<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.tk-21.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>TK-21 </title>
	<link>https://www.tk-21.com/</link>
	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.tk-21.com/spip.php?id_auteur=4212&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>TK-21 </title>
		<url>https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L144xH172/siteon0-33817.png?1772187034</url>
		<link>https://www.tk-21.com/</link>
		<height>172</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Au-del&#224; du texte</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Au-dela-du-texte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Au-dela-du-texte</guid>
		<dc:date>2024-07-29T13:07:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diana Quinby et Sharka Hyland</dc:creator>


		<dc:subject>dessin</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un court texte en caract&#232;res imprim&#233;s occupe le centre d'une feuille de papier blanc, comme une petite image. Gris, discret, entour&#233; par de grandes marges blanches, le texte semble tenir au seuil m&#234;me du visible.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/dessin" rel="tag"&gt;dessin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2510-77783.jpg?1772189224' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un court texte en caract&#232;res imprim&#233;s occupe le centre d'une feuille de papier blanc, comme une petite image. Gris, discret, entour&#233; par de grandes marges blanches, le texte semble tenir au seuil m&#234;me du visible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le spectateur est pri&#233; de s'approcher et de lire : Comme elle &#233;tait triste le dimanche, quand on sonnait les v&#234;pres ! Elle &#233;coutait, dans un h&#233;b&#233;tement attentif, tinter un &#224; un les coups f&#234;l&#233;s de la cloche. Quelque chat sur les toits, marchant lentement, bombait son dos aux rayons p&#226;les du soleil. Le vent, sur la grande route, soufflait des tra&#238;n&#233;es de poussi&#232;re. Au loin, parfois, un chien hurlait : et la cloche, &#224; temps &#233;gaux, continuait sa sonnerie monotone qui se perdait dans la campagne. [&#8230;] Au fur et &#224; mesure de sa lecture, l'image d'une fin d'apr&#232;s-midi ensoleill&#233; dans un paysage rural, impr&#233;gn&#233; d'une sensation palpable de solitude, se r&#233;v&#232;le au spectateur. Peut-&#234;tre s'imagine-t-il le visage de cette femme, fig&#233; dans l'&#233;coute du passage de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne savais pas, en lisant ces mots, qu'il s'agissait d'un extrait de &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, que j'ai lu il y a plus de vingt ans, dans sa traduction anglaise. Je ne savais pas non plus, la premi&#232;re fois que j'ai vu les &#339;uvres de Sharka Hyland &#224; la galerie Bernard Jordan, qu'il s'agissait de dessins. Je voyais du texte, selon toute apparence imprim&#233;e sur la feuille, encadr&#233; et expos&#233; au mur de la galerie. Je ne savais pas que le texte avait &#233;t&#233; dessin&#233;, au crayon sur papier. C'est uniquement en scrutant de pr&#232;s le tr&#232;s grand &#8216;I' initial, noirci au graphite, du dessin d'un texte de Kafka, que j'ai pu voir la texture du crayon. Mais &#224; lire et &#224; regarder ces dessins, je me sentais en suspens. Que signifie le choix de ces phrases ? Elles d&#233;crivent un lieu, une &#233;motion ; elles captent un moment pr&#233;cis dans un d&#233;roulement narratif. Le choix de l'extrait de &lt;i&gt;Madame Bovary &lt;/i&gt; m'interroge tout particuli&#232;rement, car la pr&#233;sence isol&#233;e du texte sur la feuille semble marquer un arr&#234;t dans le temps, tandis que le sens m&#234;me des mots d&#233;peint le temps qui passe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/flaubert_madame_bovary_98_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/flaubert_madame_bovary_98_-84ce9.jpg?1721999235' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Gustave Flaubert, Madame Bovary (98), 2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Pencil on paper, 12&#215;18 inches.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Sharka Hyland
