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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Arrachement</title>
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		<dc:creator>Denis Schmite et Sigrid Daune</dc:creator>


		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>installation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si dans toutes les cultures, l'invisible : esprit ou &#226;me est pr&#233;sent dans la vie et les rites des populations humaines, il a &#233;t&#233; singuli&#232;rement circonscrit en occident sous la forme d'un concept psychologique devenu central en psychanalyse : l'inconscient.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2119-74004.jpg?1772268700' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si dans toutes les cultures, l'invisible : esprit ou &#226;me est pr&#233;sent dans la vie et les rites des populations humaines, il a &#233;t&#233; singuli&#232;rement circonscrit en occident sous la forme d'un concept psychologique devenu central en psychanalyse : l'inconscient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;padding:73.1% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/728571085?h=a55b8d2048&amp;title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/728571085&#034;&gt;Sigrid Daune, invisibles inconscients&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/user25678686&#034;&gt;TK-21&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt; &#8212; Musique : &#034;Voxendo&#034; de Thibault Peckre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plong&#233;e dans les t&#233;n&#232;bres. Au tout d&#233;but, juste une t&#234;te impr&#233;cise dans le haut de l'image, puis un buste d&#233;nud&#233; sur le c&#244;t&#233; droit contemplant la couche recouverte du suaire et parcourue par de longs &#233;clairs, &#233;nergie intense et fuyante de qui git l&#224;, son &#226;me qui cherche une issue peut-&#234;tre, une veill&#233;e fun&#232;bre vraiment tr&#232;s &#233;lectrique, la femme ou la cr&#233;ature enti&#232;rement nue, ou la Mort d&#233;voil&#233;e, qui entame une danse avec force d&#233;veloppements de bras, gracieux mais inqui&#233;tants de par leur amplitude, de face et puis de dos, puis ceignant &#224; nouveau le suaire autour de ses reins en laissant derri&#232;re elle une longue tra&#238;ne blanche, l'&#233;chine superbe de la femme, ou de la cr&#233;ature, ou de la Mort. Soudain, un redressement comme une &#233;l&#233;vation, une brume de formes dans une vapeur de gaze, la Mort, ou un archange, ou les deux &#224; la fois, qui d&#233;ploie ses ailes au-dessus du coffre de bois, le flux d'&#233;nergie qui continue de d&#233;chirer l'obscurit&#233;, le nu comme gagn&#233; par lui qui contemple le coffre ouvert sur le drap ou le suaire jet&#233; en vrac, sans personne dedans. La Mort en gloire, ou l'archange qui reprend son vol, ou l'&#226;me qui s'arrache enfin. La femme, ou bien la cr&#233;ature de l'au-del&#224;, ou bien la Mort dans une nouvelle m&#233;tamorphose, poursuit sa danse, devenue implorante si c'est la femme, louangeuse si c'est la cr&#233;ature, toujours glorieuse si c'est la Mort, on ne sait pas, ses bras d&#233;crivant des cercles et se d&#233;multipliant parfois, tel Nataraja, le danseur cosmique qui r&#232;gle le temps du Monde de ses six bras horlogers, ou bien la phal&#232;ne printani&#232;re et celle qu'on dit impolie qui caressent la nuit de leurs &#171; ailes d'amour &#187;, comme dit Tournier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18343 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20121027_026.