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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>La r&#233;volte festive</title>
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		<dc:creator>Franc&#807;ois-Xavier Leblanc</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;volution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un &#234;tre enjou&#233;, parfaitement sociable. Les veines irrigu&#233;es par le flux imp&#233;tueux d'un espoir incoercible. De ses yeux verts jaillissait une lueur infinie, emplie de bienveillance, o&#249; la jalousie n'avait pas droit de cit&#233;. Et contrairement &#224; ce qui &#233;tait cont&#233; dans quelque pi&#232;ce shakespearienne, ceux-ci n'appartenaient en aucun cas &#224; un monstre &#233;gocentrique.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH99/arton2723-bcce9.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un &#234;tre enjou&#233;, parfaitement sociable. Les veines irrigu&#233;es par le flux imp&#233;tueux d'un espoir incoercible. De ses yeux verts jaillissait une lueur infinie, emplie de bienveillance, o&#249; la jalousie n'avait pas droit de cit&#233;. Et contrairement &#224; ce qui &#233;tait cont&#233; dans quelque pi&#232;ce shakespearienne, ceux-ci n'appartenaient en aucun cas &#224; un monstre &#233;gocentrique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La vingtaine &#224; peine entam&#233;e, elle redoutait d&#233;j&#224; l'approche imminente de la trentaine &#8211; &#233;tape insignifiante, avant les prochaines (plus d&#233;cisives), n&#233;anmoins annonciatrice de l'in&#233;luctable poursuite du processus de sa propre d&#233;ch&#233;ance. Dans l'avalanche des secondes observ&#233;es jusque-l&#224;, anticipant la suite, elle s'imaginait que toutes ses illusions se g&#226;teraient &#224; la m&#234;me allure que se craqu&#232;lerait le velours hal&#233; de sa peau juv&#233;nile. Elle le craignait. M&#234;me si au fond &#231;a n'avait pas d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant toute son essence &#233;tait d'une fraicheur pure et in&#233;gal&#233;e. L&#224;, &#233;tait l'essentiel. Et il fallait agir tout de suite. C'&#233;tait sa certitude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Abhorrant l'injustice, elle croyait en un monde meilleur ; persuad&#233;e que le monde changerait gr&#226;ce &#224; son action d&#233;sint&#233;ress&#233;e, aussi petite f&#251;t-elle. Alors guid&#233;e par cet app&#233;tit, elle rejoignait tous les combats, prenant part &#224; chaque d&#233;fil&#233;, chaque rassemblement : pour le climat, contre le racisme, pour l'&#233;galit&#233; des sexes, contre les s&#233;vices caus&#233;s par le patriarcat, pour une soci&#233;t&#233; plus &#233;cologique et plus sociale, etc. Participer &#224; ces diverses luttes sociales r&#233;jouissait profond&#233;ment son c&#339;ur. D&#232;s lors, le battement de son pouls s'intensifiait. Et c'&#233;tait la seule preuve tangible lui permettant de r&#233;aliser qu'elle &#233;tait encore en vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Consciente de n'&#234;tre que le maillon d'une vulgaire chaine, elle ne d&#233;daignait pas pour autant son r&#244;le, comme lorsqu'elle incitait son entourage &#224; aller voter. &#171; Chacun de nous doit voter, disait-elle, sinon c'est foutu. Chaque voix compte ! &#187;. Elle n'en doutait pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait une &#233;nergie incommensurable pour se mouvoir de manifestation en manifestation avec autant de ferveur, et se fondre dans la foule en avan&#231;ant du m&#234;me pas d&#233;termin&#233;, tout en scandant &#224; voix haute des revendications, inlassablement r&#233;it&#233;r&#233;es, pancarte en main ou poing brandi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle aimait cette impression de symbiose totale