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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>R&#233;el-Surr&#233;el</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Akis Parodis</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>surr&#233;alisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;el-Surr&#233;el ne se situe ni entre le r&#233;alisme et le surr&#233;alisme, ni apr&#232;s eux comme un compromis. Il d&#233;finit une troisi&#232;me fonction de l'image : partir du r&#233;el non pour le reproduire, ni pour le rompre par l'introduction d'une &#233;tranget&#233; ou d'une alt&#233;ration venues d'ailleurs, mais pour rendre visible l'exc&#233;dent qu'il contient d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/surrealisme" rel="tag"&gt;surr&#233;alisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/rs_parodis_7-cff32.jpg?1793376566' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;center&gt;R&#233;el-Surr&#233;el ne se situe ni entre le r&#233;alisme et le surr&#233;alisme, ni apr&#232;s eux comme un compromis. Il d&#233;finit une troisi&#232;me fonction de l'image : partir du r&#233;el non pour le reproduire, ni pour le rompre par l'introduction d'une &#233;tranget&#233; ou d'une alt&#233;ration venues d'ailleurs, mais pour rendre visible l'exc&#233;dent qu'il contient d&#233;j&#224;. La mati&#232;re, le lieu, le corps ou la sensation, lorsqu'ils sont soumis &#224; une &#233;laboration suffisamment insistante, peuvent devenir davantage que leur donn&#233;e premi&#232;re sans cesser d'&#234;tre la source active de leur propre m&#233;tamorphose. Le trait d'union de R&#233;el-Surr&#233;el est essentiel : sans le r&#233;el, le surr&#233;el risque de devenir arbitraire ; sans le surr&#233;el, le r&#233;el risque de s'&#233;puiser dans son apparence plate, unidimensionnelle. R&#233;el-Surr&#233;el d&#233;signe pr&#233;cis&#233;ment cet intervalle o&#249; quelque chose devient plus que ce qu'il est sans cesser de proc&#233;der de ce qu'il &#233;tait.&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;a. nous commen&#231;ons dans le r&#233;el&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Nous commen&#231;ons dans la mati&#232;re, le lieu, le temps qu'il fait, l'ordinaire. Nous travaillons le bois, l'argile, la cendre. Nous traversons la rue, nous nous asseyons dans la cage d'escalier, nous nous &#233;tendons dans l'herbe. Nous laissons l'&#233;l&#233;ment parler d'abord, et l'image venir ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bachelard nous donne un point de d&#233;part, non une conclusion. Dans &lt;i&gt;La Psychanalyse du feu&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Eau et les r&#234;ves&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Air et les songes&lt;/i&gt; et les deux ouvrages qu'il consacre &#224; la terre, il montre que les mati&#232;res constituent des familles distinctes de r&#234;verie ; dans &lt;i&gt;La Po&#233;tique de l'espace&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Po&#233;tique de la r&#234;verie&lt;/i&gt;, les lieux deviennent des foyers d'intimit&#233; et d'expansion imaginaire. Nous retenons cette puissance g&#233;n&#233;ratrice de la mati&#232;re. Mais notre question commence l&#224; o&#249; l'analyse bachelardienne nous laisse : quelle relation doit survivre entre le mat&#233;riau g&#233;n&#233;rateur et l'image lorsque celle-ci s'est m&#233;tamorphos&#233;e ? Notre r&#233;ponse n'est ni l'identit&#233;, ni, moins encore, l'imitation, mais une g&#233;n&#233;alogie perceptible : une m&#233;tamorphose fond&#233;e sur une n&#233;cessit&#233; interne, dont l'&#233;tranget&#233; peut aller jusqu'&#224; l'extr&#234;me, quel qu'en soit le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que nous nous s&#233;parons aussi bien de la simple description que de l'arbitraire : l'image peut s'&#233;loigner du r&#233;el sans que cet &#233;loignement soit injustifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;b. ce que nous tenons pour vrai&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Perception et r&#234;ve ne sont ni identiques ni &#233;trangers l'un &#224; l'autre : leur fronti&#232;re est la zone m&#234;me de leur m&#233;tamorphose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute chose peut r&#233;v&#233;ler, par l'imagination, ses possibilit&#233;s sensibles &#8212; non par simple reproduction, mais pas davantage par n&#233;gation du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image peut s'&#233;loigner radicalement de son point de d&#233;part, pourvu que sa m&#233;tamorphose conserve sa