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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Pens&#233;es sur l'auto censure</title>
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		<dc:date>2025-11-30T18:27:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carole Douillard</dc:creator>


		<dc:subject>censure</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Voici le troisi&#232;me des six articles de notre dossier portant sur la censure. Apr&#232;s des &lt;i&gt;consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales&lt;/i&gt; (Christian Ruby) et l'&#233;tude du &lt;i&gt;Review Bombing&lt;/i&gt; (Elliott Covrigaru), au lieu d'insister sur des &#339;uvres censur&#233;es (de la fresque de Michel-Ange choquant par la nudit&#233; d&#233;sirable des corps jusqu'aux performances provocantes interdites), Carole Douillard explore un autre aspect de la censure, l'int&#233;gration des pr&#233;ceptes de la censure par les artistes, l'autocensure par cons&#233;quent, dimension &#224; plusieurs aspects, depuis le repli sur soi devant l'adversit&#233; jusqu'&#224; l'exploration de ses propres limites par l'artiste.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/censure" rel="tag"&gt;censure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH105/arton2762-53a10.jpg?1772240718' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici le troisi&#232;me des six articles de notre dossier portant sur la censure. Apr&#232;s des &lt;i&gt;consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales&lt;/i&gt; de Christian Ruby et l'&#233;tude du &lt;i&gt;Review Bombing&lt;/i&gt; par Elliott Covrigaru, au lieu d'insister sur des &#339;uvres censur&#233;es (de la fresque de Michel-Ange choquant par la nudit&#233; d&#233;sirable des corps jusqu'aux performances provocantes interdites), Carole Douillard explore un autre aspect de la censure, l'int&#233;gration des pr&#233;ceptes de la censure par les artistes, l'autocensure par cons&#233;quent, dimension &#224; plusieurs aspects, depuis le repli sur soi devant l'adversit&#233; jusqu'&#224; l'exploration de ses propres limites par l'artiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En tant qu'artiste engag&#233;e dans les formes performatives, je travaille avant tout sur la question du regard, celui qui circule entre le performer et le spectateur/regardeur&#183;e, dans l'espace et le temps de l'exposition. Un espace &#224; la fois physique et immat&#233;riel (psychique), un temps qui est celui de l'existence m&#234;me, de la relation. Les lieux dans leur dimension mat&#233;rielle et institutionnelle, jouent pour moi comme cadre &#224; la fois plastique et critique, politique. En compl&#233;ment d'actions vivantes, je m'appuie depuis quelques ann&#233;es sur des documents, des archives de l'art, du f&#233;minisme, de Susan Sontag, des Suffragettes&#8230;, qui op&#232;rent comme source &#224; une interrogation sur l'histoire et ce, celles, ceux dont &#171; on h&#233;rite &#187;, au sens propre et figur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22934 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;93&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/un_geste_blanc.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/un_geste_blanc-6fd89.jpg?1762772514' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Un geste blanc, photographie - Ph&#233;nom&#232;ne Sontag, 2025
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Carole Douillard &amp; ADAGP, Paris
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avant de r&#233;pondre &#224; la question, saillante actuellement, de savoir si, en France, la censure en art est en augmentation, je commencerai par d&#233;ployer l'id&#233;e selon laquelle l'activit&#233; professionnelle de l'artiste contemporain&#183;e d&#233;pend, dans la dur&#233;e, d'une forme d'autocensure, ou autor&#233;gulation. Il me semble qu'en tant qu'artiste, l'on est contraint&#183;e, d&#232;s notre formation (lorsqu'elle existe), de s'adapter au cadre (formel, relationnel) de notre activit&#233;. Sans cette capacit&#233; plastique d'acclimatation, d'int&#233;gration de normes implicites et/ou explicites, il apparait difficile