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sharka Hyland est une grande lectrice. Quand elle ne dessine pas, ou ne donne pas de cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle est professeure de typographie et de communication visuelle &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle est sans doute en train de lire. Le d&#233;sir de dessiner des mots a surgi en lisant un long paragraphe dans &lt;i&gt;Pnine&lt;/i&gt;, de Vladimir Nabokov. Elle a pris conscience qu'elle n'avait jamais vu une telle image, une image aussi parfaite, que celle &#233;voqu&#233;e par des mots. Elle a d&#233;cid&#233; de dessiner le paragraphe, exactement comme il &#233;tait &#233;crit. &lt;i&gt;&#171; Le langage est d'une certaine mani&#232;re un m&#233;dium visuel,&lt;/i&gt; dit-elle. &lt;i&gt;Le langage litt&#233;raire a le pouvoir de cr&#233;er des images complexes, qui n'existent pleinement que dans l'imaginaire du lecteur. Chacune de ces images est unique, recr&#233;&#233;e &#224; chaque nouvelle lecture. Le texte imprim&#233; est ainsi le seul support mat&#233;riel de ces images.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauf indication contraire, les citations de Sharka Hyland proviennent d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt; D'o&#249; la d&#233;ception que peuvent provoquer les films inspir&#233;s de grands romans. Chacun de nous garde une vision tr&#232;s personnelle de notre lecture ; notre &#171; film &#187; se d&#233;roule dans notre imaginaire tout en lisant, et il ne ressemble en aucune fa&#231;on &#224; celui propos&#233; au cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#339;uvres textuelles de Sharka Hyland sont des dessins. Que le spectateur reconnaisse ou non la source du texte n'a pas d'importance. L'artiste choisit les extraits en fonction de leur aspect imag&#233;. Elle est &#224; la recherche d'une &#171; &#233;criture en images &#187; qui peut susciter une visualisation int&#233;rieure lors de la lecture. Le choix du format &#171; paysage &#187; &#224; l'horizontal pour ses dessins souligne la r&#233;f&#233;rence &#224; la picturalit&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le sujet du dessin n'est pas le texte du livre,&lt;/i&gt; dit-elle, &lt;i&gt;mais l'image &#233;voqu&#233;e par le texte. &#187;&lt;/i&gt; Pour amener le spectateur &#224; lire, et le transporter au-del&#224; du texte, elle rend les mots visuellement aussi proches que possible des mots imprim&#233;s sur la page d'un livre. Travaillant d'abord sur ordinateur, elle cr&#233;e une maquette de r&#233;f&#233;rence qui lui servira pour dessiner. Elle choisit et modifie la police de caract&#232;res, d&#233;termine la mise en espace du texte. Par la configuration tr&#232;s r&#233;guli&#232;re des mots et des espaces, et par l'uniformit&#233; et la pr&#233;cision de la forme des lettres dessin&#233;es au graphite, le bloc de texte devient &lt;i&gt;&#171; transparent &#187;&lt;/i&gt;, comme elle le dit, aussi ordinaire que n'importe quelle page imprim&#233;e. Le papier est &#233;galement choisi pour sa &lt;i&gt;&#171; discr&#233;tion &#187;&lt;/i&gt; ; il ne doit pas attirer l'attention. L'&#339;il ne doit s'arr&#234;ter ni sur la typographie, ni sur la mat&#233;rialit&#233; du dessin, mais s'acheminer vers l'imaginaire, o&#249; le spectateur peut cr&#233;er son image mentale &lt;i&gt;&#171; parfaite &#187;&lt;/i&gt; selon son exp&#233;rience des mots. Regarder les dessins de Sharka Hyland est ainsi une exp&#233;rience profond&#233;ment intime.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vn23_nabokov_pnin_version_ii_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/vn23_nabokov_pnin_version_ii_-2f9d4.jpg?1772188755' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vladimir Nabokov, Pnine (v.2), 2012.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Pencil on paper, 12&#215;18 inches.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Sharka Hyland
