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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>On vous croit</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Marie Poucet</dc:creator>


		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un bruit lancinant se fait entendre sur un &#233;cran noir, bient&#244;t accompagn&#233; du hal&#232;tement d'une respiration essouffl&#233;e. Bient&#244;t, en gros plan, un visage de femme inquiet, fatigu&#233;, soucieux&#8212; Myriem Akheddiou, r&#233;compens&#233;e &#224; Namur pour sa prestation. Tr&#232;s vite, malgr&#233; ses appels, elle se heurte &#224; la r&#233;sistance d'un petit gar&#231;on qui refuse de la suivre, en d&#233;pit de son emploi de la force, le tramway part sans eux.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/cinema" rel="tag"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2764-0318d.jpg?1772186913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un bruit lancinant se fait entendre sur un &#233;cran noir, bient&#244;t accompagn&#233; du hal&#232;tement d'une respiration essouffl&#233;e. Bient&#244;t, en gros plan, un visage de femme inquiet, fatigu&#233;, soucieux&#8212; Myriem Akheddiou, r&#233;compens&#233;e &#224; Namur pour sa prestation. Tr&#232;s vite, malgr&#233; ses appels, elle se heurte &#224; la r&#233;sistance d'un petit gar&#231;on qui refuse de la suivre, en d&#233;pit de son emploi de la force, le tramway part sans eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la suite du g&#233;n&#233;rique, le plan suivant nous d&#233;couvre, en plong&#233;e, un b&#226;timent vertigineux, tout de b&#233;ton, de verre et d'acier, enserrant une minuscule pelouse. Image de notre modernit&#233; urbaine ? Image surtout de la solitude qu'elle engendre et o&#249; le moindre pas humain r&#233;sonne de fa&#231;on d&#233;mesur&#233;e. Nous l'apprendrons vite, ce b&#226;timent est le tribunal o&#249; la femme des plans pr&#233;c&#233;dents doit se rendre avec ses enfants : le petit gar&#231;on rencontr&#233; pr&#233;c&#233;demment accompagn&#233; de sa grande s&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La fouille r&#233;glementaire &#224; l'entr&#233;e du tribunal est l'occasion d'un nouvel incident avec l'enfant : il la refuse et, qui plus est, dissimule un canif dans sa poche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le plan suivant, nous d&#233;couvrons l'enfant prostr&#233; sur une banquette pendant que des femmes chuchotent, la sc&#232;ne est calme jusqu'&#224; ce qu'un bruit de porte soit suivi d'un cri &#171; Maman ! &#187;, le gar&#231;onnet s'est &#233;chapp&#233;, sa m&#232;re court &#224; sa poursuite et nous suivons sa qu&#234;te &#224; travers une vitre dont les reflets floutent la vision, nous sommes l&#224;, voyeurs ind&#233;cis d'une sc&#232;ne capitale &#8212;proc&#233;d&#233; qui sera repris &#224; diff&#233;rents moments du film. en effet, c'est l&#224; que nous apprenons que la justice a malmen&#233; &#224; plusieurs reprises cette famille et plus particuli&#232;rement ces enfants venus implorer son aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Retour &#224; la salle d'attente o&#249; Alice, la m&#232;re, est saisie d'une crise de panique lorsque ses enfants sont s&#233;par&#233;s d'elle pour une autre salle d'attente, pendant qu'&#201;tienne, le gar&#231;onnet, se livre &#224; un curieux jeu d'ombres avec ses mains, l'une semblant engloutir l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22936 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/photo-3-on-vous-croit-1024x768.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/photo-3-on-vous-croit-1024x768-2fca8.jpg?1762938661' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	Dans le bureau du juge pour une audition d&#233;cisive qui doit statuer sur le devenir des enfants, ne se retrouvent plus que des adultes pour la tr&#232;s longue (70 minutes) s&#233;quence centrale du film. Il y a l&#224; les parents, leurs avocats respectifs et l'avocat des enfants. On va les &#233;couter tour &#224; tour, la parole des enfants ne se d&#233;ployant pas &#224; l'&#233;cran. Ils seront parl&#233;s par les adultes qui tous d&#233;clarent n'avoir en vue que leur bien-&#234;tre psychologique et &#233;ducatif. Cette s&#233;quence est constitu&#233;e d'une succession de plans fixes sur les visages, souvent m&#234;me alors que le locuteur est hors champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate du p&#232;re commence : d'accusations en insinuations malveillantes, se dessine en filigrane l'image du trop c&#233;l&#232;bre &#171; syndrome d'ali&#233;nation parental &#187;, invention du psychiatre masculiniste Richard A. Gardner et dont le manque de fiabilit&#233; est largement reconnu tant sur le plan m&#233;dical que juridique. Lorsque le p&#232;re prend la parole, il tente de retourner la victimisation, &#171; je me sens sali et je me sens insult&#233; &#187;, et &#233;tale sa mauvaise foi, pr&#233;tendant ignorer la proc&#233;dure ouverte contre lui &#8212; alors qu'il a d&#233;j&#224;, dans ce cadre, &#233;t&#233; interrog&#233;. Faisant &#233;tat des suppositions les plus flatteuses pour lui (son ex-femme serait jalouse alors qu'il a refait sa vie et est &#224; nouveau papa et donc manipulerait ses enfants pour les dresser contre lui) il interrompt les autres locuteurs, en un mot manifeste une satisfaction de soi &#233;clatante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lorsque vient le temps si longtemps attendu de parole d'Alice, &lt;i&gt;&#171; On vous &#233;coute &#187;&lt;/i&gt; , l'avocate de l'ex-mari tente de la censurer. La juge r&#233;gule les temps de parole et la cam&#233;ra ne quitte pas le visage d'Alice pendant son intervention. Tendue, constamment sur le qui-vive, elle va tout d&#233;rouler : sa vie depuis la rencontre avec le p&#232;re de ses enfants, ses espoirs et ses doutes jusqu'&#224; ce moment tragique o&#249; elle va, incr&#233;dule, d&#233;couvrir les agressions du p&#232;re sur son jeune fils et toutes les s&#233;quelles qui vont en d&#233;couler, sans parler du parcours institutionnel pour tenter de prot&#233;ger son fils, les appels &#224; l'aide ignor&#233;s, les portes ferm&#233;es qui provoqueront solitude et incompr&#233;hension chez celle qui a l'impression d'&#234;tre le seul rempart protecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'audience termin&#233;e, les protagonistes quittent la pi&#232;ce. Reste la juge, seule face &#224; ses questions, ses r&#233;flexions, seule, appuy&#233;e &#224; son bureau, la t&#234;te dans les mains, dans la solitude de sa conscience. Nous l'observons &#224; travers une baie vitr&#233;e qui, l&#224; encore, ne nous &#233;pargne ni vision floue, ni reflets ; nous sommes l&#224;, observateurs clandestins de destins qui ne sont pas n&#244;tres. La magistrate se l&#232;ve pour contempler, par une baie vers l'ext&#233;rieur, la ville qui s'&#233;tend &#224; ses pieds, contraste entre la solitude du magistrat et la multitude invisible (parmi laquelle combien de drames se jouent-ils ?), tableau saisissant de cette urbaine solitude o&#249; l'humain est noy&#233;, r&#233;pondant &#224; cet autre plan du d&#233;but o&#249; la plong&#233;e sur le tribunal &#233;voquait d&#233;j&#224; cette impression.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous retrouvons, &#224; l'ext&#233;rieur du tribunal, la famille et l'avocate de la m&#232;re : la tension retombe le temps d'un fou-rire partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22938 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/on_vous_croit_2025__page_1_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/on_vous_croit_2025__page_1_image_0001-7e941.jpg?1762938661' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	Dans ce film, tourn&#233; avec une grande &#233;conomie de moyens, dans un espace restreint (mise &#224; part les br&#232;ves introduction et conclusion), l'essentiel se d&#233;roule &#224; l'int&#233;rieur du tribunal, comme pour se conformer &#224; la r&#232;gle des trois unit&#233;s du th&#233;&#226;tre classique. Cette action resserr&#233;e donne d'autant plus de relief &#224; l'atmosph&#232;re, aux non dits. Les cam&#233;ras sont avant tout statiques et s'attachent aux visages. Ici tout fait sens : l'utilisation de l'espace et l'usage de plans en plong&#233;e (pour montrer le d&#233;sarroi de l'humain perdu), comme des plans &#224; travers les baies vitr&#233;es qui, &#224; la fois, isolent et troublent la vue en faisant de nous des t&#233;moins incertains, situant ce drame atemporel dans un contexte ultra-contemporain. La pertinence du propos et son &#233;cho dans l'actualit&#233; imm&#233;diate (incestes intra-familiaux comme institutionnels) doivent beaucoup &#224; l'exp&#233;rience professionnelle de Charlotte Devillers, et bien qu'il ne s'agisse en aucune fa&#231;on d'un documentaire, ce film est criant de v&#233;rit&#233; en rendant la parole aux enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Le titre du film &#171; On vous croit &#187; l'ancre dans sa contemporan&#233;it&#233;, il fait directement r&#233;f&#233;rence &#224; l'intitul&#233; du rapport de la CIIVISE 1 (2020/2023), &#171; Violences sexuelles faites aux enfants : On vous croit &#187;.)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22937 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7106697-3530269622.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7106697-3530269622.jpg' width=&#034;533&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;images&#169;Makintosh Films&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les mots qu'elles eurent un jour</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Les-mots-qu-elles-eurent-un-jour</link>
