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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Pe&#769;ne&#769;trer l'invisible</title>
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		<dc:date>2025-06-01T18:37:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sensible aux notions d'he&#769;ritage culturel et de transmission, de me&#769;moire collective et personnelle, de transculturalite&#769;, Le Cle&#769;zio Gallery a pre&#769;sent&#233; en avril dernier, 1900-2025 : souffle de lumie&#768;re, la premie&#768;re exposition personnelle en France d'Aiko Miyanaga. Issue d'une prestigieuse ligne&#769;e de ce&#769;ramistes japonais, l'artiste revient sur le parcours de son arrie&#768;re-grand-pe&#768;re, Tozan Miyanaga, premier du nom, qui fut l'un des coordinateurs du pavillon du Japon pendant l'Exposition universelle de Paris en 1900 et collabora avec Numata Ichiga, seul sculpteur japonais e&#769;tudiant a&#768; l'e&#769;poque a&#768; la Manufacture de Se&#768;vres. Une histoire traduite avec de&#769;licatesse et maestria par les &#339;uvres expose&#769;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Japon" rel="tag"&gt;Japon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2684-adfa9.jpg?1772207112' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sensible aux notions d'he&#769;ritage culturel et de transmission, de me&#769;moire collective et personnelle, de transculturalite&#769;, Le Cle&#769;zio Gallery a pre&#769;sent&#233; en avril dernier, &lt;i&gt;1900-2025 : souffle de lumie&#768;re,&lt;/i&gt; la premie&#768;re exposition personnelle en France d'Aiko Miyanaga. Issue d'une prestigieuse ligne&#769;e de ce&#769;ramistes japonais, l'artiste revient sur le parcours de son arrie&#768;re-grand-pe&#768;re, Tozan Miyanaga, premier du nom, qui fut l'un des coordinateurs du pavillon du Japon pendant l'Exposition universelle de Paris en 1900 et collabora avec Numata Ichiga, seul sculpteur japonais e&#769;tudiant a&#768; l'e&#769;poque a&#768; la Manufacture de Se&#768;vres. Une histoire traduite avec de&#769;licatesse et maestria par les &#339;uvres expose&#769;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En perpe&#769;tuelle que&#770;te de sens et de beaute&#769;, Aiko Miyanaga ne se souvient pas avoir un jour ignore&#769; l'art. De&#768;s son plus jeune a&#770;ge, elle l'a ve&#769;cu au quotidien. Dans la maison familiale, le buste de son arrie&#768;re-grand-pe&#768;re, re&#769;alise&#769; par le sculpteur Numata Ichiga, impressionne l'enfant. Il est si re&#769;aliste qu'elle se sent observe&#769;e, persuade&#769;e que le passe&#769; demeure, comme en suspens dans l'air. Ne&#769;e d'une ligne&#769;e fameuse de ce&#769;ramistes, elle e&#769;volue naturellement au milieu de leurs cre&#769;ations. Utilise&#769;es au quotidien, sans distinction d'e&#769;poque, les objets font partie inte&#769;grante de son environnement. L'enfant n'aime pas particulie&#768;rement les expositions mais ses parents ne veulent pas la laisser seule. Alors, elle les suit. Les conversations vont bon train. Les artistes passionne&#769;s parlent sans retenue de leur travail et de leur manie&#768;re d'affronter l'e&#769;poque. Les ide&#769;es fusent sans que personne n'ait conscience que cette immersion pre&#769;coce dans le monde de l'art est en train de fac&#807;onner la sensibilite&#769; et le regard de la petite fille qui e&#769;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La seule voie possible est celle de l'inexplore&#769;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important encore est l'influence de ses proches. Son pe&#768;re est membre du So&#772;deisha (&#27877;&#36208;&#31038;), un mouvement en rupture avec les formes de la poterie traditionnelle et refusant de se soumettre aux circuits habituels de valorisation de cette dernie&#768;re. Objectif : explorer librement de multiples formes, chercher a&#768; repousser les limites techniques et ouvrir de nouvelles perspectives. Le groupe est persuade&#769; qu'il n'y a aucun inte&#769;re&#770;t a&#768; re&#769;pe&#769;ter ce que d'autres ont de&#769;ja&#768; fait, que la seule voie possible est celle de l'inexplore&#769;. Ils veulent comprendre ce que cre&#769;er signifie ve&#769;ritablement. Pour le fre&#768;re d'Aiko, ce sera re&#769;aliser des sculptures avec des graines et de la mousse empruntant a&#768; son tour des chemins non conventionnels qui le me&#768;neront a&#768; l'atelier de Cai Guo-Qiang, dont il sera l'assistant. Entoure&#769;e de la sorte, Aiko Miyanaga comprend donc tre&#768;s to&#770;t que l'art ne se limite pas a&#768; des pratiques spe&#769;cifiques, que ses dernie&#768;res peuvent e&#770;tre invente&#769;es, expe&#769;rimente&#769;es, ame&#769;liore&#769;es..., et que la de&#769;finition de l'art n'est pas chose fige&#769;e. Suivant les conseils de sa me&#768;re, elle de&#769;cide de ne pas s'arre&#770;ter aux apparences et de chercher sans cesse un sens profond a&#768; toute chose. Les &#339;uvres ne se doivent-elles pas toujours d'exce&#769;der ce que l'on peut en dire ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22412 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_8566.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/img_8566-b86fa.jpg?1748121716' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Message from the light, 2021. &#169;Aiko Miyanaga
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;courtesy Le Cl&#233;zio Gallery, photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans l'atelier, l'artiste se&#769;lectionne ses mate&#769;riaux avec soin. Il est essentiel qu'ils correspondent a&#768; son intention et lui permettent une expression singulie&#768;re. Le passe&#769;, la me&#769;moire et l'histoire l'inte&#769;ressent au plus haut point, sans pour autant qu'elle cultive une quelconque nostalgie. Son souhait : transmettre quelque chose de nouveau a&#768; travers une exploration plastique pugnace et since&#768;re. Persuade&#769;e que rien ne surgit ex nihilo, Aiko Miyanaga aime rappeler que pre&#769;sent et futur ne sont que des prolongements du passe&#769; et qu'il est indispensable de s'en souvenir pour construire l'avenir. Si parfois elle utilise des pie&#768;ces anciennes, elle n'a pas pour ambition d'en recre&#769;er les parties manquantes, de les restituer dans leur e&#769;tat d'origine. Ni ses sculptures en naphtaline, ni ses pie&#768;ces en verre ne cherchent a&#768; reproduire ou a&#768; s'inscrire dans une e&#769;poque. Chacune choisit son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Redonner vie a&#768; des formes endormies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant des anne&#769;es, l'atelier familial abrita des caisses en bois, de celles qui e&#769;taient utilise&#769;es pour stocker des pommes, sans que personne ne s'y inte&#769;resse. En 2020, anne&#769;e marque&#769;e par la pande&#769;mie de Covid-19, Aiko Miyanaga se de&#769;cide a&#768; les ouvrir et y de&#769;couvre des moules soigneusement range&#769;s et e&#769;tiquete&#769;s : &#171; Lapin, corps incomplet &#187;, &#171; Tigre endormi, queue &#187;, &#171; Chat, sans oreilles &#187;, etc. Quelques questions plus tard, elle apprend que ces moules en pla&#770;tre de Se&#768;vres ont e&#769;te&#769; re&#769;alise&#769;s par son arrie&#768;re-grand-pe&#768;re Tozan Miyanaga, premier du nom, alors qu'il e&#769;tait l'un des coordinateurs du pavillon du Japon a&#768; l'Exposition universelle de Paris en 1900, et en collaboration avec Numata Ichiga, seul sculpteur japonais a&#768; e&#769;tudier a&#768; l'e&#769;poque a&#768; la Manufacture de Se&#768;vres. Il n'en fallait pas plus pour qu'Aiko se saisisse de la merveilleuse trouvaille et de&#769;cide de redonner vie a&#768; ces formes endormies depuis plus d'un sie&#768;cle. Les pie&#768;ces de &lt;i&gt;valley of sleeping sea&lt;/i&gt; sont au c&#339;ur de l'exposition organise&#769;e par Yan et Antoine Le Cle&#769;zio dans leur galerie parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;75&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/photo_bruno-pellarin-_c_aiko-miyanaga-courtesy-le-clezio-gallery-copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH431/photo_bruno-pellarin-_c_aiko-miyanaga-courtesy-le-clezio-gallery-copie-b7808.jpg?1772207108' width='500' height='431' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Moules de Tozan Miyanaga dans leur caisse d'origine
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Bruno Pellarin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En japonais, le mot &lt;i&gt;hakanai&lt;/i&gt; (e&#769;phe&#769;me&#768;re) est souvent de&#769;fini comme fugace, incertain, fragile. Mais est-ce sa seule signification, se demande l'artiste. Pour elle, e&#770;tre e&#769;phe&#769;me&#768;re ne veut pas simplement dire &#171; voue&#769; a&#768; la disparition &#187;, mais pluto&#770;t &#171; contraint a&#768; l'e&#769;volution &#187;. La notion porte en elle une forme de re&#769;silience, une &#171; force discre&#768;te mais essentielle &#187;. Dans l'&#339;uvre d'Aiko Miyanaga, le temps ne s'arre&#770;te jamais. &#192; peine une paire de chaussures en naphtaline sort-elle du four qu'elle de&#769;bute sa me&#769;tamorphose. Face a&#768; cette cristallisation incertaine, notre imagination s'envole, s'aventure dans un voyage temporel. &lt;i&gt;&#171; Contrairement aux aiguilles d'une horloge qui n'avancent que dans une seule direction, notre perception du temps est fluide, multidimensionnelle. &#187;&lt;/i&gt; Pour l'artiste, le pre&#769;sent est &lt;i&gt;&#171; l'instant ou&#768; nous posons notre regard, ou&#768; nous prenons conscience du moment. C'est dans cette interaction que le pre&#769;sent se de&#769;finit &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1-copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/1-copie-9eab0.jpg?1748121716' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Night voyage -clock-, 2023. &#169;Aiko Miyanaga
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;courtesy Le Cl&#233;zio Gallery
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans son travail, cette notion est e&#769;troitement lie&#769;e aux mate&#769;riaux employe&#769;s. Le verre, par exemple, re&#769;sulte d'un processus de fusion et de solidification qui rappelle le passage d'un e&#769;tat a&#768; un autre. De me&#770;me, l'utilisation de la naphtaline induit une transformation de l'&#339;uvre, me&#770;me si personne ne sait ni quand elle aura lieu, ni quel en sera le re&#769;sultat. Chaque &#339;uvre accueille tout changement non comme une disparition mais comme une suite logique, une continuite&#769; inattendue. Lec&#807;on apprise, su&#770;rement, en observant la nature et ses transformations incessantes. Cette nature que l'artiste de&#769;finit comme un &lt;i&gt;&#171; guide silencieux qui nous montre diffe&#769;rentes fac&#807;ons d'exister &#187;&lt;/i&gt;. Mais qui pose e&#769;galement la question de sa limite. Ou&#768; commence-t-elle ? Ou&#768; s'arre&#770;te-t-elle ? Ce que la main humaine fabrique en est-il exclu ? &lt;i&gt;&#171; Cette frontie&#768;re mouvante entre le naturel et l'artificiel est une re&#769;flexion constante dans mon travail. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une certitude toutefois, la lumie&#768;re est un mate&#769;riau. Plus encore, une force qui montre la voie. &lt;i&gt;&#171; Elle re&#769;ve&#768;le les formes, modifie la perception et cre&#769;e un dialogue subtil entre l'&#339;uvre et son environnement. &#187;&lt;/i&gt; Qu'elle traverse le verre ou la re&#769;sine, elle est l'a&#770;me des pie&#768;ces, l'impulsion de toutes leurs me&#769;tamorphoses. Partie inte&#769;grante du processus de cre&#769;ation, elle souligne &lt;i&gt;&#171; l'impermanence et la fragilite&#769; tout en ouvrant des perspectives nouvelles &#187;&lt;/i&gt;. Dans la galerie, les &#339;uvres sont tels des phe&#769;nome&#768;nes. &#192; la limite de l'e&#769;vanescence, elles relient les temps et les matie&#768;res, ouvrent des espaces sensibles qui invitent a&#768; ressentir, a&#768; pe&#769;ne&#769;trer l'invisible. Ici, un coffre de voyage ancien abrite une cle&#769; encha&#770;sse&#769;e dans un mouvement de verre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La&#768;, le tigre endormi sans queue fascine tel un mirage, tandis qu'un trio de carpes se laisse apprivoiser dans une valise entrouverte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_8564.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/img_8564-b92d2.jpg?1748121716' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Wrapping a verse -ship safe chest-, 2024-2025. &#169;Aiko Miyanaga
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;courtesy Le Cl&#233;zio Gallery, photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pluto&#770;t que de donner de la voix, Aiko Miyanaga pre&#769;fe&#768;re transmettre pense&#769;es et e&#769;motions avec douceur et poe&#769;sie. Elle croit qu'un message exprime&#769; dans la discre&#769;tion d'une &#339;uvre silencieuse peut toucher plus profonde&#769;ment qu'un long discours. Ainsi son travail invite a&#768; une re&#769;flexion sur ce que signifie &lt;i&gt;&#171; e&#770;tre humain, sur ce que nous choisissons de regarder, sur l'essence des choses &#187;&lt;/i&gt;. Elle porte l'attention sur la beaute&#769; subtile du monde sans pour autant en nier les re&#769;alite&#769;s. L'art d'Aiko Miyanaga a cette capacite&#769; a&#768; offrir une autre manie&#768;re de percevoir et laisse place a&#768; l'introspection tout autant qu'a&#768; la surprise. &lt;i&gt;&#171; J'aspire a&#768; concevoir des &#339;uvres qui e&#769;voluent, qui portent en elles la possibilite&#769; du changement, qui incitent a&#768; e&#769;couter ce qui pourrait nai&#770;tre, a&#768; pre&#770;ter attention a&#768; ce qui est en train de se transformer. Dans sa nature me&#770;me, l'art est un dialogue silencieux mais puissant avec le monde qui nous entoure. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;102&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_8587.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/img_8587-58716.jpg?1748121716' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Valley of sleeping sky -ayu (sweetfish)-, 2023. &#169;Aiko Miyanaga
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;courtesy Le Cl&#233;zio Gallery, photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/penetrer-linvisible-avec-aiko-miyanaga/" class="spip_out"&gt;Dans ArtsHebdoM&#233;dia&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Valley of sleeping sky &#8211; prone tiger -, 2023. &#169; Aiko Miyanaga, courtesy Le Cle&#769;zio Gallery&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mat&#233;riaux en tous sens, autoris&#233;s et interdits (E1)</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Materiaux-en-tous-sens-autorises</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Materiaux-en-tous-sens-autorises</guid>
