<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.tk-21.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>TK-21 </title>
	<link>https://www.tk-21.com/</link>
	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.tk-21.com/spip.php?id_mot=22&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>TK-21 </title>
		<url>https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L144xH172/siteon0-33817.png?1772187034</url>
		<link>https://www.tk-21.com/</link>
		<height>172</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Escher et le &#171; Cube Fil de Fer &#187;</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Escher-et-le-Cube-Fil-de-Fer</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Escher-et-le-Cube-Fil-de-Fer</guid>
		<dc:date>2025-11-30T18:15:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>math&#233;matiques</dc:subject>
		<dc:subject>gravure</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Mauritz Cornelis Escher est un artiste tomb&#233; tout jeune dans une mare de math&#233;matiques, un ami du physicien Roger Penrose qui aura exerc&#233; sur lui une r&#233;elle influence, mais influence r&#233;ciproque en fait.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/mathematiques" rel="tag"&gt;math&#233;matiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/gravure" rel="tag"&gt;gravure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH74/arton2774-7d569.jpg?1772251557' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mauritz Cornelis Escher est un artiste tomb&#233; tout jeune dans une mare de math&#233;matiques, un ami du physicien Roger Penrose qui aura exerc&#233; sur lui une r&#233;elle influence, mais influence r&#233;ciproque en fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Escher a pass&#233; sa vie &#224; concevoir sur le papier, par le dessin et par l'estampe, cette derni&#232;re principalement r&#233;alis&#233;e &#224; partir de la gravure sur bois, des architectures et des formes g&#233;om&#233;triques impossibles, pour certaines largement inspir&#233;es du ruban de M&#246;bius, l'un des math&#233;maticiens avec Lobatchevski et Bolyai, Minkowski, Klein, Riemann, et puis Poincar&#233; avec son disque, et Penrose avec son triangle, mais pas Mandelbrot semble-t-il car Escher n'a fait qu'effleurer la g&#233;om&#233;trie fractale, tous gens de hautes math&#233;matiques auxquels il se r&#233;f&#232;re r&#233;guli&#232;rement et plus ou moins explicitement. Pourtant Escher affirme qu'&#224; l'&#233;cole il &#233;tait mauvais &#233;l&#232;ve, qu'il n'a jamais eu la moyenne en math&#233;matiques, que le dessin lui a toujours pos&#233; probl&#232;me et qu'il n'a jamais pu se fier &#224; sa &#171; facult&#233; imaginative &#187;, qu'il a donc toujours n&#233;cessit&#233; des mod&#232;les pour faire &#339;uvre originale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; quelqu'un qui a l'intuition de la G&#233;om&#233;trie, tout comme Malevitch avait eu l'intuition des forces de l'Univers. &lt;i&gt;&#171; L'intuition &#233;claire et se rattache &#224; la pens&#233;e pure &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans mon petit essai autour de l'&#339;uvre de Kazimir Malevitch.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; comme disait le divin Kazimir. Pour Escher, les lois math&#233;matiques &lt;i&gt;&#171; existent ind&#233;pendamment de l'intellect humain &#187;&lt;/i&gt;. Elles sont dans la Nature, ou l'Univers, comme on voudra. Le plus que l'Homme intelligent puisse faire est de les trouver l&#224; o&#249; elles sont...et de les comprendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et donc c'est sur ces bases math&#233;matiques qu'Escher conduira inlassablement ses deux explorations majeures c'est-&#224;-dire la Tessellation et ses principes, d'une part, l'Infini et les diff&#233;rentes approches de celui-ci possibles...ou impossibles, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tessellation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La tessellation se d&#233;finit comme &#233;tant la d&#233;composition d'une surface en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sera pr&#233;sente dans presque toutes les &#339;uvres de tous ses &#226;ges, le conduisant &#224; imaginer les m&#233;tamorphoses les plus folles, donnant vie &#224; l'inerte et des ailes aux poissons et des nageoires aux oiseaux, l'enfermant dans des cycles irraisonnables en compagnie de cr&#233;atures fantasques, cr&#233;atures-tesselles, particules d'une vie sans sens aucun mais d&#233;ferlant dans tous les sens, qu'il fera cracher par l'&#339;il infinit&#233;simal d'un vertigineux vortex, d&#233;river dans son courant spiral&#233; avant de s'engloutir en lui, enfin elle le jettera haletant &#224; port&#233;e des rivages inatteignables d'un univers pourtant pr&#233;cis&#233;ment circonscrit. L'INFINI dans le FINI. La Tessellation constitue bien s&#251;r une porte d'acc&#232;s &#224; la G&#233;om&#233;trie. Et puis avec elle il y a quelque chose d'incontestablement musicale. La Tessellation est un rythme, c'est l&#224; la grande le&#231;on qu'il aura retenue de l'Alhambra. Cependant, si &lt;i&gt;&#171; les Arabes sont ma&#238;tres dans le remplissage de surface avec des figures congruentes et [qu'] ils ne laissent aucun vide &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les citations de Mauritz Escher et du math&#233;maticien Bruno Ernst sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il reprochera aux Andalous de ne retenir, et &#224; l'Islam de n'accepter, que les figures g&#233;om&#233;triquement abstraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui, ses images il les veut peupl&#233;es d'oiseaux, de poissons, de reptiles et parfois d'humains d'un autre &#226;ge, d'avant ou d'apr&#232;s. Jamais il n'y aura d'abstraction chez Escher. Ce qu'il r&#233;alisera ce sont des &#171; All-over &#187; mais r&#233;solument sans abstraction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; All-over &#187;, partout. En peinture il s'agit de couvrir la totalit&#233; de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et puis, Escher n'est l'homme d'aucune mystique et il le proclame. &lt;i&gt;&#171; Je n'ai jamais tent&#233; de repr&#233;senter quelque chose de mystique...j'ai pass&#233; mon temps &#224; exprimer des concepts en termes visuels... &#187;&lt;/i&gt;. Des concepts, certes, mais bizarrement et obstin&#233;ment figuratifs. Ce qu'il veut r&#233;v&#233;ler c'est la po&#233;sie qui se cache dans les Math&#233;matiques, la po&#233;sie math&#233;matique des structures spatiales, les relations, po&#233;tiques parce que math&#233;matiques ou l'inverse, qui peuvent s'&#233;tablir entre les points, les surfaces et les espaces. Pour cela il convoquera tous les math&#233;maticiens cit&#233;s, ou bien il les red&#233;couvrira de fa&#231;on intuitive, tout du moins c'est ce qu'il affirme, afin de b&#226;tir les grilles qui lui serviront de trames pour ses &#339;uvres compliqu&#233;es, &#233;difier des architectures incroyablement impossibles, ou pour inventer le mouvement perp&#233;tuel, celui du Monde ou de l'Univers, et ainsi ouvrir sur des infinis par d&#233;finition incommensurables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L383xH397/denis_schmite-01bis-583ae.jpg?1764280478' width='383' height='397' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mauritz Cornelis Escher est un homme int&#233;ressant au sens o&#249; je l'entends moi, me dit un jour au cours de l'une de nos conversations le Ma&#238;tre en modernit&#233;, c'est-&#224;-dire en tant que g&#233;om&#232;tre totalement intuitif, c'est du moins ce qu'il affirme, mais aussi en tant qu'artiste qui fait un peu plus qu'effleurer certains concepts-clefs tel que l'Infini et qui &#171; finalement &#187;, oserai-je dire, s'interroge sur ce qui fait notre perception des choses d'ici-bas. Je m'explique. Je le crois fortement adepte ou exp&#233;rimentateur acharn&#233;, intuitif peut-&#234;tre, de la &#034;Gestaltth&#233;orie &#187;, la psychologie de la forme, dont l'holisme et l'&#233;mergentisme constituent les principes de base, principes que j'ai d&#233;j&#224; amplement abord&#233;s &#224; propos de certaines &#171; intuitions &#187; philosophiques d'Hildegarde von Bingen. Le tout est diff&#233;rent de la somme de ses parties mais une partie ne trouve son sens que dans le tout etc. etc. On s'accorde &#224; dire que la &#171; gestalt &#187; est UNE FORME SIGNIFIANTE, une forme structur&#233;e qui fait sens, une forme qu'on per&#231;oit imm&#233;diatement et dont il est difficile de se d&#233;faire pour avoir un autre angle de vision. Il existe des images ambig&#252;es bien connues, celle de la vieille femme et de la jeune femme par exemple, mais moi je leur pr&#233;f&#232;rerai le cube de Necker, du nom du cristallographe qui l'a d&#233;crit, Louis-Albert Necker&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Albert Necker-de-Saussure (1786-1861) est un g&#233;ologue et naturaliste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, parce que j'y reviendrai au cube de Necker. Quand on veut dessiner un cube sur une feuille de papier, c'est-&#224;-dire un volume sur un plan, ou encore un objet 3D sur un support 2D, on fait avec son crayon tr&#232;s exactement douze traits dont deux coupent deux autres. Pour faire savant, on parlerait d'un certain type de perspective &#171; axonom&#233;trique &#187;, la perspective cavali&#232;re, c'est-&#224;-dire d'un syst&#232;me de repr&#233;sentation fait de parall&#232;les d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; dans nos discussions autour de De Stijl et du Supr&#233;matisme, mais moi je pr&#233;f&#232;rerai parler de cube &#171; filde fer &#187;, c'est plus imm&#233;diatement compr&#233;hensible. Donc, avec ses douze traits de crayon on obtient un volume, un cube vu de trois quarts. Ce qui est saisissant c'est que la tr&#232;s grosse majorit&#233; des gens voit ce cube l&#233;g&#232;rement de dessus, or il y a deux perceptions possibles, l'une effectivement l&#233;g&#232;rement de dessus et l'autre l&#233;g&#232;rement de dessous. La tr&#232;s grosse majorit&#233; des gens n'ont pas cette seconde perception. La premi&#232;re perception est &#171; culturelle &#187; bien que je n'aime pas le mot. C'est comme si elle &#233;tait incrust&#233;e dans le cerveau et qu'elle interdisait de disposer de la seconde. Ce genre d'objet pose de fa&#231;on ent&#234;tante une s&#233;rie de questions, sur la r&#233;alit&#233; de nos perceptions, que voit-on vraiment lorsqu'on regarde les choses ? sur la R&#233;alit&#233; tout court, puisque le cube de Necker n'est pas un cube mais une s&#233;rie ordonn&#233;e de douze traits de crayons, et sur ce qui est constitutif de nos savoirs, de la Connaissance, le cube de Necker est un cube puisqu'on l'a d&#233;cid&#233; mais que vaut une connaissance &#171; d&#233;cid&#233;e &#187; ? Je dois avouer qu'avec l'image de la jeune femme et de la vieille femme, j'ai pratiquement mis des ann&#233;es avant de voir se profiler la vieille, mais il est vrai aussi que je me sens davantage attir&#233; par les jeunes que par les vieilles, crut bon de pr&#233;ciser tout en ricanant le Ma&#238;tre en modernit&#233;. Bon ! On va en reparler du cube &#171; fil de fer &#187; de Necker mais avant cela je souhaiterais revenir &#224; la Tessellation et aux multiples usages qu'a pu en faire Escher, de pleine connaissance ou de fa&#231;on intuitive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/tny-007_liberty.local_feb-18-0132-2013.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH393/tny-007_liberty.local_feb-18-0132-2013-354a6.jpg?1772188213' width='500' height='393' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Tessellation est une division rythmique de l'espace, cela a &#233;t&#233; dit, et c'est ce qui a tant fascin&#233; Escher, &#233;videmment. Il a fait quantit&#233; de croquis des mosa&#239;ques andalouses et &#224; partir d'eux il a analys&#233; les mouvements des tesselles, translations, rotations, glissements, homoth&#233;ties&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une homoth&#233;tie est une transformation g&#233;om&#233;trique correspondant &#224; une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et les combinaisons de ces mouvements. Il a proc&#233;d&#233; &#224; leur &#171; lecture &#187; comme on ferait d'une partition musicale. Une mosa&#239;que comme une musique &#233;tant une totalit&#233; bien sup&#233;rieure &#224; la simple juxtaposition de ses composants, tesselles ou notes, Escher a apport&#233; beaucoup de soin &#224; l'homog&#233;n&#233;it&#233;, &#224; l'harmonie, de ses propres compositions, ses gravures. Au moyen de la Tessellation, il a d&#233;velopp&#233; les th&#232;mes qui lui &#233;taient chers, ses &#171; concepts &#187; artistiques, les m&#233;tamorphoses, les cycles, l'interp&#233;n&#233;tration des mondes, mais il a aussi lanc&#233; un d&#233;fi &#224; la perception. Exp&#233;rimentation du gestaltisme !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le gestaltisme est une autre d&#233;nomination de la gestaltth&#233;orie, th&#233;orie ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Day and Night &#187;, jour et nuit, une gravure sur bois, offre une vue plongeante, propose le survol, d'un paysage campagnard avec des champs en damier, des parcelles bien d&#233;finies, un petit village agglutin&#233; autour d'un clocher, et une large rivi&#232;re enjamb&#233;e par un pont, en compagnie de canards sauvage. A premi&#232;re vue. La partie gauche du paysage est en pleine lumi&#232;re et la partie droite est dans l'ombre. Le vol des canards est double. Des blancs qui viennent de la gauche et des noirs qui viennent de la droite, et par cons&#233;quent dans le ciel des canards-tesselles qui s'imbriquent parfaitement mais &#224; contre-sens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;77&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH290/m.c._escher_jour_et_nuit_1938_gravure_sur_bois_391x677_mm_collection_m.c._escher_heritage_pays-bas_all_m.c._escher_works_c_2025_the_m.c._escher_company_the_netherlands__all_rights_reserved-ec5ad.jpg?1764520838' width='500' height='290' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;M.C. Escher &#8220;Jour et Nuit&#8221;, 1938 Gravure sur bois, 391 x 677 mm
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; y regarder de plus pr&#232;s, les canards noirs et blancs naissent d'une m&#233;tamorphose progressive des champs parcellis&#233;s en partant du bas vers le haut, et les deux parties de la gravure sont en miroir, c'est-&#224;-dire que le paysage sombre est le double, un n&#233;gatif invers&#233; donc, du paysage lumineux. Si on suit le vol des canards, on constate une interp&#233;n&#233;tration de la nuit et du jour, les canards noirs envahissant le paysage &#233;clair&#233;, le jour, et les canards blancs envahissent le paysage obscur, la nuit. Il y a donc un mouvement double dans cette image, un axe de d&#233;veloppement vertical et un autre horizontal, celui de la m&#233;tamorphose et de la constitution de la mosa&#239;que, du bas vers le haut, celui de l'interp&#233;n&#233;tration des mondes, de la gauche vers la droite et de la droite vers la gauche, ainsi qu'un jeu gestaltiste sur la perception des choses, le blanc &#233;tant plus imm&#233;diatement perceptible que le noir. Tous les ingr&#233;dients, les th&#232;mes dominants, sont donc r&#233;unis dans une seule image, avec en filigrane l'id&#233;e du cycle &#233;ternel du jour et de la nuit incluant des phases interm&#233;diaires, leurs d&#233;clinaisons et d&#233;clins, p&#233;n&#233;tration progressive de la nuit dans le jour et du jour dans la nuit. &#171; L'esprit humain ressent une attraction particuli&#232;re pour les processus en boucle qui n'en finissent pas car ils nous donnent &#224; exp&#233;rimenter l'id&#233;e d'infini, qui le d&#233;passe et &#224; la fois le s&#233;duit &#187; explique Maria Isabel Binimelis Bassa&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maria Isabel Birimelis Bassa - &#171; Une nouvelle mani&#232;re de voir le monde - La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;(8). On reparlera de l'Infini car il est mouvement, le mouvement perp&#233;tuel constamment pr&#233;sent dans les images d'Escher... le sentiment du mouvement perp&#233;tuel au travers d'une image fixe, une sacr&#233;e trouvaille et un sacr&#233; paradoxe tout de m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une architecture, ma pr&#233;f&#233;r&#233;e peut-&#234;tre parce qu'elle fait appel au cube de Necker, mais en version impossible, c'est &#171; Belvedere &#187;, une autre lithographie. Escher nous transporte dans un Moyen &#194;ge d'op&#233;rette avec des acteurs qui sont tous bizarrement fagot&#233;s. Le belv&#233;d&#232;re en question ressemble peu ou prou &#224; un tout petit palais moghol surmont&#233; de trois coupoles et constitu&#233; uniquement de deux plateformes en &#233;tage &#224; partir desquelles on dispose d'une vue panoramique sur un majestueux paysage des Abruzzes, de belles montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22985 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2025-09-04_a_16.13_15.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH385/capture_d_e_cran_2025-09-04_a_16.13_15-11210.jpg?1764520838' width='500' height='385' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;M.C. Escher (Dutch, 1898-1972) Belvedere, 1958
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;trangement, &#224; la base de l'&#233;difice il y a une esp&#232;ce de ge&#244;le avec un prisonnier qui s'agrippe des deux mains aux forts barreaux et qui passe m&#234;me sa t&#234;te un peu hagarde entre, les barreaux je veux dire. L'acc&#232;s &#224; la premi&#232;re plateforme se fait par un escalier assez raide mais qui ne pose pas probl&#232;me en lui-m&#234;me et &#224; la seconde par une &#233;chelle qui ne repose pas &#224; l'ext&#233;rieur du belv&#233;d&#232;re mais sur sa premi&#232;re plateforme, et &#231;a c'est compl&#232;tement impossible. Pourquoi ? Il n'y pas de trappe d'acc&#232;s entre la premi&#232;re plateforme et la seconde. L'&#233;chelle est pos&#233;e &#224; l'int&#233;rieur mais passe par l'ext&#233;rieur, or le belv&#233;d&#232;re est un quadrilat&#232;re, un parall&#233;l&#233;pip&#232;de rectangle plus pr&#233;cis&#233;ment pos&#233; sur sa petite surface. C'est donc impossible ! Mais pas seulement &#231;a ! Six des huit piliers qui soutiennent les arcades se croisent, ou plus pr&#233;cis&#233;ment ceux de devant soutiennent les arcades de derri&#232;re et inversement, ceux de derri&#232;re soutiennent les arcades de devant. C'est un peu comme si le cube &#171; fil de fer &#187; de Necker se m&#233;langeait les fils de fer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH584/denis_schmite-05-24317.jpg?1764280479' width='500' height='584' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet entrem&#234;lement de piliers imprime une forte torsion &#224; l'&#233;difice, ce qui semble ne d&#233;ranger personne, c'est-&#224;-dire ses visiteurs, le couple curieusement v&#234;tu qui monte les escaliers, le vieux sur la premi&#232;re plateforme qui contemple aristocratiquement les montagnes, la jeune femme sur la seconde plateforme qui regarde dans la direction oppos&#233;e du fait de la torsion, et surtout pas les deux jeunes hurluberlus qui grimpent &#224; l'&#233;chelle pour la rejoindre. Personne ne semble affect&#233; par cette extraordinaire architecture qui d&#233;fie les lois de la logique, aucun d'entre eux vraiment ? ...si, UN. Au pied du belv&#233;d&#232;re il y a un banc et sur ce banc un jeune homme qui tourne dans tous les sens un objet &#233;trange, un cube fait de lattes de bois, le cube de Necker mais version impossible. Devant lui, &#224; m&#234;me le sol dall&#233;, il a &#233;tal&#233; un plan, et il cherche &#224; comprendre ce jeune homme. D&#233;j&#224; c'est comme si on le voyait le cube &#224; la fois de dessus et de de dessous, sans aucune ambigu&#239;t&#233; visuelle telle que celle que je vous ai d&#233;crite en &#233;voquant la Gestaltth&#233;orie, mais l'une des lattes, l'une des ar&#234;tes, de l'arri&#232;re-plan passe au premier plan, un entrecroisement de droites qui lui donne un aspect bancal. Cet objet que tient le jeune homme dans ses mains, ce cube impossible, fonctionne comme le CONCEPT qui a pr&#233;valu &#224; la r&#233;alisation du belv&#233;d&#232;re, un bout de maquette en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/denis_schmite-07.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH391/denis_schmite-07-6166c.jpg?1764280479' width='500' height='391' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Moi-m&#234;me j'ai &#233;t&#233; questionn&#233; par cette image que je connais assez bien, me permis-je d'intervenir, et je per&#231;ois dans cette architecture folle une version &#171; moderne &#187; de la Nef des fous, &#171; Das Narrenschiff &#187; de S&#233;bastien Brant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;bastien Brant (1458-1521), humaniste et po&#232;te satirique.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un texte de la Premi&#232;re Renaissance, qui a &#233;t&#233; si merveilleusement illustr&#233; par Albrecht D&#252;rer, ou bien du tableau &#233;ponyme de Hieronymus Bosch, ant&#233;rieur &#224; &#171; Das Narrenschiff &#187; d&#233;non&#231;ant la turpitude et les vices des gens d'&#233;glise et des Hommes de son temps. La Nef des fous ! Ce fut l&#224; un grand succ&#232;s d'&#233;dition, c'est certain, mais aussi une image qui trottait dans la t&#234;te de beaucoup &#224; la fin du Moyen &#194;ge et au d&#233;but de la Renaissance, &#224; commencer par celle d'&#201;rasme de Rotterdam qui, lui, ne parle pas de la nef mais bien de la folie des gens d'&#233;glise et des Hommes de son temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/denis_schmite-06.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH284/denis_schmite-06-0c4a5.jpg?1764280479' width='500' height='284' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Albrecht Du&#776;rer, incisione per Das Narrenschiff di Sebastian Brant
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la nef de Bosch, il y a de la gourmandise av&#233;r&#233;e et de la luxure sous-jacente. Peut-&#234;tre y en a-t-il aussi dans la gravure d'Escher avec ces jeunes gens montant &#224; l'&#233;chelle pour rejoindre la jeune dame du deuxi&#232;me ? M&#234;me d&#233;sir que celui du gaillard qui grimpe au m&#226;t sans voile pour d&#233;crocher le gras chapon r&#244;ti qui y est suspendu ? Mais il est vrai aussi que si je laisse libre cours &#224; mon imagination je verrai bien dans la nonne joueuse de luth de la nef, et qui cherche en m&#234;me temps &#224; mordre dans une galette toute ronde suspendue &#224; un fil, une repr&#233;sentation un peu grivoise d'Hildegarde von Bingen qui voudrait d&#233;vorer l'Univers tout rond lui aussi qu'elle a repr&#233;sent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/denis_schmite-08.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L429xH800/denis_schmite-08-fda9d.jpg?1764280479' width='429' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il, le belv&#233;d&#232;re tout tordu avec son bizarre &#233;quipage me fait penser &#224; un haut navire totalement d&#233;sorient&#233; et la ligne de cr&#234;te &#171; abruzz&#233;enne &#187; &#224; l'&#233;cume d'une mer agit&#233;e. Pourquoi pas ! admit le Ma&#238;tre en modernit&#233;. Mais restons-en l&#224; pour cette approche de l'Impossible et poursuivons sur la cristallographie et l'Infini...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de &#171; Autour de la Cosmogonie-Cosmologie de Hildegarde von Bingen &#187; repris dans &#171; G&#233;om&#233;trie &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans mon petit essai autour de l'&#339;uvre de Kazimir Malevitch.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La tessellation se d&#233;finit comme &#233;tant la d&#233;composition d'une surface en parties r&#233;guli&#232;re d&#233;coup&#233;es, les tesselles, sans aucun recouvrement des unes par les autres. C'est le cas d'une terrasse dall&#233;e ou d'une mosa&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toutes les citations de Mauritz Escher et du math&#233;maticien Bruno Ernst sont tir&#233;es du livre de ce dernier &#171; The Magic Mirror of M.C. Escher &#187; (Bruno Ernst-1978, Taschen -2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; All-over &#187;, partout. En peinture il s'agit de couvrir la totalit&#233; de la toile, donc pas de blanc de r&#233;serve, avec des motifs r&#233;p&#233;titifs, ou non, mais plut&#244;t plus ou moins r&#233;p&#233;titifs. Le &#171; All-over &#187; est l'un des principes de l'Expressionnisme abstrait &#233;tats-unien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louis Albert Necker-de-Saussure (1786-1861) est un g&#233;ologue et naturaliste suisse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une homoth&#233;tie est une transformation g&#233;om&#233;trique correspondant &#224; une augmentation ou une&lt;br class='autobr' /&gt;
diminution d'une figure &#224; partir d'un point fixe ext&#233;rieur &#224; la figure objet de la transformation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le gestaltisme est une autre d&#233;nomination de la gestaltth&#233;orie, th&#233;orie ou psychologie de la forme,&lt;br class='autobr' /&gt;
la gestalt.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maria Isabel Birimelis Bassa - &#171; Une nouvelle mani&#232;re de voir le monde - La g&#233;om&#233;trie fractale &#187; (RBA Coleccionables - Le Monde est math&#233;matique - 2011.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;bastien Brant (1458-1521), humaniste et po&#232;te satirique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;quence r&#233;p&#233;titive</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Sequence-repetitive</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Sequence-repetitive</guid>
