et Christophe se doit d'&#234;tre mentionn&#233;e aussi, ne serait-ce que pour ob&#233;ir aux pr&#233;ceptes d&#233;finis par Guillaume Log&#233;e dans son livre &lt;i&gt;Renaissance Sauvage&lt;/i&gt; (Gallimard/PUF, p. 183). Certains musiciens, pourtant, veulent &#233;chapper &#224; cette parent&#233; entre mots &#8211; fussent-ils bleus &#8211; et musique, &#224; rebours du mouvement lettriste (hyper-cr&#233;atiste ou hyper-novatiste). Rodolphe Burger, consacr&#233; r&#233;cemment par le Centre Pompidou, en est l'un des porte-parole, dans sa recherche du &#171; texte non musical &#187;, &#224; mettre en parall&#232;le avec la musique atonale. Il nourrit, si ce n'est la jalousie entre musiciens et &#233;crivains d&#233;j&#224; soulign&#233;e, au moins le d&#233;bat sur le lien entre mots et musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de son sujet, cet article se contentera de dire, dans ce d&#233;bat, qu'au-del&#224; de leur sens, les mots peuvent faire penser &#224; la musique par leur rythme d'&#233;criture et leur graphie. La calligraphie et le calligramme en sont de banals exemples. A ce titre, l'&#233;criture arm&#233;nienne, par l'esth&#233;tique de son alphabet (Mesropian) (figure 5), peut &#234;tre dite entrer de plain-pied dans l'art contemporain, notamment au travers de l'&#339;uvre du cin&#233;aste Artavazd Pelechian qui y ajoute sa pens&#233;e en parfaite symbiose avec le th&#232;me de cet article. L'artiste y consid&#232;re, en effet, le cin&#233;ma comme un art &#233;chappant aux langages, particulier pour un &#339;cum&#233;nisme des sens. A rapprocher de la calligraphie est l'art de Robert Filliou quand il se fonde sur le rythme de r&#233;p&#233;tition des motifs visuels qu'il pr&#233;sente dans ses cr&#233;ations. Sa caract&#233;ristique &#338;uvre sans valeur, par exemple (figure 6), impose ainsi visuellement au regardeur une musicalit&#233;, pour ne pas dire musique, qui lui impr&#232;gne l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH189/fig_5-cc37b.jpg?1772207052' width='500' height='189' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 5 : Artavazd Pelechian, commentaire sur son film &#171; La Nature &#187;, 2005. &#169;Photo M. Jeandin, 2021
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH233/fig_6-d174b.jpg?1722000541' width='500' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 6 : Robert Filliou, &#171; &#338;uvre sans valeur &#187;, 1969. &#169;Photo M. Jeandin, 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les exemples pr&#233;c&#233;dents illustraient le parcours du visuel vers le son. L'art contemporain est aussi riche d'exemples o&#249; le parcours des sens va de l'ou&#239;e vers la vue &#8212; m&#234;me si la nuance est parfois subtile pour le distinguer du parcours oppos&#233; &#8212;, c'est-&#224;-dire du son &#224; l'image : celle des couleurs en particulier, sachant que pour ce qui est du son, ne sera consid&#233;r&#233;e ici que la musique, et toujours dans un contexte d'&#233;ventuelle synesth&#233;sie. Le meilleur &#171; parcoureur &#187;, en ce sens, fut Basquiat, sur lequel cette chronique s'attardera car son &#339;uvre annon&#231;a les cr&#233;ations contemporaines les plus en pointe dans le genre. Son obsession premi&#232;re fut, chacun le sait, de traduire les notes de jazz en couleurs, ce qui le situe dans la veine historique d'Esther Carp qui, dans ce qu'elle appelait des &#171; transcriptions musicales &#187;, traduisait de grands compositeurs (Stravinsky, Messiaen, Chopin&#8230;). La symphonie en ut de Chopin lui inspira, entre autres, un dessin shadockien (figure 7) que les critiques d'art contemporains pr&#233;f&#233;reront, cependant, dire annonciateur du Doodle Art ou gribouillage en fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;118&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig.7-600x800.