d'&#234;tre adoub&#233;&#183;e (reconnu&#183;e) par ses paires et, surtout, de se maintenir dans l'espace et le temps du caillouteux chemin d'artiste professionnel&#183;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'entr&#233;e dans le monde de l'art, en effet, op&#232;re une tacite injonction &#224; &lt;i&gt;bien se tenir, ne pas faire de vagues&lt;/i&gt;, et &#224; &lt;i&gt;faire forme(s)&lt;/i&gt; comme il est souhait&#233; (et souhaitable). Autour des artistes, d'ailleurs, l'ensemble des acteurs et actrices professionnel&#183;les qui travaillent dans les institutions sont eux, elles-m&#234;mes pris&#183;es dans un &#233;cheveau de normes plus ou moins conscientes, plus ou moins confortables, plus ou moins supportables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la plasticit&#233; n&#233;cessaire donc &#224; toute appartenance &#224; un groupe socio-professionnel, pr&#233;server un &#233;quilibre relationnel, dans le temps, avec son environnement (&#233;cosyst&#232;me) professionnel appara&#238;t comme une condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt;. Ne serait-ce que pour int&#233;grer l'&lt;i&gt;Autre&lt;/i&gt; (les partenaires professionnel&#183;les mais aussi le public) &#224; son syst&#232;me de pens&#233;e et d'actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus adaptatif correspond &#224; un processus long, d'abord inconscient puis qui, lorsqu'il devient conscient, demande de l'attention, du recul, une distance critique afin de se &lt;i&gt;maintenir&lt;/i&gt; (tenir comme) artiste, tout en restant libre de ses actes, de ses &#339;uvres, de ses positions intellectuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'artiste, le degr&#233; d'adaptation que l'on tol&#232;re d&#233;pend sans doute de la limite que l'on se fixe &#224; soi-m&#234;me&#8230; Jusqu'o&#249; s'adapter ? A quels engagements sommes-nous pr&#234;t&#183;es &#224; renoncer (ou pas) pour nous maintenir &#224; cette place qui nous permet de poursuivre notre &#233;volution professionnelle et intellectuelle ? Et d'ailleurs, faut-il rester &#224; (la) sa place ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ne faudrait-il pas plut&#244;t &#171; se mettre constamment en jeu, risquant toujours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22935 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/the_waiting_room.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/the_waiting_room-64dd7.jpg?1762772514' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;The Waiting Room, performance, &#339;uvre du Frac M&#233;ca, 2021
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo : JC Garcia &#169; Carole Douillard &amp; ADAGP, Paris
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le champ des arts visuels, la performance n'&#233;chappe &#233;videmment pas &#224; ce processus adaptatif, elle en est m&#234;me peut-&#234;tre l'une des favorites &lt;i&gt;victimes.&lt;/i&gt; En effet, l'acte performatif, subversif par nature, se doit, assez rapidement, de (se) fixer des limites, notamment dans le rapport &#224; son propre corps et au corps de l'autre (celui des performers avec lesquel&#183;les nous travaillons, celui des personnes qui composent le public mais aussi le corps de l'institution&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire acte au lieu de Faire &#339;uvre, c'est &#224; dire produire des gestes plut&#244;t qu'exposer un objet (sculpture, peinture, installation, vid&#233;o&#8230;) au sein de lieux d&#233;volus aux arts visuels est, de fait, transgressif. Une performance est presque toujours inqui&#233;tante. Elle est instable, volatile, parfois compliqu&#233;e &#224; mettre en place, potentiellement risqu&#233;e pour le public, pour l'organisation, pour les propri&#233;taires du lieu o&#249; elle se d&#233;ploie. Elle est m&#234;me parfois risqu&#233;e pour le(s) performer(s) lui-eux-elles(s) m&#234;me(s). Elle est Vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la derni&#232;re &lt;i&gt;affaire&lt;/i&gt; de Robertis (automne 2024), je me suis, une nouvelle fois, confront&#233;e intellectuellement &#224; cette question de la limite (que l'on se fixe &#8212; ou pas &#8212; &#224; soi-m&#234;me, comme