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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Rodin vs Epstein </title>
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		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Eichmann tel que le d&#233;crit Hannah Arendt &#233;tait un homme banal, m&#233;diocre. Dans un de ses romans, le romancier hongrois Mara&#239; raconte un d&#238;ner de f&#234;te &#224; l'&#233;poque de l'occupation allemande. Le d&#238;ner rassemble des amis anti-fascistes, sauf un, qui, &#224; bout d'arguments pour d&#233;fendre sa position, d&#233;clare : peut-&#234;tre avez-vous raison, mais le fascisme, c'est fait pour les gens comme moi, sans talent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/morale" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH116/study_of_a_nude_female_figure_satyress_auguste_rodin_public_domain-9a89d.jpg?1775383396' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Eichmann tel que le d&#233;crit Hannah Arendt &#233;tait un homme banal, m&#233;diocre. Dans un de ses romans, le romancier hongrois Mara&#239; raconte un d&#238;ner de f&#234;te &#224; l'&#233;poque de l'occupation allemande. Le d&#238;ner rassemble des amis anti-fascistes, sauf un, qui, &#224; bout d'arguments pour d&#233;fendre sa position, d&#233;clare : peut-&#234;tre avez-vous raison, mais le fascisme, c'est fait pour les gens comme moi, sans talent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les violeurs de Madame P&#233;licot &#233;taient sans doute de cette cat&#233;gorie : m&#233;diocres et sans talent. Mais Epstein ? Un propos rapport&#233; dit tout : les femmes, c'est comme les crevettes, on leur coupe la t&#234;te et on garde le reste. Il n'y a pas plus atroce fa&#231;on de d&#233;clarer qu'il n'y a pas d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de visage : pas d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par contraste cela me fait penser &#224; la beaut&#233; des corps aur&#233;ol&#233;s d'un visage. Cela me fait penser aux splendides audaces de Marl&#232;ne Dumas capable d'exposer la crudit&#233; derri&#232;re une nudit&#233; dont on ne sait plus si le visage dit la jouissance ou la mort. Il y a l&#224; une pens&#233;e, une fouille dangereuse sans doute, qui renvoie tout pr&#233;dateur &#224; l'horreur banale de sa pratique. Ou aux dessins &#233;rotiques de Rodin parmi les plus audacieux. Rodin plonge dans le corps f&#233;minin comme on se noie dans un paysage. L'attraction d'un corps, c'est rendre visible l'illimit&#233;. Le viol, c'est sa r&#233;duction au sans-t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epstein ne fut certes pas un homme banal, mais ce violeur en s&#233;rie, par la multiplication vertigineuse de ses victimes, banalise le crime en interdisant toute identit&#233; aux victimes, identiques les unes aux autres, soumises au m&#234;me &#171; prototype &#187;, disparaissant donc sous l'unicit&#233; de leur fonction. Son vaste appartement de l'avenue Foch &#233;tait, para&#238;t-il, couvert de photos de femmes nues. C'est une passion de pornographe : aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'artiste repr&#233;sente le corps et le sexe, non pour s'y arr&#234;ter dans une attitude de voyeur, mais pour plonger au c&#339;ur d'une &#233;nigme dont le sexe est le trouble ou l'effroi. Il ne coupe pas la t&#234;te de M&#233;duse, tant il sait qu'il n'y a de M&#233;duse qu'en lui ! Il l'emporte ! Un autre &#8212; le m&#234;me ? &#8212; peint une nuque d&#233;voil&#233;e par des cheveux nou&#233;s en chignon pour pr&#233;senter l'image du d&#233;sir et un hommage &#224; la beaut&#233;. La nuque ne serait-elle qu'une m&#233;taphore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le violeur en s&#233;rie est aveugle car il ne per&#231;oit pas l'unique au sein du multiple. &lt;i&gt;&#171; Nous exposons l'unique &#224; la lumi&#232;re du soir et elle est un secret, nous l'exposons &#224; la lumi&#232;re de son secret et elle rev&#234;tue de tendresse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cees Nooteboom in Philippe et les autres, folio P. 177&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dessins &#233;rotiques de Rodin sont des uniques, des paysages myst&#233;rieux qui illimitent le regard. Chaque corps est le r&#233;ceptacle d'une beaut&#233; qui retourne &#224; la fiction qui l'a fait na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rotisme se d&#233;ploie dans la fiction (ou le r&#233;cit) qui pr&#233;c&#232;de la d&#233;nudation. Le pornographe &#8212; le violeur &#8212; est sans imaginaire. Il se noie dans l'abondance d'une r&#233;alit&#233; qu'il prive de la suspension du temps. Or, le d&#233;sir dans le temps du ravissement suspend le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cela &#234;tre ravi. En annulant l'unicit&#233; du corps, le criminel d&#233;truit une beaut&#233; dont il n'a pas id&#233;e. Le &#171; g&#233;nie du crime &#187; avoue une mis&#232;re de la pens&#233;e l&#224; o&#249; l'artiste dresse son d&#233;sir vers un ciel habit&#233; de la lumi&#232;re de son secret. Epstein, au fond, ne m'int&#233;resse pas, seuls ses exc&#232;s me disent que n'est pas saisi par l'&#233;nigme du corps qui veut. Il y faut une pens&#233;e et un abandon dont le violeur est incapable. Rodin s'abandonne &#224; son trait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le corps ouvert, le violeur (se) ment. Il se ment car il refuse d'exc&#233;der son d&#233;sir en le diminuant par la possession de l'autre-absent. Rodin retourne le paradis et le regarde bien en face ; enfer et paradis confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que je comprends Rodin serait pr&#233;tentieux. Mais je vois dans l'abondance des dessins une bacchanale vertigineuse, une m&#233;taphysique du plaisir ou un au-del&#224; de l'impudeur qui offre &#224; la femme repr&#233;sent&#233;e l'abondance de &lt;i&gt;sa propre&lt;/i&gt; jouissance. Rodin n'est pas spectateur, il est d&#233;miurge. Il r&#233;v&#232;le ce que l'on n'osait savoir par sa pr&#233;sence absente tel un Freud silencieux devant le divan.