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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Au-del&#224; des m&#232;res</title>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/couv_retourner_le_regard_copie-01b42.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le retrait reste la qualit&#233; premi&#232;re de ce travail qui distribue les signes presque imperceptibles de changements d'&#233;poque, de temps. L'artiste nous redonne un sens auroral qui se perd de plus en plus. Sans que les choses apparaissent avec clart&#233; on vient rechercher ici, dans la retraite et son recul, une autre, plus vivace et originaire de ce que nous m&#234;mes avons connu et &#233;prouv&#233; dans nos &#233;tranges et provisoires &#233;piphanies matricielles voire marines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soustrait aux prises habituelles, en recul, priv&#233; de relief ou simplement de l'&#233;vidence allant de soi le long des jours, le paysage chez Liron est donc soumis &#224; une &#233;trange &#233;rosion et &#233;rection. La terre tend aimant&#233;e vers la m&#232;re voir la mer de celle-l&#224; et ses ou nos souvenirs une fois de plus semblent eux aussi se perdre en elle. Le paysage change mais en restant le m&#234;me. C'est (aussi) une mani&#232;re de retrouver une forme d'extase ou de ne pas la quitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, noter, dessiner, peindre, garder trace de tous ces moments o&#249; le temps est soudain suspendu deviennent un jeu d'&#233;chos &#8212; voire de conjurer la m&#233;lancolie. Preuve que le cr&#233;ateur n'est pas de ceux qui se contentent d'errer dans les paysages qui le pr&#233;c&#232;dent. Par ses toiles, photographies, sculptures et vid&#233;os, il aborde par exemple le paysage baln&#233;aire &#224; travers une exp&#233;rience commune. Qui ne se souvient pas de vacances aussi familiales que maritimes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains elles &#233;taient le signe d'une joie d&#233;bordante, pour d'autres d'une sorte d'anxi&#233;t&#233;. L'un et l'autre de ces sentiments font porter une attention particuli&#232;re au paysage d'emprunt. Mais l'auteur est sensible &#224; des &#171; pans &#187; que nous ignorions face &#224; ceux que nous fr&#233;quentons au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un d&#233;part ponctuel, le cr&#233;ateur g&#233;n&#232;re toujours un processus tr&#232;s particulier. Des &#233;l&#233;ments architecturaux font ainsi irruption dans des paysages o&#249; la v&#233;g&#233;tation veut garder le premier plan. J&#233;r&#233;my Liron peint aussi des villas rectilignes, anguleuses, mais il sait porter son regard sur des d&#233;tails qui sont autant d'intrusions, d'accidents de parcours. Tout est l&#224; mais vacille, comme affaibli, sans fermet&#233;, soudain distant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ses &#339;uvres comme dans ses textes Liron touche &#224; l'essence-m&#234;me de la critique d'art. Car en cette posture instinctive pour lui, il met en sc&#232;ne un regard qui cherche &#224; n'en plus finir, au point de parvenir &#224; une sorte d'&#233;lucidation extr&#234;me. &lt;i&gt;&#171; S'il se sert du m&#233;dium de l'&#233;criture, c'est qu'il est seul capable, comme un hydrolat, de s'impr&#233;gner d'une mati&#232;re premi&#232;re per&#231;ue et assimil&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit L&#233;a Bismuth la pr&#233;faci&#232;re du livre. Ici Liron devient le v&#233;ritable critique d'art qui retourne le regard, d&#233;passe le &#171; go&#251;t &#187; pour atteindre, une subjectivit&#233; partageable, &lt;i&gt;&#171; une forme paradoxale d'objectivit&#233; intime &#187;&lt;/i&gt; ajoute la pr&#233;faci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste l'a d'ailleurs lui m&#234;me bien compris lorsqu'il affirme : &lt;i&gt;&#171; Ne passe-t-on pas la majeure partie de son temps &#224; inventer par petites parcelles les souvenirs exacts de ce qui ne cesse continuellement de nous &#233;chapper ? &#187;&lt;/i&gt;. Le cr&#233;ateur en inventant ou en devenant critique de son travail les retient : mais de mani&#232;re distanci&#233;e, &#224; travers l'&#233;pure mais aussi par effet de vitre de son livre. Elle laisse passer la lumi&#232;re et tient lieu aussi d'&#233;cran pour un tel artiste et &#233;crivain dont le regard n'est jamais inerte. Il fonce toujours au-del&#224; de ses propres &#171; m&#232;res &#187; (primitives ou plus retard&#233;es) qui le porte vers les lointains non d'en face mais dedans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_26959 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/11-33.jpg' width=&#034;340&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#233;my Liron, &#171; Retourner le regard &#187;, L'Atelier contemporain, 2026, 424 p., 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Hauts voltages / hautes voltiges</title>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH119/arton2813-7cd00.jpg?1772367389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais ici, il ne s'agit pas de &lt;i&gt;L'Ecriture du d&#233;sastre&lt;/i&gt; de Maurice Blanchot. Les mots avancent l&#224; o&#249; &lt;i&gt;&#171; l'alfa b&#233;e &#187;&lt;/i&gt; et la syntaxe se d&#233;multiplie, sous pr&#233;texte de classements, pour d&#233;sorganiser l'apparent logos, avec gourmandise et goinfrerie, de ses ordres admis. Face &#224; la cupidit&#233; lib&#233;rale, la litt&#233;rature offre un retour d'ombre, en prouvant combien tout logos peut s'enrayer lorsque les c&#244;tes du non-sens montent mais pour le redresser.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici les &lt;i&gt;&#171; courants &#187;&lt;/i&gt; de Philippe Jaffeux ont pris la forme d'un processus s&#233;riel, r&#233;p&#233;titif et minimal ; dans ses carr&#233;s parfaits de 26 affirmations en 26 lignes, un d&#233;chiffrement de notre conscience, quitte &#224; nous donner du plomb dans l'aile. Il poursuit ainsi sa campagne de fouilles selon la potence et le ciel o&#249; il &lt;i&gt;&#171; explore l'insouciance d'une hasar&#171; t &#187; qui observe l'&#233;tude d'une ignorance &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; o&#249; ses incisions sont fines par la lame des lignes (et leur &#226;me). Elles reconstituent notre savoir o&#249; parfois des r&#233;p&#233;tions semblent se r&#233;gler sur un tel &lt;i&gt;&#171; abus &#187;&lt;/i&gt; (dit l'auteur) mais sans exc&#232;s et, sauf son respect pour, s'ajuster &#224; la mesure d'un d&#233;s&#233;quilibre juste, dans ce qui devient une sorte de br&#233;viaire dont la racine est carr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De telles aventures (si l'on peut dire) de la r&#233;flexion la plus profonde cr&#233;ent notre joie par une telle lecture puisque ses tablettes et tablatures tentent d'intercepter un chaos &lt;i&gt;&#171; impassible &#187;&lt;/i&gt;. Existent l&#224; des m&#233;t&#233;orites lan&#231;ant des pierres sur nos incertitudes gr&#226;ce &#224; de telles &lt;i&gt;&#171; v&#233;rit&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur s'arrime en son logos plus ou moins alpha b&#233;tique &#224; nous sortir de notre animalit&#233; dans son savoir &#224; flux et &#224; sens dont ici aucun n'est interdit. Bref ce que l'on n'apprend ne pas savoir permet de comprendre que la puissance des ab&#238;mes est dans le cerveau d'un tel h&#233;ros. Il est entre Ulysse et cas l'ipso dans son don et son odyss&#233;e. Et contre ceux qui la ferme, il l'ouvre dans ses joyaux et diamants dont la sophistique se divise du poulpe par la pens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouvel ouvrage devient une p&#233;pite incandescente, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la traduire en mots, pour mieux la canaliser, l'approcher, l'apprivoiser. Car la premi&#232;re &#233;motion (ou la r&#233;flexion derni&#232;re) ouvre, emporte, fige, t&#233;tanise entre invocation c&#233;leste et imminence du danger d'&#234;tre refa&#231;onn&#233;s par des affirmations parfois compliqu&#233;es pour les raisonneurs. Mais les sentences de l'auteur, elles, ne sont jamais bancales.