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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Le texte fant&#244;me : de l'objet au concept</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nancy Murzilli</dc:creator>


		<dc:subject>fant&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il est des textes fant&#244;mes qui hantent notre m&#233;moire litt&#233;raire et d'autres qui errent dans un entre-deux, en attente d'actualisation ; des textes, pourrait-on dire, inactualis&#233;s ou que rien ne permet plus d'actualiser. Tout ce que nous pouvons en savoir rel&#232;ve de la fiction ou de l'hypoth&#232;se, qu'ils soient mentionn&#233;s dans un r&#233;cit historique, une &#339;uvre de fiction ou un projet litt&#233;raire, puisqu'il n'en existe tout au plus que des fragments. Quel statut ontologique la th&#233;orie litt&#233;raire doit-elle leur reconna&#238;tre ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/fantome" rel="tag"&gt;fant&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH80/arton2469-8a438.jpg?1772242021' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est des textes fant&#244;mes qui hantent notre m&#233;moire litt&#233;raire et d'autres qui errent dans un entre-deux, en attente d'actualisation ; des textes, pourrait-on dire, inactualis&#233;s ou que rien ne permet plus d'actualiser. Tout ce que nous pouvons en savoir rel&#232;ve de la fiction ou de l'hypoth&#232;se, qu'ils soient mentionn&#233;s dans un r&#233;cit historique, une &#339;uvre de fiction ou un projet litt&#233;raire, puisqu'il n'en existe tout au plus que des fragments. Quel statut ontologique la th&#233;orie litt&#233;raire doit-elle leur reconna&#238;tre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les textes perdus ou amput&#233;s ne semblent pas &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; pouvoir &#234;tre rang&#233;s sous la m&#234;me cat&#233;gorie que les textes composant une biblioth&#232;que imaginaire. Il en va du statut des textes fictifs face &#224; des textes ayant r&#233;ellement exist&#233;. Ce qu'il reste de ces derniers est-il vou&#233; &#224; une subsomption sous l'unique cat&#233;gorie du possible ? Une th&#233;orie des textes fant&#244;mes recouperait-elle donc une th&#233;orie des textes possibles ? Cette derni&#232;re question appelle imm&#233;diatement celle du niveau de r&#233;alit&#233; sur lequel se placent les textes fant&#244;mes. Ces textes appartiennent-ils &#224; notre r&#233;alit&#233; ou se situent-ils dans d'autres mondes possibles ? Auquel cas, une th&#233;orie des textes fant&#244;mes devrait-elle &#234;tre adoss&#233;e &#224; une th&#233;orie des mondes possibles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ces questions que je voudrais soumettre celle du mode d'existence des textes fant&#244;mes. Je le ferai en m'attachant &#224; un cas d'&#233;tude particulier port&#233; par un texte ou plut&#244;t un corpus fantomatique dans son concept m&#234;me. Il s'agit du projet G&#233;n&#233;ral Instin. Ce projet de fiction collective, initi&#233; par Patrick Chatelier, tend &#224; la prolif&#233;ration et trouve support aussi bien en revue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les revues &#201;ponyme, Hors-sol, Les &#201;crits, Geste, Espace(s).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que dans des livres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une anthologie est &#224; para&#238;tre aux &#233;ditions du Nouvel Attila.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sur le web&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site de cr&#233;ation litt&#233;raire Remue.net et sur la plate-forme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, divers travaux litt&#233;raires, th&#233;&#226;traux, plastiques, cin&#233;matographiques, performances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Remue.net, .&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et festivals&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Remue.net, .&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son origine tient dans la d&#233;couverte d'une photo fun&#233;raire d&#233;figur&#233;e par le temps, sur la tombe du g&#233;n&#233;ral Hinstin. De l&#224; est n&#233;e l'id&#233;e de donner une seconde vie au g&#233;n&#233;ral, qui devient alors &lt;i&gt;&#171; anc&#234;tre universel, soldat spectre, mais aussi concept fant&#244;me et &#233;tat d'esprit&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; d'Instin &#187;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis en ligne le 12 f&#233;vrier 2011, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. De ce projet d'&#233;criture collective se d&#233;gage un portrait mouvant, jamais complet du g&#233;n&#233;ral Instin, ayant au passage perdu son H qui en faisait un &#234;tre humain historique. Le g&#233;n&#233;ral Instin est et n'est pas, et de ce fait il ouvre des possibles. Une telle exp&#233;rience d'&#233;criture et de lecture &#224; laquelle chacun peut contribuer, offre un terrain d'&#233;tude original pour une th&#233;orie des textes fant&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers l'exp&#233;rience du G&#233;n&#233;ral Instin, je souhaiterais interroger la fa&#231;on dont l'entre-deux inactuel dans lequel flottent les textes fant&#244;mes pourrait &#234;tre constitutif de la cr&#233;ation litt&#233;raire elle-m&#234;me, portant en elle aussi bien la conscience de la perte de textes qui ne sont plus, que de ceux auxquels il n'a &#233;t&#233; ou ne sera jamais donn&#233; lieu. Qu'en est-il, au regard du concept de texte fant&#244;me, du statut de textes toujours mouvants, en perp&#233;tuelle progression, aliment&#233;s par la contribution de divers auteurs et actualis&#233;s ou non par de potentiels lecteurs, qu'offrent aujourd'hui des exp&#233;rimentations de nouvelles formes d'&#233;criture comme celle du G&#233;n&#233;ral Instin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ferai l'hypoth&#232;se que sous ce concept se tient ce qui anime tout geste d'&#233;criture, dont un projet comme celui du G&#233;n&#233;ral Instin d&#233;ploie le processus, pla&#231;ant ce concept en son principe et nous obligeant ainsi &#224; reconcevoir la notion de possible dans l'&#233;criture et la lecture litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;De la possibilit&#233; des textes fant&#244;mes&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous ne&lt;/i&gt; voyons &lt;i&gt;pas les possibles, nous les&lt;/i&gt; d&#233;crivons &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, remarque Pierre Cassou-Nogu&#232;s dans &lt;i&gt;Mon zombie et moi. La philosophie comme fiction&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Cassou-Nogu&#232;s, Mon zombie et moi. La philosophie comme fiction, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notre seul moyen d'acc&#233;der au possible est donc le langage comme fiction, &lt;i&gt;&#171; la fiction, dit-il, d&#233;termine le possible&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., ch. 2-1. &#167; 9.