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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Apparitions d'images, images d'apparitions</title>
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		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Samuel Sol&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>fant&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>esprit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De Laurent de La Hyre &#224; Catherine Ikam, Samuel Sol&#233; dresse une br&#232;ve histoire de l'apparition dans les arts visuels. En franchissant all&#232;grement les si&#232;cles et s'appuyant notamment sur la pens&#233;e de Paul Virilio, l'auteur montre que l'histoire de l'art, de la peinture et de la sculpture aux arts num&#233;riques, est travers&#233;e par une esth&#233;tique de l'apparition (et de la disparition).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/fantome" rel="tag"&gt;fant&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/esprit" rel="tag"&gt;esprit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH75/arton2465-cd6c1.jpg?1772207113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De Laurent de La Hyre &#224; Catherine Ikam, Samuel Sol&#233; dresse une br&#232;ve histoire de l'apparition dans les arts visuels. En franchissant all&#232;grement les si&#232;cles et en s'appuyant notamment sur la pens&#233;e de Paul Virilio, l'auteur montre que l'histoire de l'art, de la peinture et de la sculpture aux arts num&#233;riques, est travers&#233;e par une esth&#233;tique de l'apparition (et de la disparition).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En posant le bout de ses doigts sur le front de Madeleine au seuil du s&#233;pulcre, le Christ ressuscit&#233; la tient &#224; distance et, par le m&#234;me geste, couvre son regard d'un voile d'ombre. Il lui interdit non seulement de le toucher, consacrant ainsi la rupture du lien charnel qui l'unit &#224; l'humanit&#233;, mais &#233;galement de le regarder. En ce sens, le tableau de Laurent de La Hyre, &lt;i&gt;L'Apparition du Christ &#224; sainte Madeleine&lt;/i&gt; (1656), se distingue des &#339;uvres de la m&#234;me tradition iconographique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Apparition du Christ &#224; Madeleine d'Eustache Le Sueur (1651), ant&#233;rieure &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chez Botticelli, Giotto, Titien ou V&#233;ron&#232;se, pour ne citer que ces exemples, le Christ emp&#234;che Madeleine de le toucher, mais pas de le regarder. Dans l'&#339;uvre de La Hyre, &#224; l'inverse, le Christ d&#233;fend &#224; Madeleine de le regarder, mais il consent en m&#234;me temps &#224; la toucher pour masquer son regard, franchissant ainsi la limite entre le profane et le sacr&#233;. Ainsi succ&#232;de &#224; l'injonction du &#171; &lt;i&gt;Noli me tangere&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Ne me touche pas &#187;) celle, peut-&#234;tre plus fondamentale encore, du &#171; &lt;i&gt;Noli me spectare&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Ne me regarde pas &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/laurent-de-la-hyre-noli-me-tangere-1656.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH454/laurent-de-la-hyre-noli-me-tangere-1656-dae2a.jpg?1714488529' width='500' height='454' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Laurent de La Hyre, &lt;i&gt;Noli me tangere&lt;/i&gt;, 1656.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne me regarde pas&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est donc la signification de cette apparition qui, pour ainsi dire, n'appara&#238;t pas ? En ajoutant &#224; l'interdiction du toucher celle du regard, le geste du Christ, en apparence anodin, livre une cl&#233; de lecture de l'&#339;uvre. Si le Christ emp&#234;che Madeleine de le voir, c'est parce qu'il se pr&#233;sente moins &#224; son regard qu'&#224; son &#226;me. Il s'agit d'une vision int&#233;rieure que le peintre fait appara&#238;tre &#224; l'&#339;il profane du spectateur. Seul un ange, assis dans le s&#233;pulcre, est en mesure de voir le Christ. Quoique la paroi du tombeau fasse obstacle, son regard semble se porter vers lui. Or, dans le r&#233;cit qu'il fait de l'apparition, saint Jean mentionne non pas un, mais deux anges. O&#249; le second ange est-il donc pass&#233; ? Peut-&#234;tre