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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Souviens-toi</title>
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		<dc:date>2025-12-28T16:46:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>m&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Smaris Elaphus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et si l'histoire de l'art n'&#233;tait qu'une immense conversation avec la m&#233;moire ? Depuis la Titanide Mn&#233;mosyne jusqu'aux bases de donn&#233;es des intelligences artificielles, l'humanit&#233; n'a cess&#233; de chercher &#224; retenir, transmettre, actualiser et construire ce qu'elle ne voulait pas oublier. Peintures, sculptures, architectures, livres, images num&#233;riques sont autant de formes qui portent le souvenir des hommes et des &#233;poques qu'ils ont travers&#233;es. Avec ce texte, Marie-Laure Desjardins retrace les grands tournants de cette relation entre arts et m&#233;moire, et rappelle que celle-ci n'existe pas sans un regard pour l'habiter, un geste pour la fixer, et une sensibilit&#233; pour l'interroger.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/memoire" rel="tag"&gt;m&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Smaris-Elaphus" rel="tag"&gt;Smaris Elaphus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH64/arton2783-15c33.jpg?1772186898' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='64' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si l'histoire de l'art n'&#233;tait qu'une immense conversation avec la m&#233;moire ? Depuis la Titanide Mn&#233;mosyne jusqu'aux bases de donn&#233;es des intelligences artificielles, l'humanit&#233; n'a cess&#233; de chercher &#224; retenir, transmettre, actualiser et construire ce qu'elle ne voulait pas oublier. Peintures, sculptures, architectures, livres, images num&#233;riques sont autant de formes qui portent le souvenir des hommes et des &#233;poques qu'ils ont travers&#233;es. Avec ce texte, Marie-Laure Desjardins retrace les grands tournants de cette relation entre arts et m&#233;moire, et rappelle que celle-ci n'existe pas sans un regard pour l'habiter, un geste pour la fixer, et une sensibilit&#233; pour l'interroger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au commencement &#233;tait Mn&#233;mosyne. Fille d'Ouranos et de Ga&#239;a, la Titanide est la figure tut&#233;laire de ceux qui &#233;crivent et enseignent. D'apr&#232;s la Th&#233;ogonie d'H&#233;siode, Zeus tomba amoureux de cette d&#233;esse et s'unit &#224; elle pendant neuf nuits cons&#233;cutives. Chaque &#233;treinte fut &#224; l'origine d'une Muse et offrit au monde une source d'inspiration. La d&#233;sirable Mn&#233;mosyne, qui garde en elle le souvenir de toutes choses, transmit &#224; ses filles le pouvoir de chanter, raconter et faire rena&#238;tre ce qui ne doit &#234;tre oubli&#233;. Ainsi, furent engendr&#233;es les neuf voix immortelles de l'art et du savoir : Calliope (po&#233;sie &#233;pique et &#233;loquence), Clio (histoire), Erato (po&#233;sie lyrique et &#233;l&#233;gie amoureuse), Euterpe (musique et chant), Melpom&#232;ne (trag&#233;die), Polymnie (chants sacr&#233;s et rh&#233;torique), Terpsichore (danse et chant choral), Thalie (com&#233;die et po&#233;sie pastorale) et Uranie (astronomie et astrologie). Dans ce mythe inaugural, la m&#233;moire n'est pas seulement un r&#233;servoir d'informations, d'&#233;v&#233;nements et d'images pass&#233;es, mais le fondement m&#234;me de la cr&#233;ation, une puissance productrice de ce qui se voit et s'entend, de ce qui se collecte et se transmet. Selon la g&#233;n&#233;alogie des mots, le mus&#233;e est ce lieu o&#249; se perp&#233;tue l'&#233;nergie de cette m&#233;moire vivante, transmise par les &#339;uvres et anim&#233;e par le souffle des Muses. Or, dans notre pr&#233;sent bruyant et satur&#233; de tout, que reste-t-il de cette antique source d'inspiration ? Comment l'art se souvient-il ? Et comment se construit sa m&#233;moire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dessin comme outil de pens&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23014 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/calliope_sarcophagus_louvre_ma475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L482xH800/calliope_sarcophagus_louvre_ma475-28cd4.jpg?1772188330' width='482' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Calliope
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De Platon &#224; Perec, la m&#233;moire a chang&#233; de forme sans cesser d'interroger le lien entre le visible et l'invisible, entre l'&#233;v&#233;nement et son &#233;cho, entre le geste et sa survivance. Chez Platon, elle &#233;tait un acc&#232;s &#224; une v&#233;rit&#233; atemporelle ; chez Aristote, elle devint une interface entre la pens&#233;e rationnelle et le sensible. Au Moyen &#194;ge, cette vertu de la prudence se pr&#233;senta aussi comme une architecture mentale dans laquelle il &#233;tait possible d'apprendre &#224; se d&#233;placer, un art au service de la foi. Dans la salle capitulaire, Hugues de Saint-Victor (v. 1096-1141) expliquait l'utilit&#233; de ses arbres mn&#233;motechniques, des sch&#233;mas destin&#233;s &#224; restituer les liens logiques et hi&#233;rarchiques entre des concepts complexes, &#224; une &#233;poque o&#249; l'apprentissage reposait essentiellement sur la capacit&#233; de l'&#233;l&#232;ve &#224; m&#233;moriser et &#224; reproduire. La Renaissance renouvela cette approche. Les carnets de L&#233;onard de Vinci (1452-1519) &#8211; plus de 6 000 pages conserv&#233;es sous forme de codex et de feuillets &#233;pars &#8211; constituent bien plus qu'un simple journal, ils forment pour l'artiste une m&#233;moire externalis&#233;e, o&#249; se tisse un dialogue entre observation, invention et imagination. Toutes les disciplines s'y c&#244;toient &#8211; anatomie, hydraulique, botanique, m&#233;canique, peinture, architecture, optique, g&#233;om&#233;trie, astronomie&#8230; &#8211; dans une volont&#233; de saisir l'ensemble du r&#233;el. Un croquis anatomique peut c&#244;toyer le m&#233;canisme d'un engrenage, une &#233;tude de la croissance d'un arbre, l'esquisse d'un tableau. Pour le savant, le dessin est un outil de pens&#233;e, permettant d'enregistrer ses observations mais aussi d'organiser ses connaissances et d'en faciliter le rappel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23015 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/clio_sarcophagus_louvre_ma475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L408xH800/clio_sarcophagus_louvre_ma475-1ef3e.jpg?1772188330' width='408' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Clio
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Giordano Bruno (1548-1600) poussera l'exercice plus loin encore. Cette autre grande figure de la Renaissance italienne imagine une structure mentale spatialis&#233;e o&#249; chaque &#233;l&#233;ment visible (plan&#232;te, &#233;toile, constellation, figure mythologique) devient un support mn&#233;monique correspondant &#224; un principe, un souvenir ou un savoir. T&#233;moin d'une pens&#233;e qui associe science, philosophie, po&#233;sie, forces du vivant et religion, le th&#233;&#226;tre cosmique de Bruno est surtout une d&#233;monstration du lien intime entre l'esprit humain et l'univers, th&#233;orie qui le conduira &#224; sa perte. Avec lui, l'art de la m&#233;moire atteint une dimension cosmologique &#8211; attis&#233;e peut-&#234;tre par cette r&#233;volution que f&#251;t l'invention de l'imprimerie. Stock&#233; et reproductible, l'&#233;crit marginalise peu &#224; peu les exercices mn&#233;motechniques et de visualisation h&#233;rit&#233;s des si&#232;cles pass&#233;s. La m&#233;moire peut d&#233;sormais &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;e. Biblioth&#232;ques, recueils, compilations&#8230; assurent une conservation et une circulation des textes &#224; une &#233;chelle in&#233;dite. Non seulement cette nouveaut&#233; &#233;largit l'acc&#232;s au savoir, mais permet aussi la diffusion des id&#233;es tout en rendant progressivement obsol&#232;tes les m&#233;thodes classiques de m&#233;morisation. L'imprim&#233; supplante le sensible : inutile de retenir mentalement un corpus, car il est possible de s'appuyer sur les livres pour &#233;tudier, composer, citer, transformer. En rendant le savoir disponible &#224; un public &#233;largi, l'imprim&#233; suscita rapidement des interrogations. Allait-il favoriser une forme d'amn&#233;sie collective, en dispensant chacun de l'effort de m&#233;morisation ? Allait-il encourager la paresse intellectuelle ou, au contraire, amplifier les capacit&#233;s de r&#233;flexion et d'analyse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand le livre enrichit la m&#233;moire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23016 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/erato_sarcophagus_louvre_ma475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L452xH800/erato_sarcophagus_louvre_ma475-27c3d.jpg?1772188330' width='452' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Erato
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des techniques montre que toute innovation majeure est d'abord suspect&#233;e de menacer sournoisement les humains, tant dans leur capacit&#233; &#224; penser qu'&#224; travailler, alors m&#234;me qu'elle na&#238;t d'un d&#233;sir de lib&#233;ration et d'expansion de ces m&#234;mes facult&#233;s. De par sa nature, le livre imprim&#233; offrait la possibilit&#233; d'&#233;largir ce que la psychologie contemporaine nomme son espace p&#233;ripersonnel, un environnement situ&#233; au-del&#224; de celui que l'individu est capable d'atteindre physiquement et dans lequel il peut d&#233;ployer ses potentialit&#233;s d'action et de r&#233;flexion. Dor&#233;navant, un auteur pouvait communiquer directement sa vision, son savoir ou son interpr&#233;tation du monde, sans d&#233;pendre de la fid&#233;lit&#233; d'un disciple ou d'une transmission orale sujette aux alt&#233;rations. L'&#233;crit s'&#233;rigeait en r&#233;f&#233;rence stable, v&#233;rifiable et transmissible &#224; grande &#233;chelle. Dans ce nouveau contexte, la m&#233;moire cessait progressivement d'&#234;tre envisag&#233;e comme un r&#233;servoir &#224; remplir d'un savoir universel pour devenir un outil de construction personnelle : un capital intellectuel unique, form&#233; par l'exp&#233;rience et les choix d'un seul individu. La formule antique &lt;i&gt;verba volant, scripta manent&lt;/i&gt; (&#171; les paroles s'envolent, les &#233;crits restent &#187;) prenait alors une dimension d&#233;terminante. Elle ne d&#233;signait plus seulement la sup&#233;riorit&#233; de l'&#233;crit sur l'oral, mais marquait le passage d'une m&#233;moire collective conserv&#233;e par chacun &#224; une m&#233;moire externalis&#233;e et document&#233;e, qu'il n'&#233;tait plus n&#233;cessaire de cultiver de mani&#232;re exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invention du livre imprim&#233; ne toucha pas seulement les lettr&#233;s, elle modifia aussi le travail des peintres, dessinateurs et sculpteurs. Diffus&#233;es dans des recueils ou ins&#233;r&#233;es dans les ouvrages, les gravures circulaient d'un atelier &#224; l'autre, offrant un r&#233;pertoire visuel jusqu'alors inaccessible. Feuilleter un livre illustr&#233;, c'&#233;tait avoir acc&#232;s sans bouger &#224; l'ailleurs : d&#233;couvrir des figures, des architectures, des cultures, des paysages in&#233;dits. La mani&#232;re de D&#252;rer (1471-1528) fit ainsi le tour de l'Europe, influen&#231;ant des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res de cr&#233;ateurs qu'il n'avait jamais rencontr&#233;s. Sans oublier l'apparition des trait&#233;s. En effet, longtemps transmises dans l'intimit&#233; de l'atelier, la perspective, le trompe-l'&#339;il ou les proportions devenaient accessibles &#224; qui savait lire et observer. Les pages d'Alberti (1404-1472), accompagn&#233;es de leurs planches grav&#233;es, enseignaient autant aux ma&#238;tres qu'aux apprentis. Avec le livre, la m&#233;moire de l'artiste s'enrichissait. Elle n'&#233;tait plus seulement nourrie par ce qu'il avait vu de ses yeux, mais par des images reproduites et consultables. L'art ne se construisait plus seulement &#224; partir de l'exp&#233;rience directe mais aussi gr&#226;ce &#224; ces informations consign&#233;es. Si l'artiste pouvait se renouveler &#224; l'aide de motifs venus du lointain, il devait aussi composer avec un vocabulaire partag&#233; par beaucoup. Ce qui se gagnait en diversit&#233; et en ouverture se payait du risque d'uniformisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Frapper l'imaginaire collectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23017 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/euterpe_sarcophagus_louvre_ma475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L385xH800/euterpe_sarcophagus_louvre_ma475-2552c.jpg?1772188330' width='385' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Euterpe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les si&#232;cles suivants virent l'art continuer de cheminer aux c&#244;t&#233;s des puissants. Instrument strat&#233;gique de la m&#233;moire politique, il servit d'abord les souverains, pour ensuite &#234;tre accapar&#233; par les bourgeois et autres gens de pouvoir. Tous comprenaient qu'au-del&#224; de c&#233;l&#233;brer Dieu, l'image avait la capacit&#233; de fabriquer leur propre &#171; l&#233;gende &#187;. Peinture, sculpture, mais aussi architecture et arts d&#233;coratifs constituaient d'efficaces atouts pour &#233;laborer un r&#233;cit destin&#233; &#224; leur survivre. Les commanditaires m&#232;nent alors grand train et forgent une version id&#233;alis&#233;e de leur personne comme de leur histoire. La m&#233;moire se fa&#231;onne &#224; grands frais pour frapper l'imaginaire collectif. Centralis&#233; et ma&#238;tris&#233;, le m&#233;c&#233;nat artistique transforme l'art en un outil de propagande durable. A cet &#233;gard, les tableaux de David sont &#233;loquents. Chacun peut en appr&#233;cier la maestria. Pour Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard (1800), le peintre nous propose un Premier consul en habits d'apparat, conqu&#233;rant et s&#251;r de lui, juch&#233; sur son fier et puissant destrier. Ce tableau ne refl&#232;te en rien la r&#233;alit&#233;, un peu moins flatteuse, d'un Bonaparte en redingote grise juch&#233;, pour franchir le col, sur le dos d'une mule ! La repr&#233;sentation magnifi&#233;e de David deviendra une ic&#244;ne des temps modernes. Une construction symbolique dont certains artistes sont, de gr&#233; ou par n&#233;cessit&#233;, les acteurs. Les &#233;crits passent l&#224; o&#249;, d&#233;sormais, les images demeurent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23018 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/melpomene_sarcophagus_louvre_ma475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L460xH800/melpomene_sarcophagus_louvre_ma475-bc1a2.jpg?1765213242' width='460' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Melpomene