avec ses contemporains : la d&#233;ambulation coordonn&#233;e vers un but commun ; les chants entonn&#233;s d'une m&#234;me voix ; les fr&#244;lements plus ou moins appuy&#233;s des corps anim&#233;s par un m&#234;me d&#233;sir ; tous ces individus &#8211; et leur souffle et leur sueur &#8211; ne formant plus qu'un seul. Le m&#233;gaphone. La musique. L'ampleur des d&#233;cibels. Et les hurlements. Et les rires aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle avait la r&#233;volte festive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants, toujours pleins d'allant, &#233;voluaient dans une atmosph&#232;re conviviale, quand leurs contempteurs, eux, focalisant paresseusement leur regard sur quelques gestuelles hasardeuses, et ne captant de leur ou&#239;e que certaines vocif&#233;rations vindicatives, n'y voyaient que caprice d&#233;l&#233;t&#232;re de masse et potentielle terreur &#224; venir, que le syst&#232;me devait n&#233;cessairement r&#233;primer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de chacun des cort&#232;ges, dans la clameur commune, l&#224; &#233;tait sa place. C'&#233;tait tout ce qu'elle savait. Puis plus tard, en fin de journ&#233;e, elle n'avait plus, ni jambes, ni voix. Mais son &#226;me p&#233;tillait encore pour l'humanit&#233;. Au moins pouvait-elle sauver la soci&#233;t&#233;, pensait-elle. Elle y croyait fermement ; faisant fi des casseurs, des violences polici&#232;res et du long labeur qu'il resterait &#224; accomplir pour r&#233;g&#233;n&#233;rer le pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle avait foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rassemblements se dispersaient ensuite et chacun, chacune, regagnait aussit&#244;t son individualit&#233;. Sur le trajet la conduisant &#224; sa piaule, c'&#233;tait &#231;a : abandonn&#233;e, dor&#233;navant esseul&#233;e, plus elle s'&#233;loignait du lieu o&#249; avait converg&#233; tout ce monde, plus elle reprenait ses esprits, sa routine et le fardeau de ses probl&#232;mes existentiels mis, un bref instant, sur pause.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans vraiment la remarquer, une vague langueur rodait d&#233;sormais alentour et depuis, demeurait l&#224;, toujours vivace. Comme spectrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;, pour la premi&#232;re fois, elle se mit &#224; douter. De sa foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l'autre jour, devant ses coreligionnaires, elle osa nuancer un propos. Quelle erreur ! Subitement, un ponte &#8211; qu'elle r&#233;v&#233;rait pourtant &#8211; la prit &#224; partie, lui signifiant que la doctrine n'&#233;tait pas &#224; la carte. Il fallait consentir &#224; tout ou bien changer de camp fissa ! C'&#233;tait tout noir ou tout blanc. Pour le bien de la soci&#233;t&#233; para&#238;trait.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s cet instant, tout se troubla dans son esprit. Et soudainement recouvert par un voile translucide, le vert vif de son regard se changea en vert d'eau. On pouvait alors y d&#233;celer la douleur qui l'affectait &#224; pr&#233;sent.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;sormais rong&#233;e par les doutes. Prise pour une transfuge. La nuit, elle ne dormait plus. &#199;a refluait. &#171; Se r&#233;volter ou se suicider &#187;. Elle avait lu &#231;a quelque part. C'&#233;tait autrefois son mantra. H&#233;las, elle ne savait plus quoi faire maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, elle se d&#233;gota un calmant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; la nuit tomb&#233;e, ses espoirs, pris en &#233;tau, se faisaient lac&#233;rer &#224; travers les ronds de fum&#233;e qu'elle exhalait dans le n&#233;ant de la nuit bleut&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/liberte_-se_curite_-2222.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH316/liberte_-se_curite_-2222-5c0c0.jpg?1772187470' width='500' height='316' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>C'est la&#768; que je zone</title>