		<dc:date>2025-09-29T15:02:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#235;lle S. Warner</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je prom&#232;ne mon regard pour essayer de comprendre la relation intime et complexe que nous entretenons avec les lieux urbains qui nous habitent. Je d&#233;coupe dans le r&#233;el pour en extraire les pi&#232;ces d'un puzzle, des images qui se r&#233;p&#232;tent et se r&#233;pondent. Mes collages recomposent ainsi une vision syncop&#233;e de ces espaces dans lesquels nous tentons tous de trouver une place pour exister.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Photo-plasticienne" rel="tag"&gt;Photo plasticienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2736-783ec.jpg?1772248119' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je prom&#232;ne mon regard pour essayer de comprendre la relation intime et complexe que nous entretenons avec les lieux urbains qui nous habitent. Je d&#233;coupe dans le r&#233;el pour en extraire les pi&#232;ces d'un puzzle, des images qui se r&#233;p&#232;tent et se r&#233;pondent. Mes collages recomposent ainsi une vision syncop&#233;e de ces espaces dans lesquels nous tentons tous de trouver une place pour exister.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22796 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gaelle_s._warner_-_est.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/gaelle_s._warner_-_est-5d04d.jpg?1757350683' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans mes collages, Hong Kong, Los Angeles, Naples ou Paris se fragmentent, s'&#233;parpillent pour r&#233;inventer des villes imaginaires qui se d&#233;voilent &#224; mesure que l'on s'approche des tableaux. En me focalisant sur des d&#233;tails, je veux poser le d&#233;cor dans lequel nous mettons en sc&#232;ne nos vies individuelles. Il s'agit ici, non pas de regarder le mouvement, mais de s'arr&#234;ter sur ce moment pr&#233;cis qui indique l'attente, l'absence et le silence qui pr&#233;c&#232;dent toute action.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22793 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gaelle_s__warner__page_08_image_0003.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L478xH800/gaelle_s__warner__page_08_image_0003-25b6d.jpg?1757350683' width='478' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les architectures que je capture racontent les choix complexes qui ont pr&#233;sid&#233; &#224; la cr&#233;ation des espaces que nous partageons. Les villes sont faites de strates o&#249; l'histoire ancienne et r&#233;cente, impr&#233;gn&#233;es des codes et symboles des pouvoirs financiers et politiques, coexistent dans un dialogue parfois conflictuel. En certains lieux, l'une &#233;crase l'autre qui r&#233;siste &#224; l'oubli tant bien que mal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22792 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gaelle_s__warner__page_08_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L482xH800/gaelle_s__warner__page_08_image_0001-4784b.jpg?1757350683' width='482' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La technique du collage nait de l'exploitation syst&#233;matique de la rencontre fortuite ou artificielle entre deux ou plusieurs r&#233;alit&#233;s distinctes, sur un plan qui n'y semble pas appropri&#233; &#8211; et l'&#233;tincelle de po&#233;sie, qui surgit du rapprochement de ces r&#233;alit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;, comme le soulignait Max Ernst&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notes biographiques, 1919&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mes collages sont ainsi une exploration po&#233;tique des intersections entre des r&#233;alit&#233;s disparates qui, une fois r&#233;unies, r&#233;v&#232;lent la beaut&#233; ambivalente et prot&#233;iforme de nos mondes urbains.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22795 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gaelle_s__warner_les_tours_nuages.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/gaelle_s__warner_les_tours_nuages-509e6.jpg?1757350683' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.gaelleswarner.fr" class="spip_out"&gt;http://www.gaelleswarner.fr&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notes biographiques, 1919&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/gaelleswarner/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.instagram.com/gaelleswarner/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22794 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gaelle_s._warner_-_architecture_-_seoul_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gaelle_s._warner_-_architecture_-_seoul_.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tropicalism</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Tropicalism</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Tropicalism</guid>
		<dc:date>2025-06-30T11:14:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Scotta</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>baln&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>nuit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Royan, station baln&#233;aire de la c&#244;te Ouest Atlantique, reconstruite apr&#232;s-guerre sur le mod&#232;le architectural du br&#233;silien Oscar Niemeyer, a su garder une trace fifties dans l'ordinaire de son quotidien. Loin des photographies embl&#233;matiques du littoral, sous la lumi&#232;re artificielle de la ville, Isabelle Scotta capte ce modernisme tropical que l'humanit&#233; semble aujourd'hui avoir abandonn&#233;. Habituellement tourn&#233;e vers le soleil et la mer, l'architecture est ici captur&#233;e dans l'obscurit&#233; d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/balneaire" rel="tag"&gt;baln&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2708-842d9.jpg?1772204075' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Royan, station baln&#233;aire de la c&#244;te Ouest Atlantique, reconstruite apr&#232;s-guerre sur le mod&#232;le architectural du br&#233;silien Oscar Niemeyer, a su garder une trace fifties dans l'ordinaire de son quotidien. Loin des photographies embl&#233;matiques du littoral, sous la lumi&#232;re artificielle de la ville, Isabelle Scotta capte ce modernisme tropical que l'humanit&#233; semble aujourd'hui avoir abandonn&#233;. Habituellement tourn&#233;e vers le soleil et la mer, l'architecture est ici captur&#233;e dans l'obscurit&#233; d'un vieux r&#234;ve dont il ne reste que le d&#233;cor.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/02_scottaisabelle_tropicalism-39296.jpg?1750501878' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Maison tropicale, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22531 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/03_scottaisabelle_tropicalism-fc050.jpg?1772189745' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le hublot, 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/04_scottaisabelle_tropicalism-20357.jpg?1750501878' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Green terrace, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/05_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/05_scottaisabelle_tropicalism-4df92.jpg?1772189745' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le temple, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22534 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/06_scottaisabelle_tropicalism-88ba6.jpg?1772189745' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L'&#206;lot, 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22535 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/07_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/07_scottaisabelle_tropicalism-bfda5.jpg?1750501878' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sitcom, 2021
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/08_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/08_scottaisabelle_tropicalism-0412b.jpg?1750501878' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Cabines, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/09_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/09_scottaisabelle_tropicalism-ca38e.jpg?1750501878' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dead End, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/10_scottaisabelle_tropicalism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/10_scottaisabelle_tropicalism-ce8d6.jpg?1750501878' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Futuriste, 2018
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Isabelle Scotta
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.isabellescotta.com" class="spip_out"&gt;www.isabellescotta.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Acapulco, &#169; Isabelle Scotta, 2021.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour toutes les photographies de l'article : &#169; Isabelle Scotta / tirages pigmentaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une &#233;ducation artistique pour le XXIe si&#232;cle ? (II)</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Une-education-artistique-pour-le-2661</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Une-education-artistique-pour-le-2661</guid>
		<dc:date>2025-05-05T08:57:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>enseignement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette seconde partie de l'exploration des propos de Tim Ingold, tenus dans les &#201;coles d'art et d'architecture, mais extensibles &#224; toute p&#233;dagogie, prend d'autant plus de sens que l'ann&#233;e 2025 f&#234;te le centenaire de l'arriv&#233;e de l'&#201;cole du Bauhaus (arts, architecture, design) &#224; Dessau, sous la pression politique, p&#233;dagogique et architecturale de l'extr&#234;me droite allemande.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/enseignement" rel="tag"&gt;enseignement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2661-2cc13.jpg?1772248095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette seconde partie de l'exploration des propos de Tim Ingold, tenus dans les &#201;coles d'art et d'architecture, mais extensibles &#224; toute p&#233;dagogie, prend d'autant plus de sens que l'ann&#233;e 2025 f&#234;te le centenaire de l'arriv&#233;e de l'&#201;cole du Bauhaus (arts, architecture, design) &#224; Dessau, sous la pression politique, p&#233;dagogique et architecturale de l'extr&#234;me droite allemande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;font-family:goergia&#034;&gt;&lt;big&gt;&lt;i&gt;Dans la revue Nectart, N&#176;20 (&#201;ditions de l'Attribut), un article d'Arnaud Fourrier, &#224; partir de nombreux entretiens, fait aussi le point sur la &#171; crise &#187; des &#201;coles d'art. Pour la France, il en d&#233;crit bri&#232;vement l'histoire, et montre que, si le cas de la fermeture de l'&#201;cole de Valenciennes par fait de diminution des cr&#233;dits municipaux est d&#233;sastreux, ce n'est pourtant pas par absence de projet ou d'insertion complexe entre le territoire, les perspectives nationales et internationales ; ce n'est pas non plus par abandon d'un r&#244;le p&#233;dagogique reconnu, ouvert sur les collaborations requises avec des partenaires. &lt;/i&gt;&lt;/big&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;coles en question sont de nos jours des incubateurs des nouvelles g&#233;n&#233;rations de cr&#233;ateurs. Les propos de Tim Ingold apportent &#224; ces constats une dimension concr&#232;te importante. Mais dans cette seconde partie, nous &#233;largissons ses questionnements &#224; l'&#233;cologie, toujours dans la perspective d'un enseignement cette fois g&#233;n&#233;ralis&#233;, lequel s'inqui&#232;terait d'une approche du monde, de la nature et des humains. Cet &#233;largissement constitue aussi une mani&#232;re de r&#233;fl&#233;chir l'&#233;cologie au-del&#224; des th&#233;ories. Ingold a derni&#232;rement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, Paris, Seuil, 2025&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; repris ces analyses en accentuant ses recherches sur la collaboration des g&#233;n&#233;rations. Il souligne :&lt;i&gt; &#171; C'est en vivant et en travaillant ensemble sur les traces de leurs anc&#234;tres que les g&#233;n&#233;rations s'assurent un avenir pour elles-m&#234;mes et pour leur descendance &#187;&lt;/i&gt;. Certes, il faut &#233;tudier de pr&#232;s ce phras&#233;, en faire la g&#233;n&#233;alogie et en marquer les limites. Il est confront&#233; ici aux discours des deux enseignants en &#201;coles contact&#233;s &#8212; Nicolas Tixier et David Zerbib &#8211;, portant sur l'impact des propos d'Ingold sur leurs pratiques, dans la mesure o&#249; ils en font un support de leur action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est autour des notions de g&#233;n&#233;ration et d'&#233;cologie qu'Ingold tente de prendre la main sur les discours courants, &#224; partir de la priorit&#233; &#224; l'art qu'il souhaite introduire. Il articule aujourd'hui ces notions &#224; une m&#233;ditation sur la vie en g&#233;n&#233;ral. Sur ce plan, il reprend une antienne bien connue : &lt;i&gt;&#171; La vie est comme un relais, et tant qu'elle continue, il y a de l'espoir pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'en reste pas moins vrai qu'il faut pr&#233;ciser les choses, et se rendre attentif aux usages, parce que l'existence, et notamment l'existence sociale n'est pas la vie. Il n'est donc pas certain que la notion de g&#233;n&#233;ration puisse &#234;tre utilis&#233;e sans pr&#233;cision. C'est sans doute ce pourquoi, l'auteur insiste de la mani&#232;re suivante sur la connotation humaine de cette notion : &lt;i&gt;&#171; Je suis persuad&#233; que nous avons besoin de changer notre mani&#232;re de concevoir les g&#233;n&#233;rations, non seulement pour apaiser certaines de nos angoisses concernant l'avenir, mais aussi, plus profond&#233;ment, pour jeter les bases d'une coexistence durable &#187;&lt;/i&gt;. Est-ce qu'Ingold sous-entend par-l&#224; que les jeunes g&#233;n&#233;rations ont bris&#233; les liens avec la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente, ou que les anciennes g&#233;n&#233;rations n'ont pas su maintenir un lien avec leurs prog&#233;nitures ? Il importe de s'accorder &#224; faire attention &#224; des propos qui ont vite fait de satisfaire des esprits un peu mal form&#233;s, dans une soci&#233;t&#233; mal &#224; l'aise avec elle-m&#234;me. Plus sp&#233;cifiquement, l'auteur se contente d'insister sur le fait que &lt;i&gt;&#171; nous ferions mieux de rassembler les g&#233;n&#233;rations une fois de plus dans les conversations qui donnent &#224; la vie sa continuit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. La notion de &#171; conversation &#187; m&#233;rite de longues consid&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Devant les fluctuations induites par cette perspective, et revenant sur l'enseignement con&#231;u comme une des mani&#232;res de lier les g&#233;n&#233;rations, David Zerbib prend le parti suivant : &lt;i&gt;&#171; J'aimerais (ou j'aurais aim&#233;) pour ma part d&#233;velopper l'id&#233;e du rapport au devenir, aux lignes du devenir, en rapport aux projets autour desquels j'ai nou&#233;, de mon c&#244;t&#233;, les travaux d'Ingold en &#201;cole d'art &#187;&lt;/i&gt;. Il se r&#233;f&#232;re &#224; Nicolas Tixier qui, dans cette veine, parle de &#171; proj&#233;tation &#187;, en entendant par l&#224; un &lt;i&gt;&#171; certain rapport &#233;cologique &#224; l'espace terrestre [qui] modifie la perspective du projet &#187;&lt;/i&gt;. D&#232;s lors, &#233;crit-il, &lt;i&gt;&#171; Dans mon cas Ingold aide &#224; penser &#233;galement une forme de projection, en un sens certes moins sp&#233;cifique et plus g&#233;n&#233;ralement philosophique, mais li&#233; &#224; cette question du projet, &#224; savoir la projection par laquelle l'art s'inscrit dans une histoire qui n'est plus ligne d'un progr&#232;s t&#233;l&#233;ologique - dynamique qui a tellement marqu&#233; la modernit&#233; et les avant-gardes &#187;&lt;/i&gt;. En m&#234;me temps, avec Ingold, pr&#233;cise-t-il, on comprend &lt;i&gt;&#171; comment &#233;chapper dans le m&#234;me temps &#224; l'anomie de la post-histoire, car il nous incite &#224; voir que les autres mondes ne sont pas des buts pr&#233;d&#233;termin&#233;s fix&#233;s &#224; l'horizon, mais sont en r&#233;alit&#233; d&#233;j&#224; l&#224;, pour peu qu'on se tourne vers les lignes de traverse, les chemins d&#233;tourn&#233;s, les mani&#232;res de faire qui d&#233;finissent au fond ce que j'ai propos&#233; d'appeler &#034;l'humilit&#233; des possibles&#034; dans une journ&#233;e d'&#233;tude organis&#233;e r&#233;cemment &#224; l'ESAAA. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par cons&#233;quent, il nous fait ainsi revenir sur les formules d&#233;gag&#233;es dans la premi&#232;re partie de cet article : Comment l'art peut-il transformer l'&#233;ducation ? En quoi la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;duction artistique est-elle de n'&#234;tre pas sp&#233;cifique, autrement dit de confiner &#224; une anti-m&#233;thode ? C'est dans cette veine qu'il se situe : &lt;i&gt;&#171; A&#768; c&#244;t&#233; des discussions scientifiques portant sur le r&#233;chauffement climatique, ou des d&#233;bats d'&#233;cologie politique visant &#224; d&#233;finir les strat&#233;gies d'action a&#768; mettre en &#339;uvre et les attitudes a&#768; promouvoir pour r&#233;pondre &#224; la crise &#233;cologique, la sph&#232;re esth&#233;tique pourrait appara&#238;tre comme un domaine tr&#232;s secondaire, loin de l'urgence. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enjeux artistique et esth&#233;tique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La pens&#233;e artistique et esth&#233;tique dans ce contexte, prend le tour d'une pens&#233;e pol&#233;mique. Ingold ne cesse de r&#233;p&#233;ter son opposition &#224; ce qu'il appelle la &lt;i&gt;&#171; pens&#233;e stratigraphique &#187;&lt;/i&gt;, celle qui structurerait les sensibilit&#233;s modernes en empilant les disciplines les unes sur les autres dans un ordre toutefois hi&#233;rarchique. Ce qu'il caract&#233;rise comme STEM (cf. premi&#232;re partie) : &lt;i&gt;&#171; Cette fa&#231;on de penser s'est impos&#233;e, souvent sans que l'on s'en aper&#231;oive, dans tous les domaines o&#249; entrent en jeu les pass&#233;s et les futurs humains, qu'il s'agisse de tradition et de patrimoine, de conservation et d'extinction, de soutenabilit&#233; et de progr&#232;s, ou encore d'art et de sciences &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'encontre de cette fa&#231;on de penser, Ingold &#233;l&#232;ve les droits de l'art, disons d'ailleurs plut&#244;t des activit&#233;s artistiques que de l'art au sens d'une r&#233;f&#233;rence &#224; des mouvements artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tabli, David Zerbib va plus loin. Il stipule que &lt;i&gt;&#171; l'enjeu esth&#233;tique s'en trouve [lui-m&#234;me] modifie&#769; &#187;&lt;/i&gt;, sp&#233;cialement en ce qui concerne notre rapport &#224; la nature, ce rapport qui est en butte d&#233;sormais &#224; toutes les critiques. Aussi pers&#233;v&#232;re-t-il sur ce plan : &lt;i&gt;&#171; Il ne s'agit plus seulement de d&#233;fendre la nature au nom de sa beaut&#233;, comme pouvait le faire efficacement, par exemple, une pionni&#232;re de l'&#233;cologie politique comme Rachel Carson au d&#233;but des ann&#233;es 1960. Car sur une telle &#233;chelle de valeur pourrait lui r&#233;pondre aujourd'hui, notamment, le prix Nobel d'&#233;conomie William Nordhaus &#187;&lt;/i&gt;. Selon Zerbib, ce dernier aurait &lt;i&gt;&#171; fait r&#233;cemment l'hypoth&#232;se que nous allions&lt;/i&gt; &#034;finir par aimer les paysages alt&#233;r&#233;s de ce monde plus chaud&#034;, &lt;i&gt;cette adaptation rendant alors moins n&#233;cessaires des mesures de pr&#233;servation&#8230; La sph&#232;re esth&#233;tique, litt&#233;ralement coextensive &#224; l'atmosph&#232;re de notre plan&#232;te, doit donc d&#233;border largement cette seule solution de jugement de go&#251;t pour nous permettre de r&#233;fl&#233;chir autrement les formes de notre exp&#233;rience terrestre, en nous rendant sensibles &#224; des dynamiques &#233;cologiques longtemps m&#233;consid&#233;r&#233;es, &#224; des mani&#232;res nouvelles d'&#234;tre affect&#233;s par et dans la r&#233;alit&#233; sensible qui relie nos corps, nos sens et nos &#233;motions aux processus vivants et mat&#233;riels, non exclusivement humains, qui nous constituent autant qu'ils nous environnent. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant assurer que ces questionnements invitent &#224; examiner en quoi certains modes du sentir poss&#232;dent non seulement une dimension anthropologique, ce qui ne fait pas de doute, mais &#233;galement &lt;i&gt;&#171; constituent une prop&#233;deutique &#224; toute politique future &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Zerbib de reprendre : &lt;i&gt;&#171; &#192; quel(s) monde(s) une exp&#233;rience nous rend-elle sensibles ? &#187;&lt;/i&gt; Interrogation d&#233;cisive, qui ne concerne pas les seules &#201;coles d'art et d'architecture.&lt;i&gt; &#171; Et quel(s) monde(s) cette sensibilit&#233; rend-elle possible(s) &#224; son tour &#187;&lt;/i&gt;. Il en appelle donc &#224; l'&#233;largissement de toutes les formations, comme cela s'entend bien de nos jours dans de nombreuses sph&#232;res de formation. Il soutient donc que : &lt;i&gt;&#171; dans l'art, la litt&#233;rature, l'anthropologie, la philosophie, les sciences, les cultures populaires, traditionnelles ou militantes &#187;&lt;/i&gt;, peuvent nous appara&#238;tre &lt;i&gt;&#171; des gestes, mouvements, fabrications, cr&#233;ations, &#233;critures, r&#233;cits, rites, travers&#233;es, visions, sensations&#8230;qui nous donnent &#224; sentir le possible, et &#224; pressentir l'existence d'autres mondes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'id&#233;e est devenue courante, il n'est pas certain qu'elle trouve vraiment des applications. Aussi Zerbib insiste-t-il :&lt;i&gt; &#171; Comment le travail artistique se trouve-t-il mis en rapport avec une pluralit&#233; de pratiques que nous pourrions nommer &#034;cosmo-sensibles&#034;, o&#249; se reconditonne[rait] l'imaginaire politique ? &#187;&lt;/i&gt;. Mais il en parle avec &lt;i&gt;&#171; modestie &#187;&lt;/i&gt;, selon la formule qui caract&#233;rise son enseignement : &lt;i&gt;&#171; Une forme d'&#8220;humilit&#233; des possibles&#8220; &#187;&lt;/i&gt;, susceptible de nous aider &#224; prot&#233;ger et explorer les conditions du devenir, dans une forme d'esth&#233;tique et de politique des plus ambitieuses et radicalement terrestres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;cologie &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme on l'observe dans les propos qui s'ench&#226;ssent dans cette seconde partie, l'impulsion donn&#233;e par Tim Ingold peut porter &#224; de nombreuses bifurcations. Il en est encore une : celle qui porte sur l'&#233;cologie dans sa dimension technique mais aussi dans sa mani&#232;re d'aborder le probl&#232;me de l'histoire. Ingold, sur ce plan, prend pour support la figure &#233;labor&#233;e par Paul Klee, de l'&lt;i&gt;Angelus Novus,&lt;/i&gt; l'ange de l'histoire (1920), laquelle a &#233;t&#233; comment&#233;e par Walter Benjamin. Ingold en retient que le commentaire de Benjamin trahit un sentiment de d&#233;sespoir. Il l'interpr&#232;te ainsi : &#171; Peut-il y avoir un r&#233;pit dans l'encha&#238;nement cataclysmique des solutions ultimes impos&#233;es, g&#233;n&#233;rations apr&#232;s g&#233;n&#233;rations, au nom du progr&#232;s ? &#187;. Il associe donc en antith&#232;se progr&#232;s et catastrophe, en laissant entendre que &#171; progr&#232;s &#187; impliquerait de &lt;i&gt;&#171; laisser venir l'avenir &#224; nous &#187;.&lt;/i&gt; Sans doute un peu caricatural, et peut-&#234;tre aussi un t&#233;lescopage entre les pens&#233;es d'un avenir &#224; restaurer et celles de la t&#233;l&#233;ologie. Peu importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il demeure que dans cette &#233;quation et la lecture des textes r&#233;f&#233;r&#233;s ici, l'&#233;cologie devient pr&#233;gnante. N&#233;anmoins les figures qu'en propose Ingold restent sans doute un peu fragiles, rappelant simplement qu'une &lt;i&gt;&#171; vie humaine ne se vit g&#233;n&#233;ralement pas de mani&#232;re isol&#233;e, mais en compagnie d'autres que soi. Les humains cheminent en groupe et leurs vies se tissent les unes autour des autres, en particulier dans les contextes intimes du foyer et de la famille &#187;&lt;/i&gt;. Certes. Mais il manque &#224; cette affaire des r&#233;flexions plus fructueuses comme celles qui mettent en &#233;vidence, par exemple, que &#171; l'obligation faite &#224; l'humain de dominer la nature d&#233;coule directement de la domination de l'humain sur l'humain &#187;. Autre conception sans doute simplifi&#233;e, mais qui met plus nettement le doigt sur la cons&#233;quence politique de ce que la r&#233;solution de la crise &#233;cologique plan&#233;taire d&#233;pend &#233;ventuellement de la capacit&#233; des humains &#224; s'attaquer aux d&#233;s&#233;quilibres sociaux et &#224; les r&#233;soudre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Tixier, reprenant ces questions et les difficult&#233;s auxquelles elles pr&#234;tent, notamment dans l'enseignement, intensifie la r&#233;flexion en la rapportant aux disciplines perp&#233;tu&#233;es dans les &#201;coles. Laissons-lui la parole : &lt;i&gt;&#171; Si les principes d'une interdisciplinarit&#233; forte ont souvent &#233;t&#233; une vis&#233;e, en particulier entre l'enseignement du projet et les sciences et techniques et les sciences humaines et sociales, le tournant &#233;cologique et un temps d'incertitudes quant &#224; demain, que nous vivons toutes et tous, a permis de remettre en d&#233;bat l'objectif de la performativit&#233; de l'architecture d'une part et d'une pens&#233;e programmatique d'autre part. Les enjeux actuels climatiques, biodiversitaires et, bien entendu, sociaux renouvellent les cadres tant de la pens&#233;e que de l'action en remettant en question nos imaginaires urbains et territoriaux jusqu'alors fortement anthropocentr&#233;s et fond&#233;s principalement sur le capital, la croissance et le d&#233;veloppement technologique. Au sein de ce tournant &#233;cologique, il se d&#233;veloppe, dans et hors des &#233;coles, des approches qui proposent une lecture fine du territoire, de ses histoires et de ses ressources et qui recherchent de nouveaux &#233;quilibres et de nouveaux modes de &lt;i&gt;projetation&lt;/i&gt; et de gouvernance afin de faire lien et lieu, de mieux consid&#233;rer les choses terrestres et les mondes du vivant. &#187;&lt;/i&gt; En retour, ces nouvelles &lt;i&gt;&#171; sensibilit&#233;s &#233;cologiques &#187;&lt;/i&gt;, et la mani&#232;re dont celles-ci transforment les rapports ordinaires aux territoires et les interrelations entre humains et non-humains, viennent interroger l'organisation m&#234;me de nos &#233;coles, de leurs p&#233;dagogies et des rapports aux territoires au sein desquels elles sont implant&#233;es. C'est l&#224; sans doute des changements profonds qu'il nous faut continuer d'op&#233;rer. &lt;i&gt;&#171; Mais&lt;/i&gt;, ajoute-t-il, &lt;i&gt;cette pluridisciplinarit&#233; pr&#233;sente dans nos &#233;coles, si elle est une composante indispensable pour penser et acter un projet de transformation d'un lieu, ne peut garantir &#224; elle seule, ni la qualit&#233;, ni la pertinence d'un projet. Plusieurs raisons &#224; cela. Tout d'abord le champ des disciplines id&#233;alement &#224; conna&#238;tre pour ma&#238;triser un projet est quasi infini et se renouvelle au regard des contextes locaux et des enjeux contemporains. &#187;&lt;/i&gt; L'utopie de la ma&#238;trise totale d'un projet est bien trop pr&#233;somptueuse pour tout architecte ou collectif de projet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_2387.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_2387-f3c8b.jpg?1772213608' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ducation artistique et culturelle &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il reste que ces interrogations sur le circuit artistico-culturel incitent &#224; passer sur un plan encore plus g&#233;n&#233;ral. Dans un autre propos r&#233;percut&#233; aussi ici, Ingold persiste &#224; insister sur les &#201;coles du point de vue du rapport entre les g&#233;n&#233;rations : &lt;i&gt;&#171; Je propose de revenir a&#768; l'id&#233;e plus ancienne que la vie se forge dans la collaboration de g&#233;n&#233;rations qui se chevauchent. Selon moi, c'est en vivant et en travaillant ensemble sur les traces de leurs anc&#234;tres que les g&#233;n&#233;rations s'assurent un avenir pour elles-m&#234;mes et pour leur descendance &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan, la question se pose de savoir en quoi ces propos compl&#233;mentaires peuvent concerner aussi bien l'&#201;ducation nationale que l'&#201;ducation artistique et culturelle (EAC) qui, comme on le sait, d&#233;bordent toutes deux le cadre des &#201;coles d'art pour se d&#233;ployer dans des &#233;tablissements qui confrontent autrement les g&#233;n&#233;rations et s'articulent &#224; des options diff&#233;rentes. Concernant l'EAC, les synth&#232;ses r&#233;centes sur ce plan indiquent que les promoteurs de ces projets se focalisent &#224; la fois sur des objectifs interg&#233;n&#233;rationnels et des objectifs culturels. Les premiers sont reli&#233;s au &lt;i&gt;&#171; lien social &#187;&lt;/i&gt;, ainsi que d&#233;fini par Ingold : &lt;i&gt;&#171; Ceux qui ont travaill&#233; si dur et mis tant de vie et d'&#226;me dans la cr&#233;ation d'un monde habitable m&#233;ritent notre respect. Nous devons notre existence m&#234;me &#224; leur labeur, tout comme ceux qui viendront apr&#232;s nous devront la leur au n&#244;tre &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seconds renvoient aux apports cognitifs, didactiques, sociaux et culturels, &#224; partir d'ateliers d'artistes en &#233;tablissements (mais peu de scientifiques) ou de rencontres autour de pratiques artistiques et culturelles. Au droit des travaux du philosophe Alain Kerlan, notamment, et de quelques sociologues, nous constatons que la dimension artistique et culturelle, lorsqu'elle &#171; entre dans l'&#233;cole &#187; par ce biais &#8212; &#224; raison d'avoir peu pens&#233; le non-rapport aux enseignements, ce qui est probl&#233;matique &#8212; produit moins des effets de connaissance que des effets de sens et de liens en chacune et chacun des participants : regain d'assurance de soi, reconnaissance r&#233;ciproque, ampleur de l'expression, apprentissage de la concentration, et renforcement du travail collectif. Dans la plupart des cas, le &#171; faire &#187; s'inscrit certes au c&#339;ur de l'objectif, mais &#224; partir d'orientations qui font signe vers un retour &#224; l'enseignement ou la r&#233;alisation d'une meilleure atmosph&#232;re dans l'&#233;tablissement. &lt;i&gt;&#171; Faites faire ceci ou cela &#224; vos &#233;l&#232;ves, et ils seront meilleurs partout &#187;&lt;/i&gt; (r&#233;sultat d'enqu&#234;te). En ce sens, l'EAC devient un simple outil susceptible d'am&#233;liorer ce qui par diff&#233;rence avec l'art et la culture s'appellerait &#171; les fondamentaux &#187; (les disciplines traditionnelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui oblige &#224; revenir sur un point, tout en imposant de discuter des options diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles qu'Ingold met en perspective en les opposant, r&#233;sum&#233;es ci-dessous dans un extrait de : &lt;i&gt;The maze and the labyrinth : walking and the education of attention.