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/20121027_026-53286.jpg?1659269931' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La tache blanche du masque qui cherche &#224; s'imposer sur la cuisse de la femme elle-m&#234;me en recherche de p&#226;moison, puis sur une masse confuse faite de chair et de peau, de tapis en haute laine, de drap froiss&#233;, et puis glissement sur le miroir renvers&#233; pour un face &#224; face, un v&#233;ritable corps &#224; corps avec la femme qui elle-m&#234;me glisse du lit, un pi&#233;tinement sur la face de l'autre, le masque qui se confond au miroir, le masque en tant que face du miroir, la face du Diable donc. Combat terrible POUR la reconqu&#234;te du Moi, CONTRE son annihilation. Apparition d'un ange &#171; au c&#339;ur des t&#233;n&#232;bres &#187;, cou tendu, ailes d&#233;ploy&#233;es, jambes pli&#233;es, comme pour un atterrissage, mais un ange pas franchement asexu&#233;, v&#234;tu d'une robe blanche parsem&#233;e de plein de petits c&#339;urs rouges et largement &#233;chancr&#233;e. En fait, m&#233;tamorphose de la femme qui tente de s'envoler plut&#244;t, de se d&#233;tacher, de s'arracher de ce monde de douleurs, avec force battements de ses tr&#232;s grandes ailes blanches. Mais rien &#224; faire, &#231;a ne veut pas d&#233;coller ! Beaucoup de plumes volettent partout, jusque sur le miroir o&#249; il faut bien revenir pour poursuivre la confrontation, le face &#224; face, le corps &#224; corps avec le masque, en se d&#233;pouillant de tout, purifi&#233;e apr&#232;s le passage dans la bo&#238;te. Woodman, elle aussi avait voulu devenir un ange, &#171; On being an angel &#187;, mais sans succ&#232;s v&#233;ritable, seulement un d&#233;sir. Elle a fini par s'&#233;craser au sol. &#171; Combat terrible, corps &#224; corps &#187;. Les coups pleuvent de part et d'autre, et &#231;a fait mal, et le &#199;a fait mal, jusqu'&#224; une sorte de K.O. debout. La femme a subi une d&#233;faite face au masque car on ne gagne pas &#224; coup de poings contre le Diable !... mais la femme n'a pas &#233;t&#233; totalement d&#233;faite dans sa qu&#234;te, mais le Moi est en phase de reconqu&#234;te m&#234;me si c'est douloureux&#8230; mais l'arrachement d&#233;sir&#233; a quand m&#234;me &#233;chou&#233;. Collision et coalescence des topiques, emm&#234;lement et superposition des topos, la th&#233;orie analytique et la praxis th&#233;rapie n'interdisent pas du tout &#231;a m&#234;me si le discours apparait plus compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/20121028_110-fc273.jpg?1659269931' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Donc la femme hurle, silencieusement en emprisonnant sa t&#234;te dans ses deux mains et on la voit comme au travers d'un verre d&#233;poli du fait de la stridence de son cri muet. Et ce hurlement a ouvert une large br&#232;che dans la muraille avec laquelle le Surmoi avait enceint le &#199;a, lib&#233;rant ainsi tous les d&#233;mons et autres figures hallucinatoires. La premi&#232;re &#224; se manifester est une esp&#232;ce de goule, ou de succube, en gu&#234;pi&#232;re, adoptant d'abord des postures aguicheuses puis, tout en durcissant son regard, elle devient plus lubrique avant de se d&#233;multiplier et entamer une danse, inqui&#233;tante, faite de contorsions de torse, et de se reconcentrer enfin en une cr&#233;ature absolument satanique, ce qui est sa nature, &#233;videmment. Et puis, est-ce la m&#234;me, est-ce une autre ? une cr&#233;ature tout &#224; fait orientale qui reprend peu ou prou la pose du Nataraja, d&#233;j&#224; cit&#233;, et qui se scinde en un trio rappelant les Gr&#226;ces, Gr&#226;ces plut&#244;t b&#234;cheuses qui se tournent le dos, ou des cariatides qui n'auraient aucun entablement &#224; supporter. Aussit&#244;t, Nataraja revient avec de grands mouvements de bras, mais un travelling brutal sur son visage d&#233;voile un &#234;tre effrayant avec un &#339;il grand ouvert et tout rond, la bouche d&#233;form&#233;e par un rictus, et des bras termin&#233;s par des griffes de m&#233;tal comme deux r&#226;teaux. Glissement vers une femme assise par terre, repli&#233;e sur elle-m&#234;me en fait, silhouette toute dor&#233;e accentu&#233;e par le noir profond, avec comme une bulle d'&#233;nergie autour de la t&#234;te et quelques &#233;tincelles ici et l&#224;. La goule ou le succube, versions islamique ou jud&#233;o- chr&#233;tienne d'un m&#234;me mythe, revient dans une version plus moderne avec un jean et un petit haut noir, des yeux fixes et blancs &#224; la