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Existe l&#224; une forme d' &lt;i&gt;&#171; orph&#233;lisme &#187;&lt;/i&gt; d'un genre particulier, g&#233;om&#233;trique et &#171; cadr&#233;e &#187;. Jaffeux renonce aux d&#233;combres et ruines des penseurs et les d&#233;passe par un autre p&#244;le : &#224; savoir, celui des naissances et l'&#233;preuve d'accouchements de la pens&#233;e en des constellations &#233;lectives au moment o&#249; l'habitus et la norme n'ont pas encore droit de cit&#233; &#8212; et pour cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux, &lt;i&gt;Courants fous&lt;/i&gt;, &#201;ditions Les M&#233;t&#233;ores, 2026, 80 p., 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'amour alcool de mante</title>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir (ou sa confusion ), reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH124/arton2812-c8aa5.jpg?1772367389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir &#8212; ou sa confusion &#8212;, reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour elle, l'amour ne r&#233;pond de rien. Mais demande tout : &lt;i&gt;&#171; J'ai pass&#233; des semaines avec lui, les plus d&#233;cisives &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit-elle. Mais quand il est absent, l'auteure &#233;crit. C'est la maladie de la mort, maladie de la vie. C'est un but. Une course.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a plus, car chez Duras les amants sont coup&#233;s du monde et ils r&#234;vent &#8212; le mot est important &#8212; m&#234;me s'il y a loin chez eux la coupe aux l&#232;vres. Ils r&#234;vent de vivre comme le reste d'une peuplade perdue dans le temps lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bien plus encore. Car dans cet espace, les amants durassiens sont &#233;pris, d&#233;sempar&#233;s et achev&#233;s. Il leur faut &#8212; faudrait &#8212; ainsi sortir de l'histoire et de l'Histoire, afin d'atteindre un &#171; temps pur &#187; qui n'appartiendrait qu'&#224; eux. Un temps sans conscience, un temps des premiers &#234;tres. L'amour devient non seulement le philtre myst&#233;rieux qui unit et s&#233;pare mais le filtre contre la r&#233;ceptivit&#233; organis&#233;e, &#224; l'hospitalit&#233; sociale exogame, s&#233;lective, qui ne cesse de trier et ne peut accepter la passion, par nature obsessionnelle, qui d&#233;range son ordre.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais chez elle, l'amour est aussi la chair qui se manifeste. Ses h&#233;ro&#239;nes tentent de sortir du jeu d'inhibition psychique et de la stupeur sexuelle organis&#233;es. Toutefois, un tel luxe la soci&#233;t&#233; ne peut se l'offrir tant elle aime risquer de faire capoter la passion dans quelque chose de mystique que toute sexualit&#233; entrave. Mais chez Duras, m&#234;me si la cr&#233;atrice ne l'exhibe pas, la chair n'est plus un &#233;cran. Elle est au centre du dispositif romanesque.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-ci permet d'entendre ce qui n'a pas de nom, de s'approcher de soi en s'approchant de l'autre. L'&#233;treinte ouvre le refoul&#233;, &#224; savoir ce qu'on a repouss&#233; dans la solitude qu'aucun ne m&#233;rite. Et donc en cons&#233;quence ses h&#233;ro&#239;nes deviennent des menteuses &#224; force d'&#234;tre sinc&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots ne peuvent contenir la fi&#232;vre, ils la biaisent, en font (presque) un usage pervers. Comme si le langage lui-m&#234;me (parce qu'il est social) aime &#8212; ne l'aimant pas &#8212; contredire la passion.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'amour ne sera qu'un temps non partag&#233;, non v&#233;cu ensemble, si ce n'est que par bouff&#233;es d'autant plus immenses qu'elles sont &#224; la base m&#234;me r&#233;duites &#224; leur plus simple expression &#224; l'&#233;chelle du temps humain. Toutefois, en d&#233;pit de l'&#233;chec &#171; programm&#233; &#187;, les amants d&#233;couvrent que leur corps parle, peut parler une langue &#233;trang&#232;re, extraordinairement mutique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'est pas neuf, cela pourrait sembler &#171; fleur bleue &#187;. Mais l'auteure donne &#224; cet &#233;tat une dimension tragique neuve. On n'est pas &#224; V&#233;rone, mais &#224; Venise, Calcutta, Paris. Trouville enfin. Et si, &#224; mesure que la passion semble apprendre les rudiments du langage et de la peau, les mots s'effondrent en phrases spasmes ? D&#232;s lors, rien ne se cr&#233;e, tout se transforme. En culpabilit&#233; ou en omission.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence l'&#234;tre ne peut se d&#233;nuder que dans le langage. Il devient le seul recours. Mais si &#8212; et comme l'&#233;crit Pascal Quignard &lt;i&gt;&#171; Entre les jambes de la premi&#232;re femme le premier ermite montra d&#233;j&#224; son visage &#187; &lt;/i&gt; &#8212; &#224; travers son &#339;uvre, Duras nous rend plus perspicaces ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute la question du sexe hante l'&#233;criture de Marguerite dans la mesure o&#249; s'y rencontre l'inad&#233;quation fondamentale de la langue aux choses, de la femme et de l'homme. Mais pour n'&#234;tre pas le pauvre jouet du m&#226;le et comme ses h&#233;ro&#239;nes, Duras se veut magique en &#233;crivant l'amour : la raison courte d'haleine, silencieuse d&#233;pose et range son fouet par ses phrases, ses lacunes. Dans ses foudroyantes joie et douleur.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus Marguerite Duras divulgue des noces &#233;rotiques pour remettre en jeu le d&#233;sir. L'&#201;poux s'adresse &#224; elle, elle s'adresse &#224; l'amant. Ravie en esprit, ravie physiquement, souffrant le Calvaire, revivant la Passion, mourant &#224; elle le transport amoureux la p&#233;n&#232;tre comme elle fut p&#233;n&#233;tr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#233;crire, dit-elle. L'&#233;criture ne se quitte pas. C'est une maladie, une addiction, un alcoolisme. &#201;crire ce qu'on ne sait pas. Ou plus. Ou trop bien. &#201;crire ne sauve rien. &#201;crire sauve &#171; la Petite &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/11.png' width=&#034;277&#034; height=&#034;445&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Marguerite Duras, &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Amant et autres &#233;crits, &lt;br class='autobr' /&gt;
La Pl&#233;iade, &lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard 2026, 992 p. &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
64,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moires interdites</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Memoires-interdites</link>