artiste) et du danger que repr&#233;sente l'acte performatif pour l'&#233;quilibre (la tranquillit&#233; ?) de l'&#233;cosyst&#232;me de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits : au cours de la prestigieuse exposition &lt;i&gt;Lacan, quand l'artiste rencontre la psychanalyse,&lt;/i&gt; au Centre Pompidou Metz, l'artiste D&#233;borah de Robertis a taggu&#233; d'un #Metoo &lt;i&gt;L'origine du monde&lt;/i&gt; de Courbet, qui &#233;tait d'ailleurs, lui-m&#234;me, un artiste subversif. Elle a &#233;galement vol&#233; une &#339;uvre d'Annette Messager appartenant &#224; Bernard Marcad&#233;, l'un des deux commissaires de l'exposition et abim&#233; l'&#339;uvre &lt;i&gt;Genital Panic,&lt;/i&gt; de Valie Export, pionni&#232;re de la performance f&#233;ministe en Europe dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exposition &#224; laquelle D&#233;borah de Robertis avait pourtant tant voulu participer (en faire partie, &lt;i&gt;en &#234;tre&lt;/i&gt; ?) &#8212; elle avait en effet, semble-t-il, fait pression pour que le mus&#233;e y int&#232;gre son travail &#8212; s'est donc r&#233;v&#233;l&#233;e le th&#233;&#226;tre d'un scandale sc&#233;naris&#233;, &lt;i&gt;perform&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de cet &#233;v&#232;nement, j'ai publi&#233; un texte &#224; propos de ces actes perp&#233;tr&#233;s au nom du f&#233;minisme. J'y indiquais qu'&#224; mon sens, D&#233;borah de Robertis avait rat&#233; son but. Si l'enjeu symbolique de son action &#233;tait de d&#233;noncer les rapports de dominations et les violences masculinistes du monde de l'art contemporain &#8212; notamment la relation de l'artiste femme au commissaire d'exposition homme &#8212; dans la forme, elle avait &#233;t&#233; agressive avant tout envers les artistes Gustave Courbet d'une part, mais aussi et surtout Annette Messager et Valie Export. Au-del&#224; du scandale (ou pour lui ?), elle avait, de mon point de vue, transgress&#233; une r&#232;gle f&#233;ministe tacite et fondamentale : celle de ne pas s'attaquer, en tant que femme, au travail, aux corps, aux &#339;uvres d'autres femmes. La &lt;i&gt;limite&lt;/i&gt; de son action me semble avoir port&#233; au moins sur deux plans : d'une part, elle s'en est prise &#224; des &#339;uvres, objets sacr&#233;s pour la plupart des artistes (cette dimension sacr&#233;e, r&#233;v&#233;r&#233;e des &#339;uvres d'art est d'ailleurs une question&#8230;), d'autre part et avant tout, elle s'en est prise &#224; des &#339;uvres produites et pens&#233;es par des femmes, tout en pr&#233;tendant d&#233;fendre la cause f&#233;ministe, ce qui est pour le moins paradoxal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que vient donc faire le r&#233;cit de cette action dans un texte sur l'autocensure ? Eh bien, d'une part mon positionnement &#224; son propos m'a &#233;t&#233; reproch&#233; publiquement par des proches de l'artiste et l'artiste elle-m&#234;me (aurais-je d&#251; me taire ? Pourquoi ?). D'autre part, cette action m'appara&#238;t comme une contreforme de l'autocensure. Les limites &lt;i&gt;de ce qui se fait ou pas&lt;/i&gt; doivent &#234;tre repouss&#233;es (et repens&#233;es) sans cesse : c'est la condition m&#234;me du travail n&#233;cessairement &#233;mancipateur de l'art. Mais dans ce cas, la provocation s'est substitu&#233;e &#224; la transgression &#233;mancipatrice. Cette fois, l'autocensure, ou du moins la distance critique, l'analyse fine du contexte, la pr&#233;cision formelle de l'action, n'auraient-elles pas &#233;t&#233; n&#233;cessaires afin de viser (plus) juste ? Par &lt;i&gt;viser juste,&lt;/i&gt; j'entends : d&#233;noncer le patriarcat sans d&#233;truire les &#339;uvres d'autres femmes et artistes, toucher (au sens figur&#233;) le(s) commissaire(s)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les deux commissaires de l'exposition, outre Bernard Marcad&#233;, cible (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'institution, le syst&#232;me de l'art, plut&#244;t que les &#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22932 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;192&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/_film_still.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/_film_still-0fc64.jpg?1772217804' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Idir, Carole Douillard &amp; Babette Mangolte, Film still de la performance &#233;ponyme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Collection Carr&#233; d'Art, N&#238;mes et Kadist (Paris, San Francisco), 2018 &#169; Carole Douillard &amp; ADAGP, Paris