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au XIX&#7497; si&#232;cle, des h&#233;ros issus du pass&#233;, comme Jeanne d'Arc, Vercing&#233;torix ou Roland, sont convoqu&#233;s, autour de la figure de Napol&#233;on, pour incarner l'histoire nationale et proposer aux futurs citoyens des mod&#232;les patriotiques, tandis que le romantisme s'infiltre partout en litt&#233;rature, en musique, en sculpture et en peinture. Ses h&#233;ros cherchent &#224; exprimer, par tous les moyens, des &#233;tats d'&#226;me &#224; mi-chemin entre la m&#233;lancolie et le cauchemar. En Angleterre, James MacPherson publie ses Po&#232;mes d'Ossian, qui enthousiasment toute l'Europe, et certains artistes sont &#224; la fois, comme William Blake, peintre et po&#232;te. En France, parmi les auteurs inspirants figurent Madame de Sta&#235;l, Ch&#226;teaubriand et Rousseau. En Espagne, Goya (1746-1828) est tr&#232;s actif. Si les artistes romantiques mettent en avant le sentiment, il ne s'agit pas seulement d'amour. Leurs h&#233;ros poussent &#224; l'introspection, contemplent l'incertitude de l'existence. Ils sondent les ab&#238;mes de l'homme, interrogent la violence, le d&#233;sordre, voire l'irrationnel. Le mouvement conna&#238;t son apog&#233;e entre 1820 et 1850. &#192; cette &#233;poque, la France est le vaisseau amiral du romantisme avec Th&#233;odore G&#233;ricault (1791-1824) comme t&#234;te de proue. S'inspirant du Caravage, il produit le tr&#232;s c&#233;l&#232;bre Radeau de la m&#233;duse. Sur une toile aux imposantes dimensions (491 &#215; 716 cm), le peintre met en sc&#232;ne des naufrag&#233;s &#224; bord d'un radeau voguant en pleine mer, malmen&#233; par les flots et le vent, sous un ciel mena&#231;ant. L'art cr&#233;e de nouveaux mythes &#224; partir desquels la soci&#233;t&#233; se construit une nouvelle m&#233;moire. Nous sommes maintenant en 1848, une r&#233;volution se d&#233;roule en France. Le peuple se soul&#232;ve contre le pouvoir et instaure la II&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique. Les pr&#233;occupations sociales touchent &#233;galement les arts. Certains peintres refusent de s'attacher uniquement au pass&#233;. Ils s'int&#233;ressent &#224; leurs contemporains, &#224; la situation des paysans, des ouvriers. Ils puisent leurs sujets dans la r&#233;alit&#233; et non plus dans la Bible et dans les r&#233;cits de l'Antiquit&#233;. Le chef de file de ce mouvement est Gustave Courbet (1819-1877).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire du peuple s'invente et s'&#233;rige en force politique. Michelet (1798-1874) donne son plein souffle national et romantique &#224; l'Histoire. Les tableaux forment un album de la condition humaine, un hommage aux t&#226;ches ordinaires r&#233;alis&#233;es par des anonymes. Dans le m&#234;me temps, l'&#201;tat prend en charge l'&#233;criture du souvenir collectif : la m&#233;moire devient affaire publique, codifi&#233;e et ritualis&#233;e. Cette &#233;tatisation et monumentalisation du pass&#233; s'exprimera dans l'&#233;dification de statues comm&#233;moratives, la cr&#233;ation de panth&#233;ons civils, l'instauration de f&#234;tes nationales, et la multiplication de cimeti&#232;res militaires. Le monument n'est plus seulement un hommage, il fixe un r&#233;cit, consacre une certaine version de l'Histoire, forge une identit&#233; nationale. Ce si&#232;cle pr&#233;pare ardemment le suivant en installant durablement l'id&#233;e que la m&#233;moire collective rel&#232;ve d'une administration, qu'elle se construit dans la pierre, dans la loi, dans le calendrier. Pour ceux qui aiment le cin&#233;ma, n'h&#233;sitez pas &#224; d&#233;couvrir le film &lt;i&gt;Au revoir l&#224;-haut&lt;/i&gt; d'Albert Dupontel (2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;moire comme &#233;thique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/polyhymnia_sarcophagus_louvre_ma475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH787/polyhymnia_sarcophagus_louvre_ma475-5d3ba.jpg?1772188330' width='500' height='787' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Polyhymnie
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; donc lanc&#233;s &#224; pleine vitesse dans le XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. La m&#233;moire, dans le sillage des deux guerres mondiales, s'&#233;rige en religion plan&#233;taire. &#224; partir de maintenant, il faudra se souvenir. L'injonction est sans appel. Le souvenir ne concerne plus seulement les h&#233;ros, les nations, mais toutes sortes d'individus, des gens comme vous et moi. Avec la d&#233;couverte des camps d'extermination nazis, le mot m&#234;me de &#171; m&#233;moire &#187; se transforme, confront&#233; &#224; l'horreur de masse. Il ne s'agit plus seulement de transmettre, mais de s'opposer au silence, de t&#233;moigner contre l'oubli. &#171; Crime contre l'humanit&#233; &#187;, la Shoah met au pied du mur les artistes, les &#233;crivains, les penseurs. Comment ne pas interroger les limites m&#234;mes de la narration, de la repr&#233;sentation. Comment dire l'indicible ? Comment montrer l'insoutenable ? La m&#233;moire n'est plus seulement un devoir ou une c&#233;l&#233;bration : elle devient une &#233;thique. L'art entre dans une &#232;re de suspicion vis-&#224;-vis de ses propres moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'art dit &#171; contemporain &#187; h&#233;rite de toutes ces m&#233;moires symboliques, psychiques, politiques, culturelles. M&#233;moire tragique d'une Histoire, qui s'effondre, pleine de bruits de bottes, de livres br&#251;l&#233;s, de paysages en ruine. M&#233;moire vive d'une soci&#233;t&#233;, qui doute, pleine d'enfermement, de pr&#233;carit&#233;, de vies bris&#233;es. M&#233;moire politique de pays totalitaires, qui ignorent la justice, pleine d'arbitraire, de censure, de morts. M&#233;moire intime de l'individu, qui se regarde, pleine de reliques, de fragments, de r&#233;silience. M&#233;moire d&#233;sesp&#233;r&#233;e des guerres, qui t&#233;moigne, pleine d'exactions, de r&#233;volte, d'impuissance. Mais aussi m&#233;moire du futur, qui cherche &#224; anticiper, pleine d'inqui&#233;tude, d'admiration pour la science et d'espoir. En ce d&#233;but d'un nouveau mill&#233;naire, la m&#233;moire n'est plus l'apanage de l'homme, du sensible, du vivant. Depuis l'&#233;mergence des technologies num&#233;riques, certains &#171; objets inanim&#233;s &#187; en poss&#232;dent une, certes de nature diff&#233;rente, mais difficile &#224; ignorer. Les machines compilent et accumulent les donn&#233;es, de celles qui permettent de ne pas avoir &#224; m&#233;moriser (sorte de m&#233;moire en libre-service) ou qui d&#233;finissent les souvenirs (m&#233;moire s&#233;lective). Avec le smartphone, tout devient image et toutes les images forment la possibilit&#233; d'une archive de l'imm&#233;diat. Pourquoi se forcer &#224; retenir une information, puisque nous nous promenons avec un &#171; disque dur &#187; &#224; la main ? Satur&#233; de stimulations, l'humain perd la m&#233;moire. Impossible de maintenir une intensit&#233; &#233;motionnelle (facteur de cristallisation m&#233;morielle) quand le rythme des interactions num&#233;riques s'acc&#233;l&#232;re. La saveur mn&#233;sique de la madeleine de Proust dispara&#238;t et, comme &#224; la Renaissance, le monde se questionne. L'heure de la &#171; fabrique des cr&#233;tins &#187; d&#233;nonc&#233;e par Jean-Paul Brighelli aurait-elle sonn&#233; ? Bien qu'elle n'ait encore qu'une trentaine d'ann&#233;es, cette soci&#233;t&#233; plan&#233;taire hyperconnect&#233;e est d&#233;j&#224; confront&#233;e &#224; une nouvelle puissance m&#233;morielle. Avec l'IA, l'&#233;pop&#233;e rebondit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Seules les traces font r&#234;ver &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/urania_sarcophagus_louvre_ma475.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L409xH800/urania_sarcophagus_louvre_ma475-d5236.jpg?1772188330' width='409' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Uranie
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Son essor externalise davantage encore la m&#233;moire hors de l'esprit humain. Non seulement l'intelligence artificielle conserve et classe d'immenses volumes d'informations, mais elle peut les analyser, les interpr&#233;ter et les extrapoler. Capable de produire des images singuli&#232;res ou d'&#233;crire des textes nouveaux &#224; partir de donn&#233;es pr&#233;existantes, cette m&#233;moire algorithmique peut s'affranchir de l'exp&#233;rience v&#233;cue pour fabriquer le souvenir de quelque chose qui n'a jamais &#233;t&#233;. La relation de l'art &#224; la m&#233;moire se transforme alors radicalement. L'artiste peut aujourd'hui dialoguer avec des bases de donn&#233;es visuelles et textuelles mondiales, hybrider des r&#233;f&#233;rences, confronter des r&#233;cits, sans les avoir jamais connus ou appris. Revers de la m&#233;daille : ainsi externalis&#233;e, cette m&#233;moire, r&#233;duite &#224; une fonction, est d&#233;pendante de technologies &#233;ph&#233;m&#232;res et de logiques &#233;conomiques qui &#233;chappent &#224; l'artiste. Plus grave encore, elle pourrait rel&#233;guer au second plan la lente construction de sa m&#233;moire sensible, voire s'y substituer. Un environnement in&#233;dit qui oblige l'art tant &#224; interroger la v&#233;racit&#233; des images et des &#233;crits, qu'&#224; explorer la fronti&#232;re entre trace et invention, ou &#224; travailler sur la fragilit&#233; m&#234;me de ce que nous croyons savoir. Ren&#233; Char l'&#233;crivait :&lt;i&gt; &#171; seules les traces font r&#234;ver &#187;&lt;/i&gt;. D&#232;s lors, l'art actuel se doit d'&#234;tre plus qu'une machine &#224; souvenirs, &#224; c&#233;l&#233;brations, &#224; divertissements. Il doit savoir qu'il n'est pas une preuve. Comme la Seconde dans le po&#232;me de Baudelaire, il serait bon que l'art chuchote trois mille six cents fois par heure : &lt;i&gt;&#171; Souviens-toi &#187;.&lt;/i&gt; Car nul pr&#233;sent, nul futur, ne surgit in extenso d'une base de donn&#233;es, m&#234;me ultra sophistiqu&#233;e. L'art peut nous le faire comprendre, lui qui, depuis les parois des cavernes, t&#233;moigne de ce qui a &#233;t&#233; et imagine ce qui pourrait &#234;tre. Le projet est de toute &#233;ternit&#233; : faire na&#238;tre des &#233;motions et creuser la mati&#232;re pour que, parfois, s'en &#233;chappe une forme extraordinaire. Non pas une preuve, mais une pr&#233;sence, pour le dire avec les mots de Jank&#233;l&#233;vitch, en &#233;quilibre sur la fine pointe de l'instant. &#9670;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : &#171; Sarcophage des Muses &#187;, repr&#233;sentant les neuf Muses et leurs attributs. Marbre, premi&#232;re moiti&#233; du II&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ap. J.-C., d&#233;couvert sur la Via Ostiense. Collections du Mus&#233;e du Louvre. &#169;Wikimedia, photo Jastrow, 2006.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les vignettes introduisant les paragraphes sont issues de cette fresque. &lt;br class='autobr' /&gt;
De gauche &#224; droite : Calliope, muse de la po&#233;sie &#233;pique et de l'&#233;loquence, tenant un rouleau, Thalie, muse de la com&#233;die et de la po&#233;sie pastorale, tenant un masque comique, Terpsichore, muse de la danse et du chant choral, avec une couronne dans la chevelure, Euterpe, muse de la musique et du chant, tenant une fl&#251;te, Polymnie, muse des chants sacr&#233;s et de la rh&#233;torique, dans une attitude m&#233;ditative, Clio, muse de l'histoire, tenant une tablette, Erato, muse de la po&#233;sie lyrique et de l'&#233;l&#233;gie amoureuse, tenant une lyre, Uranie, muse de l'astronomie et de l'astrologie, pointant vers un globe terrestre avec un b&#226;ton, et Melpom&#232;ne, muse de la trag&#233;die, portant un masque tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smaris Elaphus N&#176;03 : M&#233;moire et bruits&lt;br class='autobr' /&gt;
En librairie sur commande et en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-10 &#8207; : &#8206; 2372282204&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-13 &#8207; : &#8206; 978-2372282208&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pe&#769;ne&#769;trer l'invisible</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Pe%CC%81ne%CC%81trer-l-invisible</link>