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; Il y eut dans notre actualit&#233; r&#233;cente R&#8230;, l'ours producteur, puis Epstein, le danseur sans t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis&#232;re des pr&#233;dateurs ! Mis&#232;re des sans-amour. Ces hommes font de leur puissance un mur infranchissable devant le plus beau des sentiments. L'amour s'y fracasse. Ils ne connaissent pas le bonheur des fronti&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fronti&#232;re de l'autre corps pour le violeur, la fronti&#232;re &#8212; politique &#8212; des autres mondes pour le tyran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violeurs ont affreusement leur &#233;quivalence politique. Trump, Poutine et tant d'autres sont &#224; la politique ce que sont les violeurs &#224; la vie commune. Tous vivent un monde sans autres. Remarque-t-on assez cette analogie de l'horreur ? Remarque-t-on assez cette identit&#233; de la pr&#233;dation politique qui viole les territoires et de la pr&#233;dation sexuelle qui viole les corps ? Le crime g&#233;opolitique et le crime sexuel seraient-ils de m&#234;me nature ? Bien s&#251;r ! Passion de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t le go&#251;t des tyrans pour l'argent, ils se font plus discrets sur leur go&#251;t pour l'abus des corps. Encore que Trump&#8230; Ils ont en commun, ces tyrans et ces violeurs, un monde sans autres et plus encore &#8212; si je peux dire &#8212; sans art. L'art n'a de cesse d'interroger la pr&#233;sence autre, il ne cesse de renvoyer le voyeur &#224; ses aveuglements et de proposer &#224; chacun l'art de &lt;i&gt;voir.&lt;/i&gt; Voir et non seulement regarder, c'est traverser l'image, le paysage, le visage, tout autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art ou l'inviolable pr&#233;sence de l'&#233;tranger. Passion de vie !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne crois pas que l'artiste de g&#233;nie comprenne toujours ce qu'il fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de comprendre mais d'&#234;tre en face. &#202;tre en face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le face &#224; face constitue la r&#233;alit&#233; du geste artistique l&#224; o&#249; le lugubre violeur reste sans vis-&#224;-vis. L'art expose l'unique, il cr&#233;e son secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposons l'unique, nous cr&#233;ons son secret&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cees Nooteboom in &lt;i&gt;Philippe et les autres,&lt;/i&gt; folio P. 177&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : &#201;tude d'un nu f&#233;minin, Auguste Rodin, 1905&#8211;8. Graphite and watercolor. Domaine Public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Que Dire ?</title>
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		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Lorsque Martial Verdier m'a propos&#233; d'&#233;crire un article pour TK-21 LaRevue, je fus touch&#233; par sa confiance. Rentr&#233; chez moi, je me suis trouv&#233; d&#233;pourvu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que dire ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Image" rel="tag"&gt;Image&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/morale" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH138/arton2794-46709.jpg?1772186812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque Martial Verdier m'a propos&#233; d'&#233;crire un article pour TK-21 LaRevue, je fus touch&#233; par sa confiance. Rentr&#233; chez moi, je me suis trouv&#233; d&#233;pourvu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que dire ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Moi qui ai pass&#233; ma vie &#224; tenter de t&#233;moigner des relations aussi difficiles que f&#233;condes entre l'art et la d&#233;mocratie, je me trouvais pris de court. Que dire ? Que peut-on encore esp&#233;rer dans un monde d&#233;bord&#233; par la barbarie et le mensonge ? Les mots eux-m&#234;mes font la guerre (cf. Barbara Cassin &#171; la guerre des mots &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barbara Cassin, &#171; la guerre des mots &#187;, Flammarion, 2025.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou Dominique Edd&#233; &#171; la mort est en train de changer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Edd&#233;, &#171; la mort est en train de changer &#187;, &#201;ditions LLL, 2025.