		<dc:date>2024-07-29T12:59:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Michel Jeandin</dc:creator>


		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>histoire de l'art</dc:subject>
		<dc:subject>science</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La chronique qui suit s'inscrit dans une s&#233;rie consacr&#233;e aux mat&#233;riaux et proc&#233;d&#233;s que l'artiste met en &#339;uvre dans sa cr&#233;ation.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Art-contemporain-176" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/histoire-de-l-art" rel="tag"&gt;histoire de l'art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/science" rel="tag"&gt;science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH102/arton2520-b32cf.jpg?1772207113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La chronique qui suit s'inscrit dans une s&#233;rie consacr&#233;e aux mat&#233;riaux et proc&#233;d&#233;s que l'artiste met en &#339;uvre dans sa cr&#233;ation. Ni franchement scientifique, ni simple billet d'humeur, elle n'a pour ambition que de partager les r&#233;actions de Michel Jeandin, &lt;i&gt;&#171; modeste amateur d'art dont la vie professionnelle fut/est (pour employer les grands mots) port&#233;e par la science des mat&#233;riaux &#187;&lt;/i&gt;, comme ce dernier aime &#224; le pr&#233;ciser. Apr&#232;s trois textes s'int&#233;ressant au polissage, &#224; l'or et au cuivre, l'auteur s'est lanc&#233; dans une r&#233;flexion/analyse des sens au regard des mat&#233;riaux utilis&#233;s dans l'art contemporain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour embrasser ce vaste sujet, deux temps de publication sont pr&#233;vus. Tel un feuilleton estival, la chronique sera livr&#233;e en 5 &#233;pisodes pour m&#233;nager un temps de r&#233;flexion et le suspens de ce qui adviendra le lendemain.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;pisode 1&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme le regard est le porte-parole des yeux, dixit joliment Moix avant moi, les sens sont les h&#233;rauts des mat&#233;riaux, charge &#224; l'art d'en &#233;crire les messages. Cet article s'int&#233;resse donc moins directement aux mat&#233;riaux eux-m&#234;mes qu'aux sens qui les r&#233;v&#232;lent. Il est logiquement structur&#233; pour distinguer les sens en &#233;veil (dits autoris&#233;s par l'auteur, notamment dans son titre), &#233;ventuellement en interaction (synesth&#233;sie au sens large), de ceux qui ne le sont pas. Il les nomme, en cons&#233;quence, respectivement, &#171; sens de circulation &#187; et &#171; sens interdits &#187;. Deux cat&#233;gories de sens dont seule la premi&#232;re sera abord&#233;e cette semaine. Laissant pour une prochaine fois, les &#171; sens interdits &#187; et une synth&#232;se montrant que les mat&#233;riaux sont bien l'essence des sens n&#233;cessaire au voyage sur la route de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21496 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;279&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH273/untitled-1-295b3.jpg?1722000541' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 1 : L'art et les sens
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;a) Tenture de la Dame &#224; la licorne, 6e tapisserie Mon seul d&#233;sir, photo Mus&#233;e de Cluny, &lt;br class='autobr' /&gt;
b) Rebecca Horn, &#171; Unicorn (Einhorn), 1970-72, photographie de la performance, collection de l'artiste &#169; Rebecca Horn, ADAGP, Paris, 2021, photo Achim Thod
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mat&#233;riaux et synesth&#233;sie dans l'art&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement la Dame &#224; la Licorne (figure 1) qui symbolise le mieux la rencontre entre mat&#233;riaux, sens et art. Sa repr&#233;sentation m&#233;di&#233;vale (figure 1a), une tenture, rassemble, en effet, sous la forme de cinq tapisseries all&#233;goriques, les (5) sens classiques. Une sixi&#232;me tapisserie dite &lt;i&gt;A Mon seul d&#233;sir&lt;/i&gt; compl&#232;te cet ensemble. Au-del&#224; de l'interpr&#233;tation classique allant vers un sixi&#232;me sens, il faut y voir, selon l'auteur de ces lignes, une repr&#233;sentation de l'art qui n'est autre que la quintessence (&#171; sextessence &#187; devrait-on plut&#244;t dire alors) des cinq autres. L'art sollicite, en effet, tous les sens comme le dit Lichtenberg qu'aime &#224; citer Sollers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;par exemple, dans son Agent secret, Gallimard, 2021, p. 88&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour y ajouter que l'amour, d'ailleurs, en fait autant. La repr&#233;sentation contemporaine de la &lt;i&gt;Dame &#224; la Licorne,&lt;/i&gt; par exemple au travers de l'&#339;uvre &lt;i&gt;Unicorn&lt;/i&gt; de l'artiste Rebecca Horn (la bien nomm&#233;e), le confirme en reprenant ces m&#234;mes th&#232;mes fondamentaux, notamment celui du d&#233;sir, magnifi&#233; encore lors de sa performance de 1970 (figure 1b) qui se voulait l'exprimer. Depuis lors, le trouple mat&#233;riaux-sens-art se trouble du fait de la complexification engendr&#233;e par des sens plus nombreux et plus en interaction qu'on ne le consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement. Le grand designer Jean-Baptiste Sibertin-Blanc en d&#233;nombre quatre en plus des cinq traditionnels : la proprioception, &#224; savoir la sensibilit&#233; profonde par la perception des diff&#233;rentes parties du corps, l'&#233;quilibrioception ou sens de l'&#233;quilibre, la thermoception ou ressenti des temp&#233;ratures, et la nociception ou perception des stimulations provoquant la douleur, &#224; distinguer de la douleur elle-m&#234;me. Les progr&#232;s de la science attestent cette complexification, gr&#226;ce au d&#233;veloppement de l'imagerie m&#233;dicale notamment. L'interpr&#233;tation artistique comme celle du fait artistique n'en est que plus riche et complexe elle aussi. L'art s'en trouve augment&#233; comme la r&#233;alit&#233; du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue Astasa dans sa s&#233;rie amorc&#233;e en 2023 &#171; Les sens &#224; l'&#339;uvre &#187; l'explore, de mani&#232;re scientifique et document&#233;e pour une clarification de l'ind&#233;finition du fait artistique, comme le qualifiait la Biennale NOVA XX au Centre Wallonie Bruxelles, d&#233;but 2022. Le lecteur est invit&#233; &#224; s'y reporter comme &#224; d'autres articles g&#233;n&#233;raux sur le polysensoriel, par exemple celui paru dans Beaux-Arts magazine, &#224; la m&#234;me &#233;poque (mars 2022). Cette simple chronique, cependant, si elle se veut aller dans le m&#234;me sens n'a pour ambition, que de faire &#233;tat de r&#233;flexions issues de p&#233;r&#233;grinations d'une exposition &#224; une autre au cours de ces deux derni&#232;res ann&#233;es, sans autre rigueur que de se laisser guider par les sens. Il reste (quand m&#234;me !) qu'un plan d&#233;taill&#233; a &#233;t&#233; adopt&#233;, avec pour objectif d'essayer de simplifier le propos, f&#251;t-ce au prix de quelque approche subjective comme l'exercice de la chronique l'autorise.&#8232;Selon qu'ils interviennent au stade de la cr&#233;ation d'une &#339;uvre, par l'artiste en l'occurrence, ou de sa perception, par son public donc, les sens peuvent jouer des r&#244;les diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attachons-nous pour l'heure aux &#171; sens de circulation &#187; attach&#233;s &#224; la cr&#233;ation. Pour aboutir &#224; l'&#339;uvre, l'artiste, puise l'inspiration dans son intellect, voire son intelligence, et/ou d'un mod&#232;le qu'il traduit au travers de ses sens. Parfois, il lui faut recourir &#224; plusieurs sens, plus ou moins simultan&#233;ment, pour exprimer ce qu'il ressent dans ce qui peut s'appeler processus de cr&#233;ation avec interaction de sens. D'autres fois, il entre dans un processus de cr&#233;ation par transcription, c'est-&#224;-dire qu'il essaie de convertir ce qu'il cr&#233;e et per&#231;oit avec un sens donn&#233; en une autre cr&#233;ation perceptible par un autre sens. Il s'agit alors d'un travail de traduction sensorielle, en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avec interaction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'un des plus beaux exemples de cr&#233;ation selon le premier des processus d&#233;crits plus haut se trouve chez Virgil Thomson, compositeur et critique d'art, d'autant plus que son mod&#232;le &#233;tait des plus artistiques. Thomson fit, en effet, de Peggy Guggenheim un &#171; portrait musical &#187; (sa sonate pour piano n&#176;IV dite &lt;i&gt;Guggenheim Jeune&lt;/i&gt;) qui n&#233;cessita d'elle des heures de pose devant lui tout en lui lisant l'un de ses ouvrages, pour nourrir son inspiration. Cette anecdote racont&#233;e par Peggy Guggenheim, elle-m&#234;me, dans ses m&#233;moires (&lt;i&gt;Ma vie et mes folies,&lt;/i&gt; Perrin, 2004, p. 178) r&#233;v&#232;le bien un type de processus de traduction impliquant plusieurs sens. Toujours pour de la traduction sensorielle mais avec, en plus, le toucher (m&#234;me si avec Peggy aussi&#8230; ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Derain, prenait aussi parfois, sur ses genoux, ses mod&#232;les pour travailler. Il lui fallait, en effet, voir mais aussi toucher, leur enserrant la taille d'une main et peignant de l'autre. Moins moralement attaquable aujourd'hui, l'interaction sensorielle est connue, beaucoup plus prosa&#239;quement, gr&#226;ce aux plateaux-repas servis dans les avions qu'il serait os&#233;, quand m&#234;me, de rattacher &#224; l'art, f&#251;t-il culinaire. La synesth&#233;sie entre bruit et go&#251;t, en effet, conduit &#224; saler et/ou sucrer &#224; l'exc&#232;s pour compenser l'impression de fadeur que les passagers trouvent aux aliments du fait des bruits de cabine (de type bruit blanc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple venu du ciel est celui de l'affinage du jambon de Saint-Flour, traditionnellement pratiqu&#233; dans le clocher de la cath&#233;drale puisque bonifi&#233;, aux dires de son cur&#233;, par les vibrations de sa cloche.&#8232;Perturber les sens a toujours fait partie des techniques aidant l'artiste &#224; ouvrir des portes &#224; son inspiration. Le recours aux drogues n'a pas &#224; &#234;tre trait&#233; ici, aussi parce qu'il est banal. Moins banale est la perturbation due &#224; une excitation sensorielle &#171; naturelle &#187;, pouvant cependant mener &#224; des effets majeurs. L'excitation auditive, par la musique notamment, aide &#224; la cr&#233;ation : chor&#233;graphique et philosophique chez les derviches tourneurs soufis, litt&#233;raire chez les artistes du groupe Bazooka, &#224; l'origine de la sc&#232;ne graphzine issue de l'&#233;coute de musique punk (parfois sous psychotrope, il est vrai), picturale pour Charlotte Salomon, glorifi&#233;e par David Foenkinos, qui ne cr&#233;ait qu'en &#233;coutant de la musique, ou litt&#233;raire encore pour Guillaume Musso (r&#233;f&#233;rence retenue ici, bien que probablement triviale pour certains, pour montrer combien le proc&#233;d&#233; est r&#233;pandu) qui ne peut &#233;crire qu'en &#233;coutant de la musique (celle de Philippe Glass, comme aime &#224; dire l'&#233;crivain, excusez du peu !).&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le polyglottisme sensoriel peut s'&#233;tendre &#224; plus de deux sens. L'artiste contemporain Dove Allouche l'a r&#233;cemment montr&#233; dans son &#339;uvre &lt;i&gt;AgBr&lt;/i&gt; dont la grande richesse d'inspiration doit au m&#233;lange des sens, go&#251;t, vue et toucher qui y a conduit : &#339;uvre si riche que la place manque ici pour l'expliquer et tenter d'en faire partager la puissance. Associ&#233;s aux sens, les mat&#233;riaux catalysent l'inspiration artistique puisque argent et brome, combin&#233;s pour former le bromure d'argent, sel m&#233;tallique r&#233;v&#233;lateur photographique, &#233;voquent le sel de la mer Morte qui constitue le mod&#232;le des 9 prises de vue que l'artiste en a fait (figure 2a) &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles de grandissement et contraste. Si, de plus, l'&#339;uvre est correctement &#233;clair&#233;e sur son lieu d'exposition, la lumi&#232;re (en haut de la figure 2b) semble dire qu'elle n'est pas l&#224; o&#249; le regardeur la voit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;163&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image_2-17.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH227/image_2-17-a6407.jpg?1722000541' width='500' height='227' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 2 : Dove Allouche, &#171; AgBr &#187;,
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;a) Vue oblique d'une partie de l'ensemble des 9 panneaux, &lt;br class='autobr' /&gt;
b) D&#233;tail en vue de face, 2022. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Photo M. Jeandin, 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Par transcription&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La musique est, probablement, l'art par lequel la cr&#233;ation par traduction sensorielle a commenc&#233; et est la plus courante, la transcription musicale en devenant presque une discipline artistique &#224; part enti&#232;re. Cela ne doit pas faire oublier que la musique est abstraite et se suffit &#224; elle-m&#234;me, ce qui lui vaut souvent d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le premier des arts. Jon Albers ne disait-il pas : &lt;i&gt;&#171; Tout le monde aime la musique [&#8230;]. G&#233;n&#233;ralement, en l'&#233;coutant, il n'est pas n&#233;cessaire de penser &#224; quelque-chose dans la nature que la musique essaie d'imiter ou de repr&#233;senter. La musique poss&#232;de une vie en soi &#187;&lt;/i&gt; ? Ce n'est, cependant, pas une contradiction avec ce qui vient d'&#234;tre dit plus haut sur l'existence de transcriptions musicales de sens autres que l'ou&#239;e ou, plus commun&#233;ment et &#224; un moindre degr&#233;, d'&#233;vocations/illustrations musicales &#233;veill&#233;es par les arts plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, une &#339;uvre musicale pourra inspirer un plasticien y compris dans le cadre d'une cocr&#233;ation. Certaines barri&#232;res entre plasticiens et musiciens s'en trouvent alors abolies, &#224; la diff&#233;rence de ce qui aura pu exister autrefois entre &#233;crivains et musiciens, Mallarm&#233; le qualifiant m&#234;me de &#171; supr&#234;me jalousie &#187;. L'aujourd'hui est plut&#244;t dans la recherche de connivence entre arts (et sens donc) et la cr&#233;ation des c&#233;l&#232;bres passerelles pour les relier. Diff&#233;rents parcours existent donc, pour cela, d'un sens l'autre ou d'un sens avec l'autre. La suite de cette chronique les distingue, &#224; la lumi&#232;re (pour ne pas dire au son voire au toucher) d'&#339;uvres contemporaines puisque ce sont, surtout, les artistes contemporains qui se sont ouverts et ouvrent au polysensoriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre ou&#239;e et vue, entre son et image pour ce qui est de leur traduction, est la plus courante. La recherche d'un instrument combinant les deux sens simultan&#233;ment, dans le r&#234;ve d'un art synesth&#233;sique a conduit, d&#232;s le d&#233;but du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Vladimir Baranoff-Rossin&#233;, peintre, sculpteur et musicien, &#224; mettre au point son piano optophonique (figure 3a) qui acta, en son temps, la fusion entre peinture et musique. L'instrument assurait la projection d'images color&#233;es se mouvant, au travers de disques peints (figure 3b), simultan&#233;ment au son de ce que jouait le pianiste : les disques peints pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &#339;uvres visuelles en elles-m&#234;mes, conserv&#233;es dans les mus&#233;es comme telles d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;171&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image_3-12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH196/image_3-12-08af3.jpg?1772207052' width='500' height='196' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 3 : Vladimir Baranoff-Rossin&#233;,