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		<dc:date>2025-06-01T18:37:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sensible aux notions d'he&#769;ritage culturel et de transmission, de me&#769;moire collective et personnelle, de transculturalite&#769;, Le Cle&#769;zio Gallery a pre&#769;sent&#233; en avril dernier, 1900-2025 : souffle de lumie&#768;re, la premie&#768;re exposition personnelle en France d'Aiko Miyanaga. Issue d'une prestigieuse ligne&#769;e de ce&#769;ramistes japonais, l'artiste revient sur le parcours de son arrie&#768;re-grand-pe&#768;re, Tozan Miyanaga, premier du nom, qui fut l'un des coordinateurs du pavillon du Japon pendant l'Exposition universelle de Paris en 1900 et collabora avec Numata Ichiga, seul sculpteur japonais e&#769;tudiant a&#768; l'e&#769;poque a&#768; la Manufacture de Se&#768;vres. Une histoire traduite avec de&#769;licatesse et maestria par les &#339;uvres expose&#769;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Japon" rel="tag"&gt;Japon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2684-adfa9.jpg?1772207112' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sensible aux notions d'he&#769;ritage culturel et de transmission, de me&#769;moire collective et personnelle, de transculturalite&#769;, Le Cle&#769;zio Gallery a pre&#769;sent&#233; en avril dernier, &lt;i&gt;1900-2025 : souffle de lumie&#768;re,&lt;/i&gt; la premie&#768;re exposition personnelle en France d'Aiko Miyanaga. Issue d'une prestigieuse ligne&#769;e de ce&#769;ramistes japonais, l'artiste revient sur le parcours de son arrie&#768;re-grand-pe&#768;re, Tozan Miyanaga, premier du nom, qui fut l'un des coordinateurs du pavillon du Japon pendant l'Exposition universelle de Paris en 1900 et collabora avec Numata Ichiga, seul sculpteur japonais e&#769;tudiant a&#768; l'e&#769;poque a&#768; la Manufacture de Se&#768;vres. Une histoire traduite avec de&#769;licatesse et maestria par les &#339;uvres expose&#769;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En perpe&#769;tuelle que&#770;te de sens et de beaute&#769;, Aiko Miyanaga ne se souvient pas avoir un jour ignore&#769; l'art. De&#768;s son plus jeune a&#770;ge, elle l'a ve&#769;cu au quotidien. Dans la maison familiale, le buste de son arrie&#768;re-grand-pe&#768;re, re&#769;alise&#769; par le sculpteur Numata Ichiga, impressionne l'enfant. Il est si re&#769;aliste qu'elle se sent observe&#769;e, persuade&#769;e que le passe&#769; demeure, comme en suspens dans l'air. Ne&#769;e d'une ligne&#769;e fameuse de ce&#769;ramistes, elle e&#769;volue naturellement au milieu de leurs cre&#769;ations. Utilise&#769;es au quotidien, sans distinction d'e&#769;poque, les objets font partie inte&#769;grante de son environnement. L'enfant n'aime pas particulie&#768;rement les expositions mais ses parents ne veulent pas la laisser seule. Alors, elle les suit. Les conversations vont bon train. Les artistes passionne&#769;s parlent sans retenue de leur travail et de leur manie&#768;re d'affronter l'e&#769;poque. Les ide&#769;es fusent sans que personne n'ait conscience que cette immersion pre&#769;coce dans le monde de l'art est en train de fac&#807;onner la sensibilite&#769; et le regard de la petite fille qui e&#769;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La seule voie possible est celle de l'inexplore&#769;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important encore est l'influence de ses proches. Son pe&#768;re est membre du So&#772;deisha (&#27877;&#36208;&#31038;), un mouvement en rupture avec les formes de la poterie traditionnelle et refusant de se soumettre aux circuits habituels de valorisation de cette dernie&#768;re. Objectif : explorer librement de multiples formes, chercher a&#768; repousser les limites techniques et ouvrir de nouvelles perspectives. Le groupe est persuade&#769; qu'il n'y a aucun inte&#769;re&#770;t a&#768; re&#769;pe&#769;ter ce que d'autres ont de&#769;ja&#768; fait, que la seule voie possible est celle de l'inexplore&#769;. Ils veulent comprendre ce que cre&#769;er signifie ve&#769;ritablement. Pour le fre&#768;re d'Aiko, ce sera re&#769;aliser des sculptures avec des graines et de la mousse empruntant a&#768; son tour des chemins non conventionnels qui le me&#768;neront a&#768; l'atelier de Cai Guo-Qiang, dont il sera l'assistant. Entoure&#769;e de la sorte, Aiko Miyanaga comprend donc tre&#768;s to&#770;t que l'art ne se limite pas a&#768; des pratiques spe&#769;cifiques, que ses dernie&#768;res peuvent e&#770;tre invente&#769;es, expe&#769;rimente&#769;es, ame&#769;liore&#769;es..., et que la de&#769;finition de l'art n'est pas chose fige&#769;e. Suivant les conseils de sa me&#768;re, elle de&#769;cide de ne pas s'arre&#770;ter aux apparences et de chercher sans cesse un sens profond a&#768; toute chose. Les &#339;uvres ne se doivent-elles pas toujours d'exce&#769;der ce que l'on peut en dire ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22412 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_8566.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/img_8566-b86fa.jpg?1748121716' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Message from the light, 2021. &#169;Aiko Miyanaga
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;courtesy Le Cl&#233;zio Gallery, photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans l'atelier, l'artiste se&#769;lectionne ses mate&#769;riaux avec soin. Il est essentiel qu'ils correspondent a&#768; son intention et lui permettent une expression singulie&#768;re. Le passe&#769;, la me&#769;moire et l'histoire l'inte&#769;ressent au plus haut point, sans pour autant qu'elle cultive une quelconque nostalgie. Son souhait : transmettre quelque chose de nouveau a&#768; travers une exploration plastique pugnace et since&#768;re. Persuade&#769;e que rien ne surgit ex nihilo, Aiko Miyanaga aime rappeler que pre&#769;sent et futur ne sont que des prolongements du passe&#769; et qu'il est indispensable de s'en souvenir pour construire l'avenir. Si parfois elle utilise des pie&#768;ces anciennes, elle n'a pas pour ambition d'en recre&#769;er les parties manquantes, de les restituer dans leur e&#769;tat d'origine. Ni ses sculptures en naphtaline, ni ses pie&#768;ces en verre ne cherchent a&#768; reproduire ou a&#768; s'inscrire dans une e&#769;poque. Chacune choisit son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Redonner vie a&#768; des formes endormies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant des anne&#769;es, l'atelier familial abrita des caisses en bois, de celles qui e&#769;taient utilise&#769;es pour stocker des pommes, sans que personne ne s'y inte&#769;resse. En 2020, anne&#769;e marque&#769;e par la pande&#769;mie de Covid-19, Aiko Miyanaga se de&#769;cide a&#768; les ouvrir et y de&#769;couvre des moules soigneusement range&#769;s et e&#769;tiquete&#769;s : &#171; Lapin, corps incomplet &#187;, &#171; Tigre endormi, queue &#187;, &#171; Chat, sans oreilles &#187;, etc. Quelques questions plus tard, elle apprend que ces moules en pla&#770;tre de Se&#768;vres ont e&#769;te&#769; re&#769;alise&#769;s par son arrie&#768;re-grand-pe&#768;re Tozan Miyanaga, premier du nom, alors qu'il e&#769;tait l'un des coordinateurs du pavillon du Japon a&#768; l'Exposition universelle de Paris en 1900, et en collaboration avec Numata Ichiga, seul sculpteur japonais a&#768; e&#769;tudier a&#768; l'e&#769;poque a&#768; la Manufacture de Se&#768;vres. Il n'en fallait pas plus pour qu'Aiko se saisisse de la merveilleuse trouvaille et de&#769;cide de redonner vie a&#768; ces formes endormies depuis plus d'un sie&#768;cle. Les pie&#768;ces de &lt;i&gt;valley of sleeping sea&lt;/i&gt; sont au c&#339;ur de l'exposition organise&#769;e par Yan et Antoine Le Cle&#769;zio dans leur galerie parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;75&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/photo_bruno-pellarin-_c_aiko-miyanaga-courtesy-le-clezio-gallery-copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH431/photo_bruno-pellarin-_c_aiko-miyanaga-courtesy-le-clezio-gallery-copie-b7808.jpg?1772207108' width='500' height='431' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Moules de Tozan Miyanaga dans leur caisse d'origine
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Photo Bruno Pellarin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En japonais, le mot &lt;i&gt;hakanai&lt;/i&gt; (e&#769;phe&#769;me&#768;re) est souvent de&#769;fini comme fugace, incertain, fragile. Mais est-ce sa seule signification, se demande l'artiste. Pour elle, e&#770;tre e&#769;phe&#769;me&#768;re ne veut pas simplement dire &#171; voue&#769; a&#768; la disparition &#187;, mais pluto&#770;t &#171; contraint a&#768; l'e&#769;volution &#187;. La notion porte en elle une forme de re&#769;silience, une &#171; force discre&#768;te mais essentielle &#187;. Dans l'&#339;uvre d'Aiko Miyanaga, le temps ne s'arre&#770;te jamais. &#192; peine une paire de chaussures en naphtaline sort-elle du four qu'elle de&#769;bute sa me&#769;tamorphose. Face a&#768; cette cristallisation incertaine, notre imagination s'envole, s'aventure dans un voyage temporel. &lt;i&gt;&#171; Contrairement aux aiguilles d'une horloge qui n'avancent que dans une seule direction, notre perception du temps est fluide, multidimensionnelle. &#187;&lt;/i&gt; Pour l'artiste, le pre&#769;sent est &lt;i&gt;&#171; l'instant ou&#768; nous posons notre regard, ou&#768; nous prenons conscience du moment. C'est dans cette interaction que le pre&#769;sent se de&#769;finit &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1-copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/1-copie-9eab0.jpg?1748121716' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Night voyage -clock-, 2023. &#169;Aiko Miyanaga
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;courtesy Le Cl&#233;zio Gallery
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans son travail, cette notion est e&#769;troitement lie&#769;e aux mate&#769;riaux employe&#769;s. Le verre, par exemple, re&#769;sulte d'un processus de fusion et de solidification qui rappelle le passage d'un e&#769;tat a&#768; un autre. De me&#770;me, l'utilisation de la naphtaline induit une transformation de l'&#339;uvre, me&#770;me si personne ne sait ni quand elle aura lieu, ni quel en sera le re&#769;sultat. Chaque &#339;uvre accueille tout changement non comme une disparition mais comme une suite logique, une continuite&#769; inattendue. Lec&#807;on apprise, su&#770;rement, en observant la nature et ses transformations incessantes. Cette nature que l'artiste de&#769;finit comme un &lt;i&gt;&#171; guide silencieux qui nous montre diffe&#769;rentes fac&#807;ons d'exister &#187;&lt;/i&gt;. Mais qui pose e&#769;galement la question de sa limite. Ou&#768; commence-t-elle ? Ou&#768; s'arre&#770;te-t-elle ? Ce que la main humaine fabrique en est-il exclu ? &lt;i&gt;&#171; Cette frontie&#768;re mouvante entre le naturel et l'artificiel est une re&#769;flexion constante dans mon travail. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une certitude toutefois, la lumie&#768;re est un mate&#769;riau. Plus encore, une force qui montre la voie. &lt;i&gt;&#171; Elle re&#769;ve&#768;le les formes, modifie la perception et cre&#769;e un dialogue subtil entre l'&#339;uvre et son environnement. &#187;&lt;/i&gt; Qu'elle traverse le verre ou la re&#769;sine, elle est l'a&#770;me des pie&#768;ces, l'impulsion de toutes leurs me&#769;tamorphoses. Partie inte&#769;grante du processus de cre&#769;ation, elle souligne &lt;i&gt;&#171; l'impermanence et la fragilite&#769; tout en ouvrant des perspectives nouvelles &#187;&lt;/i&gt;. Dans la galerie, les &#339;uvres sont tels des phe&#769;nome&#768;nes. &#192; la limite de l'e&#769;vanescence, elles relient les temps et les matie&#768;res, ouvrent des espaces sensibles qui invitent a&#768; ressentir, a&#768; pe&#769;ne&#769;trer l'invisible. Ici, un coffre de voyage ancien abrite une cle&#769; encha&#770;sse&#769;e dans un mouvement de verre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La&#768;, le tigre endormi sans queue fascine tel un mirage, tandis qu'un trio de carpes se laisse apprivoiser dans une valise entrouverte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_8564.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/img_8564-b92d2.jpg?1748121716' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Wrapping a verse -ship safe chest-, 2024-2025. &#169;Aiko Miyanaga
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;courtesy Le Cl&#233;zio Gallery, photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pluto&#770;t que de donner de la voix, Aiko Miyanaga pre&#769;fe&#768;re transmettre pense&#769;es et e&#769;motions avec douceur et poe&#769;sie. Elle croit qu'un message exprime&#769; dans la discre&#769;tion d'une &#339;uvre silencieuse peut toucher plus profonde&#769;ment qu'un long discours. Ainsi son travail invite a&#768; une re&#769;flexion sur ce que signifie &lt;i&gt;&#171; e&#770;tre humain, sur ce que nous choisissons de regarder, sur l'essence des choses &#187;&lt;/i&gt;. Elle porte l'attention sur la beaute&#769; subtile du monde sans pour autant en nier les re&#769;alite&#769;s. L'art d'Aiko Miyanaga a cette capacite&#769; a&#768; offrir une autre manie&#768;re de percevoir et laisse place a&#768; l'introspection tout autant qu'a&#768; la surprise. &lt;i&gt;&#171; J'aspire a&#768; concevoir des &#339;uvres qui e&#769;voluent, qui portent en elles la possibilite&#769; du changement, qui incitent a&#768; e&#769;couter ce qui pourrait nai&#770;tre, a&#768; pre&#770;ter attention a&#768; ce qui est en train de se transformer. Dans sa nature me&#770;me, l'art est un dialogue silencieux mais puissant avec le monde qui nous entoure. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;102&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_8587.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/img_8587-58716.jpg?1748121716' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Valley of sleeping sky -ayu (sweetfish)-, 2023. &#169;Aiko Miyanaga
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;courtesy Le Cl&#233;zio Gallery, photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/penetrer-linvisible-avec-aiko-miyanaga/" class="spip_out"&gt;Dans ArtsHebdoM&#233;dia&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Valley of sleeping sky &#8211; prone tiger -, 2023. &#169; Aiko Miyanaga, courtesy Le Cle&#769;zio Gallery&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les arts sont toujours premiers</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Les-arts-sont-toujours-premiers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Les-arts-sont-toujours-premiers</guid>