Cocteau, Orph&#233;e, et toujours des griffes m&#233;talliques en guise d'ongles, mais on a le sentiment qu'elle est le produit de la fusion de plusieurs corps et le centre d'une &#233;nergie ind&#233;finissable. Apr&#232;s &#231;a devient plus confus encore, une accr&#233;tion de personnages, que dis-je ? de d&#233;mons qui se superposent dans une sorte de brume ou de fumerolles, dont certains vraiment hostiles qui brandissent des sabres courbes, d'autres gigantesques et n'ayant plus du tout figures &#171; humaines &#187;, rois de paille destin&#233;s au b&#251;cher en fin de carnaval, d'autres encore qui ne font rien de particulier mais qui ne sont pas rassurants pour autant, le tout plong&#233; dans l'obscurit&#233;. Puis des masques, ni v&#233;nitiens, ni Grecs, seulement monstrueux avec leurs &#233;tranges lueurs dans les yeux ou des fum&#233;es qui sortent de leurs narines, des bustes et des visages de femmes de diff&#233;rentes tailles et qui se superposent plus ou moins aussi, parcourus de flamm&#232;ches, un corps ob&#232;se et d&#233;form&#233; au milieu de vapeurs, immanquablement sulfureuses. Le hurlement terrible d'un d&#233;mon qui semble parodier la femme au cri silencieux, mais on devine sous la &#171; peau &#187; un presque cr&#226;ne grima&#231;ant de toutes ses m&#226;choires encore garnies de dents. Des figures de d&#233;sesp&#233;rance, celles de plus ou moins femmes qui enserrent leur t&#234;te dans les mains ou qui se bouchent les yeux avec, t&#234;te de plus ou moins femme sur corps d'enfant, ou t&#234;te de plus ou moins femme qui ont les traits de la femme mais sans aucune expression, t&#234;te de presque enfant aux yeux noy&#233;s de larmes et qui fixe le regardeur comme pour un reproche, t&#234;te d'on ne sait trop qui, la goule ou la femme, presque hallucin&#233;e avec deux mains qui s'agrippent &#224; un grillage. Enfermement dans un cauchemar-prison !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/20121101_049-bf2e1.jpg?1659269931' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Donc, d'un revers de main chamanique, ou plut&#244;t du revers de quatre mains puisque d&#233;doubl&#233;e, la femme &#233;carte les visions trompeuses, &#233;pouvantes ou d&#233;sirs, SES d&#233;mons, afin de poursuivre sa qu&#234;te introspective, la reconqu&#234;te de son &#234;tre v&#233;ritable, le recouvrement de son esprit. Mais l'introspection, regard port&#233; &#224; l'int&#233;rieur de soi, peut s'apparenter, &#224; certain moment, &#224; une v&#233;ritable autopsie in vivo. Tandis que le chat au pelage blanc soyeux, inversion positive cette fois-ci car c'est le chat noir porteur de mal&#233;dictions qui est le messager du Diable, le chat &#171; ang&#233;lique &#187; donc dispos&#233; confortablement sur son s&#233;ant contemple les jambes fines de la femme &#224; la lumi&#232;re d'un n&#233;gatoscope de radiologue, eh bien celle-ci, &#224; cet instant pr&#233;cis, s'affaire dans sa collection, fournie il est vrai, de radiographies. Il va s'agir de se d&#233;barrasser du costume de chair et de peau, de S'ARRACHER de l'apparence, de litt&#233;ralement se d&#233;pouiller, pour chausser les radios des pieds comme des bottines, celles des mains comme des gants, tout ceci avec un certain &#233;tonnement quand m&#234;me, puis de rev&#234;tir un chemisier thoracique, je veux dire fait de c&#244;tes, ainsi qu'un chapeau cr&#226;nien, &#231;a elle ne l'a pas fait mais elle aurait pu. C'est s&#251;r ! Apr&#232;s un plan assez long sur une radio des poumons, et au cours d'un mouvement tournant et pr&#233;cipit&#233; on croit devoir assister au d&#233;veloppement du cortex c&#233;r&#233;bral, au processus de t&#233;lenc&#233;phalisation, &#224; l'enveloppement progressif de tous les v&#233;sicules c&#233;r&#233;braux par le t&#233;lenc&#233;phale, le cortex, depuis le stade embryonnaire en passant par tous les &#233;tats animaux jusqu'au cerveau du sapiens adulte, et par l&#224; il nous semble comprendre, bien, que &#171; l'ontogen&#232;se r&#233;capitule la phylogen&#232;se &#187;, selon