s'agit-il du spectateur lui-m&#234;me. Comme nous, l'ange se tient en dehors de la sc&#232;ne, dans un espace nettement distinct. Notre regard se pose au m&#234;me niveau que le sien et nous sommes seuls &#224; partager avec lui la capacit&#233; de voir le Christ. Celui-ci ne peut appara&#238;tre qu'&#224; l'&#339;il int&#233;rieur de Madeleine ou &#224; l'&#339;il surnaturel de l'ange-spectateur. Emp&#234;ch&#233;s de voir ce que l'ange et le spectateur voient, les yeux de Madeleine indiquent l'entreprise ambivalente de l'&#339;uvre : fixer dans l'ordre du visible ce qui, par d&#233;finition, ne peut pas &#234;tre vu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, la peinture fait signe vers un au-del&#224; du visible par les moyens d'une symbolique renouvel&#233;e de la couleur. Le bleu de la tunique du Christ, obtenu par un m&#233;lange de lapis-lazuli et d'indigo, tranche nettement sur l'arri&#232;re-plan sombre et rocheux du jardin du s&#233;pulcre. Couleur de la sph&#232;re c&#233;leste et du monde transcendant, le bleu vient souligner la surcharge visuelle occasionn&#233;e par l'irruption du Christ dans le monde des apparences. Simultan&#233;ment invisible (par son geste) et survisible (par sa couleur), il se pose &#224; la fois en retrait et en exc&#232;s par rapport &#224; l'image. Il &#233;puise toutes les couleurs et polarise le regard du spectateur, tout en se d&#233;robant &#224; celui de Madeleine. Cela traduit le paradoxe de l'apparition, prise entre un en de&#231;&#224; et un au-del&#224; du visible. Le sujet de l'&#339;uvre &#8212; l'apparition &#8212; et l'&#339;uvre elle-m&#234;me entrent ainsi dans un jeu de mise en abyme, en tant que l'&#339;uvre fonctionne, elle aussi, comme une apparition : une image dont le sens ne se trouve pas dans l'imm&#233;diatet&#233; de son appara&#238;tre, mais dans le trait d'union qu'elle trace entre le visible et l'invisible, la mati&#232;re et l'esprit, le profane et le sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Para&#238;tre sans appara&#238;tre&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &lt;i&gt;L'Espace critique&lt;/i&gt; (1984), Paul Virilio propose l'id&#233;e selon laquelle l'histoire de l'art, jusqu'&#224; l'invention de la photographie et du cin&#233;ma, aurait &#233;t&#233; domin&#233;e par une esth&#233;tique de l'apparition. Celle-ci serait le propre de la peinture et de la sculpture et se traduirait par &lt;i&gt;&#171; l'&#233;mergence de formes, de volumes destin&#233;s &#224; persister dans la dur&#233;e de leur support mat&#233;riel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Virilio, L'Espace critique, Paris, Christian Bourgois, 1984, p. 29.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Or, les images peintes et sculpt&#233;es, que l'auteur choisit d'inscrire sous le r&#233;gime de l'apparition, sont caract&#233;ris&#233;es par leur nature stable et statique et leur persistance dans le temps. Ceci pose une difficult&#233; majeure au regard des consid&#233;rations que nous avons d&#233;velopp&#233;es jusqu'ici. L'apparition demeure en effet &#233;trang&#232;re &#224; l'id&#233;e de fixit&#233;, en ce qu'elle se caract&#233;rise pr&#233;cis&#233;ment par une certaine forme d'instabilit&#233;, de labilit&#233;, de soudainet&#233;. Par ailleurs, contrairement &#224; l'apparition, l'&#339;uvre d'art n'est pas &lt;i&gt;causa sui,&lt;/i&gt; &#171; cause d'elle-m&#234;me &#187;, mais le fruit de l'intuition et de la volont&#233; de celui qui, par le travail de la mati&#232;re, lui donne forme. L'apparition ne saurait se laisser figer dans le marbre et l'&#339;uvre d'art ne saurait encore moins surgir par elle-m&#234;me de sa gangue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Fichte, l'apparition appara&#238;t &lt;i&gt;&#171; en tant que s'apparaissant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johann Gottlieb Fichte, Doctrine de la science : expos&#233; de 1812, trad. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; en tant qu'&#234;tre absolu et autonome &#187;&lt;/i&gt;. Prise dans un cercle autot&#233;lique, l'apparition n'appara&#238;t qu'&#224; partir d'elle-m&#234;me et ne d&#233;pend d'aucune cause ext&#233;rieure. Or, une &#339;uvre d'art d&#233;pend &#233;videmment de la main de l'artiste qui, sous les traits du pinceau ou les coups du burin, la fait appara&#238;tre. Peut-on encore parler d'apparition, d&#232;s lors que l'image n'appara&#238;t pas d'elle-m&#234;me, mais &#171; se fait appara&#238;tre &#187; ? La r&#233;ponse est non. Une &#339;uvre d'art n'est pas, stricto sensu, une apparition. Elle peut tout au plus repr&#233;senter une apparition, et encore, seulement a posteriori. Elle ne peut saisir que la forme d&#233;j&#224; apparue, et non la forme apparaissant, c'est-&#224;-dire l'&#233;v&#233;nement qui marque le passage de l'invisible au visible. Elle ne peut comprendre que l'avant ou l'apr&#232;s de l'&#233;v&#233;nement, mais pas l'&#233;v&#233;nement lui-m&#234;me. D'o&#249; le geste du Christ de La Hyre qui permet de condenser, dans le m&#234;me instant, l'avant et l'apr&#232;s, l'invisible et le visible, l'imperceptibilit&#233; (pour Madeleine) et la perceptibilit&#233; (pour le spectateur) de l'apparition. Le Christ (nous) est apparu, mais reste encore &#224; (lui) appara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'&#339;uvre d'art et l'apparition s'excluent mutuellement. Une &#339;uvre n'est pas une apparition (car elle persiste dans l'ordre du visible) et ne peut pas montrer d'apparitions (car celles-ci &#233;chappent &#224; l'ordre du visible). Seules les images acheiropo&#239;&#232;tes (litt&#233;ralement : &#171; non fait de main d'homme &#187;), ces images miraculeuses qui se forment d'elles-m&#234;mes sans intervention humaine, en sont capables. La plus connue d'entre elles est, bien entendu, le Mandylion, l'image du Christ qui se serait miraculeusement imprim&#233;e par simple contact sur un linge qu'il aurait utilis&#233; pour s'essuyer le visage. Dans la doctrine orthodoxe de l'&#201;glise, cette image acheiropo&#239;&#232;te est consid&#233;r&#233;e comme la premi&#232;re ic&#244;ne de l'histoire et la matrice de toute l'iconographie chr&#233;tienne. Toutes les images du Christ, faites de main d'homme, d&#233;couleraient ainsi de cette unique apparition. Images peintes et sculpt&#233;es porteraient alors en elles une m&#233;moire acheiropo&#239;&#232;te. Peut-&#234;tre est-ce ici qu'il faut chercher les origines implicites de l'esth&#233;tique de l'apparition pens&#233;e par Virilio ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/secondo_pia_linceul_de_turin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/secondo_pia_linceul_de_turin-4216a.jpg?1772207113' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Secondo Pia, linceul de Turin, 1898.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Images fant&#244;mes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'image acheiropo&#239;&#232;te trouve toutefois un pendant plus &#233;vident dans l'image photographique. En 1898, Secondo Pia prit le premier clich&#233; du linceul de Turin, tenu pour &#234;tre une image acheiropo&#239;&#232;te du Christ. Par l'inversion des noirs et des blancs, l'image n&#233;gative qu'il en a tir&#233;e r&#233;v&#233;la, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, une image positive du visage et du corps du Christ, peu discernable au premier abord sur le voile lui-m&#234;me. Il fut alors tentant de consid&#233;rer le linceul de Turin comme le premier n&#233;gatif photographique de l'histoire et d'identifier l'image photographique &#224; l'image acheiropo&#239;&#232;te. La r&#233;f&#233;rence &#224; l'image acheiropo&#239;&#232;te devint en effet un lieu commun dans les discours sur l'image photographique. &#192; l'instar de l'image acheiropo&#239;&#232;te, la photographie, &#233;crit Andr&#233; Bazin, &lt;i&gt;&#171; se forme automatiquement sans intervention cr&#233;atrice de l'homme &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; proc&#232;de par sa gen&#232;se de l'ontologie du mod&#232;le&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Bazin, &#171; Ontologie de l'image photographique &#187; [1945], Qu'est-ce que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. L'image et son mod&#232;le se trouvent ainsi dans une relation de contigu&#239;t&#233;, l'un d&#233;coulant de l'autre, sans que rien s'interpose entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bain r&#233;v&#233;lateur d'une chambre noire ou sur l'&#233;cran d'une salle obscure, l'image photographique se donne non seulement comme image apparaissant, mais aussi comme image d'apparition. L'apparition doit d'abord &#234;tre comprise en un sens religieux : un &#234;tre