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Que l'on soit assur&#233; de l'existence pass&#233;e de textes aujourd'hui disparus, par les mentions qui en sont faites dans d'autres textes, ou que la r&#233;f&#233;rence &#224; ces textes soit pure fiction, de fait, la place qu'ils d&#233;signent en creux appartient au possible et &#224; l'imagination. De ce point de vue, rien ne permet de les distinguer entre eux. Ce que nous pouvons en dire tient &#224; la seule puissance &#233;vocatrice de quelques fragments r&#233;els ou invent&#233;s. La puissance &#233;vocatrice d'un titre d&#233;signant un volume absent, ou de l''espace laiss&#233; par des feuillets manquants, est un appel &#224; l'invention et &#224; la cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on souhaite s'interroger sur le mode d'existence des textes fant&#244;mes, il convient cependant de s'entendre sur leur statut ontologique et sur la place qu'ils occupent dans le champ du possible. S'ils ouvrent bien sur des possibles, les textes fant&#244;mes ne recouvrent pas pour autant enti&#232;rement le domaine des textes possibles, ils le d&#233;bordent en un sens. Leur possibilit&#233; actuelle, en effet, n'est parfois pas en cause, car nous savons ou bien qu'ils ont exist&#233; et ne sont plus, ou bien que la possibilit&#233; de leur existence n'a pas &#233;t&#233; rendue actuelle et qu'ils font partie des possibles non r&#233;alis&#233;s. Dans de tels cas ils ne sont d'ailleurs pas plus r&#233;els que possibles, puisque s'ils ont pu avoir une r&#233;alit&#233;, celle-ci s'est &#233;vanouie, ou alors leur r&#233;alisation a &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;e ou &#233;cart&#233;e. Une grande part des textes fant&#244;mes n'est donc ni possible, ni r&#233;elle. Les seuls textes fant&#244;mes qui pourraient se situer &#224; l'intersection de l'ensemble des textes possibles sont les textes fant&#244;mes fictionnels. Toutefois, faut-il peut-&#234;tre r&#233;server &#224; ces textes-ci un statut particulier, dans la mesure o&#249; ils appartiennent au monde de la fiction. Ces textes ont la particularit&#233; de n'&#234;tre pas impliqu&#233;s dans les conditions spatio-temporelles du monde actuel. La fiction &#224; laquelle ils appartiennent leur ouvre le champ des possibles. On pourrait ainsi supposer, selon la th&#233;orie lewisienne de la s&#233;mantique modale, qu'il existe un monde possible dans lequel tel texte fant&#244;me fictionnel est actualis&#233; ; un monde, donc, dans lequel il serait non plus un texte fant&#244;me, mais un texte r&#233;el, et par cons&#233;quent, pour nous, un texte possible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. David Lewis, &#171; Truth in Fiction &#187;, American Philosophical Quarterly, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, n'est-ce pas &#224; cette seule condition qu'une th&#233;orie des textes fant&#244;mes, fictionnels ou non, devient envisageable ? La contrefactualit&#233; ne constitue-t-elle pas une pr&#233;misse &#224; toute conception th&#233;orique des textes fant&#244;mes ? Initier par une proposition de la forme &#171; si ce texte avait exist&#233;/existait encore, alors&#8230; &#187;, semble un pr&#233;alable n&#233;cessaire pour une r&#233;flexion sur des textes qui n'ont aucune r&#233;alit&#233;, mais pourraient ou auraient pu en avoir une sous certaines conditions. Si l'on part du principe qu'une th&#233;orie des textes litt&#233;raires s'int&#233;resse au premier chef &#224; leur contenu et que le contenu est absent, comment en effet pouvoir parler des textes fant&#244;mes sans les faire totalement basculer dans le domaine des textes possibles ? Mais encore faut-il pour cela que les &#233;l&#233;ments qui nous en restent, ou nous en sont donn&#233;s, soient suffisants pour officier comme op&#233;rateurs de possible. Lorsque ces &#233;l&#233;ments sont trop t&#233;nus, on se demandera quel r&#244;le th&#233;orique peut jouer le caract&#232;re purement fantomatique de ces textes, si ce n'est peut-&#234;tre la puissance d'&#233;vocation qu'exerce l'id&#233;e de leur absence au sein d'autres textes bien r&#233;els. Auquel cas, on n'accordera de place th&#233;orique aux textes fant&#244;mes que dans le commentaire de textes r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question reste toutefois de savoir si adosser une th&#233;orie des textes fant&#244;mes &#224; une th&#233;orie des textes possibles devrait impliquer &#233;galement le recours &#224; une th&#233;orie des mondes possibles. Consid&#233;rer, comme on l'a fait, que les textes fant&#244;mes ne sont ni r&#233;els, ni possibles, suppose une d&#233;pendance de ces textes &#224; une responsabilit&#233; auctoriale. Un texte fant&#244;me n'est ni r&#233;el, ni possible &#224; condition que la possibilit&#233; de son existence soit li&#233;e &#224; l'existence de l'auteur qui l'a con&#231;u, ou en a con&#231;u le projet, &#224; un moment &lt;i&gt;t&lt;/i&gt;. Tenant compte des enseignements de l'histoire de la th&#233;orie litt&#233;raire, et sachant qu'apr&#232;s la mort de l'auteur nous avons assist&#233; &#224; sa r&#233;surrection, comment penser l'auctorialit&#233; d'un texte fant&#244;me au regard de la th&#233;orie ? Que l'auteur ait ou non exist&#233;, nous ne pouvons exclure qu'il conditionne la r&#233;alit&#233; et la possibilit&#233; du texte fant&#244;me. Mais si l'on se place du point de vue de la critique litt&#233;raire et des possibles litt&#233;raires que renferme en puissance le texte fant&#244;me, l'auctorialit&#233; devient elle-m&#234;me un concept &#233;vanescent, o&#249; la paternit&#233; du texte tend &#224; &#234;tre partag&#233;e avec son ou ses commentateurs, dont la t&#226;che s'apparente fortement &#224; celle de la cr&#233;ation litt&#233;raire. Si le travail du critique litt&#233;raire doit consister &#224; d&#233;gager les possibles litt&#233;raires d'un texte qui pourrait ou aurait pu exister au sein de l'&#339;uvre d'un auteur, ou &#224; r&#233;&#233;valuer l'ensemble de son &#339;uvre, voire celle de ses contemporains, &#224; la lumi&#232;re de ce texte absent, est-il tenu de le faire en supposant un monde possible dans lequel celui-ci serait r&#233;el ? N'y perdrait-on pas pr&#233;cis&#233;ment la teneur m&#233;taphorique du concept de texte fant&#244;me, puisque ce que l'on nomme commun&#233;ment fant&#244;me n'appartient vraiment ni au monde r&#233;el ni &#224; d'autres mondes ? Un monde possible o&#249; le texte serait r&#233;el serait une