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		<dc:date>2026-02-03T09:27:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il arrive qu'on trouve sur un banc public, sur la table d'un restaurant, sur le rebord d'une fen&#234;tre, sur le si&#232;ge arri&#232;re d'un taxi, ou dans tout autre lieu plus insolite, un livre abandonn&#233;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2801-5b827.jpg?1772186812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il arrive qu'on trouve sur un banc public, sur la table d'un restaurant, sur le rebord d'une fen&#234;tre, sur le si&#232;ge arri&#232;re d'un taxi, ou dans tout autre lieu plus insolite, un livre abandonn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut l'ignorer. On peut le prendre en main et parfois d&#233;couvrir sur la page de garde un texte manuscrit, indiquant que l'abandon &#233;tait volontaire et qu'il serait judicieux que le livre ainsi propos&#233; &#224; une nouvelle lecture soit ensuite remis en circulation. Chaque lecteur, chaque lectrice peut librement ajouter un mot, souligner une phrase ou corner une page. Le livre garde ainsi la m&#233;moire de son p&#233;riple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des enfants ont remarqu&#233; qu'il est fr&#233;quent de mettre en terre des &#234;tres chers d&#233;c&#233;d&#233;s et d'en conserver le souvenir par diff&#233;rents stratag&#232;mes. Ils ont &#233;galement constat&#233; que des graines ensevelies, &#224; la bonne profondeur dans un terreau nourricier, peuvent germer et des plantes ensuite grandir pour offrir au soleil de belles efflorescences. Ils se sont r&#233;unis en petits groupes pour organiser des c&#233;r&#233;monies clandestines d'enterrement de leurs jouets pr&#233;f&#233;r&#233;s, dans l'espoir que leurs r&#234;ves puissent un jour devenir r&#233;alit&#233;. L'&#201;tat est rapidement intervenu pour interdire le transport des jouets dans l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant constat&#233; des all&#233;es et venues suspectes ainsi que des regroupements de plus de six individus dans des lieux de m&#233;moire, l'&#201;tat a promulgu&#233; une loi prohibant toute circulation &#224; plus d'un kilom&#232;tre &#224; partir des domiciles et rappel&#233; le d&#233;cret sur l'occupation de l'espace public interdisant d'&#234;tre ici et ailleurs en m&#234;me temps. En cons&#233;quence, les forces de police charg&#233;es du maintien de l'ordre sont partout et les physiciens pr&#233;tendant que la superposition des &#171; ici &#187; et des &#171; ailleurs &#187; est une r&#233;alit&#233; quantique ont &#233;t&#233; interdits d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines rues, on voit des recluses et des reclus &#233;tendre &#224; leur fen&#234;tre des tissus de couleurs, des robes, des tuniques, des vestes ou des foulards. Ces parures sont devenues inutiles depuis l'interdiction d'acc&#233;der au-dehors qui a rendu superflu le plaisir d'&#234;tre, de rencontrer et de s&#233;duire. Ainsi la ville dansante est devenue un labyrinthe de rues vides habill&#233;es d'oripeaux, eux-m&#234;mes rapidement r&#233;prim&#233;s parce que consid&#233;r&#233;s comme subversifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les acc&#232;s aux plages sont d&#233;sormais interdits parce que la contemplation nostalgique d'un horizon a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e dangereuse pour la sant&#233; publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des bruits de r&#233;voltes peuvent habiter un monde sans m&#233;moires. De percutantes sonorit&#233;s, infimes d'abord, parce que personnelles, puis r&#233;unies en irr&#233;sistibles et tumultueuses clameurs collectives, occupent alors bruyamment l'espace public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Smaris Elaphus N&#176;03 : M&#233;moire et bruits&lt;br class='autobr' /&gt;
En librairie sur commande et en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-10 &#8207; : &#8206; 2372282204&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-13 &#8207; : &#8206; 978-2372282208&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/gif/couv-se03-pr-com-4-tk.gif' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qui tue</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Ce-qui-tue</link>
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		<dc:date>2026-02-02T10:59:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour Alain Marc, la langue est une b&#234;te respiratoire. Elle revient &#224; sa racine et elle est sa fianc&#233;e fant&#244;me. L'auteur ram&#232;ne une nouvelle fois &#224; la richesse sonore et non &#224; l'abstraction de la langue.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH139/arton2797-79338.jpg?1772187081' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='139' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ces &#171; Po&#232;mes &#224; dire et &#224; crier &#187; nous vivons dans un autre monde que r&#233;el, constamment immerg&#233;s et en essayant de surmonter notre angoisse d&#232;s que tout part : &#171; D&#233;sir de Vie ou de Mort / Qu'ai-je d&#233;cid&#233; &#224; l'Aurore de ma / VIE &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Alain Marc, la langue est une b&#234;te respiratoire. Elle revient &#224; sa racine et elle est sa fianc&#233;e fant&#244;me. L'auteur ram&#232;ne une nouvelle fois &#224; la richesse sonore et non &#224; l'abstraction de la langue. Sa pens&#233;e miroite dans une &#233;nergie o&#249; les mots ne sont pas les choses mais la pens&#233;e s'entend par l'incarnation qu'ils lui donnent. Et &#224; travers cette langue et son exp&#233;rience, Alain Marc donne l'id&#233;e que la pens&#233;e est une course de haie au sein d'une richesse phonique, sa danse et son mouvement sourd. Il continue &#224; travailler &#224; l'aveugle, sachant que l'&#233;criture en sait plus que lui au nom d'une r&#233;v&#233;lation, d'une m&#233;tamorphose, d'une transfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La chair de l'homme &#187; (pour reprendre un titre de Novarina) repr&#233;sente le trou o&#249; se d&#233;verse ou plut&#244;t se r&#233;vulse une histoire qui nous bouleverse &#224; coup de r&#233;p&#233;titions, d'ictus &#8212; chaque fragment d'un texte refl&#233;tant son ensemble en perp&#233;tuel mouvement. Tout fonctionne au nom de la variation l&#224; o&#249; la mati&#232;re redevient poussi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque mot comme chaque image n'est donc que ce qu'en disait d&#233;j&#224; Diderot lorsqu'il &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; dans mon imagination, elle n'est qu'une ombre passag&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Mais cette ombre poss&#232;de la capacit&#233; &#224; devenir un lieu, une impersonnelle et inqui&#233;tante zone du vivant l&#224; o&#249; le sens bascule. L'auteur &#233;vide les espaces sens&#233;s. Il nous d&#233;place de ses lieux d'absence o&#249; tout d&#233;sir de voir le place.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte n'est ni le propre ni le figur&#233;, ni le pur ou le r&#233;alis&#233;, mais une zone o&#249; nous perdons notre capacit&#233; de penser seulement avec lucidit&#233;. L'&#339;uvre nous permet ainsi de nous perdre et de nous retrouver, tant elle souligne le fait que, comme le signalait Giacometti, &lt;i&gt;&#171; j'ai toujours eu l'impression d'&#234;tre un personnage vague, un peu flou, mal situ&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#339;uvre reste ainsi rarissime, o&#249; le corps ne dispara&#238;t pas et o&#249; le monde des apparences est exclu. Il y a soudainement une place pour quelque chose d'autre, qui est bien plus que la figuration d'une ombre &#171; port&#233;e &#187;. Ici, les rep&#232;res s'effacent pour laisser appara&#238;tre l'humain. Nous ne sommes m&#234;me plus dans le peu de choses mais dans l'air du lieu et dans l'aire d'un jeu qui nous absorbe et nous dig&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces &#171; Po&#232;mes &#224; dire et &#224; crier &#187;, nous vivons dans un autre monde, non r&#233;el, constamment immerg&#233;s en essayant de surmonter notre angoisse d&#232;s que tout part : &lt;i&gt;&#171; D&#233;sir de Vie ou de Mort / Qu'ai-je d&#233;cid&#233; &#224; l'Aurore de ma / VIE &#187;&lt;/i&gt;. L'enfance &#233;tait pour lui une mauvaise donne. Dans ces moment-l&#224;, c'&#233;tait toujours son regard qui &lt;i&gt;&#171; s'arr&#234;tait de Vivre en Premier &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perdre la m&#233;moire permet de &lt;i&gt;&#171; ne pas / Continuer &#224; Sur Vivre / Mais bien un jour se d&#233;cider / DE VIVRE &#187;&lt;/i&gt;. C'est l&#224; devenir qui on est dans le territoire du seul. L&#224; o&#249; les po&#232;mes de Marc s'amenuisent mais en tout l'inverse d'un &#233;tiolement. A chaque espace d'un instant la r&#232;gle est : &lt;i&gt;&#171; Debout /Rester la / T&#234;te Droite &#187;&lt;/i&gt; et r&#233;parer les Bleus de l'&#226;me pour avoir &lt;i&gt;&#171; le courage de dire JE &#187;&lt;/i&gt;. Car c'est bien la premi&#232;re Victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la salle de jeu &#224; vivre est toujours l&#224;, o&#249; &lt;i&gt;&#171; m&#234;me les choses ont une M&#233;moire &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur, ici, est le t&#233;moin aujourd'hui sans objet d'un pass&#233; que l'on n'oublie jamais l&#224; o&#249; la soci&#233;t&#233; exclut les fous. Et ce parce que personne ne supporte et &lt;i&gt;&#171; a peur pour lui-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt; de r&#233;aliser qui nous sommes, dans la soci&#233;t&#233; des animaux, m&#234;me quand le jugement s'an&#233;antit. C'est l&#224; alors que l'on se trouve au bord de la mort mais au d&#233;bordement de l'existence.