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/fig.7-600x800-6c1de.jpg?1722000541' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 7 : Esther Carp, Transcription musicale de &#171; Valse en ut di&#232;se mineur &#187;,1949. &#169;Photo M. Jeandin, 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Doodle Art repr&#233;sente, d'ailleurs, un marqueur de la traduction de l'audio au visuel gr&#226;ce &#224; Josef Blahaut, l'une de ses figures marquantes, qui recourait &#224; la pratique du doodle pour se lib&#233;rer des voix qu'il entendait, en un exercice d'exorcisme. Que Jeanne d'Arc n'a-t-elle pas eu un temp&#233;rament d'artiste plut&#244;t que de guerrier ! Basquiat, pour y revenir, se montrait plus structur&#233;, autant que cela puisse &#234;tre dit, gr&#226;ce &#224; la d&#233;finition d'&#233;quivalences entre :&#8232;&lt;strong&gt;- Graphisme et son.&lt;/strong&gt; L'espacement entre les traits du dessin et leur position/hauteur rendent visibles le rythme et l'intensit&#233; musicale, dans une grande partie de son &#339;uvre, singuli&#232;rement dans son c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;Anybody Speaking Words&lt;/i&gt; (1982). La symbiose entre musique et peinture qui en r&#233;sulte rappelle la polys&#233;mie du mot &#171; opera &#187; se r&#233;f&#233;rant tant &#224; un genre musical qu'au travail auquel il se rapporte en latin.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Mat&#233;riaux supports et cr&#233;ation musicale.&lt;/strong&gt; La nature et la texture des mat&#233;riaux recevant les cr&#233;ations de Basquiat lui servent souvent &#224; exprimer la cr&#233;ation musicale. Ainsi, dans &lt;i&gt;Left Hand-Right Hand,&lt;/i&gt; 1984-1985, les lattes de bois des palettes figurent les touches o&#249; se posent les mains du pianiste (figure 8). Il rappelle ou plut&#244;t annonce en cela Christian Marclay, dans la sc&#232;ne contemporaine, avec sa s&#233;rie Screams, par exemple, qui exploite les n&#339;uds et les veines du bois support de sa peinture. Il s'y exprime le son/le cri (en r&#233;f&#233;rence &#224; Munch en particulier) par analogie aux ondes sonores, &lt;i&gt;Flaming Shards&lt;/i&gt; (figure 9, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;103&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH339/fig_8-89ce8.jpg?1772207053' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 8 : Jean-Michel Basquiat, &#171; Left Hand-Right Hand &#187;, 1984-1985. &#169;Photo M. Jeandin, 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;98&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH243/fig_9-9b71d.jpg?1772207053' width='500' height='243' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 9 : Christian Marclay, &#171; Scream (Flaming Shards) &#187;, 2019. &#169;Photo M. Jeandin, 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Collages et rythme.&lt;/strong&gt; Dans bon nombre de ses &#339;uvres, l'emploi de collages, y compris r&#233;p&#233;titifs (avec usage de photocopies, par exemple) s'accorde parfaitement aux techniques d'&#233;chantillonnages et de r&#233;p&#233;tition dans le rap, le reggae ou le jazz qu'il cherche &#224; traduire sur la toile. &lt;i&gt;Sell Grit&lt;/i&gt; (1983) en est un pulsant exemple, s'il ne fallait en retenir qu'un. Marclay encore, dans un contexte plus contemporain, a repris cette technique de collage aux m&#234;mes fins (cf. certaines de ses &#339;uvres &#233;voqu&#233;es plus loin).&#8232;&lt;strong&gt;- Mots et ponts.&lt;/strong&gt; En apposant souvent sur ses &#339;uvres des mots, comme le fait Basquiat sous forme d'onomatop&#233;es ou allit&#233;rations, par exemple, l'artiste r&#233;duit l'&#233;cart entre le visuel et le textuel. Un peu comme l'a fait Pierre Huyghe dans sa vid&#233;o &lt;i&gt;One Million Kingdoms&lt;/i&gt; (2001), o&#249; le personnage repr&#233;sent&#233; se d&#233;place au sein d'un environnement g&#233;n&#233;r&#233; graphiquement par les paroles qu'il &#233;nonce : la forme des discours se r&#233;percutant sur les surfaces qu'il parcourt. Le processus artistique rappelle en cela