		<dc:date>2025-02-06T14:41:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Laure Desjardins et Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>Arts premiers</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour couronner les festivit&#233;s textuelles des 15 ans d'ArtsHebdoM&#233;dias, une journ&#233;e d'&#233;tude est organis&#233;e le lundi 10 f&#233;vrier, &#224; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne, par Yann Toma et Marie-Laure Desjardins.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/L-atelier-et-Seminaires" rel="directory"&gt;S&#233;minaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Arts-premiers" rel="tag"&gt;Arts premiers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH93/arton2625-46d4e.jpg?1772206516' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour couronner les festivit&#233;s textuelles des 15 ans d'ArtsHebdoM&#233;dias, une journ&#233;e d'&#233;tude est organis&#233;e le lundi 10 f&#233;vrier, &#224; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne, par Yann Toma et Marie-Laure Desjardins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miquel Barcel&#243;, Dina Germanos Besson, Catherine Braslavsky, Francesca Caruana, C&#233;cile Croce, Marc Williams Debono, David Guez, Norbert Hillaire, Michel Jeandin, Olivier Kaeppelin, Alain Nahum et Martial Verdier discuteront le postulat du sociologue, philosophe et artiste Herv&#233; Fischer, en sa pr&#233;sence : &#171; Les arts sont toujours premiers &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;changes seront suivis par le vernissage de l'exposition &#233;ponyme, &#224; Sorbonne Artgallery. Nous esp&#233;rons vous y retrouver nombreux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Attention, si les &#233;v&#233;nements sont ouverts &#224; tous, il faut n&#233;anmoins r&#233;server (gratuitement) sa place et t&#233;l&#233;charger son billet pour acc&#233;der &#224; l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les arts sont toujours premiers &#187;. Si l'&#339;uvre d'Herv&#233; Fischer en t&#233;moigne d&#232;s les ann&#233;es 1970, l'affirmation n'a eu de cesse d'&#233;voluer et d'&#234;tre pr&#233;cis&#233;e au fil du temps et de la pens&#233;e sociologique et philosophique de l'artiste. Reprise en 2024 pour les 15 ans d'ArtsHebdoM&#233;dias, elle a fait l'objet d'un appel &#224; r&#233;actions dans l'esprit des dispositifs participatifs de l'art sociologique. Ainsi disciplines et sensibilit&#233;s tr&#232;s diverses se sont exprim&#233;es. Ce sont elles qui viendront se compl&#233;ter et peut-&#234;tre s'opposer &#224; La Sorbonne, le lundi 10 f&#233;vrier 2025. Voici le programme complet de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3r35646-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH325/3r35646-2-44d78.jpg?1738852889' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&#034;#8B0000&#034;&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;9 h 30 &#8211; Plateau 1&lt;/code&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;big&gt;&lt;font color=&#034;#8B0000&#034;&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Les arts sont toujours premiers&lt;/code&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Herv&#233; FISCHER,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;sociologue, philosophe et peintre&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Martial VERDIER,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;photographe et directeur de la r&#233;daction de TK-21 LaRevue&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Marc Williams DEBONO,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;chercheur en neurosciences et directeur de la revue PLASTIR&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Olivier KAEPPELIN,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#233;crivain et critique d'art&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;M&#233;diation par&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Yann TOMA&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Pour Herv&#233; Fischer, l'homme du n&#233;olithique et l'homme actuel ne sont pas si diff&#233;rents. &#171; Ils communiquent avec des images iconiques, des signes, des rituels, jadis rupestres, qui sont aujourd'hui num&#233;riques, mais qui c&#233;l&#232;brent encore des mythes et cherchent toujours une r&#233;ponse efficace face &#224; l'&#233;nigme premi&#232;re du monde et de la vie. &#187; Quand en 1971, d&#233;bute sa pratique d'&#171; hygi&#232;ne de l'art &#187;, le propos est alors de contrer l'exacerbation des avant-gardes, qui indexait la valeur de l'art &#224; sa capacit&#233; &#224; &#234;tre nouveau. La posture de Fischer est anti-avant-gardiste. Le choix des contre-empreintes de main, comme dans les peintures pr&#233;historiques, appuie sa prise de position. Aujourd'hui, il affirme que &#171; Les arts sont toujours premiers, m&#234;me futuristes, m&#234;me avant-gardistes, m&#234;me num&#233;riques, m&#234;me dans le land art, l'art conceptuel, le bioart, l'art sociologique, etc. L'art renvoie au mythe de la cr&#233;ation premi&#232;re, qu'il pr&#233;tend incarner en cr&#233;ant une image du monde, en communiquant avec une vision du monde qui lui est sup&#233;rieure et myst&#233;rieuse, en usant d'un langage symbolique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3r35649.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH359/3r35649-c4f2d.jpg?1772190288' width='500' height='359' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 h 30 Discussion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&#034;#8B0000&#034;&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;11 h 15 &#8211; Plateau 2&lt;/code&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;big&gt;&lt;font color=&#034;#8B0000&#034;&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Tout ce qui est r&#233;el est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est r&#233;el&lt;/code&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;C&#233;cile CROCE,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Professeure des universit&#233;s en Esth&#233;tique et Sciences de l'art, Universit&#233; Bordeaux Montaigne&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Dina GERMANOS BESSON,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;psychanalyste&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Norbert HILLAIRE,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Professeur &#233;m&#233;rite de l'Universit&#233; Nice-C&#244;te&lt;br class='autobr' /&gt;
d'Azur en sciences de l'art et des m&#233;dias, &#233;crivain et artiste&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Catherine BRASLAVSKY,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;compositrice et chanteuse&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;diation par &lt;strong&gt;Marie-Laure DESJARDINS&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
En r&#233;ponse &#224; la question &#171; Comment se construit une soci&#233;t&#233; ? &#187;, Herv&#233; Fischer explique combien les imaginaires collectifs d&#233;terminent les valeurs et les structures sociales. L'artiste montre en autant de tableaux &#233;vocateurs comment nous d&#233;veloppons nos facult&#233;s &#224; inventer des r&#233;cits imaginaires et fondateurs. Il affirme que nous vivons avec autant de mythes que les Grecs anciens et souligne que la d&#233;mocratie, la libert&#233; et le progr&#232;s sont ceux d'aujourd'hui. Cette mythanalyse, il la d&#233;finit comme explorant &#171; les fabulations qui d&#233;terminent nos inconscients, nos logiques, nos valeurs, nos espoirs et nos craintes selon leurs d&#233;clinaisons sociologiques &#187;. Son postulat d&#233;clare, parodiant Hegel, le ma&#238;tre de la Raison dialectique, que &#171; Tout ce qui est r&#233;el est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est r&#233;el &#187;, mais ajoute que nous devons construire un gouvernail &#233;thique, car &#171; Il ne faut pas se tromper de fabulation et &#233;viter les hallucinations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3r35651.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH290/3r35651-8a5ee.jpg?1738852889' width='500' height='290' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 h 15 Discussion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&#034;#8B0000&#034;&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;14h15 &#8211; Plateau 3&lt;/code&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;big&gt;&lt;font color=&#034;#8B0000&#034;&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;ART ! Avez-vous quelque chose &#224; d&#233;clarer ?&lt;/code&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Michel JEANDIN,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;expert en Science des mat&#233;riaux, ancien Directeur de Recherche &#224; Mines Paris-PSL&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Francesca CARUANA,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;artiste-plasticienne, MCF en s&#233;miotique de l'art&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Alain NAHUM,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;r&#233;alisateur, photographe et peintre&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;David GUEZ,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;artiste et &#233;crivain&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;diation par &lt;strong&gt;C&#233;cile CROCE&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Ce panneau de &#171; douane culturelle &#187; est positionn&#233; &#224; l'entr&#233;e de chacune des expositions d'Herv&#233; Fischer. Cette question sociologique a &#233;t&#233; fondamentale dans tout le travail de l'artiste-philosophe et elle est devenue mythanalytique. Depuis plus de cinquante ans, Fischer n'a eu de cesse de questionner l'art et son milieu en en d&#233;non&#231;ant une approche trop &#233;litiste et conventionnelle et d'interroger le mythe de l'art. Pour lui, l'art est une question sans cesse pos&#233;e, une r&#233;flexion en permanence renouvel&#233;e, une exp&#233;rience &#224; vivre au jour le jour pour mieux interroger les imaginaires sociaux actuels. Th&#233;oricien de l'art sociologique, Herv&#233; Fischer a d&#233;ploy&#233; &#224; travers l'Europe et l'Am&#233;rique de tr&#232;s nombreux dispositifs participatifs, sans pour autant abandonner ses pr&#233;occupations plastiques. Revenant &#224; la peinture en 1999, il questionne les icones du num&#233;rique comme celles des peintures pari&#233;tales pr&#233;historiques et des soci&#233;t&#233;s premi&#232;res. La sociologie de l'art impose une lucidit&#233;, mais le mythe de l'art, qui &#233;volue aussi dans la diversit&#233; des soci&#233;t&#233;s et des &#233;poques, demeure notre interface premi&#232;re, &#224; la li-mythe de notre rapport au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 15 Discussion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/sorbonne-3-arts-numerique2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH369/sorbonne-3-arts-numerique2-ace9f.jpg?1772190288' width='500' height='369' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&#034;#8B0000&#034;&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;16h30 &#8211; Plateau 4&lt;/code&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&lt;big&gt;&lt;font color=&#034;#8B0000&#034;&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Il n'y a pas de progr&#232;s en art&lt;/code&gt;&lt;/font&gt;&lt;/big&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Miquel BARCEL&#211;,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;artiste&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Herv&#233; FISCHER,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;sociologue, philosophe et peintre&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;diation &lt;strong&gt;Marie-Laure DESJARDINS&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Yann TOMA&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
En 1979, au Centre Pompidou, Herv&#233; Fischer d&#233;clare que &#171; l'histoire de l'art est termin&#233;e &#187;. Une performance qu'il renouvellera dans une salle d'attente de la gare terminus des Brotteaux, &#224; Lyon. L'artiste disserte sur la capacit&#233; de l'avant-garde &#224; se poursuivre. Le serpent se mord la queue. Qui va succ&#233;der &#224; la Trans-avant-garde ? &#171; Je n'ai jamais dit que l'art &#233;tait fini. J'ai affirm&#233; que le transformer en production historisante avec un grand H inventant chaque jour un truc nouveau ne pouvait mener nulle part. Il fallait que l'artiste retrouve sa libert&#233;, qu'il cesse de penser &#234;tre en train d'accomplir l'Histoire h&#233;g&#233;lienne de l'art. Depuis cette &#233;poque-l&#224;, plus aucun mouvement ne s'est impos&#233; comme moteur principal. L'art se cr&#233;e tous azimuts. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art num&#233;rique s'est impos&#233;, mais ce fut son erreur de d&#233;clarer les beaux-arts, obsol&#232;tes au nom du progr&#232;s de la technologie. Nous ne progressons pas dans notre d&#233;chiffrage de l'&#233;nigme de l'univers et de la vie. Bien au contraire : les religions nous donnaient des r&#233;ponses, tandis que la science ne pose que des questions, ce qui nuit &#224; sa cr&#233;dibilit&#233;. Dire qu'il n'y a pas de progr&#232;s en art, c'est dire en d'autres mots que les arts demeurent toujours premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 h 15 Discussion&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;18 h 30 Vernissage de l'exposition d'Herv&#233; Fischer, Les arts sont&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours premiers,&lt;/strong&gt; &#224; Sorbonne Artgallery, dans la galerie Soufflot du&lt;br class='autobr' /&gt;
Centre Panth&#233;on de l'Universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. En&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sence de l'artiste et jusqu'&#224; 21 h.