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		<dc:creator>Franc&#807;ois-Xavier Leblanc</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; C'est un fou, tu ne vois pas ! Il a perdu son a&#770;me ! &#187;, disent-ils.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH102/arton2577-77d3c.jpg?1772207517' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; C'est un fou, tu ne vois pas ! Il a perdu son a&#770;me ! &#187;, disent-ils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autrefois lors de mon passage, quand ils me croisaient, me fro&#770;laient, les gens se ha&#770;taient de dire a&#768; leurs enfants : &#171; vois ce bel homme. Quel style ! Quelle classe naturelle ! Et avec son costume et sa serviette, su&#770;r qu'il se presse pour son travail ou pour quelque autre chose de bien grande importance. Prends exemple sur lui ! &#187;. Raaa, s'ils savaient la vie que je me&#768;ne de&#769;sormais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui. Fini les levers aux aurores, le mug charge&#769; de cafe&#769; pleinement savoure&#769; durant la lecture de mon journal. Ce cafe&#769; que j'appre&#769;ciais aussi en contemplant l'horizon, toujours pre&#770;t a&#768; m'e&#769;merveiller devant ce feu radieux jamais lasse&#769; de poindre. Fini aussi d'e&#770;tre si soigne&#769; comme je l'e&#769;tais. Et aux oubliettes ma politesse ! Qu'est-il advenu de tout c&#807;a ? Je ne comprends pas ce qu'il s'est passe&#769; depuis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui donc a juge&#769; utile de me de&#769;lester de mon a&#770;me ? A&#768; combien d'empans se trouve-t-elle de ma carcasse e&#769;vide&#769;e ? Pfff, de toute fac&#807;on je serais bien incapable de la flairer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette immense avenue est mon domaine. Rien de plus. Mon plumard s'est retrouve&#769; la&#768; par hasard. Alors, c'est la&#768; que je zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les toxicos et les prostitue&#769;es sont pour moi ce qu'il y a de plus familier. Et le bitume me crame constamment les semelles. Sa bru&#770;lure lancinante de&#769;vore mes pieds ; la morsure se re&#769;pand ensuite a&#768; travers tous mes membres, jusqu'a&#768; pe&#769;ne&#769;trer dans ma pauvre cervelle que je croyais devenue inerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois j'essaie de m'adresser a&#768; certaines personnes. Je leur demande n'importe quoi, la premie&#768;re chose qui me passe par la te&#770;te ; mais je ne comprends pas, je les vois prendre leurs distances, quasiment re&#769;pugne&#769;es, totalement effraye&#769;es &#8211; ou me&#770;me hilares. C'est tous les jours pareil. Peut-e&#770;tre me voient-elles, l'air hagard ou dangereux ? Peut-e&#770;tre aussi que je marmonne trop de sons inarticule&#769;s ? Je ne sais pas. De le&#769;gers doutes, comme des e&#769;clairs inde&#769;sirables, fragilisent parfois la nuit de mon esprit pendant quelques millie&#768;mes de seconde. Mais malheureusement, c&#807;a m'est difficilement pre&#769;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe ! Il n'y a que lorsque je m'accroupis que je gou&#770;te ve&#769;ritablement au re&#769;pit. Cette quie&#769;tude passage&#768;re. Et la&#768;, par moments, des visions e&#769;tranges s'offrent a&#768; mes re&#769;tines ! Re&#769;miniscences d'un passe&#769; brumeux &#8211; probablement heureux. Alors je me vois vaguement me comporter comme un employe&#769; mode&#768;le, insupportable ; feindre de m'activer comme un pre&#769;tendu sportif ; ou frimer devant tout le monde, a&#768; commencer par les femmes. (Voici quelques images cense&#769;es me repre&#769;senter dans une vie ante&#769;rieure ? Sont-elles re&#769;elles ?)&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout semblait si le&#769;ger, si doux, si facile. Ces visions irisent momentane&#769;ment mon regard tandis que je me tiens la&#768;, accroupi, recroqueville&#769;, frigorifie&#769;, dans un recoin sombre qui sera bient&#244;t totalement enseveli par l'obscurite&#769; rampante.&lt;br class='autobr' /&gt;