l'installation num&#233;rique interactive de Michel Bret, Edmond Couchot et Marie-H&#233;l&#232;ne Tramus &lt;i&gt;La Plume&lt;/i&gt; (1986) expos&#233;e &#224; l'inauguration du Mus&#233;e de la BNF/Richelieu. Cette installation montre une plume voletant sur un &#233;cran au rythme du bruit (des mots par exemple) capt&#233; par un micro lui faisant face. Les mots jouent alors un r&#244;le de ponts, au sens musical du terme, &#224; l'inverse de ce que souhaite Burger, d&#233;j&#224; cit&#233;. L'affichiste contemporain Philippe Apeloig l'a exprim&#233; avec talent dans son affiche &lt;i&gt;Lire la Cara&#239;be&lt;/i&gt; (figure 10) dont le rythme pr&#233;figure le sens des mots qu'elle annonce (pour un salon du livre).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;102&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig.10-539x800.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH742/fig.10-539x800-c75b9.jpg?1772207053' width='500' height='742' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 10 : Philippe Apeloig, &#171; Lire la Cara&#239;be/Cuba, Ha&#239;ti &#187;, 1998. &#169;Photo M. Jeandin, 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Basquiat l'aurait, sans nul doute, aim&#233;e, non seulement parce qu'il y est question de la Cara&#239;be mais aussi parce qu'elle reprend certains traits de son art. L'intellect prendra le relais ensuite comme un paragraphe ult&#233;rieur, sur la perception diff&#233;r&#233;e, le montrera. &lt;i&gt;Eroica&lt;/i&gt; (1988), en r&#233;f&#233;rence &#224; Beethoven, que les ex&#233;g&#232;tes de l'&#339;uvre de Basquiat interpr&#232;tent comme une sorte de coda &#224; la musicalit&#233; de son art voire &#224; sa vie, peut alors &#234;tre mati&#232;re &#224; d&#233;veloppement sur les liens entre les sens. L'auteur s'en passera ici, se bornant &#224; souligner, chacun pouvant comprendre pourquoi, que Basquiat se sentait musicien avant d'&#234;tre peintre, au m&#234;me titre que Modigliani, avait une &#226;me de sculpteur plut&#244;t que de peintre. Ce n'est pas pour rien que les critiques d'art qualifient la peinture de Basquiat de bruyante. Il faut la prendre ici dans son acception synesth&#233;sique et non dans l'acception p&#233;jorative que d'aucuns veulent parfois retenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette guerre des sens, arbitr&#233;e par le cours de la vie, la m&#233;diocre plaisanterie sur Beethoven se croyant peintre tellement il &#233;tait sourd, n'est donc pas, en fait, si d&#233;nu&#233; de sens que cela et, encore moins, de respect. Plus s&#233;rieusement mais toujours dans le m&#234;me registre, Jean-Luc Godard disait qu'il &#233;tait un peintre qui faisait du cin&#233;ma, quand il ne disait pas qu'il faisait de la litt&#233;rature avec de la peinture, en une variante tout aussi d&#233;cisive. Tous ces g&#233;nies, qu'ils fussent Basquiat, Beethoven, Godard et autres, avaient surtout bien compris et montr&#233; les r&#244;les crois&#233;s des sens dans leur art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Episode 2 -&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/materiaux-en-tous-sens-autorises-et-interdits-e2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.artshebdomedias.com/article/materiaux-en-tous-sens-autorises-et-interdits-e2/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;par exemple, dans son Agent secret, Gallimard, 2021, p. 88&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Editions Gallimard, Collection Folio, n&#176;6727, 2020, p. 16&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in Musique d'Aujourd'hui-Echos d'Autrefois, Chronique du 11 mai 1903 dans Chroniques, Gallimard/L'Imaginaire, 2015, p. 45&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture &gt; &lt;i&gt;Mon seul d&#233;sir&lt;/i&gt; (d&#233;tail), &lt;i&gt;La Dame &#224; la licorne,&lt;/i&gt; entre 1484 et 1500, Mus&#233;e de Cluny, Paris. Photo &#169; Didier Descouens, Toulouse, 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Smaris Elaphus 01</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Smaris-Elaphus-01</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Smaris-Elaphus-01</guid>