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recension vid&#233;o de la journ&#233;e :&lt;/h2&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/eoNdaljstrI?si=-wlK9Bt6Ht98a9Ng&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Infos pratiques&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Journ&#233;e d'&#233;tude Les arts sont toujours premiers, salle 6, Centre&lt;br class='autobr' /&gt;
Panth&#233;on-Sorbonne 12, place du Panth&#233;on, 75005 Paris, de 9h &#224; 18h et&lt;br class='autobr' /&gt;
exposition &#233;ponyme du 10 au 28 f&#233;vrier 2025, &#224; la m&#234;me adresse.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images &#169;Herv&#233; Fischer&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/logo_v1-les-arts-sont.png' width=&#034;500&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conversation avec Jean-Marc Brunet</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Conversation-avec-Jean-Marc-Brunet</link>
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		<dc:date>2024-12-01T18:07:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'a&#770;ge de 20 ans, Jean-Marc Brunet s'est installe&#769; a&#768; Paris. Dans ses bagages, des paysages aquarelle&#769;s et une irre&#769;pressible envie de peindre. Le jeune homme arpente les muse&#769;es, frappe aux portes des ateliers. Observe et apprend. Le chemin ne fait que commencer. Pinceau a&#768; la main, il se glisse dans les formes de l'histoire de l'art. Comprendre pour lui rele&#768;ve de l'expe&#769;rience. Le geste est d'emble&#769;e au c&#339;ur de ses recherches alors que la couleur est plus insaisissable.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH104/arton2578-7c5e7.jpg?1772245440' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'a&#770;ge de 20 ans, Jean-Marc Brunet s'est installe&#769; a&#768; Paris. Dans ses bagages, des paysages aquarelle&#769;s et une irre&#769;pressible envie de peindre. Le jeune homme arpente les muse&#769;es, frappe aux portes des ateliers. Observe et apprend. Le chemin ne fait que commencer. Pinceau a&#768; la main, il se glisse dans les formes de l'histoire de l'art. Comprendre pour lui rele&#768;ve de l'expe&#769;rience. Le geste est d'emble&#769;e au c&#339;ur de ses recherches alors que la couleur est plus insaisissable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La toile parle, ombre et lumie&#768;re, chaud et froid. Autant d'e&#769;le&#769;ments que des voyages re&#769;pe&#769;te&#769;s au Se&#769;ne&#769;gal rendent habite&#769;s et puissants. Le temps fait son &#339;uvre et libe&#768;re le trait du sujet, fait jaillir l'expression des couleurs. Profonde&#769;ment inspire&#769; par la nature, la peinture s'adresse aux sens. Dans la matie&#768;re en expansion, les e&#769;toiles dansent tandis que le XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; sie&#768;cle se termine et qu'une rencontre majeure se pre&#769;pare. Les mots viennent frapper a&#768; la porte, ils s'immiscent et nourrissent le dessin. Les collaborations avec des poe&#768;tes se multiplient et de nombreux ouvrages voient le jour. D'autant que le peintre a toujours cultive&#769; son gou&#770;t pour la gravure. Chez lui, a&#768; Chassemy pre&#768;s de Soissons, il a installe&#769; deux ateliers dont un avec une presse. Parlons donc un instant de cette maison pour ainsi dire bleue, qui re&#769;unit si souvent de nombreux convives a&#768; sa table. Tout le monde est la&#768; a&#768; cinq heures du soir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelques mots emprunte&#769;s a&#768; San Francisco de Maxime Le Forestier&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... et me&#770;me beaucoup plus tard. Les amis d'aujourd'hui comme ceux d'hier. Les disparus aussi. Tous ce&#769;le&#768;brent la vie. Aux murs, les &#339;uvres ne sont pas signe&#769;es de la main de l'artiste, car jamais il n'he&#769;site a&#768; mettre en valeur un travail qui n'est pas le sien. D'ailleurs, il arrive fre&#769;quemment qu'il soit commissaire d'exposition, comme pour Correspondances des arts, festival re&#769;unissant chaque anne&#769;e dans un me&#770;me e&#769;lan musique, peinture, sculpture et poe&#769;sie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La prochaine e&#769;dition du Festival Correspondances des arts se tiendra a&#768; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; celui qui affirme avoir suivi le conseil de Rainer Maria Rilke &#8211; &#171; Rapprochez-vous de la nature et cherchez a&#768; dire ce que vous voyez, comme si vous e&#769;tiez le premier homme &#187; &#8211; ArtsHebdoMe&#769;dias a souhaite&#769; demander quelle est la nature du lien qui l'unit depuis plus de 20 ans a&#768; la poe&#769;sie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Homme ! libre penseur &#8211; te crois-tu seul pensant &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Dans ce monde ou&#768; la vie e&#769;clate en toute chose : &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Des forces que tu tiens ta liberte&#769; dispose,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais de tous tes conseils l'univers est absent.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Respecte dans la be&#770;te un esprit agissant : ...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Chaque fleur est une a&#770;me a&#768; la Nature e&#769;close ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un myste&#768;re d'amour dans le me&#769;tal repose :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#171; Tout est sensible ! &#187; &#8211; Et tout sur ton e&#770;tre est puissant !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Crains dans le mur aveugle un regard qui t'e&#769;pie &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;A la matie&#768;re me&#770;me un verbe est attache&#769;...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ne la fais pas servir a&#768; quelque usage impie !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Souvent dans l'e&#770;tre obscur habite un Dieu cache&#769; ;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et comme un &#339;il naissant couvert par ses paupie&#768;res, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un pur esprit s'accroi&#770;t sous l'e&#769;corce des pierres !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_21880 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_signature-du-livre-baisemain-fernando-arrabal-et-jean-marc-brunet-juin-2019.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH338/brunet_signature-du-livre-baisemain-fernando-arrabal-et-jean-marc-brunet-juin-2019-e353e.jpg?1733077250' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Jean-Marc Brunet (&#224; droite) avec Fernando Arrabal lors d'une signature du livre Baisemain en juin 2019 &#224; Paris.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Relire &lt;i&gt;Vers dore&#769;s&lt;/i&gt; de Nerval est de&#769;ja&#768; regarder la peinture de Brunet. C'est aborder son &#339;uvre par son versant le plus (in)conscient. Les mots du poe&#768;te soulignent les courants telluriques de la toile sans rien en dire pour autant. La poe&#769;sie est un art divinatoire. Si le peintre remonte le fil de ses souvenirs, il de&#769;croche le premier et vous le jette a&#768; la face comme une provocation badine : le Marquis de Sade. &#192; peine le nom prononce&#769;, il rit joyeusement de son mensonge opportun. Seules lui reviennent vraiment en me&#769;moire les rencontres, qui ont fait de lui un e&#769;couteur avant qu'il ne devienne un lecteur. &#171; Quand je me suis inte&#769;resse&#769; a&#768; la poe&#769;sie, il m'a fallu revenir aux fondamentaux pour comprendre tout ce que les poe&#768;tes contemporains, comme Arrabal ou Orizet, me racontaient. Je me suis alors aperc&#807;u que tous les peintres que j'affectionne ont travaill&#233;s avec de grands poe&#768;tes. &#187; Pousse&#769; par un caracte&#768;re pugnace et bouillonnant, Jean-Marc Brunet va e&#769;cumer l'histoire du livre d'art, explorer le lien entre peintre et poe&#768;te. Sont e&#769;voque&#769;s tout a&#768; trac Henri Michaux, qui e&#769;tait les deux, Pierre Reverdy, Rene&#769; Char, Saint-John Perse, Picasso, Braque, Olivier Debre&#769; et Zao Wou-Ki. En 2000, un livre avec David Beaurain (poe&#768;te et ami) marque le de&#769;but d'une complicite&#769; concre&#768;te entre son &#339;uvre et les mots des poe&#768;tes. Parmi lesquels il faut citer Michel Butor, Charles Carre&#768;re, Jean-Yves Cle&#769;ment, Bernard Noe&#776;l, Pierre Nicolas, Jean Orizet, Jean-Clarence Lambert, Natanae&#776;le Chatelain, Fernando Arrabal,Yves Namur, Andre&#769; Schmitz et Andre&#769; Verdet. Sans oublier, Jean-Marc Natel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_avec-jean-marc-natel-2009-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L494xH800/brunet_avec-jean-marc-natel-2009-2-e9394.jpg?1733077251' width='494' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Jean-Marc Brunet et Jean-Marc Natel en 2009
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec lui, j'ai vraiment explore&#769; le lien historique et sensible entre la poe&#769;sie et la peinture. Il m'a permis de mieux comprendre ce qu'instinctivement je ressentais et a e&#769;tabli pour moi les connexions entre les peintres et les poe&#768;tes que j'aimais. &#187; Une fois a&#768; l'atelier, Jean-Marc Natel n'en sortira pour ainsi dire jamais. Une amitie&#769; inde&#769;fectible le lie au peintre jusqu'a&#768; aujourd'hui. &#171; C'e&#769;tait la premie&#768;re fois, qu'une personne me parlait aussi justement de ma peinture, ne voyait pas en elle un travail abstrait et arrivait a&#768; en dire les intentions. Quand je l'ai interroge&#769; sur cette diablerie, il a simplement re&#769;pondu : &#8220;C'est normal, je suis poe&#768;te, je sens les choses, les vibrations&#8221;. &#187; De&#769;bute ainsi un compagnonnage fertile. Une fois par semaine pendant 15 ans, ils se voient pour discuter peinture et poe&#769;sie, poe&#769;sie et peinture, jusqu'au bout de la nuit. Aux conversations nocturnes suivent les lectures. Plus le peintre lit, plus les mots re&#769;sonnent dans la matie&#768;re de ses toiles. Jean-Marc Brunet s'enhardit, e&#769;crit a&#768; ceux dont il se sent proche. Leur envoie ce qu'il a produit en e&#769;cho. Comme pour leur dire &#171; merci &#187;. Les rendez-vous se multiplient, les collaborations aussi. Face a&#768; la poe&#769;sie, le peintre conserve son style mais ne pratique pas le me&#770;me registre. &#171; Mon objectif n'est jamais d'illustrer, mais quand je suis aux prises avec de la poe&#769;sie, je m'inte&#769;resse peut-e&#770;tre plus aux couleurs, aux rythmes, que lorsque je peins une toile sans lien avec elle. Ma the&#769;matique personnelle est le &#8220;de&#769;paysage&#8221;, notion pense&#769;e a&#768; la fin des anne&#769;es 1950 par le poe&#768;te et critique d'art, Jean-Clarence Lambert. La couverture du livre e&#769;ponyme avait d'ailleurs e&#769;te&#769; re&#769;alise&#769;e par Pierre Soulages. Il s'agit de qualifier des productions qui s'inte&#769;ressent a&#768; la nature tout en la dige&#769;rant, la transformant, au point de faire nai&#770;tre des paysages inte&#769;rieurs, comme la peinture de Zao Wou-Ki, par exemple. Je me suis instinctivement inscrit dans cette veine. &#187; Qu'il se prome&#768;ne sous une pluie battante ou offre son visage aux rais mordants du soleil, le peintre se nourrit. Si les proble&#768;mes environnementaux le touchent profonde&#769;ment, il explique spontane&#769;ment n'e&#770;tre pas un tre&#768;s grand militant, mais avoir &#171; une conscience totale de la beaute&#769; et de l'importance de cette prodigieuse nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/83-variation-ronsard-2017-avec-jean-clarence-lambert-sous-e_tui-22_16-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH339/83-variation-ronsard-2017-avec-jean-clarence-lambert-sous-e_tui-22_16-1-f305c.jpg?1772213184' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Variation Ronsard, avec Jean-Clarence Lambert, Jean-Marc Brunet, 2017
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais retournons a&#768; la poe&#769;sie. Comment s'y prend-elle pour s'immiscer au bout du pinceau, de la plume ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je m'interroge toujours sur les agencements de mots du poe&#768;te. Je les lis et les relis dans le silence de l'atelier. J'essaie d'entrer dans ce rythme, cette e&#769;nergie, qui ne m'appartiennent pas, et de les transcrire par mes propres moyens d'expression. La po&#233;sie est une musique. La mani&#232;re dont j'aborde alors la feuille ou la toile est bien diffe&#769;rente ces jours-la&#768;. &#187; &#192; force de lecture, les textes se colorent. Le peintre ressent un bleu, un orange, un noir et blanc... &#171; Je ne sais pas pourquoi. C'est comme c&#807;a. Je ne tente pas de the&#769;oriser. &#187; Des exemples ? &#171; La poe&#769;sie d'Orizet est bleue. Couleur qui pour moi accompagne ses the&#769;matiques de l'entre-temps et du voyage. Son dernier livre s'intitule Retour a&#768; Ithaque. Et voila&#768; que surgit toute la Me&#769;diterrane&#769;e ! La poe&#769;sie de Bernard Noe&#776;l fait nai&#770;tre, quant a&#768; elle, le noir et blanc. Il travaille sur le corps et ses diffe&#769;rentes e&#769;tapes. Il y a eu des livres sulfureux sur le corps sexuel et aujourd'hui sur le corps en de&#769;composition. Face a&#768; cette puissante poe&#769;sie se dresse la pierre noire. Avec lui, j'ai re&#769;alise&#769; des livres en gravure. &#187; Arrive-t-il que l'inverse se produise et que ce soit des poe&#768;tes qui accompagnent votre peinture ? &#171; Oui, c'est arrive&#769; en re&#769;ponse a&#768; certaines toiles. Notamment avec Natanae&#776;le Chatelain. Elle aussi est d'une grande clairvoyance. Avant me&#770;me de nous rencontrer, elle m'a parle&#769; d'abeilles, d'atomes... m'a offert une de&#769;finition de mon travail que j'aurais aime&#769; e&#770;tre en mesure de formuler moi-me&#770;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_murmure-52x395-2011-monotype-604x800.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH662/brunet_murmure-52x395-2011-monotype-604x800-78ced.jpg?1772213184' width='500' height='662' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Murmure (monotype), Jean-Marc Brunet, 2011.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jour apre&#768;s jour, vers apre&#768;s vers, la peinture de Jean-Marc Brunet a ope&#769;re&#769; une mutation. &#171; Plus j'approfondis la poe&#769;sie, plus je prends le temps de peindre. La poe&#769;sie, c'est le temps. Quand le poe&#768;te est grand, que la lecture est bonne, le travail n'a pas pu se faire en un claquement de doigts. Il y a force&#769;ment eu des heures et des heures de digestion des mots. Contrairement a&#768; un roman, la poe&#769;sie rend compte de ce processus de maturation des sensations, des e&#769;motions. J'attache e&#769;galement plus d'importance au titre de chacune de mes toiles. Sans e&#770;tre une de&#769;finition, il donne la direction poe&#769;tique de l'&#339;uvre, ouvre un acce&#768;s vers elle. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'atelier, le peintre regarde beaucoup ce qu'il fait pour saisir l'instant. Ces interventions sont tre&#768;s courtes, fulgurantes. Clac, clac. Et il repose le pinceau. &#171; Avant, je produisais. Il fallait faire pour exister comme peintre. Produire, produire. Quand j'ai eu ma nouvelle presse, j'ai re&#769;alise&#769; un monotype par jour. 365 jours, 365 monotypes ! Sans compter les peintures. Aujourd'hui, tout est beaucoup plus retenu. J'essaie d'e&#770;tre comme le poe&#768;te qui e&#769;limine la virgule, le mot de trop et n'oublie pas les respirations. &#187; Alors, Jean-Marc Brunet efface a&#768; la te&#769;re&#769;benthine comme avec une gomme. Les choses sont plus laborieuses que lorsqu'il ajoutait des effusions aux effusions de peinture. Elles demandent plus d'attention, d'assiduite&#769;, de pre&#769;paration, pour libe&#769;rer le geste a&#768; dessein.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_14-le-gou_t-du-vent-2017-h_t-150x150.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH494/brunet_14-le-gou_t-du-vent-2017-h_t-150x150-b5b68.jpg?1733077251' width='500' height='494' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le go&#251;t du vent, Jean-Marc Brunet, 2017.&lt;br class='autobr' /&gt;