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23086 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/alain_marc_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/alain_marc_couv.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;615&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Alain Marc, &#171; le Choix de la folie, le Grand cycle de la vie ou l'odyss&#233;e humaine #2 &#187;, Co&#233;ditions Douro et Z4 Editions, 2026, 164 p., 15 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#339;ufs durent</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Les-oeufs-durent</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l'existence. C'est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D'o&#249; ce continent f&#233;erique face au noir qui &#233;treint. Le tout-en-un souci de clart&#233; pour exprimer ici une col&#232;re noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui d&#233;passe toujours bien des seuils essentiels fait de la col&#232;re &#224; la fois un seuil.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH137/arton2777-24234.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l'existence. C'est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D'o&#249; ce continent f&#233;erique face au noir qui &#233;treint. Le tout-en-un souci de clart&#233; pour exprimer ici une col&#232;re noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui d&#233;passe toujours bien des seuils essentiels fait de la col&#232;re &#224; la fois un seuil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son essence provient de l'enfance o&#249; tout part, tout revient mais o&#249; la vie d'adulte s'exerce &#224; un apprentissage de la distance. Mais si la col&#232;re reste la musique de ses aubes, en naissent de volutes noy&#233;es loin d'un laiteux effet-m&#232;re que Juliette Brevilliero &#8212; &#224; moiti&#233; qui elle est et qui elle fut &#8212; ne se contente pas d'errer mais trouve par ses po&#232;mes (plus que des pare-fum&#233;e) existence et sa v&#233;rit&#233; loin de l'insouciance, du calme et de la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autant que l'&#339;uvre de Juliette Brevilliero renverse les principes trop placides de la po&#233;sie souvent riv&#233;e au culte de l'occident. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour une telle auteure, trouver le chemin de l'esp&#233;rance et de la d&#233;sesp&#233;rance, &#233;crire est une affaire complexe, exp&#233;rimentale, &#233;volutive. Et dans ce livre, le sourire au monde n'est pas simple mais &#8212; paradoxalement &#8212; l'onde de la col&#232;re est une gr&#226;ce. Son irruption fait parfois qu'on ne sait que penser. Mais, avec le temps, une telle femme est r&#233;gulatrice en passant du chemin des hommes et des femmes avec parfois une once de gaiet&#233;, m&#234;me si &#224; qui elle s'adresse, re&#231;ut la nostalgie en h&#233;ritage. Pour le meilleur et pour le pire.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pleuvent ici des souvenirs f&#234;l&#233;s sur ce livre de chair, d'&#226;me et de papier l&#224; o&#249; les ponts de Paris ne suffisent pas pour celle dont son errance et son enqu&#234;te fil&#233;e se h&#226;te vers elle mais qui par ses allit&#233;rations, sa pulsion &#233;crit des textes tr&#232;s noirs sur page blanche mais pour &#8212; inconsciemment peut-&#234;tre &#8212; renverser la donne.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici ses po&#232;mes s'imbriquent, se t&#233;lescopent, se d&#233;coupent, se malaxent, dans une chirurgie de l'existence. Preuve que sa po&#233;sie reste bien au-del&#224; de la d&#233;su&#233;tude et ses pr&#233;suppos&#233;s. Elle incarne la col&#232;re qui pourrait gueuler vers un possible appel &#224; la libert&#233; d'&#234;tre parmi des al&#233;as existentiels. De la vie, le ciel se fait &#226;pre car elle reste farouchement d&#233;faite mais ici en fa&#231;on d'&#233;veiller, au sein d'une &#233;pop&#233;e, l'auteure cavale et se d&#233;cha&#238;ne en de tels po&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Se retrouvent col&#232;re, n&#233;gociation, pulsions en un tel assemblage de vers et de proses po&#233;tiques jusqu'&#224; un &#171; insens&#233; mirage &#187; face &#224; la r&#233;alit&#233;. De fait existe une sorte d'Odyss&#233;e face &#224; des espaces satur&#233;s, l&#224; o&#249; les mots ne sont pas que des baumes ou des cataplasmes mais des accouchements progressifs face &#224; ce qui fut et ce qui arrive. Mais dans un tel cas les &#339;ufs durent.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste chez Juliette Brevilliero une ivresse du langage. Elle en n'est pas m&#233;galomaniaque mais reste juste face &#224; tout ce qui la et nous matraque. Elle se d&#233;robe &#224; la nuit et devient pour nous une guide. Louons donc sa sorte d'avidit&#233; scripturale par laquelle elle nous secourt au sein d'une spectaculaire alt&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes la col&#232;re est gla&#231;ante, parfois sans queue ni t&#234;te ou mouroir aux alouettes. Mais l'auteure poursuit son &#171; pas au-del&#224; &#187; cher &#224; Blanchot o&#249; parfois se touche le fond. Car la col&#232;re enfantine fait toucher un n&#233;ant sans fond, mais ici elle devient bien arm&#233;e (comme Mallarm&#233;) contre la r&#233;alit&#233; mais pour la v&#233;rit&#233;. P&#233;n&#233;tr&#233;e parfois de la sagesse de l'Inde, l'auteure se d&#233;gage de la rage des chiens en des sortes de valses d&#233;licates qui frisent parfois l'insouciance.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La verve de la cr&#233;atrice permet que la pens&#233;e par de tels mots provoque l'inconscient. C'est une mani&#232;re de faire fuser ce qui normalement et ailleurs se refuse tant l'infusion demeure nocturne. Et dans ses scansions (en partie de ses textes de prose po&#233;tiques) le noir de nuit perdure mais l'aube supplie de d&#233;gager les couleurs pass&#233;es et de s'&#233;treindre d'elle-m&#234;me loin de la nostalgie.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De chair et de chant, un tel livre devient une fontaine &#171; ub&#233;rale &#187; l&#224; o&#249; l'ineffable a bien des choses &#224; dire et &#224; monter. De plus l'auteure en transforme leurs paradoxes en explorant sa face cach&#233;e &#8212; &#226;me comprise. Sa col&#232;re est une facette avec laquelle il faut n&#233;gocier mais en devenant dupe de rien, &lt;i&gt;&#171; entre onirisme, r&#233;alit&#233; et surr&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt; comme l'auteure &#233;crivait lors d'une de ses interviews. Un tel &#171; &#233;tat des lieux &#187; fait grincer avec une sensorialit&#233; musicale et intelligente des promesses d'enchantements. Mais seront-elles toujours tenues ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_22988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/colere-juliette-brevilliero_livre.jpg' width=&#034;402&#034; height=&#034;640&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Juliette Brevilliero &#171; Col&#232;re &#187;, coll. Po&#233;sie, &#201;ditions Ma&#239;a, 2025, 124 p., 20,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Peinture avec le Cin&#233;ma</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-Peinture-avec-le-Cinema</link>