la belle formule, quoique controvers&#233;e, de Haeckel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernst Haeckel (1834-1919), biologiste et philosophe. L'ontogen&#232;se d&#233;&#233;crit le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bon ! On pourrait parler d'un auto-reliquaire tr&#232;s sc&#233;nographi&#233; avec des phases dansantes, danse macabre contemporaine, des inversions une fois encore, par exemple en chaussant des gants d'os, parfois des transes archi-troubl&#233;es et d&#233;multipli&#233;es, sorte de rock satanique et paroxystique conduisant &#224; des presque anamorphoses, puis des pauses cigarettes propices &#224; la r&#233;flexion, devant les radios pulmonaires &#233;videmment. Il y a l&#224;-dedans, je veux dire dans la contemplation de ces images issues de l'ossuaire personnelle, une interrogation sur ce qui est susceptible de d&#233;finir l'&#234;tre &#224; partir de son tr&#233;fonds, l'ultime costume, celui fait d'os et de mati&#232;res molles. INTROSPECTION ! Ce qui renvoie n&#233;cessairement &#224; la Vanit&#233;, la sublime m&#233;ditation de l'Homme sur son irr&#233;m&#233;diable devenir, la seule m&#233;ditation sans doute&#8230;sur le temps qui s'&#233;coule comme les grains dans un sablier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18346 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20121102_041.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/20121102_041-ffbdb.jpg?1772190035' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s belle image comme soutir&#233;e &#224; Robert Campin, comme une Vierge &#224; laquelle l'Archange ferait l'Annonce, la femme assise de face sur une chaise ou plut&#244;t un fauteuil avec une tr&#232;s belle &#233;toffe d'un bleu soyeux qui coule de ses jambes et s'&#233;tale sur le sol, le pliss&#233; merveilleux du Ma&#238;tre de Fl&#233;malle, avec pos&#233;e sur une main la colombe blanche de l'Esprit, le Logos, sans doute illusion n&#233;e d'un pli de son corsage immacul&#233;, tout est illusion aussi bien dans l'Art que dans la Vie, et pour cadre de cette composition le pourtour du grand miroir enfin devenu noir, enfin d&#233;barrass&#233; de son &#171; reflet fixe &#187;. Puis brouillage partiel et &#233;tirement de l'image, sorte d'hybridation de Gr&#233;co et de Francis Bacon, esp&#232;ce de d&#233;construction sans Derrida, amorce d'une anamorphose, et nouvelle aspiration comme si un d&#233;mon impr&#233;cis dissimul&#233; dans le miroir amenait &#224; lui la femme inconsciente, plong&#233;e dans un ailleurs, en la tirant par ses v&#234;tements, en basculant son fauteuil, avant de l'absorber, de la broyer, de la dissoudre dans un tourbillon fantastique. Femme &#224; laquelle on a arrach&#233; la pr&#233;sence et qui se dilue dans le n&#233;ant. Une cr&#233;ature monstrueuse s'&#233;chappe finalement du miroir, incube ou succube, impossibilit&#233; de savoir car en cours d'incarnation, t&#234;te parfois fa&#231;onn&#233;e par une t&#226;che de peinture plus ou moins en forme de chauve- souris qui d&#233;ploierait ses ailes pour un infernal envol, sorte de tag &#233;pouvantablement vampirique, quelquefois double comme un Rorschach, gueule tout &#224; la fois ricanante et hurlante, donc une absolue cr&#233;ature de terreur. Au cours d'une tr&#232;s courte s&#233;quence, il y a d&#233;rapage brutal plut&#244;t qu'un glissement de l'image la plus douce et la plus pure qu'ait su produire la Chr&#233;tient&#233;, l'Annonciation, &#224; une sc&#232;ne de la plus extr&#234;me violence, le festin de Satan. En un raccourci saisissant, la dialectique du Bien et du Mal se r&#233;soudrai-elle dans le triomphe absolu du Mal ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18347 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20121103_030.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH749/20121103_030-fdef2.jpg?1772190035' width='500' height='749' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, triomphe de la Mort qui apparait en majest&#233; telle une mari&#233;e sur un parvis d'&#233;glise, toute blanche, envelopp&#233;e d'une soierie d&#233;bordant en tous sens, comme une vapeur de mousseline qui s'&#233;pandrait, un emballage un peu &#224; la va-vite de l'espace, et qui hurle son triomphe &#224; tous les vents mauvais. Toujours des hurlements ! Saisissement !