n&#233;cessit&#233; interne &#224; travers une qualit&#233;, une force, un rythme, une m&#233;moire ou une dimension mat&#233;rielle de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien au r&#233;el ne peut &#234;tre impos&#233; au r&#234;ve ; il peut, en revanche, en constituer la cause g&#233;n&#233;ratrice et devenir ainsi n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi : R&#233;el-Surr&#233;el est l'exc&#233;dent imaginal du r&#233;el rendu sensible et issu d'une n&#233;cessit&#233; interne de m&#233;tamorphose. Le r&#233;el y demeure comme point de d&#233;part actif ; le surr&#233;el, comme puissance de d&#233;passement. Le trait d'union maintient leur tension au lieu de la dissoudre.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;c. pourquoi maintenant&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;L'un des gestes d&#233;cisifs du surr&#233;alisme fut de desserrer l'emprise d'un r&#233;el organis&#233; par la raison, l'utilit&#233;, la morale et les conventions de sa repr&#233;sentation. Cette lib&#233;ration demeure un acquis. Notre condition, pourtant, nous confronte &#224; un probl&#232;me presque inverse : non seulement &#224; un r&#233;el trop contraignant, mais aussi &#224; un r&#233;el de moins en moins &#233;prouv&#233;. Nous vivons au milieu d'une profusion d'images, de reproductions, d'interfaces et de signes capables de circuler ind&#233;pendamment des lieux, des mati&#232;res et des rencontres qui pourraient leur donner du poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger contemporain n'est donc pas seulement l'exc&#232;s de r&#233;el ; c'est aussi son brouillage. Voir davantage ne signifie pas comprendre davantage. Un lieu peut devenir une g&#233;olocalisation, un visage un flux d'images, un objet un signe imm&#233;diatement substituable &#224; un autre. L'imagination elle-m&#234;me risque alors de travailler sur des images d&#233;j&#224; d&#233;tach&#233;es du r&#233;el, produisant de l'&#233;tranget&#233; &#224; partir d'une &#233;tranget&#233; d&#233;j&#224; pr&#233;fabriqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el-Surr&#233;el r&#233;pond &#224; cette condition par une discipline de l'attention renouvel&#233;e. Il ne pr&#234;che ni le retour na&#239;f &#224; un r&#233;el nu, ni la d&#233;fiance envers les techniques contemporaines. Il demande seulement que l'image retrouve de la r&#233;sistance : mati&#232;re, temp&#233;rature, dur&#233;e, lieu, geste, m&#233;moire &#8212; quelque chose d'assez dense pour r&#233;sister &#224; l'imagination et donner ainsi &#224; sa m&#233;tamorphose une n&#233;cessit&#233; substantielle. C'est l&#224; que r&#233;side son actualit&#233; : non pas r&#233;enchanter artificiellement le r&#233;el, mais r&#233;apprendre &#224; percevoir sa puissance de d&#233;passement de l'apparence premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ouverture est anthropologique autant qu'esth&#233;tique. Elle nous rappelle que voir n'est jamais une simple r&#233;ception : c'est s&#233;lectionner, anticiper, comparer, interpr&#233;ter. La libert&#233; recherch&#233;e par R&#233;el-Surr&#233;el n'est donc pas une libert&#233; &#224; l'&#233;gard du r&#233;el, mais &#224; l'&#233;gard d'une perception &#233;puis&#233;e du r&#233;el. Il ne d&#233;programme pas l'&#234;tre humain ; il desserre certains automatismes de l'attention afin que le monde puisse de nouveau opposer sa r&#233;sistance, sa surprise et son exc&#233;dent &#224; ce que nous pensions d&#233;j&#224; savoir de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction de R&#233;el-Surr&#233;el est donc une d&#233;familiarisation de la perception. Elle suspend provisoirement la reconnaissance automatique sans abolir le savoir acquis. Le surr&#233;alisme historique recherchait, entre autres, ce que refoulaient le contr&#244;le rationnel et moral ; R&#233;el-Surr&#233;el recherche aussi ce que l'habitude rend invisible. Il ne nous demande pas de redevenir enfants, mais de retrouver, avec une conscience adulte, une disponibilit&#233; aux choses que le quotidien et l'usage continu ont &#233;puis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el-Surr&#233;el ne pr&#233;tend pas retrouver un regard pur : il n'existe pas d'&#339;il innocent &#224; restaurer. Il soutient seulement qu'aucune description h&#233;rit&#233;e, aucune fonction, aucune classification institutionnelle ne peut &#233;puiser le monde sensible dont elle proc&#232;de. Ce qui demeure enfoui n'est pas un second monde, mais le reste inaccompli de celui-ci : qualit&#233;s, relations, tensions et possibilit&#233;s de devenir que l'habitude a rendues silencieuses.