<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.tk-21.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>TK-21 </title>
	<link>https://www.tk-21.com/</link>
	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.tk-21.com/spip.php?id_auteur=4253&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>TK-21 </title>
		<url>https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L144xH172/siteon0-33817.png?1772187034</url>
		<link>https://www.tk-21.com/</link>
		<height>172</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Francis Picabia et la M&#233;diterran&#233;e</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Francis-Picabia-et-la-Mediterranee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Francis-Picabia-et-la-Mediterranee</guid>
		<dc:date>2026-07-30T12:20:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesca Caruana</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Dada</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sent&#233; en 2024 une approche particuli&#232;re du cubisme &#224; C&#233;ret avec l'exposition de Max Jacob, le mus&#233;e d'art moderne de C&#233;ret pr&#233;sente cette ann&#233;e un tr&#232;s bel ensemble de l'artiste du d&#233;but du XX&#7497; si&#232;cle Francis Picabia, cubiste, dada&#239;ste, un &#171; iste &#187; de tout poil tant l'homme est original.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Dada" rel="tag"&gt;Dada&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH124/6-c4392.jpg?1785414781' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sent&#233; en 2024 une approche particuli&#232;re du cubisme &#224; C&#233;ret avec l'exposition de Max Jacob, le mus&#233;e d'art moderne de C&#233;ret pr&#233;sente cette ann&#233;e un tr&#232;s bel ensemble de l'artiste du d&#233;but du XX&#7497; si&#232;cle Francis Picabia, cubiste, dada&#239;ste, un &#171; iste &#187; de tout poil tant l'homme est original.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'instar de l'intitul&#233; pr&#233;c&#233;dent (&#171; Le cubisme fantasque de Max Jacob &#187;) le titre aurait pu s'appliquer aussi &#224; Picabia. Car en mati&#232;re de fantasque il &#233;tait connaisseur, excessif en tout, assorti d'un go&#251;t pour la d&#233;mesure et la d&#233;rision. De ce point de vue il l'&#233;tait vis-&#224;-vis de l'art, il ne croit ni &#224; la peinture ni &#224; l'art et &#224; d&#233;faut d'&#234;tre novateur il commen&#231;a par imiter les impressionnistes &#224; partir de cartes postales, non sans induire une sorte de contradiction au projet impressionniste qui avait fait de l'ext&#233;rieur et de la peinture sur motif les bases de leurs recherches. Mais Picabia passe son temps &#224; se faire plaisir. Il est issu d'une famille bourgeoise de p&#232;re cubain et de m&#232;re fran&#231;aise. Dans le contexte incertain du d&#233;but du si&#232;cle, la fortune familiale a son importance car il disposera des moyens n&#233;cessaires pour fuir les conflits qui frappent la France, et voyager chaque fois que n&#233;cessaire. L'exposition s'int&#233;resse pr&#233;cis&#233;ment &#224; la vingtaine d'ann&#233;es entre 1910 et 1930, o&#249; suivre sa mobilit&#233; artistique c'est disposer du fil conducteur de son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accrochage d&#233;bute par la p&#233;riode des &#339;uvres m&#233;caniques et son passage new-yorkais qui fut un choc. A l'occasion de sa participation &#224; &lt;i&gt;l'Armory show,&lt;/i&gt; il s&#233;journe &#224; New-York et rencontre surtout Alfred Stieglitz, auteur de la revue 291 dans laquelle le photographe publie aussi des dessins d'ing&#233;nieurs, des moteurs, des pi&#232;ces m&#233;caniques en r&#233;f&#233;rence &#224; l'imaginaire dada&#239;ste prenant quelque distance avec le cubisme. Dans la premi&#232;re pi&#232;ce de l'exposition, un tr&#232;s beau dessin &#224; l'encre de chine repr&#233;sente vaguement une pi&#232;ce de moteur, il est intitul&#233; &#171; Vanit&#233; &#187; ; cette pi&#232;ce met en condition le visiteur en faisant se t&#233;lescoper tout de suite texte et image. Picabia fait ici un raccourci ou un pr&#233;cipit&#233; du genre des vanit&#233;s de la peinture classique, en troquant un dispositif d'ordre dada&#239;ste fraichement adopt&#233; pour repr&#233;senter un objet d&#233;nu&#233; d'int&#233;r&#234;t, et d&#233;sacraliser la peinture en la d&#233;pouillant de ses crit&#232;res banals. L'&#339;uvre intitul&#233;e &lt;i&gt;Machine&lt;/i&gt; (1916-17) elle, ne doit rien &#224; la pr&#233;cision m&#233;canique mais atteste des paradoxes plastiques que Picabia active entre la pr&#233;cision technique d'une &#339;uvre comme &lt;i&gt;Embarras&lt;/i&gt; (1914), quasi g&#233;om&#233;trique en dehors de la volute du bas de la toile, et une certaine gestualit&#233; contradictoire avec la mati&#232;re que les objets sont cens&#233;s &#233;voquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite une suite espagnole avec des s&#233;ries de portraits de femmes &#224; la peinture ou au crayon, embl&#233;matiques d'une culture hispanique presque caricaturale, parmi lesquels s'ins&#232;re &lt;i&gt;la Femme avec mantille&lt;/i&gt; (1917) de Picasso, m&#234;me posture, m&#234;me regard fixe. Mais sa &lt;i&gt;Nuit espagnole&lt;/i&gt; vient saper l'acad&#233;misme de ses voisines, montrant deux danseurs en noir et blanc, marqu&#233;s de cibles mettant l'accent sur la capacit&#233; de Picabia &#224; casser les codes, &#224; ne croire &#224; rien, et surtout pas &#224; la constance des formes. Les &lt;i&gt;&#201;tudes&lt;/i&gt; &#224; la peinture de Sonia Delaunay (1915) et Juliette Roche (1916) affirment de leur c&#244;t&#233; des compositions &#233;labor&#233;es, construites selon les crit&#232;res cubistes ou &#171; orphiques &#187; comme le proposait Apollinaire. Gleizes avec &lt;i&gt;Danseuse espagnole&lt;/i&gt; 1916 ou le rare Marius de Zayas 1911-1913 avec &lt;i&gt;Portrait pr&#233;sum&#233; de l'actrice&lt;/i&gt; compl&#232;tent le th&#232;me flamenca. Les femmes artistes peu montr&#233;es habituellement sont largement repr&#233;sent&#233;es par Juliette Roche, Natalia Gontcharova, Marie Laurencin, Olga Sacharoff faisant &#233;tat d'une forme artistique de l'exil avec ses appropriations culturelles et les modes d'expression qui s'ensuivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les artistes fuyaient la guerre en Catalogne, sur la C&#244;te d' Azur, le peintre-po&#232;te rejoint &#224; Tossa del mar Albert Gleize, Juliette Roche, Marie Laurencin, Olga Sacharoff et son compagnon, ami d'Arthur Cravan (dont il faut signaler au passage, l'affiche du combat pr&#233;vu avec son adversaire, le boxeur Jack Johnson, est pr&#233;sente dans l'exposition mais dont la peinture du boxeur par Van Dongen a &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;e par la palais princier de Monaco). C'est dans ce contexte foisonnant que Picabia impressionn&#233; &#224; New-York par la revue 291 en fait part au marchand d'art barcelonais Josep Dalmau qui lui propose de la poursuivre. Picabia cr&#233;era alors la revue 391. Dalmau est un personnage important car il sera &#224; l'origine de la premi&#232;re exposition du cubisme en Espagne en n'h&#233;sitant pas &#224; montrer ces artistes d'avant-garde (mais aussi en offrant &#224; Mir&#242; sa premi&#232;re exposition personnelle). Le mus&#233;e de C&#233;ret fait la d&#233;monstration sur ce sujet d'un remarquable travail de documentation rendant l'exposition attractive &#224; plusieurs &#233;gards.