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Pourtant ces livres t&#233;moignent d'une r&#233;sistance lucide, profonde, n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon malaise ne s'est pas apais&#233; en allant visiter &#224; la Bourse du commerce &#224; Paris l'exposition consacr&#233;e aux Minimalistes. Si le visible, le trop visible, est malade de la violence, l'absence d'image ou l'image vide ne r&#233;pondent ni par le silence ni par cette quelconque pr&#233;sence &#224; l'horreur de notre monde. L'image est comme &#233;vanouie. Or, je ne vois qu'elle, l'image, pour d&#233;passer la visibilit&#233; et se d&#233;faire du trop visible. Pourquoi cette exposition &lt;i&gt;maintenant&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt; Dois-je pr&#233;ciser que l'image dont je parle est l'exacte contraire de l'envahissement &#171; d'images &#187; dont notre quotidien est abreuv&#233;, &#233;tourdi, d&#233;cervel&#233;. Ces pseudo-images, selfies et autres c&#233;l&#233;brations du Moi, sont &#224; la conscience de soi ce que l'algorithme est &#224; la sensibilit&#233;. M&#234;me la captation par le t&#233;l&#233;phone de faits, de moments de r&#233;alit&#233;, aussi utiles sont-ils pour t&#233;moigner de massacres innommables, m&#234;me ceux-l&#224; peuvent &#234;tre l'objet de contre-fa&#231;ons par IA interpos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mensonge d&#233;borde le r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
La technique n'a que faire de la v&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir affirme ; le r&#233;el doit se soumettre. Trump, Poutine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis la guerre de Troie, le sc&#233;nario est le m&#234;me. Femmes viol&#233;es, villes d&#233;truites, enfants enlev&#233;s ou tu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Agamemnon enl&#232;ve Cassandre, il sera tu&#233; par Clytemnestre qui elle-m&#234;me, etc&#8230; Depuis, il semble qu'Ath&#233;na d&#233;gout&#233;e ait rejoint l'Olympe pour ne plus en sortir, laissant les humains &#224; leurs horreurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre se r&#233;p&#232;te. Seul changement mais de taille : la technique. On peut tuer en masse, de loin, sur plusieurs sites simultan&#233;s. Formidable progr&#232;s ! La technique, encore elle, permet de diffuser le mensonge au monde entier et de maquiller le massacre en l&#233;gitime d&#233;fense. Qu'est devenue la culture, que peut-elle, dans cette histoire retourn&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il nous reste l'&#233;tude pr&#233;cise, &#233;loign&#233;e de tout ce manich&#233;isme dont l'opinion raffole, j'&#233;voquais deux auteurs au d&#233;but de cet article &#8212; il en est d'autres. Il nous reste la fiction dont le cin&#233;ma, ici et l&#224;, s'honore.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;habiliter la fiction et son pouvoir de d&#233;voilement de la v&#233;rit&#233; est une t&#226;che encore &#224; notre port&#233;e dans nos pays o&#249; le droit n'est pas enseveli, &#224; nous qui ne sommes pas soldats ni terroris&#233;s par un ordre religieux ou dictatorial. (Les deux en Russie s'entendent &#224; merveille !).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;&#171; L'accouplement de la conscience et de l'algorithme&#8230; est en train d'accoucher d'un rejeton qui n'est d&#233;j&#224; plus que tr&#232;s partiellement surveill&#233; par la conscience. &#187; &lt;/i&gt; (D. Edd&#233;). Ce rejeton fera-t-il encore la distinction entre la v&#233;rit&#233; de fiction et le mensonge du pseudo-r&#233;el ? Ce rejeton comprendra-t-il, par exemple, que la censure op&#233;r&#233;e au nom de &#171; l'appropriation culturelle &#187; est plus qu'une imb&#233;cilit&#233;, c'est un acte liberticide qui ignore ce que les mots culture, art, rec&#232;lent de richesses partag&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Partag&#233; ! Quel mot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'image, la &#171; grande &#187; image, celle qui va, disons de Rembrandt &#224; Marl&#232;ne Dumas, de Schiele &#224; Bacon, de Jean Rustin &#224; Kieffer, cette image t&#233;moigne de la douleur du retour sur soi &lt;i&gt;en terre &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt;. La terre de l'autre. Ces images sont &#224; la peinture ce que la m&#233;taphore est &#224; la litt&#233;rature. Ces images sont silencieuses ; elles ne font pas silence. L'intelligence c&#232;de devant la pens&#233;e. Nous savons combien l'intelligence est versatile et peut &#234;tre bavarde. La pens&#233;e reste suspendue au-dessus du vide. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous vivons dans un monde o&#249; il est difficile de ne pas se taire, il nous appartient n&#233;anmoins de ne pas renoncer &#224; ce qui fait humanit&#233;. Je sais combien un humanisme sentimental a pu &#234;tre moqu&#233;, &#224; juste titre puisqu'il d&#233;dommageait la conscience &#224; peu de frais. Il en est un autre : un humanisme de lutte. Un humanisme qui ne c&#232;dera pas. Toute vie est de droit &#233;gal. Les fronti&#232;res sont l&#233;gitimes tant que nous pouvons les passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; quand le pouvoir exub&#233;rant de la vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; La haine c'est le mal, le bien c'est l'amour &#187;&lt;/i&gt; r&#233;sumait Vladimir Jank&#233;l&#233;vitch, ce grand philosophe de la morale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'autorise de lui pour clore cet article par ce qui appara&#238;tra comme une na&#239;vet&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Barbara Cassin, &#171; la guerre des mots &#187;, Flammarion, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Edd&#233;, &#171; la mort est en train de changer &#187;, &#201;ditions LLL, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Je&#769;rome Martin Langlois, Cassandre implorant la vengeance de Minerve contre Ajax (1810). Mus&#233;e du Louvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>La beaut&#233; offens&#233;e</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-beaute-offensee</link>
