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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>L'art et le sang</title>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>performance</dc:subject>
		<dc:subject>body art</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La mort d'Ana Mendieta reste une &#233;nigme, son &#339;uvre elle aussi renvoie &#224; un myst&#232;re que les auteurs r&#233;unis dans ce livre &#233;clairent. N&#233;e en 1948 &#224; La Havane, exil&#233;e, l'artiste sera trouv&#233;e d&#233;fenestr&#233;e en 1985 &#224; New-York.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH86/arton2363-59877.jpg?1772221190' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mort d'Ana Mendieta reste une &#233;nigme, son &#339;uvre elle aussi renvoie &#224; un myst&#232;re que les auteurs r&#233;unis dans ce livre &#233;clairent. N&#233;e en 1948 &#224; La Havane, exil&#233;e, l'artiste sera trouv&#233;e d&#233;fenestr&#233;e en 1985 &#224; New-York. Entre-temps elle aura laiss&#233; une &#339;uvre inclassable marqu&#233;e du sceau de la douleur et de ce sang mis en sc&#232;ne &#224; travers le film vid&#233;o, la performance, &#224; travers aussi diverses suites de &#034;sculptures&#034; ou plut&#244;t de traces et d'empreintes avant que l'artiste ne se tourne durant les derni&#232;res dix ann&#233;es de sa vie vers une d&#233;rive g&#233;ographique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette errance programm&#233;e aura amen&#233; l'artiste au sein des deux continents am&#233;ricains dans un seul but : se fondre, s'incorporer &#224; une nature sauvage. L'artiste la per&#231;oit peu &#224; peu comme une extension de son corps selon une perspective que n'aurait pas reni&#233;e Antonin Artaud lors de son voyage au pays de Tarahumaras. Ana Mendieta r&#234;va d'y dispara&#238;tre mais aussi d'y imprimer les marques primitives de sa f&#233;minit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la cr&#233;atrice on retient les s&#233;ries de performances macabres (&lt;i&gt;On giving life&lt;/i&gt; de 1975 o&#249; elle s'accouple &#224; un squelette) et sanguinaires. Dans &lt;i&gt;Mutilated on Landscape&lt;/i&gt; (1973), &lt;i&gt;Body Tracks&lt;/i&gt; (1975), face &#224; un mur, les mains enduites de peinture rouge, l'artiste se laisse glisser jusqu'&#224; terre. Ces performances cl&#244;turent la s&#233;rie des &lt;i&gt;Blood Signs&lt;/i&gt; avec une &#233;conomie de moyens qui concentre au plus fort sa d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait tendance &#224; placer &#034;naturellement&#034; ou par r&#233;flexe conditionn&#233; cette recherche dans la mouvance du body-art puis du land-art. Pourtant les perspectives qui pr&#233;sident &#224; ce travail l'&#233;loignent radicalement de tels mouvements. Contre ceux-ci ou contre l'art conceptuel qui s&#233;vit &#224; l'&#233;poque et dans lequel l'artiste ne voit qu'une &#171; id&#233;e d'hommes capables de ne faire que des choses qui &#233;taient tr&#232;s propres &#187;, l'artiste cubaine ne va pas chercher un trop simple contre-pied (&#224; savoir un art &#034;sale&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang n'est plus trait&#233; (comme dans le body-art) tel un &#034;mat&#233;riau&#034; de d&#233;construction ou de provocation. L'artiste retient dans la substance son pouvoir magique. Elle ne voit aucune force n&#233;gative dans le fait de le r&#233;pandre, de l'exposer, d'en faire un liquide ludique. Par lui il s'agit de rechercher une identit&#233; perdue (jamais venue) &#224; travers une vision mythique et magique du monde et de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision prend son origine lorsque qu'&#224; douze ans, elle se retrouve comme elle le dit &#171; d&#233;plac&#233;e mais non d&#233;tach&#233;e &#187; de la terre matricielle. Elle fait de l'artiste une &#233;ternelle orpheline non seulement socialement, mais &#224; elle-m&#234;me. L'arrachement &#224; la terre matricielle demeurera impossible. Elle reviendra d'ailleurs plusieurs fois sur ce sacrifice impos&#233;, sur cette blessure qui la plonge dans un sentiment de solitude et de culpabilit&#233;. En renouant avec des rites animistes que le r&#233;gime castriste ne put d'ailleurs jamais &#233;radiquer, Ana Mendieta donne une dimension mythique &#224; toutes ces c&#233;r&#233;monies sacrificielles (plus que pures performances) qu'elle propose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rituels r&#233;pondent aussi par la violence &#224; la violence. Avec &lt;i&gt;Rape scene&lt;/i&gt; (1973) l'artiste confronte ses spectateurs &#224; la reconstitution d'un viol foment&#233; sur un campus. Elle reprend cette performance quelques jours plus tard en r&#233;pandant du sang sur le trottoir qui jouxte son appartement (&lt;i&gt;People looking at Blood Moffit&lt;/i&gt;). Dans ses c&#233;l&#232;bres &lt;i&gt;Glass on body&lt;/i&gt; de 1972, en comprimant simplement son visage sur une vitre, au point de lui faire subir des d&#233;figurations extr&#234;mes, l'artiste cr&#233;e une autre forme de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant dans cette &#339;uvre authentiquement et purement autobiographique, du visage de l'artiste, il ne sera jamais question. Il demeurera soit d&#233;figur&#233; soit photographi&#233; ou film&#233; de l'arri&#232;re, comme si l'identit&#233; restait insaisissable. Ana Mendieta remplace l'art de la repr&#233;sentation figurale par celui des glissements, des traces, des stigmates. Ces traces sautent &#224; la t&#234;te, assaillent et crient. S'entend la voix d'une enfant pi&#233;g&#233;e mais habit&#233;e, d'une voix d&#233;timbr&#233;e qui ne peut &#8212; ni pouvait &#8212; plus mentir, qui ne peut &#8212; ni pouvait &#8212; plus contenir ce silence int&#233;rieur que tout &#234;tre porte en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les diff&#233;rents &#171; miroirs &#187; que propose l'artiste plus que le rouge sang, il faut retenir le blanc. Certes lorsque les diapositives qui d&#233;coupent les performances circulent en boucle on retient d'abord le rouge insupportable de leur sang. Mais le rouge premier s'estompe pour laisser place &#8212; avec la douleur qui lui est concomitante &#8212; au blanc rayonnant de silence de mort comme dans le film unique de l'artiste vers lequel toute l'&#339;uvre converge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Mendieta l'image concentre &#8212; comme le langage chez Artaud &#8212; une &#233;nergie potentielle mais elle ne peut qu'entra&#238;ner dans un processus d'auto dissipation. En bout de course l'image semble irr&#233;cup&#233;rable et prouve qu'en cons&#233;quence aucune identit&#233; n'est rep&#233;rable. Le livre publi&#233; par la Galerie Lelong permet de suivre les m&#233;andres de ce fleuve de sang lourd d'une douleur insoutenable. N&#233;e de la perte des rep&#232;res, elle n'ouvre qu'&#224; l'insaisissable. L'&#339;uvre en sublime la rage m&#234;me si au bout de ce voyage l'Histoire a raison de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ana Mendieta, &#171; Aux commencements &#187;, exposition au Mo.Co Montpellier (3 juin-10 septembre 2023) et catalogue : &lt;a href=&#034;https://www.moco.art/fr/exposition/ana-mendieta&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.moco.art/fr/exposition/ana-mendieta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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