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/14_391_no3_barcelone_1917__cre_dit_photographique_suzanne_nagy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH688/14_391_no3_barcelone_1917__cre_dit_photographique_suzanne_nagy-e4ed6.jpg?1784893831' width='500' height='688' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;391, n&#176;3, Barcelone, 1917.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Cre&#769;dit photographique : Suzanne Nagy &#169; ADAGP, Paris
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'exposition d&#233;couvre donc la double pr&#233;sence des revues 291 et 391, cette cohabitation exceptionnelle rend compte de la richesse d'expression des artistes ayant contribu&#233; &#224; ces revues mais aussi la relation &#233;troite que Picabia a entretenue avec la po&#233;sie. Les &#339;uvres se croisent dans cet espace au sein de tensions esth&#233;tiques fortes li&#233;es aux d&#233;placements, &#224; une forme d'exil, au besoin de cr&#233;er, et de puiser &#224; des sources culturelles diff&#233;rentes. Dans la revue 391 Picabia excelle &#224; ces dessins m&#233;caniques qu'il humanise en faisant d'un rouage une t&#234;te de taureau, d'une h&#233;lice une sorte de plastron de serveur, avec l'espi&#232;glerie de l&#8216;intituler &#171; Marie &#187; sur le revers blanc en guise de pochette et d&#8216;inscrire plus bas : Barcelone. Vraisemblablement Picabia agit sur la presque homophonie phon&#233;tique avec Paris- Barcelone faisant allusion peut-&#234;tre &#224; Marie Laurencin ? Tout est possible avec Picabia car rien n'est interdit, de m&#234;me que le dessin &lt;i&gt;Novia&lt;/i&gt; dans le num&#233;ro du 9 de janvier 1917 renvoie &#224; &lt;i&gt;La mari&#233;e mise &#224; nu&lt;/i&gt; de Duchamp, elle-m&#234;me interpr&#233;t&#233;e en miniature dans l'exposition sous le titre &lt;i&gt;Neuf Moules M&#226;lic.&lt;/i&gt; La spirale de correspondances ne s'arr&#234;te jamais avec Picabia. Il faut se souvenir que Duchamp et Picabia furent une paire d'artistes aussi essentielle pour la posture dada que fut le couple Braque-Picasso, mais sa compagne et femme Gabrielle Buffet n'est pas pour rien dans l'affaire, elle qui traquait encore mieux que lui les acad&#233;mismes &#224; d&#233;construire, comme le d&#233;crira plus tard Derrida. Les ricochets visuels exercent notre regard tour &#224; tour sur les &#339;uvres et sur les pages des deux revues, dont l'exceptionnelle maquette du n&#176;14 de 391, qui r&#233;v&#232;le d'une certaine mani&#232;re la mati&#232;re de ce qui constituera la po&#233;sie visuelle, si productive actuellement. Plus qu'un style, Picabia d&#233;veloppe une attitude : celle d'un cr&#233;ateur qui pr&#233;f&#232;re l'exp&#233;rimentation, le doute et le plaisir de l'invention &#224; toute fid&#233;lit&#233; doctrinale. Son parcours appara&#238;t comme une c&#233;l&#233;bration de la libert&#233; et de la capacit&#233; de l'art &#224; se r&#233;inventer sans cesse. Si nous pouvons penser que pour Picasso, l'invention venait souvent de celle des formes, chez Picabia, elle passe par leur abandon ou leur n&#233;gligence volontaire. L'un construit des syst&#232;mes ; l'autre les d&#233;truit avec une jubilation constante. Le rapprochement propos&#233; par l'exposition rend perceptible cette tension f&#233;conde. Il faut se souvenir qu'il est r&#233;volutionnaire et que son &#339;uvre &lt;i&gt;Caoutchouc&lt;/i&gt; (1909) non pr&#233;sente dans l'exposition fut une premi&#232;re forme d'abstraction m&#234;me si &#233;tait indiff&#233;rent au fait d'en &#234;tre le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; auteur avant m&#234;me Kandinsky. N&#233;anmoins l'&#339;uvre parle d'elle-m&#234;me mais son comportement ne l'a pas conduit &#224; jouir d'une cr&#233;dibilit&#233; imm&#233;diate. Amateur de voitures, de femmes, exub&#233;rant, th&#233;&#226;tralisant toutes les id&#233;es en les d&#233;montant, les contrariant avec une d&#233;rision et une ironie souvent moqueuses, l'homme est artiste jusqu'aux bouts des ongles et dot&#233; d'un anticonformisme en tout. Sauf peut-&#234;tre avec les femmes qu'il a aim&#233;es, surtout Gabrielle Buffet dont il acceptait l'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe tout au long du parcours c'est la capacit&#233; du mus&#233;e &#224; &#233;viter l'effet de catalogue. Les &#339;uvres ne sont pas simplement juxtapos&#233;es ; elles construisent un v&#233;ritable r&#233;seau de correspondances. On y trouve une s&#233;rie de peintures de Serge Charchoune, des photographies en noir et blanc d'&#339;uvres d'H&#233;l&#232;ne Grunhoff, qu'il a mont&#233;es sur carton non dat&#233;es, attestant de la richesse des &#233;changes culturels et amicaux parmi ces groupes d'artistes qui &#224; la diff&#233;rence de ceux d'aujourd'hui, partageaient d'effectives questions plastiques. On comprend progressivement que les avant-gardes ne sont pas une succession de mouvements autonomes mais un ensemble de conversations permanentes. Les artistes empruntent, d&#233;tournent, contestent, r&#233;pondent. &#192; la fin du parcours, il faut s'arr&#234;ter sur les peintures de Picabia de la s&#233;rie &lt;i&gt;Transparences&lt;/i&gt; (ann&#233;es 1925-1927) o&#249; les lignes de surlignement du sujet se confondent avec le fond, se dispersent sur la toile, sans aucun d'un espace raisonn&#233;, se rapprochant en cela de la facture de Picasso avec une libert&#233; de couleurs et de distribution des formes qui lui sont propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition invite ainsi &#224; reconsid&#233;rer la notion m&#234;me d'avant-garde. Plut&#244;t qu'une marche lin&#233;aire vers un quelconque d&#233;veloppement esth&#233;tique, elle appara&#238;t ici comme une succession de d&#233;placements g&#233;ographiques, intellectuels et affectifs. Les voyages entre New York, Barcelone, Paris et C&#233;ret deviennent des moteurs de cr&#233;ation autant que les innovations formelles. La modernit&#233; na&#238;t des circulations et de l'importance tenue par la pr&#233;sence des femmes peintres qui l'entouraient. Didi-Huberman parle d'une &#171; survivance &#187; (&lt;i&gt;Nachleben&lt;/i&gt;) des formes. L'exposition en offre une d&#233;monstration exemplaire. Les couleurs orphiques des Delaunay