		<dc:date>2023-12-01T19:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Corridor &#233;l&#233;phant</dc:subject>
		<dc:subject>TK-21</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Smaris Elaphus, la chime&#768;re improbable se d&#233;veloppe et approche de l'&#233;closion. Vous avez &#233;t&#233; nombreux &#224; nous aider et vous pr&#233;parer un beau moment plaisir de lecture, mais il faut encore que tous ceux qui ont aim&#233; nos teasers investissent dans ce tr&#232;s beau papier.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Publications" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Corridor-elephant" rel="tag"&gt;Corridor &#233;l&#233;phant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/TK-21" rel="tag"&gt;TK-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH129/arton2369-44139.jpg?1772189364' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='129' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Smaris Elaphus, la chime&#768;re improbable se d&#233;veloppe et approche de l'&#233;closion. Vous avez &#233;t&#233; nombreux &#224; nous aider et pour pr&#233;parer un beau moment plaisir de lecture, mais il faut encore que tous ceux qui ont aim&#233; nos teasers investissent dans ce tr&#232;s beau papier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voyez plut&#244;t, 112 pages, 30 collaborateurs, 26 articles, 6 mois de travail, 3 revues &#224; la cr&#233;ation&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Smaris Elaphus, chime&#768;re improbable a&#768; la curiosite&#769; insatiable, nous e&#769;loigne du cours ordinaire des choses. Le poisson-cerf de&#769;cortique son e&#769;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne dit-on pas que rien ne de&#769;crit mieux l'humain que ce qu'il cre&#769;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20339 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L480xH480/s-e-sous-480-c2b68.gif?1699883140' width='480' height='480' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;h3 font color=&#034;red&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La revue des trois revues&lt;/h2&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_20338 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/png/logos-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH139/logos-2-4b652.png?1772189364' width='500' height='139' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h4&gt;&lt;strong&gt;Merveilleux &amp; Fanto&#770;mes&lt;/strong&gt;&lt;/h4&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/883297552?badge=0&amp;autopause=0&amp;quality_selector=1&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;640&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture&#034; title=&#034;SE 640&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;center&gt;
&lt;table border=&#034;0&#034; cellpadding=&#034;0&#034; cellspacing=&#034;0&#034; role=&#034;presentation&#034; style=&#034;border-collapse:separate;line-height:100%;&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;
&lt;td align=&#034;center&#034; bgcolor=&#034;transparent&#034; role=&#034;presentation&#034; style=&#034;border:1px solid #f66b08;border-radius:3px;cursor:auto;mso-padding-alt:10px 25px 10px 25px;background:transparent;&#034; valign=&#034;middle&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.corridorelephant.com/smariselaphus&#034; style=&#034;display:inline-block;background:transparent;color:#ffffff;font-family:Arial, sans-serif;font-size:16px;font-weight:normal;line-height:120%;margin:0;text-decoration:none;text-transform:none;padding:10px 25px 10px 25px;mso-padding-alt:0px;border-radius:3px;&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;&lt;span style=&#034;color:#f66b08;font-family:Arial;font-size:16px;&#034;&gt;