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		<dc:date>2025-07-27T17:06:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Marie Poucet</dc:creator>


		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>feminisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un groupe de femmes rassembl&#233;es, tr&#232;s proches et tr&#232;s tactiles, donnant l'impression d'une grande proximit&#233;, parlent avec animation mais, &#233;trange impression, on n'entend aucun son. Est-ce un film muet ? Ce serait n&#233;gliger l'indice, tr&#232;s tenu, que Rapha&#235;l Pillosio a ins&#233;r&#233; dans ce d&#233;but de film : un claquement, un bruitage&#8230; il ne s'agit donc pas d'un film muet et qui donc sont ces femmes dont nous partageons un bref instant, comme par effraction, l'intimit&#233; ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/feminisme" rel="tag"&gt;feminisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Algerie" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH79/arton2718-6170d.jpg?1772233305' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un groupe de femmes rassembl&#233;es, tr&#232;s proches et tr&#232;s tactiles, donnant l'impression d'une grande proximit&#233;, parlent avec animation mais, &#233;trange impression, on n'entend aucun son. Est-ce un film muet ? Ce serait n&#233;gliger l'indice, tr&#232;s tenu, que Rapha&#235;l Pillosio a ins&#233;r&#233; dans ce d&#233;but de film : un claquement, un bruitage&#8230; il ne s'agit donc pas d'un film muet et qui donc sont ces femmes dont nous partageons un bref instant, comme par effraction, l'intimit&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le film &#171; Les mots qu'elles eurent un jour &#187; commence donc d'&#233;trange fa&#231;on ; nous apprenons bient&#244;t que ces femmes sont des moudjahidate et que ce film tant une qu&#234;te, qu'une enqu&#234;te ; une enqu&#234;te pour restituer parole et identit&#233; &#224; ces femmes dont la parole est perdue et dont seules restent des images, images tourn&#233;es il y a soixante-trois ans par Yann Le Masson, mais aussi qu&#234;te de l'&#234;tre-femme dans l'Alg&#233;rie d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De 1962, date de l'ind&#233;pendance, &#224; 1984, date de la promulgation du Code de la Famille, les r&#234;ves des combattantes ont lentement sombr&#233; et leur parole s'est perdue sous les discours enfi&#233;vr&#233;s des hommes. Les femmes, fussent-elles combattantes, ne purent que constater la perte de leurs r&#234;ves comme en fait foi l'amertume de Baya Hocine qui s'est battue pour l'ind&#233;pendance et l'av&#232;nement d'une Alg&#233;rie &#233;galitaire et ne peut que constater la r&#233;gression de l'apr&#232;s ind&#233;pendance. Journaliste, militante passionn&#233;e, elle lutta pied &#224; pied pour faire advenir une soci&#233;t&#233; conforme &#224; ses id&#233;aux, payant de sa personne, y risquant sa sant&#233; : emprisonn&#233;e &#224; deux reprises sous Ben Bella, elle finit par l'&#233;pouser sans toutefois se renier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous voil&#224; au c&#339;ur du probl&#232;me : ces femmes qui se sont battues pour leur pays se sont aussi battues pour leur propre avenir. La d&#233;ception est cruelle. Mais l'auteur ne s'arr&#234;te pas l&#224; : malgr&#233; une apparente fluidit&#233;, il se livre &#224; une rigoureuse construction temporelle, entrelacs du pass&#233; et du pr&#233;sent, aller-retour constant entre hier et aujourd'hui par la magie du montage. Si les images de Yann Le Masson constituent le point de d&#233;part de la qu&#234;te, elles n'en sont pas l'unique objet ; au-del&#224; de la capsule temporelle des premi&#232;res images, parenth&#232;se hors du temps, le propos s'&#233;largit ; &#224; l'intention premi&#232;re de restitution du discours s'ajoute maintenant la mise en lumi&#232;re de leur devenir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/les_mots_qu_elles_eurent_un_jour_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/les_mots_qu_elles_eurent_un_jour_5-86bfe.jpg?1753636165' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	Apr&#232;s leurs hauts faits guerriers (pour lesquels certaines seront condamn&#233;es &#224; mort), beaucoup sont, apr&#232;s l'ind&#233;pendance, &#171; rentr&#233;es dans le rang &#187; et ont rejoint la commune condition f&#233;minine sous le triple contr&#244;le des hommes, des familles et de la religion &#8212; de ce point de vue l'attitude des hommes pendant qu'elles s'&#233;panchent au si&#232;ge de la Cimade apr&#232;s avoir &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es de la prison de Rennes, est r&#233;v&#233;latrice : ils sont, eux, &#224; l'arri&#232;re-plan, &#224; distance, ils &#233;coutent mais n'interviennent pas, on peut n&#233;anmoins supposer qu'ils n'en pensent pas moins et d&#232;s le lendemain, ils vont prendre le contr&#244;le d&#233;cidant des diff&#233;rentes destinations de ces femmes qui vont se trouver s&#233;par&#233;es. Bien peu ont os&#233; relever le d&#233;fi de leur r&#234;ve. Quelques-unes sont devenues d&#233;put&#233;es, journalistes, avocates mais ce n'est qu'une minorit&#233; qui fit carri&#232;re. Pour une Djamila Bouhired, combattante condamn&#233;e &#224; mort, puis graci&#233;e et enfin lib&#233;r&#233;e avec les accords d'&#201;vian et dont la vie illustre en filigrane toute l'histoire du jeune &#233;tat depuis l'ind&#233;pendance de 1962 jusqu'au Hirak de 2019 (pendant lequel elle s'adressera &#224; deux reprises &#224; la foule), ou pour une Zohra Sellami, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e qui consid&#233;rait, avec d'autres, que l'Alg&#233;rie avait trahi les femmes ou encore une Zohra Drif qui, apr&#232;s l'ind&#233;pendance, poursuivit une carri&#232;re politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;d&#233;put&#233;e, puis s&#233;natrice et enfin vice-pr&#233;sidente du S&#233;nat&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et juridique comme avocate et qui continue jusqu'&#224; ce jour de jouer un r&#244;le public, combien de femmes silenci&#233;es, soumises, oublieuses de leur pass&#233; glorieux ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22662 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/les_mots_qu_elles_eurent_un_jour_6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH283/les_mots_qu_elles_eurent_un_jour_6-df0de.jpg?1753636165' width='500' height='283' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ce film est-il alors un acte militant qui se propose de restituer aux femmes leur discours et leur identit&#233; ? L'instant suspendu, hors du temps qui ouvrait le film, quoi que nous fassions, nous &#233;chappe ; malgr&#233; la fausse intimit&#233; qu'il introduit avec ces femmes, il sert de support &#224; nos espoirs et &#224; nos r&#234;ves. Significative est, de ce point de vue l'une des derni&#232;res s&#233;quences o&#249; deux personnes, un homme et une femme, tentent de lire sur les l&#232;vres des femmes du groupe, sans parvenir &#224; s'accorder : est-il question &#224; un moment pr&#233;cis de &#171; r&#233;volution &#187; (proposition de l'homme) ou d' &#171; &#233;volution &#187; (proposition de la femme) ? Ce passage sugg&#232;re une interpr&#233;tation genr&#233;e du mot d&#233;finitivement r&#233;duit au silence et nous nous retrouvons au c&#339;ur de la probl&#233;matique du film, lequel se termine sur trois points de suspension : l'histoire n'est jamais close.&lt;/p&gt;
&lt;iframe title=&#034;vimeo-player&#034; src=&#034;https://player.vimeo.com/video/911573936?h=c20a66ddf0&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.atelier-documentaire.fr/fr/films/les-mots-quelles-eurent-un-jour" class="spip_out"&gt;https://www.atelier-documentaire.fr...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;d&#233;put&#233;e, puis s&#233;natrice et enfin vice-pr&#233;sidente du S&#233;nat&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fiche technique&lt;br class='autobr' /&gt;
documentaire / 84 min / 2024&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;alisation : Rapha&#235;l Pillosio&lt;br class='autobr' /&gt;
Image : Matthieu Chatellier, Bijan Anquetil&lt;br class='autobr' /&gt;
Montage : Margaux Serre, C&#233;dric Jouan&lt;br class='autobr' /&gt;
Montage son, mixage : Simon Gendrot, Philippe Grivel&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;talonnage : Yannig Wilman&lt;br class='autobr' /&gt;