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;d. le r&#233;el h&#233;rit&#233;&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons r&#233;el h&#233;rit&#233; le monde tel qu'il nous parvient, d&#233;j&#224; organis&#233; par des cat&#233;gories, des habitudes et des attentes. Une chaise devient d'abord ce sur quoi l'on s'assied ; un fleuve, une information g&#233;ographique ; une &#233;cole, une institution ; la boue, de la salet&#233; ; un arbre, une esp&#232;ce, une propri&#233;t&#233; ou un paysage. La simple reconnaissance de l'image mobilise des ressources de traitement et d'attention. &#192; mesure que nous apprenons ce qu'est une chose, nous risquons de cesser de d&#233;couvrir ce qu'elle peut encore devenir dans l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne commen&#231;ons jamais sans h&#233;ritage. D&#232;s l'enfance, la famille, la langue, l'&#233;cole, la religion, les institutions, les m&#233;dias, l'&#233;conomie et le pouvoir nous apprennent &#224; distinguer, nommer, hi&#233;rarchiser et utiliser. Ces acquisitions sont n&#233;cessaires : sans elles, aucune vie commune ne serait possible. Mais toute trame qui rend le monde lisible d&#233;cide aussi de ce qui m&#233;rite notre attention et de ce qui peut se perdre dans l'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;e. contre, et pour&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;crivons contre deux limitations sym&#233;triques : celle qui enferme l'art dans la restitution du donn&#233;, et celle qui fait de l'&#233;tranget&#233; une valeur en soi. R&#233;el-Surr&#233;el ne demande pas &#224; l'image d'&#234;tre vraisemblable. Il lui demande d'avoir une n&#233;cessit&#233; sensible : que quelque chose, dans son point de d&#233;part mat&#233;riel, rende sa m&#233;tamorphose intelligible, m&#234;me lorsqu'elle devient physiquement impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes pour le po&#232;te, le peintre, le cin&#233;aste, l'architecte, le cr&#233;ateur de toute esp&#232;ce qui commence par le contact puis accepte de perdre l'objet sans en perdre la trace : qui habite un lieu assez longtemps pour que ses possibilit&#233;s r&#233;pondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot sur les surr&#233;alistes, nos anc&#234;tres mais non nos proches. Dans le &lt;i&gt;Manifeste du surr&#233;alisme&lt;/i&gt; de 1924, Breton voua le mouvement &#224; l'automatisme psychique pur &#8212; &#224; une pens&#233;e dict&#233;e hors du contr&#244;le de la raison, affranchie des pr&#233;occupations esth&#233;tiques ou morales. Nous leur devons l'ouverture d&#233;cisive par laquelle l'image cessa d'&#234;tre assujettie &#224; l'ordre logique du monde. Il serait pourtant erron&#233; de r&#233;duire le surr&#233;alisme au seul choc ou au hasard : son histoire est bien plus riche. Notre divergence se situe ailleurs, dans le principe de gen&#232;se et le crit&#232;re de n&#233;cessit&#233; de l'image. Une op&#233;ration surr&#233;aliste peut tirer sa force de l'automatisme, du d&#233;sir inconscient, du hasard objectif, de la rencontre disjonctive ou de la collision de r&#233;alit&#233;s &#233;loign&#233;es. R&#233;el-Surr&#233;el exige qu'une force du r&#233;el rencontr&#233; demeure active dans l'image m&#233;tamorphos&#233;e. Il ne demande pas : &#171; Jusqu'o&#249; pouvons-nous nous &#233;loigner du r&#233;el ? &#187;, mais : &#171; Que peut devenir le r&#233;el si nous demeurons assez longtemps sous sa pression ? &#187; Le surr&#233;alisme a historiquement lib&#233;r&#233; l'image de l'obligation de vraisemblance ; R&#233;el-Surr&#233;el cherche &#224; lib&#233;rer, au sein m&#234;me du r&#233;el, les forces que la perception ordinaire laisse invisibles. Une image peut &#234;tre absurde sans &#234;tre arbitraire ; impossible sans &#234;tre d&#233;pourvue de n&#233;cessit&#233; interne. Le trait d'union de R&#233;el-Surr&#233;el d&#233;signe cette libert&#233; sous pression, et non une mod&#233;ration de l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;f. par l'exemple&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Six croisements rendent la diff&#233;rence sensible. Il ne s'agit pas d'&#233;tablir trois cat&#233;gories &#233;tanches, mais de distinguer trois fonctions dominantes : le r&#233;alisme privil&#233;gie la restitution ; le surr&#233;alisme a historiquement ouvert l'image &#224; la disjonction, au d&#233;sir et &#224; la libert&#233; associative ; R&#233;el-Surr&#233;el privil&#233;gie une m&#233;tamorphose dont l'&#233;nergie demeure g&#233;n&#233;tiquement li&#233;e &#224; une rencontre sensible. Il ne se situe donc pas &#224; mi-chemin des deux premiers : il change la question pos&#233;e &#224; l'image.