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18348 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20121116_025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/20121116_025-c308b.jpg?1772190035' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci, je veux dire le d&#233;tournement syst&#233;matique des images saintes, les interventions r&#233;p&#233;t&#233;es des d&#233;mons, souvent sur convocation de la femme, les inversions multiples et vari&#233;es, les chor&#233;graphies pa&#239;ennes, l'expression d'inavouables d&#233;sirs inassouvis, en gros la proclamation d'une amnistie g&#233;n&#233;rale pour les incarc&#233;r&#233;s de l'Inconscient, et puis la photographie promue au rang d'art occultiste, tout ceci ne pouvait &#171; raisonnablement &#187; conna&#238;tre qu'une seule issue&#8230; LE&#8230; B&#219;CHER ! mais&#8230; c'est un foyer de volupt&#233;s qui embrase la femme, la magicienne, brasier nourri de vieux billets doux mis bout &#224; bout, ou de rubans de papier griffonn&#233;s au marqueur avec plein de mots dessus, de longs phylact&#232;res en lieu et place de b&#251;ches s&#232;ches, des flammes duveteuses comme la fourrure du chat, ou plumeuses comme les ailes inefficaces de l'ange, qui l'enveloppent progressivement dans une esp&#232;ce de cocon l&#233;ger et soyeux, sans que celle-ci, la femme, ne manifeste aucune joie et encore moins douleur. Insensible ! c'est ce qu'elle est devenue, mais&#8230; purifi&#233;e aussi. Apr&#232;s la douche probatique le b&#251;cher probatique, ce qui me renverrait assez facilement au symbolisme de Bill Viola, passage par l'eau et par le feu comme condition du retour &#224; la puret&#233; originelle, une propitiation qui introduit &#224; l'amour absolu&#8230; Finalement, dans un mouvement ample, la femme nue essuie son corps, ou ce qu'il en reste, des fum&#233;es abondantes qui &#233;manent de lui, car d'embrasement il s'agissait quand m&#234;me, au moyen d'un grand plaid &#224; franges, avec gr&#226;ce et volupt&#233;, une certaine emphase dans la gestuelle aussi car tout est pr&#233;texte &#224; danser chez elle, bien qu'elle soit dor&#233;navant davantage esprit que corps, une presque &#233;vanescence. Elle est &#224; la fois belle et &#233;mouvante la femme, ou ce qu'il en reste, c'est-&#224;-dire l'esprit de la femme, c'est-&#224;-dire encore l'essence de sa f&#233;minit&#233; et son &#226;me, quand elle d&#233;ploie le plaid &#224; l'instar des ailes de l'ange pour s'en couvrir comme d'un ch&#226;le, ou mieux comme d'un voile de pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18349 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20130807_005.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/20130807_005-c0ade.jpg?1772190035' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En l'&#233;tat d'esprit errant et de spectre, &#233;tat de la femme nouvelle, tout peut devenir jeu et&#8230;po&#233;sie surtout. Une autre mani&#232;re de percevoir les choses, probablement meilleure&#8230; indiscutablement meilleure. Par exemple, un simple motif sur une tenture ou une serviette de bain suspendue peut vous t&#233;l&#233;porter en Afrique, et c'est tr&#232;s grand l'Afrique, pour disputer un match de basket avec une &#233;quipe de girafes, ou parmi elles, et le gagner ce match. Peut-&#234;tre ! et puis profiter de ce s&#233;jour, par&#233;e de plumes et de pailles et arborant un masque &#224; gaz, pour participer aux danses rituelles et ancestrales... Qui peut vous l'interdire ? La Mort ne saurait bloquer ce besoin de fr&#233;n&#233;sie qui peut la servir. Et puis s'offrir une v&#233;ritable veill&#233;e fun&#232;bre, sans corps &#224; veiller c'est difficile, mais pourquoi pas ? Un auto-rituel d'adieu en quelque sorte. Un lit bien s&#251;r, surplomb&#233; d'un