&lt;/i&gt; L'auteur y oppose &lt;i&gt;&#171; deux conceptions fort diff&#233;rentes de l'&#233;ducation. La premi&#232;re est suffisamment famili&#232;re pour quiconque a un jour &#233;t&#233; &#233;l&#232;ve ou professeur dans une salle de classe. Elle est associ&#233;e au verbe latin&lt;/i&gt; educare &lt;i&gt;qui signifie inculquer une ligne de conduite approuv&#233;e et le savoir qui la sous-tend&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDR : &#233;ducation : ex-ducere, conduire hors de soi&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une variante &#233;tymologique attribue toutefois l'origine du terme au verbe&lt;/i&gt; educere, &lt;i&gt;compose&#769; de&lt;/i&gt; ex &lt;i&gt;(dehors) et de&lt;/i&gt; ducere &lt;i&gt;(mener). L'&#233;ducation consiste dans ce sens a&#768; mener les novices vers le monde ext&#233;rieur et non &#8212; comme il est conventionnellement admis de nos jours &#8212; a&#768; inculquer un savoir dans leur esprit. Elle consiste litt&#233;ralement &#224; inviter l'&#233;l&#232;ve &#224; partir en promenade. Quelle forme d'&#233;ducation re&#231;oit-on en marchant ? Et en quoi la marche s'av&#232;re-t-elle une pratique aussi efficace pour ce type d'&#233;ducation particulier ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;puis&#233; ici dans Intuitive Notebook, #2, LDI, Juillet 2015, repris dans Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Encore cette posture est-elle englob&#233;e dans l'id&#233;e d'une continuit&#233; existentielle : &lt;i&gt;&#171; La vie est comme un relais, et tant qu'elle continue, il y a de l'espoir pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir &#187;&lt;/i&gt;. Et Ingold d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Je suis persuad&#233; que nous avons besoin de changer notre mani&#232;re de concevoir les g&#233;n&#233;rations, non seulement pour apaiser certaines de nos angoisses concernant l'avenir, mais aussi, plus profond&#233;ment pour jeter les bases d'une coexistence durable &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se trouve sugg&#233;r&#233; aussi un rapport complexe d'Ingold aux travaux de Jacques Ranci&#232;re, qui en opposant non moins le ma&#238;tre-savant et le ma&#238;tre ignorant, propose plut&#244;t de lier &#233;ducation et &#233;mancipation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Ma&#238;tre ignorant, Cinq le&#231;ons sur l'&#233;mancipation intellectuelle, Paris (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir,&lt;/i&gt; Paris, Seuil, 2025&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDR : &#233;ducation :&lt;/i&gt; ex-ducere, &lt;i&gt;conduire hors de soi&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;puis&#233; ici dans &lt;i&gt;Intuitive Notebook,&lt;/i&gt; #2, LDI, Juillet 2015, repris dans &lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.,&lt;/i&gt; p.188&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Ma&#238;tre ignorant, Cinq le&#231;ons sur l'&#233;mancipation intellectuelle,&lt;/i&gt; Paris Fayard, 1987&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dits photo : Thierry Mouill&#233; (LDI).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une &#233;ducation artistique pour le XXIe si&#232;cle ? I/II</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Une-education-artistique-pour-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Une-education-artistique-pour-le</guid>
		<dc:date>2025-03-31T08:33:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>enseignement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Qu'il faille s'int&#233;resser de pr&#232;s &#224; certaines questions techniques urgentes soulev&#233;es par la crise plan&#233;taire en cours, ce n'est plus &#224; confirmer. Mais au-del&#224; de ces questions, d'autres plus spirituelles demeurent.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/enseignement" rel="tag"&gt;enseignement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2640-4bb3e.jpg?1772248095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'il faille s'int&#233;resser de pr&#232;s &#224; certaines questions techniques urgentes soulev&#233;es par la crise plan&#233;taire en cours, ce n'est plus &#224; confirmer. Mais au-del&#224; de ces questions, d'autres plus spirituelles demeurent. Quelle signification voulons-nous donner &#224; l'approche &#233;cologique, &#224; la n&#233;cessit&#233; de comprendre notre propre humanit&#233; dans un milieu o&#249; existent tant d'autres mani&#232;res que la n&#244;tre d'&#234;tre vivant, &#224; la distribution des richesses et &#224; une id&#233;e de la d&#233;mocratie &#224; la hauteur de la p&#233;riode critique actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;font-family:goergia&#034;&gt;&lt;big&gt;&lt;i&gt;Encore une fois, parmi d'autres sans doute, ce sont les questions autour desquelles gravite l'anthropologue britannique Tim Ingold (1948). Il les a d&#233;velopp&#233;es, en particulier, dans des &#201;coles d'art et d'architecture. C'est &#224; ce titre que nous reprenons ici des propos de lui r&#233;cemment publi&#233;s. Et nous avons interrog&#233; trois enseignants en &#201;coles &#8212; Nicolas Tixier (Grenoble), David Zerbib (Annecy) et Thierry Mouill&#233; (Tours) &#8212;, sur l'impact des propos du chercheur sur leurs pratiques et celle de leurs &#233;tudiants. &lt;/i&gt;&lt;/big&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette premi&#232;re partie, il est surtout question de l'enseignement en &#233;coles professionnalisantes. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, le mus&#233;e d'art moderne et contemporain de Gen&#232;ve, le Mamco, publie un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Faire &#233;cole (ou la refaire)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Faire &#233;cole (ou la refaire), les presses du r&#233;el, Dijon, 2008&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Form&#233;s souvent, du c&#244;t&#233; des arts, par l'enseignement du Bauhaus, les &#233;tudiants des ann&#233;es 1968 et suivantes ont longtemps fait r&#233;f&#233;rence pour avoir condamn&#233; l'acad&#233;misme, d&#233;fini comme un corpus de connaissances diffus&#233; par des ma&#238;tres d&#233;terminant leurs comp&#233;tences. Mais l'esprit qu'ils ont diffus&#233; est lui aussi pass&#233; rapidement &#224; la trappe. S'il n'est pas ill&#233;gitime que les &#233;coles d'art r&#233;fl&#233;chissent par elles-m&#234;mes leur objet d'enseignement, cela conduit, justement, &#224; chercher &#224; refaire sans cesse les principes et orientations fondatrices, notamment &#224; partir des conditions du temps. Ainsi, tr&#232;s peu de temps apr&#232;s, en 2010, &#224; l'&#201;cole sup&#233;rieure des Beaux-Arts de Nantes M&#233;tropole, Jean-Sylvain Bieth et Christophe Kihm convoquent un autre colloque portant &#224; nouveau sur les objectifs requis pour une &#233;cole d'art, &lt;i&gt;Teaching the World II : l'enseignement par l'exp&#233;rience.&lt;/i&gt; Deux ans ont suffi pour que les formules de 2008 soient p&#233;rim&#233;es. En 2010, on proclame que l'art ne s'enseigne pas ou d'autant moins que l'on r&#233;duit la cr&#233;ation &#224; une &#233;tincelle, mais qu'il se transmet, &#224; la fois sous transmission technique (apprentissage de savoir-faire), transmission th&#233;orique (esth&#233;tique, culture, &lt;i&gt;Bildung&lt;/i&gt;) et transmission-formation du jugement et du go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il a suffi d'une ann&#233;e pour que Didier Semin pose une fois de plus la question : Peut-on enseigner l'art ? Il voulait ajouter au &#171; programme &#187; pr&#233;c&#233;dent une troisi&#232;me transmission : celle-l&#224; &#233;thique, ayant trait aux attitudes et aux modes d'&#234;tre artiste, &#224; la mani&#232;re de se situer dans le monde et d'en renouveler l'exp&#233;rience. Chacun de ces points de discussion (didactique, transmission, exp&#233;rience, comp&#233;tence) pose certes des probl&#232;mes. Et il n'est pas &#233;tonnant de voir derechef, en 2013, &#224; partir de l'Head-Gen&#232;ve (Haute &#201;cole d'art et de design), Christophe Kihm et Val&#233;rie Mavridorakis, reformuler une fois de plus la question : &lt;i&gt;Transmettre l'art - figures et m&#233;thodes - quelle Histoire ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Transmettre l'art, Figures et M&#233;thodes, Quelle Histoire ?, Dijon, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons passer quelques ann&#233;es. Et une importante production d'ouvrages autour de ces questions. Penchons-nous sur les r&#233;flexions plus r&#233;centes, celles des ann&#233;es 2020. Parmi elles, isolons un propos tenu &#224; Grenoble par Tim Ingold (1948), anthropologue et figure marquante de l'anthropologie &#224; l'&#232;re de l'anthropoc&#232;ne, comme indiqu&#233; ci-dessus. Ce dernier ne s'int&#233;resse pas uniquement aux d&#233;veloppements th&#233;oriques et aux d&#233;ploiements de concepts. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, outre des analyses de terrain, il ne cesse d'articuler ses propos &#224; la dimension pragmatique de l'enseignement. Il n'est donc pas &#233;tonnant, comme nous allons le voir, de l'entendre rendre publique une conception de l'enseignement g&#233;n&#233;ral et une conception de l'enseignement en &#233;coles professionnalisantes. Elle est discut&#233;e dans les &#233;coles d'art et d'architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la remise du titre de docteur &lt;i&gt;honoris causa&lt;/i&gt; de l'universit&#233; Grenoble-Alpes, le 2 d&#233;cembre 2022, Tim Ingold a prononc&#233; une conf&#233;rence &#224; l'ESAAA (&#201;cole sup&#233;rieure d'art Annecy-Alpes) et l'ENSAG (&#201;cole nationale sup&#233;rieure d'art de Grenoble) r&#233;unis. Sous le titre &lt;i&gt;Architecture educates ! Au contact de l'art,&lt;/i&gt; son th&#232;me portait sur l'enseignement sup&#233;rieur tel qu'il devrait &#234;tre con&#231;u. Cette conf&#233;rence est d&#233;sormais publi&#233;e,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;en tir&#233;-&#224;-part aux presses du r&#233;el, 2025.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; accompagn&#233;e d'une s&#233;rie de huit contributions figurales d'&#233;tudiant(e)s du master &#171; terrain &#187; de l'&#201;cole d'art Annecy-Alpes. Elle est en r&#233;alit&#233; extraite d'une publication-source, alors en cours, intitul&#233;e &lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, Paris, Seuil, 2025&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; laquelle nous r&#233;f&#233;rons aussi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conf&#233;rence de Tim Ingold&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Tixier, architecte, professeur et membre du laboratoire CRESSON&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centre de Recherche sur l'Espace Sonore et l'Environnement Urbain, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; Grenoble, pr&#233;cise ainsi l'enjeu de cette conf&#233;rence : &lt;i&gt;&#171; Ingold nous lance un d&#233;fi, celui de repenser radicalement l'&#233;thique et le cadre de l'enseignement sup&#233;rieur, en nous invitant &#224; consid&#233;rer les arts (et l'architecture !) non pas en tant que compl&#233;ment &#224; ce que la pens&#233;e contemporaine consid&#232;re comme la base de l'&#233;ducation, &#224; savoir la science, la technologie, l'ing&#233;nierie et les math&#233;matiques, mais comme la base m&#234;me d'une &#233;ducation pour le XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en prise aux enjeux sociaux et &#233;cologiques auxquels nous sommes confront&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; En cela, souligne-t-il encore, la conf&#233;rence d'Ingold est all&#233;e bien au-del&#224; d'une simple pr&#233;sentation de ses recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons-en le propos, lu ici, &#224; la fois, dans le volume de l'ESAAA-ENSAG&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;cole d'art Annecy-Alpes et &#201;cole nationale sup&#233;rieure d'architecture de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et dans l'ouvrage &lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir,chapitres : &#171; La voie de l'&#233;ducation &#187; et &#171; Au-del&#224; de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arts et l'architecture ne doivent pas &#234;tre reclus dans une fonction de compl&#233;ment aux enseignements r&#233;put&#233;s plus importants : la science, la technologie, l'ing&#233;nierie et les math&#233;matiques. Ils devraient passer pour le fondement de l'enseignement, voire de l'&#233;ducation. Ingold oppose les STEM et STEAM, soit les institutions dans lesquelles r&#232;gnent Science, Technologie, Eng&#233;nierie (Ing&#233;nierie en Fran&#231;ais), Math&#233;matique (STEM), et celles dans lesquelles pourrait ou devrait s'instaurer art et/ou architecture au c&#339;ur de l'organisation (donc STEAM). Ces STEAM, pr&#233;cise-t-il, &lt;i&gt;&#171; semblent &#187;&lt;/i&gt; avoir &#233;t&#233; invent&#233;es vers 2010. Le propos est brut, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre &#233;tay&#233;, surtout alors que la notion de &#171; science &#187; dans un tel usage m&#233;riterait une large critique, comme finalement toutes ces notions un peu simplifi&#233;es et essentialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons le cours du texte. Tim Ingold poursuit ses propos de la mani&#232;re suivante : Outre que l'usage d&#233;sormais fr&#233;quent des acronymes rel&#232;ve du d&#233;ploiement de versions instrumentales d'un langage st&#233;rilis&#233;, et d'une attitude qui distancie du monde parce que la prononciation de l'acronyme se substitue &#224; une approche affective de la chose d&#233;sign&#233;e, cet usage renvoie aussi &#224; nos conditions d'enseignement. Les STEM sont plus valoris&#233;es que les STEAM, soumis aux &#171; implacables demandes de l'&#233;conomie lib&#233;rale &#187;. Les STEAM au contraire, et davantage encore si on prononce chaque terme explicitement, nous propulsent (et pourraient nous propulser) dans des mondes concrets, explorables d'un c&#244;t&#233; et reli&#233;s &#224; toute l'activit&#233; humaine. Encore convient-il de ne pas se contenter d'ajouter les arts dans le complexe STEM !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si l'on veut se d&#233;partir de ce primat d'une organisation &#233;conomiste de l'existence et de la connaissance dans l'enseignement, tout en reconnaissant la teneur positive des ambitieux programmes de d&#233;veloppement des sciences et des techniques depuis les Lumi&#232;res, il faut introduire l'art et l'architecture dans la r&#233;flexion et l'ordonnancement des &#233;tudes. Pour autant, cela peut se jouer sous trois modes d'int&#233;gration, dont seul le dernier pourrait correspondre &#224; un projet id&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#233;mentarit&#233; : L'art et l'architecture sont seulement ajout&#233;s au programme g&#233;n&#233;ral des STEM, et ils sont subordonn&#233;s aux m&#234;mes objectifs instrumentaux impos&#233;s par avance dans le domaine des sciences, des technologies et de l'ing&#233;nierie. Les artistes et les architectes sont charg&#233;s de trouver de nouvelles recettes afin d'amplifier les march&#233;s : conception de nouveaux produits, marketing, attractions diverses pour les consommatrices et consommateurs. L'art est r&#233;duit &#224; la valeur de divertissement, dans une opposition banale entre la froideur du concept et du m&#233;canique et la chaleur du subjectif, &lt;i&gt;&#171; en accord avec les sentiments, l'empathie et une compr&#233;hension holistique &#187;&lt;/i&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;&#233;quilibrage : Les arts et l'architecture sont introduits dans les STEM afin de mod&#233;rer &lt;i&gt;&#171; tout profit de projet n&#233;olib&#233;ral &#187;&lt;/i&gt;, en lui attribuant un visage humain et une conscience. Ce qui devient un simple vernis est couvert par l'id&#233;e d'introduire de l'expression personnelle ou de la couleur locale dans un jeu commercial instaur&#233; par avance. L'art et l'architecture rendraient seulement l'innovation plus efficace, voire l'orienteraient &#171; au profit de tous &#187;, comme le souhaitent quelques institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le radicalisme : Or, art et architecture ont autre chose &#224; nous apprendre. Leur r&#244;le n'est-il pas &lt;i&gt;&#171; d'&#233;largir nos horizons, voire d'ouvrir nos c&#339;urs et nos esprits &#224; des v&#233;rit&#233;s plus fondamentales ? &#187;&lt;/i&gt;. Ils peuvent d&#233;fier les STEM sur leur propre terrain. Ils peuvent aussi &lt;i&gt;&#171; changer le sens et le but m&#234;me de l'&#233;ducation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ingold approfondit alors ce troisi&#232;me point. Les arts et l'architecture, pr&#233;cise-t-il, peuvent ais&#233;ment se soustraire &#224; un double d&#233;faut : c&#233;der au march&#233; et se contenter de l'expression subjective de soi. En en faisant le c&#339;ur de l'&#233;ducation et de l'enseignement, il s'agirait de conduire &lt;i&gt;&#171; les &#233;tudiant(e)s &#224; un dialogue soutenu avec le monde lui-m&#234;me &#187;.&lt;/i&gt; Dans ce dessein &#8212; ni soumission, ni expression &#8212;, et en les &#233;loignant des th&#233;matiques d&#233;sengag&#233;es et manipulatrices que l'on a impos&#233;es aux arts et &#224; l'architecture &#224; partir du march&#233;, il est possible de se focaliser sur les pratiques artistiques elles-m&#234;mes. Ce sont elles qui &#233;duquent, dans la mesure o&#249; elles ouvrent des chemins, et guident l'attention &lt;i&gt;&#171; vers des aspects du monde qui seraient dignes d'&#234;tre &#233;tudi&#233;s de pr&#232;s &#187;&lt;/i&gt; &#8212; Seule difficult&#233;, le jeu caricatural de l'opposition aux sciences, risquant d'induire les lectrices et lecteurs &#224; c&#233;der aux sir&#232;nes de l'esprit antiscientifique. Ne ferait-on pas mieux, au contraire, de prendre au s&#233;rieux les tentatives radicales pour penser &#224; nouveaux frais l'articulation entre une pens&#233;e des sciences moins caricaturale et une pens&#233;e des arts, notamment, contemporains, plus vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine mani&#232;re, cette focalisation d&#233;sormais possible sur le sens m&#234;me de la correspondance entre l'&#233;ducation et le monde, permettrait de retrouver, y compris dans les sciences, les technologies et l'ing&#233;nierie, les traits anciens positifs qui y ont &#233;t&#233; gomm&#233;s. Il suffit de songer &#224; quelques g&#233;ants du pass&#233; : L&#233;onard de Vinci, Vitruve, Alberti, etc. Sur un tel fil, le rapport entre art/architecture et les sciences, technologies, ing&#233;nieries repens&#233;es enti&#232;rement, permettrait de red&#233;ployer un imaginaire ouvert &#224; &lt;i&gt;&#171; la formation incessante du monde &#187;&lt;/i&gt;. C'est cet imaginaire qu'il faudrait replacer au c&#339;ur m&#234;me de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer ce propos, Tim Ingold affirme qu'une &#233;ducation &lt;i&gt;retourn&#233;e&lt;/i&gt; par l'art et l'architecture, en restaurant la curiosit&#233; et la sagesse, favoriserait le soin et l'attention au monde et aux autres, lesquelles restaureraient un passage entre les g&#233;n&#233;rations actuellement bris&#233; par des mod&#232;les de transmission m&#233;caniques et donneraient lieu &#224; des programmes &#233;ducatifs qui ne seraient plus enferm&#233;s dans des avenirs pr&#233;d&#233;termin&#233;s. L'&#233;ducation deviendrait &#224; la fois travail et &#339;uvre artistique, au double sens de l'action d'&#339;uvrer et de r&#233;sultats potentiels.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_2456.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_2456-2a3a6.jpg?1772188267' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transitivit&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;largissons le d&#233;bat. Autour de cette conf&#233;rence, Nicolas Tixier revient autrement sur ces points : &lt;i&gt;&#171; Entre h&#233;ritages choisis, transitions en cours et ruptures n&#233;cessaires comment penser alors l'habiter du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; pour les villes et les territoires et nous rappeler la fameuse phrase de Walter Benjamin &#034;Que les choses continuent comme avant, l&#224; est la catastrophe&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zentralpark, Fragments sur Baudelaire, Fragment 35, Paris, Payot, r&#233;ed. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Les r&#233;flexions de Tim Ingold, et celles avant lui de personnes comme William James, John Dewey ou encore Patrick Geddes, pour ne citer que quelques ant&#233;c&#233;dents c&#233;l&#232;bres, nous y aident fortement en r&#233;introduisant l'importance de penser notre monde et son habitabilit&#233; par un double prisme, celui de la cr&#233;ation, de l'exp&#233;rience et du faire, et celui de l'engagement collectif et d&#233;mocratique pour un tissage des savoirs autant que des g&#233;n&#233;rations. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de bien saisir ces enjeux pour les conditions actuelles, il convient de rappeler que l'enseignement dans les &#233;coles d'architecture en France est structur&#233; autour de la p&#233;dagogie du projet et d'un ensemble de disciplines qui permettent aux &#233;tudiant.es d'acqu&#233;rir des connaissances sur les enjeux tant de l'habiter que de la construction. Les champs disciplinaires de recrutement des enseignants dans les &#201;coles Nationales Sup&#233;rieures d'Architecture, d&#233;taille Nicolas Tixier (CRESSON Grenoble) sont au nombre de six : deux sont dites disciplines du projet (Th&#233;orie et Pratique de la Conception Architecturale et Urbaine et Ville et Territoires), cinq sont destin&#233;es &#224; l'architecture (Sciences de l'homme et de la soci&#233;t&#233; pour l'architecture, Sciences et techniques pour l'architecture, Arts et techniques de la repr&#233;sentation, Histoire et cultures architecturales, qui toutes se d&#233;clinent en sous champs). Ces enseignements recourent le plus souvent &#224; des formes vari&#233;es de transmission des savoirs, du cours magistral &#224; des applications ou des exp&#233;rimentations situ&#233;es, du d&#233;veloppement de pratiques de repr&#233;sentation &#224; l'initiation &#224; la capacit&#233; critique et &#224; la recherche. De par la nature m&#234;me de leur structuration et des modes de recrutement de leurs enseignants, les &#233;coles d'architectures sont pluridisciplinaires et le projet est souvent (mais pas que) le lieu de croisement des disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cependant, de nos jours, de nombreux troubles traversent les &#201;coles d'art et d'architecture et bien &#233;videmment notre soci&#233;t&#233;. Des troubles collectifs : la d&#233;cr&#233;dibilisation des grands r&#233;cits d'orientation, l'exaltation lib&#233;rale, la revalorisation de certains pass&#233;s, l'anthropoc&#232;ne, etc. Et des troubles particuliers &#224; l'enseignement : interrogation sur la &#171; transmission &#187;, la configuration des enseignements, l'importance des &#171; disciplines &#187;, la professionnalisation, les finances des &#233;coles d'art. Face &#224; eux, il est certes n&#233;cessaire d'entendre ceux qui ont des propositions &#224; adresser autour de la notion d'&#201;cole, de ma&#238;trise et d'autorit&#233;, de transmission, et d'en discuter, surtout si &#171; transmission &#187; est bien l'&#233;picentre de ce qu'on appelle &#171; enseignement &#187;, ce qui est discutable. N&#233;anmoins, on peut aussi se demander s'il n'y a pas une immense diff&#233;rence, du point de vue des &#201;coles sup&#233;rieures, entre des professeurs non artistes et des professeurs artistes. Surtout si, du point de vue des arts, on souhaite que la transmission soit une v&#233;ritable &lt;i&gt;transposition&lt;/i&gt; (comme celle qui se produirait entre l'artiste et sa cr&#233;ation, selon certaines m&#233;taphysiques de l'art), voire une &lt;i&gt;transformation&lt;/i&gt; r&#233;ciproque du professeur et de l'&#233;tudiant. Ce dernier processus, disait John Cage, &#233;mergerait&lt;i&gt; &#171; de la rencontre de chaque personne avec d'autres ou, pour ainsi dire, de chacun avec soi-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon Ingold, il serait d&#233;sormais n&#233;cessaire, plut&#244;t qu'une transmission, de d&#233;fendre l'id&#233;e d'une transduction entre l'enseignant et l'&#233;tudiant, laquelle ne serait pas calqu&#233;e sur le mod&#232;le traditionnel : &lt;i&gt;&#171; En effet, en tant que lieu d'apprentissage, l'acad&#233;mie &#8212; qu'il s'agisse d'une &#233;cole, d'un lyc&#233;e ou d'une universit&#233; &#8212; est fond&#233;e sur l'hypoth&#232;se de l'existence d'une connaissance sup&#233;rieure de la fa&#231;on dont le monde fonctionne, du moins par rapport au savoir de ceux que l'on appelle les &#034;profanes&#034;, qui, par contraste, est tellement lie&#769; &#224; l'exp&#233;rience qu'il &#233;chappe &#224; l'explication et a&#768; l'analyse. Presque par d&#233;finition, le savoir acad&#233;mique se place en surplomb, a&#768; distance des th&#233;&#226;tres de la pratique d&#233;sordonn&#233;e dans lesquels il pourrait &#234;tre utilise&#769;, si tant est qu'il le soit. C'est pourquoi les &#233;tudes acad&#233;miques s&#233;parent g&#233;n&#233;ralement l'apprentissage de la pratique, la transmission du savoir entre les g&#233;n&#233;rations de son application par celles-ci &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel d'une &#201;cole devrait donc r&#233;sider dans une nouvelle mani&#232;re de traiter le &#171; TRANS- &#187;, tout en changeant sa d&#233;nomination, en passant &#224; &#171; Lab &#187;, &#171; Incubateur &#187;, etc. Il faudrait en finir d&#233;finitivement &#8212; ce qui serait &#224; approcher plus finement en relisant Aristote ou Kant/Hegel &#8212; avec la notion de formation ((Bildung&lt;/i&gt;) qui reposerait sur une p&#233;dagogie de surplomb, garantie par une autorit&#233;, se fixant comme objectif de d&#233;fendre une position, de transmettre un corpus de connaissances ou de r&#233;aliser un grand projet. La nouvelle mani&#232;re de traiter le &#171; TRANS- &#187; devrait op&#233;rer plut&#244;t par &lt;i&gt;&#171; d&#233;placement de ses disciples, en les faisant sortir de leur position, ou, en un mot, par leur exposition &#187;&lt;/i&gt;. Ce qui, nous allons y revenir, conduit Ingold &#224; souhaiter repenser le rapport entre les g&#233;n&#233;rations, dans un esprit pourtant tr&#232;s traditionnel. Il exclut certes l'id&#233;e de &#171; ma&#238;tre &#187; au sens de l'histoire de l'art, encore cette notion est-elle d&#233;licate &#224; manier puisque lorsque l'on y parle de &#171; ma&#238;tres &#187;, on pense aussi &#8212; notamment dans le contexte artistique des XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles &#8212; &#224; la pratique de cr&#233;er les &#339;uvres imposantes &#224; plusieurs mains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. cf. Sophie Cassagnes-Brouquet, &#171; Les ateliers d'artistes au Moyen Age (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, il renvoie implicitement &#224; un retour au &lt;i&gt;doctor&lt;/i&gt; latin, celui qui enseigne apr&#232;s avoir &#233;t&#233; enseign&#233;, notion qui est toujours reli&#233;e au &lt;i&gt;documentum&lt;/i&gt; (l'enseignement) ou &#224; la Torah orale, qui apprend &#224; remonter de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Ceci s'entendant par rapport/opposition &#224; l'h&#233;ritage de disruption de la fin des ann&#233;es 1980 : &lt;i&gt;&#171; Nous ferions mieux de rassembler les g&#233;n&#233;rations une fois de plus dans les conversations qui donnent a&#768; la vie sa continuit&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relativement aux &#201;coles d'art, ce qui est plus int&#233;ressant dans la position de Tim Ingold, qui n'est pas enseignant artiste, c'est qu'il change la nature de la question, sans doute effectivement dans le sillage du philosophe John Dewey&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'art comme exp&#233;rience, 1934, collectif [trad.], Paris, Folio, 2010&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tous deux originaires du monde culturel anglais (Britannique et &#201;tatsunien). Cette question devient : Comment l'art peut-il transformer l'&#233;ducation ? En quoi la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;ducation artistique est-elle de n'&#234;tre pas sp&#233;cifique, autrement dit de confiner &#224; une anti-m&#233;thode ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Interrog&#233; sur ce point, Nicolas Tixier valorise cette id&#233;e d'anti-m&#233;thode, qui nous revient aujourd'hui non sans avoir eu d&#233;j&#224; une longue carri&#232;re derri&#232;re elle &#8212; paradoxalement, Mai 1968 compris, alors que cette p&#233;riode est ici critiqu&#233;e. Il incite &#224; en amplifier encore la notion. Il y greffe quant &#224; lui des pratiques inspir&#233;es par Ingold et Benjamin : &lt;i&gt;&#171; C'est en lisant un article sur la critique de l'historienne et th&#233;oricienne du cin&#233;ma Nicole Brenez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La Critique comme concept, exigence et praxis &#187;, in La Furia Umana, no17, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que j'ai pu, comme en miroir, trouver de fa&#231;on r&#233;sum&#233;e des &#233;l&#233;ments de m&#233;thode autant que d'anti-m&#233;thode. Nicole Brenez relit une s&#233;rie de textes de Benjamin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fragments, 1916-1938, Paris, &#201;d. PUF, 2002&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui portent sur la question de la critique. Quand on posait la question : &#034;qu'est-ce que la critique ?