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		<dc:date>2025-11-30T18:16:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Gast</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>photographie conceptuelle</dc:subject>
		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Bernard Gast est artiste peintre et po&#232;te. Il est &#233;galement psychanalyste et philosophe. L'ouvrage d'Annette Michelson sur son &#339;uvre qui se d&#233;finit comme la &#171; Peinture avec le Cin&#233;ma &#187;, vient d'&#234;tre &#233;dit&#233;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2773-cceca.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bernard Gast est artiste peintre et po&#232;te. Il est &#233;galement psychanalyste et philosophe. L'ouvrage d'Annette Michelson sur son &#339;uvre qui se d&#233;finit comme la &#171; Peinture avec le Cin&#233;ma &#187;, vient d'&#234;tre &#233;dit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22962 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image9bis_gast_lhomme_silencieux.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH363/image9bis_gast_lhomme_silencieux-f8f5f.jpg?1763889916' width='500' height='363' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;I Gallery Editions propose &#8211; dans sa COLLECTION ART &#8211; un ouvrage d'Annette Michelson &#171; La Peinture avec le Cin&#233;ma de Bernard Gast &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annette Michelson &#8211; Painting with Cinema by Bernard Gast &#8211; I Gallery editions&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier tome expose des &#171; Peintures &#187; &#8211; des variations en abstraction &#8211; qui sugg&#232;rent judicieusement sa &#171; Peinture &#187; et l'un des concepts majeurs invent&#233;s par Bernard : &lt;i&gt;&#171; Peindre avec le film 35 mm du Cin&#233;ma ! &#187;&lt;/i&gt;. Les tomes &#224; venir pr&#233;senteront d'autres aspects de sa cr&#233;ation avec la pellicule film (figuration, hommages, noir et blanc, insolites, etc.), mais &#233;galement ses dessins qu'il r&#233;alise sous le pseudonyme de Peter KOL&#233;OM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1990, cet artiste r&#233;fl&#233;chit en effet &#224; l'impens&#233; de l'art qu'il a cr&#233;&#233; et mod&#232;le plusieurs concepts pour le nommer : &#171; Galerie Intime &#187; ; &#171; Photographe sans appareil photo &#187; ; &#171; Matrice &#187; ; &#171; Peinture sans Peinture &#187; ; &#171; Tout &#231;a, c'est du Cin&#233;ma ! &#187; ; &#171; Meta-Photographie &#187; ; &#171; Beyond Painting &#187; ; &#171; Meta-Peinture &#187; ; &#171; Pellicule-Peau du Cin&#233;ma du monde &#187; ; &#171; Cine Painting &#187;, invention collaborative avec Annette Michelson, sp&#233;cialiste du Cin&#233;ma et de l'art contemporain. Mais Bernard pr&#233;f&#232;re les concepts : &#171; Peindre avec le Cin&#233;ma ou l'Esprit de la Peinture &#187; ; sans oublier qu'ils sont &#224; l'origine d'une parole inspir&#233;e du conservateur Olivier Michelon (&lt;i&gt;&#171; ton &#339;uvre est bien plus picturale qu'une peinture &#187;&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Michelon &#8211; Conservateur en chef de la fondation Vuitton&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui lance la r&#233;flexion esth&#233;tique de Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces concepts et &#171; Peintures &#187; ont ensuite fait l'objet de parutions qui sont aujourd'hui largement &#233;puis&#233;es, en fran&#231;ais comme en anglais : &#171; Peindre avec les films du Cin&#233;ma &#187; ; &#171; Paintless-Painting &#187; ; &#171; Picturing life with movie stills &#187;&#8230; I Gallery Editions les r&#233;&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Annette d&#233;couvre les &#171; Matrices &#187; de Bernard, fabriqu&#233;es avec des bouts de films 35 mm, l'historienne d'art est charm&#233;e par ces nouveaux objets, inconnus, bricol&#233;s, po&#233;tiques. Mais &#233;galement par l'ensemble de l'&#339;uvre puisqu'une &#171; Peinture avec le Cin&#233;ma &#187; est compl&#232;te avec sa &#171; Matrice &#187;, le titre et son po&#232;me &#233;crit par l'artiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image7bis_gast_my_love_for_you.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH621/image7bis_gast_my_love_for_you-e445b.jpg?1772187470' width='500' height='621' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le livre a conserv&#233; la retranscription des entretiens qui se sont d&#233;roul&#233;s entre Annette Michelson, le critique d'art canadien Don McCallum et Bernard dans son atelier parisien. Annette s'int&#233;resse d'habitude au mouvement dans le film exp&#233;rimental, mais ici le dialogue avec Bernard &#233;claire l'&#339;uvre et la pens&#233;e de l'artiste sous l'angle du Cin&#233;ma rendu pictural pour &#233;voquer sa &#171; Peinture &#187;. Lorsque s'&#233;tablissent ces rencontres avec les deux critiques, Bernard vient de th&#233;oriser &#171; Tout &#231;a, c'est du Cin&#233;ma &#187; et commence &#224; r&#233;guli&#232;rement nommer sa pratique &#171; Peinture avec le Cin&#233;ma &#187;. Mais il a surtout d&#233;j&#224; r&#233;dig&#233; le &#171; Manifeste de la Galerie Intime &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22959 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L480xH486/image_12_gastb_petit_cercle_2004_-83c97.jpg?1763889916' width='480' height='486' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, la gen&#232;se de sa &#171; Galerie Intime &#187; est expliqu&#233;e. &#171; Galerie Intime &#187; est en effet un concept esth&#233;tique n&#233; de la r&#233;v&#233;lation d'un secret de famille dont la lev&#233;e op&#232;re une influence d&#233;cisive sur la cr&#233;ation de Bernard Gast. Elle est essentiellement li&#233;e &#224; un document familial &#8212; en cours de d&#233;p&#244;t &#224; la BNF &#8212; par lequel Bernard apprend le nom de son p&#232;re. Et quel nom ! Puisque ce p&#232;re est un sociologue influent de la soci&#233;t&#233; contemporaine. Or dans ce livre, il assume &#8212; 23 ans plus tard &#8212; de r&#233;v&#233;ler enfin ce nom. L'artiste consid&#232;re cette archive comme l'acte fondateur et la premi&#232;re &#339;uvre qu'il a cr&#233;&#233;e pour la &lt;i&gt;Galerie Intime !&lt;/i&gt; I Gallery Editions saisit donc cette occasion pour r&#233;&#233;diter le &#171; Manifeste de Galerie Intime &#187;. Annette aura le dernier mot : &lt;i&gt;&#171; L'&#339;uvre de Bernard Gast est enti&#232;rement issue de films et r&#233;alis&#233;e avec des pellicules 35 mm. Un nouveau concept esth&#233;tique est n&#233; : &#8220;Peindre avec le Cin&#233;ma&#8220; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22958 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L480xH569/image_01_2002_gast_lamatrice_recadrons_la_de_route-4a5c9.jpg?1763889916' width='480' height='569' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.bernardgast.com" class="spip_out"&gt;www.bernardgast.