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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Fixer la sublimit&#233; climatique</title>
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		<dc:date>2025-11-30T18:29:40Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;mile Andre&#769;</dc:creator>


		<dc:subject>environnement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous sommes de plus en plus fr&#233;quemment confront&#233;s &#224; des images climatiques. Du recours au symbole &#224; l'invocation du mythe, ces images, dans le sillage du sublime, ont tendance &#224; susciter une r&#233;ception &#233;motionnelle intense et &#224; participer &#224; une globalisation des enjeux environnementaux. Elles nourrissent un imaginaire dans lequel la crise &#233;cologique devient un sur-&#233;v&#233;nement, soustrait &#224; toute appr&#233;hension rationnelle et g&#233;n&#233;rant une sid&#233;ration qui entrave la pens&#233;e critique.&lt;/p&gt;

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/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/environnement" rel="tag"&gt;environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH98/arton2771-46ed5.jpg?1772240717' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes de plus en plus fr&#233;quemment confront&#233;s &#224; des images climatiques. Du recours au symbole &#224; l'invocation du mythe, ces images, dans le sillage du sublime, ont tendance &#224; susciter une r&#233;ception &#233;motionnelle intense et &#224; participer &#224; une globalisation des enjeux environnementaux. Elles nourrissent un imaginaire dans lequel la crise &#233;cologique devient un sur-&#233;v&#233;nement, soustrait &#224; toute appr&#233;hension rationnelle et g&#233;n&#233;rant une sid&#233;ration qui entrave la pens&#233;e critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22953 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/christina__mittermeier_ours_polaire_agonie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH640/christina__mittermeier_ours_polaire_agonie-09c52.jpg?1763481763' width='500' height='640' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Cristina Mittermeier, Sans titre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;exp&#233;dition Sealegacy, National Geographic, 2017.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un ours maigre rampe p&#233;niblement. Il cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment des restes de nourriture dans un baril rouill&#233;. Ce sont les images de cette agonie qu'ont prises Cristina G. Mittermeier et Paul Nicklen en 2017 pour National Geographic&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sarah Gibbens, &#171; L'agonie d'un ours polaire devient le symbole du changement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images climatiques &#233;meuvent, marquent, parfois choquent le public. L'ours est rapidement devenu la mat&#233;rialisation symbolique de la catastrophe alors m&#234;me que sa mort n'&#233;tait pas directement due au d&#233;r&#232;glement climatique. Cristina G Mittermeier estimait, un an plus tard, avoir souhait&#233; sensibiliser, imaginer l'avenir du monde arctique, mais elle avait perdu le contr&#244;le du r&#233;cit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cristina G Mittermeier, &#171; Un an apr&#232;s, notre photographe revient sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les images &#233;taient si &#233;mouvantes qu'elles &#233;taient devenues un totem. Intouchables, il &#233;tait devenu impossible de saisir leurs nuances et de s'approprier, par le raisonnement, les id&#233;es qu'elles convoquaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image n'est pas autonome. Elle s'inscrit dans un cadre culturel plus ample qui d&#233;termine sa cr&#233;ation et sa r&#233;ception. Ainsi, face &#224; la catastrophe climatique, revient souvent, sans que nous le souhaitions, le fant&#244;me de l'in&#233;luctable apocalypse qui nous laisse l&#224;, sid&#233;r&#233;, impuissant, pris dans les phares de la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Construire la catastrophe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, Yannis Thanassekos &#233;tudie la rh&#233;torique employ&#233;e face &#224; l'&#233;v&#233;nement Auschwitz&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yannis Thanassekos, &#171; La rh&#233;torique de la catastrophe &#187;, Questions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il en conclut deux choses. Auschwitz est construit comme incompr&#233;hensible, irrepr&#233;sentable, singulier et incomparable. Ainsi, il devient un sur-&#233;v&#233;nement, un objet sanctifi&#233; inappropriable et donc extrait de toute rationalit&#233;. Thanassekos ajoute autre chose, la Shoah est devenue la matrice qui nous permet de penser toutes les catastrophes contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe environnementale n'&#233;chappe pas &#224; cette rh&#233;torique. Elle r&#233;pond aux quatre pr&#233;misses de la rh&#233;torique de la catastrophe par un m&#233;canisme de globalisation. C'est parce que ce sujet est syst&#233;matiquement envisag&#233; sous l'angle