&#034; &#224; Benjamin, il r&#233;pondait qu'il ne savait pas, mais que, par contre, il savait tr&#232;s bien, pour lui, ce qu'&#233;tait le travail critique. &#187;&lt;/i&gt; En articulant Ingold et Benjamin, Tixier souhaite que &lt;i&gt;&#171; nous reprenions volontiers la suite de son d&#233;veloppement en changeant le terme de critique par celui de recherche ou de p&#233;dagogie. Pour Benjamin, le travail critique, et donc pour nous le travail de recherche ou de p&#233;dagogie, consiste en trois choses : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;fl&#233;chir sur un corpus (des &#339;uvres ou, pour nous, des situations habit&#233;es, etc.) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; se laisser d&#233;placer par l'&#339;uvre ou, pour nous, des situations habit&#233;es (cr&#233;er les conditions pour que ce corpus nous touche, nous alt&#232;re, nous transforme) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; inventer des formes d'exposition (&#224; son tour produire une forme et prendre le risque de la rendre publique) &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, Ingold, pour revenir &#224; lui, ne tombe pas dans le pi&#232;ge de la &#171; participation &#187;, cette rengaine/r&#233;clamation des commanditaires d&#233;sormais pour accepter de financer une &#339;uvre. Dans les ann&#233;es 1970, d&#233;j&#224;, Jean Clay, dans la revue &lt;i&gt;Robho&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robho, n&#176;5 et 6&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soulignait que les formes les plus courantes de la &#171; participation &#187; &#233;quivalaient &#224; proclamer : &lt;i&gt;&#171; Personnalisez votre ali&#233;nation &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Appuyez sur ce bouton qui ne sert &#224; rien &#187;&lt;/i&gt;. Certes, cette &#171; participation &#187; se voulait au d&#233;but du mouvement une mise en cause de la position &#171; magistrale &#187; de l'artiste, refus des propositions esth&#233;tiques fig&#233;es dans l'immuable. Et dans le cas du GRAV (Groupe de Recherche d'Art Visuel, 1960), elle se voulait un apprentissage de la libert&#233; dans la quasi-disparition de l'objet artistique. Le spectateur &#233;tait conduit &#224; affronter directement sa situation. C'est dans un deuxi&#232;me temps d'ailleurs que cette &#171; m&#233;thode &#187; s'est retourn&#233;e en souhait de faire intervenir le spectateur afin de rem&#233;dier &#224; son agitation, puisqu'en participant, ils &lt;i&gt;&#171; ne feront plus de b&#234;tises &#187;&lt;/i&gt;. Ceci au risque de marginaliser l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on devait conclure cette premi&#232;re partie, cela pourrait se faire en reprenant ce questionnement de Tixier : &lt;i&gt;&#171; Que l'on soit en recherche, en projet ou en p&#233;dagogie, comment maintenir une inqui&#233;tude sur ce que l'on fait, ce que l'on produit ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Faire &#233;cole (ou la refaire)&lt;/i&gt;, les presses du r&#233;el, Dijon, 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Transmettre l'art, Figures et M&#233;thodes, Quelle Histoire ?&lt;/i&gt;, Dijon, les presses du r&#233;el, janvier 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;en tir&#233;-&#224;-part aux presses du r&#233;el, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2025&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Centre de Recherche sur l'Espace Sonore et l'Environnement Urbain, laboratoire UMR 1563 &#171; Ambiances, Architectures, Urbanit&#233;s &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;cole d'art Annecy-Alpes et &#201;cole nationale sup&#233;rieure d'architecture de Grenoble&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;,chapitres : &#171; La voie de l'&#233;ducation &#187; et &#171; Au-del&#224; de la science et la technologie (Paris, Seuil, 2025) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Zentralpark, Fragments sur Baudelaire,&lt;/i&gt; Fragment 35, Paris, Payot, r&#233;ed. 2002, p. 242&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pass&#233; &#224; venir&lt;/i&gt;, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. cf. Sophie Cassagnes-Brouquet, &#171; Les ateliers d'artistes au Moyen Age : entre th&#233;orie et pratiques &#187;, in (Perspective. Actualit&#233; en histoire de l'art,&lt;/i&gt; n&lt;sup&gt;o&lt;/sup&gt;1 (2014)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pass&#233; &#224; venir, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'art comme exp&#233;rience, 1934, collectif [trad.], Paris, Folio, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La Critique comme concept, exigence et praxis &#187;, in &lt;i&gt;La Furia Umana,&lt;/i&gt; n&lt;sup&gt;o&lt;/sup&gt;17, en ligne (&lt;a href=&#034;http://www.lafuriaumana.it&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lafuriaumana.it&lt;/a&gt;), non dat&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fragments, 1916-1938, Paris, &#201;d. PUF, 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Robho&lt;/i&gt;, n&#176;5 et 6&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dits photo : Thierry Mouill&#233; (LDI).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autour de l'architecture baroque et de la spirale</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Autour-de-l-architecture-baroque</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Autour-de-l-architecture-baroque</guid>
		<dc:date>2025-02-02T11:27:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>musique</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>baroque</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Johannes Kepler, tout en am&#233;liorant la th&#233;orie copernicienne, va remettre en question le primat du cercle, figure absolue de la perfection divine &#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale, au profit de celui de l'ellipse, v&#233;ritable g&#233;om&#233;trie qui marque le mouvement des plan&#232;tes autour du soleil.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/musique" rel="tag"&gt;musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/baroque" rel="tag"&gt;baroque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2619-d4f4f.jpg?1772251784' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Johannes Kepler, tout en am&#233;liorant la th&#233;orie copernicienne, va remettre en question le primat du cercle, figure absolue de la perfection divine &#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale, au profit de celui de l'ellipse, v&#233;ritable g&#233;om&#233;trie qui marque le mouvement des plan&#232;tes autour du soleil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH372/spirale_baroque-8-945a0.jpg?1772204456' width='500' height='372' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; DR
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien avant Newton, Johannes Kepler en arrivera &#224; sp&#233;culer sur la gravitation universelle, c'est-&#224;-dire sur l'attraction des corps entre eux en fonction de leurs masses. Mais, tout math&#233;maticien et astronome qu'il ait pu &#234;tre, Kepler demeure un ancien du point de vue de la M&#233;taphysique, c'est-&#224;-dire qu'il est encore impr&#233;gn&#233; de vieille mystique d'inspiration plus pa&#239;enne que chr&#233;tienne. Par exemple, il investit le soleil d'un r&#244;le de moteur dans le syst&#232;me plan&#233;taire et donc dans l'Univers, autrement dit il lui accorde une place privil&#233;gi&#233;e, bien qu'archa&#239;que, dans le syst&#232;me divin, et puis il y a aussi sa croyance in&#233;branlable en l'astrologie, d&#233;rive quasi in&#233;vitable d'un penseur de cette &#233;poque &#224; la fois math&#233;maticien et astronome.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH485/spirale_baroque-2-96fe6.jpg?1737542649' width='500' height='485' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En dehors de la cosmologie et de ses magnifiques lois, lois b&#226;ties &#224; partir d'une histoire assez compliqu&#233;e d'embo&#238;tement de tout un tas de poly&#232;dres r&#233;guliers qui constituerait l'infrastructure de cette architecture sph&#233;rique qu'est l'Univers, o&#249; Kepler redevient vraiment int&#233;ressant, c'est dans le domaine musical, avec sa conception d'un Univers harmonique &#224; la fois largement inspir&#233;e de &#171; l'harmonie des sph&#232;res &#187; des Pythagoriciens et de &#171; L'Harmonica &#187; de Ptol&#233;m&#233;e, et en r&#233;action avec elles et eux. Je ne rentrerai pas dans tous les d&#233;tails. Mais l'id&#233;e de base chez Johannes Kepler se rapproche assez largement de celle d'Hildegarde von Bingen, &#224; savoir que l'Univers constitue la face visible de Dieu, son image, et que l'harmonie de la musique est un reflet de celle de l'Univers, donc de l'harmonie qui &#233;mane de Dieu. On pourrait attribuer &#224; chaque plan&#232;te une ou plusieurs notes, notes de musique s'entend, pas celles de l'&#233;cole de notre enfance, en fonction des variations de leurs vitesses de rotation entre le p&#233;rih&#233;lie, distance la plus courte par rapport au soleil, et l'aph&#233;lie, distance la plus longue, en consid&#233;rant bien s&#251;r des orbites elliptiques. Plus l'ellipse est grande, plus le rapport des vitesses de rotation, ou vitesses angulaires, est &#233;lev&#233;, plus le nombre de notes est important, cas de Mercure, et &#224; l'inverse si l'ellipse est tr&#232;s courte, et la vitesse angulaire faible, il pourrait n'y avoir qu'une seule note, cas de V&#233;nus. Les plan&#232;tes jouent donc une symphonie cosmique dont la musique des Hommes, tant vocale qu'instrumentale, s'inspire largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ellipse a domin&#233; l'art renaissant et le Baroque, la musique on vient de le voir avec Kepler et son &#171; Harmonices Mundi &#187;, mais aussi la peinture et l'architecture. En fait, et de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on pourrait parler d'une sorte de contamination de l'Art et de tout ce qui est relatif &#224; la pens&#233;e, y compris la pens&#233;e th&#233;ologique, par la cosmologie et ses avanc&#233;es. Dans la peinture, on retrouve l'ellipse de-ci de-l&#224; jusque dans la Sixtine, et peut-&#234;tre n'a-t-on que trop cit&#233; le dieu de Michel-Ange envelopp&#233; de son manteau ovo&#239;de tout plein d'anges et de ch&#233;rubins, image de l'&#339;uf cosmique enfermant d&#233;j&#224; Eve, la tentatrice fatale, Dieu qui donne naissance &#224; Adam en effleurant sa main d'un doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ellipse est omnipr&#233;sente dans l'architecture romaine archi-domin&#233;e par les figures de Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin, et Francesco Borromini. Du c&#244;t&#233; du Bernin et de l'ellipse architecturale on se tournera surtout vers la place &#224; quatre rang&#233;es d'arcades de la basilique Saint-Pierre, colonnade qui figure deux bras ouverts pour accueillir le peuple des fid&#232;les, mais c'est l&#224; une ellipse non ferm&#233;e pour que ledit peuple puise acc&#233;der &#224; la place et contempler la splendeur et la puissance de son &#201;glise et de ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le v&#233;ritable ma&#238;tre de l'ellipse c'est Borromini, collaborateur tragique du Bernin, &#224; qui la ville de Rome doit un nombre impressionnant de basiliques, d'&#233;glises, de palais et de villas. Severo Sarduy dans ce d&#233;sert glac&#233; qu'est &#171; Barroco &#187; d&#233;finit l'ellipse comme &#233;tant &lt;i&gt;&#171; l'anamorphose du cercle &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Severo Sarduy (1937 - 1993), po&#232;te et critique d'art d'origine cubaine, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;alis&#233;e par Borromini pour &#233;tablir le plan de &#171; San Carlino &#187; &#224; Rome. Il est vrai que Borromini est par excellence l'architecte du Baroque qui int&#232;grera dans ses &#339;uvres toutes ses superbes outrances et ses magnificences innovantes en les m&#234;lant &#224; de beaux morceaux puis&#233;s dans l'Antique, le Gothique et le Renaissant. Mais, le v&#233;ritable apport de Borromini c'est la lumi&#232;re, non pas celle qui jette au passage des vitraux le v&#234;tement d'Arlequin sur les prie-Dieu ou les dalles humides des &#233;glises, mais la lumi&#232;re z&#233;nithale tombant de puits elliptiques creus&#233;s dans des coupoles souvent elliptiques aussi. Les ellipses de Borromini sont discr&#232;tes mais divines car la lumi&#232;re qu'elles diffusent c'est &#171; la Sapienza &#187;, la sagesse d'un dieu qui purifie et instruit les Hommes. Du reste, Borromini fut l'architecte de la &#171; Sapienza &#187; et de son &#233;glise &#171; Sant'Ivo &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;glise Saint-Yves-de-la-Sagesse qui appartient &#224; l'&#233;norme complexe de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH492/spirale_baroque-5-4c2e4.jpg?1737542649' width='500' height='492' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux m'emp&#234;cher de percevoir l'architecture baroque, celle de Borromini, comme l'une des figures adopt&#233;es par la musique sacr&#233;e. Le rythme compliqu&#233; dict&#233; par ses fa&#231;ades, courbes, contre-courbes, incurvations, arcs de cercles invers&#233;s, indentations multiples, concavit&#233;s et rotondit&#233;s r&#233;unies, les riches ornementations de ses lignes int&#233;rieures et ext&#233;rieures, lignes tant m&#233;lodiques que polyphoniques, ses volumes plus ou moins vastes, habiles modulateurs de sons, on parlerait aujourd'hui d'une musique spatialis&#233;e, ces zones de clair-obscur ou d'&#233;clats lumineux, des &#233;blouissements chromatiques, tout, absolument tout, fait musique dans le Baroque et son architecture. Maintenant, la question est de savoir si, malgr&#233; l'ellipse de Kepler, le Baroque e&#251;t &#233;t&#233; pleinement ce qu'il est hors contexte de la Contre-R&#233;forme ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L494xH742/spirale_baroque-4-8a383.jpg?1737542649' width='494' height='742' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise &#224; Severo Sarduy qui ne consid&#232;re dans le Baroque &#224; peu pr&#232;s que l'ellipse, chez Borromini l'ellipse n'est qu'une figure g&#233;om&#233;trique parmi beaucoup d'autres convoqu&#233;es, en fait toutes, cercle, triangle, &#233;toile, rectangle, carr&#233;, poly&#232;dres en tout genre, ou des parties, ou des combinaisons de ces figures, comme le &#171; sceau de Salomon &#187;, deux triangles en &#233;toile avec des arcs de cercle qui constituent l'id&#233;e de &#171; Sant'Ivo &#187;, et d'autres bien plus savantes encore. Chez lui, il y a beaucoup d'arcades, de colonnades et de plafonds &#224; caissons, et puis, c'est vrai, toujours la divine lumi&#232;re, &#224; la fois produit et composante de l'architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi les tensions, les torsions, la dynamique du Baroque, c'est la Spirale qui l'exprime le mieux, Spirale &#224; laquelle tous les artistes ont eu maintes et maintes fois recours, et particuli&#232;rement Borromini et Le Bernin, en multipliant au sein de leurs architectures les colonnes torsad&#233;es, les escaliers h&#233;lico&#239;daux, et les volutes ioniques et corinthiennes, bien s&#251;r. Mais, la Spirale est surtout et avant tout une exp&#233;rience de pens&#233;e, qui peut s'&#233;prouver physiquement parfois, lorsque le regard cherche &#224; se porter tr&#232;s haut, jusqu'au centre des coupoles, l&#224; o&#249; volette l'Esprit dit saint, et qu'il tournoie dans sa course ascensionnelle, prenant appui sur le sommet des baldaquins, les chapiteaux &#224; enroulements des colonnes, les ailes battantes des putti, les entablements des rotondes qui diffusent la lumi&#232;re de Borromini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Spirale n'est pas n&#233;e de la cosmologie car en ces temps, et pour longtemps encore, on ignorait tout de l'existence des galaxies. La Spirale est un concept &#233;nerg&#233;tique et inspir&#233; qui a travers&#233; les &#226;ges, depuis les chapiteaux de la Gr&#232;ce et les fines colonnes d'Apam&#233;e en Syrie, et qui a &#233;t&#233; magnifi&#233; par la Renaissance et le Baroque. Michel-Ange me la fait deviner dans le marbre de &#171; La Vierge et l'Enfant &#187; de Bruges, lorsque ce dernier se d&#233;tache d&#233;licatement mais r&#233;solument de sa m&#232;re au regard triste et int&#233;rioris&#233;, qu'il se d&#233;gage du genou et de l'ample robe pliss&#233;e qui l'enveloppe, qu'il s'appr&#234;te &#224; l&#226;cher la douce main, forc&#233;ment apaisante face &#224; l'angoisse des souffrances futures, et &#224; poser le pied &#224; terre en vue de conqu&#233;rir le Monde. Seconde et v&#233;ritable naissance. Mouvement de l'Enfant, amorce d'une spirale dans laquelle se dissout La Madone pour redevenir La Vierge. Exp&#233;rience de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L428xH694/spirale_baroque-6-3c7b0.jpg?1737542649' width='428' height='694' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je la vois aussi inscrite dans le marbre du Bernin lors de &#171; L'enl&#232;vement de Pers&#233;phone &#187;, ou de Proserpine puisque Le Bernin est latin, lorsque cette derni&#232;re tente de s'arracher des mains puissantes et convoiteuses qui s'imprime d&#233;j&#224; dans sa chair d&#233;sirable, et que, prenant appui sur l'une des t&#234;tes de Cerb&#232;re, elle repousse d'une main la face hideuse de l'agresseur et cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, dans une torsion tragique, un mouvement spiral&#233;, une aspiration vers le ciel. Tentative d'&#233;vasion par et dans la Spirale. Exp&#233;rience de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L305xH742/spirale_baroque-7-63bdc.jpg?1737542649' width='305' height='742' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Fernando Pessoa, un homme qui se d&#233;fiait des d&#233;finitions abstraites, disait [de la spirale] que &lt;i&gt;&#171; c'est un serpent sans serpent qui s'enroule verticalement autour de rien &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernando Pessoa - Le livre de l'intranquillit&#233; - Traduction Fran&#231;oise Laye (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Pessoa, ce qui est filtr&#233; par nos sens n'est pas la r&#233;alit&#233;. Il faut dire avec ses mots et ses images en courant le risque de ne pas &#234;tre compris. Seule l'expression litt&#233;raire, le vrai savoir dire, permet de rendre la vie r&#233;elle et la sort de sa trivialit&#233;. Il appartient &#224; chacun d'entre nous de d&#233;finir sa spirale. Mais cette id&#233;e du serpent fait appara&#238;tre l'image d'une spirale n&#233;gative, celle du serpent de la d&#233;ch&#233;ance que l'on trouve chez Masaccio, Cranach, D&#252;rer et beaucoup d'autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;nergie de la spirale, axe tournoyant du Monde, elle-m&#234;me tournant sur son axe invisible, en m&#234;me temps que dynamique de la Modernit&#233;, c'est une &#339;uvre au nom &#233;nigmatique qui nous la fait percevoir, ressentir, &#233;prouver le mieux... &#171; Le probl&#232;me du fond et de la forme dans l'architecture du baroque (seul le tombeau sera tien sans partage) &#187;, imposante sculpture-installation aux marges du minimalisme et de l'art conceptuel, en fait franchement conceptuelle, con&#231;ue et r&#233;alis&#233;e par Reinhard Mucha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physiquement, on se trouve confront&#233; &#224; un hybride de vaisseau spatial et de baraquement de chantier, &#224; la forme approximative de tambour pos&#233; sur un cercle de parpaings. Le cylindre, ou plus exactement le dod&#233;ca&#232;dre, est constitu&#233; de produits manufactur&#233;s, cloisons m&#233;talliques, plaque de formica, &#233;chelles en aluminium, tubes de n&#233;on, tous &#233;l&#233;ments strictement fonctionnels utilis&#233;s d'ailleurs pour leur fonctionnalit&#233; par l'institution qui pr&#233;sente occasionnellement, trop rarement, cette installation. Donc au premier regard, rien de bien attirant. Jean Genet disait que lorsque l'on aborde l'Art &lt;i&gt;&#171; il faut se mettre en &#233;tat de na&#239;vet&#233; &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Genet &#8211; L'atelier d'Alberto Giacometti (Marc Barbezat &#8211; L'Arbal&#232;te &#8211; 1963).&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; c'est-&#224;-dire ne pas censurer ses impressions brutes, c'est gros, c'est rouge, c'est pas beau, c'est beau, mais apr&#232;s il faut exercer ce que Sol LeWitt appellera plus tard son &lt;i&gt;&#171; regard mental &#187;,&lt;/i&gt; c'est-&#224;-dire aller bien au-del&#224; de l'&#339;uvre objet-mat&#233;riel, ici se d&#233;gager de l'image somme toute banale renvoy&#233;e par l'utilisation de mat&#233;riaux de construction et d'am&#233;nagement, comme nous y invite le titre de l'&#339;uvre de fa&#231;on tr&#232;s directe du reste. En effet, malgr&#233; son aust&#233;rit&#233; apparente, elle r&#233;unit tous les principes de l'art baroque, absolument tous, tant du point de vue esth&#233;tique que du point de vue sociopolitique et c'est bien l&#224; l'id&#233;e qui est artistique, bien plus que l'objet dans son apparence &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Baroque c'est le d&#233;bordement int&#233;gral, la submersion des sens, le primat de l'impression, la sortie de tous les cadres, le d&#233;cloisonnement de toutes les pratiques, leur m&#233;lange, leur mixage, leur empi&#232;tement l'une sur l'autre, la profusion ornementale, l'exc&#232;s, la dispersion, la confusion, la luxuriance, la saturation de l'espace et en m&#234;me temps l'explosion de ses limites, l'expansion dans toutes les directions, pour les classiques la pure injure faite au bon go&#251;t, pour les autres la tentative de s&#233;duction historiquement la plus aboutie, un absolu, le spectacle int&#233;gral, l'art total. Mais tout art qui se veut total est un art par nature totalitaire, en d&#233;pit de ses aspects profond&#233;ment novateurs, puisqu'il ne permet aucune respiration, qu'il ne laisse aucune ouverture, aucun espace libre pour la pens&#233;e autonome. Le Baroque est un art ultrar&#233;actionnaire, l'art de la Contre-R&#233;forme, un art antihumaniste et morbide car il ne suffit pas de couvrir le corps des supplici&#233;s d'ors et de perles, de sculpter leur image dans le marbre de Carrare le plus pur, de les baigner dans le chant ondoyant et s&#233;raphique des castrats, pour faire oublier le caract&#232;re effroyable de leur supplice. Son objectif c'est l'&#233;touffement, l'&#233;crasement, la soumission inconditionnelle au dogme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH338/spirale_baroque-9-831bc.jpg?1737542649' width='500' height='338' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Baroque est probablement le premier &#224; poser, ou plut&#244;t le premier qui am&#232;ne &#224; se poser, puisque lui-m&#234;me n'est rien d'autres qu'un flot d'images n&#233;gatrices absolues d'interrogation, la question fondamentale qui tourmentera tous les si&#232;cles qui ont suivi son &#233;closion, question paradoxalement moderne puisque d&#233;fiant le temps : qu'est-ce qu'une &#339;uvre d'art et &#224; quoi peut-elle bien servir ? Ce sont les fondements du Baroque et cette question que met en sc&#232;ne Mucha, mise en sc&#232;ne car c'est bien de th&#233;&#226;tre dont il s'agit. Tout d'abord, il utilise les mat&#233;riaux les plus triviaux, des mat&#233;riaux qui consid&#233;r&#233;s isol&#233;ment ne portent aucune charge &#233;motionnelle, et avec eux il remplit totalement l'espace en les disposant d'une mani&#232;re qui annihile leur fonction traditionnelle. Il les d&#233;tourne compl&#232;tement de leur usage et par la m&#234;me provoque chez l'observateur un &#233;garement, un effarement. Il confond, m&#233;lange, confronte, maltraite les domaines et les pratiques en proposant une &#339;uvre ind&#233;finissable, architecturale par le traitement des volumes et l'agencement des mat&#233;riaux, sculpturale par son modelage rigoureux et l'impossibilit&#233; d'y p&#233;n&#233;trer, picturale par le soin apport&#233; &#224; la composition. Il brise tous les crit&#232;res d'esth&#233;tisme, brutalise, voire injurie, les go&#251;ts et les sens, bricole une machine dont le fonctionnement &#233;chappe &#224; toute compr&#233;hension possible. Il fait &#339;uvre de subversion en tournant r&#233;solument le dos aux id&#233;ologues dominants qui eux ne proposent aux peuples que du spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mucha provoque l'artiste, son spectateur, son client, l'institution mus&#233;ale qui l'h&#233;berge. Pour l'artiste il r&#233;cuse le statut d'artisan g&#233;nial orgueilleux de son savoir-faire et p&#233;tri de sensibilit&#233;. Au spectateur, il retire tous les cadres de r&#233;f&#233;rence qui le rassuraient. Au client, il refuse le bel objet d&#233;coratif &#224; poser ou &#224; accrocher dans son salon. Quant au mus&#233;e, il le ridiculise en d&#233;cr&#233;tant &#339;uvre d'art un assemblage d'ustensiles qui servent &#224; le construire ou &#224; l'am&#233;nager. En r&#233;sum&#233;, Mucha s'attaque de front &#224; l'art bourgeois et &#224; la richesse