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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>7h15 merle noir </title>
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		<dc:date>2021-12-31T11:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Judith Auffray et La&#235;titia Bischoff</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;7h15 merle noir de Judith Auffray est un film pr&#233;sent&#233; actuellement dans l'exposition Panorama 23 - Par le r&#234;ve. Le 2 d&#233;cembre dernier prenait place dans l'auditorium de l'ADAGP, Studiocritique #3. Fruit d'une rencontre entre critiques d'art et artistes-&#233;tudiants de la promotion Marie Curie du Fresnoy, l'occasion fut donn&#233;e &#224; Judith Auffray et La&#235;titia Bischoff d'aborder les th&#233;matiques et probl&#233;matiques &#224; l'&#339;uvre dans &#034;7h15, merle noir&#034; (film, 2021). En voici une restitution. &lt;br class='autobr' /&gt; Notes Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/L-atelier" rel="directory"&gt;Entretien/Ateliers&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2006-b30f5.jpg?1772187553' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;7h15 merle noir de Judith Auffray est un film pr&#233;sent&#233; actuellement dans l'exposition Panorama 23 - Par le r&#234;ve. Le 2 d&#233;cembre dernier prenait place dans l'auditorium de l'ADAGP, Studiocritique #3. Fruit d'une rencontre entre critiques d'art et artistes-&#233;tudiants de la promotion Marie Curie du Fresnoy, l'occasion fut donn&#233;e &#224; Judith Auffray et La&#235;titia Bischoff d'aborder les th&#233;matiques et probl&#233;matiques &#224; l'&#339;uvre dans &#034;7h15, merle noir&#034; (film, 2021). En voici une restitution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt; Un homme aride, une jeune femme enjou&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
Un oiseau au r&#233;veil&lt;br class='autobr' /&gt;
Les heures et les sp&#233;cimens sont not&#233;s dans le carnet et &#224; l'&#233;cran&lt;br class='autobr' /&gt;
Des appareils&lt;br class='autobr' /&gt;
La douche dehors, le linge se lave &#224; la rivi&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
Repartir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un silence l&#224; et juste cette pr&#233;sence &#187; dit-il devant le sonagramme&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour puis la nuit puis le jour&lt;br class='autobr' /&gt;
Un micro et des branchages&lt;br class='autobr' /&gt;
Conjuguer la carte, avec le son. Maitriser l'espace par petites touches rouges &lt;br class='autobr' /&gt;
Aller au bout de sa trace. &#192; celui dont on ne sait le nom, le point d'interrogation sur le cahier. Les traces indescriptibles du sonagramme &lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;rifier son mat&#233;riel&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;teindre sa lumi&#232;re frontale&lt;br class='autobr' /&gt;
Dormir &lt;br class='autobr' /&gt;
Y retourner&lt;br class='autobr' /&gt;
Une m&#233;sange apparait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la mine de Viallas, vestige humain dans les bois &lt;br class='autobr' /&gt;
Et le tonnerre continue sa clameur&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;lectricit&#233; du ciel par-dessus le chant des oiseaux&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; s'arr&#234;te l'oiseau inconnu&lt;br class='autobr' /&gt;
De la pluie aussi, des lumi&#232;res. La pluie s'&#233;teint&lt;br class='autobr' /&gt;
On parle de l'&#233;clair d'argent. Les ouvriers devenaient sourds&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On ignore beaucoup de choses &#187; dit-il dehors&lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde sous feuilles humides, sans beaucoup de traces d'ailleurs, sans beaucoup de traces du pass&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Repartir dans les bois &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans rien voir &lt;br class='autobr' /&gt;
Le micro en l'air&lt;br class='autobr' /&gt;
Fermer ouvrir les yeux, le bras tendu&lt;br class='autobr' /&gt;
La clameur de l'oiseau a &#233;t&#233; not&#233;e la premi&#232;re fois &#224; 2h37 du matin&lt;br class='autobr' /&gt;
29min 40 de film.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.26.23.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.26.23-214f8.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#233;cit&lt;/strong&gt; se transforme avec son conteur. En fonction de celui ou de celle qui conte, les circonstances s'adaptent, une v&#233;rit&#233; de promiscuit&#233; avec le conteur se tisse. Ce m&#234;me r&#233;cit a pu &#234;tre raconter dans d'autres for&#234;ts, avec d'autres instruments. Cela d&#233;pend de qui raconte. Judith, on dit qu'un conteur commence par donner les circonstances de ce qui va &#234;tre cont&#233;, alors la question est pos&#233;e, quelle exp&#233;rience t'a amen&#233; &#224; cr&#233;er &lt;i&gt;7h15 merle noir&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &gt; Judith :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Plusieurs exp&#233;riences. Le projet part de l'exp&#233;rience d'un lieu o&#249; le bruit des humains &#233;crase tout : une aire d'autoroute. C'&#233;tait d'abord dans ce le lieu l&#224; que j'ai pos&#233; une histoire, celle d'un homme marginal qui vivrait dans une friche en bordure dans ces espaces a-sonores, de ces non lieux, en m&#234;me temps embl&#233;matiques