surnaturel qui, le temps d'un instant, se rend visible &#224; nos yeux. Dans la seconde moiti&#233; du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le mouvement de la photographie spirite, qui prend son essor dans les cercles occultes am&#233;ricains, se donne pour but de capturer l'esprit des morts. L'image photographique devient ainsi l'&#233;crin privil&#233;gi&#233; d'apparitions fantomatiques. Celles-ci ne sont, bien s&#251;r, que le r&#233;sultat de trucages sophistiqu&#233;s, &#224; l'exemple de la double exposition, qui consiste &#224; superposer deux images distinctes sur la m&#234;me pellicule. La r&#233;v&#233;lation de la supercherie n'&#233;teint pourtant pas l'enthousiasme autour de la photographie spirite : celle-ci gagne au contraire en popularit&#233; sous des formes ludiques et d&#233;pourvues d'intentions occultes. &lt;i&gt;Le Fant&#244;me de Bernadette Soubirous&lt;/i&gt; (1890), captur&#233; par un photographe anonyme fran&#231;ais, en est un exemple saisissant. On y voit une jeune femme, pr&#233;tendument Bernadette Soubirous (&#224; qui la Vierge serait apparue dix-huit fois), dispara&#238;tre progressivement &#224; mesure qu'elle avance vers le bord de l'image. En combinant les techniques de la double exposition et de la chronophotographie, la photographie rassemble et d&#233;compose en un m&#234;me instant toute la dur&#233;e de la disparition, l&#224; o&#249; la peinture et la sculpture n'auraient pu en saisir qu'une &#233;tape donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/le_fanto_me_de_bernadette_soubirous_capture_par_un_photographe_anonyme_franc_ais_1890.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH308/le_fanto_me_de_bernadette_soubirous_capture_par_un_photographe_anonyme_franc_ais_1890-352ae.jpg?1772207113' width='500' height='308' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Le Fanto&#770;me de Bernadette Soubirous&lt;/i&gt;, capture&#769; par un photographe anonyme franc&#807;ais, 1890.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Loin de n'&#234;tre qu'une parenth&#232;se fantaisiste dans l'histoire de l'art, la photographie spirite exprime en fait la nature profonde de l'image photographique. La photographie est en effet capable de faire appara&#238;tre (et r&#233;appara&#238;tre) des &#234;tres qui ne sont plus, d'arracher leur image au temps des vivants pour la renvoyer &#224; l'&#233;ternit&#233;. La photographie est toujours une image fant&#244;me, l'image de quelque chose qui a &#233;t&#233; et qui n'est plus, quelque chose qui se survit &#224; lui-m&#234;me dans l'image qu'il laisse derri&#232;re lui. Quoique non surnaturel ou merveilleux, tout &#234;tre photographi&#233; est donc aur&#233;ol&#233; d'un voile de myst&#232;re, en ce qu'il se pr&#233;sente &#224; nos yeux sur le mode de l'apparition, du surgissement d'un autre temps au c&#339;ur m&#234;me de notre temps. Il s'ensuit que ce n'est pas parce qu'un &#234;tre est merveilleux qu'il appara&#238;t, mais parce qu'il appara&#238;t qu'il est merveilleux. L'apparition, en tant que telle, produit du merveilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, l'image photographique devrait &#234;tre le parangon de l'esth&#233;tique de l'apparition. Or, Virilio inscrit non seulement la photographie, mais aussi le cin&#233;ma, dans une esth&#233;tique de la disparition, par opposition &#224; l'esth&#233;tique de l'apparition. &#192; la diff&#233;rence de l'image peinte ou sculpt&#233;e, d&#233;finie comme une image stable, l'image filmique est d&#233;finie comme une image instable, dont la seule dur&#233;e n'est plus celle de la mati&#232;re, mais &#171; celle de la persistance r&#233;tinienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Virilio, loc. cit.