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		<dc:date>2025-09-29T15:14:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un grand ami d'Anvers, com&#233;dien, me parle de la mis&#232;re qui r&#232;gne dans le conservatoire de la ville. Tout professeur doit se plier au diktat des &#233;l&#232;ves : pas d'apprentissage obligatoire de textes, pr&#233;cautions de genre dans la langue, pas de contact physique au plateau, etc.&lt;br class='autobr' /&gt; Mon ami refuse d'enseigner dans ces conditions.&lt;br class='autobr' /&gt; La sp&#233;cificit&#233; du th&#233;&#226;tre tient &#224; la pr&#233;sence des corps : encore faut-il que ceux-ci soient libres.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH103/arton2748-4d87b.jpg?1772240718' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un grand ami d'Anvers, com&#233;dien, me parle de la mis&#232;re qui r&#232;gne dans le conservatoire de la ville. Tout professeur doit se plier au diktat des &#233;l&#232;ves : pas d'apprentissage obligatoire de textes, pr&#233;cautions de genre dans la langue, pas de contact physique au plateau, etc.&lt;br class='autobr' /&gt; Mon ami refuse d'enseigner dans ces conditions.&lt;br class='autobr' /&gt; La sp&#233;cificit&#233; du th&#233;&#226;tre tient &#224; la pr&#233;sence des corps : encore faut-il que ceux-ci soient libres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que s'est-il perdu ? Avec l'autorit&#233; d'une exp&#233;rience et la chaleur du guide, tout acc&#232;s &#224; la beaut&#233;. S'il se trouve toujours un grand nombre d'humains souriants, accueillants, surprenants, pourquoi dans un conservatoire (ou dans certaines universit&#233;s) un tel refus, un tel ordre d'&#233;troite morale, un tel manich&#233;isme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je n'ai pas de r&#233;ponse satisfaisante sauf &#224; creuser les m&#233;andres de ces replis narcissiques. Mais il me semble que ce nouveau moralisme d&#233;grade toute beaut&#233;. Or, parce que le monde est quotidiennement offens&#233;, il importe plus que jamais que tout art soit cette lumi&#232;re apte &#224; saisir l'humain au creux de son opacit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Laissons la transparence au March&#233; et aux mensonges !&lt;br class='autobr' /&gt; Aucune beaut&#233; ne se cr&#233;e sur une morne plaine.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; La beaut&#233; est un masque et une opacit&#233; rayonnante. Elle dissimule et r&#233;v&#232;le. Pour son humble cr&#233;ateur, elle est une &#233;preuve. Une r&#233;v&#233;lation peut-&#234;tre. Elle ne se contient dans aucun ordre. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;sir &#233;clatant de sentiments m&#234;l&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; Merveille du chant tragique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Refuser &#224; l'&#339;uvre sa solitude, son &#226;pret&#233; m&#234;me, lui &#244;ter son &#233;trange singularit&#233;, refuser le dur labeur de son approche, prendre cette pose pl&#233;b&#233;ienne et paresseuse telle que me la d&#233;crit mon ami anversois, offense la beaut&#233; en sa chair et d&#233;truit toute n&#233;cessit&#233; d'interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces mouvements d'opposition st&#233;rile sont sans doute minoritaires. Ils ont lieu dans un monde &#233;tourdi de violences qui applaudit cette apathie devant le dur travail de lib&#233;ration. Le paradoxe dramatique de cette situation est que cette opposition moraliste au pouvoir sert finalement les int&#233;r&#234;ts de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qu'est-ce qu'un art domestiqu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, je suis convaincu &#8212; foi de vieux th&#233;&#226;treux ! &#8212; qu'aucune d&#233;mocratie n'est possible sans cet art de l'interpr&#233;tation qui accepte et f&#234;te les sangs m&#234;l&#233;s. Interpr&#233;ter oblige &#224; se tenir &#233;loign&#233; de toute v&#233;rit&#233; univoque : encore faut-il se placer devant une &#339;uvre riche, polys&#233;mique, apte &#224; chanter le monde jusqu'au c&#339;ur de sa trag&#233;die. D'Eschyle &#224; Sarah Kane, de Sophocle &#224; Pinter ou Fosse, de Racine &#224; Tch&#233;khov, la litt&#233;rature r&#233;v&#232;le une richesse infinie.&lt;br class='autobr' /&gt; Politiquement, interpr&#233;ter, c'est se tenir au creux de cet oxymore qu'est la r&#233;union en un mot : Demos-kratos (Peuple/Pouvoir). On pourrait traduire : souverainet&#233; et puissance.