150 x 150 cm
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les autres domaines, il faut que c&#807;a pulse, mais de&#769;sormais a&#768; l'atelier, le calme re&#768;gne. &#171; J'y rentre comme dans une e&#769;glise ou dans un temple. J'y suis me&#769;tamorphose&#769;, autre. &#187; Est-ce la sagesse qui vous gagne ? &#171; Non, la poe&#769;sie ! &#187; L'artiste a pris conscience que la puissance nai&#770;t dans le temps long. Qu'elle s'ourdit de toile en toile, de dessin en dessin, de gravure en gravure. Que l'un renforce l'autre et qu'ensemble ils ne sont qu'un. &#171; Tous les textes de Bernard Noe&#776;l viennent dans la continuite&#769; du premier. Quand tu en prends conscience, tu te dis que le plus re&#769;cent a e&#769;te&#769; pense&#769; depuis et pendant longtemps. &#187; Est-ce une ambition pour votre peinture ? &#171; Non, pluto&#770;t la volonte&#769; d'un e&#769;loge a&#768; la poe&#769;sie. Mai&#770;triser les mots, c'est beaucoup plus fort que de mai&#770;triser la couleur ou le dessin. Quand un ami ne va pas bien, je cherche et trouve le texte, la phrase, qui puissent lui apporter l'e&#769;clairage ne&#769;cessaire. Les poe&#768;tes ont les solutions a&#768; nos maux. Ils ont perce&#769; a&#768; jour la vie, la mort, la maladie, le manque d'amour... Ils sont a&#768; la fois philosophes et gue&#769;risseurs. &#187; Et le peintre de faire un heureux lapsus, ou peut-e&#770;tre pas. &#171; Quand tu vis un beau texte, tu es heureux. &#187; Vivre la peinture comme la poe&#769;sie, pluto&#770;t que regarder l'une et lire l'autre. &#192; l'exte&#769;rieur, la boi&#770;te aux lettres se signale. Un pli vient d'arriver. Jean-Marc Brunet rec&#807;oit de&#769;sormais de nombreux ouvrages. Il y a ceux qui lui tombent des mains et les autres dont il souligne des passages. Et puis, a&#768; la tombe&#769;e du jour, il lui arrive de les offrir a&#768; Sophie, son e&#769;pouse. &#171; Je reviens syste&#769;matiquement vers les poe&#769;sies que j'aime a&#768; des heures diffe&#769;rentes de la journe&#769;e car chacune a une lumie&#768;re bien a&#768; elle, e&#769;videmment. &#187; Comme vos toiles, en ve&#769;rite&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/brunet_double.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH222/brunet_double-e421e.jpg?1733077251' width='500' height='222' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;La nuit me parle (2016-2017) et Variation marine (2012), Jean-Marc Brunet.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.jean-marc-brunet.com" class="spip_out"&gt;www.jean-marc-brunet.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quelques mots emprunte&#769;s a&#768; San Francisco de Maxime Le Forestier&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La prochaine e&#769;dition du Festival Correspondances des arts se tiendra a&#768; Braine, dans l'Aisne, du 8 au 17 mai 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Retour d'astre, avec Michel Butor &#169; Jean-Marc Brunet &#8211; Toutes les photos sont cre&#769;dite&#769;es Jean-Marc Brunet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru initialement dans ArtsHebdoM&#233;dias le 23 octobre 2019 : &lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/conversation-avec-jean-marc-brunet/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.artshebdomedias.com/article/conversation-avec-jean-marc-brunet/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.artshebdomedias.com/article/conversation-avec-jean-marc-brunet/&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/ahm.png' width=&#034;598&#034; height=&#034;487&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Smaris Elaphus 02</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Smaris-Elaphus-02</link>
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		<dc:date>2024-10-06T13:30:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Laure Desjardins , Martial Verdier et Pierre Leotard</dc:creator>


		<dc:subject>Corridor &#233;l&#233;phant</dc:subject>
		<dc:subject>ArtsHebdoM&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>TK-21</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Smaris Elaphus, chime&#768;re improbable a&#768; la curiosite&#769; insatiable, nous e&#769;loigne du cours ordinaire des choses. Le poisson-cerf de&#769;cortique et pense son e&#769;poque.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Publications" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Corridor-elephant" rel="tag"&gt;Corridor &#233;l&#233;phant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ArtHebdoMedias" rel="tag"&gt;ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/TK-21" rel="tag"&gt;TK-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH131/arton2537-63ff1.jpg?1772189364' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='131' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Smaris Elaphus deuxi&#232;me &#233;dition, chime&#768;re toujours improbable a&#768; la curiosite&#769; toujours insatiable, nous e&#769;loigne du cours ordinaire des choses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le poisson-cerf de&#769;cortique et pense son e&#769;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Liberte&#769; &amp; Insolences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ArtsHebdoMe&#769;dias, Corridor E&#769;le&#769;phant&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;TK-21 LaRevue&lt;/strong&gt; sont heureux de vous pre&#769;senter le nume&#769;ro 2 ! Trois revues libres et inde&#769;pendantes s'allient pour parler du monde qui change, trop vite... ou trop lentement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Liberte&#769;, liberte&#769; che&#769;rie, mais liberte&#769; qualifie&#769;e, norme&#769;e, encadre&#769;e, surveille&#769;e. Pauvre liberte&#769; oxymore&#769;e de novlangue, pauvre e&#769;galite&#769; quand elle est promue par ceux qui sont plus e&#769;gaux que d'autres, pauvre fraternite&#769; qui s'arre&#770;te a&#768; chaque frontie&#768;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Re&#769;apprenons a&#768; &#171; roter, cracher, pe&#769;ter &#187;, blasphe&#769;mer et &#171; faire ce que voudra &#187;... Remettons en question les valeurs morales qui doivent nous guider tant elles sont manipule&#769;es, perverties. Il faut re&#769;apprendre l'insolence, porter l'inde&#769;cence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Liberte&#769;, liberte&#769; a&#768; che&#769;rir, pre&#769;server, conque&#769;rir, inventer pour soi-me&#770;me et pour les autres, avec soi-me&#770;me et avec les autres. Indispensable liberte&#769; a&#768; vivre au jour le jour, indispensable e&#769;galite&#769; a&#768; qualifier au boulot, me&#769;tro, dodo, indispensable fraternite&#769; a&#768; dispenser autour de soi avant d'ambitionner de l'e&#769;tendre au monde.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;padding:100% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/1013556854?badge=0&amp;autoplay=1&amp;loop=1&amp;autopause=O&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;berga_smaris_elaphus_03&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a jamais eu d'E&#769;den, de socie&#769;te&#769; parfaite, de monde altruiste, d'univers bienveillant. Seulement et toujours des moments de gra&#770;ce, d'e&#769;quite&#769;, de solidarite&#769;, de joie, de de&#769;sir. Le verre est e&#769;ternellement a&#768; moitie&#769; vide, mais seuls ceux qui le voient a&#768; moitie&#769; plein peuvent faire grandir l'humanite&#769; et pre&#769;server le vivant. E&#769;duquons, imaginons. Prenons cette liberte&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emplissons nos verres, laissons couler l'encre et fleurir la cre&#769;ation, re&#769;pondons aux de&#769;sordres de nos de&#769;sirs, a&#768; l'insolence d'e&#770;tre. Oublions les re&#768;gles de bonne conduite, les e&#769;motions retenues, les engagements tie&#768;des, les amours de fac&#807;ade, les cre&#769;ations de commande et les pense&#769;es musele&#769;es a&#768; l'illusion du &#171; mieux &#187; vivre. Ne cherchons pas demain, mais buvons aujourd'hui a&#768; grandes lampe&#769;es avant que la vie ne s'e&#769;vapore. Le meilleur reste toujours a&#768; venir a&#768; celui qui, loin des codes, des diktats que l'on dit impose&#769;s a&#768; de&#769;faut d'avouer sa la&#770;chete&#769;, choisit son devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &lt;i&gt;the medium is the message,&lt;/i&gt; alors voila&#768; un bre&#769;viaire de la liberte&#769; et des insolences (supprimer vous-me&#770;me synecdoques et oxymores).&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_21655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/smaris_elaphus_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH650/smaris_elaphus_couv-54230.jpg?1772189364' width='500' height='650' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le n&#176;02 de SMARIS &#201;LAPHUS**, revue annuelle r&#233;alis&#233;e par trois revues en ligne (Arts Hebdo M&#233;dias, TK-21 LaRevue, Corridor &#201;l&#233;phant). Revue exp&#233;rimentale, elle ouvre ses pages une fois par an pour proposer &#224; des artistes contemporains et des auteurs de s'exprimer sur un th&#232;me choisi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le N&#176;02 a pour sujet &#171; Libert&#233; &amp; Insolences &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Souscrire :&lt;br class='autobr' /&gt;
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		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>L'arbre comme antidote &#224; la r&#233;p&#233;tition</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-arbre-comme-antidote-a-la</link>
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		<dc:date>2024-01-30T20:09:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>arbre</dc:subject>
		<dc:subject>nature</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, la pr&#233;sence des arbres, tant dans l'art que dans la litt&#233;rature ou le cin&#233;ma, a explos&#233;. L'arbre est devenu le symbole d'une nature maltrait&#233;e et sa condition, le miroir de la n&#244;tre. Compagnons d'infortune, ils subissent de plein fouet les outrances de l'anthropoc&#232;ne, alors que leur ing&#233;niosit&#233;, leur r&#233;silience et leur beaut&#233; sont de profondes sources de connaissance et d'inspiration.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Entretiens" rel="directory"&gt;Entretiens&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/arbre" rel="tag"&gt;arbre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH130/arton2405-1f5b4.jpg?1772245440' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, la pr&#233;sence des arbres, tant dans l'art que dans la litt&#233;rature ou le cin&#233;ma, a explos&#233;. L'arbre est devenu le symbole d'une nature maltrait&#233;e et sa condition, le miroir de la n&#244;tre. Compagnons d'infortune, ils subissent de plein fouet les outrances de l'anthropoc&#232;ne, alors que leur ing&#233;niosit&#233;, leur r&#233;silience et leur beaut&#233; sont de profondes sources de connaissance et d'inspiration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Durant deux jours (jeudi 23 et vendredi 24 novembre 2023), les Conversations sous l'arbre, au Domaine de Chaumont-sur-Loire, ont propos&#233; de participer &#224; une discussion enjou&#233;e &#224; propos &#171; De l'importance des arbres &#187;. L'artiste Eva Jospin, le sp&#233;cialiste de biom&#233;canique des plantes et directeur de recherche &#224; l'INRAE Bruno Moulia, le biologiste et mycologue Francis Martin, ainsi que l'&#233;crivain et commissaire d'exposition Olivier Kaeppelin ont tent&#233; de r&#233;pondre &#224; une interrogation passionnante : les arbres sont-ils plus sages que nous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbre surplombe l'humanit&#233; depuis son origine. Si les r&#233;cits mythologiques comme les chansons de geste t&#233;moignent de sa puissance symbolique &#8212; du Jardin des Hesp&#233;rides &#224; l'arbre de la connaissance de la Gen&#232;se, de l'Arbre Monde de la mythologie nordique &#224; celui des Sefirot de la kabbale, de la for&#234;t de Broc&#233;liande au ch&#234;ne de Saint-Louis &#8212;, l'arbre a aussi fourni &#224; l'homme les moyens de sa subsistance et de son d&#233;veloppement. Il a r&#233;gul&#233; son &#233;cosyst&#232;me, servi &#224; le r&#233;chauffer, le prot&#233;ger, l'outiller, le transporter et, don incommensurable, lui a permis non seulement de respirer &#224; son aise mais aussi de diffuser &#224; l'&#233;chelle des continents sa pens&#233;e et ses savoirs. Pourtant sans se soucier d'aucune de ses dettes, ni m&#234;me du moindre remerciement, l'homme moderne a abus&#233; de lui. Il a r&#233;duit drastiquement son territoire engendrant de nombreuses catastrophes environnementales et humaines. Une maltraitance qui a fini par attirer l'attention de tous.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des d&#233;cennies de d&#233;bordements industriels et commerciaux l'ont mis &#224; mal, l'arbre ne cessa pourtant jamais d'habiter l'imaginaire des po&#232;tes et des artistes. Des pommiers en fleurs (1912) de Piet Mondrian, qui initieront un langage plastique pr&#233;curseur de l'art abstrait, &#224; ceux (2020) de David Hockney, qui s'&#233;laborent et se diffusent &#224; l'aide d'une tablette num&#233;rique, les repr&#233;sentations de l'arbre aux XXe et XXIe si&#232;cles r&#233;v&#232;lent autant les croyances et les aspirations d'une &#233;poque que de la relation entretenue par ses contemporains avec la nature, la science et la technique. L'art contemporain a fait de l'arbre un terrain d'expression de la sensibilit&#233; humaine et de la compr&#233;hension du monde. S'il l'a d&#233;laiss&#233; en tant que sujet d'observation purement naturaliste, il l'a investi comme miroir de l'artiste lui-m&#234;me. L'arbre devient alors le mat&#233;riau m&#234;me de l'exp&#233;rimentation artistique. En vue des prochaines Conversations sous l'arbre, au Domaine de Chaumont-sur-Loire, Olivier Kaeppelin a accept&#233; de d&#233;voiler quelques-unes des r&#233;flexions qu'il partagera &#224; propos du th&#232;me de la manifestation : &#171; De l'importance des arbres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ArtsHebdoM&#233;dias.