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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Odysseus, l'Autre monde</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micha&#235;l Duperrin</dc:creator>


		<dc:subject>Cyanotype</dc:subject>
		<dc:subject>Carnet de voyage</dc:subject>
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		<dc:subject>M&#233;diterran&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un livre photo / texte de Micha&#235;l Duperrin, avec les contributions de Pierre Bergounioux et Thierry Fabre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Mediterranee" rel="tag"&gt;M&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1589-8f755.jpg?1772255225' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un livre photo / texte de Micha&#235;l Duperrin, avec les contributions de Pierre Bergounioux et Thierry Fabre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt; est l'histoire d'un homme qui veut &#224; la fois retourner chez lui et aller voir le monde de l'autre. Il mettra 10 ans &#224; rentrer et en reviendra transform&#233;. Sur une d&#233;cennie, Micha&#235;l Duperrin refait le voyage dans les lieux suppos&#233;s des errances d'Ulysse. Il tisse des &#233;chos entre l'antique fiction et la r&#233;alit&#233; pr&#233;sente. &lt;i&gt;Odysseus, l'Autre monde&lt;/i&gt; retrace la premi&#232;re partie de cette exp&#233;rience, et nous immerge dans le monde des dieux, des monstres, des Enfers et des sir&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les photographies d'&lt;i&gt;Odysseus, l'Autre monde&lt;/i&gt; sont tir&#233;es en cyanotype, un des premiers proc&#233;d&#233;s de tirage photo, qui doit son nom &#224; sa couleur. Alors que nous voyons la M&#233;diterran&#233;e et son ciel d'un bleu intense, le mot &#171; bleu &#187; n'existe pas dans la langue d'Hom&#232;re. L'adjectif qui plus tard d&#233;signera un bleu fonc&#233; renvoie dans l'Odyss&#233;e au monde de la Nuit et des Enfers, c'est-&#224;-dire &#224; l'Autre monde. Ce livre flux entrelace les images et les mots de Micha&#235;l Duperrin, qui a &#233;galement invit&#233; deux auteurs dont les &#233;crits l'ont accompagn&#233; dans son projet &#224; embarquer dans son &lt;i&gt;Odysseus&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Extrait du texte de Micha&#235;l Duperrin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ici tout est vrai, ici tout est fiction.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Aragon, lettre &#224; Luis Hesse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;bute dans la r&#233;gion de Naples. La chambre d'h&#244;tel donne sur la mer comme annonc&#233;. C'est bien elle que l'on peut voir au loin derri&#232;re le terminal p&#233;trolier. Au premier plan, la route dessert une station-service. La nuit venue, j'observe le man&#232;ge du pompiste dont la silhouette se d&#233;coupe dans la lumi&#232;re artificielle. Tant&#244;t il est assis, immobile, tenant sa t&#234;te &#224; deux mains, coudes appuy&#233;s sur les genoux. Tant&#244;t il d&#233;plie brusquement son long corps noir pour servir un client, laver un pare-brise donner un coup de balai au sol avant de retomber, prostr&#233; sur sa chaise, jusqu'&#224; la prochaine d&#233;charge qui le mettra en mouvement. Dans la chambre, la climatisation bruyante fonctionne mal. Si l'on ouvre la fen&#234;tre pour profiter de la fra&#238;cheur, c'est la circulation qui emp&#234;che de dormir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conna&#238;tre le chemin du retour &#224; Ithaque, Ulysse se rend jusqu'au seuil du royaume des morts. Il y croise les ombres de ceux qu'il a aim&#233;s ou ha&#239;s, aujourd'hui morts aux &#171; t&#234;tes encapuchonn&#233;es de nuit &#187;. Les anciens situaient la porte des Enfers dans la zone volcanique des Champs Phl&#233;gr&#233;ens, quelque part entre le lac d'Averne, la Solfatara et le sanctuaire de la Sibylle &#224; Cumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il plane autour de la Sibylle et son antre un flou qui ne d&#233;pareille pas avec ses oracles &#233;nigmatiques. En 1932, des fouilles mettent &#224; jour une vaste architecture compos&#233;e d'un tunnel bord&#233; de niches desservant plusieurs salles. On s'empresse d'y reconna&#238;tre l'antre d&#233;crit par Virgile dans l'&lt;i&gt;&#201;n&#233;ide&lt;/i&gt; : &#171; La paroi &#233;norme