En un soubresaut je me redresse ! Le&#769;ge&#768;rement instable. Et je reprends instinctivement mes grandes enjambe&#769;es. (Serait-ce un reste de ma pratique excessive de l'elliptique, quand je me de&#769;sarticulais a&#768; vitesse grand V ? J'e&#769;tais une machine sur une autre machine. Ou cela re&#769;sulterait-il de mon passe&#769; d'employe&#769; mode&#768;le, lorsque tout mon corps n'e&#769;tait qu'empressement &#8212; rien que du vent, un courant d'air dans les bureaux &#8212;, croyant stupidement me donner une quelconque consistance ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle peut bien e&#770;tre cette saveur bizarre que je gou&#770;te a&#768; pre&#769;sent ? Tout me parait si loin. Je ne sais me&#770;me plus quel chemin emprunter pour revenir sur mes pas. J'ai perdu le Paradis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce seulement arrive&#769; ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour de&#769;sormais, affuble&#769; d'un poncho, la mine crispe&#769;e, e&#769;macie&#769;e, les le&#768;vres gerce&#769;es, le regard perc&#807;ant mais he&#769;be&#769;te&#769;, je de&#769;vale l'avenue et, spasmodique, je gesticule en hurlant au monde des choses brutales et inintelligibles. Comme quelqu'un subitement libe&#769;re&#769; de son a&#770;me apre&#768;s l'avoir jete&#769;e par-dessus bord ; comme quelqu'un ayant mise&#769;rablement tre&#769;buche&#769; d'une come&#768;te et dont le cra&#770;ne se serait fracture&#769; ici-bas. C'est que mon cerveau est bien trop irrigue&#769; par l'afflux de mon sang. Je bous en permanence. Je balbutie des choses violentes de manie&#768;re re&#769;pe&#769;te&#769;e. Ma main re&#770;che fouette grossie&#768;rement l'atmosphe&#768;re &#8211; et bien plus efficacement que celle d'un escrimeur ! C'est comme si elle tentait de chasser les mauvaises pense&#769;es, les mauvais souvenirs, les mauvaises e&#769;nergies et les mauvaises personnes &#8212; enfin... toute chose qui se meut pre&#768;s de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Infatigable. Inarre&#770;table. Je de&#769;ambule sur des trottoirs comme en plein milieu de la route et, quelquefois, voulant le stopper, je he&#768;le le premier venu (parmi les automobilistes, les passants, ou le Ne&#769;ant lui-me&#770;me) que je prends pour mon prochain. Mais ce la&#770;che, d'abord te&#769;tanise&#769;, se de&#769;tourne ensuite tre&#768;s irrespectueusement de moi. Faudrait-il que je trouve cela normal ? Non. Donc le soir, je demande solennellement a&#768; la lune de m'e&#769;pauler durant ces e&#769;preuves. Car la lune est ma seule amie. Elle seule me rasse&#769;re&#768;ne. Et de nuit en nuit, lors de mes prie&#768;res, j'e&#769;gre&#768;ne ses diffe&#769;rents aspects : pleine, en quartier ou en croissant... He&#769;las je ne les connais pas tous ; je ne les ai pas tous saisis. C&#807;a n'a pas d'importance en fait car c'est toujours elle ! La me&#770;me, mais changeante. Et je l'implore. Je la conjure d'apparaitre en plein jour. Que l'engeance puisse enfin voir ce qui se profile continuellement dans ma te&#770;te ! Je veux qu'elle barre de&#769;finitivement la route au soleil et qu'elle change ainsi, pour toujours et a&#768; jamais, la lumie&#768;re en pe&#769;nombre. Qu'un anneau lumineux, et inquie&#769;tant, impre&#768;gne de&#769;finitivement les te&#769;ne&#768;bres. Cette