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une autre exp&#233;rience m'a r&#233;cemment pos&#233; question. Lors des derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives, en juillet 2024, j'ai publi&#233; sur le r&#233;seau social Facebook, un post qui posait la question de l'importance de la dimension subversive de l'art contemporain dans l'espace public, m&#234;me si son contenu ne l'est pas directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que j'avais &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; La ville de Nantes, qui d&#233;veloppe une politique de gauche, pionni&#232;re de l'art dans la ville, ne devrait-elle pas profiter du V.A.N. (&lt;i&gt;Voyage &#224; Nantes&lt;/i&gt;) pour proposer dans l'espace public (aux publics) des &#339;uvres qui font penser plut&#244;t que des objets pour la plupart amusants, distrayants (inoffensifs ?)&#8230; qui se consomment du regard, tout comme la majorit&#233; des objets pr&#233;sents dans un centre-ville ? &#187;&lt;/i&gt; Mon interpellation &#233;tait sans doute vive et directe, un peu provocatrice &#8212; il faut dire que le Rassemblement National &#233;tait &#224; la porte du pouvoir &#8212; mais il me semble que d&#233;ployer l'art dans nos espaces communs rel&#232;ve de la responsabilit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je continue &#224; croire, en effet, que l'art public peut, doit (?), &lt;i&gt;faire penser.&lt;/i&gt; Il ne peut pas (ne peut plus) se substituer aux objets consommables qui peuplent le r&#233;el, sous peine de devenir inactif, d&#233;sactiv&#233;, inop&#233;rant comme &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux heures apr&#232;s avoir post&#233; cette publication, il m'a &#233;t&#233; signifi&#233;, par la direction du V.A.N., que je faisais &#171; le jeu du RN &#187;, en critiquant publiquement le contenu d'une &#339;uvre, dans le cadre de cet &#233;v&#233;nement festif et populaire. En effet, le V.A.N. est r&#233;guli&#232;rement attaqu&#233; par l'extr&#234;me-droite qui lui reproche idiotement de &#171; faire n'importe quoi &#187; et de gaspiller l'argent public dans des futilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, je pense &#233;videmment que l'art doit absolument &#234;tre financ&#233; et rester tr&#232;s pr&#233;sent et accessible &#224; tous les publics, mais que, dans ces espaces du commun, un certain nombre d'&#339;uvres aux formes ou aux contenus subversifs, &lt;i&gt;probl&#233;matiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le sens de &#171; l'ensemble des questions qui sont pos&#233;es par une situation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;,&lt;/i&gt; non consommables (comme les &#339;uvres immat&#233;rielles ou processuelles par exemple) devraient &#234;tre int&#233;gr&#233;es &#224; ces &#233;v&#233;nements populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux attaques morales actuelles et &#224; la r&#233;gression des soutiens financiers pour la culture, n'est-il pas n&#233;cessaire d'affirmer la dimension critique (politique) de l'art ? Les citoyen&#183;nes qui se d&#233;placent dans les villes ne doivent-ils-elles pas, d'abord, se sentir interpell&#233;&#183;es, questionn&#233;&#183;es, concern&#233;&#183;es dans leur pr&#233;sence au monde, plut&#244;t que seulement s&#233;duit&#183;es par une forme artistique sympathique et docile, instagrammable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je renvoie &#224; ce propos &#224; l'excellent projet de la derni&#232;re biennale d'Oslo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que les curateurs Eva Gonz&#225;lez-Sancho Bodero et Per Gunnar Eeg-Tverbakk, avaient pens&#233; d'abord comme un &#233;v&#232;nement politique : &lt;i&gt;&#171; We explore, question, disrupt, and embrace public space and what happens in it &#8212; we do not treat public space as an alternative exhibition space. &#187;&lt;/i&gt; ( &lt;i&gt;&#171; Nous explorons, questionnons, perturbons et embrassons l'espace public et ce qui s'y passe &#8212; nous ne traitons pas l'espace public comme un espace d'exposition alternatif. &#187;&lt;/i&gt; )&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;172&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/the_viewers.