r&#233;apparaissent autrement chez Picabia ; certaines constructions cubistes semblent d&#233;j&#224; annoncer des abstractions futures ; les figures d&#233;licates de Marie Laurencin introduisent, au sein m&#234;me de l'avant-garde, une temporalit&#233; plus lente, presque d&#233;cal&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la qualit&#233; remarquable des pr&#234;ts consentis par de nombreuses institutions fran&#231;aises et espagnoles (coll.Thyssen), c'est pr&#233;cis&#233;ment cette approche relationnelle qui fait la force du projet scientifique. L'exposition montre que les &#339;uvres ne prennent v&#233;ritablement sens qu'&#224; travers les r&#233;seaux humains qui les rendent possibles. Picabia repr&#233;sente un point d'intersection entre des artistes, des villes, des cultures et des imaginaires. En quittant les salles du mus&#233;e, une &#233;vidence s'impose : la M&#233;diterran&#233;e n'est pas ici le sujet de l'exposition, elle en constitue la m&#233;thode en proposant une mani&#232;re de penser l'histoire de l'art comme une g&#233;ographie des &#233;changes. &#192; l'heure o&#249; les r&#233;cits de la modernit&#233; cherchent &#224; d&#233;passer leurs anciennes fronti&#232;res, l'exposition de C&#233;ret rappelle que les avant-gardes se sont construites dans les passages et les rencontres, et &#224; rebours des r&#233;cits traditionnels qui font de Paris ou de New York les foyers exclusifs de la modernit&#233;. Le parcours montre combien la M&#233;diterran&#233;e et plus pr&#233;cis&#233;ment l'espace catalan, constitue un laboratoire essentiel dans la constitution des avant-gardes europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mus&#233;e d'art moderne de C&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
8, boulevard Mar&#233;chal-Joffre, 66400 C&#233;ret&lt;br class='autobr' /&gt;
Horaires d'ouverture :&lt;br class='autobr' /&gt;
Du 1er juillet au 31 ao&#251;t : tous les jours de 10 h &#224; 19 h.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du 1er septembre au 29 novembre : du mardi au dimanche de 10 h &#224; 18 h.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.musee-ceret.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.musee-ceret.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture : Francis Picabia, Embarras, 1914, aquarelle et crayon sur papier colle&#769; sur carton, 53,8 x 64,7 cm, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid. Cre&#769;dit photographique : Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid. &#169; ADAGP, Paris&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/mamc_o_expo_picabia-aff_sucette_2m2-175x118-picabia-hd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/mamc_o_expo_picabia-aff_sucette_2m2-175x118-picabia-hd.jpg' width=&#034;544&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entrer dans l'histoire de l'art en exil</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Entrer-dans-l-histoire-de-l-art-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Entrer-dans-l-histoire-de-l-art-en</guid>
		<dc:date>2026-07-04T19:39:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesca Caruana</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au printemps 2026, le M&#233;morial du Camp de Rivesaltes accueille en partenariat avec le Mus&#233;e d'Art moderne de Collioure, l'exposition &lt;i&gt;Art en exil,&lt;/i&gt; vaste constellation consacr&#233;e aux artistes d&#233;plac&#233;s, r&#233;fugi&#233;s ou contraints &#224; la fuite entre 1920 et 1945. Au c&#339;ur du projet, deux expositions s'interp&#233;n&#232;trent : &lt;i&gt;Les jours clairs sont rares&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Je laisse la peinture pour plus tard.&lt;/i&gt; Le d&#233;placement de l'exposition vers le M&#233;morial &#8211; en raison de la fermeture temporaire du mus&#233;e de Collioure pour r&#233;novation &#8211; produit un effet d&#233;cisif. Les &#339;uvres ne sont plus seulement montr&#233;es : elles sont replac&#233;es dans une architecture de m&#233;moire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/les_jours_clairs_4_artiste_contemporaine-1ed4b.jpg?1783194122' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au printemps 2026, le M&#233;morial du Camp de Rivesaltes accueille en partenariat avec le Mus&#233;e d'Art moderne de Collioure, l'exposition &lt;i&gt;Art en exil,&lt;/i&gt; vaste constellation consacr&#233;e aux artistes d&#233;plac&#233;s, r&#233;fugi&#233;s ou contraints &#224; la fuite entre 1920 et 1945. Au c&#339;ur du projet, deux expositions s'interp&#233;n&#232;trent : &#171; Les jours clairs sont rares &#187; et &#171; Je laisse la peinture pour plus tard &#187;. Le d&#233;placement de l'exposition vers le M&#233;morial &#8211; en raison de la fermeture temporaire du mus&#233;e de Collioure pour r&#233;novation &#8211; produit un effet d&#233;cisif. Les &#339;uvres ne sont plus seulement montr&#233;es : elles sont replac&#233;es dans une architecture de m&#233;moire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Rivesaltes, l'art ne dialogue pas avec le confort silencieux du mus&#233;e mais avec un lieu de rel&#233;gation, d'internement et d'exil r&#233;el et cette situation transforme profond&#233;ment le regard. Les tableaux apparaissent moins comme des objets esth&#233;tiques que comme des surfaces de survie. Le camp de Rivesaltes fut un sinistre centre d'internement, qui vit d&#233;filer Tsiganes, Espagnols, et Juifs, avec pour tout motif, si les choses peuvent &#234;tre dites avec euph&#233;misme, le fait que ces personnes se trouvaient l&#224; o&#249; elles ne devaient pas &#234;tre, l&#224; o&#249; elles n'avaient jamais de place politique, ethnique, religieuse. Contraints &#224; l'exil, de nombreux artistes se rapproch&#232;rent de cette r&#233;gion frontali&#232;re o&#249; des ann&#233;es plus tard, ce camp est devenu un lieu de m&#233;moire, voulu par un pr&#233;sident de d&#233;partement de l'&#233;poque, Christian Bourquin, qui &#339;uvra r&#233;solument pour que ce qu'il est devenu aujourd'hui. Ainsi la place de ceux qui ont p&#226;ti de l'ostracisme ne s'effacera plus. Le lieu consacre toute sa comp&#233;tence &#224; un exercice d'&#233;quilibre entre la n&#233;cessit&#233; d'informer sur ce pass&#233; et l'organisation attractive d'expositions th&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'art ne sauve pas. &#187; La formule ouvre cette exposition doublement, d'une part avec &lt;i&gt;Les jours clairs sont rares,&lt;/i&gt; exposition qui d&#233;ploie un parcours d'une rare densit&#233; historique et &#233;motionnelle : celui d'artistes juifs et europ&#233;ens venus d&#232;s le d&#233;but du XX&#7497; si&#232;cle, ayant trouv&#233;, dans les paysages m&#233;diterran&#233;ens de Collioure, C&#233;ret ou Tossa de Mar, un refuge provisoire pour se mettre &#224; l'abri des secousses du monde sur ce territoire frontalier. D'autre part avec &lt;i&gt;Je laisse la peinture pour plus tard,&lt;/i&gt; exposition de l'artiste Otto Freundlich fuyant l'Allemagne nazie. Les deux &#233;v&#233;nements doivent leurs titres aux dialogues emprunt&#233;s &#224; Freundlich et sa compagne, Jeanne Kosnick-Kloss, elle-m&#234;me artiste. Deux accrochages enrichis d'&#339;uvres de Chagall, Kiko&#239;ne, Hecht, Blatas, Kr&#233;m&#232;gne, pr&#234;t&#233;es par le mus&#233;e d'Art moderne de C&#233;ret. La collaboration entre ces institutions fait &#233;tat de l'importance des enjeux historiques et esth&#233;tiques. Treize artistes pass&#233;s par les Pyr&#233;n&#233;es-Orientales dans la premi&#232;re moiti&#233; du XX&#7497; si&#232;cle retracent les paysages, les diff&#233;rentes factures plastiques et les situations historiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vue_d_ensemble.