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Elle dispara&#238;t &#224; l'instant m&#234;me o&#249; elle appara&#238;t, sans atteindre notre conscience imm&#233;diate, &#224; raison de vingt-quatre fois par seconde. Mais peut-on vraiment opposer apparition et disparition comme un couple antinomique ? Pour dispara&#238;tre, l'image doit nous appara&#238;tre en premier lieu. Et disparaissant, celle-ci laisse appara&#238;tre l'absence qu'elle est venue &#224; la fois combler et creuser. Apparition et disparition sont ainsi les deux faces d'une m&#234;me pi&#232;ce, en t&#233;moigne le Christ de La Hyre qui se montre tout en se cachant, ou bien la figure d'Eurydice qui dispara&#238;t aux yeux d'Orph&#233;e &#224; l'instant m&#234;me o&#249; celui-ci pose son regard sur elle. Tout se passe comme si l'apparition &#233;tait toujours doubl&#233;e par sa propre disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appara&#238;tre en disparaissant&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il est le propre des images film&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut penser, par exemple, aux fantasmagories de Georges M&#233;li&#232;s dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce jeu double d'apparition et de disparition trouve &#233;galement son pendant dans les images peintes et sculpt&#233;es. La fameuse anamorphose des &lt;i&gt;Ambassadeurs&lt;/i&gt; d'Hans Holbein le Jeune (1533) en offre un exemple particuli&#232;rement saisissant. Si l'on regarde le tableau de face, nous voyons deux hommes qui nous fixent du regard, tandis qu'&#224; leurs pieds se trouve un objet compl&#232;tement informe. Or, si l'on regarde le tableau de c&#244;t&#233;, depuis l'extr&#233;mit&#233; gauche du cadre, le myst&#233;rieux objet prend une forme reconnaissable : celle d'un cr&#226;ne humain. La sc&#232;ne dispara&#238;t presque enti&#232;rement en raison du r&#233;tr&#233;cissement visuel de la toile tandis qu'appara&#238;t sous nos yeux la figure cach&#233;e dans le tableau. Il en va de m&#234;me avec &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; d'Ernest Christophe (1876), la sculpture d'une femme bic&#233;phale qui pr&#233;sente, au premier abord, un masque souriant, en dessous duquel se r&#233;v&#232;le, &#224; mesure que l'on tourne autour d'elle, un visage larmoyant. De la m&#234;me fa&#231;on que le cr&#226;ne d'Holbein le Jeune est un rappel de la vanit&#233; de l'existence humaine, le double visage de Christophe exprime la nature duale de la beaut&#233; qui se donne pour &#233;ternelle, tout en &#233;tant promise &#224; d&#233;p&#233;rir. Cependant, au-del&#224; de ce qui appara&#238;t ou dispara&#238;t, c'est bien l'apparition et la disparition, prises abstraitement et en tant que telles, qui donnent &#224; vivre au spectateur l'exp&#233;rience de la finitude.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/la_come_die_humaine_ernest_christophe_1876.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/la_come_die_humaine_ernest_christophe_1876-93425.jpg?1714488530' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ernest Christophe, &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt;, 1876.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, il importe moins de savoir ce qui appara&#238;t que de savoir &#224; qui l'apparition appara&#238;t. Ici r&#233;sonne tout le paradoxe de l'apparition : bien qu'elle se manifeste d'elle-m&#234;me sans intervention humaine, elle ne saurait exister en dehors du regard de celui qui en est le d&#233;positaire. Elle est ontologiquement li&#233;e au spectateur, comme en t&#233;moignent le cr&#226;ne des Ambassadeurs et le visage de La com&#233;die humaine, dont l'apparition d&#233;pend exclusivement de la position de celui-ci dans l'espace. Sans aller jusqu'&#224; n&#233;cessiter le d&#233;placement du corps du spectateur pour appara&#238;tre pleinement, d'autres &#339;uvres peuvent l'inviter &#224; d&#233;placer son regard. Dans son &lt;i&gt;Apparition d'un visage et d'un compotier sur une plage&lt;/i&gt; (1938), Salvador Dal&#237; propose une image multiple, une image dans laquelle plusieurs figures coexistent sans qu'il soit possible de les percevoir toutes en m&#234;me temps. L'apparition de l'une se paie de la disparition des autres. Ici l'on peut voir, tour &#224; tour, soit un visage, soit un compotier. Facile, me diriez-vous, tout &#233;tait d&#233;j&#224; dans le titre&#8230; Mais aviez-vous remarqu&#233; le gigantesque chien qui tr&#244;ne dans la moiti&#233; sup&#233;rieure de la toile ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L474xH366/apparition_d_un_visage_et_d_un_compotier_sur_une_plage-92c85.jpg?1714488530' width='474' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Salvador Dal&#237;, &lt;i&gt;Apparition d'un visage et d'un compotier sur une plage&lt;/i&gt;, 1938.