tr&#232;s beau et tr&#232;s grand lampadaire en arc de cercle qui&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;claire toute la sc&#232;ne, &#224; c&#244;t&#233; un tr&#232;s grand miroir elliptique, une &#171; psych&#233; &#187; mot qui ne pouvait que lui plaire &#224; la femme, un fauteuil bas devant le lit et en arri&#232;re-plan un tout petit gu&#233;ridon avec plein de choses dessus, sur un mur une tenture noire. Le d&#233;cor est ainsi dress&#233; en toute simplicit&#233; mais avec raffinement, le go&#251;t d'une esth&#232;te accomplie. La femme dans son ancienne apparence est allong&#233;e sur le lit, et puis arrive une autre qui s'assoit sur le fauteuil, et puis encore une autre qui elle s'assoit directement sur le lit, toutes trois en chemise de nuit, en fait toutes trois semblables, car dans la situation de solitude dans laquelle se trouvait de son vivant la femme, solitude due &#224; son repli sur elle-m&#234;me, &#224; sa crispation sur son int&#233;riorit&#233;, il n'y avait que son spectre d&#233;doubl&#233; qui pouvait encore l'assister dans la mort. Tout cela reste trop formel et ne peut la satisfaire, elle si exigeante en mati&#232;re de th&#233;&#226;tralit&#233;. La femme d&#233;serte la chambre pour s'envelopper dans une pi&#232;ce de satin aux reflets d'or, tel l'un de ces brocarts que peut proposer la Mort. &#171; Aujourd'hui, plus lente que jamais, la Mort est venue vendre &#224; ma porte. Devant moi, plus lentement que jamais, elle a d&#233;ploy&#233; les tapis, les soieries, les damas de l'oubli et de la consolation qu'elle nous offre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernando Pessoa &#8211; Marche fun&#232;bre pour le roi Louis II de Bavi&#232;re in Le livre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur chacun de ses yeux la femme a d&#233;pos&#233; une &#233;norme corolle de marguerite, non pas pour r&#233;tribuer le nocher bien qu'elle soit dans l'attente de sa venue, mais simplement pour apporter une touche finale de beaut&#233;, &#224; sa beaut&#233;, comme un raccord de maquillage. La femme tourne et se retourne, avec &#224; la fois lascivet&#233; et gravit&#233;, dans sa couche d'or pour en faire mouvoir les plis et en d&#233;guster le froissement. Immersion dans la Beaut&#233; et submersion par le Baroque. Mais au d&#233;tour d'une vue plongeante, sentiment pour le lecteur de p&#233;n&#233;trer par effraction la ch&#226;sse d'une sainte, celle d'Ursule peut-&#234;tre. Puis dans une superbe robe d'un bleu profond &#233;clabouss&#233; de grosses fleurs blanches, mer aux abords des abysses au sein de laquelle se d&#233;ploierait, lentement, un corps de ballet de m&#233;duses hyalines, la femme s&#233;rieuse, ou plut&#244;t son esprit errant, balaie les t&#233;n&#232;bres de ses amples manches de papillon, mais cette fois-ci pas une phal&#232;ne, non ! quoi qu'aussi l&#233;g&#232;re, mais beaucoup plus rapide, au point de les couturer, ces t&#233;n&#232;bres, des fils d'or de son &#233;nergie tout &#224; la fois diffuse et concentr&#233;e. Occasion pour elle, la femme, ou pour lui, son esprit errant, de r&#233;examiner, rapidement, tr&#232;s rapidement, l'histoire artistique, et celle qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;crite, peinte ou sculpt&#233;e, des &#171; dames du temps jadis &#187;, les belles dames qui accompagnaient la femme caressant la docile licorne, ou celles qui ornementaient l'entourage des abominables messieurs courtisant le Duc de Berry, les joueuses &#233;th&#233;r&#233;es de lyre ou de cithare et les danseuses de la Gr&#232;ce antique, telles qu'on aurait pu les rencontrer sur les rotondit&#233;s des poteries ou les frises des temples si les hoplites et les dieux n'avaient pas encombr&#233; tout l'espace, philosophes, po&#233;tesses, proph&#233;tesses, h&#233;ta&#239;res et d&#233;ploratrices de tous les temps anciens, mais aussi CASSANDRA de toutes les &#233;poques, tout ceci, toutes celles-ci, alors que finissait d'&#234;tre tiss&#233;e la toile arachn&#233;enne faite de fils