&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;strong&gt;Quand vous entendez le mot &#171; arbre &#187; quelles sont les premi&#232;res images ou premiers souvenirs qui vous viennent &#224; l'esprit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Olivier Kaeppelin.&lt;/strong&gt; &#8211; Je dois avouer que le premier souvenir qui me vient n'est pas en lien direct avec la nature mais avec une repr&#233;sentation de cette derni&#232;re. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, si je pense &#171; nature &#187; ce sont des images de films ou des vers extraits de po&#232;mes que mon esprit convoque. Ainsi, se dresse devant mes yeux l'unique arbre mort de &lt;i&gt;Dodes'kaden&lt;/i&gt; d'Akira Kurozawa ou les arbres &#224; kakis de &lt;i&gt;La Femme des sables&lt;/i&gt;, poignant et philosophique r&#233;cit &#233;crit par Ab&#233; K&#244;b&#244; et magistralement film&#233; par Hiroshi Teshigahara. C'est peut-&#234;tre &#233;trange, mais c'est ainsi. Les images qui me viennent sont magnifiques mais elles soulignent que la vie est une lutte et la mort un passage oblig&#233;. Elles sont du c&#244;t&#233; de l'inqui&#233;tude, comme autant de &lt;i&gt;memento mori&lt;/i&gt;. Ceci dit, je n'oublie pas non plus que je suis n&#233; au Br&#233;sil et que j'y ai grandi jusqu'&#224; l'adolescence. A cette &#233;poque, il n'&#233;tait pas question de d&#233;forestation ou de pr&#233;dation des ressources naturelles, telles qu'elles se pr&#233;sentent aujourd'hui. Je me souviens des baobabs &#8211; je ne sais s'ils sont nomm&#233;s ainsi en Am&#233;rique du Sud &#8211;, qui servaient de rep&#232;res dans la for&#234;t. Souvent les autochtones faisaient place nette autour d'eux pour souligner leur puissance et le respect qu'ils leur portaient. L'arbre &#233;tait a minima animalier, quasi personnifi&#233;. A posteriori, je vois dans ces images la puissance de l'arbre et le crime que c'est de ne pas la consid&#233;rer.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et du c&#244;t&#233; de l'art, quelques souvenirs&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux &#233;videmment. Par exemple, j'ai toujours trouv&#233; magnifiques les myst&#233;rieuses et magn&#233;tiques for&#234;ts du Douanier Rousseau, dont on ne sait ce qu'elles rec&#232;lent. Beaucoup plus proche de nous, celle de David Claerbout. Une vid&#233;o, que j'ai pr&#233;sent&#233;e &#224; la Biennale de Busan, en 2014, m'a beaucoup impressionn&#233;. Le regard p&#233;n&#233;trait dans une for&#234;t &#224; la beaut&#233; extraordinaire, perc&#233;e selon diff&#233;rents angles par des rais de lumi&#232;re, qui faisaient na&#238;tre un sentiment d'&#233;tranget&#233;. L'&#339;il finissait par comprendre que les ombres &#233;taient fausses, que la for&#234;t &#233;tait une construction num&#233;rique. Puis, l'artiste d&#233;zoomait l'image en quelque sorte et nous apercevions un petit bois de rien du tout au milieu d'un champ cern&#233; par un r&#233;seau autoroutier. La m&#233;moire s'activant, je pense aussi &#224; la premi&#232;re longue &#233;mission que j'ai faite &#224; la demande d'Alain Veinstein pour les Nuits magn&#233;tiques. Il m'avait demand&#233; d'y d&#233;velopper un th&#232;me, j'ai choisi la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;98&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture-decran-2023-11-14-a-16.28_25.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH289/capture-decran-2023-11-14-a-16.28_25-2106e.jpg?1705947426' width='500' height='289' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Travel, 1996-2013
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;(arr&#234;t sur image), HD animation, color, stereo sound, 12 min. &#169;David Claerbout
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous souvenez-vous pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vrai dire, il me semble que je poursuis une certaine obsession&#8230; J'ai certes un rapport heureux et direct avec la nature, comme certains de mes souvenirs en t&#233;moignent, mais au fond le sujet qui m'habite est celui de la repr&#233;sentation. La for&#234;t que j'avais abord&#233;e, dans cette &#233;mission de cinq fois une demi-heure, &#233;tait symbolique et venait soutenir une pens&#233;e plus large. Pour moi, la culture est plus vivante que la nature. Malgr&#233; le renouvellement des saisons, malgr&#233; les feuillaisons et les floraisons, je vois plus de cr&#233;ativit&#233; et de vitalit&#233; dans la cr&#233;ation assum&#233;e et la culture que dans la nature. Il y a quelques ann&#233;es, j'ai fait une exposition au ch&#226;teau de Biron avec des &#339;uvres appartenant &#224; la Fondation Maeght et c'&#233;tait d&#233;j&#224; le propos. Il y avait le v&#233;g&#233;tal, le min&#233;ral, l'animal et la po&#233;tique. Le propos n'&#233;tait pas affirm&#233; mais souterrain. Ma proposition sugg&#233;rait que la repr&#233;sentation de la nature, les l&#233;gendes, les contes, les r&#234;veries&#8230; qui l'habitent, est plus vivante que la nature elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne craignez-vous pas en affirmant cela de vous attirer les foudres de certains ou, a minima, de d&#233;clencher leur incompr&#233;hension ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que la nature est une pens&#233;e de la nature, que la r&#233;alit&#233; n'est qu'un lexique, peu int&#233;ressant, suite de d&#233;signations. Le r&#233;el m'int&#233;resse, c'est-&#224;-dire ce mouvement vivant qui existe entre nous et ce qui nous entoure. La philosophie dirait : entre le sujet et l'objet. Bien entendu que la nature existe en tant que telle mais nous ne la connaissons que par notre interpr&#233;tation. Et c'est bien ce qui a fait le malheur de cette nature car nous avons eu des pens&#233;es totalitaires, des interpr&#233;tations arbitraires, int&#233;ress&#233;es &#233;conomiquement, id&#233;ologiquement, qui ont largement contribu&#233; &#224; sa destruction. Si la nature &#233;tait un &#233;tant donn&#233; magnifique, pourquoi les hommes, s'ils ne l'avaient pas interpr&#233;t&#233;e, l'auraient-ils n&#233;glig&#233;e, attaqu&#233;e, d&#233;truite comme ils le font aujourd'hui ? Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il n'y a pas de nature sans interpr&#233;tation de la nature. Alors peut-&#234;tre qu'&#224; partir du moment o&#249; elle est le lieu o&#249; nous pouvons nous confronter &#224; la vie, &#224; la mort, &#224; la beaut&#233;, au pouvoir, &#224; la puissance&#8230;, un lieu habit&#233; par des symboliques, nourri de l&#233;gendes, peut-&#234;tre pouvons-nous mieux la consid&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20614 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/volvent-drome.vue-depuis-la-terrasse-de-la-maison.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH523/volvent-drome.vue-depuis-la-terrasse-de-la-maison-5a1e5.jpg?1705947426' width='500' height='523' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Volvent, paysage de la Dr&#244;me.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Olivier Kaeppelin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre id&#233;e serait-elle que nous nous devons finalement de r&#233;habiter la nature, la r&#233;investir culturellement pour mieux la comprendre, la respecter et la pr&#233;server ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est pour cela que je m'int&#233;resse beaucoup &#224; des textes comme ceux de Vinciane Despret et de Baptiste Morizot, qui tous deux s'int&#233;ressent &#224; la relation que l'homme entretient avec les vivants, qu'ils soient oiseaux, ours ou lombrics. Je dois dire aussi que la nature existe de mani&#232;re tr&#232;s forte chez moi &#224; travers des auteurs tels qu'Henry David Thoreau, Herman Melville, ou encore Hermann Hesse. Sans oublier Victor Hugo et son regard sur la mer. Je pourrais &#233;voquer l'automne, les promenades &#224; cheval dans les for&#234;ts jurassiennes, etc. Une partie de l'ann&#233;e, j'habite un pays splendide, la Dr&#244;me. Tout pr&#232;s de chez moi, il y a une montagne si belle que parmi les pr&#233;noms de ma fille, il y a son nom : Ang&#232;le. Je pourrai donc vous parler longuement de ses alpages, de ses prairies un peu roussies, aplaties par le vent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Finalement, nous ne sommes pas oblig&#233;s de choisir une attitude et de nous y tenir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, il est possible d'embrasser les arbres sans pour autant cesser de les interpr&#233;ter. Louise Tilleke, par exemple, est une artiste qui peint la nature, en fait le lieu d'apparitions et d'interpr&#233;tations, tout en ayant un rapport direct avec elle, un contact physique qui lui transmet de l'&#233;nergie, affirme-t-elle. Je me souviens notamment d'une vid&#233;o r&#233;alis&#233;e au Fresnoy o&#249; elle appara&#238;t attach&#233;e &#224; un arbre par un fil &#233;lectrique reli&#233; &#224; la terre. Le film se d&#233;ploie comme une parabole, il est aussi un clin d'&#339;il &#224; Nikola Tesla, qui pensait que si on avait suivi ses id&#233;es, il n'y aurait pas eu besoin de vendre l'&#233;lectricit&#233; pour la produire mais que la nature aurait pu seule s'en charger. Cette relation tr&#232;s incarn&#233;e, cette capacit&#233; &#224; s'aboucher avec la nature, existent dans certaines philosophies, pratiques artistiques comme la danse, par exemple. On peut penser aux id&#233;alistes du Monte Verit&#224; sur lesquels Harald Szeeman a beaucoup &#233;crit. Je me souviens aussi avoir expos&#233; des t&#233;moignages de performances r&#233;alis&#233;es par l'artiste surr&#233;aliste H&#233;l&#232;ne Vanel, surnomm&#233;e L'iris des brumes. Des films montrent cette danseuse classique &#233;voluant nue dans la nature. C'&#233;tait &#224; la m&#234;me &#233;poque que les exp&#233;riences au Monte Verit&#224;, dans une atmosph&#232;re li&#233;e &#224; des gens comme Isadora Ducan. Mon exp&#233;rience de la nature est diff&#233;rente, elle passe avant tout par le regard. Quelle que soit la beaut&#233; du coucher de soleil, les rais de lumi&#232;re dans la for&#234;t jurassienne, le d&#233;placement de l'ombre et de la lumi&#232;re sur Ang&#232;le, la nature est toujours pour moi une interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;98&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/es_3077.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH364/es_3077-d4fe2.jpg?1772191582' width='500' height='364' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sous la for&#234;ts, les vies, Domaine de Chaumont-sur-Loire, 2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Fabrice Hyber, photo &#201;ric Sander
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arbre revient en force aujourd'hui. Il est l'objet de nombreuses attentions, le sujet de multiples repr&#233;sentations. Qu'est-ce que cela vous inspire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que l'arbre est tr&#232;s pr&#233;sent aujourd'hui sur le terrain de l'art. Nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; de David Claerbout et de Louise Tillke, nous pourrions &#233;voquer de tr&#232;s nombreux autres artistes qui ont int&#233;gr&#233; dans leur r&#233;flexion picturale des pr&#233;occupations en lien avec la nature. Citons Toni Grand, Damien Cabanes, Philippe Cogn&#233;e, G&#233;rard Garouste, Pascal Convert, Markus Raetz, Andy Goldsworthy&#8230; Et aussi, bien s&#251;r, Fabrice Hyber, qui vit la nature au plus profond de lui. Je le connais depuis longtemps et me souviens de ce qu'il disait de sa jeunesse, de la Vend&#233;e, de sa famille d'agriculteurs. Son &#339;uvre est formidable, car elle n'est pas qu'un jeu formel. C'est une chose v&#233;cue. D'une certaine mani&#232;re, l'arbre est son corps. Hyber s'est beaucoup int&#233;ress&#233; &#224; sa croissance, au rhizome. Il l'a dessin&#233;, l'a transform&#233; en installations, a choisi volontairement le vert pour son Homme de Bessines, vert comme une v&#233;g&#233;tation, corps travers&#233; par l'eau. De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale et pour revenir pr&#233;cis&#233;ment &#224; votre question, toutes ces repr&#233;sentations disent beaucoup sur notre soci&#233;t&#233; &#224; bout, exsangue &#224; force de r&#233;p&#233;ter. La culture est une chose dangereuse quand elle n'est faite que de r&#233;p&#233;titions du m&#234;me. Il m'arrive parfois de ressentir une certaine indiff&#233;rence face &#224; des positions esth&#233;tiques qui s'autoproclament nouvelles et ne font en r&#233;alit&#233; que singer le nouveau. La r&#233;p&#233;tition n'a pas de vitalit&#233;, pas de force vive. Pourtant nous vivons dans une soci&#233;t&#233; qui en fait une promotion outranci&#232;re &#224; travers le branding, la communication, le statement&#8230;, &#224; croire que si l'on ne r&#233;p&#232;te pas, rien n'imprime&#8230; Ce que nous apporte l'arbre, la nature, c'est l'exp&#233;rience de tout le contraire, car, malgr&#233; la r&#233;p&#233;tition des saisons, l'arbre se renouvelle en profondeur. Toujours arbre mais diff&#233;rent. Il est une exp&#233;rience sensible qui devient un objet d'interpr&#233;tation traversant tous les cycles de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour finir, quelques mots sur l'exp&#233;rience tr&#232;s singuli&#232;re d'une for&#234;t en plein d&#233;sert ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'ai commenc&#233; par vous parler d'arbres morts, c'est probablement que mon interpr&#233;tation convoquait le contraire. Au fond, c'est peut-&#234;tre un sentiment constant chez moi que cette obsession du vivant contre le mort. Je vais donc vous raconter cette exp&#233;rience dans le d&#233;sert de Mongolie-int&#233;rieure, un grand moment pour moi. Dans cette r&#233;gion, les arbres vivent 100 ans, puis ils meurent, restent debout 100 ans de plus avant de se dess&#233;cher au soleil et de se briser au sol. La vision est extraordinaire. C'est l&#224;, dans cet endroit balay&#233; par des &#233;v&#233;nements climatiques extr&#234;mes que Liu Shangying avait d&#233;cid&#233; non seulement de peindre des toiles immenses, mais &#233;galement de les exposer. Nous avons donc dress&#233; les peintures dans cette for&#234;t d'arbres morts. La vie, qui avait quitt&#233; les arbres, inondait les tableaux. C'&#233;tait quelque chose de merveilleux, une exp&#233;rience profonde ressentie par tous les membres de l'&#233;quipe. De ces troncs et branches blanchis tels des os, jaillissait sur les tableaux une incroyable &#233;nergie vitale. La vie ne s'&#233;teint jamais, elle se transmet, elle vagabonde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20613 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;176&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_5337.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH397/img_5337-ec813.jpg?1705947426' width='500' height='397' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Liu Shangying peint dans une for&#234;t d'arbres morts en Mongolie-int&#233;rieure.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Image du catalogue de l'exposition dont Olivier Kaeppelin &#233;tait le commissaire. &#169;photo Liu Shangying