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le voit bien, l'&#339;uvre d'art r&#233;clame une attention particuli&#232;re. Sa pleine apparition d&#233;pend du degr&#233; d'attention qu'on lui porte. Ce principe vaut pour toute &#339;uvre et l'&#339;uvre de Dal&#237; n'en est qu'une expression saillante et manifeste. C'est d'ailleurs le lien intime entre attention et apparition qui fonde, selon Jean-Marie Schaeffer, l'exp&#233;rience esth&#233;tique. Il d&#233;finit en effet celle-ci comme une &#233;piphanie, du grec ancien &lt;i&gt;epiph&#225;neia&lt;/i&gt; (&#171; apparition &#187;), c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;&#171; une exp&#233;rience de pr&#233;sence &#187;&lt;/i&gt;, mais pas n'importe quelle pr&#233;sence : &lt;i&gt;&#171; celle de l'attention qui est pr&#233;sente &#224; elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Schaeffer, L'Exp&#233;rience esth&#233;tique, Paris, Gallimard, 2015, p. 50.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. L'&#339;uvre d'art r&#233;v&#232;le en nous une forme d'attention singuli&#232;re, ouverte et sans fin, &#224; l'oppos&#233; des automatismes de l'attention que l'on porte aux objets du quotidien. Dans le contexte du capitalisme mental, l'art est ainsi d'autant plus salutaire qu'il nous soustrait &#224; l'&#233;conomie de l'attention, dans laquelle l'attention de chacun est devenue une ressource rare et surexploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;piphanies num&#233;riques&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Internet et les smartphones ont tendance &#224; drainer notre capacit&#233; d'attention pour nous transformer en simples consommateurs d'images. Dans le poison se trouve toutefois le rem&#232;de : l'art num&#233;rique, capable de suspendre le flux des images m&#233;diatiques pour ouvrir un espace d'attention privil&#233;gi&#233;e, dans lequel le spectateur doit s'investir activement pour que l'&#339;uvre lui apparaisse pleinement. Dans les ann&#233;es 1990, l'imagerie num&#233;rique a fait l'objet de discours aux accents m&#233;taphysiques, au c&#339;ur desquels on retrouve justement la question de l'apparition. Consid&#233;r&#233;e tour &#224; tour comme &lt;i&gt;&#171; &#233;piphanie recueillie en elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mario Costa, Le Sublime technologique, Lausanne, Iderive, 1994, p. 28.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt; ou comme &lt;i&gt;&#171; ange-image&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;messager entre le monde sensible et le monde intelligible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Lafon, Esth&#233;tique de l'image de synth&#232;se. La trace de l'ange, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;, l'image cr&#233;&#233;e par ordinateur fut la promesse d'une v&#233;ritable image acheiropo&#239;&#232;te : une image qui semble appara&#238;tre ex nihilo sur l'&#233;cran d'ordinateur et dispara&#238;tre sans laisser de trace. Si celle-ci para&#238;t incarner au plus haut point le principe de l'apparition, tous ces discours oublient toutefois un point central : celui &#224; qui l'apparition appara&#238;t. Un point d'autant plus central que, dans l'art num&#233;rique et, a fortiori, dans l'art interactif, le spectateur est en fait la condition sine qua non de l'apparition de l'&#339;uvre : sa pr&#233;sence et son regard modifient concr&#232;tement la fa&#231;on dont celle-ci appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/point_cloud_portraits_catherine_ikam_2016.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/point_cloud_portraits_catherine_ikam_2016-7ed0f.jpg?1772207113' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Catherine Ikam, &lt;i&gt;Point Cloud Portraits&lt;/i&gt;, 2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ses &#339;uvres num&#233;riques, Catherine Ikam articule de mani&#232;re exemplaire la question du spectateur et celle de l'apparition. Selon les mots de l'artiste, son travail consiste &#224; &lt;i&gt;&#171; cr&#233;er des dispositifs qui permettent l'apparition et la disparition [et] qui int&#232;grent l'action des visiteurs dans la cr&#233;ation de l'&#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Roland (dir.), Catherine Ikam, en collaboration avec Louis Fl&#233;ri, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Dans ce sens, &lt;i&gt;Point Cloud Portraits&lt;/i&gt; (2016) est une s&#233;rie de portraits virtuels, mod&#233;lis&#233;s &#224; partir du visage de personnes r&#233;elles et