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;a) &#171; Piano ortophonique &#187;, 1920-1923, &#169;Photo M. Jeandin, 2021, &lt;br class='autobr' /&gt;
b) Disque ortophonique, 1920-1923. &#169;Photo M. Jeandin, 2021
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour aller de l'image au son ou r&#233;ciproquement, sans synesth&#233;sie qui implique la simultan&#233;it&#233; des sens, l'artiste se place dans une qu&#234;te d'&#233;quivalence. Les po&#232;tes et litt&#233;rateurs furent les premiers &#224; y &#234;tre sensibles. Cocteau l'exprime en une fulgurante association des mots (par d&#233;finition m&#234;me de la po&#233;sie) cacato&#232;s, charivari et couleurs dans sa phrase &lt;i&gt;&#171; Les cacato&#232;s entonnent le charivari des couleurs &#187;&lt;/i&gt; reprise sur le banc cr&#233;&#233; par les artistes canadiens contemporains Goulet et Massut (figure 4). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chronique est l'occasion de signaler que ce banc m&#233;rite d'&#234;tre reconnu comme une &#339;uvre contemporaine &#224; part enti&#232;re, &#224; appr&#233;cier dans le Jardin du Palais Royal, m&#234;me si les colonnes de Buren (&lt;i&gt;Les Deux Plateaux&lt;/i&gt;) qui lui sont proches peuvent en &#233;loigner le promeneur. L'esth&#233;tique de ce banc, dit Dentelles d'Eternit&#233;, s'accorde, en effet, parfaitement avec les arbres environnants (figure 4) et les cacato&#232;s aussi gr&#226;ce aux com&#233;diens du Fran&#231;ais qui viennent souvent y r&#233;p&#233;ter leurs sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21488 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;192&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH291/fig_4-a3a9f.jpg?1772207052' width='500' height='291' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 4 : Michel Goulet et Fran&#231;ois Massut, &#171; Dentelles d'Eternit&#233; &#187; (cf. plaque estampille &#224; droite sur le dos) dans le Jardin du Palais Royal/Paris, 2016. &#169;Photo M. Jeandin, 2023.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Marcel Proust est, cependant, le ma&#238;tre pour exprimer le m&#233;lange des sens et leur &#233;quivalence. A la vue et l'ou&#239;e comme elles &#233;taient consid&#233;r&#233;es dans le premier exemple pr&#233;c&#233;demment pris, il ajoute souvent l'odorat (olfaction). Son c&#233;l&#232;bre texte sur les aub&#233;pines est un sommet, au point que l'auteur de cet article a conscience de la vanit&#233; de son projet de parler des sens quand Proust en a d&#233;j&#224; montr&#233; toute la puissance et les subtilit&#233;s. Il encouragerait m&#234;me son lecteur &#224; ne pas en continuer la lecture pour lui pr&#233;f&#233;rer celle du grand Marcel, notamment :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Je le trouvai [le chemin] tout bourdonnant de l'odeur des aub&#233;pines [&#8230;]. Moi-m&#234;me j'appr&#233;ciais plus le fromage &#224; la cr&#232;me rose, celui o&#249; l'on m'avait permis d'&#233;craser des fraises. Et justement ces fleurs avaient choisi une de ces teintes de chose mangeable, ou de tendre embellissement &#224; une toilette pour une grande f&#234;te, qui, parce qu'elles leur pr&#233;sentent la raison de leur sup&#233;riorit&#233;, sont celles qui semblent belles avec le plus d'&#233;vidence aux yeux des enfants, et &#224; cause de cela, gardent toujours pour eux quelque chose de plus vif et de plus naturel que les autres teintes, m&#234;me lorsqu'ils ont compris qu'elles ne promettaient rien &#224; leur gourmandise et n'avaient pas &#233;t&#233; choisies par la couturi&#232;re &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte, repris dans &lt;i&gt;Un amour de Swan&lt;/i&gt; de la &lt;i&gt;Recherche,&lt;/i&gt; figure dans le livre &lt;i&gt;Vacances de P&#226;ques et autres chroniques&lt;/i&gt; de Marcel Proust&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Editions Gallimard, Collection Folio, n&#176;6727, 2020, p. 16&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'il faut conseiller &#224; quiconque cherche, ne serait-ce qu'un livre, pour acc&#233;der au bonheur, pour seulement deux euros qui plus est : fin de digression proustienne. Les couleurs si merveilleusement &#233;voqu&#233;es par Proust sont &#224; la base de multiples cr&#233;ations artistiques visant &#224; les appr&#233;hender autrement que par la vue. Il s'y trouve, par exemple, le c&#233;l&#232;bre sonnet &lt;i&gt;Voyelles&lt;/i&gt; qui m&#233;rite bien son nom puisque Rimbaud y fait sonner les couleurs au son des voyelles qu'il leur fait correspondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science n'est pas en reste avec Newton pour qui les 7 couleurs de l'arc-en-ciel auraient pour origine la gamme musicale. Le musicologue belge, Claude Charlier, pour sa part, associe des couleurs, non pas &#224; des notes &#233;l&#233;mentaires mais &#224; des phrases musicales, y compris pour des raisons didactiques, en coloriant les partitions, m&#234;me s'il est permis de penser que Bach, son musicien de pr&#233;dilection, n'en avait pas besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un registre plus r&#233;cent, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre colori&#233;es, les compositions de la grande musicienne contemporaine Camille P&#233;pin, peuvent &#234;tre dites color&#233;es. Elles sont, en effet, par exemple &lt;i&gt;Les Eaux c&#233;lestes,&lt;/i&gt; aux dires de la compositrice elle-m&#234;me, le fruit d'une riche exploration sur des couleurs comme le ferait un peintre. Camille P&#233;pin a trouv&#233; en C&#233;lia Oneto Bensaid, une interpr&#232;te qui la comprend parfaitement puisque, dans &lt;i&gt;Number 1&lt;/i&gt; notamment, cette derni&#232;re revendique dans son interpr&#233;tation de se rapprocher de Pollock. Le mariage P&#233;pin-Ben Said ne pouvait donc &#234;tre que grandiose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la transcription musicale des couleurs, port&#233;e &#224; un niveau exceptionnel par cet exemple, se pose plus g&#233;n&#233;ralement et prosa&#239;quement la question de la sonorisation d'images que peuvent avoir en t&#234;te tant l'artiste que son public. C'est le Prince de Polignac qui en fut l'un des premiers cr&#233;ateurs, par la sonorisation des projections de paysages peints qu'il donnait dans les salons de l'&#233;poque, celui de sa Princesse d'&#233;pouse (Princesse Edmond de Polignac) donc, entre autres. Son go&#251;t de la conjugaison entre l'oreille et la vue l'y pr&#233;disposait, entra&#238;n&#233; qu'il &#233;tait par sa fr&#233;quentation assidue d'Amsterdam et de Venise. C'est l&#224;, comme le rapporte Proust (encore lui !) dans l'une de ses premi&#232;res chroniques au Figaro, qu'il fut le premier &#224; souligner la parent&#233; entre la lumi&#232;re et le silence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in Musique d'Aujourd'hui-Echos d'Autrefois, Chronique du 11 mai 1903 dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais nous y reviendrons.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les composantes de ces paysages inspirants, le bleu a toujours b&#233;n&#233;fici&#233; d'une attention particuli&#232;re en musique que m&#234;me Michel Pastoureau n'explique pas, cependant. La composition &lt;i&gt;Celeste&lt;/i&gt; (rappelant les Eaux du m&#234;me nom de Camille P&#233;pin, d&#233;j&#224; cit&#233;e) de Brian et Roger Eno, interpr&#233;t&#233;e magistralement par Vanessa Wagner dans son opus &lt;i&gt;Study of the Invisible,&lt;/i&gt; est cit&#233; ici pour sa pertinence, comme veut l'esp&#233;rer l'auteur, mais aussi parce que propre &#224; d'autres commentaires sensoriels (si ce n'est sens&#233;s) dans le deuxi&#232;me volet de l'article (&#167; &#171; Invisible &#187;). &lt;i&gt;A l'&#233;coute du bleu&lt;/i&gt; constitue une autre r&#233;f&#233;rence majeure sous la forme d'un livre r&#233;cent sous ce titre explicite par le chor&#233;graphe L&#233;o Walk : dense et dans&#233;. Sinon, la r&#233;f&#233;rence, plus commune, des &lt;i&gt;Mots bleus&lt;/i&gt; de Jarre et Christophe se doit d'&#234;tre mentionn&#233;e aussi, ne serait-ce que pour ob&#233;ir aux pr&#233;ceptes d&#233;finis par Guillaume Log&#233;e dans son livre &lt;i&gt;Renaissance Sauvage&lt;/i&gt; (Gallimard/PUF, p. 183). Certains musiciens, pourtant, veulent &#233;chapper &#224; cette parent&#233; entre mots &#8211; fussent-ils bleus &#8211; et musique, &#224; rebours du mouvement lettriste (hyper-cr&#233;atiste ou hyper-novatiste). Rodolphe Burger, consacr&#233; r&#233;cemment par le Centre Pompidou, en est l'un des porte-parole, dans sa recherche du &#171; texte non musical &#187;, &#224; mettre en parall&#232;le avec la musique atonale. Il nourrit, si ce n'est la jalousie entre musiciens et &#233;crivains d&#233;j&#224; soulign&#233;e, au moins le d&#233;bat sur le lien entre mots et musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de son sujet, cet article se contentera de dire, dans ce d&#233;bat, qu'au-del&#224; de leur sens, les mots peuvent faire penser &#224; la musique par leur rythme d'&#233;criture et leur graphie. La calligraphie et le calligramme en sont de banals exemples. A ce titre, l'&#233;criture arm&#233;nienne, par l'esth&#233;tique de son alphabet (Mesropian) (figure 5), peut &#234;tre dite entrer de plain-pied dans l'art contemporain, notamment au travers de l'&#339;uvre du cin&#233;aste Artavazd Pelechian qui y ajoute sa pens&#233;e en parfaite symbiose avec le th&#232;me de cet article. L'artiste y consid&#232;re, en effet, le cin&#233;ma comme un art &#233;chappant aux langages, particulier pour un &#339;cum&#233;nisme des sens. A rapprocher de la calligraphie est l'art de Robert Filliou quand il se fonde sur le rythme de r&#233;p&#233;tition des motifs visuels qu'il pr&#233;sente dans ses cr&#233;ations. Sa caract&#233;ristique &#338;uvre sans valeur, par exemple (figure 6), impose ainsi visuellement au regardeur une musicalit&#233;, pour ne pas dire musique, qui lui impr&#232;gne l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH189/fig_5-cc37b.jpg?1772207052' width='500' height='189' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 5 : Artavazd Pelechian, commentaire sur son film &#171; La Nature &#187;, 2005. &#169;Photo M. Jeandin, 2021
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH233/fig_6-d174b.jpg?1722000541' width='500' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 6 : Robert Filliou, &#171; &#338;uvre sans valeur &#187;, 1969. &#169;Photo M. Jeandin, 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les exemples pr&#233;c&#233;dents illustraient le parcours du visuel vers le son. L'art contemporain est aussi riche d'exemples o&#249; le parcours des sens va de l'ou&#239;e vers la vue &#8212; m&#234;me si la nuance est parfois subtile pour le distinguer du parcours oppos&#233; &#8212;, c'est-&#224;-dire du son &#224; l'image : celle des couleurs en particulier, sachant que pour ce qui est du son, ne sera consid&#233;r&#233;e ici que la musique, et toujours dans un contexte d'&#233;ventuelle synesth&#233;sie. Le meilleur &#171; parcoureur &#187;, en ce sens, fut Basquiat, sur lequel cette chronique s'attardera car son &#339;uvre annon&#231;a les cr&#233;ations contemporaines les plus en pointe dans le genre. Son obsession premi&#232;re fut, chacun le sait, de traduire les notes de jazz en couleurs, ce qui le situe dans la veine historique d'Esther Carp qui, dans ce qu'elle appelait des &#171; transcriptions musicales &#187;, traduisait de grands compositeurs (Stravinsky, Messiaen, Chopin&#8230;). La symphonie en ut de Chopin lui inspira, entre autres, un dessin shadockien (figure 7) que les critiques d'art contemporains pr&#233;f&#233;reront, cependant, dire annonciateur du Doodle Art ou gribouillage en fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;118&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig.7-600x800.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/fig.7-600x800-6c1de.jpg?1722000541' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 7 : Esther Carp, Transcription musicale de &#171; Valse en ut di&#232;se mineur &#187;,1949. &#169;Photo M. Jeandin, 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Doodle Art repr&#233;sente, d'ailleurs, un marqueur de la traduction de l'audio au visuel gr&#226;ce &#224; Josef Blahaut, l'une de ses figures marquantes, qui recourait &#224; la pratique du doodle pour se lib&#233;rer des voix qu'il entendait, en un exercice d'exorcisme. Que Jeanne d'Arc n'a-t-elle pas eu un temp&#233;rament d'artiste plut&#244;t que de guerrier ! Basquiat, pour y revenir, se montrait plus structur&#233;, autant que cela puisse &#234;tre dit, gr&#226;ce &#224; la d&#233;finition d'&#233;quivalences entre :&#8232;&lt;strong&gt;- Graphisme et son.&lt;/strong&gt; L'espacement entre les traits du dessin et leur position/hauteur rendent visibles le rythme et l'intensit&#233; musicale, dans une grande partie de son &#339;uvre, singuli&#232;rement dans son c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;Anybody Speaking Words&lt;/i&gt; (1982). La symbiose entre musique et peinture qui en r&#233;sulte rappelle la polys&#233;mie du mot &#171; opera &#187; se r&#233;f&#233;rant tant &#224; un genre musical qu'au travail auquel il se rapporte en latin.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Mat&#233;riaux supports et cr&#233;ation musicale.