Production : l'atelier documentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.atelier-documentaire.fr/fr/films/les-mots-quelles-eurent-un-jour&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.atelier-documentaire.fr/fr/films/les-mots-quelles-eurent-un-jour&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madame de S&#233;vign&#233;, ou la question du pouvoir</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Madame-de-Sevigne-ou-la-question</link>
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		<dc:date>2024-03-02T11:07:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Marie Poucet</dc:creator>


		<dc:subject>famille</dc:subject>
		<dc:subject>histoire</dc:subject>
		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le film Madame de S&#233;vign&#233;, d'Isabelle Brocard, nous expose discr&#232;tement la richesse de la relation m&#232;re-fille, dans un contexte historique particulier, le r&#232;gne de Louis XIV et ses convulsions, qui en d&#233;cuple l'int&#233;r&#234;t et donne un film foisonnant, complexe.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Histoire" rel="tag"&gt;histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/cinema" rel="tag"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2409-48475.jpg?1772233306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le film Madame de S&#233;vign&#233;, de la r&#233;alisatrice Isabelle Brocard, nous expose discr&#232;tement la richesse de la relation m&#232;re-fille, dans un contexte historique particulier, le r&#232;gne de Louis XIV et ses convulsions, qui en d&#233;cuple l'int&#233;r&#234;t et donne un film foisonnant, complexe. Avec en filigrane la question du pouvoir, sous toutes ses formes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La relation m&#232;re-fille est l'une des plus riches qui soient. C'est d'abord la fusion totale, elles ne font qu'une tout au long de la gestation, puis cette union se prolonge bien souvent par le nourrissage au sein. Il en restera toujours quelque chose quoi qu'il puisse se passer. Le destin de cette relation sera cependant diff&#233;rent selon que l'enfant est gar&#231;on ou fille, ce que le film &lt;i&gt;Madame de S&#233;vign&#233;&lt;/i&gt;, d'Isabelle Brocard, nous expose discr&#232;tement. Il explore cette situation dans un contexte particulier qui en d&#233;cuple l'int&#233;r&#234;t et donne une cr&#233;ation foisonnante, complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre Madame de S&#233;vign&#233; et Madame de Grignan, sa fille, se d&#233;ploie dans une p&#233;riode agit&#233;e du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : le r&#232;gne de Louis XIV et ses convulsions &#8212; la Fronde et ses conspirations, les jacqueries lors desquelles les paysans qui refusent de payer les imp&#244;ts n&#233;cessaires &#224; la conduite des guerres int&#233;rieures et ext&#233;rieures sont tortur&#233;s, broy&#233;s, pendus. Elle nous donne &#224; voir une grande vari&#233;t&#233; de rapports amicaux, sociaux, familiaux qui s'entrecroisent et dont l'adroit tissage forme la trame d'un film. Son sujet principal est pourtant constitu&#233; des rapports entre Madame de S&#233;vign&#233; et sa fille, rapports uniques en leur temps et qui parlent encore &#224; notre &#233;poque. De quoi s'agit-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle Brocard excelle dans la description, tout en finesse, des liens affectifs et de leurs difficult&#233;s. Que ce soient ceux d'une architecte en phase terminale et de la jeune femme qui l'accompagne au quotidien &#8212; &lt;i&gt;Ma compagne de minuit&lt;/i&gt; &#8212; ou de ceux des &#171; jeunes aidants &#187;, enfants en charge de leurs parents malades ou handicap&#233;s et qui se trouvent propuls&#233;s dans le r&#244;le de &#171; parents de leurs parents &#187;, alors qu'eux-m&#234;mes sont encore loin de la maturit&#233;. Ainsi &lt;i&gt;Un trou dans le mur et un c&#226;lin sur l'&#233;paule gauche&lt;/i&gt;, rend-il compte par le biais d'un atelier de cin&#233;ma de la situation et des pr&#233;occupations de ces jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/madame_de_sevigne_1-_couleur-_c_julien_panie_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH274/madame_de_sevigne_1-_couleur-_c_julien_panie_-e2a69.jpg?1772219728' width='500' height='274' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Madame de Se&#769;vigne&#769;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Julien Panie&#769;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De relation, il est question aussi dans Madame de S&#233;vign&#233;, mais cette fois dans un tout autre contexte puisqu'il s'agit, l&#224; encore, d'une relation complexe, peut-&#234;tre une des plus complexes qui soit : la relation m&#232;re-fille. Une relation faite d'attirance-rejet, de fusion-s&#233;paration. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, si les d&#233;buts de la vie sont identiques pour la fille et le gar&#231;on &#8212; une intimit&#233; partag&#233;e avec la m&#232;re &#8212; la suite diff&#232;re notablement. Si le gar&#231;on se trouve un mod&#232;le identificatoire paternel &#8212; le &lt;i&gt;Nom-du-p&#232;re&lt;/i&gt; lacanien &#8212; qui va lui permettre de gagner en autonomie face &#224; la m&#232;re, pour la fille dont le mod&#232;le identificatoire est pr&#233;cis&#233;ment la m&#232;re, la proximit&#233; reste grande. De ce point de vue, le film d'Isabelle Brocard, qui explore ces relations, est intemporel et universel. Bien s&#251;r, il se d&#233;roule sur un fond historique pr&#233;cis qui exacerbe les relations de pouvoir et les manifestations les plus cruelles de l'absolutisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De pouvoir, il est question en filigrane de ce film, et pas seulement du pouvoir royal qui s'exerce sans contrainte, y compris &#224; l'encontre des femmes, mais aussi de celui dont elles peuvent esp&#233;rer jouir... ou pas, sans parler du pouvoir marital. Le passage o&#249; Madame de S&#233;vign&#233; disserte sur la distinction entre libert&#233; et ind&#233;pendance dans le salon de son amie Madame de Lafayette est, &#224; cet &#233;gard, &#233;loquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance, Madame de S&#233;vign&#233; en r&#234;ve pour sa fille qui refuse de jouer le r&#244;le pr&#233;vu pour elle par sa m&#232;re. Elle veut se plier corps et &#226;me &#224; ce que les conventions sociales exigent d'elle, m&#234;me si, dans un cri de r&#233;volte d&#233;chirant, elle d&#233;peint le d&#233;sespoir de sa condition en reprochant &#224; sa m&#232;re d'en &#234;tre l'artisane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame de Grignan admire cette m&#232;re qui la fascine, elle le dit et le r&#233;cit le montre lorsque nous d&#233;couvrons qu'elle rend ses lettres publiques. Pour qui en douterait, la pi&#233;t&#233; avec laquelle elle a conserv&#233; ces lettres en administre la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fouill&#233;s sont les sentiments de Madame de S&#233;vign&#233;, sentiments qu'elle exprime sans d&#233;tour dans ses lettres, seuls exutoires &#224; une situation qui lui est insupportable dans une soci&#233;t&#233; corset&#233;e. L'avenir de sa fille constitue sa seule ambition, le but de sa vie, l'horizon de tous ses r&#234;ves ; s&#233;par&#233;e d'elle, elle d&#233;p&#233;rit &#8212; extraordinaire expressivit&#233; de Karine Viard. Ses lettres constituent son &#233;chapp&#233;e, sa possibilit&#233; de partage, de r&#234;ves, d'expression de sa tendresse pour sa fille en ce qu'elles abolissent l'espace et cultivent une forme de proximit&#233; avec celle dont son gendre la s&#233;pare... Car il est aussi question de relations de couple dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la toute-puissance maritale est comme un &#233;cho domestique &#224; la toute-puissance royale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame de S&#233;vign&#233; s'est trouv&#233;e opportun&#233;ment veuve, ce qui lui a permis de se construire une vie, si ce n'est &#224; sa guise, au moins de fa&#231;on acceptable &#8212; son cousin-amant Bussy est certes moins encombrant que S&#233;vign&#233;. Elle utilise sa relative ind&#233;pendance au profit d'une fonction maternelle qui s'exerce prioritairement &#224; l'&#233;gard de sa fille, mais aussi d'une enfant pauvre de la noblesse, la maternit&#233; symbolique faisant &#233;cho &#224; la maternit&#233; physique. La marquise se sent l'&#226;me p&#233;dagogue pour former cet esprit inculte, mais fort logique et elle amorce une &#233;ducation &#233;mancipatrice dans le cadre d'une relation presque filiale, cadre qui sera bris&#233; par les conventions. Lors du retour inopin&#233; de sa fille aupr&#232;s d'elle, elle se s&#233;parera sans un geste de sa petite prot&#233;g&#233;e &#8212; mais l'expression d&#233;sempar&#233;e qu'adopte en cet instant Karine Viard est &#233;loquente. Cette &#171; fille de substitution &#187; restera &#171; &#224; sa place &#187; quoiqu'en veuille la Marquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein d'une m&#234;me classe s'&#233;laborent des strat&#233;gies pour