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH355/vue_d_ensemble-947d2.jpg?1781963249' width='500' height='355' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res salles montrent comment nombre d'artistes exil&#233;s &#8211; souvent issus de ce que l'on appelle l'&#171; &#201;cole de Paris &#187; &#8211; furent attir&#233;s par la lumi&#232;re m&#233;diterran&#233;enne. Mais cette lumi&#232;re n'a rien d'idyllique. Les paysages de Collioure ou de C&#233;ret semblent travers&#233;s d'une inqui&#233;tude sourde. Dans plusieurs &#339;uvres, les lignes se contractent, les couleurs vibrent jusqu'&#224; la dissonance, les perspectives se ferment. Le paysage devient psychique. Le parcours montre comment ces artistes projettent d&#233;j&#224; dans les paysages du Sud une inqui&#233;tude li&#233;e &#224; la mont&#233;e des nationalismes europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition ne cherche pas &#224; opposer art et histoire, tout au contraire, elle les entrem&#234;le. Une chronologie accompagne les &#339;uvres, inscrivant chaque cr&#233;ation dans son contexte : mont&#233;e des totalitarismes, r&#244;le du r&#233;gime de Vichy, enfermement, d&#233;portation. Pour C&#233;line Sala-Pons, ces &#339;uvres sont autant de traces : &lt;i&gt;&#171; une mani&#232;re d'entrer dans l'histoire par l'art &#187;.&lt;/i&gt; L'art comme veille dans la nuit de l'Histoire. Les paysages de lumi&#232;re deviennent le th&#233;&#226;tre d'un exil artistique marqu&#233; par les pers&#233;cutions, les migrations forc&#233;es et la m&#233;moire des catastrophes europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre Collioure et Rivesaltes, l'art ne sauve peut-&#234;tre pas. Mais il persiste. Et, dans cette persistance m&#234;me, il trace une m&#233;moire &#8211; fragile, n&#233;cessaire, profond&#233;ment actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/mela_muter_recadre_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH374/mela_muter_recadre_-889f2.jpg?1781963249' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Mela Muter
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le d&#233;partement des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, comme d'autres de sinistre m&#233;moire, a &#171; accueilli &#187; &#224; des degr&#233;s divers ces r&#233;fugi&#233;s qui se risquaient &#224; quelque dissidence et fuyaient les r&#233;gimes totalitaires, ils ne pouvaient de plus pour certains se d&#233;partir d'une &#233;tiquette d'art d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. &lt;i&gt;&#171; Ces artistes nous racontent une histoire simple et violente &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume C&#233;line Sala-Pons. Le raccourci est probant en ce que l'exposition fait la preuve de l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er pour ces &#234;tres accul&#233;s &#224; l'injustice de la guerre, au d&#233;placement, &#224; l'isolement. Parmi eux, Pinchus Kr&#233;m&#232;gne, qui avait fui le tsarisme, ou encore Alice Hohermann, artiste polonaise morte &#224; Auschwitz apr&#232;s son arrestation &#224; la fronti&#232;re espagnole. La pr&#233;sence de certains dans les Pyr&#233;n&#233;es-Orientales a &#233;t&#233; d&#233;couverte au cours des recherches men&#233;es pour ce projet, d'autres sont des figures de l'art plus connues comme Marc Chagall (&lt;i&gt;L'ange et l'artiste&lt;/i&gt;, 1924. Estampe, pr&#234;t&#233;e par le Mus&#233;e d'art moderne de C&#233;ret) exil&#233; aux &#201;tats-Unis apr&#232;s avoir fui son pays, tous, t&#233;moignent d'une part de leur d&#233;sir de libert&#233; d'expression mais aussi de la singularit&#233; de leur travail diff&#233;remment influenc&#233; par la lumi&#232;re qu'ils ont trouv&#233;e dans ce paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une apr&#232;s l'autre, les &#339;uvres t&#233;moignent de leur r&#233;sistance : celles de Mela Muter, Michel Kiko&#239;ne, Arbit Blatas ami de Kr&#233;m&#232;gne, George Kars ou encore de Joseph Hecht, s'invitant, se conseillant les uns les autres de se retrouver en terre catalane. Les peintures de Max Birrer montrent les paysages de Collioure de 1936, dont les nuances color&#233;es annoncent l'avenir sombre qui s'ensuivra. Malgr&#233; la pers&#233;cution, tous continuent de cr&#233;er. Dans le m&#234;me esprit pr&#233;monitoire, la composition d'une &#339;uvre de Pinchus Kr&#233;m&#232;gne, &lt;i&gt;Paysage de C&#233;ret&lt;/i&gt; (1920) s'articule autour d'une route qui fend le paysage, sans vraiment aboutir &#224; une ligne d'horizon, tel un creux central plut&#244;t qu'un point de fuite qu'on imagine m&#233;taphoris&#233; dans cette perspective. La zone tr&#232;s claire du chemin appara&#238;t comme une incitation lumineuse, une voie &#224; emprunter pour sortir d'une ambiance sombre, opacifi&#233;e elle-m&#234;me par un premier plan qui bloque le regard.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/max_birrer_musee_de_collioure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L491xH800/max_birrer_musee_de_collioure-1dd91.jpg?1781963249' width='491' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Max Birrer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Mus&#233;e de Collioure