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27892 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/rs_parodis_2-1ed2a.jpg?1793027444' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un verre de lait. Le r&#233;aliste le pose sur la table et restitue son poids frais, puis s'arr&#234;te &#224; ce qui est donn&#233;. Une op&#233;ration surr&#233;aliste peut faire couler le lait vers le haut, le transformer en &#339;il ou rapprocher des objets dont la rencontre produit un choc. R&#233;el-Surr&#233;el commence autrement : la brume pos&#233;e au-dessus d'un parking &#224; l'aube s'&#233;paissit jusqu'&#224; devenir du lait dans le verre. La m&#233;tamorphose para&#238;t impossible, mais elle n'est pas gratuite : la blancheur, l'opacit&#233;, la fra&#238;cheur, la suspension et la densit&#233; rendent le passage sensible. Ainsi le lait conserve quelque chose du matin qui l'a engendr&#233;. Cette gen&#232;se n'est pas logique ; elle est mat&#233;rielle et perceptive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27884 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_6108.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/img_6108-da6e5.jpg?1792059214' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un escalier. Le r&#233;alisme peut en relever les marches us&#233;es ; une op&#233;ration de rupture peut le replier en boucle impossible. R&#233;el-Surr&#233;el le gravit jusqu'&#224; ce que chaque palier retienne la lumi&#232;re d'une d&#233;cennie diff&#233;rente et que la cage d'escalier respire comme un poumon. Rien, physiquement, n'oblige un escalier &#224; respirer. Pourtant l'ascension, le rythme, l'enfermement de la cage, l'alternance de compression et d'ouverture fondent la n&#233;cessit&#233; interne de sa m&#233;tamorphose. La rampe froide sous la main n'est pas une garantie de vraisemblance : elle est la trace g&#233;n&#233;alogique dont l'image s'&#233;loigne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/rs_parodis_4-8c1e8.jpg?1793027444' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'eau du fleuve. Le r&#233;alisme d&#233;crit le courant. Une image disjonctive peut lui adjoindre un objet &#233;tranger. R&#233;el-Surr&#233;el plonge les mains dans le froid jusqu'&#224; ce que le froid devienne pens&#233;e, puis laisse cette pens&#233;e se dissoudre avec le courant. Bachelard a montr&#233; comment l'eau appelle la profondeur, la lenteur, la dissolution et l'abandon. Nous ajoutons une exigence de composition : que la m&#233;tamorphose conserve, m&#234;me devenue m&#233;connaissable, une force h&#233;rit&#233;e de ce qui l'a mise en mouvement. L'image se dissout non parce qu'elle imite l'eau, mais parce qu'elle en prolonge la dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/rs_parodis_6-15cf9.jpg?1793027444' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une vieille fen&#234;tre apr&#232;s la pluie. Le r&#233;alisme note les gouttes qui descendent sur la vitre et la lumi&#232;re de la rue qui s'y brise. Une image disjonctive peut ouvrir la fen&#234;tre sur une mer ou laisser des poissons nager dans la pi&#232;ce. Dans R&#233;el-Surr&#233;el, nous demeurons devant la vitre jusqu'&#224; ce que les gouttes, entra&#238;nant vers le bas la lumi&#232;re des maisons d'en face, deviennent lentement des ruisseaux ; la vitre gagne en profondeur sans cesser d'&#234;tre vitre, et la pi&#232;ce acquiert une rive. La mer n'est pas import&#233;e d'ailleurs : elle na&#238;t de l'eau, de la transparence, de l'&#233;coulement vertical et de la profondeur que la surface promettait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27889 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/rs_parodis_5-a4e6b.jpg?1793027444' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une vieille table de bois. Le r&#233;alisme mesure les entailles, les taches, le lustre mat laiss&#233; par les mains. Une image de rupture peut la faire marcher ou lui faire soudain pousser des racines &#224; travers le plancher. Dans R&#233;el-Surr&#233;el, nous posons la paume sur les veines du bois jusqu'&#224; ce que les lignes retrouvent le lent sens de leur mouvement ; les entailles deviennent des saisons, les n&#339;uds se condensent en ann&#233;es, et, un instant, la table continue de cro&#238;tre dans la pi&#232;ce. Elle n'est pas devenue arbre parce que nous l'avons d&#233;cid&#233;. L'arbre n'avait jamais enti&#232;rement quitt&#233; le bois.