perspective me subjugue ! J'adore les e&#769;clipses solaires (leur e&#769;vocation m'accompagne et me berce durablement ; leur souvenir demeure impe&#769;rissable). Mais bon, j'suis vraiment ronge&#769; par des voix inte&#769;rieures qui me demandent sans cesse : Que pense since&#768;rement la lune de toi ? Es-tu digne d'elle ? Alors, incapable de re&#769;pondre a&#768; de telles e&#769;nigmes, soudainement pris d'effroi, je me fige durant un laps de temps &#8212; presque inde&#769;fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon heure de gloire est passe&#769;e. Irre&#769;me&#769;diablement. C'est certain ! Alors je vous en prie : laissez-moi m'agiter fre&#769;ne&#769;tiquement a&#768; travers l'existence de&#769;primante qui est la mienne. Je suis cet errant solitaire. Je suis celui que l'on croise quotidiennement &#8211; qui vous terrorise brie&#768;vement &#8211; mais que l'on oublie aussito&#770;t. Tant mieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vous apitoyez pas sur mon sort. Je ne suis qu'un pauvre he&#768;re perdu dans la valle&#769;e des he&#768;res. Et je ne fais que m'e&#769;terniser un peu, ici-bas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;photo &#169;Martial Verdier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Lautre&#769;amont ce chaman</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Lautre%CC%81amont-ce-chaman</link>
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		<dc:creator>Franc&#807;ois-Xavier Leblanc</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Chamanisme</dc:subject>
		<dc:subject>surr&#233;alisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Isidore Ducasse est un po&#232;te franco-uruguayen de la seconde partie du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Sa mort pr&#233;matur&#233;e, le myst&#232;re qui entoure sa vie, l'immense impact de ses &#339;uvres &#8212; Les Chants de Maldoror et ses Po&#233;sies I &amp; II &#8212; sur plusieurs g&#233;n&#233;rations d'artistes, &#224; commencer par les &#233;crivains surr&#233;alistes, et la violence de ses &#233;crits, font de lui ce que certains appellent un &#171; po&#232;te maudit &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Chamanisme" rel="tag"&gt;Chamanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/surrealisme" rel="tag"&gt;surr&#233;alisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH90/arton2514-6aec3.jpg?1772207517' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Isidore Ducasse est un po&#232;te franco-uruguayen de la seconde partie du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Sa mort pr&#233;matur&#233;e, le myst&#232;re qui entoure sa vie, l'immense impact de ses &#339;uvres &#8212; Les Chants de Maldoror et ses Po&#233;sies I &amp; II &#8212; sur plusieurs g&#233;n&#233;rations d'artistes, &#224; commencer par les &#233;crivains surr&#233;alistes, et la violence de ses &#233;crits, font de lui ce que certains appellent un &#171; po&#232;te maudit &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est des personnes qui marquent &#224; jamais la m&#233;moire d'un individu et qui agissent inexorablement sur lui. Isidore Ducasse fait partie de ces rares individualit&#233;s qui m'ont forg&#233; et m'accompagnent c&#233;r&#233;bralement, encore &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; Isidore Ducasse par inadvertance (je dirais m&#234;me par chance !) au cours de mon existence juv&#233;nile. J'&#233;prouve pour ce po&#232;te d'un autre si&#232;cle une admiration sans borne m&#234;l&#233;e d'un profond respect &#8212; moi qui ne r&#233;v&#232;re pas grand-chose. J'aime &#224; me dire que son existence pass&#233;e sur terre n'est finalement pas si lointaine de la mienne et, en outre, que nous avons ce monde en commun. Et si sa carcasse n'est plus, n&#233;anmoins, sa pr&#233;sence demeure. Spectrale. Cette id&#233;e me suffit. Elle r&#233;jouit amplement mon c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;trospectivement, je peux parfois me demander que serais-je devenu si je n'avais eu l'opportunit&#233;, jadis, de tomber sur &lt;i&gt;Les Chants de Maldoror.