du baroque. Dans l'art bourgeois et le baroque spectaculaire, il n'entrevoit qu'un vide d&#233;sesp&#233;rant, un gouffre sans fond, un abysse, puisque l'un et l'autre ne reposent que sur l'apparence, d&#233;clarent le primat de la forme et de ce fait refusent qu'&#233;merge un fond. A bien y r&#233;fl&#233;chir, le monument de Mucha pourrait bien &#234;tre le tombeau de l'esth&#233;tisme et de la pr&#233;tention bourgeoise. Pour Reinhard Mucha, artiste conceptuel s'il en est, l'Art n'est plus une question de forme mais de fonction. Il a une mission celle de questionner la soci&#233;t&#233;, microcosme des acteurs de l'Art, en tout premier lieu, quant &#224; leur raison d'&#234;tre, leur finalit&#233;, et la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;rale, le macrocosme en second lieu, quant &#224; ses valeurs culturelles, politiques et autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les ingr&#233;dients de la postmodernit&#233; entrent dans la composition de cette sculpture-installation, hybridation, transdisciplinarit&#233;, primat de la technologie et j'en passe, et pourtant il ne s'agit pas d'une &#339;uvre postmoderne, tout du moins pas par rapport &#224; la question du Baroque. Engendr&#233; par la Contre-R&#233;forme, on l'a d&#233;j&#224; dit, le Baroque a, dans un premier temps, satur&#233; tout l'espace artistique puis est progressivement tomb&#233; dans un demi-sommeil avec des phases paradoxales de Rococo, sorte de clinquant d&#233;gag&#233; de tout caract&#232;re purement religieux, sorte de pornographie architecturale &#224; l'usage de la haute bourgeoisie de ces &#233;poques et des troupeaux touristiques contemporains. A la fin du vingti&#232;me si&#232;cle, il a &#233;t&#233; totalement r&#233;habilit&#233; par les postmodernes, d&#233;rang&#233;s par l'esth&#233;tique froide et d&#233;passionn&#233;e, selon eux, du modernisme et d&#233;sorient&#233;s par la radicalit&#233; artistique et politique des avant-gardes. La volont&#233; des postmodernes &#233;tait de d&#233;molir, pour ne pas employer le concept derridien de d&#233;construire, ce bloc modernisme/avant-garde, trop strict, trop dogmatique, trop id&#233;ologique et trop savant &#224; leur go&#251;t, &#233;difice dont l'Humanisme et les Lumi&#232;res avaient pos&#233; les fondations, en organisant le retour du Baroque en architecture notamment, avec des gens comme Frank Gehry par exemple, et en musique aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reinhard Mucha, lui, se livre &#224; une critique syst&#233;matique du Baroque &#224; finalit&#233; r&#233;actionnaire, r&#233;action dans un premier temps &#224; la R&#233;forme et dans un second temps &#224; la Modernit&#233;, tout en rendant hommage au mouvement, &#224; la dynamique, &#224; l'&#233;nergie qu'il partage avec la Modernit&#233; et c'est ici que revient l'escalier de Rembrandt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans mon texte &#8220;Spirales&#8221; je fais une analyse plus ou moins psychanalytique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la Spirale, car &#171; Le probl&#232;me du fond et de la forme dans l'architecture du baroque &#187; n'est, en derni&#232;re analyse, rien d'autre qu'une spirale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mucha a cercl&#233; son dod&#233;ca&#232;dre de trois rang&#233;es de tubes &#224; n&#233;on et a dispos&#233; deux par deux, en oblique et sur deux &#233;tages, c'est-&#224;-dire entre les cercles de n&#233;ons, huit escabeaux d'aluminium. Les escabeaux impriment &#224; l'ensemble de la sculpture un mouvement de torsion, mouvement &#233;nergique et &#233;nerg&#233;tique, renforc&#233; par la lumi&#232;re, &#233;nergie &#233;lectrique, des cercles de n&#233;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est question de mort aussi et peut-&#234;tre bien de quelque chose qui aurait &#224; voir avec Allemagne et son histoire. Sur l'une des faces du dod&#233;ca&#232;dre est accroch&#233; un grand panneau de formica tout noir, &#233;cran qui ne renvoie aucune image, miroir qui ne refl&#232;te rien, plaque fun&#233;raire ne portant aucune inscription. La reconstruction allemande propre, nette, rapide, efficace et sans &#226;me, s'est op&#233;r&#233;e froidement en foulant les cendres de dizaines de millions de personnes, sur les ruines fumantes de L'Europe et de l'Humanisme et par cons&#233;quent sur le tombeau pr&#233;cipitamment scell&#233; de la Modernit&#233;. Reinhard Mucha dit quelque chose l&#224;-dessus, il ne faut pas en douter. Plus rien de sensible et de v&#233;ritablement sens&#233; ne pourra &#234;tre r&#233;alis&#233; et, comme l'a dit un jour Samuel Becket, je crois, &lt;i&gt;&#171; L'Humanisme est devenu le pet du monde&#8230; apr&#232;s Auschwitz &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH465/spirale_baroque-1-7710b.jpg?1772204456' width='500' height='465' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Extraits de &#171; Autour de la parole et de la musique d'Hildegarde von Bingen &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
et de &#171; Spirales &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Severo Sarduy (1937 - 1993), po&#232;te et critique d'art d'origine cubaine, est l'auteur de &#171; Barroco &#187; (Le Seuil - 1975), essai que beaucoup consid&#232;rent comme une r&#233;f&#233;rence absolue sur l'art baroque et qui est en fait un ouvrage o&#249; l'on parle fort mal et fort peu du Baroque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;glise Saint-Yves-de-la-Sagesse qui appartient &#224; l'&#233;norme complexe de l'Universit&#233; de Rome, la Sapienza.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fernando Pessoa - Le livre de l'intranquillit&#233; - Traduction Fran&#231;oise Laye (Christian Bourgois Editeur - 1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Genet &#8211; L'atelier d'Alberto Giacometti (Marc Barbezat &#8211; L'Arbal&#232;te &#8211; 1963).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans mon texte &#8220;Spirales&#8221; je fais une analyse plus ou moins psychanalytique et th&#233;ologique du &#171; Philosophe en m&#233;ditation &#187; de Rembrandt, petit tableau construit autour d'un escalier en spirale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le p&#233;rilleux exercice public de l'art</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Le-perilleux-exercice-public-de-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Le-perilleux-exercice-public-de-l</guid>
		<dc:date>2024-12-27T10:20:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby et Jean-Christophe Nourisson</dc:creator>


		<dc:subject>entretien</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>
		<dc:subject>art public</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par la s&#233;rie d'articles que je publie dans TK 21 autour du travail d'un ou d'une artiste, mon objectif est, apr&#232;s rencontres et discussions, de d&#233;crire et de commenter pour le public un certain nombre de propositions artistiques dans le contexte qui est le leur, et de tenter de susciter et de multiplier les relations qui peuvent se tisser entre les cr&#233;atrices/eurs, les artistes et les publics des expositions, les citadin(e)s et la ville lorsqu'il s'agit d'art public.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Entretiens" rel="directory"&gt;Entretiens&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Entretien" rel="tag"&gt;entretien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art-public" rel="tag"&gt;art public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2592-6fc80.jpg?1772186868' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par la s&#233;rie d'articles que je publie dans TK 21 autour du travail d'un ou d'une artiste, mon objectif est, apr&#232;s rencontres et discussions, de d&#233;crire et de commenter pour le public un certain nombre de propositions artistiques dans le contexte qui est le leur, et de tenter de susciter et de multiplier les relations qui peuvent se tisser entre les cr&#233;atrices/eurs, les artistes et les publics des expositions, les citadin(e)s et la ville lorsqu'il s'agit d'art public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que ces relations soient qualifi&#233;es et qualifiables d'esth&#233;tique ou non, selon les significations pr&#234;t&#233;es &#224; ce terme dans le cadre de l'art contemporain, elles sont centrales puisque, paradoxalement, elles doivent assumer, de nos jours, ce qui a fond&#233; l'art classique &#224; partir de la Renaissance : l'adresse ind&#233;termin&#233;e &#224; chacune et chacun, et la rupture avec les avant-gardes du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qu'on rencontre dans les pratiques contemporaines. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les &#339;uvres dont il est question, petit &#224; petit, sont d&#233;sormais des &#339;uvres originales, destin&#233;es &#224; des espaces ouverts et pluriels et pas uniquement au White Cube, notamment les lieux urbains collectifs. C'est au sein de cette option que se joue aussi la r&#233;publique contemporaine, la res-publica, par cons&#233;quent les possibilit&#233;s offertes aux corps des passants, puis des regardeurs de r&#233;aliser ce qui fait la d&#233;mocratie. En l'occurrence, avec le travail de Jean-Christophe Nourisson, des corps assis, debout, couch&#233;s, qui s'offrent &#224; des rencontres, &#224; des jeux sans obligation, ni sanction. La propri&#233;t&#233; de ces &#339;uvres, on peut l'observer dans les visuels qui accompagnent le dialogue publi&#233; ci-dessous, est &#233;videmment, malgr&#233; ou &#224; l'encontre du premier regard, l'ind&#233;termination fonctionnelle puisqu'il s'agit d'art et non de design. Cette ind&#233;termination n'assigne pas une place d&#233;finitive aux corps. Elle se d&#233;ploie dans la multiplicit&#233; des possibilit&#233;s, laissant sa part aux occupants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;change auquel nous nous sommes livr&#233;s, Jean-Christophe et moi, ne concerne pas seulement l'&#339;uvre, la d&#233;taillant ou la soumettant &#224; analyse. Il concerne aussi les dynamiques de la commande dans laquelle les artistes sont pris de nos jours. Et il aboutit heureusement &#224; des consid&#233;rations plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Ruby : Tu as r&#233;pondu plusieurs fois &#224; des commandes en vue de lieux publics (Arras, Lille, Nice, Riom, Toulouse, &#201;vry). Qu'attendent les commanditaires dans ce cas ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Christophe Nourisson :&lt;/i&gt; Chaque commande est particuli&#232;re mais je ne sais jamais vraiment ce qu'attendent les commanditaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tu le sais, dans le cadre du 1% artistique, il s'agit d'une commande &#224; laquelle les collectivit&#233;s territoriales ne peuvent pas &#233;chapper puisque cela rel&#232;ve d'une obligation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;j&#224; distinguer deux types d'accueil fait &#224; cette obligation. Parfois cela est saisi comme une opportunit&#233; de permettre &#224; l'art d'entrer dans des b&#226;timents publics. D'autres fois cela est v&#233;cu comme une contrainte, et d'autre fois encore, comme &#224; Arras, il s'agit d'une commande sans obligation. L'Universit&#233; r&#233;ussit &#224; d&#233;gager un budget pour r&#233;aliser plusieurs &#339;uvres diss&#233;min&#233;es sur le Campus, &#224; partir d'une envie qui &#233;mane d'un petit groupe de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu sais aussi que dans le cadre de la commande publique l'artiste a affaire &#224; un coll&#232;ge qui va des usagers &#224; l'architecte, aux &#171; experts &#187; artistiques, aux politiques. Les attentes peuvent y &#234;tre divergentes. L&#224; o&#249; un architecte sera sensible &#224; la r&#233;sonnance conceptuelle ou plastique avec son ouvrage, un usager pourra attendre un agr&#233;ment, tandis qu'un politique pourra &#234;tre sensible &#224; l'art comme vecteur de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, je ne sais jamais ce qu'attendent les commanditaires. Il s'agit rarement d'une personne (un prince !) qui sait ou non ce qu'elle veut et pourquoi. Je ne peux en avoir qu'une id&#233;e vague &#224; travers des appels d'offres qui orientent plus ou moins la commande. Ces appels sont souvent r&#233;dig&#233;s de mani&#232;re administrative, sous forme d'une adresse impersonnelle. J'essaie toujours d'en savoir le maximum. D'ailleurs, il y a des commandes auxquelles je ne r&#233;ponds pas (celle d'une collectivit&#233;, ouvertement d'extr&#234;me droite ou des demandes clairement &#224; c&#244;t&#233; de ma pratique, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors des attentes explicites qui rel&#232;vent souvent d'un vocabulaire r&#233;f&#233;rant &#224; l'am&#233;lioration du cadre de vie ou d'une pacification des espaces, les appels d'offres cachent leur pauvret&#233; conceptuelle derri&#232;re un vocabulaire technique &#224; rallonge. C'est le jeu des march&#233;s publics qui r&#233;f&#232;re essentiellement au juridique. J'y d&#233;c&#232;le des repr&#233;sentations de l'art install&#233;es dans un imaginaire soi-disant commun. Beaucoup d'architectes perp&#233;tuent cette conception par culture du consensus. Tu peux en avoir id&#233;e en consultant les visuels de projets d'architectes ou de paysagistes. Ils c&#232;dent d'abord &#224; des imp&#233;ratifs : il y fait toujours beau, les &#234;tres humains sont souriants et bien dans leur corps, ils sont joyeux. Aujourd'hui les dessins comportent toujours une in&#233;vitable prairie fleurie et tu y retrouves les poncifs de la sculpture contemporaine qui donnent la touche Arty au projet. C'est devenu un r&#233;flexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une attente implicite tend m&#234;me &#224; s'affirmer sans retenue, celle que l'on pourrait appeler l'effet Bilbao ou Soho puissance 10. Depuis Bilbao &#8212; l'&#233;rection de l'architecture de Frank Gehry et les effets induits de tourisme &#8212; la fr&#233;quence d'apparition de l'art contemporain mainstream dans les visuels d'architectes n'a cess&#233; de cro&#238;tre. Le mod&#232;le est export&#233; aux quatre coins de la plan&#232;te, il parie sur un art qui accompagne l'attractivit&#233; &#233;conomique. Je caricature un peu, mais je n'ai pas encore trouv&#233; de commande dans laquelle la d&#233;sob&#233;issance civile, voire la remise en cause des ordres &#233;tablis, apparaisse. En un mot, c'est une touche signifiante de pure communication qui assigne l'art &#224; une place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; la fin, c'est celui qui paye qui a le pouvoir de signer le contrat. Ainsi chaque commande pr&#233;cise ce qui ne peut pas &#234;tre gouvern&#233;, mais l'est de fait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21947 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH298/2_copie-7ffb9.jpg?1733567293' width='500' height='298' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'artiste peut-il y r&#233;pondre ? Comment &#233;chapper &#224; l'effet et au d&#233;coratif lors d'une commande ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, il faut d&#233;cevoir, refuser le spectacle et toute forme d'adh&#233;sion &#224; un art appareill&#233; &#224; une quelconque bonne intention. S'en tenir &#224; la colonne vert&#233;brale de son travail, dans mon cas les interrelations entre soi et les choses. Il faut convaincre et faire vaciller les attentes, c'est un exercice p&#233;rilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, l'intervention artistique ne transforme-t-elle pas un embryon de lieu en v&#233;ritable espace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet l'espace en tant qu'espacement qui fabrique la qualit&#233; d'un lieu. J'essaie de m'y employer &#224; l'interface des &#339;uvres, de l'architecture, du paysage et des &#234;tres humains conduits &#224; fr&#233;quenter le lieu. J'ai l'impression de m'&#234;tre entrain&#233; toute ma vie &#224; d&#233;velopper une analytique sensible de l'espace et &#224; d&#233;ployer des hypoth&#232;ses de travaux plastiques qui iraient au contact des autres et rendraient enfin l'espace public au public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessin de chacune de mes pi&#232;ces d&#233;termine leurs capacit&#233;s &#224; dialoguer dynamiquement les unes avec les autres pour chaque espace sp&#233;cifique. Pour les &#171; pensoirs &#187;, la g&#233;om&#233;trie biaise ouvre sur le ciel et offre la possibilit&#233; de s'en prot&#233;ger. Les praticables sont &#224; la fois des sc&#232;nes et des surfaces de d&#233;lassement. Les &#171; pensoirs &#187; et praticables r&#233;unis multiplient les potentialit&#233;s d'appr&#233;hension de l'installation. On peut s'en tenir &#224; distance comme devant un panorama. Mais cela ne r&#233;siste pas au moindre d&#233;placement du regard et du corps qui chemine d'une place &#224; l'autre. Ce qui s'anime ce ne sont pas simplement les &#339;uvres mais les corps des usagers pr&#233;sents. En d'autres termes, il ne s'agit pas d'imposer un dispositif de capture des corps, comme pourrait l'accomplir une salle de th&#233;&#226;tre, mais plut&#244;t de laisser ouvertes les possibilit&#233;s de r&#233;union commune. La conception et la r&#233;alisation exigent une attention soutenue aux relations qui s'&#233;tablissent entre le corps et la volum&#233;trie, la densit&#233; de 1400 kg pour chaque pensoir, la texture, du b&#233;ton moul&#233; finement et de la couleur, ici un blanc marbre et un noir textur&#233;, ou une conjonction bois-b&#233;ton pour les deux plans horizontaux. C'est &#224; la crois&#233;e de l'ensemble de ces d&#233;cisions que je fixe pr&#233;cis&#233;ment la r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233;e sa dynamique formelle propre, chacune des pi&#232;ces composant l'ensemble propose une orientation. Ma m&#233;thode consiste &#224; mettre en difficult&#233; toute tentative de saisie visuelle unitaire qui focaliserait le regard sur une &#339;uvre unique. Je multiplie les unit&#233;s et met ainsi en mouvement les points de vues sans les r&#233;duire &#224; un plan de projection (le cadre). Puis j'organise la dispersion, en proposant un &#233;clatement de la bulle n&#233;o-classique toujours si pr&#233;sente dans l'am&#233;nagement : figure de sym&#233;trie - alignement - composition g&#233;om&#233;trique - axe majeur... Nous en avons d&#233;j&#224; parl&#233; &#224; propos des compositions al&#233;atoires pour l'ensemble de pi&#232;ces sur le campus de Nice. &#192; Arras les six pi&#232;ces invitent chacune et chacun &#224; entrer dans la danse, &#224; consid&#233;rer l'objet qui fait signe dans la continuit&#233; d'un espace non fini qui accompagne chacun(e). Enfin je laisse la possibilit&#233; au corps de venir y prendre place.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21948 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3-44.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3-44-ed00e.jpg?1772187957' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les sites sur lesquels je travaille sont en g&#233;n&#233;ral la r&#233;sultante de d&#233;cisions purement fonctionnelles, ce qui en soi pourrait &#234;tre qualitatif si, et c'est l&#224; que se joue pour moi la bascule, une r&#233;flexion sensible accompagnait ces projets. Souvent, je dois constater que la r&#233;flexion esth&#233;tique est d&#233;corr&#233;l&#233;e de ce qui donne consistance &#224; un lieu. Cela tient en partie au processus de commande et &#224; la formation des architectes et paysagistes. Formation qui maintient &#224; quelques exceptions pr&#232;s la doxa schizophr&#233;nique de la diff&#233;rence ontologique entre le sensible et l'intelligible, la nature et la culture, le sujet et l'objet&#8230; &#192; Arras, pour cette derni&#232;re commande, la prairie sur laquelle je suis intervenu est ceinte par des voies bitum&#233;s qui d&#233;finissent le p&#233;rim&#232;tre, enclosant l'espace vert. Comment att&#233;nuer cette sensation de cl&#244;ture, d'ilot, &#233;largir l'horizon qui accompagne chacun dans son cheminement ? L'espace paysager d&#233;volu &#224; l'implantation de l'&#339;uvre s'inscrit dans les poncifs du jardin d'agr&#233;ment des ann&#233;es 1970. Comment surmonter le dessin de l'espace vert ? J'ai souvent envie de tout reprendre (des sols aux plantations), mais je dois m'adapter &#224; la situation. Enfin l'architecture du campus, &#233;videmment pr&#233;dominante, donne son identit&#233; au lieu. Ici les b&#226;timents courbes et circulaires en brique correspondent aux diff&#233;rents p&#244;les d'enseignement. Comment surmonter ou se laisser couler dans l'identit&#233; de cette architecture ? Je fais, ici, le constat d'&#233;chec du b&#226;ti &#224; fabriquer du lieu. J'ai pens&#233; que la r&#233;alisation devait se distinguer et ne pas jouer de connivence. Ce qui m'arrive parfois lorsque je r&#233;ussis &#224; accompagner une intention architecturale de qualit&#233; comme &#224; Riom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sculpture dans sa d&#233;finition &#233;largie peut &#234;tre &#233;ph&#233;m&#232;re comme cela se rencontre chez des artistes aussi divers que Thomas Hirshhorn ou Otto Piene, ou durable comme c'est le cas de certaines &#339;uvres de Bruce Nauman ou Lothar Baumgarten. &#192; Arras, comme sur les autres sites sur lesquelles je suis intervenu, je fais le pari d'une pr&#233;sence qui engage les &#339;uvres sur le temps long. Cela met &#224; l'&#233;preuve la question du soin apport&#233;e aux sculptures mais plus largement l'int&#233;r&#234;t que l'on porte &#224; un lieu public. Il y a le devenir ruine de la sculpture publique qui angoisse tous les commanditaires mais parfois on me rappelle plusieurs ann&#233;es apr&#232;s l'installation pour mener une campagne de restauration comme c'est le cas &#224; l'abbaye de Maubuisson ou &#224; Lille. Les &#339;uvres testent ainsi la capacit&#233; des citoyens &#224; se saisir de l'entit&#233; juridique propri&#233;taire des &#339;uvres. Cela confirme l'int&#233;r&#234;t commun qu'il y a &#224; maintenir la vie non marchande que ces &#339;uvres engendrent. Peut-&#234;tre est-ce aussi parce que l'on se d&#233;barrasse plus facilement des objets que d'un lieu et que parfois les objets sont indissociables du lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes &#339;uvres peuvent &#234;tre per&#231;ues comme un support de m&#233;diation entre les humains qui fr&#233;quenterons l'installation, dans l'alternance de leur propre mouvement : pas d'attention possible &#224; celui qui ne trouverait pas le sommeil, pas de conscience &#224; celui qui ne r&#234;ve pas, pas de pr&#233;sent sans pass&#233;. Je me r&#233;jouis &#224; l'id&#233;e que mes sculptures puissent favoriser l'apparition d'un lieu qui ferait surgir les liens profond&#233;ment improductifs qui nous unissent. Ce qui signifie que l'espace dont je parle n'est pas un contenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais de ce fait, l'intervention de l'artiste ne s&#232;me-t-elle pas le trouble chez les commanditaires ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s heureux si je s&#232;me le trouble mais si je suis aussi troubl&#233; moi-m&#234;me par les r&#233;actions incit&#233;es. Il est bon de semer le trouble d&#232;s lors que les &#339;uvres ruminent au-del&#224; du visible et sont irr&#233;ductibles &#224; l'objet. Ce sont des objets malgr&#233; tout, mais en tant qu'ils engendrent du proche et du lointain, qu'ils d&#233;font toute saisie unitaire, qu'ils s'intercalent dans le flux du vivant. Le trouble provient de la saisie sensible. On sent bien qu'il se passe quelque chose qui est pourtant difficile &#224; nommer et parfois intraduisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surtout lorsque les commanditaires con&#231;oivent la pr&#233;sence sculpturale comme d&#233;corative ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;coratif n'a rien en soit de probl&#233;matique, d'ailleurs beaucoup d'artistes et non des moindres, le revendiquent. Toutefois, la sculpture ne s'y r&#233;duit pas et l'art encore moins. Les appr&#233;ciations en termes de beau et de laid, de nourritures bonnes ou mauvaise n'ont pas cess&#233;s de se d&#233;placer. Les recherches d'Alain Corbin sur l'histoire des sensibilit&#233;s relativisent totalement l'&#233;tablissement d'un jugement esth&#233;tique une fois pour toute. On comprend avec lui ou avec Norbert Elias combien les sensations et les &#233;motions sont enchev&#234;tr&#233;es &#224; l'histoire et aux milieux. Je fais totalement confiance au passant, qui per&#231;oit en lui-m&#234;me les relations complexes, parce qu'elles ne sont pas simplement des relations de vision, qui se nouent entre lui et les artefacts. Je pense ainsi que la perception des &#339;uvres n'est pas n&#233;cessairement li&#233;e &#224; la spectatorialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente d&#233;corative ne r&#233;siste pas &#224; l'exp&#233;rience de l'art. Regardez encore et encore la r&#233;ception des vieilles godasses crott&#233;es peintes par Van Gogh et tant d'autres &#339;uvres, celles des soi-disant barbares qui attirent maintenant les foules. L'&#233;ducation peut parfois aider &#224; d&#233;placer les certitudes qui entourent les relations entre art et beaut&#233;. Les artistes depuis toujours accompagnent les m&#233;tamorphoses du sensible et souvent avec le coup d'avance qui les fait apparaitre comme &#171; affreuses &#187;. Ce qui anime mes cr&#233;ations n'est pas le souci du beau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21949 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_copie-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/4_copie-2-7c50d.jpg?1772187957' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment con&#231;ois-tu ton &#233;criture spatiale (mati&#232;re-forme-espace) et son lien avec les passants ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela r&#233;sulte d'une lente distillation qui a conduit &#224; formuler une &#233;criture, dans l'oscillation d'un d&#233;bat entre le concret et l'abstrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pars de l'espace, celui, pr&#233;cis, sur lequel je vais travailler, et ce n'est jamais abstrait. L'espace tel que je l'entends est constitu&#233; de champs &#233;lectro-magn&#233;tiques qui recomposent et influent sur les cha&#238;nes du vivant, et dont on devine qu'il ne s'agit plus d'&#233;ther. Les coups r&#233;p&#233;t&#233;s de la physique quantique et du symbiotique en biologie rendent caduque toute d&#233;finition de l'espace qui se tiendrait encore du c&#244;t&#233; d'un d&#233;sastreux &lt;i&gt;Ground z&#233;ro&lt;/i&gt; &#224; conqu&#233;rir. En tant qu'humain participant &#224; la modification sensible de l'espace, j'essaie d'intervenir avec le tact n&#233;cessaire &#224; la construction en me glissant, intercalant, n&#233;gociant avec l'instabilit&#233; du vivant visible et invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#233;thode ressemble &#224; celle d'un dresseur de pierre. J'&#233;prouve les sensations multiples des embryons de lieu sur lesquels je travaille. C'est sans doute ce qui devient le plus important au fil du temps. Je marche, sillonne, &#233;prouve les qualit&#233;s atmosph&#233;riques et lumineuses, me rends disponible &#224; l'&#233;coute, explore ce qui conditionne la sensation, l'architecture, le paysage, les usages humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue plus abstrait, chaque lieu est porteur d'une histoire. Pourquoi tel b&#226;timent est-il plac&#233; &#224; tel endroit ? Pourquoi tel type de mati&#232;re ou de forme ? Tout cela me raconte les histoires des imaginaires politique, social et esth&#233;tique qui pr&#233;existent. Avant m&#234;me que je me d&#233;cide &#224; proposer quelque projet que ce soit, il y a sur place un champ d'&#233;nergie qui r&#233;f&#232;re au terrestre et au culturel. Dans la tension d'une histoire toujours en devenir, j'op&#232;re une analyse fine qui passe au crible analytique et au crible de la sensation cette premi&#232;re approche du lieu. Mes outils sont tr&#232;s simples, un carnet de notes manuscrites et un appareil photographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; l'atelier, je tente de comprendre, le o&#249; et le quand de la proposition. C'est une phase durant laquelle je formule des r&#233;ponses aux questions qui apparaissent au fil de la recherche. Lorsque j'ai enfin une id&#233;e assez claire, je fabrique des hypoth&#232;ses plastiques dessin&#233;es qui pourraient se glisser entre chacune de ces r&#233;alit&#233;s. Verticalit&#233; - horizontalit&#233; - volum&#233;trie - puis mat&#233;riau, chacun de ces termes dans sa mise en &#339;uvre formule une courbure de l'espace-temps et engage les &#339;uvres dans leurs rapports aux hommes, femmes et enfants, qui fr&#233;quenteront ce lieu augment&#233;. J'essaie d'intervenir de mani&#232;re hom&#233;opathique dans le plurivers toujours satur&#233; d'une maison jamais tout &#224; fait blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Arras, tu as produit un ensemble articul&#233; d'&#339;uvres faisant signe aux passants. Mais que cherches-tu &#224; accentuer : les surfaces sensibles de chaque &#339;uvre, la marche dans l'espace local ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette derni&#232;re commande, la fr&#233;quentation du campus ouvert sur la ville, r&#233;guli&#232;rement emprunt&#233; &#224; pied dans le but de relier deux quartiers, et bien s&#251;r la pr&#233;sence des &#233;tudiants et du personnel de l'universit&#233; constituent le premier public. Je fais le pari du fr&#244;lement, de l'interf&#233;rence que les &#339;uvres engendrent dans le cours de la marche, c'est-&#224;-dire d'une modification de ces indicibles mouvements qui nous alertent inconsciemment. Ce qu'en termes savant James Gibson nommait les &#171; affordances &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que la pr&#233;sence des &#339;uvres sera en capacit&#233; de modifier sensiblement la perception du lieu. Pour cela, j'installe des ensembles dont les pi&#232;ces tr&#232;s souvent identiques entrent en r&#233;sonnances les unes avec les autres. &#192; l'universit&#233; d'Arras, deux praticables horizontaux et quatre pi&#232;ces verticales en bois et b&#233;ton sont mis en place. Cet ensemble dispers&#233;, on peut le voir sous de multiples angles qui se renouvellent sans cesse au fil des d&#233;ambulations. Il n'impose pas de point de vue, de bon angle, sous lequel on verrait la sculpture. Au contraire, il invite &#224; la marche, &#224; la danse et &#224; toute autre posture en mouvement. Chaque &#339;uvre est praticable, on peut s'y asseoir, s'y allonger, s'y tenir debout. Chacune devient le support de multiples activit&#233;s. Chacune invite &#224; une appropriation partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, je dirais que c'est tout ce que j'ai accumul&#233; dans ma pratique qui me permet de faire fonctionner l'installation. Mon attention aux mat&#233;riaux, aux surfaces, &#224; la volum&#233;trie rend fluide la relation entre le proche et le lointain, le mouvement et la pause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tente de construire un lieu ouvert &#224; l'activit&#233; et &#224; la r&#234;verie, &#224; l'exp&#233;rience renouvel&#233;e du monde et des autres. C'est la dimension premi&#232;re du lieu que de mettre en interrelation les humains. Si l'espace peut exister ind&#233;pendamment de notre pr&#233;sence, le lieu n'existe pas sans les hommes qui le traversent ou y prennent place.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21950 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5a_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/5a_copie-ce002.jpg?1733567293' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La f&#233;condit&#233; du vide</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-fecondite-du-vide</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/La-fecondite-du-vide</guid>