D&#201;COUVRIR / S'OFFRIR / SOUTENIR LA REVUE&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Merveilleuse revue, faite de rencontres, de vie et d'envie, parfois entre deux trains, cre&#769;ature hybride de&#769;sormais presque entre vos mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ArtsHebdoMe&#769;dias, Corridor E&#769;le&#769;phant et TK-21 LaRevue sont heureux de vous pre&#769;senter leur revue, e&#769;patant ve&#769;hicule d'imaginaires e&#769;clectiques et de&#769;bride&#769;s, mais a&#768; l'unisson. Ensemble, les trois medias web explorent de nouveaux chemins partage&#769;s et multiplient par trois le plaisir d'informer autant que d'apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merveilleux vaisseau peuple&#769; de fanto&#770;mes et de re&#769;cits initiatiques, vous n'en croirez pas vos yeux, tout est terriblement vrai et magnifiquement faux ! Fantastique, magique, mirifique, prodigieux, surnaturel, extraordinaire, remarquable, admirable, formidable, fabuleux, surprenant, charmant, de&#769;licieux, e&#769;blouissant, enchanteur, e&#769;tincelant, fascinant, splendide, superbe et invisible, la proposition est ine&#769;dite, unique, un saut dans l'inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun calcul, les certitudes sont trompeuses. Aucune projection, e&#769;valuation, analyse de marche&#769;, aucune trajectoire de&#769;finie par avance. Rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'inconnu, vous dis-je. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'inconnu pour laisser faire le hasard et voir nai&#770;tre le de&#769;sir. Mais pas n'importe lequel. Le de&#769;sir premier, celui de s'e&#769;merveiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'esprit, des ide&#769;es, Smaris Elaphus vous invite a&#768; une de&#769;ambulation insolite. Ses pages pleines de souvenirs a&#768; venir s'offrent comme autant de propositions ouvertes. Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas miser sur l'imagination, les songes, la camaraderie, la fantaisie... le merveilleux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre lecture puisse-t-elle e&#770;tre accompagne&#769;e de la de&#769;gustation des ce&#769;le&#768;bres meringues a&#768; la cre&#768;me Chantilly parseme&#769;es de copeaux de chocolat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le merveilleux a plus d'un tour dans son sac !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;table border=&#034;0&#034; cellpadding=&#034;0&#034; cellspacing=&#034;0&#034; role=&#034;presentation&#034; style=&#034;border-collapse:separate;line-height:100%;&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;
&lt;td align=&#034;center&#034; bgcolor=&#034;transparent&#034; role=&#034;presentation&#034; style=&#034;border:1px solid #f66b08;border-radius:3px;cursor:auto;mso-padding-alt:10px 25px 10px 25px;background:transparent;&#034; valign=&#034;middle&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.corridorelephant.com/smariselaphus&#034; style=&#034;display:inline-block;background:transparent;color:#ffffff;font-family:Arial, sans-serif;font-size:16px;font-weight:normal;line-height:120%;margin:0;text-decoration:none;text-transform:none;padding:10px 25px 10px 25px;mso-padding-alt:0px;border-radius:3px;&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;&lt;span style=&#034;color:#f66b08;font-family:Arial;font-size:16px;&#034;&gt;
D&#201;COUVRIR / S'OFFRIR / SOUTENIR LA REVUE&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;i&gt;Flipbook extrait de la revue&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'art de la R&#233;union ici et maintenant</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-art-de-la-Reunion-ici-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/L-art-de-la-Reunion-ici-et</guid>