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; Je comprends que pour la g&#233;n&#233;ration dite 2000, l'&#233;tat du monde rende difficile l'acc&#232;s &#224; l'espoir. Espoir d'une vie meilleure pour soi, pour la terre, pour l'humanit&#233; toute enti&#232;re. Je le comprends ; je n'excuse pas les attitudes de repli et de censure qui en r&#233;sultent. Pour en rester aux questions artistiques qui m'occupent ici, il suffit d'aller au mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233; voir l'exposition consacr&#233;e &#224; Georges De La Tour pour constater qu'il n'y a pas de progr&#232;s en art. Il s'agit plut&#244;t d'un syst&#232;me de variations &#224; partir des h&#233;ritages. Bacon dialogue avec Picasso qui dialogue avec V&#233;lasquez qui dialogue&#8230; etc. Ce qui caract&#233;rise une &#233;poque est d'un autre ordre et s'&#233;value selon la pertinence de la variation et la f&#233;condit&#233; de son apport. &lt;br class='autobr' /&gt; Je voudrais dire &#224; mes amis &#233;tudiants qu'ils acc&#233;deront d'autant mieux &#224; leur &#233;poque et &#224; ses cruaut&#233;s qu'ils fouilleront ce pass&#233; dont notre monde offens&#233; est le r&#233;sultat. Offenser la douleur qui en r&#233;sulte est une impasse.&lt;br class='autobr' /&gt; Refuser au pass&#233; sa longue pr&#233;sence, au pr&#233;sent aveugle l'avenir.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH384/georges_de_la_tour-97d71.jpg?1759159166' width='500' height='384' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Trait de (D&#233;)Union</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Trait-de-De-Union</link>
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		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Toute &#339;uvre de l'art ou de l'esprit est une intervention dans le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle peut &#234;tre insolente, d&#233;stabilisatrice ou conformiste, p&#233;renne ou &#233;ph&#233;m&#232;re, reste qu'elle s'inscrit dans le monde, ce monde qu'Hannah Arendt d&#233;finit par la pr&#233;sence des &#339;uvres.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH110/arton2657-be183.jpg?1772244118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Toute &#339;uvre de l'art ou de l'esprit est une intervention dans le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle peut &#234;tre insolente, d&#233;stabilisatrice ou conformiste, p&#233;renne ou &#233;ph&#233;m&#232;re, reste qu'elle s'inscrit dans le monde, ce monde qu'Hannah Arendt d&#233;finit par la pr&#233;sence des &#339;uvres. J'ai appris de Paul Ric&#339;ur que toute identit&#233; est narrative (donc mouvante), de Pierre Rosanvallon que l'&#233;galit&#233; est de relation (et non de nature) et de Marie-Jos&#233; Mondzain que le partage supposait la cr&#233;ation du lieu du partage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous&lt;/i&gt; savons que la d&#233;mocratie est une tension : D&#233;mos et Kratos (peuple et pouvoir) ne s'accordent que difficilement selon des processus que le droit arbitre. Il faudrait &#233;crire d&#233;mo-cratie. Le trait &#171; d'union &#187; signifiant l'&#233;cart ou la tension qui subsiste n&#233;cessairement entre les forces. Il me semble que l'&#339;uvre se tient dans ce trait. Elle unit ou d&#233;sunit, c'est selon&#8230; L'&#339;uvre conformiste plaira au tr&#232;s grand nombre et sera f&#234;t&#233;e par le populiste ; l'insolente s'inscrira dans la seulement &#171; possible &#187; adh&#233;sion, sera minoritaire et pourra &#234;tre qualifi&#233;e de d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e ! L'invention artistique offre une &lt;i&gt;relation&lt;/i&gt; possible, sachant qu'aucune demande ne la pr&#233;c&#232;de. Cependant, ma longue exp&#233;rience au th&#233;&#226;tre m'a permis de v&#233;rifier qu'une politique assidue peut durablement enrichir la curiosit&#233;. J'ai choqu&#233; nagu&#232;re en affirmant que l'art &#233;tait une activit&#233; (auteur et spectateur) &#171; d'aristo&#239; &#187;. Il fallait entendre que chacun d'entre nous est un possible aristo&#239; dans ce moment o&#249; il voit cette &#339;uvre qui le regarde. C'est une action, non une passivit&#233;. Les politiques culturelles qui se r&#233;clament d'une culture pour tous sont mensong&#232;res ou populistes. Elles se rangent du c&#244;t&#233; d'un peuple holistique qui n'existe pas. Aucune dictature n'emp&#234;chera quelques dissidences. Le grand art est dissident, en ce sens d&#233;mo-cratique : il interpr&#232;te, la V&#233;rit&#233; vacille. La relation est toujours singuli&#232;re. La foule dans un mus&#233;e ne dit rien de cette relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arts de production &#8212; le th&#233;&#226;tre en particulier &#8212; sont pris en tenaille : il faut des spectateurs le plus nombreux possible dans la salle, sachant que nombre d'entre eux pr&#233;f&#232;reront le d&#233;j&#224; vu &#224; la nouveaut&#233;. Il faut tenir cette contradiction, parier sur la vivante g&#233;n&#233;rosit&#233;, en somme : r&#233;sister ! La relation dans une salle qui est lieu de partage (dans le double sens d'accord et de d&#233;saccord : partager ce qui partage) est une &#233;gale diff&#233;renciation. Lorsque la salle fait masse, lorsque l'&#339;uvre invite une adh&#233;sion aveugl&#233;e, plus aucun partage ne peut avoir lieu et la libert&#233; s'effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre au jourd'hui est inclusion ; il succ&#232;de &#224; diversit&#233;. Tr&#232;s bien ! Mais prenons garde que ce ne soit pas aux d&#233;pens de la libre insolence de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malraux nous disait : &lt;i&gt;cr&#233;ez et allez &#224; la rencontre du plus grand nombre possible. Cr&#233;ez d'abord car c'est la cr&#233;ation qui sera l'objet de la rencontre avec un certain nombre.