&lt;/strong&gt; La nature et la texture des mat&#233;riaux recevant les cr&#233;ations de Basquiat lui servent souvent &#224; exprimer la cr&#233;ation musicale. Ainsi, dans &lt;i&gt;Left Hand-Right Hand,&lt;/i&gt; 1984-1985, les lattes de bois des palettes figurent les touches o&#249; se posent les mains du pianiste (figure 8). Il rappelle ou plut&#244;t annonce en cela Christian Marclay, dans la sc&#232;ne contemporaine, avec sa s&#233;rie Screams, par exemple, qui exploite les n&#339;uds et les veines du bois support de sa peinture. Il s'y exprime le son/le cri (en r&#233;f&#233;rence &#224; Munch en particulier) par analogie aux ondes sonores, &lt;i&gt;Flaming Shards&lt;/i&gt; (figure 9, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;103&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH339/fig_8-89ce8.jpg?1772207053' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 8 : Jean-Michel Basquiat, &#171; Left Hand-Right Hand &#187;, 1984-1985. &#169;Photo M. Jeandin, 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21493 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;98&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig_9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH243/fig_9-9b71d.jpg?1772207053' width='500' height='243' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 9 : Christian Marclay, &#171; Scream (Flaming Shards) &#187;, 2019. &#169;Photo M. Jeandin, 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Collages et rythme.&lt;/strong&gt; Dans bon nombre de ses &#339;uvres, l'emploi de collages, y compris r&#233;p&#233;titifs (avec usage de photocopies, par exemple) s'accorde parfaitement aux techniques d'&#233;chantillonnages et de r&#233;p&#233;tition dans le rap, le reggae ou le jazz qu'il cherche &#224; traduire sur la toile. &lt;i&gt;Sell Grit&lt;/i&gt; (1983) en est un pulsant exemple, s'il ne fallait en retenir qu'un. Marclay encore, dans un contexte plus contemporain, a repris cette technique de collage aux m&#234;mes fins (cf. certaines de ses &#339;uvres &#233;voqu&#233;es plus loin).&#8232;&lt;strong&gt;- Mots et ponts.&lt;/strong&gt; En apposant souvent sur ses &#339;uvres des mots, comme le fait Basquiat sous forme d'onomatop&#233;es ou allit&#233;rations, par exemple, l'artiste r&#233;duit l'&#233;cart entre le visuel et le textuel. Un peu comme l'a fait Pierre Huyghe dans sa vid&#233;o &lt;i&gt;One Million Kingdoms&lt;/i&gt; (2001), o&#249; le personnage repr&#233;sent&#233; se d&#233;place au sein d'un environnement g&#233;n&#233;r&#233; graphiquement par les paroles qu'il &#233;nonce : la forme des discours se r&#233;percutant sur les surfaces qu'il parcourt. Le processus artistique rappelle en cela l'installation num&#233;rique interactive de Michel Bret, Edmond Couchot et Marie-H&#233;l&#232;ne Tramus &lt;i&gt;La Plume&lt;/i&gt; (1986) expos&#233;e &#224; l'inauguration du Mus&#233;e de la BNF/Richelieu. Cette installation montre une plume voletant sur un &#233;cran au rythme du bruit (des mots par exemple) capt&#233; par un micro lui faisant face. Les mots jouent alors un r&#244;le de ponts, au sens musical du terme, &#224; l'inverse de ce que souhaite Burger, d&#233;j&#224; cit&#233;. L'affichiste contemporain Philippe Apeloig l'a exprim&#233; avec talent dans son affiche &lt;i&gt;Lire la Cara&#239;be&lt;/i&gt; (figure 10) dont le rythme pr&#233;figure le sens des mots qu'elle annonce (pour un salon du livre).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;102&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fig.10-539x800.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH742/fig.10-539x800-c75b9.jpg?1772207053' width='500' height='742' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Fig. 10 : Philippe Apeloig, &#171; Lire la Cara&#239;be/Cuba, Ha&#239;ti &#187;, 1998. &#169;Photo M. Jeandin, 2023
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Basquiat l'aurait, sans nul doute, aim&#233;e, non seulement parce qu'il y est question de la Cara&#239;be mais aussi parce qu'elle reprend certains traits de son art. L'intellect prendra le relais ensuite comme un paragraphe ult&#233;rieur, sur la perception diff&#233;r&#233;e, le montrera. &lt;i&gt;Eroica&lt;/i&gt; (1988), en r&#233;f&#233;rence &#224; Beethoven, que les ex&#233;g&#232;tes de l'&#339;uvre de Basquiat interpr&#232;tent comme une sorte de coda &#224; la musicalit&#233; de son art voire &#224; sa vie, peut alors &#234;tre mati&#232;re &#224; d&#233;veloppement sur les liens entre les sens. L'auteur s'en passera ici, se bornant &#224; souligner, chacun pouvant comprendre pourquoi, que Basquiat se sentait musicien avant d'&#234;tre peintre, au m&#234;me titre que Modigliani, avait une &#226;me de sculpteur plut&#244;t que de peintre. Ce n'est pas pour rien que les critiques d'art qualifient la peinture de Basquiat de bruyante. Il faut la prendre ici dans son acception synesth&#233;sique et non dans l'acception p&#233;jorative que d'aucuns veulent parfois retenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette guerre des sens, arbitr&#233;e par le cours de la vie, la m&#233;diocre plaisanterie sur Beethoven se croyant peintre tellement il &#233;tait sourd, n'est donc pas, en fait, si d&#233;nu&#233; de sens que cela et, encore moins, de respect. Plus s&#233;rieusement mais toujours dans le m&#234;me registre, Jean-Luc Godard disait qu'il &#233;tait un peintre qui faisait du cin&#233;ma, quand il ne disait pas qu'il faisait de la litt&#233;rature avec de la peinture, en une variante tout aussi d&#233;cisive. Tous ces g&#233;nies, qu'ils fussent Basquiat, Beethoven, Godard et autres, avaient surtout bien compris et montr&#233; les r&#244;les crois&#233;s des sens dans leur art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Episode 2 -&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/materiaux-en-tous-sens-autorises-et-interdits-e2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.artshebdomedias.com/article/materiaux-en-tous-sens-autorises-et-interdits-e2/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;par exemple, dans son Agent secret, Gallimard, 2021, p. 88&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Editions Gallimard, Collection Folio, n&#176;6727, 2020, p. 16&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in Musique d'Aujourd'hui-Echos d'Autrefois, Chronique du 11 mai 1903 dans Chroniques, Gallimard/L'Imaginaire, 2015, p. 45&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture &gt; &lt;i&gt;Mon seul d&#233;sir&lt;/i&gt; (d&#233;tail), &lt;i&gt;La Dame &#224; la licorne,&lt;/i&gt; entre 1484 et 1500, Mus&#233;e de Cluny, Paris. Photo &#169; Didier Descouens, Toulouse, 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apparitions d'images, images d'apparitions</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Apparitions-d-images-images-d</link>
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		<dc:date>2024-04-30T19:18:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Samuel Sol&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>fant&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>esprit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De Laurent de La Hyre &#224; Catherine Ikam, Samuel Sol&#233; dresse une br&#232;ve histoire de l'apparition dans les arts visuels. En franchissant all&#232;grement les si&#232;cles et s'appuyant notamment sur la pens&#233;e de Paul Virilio, l'auteur montre que l'histoire de l'art, de la peinture et de la sculpture aux arts num&#233;riques, est travers&#233;e par une esth&#233;tique de l'apparition (et de la disparition).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/fantome" rel="tag"&gt;fant&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/esprit" rel="tag"&gt;esprit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH75/arton2465-cd6c1.jpg?1772207113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De Laurent de La Hyre &#224; Catherine Ikam, Samuel Sol&#233; dresse une br&#232;ve histoire de l'apparition dans les arts visuels. En franchissant all&#232;grement les si&#232;cles et en s'appuyant notamment sur la pens&#233;e de Paul Virilio, l'auteur montre que l'histoire de l'art, de la peinture et de la sculpture aux arts num&#233;riques, est travers&#233;e par une esth&#233;tique de l'apparition (et de la disparition).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En posant le bout de ses doigts sur le front de Madeleine au seuil du s&#233;pulcre, le Christ ressuscit&#233; la tient &#224; distance et, par le m&#234;me geste, couvre son regard d'un voile d'ombre. Il lui interdit non seulement de le toucher, consacrant ainsi la rupture du lien charnel qui l'unit &#224; l'humanit&#233;, mais &#233;galement de le regarder. En ce sens, le tableau de Laurent de La Hyre, &lt;i&gt;L'Apparition du Christ &#224; sainte Madeleine&lt;/i&gt; (1656), se distingue des &#339;uvres de la m&#234;me tradition iconographique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Apparition du Christ &#224; Madeleine d'Eustache Le Sueur (1651), ant&#233;rieure &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chez Botticelli, Giotto, Titien ou V&#233;ron&#232;se, pour ne citer que ces exemples, le Christ emp&#234;che Madeleine de le toucher, mais pas de le regarder. Dans l'&#339;uvre de La Hyre, &#224; l'inverse, le Christ d&#233;fend &#224; Madeleine de le regarder, mais il consent en m&#234;me temps &#224; la toucher pour masquer son regard, franchissant ainsi la limite entre le profane et le sacr&#233;. Ainsi succ&#232;de &#224; l'injonction du &#171; &lt;i&gt;Noli me tangere&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Ne me touche pas &#187;) celle, peut-&#234;tre plus fondamentale encore, du &#171; &lt;i&gt;Noli me spectare&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Ne me regarde pas &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/laurent-de-la-hyre-noli-me-tangere-1656.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH454/laurent-de-la-hyre-noli-me-tangere-1656-dae2a.jpg?1714488529' width='500' height='454' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Laurent de La Hyre, &lt;i&gt;Noli me tangere&lt;/i&gt;, 1656.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne me regarde pas&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est donc la signification de cette apparition qui, pour ainsi dire, n'appara&#238;t pas ? En ajoutant &#224; l'interdiction du toucher celle du regard, le geste du Christ, en apparence anodin, livre une cl&#233; de lecture de l'&#339;uvre. Si le Christ emp&#234;che Madeleine de le voir, c'est parce qu'il se pr&#233;sente moins &#224; son regard qu'&#224; son &#226;me. Il s'agit d'une vision int&#233;rieure que le peintre fait appara&#238;tre &#224; l'&#339;il profane du spectateur. Seul un ange, assis dans le s&#233;pulcre, est en mesure de voir le Christ. Quoique la paroi du tombeau fasse obstacle, son regard semble se porter vers lui. Or, dans le r&#233;cit qu'il fait de l'apparition, saint Jean mentionne non pas un, mais deux anges. O&#249; le second ange est-il donc pass&#233; ? Peut-&#234;tre s'agit-il du spectateur lui-m&#234;me. Comme nous, l'ange se tient en dehors de la sc&#232;ne, dans un espace nettement distinct. Notre regard se pose au m&#234;me niveau que le sien et nous sommes seuls &#224; partager avec lui la capacit&#233; de voir le Christ. Celui-ci ne peut appara&#238;tre qu'&#224; l'&#339;il int&#233;rieur de Madeleine ou &#224; l'&#339;il surnaturel de l'ange-spectateur. Emp&#234;ch&#233;s de voir ce que l'ange et le spectateur voient, les yeux de Madeleine indiquent l'entreprise ambivalente de l'&#339;uvre : fixer dans l'ordre du visible ce qui, par d&#233;finition, ne peut pas &#234;tre vu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, la peinture fait signe vers un au-del&#224; du visible par les moyens d'une symbolique renouvel&#233;e de la couleur. Le bleu de la tunique du Christ, obtenu par un m&#233;lange de lapis-lazuli et d'indigo, tranche nettement sur l'arri&#232;re-plan sombre et rocheux du jardin du s&#233;pulcre. Couleur de la sph&#232;re c&#233;leste et du monde transcendant, le bleu vient souligner la surcharge visuelle occasionn&#233;e par l'irruption du Christ dans le monde des apparences. Simultan&#233;ment invisible (par son geste) et survisible (par sa couleur), il se pose &#224; la fois en retrait et en exc&#232;s par rapport &#224; l'image. Il &#233;puise toutes les couleurs et polarise le regard du spectateur, tout en se d&#233;robant &#224; celui de Madeleine. Cela traduit le paradoxe de l'apparition, prise entre un en de&#231;&#224; et un au-del&#224; du visible. Le sujet de l'&#339;uvre &#8212; l'apparition &#8212; et l'&#339;uvre elle-m&#234;me entrent ainsi dans un jeu de mise en abyme, en tant que l'&#339;uvre fonctionne, elle aussi, comme une apparition : une image dont le sens ne se trouve pas dans l'imm&#233;diatet&#233; de son appara&#238;tre, mais dans le trait d'union qu'elle trace entre le visible et l'invisible, la mati&#232;re et l'esprit, le profane et le sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Para&#238;tre sans appara&#238;tre&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &lt;i&gt;L'Espace critique&lt;/i&gt; (1984), Paul Virilio propose l'id&#233;e selon laquelle l'histoire de l'art, jusqu'&#224; l'invention de la photographie et du cin&#233;ma, aurait &#233;t&#233; domin&#233;e par une esth&#233;tique de l'apparition. Celle-ci serait le propre de la peinture et de la sculpture et se traduirait par &lt;i&gt;&#171; l'&#233;mergence de formes, de volumes destin&#233;s &#224; persister dans la dur&#233;e de leur support mat&#233;riel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Virilio, L'Espace critique, Paris, Christian Bourgois, 1984, p. 29.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Or, les images peintes et sculpt&#233;es, que l'auteur choisit d'inscrire sous le r&#233;gime de l'apparition, sont caract&#233;ris&#233;es par leur nature stable et statique et leur persistance dans le temps. Ceci pose une difficult&#233; majeure au regard des consid&#233;rations que nous avons d&#233;velopp&#233;es jusqu'ici. L'apparition demeure en effet &#233;trang&#232;re &#224; l'id&#233;e de fixit&#233;, en ce qu'elle se caract&#233;rise pr&#233;cis&#233;ment par une certaine forme d'instabilit&#233;, de labilit&#233;, de soudainet&#233;. Par ailleurs, contrairement &#224; l'apparition, l'&#339;uvre d'art n'est pas &lt;i&gt;causa sui,&lt;/i&gt; &#171; cause d'elle-m&#234;me &#187;, mais le fruit de l'intuition et de la volont&#233; de celui qui, par le travail de la mati&#232;re, lui donne forme. L'apparition ne saurait se laisser figer dans le marbre et l'&#339;uvre d'art ne saurait encore moins surgir par elle-m&#234;me de sa gangue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Fichte, l'apparition appara&#238;t &lt;i&gt;&#171; en tant que s'apparaissant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johann Gottlieb Fichte, Doctrine de la science : expos&#233; de 1812, trad. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; en tant qu'&#234;tre absolu et autonome &#187;&lt;/i&gt;. Prise dans un cercle autot&#233;lique, l'apparition n'appara&#238;t qu'&#224; partir d'elle-m&#234;me et ne d&#233;pend d'aucune cause ext&#233;rieure. Or, une &#339;uvre d'art d&#233;pend &#233;videmment de la main de l'artiste qui, sous les traits du pinceau ou les coups du burin, la fait appara&#238;tre. Peut-on encore parler d'apparition, d&#232;s lors que l'image n'appara&#238;t pas d'elle-m&#234;me, mais &#171; se fait appara&#238;tre &#187; ? La r&#233;ponse est non. Une &#339;uvre d'art n'est pas, stricto sensu, une apparition. Elle peut tout au plus repr&#233;senter une apparition, et encore, seulement a posteriori. Elle ne peut saisir que la forme d&#233;j&#224; apparue, et non la forme apparaissant, c'est-&#224;-dire l'&#233;v&#233;nement qui marque le passage de l'invisible au visible. Elle ne peut comprendre que l'avant ou l'apr&#232;s de l'&#233;v&#233;nement, mais pas l'&#233;v&#233;nement lui-m&#234;me. D'o&#249; le geste du Christ de La Hyre qui permet de condenser, dans le m&#234;me instant, l'avant et l'apr&#232;s, l'invisible et le visible, l'imperceptibilit&#233; (pour Madeleine) et la perceptibilit&#233; (pour le spectateur) de l'apparition. Le Christ (nous) est apparu, mais reste encore &#224; (lui) appara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'&#339;uvre d'art et l'apparition s'excluent mutuellement. Une &#339;uvre n'est pas une apparition (car elle persiste dans l'ordre du visible) et ne peut pas montrer d'apparitions (car celles-ci &#233;chappent &#224; l'ordre du visible). Seules les images acheiropo&#239;&#232;tes (litt&#233;ralement : &#171; non fait de main d'homme &#187;), ces images miraculeuses qui se forment d'elles-m&#234;mes sans intervention humaine, en sont capables. La plus connue d'entre elles est, bien entendu, le Mandylion, l'image du Christ qui se serait miraculeusement imprim&#233;e par simple contact sur un linge qu'il aurait utilis&#233; pour s'essuyer le visage. Dans la doctrine orthodoxe de l'&#201;glise, cette image acheiropo&#239;&#232;te est consid&#233;r&#233;e comme la premi&#232;re ic&#244;ne de l'histoire et la matrice de toute l'iconographie chr&#233;tienne. Toutes les images du Christ, faites de main d'homme, d&#233;couleraient ainsi de cette unique apparition. Images peintes et sculpt&#233;es porteraient alors en elles une m&#233;moire acheiropo&#239;&#232;te. Peut-&#234;tre est-ce ici qu'il faut chercher les origines implicites de l'esth&#233;tique de l'apparition pens&#233;e par Virilio ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/secondo_pia_linceul_de_turin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/secondo_pia_linceul_de_turin-4216a.jpg?1772207113' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Secondo Pia, linceul de Turin, 1898.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Images fant&#244;mes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'image acheiropo&#239;&#232;te trouve toutefois un pendant plus &#233;vident dans l'image photographique. En 1898, Secondo Pia prit le premier clich&#233; du linceul de Turin, tenu pour &#234;tre une image acheiropo&#239;&#232;te du Christ. Par l'inversion des noirs et des blancs, l'image n&#233;gative qu'il en a tir&#233;e r&#233;v&#233;la, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, une image positive du visage et du corps du Christ, peu discernable au premier abord sur le voile lui-m&#234;me. Il fut alors tentant de consid&#233;rer le linceul de Turin comme le premier n&#233;gatif photographique de l'histoire et d'identifier l'image photographique &#224; l'image acheiropo&#239;&#232;te. La r&#233;f&#233;rence &#224; l'image acheiropo&#239;&#232;te devint en effet un lieu commun dans les discours sur l'image photographique. &#192; l'instar de l'image acheiropo&#239;&#232;te, la photographie, &#233;crit Andr&#233; Bazin, &lt;i&gt;&#171; se forme automatiquement sans intervention cr&#233;atrice de l'homme &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; proc&#232;de par sa gen&#232;se de l'ontologie du mod&#232;le&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Bazin, &#171; Ontologie de l'image photographique &#187; [1945], Qu'est-ce que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. L'image et son mod&#232;le se trouvent ainsi dans une relation de contigu&#239;t&#233;, l'un d&#233;coulant de l'autre, sans que rien s'interpose entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bain r&#233;v&#233;lateur d'une chambre noire ou sur l'&#233;cran d'une salle obscure, l'image photographique se donne non seulement comme image apparaissant, mais aussi comme image d'apparition. L'apparition doit d'abord &#234;tre comprise en un sens religieux : un &#234;tre surnaturel qui, le temps d'un instant, se rend visible &#224; nos yeux. Dans la seconde moiti&#233; du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le mouvement de la photographie spirite, qui prend son essor dans les cercles occultes am&#233;ricains, se donne pour but de capturer l'esprit des morts. L'image photographique devient ainsi l'&#233;crin privil&#233;gi&#233; d'apparitions fantomatiques. Celles-ci ne sont, bien s&#251;r, que le r&#233;sultat de trucages sophistiqu&#233;s, &#224; l'exemple de la double exposition, qui consiste &#224; superposer deux images distinctes sur la m&#234;me pellicule. La r&#233;v&#233;lation de la supercherie n'&#233;teint pourtant pas l'enthousiasme autour de la photographie spirite : celle-ci gagne au contraire en popularit&#233; sous des formes ludiques et d&#233;pourvues d'intentions occultes. &lt;i&gt;Le Fant&#244;me de Bernadette Soubirous&lt;/i&gt; (1890), captur&#233; par un photographe anonyme fran&#231;ais, en est un exemple saisissant. On y voit une jeune femme, pr&#233;tendument Bernadette Soubirous (&#224; qui la Vierge serait apparue dix-huit fois), dispara&#238;tre progressivement &#224; mesure qu'elle avance vers le bord de l'image. En combinant les techniques de la double exposition et de la chronophotographie, la photographie rassemble et d&#233;compose en un m&#234;me instant toute la dur&#233;e de la disparition, l&#224; o&#249; la peinture et la sculpture n'auraient pu en saisir qu'une &#233;tape donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/le_fanto_me_de_bernadette_soubirous_capture_par_un_photographe_anonyme_franc_ais_1890.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH308/le_fanto_me_de_bernadette_soubirous_capture_par_un_photographe_anonyme_franc_ais_1890-352ae.jpg?1772207113' width='500' height='308' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Le Fanto&#770;me de Bernadette Soubirous&lt;/i&gt;, capture&#769; par un photographe anonyme franc&#807;ais, 1890.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Loin de n'&#234;tre qu'une parenth&#232;se fantaisiste dans l'histoire de l'art, la photographie spirite exprime en fait la nature profonde de l'image photographique. La photographie est en effet capable de faire appara&#238;tre (et r&#233;appara&#238;tre) des &#234;tres qui ne sont plus, d'arracher leur image au temps des vivants pour la renvoyer &#224; l'&#233;ternit&#233;. La photographie est toujours une image fant&#244;me, l'image de quelque chose qui a &#233;t&#233; et qui n'est plus, quelque chose qui se survit &#224; lui-m&#234;me dans l'image qu'il laisse derri&#232;re lui. Quoique non surnaturel ou merveilleux, tout &#234;tre photographi&#233; est donc aur&#233;ol&#233; d'un voile de myst&#232;re, en ce qu'il se pr&#233;sente &#224; nos yeux sur le mode de l'apparition, du surgissement d'un autre temps au c&#339;ur m&#234;me de notre temps. Il s'ensuit que ce n'est pas parce qu'un &#234;tre est merveilleux qu'il appara&#238;t, mais parce qu'il appara&#238;t qu'il est merveilleux. L'apparition, en tant que telle, produit du merveilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, l'image photographique devrait &#234;tre le parangon de l'esth&#233;tique de l'apparition. Or, Virilio inscrit non seulement la photographie, mais aussi le cin&#233;ma, dans une esth&#233;tique de la disparition, par opposition &#224; l'esth&#233;tique de l'apparition. &#192; la diff&#233;rence de l'image peinte ou sculpt&#233;e, d&#233;finie comme une image stable, l'image filmique est d&#233;finie comme une image instable, dont la seule dur&#233;e n'est plus celle de la mati&#232;re, mais &#171; celle de la persistance r&#233;tinienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Virilio, loc. cit.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Elle dispara&#238;t &#224; l'instant m&#234;me o&#249; elle appara&#238;t, sans atteindre notre conscience imm&#233;diate, &#224; raison de vingt-quatre fois par seconde. Mais peut-on vraiment opposer apparition et disparition comme un couple antinomique ? Pour dispara&#238;tre, l'image doit nous appara&#238;tre en premier lieu. Et disparaissant, celle-ci laisse appara&#238;tre l'absence qu'elle est venue &#224; la fois combler et creuser. Apparition et disparition sont ainsi les deux faces d'une m&#234;me pi&#232;ce, en t&#233;moigne le Christ de La Hyre qui se montre tout en se cachant, ou bien la figure d'Eurydice qui dispara&#238;t aux yeux d'Orph&#233;e &#224; l'instant m&#234;me o&#249; celui-ci pose son regard sur elle. Tout se passe comme si l'apparition &#233;tait toujours doubl&#233;e par sa propre disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appara&#238;tre en disparaissant&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il est le propre des images film&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut penser, par exemple, aux fantasmagories de Georges M&#233;li&#232;s dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce jeu double d'apparition et de disparition trouve &#233;galement son pendant dans les images peintes et sculpt&#233;es. La fameuse anamorphose des &lt;i&gt;Ambassadeurs&lt;/i&gt; d'Hans Holbein le Jeune (1533) en offre un exemple particuli&#232;rement saisissant. Si l'on regarde le tableau de face, nous voyons deux hommes qui nous fixent du regard, tandis qu'&#224; leurs pieds se trouve un objet compl&#232;tement informe. Or, si l'on regarde le tableau de c&#244;t&#233;, depuis l'extr&#233;mit&#233; gauche du cadre, le myst&#233;rieux objet prend une forme reconnaissable : celle d'un cr&#226;ne humain. La sc&#232;ne dispara&#238;t presque enti&#232;rement en raison du r&#233;tr&#233;cissement visuel de la toile tandis qu'appara&#238;t sous nos yeux la figure cach&#233;e dans le tableau. Il en va de m&#234;me avec &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt; d'Ernest Christophe (1876), la sculpture d'une femme bic&#233;phale qui pr&#233;sente, au premier abord, un masque souriant, en dessous duquel se r&#233;v&#232;le, &#224; mesure que l'on tourne autour d'elle, un visage larmoyant. De la m&#234;me fa&#231;on que le cr&#226;ne d'Holbein le Jeune est un rappel de la vanit&#233; de l'existence humaine, le double visage de Christophe exprime la nature duale de la beaut&#233; qui se donne pour &#233;ternelle, tout en &#233;tant promise &#224; d&#233;p&#233;rir. Cependant, au-del&#224; de ce qui appara&#238;t ou dispara&#238;t, c'est bien l'apparition et la disparition, prises abstraitement et en tant que telles, qui donnent &#224; vivre au spectateur l'exp&#233;rience de la finitude.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/la_come_die_humaine_ernest_christophe_1876.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/la_come_die_humaine_ernest_christophe_1876-93425.jpg?1714488530' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ernest Christophe, &lt;i&gt;La Com&#233;die humaine&lt;/i&gt;, 1876.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, il importe moins de savoir ce qui appara&#238;t que de savoir &#224; qui l'apparition appara&#238;t. Ici r&#233;sonne tout le paradoxe de l'apparition : bien qu'elle se manifeste d'elle-m&#234;me sans intervention humaine, elle ne saurait exister en dehors du regard de celui qui en est le d&#233;positaire. Elle est ontologiquement li&#233;e au spectateur, comme en t&#233;moignent le cr&#226;ne des Ambassadeurs et le visage de La com&#233;die humaine, dont l'apparition d&#233;pend exclusivement de la position de celui-ci dans l'espace. Sans aller jusqu'&#224; n&#233;cessiter le d&#233;placement du corps du spectateur pour appara&#238;tre pleinement, d'autres &#339;uvres peuvent l'inviter &#224; d&#233;placer son regard. Dans son &lt;i&gt;Apparition d'un visage et d'un compotier sur une plage&lt;/i&gt; (1938), Salvador Dal&#237; propose une image multiple, une image dans laquelle plusieurs figures coexistent sans qu'il soit possible de les percevoir toutes en m&#234;me temps. L'apparition de l'une se paie de la disparition des autres. Ici l'on peut voir, tour &#224; tour, soit un visage, soit un compotier. Facile, me diriez-vous, tout &#233;tait d&#233;j&#224; dans le titre&#8230; Mais aviez-vous remarqu&#233; le gigantesque chien qui tr&#244;ne dans la moiti&#233; sup&#233;rieure de la toile ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L474xH366/apparition_d_un_visage_et_d_un_compotier_sur_une_plage-92c85.jpg?1714488530' width='474' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Salvador Dal&#237;, &lt;i&gt;Apparition d'un visage et d'un compotier sur une plage&lt;/i&gt;, 1938.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le voit bien, l'&#339;uvre d'art r&#233;clame une attention particuli&#232;re. Sa pleine apparition d&#233;pend du degr&#233; d'attention qu'on lui porte. Ce principe vaut pour toute &#339;uvre et l'&#339;uvre de Dal&#237; n'en est qu'une expression saillante et manifeste. C'est d'ailleurs le lien intime entre attention et apparition qui fonde, selon Jean-Marie Schaeffer, l'exp&#233;rience esth&#233;tique. Il d&#233;finit en effet celle-ci comme une &#233;piphanie, du grec ancien &lt;i&gt;epiph&#225;neia&lt;/i&gt; (&#171; apparition &#187;), c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;&#171; une exp&#233;rience de pr&#233;sence &#187;&lt;/i&gt;, mais pas n'importe quelle pr&#233;sence : &lt;i&gt;&#171; celle de l'attention qui est pr&#233;sente &#224; elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Schaeffer, L'Exp&#233;rience esth&#233;tique, Paris, Gallimard, 2015, p. 50.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. L'&#339;uvre d'art r&#233;v&#232;le en nous une forme d'attention singuli&#232;re, ouverte et sans fin, &#224; l'oppos&#233; des automatismes de l'attention que l'on porte aux objets du quotidien. Dans le contexte du capitalisme mental, l'art est ainsi d'autant plus salutaire qu'il nous soustrait &#224; l'&#233;conomie de l'attention, dans laquelle l'attention de chacun est devenue une ressource rare et surexploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;piphanies num&#233;riques&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Internet et les smartphones ont tendance &#224; drainer notre capacit&#233; d'attention pour nous transformer en simples consommateurs d'images. Dans le poison se trouve toutefois le rem&#232;de : l'art num&#233;rique, capable de suspendre le flux des images m&#233;diatiques pour ouvrir un espace d'attention privil&#233;gi&#233;e, dans lequel le spectateur doit s'investir activement pour que l'&#339;uvre lui apparaisse pleinement. Dans les ann&#233;es 1990, l'imagerie num&#233;rique a fait l'objet de discours aux accents m&#233;taphysiques, au c&#339;ur desquels on retrouve justement la question de l'apparition. Consid&#233;r&#233;e tour &#224; tour comme &lt;i&gt;&#171; &#233;piphanie recueillie en elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mario Costa, Le Sublime technologique, Lausanne, Iderive, 1994, p. 28.