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Peinture-avec-Cin%C3%A9ma-Bernard-Gast/dp/295856424X/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;crid=2XGYHK92PQKKD&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.a1fw6Y6QjM5T7mgVwEqJj6vYdfx6mdB4ovBcuLkg-W4.J5oYLpQT62-eZHT-Le5yWBhpb7IHc17hfnJH7tldV50&amp;dib_tag=se&amp;keywords=La+Peinture+avec+le+Cin%C3%A9ma+de+Bernard+Gast+de+Ann+Michalson&amp;qid=1744223795&amp;sprefix=la+peinture+avec+le+cin%C3%A9ma+de+bernard+gast+de+ann+michalson,aps,56&amp;sr=8-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Annette Michelson &#8211; Painting with Cinema by Bernard Gast &#8211; I Gallery editions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://koleom.jimdofree.com/dessins/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://koleom.jimdofree.com/dessins/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Olivier Michelon &#8211; Conservateur en chef de la fondation Vuitton&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Peinture-avec-Cin%C3%A9ma-Bernard-Gast/dp/295856424X/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;crid=2XGYHK92PQKKD&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.a1fw6Y6QjM5T7mgVwEqJj6vYdfx6mdB4ovBcuLkg-W4.J5oYLpQT62-eZHT-Le5yWBhpb7IHc17hfnJH7tldV50&amp;dib_tag=se&amp;keywords=La+Peinture+avec+le+Cin%C3%A9ma+de+Bernard+Gast+de+Ann+Michalson&amp;qid=1744223795&amp;sprefix=la+peinture+avec+le+cin%C3%A9ma+de+bernard+gast+de+ann+michalson,aps,56&amp;sr=8-1&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_2025_actualite_fr_en_tome_1_annette_michelson_4_et_1_couv.jpg' width=&#034;483&#034; height=&#034;708&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Peinture avec le Cin&#233;ma de Bernard Gast &#187;, par Annette Michelson, I Gallery Editions, (tome 1), 2023. 19,99 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Commandes &#233;diteur : igalleryeditions@free.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
Commandes avec tirage(s) de t&#234;te : galerie.intime@free.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Peinture-avec-Cin%C3%A9ma-Bernard-Gast/dp/295856424X/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;crid=2XGYHK92PQKKD&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.a1fw6Y6QjM5T7mgVwEqJj6vYdfx6mdB4ovBcuLkg-W4.J5oYLpQT62-eZHT-Le5yWBhpb7IHc17hfnJH7tldV50&amp;dib_tag=se&amp;keywords=La+Peinture+avec+le+Cin%C3%A9ma+de+Bernard+Gast+de+Ann+Michalson&amp;qid=1744223795&amp;sprefix=la+peinture+avec+le+cin%C3%A9ma+de+bernard+gast+de+ann+michalson,aps,56&amp;sr=8-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trouver en ligne : &lt;u&gt;ici&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/igalleryeditions/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.instagram.com/igalleryeditions/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@galerieintime7113&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/@galerieintime7113&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/bernardgast/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.instagram.com/bernardgast/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>N'avoir qu'une ride et s'asseoir dessus</title>
		<link>https://www.tk-21.com/N-avoir-qu-une-ride-et-s-asseoir</link>
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		<dc:date>2025-11-30T16:45:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le roman de Laura Vazquez cr&#233;e un alignement non seulement de phrases, mais d'impressions de choc. Apr&#232;s &#171; La semaine perp&#233;tuelle &#187;, la narratrice (semblable et s&#339;ur de ce nouveau roman) va droit dedans face au n&#233;ant qui guette. Elle n'est pas souvent de bonne humeur mais peut &#233;crire dans son appartement ou dans un bar vide pr&#233;f&#233;r&#233;. Elle ne veut pas savoir ce qu'elle a fait mais se sent sombre, veut dispara&#238;tre du temps et &#233;prouve de la naus&#233;e. Mais (via cette voix) la romanci&#232;re est aussi po&#232;te qui au sein de son haut-le-c&#339;ur sait mettre le bordel m&#234;me si au nom de l'&#233;criture elle semble conna&#238;tre la maladie de la mort (tr&#232;s, tr&#232;s largement partag&#233;e).&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH112/arton2766-0b49d.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le roman de Laura Vazquez cr&#233;e un alignement non seulement de phrases, mais d'impressions de choc. Apr&#232;s &#171; La semaine perp&#233;tuelle &#187;, la narratrice (semblable et s&#339;ur de ce nouveau roman) va droit dedans face au n&#233;ant qui guette. Elle n'est pas souvent de bonne humeur mais peut &#233;crire dans son appartement ou dans un bar vide pr&#233;f&#233;r&#233;. Elle ne veut pas savoir ce qu'elle a fait mais se sent sombre, veut dispara&#238;tre du temps et &#233;prouve de la naus&#233;e. Mais, via cette voix, la romanci&#232;re est aussi po&#232;te qui au sein de son haut-le-c&#339;ur sait mettre le bordel m&#234;me si au nom de l'&#233;criture elle semble conna&#238;tre la maladie de la mort &#8212; tr&#232;s, tr&#232;s largement partag&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vazquez_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/vazquez_2-b7fbe.jpg?1763461871' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au besoin, elle s'oppose &#224; tous ses textes, feint de les renier, de les abjurer. Mais &#224; d&#233;faut de rester po&#233;tesse, il faut que la romanci&#232;re vive. Et de plus : elle s'acharne. C'est une nouvelle version de Pierre Guyotat ou Fernando Pessoa et bien plus que Thomas Bernhard. Que je cite en exergue, qui me donne l'&#233;lan. Elle semble avancer parfois sans liaison, voire &lt;i&gt;&#171; sans conjuguer parfois les verbes, sans concentrer &#187;&lt;/i&gt;, mais ne nous trompons pas. Gr&#226;ce &#224; elle, &lt;i&gt;&#171; le beau est toujours bizarre &#187; &lt;/i&gt; (Baudelaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans un tel roman, c'est quelque chose de bizarre, faire quelque chose de bizarre. Qui risque de se passer. Elle se gratte la t&#234;te pendant bien plus de 20 ans. Mais c'est personnel ; elle pense que lorsqu'elle &#233;crit, elle ne le fait pas, ne s'arroge pas de fonction. N&#233;anmoins, parfois, elle &#233;crit couch&#233;e pour mesurer la place qu'elle prend l&#224; o&#249; nous sommes, vers la fin de la civilisation, du monde et de tout le monde. Comme Beckett, elle sait que Malone meurt. Molloy idem. Et comme Godot, Laura Vazquez n'encourage pas la reproduction, &#233;crit peu (enfin presque) et n'a pas envie de perdre tout le temps. Se dit tricheuse puisqu'elle s'est livr&#233;e &#224; la parole quand elle aurait d&#251;, ou qu'il aurait fallu, se taire. Mais ce n'est pas de sa faute : juste de sa main. Mais un tel roman est plus que m&#233;rit&#233; ! Il d&#233;coupe parfois ses bords. Porte les valises de quelqu'un qui n'existe plus ; Miley Cyrus y appara&#238;t en r&#234;ve ou en r&#233;clame publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, sa narratrice est 100% d'accord avec certains de ses sentiments (tous se composent &#224; 99, 99% d'eau de source inconnue). Une telle h&#233;ro&#239;ne se dit dans ses carr&#233;s de tours, un quart vivante, un quart morte, un quart robot, un quart rien &#8212; histoire d'affirmer que la r&#233;alit&#233; n'existe pas. Mais c'est pourquoi elle se met &#224; &#233;crire. Tous les jours (Ah traitresse !). Rectangle du papier ou de l'ordi portable qu'importe. Et toujours en esp&#233;rant que les prolongements de ses romans perdent tout le monde. Ils deviennent des n&#233;o-Eccl&#233;siastiques (probablement des canailles) qui sourient et effraient. Et qu'importe si ses propres souvenirs se font vieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, l'essentiel de Laura Vazquez, c'est faire des livres (et sans doute, bien s&#251;r, l'amour). Son h&#233;ro&#239;ne aussi. Elle dit &#224; propos de son auteure, qu'elle &#233;crit toujours la m&#234;me chose. Ce qui n'est pas faux, mais il faut en mettre une couche ; car une h&#233;ro&#239;ne-narratrice ajoute du neuf ou donne des armes contre son auteure. Si bien que celle-ci songe d&#233;j&#224; &#224; produire sur elle un rapport vengeur !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un tel roman vaut la peine d'&#234;tre mal v&#233;cu. Des vrilles d&#233;passent (car vu ses textes anciens, il a beaucoup grandi). C'est un ab&#238;me de foule, un trou noir d'o&#249; l'on ne peut plus sortir, mais on y trouve beaucoup d'arbres, des foules, des avenues, un peu d'oxyg&#232;ne pour les nouveaux gratte-ciels aux normes antisismiques. Et parfois encore quelques autoroutes &#224; deux &#233;tages pour admirer l'oc&#233;an des banlieues et, avec un peu de chance, l'horizon du Mont-Blanc jamais d&#233;gag&#233; de la pollution. Les d&#233;g&#226;ts progressent, parfois m&#234;me deviennent des r&#233;seaux. Bref, c'est le dictionnaire du pr&#233;sent et surtout sa descente. Mais &#224; sa mani&#232;re, la narratrice nous dit : &lt;i&gt;&#171; Tr&#232;s chers amis, quel plaisir ! &#187;&lt;/i&gt; tant il reste &#224; Laura du souffle dans toutes ses dimensions et gr&#226;ce aux clefs qu'elle nous offre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lara Vazquez, &lt;i&gt;&#171; Les Forces &#187;&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Sous Sol, 2025, 304 p., 22,50 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/les_forces_-_vazquez_laura.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/les_forces_-_vazquez_laura.jpg' width=&#034;546&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#339;uvre au noir et au roi</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-oeuvre-au-noir-et-au-roi</link>