pr&#233;server sa situation ou sa vie, les complots font flor&#232;s. Des solidarit&#233;s transversales s'esquissent ou se confortent : Bussy, en disgr&#226;ce, r&#233;dige ses m&#233;moires et peut compter sur l'aide de la Marquise. Une autre ligne de front traverse ce microcosme soumis au caprice tyrannique du roi : la sororit&#233;. Madame de La Fayette est une pr&#233;cieuse alli&#233;e sur laquelle la Marquise peut compter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme du film &#233;pouse parfaitement son propos gr&#226;ce &#224; une construction rigoureuse sous le foisonnement des &#233;v&#233;nements. Les premier et derniers plans sont presque sym&#233;triques, l'un et l'autre se d&#233;roulent au m&#234;me endroit, au bord de l'eau, laquelle est, du tao&#239;sme, pour lequel elle est &#171; yin &#187;, &#224; la psychanalyse, la marque du f&#233;minin : du c&#244;t&#233; de la psychanalyse, elle est la m&#233;taphore des origines, de la f&#233;condit&#233;, de l'enfantement, du liquide amniotique (Freud, Jung). Or la premi&#232;re sc&#232;ne nous montre m&#232;re et fille se promenant : la fille prenant un bain, puis sa m&#232;re, au sortir de l'eau, l'enveloppant et lui &#233;voquant son entr&#233;e dans le monde, comme une seconde naissance. Dans la derni&#232;re, nous retrouvons la m&#232;re, livr&#233;e &#224; une solitude m&#233;ditative. Une boucle est parcourue, qui la d&#233;pose au lieu o&#249; tout a commenc&#233;, mais transform&#233;e. Il ne s'agit en aucun cas de la r&#233;it&#233;ration du m&#234;me. La Marquise, transform&#233;e physiquement et moralement, semble au terme d'un parcours initiatique dans lequel l'introspection &#224; laquelle se livrent les lettres a jou&#233; un grand r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20703 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/madame_de_sevigne-2-photo_couleur_c_julien_panie_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH275/madame_de_sevigne-2-photo_couleur_c_julien_panie_-07ec3.jpg?1707758715' width='500' height='275' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Madame de Se&#769;vigne&#769;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Julien Panie&#769;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps une succession de retrouvailles et de d&#233;parts comme autant de ruptures dont l'importance est soulign&#233;e par l'&#233;cran noir qui rythme la narration, ravageant moralement et physiquement madame de S&#233;vign&#233; mais la faisant aussi advenir autre. Ce processus douloureux accouche d'une nouvelle femme qui, d'une m&#232;re, devient une grande &#233;pistoli&#232;re. On peut risquer, l&#224; encore un parall&#232;le entre Fran&#231;oise de Grignan accouchant dans la douleur d'un enfant de chair lors d'une s&#233;quence assez &#233;prouvante, et Marie de S&#233;vign&#233; accouchant, elle aussi dans la douleur, mais lors d'un processus beaucoup plus long, d'une &#233;crivaine et d'un nouveau genre litt&#233;raire. Cette m&#232;re dans l'&#226;me &#8212; il faudrait aussi parler de la tendresse inqui&#232;te qui la lie &#224; son fils &#8212; a fini par accoucher d'elle-m&#234;me, r&#233;alisant avant la lettre cette injonction de Nietzsche : &lt;i&gt;&#171; Deviens ce que tu es &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : Mme de Se&#769;vigne&#769;, Julien Panie&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/madame_de_se_vigne_isabelle_brochart_photo_de_killian_bridoux_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/madame_de_se_vigne_isabelle_brochart_photo_de_killian_bridoux_1.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;533&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Madame de Se&#769;vigne&#769;, Isabelle Brochart
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Killian Bridoux
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontre avec Isabelle Brochard</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Rencontre-avec-Isabelle-Brochard</link>
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		<dc:date>2024-03-02T11:06:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Marie Poucet</dc:creator>


		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>famille</dc:subject>
		<dc:subject>histoire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Madame de S&#233;vign&#233; &#187;, qui sort en salles le 28 f&#233;vrier, questionne la relation fusionnelle et d&#233;vastatrice entre la marquise et sa fille, Madame de Grignan. Entretien avec la r&#233;alisatrice du film, Isabelle Brochard.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Sur-un-plateau" rel="directory"&gt;Sur un plateau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/cinema" rel="tag"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/famille" rel="tag"&gt;famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Histoire" rel="tag"&gt;histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2410-efad7.jpg?1772233306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Madame de S&#233;vign&#233; &#187;, qui sort en salles le 28 f&#233;vrier, questionne la relation fusionnelle et d&#233;vastatrice entre la marquise et sa fille, Madame de Grignan. Entretien avec la r&#233;alisatrice du film, Isabelle Brochard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Milieu du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la marquise de S&#233;vign&#233; veut faire de sa fille une femme brillante et ind&#233;pendante, &#224; son image. Mais plus elle tente d'avoir une emprise sur le destin de la jeune femme, plus celle-ci se rebelle. M&#232;re et fille exp&#233;rimentent alors les tourments d'une relation fusionnelle et d&#233;vastatrice. De ce ravage, va na&#238;tre une &#339;uvre majeure de la litt&#233;rature fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Marie Poucet : &lt;strong&gt;Vous renouvelez dans votre film &#171; Madame de S&#233;vign&#233; &#187; l'approche de la relation m&#232;re-fille. Vos pr&#233;c&#233;dentes exp&#233;riences filmiques ou l'atelier que vous menez avec des enfants &#171; aidants &#187;, qui se trouvent en situation de prendre en charge leurs parents, ont influ&#233; sur votre vision ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle Brochard : Quand un sujet ou une histoire me parle, je ne me demande pas pourquoi cela arrive. Mais il est &#233;vident que si je repense &#224; mes films pr&#233;c&#233;dents, il y a une forme de constante dans le regard avec lequel je tente de d&#233;crire des relations familiales ou des substituts de relations familiales, comme dans &lt;i&gt;Ma Compagne de Nuit&lt;/i&gt;, o&#249; le personnage jou&#233; par Hafsia Herzi devient &#224; la fois la fille et la m&#232;re de celui jou&#233; par Emmanuelle B&#233;art qui est en fin de vie. Ce sont des relations o&#249; les questions de co-d&#233;pendance, voire d'ali&#233;nation allant parfois jusqu'&#224; des troubles pathologiques, m'int&#233;ressent parce qu'elles parlent d'amour et de libert&#233; et finalement de la difficult&#233;, peut-&#234;tre m&#234;me de l'impossibilit&#233;, de faire cohabiter les deux. Mais les personnes et les personnages que je filme tentent d'y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMP : &lt;strong&gt;Le fait d'&#234;tre vous-m&#234;me m&#232;re a-t-il jou&#233; dans votre mani&#232;re d'aborder la relation entre les personnages ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IB : On met forc&#233;ment de soi partout quand on fait des films, et plus g&#233;n&#233;ralement quand on cr&#233;e. Dans les personnages de ce film, il y a de moi en tant que fille, en tant que m&#232;re, mais aussi en tant qu'autrice puisque je raconte la naissance d'un &#233;crivain, et il y a aussi de moi &#224; plein d'autres endroits forc&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMP : &lt;strong&gt;La mise &#224; distance spatiale mais surtout temporelle ne permet-elle pas une vision plus distanci&#233;e, n'en retenant que ce qui est universel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IB : Oui, bien s&#251;r, je crois que lorsqu'on regarde une autre &#233;poque que la n&#244;tre, on voit avec une forme de recul critique ce qui nous parle encore aujourd'hui. Cela s'est toujours fait. Il y a une lecture de &lt;i&gt;la Princesse de Cl&#232;ves&lt;/i&gt; dans le film &#224; un moment. Il faut penser qu'&#224; l'&#233;poque o&#249; elle &#233;crit ce roman Madame de Lafayette le situe un si&#232;cle avant le sien pour y parler d'un sujet tr&#232;s &#171; actuel &#187; pour elle. Eh bien moi je voulais montrer &#224; quel point une relation m&#232;re-fille qu'on dirait aujourd'hui toxique est nourrie, en partie g&#233;n&#233;r&#233;e, par une soci&#233;t&#233; patriarcale. Les contraintes qui p&#232;sent sur le corps, le destin, la libert&#233; des femmes, sont en partie &#224; l'origine de cette relation &#171; ravageante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMP : &lt;strong&gt;La deuxi&#232;me partie du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, que l'on peut consid&#233;rer comme l'acm&#233; de l'absolutisme, n'exacerbe-t-elle pas