version de notre monde o&#249; le texte n'aurait pas &#233;t&#233; perdu ou d&#233;truit, ou bien une version o&#249; tel auteur aurait port&#233; jusqu'au bout un projet litt&#233;raire avort&#233; dans sa vie r&#233;elle, ou encore une version actualis&#233;e d'un monde fictionnel. La question th&#233;orique r&#233;currente lorsqu'on interroge la possibilit&#233; et l'int&#233;r&#234;t d'une application de la th&#233;orie des mondes possibles &#224; la th&#233;orie litt&#233;raire, telle qu'elle a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e par David Lewis, est celle de savoir quel acc&#232;s le critique litt&#233;raire peut avoir &#224; ces mondes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je discute ailleurs des difficult&#233;s d'une application, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; lorsque presque aucun &#233;l&#233;ment dans le monde r&#233;el ne nous en donne la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Cassou-Nogu&#232;s aborde cette question sous une perspective originale, qui me semble contribuer &#224; d&#233;noncer l'impossibilit&#233; d'un recours aux mondes possibles dans la th&#233;orie des textes fant&#244;mes. Prenant l'exemple du livre d'Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur, il remarque que, la th&#233;orie de Lewis est incapable de rendre compte du jeu qui permet de passer, dans ce livre, d'un premier chapitre o&#249; le lecteur interpell&#233; est bien celui qui est en train de le lire, &#224; un lecteur imaginaire qui d&#233;couvre &#224; la fin de ce m&#234;me chapitre que la suite du livre ne comporte que des pages blanches. Selon la th&#233;orie de Lewis, le &#171; toi lecteur &#187; qui ouvre ce livre ne peut s'adresser au lecteur qui le lit, mais &lt;i&gt;&#171; seulement &#224; un lecteur dans un monde parall&#232;le o&#249; se d&#233;roule le roman. Il faudrait consid&#233;rer ce roman comme le r&#233;cit des aventures d'un certain lecteur auquel le roman s'adresse, dans un monde possible &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Cassou-Nogu&#232;s, Mon zombie et moi. La philosophie comme fiction, op. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or tous les possibles litt&#233;raires doivent pouvoir faire retour vers un lecteur r&#233;el, au risque, sinon, de s'en trouver &#224; jamais s&#233;par&#233;s. &#192; travers cet exemple, Cassou-Nogu&#232;s saisit un aspect important &#224; mon sens de la difficult&#233; que pose la th&#233;orie des mondes possibles appliqu&#233;e &#224; la th&#233;orie litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la th&#233;orie litt&#233;raire, les mondes possibles seraient cens&#233;s &#234;tre des mod&#232;les &#224; partir desquels nous pourrions interpr&#233;ter les phrases qui devraient composer les textes fant&#244;mes et sp&#233;culer sur leurs possibles. Mais, en l'absence de telles phrases qu'est-ce qui permet de rattacher &#224; ces textes un monde possible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc Escola rappelle avec justesse qu'un monde fictif n'est jamais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#192; cette difficult&#233; s'ajoute le fait que ces mondes sont enti&#232;rement s&#233;par&#233;s du n&#244;tre, &#233;tant donn&#233; que, dans le cadre d'une telle th&#233;orie, ces textes sont interpr&#233;t&#233;s comme se rapportant &#224; un autre monde que celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les textes fant&#244;mes ne sont pas accessibles par les mondes possibles auxquels ils seraient li&#233;s, comment pouvons-nous en parler ? Ce que nous savons des textes fant&#244;mes nous est g&#233;n&#233;ralement transmis par d'autres textes, fictionnels ou non, qui s'en font les t&#233;moins. L'ouverture vers les possibles des textes fant&#244;mes prend donc sa source dans d'autres textes qui en d&#233;signent l'absence en m&#234;me temps que l'apparence ectoplasmique, si l'on peut dire. Une th&#233;orie des textes fant&#244;mes devrait-elle se fier &#224; une forme de puissance m&#233;diumnique des textes o&#249; ils font leur apparition ? Si tel &#233;tait le cas, les textes fant&#244;mes, ne pourraient toutefois jamais &#234;tre consid&#233;r&#233;s pour eux-m&#234;mes et ind&#233;pendamment des textes qui les &#233;voquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc sortir de cette impasse th&#233;orique ? Nous faisons peut-&#234;tre fausse route en n'observant pas le caract&#232;re paradoxal de l'expression &#171; textes fant&#244;mes &#187;, qui laisse supposer la pr&#233;sence d'un texte que la th&#233;orie pourrait en quelque mani&#232;re r&#233;v&#233;ler, comme la chaleur r&#233;v&#232;le des textes &#233;crits &#224; l'encre sympathique. Or, la th&#233;orie se doit de d&#233;jouer le paradoxe et se garder des glissements que peut induire un concept m&#233;taphorique. De la m&#234;me fa&#231;on que les possibles litt&#233;raires n'ont aucune ant&#233;riorit&#233; ontologique sur le r&#233;el&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un d&#233;veloppement sur la question d'une th&#233;orie des possibles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les textes fant&#244;mes qui regardent la th&#233;orie litt&#233;raire ne pr&#233;existent pas au commentaire critique, ils n'attendent pas dans les limbes d'&#234;tre r&#233;v&#233;l&#233;s. C'est une autre mani&#232;re de formuler l'id&#233;e que &lt;i&gt;&#171; nous ne voyons pas les possibles, nous les d&#233;crivons &#187;&lt;/i&gt;. Nous n'avons donc peut-&#234;tre d'autre recours que l'appel &#224; la fiction pour d&#233;terminer la possibilit&#233; des textes fant&#244;mes. En supposant au texte fant&#244;me une existence autonome &#8211; par rapport au texte qui le cite et &#224; l'auteur qui l'a con&#231;u &#8212; ainsi qu'une forme de pr&#233;sence actuelle, plus rien ne vient emp&#234;cher ni sa r&#233;alisation, ni sa possibilit&#233;. Si nous souhaitons que les textes fant&#244;mes aient quelque chance d'entrer dans le lexique de la th&#233;orie litt&#233;raire, nous devrions donc nous tourner plut&#244;t du c&#244;t&#233; de la cr&#233;ation litt&#233;raire, voire critique. Mais comment ne pas risquer de tomber de nouveau dans le pi&#232;ge tendu par le paradoxe ? Que peuvent conserver de leur caract&#232;re fantomatique des textes fant&#244;mes actualis&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter de r&#233;pondre &#224; ces questions je propose de d&#233;placer notre point de vue sur le terme &#171; texte fant&#244;me &#187; et de voir si la th&#233;orie litt&#233;raire n'aurait pas int&#233;r&#234;t &#224; l'envisager comme un concept plut&#244;t que comme un objet. Une telle hypoth&#232;se m'a &#233;t&#233; inspir&#233;e par le projet du G&#233;n&#233;ral Instin, qui con&#231;oit le texte fant&#244;me comme un principe d'&#233;criture cr&#233;ative plus que comme une pr&#233;sence &#224; r&#233;v&#233;ler. C'est donc &#224; l'&#233;tude de ce projet que je vais d&#233;sormais m'atteler.