&lt;/i&gt; Aucune r&#233;ponse ne m'est jamais r&#233;ellement venue. J'ose croire que mon esprit serait demeur&#233; vacant &#224; tout jamais voire au mieux, inachev&#233;. Ou bien disposerais-je alors d'un ersatz d'esprit ? Ce sont les seules hypoth&#232;ses que j'en tire et, par cons&#233;quent, celles qui me convainquent le plus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une rencontre brutale et miraculeuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jamais un auteur ne s'&#233;tait adress&#233; &#224; moi comme il l'avait fait &#8212; aussi abruptement. Aucun auteur ne m'avait directement interpel&#233; comme il eut la hardiesse de le faire, me recommandant, imm&#233;diatement, de me d&#233;tourner de l'ouvrage &#224; peine ouvert &#8212; ayant a priori l'amabilit&#233; de s'inqui&#233;ter de ce qu'il adviendrait de ma sant&#233; mentale. Manifestement, il ne souhaitait pas troubler la qui&#233;tude ambiante cens&#233;e m'habiter &#8212; ou me m&#233;prisait-il d&#233;lib&#233;r&#233;ment, conscient que je ne faisais pas le poids. Je commen&#231;ai &#224; comprendre que ce monsieur Ducasse n'&#233;crivait pas pour les autres, cela lui importait peu. Il &#233;crivait essentiellement pour lui, donnant ainsi au lecteur l'impression qu'il se fichait &#233;perdument du sort r&#233;serv&#233; &#224; son livre, et donc des lignes qu'il &#233;crivait. Serait-il lu ? Ne le serait-il pas ? Brulerait-on son livre ? Qu'importe. &#192; l'&#233;vidence, r&#233;pondre &#224; ces conjectures n'&#233;tait pas son affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les pr&#233;mices de mon entreprise, je r&#233;alisai que cet objet litt&#233;raire n'avait rien de banal. Ma curiosit&#233; fut brutalement &#233;veill&#233;e et, haletante, le demeurerait jusqu'&#224; la fin des six chants &#8212; et m&#234;me bien au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21449 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/h-3000-lautreamont_isidore-ducasse-comte-de_les-chants-de-maldoror_1874_edition-originale_5_73108.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L489xH800/h-3000-lautreamont_isidore-ducasse-comte-de_les-chants-de-maldoror_1874_edition-originale_5_73108-1ed1e.jpg?1721840794' width='489' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sous l'emprise de Maldoror&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lecture d'Isidore Ducasse m'a fait p&#233;n&#233;trer dans un univers nouveau, impens&#233; &#8212; fa&#231;onn&#233; &#224; l'image de ce Maldoror &#8212;, o&#249;, subitement d&#233;boussol&#233;, je venais de perdre chacun de mes rep&#232;res, les uns apr&#232;s les autres, vacillant interminablement, puis ne sachant plus o&#249; poser ma main pour m'appuyer afin de reprendre et mon &#233;quilibre et mon souffle. Faire une pause quoi. Un instant en route &#8212; C'est ce qu'il me fallait&#8212;. Lui aussi le disait, s'adressant &#224; lui-m&#234;me, comprenant qu'il &#233;tait trop fort, trop puissant pour son &#233;poque et fatalement, pour les si&#232;cles post&#233;rieurs ; que son imagination d&#233;ferlait si all&#232;grement, vague apr&#232;s vague, flots de terreur susceptibles &#8212; s'ils n'&#233;taient pas contenus &#8212; d'ensevelir notre monde, tristement hant&#233; par le vide sid&#233;ral. Puis, apr&#232;s avoir vacill&#233; pendant un laps de temps, presque ind&#233;fini, une fois l'&#233;lixir venimeux instill&#233; en moi, il m'a enfin &#233;t&#233; loisible de me repa&#238;tre de chacune des pr&#233;cieuses saillies