macroscopique, qu'il nous semble impossible de s'en emparer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La globalisation des enjeux environnementaux conduit &#224; leur n&#233;bulosit&#233;. Le sch&#233;ma de causalit&#233; entra&#238;nant aux d&#233;r&#232;glements environnementaux est particuli&#232;rement complexe &#224; saisir. Puisqu'il devient difficile d'identifier causes et cons&#233;quences, on tend &#224; conjuguer la catastrophe au futur proche. Elle devient alors le plus grand d&#233;fi du si&#232;cle, du mill&#233;naire, voire de l'humanit&#233;. Enfin, nombre de ses acteurs, gaz, microplastiques, particules fines, sont indiscernables, abstrayant davantage l'imaginaire que nous nous faisons de ces enjeux. C'est ce m&#233;canisme de globalisation qui hisse la catastrophe sur un pi&#233;destal, qui l'&#233;rige en sur- &#233;v&#233;nement et entra&#238;ne incompr&#233;hensibilit&#233;, incomparabilit&#233;, singularit&#233; et irrepr&#233;sentabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fixer la disparition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que la catastrophe est irrepr&#233;sentable, qu'elle est autant investie par l'image. La photographie contemporaine, qu'elle soit plasticienne ou non, s'attelle &#224; r&#233;v&#233;ler les m&#233;canismes des d&#233;r&#232;glements environnementaux. L'image photographique, pour des raisons de fid&#233;lit&#233; au visible, d'instantan&#233;it&#233; et de circulabilit&#233; est devenue la porte-parole des catastrophes, et en particulier, des catastrophes naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la photographie est fid&#232;le au visible, c'est au travers du prisme d'une perspective singuli&#232;re. Elle se construit &#224; partir du contexte culturel dans lequel &#233;volue son auteur et alimente, &#224; son tour, ce m&#234;me contexte. Lorsqu'elle se revendique plasticienne, l'image photographique, telle qu'elle est actuellement valoris&#233;e, devient d'autant plus discursive. Elle se caract&#233;rise alors par une ambivalence entre r&#233;alisme et plasticit&#233; du m&#233;dium, de la repr&#233;sentation et du discours associ&#233;. C'est en se r&#233;fugiant dans cette ambivalence que la rh&#233;torique de la catastrophe parvient &#224; s'infuser dans l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La globalisation environnementale s'incarne dans la photographie par le recours au symbole. Lorsque L&#233;a Habourdin fige, dans une grande beaut&#233;, l'&#233;vanescence, la fragilit&#233; et la d&#233;licatesse des for&#234;ts, &#233;voquant la disparition des environnements naturels primaires en Europe, ce qui l'int&#233;resse ce n'est pas tant d'identifier les for&#234;ts concern&#233;es, les raisons de leurs disparitions, ou les acteurs impliqu&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;a Habourdin, Images-for&#234;ts : des mondes en extension, 2019-2022 et L&#233;a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui l'int&#233;resse, c'est un symbole, construit par un arch&#233;type, celui de la for&#234;t primaire qui lui permet de mat&#233;rialiser un constat, celui de la disparition.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22955 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;182&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lea_habourdin_images_forets.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH328/lea_habourdin_images_forets-96cae.jpg?1763481763' width='500' height='328' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L&#233;a Habourdin, Images-for&#234;ts : des mondes en extension
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;S&#233;rigraphie sur papier velutto coton, pigments d'indigo absorb&#233; sur argile et d'indigo du persicaire, 100 x 70 cm, 2019-2022.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'arch&#233;type n'est r&#233;serv&#233; ni &#224; L&#233;a Habourdin, ni &#224; la repr&#233;sentation environnementale. Lorsque l'image n'est que restitution du visible, il est l'un des outils principaux pour transformer un objet en id&#233;e. Ce qui est int&#233;ressant, c'est qu'il est par essence affaire de globalisation. La disparition de la for&#234;t primaire est un &#233;v&#233;nement singulier que l'on amplifie et que l'on extrait de la compr&#233;hension, de la comparaison et de la repr&#233;sentation. L'arch&#233;type grandit l'objet qui devient impalpable, informe et ce faisant, inappropriable. Par ailleurs, l'arch&#233;type s'autoalimente et la for&#234;t primaire peut alors vite symboliser la nature toute enti&#232;re, objet d'autant plus n&#233;buleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en dehors de l'arch&#233;type, le symbole reste un m&#233;canisme de globalisation. C'est le cas chez Maxime Rich&#233;, lorsqu'il investit les traces des m&#233;ga-feux ayant d&#233;truit la ville de Paradise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maxime Rich&#233;, Paradise, 2020-2023&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Camp Fire, Dixie Fire, leurs causes, leurs cons&#233;quences, leurs acteurs, les traumatismes, la r&#233;silience, tout cela appara&#238;t dans le travail de Maxime Rich&#233;. Pourtant, ce dernier d&#233;crit son travail de &#171; documentaire sp&#233;culatif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteur inconnu, &#171; M&#233;ga-feux : les Damn&#233;s de &#171; Paradise &#187;, Retour en clich&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, g&#233;n&#233;ralisant l'&#233;v&#233;nement particulier en une projection de l'&#233;tat futur du monde. Il s'agit l&#224; d'une autre forme de symbole, un autre m&#233;canisme de globalisation dont on pourrait penser qu'il produit des effets semblables &#224; l'arch&#233;type.