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/rs_parodis_1-ab2cc.jpg?1793027444' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un drap qui s&#232;che au vent. Le r&#233;alisme restitue l'&#233;toffe blanche, les pinces, le gonflement et la retomb&#233;e. Une m&#233;tamorphose disjonctive peut en faire un fant&#244;me ou un oiseau immense. Dans R&#233;el-Surr&#233;el, nous demeurons dans son rythme : le tissu se remplit d'air, se vide, se remplit de nouveau ; sa respiration devient de plus en plus corporelle jusqu'&#224; ce que le drap respire pour le corps absent qui ne l'habite pas. L'image ne vient pas du fant&#244;me, mais du creux, de la r&#233;p&#233;tition, de la pression de l'air et de la m&#233;moire du corps que le tissu est destin&#233; &#224; toucher.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;g. ce que cela rend possible&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el-Surr&#233;el restitue d'abord &#224; l'image une forme de connaissance sensible. Une image peut &#234;tre factuellement impossible et pourtant exp&#233;rientiellement exacte. Dire qu'une cage d'escalier respire comme un poumon est faux comme proposition physique ; mais si l'ascension, l'enfermement, le rythme des paliers et la respiration du corps ont engendr&#233; cette image, elle peut r&#233;v&#233;ler une v&#233;rit&#233; ph&#233;nom&#233;nologique que la description litt&#233;rale n'avait pas saisie. La m&#233;tamorphose ne d&#233;core pas le r&#233;el ; elle rend perceptible un aspect &#8212; ou plusieurs aspects &#8212; de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle donne &#233;galement &#224; l'imagination une dynamique particuli&#232;re. La g&#233;n&#233;alogie mat&#233;rielle n'est pas une contrainte ext&#233;rieure ; elle est une r&#233;sistance productive. Une imagination sans r&#233;sistance peut multiplier les possibles, mais chacun risque alors d'avoir le m&#234;me poids. La mati&#232;re s&#233;lectionne, plie, ralentit, r&#233;siste. De cette friction na&#238;t une &#233;nergie formelle. R&#233;el-Surr&#233;el ne r&#233;duit donc pas la libert&#233; de l'image : il donne &#224; l'imagination quelque chose sur quoi exercer sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il propose une &#233;thique de l'attention. S'attarder suffisamment sur un objet pour qu'il cesse d'&#234;tre seulement son usage, son prix, son nom ou son image disponible, c'est refuser l'&#233;puisement imm&#233;diat du monde. R&#233;el-Surr&#233;el n'id&#233;alise pas la mati&#232;re ; il exige une relation. Sa valeur r&#233;side dans cette double fid&#233;lit&#233; : assez de r&#233;el pour que l'image ait un point de d&#233;part, assez de surr&#233;el pour que ce point de d&#233;part ne devienne pas sa prison.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;h. principes&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Primaut&#233; du contact. Commence par une mati&#232;re, un lieu, une sensation ou une situation concr&#232;te. Non pour y demeurer, mais pour donner &#224; la m&#233;tamorphose un point de pression.&lt;br class='autobr' /&gt;
Exc&#233;dent du r&#233;el. Cherche dans l'objet ce que la perception utilitaire laisse en sommeil : changements d'&#233;chelle, rythmes, tensions, analogies sensibles, m&#233;moires. Le coquillage peut devenir cath&#233;drale ; le passage doit &#234;tre senti avant d'&#234;tre expliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Topo-analyse. Lis les seuils, les fen&#234;tres, les sous-sols, les rivages et les champs comme des r&#233;servoirs de m&#233;moire et de possibles. L'architecture et le paysage ne sont pas de simples d&#233;cors : ils organisent des mouvements de perception et de r&#234;verie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;thique des &#233;l&#233;ments. Choisis, lorsque l'&#339;uvre l'appelle, des mat&#233;riaux qui prolongent son r&#233;gime sensible &#8212; fusain, lavis, glacis, souffle, effacement, s&#233;diment, patine. Il ne s'agit pas d'illustrer l'image par son mat&#233;riau, mais de laisser le processus participer &#224; sa gen&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#234;verie comme m&#233;thode. La r&#234;verie n'est ni fuite ni transcription passive. Elle est un exercice de disponibilit&#233; par lequel l'objet cesse d'&#234;tre seulement ce que l'usage en fait et commence &#224; r&#233;v&#233;ler ses possibilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233; onirique. La continuit&#233; n'interdit ni le saut ni l'&#233;tranget&#233;. Elle exige qu'une force puisse &#234;tre suivie &#224; travers la m&#233;tamorphose : couleur, temp&#233;rature, rythme, texture, mouvement, m&#233;moire. Compose les transitions comme des fronts m&#233;t&#233;orologiques, et non comme de simples raccords explicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;tamorphose par n&#233;cessit&#233; interne. L'image peut contredire la physique, la logique ou l'&#233;chelle. Elle n'a pas besoin d'&#234;tre vraisemblable. Mais son d&#233;placement doit porter une n&#233;cessit&#233; sensible issue de son point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profondeur temporelle. Laisse la ruine et le r&#233;sidu nourrir le pr&#233;sent. Notre image est historiquement poreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universaux situ&#233;s. &#192; partir de la mati&#232;re la plus locale &#8212; limon de rivi&#232;re, poussi&#232;re de brique, table familiale &#8212; atteins l'arch&#233;type. Non par des symboles impos&#233;s d'en haut, mais par des images distill&#233;es d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;i. m&#233;thode&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Travaille par cycles : une suite de po&#232;mes &#233;crits les mains encore froides du fleuve ; une s&#233;rie peinte &#224; la suie et &#224; la gomme-laque pour &#233;tudier la combustion et son r&#233;sidu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens un carnet pour chaque lieu &#8212; escaliers, ponts, rivages. Note d'abord le fait sensible. Laisse l'image venir ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laisse le mat&#233;riau dicter la forme. L'argile sugg&#232;re le creux et le comprim&#233; ; le graphite, la pression et le lustre ; le sel, la cristallisation et la perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratique la r&#234;verie : cinq minutes d'immobilit&#233; avec un seul objet ; &#233;cris la premi&#232;re image qui soit m&#233;tamorphose plut&#244;t que description ; puis reviens &#224; la description et tisse les deux ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cin&#233;ma, remplace le choc de la coupe par le fondu m&#233;t&#233;orologique : la brume au-dessus d'un parking devient du lait dans un verre ; le lait devient ressac sur une jet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Superpose l'archive &#8212; billets, cartes, photographies &#8212; sous l'observation pr&#233;sente, afin que le pass&#233; transparaisse au lieu de heurter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construis des ateliers qui parrainent leurs images : lumi&#232;re basse pour les &#339;uvres de l'eau, fort courant d'air pour celles de l'air, mat&#233;riaux chauds pour celles de la terre et du feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, partout o&#249; c'est possible, cr&#233;e sur le sol m&#234;me que tu repr&#233;sentes. Laisse l'&#233;cologie et le m&#233;tier s'interp&#233;n&#233;trer.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;j. notre constellation&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Bachelard a allum&#233; un feu, mais R&#233;el-Surr&#233;el ne se confond pas avec sa po&#233;tique. Il nous apprend que la mati&#232;re engendre des r&#233;gimes de r&#234;verie ; nous d&#233;pla&#231;ons cette intuition vers une po&#233;tique de la production : comment une &#339;uvre peut-elle laisser l'image s'&#233;manciper tout en conservant une g&#233;n&#233;alogie mat&#233;rielle ? D'autres pens&#233;es nous aident &#224; pr&#233;ciser cette question. Nous revendiquons une g&#233;n&#233;alogie utile, non un dogme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &lt;i&gt;Structures anthropologiques de l'imaginaire&lt;/i&gt; de Gilbert Durand, nous retenons les r&#233;gimes diurne et nocturne qui organisent les images au sein d'une culture. De Henry Corbin &#8212; son essai &lt;i&gt;Mundus imaginalis&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Imagination cr&#233;atrice dans le soufisme d'Ibn &#8216;Arab&#238; &lt;/i&gt; &#8212;, nous retenons l'imaginal comme mode r&#233;el d'&#234;tre, un pays entre les sens et l'intellect, et non une fantaisie priv&#233;e. De la &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de la perception&lt;/i&gt; de Merleau-Ponty et du tardif, inachev&#233;, &lt;i&gt;Visible et l'invisible&lt;/i&gt;, nous retenons la chair du monde : le chiasme o&#249; le voyant et le visible se replient dans une m&#234;me &#233;toffe. De la &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'exp&#233;rience esth&#233;tique&lt;/i&gt; de Dufrenne, le sensible lui-m&#234;me comme porteur de sens. De &lt;i&gt;La M&#233;taphore vive&lt;/i&gt; de Ric&#339;ur, l'imagination