		<dc:date>2024-11-03T14:43:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Christophe Nourisson</dc:creator>


		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'ouvrage de Christian Ruby examine le concept de vide, commun&#233;ment associ&#233; &#224; la d&#233;solation et au non-sens. Il questionne ce premier sentiment angoissant et en trace la g&#233;n&#233;alogie pour mieux rendre compte de l'existence &lt;i&gt;avec le vide&lt;/i&gt; et non &lt;i&gt;contre lui.&lt;/i&gt; En pensant lucidement le vide dans l'entre de l'ab&#238;me et du rien, l'auteur ouvre les fen&#234;tres de l'agir politique et artistique.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2544-4d25a.jpg?1772252635' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ouvrage de Christian Ruby examine le concept de vide, commun&#233;ment associ&#233; &#224; la d&#233;solation et au non-sens. Il questionne ce premier sentiment angoissant et en trace la g&#233;n&#233;alogie pour mieux rendre compte de l'existence &lt;i&gt;avec le vide&lt;/i&gt; et non &lt;i&gt;contre lui.&lt;/i&gt; En pensant lucidement le vide dans l'entre de l'ab&#238;me et du rien, l'auteur ouvre les fen&#234;tres de l'agir politique et artistique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Exister&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Retourner les connotations n&#233;gatives du &#171; vide &#187; pour amorcer un basculement des consid&#233;rations que ce mot convoque, tel pourrait &#234;tre l'objet de cette indispensable promenade philosophique. L'ouvrage s'offre comme un manuel de navigation en mer esth&#233;tique et politique pour qui, &#224; n'en pas douter, la halte en terre des Logopathes, les mangeurs de lotus effa&#231;ant la m&#233;moire, n'aura pas &#233;t&#233; si inqui&#233;tante que l'hom&#233;rique Odyss&#233;e le laisse entendre. La pr&#233;sence dans l'ouvrage de dessins r&#233;alis&#233;s par H&#233;l&#232;ne Paris invite au dialogue entre les diff&#233;rents r&#233;gimes d'&#233;nonciation, produisant sous nos yeux &#171; l'entre &#187; du vide f&#233;cond : entre mot et image, entre visible et invisible entre ab&#238;me et rien. Il s'appuie sur les recherches en anthropologie et la philosophie mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur proc&#232;de &#224; un expos&#233; des affects contradictoires de r&#233;pulsion et d'attraction du vide. En bordure de ciels et d'ab&#238;mes sans fond, les hommes ont imagin&#233; les r&#233;ponses n&#233;cessaires &#224; leur survie psychique car, selon les mots de Gaston Bachelard, &#171; &lt;i&gt;dans l'infini, ils ne sont pas chez eux&lt;/i&gt; &#187;. Les mythologies et religions et plus particuli&#232;rement les monoth&#233;ismes ont fig&#233; en corps minuscule la propension des humains &#224; m&#233;nager un rapport vital au flux infini d'engendrement et de destruction. Christian Ruby nous invite &#224; franchir la porte, il s'attarde sur les lentes m&#233;tamorphoses av&#233;r&#233;es pour le &#171; &lt;i&gt;danser au bord de l'ab&#238;me&lt;/i&gt; &#187; nietzsch&#233;en, car c'est depuis la r&#233;voltante acceptation de la discontinuit&#233; de l'existence que s'entrouvre la conscience d'un vide sans transcendance. Le vide s'offre aux humains comme un champ de fabrication des possibles au seuil d'une impossible vie sans limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Ruby observe &#224; la lumi&#232;re de Pierre Legendre et de Philippe Descola la fonction m&#233;diatrice du vide symbolique qui est &#224; la fois anthropologique, culturel, historique et social. Il remarque que, les limites de l'ab&#238;me qui donnent sa pulsation au vivant et du rien qu'il faut organiser, bornent les op&#233;rations de tissage culturel. La culture m&#233;taphorise pour rendre le vide vivable, c'est ce qui se manifeste dans les langues avec le hiatus premier entre les mots et les choses, les rituels, les c&#233;r&#233;monies ou le chant. Mais maintenant comment faire dans un monde sans dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les unit&#233;s de soin palliatif qu'&#233;taient et parfois sont toujours les Parques, Dieu, les Anc&#234;tres, l'&#201;tat, La Famille, La Patrie.... sont destin&#233;es &#224; dissoudre le vide. L'adh&#233;sion &#224; ces conjonctures rel&#232;ve d'un imaginaire du plein pr&#233;sent&#233; sous le jour du vrai, du bien, du beau. Il en va ainsi de mille autres l&#233;gendes, dont un tombeau vide du Christ &#224; qui l'on s'empressa de restaurer une identit&#233; soudainement devenue lumineuse. Ces r&#233;cits de morts-vivants ordonnent et fixent les communaut&#233;s inqui&#232;tes dans des r&#233;cits fabuleux. Ces histoires excellent &#224; pr&#233;senter logiquement les &#226;mes incorruptibles comme le paradigme du vrai, du beau mais corrompu par ce corps insupportablement trou&#233;. Le mythe est r&#233;actionnaire, il fixe des sch&#232;mes de repr&#233;sentation sur l'origine et la fin au demeurant limit&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Lo&#239;c le Quellec, La caverne originelle, &#233;d. La d&#233;couverte. 2022.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En philosophie, L'&#234;tre, l'Un, le Bien &#233;rig&#233; en principe essentialis&#233; chez Platon et Parm&#233;nide, fondent des syst&#232;mes indiscutables phallocentriques, ethnocentriques. Ces non-savoirs archa&#239;ques et explications unitaires du monde mortifient les mouvements incessants de l'existence, de l'agir et de la recherche. Heureusement ces &lt;i&gt;arkh&#233;s&lt;/i&gt; sont toujours soumises &#224; l'adh&#233;sion fluctuante des &#234;tres humains qui ne cessent de traduire et de bricoler dans leurs dos, par o&#249; le vide f&#233;cond se manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Agir&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_21717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/grande_arche.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/grande_arche-25805.jpg?1728992223' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Johan Otto van Spreckelsen. La grande arche (1989)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'auteur explore les repr&#233;sentations actives du vide et de ses liens avec le politique. Il &#233;taye ainsi l'argumentation d'un vide positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'entreb&#226;illement d'un velours, le Christ crucifi&#233; passe &#224; l'arri&#232;re-plan dans le tableau des Ambassadeurs de H. Holbein tandis que se d&#233;couvre la plus fameuse anamorphose d'un cr&#226;ne biffant l'espace de repr&#233;sentation d'un &#171; entre &#187; actif qui invite au d&#233;placement lat&#233;ral. La pr&#233;sence de cette vanit&#233; rappelle le temps &#233;ph&#233;m&#232;re d'une vie terrestre en capacit&#233; d'engager positivement science et art dans l'&#233;change conscientis&#233; de la modernit&#233;. La sc&#232;ne de massacre finale du Sardanapale de Delacroix expose sans d&#233;tours la finalit&#233; d'une pl&#233;nitude de l'avoir. Elle laisse circuler le vent d'un vide romantique sans secours qui, d&#233;barrass&#233; de tout regard moraliste, incite chaque spectateur &#224; se saisir de la sc&#232;ne d'abandon du politique. Plus pr&#232;s de nous la grande Arche de Johan Otto van Spreckelsen se positionne contre l'axe du pouvoir. Elle construit une bifurcation ouverte sur une autre perspective, qui active l'ouverture du vide politique &#224; conqu&#233;rir dans l'urbain, celui de la place, de l'esplanade, de l'avenue. Enfin, l'&#339;uvre jardin &lt;i&gt;Bev&#246;lkerung&lt;/i&gt; (population) de Hans Haacke, install&#233;e au Bundestag &#224; Berlin dont l'entretien est confi&#233; aux d&#233;put&#233;s de chaque L&#228;nder. Cette installation engage un dialogue avec la devise de 1916 du fronton &lt;i&gt;&#171; Dem Deutsche Volke &#187;&lt;/i&gt; (Au peuple allemand). L'artiste met en tension la d&#233;co&#239;ncidence entre peuple et population, actant ainsi le soin qu'il faut accorder &#224; cette place vide de la d&#233;mocratie, celle gr&#226;ce &#224; laquelle tout pourrait pousser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces quatre &#339;uvres rendent au vide immanent conquis par l'&#232;re moderne les allures de passage, porte, seuil, flux. Peintures et sculpture architecture t&#233;moignent du passage de la vita contemplativa &#224; la vita activa au moment o&#249; s'&#233;tiole le rapport &#224; la th&#233;odic&#233;e. Elles illustrent en toile de fond l' exercice d'une justice qui ne se l&#233;gitime plus d'un roi repr&#233;sentant de dieu sur terre, mais du vide d'une loi humaine qu'il s'agit toujours d'&#233;laborer. La figuration du s&#233;culier (Holbein), l'affirmation du vide politique (Delacroix) et la place de l'imagination et de l'action historique collective (Spreckelsen, Haacke) dessinent le c&#339;ur de la d&#233;mocratie moderne, qu'un auteur comme Claude Lefort qualifiera de &lt;i&gt;&#171; lieu vide &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre la totalit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Thomas Hobbes s'employa &#224; conjurer la place vide laiss&#233;e par la disparition du roi Charles I&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; en se r&#233;f&#233;rant au mod&#232;le fantasm&#233; de la centralit&#233; isonomique de l'antiquit&#233; grecque. Sous des exc&#232;s emphatiques qui renvoya dos &#224; dos vide et politique, les partisans du principe fondateur d'un &#233;tat de toute &#233;ternit&#233; reconduisirent les partitions entre masse et &#233;lites. Ils abjur&#232;rent toute pr&#233;sence des sans place, entendu qu'ils menaceraient le monstre d&#233;mocratique provoquant la guerre de tous contre tous. L'&#233;tat d&#233;mocratique con&#231;u comme agglom&#233;rat unitaire de toutes ses parties reconduit les figures de totalit&#233;. Jacques Ranci&#232;re proposera une toute autre lecture, chez lui la d&#233;mocratie prend le sens d'une rupture avec la logique de l'&lt;i&gt;arkh&#233;.&lt;/i&gt; Le vide n'y est pas central mais suppl&#233;mentaire, c'est un vecteur qui innerve l'exercice d'une d&#233;mocratie toujours &#224; venir. Un vide sans essence o&#249; les cris d'indignations, de contestations, d'inventions sont n&#233;cessaires &#224; sa vitalit&#233;. Le vide ne d&#233;signe donc pas simplement un volume informel, une absence, une place vide mais il est ce par quoi la vacance met le corps social en action. Il s'&#233;tend sur une vari&#233;t&#233; innombrable d'objets, sujets &#224; revendications : Droits des femmes, culturels, humains, solidarit&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe toujours un vide entre les humains qui permet les transactions affectives. C'est en incorporant positivement les dynamiques psychiques entre ab&#238;me et n&#233;ant &#8212; le tiraillement de l'&#234;tre en effondrement &#8212; que se joue la recomposition des vies en soci&#233;t&#233;s. Ce sont ces mouvements qui rendent possible par exemple le contre-discours d'un n&#233;o-lib&#233;ral &lt;i&gt;there is no alternative&lt;/i&gt;. Dans cette configuration fataliste en effet, le vide porte tous les maux qu'il faudra s'employer &#224; combler au plus vite : classes laborieuses sans id&#233;aux, quartier sans horizons, b&#234;tises des manifestants. Les partisans du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; d&#233;versent leurs bombes contre tout ce qui viendrait remettre en cause un usage du vide qui ne serait pas essentialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur pr&#233;vient d'un autre risque provenant d'une vision surplombante. La &#171; soci&#233;t&#233; du spectacle &#187;, &#171; la soci&#233;t&#233; du vide &#187; ou &#171; l'&#232;re du vide &#187; reconduirait selon lui l'opposition plein / vide dans ces formes nostalgiques, appelant possiblement &#224; une refondation. Le vide psychologique et moral (des spectateurs, des consommateurs) y serait interpr&#233;t&#233; comme pathog&#232;ne ; la d&#233;nonciation sans nuance laisserait dans l'angle mort ceux qui n'ont pas acc&#232;s &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation ou de spectacle et le vide d&#233;coulerait de la mise &#224; mort des sociabilit&#233;s traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#338;uvres et Public&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_21716 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/adrian_paci.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH263/adrian_paci-6165b.jpg?1728992223' width='500' height='263' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Adrian Paci. Vies en transit (2013)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est en confrontant les lecteurs - spectateurs &#224; l'ab&#238;me pr&#233;sent en toute situation, que les artistes entrouvrent la porte d'une figuration sujette &#224; d&#233;bat. Avec le tableau du Poussin Et in arcadia ego, la promesse du bonheur en Arcadie, comme une danse en bord d'ab&#238;me, invite au gai savoir et n'exclut pas la pr&#233;sence ironique d'une mort personnifi&#233;e. Plus prosa&#239;que, la passerelle d'embarquement d'Adrian Paci, o&#249; viennent s'entasser les migrants en attente d'un avion qui ne viendra jamais, traduit l'espoir d&#233;sillusionn&#233; que le monde leur r&#233;serve. Diff&#233;remment, le Mus&#233;e juif de Berlin, de Daniel Libeskind, est un manifeste contre le plein totalitaire qui ne se construit que sur la n&#233;antisation des humains. Chaque vide, trou, perc&#233;e activent le partage du vide comme condition de l'humanit&#233;. Le cri lanc&#233; par ces artistes configure dans l'entre-deux, de la souciance et de l'insouciance, dans l' interr&#232;gne de l'espoir du d&#233;part et du d&#233;sespoir de l'arriv&#233;e, la dynamique des dialectiques plein - vide. La symbolisation du n&#233;ant sert ici la voie m&#233;diane d'une d&#233;prise des imaginaires paralysant l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe nous invite &#224; consid&#233;rer sous un angle nouveau ce &#171; public &#187;, qui, parait-il, ne remplit jamais suffisamment les salles, parce que vide d'&#233;ducation, de sensibilit&#233;, parce que non acquis &#224; la cause forc&#233;ment juste et bonne et saine d'une &#171; culture pour tous &#187;. Envisager le public comme un bloc monolithique traduit tout le m&#233;pris qu'une p&#233;dagogie des hauteurs entretient. Le r&#233;flexe du comblement, de la frayeur occasionn&#233;e par le flottement ingouvernable de l'ignorant qu'il faudrait remplir, maintient les &#234;tres humains sous la vo&#251;te d'un ciel &#233;toil&#233; omniscient, qu'artistes et philosophes se sont employ&#233;s &#224; d&#233;chirer. On reconnait la duplicit&#233; d'un pouvoir toujours apte &#224; relancer le contr&#244;le h&#233;g&#233;monique mais ce pourrait &#234;tre aussi le lieu d'un impens&#233; facilitant l'adh&#233;sion aux terres plates. L'auteur propose de recourir &#224; la reconnaissance du vide qui est au c&#339;ur de toute abstraction (il n'y a pas d'en soi du public, de l'&#233;tat, de la d&#233;mocratie) pour renouer avec l'appel d'air permettant la mise en circulation de la parole de dissensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Ruby se saisit du concept de vide pour en contester les visions catastrophistes et dogmatiques. Sa lecture philosophique atteste des ancrages totalisants que de nombreux artistes et penseurs n'ont pas cess&#233; de remettre en cause. En cheminant de l'esth&#233;tique &#224; la philosophie, ce livre &#233;labore les passerelles entre nomination et figuration pour un art (et une philosophie) fait pour la part mis&#233;rable de l'humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Bernardt, Ma&#238;tres anciens, 1985, Paris, Gallimard, 1988.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/_c_he_le_ne_paris.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/_c_he_le_ne_paris-c7763.jpg?1728992223' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;H&#233;l&#232;ne Paris. Borderline, le monde d'aujourd'hui (2016)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; H&#233;l&#232;ne Paris
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Lo&#239;c le Quellec, La caverne originelle, &#233;d. La d&#233;couverte. 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas Bernardt, Ma&#238;tres anciens, 1985, Paris, Gallimard, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La f&#233;condit&#233; du vide&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Essai sur l'existence, la politique et la cr&#233;ation &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Ruby. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dessins d'H&#233;l&#232;ne Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Editions MKF, juin 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'introduction : Hans Haacke, Der Bevolkerung. (2000)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'activit&#233; du vide en architecture III/III</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-activite-du-vide-en-architecture-2525</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/L-activite-du-vide-en-architecture-2525</guid>
		<dc:date>2024-10-06T13:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>vide</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce que montre l'anatomie du vide en architecture et urbanisme, telle qu'elle est propos&#233;e dans ces articles, ce n'est finalement pas seulement que le vide n'est pas toujours motif d'angoisses. C'est qu'il est m&#234;me heureusement constitutif de nos existences et de nos activit&#233;s.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Villes" rel="directory"&gt;Villes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/vide" rel="tag"&gt;vide&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2525-8459a.jpg?1772186926' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce que montre l'anatomie du vide en architecture et urbanisme, telle qu'elle est propos&#233;e dans ces articles, ce n'est finalement pas seulement que le vide n'est pas toujours motif d'angoisses. C'est qu'il est m&#234;me heureusement constitutif de nos existences et de nos activit&#233;s. Cette analyse souligne aussi que parler d'architecture et de vide implique des descriptions n&#233;cessaires, m&#234;me si selon Stefan Zweig : &#171; Rien n'est moins ais&#233; &#224; d&#233;crire que le vide &#187;. Et ce n'est pas tout. Elle implique une le&#231;on &#233;thique et politique, &#224; savoir que l'architecture propose de d&#233;limiter sans s'enfermer sur soi, d'identifier sans borner, de disposer sans figer, d'imaginer sans imiter, et se fait par l&#224; critique de projets qui n&#233;gligent la Polis (la cit&#233;), sans en faire l'unit&#233; par excellence de l'espace social. En un mot, l'architecture et l'urbanisme prouvent la f&#233;condit&#233; du vide, ainsi que nous l'&#233;tudions dans notre ouvrage : La f&#233;condit&#233; du vide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, MkF&#201;ditions, 2024&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si les articles I et II de cette s&#233;rie de trois, se sont attach&#233;s &#224; montrer que, comme concept autant que comme r&#233;alit&#233;, le vide constitue un appel, une ouverture et une dynamique gr&#226;ce auxquels les humains, dans leurs cultures, architecturent un/des mondes (des &#171; chez soi &#187;) ouverts sur la nature et d'autres mondes culturels ; et que la fondation d'une ville devient am&#233;nagement d'un vide ind&#233;fini en un lieu d&#233;fini sous principes diff&#233;rents (divins, anthropocentr&#233;s, notamment), il reste &#224; &#233;voquer trois points qui nous reconduisent &#224; l'actualit&#233; de ces domaines. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que soient envisag&#233;es l'architecture (ou l'urbain) sur terre ou dans l'espace, ainsi que les techniques de conception (du dessin au num&#233;rique et &#224; l'Intelligence artificielle (IA)), il est bon de se pencher sur les ouvrages de Henri Maldiney qui associent l'&#339;uvre d'art et le vide, afin de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce lien, voire d'en faire la critique. Pour lui, le vide n'est pas une ne&#769;gation du monde, mais au contraire une condition du rythme, du souffle &#8211; par la renaissance du vertige originel suscite&#769; &#8211;, qui rend possible la manifestation de l'&#234;tre, la perception sensible du monde. Du vide, &#233;crit-il, &#233;merge la possibilit&#233; d'&#171; &#234;tre le monde &#187; ou de devenir monde. Ce vide constitutif de lieux (physiques et m&#233;taphoriques) permettrait une interpr&#233;tation de ce qui nous est commun. Car les espaces constitu&#233;s se mod&#232;lent en significations. Ils rel&#232;vent de &#171; faires &#187; qui se forment en se faisant. C'est &#224; partir de ce vide que les hommes inventent du spatial, du culturel ou de l'imaginaire. C'est par ce vide que les espaces urbains trouvent leur qualit&#233; et leur essence publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces indications, un peu ph&#233;nom&#233;nologiques, de la part d'un philosophe de l'esth&#233;tique, pr&#234;tent &#224; des questions notamment &#224; l'adresse de trois ph&#233;nom&#232;nes &#171; nouveaux &#187; dans les domaines explor&#233;s ici. Chacun(e) sait que l'Intelligence Artificielle (IA) bouleverse depuis quelques ann&#233;es les m&#233;tiers de l'architecture. Dans cette pratique, elle ouvre, semble-t-il, des fronti&#232;res in&#233;dites dans la conception des formes jusqu'alors retenues. Non seulement des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives sont trait&#233;es d&#233;sormais par des machines, mais le c&#339;ur de la mission de l'architecte s'en trouve modifi&#233;, puisque des formes naissent qui restent &#224; explorer, et les contraintes du m&#233;tier se transforment. &#192; c&#244;t&#233; de l'IA, le r&#244;le des drones et le contexte spatial (au sens de l'interstellaire) impliquent des recherches diff&#233;rentes, elles aussi impactant les formes vou&#233;es traditionnellement au b&#226;ti. D&#232;s lors, dans les trois cas, le rapport au vide prend un autre tour. L'IA et l'interstellaire reconfigurent le rapport des humains &#224; l'espace et au vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le num&#233;rique brasse le vide derechef &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire des tentatives d'utilisation du num&#233;rique dans l'architecture et l'urbanisme pourrait &#234;tre profil&#233;e ici. Nous renvoyons le lecteur aux nombreux ouvrages qui la restituent. Les outils num&#233;riques sont entr&#233;s dans les &#201;coles d'art et d'architecture et les agences d'urbanisme depuis longtemps. L'usage de ces outils s'est ensuite g&#233;n&#233;ralis&#233;. Les premiers effets probl&#233;matiques se sont produits dans les agences, en modifiant les t&#226;ches, d&#233;faisant les postes et en recomposant les hi&#233;rarchies de la production dessin&#233;e des espaces. Les effets suivants furent internes &#224; la conception m&#234;me de l'espace. Eero Saarinen travaille espaces et lieux des entreprises General Motors et IBM, d&#232;s les ann&#233;es 1950. La conception des blobs (Greg Lynn), assez rapidement, s'est impos&#233;e dans de nombreuses r&#233;alisations. Si le lecteur ou la lectrice ne sont pas sp&#233;cialistes, signalons que l'ensemble est bien restitu&#233; dans l'ouvrage &lt;i&gt;Architecture num&#233;rique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;par Dimitris Kottas, Paris, Eyrolles, 2013&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, duquel nous extrayons deux visuels :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;193&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_-_biomorphisme.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH311/02_-_biomorphisme-331c8.jpg?1772199888' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Daniel Koehler, avec la participation de Chen Chen, Genmao Li et Zixuan Wang (Bartlett School, Londres)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;WanderYards, maquette, 2017-2018, &lt;br class='autobr' /&gt;
impression 3D, Paris, MNAM-CCI, inv. AM 2018-2-152.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;87&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03_-_tallinn.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/03_-_tallinn-659c8.jpg?1728027474' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Gilles Retsin Architecture