		<dc:date>2023-11-01T12:34:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandra Boucherifi et ArtsHebdoM&#233;dias</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Outre-Mer</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;union</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Face &#224; la diversit&#233; et &#224; la qualit&#233; des propositions plastiques, Ast&#232;r At&#232;rla (&#171; ici et maintenant &#187;) d&#233;clenche d&#232;s la premi&#232;re salle une soif de d&#233;couverte pour l'art actuel de la R&#233;union. En effet, le Centre de cr&#233;ation contemporaine Olivier-Debr&#233;, &#224; Tours, offre une lecture in&#233;dite et captivante de l'art contemporain r&#233;unionnais &#8211; auquel nous n'avons h&#233;las que peu acc&#232;s &#8211;, &#224; travers un parcours &#233;clectique, riche en m&#233;diums, r&#233;flexions, et pistes &#224; explorer. &#338;uvres peintes, tiss&#233;es, sculpt&#233;es, film&#233;es, install&#233;es et photographi&#233;es sont au c&#339;ur de la d&#233;couverte.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Lire-ecrire" rel="directory"&gt;Voir, Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Outre-Mer" rel="tag"&gt;Outre-Mer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Reunion" rel="tag"&gt;R&#233;union&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH126/arton2367-64526.jpg?1772207113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; la diversit&#233; et &#224; la qualit&#233; des propositions plastiques, Ast&#232;r At&#232;rla (&#171; ici et maintenant &#187;) d&#233;clenche d&#232;s la premi&#232;re salle une soif de d&#233;couverte pour l'art actuel de la R&#233;union. En effet, le Centre de cr&#233;ation contemporaine Olivier-Debr&#233;, &#224; Tours, offre une lecture in&#233;dite et captivante de l'art contemporain r&#233;unionnais &#8212; auquel nous n'avons h&#233;las que peu acc&#232;s &#8212;, &#224; travers un parcours &#233;clectique, riche en m&#233;diums, r&#233;flexions, et pistes &#224; explorer. &#338;uvres peintes, tiss&#233;es, sculpt&#233;es, film&#233;es, install&#233;es et photographi&#233;es sont au c&#339;ur de la d&#233;couverte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des collectivit&#233;s et territoires fran&#231;ais d'outre-mer (DOM-COM), on connait peu les productions artistiques, &#224; la fois faiblement relay&#233;es par les m&#233;dias et insuffisamment expos&#233;es en m&#233;tropole. Ainsi, d&#233;couvrir la richesse de la sc&#232;ne contemporaine r&#233;unionnaise est une aubaine offerte par le Centre de cr&#233;ation contemporaine Olivier-Debr&#233; (CCC OD), en collaboration avec le FRAC R&#233;union et la Ville de Tours. Cette exposition itin&#233;rante, dont la prochaine &#233;tape sera la Friche la Belle de Mai, &#224; Marseille, en 2024, r&#233;unit trente-quatre artistes, et d&#233;ploie leurs &#339;uvres en offrant leurs approches de l'art d'aujourd'hui dans le centre d'art tourangeau. Une proposition plurielle et interg&#233;n&#233;rationnelle permettant d'appr&#233;cier la vari&#233;t&#233; de l'art d'Outre-mer, entre m&#233;moires et modernit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je &#187; n'est pas permis, puisque &#171; toi &#187; est &#224; d&#233;finir ! Voici que survient une rencontre dans les pulsations rythm&#233;es de nos r&#233;alit&#233;s. Ast&#232;r At&#232;rla nous d&#233;voile Hasawa, en guise d'incipit d'un long texte t&#233;moignant de la personnalit&#233; multiple de la R&#233;union, dans le catalogue. Les &#339;uvres pr&#233;sent&#233;es interrogent tour &#224; tour les migrations, la soci&#233;t&#233; postcoloniale, l'hybridation culturelle, les questions de territoire, d'&#233;cologie, de genre, et de cr&#233;olit&#233;. Nous d&#233;ambulons ainsi parmi les sculptures po&#233;tiques et mystiques bois&#233;es d'Hasawa, faisant &#233;cho &#224; l'approche po&#233;tique et engag&#233;e de son a&#238;n&#233; Christian Jalma, surnomm&#233; Pink Floyd ; les c&#233;l&#232;bres pochoirs de personnes Cafre (personnes noires de l'Afrique australe en cr&#233;ole) de Wilhiam Zitte, inventeur du concept