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt; ou comme &lt;i&gt;&#171; ange-image&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;messager entre le monde sensible et le monde intelligible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Lafon, Esth&#233;tique de l'image de synth&#232;se. La trace de l'ange, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;, l'image cr&#233;&#233;e par ordinateur fut la promesse d'une v&#233;ritable image acheiropo&#239;&#232;te : une image qui semble appara&#238;tre ex nihilo sur l'&#233;cran d'ordinateur et dispara&#238;tre sans laisser de trace. Si celle-ci para&#238;t incarner au plus haut point le principe de l'apparition, tous ces discours oublient toutefois un point central : celui &#224; qui l'apparition appara&#238;t. Un point d'autant plus central que, dans l'art num&#233;rique et, a fortiori, dans l'art interactif, le spectateur est en fait la condition sine qua non de l'apparition de l'&#339;uvre : sa pr&#233;sence et son regard modifient concr&#232;tement la fa&#231;on dont celle-ci appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/point_cloud_portraits_catherine_ikam_2016.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/point_cloud_portraits_catherine_ikam_2016-7ed0f.jpg?1772207113' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Catherine Ikam, &lt;i&gt;Point Cloud Portraits&lt;/i&gt;, 2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ses &#339;uvres num&#233;riques, Catherine Ikam articule de mani&#232;re exemplaire la question du spectateur et celle de l'apparition. Selon les mots de l'artiste, son travail consiste &#224; &lt;i&gt;&#171; cr&#233;er des dispositifs qui permettent l'apparition et la disparition [et] qui int&#232;grent l'action des visiteurs dans la cr&#233;ation de l'&#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Roland (dir.), Catherine Ikam, en collaboration avec Louis Fl&#233;ri, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Dans ce sens, &lt;i&gt;Point Cloud Portraits&lt;/i&gt; (2016) est une s&#233;rie de portraits virtuels, mod&#233;lis&#233;s &#224; partir du visage de personnes r&#233;elles et pr&#233;sent&#233;s sous la forme de nuages de points qui s'agr&#232;gent et se d&#233;sagr&#232;gent au cours du temps, en fonction de la position du spectateur dans l'espace. Les visages ne cessent d'appara&#238;tre et de dispara&#238;tre suivant le ballet des visiteurs et des particules. Ils retournent aux t&#233;n&#232;bres sit&#244;t qu'ils en surgissent, &#233;chappant d'embl&#233;e au regard de celui qui tenterait d'en retenir la trace. Sur la limite pr&#233;caire entre l'absence et la pr&#233;sence se manifeste ainsi la nature infigurable du visage humain qui, pour le dire avec Levinas, se r&#233;v&#232;le simultan&#233;ment dans la pr&#233;sence de &lt;i&gt;&#171; sa propre image plastique &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; dans sa retraite et son absence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuel Levinas, Totalit&#233; et infini. Essai sur l'ext&#233;riorit&#233;, Paris, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;. L'&#339;uvre d'Ikam impose ainsi le temps singulier d'une apparition, de l'apparition par excellence, celle du visage de l'autre, un visage qui ne peut se d&#233;voiler que par fragments, &#224; la fronti&#232;re entre le visible et l'invisible, et seulement &#224; condition de lui pr&#234;ter l'attention qu'il exige.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Apparition du Christ &#224; Madeleine&lt;/i&gt; d'Eustache Le Sueur (1651), ant&#233;rieure &#224; l'&#339;uvre de La Hyre, fait exception &#224; ce constat. Il est probable que La Hyre, qui habitait alors &#224; Paris, se soit inspir&#233; du tableau de Le Sueur, expos&#233; dans la chapelle de la Madeleine du couvent des Chartreux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Virilio, &lt;i&gt;L'Espace critique&lt;/i&gt;, Paris, Christian Bourgois, 1984, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Johann Gottlieb Fichte, &lt;i&gt;Doctrine de la science : expos&#233; de 1812&lt;/i&gt;, trad. Isabelle Thomas-Fogiel, Paris, PUF, 2005, p. 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Bazin, &#171; Ontologie de l'image photographique &#187; [1945], &lt;i&gt;Qu'est-ce que le cin&#233;ma ?&lt;/i&gt;, Paris, Cerf, 2008, p. 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Virilio, &lt;i&gt;loc. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut penser, par exemple, aux fantasmagories de Georges M&#233;li&#232;s dans lesquelles il faisait appara&#238;tre et dispara&#238;tre, comme par magie, accessoires, d&#233;cors et com&#233;diens, &#224; la faveur du trucage par arr&#234;t de cam&#233;ra.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Marie Schaeffer, &lt;i&gt;L'Exp&#233;rience esth&#233;tique&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2015, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mario Costa, &lt;i&gt;Le Sublime technologique&lt;/i&gt;, Lausanne, Iderive, 1994, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Lafon, &lt;i&gt;Esth&#233;tique de l'image de synth&#232;se. La trace de l'ange&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 1999, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Roland (dir.), &lt;i&gt;Catherine Ikam&lt;/i&gt;, en collaboration avec Louis Fl&#233;ri, Enghien-les-Bains / Paris, Centre des arts / Nouvelles &#233;ditions Scala, 2016, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel Levinas, &lt;i&gt;Totalit&#233; et infini. Essai sur l'ext&#233;riorit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Le Livre de poche, 1990, p. 165.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_21115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/png/se_800.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/se_800.png' width=&#034;800&#034; height=&#034;515&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Smaris Elaphus 01 est maintenant en librairie. &lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 9782372281829 - 112 pages - 17x22 cm - 30 &#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;seau de diffusion : Dilicom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture : Issu d'un manuscrit des Cantigas de Santa Maria, recueil de miracles mariaux compil&#233;s vers 1270 par le roi de Castille Alphonse X le Sage, cet &#233;pisode relate l'apparition d'une image acheiropo&#239;&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>All the living beings are the ghosts of the future</title>
		<link>https://www.tk-21.com/All-the-living-beings-are-the</link>
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		<dc:date>2024-01-01T12:02:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et V&#233;ronique God&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>science</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour le troisi&#232;me volet de sa carte blanche art et sciences, La Cit&#233; des sciences et de l'industrie invite l'artiste plasticienne et vid&#233;aste Faye Formisano &#224; investir la galerie d'Universcience.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Appareil" rel="directory"&gt;Appareil&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/science" rel="tag"&gt;science&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2394-be529.jpg?1772207113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour le troisi&#232;me volet de sa carte blanche art et sciences, La Cit&#233; des sciences et de l'industrie invite l'artiste plasticienne et vid&#233;aste Faye Formisano &#224; investir la galerie d'Universcience jusqu'au 24 mars 2024 : &lt;strong&gt;Tous les &#234;tres vivants sont les fant&#244;mes du futur,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;All the living beings are the ghosts of the future&lt;/i&gt; est une fiction sp&#233;culative dont les dessins vid&#233;ographiques, les installations, les peintures sur voile ou les sculptures de verre nous plongent dans le laboratoire du chercheur Roderick Norman.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la crois&#233;e des sciences et du fantastique, de l'onirisme et de la g&#233;n&#233;tique, l'artiste inspir&#233;e par des recherches r&#233;centes en pal&#233;og&#233;n&#233;tique nous propose ici un voyage immersif dans l'univers de l'&#171; onirog&#233;n&#233;tique &#187;, une science des r&#234;ves bas&#233;e sur le postulat que l'ADN de nos os renfermerait les secrets de notre esp&#232;ce.&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du squelette d'un inconnu nous pourrions en extraire les visions ? Et pourquoi pas les r&#234;ves de ses vies ant&#233;rieures ! Telles sont les sp&#233;culations de l'artiste Faye Formisano autant inspir&#233;e par les sciences, la danse, la litt&#233;rature, le cin&#233;ma ou le dessin. Ainsi l'exposition dans laquelle elle nous propose de s'immerger jusqu'au 24 mars 2024 &#224; la galerie Universcience de La Cit&#233; des Sciences et de l'Industrie &#224; Paris, s'articule autour des trois questions fondamentales qui l'animent : &#171; combien de r&#234;ves gisent en moi, combien de genres gisent en moi, combien d'esp&#232;ces gisent en moi ? &#187; Outre l'axe de recherche scientifique et le caract&#232;re vertigineux que repr&#233;sentent aujourd'hui les sp&#233;culations sur la data et l'ADN, pour l'artiste qui nourrit une recherche plus large autour de la figure du monstre comme principe de m&#233;tamorphose interrogeant la notion de lien entre l'humain et son milieu, il s'agit bien ici de questionner en chacun de nous, l'influence des entit&#233;s qui nous composent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'un corpus d'&#339;uvres existantes et de cr&#233;ations originales sous les formes de sculptures &#8212; ou artefacts des exp&#233;riences ? &#8212; &lt;i&gt;All the living beings are the ghosts of the future,&lt;/i&gt; tous les &#234;tres vivants sont les fant&#244;mes du futur, nous plonge par une installation sp&#233;cifiquement con&#231;ue pour La Cit&#233; des sciences, dans l'univers du chercheur Roderick Norman et de ses dissections mentales.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20501 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;212&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/014_heaveninmatter_stills_c_cocciaformisano.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH278/014_heaveninmatter_stills_c_cocciaformisano-4371f.jpg?1701784284' width='500' height='278' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Faye Formisano &#8211; Emanuele Coccia
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;capture d'&#233;cran issue de l'&#339;uvre vid&#233;ographique, Heaven in matter, cor&#233;alis&#233;e avec le philosophe Emanuele Coccia. Production : Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_20500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;205&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/012_tdimb-still_018-scaled.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/012_tdimb-still_018-scaled-1bddb.jpg?1701784284' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Faye Formisano, capture de l'&#339;uvre VR &#224; 360&#176; They Dream in My Bones, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Production : Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains. Co-production : Caza d'Oro. Distribution : Diversion Cinema
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On s'y retrouve dans les limbes du film VR st&#233;r&#233;oscopique &lt;i&gt;Insemnopedy II, They Dream in My Bones&lt;/i&gt;, qui fut r&#233;cemment pr&#233;sent&#233; dans de nombreux festivals internationaux tels que le Sundance Festival New frontier aux USA, ou DOK Leipzig en Allemagne, ou encore, au c&#339;ur de l'exposition &lt;i&gt;Chrysalis : The Butterfly Dream&lt;/i&gt; au Centre d'art contemporain de Gen&#232;ve, le Mamco, en 2023. Mais ici, ni casque, ni lunette, ni manette. Le seul dispositif &#034;high tech&#034; si je puis dire, est la projection sur &#233;cran plat d'une fresque vid&#233;ographique, &lt;i&gt;Heaven in matter&lt;/i&gt;, cor&#233;alis&#233;e avec le philosophe Emanuele Coccia, qui en &#233;crit le texte, tandis que Faye Formisano en r&#233;alisa les dessins et l'animation tel un tissage ou un conte transfigurant l'Histoire des vivants et l'imaginaire, dans les m&#233;tamorphoses d'une cartographie du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20503 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;164&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vue-exposition_c_faye-formisano.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH897/vue-exposition_c_faye-formisano-ddf96.jpg?1701784284' width='500' height='897' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Faye Formisano, vue de exposition - Tous les &#234;tres vivants sont les fant&#244;mes du futur &#8211; All the living beings are the ghosts of the future.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Photo Faye Formisano