pr&#233;sent&#233;s sous la forme de nuages de points qui s'agr&#232;gent et se d&#233;sagr&#232;gent au cours du temps, en fonction de la position du spectateur dans l'espace. Les visages ne cessent d'appara&#238;tre et de dispara&#238;tre suivant le ballet des visiteurs et des particules. Ils retournent aux t&#233;n&#232;bres sit&#244;t qu'ils en surgissent, &#233;chappant d'embl&#233;e au regard de celui qui tenterait d'en retenir la trace. Sur la limite pr&#233;caire entre l'absence et la pr&#233;sence se manifeste ainsi la nature infigurable du visage humain qui, pour le dire avec Levinas, se r&#233;v&#232;le simultan&#233;ment dans la pr&#233;sence de &lt;i&gt;&#171; sa propre image plastique &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; dans sa retraite et son absence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuel Levinas, Totalit&#233; et infini. Essai sur l'ext&#233;riorit&#233;, Paris, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. L'&#339;uvre d'Ikam impose ainsi le temps singulier d'une apparition, de l'apparition par excellence, celle du visage de l'autre, un visage qui ne peut se d&#233;voiler que par fragments, &#224; la fronti&#232;re entre le visible et l'invisible, et seulement &#224; condition de lui pr&#234;ter l'attention qu'il exige.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Apparition du Christ &#224; Madeleine&lt;/i&gt; d'Eustache Le Sueur (1651), ant&#233;rieure &#224; l'&#339;uvre de La Hyre, fait exception &#224; ce constat. Il est probable que La Hyre, qui habitait alors &#224; Paris, se soit inspir&#233; du tableau de Le Sueur, expos&#233; dans la chapelle de la Madeleine du couvent des Chartreux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Virilio, &lt;i&gt;L'Espace critique&lt;/i&gt;, Paris, Christian Bourgois, 1984, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Johann Gottlieb Fichte, &lt;i&gt;Doctrine de la science : expos&#233; de 1812&lt;/i&gt;, trad. Isabelle Thomas-Fogiel, Paris, PUF, 2005, p. 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Bazin, &#171; Ontologie de l'image photographique &#187; [1945], &lt;i&gt;Qu'est-ce que le cin&#233;ma ?&lt;/i&gt;, Paris, Cerf, 2008, p. 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Virilio, &lt;i&gt;loc. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut penser, par exemple, aux fantasmagories de Georges M&#233;li&#232;s dans lesquelles il faisait appara&#238;tre et dispara&#238;tre, comme par magie, accessoires, d&#233;cors et com&#233;diens, &#224; la faveur du trucage par arr&#234;t de cam&#233;ra.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Marie Schaeffer, &lt;i&gt;L'Exp&#233;rience esth&#233;tique&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2015, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mario Costa, &lt;i&gt;Le Sublime technologique&lt;/i&gt;, Lausanne, Iderive, 1994, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Lafon, &lt;i&gt;Esth&#233;tique de l'image de synth&#232;se. La trace de l'ange&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 1999, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Roland (dir.), &lt;i&gt;Catherine Ikam&lt;/i&gt;, en collaboration avec Louis Fl&#233;ri, Enghien-les-Bains / Paris, Centre des arts / Nouvelles &#233;ditions Scala, 2016, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel Levinas, &lt;i&gt;Totalit&#233; et infini. Essai sur l'ext&#233;riorit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Le Livre de poche, 1990, p. 165.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_21115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/png/se_800.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/se_800.png' width=&#034;800&#034; height=&#034;515&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Smaris Elaphus 01 est maintenant en librairie. &lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 9782372281829 - 112 pages - 17x22 cm - 30 &#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;seau de diffusion : Dilicom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture : Issu d'un manuscrit des Cantigas de Santa Maria, recueil de miracles mariaux compil&#233;s vers 1270 par le roi de Castille Alphonse X le Sage, cet &#233;pisode relate l'apparition d'une image acheiropo&#239;&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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