qui fusent de l'ouvrage ducassien, sensiblement mal&#233;fique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moiti&#233; hypnotis&#233;, j'acceptai donc de partir &#224; l'aventure avec Maldoror pour un voyage initiatique, v&#233;ritablement intense, dont je ne pouvais mesurer la port&#233;e. Comme un petit fr&#232;re ou un &#233;l&#232;ve, impressionn&#233; par son ain&#233;, j'&#233;tais incapable de formuler quoi que ce soit ; admirant et redoutant cette trombe anthropomorphe qui se mouvait d'un endroit &#224; un autre, envers et contre tout, faisant fi de la loi &#8212; des hommes et de la Divinit&#233; &#8212;, des m&#339;urs ainsi que des gens. C'est demeurer interdit. Bouche b&#233;e. &#202;tre finalement ce genre de complice. Et par moments, au contact de ce r&#244;deur terriblement magnifique, comme envahi d'une assurance particuli&#232;re, je me prenais pour un chien errant avide de sentiments. Il m'arrivait parfois de m'interroger &#224; propos de ma nature nouvelle : Serais-je son bouledogue, ou bien l'un de ces chiens fous &#233;chapp&#233;s des campagnes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre l'acolyte de Maldoror, le temps de ses p&#233;r&#233;grinations, c'est aussi disposer du privil&#232;ge inou&#239; de l'accompagner en des lieux o&#249; l'&#234;tre humain lambda n'a h&#233;las pas les facult&#233;s de grimper, et o&#249;, m&#234;me s'il le pouvait &#8212; incapable de se revigorer de l'air impur cher &#224; cet affreux sp&#233;cimen &#8212;, il craindrait l'agonie. Je peux en t&#233;moigner. Au sommet d'une falaise, d'un immense roc, le plus majestueux et le plus sordide, Maldoror est l&#224;, tranquille et alerte. Il voit l'&#201;den, l'&#201;r&#232;be, la terre, les oc&#233;ans indomptables, et tout ce qui s'y trame. Tout ce qui semble sourdre. Tout ce qui se met en place. Et soudain, tandis que je l'observais, je m'&#233;tonnai presque de me savoir &#224; ses c&#244;t&#233;s : moi, heureux spectateur, silencieux, d&#233;f&#233;rent, mais un peu effray&#233; tout de m&#234;me face &#224; cette pr&#233;sence aussi spectaculaire qu'implacable, face &#224; tout ce qui pouvait se profiler devant moi, &#224; mon insu. Et le soleil lui aussi pr&#233;f&#233;rait se faire discret, songeant &#224; se faire la malle, en douce. Alors dans ce d&#233;cor de fin du monde &#8212; ou d'avant monde &#8212;, tapis dans l'ombre, une multitude d'astres s'appr&#234;taient &#224; para&#238;tre pour destituer notre soleil familier, et irradier le monde de leurs rayons maladifs. Je les voyais cheminer au loin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21450 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/maxresdefault-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-2-c9f34.jpg?1772205208' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'exp&#233;rience chamanique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maldoror est le d&#233;miurge des songes indicibles. Merci &#224; Lautr&#233;amont pour les avoir retranscrits et pour les avoir rapport&#233;s &#224; l'humanit&#233;, cette dr&#244;le d'engeance. Lautr&#233;amont ce proph&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maldoror est &#233;galement le briseur de r&#234;ves, ce briseur de cha&#238;nes &#8212; de cerveaux robotis&#233;s &#8212; l'annihilateur de toute qui&#233;tude &#8212; de toute routine. D&#233;busquant au passage les cagots qu'il croise, il interf&#232;re dans l'ordinaire des situations afin de semer derri&#232;re lui ce qui lui importe le plus, &#224; savoir, chaos et d&#233;sordre. Maldoror est la pierre angulaire d'un monde nouveau. Maldoror n'est que la vision grandiose de Lautr&#233;amont. Bienheureux sont ceux qui l'ont suivi &#224; travers ces paysages inviol&#233;s o&#249; l'homme craintif n'osa jamais p&#233;n&#233;trer avant lui, me