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/olivier-kaeppelin-larbre-comme-antidote-a-la-repetition/" class="spip_out"&gt;L'article dans ArtsHebdoM&#233;dias&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture&gt; Ici n&#176;4, Louise Tilleke, 2023, toile expos&#233;e lors de l'exposition Avec la lumi&#232;re (commissaire Olivier Kaeppelin), &#224; la Galerie Guillaume, en juin 2023, &#224; Paris. &#169;Photo MLD&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Lauren Huret</title>
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		<dc:date>2023-10-01T14:10:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>
		<dc:subject>dystopie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pendant le 23&#7497; congr&#232;s de la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise des Sciences de l'Information et la Communication (SFSIC) &#224; l'IUT Bordeaux Montaigne, l'exposition Info Data Art r&#233;unit 4 &#339;uvres de 4 artistes singuli&#232;rement pr&#233;occup&#233;s par ces sujets : David Guez avec Disque dur papier, Lauren Huret avec Praying for my haters, Olga Kisseleva avec Memory Garden, et B&#233;r&#233;nice Serra avec Customs, r&#233;alis&#233;e par Marie-Laure Desjardins. Ici, celle de Lauren Huret.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2344-6b914.jpg?1772207114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant le 23&#7497; congr&#232;s de la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise des Sciences de l'Information et la Communication (SFSIC) &#224; l'IUT Bordeaux Montaigne, l'exposition Info Data Art r&#233;unit 4 &#339;uvres de 4 artistes singuli&#232;rement pr&#233;occup&#233;s par ces sujets : David Guez avec Disque dur papier, Lauren Huret avec Praying for my haters, Olga Kisseleva avec Memory Garden, et B&#233;r&#233;nice Serra avec Customs. ArtsHebdoM&#233;dias pr&#233;sente ici l'&#339;uvre de Lauren Huret.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;alis&#233;e par Marie-Laure Desjardins, cette s&#233;lection se consacre tout particuli&#232;rement aux donn&#233;es num&#233;riques et s'interroge sur les questions de circulation de l'information dans l'espace public, la tra&#231;abilit&#233; de l'information et des donn&#233;es, l'organisation du travail dans les entreprises de contenus num&#233;riques et sur les langages de programmation informatique. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste Lauren Huret est partie &#224; Manille, aux Philippines, en juin 2018, afin d'enqu&#234;ter sur le travail des mod&#233;ratrices et mod&#233;rateurs de contenu, expos&#233;s &#224; des milliers d'images traumatisantes chaque jour. Ces personnes, engag&#233;es par les entreprises des r&#233;seaux sociaux tels que Facebook et Instagram, trient sans rel&#226;che les &#171; contenus utilisateurs &#187; pouvant circuler sur les plateformes en ligne et d&#233;terminent de leur libre circulation. Lauren Huret interroge les cons&#233;quences psychiques et physiques de ce travail &#224; travers son concept d'&#171; images maudites &#187;, ainsi que ses effets &#224; long terme pour nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'artiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lauren Huret est une artiste, qui vit et travaille &#224; Gen&#232;ve. Elle a &#233;tudi&#233; &#224; l'universit&#233; Bordeaux Montaigne, aux Beaux-Arts de Bordeaux et &#224; la Haute &#233;cole d'art et de design (HEAD), &#224; Gen&#232;ve. Son travail visuel, ainsi que ses recherches, compos&#233;s principalement de vid&#233;os, d'installations, de performances et de collages, s'attachent &#224; mettre en lumi&#232;re les syst&#232;mes de croyance produits par nos dispositifs techniques et m&#233;diatiques. Elle a publi&#233; &#224; ce jour cinq ouvrages dont Artificial fear, Intelligence of Death, &#233;d. Link, co-pub. Kunsthaus Langenthal, 2016 ; L'&#226;ge des techniciens, avec Pac&#244;me Thiellement, &#233;d. Clinamen, 2017 et Praying for my haters, &#233;d. CCS Paris, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du parcours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parler de mon parcours oblige &#224; revenir au temps marquant de la pr&#233;adolescence. N&#233;e &#224; Paris au milieu des ann&#233;es 1980, j'ai grandi &#8211; de 9 &#224; 14 ans &#8211; aux Cara&#239;bes, &#224; l'&#233;poque du d&#233;veloppement du Web. Dans cette r&#233;gion o&#249; des pratiques religieuses diverses s'imbriquent, la magie est tr&#232;s pr&#233;sente. Alors que mon imaginaire en &#233;tait impr&#233;gn&#233;, mes parents ont acquis un ordinateur. Cette &#171; apparition &#187; m'a passionn&#233;e au point que j'ai voulu comprendre le fonctionnement de l'appareil dans les moindres d&#233;tails. Le r&#233;alisme magique du lieu a transform&#233; les outils de communication et d'information en objets magiques de transmission d'affect. La question du spectre m'a longtemps habit&#233;e. Ce rapprochement entre cybern&#233;tique, technologies, d&#233;veloppement des r&#233;seaux d'une part, et syst&#232;mes de pens&#233;e li&#233;s &#224; la spiritualit&#233; ou au mysticisme, d'autre part, ont &#233;t&#233; mis en &#233;vidence par Erik Davis dans TechGnosis : Mythes, Magie et Mysticisme dans l'&#232;re de l'Information. Un livre qui m'a beaucoup int&#233;ress&#233;e. J'ai, d'ailleurs, rencontr&#233; l'auteur des ann&#233;es plus tard aux &#201;tats-Unis. Il faut &#233;galement souligner que je n'ai jamais r&#233;fl&#233;chi &#224; devenir autre chose qu'artiste &#8212; peut-&#234;tre un temps journaliste, mais ce f&#251;t &#233;ph&#233;m&#232;re &#8212; et je n'ai jamais quitt&#233; les pr&#233;occupations n&#233;es aux Cara&#239;bes. &#192; la sortie des Beaux-Arts de Bordeaux, j'ai organis&#233; des expositions en tant que commissaire et j'ai aussi mont&#233; une revue d'art contemporain qui s'appelait Superstition, puis j'ai obtenu un master &#224; la Haute &#233;cole d'art et de design de Gen&#232;ve et en suivant un poste dans son d&#233;partement Recherche. Poste qui a beaucoup influenc&#233; ma pratique actuelle car j'y ai appris des m&#233;thodologies, issues de l'anthropologie et de la sociologie, que je me suis appropri&#233;e et dont je me sers pour mes projets. J'ai r&#233;alis&#233; des questionnaires pour presque tous mes projets, que ce soient ceux concernant l'IA, les mod&#233;rateurs de contenus, ou aujourd'hui l'image sacr&#233;e. Cependant mon travail est artistique et non scientifique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du processus cr&#233;atif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pars souvent d'un sujet auquel je ne connais pas grand-chose et qui m'intrigue. Que se passe-t-il derri&#232;re un &#233;cran ? Comment les informations sont-elles transmises ? Quel est le fonctionnement des entreprises li&#233;es &#224; l'information et &#224; la communication ? Etc. Plus je vieillis, plus je m'int&#233;resse aussi aux cons&#233;quences politiques. Je pars d'un int&#233;r&#234;t pour une question en lien avec l'actualit&#233;, puis je r&#233;alise des recherches. Je creuse. Quand j'ai commenc&#233; &#224; travailler sur l'intelligence artificielle en 2015, &#224; travers le sujet pr&#233;cis de ses mythes et fantasmes, j'avais le sentiment que notre quotidien allait &#234;tre boulevers&#233; par cette avanc&#233;e technologique, que l'IA, telle qu'elle &#233;tait en train de se d&#233;finir, allait impacter nos comportements et nos id&#233;es. Ce qui m'int&#233;resse toujours, c'est de mettre en &#233;vidence les processus de transformation li&#233;s aux technologies de l'information et de la communication. J'ai beaucoup travaill&#233; sur le smartphone, par exemple. Depuis 2015, j'ai int&#233;gr&#233; l'hypnose dans ma pratique. La premi&#232;re pi&#232;ce &#233;tait une performance, Relaxing Data, sorte de voyage guid&#233; dans le temps qui commen&#231;ait en 1984 &#8212; ann&#233;e de ma naissance, mais aussi titre du c&#233;l&#232;bre roman dystopique d'Orwell &#8212; et se terminait en 2016. Je d&#233;crivais les avanc&#233;es technologiques, les unes apr&#232;s les autres, et demandais aux participants de d&#233;tendre certaines parties de leur corps au fur et &#224; mesure du r&#233;cit. Naissait alors une contradiction entre l'injonction &#224; se rel&#226;cher tout en recevant des informations stressantes sur l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; allant vers toujours plus de surveillance. J'utilise &#233;galement l'hypnose pour produire certains textes, obtenir un mat&#233;riel plus profond d'&#233;criture. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;135&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vue_de_l_exposition_info_data_art_plateau-te_le_de_l_iut_universite_bordeaux_montaigne._sur_les_e_crans_praying_for_haters__c_photo_mld.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH342/vue_de_l_exposition_info_data_art_plateau-te_le_de_l_iut_universite_bordeaux_montaigne._sur_les_e_crans_praying_for_haters__c_photo_mld-42067.jpg?1695309378' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vue de l'exposition Info Data Art
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;plateau-t&#233;l&#233; de l'IUT, Universit&#233; Bordeaux Montaigne. Sur les &#233;crans Praying for Haters. &#169;Photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de Praying for Haters&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Praying for Haters est la premi&#232;re pi&#232;ce dont j'ai &#233;crit le texte quasiment int&#233;gralement sous hypnose. C'&#233;tait important pour ce sujet qui traite des mod&#233;rateurs de contenu dont le travail impacte fortement le subconscient. Tout a commenc&#233; avec un article d'Adrian Chen dans le magazine am&#233;ricain Wired. Le journaliste y expliquait la situation alarmante des milliers de personnes qui trient &#224; longueur de journ&#233;e les contenus des r&#233;seaux sociaux, comme Facebook et Instagram, et sont expos&#233;s &#224; des images insoutenables, en plus d'&#234;tre transform&#233;s en censeurs. J'apprenais &#224; cette occasion que ce ne sont pas des algorithmes, mais des humains qui effectuent ces t&#226;ches, contrairement &#224; ce que les entreprises du Web laissent entendre. Je suis partie aux Philippines pendant un mois pour tenter d'&#233;tablir les faits et recueillir sur place des t&#233;moignages, mais cela n'a pas &#233;t&#233; possible. Les employ&#233;s ont des contrats de confidentialit&#233; tr&#232;s stricts et ils sont &#233;troitement surveill&#233;s. Les seuls &#233;changes que j'ai pu avoir ont &#233;t&#233; num&#233;riques et les informations dramatiques : quelques mois &#224; trier les contenus des r&#233;seaux suffisent pour d&#233;truire psychologiquement les employ&#233;s, de nombreux suicides sont d&#233;plor&#233;s. J'ai voulu mettre le point sur ces images que je qualifie de &#171; maudites &#187;. Praying for my Haters est une sorte de portrait tr&#232;s sombre de cette situation. J'ai ouvert chaque fen&#234;tre du b&#226;timent film&#233; pour y diffuser ces &#171; images maudites &#187;, que j'ai r&#233;ussi &#224; enregistrer avant leur censure. Les notes de musique qui hantent la vid&#233;o sont extraites d'un enregistrement r&#233;alis&#233; dans un karaok&#233;, &#224; Manille. Praying for Haters fait partie d'un ensemble de pi&#232;ces con&#231;ues pour une exposition monographique pr&#233;sent&#233;e &#224; Paris, au Centre culturel suisse, en 2019. &#192; signaler, le tr&#232;s int&#233;ressant documentaire, sorti en 2018, The Cleaners (Les Nettoyeurs du Web) de Hans Block et Moritz Riesewieck, avec lesquels j'ai &#233;t&#233; en relation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos des technologies de l'information et de la communication&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je m'int&#233;resse &#224; l'aspect &#8220;magique&#8221; de la transmission des informations et des affects. Comment ces nouvelles mani&#232;res de communiquer entre humains impactent nos usages, notre environnement, et les modifient. J'ai le sentiment que nous sommes devenus ces technologies. Dans une performance r&#233;cente, je propose aux participants de devenir, sous hypnose, un satellite et de regarder la Terre d'en haut. Je cherche &#224; comprendre comment nous interpr&#233;tons ce que nous n'arrivons pas &#224; comprendre, comment nous appliquons nos mythes, fantasmes, imaginaires&#8230; aux technologies de l'information et de la communication. Il est tr&#232;s rare de trouver quelqu'un qui puisse expliquer le fonctionnement d'un ordinateur. Pourtant ces objets font partie de notre quotidien. L'image, qui s'affiche quasi myst&#233;rieusement, induit un caract&#232;re magique &#224; l'information retranscrite. Pour ma part, j'ai fait la d&#233;marche d'apprendre et de comprendre l'ordinateur et ses usages. Comment entreprendre de d&#233;mystifier quelque chose que l'on ne conna&#238;t pas ? Je m'impose toujours une double dynamique, d'abord un processus de d&#233;mystification puis une mani&#232;re artistique et fantasque d'exprimer cette derni&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du r&#244;le de l'artiste au XXI&#7497; si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans la logique de ce qui pr&#233;c&#232;de, peut-&#234;tre pourrions-nous dire que le r&#244;le de l'artiste est double et contradictoire, &#224; la fois il doit d&#233;mystifier et &#8220;remystifier&#8221;. Je ne m'int&#233;resse pas &#224; la figure h&#233;ro&#239;que ou g&#233;niale de l'artiste, telle qu'elle a pu &#234;tre impos&#233;e en d'autres temps. Seules les &#339;uvres peuvent &#234;tre importantes. La question n'est pas tant qu'elles soient en mesure de d&#233;noncer quelque chose mais plut&#244;t qu'elles trouvent des moyens diff&#233;rents, percutants, pour attirer l'attention et la r&#233;flexion de ceux qui les croisent. Le r&#244;le de l'artiste est peut-&#234;tre d'&#233;tablir ce processus de transformation pour transmettre les histoires qui le traversent, proposer de voir et de comprendre autrement. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/lauren-huret-de-limage-maudite-a-limage-sacree/" class="spip_out"&gt;Voir dans Arts Hebdo M&#233;dia&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture &gt; Praying for my haters, Lauren Huret, 2019. Boucle vid&#233;o 4K, 17'. Cr&#233;ation sonore : Antoine Bellini et Lauren Huret. Coproduction : Centre culturel suisse Paris, Pro Helvetia.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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