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Pour une &#233;criture fant&#244;me, le cas du GI&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au d&#233;part c'est une d&#233;ambulation dans Paris, cimeti&#232;re Montparnasse. La d&#233;couverte d'une tombe &#233;trange, celle du g&#233;n&#233;ral Hinstin (1831-1905), avec vitrail d&#233;t&#233;rior&#233; par le travail du temps, qui d&#233;figure le visage inscrit. [&#8230;] Devant une telle image on ne sait qui regarde, qui est regard&#233; : le miroir (se) dissout. Et c'est cet endroit, cet entre-deux vibratoire en chacun comme en tous, qui signe la marque d'Instin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., .&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le visage effac&#233; du g&#233;n&#233;ral Hinstin sur son vitrail parle de toutes les disparitions. M&#233;connaissable, il agit sur celui qui le regarde comme un objet po&#233;tique transitionnel offert &#224; chacun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., .&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;96&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L400xH546/ge_ne_ral_instin-0d949-4b897.jpg?1713277077' width='400' height='546' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Portrait fun&#233;raire du g&#233;n&#233;ral Adolphe Hinstin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : Remue.net, &lt;a href=&#034;https://remue.net/d-instin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remue.net/d-instin&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Projet collectif programmatique initi&#233; en 1997, le G&#233;n&#233;ral Instin est d'abord un concept fant&#244;me avant d'&#234;tre un corpus fant&#244;me. Un portrait fantomatique, celui du g&#233;n&#233;ral Hinstin, en est &#224; l'origine. Arch&#233;type, en quelque sorte, de l'auteur de textes fant&#244;mes, il est la figure &#233;vanescente portant le projet : &lt;i&gt;&#171; L'auteur v&#233;ritable du g&#233;n&#233;ral Instin a lanc&#233; son id&#233;e puis disparu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Le personnage historique laisse la place aux possibles de la fiction. Symboliquement renomm&#233; Instin, le G&#233;n&#233;ral perd le H historique de son nom au profit du I d'imaginaire. De cette fa&#231;on, le projet en son concept m&#234;me autonomise le texte &#224; la fois de son auteur et de tout pr&#233;alable ontologique. Projet ac&#233;phale, il est en m&#234;me temps le tout et la partie, toutes les productions du corpus lui appartiennent &#8211; appartiennent au g&#233;n&#233;ral &#8211; sans appartenir &#224; personne. Ici, l'auteur et son autorit&#233; disparaissent sous le nombre de ses pr&#234;te-noms, auteurs fant&#244;mes. Personnage r&#233;el devenant personnage de fiction, prot&#233;iforme en son principe, il s'&#233;mancipe &#233;galement du seul support textuel pour s'incarner et prolif&#233;rer sur une multiplicit&#233; d'autres supports et d'espaces qui peuvent &#234;tre l'informatique, la ville, l'imprim&#233;, des vid&#233;os, des performances, des photographies, etc. Le GI est une entit&#233; fantomatique parce que l'auteur y devient une notion fant&#244;me, partag&#233;e par tous et par personne et parce que la somme des &#233;l&#233;ments, &#233;crits, images, gestes artistiques qui le constituent est toujours en progr&#232;s, &lt;i&gt;&#171; toujours-en-train-d'appara&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Chatelier, &#171; Lexique g&#233;n&#233;raliste &#187;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cette figure rebaptis&#233;e Instin (on pourrait dire : le H d'historique gomm&#233; au profit du I d'imaginaire) devient une entit&#233; fantomatique prot&#233;iforme dont les &#233;l&#233;ments se d&#233;placent et s'interp&#233;n&#232;trent. Toutes les manifestations particuli&#232;res du G&#233;n&#233;ral (personnage fantomatique de soldat, fractales et avatars, gestes artistiques, &#233;l&#233;ments de l'histoire du projet&#8230;) le modifient pour dessiner une &#339;uvre en train de se faire mais qui n'aboutit pas : la mat&#233;rialit&#233; &#233;chappe toujours au fant&#244;me. Dans la n&#233;buleuse g&#233;n&#233;rale, on n'a jamais le dernier mot : le premier mot comme le dernier lui appartiennent, et aucun des participants ne peut se targuer d'&#234;tre le g&#233;n&#233;ral. C'est un projet d&#233;nu&#233; de centre, ac&#233;phale, prolif&#233;rant, en simultan&#233;, qui grandit de tous ses d&#233;p&#244;ts successifs comme un paysage g&#233;ologique (m&#234;me s'il tiendrait plut&#244;t de l'&#233;l&#233;ment gazeux). Il est donc impossible de vraiment r&#233;pondre &#224; la question : Qui &#8211; ou plut&#244;t Qu'est-ce que le G&#233;n&#233;ral Instin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pr&#233;sentation de G&#233;n&#233;ral Instin &#187;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (consult&#233; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet du GI tente de dresser un catalogue des textes et autres productions &#171; fant&#244;mes &#187; qui ont pour objet de faire appara&#238;tre le disparu, l'au-del&#224;, les fant&#244;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la pr&#233;sentation d'Es-tu l&#224;, performance d'Olivia Rosenthal et Patrick (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les auteurs participant au projet peuvent &#234;tre apparent&#233;s &#224; des m&#233;diums cherchant &#224; entrer en communication avec le GI, &#224; mettre au jour la part d'oubli, l'angle mort, le cadavre dans le placard, l'amn&#233;sie atavique qui lestent tout un chacun et qui prennent le nom d'Instin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Chatelier, &#171; Traits 1 &#187;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis en ligne le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Manifestation de l'&lt;i&gt;&#171; extinction de la figure et du grand r&#233;cit &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; infra-singularit&#233; et extra-temporalit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, le GI est lui-m&#234;me &lt;i&gt;&#171; producteur d'instinophanies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt; (manifestations d'Instin). Ainsi, en tant que concept fant&#244;me, il s'incarne dans des textes eux-m&#234;mes fant&#244;mes, puisqu'en un sens ils lui appartiennent. La constitution d'un corpus fant&#244;me se r&#233;alise &#224; travers la tentative de &lt;i&gt;&#171; recr&#233;ation de l'imm&#233;moriale postlangue du G&#233;n&#233;ral