disais-je alors, &#233;trangement transport&#233; par l'atmosph&#232;re mystique qui surplombe ces parages myst&#233;rieux, satur&#233;s d'odeurs primitives, d&#233;daign&#233;es par la soci&#233;t&#233;. C'est comme emprunter un sentier secret menant &#224; l'inconnu ; vaste champ des possibles, toujours inattendu. Infini fulgurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en ai acquis la certitude : il ne faut pas redouter de saisir cet ouvrage volcanique entre nos doigts d&#233;j&#224; tremblants pour l'exposer devant nos yeux bient&#244;t rougis &#8212; et susceptibles de se r&#233;vulser &#224; tout instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Lautr&#233;amont n'&#233;tait pas qu'un simple proph&#232;te. Peut-&#234;tre ne l'&#233;tait-il pas finalement. Car qu'aurait-il bien pu faire d'une cohorte de fid&#232;les ? &#192; part faire en sorte que Maldoror les pousse, tour &#224; tour, au fond d'un pr&#233;cipice, et &#233;clater d'un rire sardonique ininterrompu&#8230; je ne vois rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je pense &#224; lui comme &#224; un chaman. Le chaman d'une nouvelle &#232;re. Celui de l'&#233;poque contemporaine. Un chaman continuellement en pri&#232;re, implorant, &#224; sa mani&#232;re le cosmos, par des impr&#233;cations d'une rare splendeur &#8212; pas de simples psaumes ni de simples incantations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon moi, il &#233;tait clairement malheureux de ne pas &#234;tre un dieu. Et je ressentais parfaitement sa douleur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un legs salutaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Enfin, quel ne fut pas mon effroi lorsque le jour de mes vingt-cinq ans, je r&#233;alisai avoir d&#233;pass&#233; sa dur&#233;e de vie. Son image s'imposa &#224; moi. Sa gueule &#233;maci&#233;e de jeune loup errant, son regard morne mais hallucin&#233;, son corps fr&#233;missant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais song&#233; &#224; sa mort pr&#233;matur&#233;e quatre mois et demi avant de parvenir &#224; ce quart de si&#232;cle, me faisant la r&#233;flexion qu'il n'&#233;tait plus (oui, &#224; l'&#233;vidence, il n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus). Et bien que me sentant si proche de lui, j'&#233;tais in&#233;vitablement &#224; mille lieues d'appr&#233;hender sa maturit&#233; po&#233;tique si pr&#233;coce ; je pouvais seulement savourer la beaut&#233; de son &#339;uvre, continuer d'aiguiser mes sens &#224; cette derni&#232;re, puis me contenter de l'appr&#233;cier pour le restant de ma vie. Il &#233;tait mort dans la solitude et dans l'anonymat le plus total. Souffreteux. Des lueurs dans les yeux. Mais, c'&#233;tait comme s'il avait pressenti sa fin s'&#233;lancer fr&#233;n&#233;tiquement vers lui. Alors, dans l'urgence, il s'empressa d'&#233;laborer une &#339;uvre fondamentale capable de subjuguer l'humanit&#233;, et de la ranimer le moment venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peu importe. Je veux simplement me rem&#233;morer le message l&#233;gu&#233; par Isidore Ducasse, aka le comte de Lautr&#233;amont. Et savourer, encore et encore, son offrande d&#233;licieuse (en relisant mon exemplaire de l'&#233;dition de Jean-Luc Steinmetz parue en 2001).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_21448 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/de_testable_pre_sentation.jpg' width=&#034;768&#034; height=&#034;768&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; voir aussi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;D&#233;testable&lt;/i&gt; par Franc&#807;ois-Xavier Leblanc&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 978-2-9588425-0-5&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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