les relations de pouvoir, que celui-ci s'exerce dans la soci&#233;t&#233; ou dans l'intimit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IB : C'est l'invention de la &#171; soci&#233;t&#233; de cour &#187;, telle que la d&#233;crit le sociologue allemand Norbert Elias, qui permet &#224; Louis XIV de r&#233;gner en ma&#238;tre sur l'aristocratie ; c'est aussi une &#233;poque de guerres et de famines. Le personnage de Louis XIV est puissant dans son absence, il r&#232;gne en creux, presque dans chaque sc&#232;ne les personnages sont sous son emprise de mani&#232;re plus ou moins directe. Comme le dit &#224; un moment le personnage de l'adolescente que Madame de S&#233;vign&#233; prend sous son aile : &lt;i&gt;&#171; Mon p&#232;re sait que le Roi a tout pouvoir sur lui, ma m&#232;re que mon p&#232;re a tout pouvoir sur elle et moi je n'ai de pouvoir que sur moi &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMP : &lt;strong&gt;Vous d&#233;crivez une forme de parcours initiatique avec ce film, mais toute maternit&#233; n'est-elle pas, d'une certaine fa&#231;on, un parcours initiatique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IB : Bien s&#251;r mais &#234;tre fille-fils est un parcours initiatique aussi&#8230; Pour vivre il faut savoir se s&#233;parer et c'est plus ou moins difficile, douloureux. Madame de S&#233;vign&#233; doit laisser sa fille partir, exister par elle-m&#234;me, accepter sa diff&#233;rence, cesser d'&#234;tre juge de ses comportements et de ses choix, la laisser libre peut-&#234;tre de ne pas l'aimer aussi&#8230; En faisant cela, en se s&#233;parant de sa fille, elle se confronte &#224; elle-m&#234;me et en ce sens c'est tr&#232;s initiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMP : &lt;strong&gt;Ne peut-on voir les comportements de Madame de S&#233;vign&#233; et de sa fille Fran&#231;oise de Grignan, comme les deux aspects d'une condition f&#233;minine qui, quoiqu'exacerb&#233;e par l'&#233;poque o&#249; elle se d&#233;ploie, est toujours actuelle en ce d&#233;but de XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IB : Au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle une forme d'ind&#233;pendance et de libert&#233; s'invente pour les femmes de l'aristocratie. C'est l'&#233;poque des Pr&#233;cieuses, des salons, de la Fronde &#224; laquelle les femmes ont beaucoup particip&#233;. Madame de S&#233;vign&#233; n'imagine pas que cette &#233;volution de la condition f&#233;minine va &#234;tre progressivement musel&#233;e au fur et &#224; mesure que s'annonce le d&#233;but du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Et elle n'imagine surtout pas que sa fille puisse avoir d'autres aspirations qu'elle. Mais quelle m&#232;re, dans les ann&#233;es 1970, pouvait envisager que l'&#233;galit&#233; hommes-femmes ne serait pas d&#233;finitivement acquise lorsque sa propre fille serait adulte ? Avec #MeToo on s'est rendu compte en 2017 qu'on &#233;tait encore tr&#232;s loin du compte. Et puis m&#234;me si la plupart des m&#232;res souhaitent aujourd'hui que leur fille soit autonome, il y a toujours des femmes qui veulent d'abord &#234;tre des amoureuses, des m&#232;res, avant tout &#234;tre ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20804 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/arton2410.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH275/arton2410-e98b7.jpg?1709148416' width='500' height='275' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Madame de S&#233;vign&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Film en salle &#224; partir du 28 f&#233;vrier 2024 | 1h 32 min | Drame, Historique&lt;br class='autobr' /&gt;
De Isabelle Brocard&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Isabelle Brocard, Yves Thomas&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec Karin Viard, Ana Girardot, C&#233;dric Kahn.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/madame_de_se_vigne_-_isabelle_brochart_2_photo_de_killian_bridoux.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/madame_de_se_vigne_-_isabelle_brochart_2_photo_de_killian_bridoux.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;533&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Madame de Se&#769;vigne&#769;, Isabelle Brochart
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Killian Bridoux
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alice Diop</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Alice-Diop</link>
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		<dc:date>2023-05-05T10:33:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Marie Poucet</dc:creator>


		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; La cr&#233;olisation est la mise en contact de plusieurs cultures ou au moins de plusieurs &#233;l&#233;ments de cultures distinctes, dans un endroit du monde, avec pour r&#233;sultante une donn&#233;e nouvelle, totalement impr&#233;visible par rapport &#224; la somme ou &#224; la simple synth&#232;se de ces &#233;l&#233;ments. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/cinema" rel="tag"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2260-c9ff8.jpg?1772233306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La cr&#233;olisation est la mise en contact de plusieurs cultures ou au moins de plusieurs &#233;l&#233;ments de cultures distinctes, dans un endroit du monde, avec pour r&#233;sultante une donn&#233;e nouvelle, totalement impr&#233;visible par rapport &#224; la somme ou &#224; la simple synth&#232;se de ces &#233;l&#233;ments. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette citation d'Edouard Glissant semble avoir &#233;t&#233; &#233;crite pour les films d'Alice Diop, brillante jeune r&#233;alisatrice fran&#231;aise dont le propos vise &#224; montrer que l'Histoire de notre pays ne se r&#233;sume pas &#224; &#171; nos anc&#234;tres les Gaulois &#187;, &#171; L'histoire est un fantasme op&#233;ratoire de l'Occident, contemporain pr&#233;cis&#233;ment du temps o&#249; il &#233;tait seul &#224; &#171; faire &#187; l'histoire du monde. &#187; elle est infiniment plus riche et dans le processus de &#171; cr&#233;olisation &#187; qui est le sien il n'y a aucune d&#233;perdition, bien au contraire : les &#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes mis en relation &#171; s'intervalorisent &#187;, c'est-&#224;-dire qu'il n'y a pas de d&#233;gradation ou de diminution de l'&#234;tre, soit de l'int&#233;rieur, soit de l'ext&#233;rieur, dans ce contact et dans ce m&#233;lange. Ce n'est pas, &#224; proprement parl&#233;, un m&#233;tissage dans lequel on pourrait pr&#233;dire ce qu'il adviendra et reconna&#238;tre tel ou tel trait, retracer un arbre g&#233;n&#233;alogique car, non pr&#233;cis&#233;ment, nos soci&#233;t&#233;s ne se d&#233;veloppent pas selon le mod&#232;le de l'arbre, nos soci&#233;t&#233;s contemporaines se d&#233;veloppent sur le mod&#232;le du rhizome cher &#224; Deleuze et Guattari (Le rhizome est une c&#233;l&#233;bration de la pens&#233;e en r&#233;seau, il est transversal, tentaculaire et nomade, contrairement &#224; la racine, unique et s&#233;dentaire ; la racine est un syst&#232;me v&#233;g&#233;tal qui se d&#233;veloppe le long d'un axe vertical et hi&#233;rarchique selon Deleuze et Guattari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur th&#233;orie philosophique un rhizome est un mod&#232;le descriptif et &#233;pist&#233;mologique pour penser le monde d'aujourd'hui, dans lequel l'organisation des &#233;l&#233;ments ne suit pas une ligne de subordination hi&#233;rarchique o&#249; tout s'originerait dans une base unique (racine, tronc), laquelle, &#224; elle seule, g&#233;n&#233;rerait les multiples &#171; branches &#187; constitutives de la r&#233;alit&#233; ; le rhizome, au contraire, rend compte d'une interaction o&#249; tout &#233;l&#233;ment peut affecter ou influencer tout autre, quelle que soit sa position et le moment de l'interaction ; autrement dit, comme la plante rhizomateuse, tous les domaines du r&#233;el et les savoirs qui l'appr&#233;hendent, ont des origines multiples, non hi&#233;rarchis&#233;es.