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		<dc:date>2025-11-30T16:44:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En poussant un peu plus loin, &#171; Tweet n&#176;1 &#187; peut se pr&#233;senter comme un &#171; film tourn&#233; tout entier en studio avec des d&#233;cors film&#233;s de paysages sous la neige projet&#233;s derri&#232;re ou tournant sur un &#171; cyclorama &#187; et un gros plan fixe sur la Princesse X de Brancusi fich&#233;e sur un socle tournant est-ce la figuration de Marie Bonaparte ou un phallus &#187; &#233;crit Guillaume Basquin. Abuse-t-il d'un surplus de sexuel ? Non, car il poss&#232;de bien mieux &#224; faire dans un tel concassage po&#233;tique abasourdissant.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2768-910f7.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En poussant un peu plus loin, &#171; Tweet n&#176;1 &#187; peut se pr&#233;senter &#171; comme un film tourn&#233; tout entier en studio avec des d&#233;cors film&#233;s de paysages sous la neige projet&#233;s derri&#232;re, ou tournant sur un &#034;cyclorama&#034; et un gros plan fixe sur la Princesse X de Brancusi fich&#233;e sur un socle tournant est-ce la figuration de Marie Bonaparte ou un phallus &#187;, &#233;crit Guillaume Basquin. Abuse-t-il d'un surplus de sexuel ? Non, car il poss&#232;de bien mieux &#224; faire dans un tel concassage po&#233;tique abasourdissant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Po&#232;te, litt&#233;rateur, d&#233;miurge, l'auteur caresse un scandale litt&#233;raire et nous y sommes (sous X ?) bien. Jaillit la lutte interne des multiples impossibilit&#233;s o&#249; se d&#233;bat le &#171; roman &#187;. Il devient le sujet m&#234;me du livre, m&#234;me s'il semble se toucher en un immense tweet.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouveau genre (ob&#232;se plus que jamais) accorde au r&#233;el son recommencement puisqu'ici, sous les yeux de l'auteur, il vacille. Et, cerise sur le g&#226;teau, la philosophie n'a pas besoin de maillots d'&#233;quipes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument imperm&#233;able &#224; toute id&#233;ologie et &#224; toute certitude et immuable &#224; la fois catholique et gnostique et leurs &#171; m&#233;taphore spermatique &#187; rien ne vaut qu'une telle audace d'un pur scripteur dont l'importance n'est pas d'&#234;tre, mais de devenir en d&#233;sordre tout en amenant la parole &#224; la parole de la toute puissance face &#224; celui &lt;i&gt;&#171; du Cr&#233;ateur &amp; ces malheureux penchants qui vous ont &#233;gar&#233; et dont vous ne voyez pas qu'ils ne sont que des effets de cette nature corrompue &amp; criminelle &#187;&lt;/i&gt;. En lieu et place tout complotisme est de mise.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un tel livre dans son fleuve m&#232;ne moins vers un d&#233;bordement cataclysmique qu'&#224; une sortie de crise. Une prose pourrait &#233;touffer dans sa masse mais de fait, elle organise une gen&#232;se respiratoire. Nous pouvons juger Basquin climato-sceptique, eu &#233;gard &#224; la litt&#233;rature. Mais ce qui est s&#251;r reste le d&#233;boitement de toute orthodoxie. &#192; sa mani&#232;re, loin du Bing-Bang comme du livre d'Emmanuel Leroy Ladurie, Basquin est un Viking de la litt&#233;rature pour mener mots de vie &#224; la &lt;i&gt;comment peux-aller la terre&lt;/i&gt;. Greenland ou d&#233;sert ? Le rouge est mis.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En h&#233;ritage du &#171; Paradis &#187; de Sollers (son plus beau livre) Guillaume Basquin fait donc &#233;clater le discours litt&#233;raire dans un corpus compact ignorant, points, virgules, etc. S'y joue le jeu du monde &#171; dans le ciel de la d&#233;mesure &#224; partir du lieu premier : &lt;i&gt;&#171; au commencement n'&#233;tait ni le Verbe ni l'image, au commencement &#233;tait le tweet &amp; Dieu vit que c'&#233;tait bon, le x &#233;tait partout cui-cui &amp; m&#234;me si le petit oiseau bleu s'&#233;tait envol&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Exit le cogito de Descartes et autres piliers desdites sagesses.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Le livre est fondu au noir aussi paradoxal qu'il puisse para&#238;tre. Comme Dante, Basquin n'&#233;tait pas un po&#232;te de l'imagination mais des rapports entre les choses. Le tout dans un effort carnavalesque pour d&#233;chiffrer la r&#233;alit&#233;, l&#224; o&#249; une telle &#339;uvre n'est plus d&#233;tach&#233;e de l'existence. Guillaume Basquin marche et pi&#233;tine sur la vie, j'ai successivement march&#233; sur les plates bandes de cr&#233;ateurs et y rencontre au besoin phallus et Comtesse X donc sous X comme un film du m&#234;me nom. De ses compatriotes de bien des temps l'auteur poursuit ce que certains estimeraient (&#224; tort) un d&#233;lire verbal et physique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Affirmant continuer la guerre par d'autres moyens, son &#171; texte-limite &#187; accueille &lt;i&gt;&#171; tous les mots en x bizarres comme par exemple, x&#233;narque, qui &#233;tait le commandant d'une x&#233;nagie, soit d'une phalange de mercenaires &#233;trangers dans l'Antiquit&#233; grecque &#187;&lt;/i&gt;. Lui-m&#234;me en est un pour dire le monde anormal et concentr&#233; en tr&#232;s peu de mains.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici en quelque sorte un livre phalange et machine, fourmillant, riche, obtus, plus ou moins affirm&#233; (en habile cr&#233;ateur) &#171; sous x &#187; qui semble s'&#233;crire tout comme les bandes de cellulo&#239;d de film qui se d&#233;videraient comme des bandelettes Velpeau.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous symbole de t&#233;l&#233;scripteur, le livre accumule les folies d'un verbe libre qui rappelle &#171; Paradis &#187; (d&#233;j&#224; cit&#233;) et &#171; T&#233;lex n&#176;1 &#187; de Jean-Jacques Schuhl. Ici tout se pr&#234;te &#224; croire, &#224; prolif&#233;rer et &lt;i&gt;&#171; envahit la t&#234;te pour devenir teXte &#187; &lt;/i&gt; qui au besoin pour parfois pratiquer biffes et chiasmes optiques pour renverser le monde per&#231;u. Rien de plus puissant qu'un tel livre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Guillaume Basquin, &#171; Tweet n&#176;1 &#187;, Tinbad, Paris, 2025, 116 p., 16 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/guillaume_basquin_tweet.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/guillaume_basquin_tweet.jpg' width=&#034;547&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chants &#224; m&#232;res</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Chants-a-meres</link>