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le parcours mus&#233;ographique contribue &#224; nous &#233;clairer sur les termes de l'ensemble pictural. Il comprend une carte retra&#231;ant les itin&#233;raires de ces artistes exil&#233;s en Europe et les trajectoires entre pays. Elle mat&#233;rialise les d&#233;placements forc&#233;s, les fronti&#232;res franchies, les errances, les ancrages improbables dans le territoire. &lt;i&gt;&#171; Nous avons voulu montrer des trajectoires et des destins bris&#233;s par le XX&#7497; si&#232;cle &#187;&lt;/i&gt;, explique C&#233;line Sala-Pons. Qualifi&#233;s de &#171; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s &#187;, ces artistes ont subi un processus de rel&#233;gation et d'effacement et malgr&#233; l'exil, ils ont continu&#233; &#224; cr&#233;er. &lt;i&gt;&#171; C'est une mani&#232;re de refuser de dispara&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt; Claire Muchir, directrice du Mus&#233;e d'Art moderne de Collioure, rappelle que, dans les Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, Otto Freundlich s'effor&#231;ait de son c&#244;t&#233; de reconstituer les &#339;uvres br&#251;l&#233;es par les nazis. Et ses tentatives de reconstitution s'essayaient elles-m&#234;mes &#224; r&#233;parer symboliquement l'effacement. Dans un parcours qui refuse d'opposer histoire et art, la chronologie accompagne les &#339;uvres pr&#233;sent&#233;es qui peu &#224; peu s'assombrissent. Du Paris lumineux des ann&#233;es 1900 &#224; la d&#233;couverte de la lumi&#232;re de la C&#244;te Vermeille, le visiteur r&#233;alise la bascule vers les ann&#233;es de guerre et de fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me volet qui aurait d&#251; &#234;tre pr&#233;sent&#233; au mus&#233;e de Collioure concerne le couple d'artistes form&#233; par Otto Freundlich et Jeanne Kosnick-Kloss. Otto Freundlich, artiste juif dont l'&#339;uvre fut qualifi&#233;e de &#171; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e &#187; par le r&#233;gime nazi, se r&#233;fugie &#224; Saint-Paul-de-Fenouillet en 1940. Sa compagne, Jeanne Kosnick-Kloss, l'y rejoint. Ils cr&#233;eront pendant trois ans dans ce village et &#224; Saint-Martin-de-Fenouillet jusqu'&#224; ce qu'Otto Freundlich soit finalement arr&#234;t&#233; par les nazis, d&#233;port&#233; puis assassin&#233; en 1943 au camp d'extermination de Sobibor, en Pologne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/p__kre_me_gne.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH363/p__kre_me_gne-7b185.jpg?1781963249' width='500' height='363' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pinchus Kre&#769;me&#768;gne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ici &lt;i&gt;l'art ne sauve peut-&#234;tre pas&lt;/i&gt; mais agit comme un seuil critique qui refuse toute consolation esth&#233;tique facile. Pourtant, au fil du parcours, quelque chose r&#233;siste pr&#233;cis&#233;ment comme une capacit&#233; &#224; maintenir une perception sensible du monde au moment m&#234;me o&#249; l'Histoire organise sa destruction. Dans cette perspective, plusieurs tableaux expressionnistes pr&#233;sent&#233;s apparaissent comme des sismographes. Les visages deviennent des surfaces d'alerte, portrait au crayon d'amis de Jeanne, les paysages sont r&#233;alis&#233;s en zones divis&#233;es, morcel&#233;es, qu'elles soient de mosa&#239;que, ou de peinture, la modernit&#233; se d&#233;ploie dans tous ses &#233;tats plastiques et historiques. Les lieux cessent d'&#234;tre des motifs pittoresques mais semblent devenir des lieux d'attente, de transit, parfois de pi&#232;ge. La d&#233;licatesse du trait et la fermet&#233; des couleurs dans les compositions de Kosnick-Kloss s'harmonisent avec les peintures de Freundlich rappelant, parfois dans une sorte d'orphisme, celui des Delaunay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pens&#233; comme une &lt;i&gt;&#171; boucle &#187;&lt;/i&gt;, selon Claire Muchir, le parcours se referme sur la phrase &#171; L'art est ce qui restera &#187;, tir&#233;e de la correspondance entre Otto Freundlich et Jeanne Kosnick-Kloss. &lt;i&gt;&#171; Il y a un message politique fort. Cette exposition laissera une trace dans le parcours permanent du site. &#187; &lt;/i&gt; Une &#339;uvre d'Otto Freundlich y sera int&#233;gr&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Toutes nos expositions temporaires rappellent &#187;&lt;/i&gt;, explique la directrice, &lt;i&gt;&#171; C'est aussi une mani&#232;re d'&#233;largir nos publics. Il s'agit d'entrer par l'art comme t&#233;moin de l'histoire. &#187;&lt;/i&gt; Pour elle, ces &#339;uvres constituent une trace historique des destins bris&#233;s par la guerre et du r&#244;le central du r&#233;gime de Vichy dans la collaboration mais aussi &#224; l'adresse de tous les r&#233;gimes r&#233;pressifs. Parmi les &#339;uvres bouleversantes du parcours figurent celles de Victor Brauner, s&#233;rie de dessins et peintures de 1941, pr&#234;t&#233;es par le Mus&#233;e d'art moderne et contemporain de Saint-&#201;tienne M&#233;tropole. Son travail agit comme un point inattendu dans l'exposition avec ces portraits oblongues, leurs yeux fix&#233;s dans l'inconnu. L&#224; o&#249; d'autres pi&#232;ces laissaient subsister une ambigu&#239;t&#233; entre refuge et menace, Brauner impose un regard sur le futur proche, une interrogation sur le monde avec une intensit&#233; consid&#233;rable. Dans le contexte du M&#233;morial, ces &#339;uvres acqui&#232;rent une puissance ph&#233;nom&#233;nologique particuli&#232;re : elles ne montrent pas seulement l'horreur historique, elles montrent la difficult&#233; m&#234;me de continuer &#224; percevoir apr&#232;s elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition rappelle avec finesse que ces artistes ne peignent pas seulement un refuge g&#233;ographique : ils peignent une catastrophe imminente. Les commissaires &#233;vitent le pi&#232;ge d'une lecture r&#233;trospective illustrative. Il ne s'agit pas de dire que les &#339;uvres &#171; annon&#231;aient &#187; la guerre, mais de montrer comment certaines formes sensibles (fragmentation des corps, instabilit&#233; chromatique, d&#233;sorientation spatiale) enregistrent une mutation historique avant m&#234;me qu'elle ne soit nomm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des grandes r&#233;ussites de l'exposition est pr&#233;cis&#233;ment de ne pas r&#233;duire l'exil &#224; un th&#232;me biographique. L'exil devient ici une condition formelle de l'image. Le parcours montre &#233;galement comment un personnage comme Varian Fry, et les r&#233;seaux de fuite organis&#233;s depuis Marseille, constituent un horizon constant pour ces artistes cherchant &#224; quitter l'Europe. Cette dimension historique irrigue discr&#232;tement les &#339;uvres sans jamais transformer l'exposition en simple documentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines &#339;uvres sont marqu&#233;es par l'inach&#232;vement, d'autres par des ruptures de styles ou des d&#233;placements soudains de motifs. Cette instabilit&#233; n'est pas seulement li&#233;e aux trajectoires des artistes ; elle devient une esth&#233;tique du provisoire. Beaucoup d'&#339;uvres semblent peintes depuis une limite, g&#233;ographique, politique, ou existentielle. Ce qui rend &lt;i&gt;Les jours clairs sont rares&lt;/i&gt; particuli&#232;rement int&#233;ressante aujourd'hui tient peut-&#234;tre &#224; sa mani&#232;re de repenser la fonction du regard. L'exposition ne propose pas une m&#233;moire monumentale mais une mani&#232;re de repenser la fonction du regard en construisant une m&#233;moire perceptive. A travers les &#339;uvres, le visiteur comprend