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22956 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/maxime_riche_paradise.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH400/maxime_riche_paradise-b03b2.jpg?1763481763' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Maxime Rich&#233;, Paradise, 2020-2023
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du symbole, la rh&#233;torique de la catastrophe s'immisce chez Maxime Rich&#233; dans la r&#233;f&#233;rence au mythe. Le feu a une valeur morale, il est une punition sup&#233;rieure face aux exc&#232;s humains. Rich&#233; revendique la r&#233;f&#233;rence biblique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibid.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On pourrait ainsi lire ces images par la perspective de l'apocalypse et des destructions de Sodome et Gomorrhe. Thanassekos analyse l'appel &#224; la croyance comme r&#233;ponse &#224; l'&#233;chec de la rationalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Cling et Pascal Cling, Penser Auschwitz &#8211; Dialogue entre l'historien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puisqu'il semble impossible de nommer et d'attribuer du sens face &#224; la Shoah, il devient courant de puiser dans le vocabulaire religieux. Dans l'image, la r&#233;f&#233;rence mythologique devient une marque d'incompr&#233;hension rationnelle n&#233;cessitant l'intervention d'une autre forme de registre pour &#234;tre saisissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sublimer le climat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un outil esth&#233;tique bien connu qui peut nous aider &#224; penser les effets de ces proc&#233;d&#233;s de globalisation et la rh&#233;torique de la catastrophe qu'ils semblent servir. Le sublime est n&#233; au c&#339;ur de bouleversements historiques, culturels et &#233;conomiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean de Loisy, &#171; Du sublime chez John Martin &#187;, L'art est la mati&#232;re, France (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est r&#233;investi comme grille de lecture esth&#233;tique face &#224; chacun des renversements qui se pr&#233;sentent &#224; nous. Il est intrins&#232;quement li&#233; &#224; notre relation &#224; la nature et &#224; ses changements et en ce sens, il semble particuli&#232;rement adapt&#233; pour &#233;tudier la catastrophe climatique. Il est cette exp&#233;rience de plaisir m&#234;l&#233; d'horreur p&#233;trifiante ressentie face &#224; la puissance des &#233;l&#233;ments naturels face auxquels nous nous sentons vuln&#233;rables. Il est l'extase face &#224; l'informe, l'immensit&#233;, le fracas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22952 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;161&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ansel_adams_great_tetons_snake_river.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH401/ansel_adams_great_tetons_snake_river-f0875.jpg?1763481763' width='500' height='401' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ansel Adams, Les Grands T&#233;tons et la rivi&#232;re Snake
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;tirage argentique, 39 x 48.4 cm, Archives Nationales des USA, Archives du service des parcs nationaux, 1942.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui motive le sublime c'est d'abord la grandeur de la nature et la force de ses &#233;l&#233;ments. Mais le sublime contemporain est surtout soutenu par la crainte de l'humain de se voir d&#233;passer cette puissance naturelle, de devenir capable de d&#233;truire l'environnement et ce faisant, cabale de se d&#233;truire soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Baptiste Fressoz se livre &#224; cette analyse du sublime contemporain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Baptiste Fressoz, &#171; The Anthropocenic Sublime : A Critique &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y propose une critique de l'anthropoc&#232;ne comme d'une d&#233;politisation, camoufl&#233;e sous le masque d'une romantisation des ruines, des choix et int&#233;r&#234;ts ayant conduit aux d&#233;r&#232;glements environnementaux. On pourrait alors reprocher au sublime de cacher sous l'aile de l'extase, la mise en sc&#232;ne de l'impuissance politique et de la d&#233;responsabilisation environnementale. C'est peut-&#234;tre &#231;a l'effet principal de la rh&#233;torique de la catastrophe, un spectacle &#233;mouvant de l'&#233;tat du monde provoquant la sid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Il s'agit d'&#233;nonc&#233;s path&#233;tiques qui ne s'adressent m&#234;me pas aux sentiments mais au pathos du sublime, de l'extase et de l'horreur &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Yannis Thanassekos.