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cin&#233;ma de la rencontre avec l'autre&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cin&#233;ma d'Alice Diop est clairement, dans sa partie documentaire au moins (nous reviendrons plus tard sur sa premi&#232;re &#339;uvre de fiction, multiprim&#233;e &lt;i&gt;Saint Omer&lt;/i&gt;) un cin&#233;ma de la rencontre avec l'autre o&#249; qu'il soit, de la dignit&#233; de l'autre quel qu'il soit. Elle nous donne &#224; comprendre les mille histoires singuli&#232;res dont notre soci&#233;t&#233; est tiss&#233;e et que nous ne voyons pas (ou ne voulons pas voir) qui composent une r&#233;alit&#233; historique multiple, enrichie de chaque parcours individuel, de chaque sensibilit&#233;, une r&#233;alit&#233; rhizomateuse donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque film documentaire de Alice Diop enrichit ce tableau peint par petite touche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des histoires singuli&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Tour du monde (2005)&lt;/i&gt; montre le quartier &#171; La Rose des vents &#187;, quartier de son enfance &#224; Aulnay sous Bois, tel qu'elle l'a v&#233;cu de l'int&#233;rieur : sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, sa fraternit&#233; au-del&#224; des multiples nationalit&#233;s ou origines qui le composent. Ce film humaniste n'est pas sans rappeler les films de Dominique Cabrera sur La Courneuve ou le Val-Fourr&#233; : un m&#234;me souci de montrer la r&#233;alit&#233; v&#233;cue bien loin de l'image donn&#233;e par les m&#233;dias des &#171; Quartiers sensibles &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Clichy pour l'exemple (2006) interroge justement la flamb&#233;e de violence qui s'est empar&#233;e de Clichy avant de s'&#233;tendre apr&#232;s la mort de Zyed Benna et Bonna Traor&#233;. Elle sonde les raisons de la col&#232;re en interrogeant aussi bien les associations ou le cabinet du maire que les &#233;meutiers. Elle r&#233;v&#232;le ainsi l'ensemble des violences invisibles tues par les medias mais qui suscitent la r&#233;volte, comme un &#233;cho &#224; Bertold Brecht : &#171; On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les S&#233;n&#233;galaises et la S&#233;n&#233;gauloise (2007)&lt;/i&gt; transporte les cam&#233;ras au S&#233;n&#233;gal dans la famille maternelle de la r&#233;alisatrice, dans une cour o&#249; les femmes se rassemblent pour travailler, bavarder, r&#234;ver&#8230; cet univers uniquement f&#233;minin o&#249; s'expriment les bonheurs et les craintes au premier rang desquelles la peur d'&#234;tre supplant&#233;e par une nouvelle &#233;pouse. Alice Diop y est &#233;trang&#232;re et sa parent&#232;le entreprend donc de l'initier au savoir le plus important pour une femme : savoir s&#233;duire et retenir un mari. C'est donc un film intime, tendre, &#233;mouvant o&#249; se joue, en sous-texte, le destin des femmes africaines d&#233;positaires, toutes g&#233;n&#233;rations confondues, d'une force qui s'ignore, elles qui sont, en r&#233;alit&#233;, le support de la soci&#233;t&#233; (par leur apport &#233;conomique quand le mari est loin ou d&#233;ficient, par leur gestion de la vie quotidienne) m&#234;me si elles sont secondes dans l'imaginaire collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La mort de Danton (2011)&lt;/i&gt; suit le parcours de Steve Tientcheu, jeune homme originaire d'Aulnay sous Bois qui r&#234;ve de devenir acteur (et notamment de jouer Danton) . Les p&#233;rip&#233;ties de son parcours au cours Simon et notamment les pr&#233;jug&#233;s auxquels il doit s'affronter (quant &#224; sa couleur de peau, ses origines g&#233;ographiques et de classe, sa fa&#231;on de parler....) sont autant d'obstacles sur les chemins de son r&#234;ve. Le va et vient entre deux mondes (mat&#233;rialis&#233; par les trajets en RER) accro&#238;t le trouble d'autant que cette formation d'acteur, entam&#233;e &#224; l'insu de ses proches, inaugure un changement de vie et de trajectoire radical : le petit loubard a d&#233;cid&#233; en 2008 de devenir acteur et se donne les moyens de ses ambitions mais il n'acc&#232;de qu'aux r&#244;les qui ressemblent aux pr&#233;jug&#233;s que l'on projette sur lui, bien que bienveillant, son professeur lui refuse de jouer la sc&#232;ne de ses r&#234;ves : la mort de Danton, une page de l'histoire de cette France dont il se sent partie prenante. &#171; Je ferme ma gueule car je pourrais &#234;tre violent &#187;, confie Steve qui, malgr&#233; tout continue sa formation. La r&#233;alisatrice lui fera le cadeau en fin de film de la dire seul dans la rue, puisqu'il ne peut la jouer sur les planches, moment de complicit&#233; entre ceux qui sont enferm&#233;s dans les clich&#233;s des autres. Depuis Steve a jou&#233; dans une s&#233;rie et son avenir d'acteur reste ouvert, devant lui, puisqu'il a notamment jou&#233; dans dans &#034;La nuit des rois&#034; de Philippe Lac&#244;te . Ce documentaire a re&#231;u un certain nombre de prix dont le prestigieux prix des Biblioth&#233;caires au Cin&#233;ma du R&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Permanence (2016)&lt;/i&gt; nous invite aux consultations &#224; l'h&#244;pital Avicenne de Bobigny, du docteur Geeraert, lequel ausculte une population en difficult&#233; souffrant de multiples maux qui sont souvent la traduction somatique et parfois aigu&#235;, des souffrances de l'exil.La r&#233;alisatrice place en exergue de son film cette citation de Fernando Pessoa qui rend compte de son propre &#233;tat d'esprit : &#171; &#171; On m'a parl&#233; de peuples et d'humanit&#233;. Mais je n'ai jamais vu de peuples ni d'humanit&#233;. J'ai vu toutes sortes de gens, &#233;tonnamment dissemblables. Chacun s&#233;par&#233; de l'autre par un espace d&#233;peupl&#233;. &#187; Le propos est donc de rendre &#224; chacun sa singularit&#233; humaine dans le cadre d'un dispositif filmique o&#249; le spectateur trouve aussi sa place dans la reconnaissance qu'il accorde aux personnages : ici point de champs/ contre-champs, la cam&#233;ra est non intrusive, discr&#232;tement plac&#233;e dans le dos du m&#233;decin pour autant que les patients (uniquement des hommes, le cas des femmes est beaucoup trop lourd, les r&#233;cits trop horribles. Ici point de place pour le voyeurisme et les sentiments malsains) acceptent d'&#234;tre film&#233;s Ce film fut, lui aussi r&#233;compens&#233;, notamment par le prix de l'Institut Fran&#231;ais Louis-Marcorelles au festival Cin&#233;ma du R&#233;el 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vers la tendresse (2016)&lt;/i&gt; : Quatre jeunes hommes, une r&#233;alisatrice et sa cam&#233;ra qui explore le territoire de la masculinit&#233; en banlieue, l&#224; o&#249; r&#232;gne une stricte s&#233;gr&#233;gation des sexes, o&#249; les filles ne sont que de lointaines silhouettes vite catalogu&#233;es. Les tabous sont tels que &#171; La seule tendresse que j'ai eue, c'est celle de ma m&#232;re. Quand tu grandis dans une cit&#233;, les filles c'est d'un c&#244;t&#233;. On se m&#233;langeait pas. Parler de filles, c'&#233;tait que pour parler en mal &#187;.dit l'un des jeunes hommes. Il a fallu d&#233;sarmer les mises en sc&#232;ne d'une virilit&#233; pure et dure qui cueille le spectateur d'entr&#233;e de jeu. Ici, point de Carte du Tendre et pourtant....la voix off qui &#233;graine les t&#233;moignages permet de prot&#233;ger la pudeur, alors les jeunes se disent, puis, peu &#224; peu, la voix-off devient &#171; in &#187; , le cheminement vers l'acceptation de soi est rendu perceptible par la texture m&#234;me du film. Le plus touchant est peut-&#234;tre le &#171; coming out &#187; de Patrice que l'on va peu &#224; peu d&#233;couvrir, lui et ses questionnements, lui et ses difficult&#233;s &#224; assumer son homosexualit&#233; dans cet univers d'hyper-virilit&#233; constamment mise en sc&#232;ne. Ce film obtiendra en 2017 le c&#233;sar du meilleur court-m&#233;trage.&lt;br class='autobr' /&gt;
RER B (2017) suit le RER du Nord de Paris, populaire, jusqu'au Sud plus ais&#233;, l'argument de ce documentaire sera repris et d&#233;velopp&#233; dans NOUS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;NOUS (2021)&lt;/i&gt; . Alice Diop a port&#233; longtemps ce projet dont le d&#233;clencheur a &#233;t&#233; l'ouvrage de Fran&#231;ois Maspero Les Passagers du Roissy-Express, journal de bord urbain, illustr&#233; de photographies d'Ana&#239;k Frantz, qui d&#233;crit les rencontres faites tout au long des 50 km et 38 gares de cette ligne qui traverse tous les territoires des plus populaires aux plus hupp&#233;s. Il repr&#233;sente l'acm&#233; de l'engagement responsable d'Alice Diop ; elle se sent en effet une responsabilit&#233; sociale, disons politique au sens &#233;tymologique, envers tous ceux qui font la France sans en &#234;tre particuli&#232;rement reconnus ; ceux qui, parfois depuis vingt ans ou plus en France, sont toujours sans papiers et qui pourtant contribuent largement &#224; nous permettre d'&#234;tre ce que nous sommes. Dans ce nouveau documentaire la r&#233;alisatrice traverse l'Ile de France &#224; nouveau, du Nord au Sud, de la banlieue Nord, son domaine, &#224; la vall&#233;e de Chevreuse, qui lui est beaucoup moins famili&#232;re. Et c'est la France,dans sa diversit&#233; qui est &#233;voqu&#233;e au cours d'une douzaine de s&#233;quences comme autant de tableaux ; la France dans ses strates historiques et sociales, les habitus d'une caste pratiquement disparue avec l'Ancien R&#233;gime, &#224; un lumpen prol&#233;tariat instrumentalis&#233; par une soci&#233;t&#233; du profit, en passant par ceux qu'une collaboration honteuse a sacrifi&#233;s. Ainsi l'histoire est-elle convoqu&#233;e pour donner chair &#224; ce film. Notre histoire, votre histoire, leur histoire (car tous ceux qui vivent sur le sol de France apportent avec eux leur histoire, il serait vain de parler d'assimilation car leur pass&#233; influe sur notre vision du n&#244;tre et, plus encore, sur notre pr&#233;sent). Ainsi ce qui semble n'&#234;tre qu'un exercice de grammaire est-il constitutif de NOUS.