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH363/the_viewers-e4b45.jpg?1762772514' width='500' height='363' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;The Viewers, performance, exposition &#171; Des Choses en moins, des choses en plus &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Palais de Tokyo, 2014, Collection du CNAP &#169; Carole Douillard &amp; ADAGP, Paris
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du V.A.N., aurait-il fallu ne rien dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par id&#233;alisme sans doute, je pr&#233;f&#232;re me risquer, dans un entrain parr&#232;siastique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; travers le concept de parr&#234;sia, Foucault propose une nouvelle mani&#232;re de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; toujours d&#233;fendre une parole sinc&#232;re, ouverte, parfois complexe, une &#233;coute alerte, une discussion vive, o&#249; la controverse et le d&#233;saccord sont toujours possibles et permettent &#224; la pens&#233;e de s'aventurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, il m'apparait que la censure, l'interdiction de dire ou de faire, est irrecevable lorsqu'elle provient d'un tiers, d'un&#183;e autre que soi ou d'une institution mais/et que l'autor&#233;gulation, du moins la conscience affin&#233;e du contexte dans lequel on agit, toujours humain, toujours relationnel, toujours signifiant, ainsi que la justesse de la forme plastique de la contestation, sont indispensables, si tant est que l'on veuille ne pas noyer l'enjeu de nos engagements sous une spectacularit&#233; qui nuit &#224; la clart&#233; m&#234;me du discours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.carole-douillard.com" class="spip_out"&gt;http://www.carole-douillard.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ne faudrait-il pas plut&#244;t &lt;i&gt;&#171; se mettre constamment en jeu, risquant toujours une d&#233;prise de soi n&#233;cessaire &#224; l'&#233;mergence d'une vie autre ? &#187;&lt;/i&gt; - In&lt;i&gt; Michel Foucault, Discours et V&#233;rit&#233;, La parr&#234;sia&lt;/i&gt; - Ed.Vrin, 2016&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi les deux commissaires de l'exposition, outre Bernard Marcad&#233;, cible principale de D&#233;borah de Robertis, figure Marie-Laure Bernadac (par ailleurs compagne de B.Marcad&#233;), qui a toujours d&#233;fendu et soutenu le travail des artistes femmes, dont Annette Messager, et est &#224; l'initiative, entre autres, de l'exposition &#171; F&#233;minin-Masculin, le sexe de l'art &#187;, au Centre Pompidou, en 1996.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/cynnLg6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/cynnLg6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le sens de &lt;i&gt;&#171; l'ensemble des questions qui sont pos&#233;es par une situation &#187;&lt;/i&gt; (Larousse)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.oslobiennalen.no/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.oslobiennalen.no/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; &#192; travers le concept de parr&#234;sia, Foucault propose une nouvelle mani&#232;re de probl&#233;matiser la relation entre discours vrai et transformation de soi. Ce travail sur soi implique une remise en question constante, mais surtout elle implique une vigilance permanente &#224; l'&#233;gard du monde, des autres et de soi-m&#234;me. &#187;&lt;/i&gt; Maria Andrea Rojas in &lt;i&gt;Michel Foucault : la &#034;parr&#234;sia&#034;, une &#233;thique de la v&#233;rit&#233;.&lt;/i&gt; Philosophie. Universit&#233; Paris-Est, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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