que les catastrophes historiques modifient aussi les r&#233;gimes sensibles : mani&#232;re de voir un paysage, un visage, une lumi&#232;re, une fronti&#232;re. Face aux crispations contemporaines sur les fronti&#232;res, les migrations et les identit&#233;s, cette exposition rappelle que l'exil n'est pas seulement une condition politique, il est aussi une exp&#233;rience perceptuelle qui transforme durablement les formes artistiques, non parce que l'exposition illustrerait une m&#233;moire d&#233;j&#224; connue, mais parce qu'elle d&#233;place la question de l'art vers celle de la sensibilit&#233; et de sa persistance, cette capacit&#233; &#224; faire sentir que les &#339;uvres continuent de regarder notre pr&#233;sent. Et c'est en cela que r&#233;side la r&#233;ussite curatoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le catalogue commun aux deux institutions fait dire &#224; Claire Muchir que &lt;i&gt;&#171; les mus&#233;es ne sont pas des institutions sous cloche, de la m&#234;me mani&#232;re que le M&#233;morial n'est pas enferm&#233; dans l'histoire &#187;&lt;/i&gt;. Le M&#233;morial du camp de Rivesaltes poursuit actuellement la refonte de son exposition permanente et C&#233;line Sala-Pons souligne que cette exposition se voulait aussi &lt;i&gt;&#171; &#224; la hauteur de l'acte II du M&#233;morial &#187;&lt;/i&gt;. La stratification des m&#233;moires qu'incarne le lieu prolonge l'histoire de l'exil jusqu'&#224; aujourd'hui. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui encore, les artistes prennent la route. Aujourd'hui encore, des fronti&#232;res se ferment &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit-elle dans l'introduction du catalogue de l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27484 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/les_jours_clairs_11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH284/les_jours_clairs_11-b8e81.jpg?1781963249' width='500' height='284' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Jours clairs sont rares,&lt;/i&gt; jusqu'au 3 f&#233;vrier 2027, au M&#233;morial du camp de Rivesaltes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.memorialcamprivesaltes.eu/expositions/les-jours-clairs-sont-rares&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.memorialcamprivesaltes.eu/expositions/les-jours-clairs-sont-rares&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le hors-livre d'Al Dante</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Le-hors-livre-d-Al-Dante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Le-hors-livre-d-Al-Dante</guid>
		<dc:date>2025-02-02T11:41:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesca Caruana</dc:creator>


		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour c&#233;l&#233;brer les 30 ans des &#233;ditions Al Dante, le CIPM pr&#233;sente une exposition consacr&#233;e &#224; cette singuli&#232;re aventure &#233;ditoriale, po&#233;tique et politique, conduite par Laurent Cauwet. Al Dante : le raout rassemble l'int&#233;gralit&#233; des quelque 500 titres publi&#233;s par l'&#233;diteur depuis sa cr&#233;ation, enrichie de documents originaux et tirages de t&#234;te. Magnifique occasion de se rem&#233;morer et de d&#233;couvrir cette bande de fous qui a plac&#233; la po&#233;sie au centre de la vie, une po&#233;sie fulgurante aux formes les plus inattendues. Jusqu'au 9 mars, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Art-contemporain-176" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH92/arton2621-3f210.jpg?1772224084' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour c&#233;l&#233;brer les 30 ans des &#233;ditions Al Dante, le CIPM pr&#233;sente une exposition consacr&#233;e &#224; cette singuli&#232;re aventure &#233;ditoriale, po&#233;tique et politique, conduite par Laurent Cauwet. Al Dante : le raout rassemble l'int&#233;gralit&#233; des quelque 500 titres publi&#233;s par l'&#233;diteur depuis sa cr&#233;ation, enrichie de documents originaux et tirages de t&#234;te. Magnifique occasion de se rem&#233;morer et de d&#233;couvrir cette bande de fous qui a plac&#233; la po&#233;sie au centre de la vie, une po&#233;sie fulgurante aux formes les plus inattendues. Jusqu'au 9 mars, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aimez-vous les p&#226;tes cuites ou al dente ? La question pourrait &#234;tre incongrue dans un journal artistique consacr&#233; &#224; tout autre chose qu'&#224; la r&#233;ussite culinaire, pourtant nous relatons aujourd'hui dans AHM que sont n&#233;es dans les ann&#233;es 1990, les &#171; &#233;ditions &#187; Al Dante. Ce nom plein de fantaisie fut choisi au cours d'un repas, et ceci expliquant cela, l'allusion &#233;tait patente &#224; celle d'une cuisson parfaite mais surtout &#224; celle du grand po&#232;te italien Dante Alighieri. Al Dante, incluant les acteurs qui composaient cette maison, est &#224; comprendre au sens des syndics tels qu'&#233;voqu&#233;s par Rembrandt dans sa peinture Le syndic des guildes des drapiers. Car si l'on s'en tenait &#224; un seul contenu &#233;ditorial, nous nous emp&#234;cherions d'aborder les contenus multiples des manifestations qui lui sont associ&#233;es. D&#232;s le commencement donc, cette double identit&#233; sonore renvoie &#224; des domaines diff&#233;rents impliquant d'une part le corps, via l'exp&#233;rience du m&#226;chage et d'autre part, le litt&#233;raire via le registre po&#233;tique de cet auteur d&#233;sign&#233; internationalement par son simple pr&#233;nom. D&#232;s son apparition donc, Al Dante est soumis &#224; la prononciation qui discriminera soit une &#233;valuation, soit une r&#233;f&#233;rence, une origine, et par cons&#233;quent, une identit&#233;. Adopt&#233; par tous, ce terme Al Dante montrait l'enthousiasme qui pr&#233;sidait &#224; la d&#233;cision de cr&#233;er une telle approche de l'art. Il s'agit en r&#233;alit&#233; d'une &#233;dition qui n'est pas seulement celle de livres mais constitue une matrice de manifestations impliquant les mots, les formes, les couleurs, l'engagement politique et la contestation des acad&#233;mismes, dont l'ambition &#233;tait de mettre en avant la mat&#233;rialit&#233; du langage, lalangue au sens lacanien, et la corpor&#233;it&#233; d'une prosodie, d'une musique d'intonations. Une &#171; maison &#187; consacr&#233;e &#224; la po&#233;sie augment&#233;e, ni trop cuite ni pas assez, celle surgie du visuel, de l'&#233;crit et du parler. Il n'en fallut pas plus pour que d'un coup de fourchette &#224; un trait de plume, le meilleur de l'avant-garde po&#233;tique annonce la couleur.