&lt;/i&gt; Cette utopie est-elle toujours vivante ? O&#249; en sommes-nous de nos songes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Nicolas de Sta&#235;l, Agrigente, 1953 &#8211; Huile sur toile (200 &#215; 150 cm), Mus&#233;e national d'Art moderne, Centre Pompidou, Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>R&#234;verie</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Reverie</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par chance ce jour-l&#224;, il n'y avait que tr&#232;s peu de visiteurs au Rijksmuseum d'Amsterdam. J'ai pu m'arr&#234;ter longtemps devant un des tableaux les plus c&#233;l&#232;bres de Rembrandt, et pour moi des plus &#233;mouvants : un des derniers autoportraits. Depuis cette image ne me quitte pas. Puis, dans une galerie parisienne, j'ai trouv&#233; le tableau d'un peintre, Saada. Atteint d'un cancer, il se sait condamn&#233; et peint un autoportrait explicitement r&#233;f&#233;r&#233; &#224; Rembrandt. J'ai pu l'acqu&#233;rir. Que voient-ils ces deux hommes au terme de leur vie ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH114/arton2571-746a3.jpg?1772244118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par chance ce jour-l&#224;, il n'y avait que tr&#232;s peu de visiteurs au Rijksmuseum d'Amsterdam. J'ai pu m'arr&#234;ter longtemps devant un des tableaux les plus c&#233;l&#232;bres de Rembrandt, et pour moi des plus &#233;mouvants : un des derniers autoportraits. Depuis cette image ne me quitte pas. Puis, dans une galerie parisienne, j'ai trouv&#233; le tableau d'un peintre, Saada. Atteint d'un cancer, il se sait condamn&#233; et peint un autoportrait explicitement r&#233;f&#233;r&#233; &#224; Rembrandt. J'ai pu l'acqu&#233;rir. Que voient-ils ces deux hommes au terme de leur vie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, je reste incapable de nommer ce que je vois dans ces portraits qui me regardent. L'&#233;nigme est toujours ind&#233;chiffrable et je me refuse &#224; c&#233;der &#224; la r&#233;ponse simple : la mort. Non, c'est autre chose. Il y a au fond de cette solitude une acceptation peut-&#234;tre, dont je me sens encore &#233;loign&#233; malgr&#233; l'&#226;ge qui m'atteint.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;motion devant Rembrandt puis Saada est un voyage immobile vers l'inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeune homme, encore adolescent, je regardais les peintures de Schiele. Elles me troublaient et me posaient des questions auxquelles je ne trouvais aucune r&#233;ponse, comme devant un d&#233;sir inconnu. Puis Jean Rustin, puis Marl&#232;ne Dumas... Toujours ces corps entre jouissance et mort. Il m'a fallu des ann&#233;es pour comprendre que seules les questions te regardent ; les r&#233;ponses sont aveugles. La sphinge sourit devant celui qui cherche ailleurs : ce n'est que toi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art est puissance de questions. Il fouille cette histoire humaine o&#249; les hommes vont souvent chercher en Dieu une r&#233;ponse dont Dieu, s'il existe, rit. Seul l'amour cr&#233;e un ciel habit&#233; et l'amour est un corps. H&#233;lo&#239;se le sait qui retrouve le corps d'Ab&#233;lard jusqu'en ses pri&#232;res et ses devoirs d'abbesse : &lt;i&gt;&#171; Au milieu des solennit&#233;s m&#234;mes de la messe o&#249; la pri&#232;re doit &#234;tre la plus pure, les images licencieuses de ces volupt&#233;s s'emparent si bien de ce c&#339;ur mis&#233;rable que je suis plus occup&#233;e de leur turpitude que de la pri&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre auquel j'ai consacr&#233; ma vie traverse des corps. Penth&#233;e d&#233;vor&#233; qui se fait voyeur quand il s'agit d'&#234;tre voyant &#8212; On se souvient : Penth&#233;e refuse &#224; Dionysos son statut de dieu ; il l'enferme ; Dionysos d'un geste &#233;croule les murs de sa prison et entra&#238;ne les bacchantes &#224; l'ext&#233;rieur de la cit&#233;. Penth&#233;e se cache dans un arbre ; d&#233;couvert, il est d&#233;pec&#233; comme un animal par les femmes en transe&#8212;. Regarder ne suffit pas pour voir. Mais voir est une &#233;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'art oblige la nuance car il est la m&#233;moire de la longue histoire tragique. Ren&#233; Char le rappelait &#224; la sortie de la guerre en disant qu'il ne pardonnait pas aux Allemands de l'avoir oblig&#233; pendant cinq ans &#224; partager le monde en deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nuance ou le refus du partage binaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Je n'en finis pas de me demander : que vois-je quand je regarde ? La difficult&#233; o&#249; je me trouve &#8212; impossible de me donner une r&#233;ponse &#8212; m'am&#232;ne &#224; percevoir le vacillement de l'&#339;uvre. Si l'&#339;uvre tremble, c'est qu'elle-m&#234;me cherche une exactitude qui doute de la v&#233;rit&#233; commune. L'art le plus en rupture ne serait-il pas, souvent, le refus du devenir &#8212; banal d'une &#339;uvre dont on ne voit plus l'&#233;nigme, croyant la conna&#238;tre. Il n'est pas seulement &#171; radical &#187; dans le sens que l'on donne aujourd'hui &#224; ce mot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je cherche dans l'art la pierre de doute lanc&#233;e &#224; la perception et &#224; la pens&#233;e de chacun. Ses &#171; radicalit&#233;s &#187; &#233;ventuelles regardent l'histoire sans la r&#233;duire aux jugements simples.