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'artiste puise sa mati&#232;re textuelle dans les romans de plusieurs grands auteurs : Nabokov, Proust, Flaubert, Kafka, Borges, pour ne citer que quelques-uns. D'origine tch&#232;que, ayant fait des &#233;tudes aux &#201;tats-Unis, en France et en Allemagne, elle lit plusieurs langues couramment : le tch&#232;que bien s&#251;r, l'anglais, le fran&#231;ais, l'allemand et aussi le russe. Elle lit l'espagnol et l'italien &#224; l'aide de traductions. Selon l'auteur, elle pr&#233;f&#232;re dessiner les textes dans la langue d'origine, pour ne rien perdre de l'aspect imag&#233; de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une s&#233;rie d'&#339;uvres r&#233;centes, elle explore ce lien entre les mots et les images en dessinant des textes ekphrastiques, c'est &#224; dire des descriptions verbales ou des po&#232;mes qui &#233;voquent des &#339;uvres d'art. Cette pratique, qui remonte &#224; l'Antiquit&#233; et qui constitue la base de la pratique de la critique d'art moderne et contemporaine, n'est pourtant pas une entreprise facile. Comment rendre pr&#233;sente, vivante dans l'esprit du lecteur, un objet ou une &#339;uvre d'art qu'il n'a pas vu ? Il y aura toujours un &#233;cart entre les mots choisis pour d&#233;crire et l'&#339;uvre elle-m&#234;me. Selon Sharka Hyland, la v&#233;ritable intention de l'ekphrasis est plut&#244;t de &lt;i&gt;&#171; produire une &#339;uvre d'art nouvelle et distincte, une image verbale qui ne r&#233;duit pas l'&#233;cart mais qui reste en &#233;quilibre au-dessus de lui.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans le texte de pr&#233;sentation de l'artiste pour le salon Drawing Now &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &lt;/i&gt; L'&#339;uvre est le point de d&#233;part, le tremplin visuel pour une nouvelle cr&#233;ation litt&#233;raire, qui r&#233;sonne et se mat&#233;rialise dans l'imaginaire du lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les po&#232;mes ekphrastiques dessin&#233;s par l'artiste se trouve &lt;i&gt;Les Phares&lt;/i&gt; de Baudelaire. Chacun des dessins repr&#233;sente une strophe centr&#233;e sur une feuille l&#233;g&#232;rement textur&#233;e. Pour souligner l'aspect imag&#233; du po&#232;me, elle a dessin&#233; les mots &#224; l'aquarelle et a utilis&#233; une police de caract&#232;res plus large que celle utilis&#233;e pour la prose. Les quatre lignes visuellement charg&#233;es incarnent une sensualit&#233; insaisissable :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,&lt;br class='autobr' /&gt;
Oreiller de chair fra&#238;che o&#249; l'on ne peut aimer,&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais o&#249; la vie afflue et s'agite sans cesse,&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isol&#233; du reste du po&#232;me, ce quatrain flotte dans l'espace de la feuille comme un souvenir fragile. Il fait appel &#224; l'univers du peintre, invite le lecteur &#224; chercher dans son mus&#233;e imaginaire. L'absence de ponctuation &#224; la fin de la strophe est d'autant plus une invitation adress&#233;e au lecteur de compl&#233;ter l'image &#224; sa guise. En prenant mon temps devant ce dessin, je ressens un l&#233;ger tremblement, &#224; peine perceptible, dans la courbe de certains caract&#232;res &#8211; les a, les e, les c &#8211; et de subtiles variations dans la mati&#232;re aqueuse de la peinture tra&#231;ant la forme des lettres. En regardant les autres dessins des Phares, je constate que la peinture est plus ou moins dilu&#233;e, plus ou moins uniforme. Le quatrain sur Goya, cauchemar plein de choses inconnues, est plus noir, plus saillant sur la feuille ; et celui sur Delacroix, lac de sang hant&#233; des mauvais anges, plus modul&#233;. C'est la main de l'artiste qui se laisse r&#233;v&#233;ler, qui reprend le texte en tant qu'image pour capter mon regard et me transporter ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;108&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/baudelaire_les_phares_goya_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH392/baudelaire_les_phares_goya_-4eb76.jpg?1721999235' width='500' height='392' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Charles Baudelaire, Les phares (Goya), 2014.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Watercolor and pencil on paper, 11&#215;14 inches.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Sharka Hyland