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Pavillon pour la Biennale d'architecture de Tallinn, 2017.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ces deux photos, ce qui est int&#233;ressant, c'est la mani&#232;re dont l'espace est devenu clairement une mati&#232;re, mati&#232;re &#224; penser et mati&#232;re &#224; travailler. Le vide et l'espace ne peuvent plus &#234;tre dissoci&#233;s en int&#233;rieur et ext&#233;rieur, les moyens utilis&#233;s pour les penser adoptent une structure proche de la bande de Moebius.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;monstration accomplie par Christophe Le Gac, dans une exposition &#224; Poitiers, en 2021&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;r&#233;sum&#233; de l'entreprise, dans Art Press, Octobre 2021&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme l'explique son compte rendu, loin d'en rester &#224; l'art num&#233;rique, la premi&#232;re ambition de l'auteur de l'exposition f&#251;t de montrer comment l'informatique, au-del&#224; de l'usage des nouvelles technologies, infuse la cr&#233;ation contemporaine. Dans cette exposition, les visiteurs ne devaient pas s'attendre &#224; c&#244;toyer des &#233;crans ou des tables num&#233;riques. Ils se trouvaient plus proches des arts plastiques et du design que de l'exaltation technologique. De nombreux artistes par ailleurs collaboraient &#224; l'exposition, d'autant qu'eux-m&#234;mes ont &#224; se confronter &#224; ces nouveaux outils. Parfois m&#234;me ils en font la critique, ainsi que le sculpteur Pierre Besson le montrait en ouverture des lieux, par une &#171; Maison du d&#233; &#187; (2021), soit l'agrandissement d'un composant d'imprimante de bureau. D'autres interventions d'artistes incitaient les visiteurs &#224; animer telle &#339;uvre par leur pr&#233;sence ou leurs gestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette exposition, les &#339;uvres contemporaines &#233;taient les plus nombreuses, certaines produites par des artistes en devenir, des &#233;tudiants de l'Esad TALM, membres de l'Atelier Design Game Global d'Angers. Ce qui n'interdisait pas la pr&#233;sence d'oeuvres anciennes. Par exemple, les dessins algorithmiques &#224; l'ordinateur que Manfred Mohr programme d&#232;s la fin des ann&#233;es 1960. L'exposition mettait ainsi en regard &#232;res analogique et num&#233;rique, comme en t&#233;moignait &lt;i&gt;Menace 2&lt;/i&gt; (2010) de Julien Pr&#233;vieux. Ce meuble en bois &#233;tait la r&#233;plique de la Matchbox (ou Machine) Educable Noughts and Crosses Engine, con&#231;ue en 1961 par le chercheur en IA Donald Michie. Initialement constitu&#233; de bo&#238;tes d'allumettes, l'ordinateur m&#233;canique devait pouvoir jouer au morpion et progresser de partie en partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re ou d'une autre, l'exposition prouvait que l'IA, globalement, permettait aux architectes et urbanistes de lire, penser, r&#234;ver les formes, ainsi que de r&#233;fl&#233;chir &#224; de nouveaux projets. L'auteur de l'exposition l'indiquait ainsi : gr&#226;ce &#224; l'IA, &#171; la plupart du temps, l'architecte pourra se mettre &#224; distance de son travail de coordination d'activit&#233;s et retrouvera l'essence m&#234;me de sa profession : concevoir, et non g&#233;rer &#187;. La cr&#233;ation architecturale et urbanistique revenait donc en force, par ces moyens, sans s'y soumettre. C'est m&#234;me la dimension du vide rendue possible par ces moyens qui force les architectes &#224; ne plus concevoir le vide sous forme de cube ou d'espacement lin&#233;aire. La part du vide devient celle d'une &#233;criture de l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_-_parame_trie_architecture-parametrique-conception-edited.jpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/04_-_parame_trie_architecture-parametrique-conception-edited.jpg-7dc31.jpg?1772199888' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Cr&#233;dit Xrenders
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une conf&#233;rence, Stanislas Chaillou&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(@stanislaschaillou)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, chercheur &#224; la Harvard Graduate School, explique l'apport de la programmation d'une IA pour la cr&#233;ation architecturale. Il d&#233;montre l'&#233;volution logique de la conception architecturale, de la &#171; modularit&#233; &#187; (pr&#233;fabrication industrielle de modules architectoniques) des ann&#233;es 1920-30 &#224; l'arriv&#233;e de la CAO (Conception assist&#233;e par ordinateur, en anglais, Computer Aided Design, pour CAD) dans les ann&#233;es 1960-70, en passant par l'av&#232;nement du &#171; param&#233;trisme &#187; (g&#233;n&#233;ration de formes architecturales plus ou moins complexes &#224; partir de donn&#233;es pr&#233;d&#233;finies et gr&#226;ce &#224; des programmes informatiques) &#224; la fin des ann&#233;es 1990, pour arriver aujourd'hui, selon lui, &#224; l'accouchement de la quatri&#232;me &#233;tape, &#224; savoir l'&#232;re de l'IA en architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est pench&#233; (on l'observe sur son site) sur la num&#233;risation d'un ensemble de plans d'un appartement avec d'infimes variables (position de la porte d'entr&#233;e selon l'humeur du futur propri&#233;taire, par exemple). En retour, l'IA lui a dessin&#233; une infinit&#233; de plans avec d'innombrables variations d'am&#233;nagements int&#233;rieurs. Dans un espace aux contours donn&#233;s, nombre de solutions &#233;mergent quant &#224; la position des pi&#232;ces de jour, de nuit et de service.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son mantra, enti&#232;rement pris dans l'IA : flexibilit&#233;, options multiples, analyses en temps r&#233;el. Il ajoute : &#171; Plut&#244;t que d'utiliser des machines pour optimiser un ensemble de variables, l'IA permettrait de d&#233;terminer, gr&#226;ce &#224; la machine, les qualit&#233;s importantes du b&#226;ti et de les reproduire tout au long du processus de conception &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les drones dans le vide &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu en marge de cette rapide exploration des nouveaux rapports &#224; l'espace et au vide, il faut faire place &#224; la question des drones (dr&#244;nes). En permettant, entre autres choses, des relev&#233;s de fa&#231;ades, des explorations d'espaces inaccessibles, ces appareils promettent des donn&#233;es pouvant servir aux architectes et urbanistes, dans leurs rapports avec le vide ou avec ce que l'on croit vide. Traces et &#233;volutions environnementales deviennent des moments centraux de nouvelles recherches ou d'anciennes recherches affin&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'heure actuelle, il existe peu de travaux sur les impacts &#233;pist&#233;mologiques, architecturaux et urbanistiques, ainsi que philosophiques des nouvelles d&#233;territorialisations technico-spatiales du regard sur les vides par fait de drones. &#192; leur propos, nul ne peut se contenter de ce que nous connaissons depuis longtemps, les d&#233;territorialisations techniques terrestres, du t&#233;lescope aux jumelles. Ces d&#233;territorialisations-l&#224; r&#233;sultent de m&#233;diations con&#231;ues pour &#8216;am&#233;liorer&lt;/i&gt; le regard sur ou dans l'espace et la sensibilit&#233; corporelle. Le sens du regard est d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; des machines qui voient avec les humains et rep&#232;rent le vide &#224; hauteur d'humain. Elles maintiennent l'image &#224; partir de la situation de l'&#339;il humain corporel (se portant vers le ciel ou vers la terre, servant d'axe). Elles restent anthropocentr&#233;es, puisque ce sont des regards &#224; hauteur de corps et du sensible et que la soci&#233;t&#233; exerce sur elles des disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous int&#233;resse dans la question des drones, ce sont les m&#233;diations qui &#8216;changent ce que l'on voit habituellement sur la terre,&lt;/i&gt; en nous faisant acc&#233;der &#224; des perspectives in&#233;dites et impossibles sans sortir du champ terrestre (sans le d&#233;sir icarien de voler), et qui produit encore autre chose, lorsque ce n'est plus la terre qui est regard&#233;e mais l'univers. Alors on atteint l'&#201;ther, un milieu de coexistence sans totalisation possible, ni saisie synoptique. En somme, les drones renvoient &#224; des perspectives technico-spatiales, et &#224; leur enveloppement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques de telles d&#233;territorialisations, anciennes et nouvelles, sont triples. Elles sont tributaires de notre rapport &#224; notre corps : prises entre le r&#234;ve d'Icare et le d&#233;sir saturnien de s'alourdir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Jean-Paul Sartre, Oreste dans &#8216;Les Mouches : il ne veut plus vivre en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles s'articulent &#224; la d&#233;l&#233;gation du regard &#224; des machines qui extraient le regard de l'attraction horizontale caract&#233;risant le regard humain imm&#233;diat (extrait hors du corps humain). Et elles produisent de nouveaux agencements collectifs. En quoi, il faut &#233;viter absolument de croire que l'on pourrait se contenter de parler seulement de machines. Il faut montrer de quels agencements les machines font partie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ainsi que l'explique la Revue H&#233;rodote, G&#233;opolitique de la datasph&#232;re, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La r&#233;volution num&#233;rique provoqu&#233;e par l'adoption massive des technologies num&#233;riques et l'interconnexion mondiale des syst&#232;mes d'information et de communication requis conna&#238;t une acc&#233;l&#233;ration fulgurante depuis deux d&#233;cennies, qui bouleverse nos &#233;conomies et nos modes de vie et ouvre de nouveaux horizons de d&#233;veloppement encore largement inexplor&#233;s, au regard et &#224; la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que nous gagnons, qu'est-ce que gagnent alors les architectes et urbanistes ? Un regard sans corps qui fait vaciller les coordonn&#233;es habituelles (mais il n'est pas certain qu'il fasse vaciller le syst&#232;me centr&#233; de la perspective classique). Un surplomb, des vues en surplomb et en ext&#233;riorit&#233; (par rapport &#224; l'ancien lieu &#171; naturel &#187; de l'humain). Disons plut&#244;t au-del&#224; de l'h&#233;ritage de l'avion, un geste qui va plus loin, car le regard de l'avion est plut&#244;t li&#233; &#224; l'espace et au temps de voir (un h&#233;ritage qui aurait donn&#233; l'expression : &lt;i&gt;l'&#339;il de Dieu,&lt;/i&gt; c&#233;l&#233;br&#233; par Karen Blixen, dans &lt;i&gt;La ferme africaine&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont bien de nouvelles dimensions. Elles font sentir des mutations chez les humains qui passent d'un univers v&#233;cu et vu horizontalement &#224; un univers vu et v&#233;cu &#171; sur &#187;, de &#171; haut &#187;, sans leur pr&#233;sence. Surtout du fait qu'ils sont directement concern&#233;s par cet objet d'&#233;tude, ils sont aussi spatiaux, ils regardent et sont regard&#233;s, ils ne peuvent rester neutres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et tous gagnent en voir nouveaux, notamment lors des catastrophes ou afin de pr&#233;voir les catastrophes en architecture et urbanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, est-ce que nous perdons simultan&#233;ment quelque chose ? Au moins l'anthropocentrisme et sa philosophie du corps. La question soulev&#233;e par ces d&#233;territorialisations sp&#233;cifiques est que le regard n'est plus seulement aid&#233; (augment&#233;, dirait Bachelard, ou am&#233;lior&#233;), mais remplac&#233; par celui de machines qui alors voient pour nous. Et, si nous y perdons les soci&#233;t&#233;s disciplinaires (apr&#232;s tout), nous perdons sans doute aussi des agencements sociaux en nous trouvant pris dans de nouveaux agencements, au risque de la surveillance continuelle qu'il faut int&#233;grer &#224; l'architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous perdons aussi les repr&#233;sentations cin&#233;matiques organisant et rendant compossibles une pluralit&#233; de repr&#233;sentations possibles, car le survol (en tout cas pour l'heure) s'op&#232;re &#224; partir d'un seul &#339;il ? D'autant que l'espace livr&#233; par le survol n'est pas lib&#233;r&#233; des contraintes du point de vue (la cam&#233;ra, et le montage). Que pouvons-nous cr&#233;er &#224; partir de l&#224; (du surplomb, de la communication instantan&#233;e, du contr&#244;le&#8230;) ? Mais nous avons aussi &#224; d&#233;velopper la critique d'un sur-regard (au sens d'une super puissance pour dominer, le &#171; surhumain &#187; ?) et la composition d'un sur-regard (au sens d'un jeu sur l'ubiquit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le vide intersid&#233;ral et l'architecture des corps flottants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re modalit&#233; du vide dans cette s&#233;rie d'articles portant sur l'architecture et l'urbanisme : l'espace interstellaire ou intersid&#233;ral (mais la dimension de la mer et des Abysses ne saurait &#234;tre exclue totalement). Une architecture con&#231;ue ou &#224; concevoir &#224; partir de cette &#171; premi&#232;re fois &#187;, qui nous permet d'observer la terre de l'ext&#233;rieur, au-del&#224; des drones, par des humains, certes technologis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restons-en cependant &#224; l'intersid&#233;ral, et aux projets d'am&#233;nagement auxquels se consacrent des architectes, voire des urbanistes. La part du vide y est constante (et sans plaisanterie autour du vide d'id&#233;es de distribution et d'&#233;quipement qui en saisit beaucoup). &lt;br class='autobr' /&gt; 1 &#8211; Ces projets obligent &#224; un retour conceptuel sur le &lt;i&gt;vide ind&#233;fini&lt;/i&gt; &#224; am&#233;nager (dont nous sommes partis dans le premier article), un vide sans avoir &#224; d&#233;molir. Une sorte de laboratoire pur de ce qu'aurait pu &#234;tre une architecture premi&#232;re (mais pas primitive), tant dans l'espace interstellaire (donc la station orbitale internationale) que dans l'espace lunaire ; &lt;br class='autobr' /&gt; 2 &#8211; Ils imposent une r&#233;flexion sur le choix des sites et de l'ordonnancement en lieux, dans la mesure o&#249; il d&#233;pend moins des peuples, et m&#234;me des ing&#233;nieurs et techniciens, que des autorit&#233;s spatiales ; &lt;br class='autobr' /&gt; 3 &#8211; Ils inspirent des consid&#233;rations in&#233;dites, tant sur les questions de mat&#233;riaux que sur les questions d'implantation (que pouvons-nous construire sur place ?), en quoi nous revenons &#224; la dimension du &lt;i&gt;chantier&lt;/i&gt; et &#224; de nouvelles hi&#233;rarchies entre humains ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut partir de l&#224; pour s'int&#233;resser correctement &#224; l'architecture dans ce cadre. Pour la premi&#232;re fois sans doute, depuis longtemps, il faut construire sans mod&#232;le. Et sans fondation terrestre. D'autant que la spatialit&#233; interne &#224; une telle architecture n'est plus pr&#233;construite par les habitudes terrestres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui se penchant sur les sondes, voiles solaires, propulsions nucl&#233;aires, et autres cabines habit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;104&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/o5_-_archi_espace.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/o5_-_archi_espace-499ac.jpg?1772199888' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Nombreux sont aussi les artistes qui jouent des tels projets, par exemple Andr&#233; Robillard (Lille, Lam)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_-_soyuz-russian-spacecraft-min.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH633/06_-_soyuz-russian-spacecraft-min-434d8.jpg?1728027474' width='500' height='633' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Vaisseau spatial russe Soyouz
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Les sc&#233;narios cin&#233;matographiques de voyages interstellaires ne sont pas en reste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L410xH307/ruby-eda9d.jpg?1728027474' width='410' height='307' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/08_-_film.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/08_-_film-6123c.jpg?1772199888' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, en y r&#233;fl&#233;chissant mieux, ne trouvons-nous pas dans une situation paradoxale sur le plan philosophique, mais aussi &#233;cologique. Dans ses &#171; R&#233;flexions sur les vols spatiaux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vue de la lune, 1972, Paris, H&#233;ros-Limite, 2022&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le philosophe allemand G&#252;nther Anders (1902-1992) attire notre attention : &#171; Nous ne serons pas &#233;tendus par l'extension de notre monde. Au contraire, cette extension nous rendra encore plus egocentriques, encore plus centrip&#232;tes. Sans cesse, nous serons forc&#233;s de mettre le lointain au service du proche, de domestiquer les plan&#232;tes captur&#233;es, d'utiliser les territoires conquis comme des bases strat&#233;giques, comme des mati&#232;res premi&#232;res, comme des instruments de prestige pour l'ici-bas &#187;. Autrement dit, nous ne quitterons jamais la terre, ajoute-t-il en parlant plut&#244;t des cosmonautes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il remarque encore plus globalement, c'est que les humains ne semblent pas pouvoir inventer des formes in&#233;dites, dans des lieux in&#233;dits, parce qu'ils sont enti&#232;rement pris dans l'analogie permanente. Ce que les architectes, ici plus que les urbanistes, n'envisagent pas vraiment, c'est de produire des formes qui ne soient pas uniquement faites pour assurer le triomphe sur terre des uns ou des autres. Et plus encore, de produire des formes destin&#233;es aussi &#224; &#233;poustoufler les peuples aux fins de les maintenir dans la distance avec les pouvoirs technologiques. Et c'est dans ce moment o&#249; la terre se tient devant le miroir qui la montre de l'ext&#233;rieur, gr&#226;ce aux technologies spatiales, o&#249; des humains meublent potentiellement l'univers entier que l'on s'aper&#231;oit que d'un c&#244;t&#233; les techniques poussent &#224; une entreprise aventureuse visant &#224; s'&#233;lever au moyen de l'ing&#233;niosit&#233; humaine vers une dimension d&#233;passant toute mesure humaine, et que de l'autre nous n'arrivons pas &#224; concevoir autre chose que des architecture et des urbanismes qui peuvent &#234;tre d&#233;truits et dispara&#238;tre sans retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'humour, soulignons bri&#232;vement qu'existe une derni&#232;re modalit&#233; du vide dans les domaines explor&#233;s ici. Un peu d&#233;tourn&#233;e. Elle joue cette fois sur les mots et les rapports entre ou aux architectes et urbanistes. Ainsi certains se plaignent de n'&#234;tre pas &#233;cout&#233; : Adolf Loos publie un ouvrage intitul&#233; : &lt;i&gt;Paroles dans le vide,&lt;/i&gt; 1897-1900. Et parfois juge-t-on que les projets de ses confr&#232;res sont &#171; vides &#187;. En un mot, &#171; le vide, c'est l'autre &#187;. La notion de vide devient une injure. Et le vide est trait&#233; comme absence de signification. Il est cens&#233; d&#233;noncer la grille qui &#233;chappe &#224; toute projection de sens&#8230; &#224; l'&#233;gal de ce que nous avons trait&#233; sous les formules de la vacuit&#233; dans ce qui s'appelait &lt;i&gt;la soci&#233;t&#233; du vide,&lt;/i&gt; sans reconna&#238;tre que notre modernit&#233; elle-m&#234;me doit &#233;norm&#233;ment &#224; la promesse du vide, comme celle de lib&#233;rer l'homme de l'accaparement de son temps par les activit&#233;s productives, afin de lui permettre de vouer son existence aux loisirs, &#224; la culture, &#224; l'instruction. &lt;br class='autobr' /&gt;
Hors de ces propos, &#233;largissons la dimension du vide afin de conclure cette succession d'articles. Le vide est bien une notion complexe, puisqu'elle engage des r&#233;flexions sur l'angoisse des humains devant le vide, la nature, l'espace, le site, le lieu, le mur (qui fait exister ou borde le vide) et donc la limite, la cosmologie, la mati&#232;re, l'urbain, etc. Finalement devant eux-m&#234;mes (le faire, l'&lt;i&gt;homo faber&lt;/i&gt;) puisqu'elle pousse non moins &#224; des r&#233;flexions sur l'enracinement/l'enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, plus largement, nous pourrions consid&#233;rer le paradoxe de l'architecture quant au vide : mettre quelque chose &#224; la place du vide mais en projetant des d&#233;molitions et en recr&#233;ant d'autres vides ma&#238;tris&#233;s&#8230; (l'enracinement n'est pas une condition ontologique, c'est le mouvement).&lt;br class='autobr' /&gt;
En un mot, l'architecture est fond&#233;e sur une culture du vide toujours &#224; am&#233;nager, &#224; partager, &#224; cultiver. Le vide hante toute construction humaine comme son principe. Il rend possible le mouvement de mutation. L'architecture se lie au vide en ce qu'elle le structure, en r&#233;v&#232;le la puissance. Le vide impose &#224; l'humain de cr&#233;er des lieux, l'humain exige le lieu. Dans l'infini il n'est pas chez lui. Encore peut-il adopter des milliers de r&#232;gles diff&#233;rentes pour organiser le monde. Mani&#232;re de rendre le monde abordable, de clarifier son existence, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, MkF&#201;ditions, 2024&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;par Dimitris Kottas, Paris, Eyrolles, 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;r&#233;sum&#233; de l'entreprise, dans &lt;i&gt;Art Press,&lt;/i&gt; Octobre 2021&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(@stanislaschaillou)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Jean-Paul Sartre, Oreste dans &#8216;Les Mouches&lt;/i&gt; : il ne veut plus vivre en l'air, il aspire &#224; descendre&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ainsi que l'explique la Revue H&#233;rodote, &lt;i&gt;G&#233;opolitique de la datasph&#232;re,&lt;/i&gt; n&#176; 177-178. Juin 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Vue de la lune,&lt;/i&gt; 1972, Paris, H&#233;ros-Limite, 2022&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'activit&#233; du vide en architecture II/III</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-activite-du-vide-en-architecture-2517</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/L-activite-du-vide-en-architecture-2517</guid>
		<dc:date>2024-07-29T13:23:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>vide</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour qui ne serait pas convaincu de l'int&#233;r&#234;t de se pencher sur la question du vide et de faire du vide une question centrale, notamment dans une r&#233;flexion culturelle, rappelons que nous avons r&#233;cemment et collectivement v&#233;cus tr&#232;s concr&#232;tement les effets du rapport plein/vide durant une pand&#233;mie.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/vide" rel="tag"&gt;vide&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2517-65311.jpg?1772202173' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour qui ne serait pas convaincu de l'int&#233;r&#234;t de se pencher sur la question du vide et de faire du vide une question centrale, notamment dans une r&#233;flexion culturelle, rappelons que nous avons r&#233;cemment et collectivement v&#233;cus tr&#232;s concr&#232;tement les effets du rapport plein/vide durant une pand&#233;mie. Le vide d'activit&#233;s durant un mois, et la pratique de la distance vide entre les habitantes et habitants, ont contenu la diffusion d'un virus, tout en obligeant &#224; repenser l'interd&#233;pendance et la vuln&#233;rabilit&#233; partag&#233;e des &#234;tres humains, au point que cette dimension d'une fonction du vide maintenait bien l'essentiel : faire de nous des &#234;tres conscients de relations irr&#233;ductibles au fonctionnel. Notre approche des lin&#233;aments d'une anatomie du vide en architecture et en urbanisme nous y reconduit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'une fa&#231;on ou d'une autre, le premier article de cette s&#233;rie a montr&#233; que l'architecture et l'urbanisme exercent un pouvoir sur l'espace et l'espacement, et se trouvent li&#233;s &#224; des axes historiques (Lumi&#232;res, modernit&#233;, critique de l'anthropoc&#232;ne) et des pouvoirs. Un temple joue de l'interdit, d&#233;termine un lieu sacr&#233;, marqu&#233; &#224; la fois par le vide topographique qui l'extrait du tissu ordinaire urbain et le vide int&#233;rieur (jusqu'&#224; l'espace vide inaccessible de l'enceinte des dieux). La fondation d'une ville tisse un vide ind&#233;fini en lieux d&#233;finis, ainsi que le montre la photographie de l'&#339;uvre de Tom&#224;s Seraceno en t&#234;te de cet article r&#233;alis&#233;e sur mod&#232;le de la toile d'araign&#233;e. Ce deuxi&#232;me article s'attache &#224; donner sens au vide qui &#171; appara&#238;t comme un espace d'opportunit&#233; susceptible de r&#233;organiser les structures spatiales [&#8230;]. Il n'est pas simplement vide dans son caract&#232;re passif : il est productif et participe &#224; la perception de la ville &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En architecture, comme en urbanisme, le lieu se pr&#233;sente comme une partie d&#233;finie dans l'infini. Il configure la spatialit&#233; de l'existence humaine. Il poss&#232;de une qualit&#233; sp&#233;cifique permettant &#224; l'individu de se localiser dans son territoire. Il facilite l'identification personnelle et sociale. En opposition a&#768; l'espace illimite&#769;, les rues, places, esplanades et parvis sont en effet des vides entour&#233;s d'habitations, exer&#231;ant le pouvoir de se qualifier par l'activit&#233; sociale, politique, esth&#233;tique, des humains, et les routes facilitent les &#233;changes et les flux. Tous ils sont investis de pouvoirs, de sociabilit&#233;s et de cultures (parfois aussi d'une spectacularisation), de sens du moins. &#192; charge des habitantes et habitants de ne pas les r&#233;duire &#224; un simple usage et de ne pas vouer ce sens possible &#224; l'enfermement, ce que d&#233;noncent Georg Simmel ou Walter Benjamin dans la ville moderne obligeant les citadines et citadins &#224; affronter un cumul d'exp&#233;riences assaillantes et mod&#233;lis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant, le lieu r&#233;pond &#224; l'exercice d'un pouvoir, au sens de : &lt;i&gt;s'installer&lt;/i&gt; quelque part en le modifiant pour l'adapter &#224; des besoins, au sens du faire anthropologique afin de construire quelque chose, &lt;i&gt;am&#233;nager&lt;/i&gt; un vide, &lt;i&gt;passer&lt;/i&gt; au-del&#224; pour rencontrer, etc. Souvent l'architecture et l'urbain s'y pensent comme civilisateurs par rapport &#224; une nature &#171; naturelle &#187; qui n'est pas toujours m&#233;pris&#233;e pour autant. Il y a bien choix de l'endroit comme le montre le th&#233;&#226;tre d'&#201;pidaure (l'horizon de terre et de mer compl&#233;tant virtuellement la forme absente du cercle) ; et rapport &#224; une non moins hypoth&#233;tique &#171; nature humaine &#187; qui y prend une forme culturelle (&lt;i&gt;homo faber)&lt;/i&gt;. En r&#233;pandant dans l'espace ind&#233;fini des lieux distincts, elle mod&#232;le des mondes culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne va pas sans l'invention du mythe de la &#171; nature vierge &#187;, mythe qui n'est pas uniquement occidental, mythe hant&#233; par les colonisations, alors qu'il y a toujours quelque chose (et souvent une civilisation ant&#233;rieure, un h&#233;ritage). Si un tel mythe du vide est parfois n&#233;cessaire (pour imaginer quelque chose), il reste contestable dans l'ignorance qu'il prof&#232;re &#224; l'&#233;gard de la r&#233;alit&#233; de la nature et des cultures autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restons-en, dans ce deuxi&#232;me article, au vide d&#233;termin&#233; par des chantiers et des constructions, fabriqu&#233;, dispos&#233;, devenu condition de culture, d'imagination et de r&#233;alisations, constructions et/ou reconstructions, parce que disponible ou appel &#224; agir : un lieu abandonn&#233;, un site choisi pour &#234;tre am&#233;nag&#233;, une friche, une parcelle vid&#233;e par d&#233;molition (le vidage), un projet de refonte, un chantier dans la ville qui &#171; font le vide &#187;, un entre-deux b&#226;timents autrefois manifest&#233; par les pierres dites &#171; d'attente &#187; ou de &#171; convivialit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_-_pierre_d_attente.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/02_-_pierre_d_attente-80f77.jpg?1722000622' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pierres d'attente