d'&#171; artcr&#233;ologie &#187;, une approche arch&#233;ologique du monde cr&#233;ole ; les tentures &#224; base de cendres v&#233;g&#233;tales et les graines en c&#233;ramique surdimensionn&#233;es d'Alice Aucuit ; les v&#234;tements inhabit&#233;s en galets de St&#233;phanie Brossard proposant une approche min&#233;rale de l'&#238;le ; la somptueuse robe v&#233;g&#233;tale de Tatiana Patchama accompagn&#233;e de parures en feuilles s&#233;ch&#233;es, les portraits g&#233;n&#233;reux et politiques d'Anie Matois&#8230; Ainsi se croisent corps visibles et invisibles tout au long de ce dense parcours.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20296 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;90&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH630/anie_matois_autoportrait_-_body_painting_2022_peinture_a_l_huile__courtesy_de_l_artiste-46c6e.jpg?1698785168' width='500' height='630' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Anie Matois, Autoportrait Body Painting, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;peinture a&#768; l'huile, Courtesy de l'artiste
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Arpentant ces chemins, nous apprenons des rituels lointains comme ceux de Florans F&#233;liks Waro avec les femmes du Ron Fanm Kazkabar (le rond des femmes Kazkabar), cr&#233;ant ensemble une &#339;uvre &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt; dans la ravine de Saint-Paul, fabriqu&#233;e &#224; partir de lianes, de cheveux, d'&#233;ponges, de tissus. Cr&#233;ation au cours de laquelle les femmes &#233;changent pens&#233;es et savoir-faire de la culture cr&#233;ole, entre chants, tressages et r&#233;flexions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chez Jean-Claude Jolet comme chez le duo Kid Kr&#233;ol &amp; Boogie, &#224; la crois&#233;e des cultures hybrides, s'inscrivent des odes dessin&#233;es ou sculpt&#233;es, au m&#233;tissage et &#224; l'identit&#233; cr&#233;ole, &#224; travers la figure de Saint-Exp&#233;dit, &#171; Ti bondieu &#187; comme on aime le nommer en cr&#233;ole, sous forme d'oratoires rouges que l'on croise, ici et l&#224;, sur les routes de l'&#238;le ou devant les habitations.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH580/jean-claude_jolet_ex_pe_i_2009._bois_acier_cire_paraffine_colore_e__c_photo_abk-b34df.jpg?1698785168' width='500' height='580' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean Claude Jolet, Ex pe&#769;i, 2009
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Bois, acier, cire, paraffine colore&#769;e &#169;Photo ABK
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le saint catholique populaire &#224; la R&#233;union (en Guadeloupe, en Ha&#239;ti et au Br&#233;sil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;moire et Histoire : le culte de Saint-Exp&#233;dit &#224; la R&#233;union, Nancy (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) est pri&#233; pour des demandes urgentes. Tel un symbole du vivre ensemble, il est &#233;galement invoqu&#233; par la communaut&#233; hindoue de l'&#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inspir&#233; par le vivant, Thierry Cheyrol dessine des formes que l'on attribue aux plus petits organismes. &#192; moins qu'elles ne soient &#224; l'&#233;chelle cosmique ? Le myst&#232;re reste entier. Ces organismes sont-ils r&#233;els ou imagin&#233;s, r&#233;cents ou remontant &#224; des temps ancestraux ? L'artiste nous donne &#224; explorer ces territoires sans fronti&#232;res, aussi &#233;nigmatiques et pluriels que l'&#238;le elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/thierry_cheyrol_amibiae_4_2022_feutres_pointes_fines_et_couleurs__courtesy_de_l_artiste.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH358/thierry_cheyrol_amibiae_4_2022_feutres_pointes_fines_et_couleurs__courtesy_de_l_artiste-fd87a.jpg?1698785168' width='500' height='358' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Thierry Cheyrol, Amibiae 4, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;feutres pointes fines et couleurs, Courtesy de l'artiste