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yannis Thanassekos, &#171; La rh&#233;torique de la catastrophe &#187;, Questions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il mettait en garde sur la mobilisation des affects par la catastrophe. Elle nous d&#233;munit de tout outil conceptuel permettant de penser en profondeur les &#233;v&#233;nements qui s'imposent &#224; nous. On devient terrifi&#233; par les images, les &#233;v&#233;nements, la catastrophe et l'on perd toute capacit&#233; d'action pour pouvoir y r&#233;pondre. On se trouve alors dans un &#233;tat qu'il ne serait pas difficile de rapprocher de ce qu'on a tendance &#224; appeler &#233;co-anxi&#233;t&#233;. Il s'agit alors de reconna&#238;tre le contexte culturel dans lequel on &#233;volue, d'interroger les images, ce qui les compose, de d&#233;construire la peur. Regardons l'ours polaire droit dans les yeux, laissons les for&#234;ts nous engloutir, baignons-nous dans les flammes, mais seulement si c'est pour penser l'alternative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sarah Gibbens, &#171; L'agonie d'un ours polaire devient le symbole du changement climatique &#187;, National Geographic, 11 d&#233;cembre 2017. En ligne. Consult&#233; le 16 octobre 2025. &lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/environnement/lagonie-dun-ours-polaire-devient-le-symbole-du-changement-climatique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/environnement/lagonie-dun-ours-polaire-devient-le-symbole-du-changement-climatique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cristina G Mittermeier, &#171; Un an apr&#232;s, notre photographe revient sur l'agonie de l'ours polaire, et ce qu'elle symbolisait &#187;, National Geographic, 2017. En ligne. Consult&#233; le 16 octobre 2025. &lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/animaux/un-an-apres-notre-photographe-revient-sur-lagonie-de-lours-polaire-et-ce-quelle-symbolisait&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/animaux/un-an-apres-notre-photographe-revient-sur-lagonie-de-lours-polaire-et-ce-quelle-symbolisait&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yannis Thanassekos, &#171; La rh&#233;torique de la catastrophe &#187;, Questions de communication, 12, 2007, En ligne. Consult&#233; le 31 mars 2025. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.2273&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.2273&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;a Habourdin, Images-for&#234;ts : des mondes en extension, 2019-2022 et L&#233;a Habourdin, Texte de pr&#233;sentation de la s&#233;rie Images-for&#234;ts : des mondes en extension pr&#233;sent sur le site web de l'artiste. Consult&#233; en ligne le 29 janvier 2025. &lt;a href=&#034;https://www.leahabourdin.com/fr/html5-blank/images-forets/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leahabourdin.com/fr/html5-blank/images-forets/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maxime Rich&#233;, Paradise, 2020-2023&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Auteur inconnu, &#171; M&#233;ga-feux : les Damn&#233;s de &#171; Paradise &#187;, Retour en clich&#233;s sur les lieux d'une catastrophe &#187;, France 24, 2024&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Cling et Pascal Cling, Penser Auschwitz &#8211; Dialogue entre l'historien Enzo Traverso et le penseur Yannis Thanassekos, 2006, vid&#233;o en ligne sur YouTube, publi&#233;e le 28 mars 2018. Consult&#233; le 31/03/2025. &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ACOFEQqF5c4&amp;ab_channel=filmsarchiglob&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ACOFEQqF5c4&amp;ab_channel=filmsarchiglob&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean de Loisy, &#171; Du sublime chez John Martin &#187;, L'art est la mati&#232;re, France Culture, 24 juillet 2016, Emission de radio, En ligne. Consult&#233; le 01/04/2025. &lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-regardeurs/du-sublime-chez-johnmartin-3620156&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-regardeurs/du-sublime-chez-johnmartin-3620156&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Baptiste Fressoz, &#171; The Anthropocenic Sublime : A Critique &#187;, in Michael Boyden, Climate and American Literature, Cambridge, Cambridge University Press, 2021, p.288 299.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yannis Thanassekos, &#171; La rh&#233;torique de la catastrophe &#187;}, Questions de communication, 12,&lt;br class='autobr' /&gt; Paragraphe 10, 2007, En ligne. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.2273&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.2273&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Consult&#233; le 31 mars 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Ethan Swope, Sans titre, California Burning, photographie nume&#769;rique, 7 janvier 2025.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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