&#8232;Al Dante f&#234;te aujourd'hui ses 30 ans, en pr&#233;cisant que le RAOUT (raout : de l'anglais &#171; rout &#187;, d&#233;sordre, et de l'ancien fran&#231;ais route, compagnie) annonc&#233; par affiche, se passe au Centre international de Po&#233;sie de Marseille (CIPM). C&#233;l&#233;bration et cons&#233;cration absolue pour cette bande de fous qui a plac&#233; jadis la po&#233;sie au centre de la vie, comme axe de conduite exigeant qui a pris les formes les plus inattendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cr&#233;&#233;es &#224; Marseille au milieu des ann&#233;es 1990, les &#233;ditions Al Dante ont d&#233;velopp&#233; un espace sp&#233;cifique dans le champ &#233;ditorial. D'une part en fabriquant des livres &#224; partir de textes qui n'&#233;taient pas destin&#233;s &#224; la publication, d'autre part en suscitant des d&#233;clinaisons hors livre, &#224; travers des expositions, performances ou &#233;v&#233;nements Manifesten &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; St&#233;phane Nowak Papantoniou po&#232;te, &#233;diteur, et co-commissaire de cette exposition, que nous devons cette r&#233;flexion, lui qui a &#233;tabli le catalogue des &#233;crits, interventions, manifestations po&#233;tiques de toutes sortes y compris des actions po&#233;tico-po&#233;tiques.&#8232;La g&#233;n&#233;alogie de ce Raout d&#233;marre donc il y a 40 ans &#224; l'initiative de Laurent Cauwet. Un mouvement que de nombreux effets de surprise n'ont pas manqu&#233; d'ossifier. En effet, il s'agit plus d'un mouvement po&#233;tico-plastique, d'une posture face &#224; la dualit&#233; texte/image, que d'une &#233;dition au sens habituel du terme. Cette dualit&#233; prenant des formes multiples jusqu'&#224; la performance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/julien-blaine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH371/julien-blaine-7e38e.jpg?1738496689' width='500' height='371' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Julien Blaine
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit le commentaire de St&#233;phane Nowak Papantoniou, qui en se promenant en boustrophedon parmi les vitrines, commentait avec &#233;motion le jour de l'inauguration, chacune des &#233;tapes de sa croissance, Al Dante s'est construite autour de la solidarit&#233;, d'un amour pour les mots, d'une capacit&#233; &#224; inventer de nouvelles formes, de nouveaux modes de transmission po&#233;tique, autres que ceux versifi&#233;s ou positionn&#233;s dans la page, selon les mises en espace d&#233;di&#233;es, les blancs, la ponctuation, etc. Il faut ajouter que d&#232;s le d&#233;but, il ne s'agissait pas d'un marathon consistant &#224; atteindre la formulation la plus touchante, la plus criante ou la plus audacieuse, il s'agissait d'une re-cr&#233;ation, r&#233;-cr&#233;ation permanente avec les mots pour mati&#232;re, la mati&#232;re beaucoup plus que le sens, et la spatialisation de formes autant que du texte. Avec les lettres lib&#233;r&#233;es de leur vocation initiale, celle de &#171; s'emboucler &#187; les unes aux autres pour faire sens, les lettres lib&#233;r&#233;es de leurs iambes et de leurs jambes, les mots, tous ont commenc&#233; &#224; danser. La page est devenue surface, le blanc est devenu espace, les lettres ont pris la place de graphismes. On peut en ce sens imaginer une correspondance des sens lorsqu'on sait que dans le domaine musical, &#224; la m&#234;me &#233;poque, il existait d&#233;j&#224; les partitions musico-picturales comme celles d'Ivo Malec o&#249; des dessins stationnaient en didascalies sur la partition et en dictaient l'interpr&#233;tation et la teneur sonore. A l'instar des arts plastiques, la remise en cause du cadre, du support, du sujet, avec le mouvement pictural Supports/Surfaces, avait sem&#233; la n&#233;cessit&#233; en mati&#232;re litt&#233;raire d'ouvrir les mots, d'&#233;tendre leurs supports de la page &#224; la voix, de brutaliser le sens, si pauvre &#224; ausculter la langue.&#8232;Parmi les premiers auteurs publi&#233;s, on ne s'attend pas &#224; trouver Gilbert Lascault, il est pourtant le premier &#224; prendre position dans un champ hors de toutes conventions, pour l'&#233;tendre &#224; l'&#233;criture qui tient lieu de dessin dans l'espace. Cette pratique n'exclut pas des formes d'intelligibilit&#233; plus courantes mais c'est ce qui qualifie chaque fois les apports de l'&#233;dition. Laurent Cauwet, cr&#233;ateur, fondateur, avoue qu'il ne s'est jamais senti &#233;diteur, ce que l'on a peine &#224; croire quand on est au nombre de 516 livres et revues ! Mais peut-&#234;tre ne prend-il pas assez en compte le poids des premiers soutiens ind&#233;fectibles qu'il a obtenus de son &#233;pouse, de sa famille, dont l'importance fut poursuivie et entretenue par des m&#233;c&#232;nes et amis, puis par l'indispensable Leo Scheer qui prit fait et cause pour Al Dante, ou par l'architecte Rudi Ricciotti qui ouvrit un volet nouveau consacr&#233; &#224; la po&#233;sie et &#224; l'architecture. Bien que les nommant, Cauwet a b&#233;n&#233;fici&#233; de ces soutiens avec une certaine insouciance, caract&#233;ristique d'une revendication r&#233;volutionnaire, afin de ne pas appartenir au syst&#232;me du salariat, &#224; la structuration d'une r&#233;mun&#233;ration des auteurs, aux profits possibles qu'aurait pu engendrer un tel projet. Il s'est voulu Hors de. C'est ce qui d&#233;finit le mieux peut-&#234;tre le maintien de cette exp&#233;rience depuis si longtemps, hors de tout mod&#232;le et de toute contrainte &#171; corporatiste &#187;.&#8232;Alors&#8230; en revenant sur l'histoire d'Al Dante, cette collaboration avec les Presses du R&#233;el, depuis 2018, a permis de renforcer la diffusion de leurs &#339;uvres, tout en cr&#233;ant une nouvelle collection toujours dirig&#233;e par Laurent Cauwet. Leur visibilit&#233; s'en trouve accrue et t&#233;moigne avec vigueur de la porosit&#233; entre po&#233;sie, politique et actions artistiques, explor&#233;e ind&#233;finiment par les artistes. Al Dante continue d'y publier des &#339;uvres marquantes, telles qu'Effracte de Julien Ladegaillerie (2023) ou Bye bye Babel de Patr&#237;cia Lavelle (2023). Par ailleurs, la revue Attaques, lanc&#233;e en 2019, offrit une plateforme de ces interventions d&#233;cal&#233;es, savantes, qui refl&#232;tent l'esprit engag&#233; des &#233;ditions Al Dante.&#8232;Chaque tournant profilait de nouvelles actions, effets ou autres d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es. En 1992, le lieu Manifesten est cr&#233;&#233;, espace culturel autonome, essentiel pour l'ind&#233;pendance du concepteur. Puis de 1994 &#224; 1997, un air nouveau souffle &#224; Marseille, les orientations po&#233;tico-artistiques et politiques, qui les a port&#233;es pendant quelques ann&#233;es aux c&#244;t&#233;s de la F&#233;d&#233;ration L&#233;o Scheer, redeviennent ind&#233;pendantes et se stoppent en 2006. Pour un temps seulement, car d&#232;s 2007, Al Dante mute en New Al Dante, dont l'offre d'agitateur exigeant se d&#233;cline en soir&#233;es po&#233;tiques, en soir&#233;es Manifesten. Parmi celles-ci, le num&#233;ro 5 de la revue Attaques s'est distingu&#233; par des contributions de figures intellectuelles comme celle de Jacques Ranci&#232;re, ainsi que par une micro-anthologie de jeunes po&#232;tes ha&#239;tiens, t&#233;moignant de l'ouverture internationale de la revue. Entre autres interventions, La langue du gar&#231;on de Vincent Broqua y a propos&#233; une exploration multidisciplinaire du d&#233;sir, de l'amour et de la masculinit&#233; &#224; travers des textes, dessins et photographies.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/journaux-de-sons-2019.-al-dante-les-presses-du-reel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/journaux-de-sons-2019.-al-dante-les-presses-du-reel-2c5b2.jpg?1738496689' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Journaux de sons, 2019. &#169;Al Dante Les presses du r&#233;el