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que d&#233;signe ce &#171; NOUS &#187; ? Selon Alice Diop, &#171; Nous ne signifie pas les miens, ceux qui sont pareils que moi, mais tous ceux qui pourront &#234;tre les je de ce nous &#187;, l'interrogation commence apr&#232;s l'attentat de Charlie Hebdo et le &#171; nous sommes un peuple &#187; de Lib&#233;ration ; quel est ce nous ? Le film apporte une r&#233;ponse en ce qu'il proc&#232;de par &#233;largissements successifs pour que ce nous englobe toutes les classes sociales, les &#226;ges et les origines. Il s'agit aussi bien de ses propres parents que d'un sans papiers m&#233;canicien vivant de fa&#231;on indigne , d'un ferrailleur, de sa propre s&#339;ur infirmi&#232;re dont elle suit la tourn&#233;e chez ceux auxquels elle apporte pr&#233;sence chaleureuse et soins n&#233;cessaires, de l' &#233;crivain Pierre Bergounioux, du suiveur d'une chasse &#224; courre, de royalistes nostalgiques comm&#233;morant l'ex&#233;cution de Louis XVI. A aucun moment cependant, Alice Diop n'enferme ses interlocuteurs dans une identit&#233; pr&#233;cise et fig&#233;e. La succession des portraits, parfois si dissemblables, la juxtaposition de s&#233;quences cut impose aux d&#233;favoris&#233;s comme aux privil&#233;gi&#233;s cette appartenance &#224; un &#171; nous &#187; r&#233;uni dans le m&#234;me espace de l'&#233;cran, tableau kal&#233;idoscopique de la France d'aujourd'hui.Les contradictions entre ces diff&#233;rents milieux est-elle d'ailleurs si r&#233;elle ? Et pourtant la r&#233;alisatrice nous place parfois dans une situation de laquelle peut na&#238;tre l'incompr&#233;hension : quand un migrant t&#233;l&#233;phone &#224; sa m&#232;re dans sa langue maternelle sans sous-titre, nous sommes confront&#233;s &#224; l'alt&#233;rit&#233;, mais n'est-ce pas &#224; une autre forme d'alt&#233;rit&#233; que nous sommes confront&#233;s lorsque se pr&#233;sentent sur l'&#233;cran les tenants d'une tradition aristocratique fran&#231;aise (Chasse &#224; courre, mort de Louis XVI) plus proches de l'Ancien R&#233;gime que de la France du XXIe si&#232;cle. De la juxtaposition de ces alt&#233;rit&#233;s na&#238;t une unit&#233;, chaque s&#233;quence b&#233;n&#233;ficie d'une traitement cin&#233;matographique propre (image, couleur, etc.) et finalement c'est la France, unie dans sa diversit&#233; qui appara&#238;t, les communautarismes, de quelque ordre qu'ils soient, s'effacent. Chacun est important, chacun est partie de ce Nous qui compose notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film a entre autres, &#233;t&#233; prim&#233; &#224; Berlin, a &#233;t&#233; diffus&#233; et soutenu par Arte et a rencontr&#233; un succ&#232;s et public et critique qui ne se d&#233;ment pas. Il constitue, pour l'instant au moins, le dernier opus documentaire de Alice Diop. On a pu &#233;crire de son &#339;uvre qu'elle &#171; explore l'intime pour toucher &#224; l'universel &#187; (Caroline Hauer) ; curieusement c'est aussi le jugement g&#233;n&#233;ralement port&#233; sur l'oeuvre de Annie Ernaux m&#234;me si les sujets comme le milieu explor&#233; sont tr&#232;s diff&#233;rents, il y a chez l'une comme chez l'autre, cette capacit&#233; &#224; dilater l'analyse pour embrasser le tout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19339 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/saint_omer_de_alice_diop_1_c_laurent_le_crabe.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/saint_omer_de_alice_diop_1_c_laurent_le_crabe-9e368.jpg?1683283380' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Saint Omer de Alice Diop &#169; Laurent Le Crabe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Saint Omer (2022)&lt;/i&gt; marque un tournant notable puisque avec ce film Alice Diop s'aventure dans la fiction. Son point de d&#233;part est un fait divers tragique : en 2013, &#224; Saint Omer, pr&#232;s de Berck-sur-Mer, Fabienne Kabou, avait abandonn&#233; sa fille Ad&#233;la&#239;de,15 mois sur la plage la nuit, &#224; mar&#233;e montante, son proc&#232;s pour infanticide est le mat&#233;riau de ce film, mais un mat&#233;riau retravaill&#233; qui offre le pr&#233;texte &#224; une vaste interrogation sur la maternit&#233;. Le filme est centr&#233; sur le personnage de Rama, romanci&#232;re qui attend, et la pr&#233;cision est d'importance, un enfant. Rama assiste aux audiences car elle souhaite &#233;crire un livre sur le mythe de M&#233;d&#233;e, (on verra d'ailleurs passer quelques images du film de Pasolini), mais Laurence Coly, l'accus&#233;e, r&#233;siste &#224; une lecture mythologique de son acte m&#234;me si, peu &#224; peu, non pas seulement son histoire, mais celle de sa lign&#233;e, entre en r&#233;sonance avec celle de M&#233;d&#233;e (sa propre m&#232;re a &#233;t&#233; abandonn&#233;e pour une autre comme M&#233;d&#233;e par Jason) et le proc&#232;s est le d&#233;clencheur, pour Rama, d'une r&#233;flexion sem&#233;e d'angoisse, sur sa maternit&#233; &#224; venir, sur sa propre m&#232;re et sur la maternit&#233; en g&#233;n&#233;ral. &#171; Je veux offrir au corps noir la possibilit&#233; de dire l'universel. Notre intimit&#233; n'est pas encore tout &#224; fait consid&#233;r&#233;e comme pouvant parler &#224; l'intimit&#233; de l'autre. &#187; dit Alice Diop, elle-m&#234;me m&#232;re d'un enfant. Son h&#233;ro&#239;ne, Laurence, qui semble ins&#233;r&#233;e dans la soci&#233;t&#233;, qui a un statut social (elle est doctorante, mais son choix de Wittgenstein &#171; ce dont on ne peut parler, il faut le taire &#187; &#233;tonne sa professeure qui eut certainement vu plus volontiers un auteur africain ; les professeurs ont fait bien peu de progr&#232;s depuis La mort de Danton) se sent en fait invisibilis&#233;e, une femme fant&#244;me qui dispara&#238;t et entra&#238;ne son b&#233;b&#233; dans sa disparition. Cette invisibilisation la touche, certes en tant que femme &#171; perdue dans la nuit &#187;, comme l'h&#233;ro&#239;ne de Marguerite Duras (Hiroshima mon amour) et Alice Diop montre, d'entr&#233;e de jeu, des images de femmes tondues, mais aussi en tant que Noire, ou, pis encore, en tant que femme noire (rappelons que Marie Ndaye a collabor&#233; au sc&#233;nario), condition qui, en France, au XXIe si&#232;cle, condamne encore &#224; la solitude sociale. On pense, bien s&#251;r &#224; La Noire de. de Semb&#232;ne Ousmane, condamn&#233;e, elle aussi, &#224; la solitude et &#224; l'invisibilit&#233;. Les temps changent : la Noire de. &#233;tait une &#171; petite domestique &#187; arriv&#233;e avec ses employeurs qui l'exploitaient, la rel&#233;guait, la r&#233;ifiait, elle finira par se tuer ; Laurence, elle, fr&#233;quente l'universit&#233; mais sa solitude n'en est pas moins grande et c'est son enfant qu'elle tuera comme sous l'effet d'une mal&#233;diction, un maraboutage (d'ailleurs &#233;voqu&#233; par sa m&#232;re &#224; la barre). L'opacit&#233; qu'offre Laurence au tribunal (superbes plans visage) est-elle l'effet du d&#233;sespoir ? de la conscience que la causalit&#233; est interpr&#233;t&#233;e diff&#233;remment selon les cultures ? ou simplement est-elle dans l'incapacit&#233; de parler ?&lt;br class='autobr' /&gt; Le film, aride, s'&#233;chappe du pr&#233;toire pour quelques sc&#232;nes chez Rama et, plus surprenant, pour nous offrir, en contre-point, des images d'une f&#234;te joyeuse dans la ville, comme si la vie continuait, si pr&#232;s, si loin. Car tr&#232;s vite on revient au c&#339;ur de la probl&#233;matique qui agite Rama : qu'est-ce que la maternit&#233; d&#233;barrass&#233;e des scories sociales ? Quel est le lien qui unit (ou pas) une m&#232;re &#224; son enfant, un enfant &#224; sa m&#232;re ? On touche l&#224; au c&#339;ur de l'humain puisque le petit d'homme est, parmi les vivants, celui qui a besoin de la plus longue p&#233;riode de maternage, p&#233;riode dont l'influence sera d&#233;cisive pour son devenir. Ces questions sont essentielles et universelles m&#234;me si de nombreux tabous p&#232;sent encore sur elles. Nous avons besoin de nous les poser, qu'elles se posent partout et, de ce point de vue il faut saluer le cri d'Alice Diop &#224; Berlin &#171; Nous ne nous tairons plus &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint-Omer s'est d&#233;j&#224; vu d&#233;cerner un certain nombre de r&#233;compenses prestigieuses. Premier prix au festival 2 cin&#233;ma 2 Valenciennes, Prix Jean Vigo, Prix Luigi De Laurentii qui r&#233;compense une premi&#232;re fiction &#224; la Mostra de Venise Lion d'argent &#224; la Mostra&lt;br class='autobr' /&gt;
Il repr&#233;sentera la France aux Oscars&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19340 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/saint_omer_de_alice_diop_2_c_srab_films_-_arte_france_cine_ma_-_2022.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH271/saint_omer_de_alice_diop_2_c_srab_films_-_arte_france_cine_ma_-_2022-78476.jpg?1683283380' width='500' height='271' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Saint Omer de Alice Diop &#169; SRAB FILMS - ARTE FRANCE CINE&#769;MA - 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Anne Marie Poucet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etat de r&#233;ceptivit&#233;</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Etat-de-receptivite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Etat-de-receptivite</guid>