productrice, la mani&#232;re dont la figure vive ouvre l'&#234;tre. De la &lt;i&gt;Philosophie des images&lt;/i&gt; de Wunenburger, la r&#233;habilitation de l'image comme forme de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du &lt;i&gt;Genius Loci&lt;/i&gt; de Norberg-Schulz et de &lt;i&gt;The Eyes of the Skin&lt;/i&gt; de Pallasmaa, nous retenons l'esprit du lieu et l'intelligence de la main. De &lt;i&gt;Making&lt;/i&gt; de Tim Ingold et de &lt;i&gt;How Things Shape the Mind&lt;/i&gt; de Lambros Malafouris, le faire comme correspondance avec les mat&#233;riaux et la cognition comme processus mat&#233;riellement accompli. De &lt;i&gt;Metaphors We Live By&lt;/i&gt; de Lakoff et Johnson, les sch&#232;mes corporels qui sous-tendent toute signification. Nous gardons pr&#232;s de nous &lt;i&gt;Du mode d'existence des objets techniques&lt;/i&gt; de Simondon et &lt;i&gt;La Connaissance de la vie &lt;/i&gt; de Canguilhem, pour leur attention &#224; la forme, &#224; l'individuation et au vivant ; et Deleuze &#8212; Francis Bacon. &lt;i&gt;Logique de la sensation&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;l'image-temps&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;Cin&#233;ma&lt;/i&gt; &#8212; pour des intensit&#233;s r&#233;elles sans &#234;tre repr&#233;sentatives. Aucun n'est un ma&#238;tre auquel nous ob&#233;issons : ensemble, ils forment une constellation qui nous oriente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette constellation, nous ajoutons une anthropologie de l'attention. Bourdieu montre comment les dispositions socialement acquises se s&#233;dimentent en habitus ; Berger et Luckmann, comment la r&#233;alit&#233; quotidienne se stabilise par des processus sociaux et institutionnels ; Shklovsky, comment l'art peut rompre l'automatisme de la perception par la d&#233;familiarisation ; Gibson, enfin, nous rappelle qu'un environnement n'est pas un inventaire inerte de propri&#233;t&#233;s, mais un champ de possibilit&#233;s relationnelles pour un organisme. R&#233;el-Surr&#233;el ne se confond avec aucune de ces th&#233;ories. Il les croise pour soutenir une proposition plus pr&#233;cise : les cat&#233;gories apprises rendent le monde habitable sans jamais &#233;puiser sa densit&#233; sensible.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;k. nos affinit&#233;s&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers un si&#232;cle et de nombreux pays, nous reconnaissons des &#339;uvres qui approchent, chacune &#224; sa mani&#232;re, cette tension : elles ne copient pas le r&#233;el et ne l'abandonnent pas ; elles contribuent &#224; faire appara&#238;tre ses possibilit&#233;s sensibles. Nous ne les enr&#244;lons pas. Nous les reconnaissons comme des affinit&#233;s, jamais comme les membres r&#233;trospectifs d'un mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En po&#233;sie et en prose : Ponge, qui laisse la mati&#232;re engendrer l'image ; Bonnefoy, avec ses pierres et ses seuils ; Sebald, dont le document se tisse &#224; la d&#233;rive ; les tourbi&#232;res et les outils de Heaney ; le dernier Calvino, Clarice Lispector, Annie Dillard, Ishiguro, Tokarczuk, Murakami &#8212; chacun laissant l'ordinaire devenir incandescent sous la pression de l'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En peinture : Doig, dont les lieux se dissolvent en climats de couleur ; Wyeth, dont le vide devient inqui&#233;tant ; Kiefer, avec son plomb, sa paille et sa cendre ; Mu&#353;ic&#780; et Celmins, patients devant le d&#233;sert et la mer ; les mythes domestiques de Rego ; les places oniriquement &#233;clair&#233;es de De Chirico ; la p&#226;te &#233;paisse et v&#233;cue de Kossoff et Auerbach.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En photographie : Crewdson et Wall, qui mettent en sc&#232;ne l'ordinaire jusqu'&#224; l'inqui&#233;tant ; Kawauchi et Barth, qui trouvent le sacr&#233; dans la lumi&#232;re quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cin&#233;ma : le temps mat&#233;riel de Tarkovski ; les chambres am&#233;ricaines oniriques de Lynch ; les mondes-esprits continus d'Apichatpong ; les routines qui s'accumulent chez Akerman ; le cin&#233;ma de chair, de chaleur et de poussi&#232;re de Claire Denis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En architecture et dans la pratique de l'espace : les atmosph&#232;res de Zumthor, la lumi&#232;re de Holl, les formes silencieuses de Siza accord&#233;es au lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sculpture et en installation : les arbres et le souffle de Penone ; la lumi&#232;re devenue