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi, devant les d&#233;bordements &#233;motionnels qui traversent une partie de la jeunesse aujourd'hui, devant cette fr&#233;n&#233;sie du jugement, il me semble que l'art (peinture, litt&#233;rature, etc) peut &#234;tre un rempart n&#233;cessaire. Foucault ironisait en son temps en disant que le dernier homme sur terre se mettrait derri&#232;re une table en hurlant : je veux juger, je veux juger !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le portrait de Rembrandt m'habite depuis tant d'ann&#233;es, c'est, je crois, parce que devant la qu&#234;te de sens que cherche l&#233;gitimement chacun et devant l'effondrement de ce qu'on a appel&#233; &#171; les grands r&#233;cits &#187;, il y a dans cette image la conjonction d'une pr&#233;sence, d'un indicible et le sentiment d'une vie v&#233;cue, c'est-&#224;-dire d'une circulation du divers de la vie. Le sens se cacherait-il dans le r&#233;cit sensuel de la vie qui court ? Lorsqu'il peint ce portrait, Rembrandt a tout perdu, richesse, femme, enfant. Toute vanit&#233; a fondu. Son regard serait celui de l'humilit&#233; d'un homme parmi les hommes.&lt;br class='autobr' /&gt; Toutes les grandes &#339;uvres devant lesquelles on fait silence nous marquent d'une empreinte sensible dont le d&#233;chiffrement sera inattendu, long, durable. Un devenir humain ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21900 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH649/saada-img_1395-407ce.jpg?1772213258' width='500' height='649' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Henri Saada, autoportrait au pastel
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;mocratie est un th&#233;&#226;tre</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-democratie-est-un-theatre</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La d&#233;mocratie a ses sc&#232;nes, elle a ses acteurs, elle a ses spectateurs ; elle ne conna&#238;t pas son texte. Elle a ses protocoles, elle a ses d&#233;cors, elle &#233;nonce, prononce, d&#233;nonce ; elle s'oublie.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2389-71f96.jpg?1772244118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;mocratie a ses sc&#232;nes, elle a ses acteurs, elle a ses spectateurs ; elle ne conna&#238;t pas son texte. Elle a ses protocoles, elle a ses d&#233;cors, elle &#233;nonce, prononce, d&#233;nonce ; elle s'oublie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre a ses sc&#232;nes, il a ses acteurs, il a ses spectateurs, il conna&#238;t son texte. Il est un art &#8212; parfois &#8212; une m&#233;moire souvent qui na&#238;t d'une longue histoire. Son texte est la variation reconduite de ce souvenir. Quel est ce souvenir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20435 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/kratos.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH357/kratos-f5dbb.jpg?1701616598' width='500' height='357' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Kratos
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre rappelle que Kratos &#8212; Pouvoir &#8212; est un ogre d&#233;fi&#233; par D&#233;mos &#8212; Peuple &#8212; ; cette opposition est sans fin. Contradiction violente ou apais&#233;e, elle est irr&#233;ductible, apor&#233;tique. Le th&#233;&#226;tre dit &#224; la D&#233;mocratie que cet &#233;cart peut se parler, mais non se r&#233;duire jusqu'&#224; s'effacer. Le th&#233;&#226;tre &#8212; le th&#233;&#226;tre, pas le spectacle &#8212; a l'exp&#233;rience quotidienne de s'adresser &#224; une assembl&#233;e qui n'est pas une communaut&#233; pr&#233;alable ni un corps homog&#232;ne. Il est l'exp&#233;rience de &#171; l'entre &#187;, de l'&#233;cart qui subsiste entre chacun des spectateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'assembl&#233;e est cet ensemble diff&#233;renci&#233; qui ne fait pas masse. La masse est un assemblement sans &#233;cart, un groupe sans autre. Le th&#233;&#226;tre est art par la cr&#233;ation d'un vide (d'un &#171; entre &#187;), d'un espace entre ceux qui font d&#233;mos. Kratos veut le plein : il ne con&#231;oit le d&#233;mos qu'unifi&#233; en un corps (Holisme). C'est une d&#233;finition du pouvoir tyrannique ou totalitaire. Or le peuple n'est d&#233;mocratique que d&#233;membr&#233;. La tyrannie, c'est le mensonge de l'unit&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste, &#8212; l'acteur, l'&#233;crivain, le peintre &#8212; occupe la place solitaire de l'unicit&#233; au sein du groupe, non pour lui d&#233;nier sa l&#233;gitimit&#233;, mais pour lui rendre la dignit&#233; du multiple. L'artiste ne cr&#233;e pas l'&#233;cart du vivant ; il rend visible le vide qui en est la vie. L'artiste est cet amant qui voit au c&#339;ur de son amour le plus vif, dans son d&#233;sir m&#234;me, le secret des corps amoureux : le vide, l'espace irr&#233;ductible, ce que la pudeur nomme la diff&#233;rence. Il rend &#224; la sensibilit&#233; commune ce que la philosophie d'Aristote &#224; Rousseau appr&#233;hende difficilement ; la pr&#233;sence n&#233;cessaire de l'affect au c&#339;ur de la raison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;&#226;tre a ceci de particulier ; il est le travail d'un groupe adress&#233; &#224; un groupe &#233;tranger. Son partage est l'ouverture de l'interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'interpr&#233;tation : un art antitotalitaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne dispose que de m&#233;taphores approximatives pour r&#233;pondre &#224; cette question : qu'est-ce qu'un &#171; grand &#187; peintre, qu'est-ce qu'un &#171; grand &#187; acteur ? Le peintre troue le visible et ouvre &#224; la visibilit&#233;. L'acteur incarne le vide qu'il cr&#233;e entre le personnage et lui. L'acteur est le corps r&#233;el d'une hypoth&#232;se incarn&#233;e. Sa pr&#233;sence tient &#224; l'interpr&#233;tation d'un espace vide, car il n'est pas le personnage qu'il incarne. Personnage, rappelons-le, vient du latin &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt; qui signifie masque. C'est pourquoi au th&#233;&#226;tre comme ailleurs, voir c'est interpr&#233;ter ce que l'on regarde. L'interpr&#233;tation est une hypoth&#232;se qui en suppose d'autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en ce sens tr&#232;s simple que le th&#233;&#226;tre, comme la peinture ou la litt&#233;rature, interroge la d&#233;mocratie et la met face &#224; son aporie. L'art dit &#224; la d&#233;mocratie toujours tent&#233;e, infest&#233;e, pollu&#233;e, d&#233;tourn&#233;e par la d&#233;magogie : attention, il n'y a pas de dernier mot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention, tout litt&#233;ralisme, tout refus de la pluralit&#233; du sens, est un totalitarisme. Le fondamentalisme est un litt&#233;ralisme politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art est plus qu'une proposition : il est l'exp&#233;rience de cette pluralit&#233;, il en est le vacillement ou l'incertitude ; il exige de la d&#233;mocratie la mise en forme du doute qui la traverse, l'inqui&#232;te ; il fait l'exp&#233;rience de l'inachev&#233;. L'exp&#233;rience renouvel&#233;e de l'interpr&#233;tation participe du possiblement commun, prol&#233;gom&#232;nes &#224; toute citoyennet&#233;, con&#231;ue comme le devenir possible du commun. Offrant &#224; partager ce qui partage &#8212; nous ne voyons pas tous la m&#234;me chose de ce qui est &#224; voir &#8212; cette exp&#233;rience du d&#233;saccord est une exp&#233;rience d&#233;mocratique, la manifestation vivante de l'alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, entre le th&#233;&#226;tre et la d&#233;mocratie, se met en jeu l'art de la parole. La d&#233;mocratie na&#238;t, &#224; Ath&#232;nes, d'une mise en jeu et d'une lib&#233;ration de la parole. C'est dangereux. Une parole libre, le droit &#224; la parole offert &#224; chaque citoyen permet de s'exon&#233;rer de l'argumentation et d'un souci de v&#233;rit&#233;. Aujourd'hui plus que nagu&#232;re lorsque la parole se lib&#232;re des v&#233;rit&#233;s de fait et se r&#233;clame de ce qui ne se justifie plus que par &#171; mon &#187; opinion. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'interpr&#233;tation est irr&#233;ductible &#224; l'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20437 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/retrato_del_papa_inocencio_x__roma__copy_2__after_diego_vela_zquez.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH589/retrato_del_papa_inocencio_x__roma__copy_2__after_diego_vela_zquez-ffea3.jpg?1772213022' width='500' height='589' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le film de Barbet Schr&#246;der, &lt;i&gt;Ricardo et la peinture&lt;/i&gt;, lors d'une s&#233;quence, s'arr&#234;te devant un portrait du pape Innocent X par Vel&#225;zquez. La cam&#233;ra s'approche du regard du pape. C'est alors que ceux qui regardent voient dans ce regard du pape une inqui&#233;tude et se demandent : est-ce son pouvoir qui l'inqui&#232;te, est-ce l'inqui&#233;tude du pouvoir, ou est-il inquiet de d&#233;voiler ce que nous pourrions voir et interpr&#233;ter de ce regard ? Le moment est beau. Il confronte Kratos &#224; D&#233;mos et rend visible le danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience d&#233;mocratique nous permet de comprendre que l'antinomie du pouvoir et du peuple est, non ce qu'il faut d&#233;faire, dissimuler, &#233;touffer, mais bien ce qu'il faut conserver et r&#233;duire, sachant que le projet n'a pas de fin. Ce que l'art sait depuis toujours ! Et ce par quoi se dit que l'art n'est pas la propri&#233;t&#233; d'une culture, il est la manifestation vivante de la porosit&#233; des cultures, l'avertissement renouvel&#233; que tout enfermement &#171; communautaire &#187; est signe de haine, de guerre, de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je ne sais pas si l'obscurantisme na&#238;t ou r&#233;sulte de l'inculture, mais je sais bien s&#251;r que c'est un projet politique, lequel se confond avec cette n&#233;gation d'un &#171; illimit&#233; &#187; humain, d'une &#171; trans-immanence &#187; qui distingue encore l'Homme cr&#233;ateur (d'&#339;uvres ou de lui-m&#234;me) de son horrible double. La haine de l'art est un projet de mise &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;cembre 2023&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;a href=&#034;https://www.solitairesintempestifs.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les livres sont publi&#233;s aux &#233;ditions les Solitaires Intempestifs&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/solitaires_logo2.png' width=&#034;349&#034; height=&#034;154&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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