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le po&#232;me engag&#233; Alep &#8211; Quinze heures du matin de Claude Favre a rendu hommage &#224; la ville syrienne d'Alep, abordant des questions humanitaires et contemporaines. Enfin, Le motier de Julien Blaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fondateur de Doc(k)s et d'autres p&#233;riodiques, auteur de 13427 po&#235;mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (2023) a incarn&#233; l'esprit exp&#233;rimental d'Al Dante avec une po&#233;sie spatialis&#233;e o&#249; les mots deviennent des objets vibrants et performatifs.Les &#233;ditions Al Dante sont ainsi sp&#233;cialis&#233;es dans la litt&#233;rature contemporaine et, surtout, la po&#233;sie exp&#233;rimentale, aussi bien quant &#224; sa constitution historique, avec la publication d'in&#233;dits de Bernard Heidsieck ou d'Isidore Isou, qu'au niveau des nouvelles g&#233;n&#233;rations avec parmi les trublions de la &#171; langue physique &#187; : St&#233;phane B&#233;rard, Anne-James Chaton, Sylvain Courtoux, Jean-Michel Espitallier, Christophe Fiat, Daniel Foucard, Manuel Joseph, Christophe Hanna, Franck Leibovici, Vannina Maestri, Jacques-Henri Michot, Charles Pennequin, Olivier Quintyn, Christophe Tarkos, Jacques Sivan&#8230;&#8232;C'est parce que la revue Al Dante s'est impos&#233;e comme un acteur majeur de la po&#233;sie contemporaine et des litt&#233;ratures exp&#233;rimentales en France qu'il me faut expliquer l'utilisation de deux termes, po&#233;sie physique et po&#233;sie exp&#233;rimentale. Physique car elle engage le corps, autant par la voix qui porte les mots, que les formes qu'ils prennent dans leur incorporation en dessins, en actions, en d&#233;ambulations&#8230; Exp&#233;rimentale, le terme est un pl&#233;onasme : la po&#233;sie n'est plus dans la gangue &#233;ditoriale de mots couch&#233;s, les mots sont h&#233;riss&#233;s, r&#233;volt&#233;s, hurl&#233;s ou r&#233;p&#233;t&#233;s en mantras, d&#233;form&#233;s, illogiques, esquint&#233;s, retrouss&#233;s, mix&#233;s avec leurs ic&#244;nes, avec leurs tautologies. De la po&#233;sie dada&#239;ste, en passant par Jiri Kolar, Jean-Fran&#231;ois Bory ou encore Adriano Spatola pour n'&#233;voquer que des plus grands, cette forme d'expression se d&#233;multiplie en petites sp&#233;cialit&#233;s, en pr&#233;cisions typologiques, typographiques, calligraphique, corporelle, comportementales, etc., cela, comme l'affirme encore Spatola, pour tendre vers une &#171; po&#233;sie totale &#187;. L'engagement d'Al Dante en faveur de formes litt&#233;raires innovantes et une volont&#233; de bousculer les conventions &#233;tablies se refl&#232;tent certes dans les publications, mais rien ne peut se substituer &#224; cette forme physico-physique qui fusionne le texte et la forme, le sens et l'image, comme l'exerce, parmi tous ces artistes, Julien Blaine qui spatialise la po&#233;sie d'une fa&#231;on exceptionnelle. Plasticien et po&#232;te, il hurle, chuchote, sc&#233;nographie les mots, les fait vivre en vibrations, en &#233;cho dessin&#233;s ou inscrits, il caresse des formes et les fait surgir du papier, parfois en les maltraitant, parfois en les sublimant mais la neutralit&#233; n'est pas de mise, comme pour tous ces cr&#233;ateurs qui se r&#233;clament de la po&#233;sie visuelle.&#8232;La r&#233;f&#233;rence &#224; Dante &#233;voque, enfin, qu'&#224; l'instar de son De Monarchia la critique du syst&#232;me en produit un autre, tout aussi it&#233;ratif mais qui a pour lui la force, l'&#233;nergie, la dissidence attach&#233;e &#224; l'intemporalit&#233; de la cr&#233;ation. Comme le rapporte Liliane Giraudon, elle-m&#234;me, actrice de cette po&#233;sie, il s'agit d'un &#171; r&#233;cit collectif &#187;, en mouvement, laiss&#233; &#224; la bonne digestion des lecteurs-spectateurs. Giraudon insiste sur cette forme-l&#224; qui, bien que d&#233;tach&#233;e de toutes les normes et r&#232;gles, raconte cependant l'histoire des hommes, des humains et leur relation au langage ou &#224; ce qu'ils d&#233;sirent faire entendre du langage.&#8232;Ainsi, depuis 1997, les &#233;ditions Al Dante ont jou&#233; un r&#244;le crucial dans la promotion de la po&#233;sie contemporaine en France, en publiant des auteurs innovants et en maintenant un engagement constant envers les &#233;critures exp&#233;rimentales et politiques. C'est ce qu'il faut d&#233;couvrir au CIPM avant le 8 mars ! Tout un genre !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fas3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH331/fas3-2a8a9.jpg?1738496689' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Favole e altre storie.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Julien Blaine
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fondateur de Doc(k)s et d'autres p&#233;riodiques, auteur de 13427 po&#235;mes m&#233;taphysiques et d'une ribambelle de livres et catalogues, organisateur de du sorcier de V. au magicien de M. et d'autres expositions. Il a pr&#233;sent&#233; Un Tri, en mai 2009, une importante exposition au [mac] Mus&#233;e d'Art Contemporain de Marseille et, en 2020, il a r&#233;alis&#233; &#224; la Friche de la Belle-de-Mai (Marseille) une ultime exposition : Le grand d&#233;potoir = Bon d&#233;barras ! Organisateur des Rencontres Internationales de Po&#233;sie de Tarascon et de multiples manifestations, il est le fondateur, avec Laurent Cauwet, du Centre International de Po&#233;sie de Marseille (CIPM) et d'autres espaces culturels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Infos pratiques&gt; Al Dante : le raout, du 9 novembre 2024 au 8 mars 2025, au CIPM, Centre de la Vieille Charit&#233;, 2, rue de la Charit&#233;, 13002 Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture&gt; Vue de l'exposition Al Dante : le raout. &#169;Al Dante&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/le-hors-livre-dal-dante/&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2025-01-24_a_20.00_06.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;618&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