d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mort, qui entre-temps a r&#233;cup&#233;r&#233; sa robe de mari&#233;e et rejoint le parvis de l'&#233;glise, hurle &#224; nouveau son triomphe&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En l'&#233;tat d'esprit errant et de spectre, &#233;tat de la femme nouvelle, toutes les barri&#232;res spatio-temporelles sont renvers&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle peut hurler &#224; la pluie en soutien aux gargouilles des tours de Notre-Dame qui, en d&#233;pit de leurs crocs puissants, sont moins carnassi&#232;res qu'assoiff&#233;es. C'est leur raison d'&#234;tre &#224; elles, les gargouilles, de boire jusqu'&#224; plus soif et de d&#233;gurgiter le trop-plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle peut converser hi&#233;ratiquement, mais de fa&#231;on d&#233;contract&#233;e quand m&#234;me, avec le Sphinx d'&#201;gypte, moins interrogateur que son cousin grec, la femme n'est pas &#338;dipe, et plus cracheur d'eau, car c'est sa raison d'&#234;tre &#224; lui, le Sphinx, d'abreuver des bassins, et puis le plateau de Giseh ne fut pas de tout temps un d&#233;sert urbanis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle peut se crucifier, comme le fut Antonin Artaud il y a pr&#232;s deux mille ans, mais enti&#232;rement nue et la t&#234;te en bas, double inversions, femme christis&#233;e, ou plut&#244;t &#171; artaudis&#233;e &#187;, et renversement de la croix, puis s'envelopper de plastique, les membres raidis par la crampe, comme dans un body bag transparent et beaucoup trop large, son Saint-Suaire &#224; elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle pourrait crucifier son amant ren&#233;gat et, Madeleine pourtant nouvelle &#233;pous&#233;e couverte de tulle, s'envoler vers son bois de supplice afin de l'enlacer pour mieux boire son sang, puis, Madeleine-vampire &#224; la bouche macul&#233;e, s'accroupir pour r&#233;ajuster son voile et saisir ses maigres bagages, comme en partance pour un nouveau voyage, le dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mort sur le parvis de l'&#233;glise, dans son nuage de mousseline, n'en finit pas de hurler sa joie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour terrifier ses regardeurs, les d&#233;tourner d'elle, la femme, ou plut&#244;t son esprit errant, peut adopter la posture d'une d&#233;funte portant encore la robe de ses noces avec la Mort, vacillante apr&#232;s son &#233;chapp&#233;e du tombeau, puis, les yeux exorbit&#233;s porter ses deux mains &#224; la bouche pour souligner, exag&#233;r&#233;ment,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'horreur de son s&#233;jour dans l'au-del&#224;, et finalement p&#226;le fant&#244;me s'&#233;vanouir avec lenteur dans une nu&#233;e blanch&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle peut, nouvelle Alice &#233;gar&#233;e dans la poursuite du lapin aux beaux yeux mais beaucoup trop press&#233;, s'arr&#234;ter pour lire l'&#233;corce des arbres de la for&#234;t et d&#233;nombrer les c&#339;urs qui y sont grav&#233;s. Elle peut reprendre sa course et de nouveau s'arr&#234;ter, puis de plus en plus diaphane, finir par se confondre &#224; l'&#233;corce des arbres auxquels elle s'est adoss&#233;e, au point d'arborer sur sa robe les c&#339;urs qui y sont grav&#233;s, un peu comme Woodman couverte du papier peint des maisons d&#233;labr&#233;es. La for&#234;t est un monde magique, tout le monde le sait ou devrait le savoir, habit&#233; par les elfes, les nymphes, les g&#233;nies, et aussi les anges. La for&#234;t est parcourue de flux multiples d'&#233;nergie et il serait bon de s'y &#233;tendre nue pour que ceux-ci nous traversent et nous redonnent un tout petit peu de vie, ou tout du moins la &#171; sensation &#187; de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle, la femme ou plut&#244;t son esprit errant, pourrait venir tourmenter son amant ren&#233;gat dans la belle demeure o&#249; il habite, telle une pi&#232;ce d'&#233;chiquier glissant sur le joli sol en damier, reine noire puis blanche, absolument