de la roche &#233;tait taill&#233;e en forme d'antre o&#249; conduisaient cent larges entr&#233;es et cent portes ; il en sortait autant de voix, r&#233;ponses de la Sibylle. &#187; Cette identification a depuis &#233;t&#233; invalid&#233;e : il s'agirait d'un b&#226;timent militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'avance au hasard sur un sentier ombrag&#233;. Le vrombissement des mouches se fait rapidement cacophonie et le chemin finit en impasse devant une cave vo&#251;t&#233;e dont l'acc&#232;s est interdit par une grille cadenass&#233;e. Je d&#233;couvre ce qui attire les mouches : la fra&#238;cheur de la cave et les innombrables &#233;trons qui jonchent le sol. Je n'en imagine pas moins que ce pourrait &#234;tre l&#224; le fameux antre. Je fais demi-tour, mi inquiet, mi amus&#233; de ma propre propension aux &#233;lucubrations. Dans les bois alentour, de &#171; hauts peupliers &#187; semblent signaler l'abord des Enfers, mais pas de traces des &#171; saules aux fruits morts &#187; indiqu&#233;s par Circ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rentrant je fais un crochet par la station-service et reste &#224; bavarder avec l'homme dont j'observais hier soir les mouvements depuis le balcon. Il parle le meilleur anglais entendu depuis mon arriv&#233;e en Campanie. Je lui offre une cigarette, nous fumons &#224; c&#244;t&#233; des pompes &#224; essence sans qu'il s'en pr&#233;occupe. Il est sud-africain, venu en Italie pour y trouver de meilleures conditions de vie. Naples l'a accueilli, mais il y a trop peu de travail et d'argent. &#192; la station-service, il n'est pas pay&#233;, il ne re&#231;oit que les &lt;i&gt;tips&lt;/i&gt; que l'on veut bien lui laisser. L'homme bondit vers chaque voiture qui s'arr&#234;te, nous reprenons la conversation &#224; son d&#233;part. Pompiste est son second job. Il a une femme et deux enfants, et son salaire ne suffit pas, alors il le compl&#232;te ici par quelques heures en fin de journ&#233;e. Une nouvelle cigarette succ&#232;de &#224; trois voitures, un lavage de vitres et un pourboire. Il parle comme il bouge, par jets soudains. Ses gestes sont pr&#233;cis et tranchants. Le menton est fier mais sans arrogance, le regard du m&#234;me m&#233;tal. Je ne per&#231;ois en lui aucun regret ou ressentiment mais une force in&#233;branlable, la certitude qu'un jour il parviendra enfin &#224; bon port. Il &#233;conomise ce qu'il peut pour partir en Allemagne avec sa famille. L&#224;-bas il y a du travail, de l'argent, une vie meilleure &#224; offrir &#224; ses enfants. Il est tard ; nous nous saluons. Dans l'escalier de l'h&#244;tel, je r&#233;alise que je ne connais pas le nom de cet homme. Il me revient &#224; l'esprit une des p&#233;riphrases qui d&#233;signent Ulysse : le h&#233;ros d'endurance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13973 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_duperrin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/2_duperrin-029c5.jpg?1772225841' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Solfatara, le soleil de midi est &#233;crasant. C'est l'heure o&#249; seuls sortent les chiens et les Fran&#231;ais. Je fais le tour du crat&#232;re d'o&#249; s'&#233;chappent en permanence des vapeurs de soufre. Je reste au milieu des fumeroles qui s'&#233;l&#232;vent de la terre fendue. J'y vois les &lt;i&gt;psych&#233;s&lt;/i&gt; - l'&#226;me et le souffle - des morts invoqu&#233;es par Ulysse. Elles ne parlent plus, mais par instant, les volutes dessinent des figures qui se mettent &#224; m'observer. Apr&#232;s trois heures de prises de vues, la t&#234;te me tourne brusquement. Chez les Grecs anciens le soleil n'a rien du souriant complice du plagiste, c'est un dieu terrible, bien que n&#233;cessaire &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je reviens &#224; l'h&#244;tel, le h&#233;ros d'endurance est &#224; son poste. Je veux d'abord me rafra&#238;chir, mais m'endors. La nuit est tomb&#233;e lorsque je ressors. Je traverse la station-service d&#233;serte d'un pas d&#233;s&#339;uvr&#233;, m'assieds sur le muret qui d&#233;limite le fond. Au-del&#224; s'&#233;tend un terrain vague. Des voitures passent au loin sur la route, l'une d'elles ralentit et klaxonne. Le ph&#233;nom&#232;ne se reproduit plusieurs fois avant que j'identifie une puis deux silhouettes au pied d'un poteau &#233;lectrique. Une voiture s'arr&#234;te, moteur allum&#233;, et repart en ne laissant qu'une tache blanche dans la lueur des phares. J'allume une cigarette ; la tache s'anime, traverse la route, s'avan&#231;ant lentement. Je distingue une courte robe blanche qui oscille rythmiquement, comme en l&#233;vitation, puis de longues jambes noires qui la relient au sol. La femme s'avance, lascive et d&#233;sinvolte, jusqu'&#224; s'arr&#234;ter &#224; quelques centim&#232;tres de moi. Elle sourit, approche une cigarette de ses l&#232;vres, demande du feu, que je lui tends, et propose une passe, que je refuse. Elle me consid&#232;re, &#233;tonn&#233;e, comme si cette r&#233;ponse &#233;tait improbable, avant de s'&#233;loigner comme elle est venue, l&#226;chant un &#171; va bene &#187; qui r&#233;sonne encore &#224; mes oreilles comme un mod&#232;le de prononciation et d'indiff&#233;rence au sort adverse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_duperrin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3_duperrin-635bf.jpg?1772225841' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Il &#233;tait une fois, la M&#233;diterran&#233;e&#8230; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(Extraits du texte de Thierry Fabre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La M&#233;diterran&#233;e n'existe que pour autant qu'elle se raconte. Elle est faite de ce tissu de songes, de cet inlassable d&#233;sir qu'elle inspire de raconter des histoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait une fois, la M&#233;diterran&#233;e&#8230; Cela fait si longtemps, depuis l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt; sans doute, que cette &lt;i&gt;mer toujours recommenc&#233;e&lt;/i&gt; trouve dans l'&#233;cho de nos paroles et de nos r&#233;cits une existence, bien au-del&#224; de son &#233;vidence g&#233;ographique. Une mer entre les terres qui est bien plus qu'une mer avec des poissons dedans. Elle prend sa place dans le monde en ce qu'elle nous &#233;veille &#224; un autre monde, imaginaire, imaginal. &#171; L&#224; o&#249; les esprits se corporalisent et o&#249; les corps se spiritualisent &#187;, monde subtil, qui peut nous appara&#238;tre comme impalpable ou irr&#233;el, mais il gouverne nos passions et aimante nos d&#233;sirs d'aller toujours plus loin. Quel go&#251;t aurait le voyage sans imaginaire ? Ce ne serait qu'un simple d&#233;placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun se raconte des histoires, et ce monde fait d'entre mondes que l'on appelle la M&#233;diterran&#233;e, est un creuset qui ne cesse de nous inspirer, de nous emporter vers des p&#233;riples lointains.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait une fois, la M&#233;diterran&#233;e&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des histoires, encore des histoires qui peuplent nos songes et transfigurent nos regards. Chacun son Ithaque, demeure ultime &#224; retrouver parmi nos lointaines p&#233;r&#233;grinations. Le po&#232;te d'Alexandrie, Constantin Cavafis , nous dessille les yeux :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand tu prendras le chemin d'Ithaque,&lt;br class='autobr' /&gt; souhaite que la route soit longue,&lt;br class='autobr' /&gt; pleine d'aventure, pleine d'enseignements.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Que nombreux soient les matins d'&#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; &#8211; avec plaisir et quelle joie ! &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu d&#233;couvriras les ports que tu n'as jamais vus ;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Ithaque t'a offert ce beau voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans elle, tu n'aurais pas pris la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle n'a rien de plus &#224; t'apporter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ithaque, ou l'invitation au voyage, au d&#233;part sans autre nostalgie de retour que de fabriquer des histoires, des r&#233;cits, des images aussi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_duperrin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/4_duperrin-a9d9e.jpg?1772225841' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8220;Rhapsody in blue&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(Extraits du texte de Pierre Bergounioux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Un &#233;crivain compte &#224; proportion de ce qu'il nous touche. Hom&#232;re demeure pr&#233;sent en ce que ses vers ont conserv&#233;, intacte, pour nous, leur puissance suggestive, leur vibration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne fr&#233;quente pas impun&#233;ment l'espace compris entre les plats de couverture des livres. &#192; la soci&#233;t&#233; r&#233;elle, ils ajoutent celle des &#234;tres fictifs qui, pour n'avoir d'existence que sur le papier, ne nous en sont pas moins chers et leur perte peut nous affecter autant et plus que celle des vivants. Quel haut seigneur de l'Ancien r&#233;gime, en pleurs, bramant comme un veau, fait irruption au salon o&#249; l'on causait paisiblement. On se l&#232;ve, l'entoure, s'empresse aupr&#232;s de lui. Qu'est-ce donc qu'il lui arrive ? Il finit par s'expliquer. Il lisait &lt;i&gt;La Nouvelle H&#233;lo&#239;se&lt;/i&gt; et trouve encore la force de crier, &#224; travers un nouvel orage de larmes : &#171; Julie est morte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dit Borges, d'un livre sur l'autre, sinon que l'important, le r&#233;el &#8211; ce qui a des cons&#233;quences &#8211; peut migrer aux pages des volumes imprim&#233;s et, de l&#224;, gouverner ce qui se passe de l'autre c&#244;t&#233;, ordonner, en secret, le th&#233;&#226;tre d'ombres que devient, en retour, la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crit a d&#233;mesur&#233;ment &#233;tendu notre puissance et notre &#234;tre. L'oubli a &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233; de ses pouvoirs. Rien ne se perdra plus ni ne mourra. Le temps peut &#234;tre retrouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une ran&#231;on &#224; pareille conqu&#234;te. Nous ne pouvons plus ne pas nous souvenir. Nous gardons pr&#233;sente &#224; l'esprit l'absence des choses pass&#233;es. (...) Comme toutes nos occupations, la lecture a ses pathologies, physiques, avec la myopie, la scoliose, et morale. Celle-ci, sous ses formes les plus aigu&#235;s, s'apparente &#224; la m&#233;lancolie telle que l'a d&#233;finie Pinel : &#171; L'extr&#234;me intensit&#233; d'une id&#233;e exclusive et propre &#224; absorber toutes les facult&#233;s de l'entendement. C'est ce qui fait la difficult&#233; de la d&#233;truire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passe mais non pas l'espace. Nous pouvons, bien s&#251;r, ne rien savoir des heures qui ont devanc&#233; la n&#244;tre et ne pas souhaiter &#234;tre &#233;clair&#233; &#224; ce propos. Les peuples heureux n'ont pas d'histoire. Mais nul ne saurait plus ignorer qu'il est pris dans son cours imp&#233;tueux, irr&#233;sistible, entre un avant dont il a d&#233;sormais connaissance et l'&#233;nigme &#233;ternellement renouvel&#233;e de l'avenir. C'est un trait distinctif de l'&#232;re contemporaine que, par suite de la g&#233;n&#233;ralisation de l'enseignement, les habitants des pays d&#233;velopp&#233;s ont une id&#233;e assez pr&#233;cise des &#226;ges qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et expliquent le leur. Non seulement, &#171; toute l'histoire est pr&#233;sente dans l'objectivit&#233; du monde social et dans la subjectivit&#233; des agents qui vont faire l'histoire &#187;, mais ils en sont conscients.&lt;br class='autobr' /&gt; (...) &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est peut-&#234;tre un autre trait de la p&#233;riode actuelle qu'elle offre un rem&#232;de aux maux qu'elle engendre quand nos ascendants rest&#232;rent d&#233;munis face &#224; la famine, &#224; la peste, &#224; l'affreuse mortalit&#233; n&#233;o-natale, aux rages de dents, &#224; l'arbitraire seigneurial, &#224; l'ignorance&#8230; Il existe un palliatif &#224; la myopie, les lunettes ou les verres de contact, comme &#224; l'intrusion des &#234;tres fictifs, du pass&#233; dans la r&#233;alit&#233; pr&#233;sente. Des mots, par exemple, qui &#233;tabliront, noir sur blanc, sur le papier, quel trouble &#233;trange s'ensuit ou, encore, des images qui vont fixer, en les externalisant, les &#233;tats ambigus, douloureux que peut engendrer la culture lettr&#233;e. Un autre Grec, Aristote, attribue d&#233;j&#224; un pouvoir cathartique &#224; l'expression artistique.