Instin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Chatelier et &#201;ric Caligaris, &#171; In short GI &#187;, G&#233;n&#233;ral Instin, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Plut&#244;t qu'une enqu&#234;te critique ou philologique, il s'agit donc ici d'une exploration litt&#233;raire du concept de texte fant&#244;me, d'une exp&#233;rience de pens&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Chaque &#233;l&#233;ment de ce projet valant pour lui-m&#234;me s'inscrit en relation avec les autres. L'ensemble tendra &#224; d&#233;gager un portrait mouvant et &#233;nigmatique, jamais complet, contradictoire, de ce que pourrait &#234;tre le g&#233;n&#233;ral Instin, dont personne ne sait qui &#8211; ou quoi &#8211; il est vraiment (personne ne peut se l'approprier), toujours situ&#233; aux fronti&#232;res : fronti&#232;res de l'humanit&#233; et de l'incarnation, fronti&#232;res de la vie et ses diff&#233;rentes formes, fronti&#232;res des formes en g&#233;n&#233;ral, des genres, des sexes, des mati&#232;res, fronti&#232;res des disciplines et des arts, du r&#233;el et des &#233;vidences&#8230;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., .&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative de d&#233;gager un portrait du GI n'a ici rien &#224; voir avec une interpr&#233;tation d'un monde possible o&#249; le GI serait un contemporain des auteurs du collectif et aurait quelque relation avec eux. Il n'y a pas de monde possible attach&#233; aux textes et productions qui constituent le GI, dont l'un d'entre eux aurait pu dire autre chose. Il serait vain de vouloir mesurer la valeur de v&#233;rit&#233; ou la compossibilit&#233; de chacun des univers auxquels renvoient les productions qui composent le corpus du GI. Le portrait du GI est contradictoire et incomplet, parce qu'il est la somme &lt;i&gt;&#171; toujours-en-train-d'appara&#238;tre &#187;&lt;/i&gt; d'une multiplicit&#233; de gestes individuels donnant lieu &#224; autant de versions diff&#233;rentes et incompatibles. Aucune de ces versions ne se veut fid&#232;le &#224; un texte dont le fant&#244;me les pr&#233;c&#233;derait, elles s'apparentent plut&#244;t &#224; une recherche cr&#233;ative de correspondances et de r&#233;sonances avec le concept fant&#244;me du GI :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le projet GI se configure et se d&#233;veloppe sur trois niveaux en interd&#233;pendances. Il traite d'un personnage fant&#244;me, le g&#233;n&#233;ral Instin, qui bataille avec sa propre disparition. Il pr&#233;l&#232;ve dans les champs du r&#233;el et de l'imaginaire des correspondances &#224; ce g&#233;n&#233;ral premier, reflets, analogies, ou plus exactement fractales. Il est la somme d'&#233;crits, d'images et de gestes artistiques li&#233;s &#224; l'ensemble de ces g&#233;n&#233;rals, &#233;pop&#233;e qui &#224; chaque &#233;tape se d&#233;couvre un but l&#233;g&#232;rement autre. Son but, bien que (parce que) flou et changeant, semble vouloir cr&#233;er les conditions d'une r&#233;volution du regard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., .&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;79&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH304/img-2-90d64.jpg?1713277077' width='500' height='304' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Source : Patrick Chatelier, Remue.net, &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article4592&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/spip.php?article4592&lt;/a&gt;.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le GI, les morts se m&#234;lent aux vivants, comme le r&#233;el &#224; la fiction, la m&#233;moire &#224; l'imaginaire. Le GI est &lt;i&gt;&#171; un parent, un grand parent, un grand transparent &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gu&#233;na&#235;l Boutouillet et Patrick Chatelier, &#171; Qu'est-ce que le G&#233;n&#233;ral Instin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;&#171; champion de la mort et de la (re)naissance &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., .&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un &lt;i&gt;&#171; mort interactif &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Caligaris et Patrick Chatelier, &#171; Les m&#233;tamorphoses du texte et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est une fabrique de &lt;i&gt;&#171; transversalit&#233;s &#187;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;&#171; d&#233;placements &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., .&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On voit ici, comment l'exp&#233;rience de pens&#233;e d&#233;joue le paradoxe du &#171; texte fant&#244;me &#187; en rendant possible, au sein de la fiction du GI, le d&#233;placement d'un monde &#224; l'autre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tous ces noms, Olga, Lucien, &#201;variste ? Peu &#224; peu, ils se d&#233;tachent du r&#233;el, ils se d&#233;tachent de la tombe, comme des fant&#244;mes, pour former un texte, une liste de noms perdus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qu'un nom perdu ? Cela devient un po&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des titres de po&#232;mes rendus au g&#233;n&#233;ral. La mort, c'est la disparition du g&#233;nie de la gens dans la g&#233;n&#233;ralit&#233; du genre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe un monde de fant&#244;mes. Tous les livres qu'on lit. Ce monde est un caveau, on le nomme biblioth&#232;que&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Beno&#238;t Vincent, &#171; V&#233;g&#233;tal Instin &#187;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis en ligne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Textopoly.org, les (textes) fant&#244;mes hantent la ville&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le projet Instin ne trouve sans doute mieux &#224; s'exprimer nulle part ailleurs que sur la toile. Il rencontre un d&#233;veloppement particuli&#232;rement int&#233;ressant sur Textopoly.org, site web ouvert &#224; tous, cr&#233;&#233; par Elie Commins pour la Panac&#233;e, centre de culture contemporaine de Montpellier. Le Textopoly est une carte, dans laquelle on se d&#233;place en cliquant glissant et gr&#226;ce &#224; une mollette de zoom, et o&#249; l'on peut ouvrir des cases pour y inscrire texte, image et son. Sur cette carte virtuellement infinie, une zone a &#233;t&#233; annex&#233;e par le GI. Le support offert par le Textopoly s'adapte parfaitement &#224; ces nouvelles textualit&#233;s, ces textes non lin&#233;aires qui composent le GI. Le concept de texte fant&#244;me trouve &#233;galement &#224; s'y d&#233;ployer concr&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20985 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH299/img-3-cd976.png?1772189238' width='500' height='299' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Source : Elie Commins, Textopoly.org.