confondante, puis nouvelle Aphrodite &#233;mergeant de flots d'&#233;toffes dont l'&#233;cume pliss&#233; ne cesserait de s'&#233;pandre sur le joli sol en damier, elle feindrait d'ignorer les jeux de lumi&#232;res et d'ombres taquinant les riches boiseries car elle-m&#234;me rayonnerait de son propre feu, un feu nouveau. Non ! Il faut r&#233;solument tourner le dos &#224; ce qui fut, le souvenir douloureux est vain et la vengeance est futile, et aller &#233;couter, pour la derni&#232;re fois, ce que la for&#234;t a encore &#224; nous dire par ses bruissements, le chant de ses oiseaux, sentir ses effluves, ses exhalaisons, ses parfums, seuls capables de susciter le d&#233;sir, le plaisir des &#171; sens &#187;, pour la derni&#232;re fois, et ressentir en nos &#171; corps &#187; les flux de s&#232;ve qui coulent dans les veines de ses arbres, m&#234;me abattus, en s'allongeant sur leurs troncs encore chauds. Tentation de se fondre en elle, la for&#234;t, d'&#234;tre une infime portion de son humus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la retrouve la femme, son esprit et son spectre, assise comme une petite fille bien sage au milieu de planches-contacts formant cercle, les planches-contact de sa vie, pour un ultime examen sans doute, puis formation ectoplasmique d'une spirale, sortie d'on ne sait o&#249; mais de plus en plus d&#233;velopp&#233;e, de plus en plus envahissante, comme l'appel, le chant INSISTANT, du nocher qui serait enfin arriv&#233;. La femme se dirige vers une armoire entrouverte, y p&#233;n&#232;tre, et referme la porte derri&#232;re elle. Il &#233;tait grand temps de &#171; franchir le seuil &#187;, de S'ARRACHER.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Faits de mort nous sommes, faits de mort nous vivons. Morts nous naissons, morts nous passons ; et c'est d&#233;j&#224; morts que nous entrons dans la Mort &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernando Pessoa &#8211; ibid.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Schmite (avril-mai 2022)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18350 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20131204_057.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/20131204_057-e1697.jpg?1659269932' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://sigrid.daune.photo" class="spip_out"&gt;https://sigrid.daune.photo&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernst Haeckel (1834-1919), biologiste et philosophe. L'ontogen&#232;se d&#233;&#233;crit le d&#233;veloppement d'un organisme quelconque. La phylogen&#232;se (ou phylog&#233;nie) d&#233;crit l'&#233;volution d'une esp&#232;ce ou d'un groupe d'esp&#232;ces. Le d&#233;veloppement d'un individu, de l'embryon &#224; l'&#226;ge adulte, passe par toutes les phases de l'&#233;volution des esp&#232;ces ancestrales, loi biog&#233;n&#233;tique r&#233;sum&#233;e ainsi par Haeckel : &#171; L'ontogen&#232;se r&#233;capitule la phylogen&#232;se &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fernando Pessoa &#8211; Marche fun&#232;bre pour le roi Louis II de Bavi&#232;re in Le livre de l'intranquillit&#233; &#8211; Traduction Fran&#231;oise Laye (Christian Bourgois &#8211; 1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fernando Pessoa &#8211; ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Sont ici pr&#233;sent&#233;s des extraits de &#171; Fragments de Sigrid : ARRACHEMENT &#187;, un texte de Denis Schmite, des fragments des Fragments en quelque sorte, choisis par l'artiste, &#224; qui l'auteur a fait don de son texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sigrid Daune est une auteure, photographe et artiste plasticienne qui vit et travaille &#224; Sotteville-les-Rouen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18351 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20131204_071.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20131204_071.jpg' width=&#034;756&#034; height=&#034;1134&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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