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par le prisme de la cr&#233;ation contemporaine, la jeune garde, &#224; l'instar d'Anie Matois, t&#233;moigne des recherches actuelles sur les questions de genre, l'acceptation du corps, et int&#232;gre les probl&#233;matiques postcoloniales. Brandon Gercara cherche &#224; d&#233;construire les mod&#232;les dominants dans ce contexte, favorisant un &#233;lan d'&#233;mancipation des personnes vivant &#224; la R&#233;union, dans toute la diversit&#233; qu'elles offrent. Abel Techer prolonge ces r&#233;flexions &#224; travers de sublimes peintures autofictionnelles agr&#233;ment&#233;es de papiers peints repr&#233;sentatifs de l'exotisme colonial qu'il remet en question. St&#233;phanie Hoareau pose son regard sur les figures dites marginales de l'&#238;le, cr&#233;ant ainsi de nouveaux r&#233;cits picturaux. Quant &#224; Prudence Tetu, elle pr&#233;sente notamment &#171; Tapi militan &#187;, un &lt;i&gt;tapi mendian&lt;/i&gt; (tapis mendiant), compos&#233; d'un patchwork de tissus cousus bord &#224; bord et &#224; l'effigie des slogans et logos des luttes f&#233;ministes et contre la colonisation depuis les ann&#233;es soixante. La pi&#232;ce expos&#233;e comme une peinture &#233;volue au fil du temps en se dotant de nouveaux apports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des expressions plastiques de ce parcours t&#233;moigne d'un patrimoine r&#233;unionnais qui n'a absolument rien &#224; envier au reste du monde, et que l'on esp&#232;re voir appara&#238;tre prochainement dans les collections des mus&#233;es d'art contemporain, au m&#234;me titre que les &#339;uvres des artistes de la m&#233;tropole et internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; suivre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;114&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH568/prudence_tetu_tapi_militan_2022_-_in_progress_broderie_a_la_main_couture_tapis_mendiant__courtesy_de_l_artiste-b7b88.jpg?1698785168' width='500' height='568' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Prudence Tetu, Tapi militan, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;in progress, broderie a&#768; la main couture tapis mendiant, Courtesy de l'artiste
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#233;moire et Histoire : le culte de Saint-Exp&#233;dit &#224; la R&#233;union, Nancy Gauthier, 2008, Presses universitaires de Rennes. P. 133-145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Article original :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/lart-de-la-reunion-ici-et-maintenant/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.artshebdomedias.com/article/lart-de-la-reunion-ici-et-maintenant/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Artistes invit&#233;s&gt; Mounir Allaoui, Alice Aucuit, Jack Beng-thi, Catherine Boyer, Lolita Bourdon, St&#233;phanie Brossard, Jimmy Cadet, Sonia Charbonneau, Emma di Orio, Morgan Fache, Florans F&#233;liks Waro et le rond des femmes Kazkabar, Brandon Gercara, Hasawa, Esther Hoareau, St&#233;phanie Hoareau, Christian Jalma, Kid Kreol &amp; Boogie, Jean-Marc Lacaze, Gabrielle Manglou, Masami, Anie Matois, Sanjeeyann Pal&#233;atchy, Tatiana Patchama, Ti&#233;ri Rivi&#232;re, Prudence Tetu, Wilhiam Zitte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact&gt; &lt;a href=&#034;https://cccod.fr/exposition/aster-aterla/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ast&#232;r At&#232;rla&lt;/strong&gt; (&#171; ici et maintenant &#187;)&lt;/a&gt;, jusqu'au 7 janvier 2024 au CCC OD, &#224; Tours, puis &#224; la Friche Belle de Mai, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture&gt; Tatiana Patchama, Il y aura t-il un autre jour ?, 2023. &#169;Photo ABK&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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