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans la sc&#233;nographie propos&#233;e &#224; La Cit&#233; des sciences, le public est invit&#233; &#224; entrer physiquement dans les images, en traversant une installation de voiles, peints par l'artiste : une volont&#233; totalement assum&#233;e par Faye Formisano dont la premi&#232;re formation fut celle de designer textile &#224; l'&#201;cole Duperr&#233; &#224; Paris avant d'embrasser une carri&#232;re d'artiste, &#224; l'issue de brillants d&#233;buts dans l'artisanat d'art et l'industrie du luxe, en rejoignant le Studio national des arts contemporains Le Fresnoy &#224; Tourcoing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le de son &#339;uvre cin&#233;matographique et plasticienne, l'artiste qui rentre tout juste d'une r&#233;sidence &#224; La Villa Formose &#224; Ta&#239;wan (XR immersive writing) r&#233;fl&#233;chit notamment &#224; l'&#233;mergence de nouveaux dispositifs de perception immersive, tandis qu'elle poursuit une th&#232;se &#224; l'Universit&#233; de Lille intitul&#233;e &#171; Draper l'image : Usages et fonctions du voile comme manifestation des identit&#233;s troubles dans le cin&#233;ma fantastique &#187; : &#171; &lt;i&gt;Le voile renvoie &#224; la notion de trouble, il incarne la fluidit&#233; et permet de nous situer entre la vie et la mort, le masculin et le f&#233;minin, l'humain et le non-humain&lt;/i&gt; &#187;, dit-elle dans l'amorce d'une r&#233;flexion m&#233;taphysique qui tend &#224; ouvrir et d&#233;placer l'objet de nombreux d&#233;bats essentiellement centr&#233;s sur des questions d'ordre religieux ou politique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20502 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;176&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/autopsie_d_un_reve_voiledeverrefaye-formisano.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH665/autopsie_d_un_reve_voiledeverrefaye-formisano-38ea5.jpg?1772191600' width='500' height='665' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Faye Formisano, Autopsie d'un r&#234;ve &#8211; Voiles de verre, s&#233;rie, 2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Peinture, sculpture email, verre. Mise en forme par l'artisane verri&#232;re &#201;lise Dufour &#169;Photo Faye Formisano.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans des vitrines, &#224; l'entr&#233;e d'une deuxi&#232;me salle &#8212; cabinet de curiosit&#233; du Docteur Norman ? &#8212; quelques indices : une cage thoracique, une for&#234;t ou d'autres parties du squelette semblent fossilis&#233;s dans la mati&#232;re (peinte &#224; l'&#233;mail par l'artiste et mise en forme par la verri&#232;re &#201;lise Dufour), d&#233;multipliant les interpr&#233;tations d'autant de visions fantasm&#233;es, inscrites &#224; la surface du verre, son voile, qu'il nous faut encore d&#233;crypter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus que l'illustration d'une d&#233;couverte &#233;difiante, &lt;i&gt;All the living beings are the ghosts of the future&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;Tous les &#234;tres vivants sont les fant&#244;mes du futur&lt;/i&gt;, est une hypoth&#232;se qui, en nous, vient semer le trouble. C'est une exp&#233;rience propice &#224; l'introspection, qui transcende les questions identitaires de territoires, de genres, de race ou d'esp&#232;ce ; une intuition po&#239;&#233;tique dont le mouvement vibratoire nous met &#224; l'&#233;coute de notre propre corps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/les-speculations-onirogenetiques-de-faye-formisano-a-la-cite-des-sciences/" class="spip_out"&gt;L'article dans ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Informations&lt;/strong&gt; &gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Tous les &#234;tres vivants sont les fant&#244;mes du futur&lt;/i&gt; : une exposition de Faye Formisano avec la participation d'Emanuele Coccia, jusqu'au 24 mars 2024. Conseiller scientifique Universcience : Ga&#235;l Cherbau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cit&#233; des sciences et de l'industrie, 30, avenue Corentin-Cariou 75019 Paris. Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10h &#224; 18h, et jusqu'&#224; 19h le dimanche. T&#233;l. : 01 40 05 80 00. cite-sciences.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visuel d'ouverture &gt; Faye Formisano, vue de l'exposition &#224; La Cit&#233; des sciences &lt;i&gt;Tous les &#234;tres vivants sont les fant&#244;mes du futur&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;All the living beings are the ghosts of the future&lt;/i&gt;. &#169;Photo Faye Formisano&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'art de la R&#233;union ici et maintenant</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-art-de-la-Reunion-ici-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/L-art-de-la-Reunion-ici-et</guid>
		<dc:date>2023-11-01T12:34:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandra Boucherifi et ArtsHebdoM&#233;dias</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Outre-Mer</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;union</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Face &#224; la diversit&#233; et &#224; la qualit&#233; des propositions plastiques, Ast&#232;r At&#232;rla (&#171; ici et maintenant &#187;) d&#233;clenche d&#232;s la premi&#232;re salle une soif de d&#233;couverte pour l'art actuel de la R&#233;union. En effet, le Centre de cr&#233;ation contemporaine Olivier-Debr&#233;, &#224; Tours, offre une lecture in&#233;dite et captivante de l'art contemporain r&#233;unionnais &#8211; auquel nous n'avons h&#233;las que peu acc&#232;s &#8211;, &#224; travers un parcours &#233;clectique, riche en m&#233;diums, r&#233;flexions, et pistes &#224; explorer. &#338;uvres peintes, tiss&#233;es, sculpt&#233;es, film&#233;es, install&#233;es et photographi&#233;es sont au c&#339;ur de la d&#233;couverte.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Lire-ecrire" rel="directory"&gt;Voir, Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Outre-Mer" rel="tag"&gt;Outre-Mer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Reunion" rel="tag"&gt;R&#233;union&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH126/arton2367-64526.jpg?1772207113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; la diversit&#233; et &#224; la qualit&#233; des propositions plastiques, Ast&#232;r At&#232;rla (&#171; ici et maintenant &#187;) d&#233;clenche d&#232;s la premi&#232;re salle une soif de d&#233;couverte pour l'art actuel de la R&#233;union. En effet, le Centre de cr&#233;ation contemporaine Olivier-Debr&#233;, &#224; Tours, offre une lecture in&#233;dite et captivante de l'art contemporain r&#233;unionnais &#8212; auquel nous n'avons h&#233;las que peu acc&#232;s &#8212;, &#224; travers un parcours &#233;clectique, riche en m&#233;diums, r&#233;flexions, et pistes &#224; explorer. &#338;uvres peintes, tiss&#233;es, sculpt&#233;es, film&#233;es, install&#233;es et photographi&#233;es sont au c&#339;ur de la d&#233;couverte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des collectivit&#233;s et territoires fran&#231;ais d'outre-mer (DOM-COM), on connait peu les productions artistiques, &#224; la fois faiblement relay&#233;es par les m&#233;dias et insuffisamment expos&#233;es en m&#233;tropole. Ainsi, d&#233;couvrir la richesse de la sc&#232;ne contemporaine r&#233;unionnaise est une aubaine offerte par le Centre de cr&#233;ation contemporaine Olivier-Debr&#233; (CCC OD), en collaboration avec le FRAC R&#233;union et la Ville de Tours. Cette exposition itin&#233;rante, dont la prochaine &#233;tape sera la Friche la Belle de Mai, &#224; Marseille, en 2024, r&#233;unit trente-quatre artistes, et d&#233;ploie leurs &#339;uvres en offrant leurs approches de l'art d'aujourd'hui dans le centre d'art tourangeau. Une proposition plurielle et interg&#233;n&#233;rationnelle permettant d'appr&#233;cier la vari&#233;t&#233; de l'art d'Outre-mer, entre m&#233;moires et modernit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je &#187; n'est pas permis, puisque &#171; toi &#187; est &#224; d&#233;finir ! Voici que survient une rencontre dans les pulsations rythm&#233;es de nos r&#233;alit&#233;s. Ast&#232;r At&#232;rla nous d&#233;voile Hasawa, en guise d'incipit d'un long texte t&#233;moignant de la personnalit&#233; multiple de la R&#233;union, dans le catalogue. Les &#339;uvres pr&#233;sent&#233;es interrogent tour &#224; tour les migrations, la soci&#233;t&#233; postcoloniale, l'hybridation culturelle, les questions de territoire, d'&#233;cologie, de genre, et de cr&#233;olit&#233;. Nous d&#233;ambulons ainsi parmi les sculptures po&#233;tiques et mystiques bois&#233;es d'Hasawa, faisant &#233;cho &#224; l'approche po&#233;tique et engag&#233;e de son a&#238;n&#233; Christian Jalma, surnomm&#233; Pink Floyd ; les c&#233;l&#232;bres pochoirs de personnes Cafre (personnes noires de l'Afrique australe en cr&#233;ole) de Wilhiam Zitte, inventeur du concept d'&#171; artcr&#233;ologie &#187;, une approche arch&#233;ologique du monde cr&#233;ole ; les tentures &#224; base de cendres v&#233;g&#233;tales et les graines en c&#233;ramique surdimensionn&#233;es d'Alice Aucuit ; les v&#234;tements inhabit&#233;s en galets de St&#233;phanie Brossard proposant une approche min&#233;rale de l'&#238;le ; la somptueuse robe v&#233;g&#233;tale de Tatiana Patchama accompagn&#233;e de parures en feuilles s&#233;ch&#233;es, les portraits g&#233;n&#233;reux et politiques d'Anie Matois&#8230; Ainsi se croisent corps visibles et invisibles tout au long de ce dense parcours.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20296 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;90&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH630/anie_matois_autoportrait_-_body_painting_2022_peinture_a_l_huile__courtesy_de_l_artiste-46c6e.jpg?1698785168' width='500' height='630' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Anie Matois, Autoportrait Body Painting, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;peinture a&#768; l'huile, Courtesy de l'artiste
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Arpentant ces chemins, nous apprenons des rituels lointains comme ceux de Florans F&#233;liks Waro avec les femmes du Ron Fanm Kazkabar (le rond des femmes Kazkabar), cr&#233;ant ensemble une &#339;uvre &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt; dans la ravine de Saint-Paul, fabriqu&#233;e &#224; partir de lianes, de cheveux, d'&#233;ponges, de tissus. Cr&#233;ation au cours de laquelle les femmes &#233;changent pens&#233;es et savoir-faire de la culture cr&#233;ole, entre chants, tressages et r&#233;flexions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chez Jean-Claude Jolet comme chez le duo Kid Kr&#233;ol &amp; Boogie, &#224; la crois&#233;e des cultures hybrides, s'inscrivent des odes dessin&#233;es ou sculpt&#233;es, au m&#233;tissage et &#224; l'identit&#233; cr&#233;ole, &#224; travers la figure de Saint-Exp&#233;dit, &#171; Ti bondieu &#187; comme on aime le nommer en cr&#233;ole, sous forme d'oratoires rouges que l'on croise, ici et l&#224;, sur les routes de l'&#238;le ou devant les habitations.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH580/jean-claude_jolet_ex_pe_i_2009._bois_acier_cire_paraffine_colore_e__c_photo_abk-b34df.jpg?1698785168' width='500' height='580' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean Claude Jolet, Ex pe&#769;i, 2009
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Bois, acier, cire, paraffine colore&#769;e &#169;Photo ABK
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le saint catholique populaire &#224; la R&#233;union (en Guadeloupe, en Ha&#239;ti et au Br&#233;sil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;moire et Histoire : le culte de Saint-Exp&#233;dit &#224; la R&#233;union, Nancy (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) est pri&#233; pour des demandes urgentes. Tel un symbole du vivre ensemble, il est &#233;galement invoqu&#233; par la communaut&#233; hindoue de l'&#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inspir&#233; par le vivant, Thierry Cheyrol dessine des formes que l'on attribue aux plus petits organismes. &#192; moins qu'elles ne soient &#224; l'&#233;chelle cosmique ? Le myst&#232;re reste entier. Ces organismes sont-ils r&#233;els ou imagin&#233;s, r&#233;cents ou remontant &#224; des temps ancestraux ? L'artiste nous donne &#224; explorer ces territoires sans fronti&#232;res, aussi &#233;nigmatiques et pluriels que l'&#238;le elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/thierry_cheyrol_amibiae_4_2022_feutres_pointes_fines_et_couleurs__courtesy_de_l_artiste.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH358/thierry_cheyrol_amibiae_4_2022_feutres_pointes_fines_et_couleurs__courtesy_de_l_artiste-fd87a.jpg?1698785168' width='500' height='358' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Thierry Cheyrol, Amibiae 4, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;feutres pointes fines et couleurs, Courtesy de l'artiste
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par le prisme de la cr&#233;ation contemporaine, la jeune garde, &#224; l'instar d'Anie Matois, t&#233;moigne des recherches actuelles sur les questions de genre, l'acceptation du corps, et int&#232;gre les probl&#233;matiques postcoloniales. Brandon Gercara cherche &#224; d&#233;construire les mod&#232;les dominants dans ce contexte, favorisant un &#233;lan d'&#233;mancipation des personnes vivant &#224; la R&#233;union, dans toute la diversit&#233; qu'elles offrent. Abel Techer prolonge ces r&#233;flexions &#224; travers de sublimes peintures autofictionnelles agr&#233;ment&#233;es de papiers peints repr&#233;sentatifs de l'exotisme colonial qu'il remet en question. St&#233;phanie Hoareau pose son regard sur les figures dites marginales de l'&#238;le, cr&#233;ant ainsi de nouveaux r&#233;cits picturaux. Quant &#224; Prudence Tetu, elle pr&#233;sente notamment &#171; Tapi militan &#187;, un &lt;i&gt;tapi mendian&lt;/i&gt; (tapis mendiant), compos&#233; d'un patchwork de tissus cousus bord &#224; bord et &#224; l'effigie des slogans et logos des luttes f&#233;ministes et contre la colonisation depuis les ann&#233;es soixante. La pi&#232;ce expos&#233;e comme une peinture &#233;volue au fil du temps en se dotant de nouveaux apports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des expressions plastiques de ce parcours t&#233;moigne d'un patrimoine r&#233;unionnais qui n'a absolument rien &#224; envier au reste du monde, et que l'on esp&#232;re voir appara&#238;tre prochainement dans les collections des mus&#233;es d'art contemporain, au m&#234;me titre que les &#339;uvres des artistes de la m&#233;tropole et internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; suivre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;114&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH568/prudence_tetu_tapi_militan_2022_-_in_progress_broderie_a_la_main_couture_tapis_mendiant__courtesy_de_l_artiste-b7b88.jpg?1698785168' width='500' height='568' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Prudence Tetu, Tapi militan, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;in progress, broderie a&#768; la main couture tapis mendiant, Courtesy de l'artiste
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#233;moire et Histoire : le culte de Saint-Exp&#233;dit &#224; la R&#233;union, Nancy Gauthier, 2008, Presses universitaires de Rennes. P. 133-145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Article original :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/lart-de-la-reunion-ici-et-maintenant/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.artshebdomedias.com/article/lart-de-la-reunion-ici-et-maintenant/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Artistes invit&#233;s&gt; Mounir Allaoui, Alice Aucuit, Jack Beng-thi, Catherine Boyer, Lolita Bourdon, St&#233;phanie Brossard, Jimmy Cadet, Sonia Charbonneau, Emma di Orio, Morgan Fache, Florans F&#233;liks Waro et le rond des femmes Kazkabar, Brandon Gercara, Hasawa, Esther Hoareau, St&#233;phanie Hoareau, Christian Jalma, Kid Kreol &amp; Boogie, Jean-Marc Lacaze, Gabrielle Manglou, Masami, Anie Matois, Sanjeeyann Pal&#233;atchy, Tatiana Patchama, Ti&#233;ri Rivi&#232;re, Prudence Tetu, Wilhiam Zitte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact&gt; &lt;a href=&#034;https://cccod.fr/exposition/aster-aterla/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ast&#232;r At&#232;rla&lt;/strong&gt; (&#171; ici et maintenant &#187;)&lt;/a&gt;, jusqu'au 7 janvier 2024 au CCC OD, &#224; Tours, puis &#224; la Friche Belle de Mai, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture&gt; Tatiana Patchama, Il y aura t-il un autre jour ?, 2023. &#169;Photo ABK&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lauren Huret</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Lauren-Huret</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Lauren-Huret</guid>