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Textopoly est un support id&#233;al pour l'aspect collectif et ouvert du projet Instin. Quiconque peut y participer et devenir &#224; la fois auteur et &#233;diteur en s'inscrivant sur le site. Les auteurs investissent une partie de la carte virtuelle et peuvent y &#233;crire simultan&#233;ment, coloniser un domaine de la carte, voire vandaliser l'espace d'autrui en effa&#231;ant son texte. Les lecteurs, de leur c&#244;t&#233;, gr&#226;ce &#224; la possibilit&#233; de cr&#233;er des chemins de lecture entre les cases deviennent &#233;galement des acteurs dans le processus de cr&#233;ation textuelle. L'&#233;criture num&#233;rique donne un nouveau sens &#224; la notion de texte fant&#244;me puisque le lecteur doit aller chercher et faire appara&#238;tre lui-m&#234;me des fragments de textes localis&#233;s sur une carte g&#233;ante, pour composer son propre texte. Le dispositif d'&#233;criture num&#233;rique repose donc sur une spatialisation des possibles textuels activables ou non par un lecteur itin&#233;rant. Le texte peut appara&#238;tre et dispara&#238;tre au gr&#233; de l'&#233;volution du projet et des actions de ses participants. La carte du Textopoly &#233;tant virtuellement infinie, certains textes pourront s'y perdre rester &#224; jamais dans l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le Textopoly la carte du GI se pr&#233;sente d&#233;lib&#233;r&#233;ment comme une image fant&#244;me, gr&#226;ce &#224; une trouvaille qui a permis de d&#233;tourner, &#224; des fins conceptuelles, une fonctionnalit&#233; du site web. Sur le Textopoly, toute image d&#233;pos&#233;e devient noire lorsqu'on d&#233;zoome. Or, comme le fond du site est gris, il suffit de poser des images grises pour qu'elles disparaissent quand on zoome. L'image compos&#233;e de textes, alors, appara&#238;t et dispara&#238;t selon qu'on zoome ou que l'on d&#233;zoome sur la carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un souci constant d'interp&#233;n&#233;tration du r&#233;el et de la fiction, lors d'une r&#233;sidence &#224; la Panac&#233;e en 2013, Patrick Chatelier, Beno&#238;t Vincent et &#201;ric Calligaris ont symboliquement &#233;lu domicile dans l'ancienne &#233;cole d'application d'infanterie &#8211; elle-m&#234;me &#171; hant&#233;e &#187; &#8211; pour y loger le fant&#244;me du GI et recr&#233;er ce lieu dans le Textopoly. Il s'agissait aussi, &#224; l'inverse, d'habiter une zone dans Textopoly pour en recr&#233;er des &#233;l&#233;ments r&#233;els dans Montpellier. De cette fa&#231;on la carte du Textopoly reproduit assez fid&#232;lement huit monuments pr&#233;sents dans la ville de Montpellier. Chaque monument est li&#233; &#224; un lieu de la ville ou de l'espace r&#233;el de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L472xH369/img-4-17640.png?1713277077' width='472' height='369' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Source : Elie Commins, Textopoly.org
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Afin de prolonger l'entrecroisement du r&#233;el et de la fiction, le projet s'est ensuite &#233;tendu dans la ville. De la m&#234;me fa&#231;on que des chemins de lecture peuvent &#234;tre cr&#233;&#233;s entre les cases du Textopoly, un affichage de textes du GI a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; dans la ville selon un chemin de lecture reproduisant les lettres &#171; GI &#187; dessin&#233;es sur la carte. Le dispositif pr&#233;voyait de photographier des mots et des bouts de phrase affich&#233;s afin de cr&#233;er de nouvelles phrases repr&#233;sentant des incarnations textuelles du fant&#244;me G&#233;n&#233;ral Instin. Chaque lieu partant d'un lieu du r&#233;el devient donc un monument dans le textopoly et aussi un pr&#233;texte &#224; fiction, ouvrant de nouveaux possibles fictionnels. Les murs de chaque monument sont compos&#233;s de textes. Les textes forment entre eux une image fant&#244;me qui les laisse appara&#238;tre lorsqu'on effectue un zoom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'arr&#234;terai pour finir sur le cimeti&#232;re du GI, dont la composition ne manque pas d'humour, comme le reste du projet d'ailleurs, o&#249; l'ironie souvent permet une prise de distance des participants par rapport &#224; leur objet, ouvrant ainsi la possibilit&#233; d'interroger le jeu entre le r&#233;el et la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L475xH296/img-5-c4c98.png?1713277077' width='475' height='296' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Source : Elie Commins, Textopoly.org
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le fun&#233;rarium du cimeti&#232;re, pour parachever le concept d'auteur fant&#244;me, sont en cours d'inscription les noms de tous les participants au projet Instin. Par ailleurs, sur chaque tombe ont &#233;t&#233; inscrites des &#233;pitaphes. Ces &#233;pitaphes sont des fragments du livre &lt;i&gt;Spoon River Anthology&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edgar Lee Masters, Spoon River Anthology, New York, Dover Publications Inc., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, publi&#233; par Edgar Lee Masters en 1915, et traduit en 1916 par le G&#233;n&#233;ral Hinstin, d&#233;c&#233;d&#233; en 1905. Ici encore se m&#234;lent la fiction et la r&#233;alit&#233;. L'anthologie de &lt;i&gt;Spoon River&lt;/i&gt; rassemble de courts po&#232;mes en forme d'&#233;pitaphe des habitants de la ville imaginaire de Spoon River. La traduction du GI est plut&#244;t une libre adaptation &#224; laquelle viennent s'ajouter d'autres morts, des variantes, des traductions erron&#233;es. Cette traduction aurait &#233;t&#233; retrouv&#233;e par Beno&#238;t Vincent, dont nous supposons qu'il en est en fait l'auteur. Voici un extrait du dernier texte du recueil, o&#249; l'on devine, ramass&#233; en quelques lignes, le concept qui anime le projet du GI, auteur fant&#244;me de textes fant&#244;mes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Websfer Ford&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelle-toi, &#244; m&#233;moire de l'air, je ne suis plus rien qu'un petit tas de poussi&#232;re, ma forme physique, mais je suis l'auteur de ce livre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel est le poids d'un corps / face &#224; un livre de voix m&#234;l&#233;es ? Un corps ne p&#232;se rien / face &#224; un tel livre de voix. SEUL LE FANT&#526;ME &#201;CRIT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cimeti&#232;re du GI, Textopoly.org.