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Rien qu'en regardant un po&#232;me, nous savons qu'il s'agit d'un po&#232;me, &lt;/i&gt; dit Sharka Hyland. &lt;i&gt;Nous ne lisons pas la po&#233;sie comme nous lisons la prose. Nous l'entendons en lisant ; il y a des ruptures dans le rythme. Nous d&#233;terminons le lien entre le son et la signification. Ainsi, la po&#233;sie n'est jamais &#8220;transparente&#8221; sur la page. &#187; &lt;/i&gt; Ses dessins font allusion &#224; la dimension esth&#233;tique du livre d'artiste, ouvrage &#224; l'&#233;dition limit&#233;e qui associe texte et image et qui accentue la dimension visuelle des mots par leur pr&#233;sence graphique sur la page. Par son choix d'extraits redessin&#233;s et d&#233;contextualis&#233;s, elle propose une vision in&#233;dite des vers, ouvrant la voie vers la cr&#233;ation d'images et de significations nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dessins de Sharka Hyland sont remarquables, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'au premier regard, nous ne remarquons rien. Ils intriguent par leur vraisemblance aux textes imprim&#233;s. J'essaie de situer ses dessins si singuliers, de faire le lien avec d'autres pratiques contemporaines. Je pense aux m&#233;ticuleux dessins au graphite de Vija Celmins, en particulier &#224; Lettre de 1968, qui repr&#233;sente une enveloppe, avec une adresse, des timbres et un cachet de la poste ; ou bien &#224; la s&#233;rie m&#233;ditative qui repr&#233;sente la surface de l'oc&#233;an. Mais les textes que dessine de Sharka Hyland ne sont pas des images en trompe l'&#339;il ; l'artiste ne cr&#233;e pas d'illusion pour fasciner le regard. Ses dessins ne sont pas non plus li&#233;s aux pratiques textuelles d'artistes conceptuels, tels que John Baldessari, Sol Lewitt ou Joseph Kosuth, car il n'y a ni ironie, ni indication, ni d&#233;monstration. Parmi les &#339;uvres contemporaines qu'elle appr&#233;cie, elle cite la photographie de Jeff Wall, dont les mises en sc&#232;ne parfois tr&#232;s &#233;labor&#233;es ont de multiples r&#233;f&#233;rences &#224; l'histoire de l'art. Chacune de ses photographies propose une image qui se r&#233;f&#232;re &#224; d'autres et qui conduit le spectateur dans un cheminement d'images et d'id&#233;es li&#233;es &#224; l'histoire de la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sharka Hyland a cr&#233;&#233; elle aussi une forme tr&#232;s personnelle d'appropriation pour s'interroger sur la repr&#233;sentation picturale. Ses dessins nous invitent &#224; nous poser la question : qu'est-ce qu'une image ? Les dessins des textes, sont-ils des images au m&#234;me titre que celles qu'ils &#233;voquent ? D'une certaine mani&#232;re, ses &#339;uvres donnent un sens nouveau &#224; l'expression d'Horace, &lt;i&gt;ut pictura poesis&lt;/i&gt; &#8211; comme la peinture, la po&#233;sie. L'artiste a r&#233;uni sa passion pour la litt&#233;rature et le graphisme en une seule et m&#234;me pratique. Avec la complicit&#233; du spectateur, elle propose une vision originale de la correspondance entre les mots et les images.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle est professeure de typographie et de communication visuelle &#224; l'Universit&#233; de Pennsylvanie, Philadelphie, USA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sauf indication contraire, les citations de Sharka Hyland proviennent d'un entretien in&#233;dit avec Bernard Jordan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans le texte de pr&#233;sentation de l'artiste pour le salon Drawing Now &#224; Paris, avec la Gallery Joe, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : &#169;Sharka Hyland, Vladimir Nabokov, Lolita (152), 2019. Pencil on prepared paper, 12&#215;18 inches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