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le chantier, d&#233;termination d'un vide vacant &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tel est d'abord le chantier, un ensemble d'actions autour ou dans un vide vacant ou une table rase organis&#233;e. Il &lt;i&gt;&#171; cr&#233;e le vide dans la ville &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Massimiliano Fuksas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chaos Sublime, Arl&#233;a, 2017, p. 66&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il d&#233;marre dans un espace libre/vide ou vid&#233; afin de construire autre chose (&#224; la place d'une vieille maison abandonn&#233;e, d'un terrain aras&#233;&#8230;), impliquant par ailleurs une r&#233;flexion sur la d&#233;cision de vider (impliquant les syst&#232;mes de propri&#233;t&#233;, le lien aux habitants alentour, la sauvegarde ou non d'un &#171; patrimoine &#187;, etc.), m&#234;me si parfois il est possible de reconstruire en permanence sans impliquer de chantier (ou de faire que le chantier soit permanent sans que ce soit visible, comme les temples reconstruits &#224; l'identique et sur le m&#234;me emplacement au Japon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par diff&#233;rence avec le vide originaire (premier article), cette fois, c'est un vide qui devient destin&#233; pour installer un b&#226;timent. Le vide se livre en matrice de l'espace &#224; construire. &lt;i&gt;&#171; L'architecte sculpte en quelque sorte la ville, et sculpte les vides qui deviendront des lieux &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Laurence Kimmel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une po&#233;tique des rep&#232;res, pour une architecture des rep&#232;res, Th&#232;se de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et Mies van der Rohe r&#233;alise d'abord dans son agence un collage sur plan, o&#249; il &lt;i&gt;&#171; blanchit &#187;&lt;/i&gt; le site vis&#233; avant de dessiner sur ce blanc son nouveau projet. Il fait le vide (en imagination ou en r&#233;alit&#233;), et simultan&#233;ment joue des &#233;carts entre les pleins des b&#226;timents encore subsistants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; chantier &#187; (accord&#233; &#224; son &#233;tymologie : pi&#232;ce de bois soutenant quelque chose) implique effectivement un lieu pr&#233;par&#233; (ou &#224; pr&#233;parer), un projet, un acteur ou une &#233;quipe destin&#233;s &#224; permettre un r&#233;sultat, ce que donnent &#224; voir en public les photographies de chantiers. Cela se fait depuis 1851, gr&#226;ce &#224; la mission H&#233;liographique et les images de Charles Malville. Puis est repris avec les films de chantier de l'entreprise Boussiron, autour de 1950, selon l'exposition d'archives &lt;i&gt;Quand l'entreprise se raconte&lt;/i&gt; (Paris, Cit&#233; de l'architecture). Et est devenu un &lt;i&gt;must&lt;/i&gt; de l'art de b&#226;tir et de la publicit&#233; pour l'achat, de nos jours. En l'occurrence, par diff&#233;rence historique avec les toiles peintes de b&#226;timents royaux d'autrefois sur lesquelles des artistes figuraient par avance le b&#226;timent termin&#233;, ne sugg&#233;rant le chantier que par quelques pierres dispers&#233;es au hasard sur l'image&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Blondel G. (1755), &#171; Ach&#232;vement d'une des fa&#231;ades de la cour du Vieux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La fonction du vide vacant dans le chantier, appelant le chantier, prend plusieurs formes plus ou moins joyeuses pour l'architecte, d&#232;s lors que le chantier est visualisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - Disposer par avance d'un vide en vue de construire, partir d'un z&#233;ro d&#233;termin&#233; (ici, il n'y a encore rien, on peut donc placer quelque chose), mais qui a d&#233;j&#224; des qualit&#233;s (une for&#234;t, un plateau, et leur physicalit&#233;). Ce que pr&#233;cise Philippe Boudon pour la ville de Richelieu (mais pas le ch&#226;teau) command&#233;e par le Cardinal : &lt;i&gt;&#171; le vide est forme et le plein est fond &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richelieu, Ville nouvelle, Paris, Dunod, 1978&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il se cale sur un plan de Richelieu du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, montrant vides et pleins, tel que repris et comment&#233;s par Michel Foucault, dans S&#233;curit&#233;, territoire, population&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1978, Gallimard, Le Seuil, 2004, p. 17-18&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03_-_richelieu.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/03_-_richelieu-7953d.jpg?1722000622' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; Reconstruire apr&#232;s les destructions dues &#224; une guerre. Il faudrait citer Dresde (Allemagne) sans cesse reconstruite : d&#233;truite 1945, reconstruite 1950, remani&#233;e 1990, etc. &#192; propos de Hiroshima (et que dire de l'Ukraine, de Gaza aujourd'hui !), Le Corbusier &#233;crit &lt;i&gt;&#171; Tout est &#224; faire ! T&#226;che immense ! &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Vers une architecture,&lt;/i&gt; p. 78) et &#224; propos de la Reconstruction, il pr&#233;cise dans Destin de Paris : &lt;i&gt;&#171; C'est &#224; chaque fois, un enterrement, une liquidation et &#224; la place, une cr&#233;ation. Ainsi Paris fut faite de remplacements &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, Sorlot, 1941, p. 11&#034; id=&#034;nh8-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi vont aussi les &#171; no man's land &#187; dans les villes dont parle Paul Chemetov&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Fabrique des villes, La Tour d'Aigues, L'Aube, 1992, p. 63&#034; id=&#034;nh8-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8211; Programmer un &#171; vidage &#187; urbain : un vide afin d'y planifier quelque chose, un vide vis&#233; en vue de construire. Ainsi Brunelleschi concevait-il l'h&#244;pital des Innocents de Florence comme une interruption du plein de la ville consid&#233;r&#233;e comme un tout unifi&#233;, et Georges Pompidou attise l'id&#233;e d'une esplanade &#224; Paris (15&#7497; arrondissement) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#8211; Effectuer une critique pratique d'un plein. Le Grec &#201;rostrate, selon le r&#233;cit de Plutarque, voulait r&#233;duire des &#339;uvres en cendres afin de faire de la place pour de nouvelles sculptures dans la ville : &lt;i&gt;&#171; la terre ressemble &#224; de grandes tablettes o&#249; chacun veut &#233;crire son nom. Quand ces tablettes sont pleines, il faut bien effacer les noms qui y sont inscrits pour y mettre de nouveaux noms. Que serait-ce si tous les monuments anciens subsistaient ? &#187;&lt;/i&gt;. Et, joignant le geste &#224; la parole, il mit le feu au temple d'&#201;ph&#232;se. David Greene, du groupe Archigram, veut un moratoire sur les b&#226;timents en consid&#233;rant qu'il y en a bien trop ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 &#8211; Pousser &#224; un effondrement : la d&#233;t&#233;rioration immanente &#224; la mati&#232;re utilis&#233;e, qui provoque le vide ou le creux ou la destruction, qui oblige &#224; remplacer (toute architecture est finie, non seulement elle porte en elle sa destruction (tout doit mourir) mais aussi sa transformation) ; mais aussi le destin conceptuel des immeubles-barres de la Reconstruction autour des ann&#233;es 1970, d&#233;sormais &lt;i&gt;persona non grata&lt;/i&gt; (non sans poser de probl&#232;mes relativement aux habitants, leur m&#233;moire, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21444 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_-_m_pernot.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/04_-_m_pernot-508b7.jpg?1722000622' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Mathieu Pernot, 2000, s&#233;rie Le grand ensemble
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Longtemps le chantier n'a pas eu d'organisation fixe, montre Giulio Carlo Argan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giulio Carlo Argan, Projet et destin, p. 80&#034; id=&#034;nh8-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la division du travail produisant un m&#233;tier d'architecte sanctionn&#233; n'&#233;tait pas effective, comme le montre l'absence de nombreux noms de b&#226;tisseurs (Imhotep, Eudes de Metz, Erwin von Steinbach&#8230; mis &#224; part). L'architecture des XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles impliquait la collaboration de l'ensemble de l'artisanat urbain, de toutes les forces productives de la communaut&#233; autour du commanditaire. On doit la forme moderne et r&#233;fl&#233;chie de l'organisation fixe et hi&#233;rarchis&#233;e &#224; Brunelleschi, donc au XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent, une pens&#233;e du chantier est d'&#233;laboration r&#233;cente, qui ne concerne plus les &#171; douze travaux d'Hercule &#187;, mais un acte culturel global incr&#233;ment&#233; dans la division du travail capitaliste. Elle reste cependant souvent prise dans une perspective prom&#233;th&#233;enne, laquelle doit &#234;tre modifi&#233;e d&#233;sormais &#224; l'aune de l'&#233;cologie. Outre le bruit, elle retient du chantier le lien et la hi&#233;rarchie entre professions, la culture constructive produite par le chantier, avec production (ou critique) d'une &#233;chelle d'autorit&#233; entre techniciens (selon la division : promoteurs, architectes, ma&#231;ons&#8230;). Les architectes eux-m&#234;mes, par exemple, Frank Lloyd Wright, plaident pour un chantier soucieux de la mise en &#339;uvre des mat&#233;riaux, et se pr&#233;occupent de la question de la technique (le chantier et la main, puis l'outil, puis la m&#233;canique sous le r&#232;gne du capital, et la domination du num&#233;rique dans l'organisation de nos jours). &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on ne peut tomber dans l'exaltation des machines en une sorte d'ivresse futuriste sans oublier la question des accidents de chantier, et surtout les questions &#233;cologiques (sinon &#224; combiner les deux). Enfin, on peut le concevoir comme un moment provisoire d&#233;pass&#233; par un ach&#232;vement ou comme une situation permanente du monde humain. Des philosophes retiennent d'abord du chantier l'&#233;vocation d'un rapport d&#233;truire/construire, ou d&#233;faire/agencer, pla&#231;ant souvent la violence qui d&#233;chire l'existant en avant. Friedrich Nietzsche (dans &lt;i&gt;Ainsi parlait Zarathoustra&lt;/i&gt;) retient du chantier que : les destructeurs seront les cr&#233;ateurs de demain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste la dimension artistique, soit du chantier lui-m&#234;me, le (ou la vie de) chantier comme &#233;mergence possible d'&#339;uvres d'art (le chantier de la A85 et des artistes de Tours), soit de l'&#339;uvre d'art con&#231;ue comme &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt; permanente, soit du monde comme chantier &#224; jamais inachevable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vide relatif entre les constructions (les espaces et les intervalles) &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une autre approche du vide se joue dans l'interaction des volumes consid&#233;r&#233;s de l'ext&#233;rieur, ou de volumes dispos&#233;s &#224; l'int&#233;rieur d'un espace li&#233;. L&#224; joue pleinement la notion d'&#233;cart. L'&#233;cart se fait tension entre des pleins. Il entre aussi en dialectique avec le plein, dans le jeu des fa&#231;ades, dont il donne le rythme&#8230; (de la fa&#231;ade classique au travail de Xenakis &#224; l'Arbrelle, de Ren&#233;e Gailhoustet ou de Fran&#231;ois Borel). Il conteste la ville fonctionnelle entass&#233;e. Cela &#233;tant, on ne sait pas encore enti&#232;rement ce qu'il adviendra de la ville post-industrielle o&#249; la &lt;i&gt;Polis&lt;/i&gt; (la cit&#233;) n'est plus l'unit&#233; par excellence de l'espace social. Le promeneur qu'est le peintre Louis Soutter avoue : &lt;i&gt;&#171; Ce que je regarde, ce ne sont ni les escaliers, ni les toits, ni la cath&#233;drale : c'est le vide qu'il y a entre eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Louis Soutter, Arles, Actes Sud, 1987&#034; id=&#034;nh8-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou la force des liaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pose de nouveaux probl&#232;mes : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ceux de la simultan&#233;it&#233; dans l'espace (un potentiel de l'architecture : superposition ou greffe, conjugaison ou conjonction, voire &#171; pli &#187;, si l'on suit Gilles Deleuze) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ceux de la succession (l'un &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, la disjonction), que l'on parle d'architecture ou d'urbanisme, et surtout de juxtaposition ou de &#171; fronti&#232;res &#187; (s&#233;paration, murs politiques&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est question ici d'un vide efficient maintenu, d'une discontinuit&#233; qui peut &#234;tre li&#233;e dans un b&#226;timent, ou des changements d'&#233;chelle dans un seul b&#226;timent (Bauhaus), et a fortiori dans l'organisation centr&#233;e de la ville industrielle ou d&#233;centr&#233;e de la ville post-industrielle (point&#233;e par la cod&#233;pendance d'&#233;chelles diff&#233;rentes). Ce vide est toujours signifiant, actif : rapprocher, &#233;loigner, passer dessous (type arc de triomphe ou arcade &#224; la Fernand Pouillon). Il est inscrit dans l'architecture, mais aussi dans l'urbanisme : le plan d'une ville manifeste les vides dans les b&#226;timents, entre les b&#226;timents (cours, jardins) et dans les articulations d'immeubles par les rues et les places qui sont ainsi rendus disponibles aux activit&#233;s ext&#233;rieures ou aux manifestations des citoyennes et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vide relatif entre les constructions, f&#251;t-ce pour un seul b&#226;timent, se d&#233;cline donc en :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vide qui s&#233;pare des b&#226;timents &#224; vis&#233;e unique (le discontinu visuel) : ainsi va la maison Drusch &#224; Versailles (Claude Parent), vide qui articule des volumes, fait fonctionner le b&#226;timent en d&#233;calant les plans, en articulations entre des volumes ou en d&#233;sarticulation (de l'espace tendu entre plusieurs espaces, de dislocation), en produisant des embo&#238;tements, en s&#233;parant des fonctions, en op&#233;rant des tensions ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vide au milieu comme chez Dominique Perrault (Biblioth&#232;que Fran&#231;ois Mitterrand, Paris). Le vide se fait silence. Ce vide peut aussi d&#233;faire les fa&#231;ades rigides (Auguste Perret, rue Franklin, Paris, mais aussi Fran&#231;ois Borel ou, chez Adolf Loos, la fa&#231;ade de la villa Tzara &#224; Montmartre) ;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21445 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/05_-_d_perrault.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/05_-_d_perrault-3dfd3.jpg?1722000622' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dominique Perrault, Biblioth&#232;que F. Mitterrand, Paris
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais c'est aussi, l'intervalle dans la ville, les espaces publics, les lieux publics (rues, places qui s'accompagnent de rencontres et de rythmes d'existence), les liens entre b&#226;tis (les pierres de convivialit&#233;) et celui qui fait la ville : au risque d'isoler tel b&#226;timent en sculpture. Cet aspect est largement discut&#233; entre architectes et urbanistes : Le Corbusier aime la masse blanche et libre d'une villa qui se dresse solitaire dans le paysage, &#233;clatante de lumi&#232;re (inspiration du Parth&#233;non d'Ath&#232;nes) ; Robert Venturi c&#233;l&#232;bre les rues italiennes et les r&#233;adaptations permanentes ; Patrick Bouchain revient sur les interstices, terrains vagues, marges et franges ; et les citoyennes et citoyens r&#233;clament des lieux de rassemblement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vide cern&#233; et incitatif entre les murs construits &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue d'une anatomie du vide en architecture et urbanisme, il s'agit cette fois du vide &lt;i&gt;interne&lt;/i&gt; aux volumes, des espaces invent&#233;s et activ&#233;s culturellement, par cons&#233;quent d'un vide relatif (localis&#233; et qui peut &#234;tre ouvert par fen&#234;tre et porte, voire rester ouvert selon le &lt;i&gt;Keka&#239;&lt;/i&gt; japonais), y compris dans les structures gonflables. De mani&#232;re ambig&#252;e Massimiliano Fuksas y insiste : &lt;i&gt;&#171; je fais intervenir le vide dedans ou tout autour &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chaos sublime, Arl&#233;a 2017, p. 36&#034; id=&#034;nh8-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si nous r&#233;duisons l'architecture &#224; cette part d'art de l'espace construit par des murs ou des toiles, alors il est temps de p&#233;n&#233;trer &#224; l'int&#233;rieur d'un b&#226;ti, et d'y observer les pouvoirs de l'architecture, par contraintes interpos&#233;es. Un peu sur le mod&#232;le p&#226;tissier des chouquettes : un vide entour&#233; de p&#226;te&#8230;, &#224; ne pas confondre avec les coques qui renferment un noyau, et demeurent ferm&#233;es sur elles-m&#234;mes, au point que la coque ne se distingue pas du noyau, tandis que la chouquette diff&#233;rencie l'entour, l'enceinte et le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un vide int&#233;rieur dans lequel se d&#233;placent les habitantes et habitants et qui doit susciter l'imagination de l'habiter. En ce sens, l'architecture &#171; habituelle &#187;, de nos contr&#233;es, livre des espaces int&#233;rieurs &#224; am&#233;nager, dont l'un des premiers inventaires moderne et occidental est d&#251; &#224; l'historien d'art et d'architecture Siegfried Giedion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Espace, temps, architecture, Paris, Deno&#235;l, 1941 ; La m&#233;canisation au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#234;me si un Walter Benjamin a produit nombre de consid&#233;rations sur ce plan (comme de nombreux romanciers).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21446 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_-_giedion.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/06_-_giedion-cd54a.jpg?1722000622' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle &#233;dition de 1980
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En milieu de capitalisme de consommation, ce sont souvent des espaces jouant sur la peur du vide (et du regard des &#171; autres) qui entra&#238;ne la course &#224; des mod&#232;les de r&#233;f&#233;rence, la surench&#232;re d'objets (si bien d&#233;crite par Georges P&#233;rec, dans &lt;i&gt;Les choses,&lt;/i&gt; 1965). Des analyses et critiques provoquent souvent un rapprochement avec les textes de Blaise Pascal confrontant le vide &#224; l'ennui et au divertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vide fonctionne effectivement comme une coquille &#224; remplir. Ce qu'&#233;claire Franck Gehry (&#224; propos de la maison de Ron Davis) : &lt;i&gt;&#171; J'ai construit la coquille la plus belle que je pouvais et ensuite, je l'ai laiss&#233; amener ses affaires, et l'am&#233;nager &#224; sa convenance &#187;&lt;/i&gt;. Une enveloppe pour les besoins, la r&#233;alit&#233; d'une pi&#232;ce &#233;tant son espace vide, mais ni ses murs, ni son toit. Sous-entendu : &#224; chacun de requalifier les surfaces (le propri&#233;taire, le locataire, l'occupant), mais dans un vide contraint, sinon incitatif. Le probl&#232;me du mur restant &#224; ce stade entier ou non ou rarement pos&#233; en tant que tel dans une histoire du mur ou une philosophie du mur (&#224; laquelle un GWF. Hegel participerait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela &#233;tant, cette dimension interne du vide n'a cess&#233;, au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, de susciter des difficult&#233;s de compr&#233;hension, d'autant que, pour en rester &#224; eux, les Occidentaux confondent le vide et le n&#233;ant. Christian de Portzamparc fait part de son exp&#233;rience : &lt;i&gt;&#171; Quand je disais espace, on ne me comprenait pas, je voulais dire l'entre-deux, le vide. On me r&#233;pondait : &#034;Le vide, c'est angoissant ce mot&#034;. Depuis je cite Lao-Tseu : &#034;La maison ce n'est pas le mur, ce n'est pas le sol, ce n'est pas la toiture, la maison, c'est le vide dans lequel je suis&#034; &#187;&lt;/i&gt;. Il rejoint ce que Charlotte Perriand a v&#233;cu, en particulier au Japon, et r&#233;sume ainsi : &lt;i&gt;&#171; Si, pour les Occidentaux, le vide, c'est le n&#233;ant, pour les Japonais, le vide contient tout &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Le vide est tr&#232;s puissant car il peut tout contenir &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reli&#233; au probl&#232;me des go&#251;ts, du beau de et dans l'architecture, et de l'&#233;ducation esth&#233;tique (pour ne pas parler de l'&#233;ducation &#224; l'architecture et &#224; l'urbain), le vide intervient avant l'am&#233;nagement, mais peut &#234;tre entretenu en favorisant le spectacle de l'habitant(e) au centre d'une pi&#232;ce, en repoussant tout vers ou dans le mur ou les cloisons. Il pousse &#224; de nouvelles solutions d'habitat, promues par des &#171; architectes d'int&#233;rieur &#187;. Pinto Jorge Cruz le r&#233;sume abstraitement ainsi : &lt;i&gt;&#171; Le paradigme de la maison vide et me&#769;ta-fonctionnelle, allie&#769; aux principes asc&#233;tiques d'immat&#233;rialit&#233;, d'inoccupation a&#768; travers l'&#233;loge et la fluidit&#233; de l'espace et aux principes de v&#233;rit&#233; comme r&#233;v&#233;lation de clart&#233;, a&#768; partir de la lumi&#232;re et des transparences dans l'interruption des limites exprim&#233;es, tant dans les esquisses d'une g&#233;om&#233;trie essentielle &#8211; d&#233;monstrative d'une id&#233;e, traduite par l'aphorisme du presque rien qui r&#233;duit la mati&#232;re &#224; l'essence de l'espace et de la structure &#8211; que dans l'expression synth&#233;tique, d&#233;termine les principales lignes de force de la composition, qui d&#233;finiront elles-m&#234;mes ensuite les formes visibles. &#187; &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ce point, toutefois, il convient de tenir compte aussi des diff&#233;rents types de ce vide : les mod&#232;les du temple antique, de l'&#233;glise gothique, du monast&#232;re m&#233;di&#233;val, du palais de la Renaissance, de l'h&#244;tel particulier du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ou, encore, de l'appartement moderne (balzacien/haussmannien) et contemporain m&#233;ritent sous cet angle des analyses diff&#233;renci&#233;es : le vide th&#233;ocentr&#233; (les b&#226;timents habit&#233;s par les dieux, construire une bibliographie), le vide des forteresses du pouvoir examin&#233;es par Patrick Boucheron, le vide anthropocentr&#233;, le vide autor&#233;f&#233;rentiel (contemporain) que cela aboutisse &#224; des b&#226;timents habit&#233;s par les dieux ou les humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un cas singulier autorise un ajout : celui du vide con&#231;u par Daniel Libeskind pour le nouveau mus&#233;e juif de Berlin destin&#233; &#224; manifester (et faire ressentir) le vide de ce qui n'est pas visible puisque les nazis n'ont pas seulement extermin&#233; les Juifs d'Europe, mais ont an&#233;anti aussi toutes archives entre leurs mains. Ce qui est encore amplifi&#233; par le fait que &lt;i&gt;&#171; &#224; son tour, le vide se mat&#233;rialise lui-m&#234;me dans l'espace ext&#233;rieur (du mus&#233;e) comme quelque chose qui a &#233;t&#233; ruin&#233;, ou plut&#244;t comme le reste solide d'une structure ind&#233;pendante, un vide &#233;vid&#233; &#187;&lt;/i&gt; (&#233;crit Jacques Derrida, dans &lt;i&gt;Les arts de l'espace,&lt;/i&gt; Paris, La Diff&#233;rence, 2015) qui exige une participation du visiteur, dans son parcours dans une absence de sens et une absence d'artefacts. Ce vide n'est pas n'importe quel vide. C'est un vide historiquement d&#233;termin&#233; ou circonscrit. Et ce n'est pas, par exemple, le lieu ind&#233;termin&#233; o&#249; tout a lieu. Ce serait m&#234;me tr&#232;s facile de le couvrir (r&#233;ellement et en l'ignorant).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21447 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/07_-_libeskind.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/07_-_libeskind-a2f63.jpg?1722000622' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	En somme, dans une philosophie du vide, l'architecture et l'urbanisme constituent des appuis d&#233;terminants. D'une mani&#232;re ou d'une autre, en eux (l'architecture et l'urbanisme), la dimension du vide impose globalement une r&#233;flexion sur la n&#233;cessit&#233; de clore ou de ne pas clore le b&#226;ti sur lui-m&#234;me, r&#233;flexion qui renvoie toujours &#224; un parall&#232;le avec l'image que l'humain se fait de lui-m&#234;me, du monde et des relations aux autres, par cons&#233;quent &#224; des confrontations non moins n&#233;cessaires entre les cultures et les options &#233;cologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.arc.ulaval.ca/files/arc/EmilieBrin-contrepoint.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.arc.ulaval.ca/files/arc/EmilieBrin-contrepoint.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Chaos Sublime&lt;/i&gt;, Arl&#233;a, 2017, p. 66&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Une po&#233;tique des rep&#232;res, pour une architecture des rep&#232;res,&lt;/i&gt; Th&#232;se de doctorat, Paris X, Avril 2006, Nanterre, p. 5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Blondel G. (1755), &#171; Ach&#232;vement d'une des fa&#231;ades de la cour du Vieux Louvre &#187;, f&#233;vrier 1755, et gravure anonyme (1786) &lt;i&gt;L'h&#244;tel de Salm en construction&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Richelieu, Ville nouvelle,&lt;/i&gt; Paris, Dunod, 1978&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1978, Gallimard, Le Seuil, 2004, p. 17-18&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, Sorlot, 1941, p. 11&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Fabrique des villes,&lt;/i&gt; La Tour d'Aigues, L'Aube, 1992, p. 63&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Giulio Carlo Argan, &lt;i&gt;Projet et destin,&lt;/i&gt; p. 80&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in &lt;i&gt;Louis Soutter,&lt;/i&gt; Arles, Actes Sud, 1987&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Chaos sublime,&lt;/i&gt; Arl&#233;a 2017, p. 36&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Espace, temps, architecture,&lt;/i&gt; Paris, Deno&#235;l, 1941 ; &lt;i&gt;La m&#233;canisation au pouvoir,&lt;/i&gt; Paris, Deno&#235;l, 1948&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Suite et fin dans le prochain num&#233;ro de TK21 : Le vide et les corps flottants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;image d'introduction : Tom&#224;s Saraceno, Palais de Tokyo, 2018 (photo de l'auteur)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