mati&#232;re chez Turrell ; le pigment et le vide de Kapoor ; la mati&#232;re fragile devenue image chez Hesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux surr&#233;alistes &#8212; Magritte, Carrington et d'autres &#8212;, ils demeurent fondateurs pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils ont lib&#233;r&#233; l'image de l'obligation de vraisemblance. Nous h&#233;ritons de cette libert&#233; sans pr&#233;tendre r&#233;sumer leur diversit&#233;. Notre divergence concerne le moteur privil&#233;gi&#233; de la m&#233;tamorphose et le crit&#232;re selon lequel nous jugeons qu'une image a trouv&#233; sa n&#233;cessit&#233;. R&#233;el-Surr&#233;el ne recherche pas d'abord la collision de r&#233;alit&#233;s &#233;loign&#233;es, l'automatisme ou l'irruption de l'inconscient ; il recherche le d&#233;veloppement de l'&#233;tranget&#233; &#224; partir des forces sensibles d'une rencontre. Il n'est pas une version mod&#233;r&#233;e du surr&#233;alisme. Il rel&#232;ve d'une autre &#233;conomie de l'image : moins l'&#233;mancipation de l'image &#224; l'&#233;gard du r&#233;el que l'&#233;mancipation, au sein du r&#233;el, de ce qui n'avait pas encore &#233;t&#233; per&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;l. credo&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Soyez attentifs. Toute &#339;uvre commence par une rencontre : mati&#232;re, lieu, corps, climat, objet, m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distillez. Ne cherchez pas ce qui surprendra, mais ce qui, dans cette rencontre, demande &#224; devenir autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;tamorphosez. Laissez l'image aller aussi loin qu'elle le peut ; ne lui imposez ni vraisemblance ni retour &#224; l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardez la trace. Qu'une qualit&#233; du point de d&#233;part &#8212; grain, temp&#233;rature, rythme, pression, souffle, m&#233;moire &#8212; continue d'agir dans l'image, m&#234;me lorsqu'elle n'est plus reconnaissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restituez. Ramenez l'&#339;uvre au monde non comme copie, mais comme monde augment&#233; : quelque chose y est d&#233;sormais perceptible qui ne l'&#233;tait pas avant la m&#233;tamorphose.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;m. nous proposons&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Que les expositions relient chaque &#339;uvre &#224; la mati&#232;re et au lieu dont elle proc&#232;de &#8212; terre, fragment, journal m&#233;t&#233;orologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les publications comprennent des notes topo-analytiques, et non la seule &#339;uvre achev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les ateliers se tiennent dans des carri&#232;res, des greniers, des rivi&#232;res, des cages d'escalier : studios de l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la critique ne juge pas la fid&#233;lit&#233; repr&#233;sentative entre le point de d&#233;part et le r&#233;sultat, mais la n&#233;cessit&#233; de la m&#233;tamorphose : ce que l'image a re&#231;u du r&#233;el, ce qu'elle l'a contraint &#224; subir et ce qu'elle lui restitue comme nouvel objet de perception.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;R&#233;el-Surr&#233;el n'est ni une fuite hors du r&#233;el, ni une surveillance du r&#234;ve par le r&#233;el, ni un compromis entre r&#233;alisme et surr&#233;alisme. Il d&#233;finit une troisi&#232;me fonction : rendre le r&#233;el capable de d&#233;passer son apparence par une m&#233;tamorphose dont il demeure la force active. Sa n&#233;cessit&#233; na&#238;t d'un monde satur&#233; d'images mais souvent appauvri en contact ; sa dynamique, de la r&#233;sistance productive entre mati&#232;re et imagination ; sa valeur, de ce qu'il peut rendre perceptible sans l'&#233;puiser dans une explication. Le trait d'union n'apaise pas la tension. Il la maintient ouverte.&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Demeurez.&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Travaillez.&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&#201;coutez.&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Laissez le r&#233;el r&#234;ver &#224; travers vous &#8212;&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;comme la chaleur d'un po&#234;le, comme la brume d'un fleuve, comme la lumi&#232;re d'une fen&#234;tre au cr&#233;puscule.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;i&gt;Paris, septembre 2026&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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