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet Instin, en faisant reposer son programme sur le concept de corpus fant&#244;me anim&#233; par une entit&#233; fant&#244;me, interroge de fa&#231;on originale le processus de cr&#233;ation. On peut voir en effet le GI &lt;i&gt;&#171; comme la restitution d'une cr&#233;ation en train de se faire, avec toutes ses incertitudes, ses t&#226;tonnements et ses impasses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., .&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Le GI d&#233;ploie sous nos yeux son immense carte virtuelle compos&#233;e de fragments textuels ou visuels, de tentatives avort&#233;es, de tentatives amorc&#233;es aussit&#244;t abandonn&#233;es ou r&#233;cup&#233;r&#233;es par d'autres participants, de versions contradictoires, incompatibles, d&#233;connect&#233;es ; une carte fant&#244;me trou&#233;e de zones vides, encore &#224; explorer, o&#249; l'&#339;uvre est &#224; venir, portant la trace de textes qui ne sont plus comme ceux auxquels il n'a &#233;t&#233; ou ne sera jamais donn&#233; lieu, nous mettant face &#224; tous ces possibles ouverts. Les textes qui constituent le GI en corpus fant&#244;me interrogent aussi les notions d'auctorialit&#233; et d'autorit&#233;. Si chaque fragment est bien l'&#233;manation d'un individu, tous se rangent pourtant sous le g&#233;n&#233;ral, un possible ouvert quelque part peut &#234;tre continu&#233; ailleurs et n'avoir pour ressemblance avec ce dernier qu'un air de famille. Aucun texte ne faisant autorit&#233;, tous sont fant&#244;mes et, port&#233;s par des auteurs fant&#244;mes, ils appartiennent &#224; l'entit&#233; fant&#244;me constitu&#233;e par le GI. Un GI qui rend &#233;galement au lecteur sa place dans le processus de cr&#233;ation, puisque celui-ci a la fonction de relier les textes entre eux, d'en faire appara&#238;tre litt&#233;ralement le sens et d'en prolonger les possibles, en tant que participant actif au projet. Entrecroisant inlassablement le r&#233;el et la fiction, investissant aussi bien la toile que des lieux publics, le projet Instin inscrit son corpus fant&#244;me dans ce monde-ci. Il cherche &#224; lui donner les moyens d'op&#233;rer en tissant des relations entre les &#339;uvres, les auteurs et leur public, d&#233;montrant ainsi que &lt;i&gt;&#171; les &#339;uvres effectuent toutes sortes d'op&#233;rations qui ne leurs sont pas propres [&#8230;], qu'elles partagent avec nos mani&#232;res de faire et de penser, mais dont elles font aussi des usages singuliers en en explorant les possibilit&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Vouilloux, Ce que nos pratiques nous disent des &#339;uvres. &#192; travers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Envisag&#233; de la sorte, c'est au nom de sa puissance cr&#233;atrice que le terme de &#171; textes fant&#244;mes &#187; m&#233;rite d'int&#233;grer le lexique de la th&#233;orie litt&#233;raire. Textes qui sont et ne sont pas, que nous portons en nous comme les porte en elle la litt&#233;rature, marques d'une litt&#233;rature en perp&#233;tuel devenir. Il ne leur manque pas la r&#233;alit&#233;, ils nous permettent de la traiter comme une invention perp&#233;tuelle. Et les espaces vides qu'ils laissent sont comme un rappel de la contingence du r&#233;el, sur l'arri&#232;re-fond d'autres configurations possibles, &#224; l'image des possibilit&#233;s de configuration qu'offre par exemple le projet d'une carte textuelle g&#233;ante a priori infinie comme Textopoly, o&#249; il n'est possible d'ajouter un contenu que s'il reste de la place inoccup&#233;e dans cette zone, mais o&#249; il est possible de multiplier sans fin les chemins de lecture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les revues &lt;i&gt;&#201;ponyme, Hors-sol, Les &#201;crits, Geste, Espace(s)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt; Une anthologie est &#224; para&#238;tre aux &#233;ditions du Nouvel Attila.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le site de cr&#233;ation litt&#233;raire Remue.net et sur la plate-forme d'&#233;criture interactive Textopoly.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; Remue.net, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article2762&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/spip.php?article2762&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; Remue.net, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?rubrique157&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/spip.php?rubrique157&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article2035&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; d'Instin &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis en ligne le 12 f&#233;vrier 2011, consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Cassou-Nogu&#232;s, &lt;i&gt;Mon zombie et moi. La philosophie comme fiction&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, coll. &#171; L'Ordre philosophique &#187;, 2010, version &#233;lectronique, ch. 2-1. &#167; 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, ch. 2-1. &#167; 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; David Lewis, &#171; Truth in Fiction &#187;, &lt;i&gt;American Philosophical Quarterly&lt;/i&gt;, vol. 15, 1978, p. 37-46 ; David Lewis, &lt;i&gt;De la pluralit&#233; des mondes&lt;/i&gt; [1986], traduit de l'anglais (&#201;tats-Unis) par Marjorie Caverib&#232;re et Jean-Pierre Cometti, Paris / Tel Aviv, &#201;ditions de l'&#201;clat, coll. &#171; Tir&#233; &#224; part &#187;, 2007. David Lewis d&#233;fend l'id&#233;e que les mondes possibles sont tous aussi r&#233;els que le n&#244;tre, mais il leur manque l'actualit&#233;. Du point de vue de notre monde actuel, les autres mondes sont seulement possibles, mais si l'on se place du point de vue d'un de ces mondes possibles, alors ce monde devient alors actuel, et le n&#244;tre prend place parmi les mondes possibles. Sur l'influence de la th&#233;orie s&#233;mantique des mondes possibles de Lewis sur les th&#233;ories de la fiction, je renvoie &#224; mon article &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://www.revue-klesis.org/pdf/Klesis-Lewis-13-Murzilli.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; De l'usage des mondes possibles en th&#233;orie de la fiction &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, Kl&#232;sis, n&#176; 23, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je discute ailleurs des difficult&#233;s d'une application, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, des mondes possibles &#224; la th&#233;orie de la fiction. Voir notamment &#171; La possibilisation du monde. Litt&#233;rature et exp&#233;rience de pens&#233;e &#187;, &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt;, n&#176; 682, mars 2004, p. 219-234.