		<dc:date>2021-12-31T11:57:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Marie Poucet , Catherine Belkhodja et Marie Questerbert</dc:creator>


		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>dessin</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>galerie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La peintre elle-m&#234;me et deux de ses amies &#233;voquent ici le travail pictural de Catherine Belkhodja en le reliant &#224; ses autres activit&#233;s li&#233;es au cin&#233;ma ou &#224; l'&#233;criture.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/dessin" rel="tag"&gt;dessin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/galerie" rel="tag"&gt;galerie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH140/arton2017-f6d34.jpg?1772233306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='140' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je ne travaille pas de fa&#231;on volontariste, je me contente d' accompagner cette chose un peu &#233;trange qui se construit devant mes yeux et d'amplifier simplement le mouvement ou tout simplement de ne pas le contrecarrer et de me rendre disponible pour lui, &#224; toute heure du jour et de la nuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Etat de r&#233;ceptivit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme un alien qui pousserait dans mon ventre, mais pas un alien n&#233;gatif et monstrueux... Juste une cr&#233;ation int&#233;rieure et virtuelle qui se mat&#233;rialise peu &#224; peu... C'est vraiment &#233;trange car il n'y a aucune volont&#233; de ma part, si ce n'est juste la volont&#233; de ne pas m'y opposer... L'acte de cr&#233;ation peut se manifester de diff&#233;rentes fa&#231;ons. Parfois il me suffit de juste me poser quelque part avec une feuille de papier et un stylo et tout vient dans un flux sans ratures... Pour la peinture aussi parfois juste de la peinture fluide et un pinceau... Parfois, l'impression que je ne suis pas en &#233;tat de &#171; r&#233;ceptionner &#187; et dans ce cas, je ne le tente m&#234;me pas... Mais d&#232;s que je me sens en &#171; &#233;tat r&#233;ceptif &#187; m&#234;me si c'est dans un caf&#233; tr&#232;s bruyant, les choses viennent d'elles-m&#234;mes... dessin, peinture ou &#233;criture&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis ensuite il y a les al&#233;as qui entourent la cr&#233;ation... mais qui restent indispensables ... Ne serait-ce que penser &#224; l'achat des toiles, pr&#233;parer l'espace etc...) Mais pour les projets plus globaux, c'est &#233;trange car on active des r&#233;gions diff&#233;rentes du cerveau et c'est tr&#232;s agr&#233;able de sentir qu'une partie du cerveau activ&#233;e dans telle circonstance permet &#224; une autre partie du cerveau non sollicit&#233;e de se relaxer de fa&#231;on &#224; devenir plus performante &#224; une autre occasion... Une esp&#232;ce de gymnastique int&#233;rieure...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine Belkhodja&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17706 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/9_img_9190.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH369/9_img_9190-77360.jpg?1640952109' width='500' height='369' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jubilantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du 30/01 au 11/02 Vincent Lamp&#233;rier nous accueillait &#224; la galerie Cornucopia (21, rue Cujas) pour une exposition des &#339;uvres de Catherine Belkhodja intitul&#233;e : &#171; Jubilantes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t tous quelques facettes des multiples talents de Catherine Belkhodja (pour rappel, architecte dipl&#244;m&#233;e elle est aussi sc&#233;nariste et autrice, actrice, reporter, r&#233;alisatrice, documentariste, plasticienne, productrice). Son travail dans le domaine du cin&#233;ma, celui pour lequel elle est la plus connue, ne se cantonne pas &#224; une longue complicit&#233;/ collaboration de plus de 30 ans avec Chris Marker, elle a d&#233;velopp&#233; ses propres productions artistiques dont certaines ont d'ailleurs &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es &#224; l'&#339;uvre de Chris Marker (&#171; &lt;i&gt;Zapping Zone&lt;/i&gt; &#187;) mais nous allons ici parler de l'&#339;uvre picturale de Catherine Belkhodja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois pass&#233; la porte de l'espace d'exposition, l'&#339;il est accroch&#233; par la diversit&#233; des &#339;uvres expos&#233;es, le regard ne sait plus o&#249; se poser, raison pour laquelle il s'attarde d'abord sur les grands formats acryliques : la &lt;i&gt;Jubilante&lt;/i&gt;, bien s&#251;r, qui donne son nom &#224; l'exposition : grand monochrome (201x300cm) qui se d&#233;ploie g&#233;n&#233;reusement sur un mur mais aussi &lt;i&gt;La Cl&#233; des Songes&lt;/i&gt; (150x150 cm) et puis des &#339;uvres plus petites, exub&#233;rantes, color&#233;es, g&#233;n&#233;reuses comme l'artiste ; des s&#233;ries qui, &#224; l'instar de celle &lt;i&gt;Les 3 Yeux&lt;/i&gt; (gravure, peinture) t&#233;moignent d'exp&#233;rimentations formelles (de d&#233;cadrage par exemple), certaines &#339;uvres rappellent que Catherine Belkhodja est pass&#233;e, pendant son parcours de formation long et vari&#233; par l'&#233;cole des ic&#244;nes orthodoxes russes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'huile, l'acrylique, les peintures broy&#233;es, le collage, la gravure... appartiennent &#224; sa panoplie mais toutes ces techniques sont &#224; un degr&#233; ou un autre l'expression du caract&#232;re de l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau tableau, bien central, attire cependant l'attention, il para&#238;t &#234;tre l'expression d'un autre talent et pourtant, non. Ce &lt;i&gt;Portrait de Jeanne Moreau&lt;/i&gt;, datant de 1974, est bien l'&#339;uvre de Catherine Belkhodja, attestant des mues successives de l'artiste qui, non contente d'exceller dans diff&#233;rentes formes d'art, nous administre ici la preuve qu'au sein m&#234;me de la peinture elle a su se renouveler, transformer et sa perception et son art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous ne connaissez que les talents cin&#233;matographiques de Catherine Belkhodja, il est grand temps d'explorer les productions de ses autres vies, vous n'&#234;tes pas pr&#234;ts d'&#233;puiser le sujet : comme les chats qui lui sont chers, elle en a 9, et m&#234;me si vous connaissez ses autres talents, elle sait se renouveler de mani&#232;re si radicale que c'est une d&#233;couverte sans cesse renouvel&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Marie Poucet&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17701 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/2_img_9188-c4bdb.jpg?1640952109' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Catherine Belkhodja, quel temps fait-elle ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que ce soient des figures de femmes endormies &#224; six pieds sous terre ou bondissant rayonnantes &#224; travers la galaxie, ou des triptyques se recomposant &#224; partir de lettres, ou encore qu'elle nous pr&#233;sente d'&#233;tonnants assemblages d'alg&#232;bre et de poussi&#232;re d'&#233;toiles - les peintures de Catherine Belkhodja font co-exister l'&#233;nigme avec le sourire, le jeu de mots avec le calcul et l'al&#233;a m&#233;t&#233;orologique, et la solitude ultime des corps qui sont, en d&#233;pit de la protection des arbres, livr&#233;s &#224; la pr&#233;sence d'une lune p&#226;le &#8211; elles nous proposent une &#339;uvre d&#233;licate, spirituelle et l&#233;g&#232;rement ironique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mc Questerbert (389 Galerie, Avril 2021)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17700 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH505/1_img_9187-29eb1.jpg?1640952109' width='500' height='505' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH714/3_img_9189-90d38.jpg?1772190714' width='500' height='714' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17703 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_img_91852.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH405/4_img_91852-22b43.jpg?1640952109' width='500' height='405' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH744/6_img_9179-33cd6.jpg?1772190714' width='500' height='744' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L366xH750/7_img_9182-c6871.jpg?1640952109' width='366' height='750' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_17707 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/carton-arnaud.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/carton-arnaud.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;787&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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