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_duperrin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/5_duperrin-96eb2.jpg?1772225842' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micha&#235;l Duperrin&lt;/strong&gt; est artiste, photographe et journaliste photo. &#192; la fronti&#232;re du mythe, du document et de l'intime, sa pratique de la photographie consiste tout autant &#224; donner forme &#224; l'invisible, qu'&#224; explorer le r&#233;el &#224; la recherche d'une rencontre avec l'autre. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.michaelduperrin.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.michaelduperrin.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Bergounioux&lt;/strong&gt; est l'auteur d'une &#339;uvre importante portant notamment sur la question de l'enracinement et du d&#233;racinement, dans un terroir, le langage, ou les d&#233;terminations sociales. Pour lui l'&lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt; est LE livre, prototype encore actuel de nos r&#233;cits fond&#233;s sur la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry Fabre&lt;/strong&gt;, essayiste, chercheur, commissaire d'exposition, &#233;diteur et r&#233;dacteur en chef. Il &#339;uvre &#224; la promotion d'un universalisme m&#233;diterran&#233;en &#224; travers ses multiples activit&#233;s, toutes port&#233;es par une approche sensible et incarn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;sun/sun&lt;/strong&gt; &#233;dite des r&#233;cits en leur donnant corps : livres de photographie, objets graphiques et po&#233;tiques, textes litt&#233;raires et performances. En croisant les m&#233;diums et les disciplines, sun/sun porte des objets &#233;ditoriaux singuliers dont le fond et la forme dialoguent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH706/6_duperrin-864e4.jpg?1772225842' width='500' height='706' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Odysseus, l'Autre monde&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Paru le 17 novembre 2019&lt;br class='autobr' /&gt;
15 x 21cm - 128 pages - 50 photographies cyanotypes - reliure Otabind - papier Freelife vellum 140g - couverture Curious Matter Adiron Blue 270g + jaquette translucide s&#233;rigraphi&#233;e blanc&lt;br class='autobr' /&gt;
Proc&#233;d&#233; d'impression BMJN&lt;br class='autobr' /&gt;
Version anglaise sur demande dans un livret s&#233;par&#233;. Traduction r&#233;alis&#233;e par Martine Aubert avec la participation de Donald Mac Donough.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vente en librairie et sur le site de sun/sun &#233;ditions : &lt;a href=&#034;https://sunsun.fr/editions/odysseus/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://sunsun.fr/editions/odysseus/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prix de vente : 35 euros (32&#8364; jusqu'au 15/12) &lt;br class='autobr' /&gt;
Tirage de t&#234;te (&#233;dition limit&#233;e &#224; 30 ex) accompagn&#233;e d'un cyanotype original sign&#233; : 200 euros (180&#8364; jusqu'au 15/12)&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 979-10-95233-12-1&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_duperrin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/7_duperrin-b9817.jpg?1575301643' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; &#224; venir de Odysseus :&lt;br class='autobr' /&gt;
Exposition au Festival Fictions Documentaires &#224; Carcassonne jusqu'au 14 d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
Participation &#224; Rush Photobook &#224; La Friche &#224; Marseille / pr&#233;sentation du livre le 7 d&#233;cembre)&lt;br class='autobr' /&gt;
Exposition de Odysseus &#224; la Chapelle des P&#233;nitents bleus &#224; la Ciotat, du 11 Janvier au 10 F&#233;vrier / Vernissage le 10 Janvier &#224; partir de 18h30&lt;br class='autobr' /&gt;
Participation &#224; La Nuit de Lecture &#224; La Ciotat, le 18 Janvier de 19h &#224; 21h, lecture d'extraits des textes du livre &lt;i&gt;Odysseus, l'Autre monde&lt;/i&gt; par Micha&#235;l Duperrin, Thierry Fabre, et de textes des po&#232;tes Aur&#233;lia Lassaque et Nicolas Dutent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Participation &#224; la Nuit des Id&#233;es &#224; l'Institut Fran&#231;ais d'Ath&#232;nes le 30 Janvier : pr&#233;sentation de l'installation vid&#233;o &lt;i&gt;La travers&#233;e&lt;/i&gt;, extraite de &lt;i&gt;Odysseus&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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