		<dc:date>2023-10-01T14:10:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>
		<dc:subject>dystopie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pendant le 23&#7497; congr&#232;s de la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise des Sciences de l'Information et la Communication (SFSIC) &#224; l'IUT Bordeaux Montaigne, l'exposition Info Data Art r&#233;unit 4 &#339;uvres de 4 artistes singuli&#232;rement pr&#233;occup&#233;s par ces sujets : David Guez avec Disque dur papier, Lauren Huret avec Praying for my haters, Olga Kisseleva avec Memory Garden, et B&#233;r&#233;nice Serra avec Customs, r&#233;alis&#233;e par Marie-Laure Desjardins. Ici, celle de Lauren Huret.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/dystopie" rel="tag"&gt;dystopie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2344-6b914.jpg?1772207114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant le 23&#7497; congr&#232;s de la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise des Sciences de l'Information et la Communication (SFSIC) &#224; l'IUT Bordeaux Montaigne, l'exposition Info Data Art r&#233;unit 4 &#339;uvres de 4 artistes singuli&#232;rement pr&#233;occup&#233;s par ces sujets : David Guez avec Disque dur papier, Lauren Huret avec Praying for my haters, Olga Kisseleva avec Memory Garden, et B&#233;r&#233;nice Serra avec Customs. ArtsHebdoM&#233;dias pr&#233;sente ici l'&#339;uvre de Lauren Huret.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;alis&#233;e par Marie-Laure Desjardins, cette s&#233;lection se consacre tout particuli&#232;rement aux donn&#233;es num&#233;riques et s'interroge sur les questions de circulation de l'information dans l'espace public, la tra&#231;abilit&#233; de l'information et des donn&#233;es, l'organisation du travail dans les entreprises de contenus num&#233;riques et sur les langages de programmation informatique. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste Lauren Huret est partie &#224; Manille, aux Philippines, en juin 2018, afin d'enqu&#234;ter sur le travail des mod&#233;ratrices et mod&#233;rateurs de contenu, expos&#233;s &#224; des milliers d'images traumatisantes chaque jour. Ces personnes, engag&#233;es par les entreprises des r&#233;seaux sociaux tels que Facebook et Instagram, trient sans rel&#226;che les &#171; contenus utilisateurs &#187; pouvant circuler sur les plateformes en ligne et d&#233;terminent de leur libre circulation. Lauren Huret interroge les cons&#233;quences psychiques et physiques de ce travail &#224; travers son concept d'&#171; images maudites &#187;, ainsi que ses effets &#224; long terme pour nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'artiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lauren Huret est une artiste, qui vit et travaille &#224; Gen&#232;ve. Elle a &#233;tudi&#233; &#224; l'universit&#233; Bordeaux Montaigne, aux Beaux-Arts de Bordeaux et &#224; la Haute &#233;cole d'art et de design (HEAD), &#224; Gen&#232;ve. Son travail visuel, ainsi que ses recherches, compos&#233;s principalement de vid&#233;os, d'installations, de performances et de collages, s'attachent &#224; mettre en lumi&#232;re les syst&#232;mes de croyance produits par nos dispositifs techniques et m&#233;diatiques. Elle a publi&#233; &#224; ce jour cinq ouvrages dont Artificial fear, Intelligence of Death, &#233;d. Link, co-pub. Kunsthaus Langenthal, 2016 ; L'&#226;ge des techniciens, avec Pac&#244;me Thiellement, &#233;d. Clinamen, 2017 et Praying for my haters, &#233;d. CCS Paris, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du parcours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parler de mon parcours oblige &#224; revenir au temps marquant de la pr&#233;adolescence. N&#233;e &#224; Paris au milieu des ann&#233;es 1980, j'ai grandi &#8211; de 9 &#224; 14 ans &#8211; aux Cara&#239;bes, &#224; l'&#233;poque du d&#233;veloppement du Web. Dans cette r&#233;gion o&#249; des pratiques religieuses diverses s'imbriquent, la magie est tr&#232;s pr&#233;sente. Alors que mon imaginaire en &#233;tait impr&#233;gn&#233;, mes parents ont acquis un ordinateur. Cette &#171; apparition &#187; m'a passionn&#233;e au point que j'ai voulu comprendre le fonctionnement de l'appareil dans les moindres d&#233;tails. Le r&#233;alisme magique du lieu a transform&#233; les outils de communication et d'information en objets magiques de transmission d'affect. La question du spectre m'a longtemps habit&#233;e. Ce rapprochement entre cybern&#233;tique, technologies, d&#233;veloppement des r&#233;seaux d'une part, et syst&#232;mes de pens&#233;e li&#233;s &#224; la spiritualit&#233; ou au mysticisme, d'autre part, ont &#233;t&#233; mis en &#233;vidence par Erik Davis dans TechGnosis : Mythes, Magie et Mysticisme dans l'&#232;re de l'Information. Un livre qui m'a beaucoup int&#233;ress&#233;e. J'ai, d'ailleurs, rencontr&#233; l'auteur des ann&#233;es plus tard aux &#201;tats-Unis. Il faut &#233;galement souligner que je n'ai jamais r&#233;fl&#233;chi &#224; devenir autre chose qu'artiste &#8212; peut-&#234;tre un temps journaliste, mais ce f&#251;t &#233;ph&#233;m&#232;re &#8212; et je n'ai jamais quitt&#233; les pr&#233;occupations n&#233;es aux Cara&#239;bes. &#192; la sortie des Beaux-Arts de Bordeaux, j'ai organis&#233; des expositions en tant que commissaire et j'ai aussi mont&#233; une revue d'art contemporain qui s'appelait Superstition, puis j'ai obtenu un master &#224; la Haute &#233;cole d'art et de design de Gen&#232;ve et en suivant un poste dans son d&#233;partement Recherche. Poste qui a beaucoup influenc&#233; ma pratique actuelle car j'y ai appris des m&#233;thodologies, issues de l'anthropologie et de la sociologie, que je me suis appropri&#233;e et dont je me sers pour mes projets. J'ai r&#233;alis&#233; des questionnaires pour presque tous mes projets, que ce soient ceux concernant l'IA, les mod&#233;rateurs de contenus, ou aujourd'hui l'image sacr&#233;e. Cependant mon travail est artistique et non scientifique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du processus cr&#233;atif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pars souvent d'un sujet auquel je ne connais pas grand-chose et qui m'intrigue. Que se passe-t-il derri&#232;re un &#233;cran ? Comment les informations sont-elles transmises ? Quel est le fonctionnement des entreprises li&#233;es &#224; l'information et &#224; la communication ? Etc. Plus je vieillis, plus je m'int&#233;resse aussi aux cons&#233;quences politiques. Je pars d'un int&#233;r&#234;t pour une question en lien avec l'actualit&#233;, puis je r&#233;alise des recherches. Je creuse. Quand j'ai commenc&#233; &#224; travailler sur l'intelligence artificielle en 2015, &#224; travers le sujet pr&#233;cis de ses mythes et fantasmes, j'avais le sentiment que notre quotidien allait &#234;tre boulevers&#233; par cette avanc&#233;e technologique, que l'IA, telle qu'elle &#233;tait en train de se d&#233;finir, allait impacter nos comportements et nos id&#233;es. Ce qui m'int&#233;resse toujours, c'est de mettre en &#233;vidence les processus de transformation li&#233;s aux technologies de l'information et de la communication. J'ai beaucoup travaill&#233; sur le smartphone, par exemple. Depuis 2015, j'ai int&#233;gr&#233; l'hypnose dans ma pratique. La premi&#232;re pi&#232;ce &#233;tait une performance, Relaxing Data, sorte de voyage guid&#233; dans le temps qui commen&#231;ait en 1984 &#8212; ann&#233;e de ma naissance, mais aussi titre du c&#233;l&#232;bre roman dystopique d'Orwell &#8212; et se terminait en 2016. Je d&#233;crivais les avanc&#233;es technologiques, les unes apr&#232;s les autres, et demandais aux participants de d&#233;tendre certaines parties de leur corps au fur et &#224; mesure du r&#233;cit. Naissait alors une contradiction entre l'injonction &#224; se rel&#226;cher tout en recevant des informations stressantes sur l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; allant vers toujours plus de surveillance. J'utilise &#233;galement l'hypnose pour produire certains textes, obtenir un mat&#233;riel plus profond d'&#233;criture. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;135&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vue_de_l_exposition_info_data_art_plateau-te_le_de_l_iut_universite_bordeaux_montaigne._sur_les_e_crans_praying_for_haters__c_photo_mld.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH342/vue_de_l_exposition_info_data_art_plateau-te_le_de_l_iut_universite_bordeaux_montaigne._sur_les_e_crans_praying_for_haters__c_photo_mld-42067.jpg?1695309378' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vue de l'exposition Info Data Art
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;plateau-t&#233;l&#233; de l'IUT, Universit&#233; Bordeaux Montaigne. Sur les &#233;crans Praying for Haters. &#169;Photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de Praying for Haters&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Praying for Haters est la premi&#232;re pi&#232;ce dont j'ai &#233;crit le texte quasiment int&#233;gralement sous hypnose. C'&#233;tait important pour ce sujet qui traite des mod&#233;rateurs de contenu dont le travail impacte fortement le subconscient. Tout a commenc&#233; avec un article d'Adrian Chen dans le magazine am&#233;ricain Wired. Le journaliste y expliquait la situation alarmante des milliers de personnes qui trient &#224; longueur de journ&#233;e les contenus des r&#233;seaux sociaux, comme Facebook et Instagram, et sont expos&#233;s &#224; des images insoutenables, en plus d'&#234;tre transform&#233;s en censeurs. J'apprenais &#224; cette occasion que ce ne sont pas des algorithmes, mais des humains qui effectuent ces t&#226;ches, contrairement &#224; ce que les entreprises du Web laissent entendre. Je suis partie aux Philippines pendant un mois pour tenter d'&#233;tablir les faits et recueillir sur place des t&#233;moignages, mais cela n'a pas &#233;t&#233; possible. Les employ&#233;s ont des contrats de confidentialit&#233; tr&#232;s stricts et ils sont &#233;troitement surveill&#233;s. Les seuls &#233;changes que j'ai pu avoir ont &#233;t&#233; num&#233;riques et les informations dramatiques : quelques mois &#224; trier les contenus des r&#233;seaux suffisent pour d&#233;truire psychologiquement les employ&#233;s, de nombreux suicides sont d&#233;plor&#233;s. J'ai voulu mettre le point sur ces images que je qualifie de &#171; maudites &#187;. Praying for my Haters est une sorte de portrait tr&#232;s sombre de cette situation. J'ai ouvert chaque fen&#234;tre du b&#226;timent film&#233; pour y diffuser ces &#171; images maudites &#187;, que j'ai r&#233;ussi &#224; enregistrer avant leur censure. Les notes de musique qui hantent la vid&#233;o sont extraites d'un enregistrement r&#233;alis&#233; dans un karaok&#233;, &#224; Manille. Praying for Haters fait partie d'un ensemble de pi&#232;ces con&#231;ues pour une exposition monographique pr&#233;sent&#233;e &#224; Paris, au Centre culturel suisse, en 2019. &#192; signaler, le tr&#232;s int&#233;ressant documentaire, sorti en 2018, The Cleaners (Les Nettoyeurs du Web) de Hans Block et Moritz Riesewieck, avec lesquels j'ai &#233;t&#233; en relation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos des technologies de l'information et de la communication&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je m'int&#233;resse &#224; l'aspect &#8220;magique&#8221; de la transmission des informations et des affects. Comment ces nouvelles mani&#232;res de communiquer entre humains impactent nos usages, notre environnement, et les modifient. J'ai le sentiment que nous sommes devenus ces technologies. Dans une performance r&#233;cente, je propose aux participants de devenir, sous hypnose, un satellite et de regarder la Terre d'en haut. Je cherche &#224; comprendre comment nous interpr&#233;tons ce que nous n'arrivons pas &#224; comprendre, comment nous appliquons nos mythes, fantasmes, imaginaires&#8230; aux technologies de l'information et de la communication. Il est tr&#232;s rare de trouver quelqu'un qui puisse expliquer le fonctionnement d'un ordinateur. Pourtant ces objets font partie de notre quotidien. L'image, qui s'affiche quasi myst&#233;rieusement, induit un caract&#232;re magique &#224; l'information retranscrite. Pour ma part, j'ai fait la d&#233;marche d'apprendre et de comprendre l'ordinateur et ses usages. Comment entreprendre de d&#233;mystifier quelque chose que l'on ne conna&#238;t pas ? Je m'impose toujours une double dynamique, d'abord un processus de d&#233;mystification puis une mani&#232;re artistique et fantasque d'exprimer cette derni&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du r&#244;le de l'artiste au XXI&#7497; si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans la logique de ce qui pr&#233;c&#232;de, peut-&#234;tre pourrions-nous dire que le r&#244;le de l'artiste est double et contradictoire, &#224; la fois il doit d&#233;mystifier et &#8220;remystifier&#8221;. Je ne m'int&#233;resse pas &#224; la figure h&#233;ro&#239;que ou g&#233;niale de l'artiste, telle qu'elle a pu &#234;tre impos&#233;e en d'autres temps. Seules les &#339;uvres peuvent &#234;tre importantes. La question n'est pas tant qu'elles soient en mesure de d&#233;noncer quelque chose mais plut&#244;t qu'elles trouvent des moyens diff&#233;rents, percutants, pour attirer l'attention et la r&#233;flexion de ceux qui les croisent. Le r&#244;le de l'artiste est peut-&#234;tre d'&#233;tablir ce processus de transformation pour transmettre les histoires qui le traversent, proposer de voir et de comprendre autrement. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/lauren-huret-de-limage-maudite-a-limage-sacree/" class="spip_out"&gt;Voir dans Arts Hebdo M&#233;dia&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture &gt; Praying for my haters, Lauren Huret, 2019. Boucle vid&#233;o 4K, 17'. Cr&#233;ation sonore : Antoine Bellini et Lauren Huret. Coproduction : Centre culturel suisse Paris, Pro Helvetia.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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