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Cassou-Nogu&#232;s, &lt;i&gt;Mon zombie et moi. La philosophie comme fiction, op. cit.&lt;/i&gt;, ch. 4-5. &#167; 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marc Escola rappelle avec justesse qu'un monde fictif n'est jamais totalement autonome et qu'il se construit &#224; partir de propositions textuelles, ouvrant un espace &#224; des sp&#233;culations &#224; la fois s&#233;mantiques et syntaxiques qui constituent ce sur quoi le texte peut &#234;tre compl&#233;t&#233;. Voir Marc Escola, &#171; Changer le monde : textes possibles, mondes possibles &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Fran&#231;oise Lavocat (dir.), &lt;i&gt;La Th&#233;orie litt&#233;raire des mondes possibles&lt;/i&gt;, Paris, CNRS &#201;ditions, 2010, p. 243-257.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un d&#233;veloppement sur la question d'une th&#233;orie des possibles litt&#233;raires, voir mon article &#171; Logique et ontologie de la &#8220;case aveugle&#8221; : sur le statut du possible en litt&#233;rature &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Marc Escola et Sophie Rabau (dir.), &lt;i&gt;La Case blanche. Th&#233;orie litt&#233;raire et textes possibles, La Lecture litt&#233;raire&lt;/i&gt;, n&#176; 8, Presses de l'Universit&#233; de Reims, 2006, p. 19-28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article2035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/spip.php?article2035&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/IMG/pdf/generalinstin.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/IMG/pdf/generalinstin.pdf&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Chatelier, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article4592&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Lexique g&#233;n&#233;raliste &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis en ligne le 15 octobre 2011, consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/IMG/pdf/generalinstin.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pr&#233;sentation de G&#233;n&#233;ral Instin &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x6wmg5_es-tu-la_creation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;sentation d'&lt;i&gt;Es-tu l&#224;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, performance d'Olivia Rosenthal et Patrick Chatelier, cr&#233;&#233;e le 26 juin 2008 &#224; Anis gras, &#224; Arcueil (consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Chatelier, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article1522&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Traits 1 &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis en ligne le 27 mars 2006, consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Chatelier et &#201;ric Caligaris, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article2987#nh8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; In short GI &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis en ligne le 20 janvier 2009, consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article2035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/spip.php?article2035&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article4592&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/spip.php?article4592&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gu&#233;na&#235;l Boutouillet et Patrick Chatelier, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article2577&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Qu'est-ce que le G&#233;n&#233;ral Instin ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, conf&#233;rence prononc&#233;e le vendredi 19 octobre 2007 &#224; l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), lors de la Nuit de l'&#233;crit, &#224; l'invitation de la Sc&#232;ne du Balcon, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article1522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/spip.php?article1522&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ric Caligaris et Patrick Chatelier, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_conferences_2013/a.c_131126_metamorphoses_livre_general_instin.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les m&#233;tamorphoses du texte et de l'image &#224; l'heure du num&#233;rique : quand la litt&#233;rature donne &#224; voir &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, cycle Le Rendez-vous des lettres, conf&#233;rence du 26 novembre 2013 &#224; la BNF (consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/IMG/pdf/generalinstin.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/IMG/pdf/generalinstin.pdf&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Beno&#238;t Vincent, &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article3125&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; V&#233;g&#233;tal Instin &#187;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;, G&#233;n&#233;ral Instin, Remue.net (mis en ligne le 15 mars 2009, consult&#233; le 25 ao&#251;t 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edgar Lee Masters, &lt;i&gt;Spoon River Anthology&lt;/i&gt;, New York, Dover Publications Inc., 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cimeti&#232;re du GI, Textopoly.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://remue.net/IMG/pdf/generalinstin.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remue.net/IMG/pdf/generalinstin.pdf&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Vouilloux, &lt;i&gt;Ce que nos pratiques nous disent des &#339;uvres. &#192; travers po&#233;tique et esth&#233;tique&lt;/i&gt;, Paris, Hermann, coll. &#171; Savoir lettres &#187;, 2014, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Note de l'auteur : Je remercie Patrick Chatelier de m'avoir autoris&#233;e &#224; utiliser des images du GI extraites de textes, photos et vid&#233;os publi&#233;s sur Remue.net et Textopoly.org.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte est initialement paru dans la revue Fabula-LhT, num&#233;ro 13, 2014 :&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nancy Murzilli, &#171; Le texte fant&#244;me : de l'objet au concept. Le cas du G&#233;n&#233;ral Instin &#187;, Fabula-LhT, n&#176; 13, &#171; La Biblioth&#232;que des textes fant&#244;mes &#187;, Marc Escola et Laure Depretto (dir.), novembre 2014. &lt;br class='autobr' /&gt;
URL : &lt;a href=&#034;http://www.fabula.org/lht/13/murzilli.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fabula.org/lht/13/murzilli.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
DOI : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.58282/lht.1415&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.58282/lht.1415&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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