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		<dc:date>2025-07-27T15:39:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De sa maison de l'&#234;tre, Anne Barbusse la croyait morte. Elle mourait en elle qui succombait de la savoir hant&#233;e. D&#233;sormais, elle d&#233;plie son secret par d&#233;bo&#238;tement de sornettes. C'est comme si dans ce livre elle arrive au point d'eau o&#249; s'abreuvent les hippopotames. Elle se juche sur un des dos, et face au danger, elle ouvre une ombrelle.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH128/arton2720-95799.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='128' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De sa maison de l'&#234;tre, Anne Barbusse la croyait morte. Elle mourait en elle qui succombait de la savoir hant&#233;e. D&#233;sormais, elle d&#233;plie son secret par d&#233;bo&#238;tement de sornettes. C'est comme si dans ce livre elle arrive au point d'eau o&#249; s'abreuvent les hippopotames. Elle se juche sur un des dos, et face au danger, elle ouvre une ombrelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle d&#233;crit un cirque de p&#233;tales m&#234;me si bien des lunaisons ont fait attendre sa l&#233;gende sur la piste de ses souvenirs. Peu &#224; peu, ici, elle va y entrer par la grande porte. Mais c'est moins une arriv&#233;e qu'un passage. Un corps de lumi&#232;re va s'offrir d&#233;sormais m&#234;me si d'autres &#224; sa place auraient perdu le fil ou pris la poudre d'escampette et estimaient ne jamais arriver pas &#224; la cheville. Mais ils ne se trompaient pas, et elle est devenue plus que m&#232;re de vinaigre ou femme de lune. Elle comprend que tout s'inverse, que la mer est douce et faible et Anne Barbusse dicte &#224; la courbe de l'horizon et son parcours au sein de ces m&#233;tamorphoses, m&#234;me si d'abord le c&#339;ur est un chaudron de solitude.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, m&#233;fions-nous du titre de livre d'Anne Barbusse. Et eu &#233;gard sa table des mati&#232;res en quatre chapitres : &#171; Le psychiatre parle, Le dernier jugement, Dans les villes de province, L'automne de la m&#232;re &#187;, se d&#233;roule d'un m&#234;me tonneau une histoire d'une m&#232;re, d'un fils, d'une famille, mais surtout un long et envoutant po&#232;me sur la douleur et les souffrances dans divers lieux de Gr&#232;ce ou de la province fran&#231;aise tandis que et par exemple un &lt;i&gt;&#171; vieux voisin ramasse les feuilles tomb&#233;es / avant de mourir et que le village mugit son silence &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la narratrice, elle ressemble avec &#233;motion aux femmes qui vivent toutes seules dans leurs maisons. Elle essaie d'avoir la triste volont&#233; du jour, mais pas besoin d'aller au bout du monde : partout il y a des arbres o&#249; pendent des nostalgies en fleur. Quant aux rivi&#232;res par d&#233;finition, elles sont violentes, surtout apr&#232;s les pluies d'automne ou du printemps, pendant la fonte des neiges.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, qu'importent les lieux car dans leur ventre sourd s'entendent les moteurs des voitures souveraines mais surtout des hommes qui souffrent face au pourrissement des vignes. Mais il en est ainsi en la solitude des m&#232;res. Dans ce livre, le lyrisme parfois effroyable danse sur les plis du vent, parfois il se r&#234;ve de la mer abolie, d'objets inanim&#233;s sur une terrasse d'&#233;t&#233;, &lt;i&gt;&#171; de la saveur de la past&#232;que &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici la douleur n'a pas pour elle un seul ami dans la r&#233;gion. Mais Anne Barbusse tente de la repeindre de blanc m&#234;me si chez sa narratrice &lt;i&gt;&#171; mon ventre porte cicatrice sur cicatrice un soir / il me fait &#233;couter la Chanson des vieux amants de Brel / et je pleure toute la nuit pour garder un enfant &#187;&lt;/i&gt;. Vogue ainsi l'histoire o&#249; des femmes se prostituent &lt;i&gt;&#171; &#224; la modernit&#233; visible via l'ordinateur &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La vie t&#226;che de tenir debout dans un village de campagne, ici ou ailleurs. Elle vit &lt;i&gt;&#171; trop de cris qu'elle soit son tombeau &#187;&lt;/i&gt;. Parfois se perd l'envie du matin et ses jambes ne portent plus le poids de l'existence. Mais l'h&#233;ro&#239;ne arrive &#224; non-lieu &#224; la terre &#233;trange &lt;i&gt;&#171; sans y voir plus que de lumi&#232;re tombante sur les choses &#187;&lt;/i&gt; et elle devient chose parmi les choses, ses d&#233;sirs &#233;teints et tomb&#233;s parmi tant d'objets.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Si bien que chaque m&#232;re rec&#232;le quelque chose de dangereuse et aussi &lt;i&gt;&#171; Quelque chose d'une allumeuse, d'une emmerdeuse &#187;&lt;/i&gt; mais comme le chanteur Arno cit&#233; en exergues, l'amour est toujours dans &lt;i&gt;&#171; les yeux de ma m&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Bref, il y a des femmes tr&#232;s m&#233;chantes comme des m&#232;res r&#233;volues (&lt;i&gt;&#171; tu es une petite pute, une petite conne, ton fils t'a largu&#233;e &#187;&lt;/i&gt;) pr&#232;s des murs de pierres et des blocs de b&#233;ton &#233;boul&#233;s. Autant &#224; Olympie que dans la plaine de la Crau.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Parfois la narratrice &lt;i&gt;&#171; pleure comme un homme. S'il n'y avait eu son voyage en Gr&#232;ce, tout cela ne serait pas arriv&#233;. La vie se serait pass&#233;e plus calme sans esp&#233;rance avec l'id&#233;e que la r&#233;p&#233;tition ne tue personne, que les moutons du berger peuvent traverser le village &#187;&lt;/i&gt;. Mais elle d&#233;ploie seulement ses agissements voire en demandant &lt;i&gt;&#171; au cin&#233;ma de lever mon corps &#187;&lt;/i&gt; ou appeler des voix inop&#233;rantes, &lt;i&gt;&#171; ne sachant prendre la mesure de mon vide &#187;&lt;/i&gt;. Mais elle poursuit par son chant du salutaire, le reste en d&#233;coule, les gestes se d&#233;plient avec effort. Elle t&#226;che de ma&#238;triser ses absences &lt;i&gt;&#171; superbement irrationnelles &#187;&lt;/i&gt; et les jours passent. Le psychiatre n'y fait pas grand-chose : &lt;i&gt;&#171; il parle dans son bureau les angoisses &#187;&lt;/i&gt; mais t&#226;che d'ouvrir une vision &#233;clair&#233;e. Il suffit que les talus gonflent de l'herbe pluvieuse du printemps, m&#234;me si les enfants restent mutiques dans l'espoir d'une seconde naissance.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'auteure via sa narratrice &lt;i&gt;&#171; fait double deuil / je suis la veuve d'un pays et d'un enfant / je suis la veuve confuse de l'univers m&#234;l&#233; d'histoires &#187;&lt;/i&gt;. Elles vivent &#224; ses c&#244;t&#233;s, vid&#233;e et reine, tenant debout &#224; t&#226;tons, &#224; peine fr&#233;quentant les jours creux. L'objectif est d'&#233;chapper &#224; son diable jusqu'&#224; ce que ses enfants du futur fassent partie d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une telle h&#233;ro&#239;ne, on voulut retirer la langue, mais ici, elle la tire comme l'escargot sort les cornes portant sa coquille. Rejaillit peu &#224; peu une renaissante chaleur loin des erreurs de pronostic quant &#224; sa nature. Et plus tard des mots n'habillent plus son cadavre. Cela donne peu &#224; peu un air de f&#234;te. Les paroles dansent sur des fils avant de s'envoler comme des anges que les oiseaux emportent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_22663 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/anne-barbusse-les-meres-sont-tres-faciles-a-tuer.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;559&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Anne Barbusse, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les m&#232;res sont tr&#232;s faciles &#224; tuer &#187;, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ditions Pourquoi viens-tu si tard &#187;, Nice, 2025, &lt;br class='autobr' /&gt;
160 p., 14 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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