des catastrophes en cours (&#233;cologique, sociale). Puis le projet a &#233;volu&#233; au fil de lectures et de rencontres. Notamment &lt;i&gt;Le Parti pris des animaux&lt;/i&gt;, de Jean-Christophe Bailly. Il parle de la respiration du vivant entre visible et cach&#233;, et de la possibilit&#233; du &#171; cach&#233; &#187; comme condition du monde sauvage. En parall&#232;le, je dessinais les animaux dans les zoos, je saisissais par le trac&#233; la pure pr&#233;sence de ces &#234;tres r&#233;duits &#224; &#234;tre vus. C'est cette exp&#233;rience qui fut, je crois, d&#233;cisive car en contrepoint me vient l'id&#233;e de saisir celle de ceux qu'on ne voit pas. Le son s'impose alors, le son comme mode d'expressivit&#233; du vivant. Je me rapproche d'audio-naturalistes et je pars avec eux &#233;couter la nature dans des zones recul&#233;es de France. Je d&#233;couvre alors une mati&#232;re absolument hallucinante, un film fantastique en bande son. Et puis il y a aussi les machines, celles qui enregistrent, celles qui transforment le son en signaux, en images. J'ai &#233;crit un r&#233;cit. Un personnage qui se retire du monde des hommes pour aller enregistrer et archiver la m&#233;moire d'un lieu &#224; travers les pr&#233;sence qui l'ont travers&#233;. Et il rencontre une jeune fille, sortie tout droit d'une fable, qui peut dialoguer avec les animaux, parce qu'elle (re)conna&#238;t leur musique.&#171; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.36.11-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.36.11-2-5a38f.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lieu&lt;/strong&gt; Nous sommes derri&#232;re l'&#339;ill&#232;re de la porte de la cabane, nous voyons l'homme s'approcher. Tout au long du film nous serons immerg&#233;s avec lui et elle, cette jeune femme Mana, qui l'accompagne dans les bois de la Loz&#232;re. Nous n'emmenons rien avec nous, nous sommes d&#233;barrass&#233;s. Faire lieu, c'est forc&#233;ment un acte d'immersion, c'est perdre l'espace, retrouver l'in&#233;vidence, ne plus savoir ce qui fait forme, ce qui fait signe. Notre point de vue ne se pose pas &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; le monde, C'est un point de vue &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; le monde, que nous propose la r&#233;alisatrice. De cette immersion na&#238;t un sentiment d'immanence, sans symboles. Nous ne regardons pas le film, nous sommes avec les deux personnes, nous sommes avec les arbres, les bruissements, les sons. Ces relations d'immanence, ne s'&#233;l&#232;vent pas, elles s'entretiennent, elles tentent plut&#244;t &#224; se resserrer, &#224; faire corps commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous entrons dans ce film, par le partage, celui de la musique gr&#226;ce &#224; cette sc&#232;ne o&#249; Mana, petit clavier sur les genoux, lit un passage du livre de Cheney du XIX&#232;me si&#232;cle qui conte les m&#233;rites musicaux et restitue en partition la m&#233;lodie d'une grive. Peux-tu nous parler de cette sc&#232;ne, et en g&#233;n&#233;ral de la place que tu offres au spectateur ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17709 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.27.18.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.27.18-d57ef.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &gt; Judith : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;L'origine de la musique se trouve dans les sons de la nature. C'est pourquoi les chants des oiseaux nous &#233;meuvent autant. Une dimension importante dans le film est celle de la transmission. Dans la sc&#232;ne dont tu parles, et dans beaucoup d'autres, Mana est en train d'apprendre une le&#231;on. L&#224;, c'est une le&#231;on &#233;crite il y a pr&#232;s de deux si&#232;cles. Ce texte r&#233;sume une des tensions &#224; l'&#339;uvre dans le film entre une impossibilit&#233; &#224; traduire les chants des oiseaux et la n&#233;cessit&#233; &#224; le faire quand m&#234;me, avec nos moyens (les mots, les notes de musiques, l'enregistrement, etc) parce que &#231;a nous touche, parce que c'est beau. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;poque de Cheney, la situation des oiseaux n'&#233;tait pas du tout aussi critique qu'aujourd'hui, maintenant il y a de nouveaux enjeux, parce que ce qu'on &#233;coute est en train de dispara&#238;tre, il faut garder la trace. Le c&#339;ur du film se situe l&#224; dans cette attention aig&#252;e des deux personnages &#224; ces pr&#233;sences invisibles et c'est aussi ce qui les rapproche, ce qui les lie. Et c'est pour &#231;a que je les filme souvent en train d'&#233;couter. Il y a un lien avec un effacement et, du coup le spectateur peut &#233;couter avec eux. Cette forme de retraite des personnages permet une mise en pr&#233;sence avec le spectateur. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17710 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.33.07.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.33.07-5c956.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exp&#233;rience&lt;/strong&gt; Ce film est une exp&#233;rience, bien plus qu'une trame, un d&#233;roul&#233;. Nous sommes coup&#233;s de nos habitus d'attraction visuelle, de rythmes effr&#233;n&#233;s, de complexit&#233;, d'agitation, de r&#233;f&#233;rences, de projections, d'entrem&#234;lement des temps, des situations. Nous voici envelopp&#233;s, comme dans un cocon. Une obscurit&#233; et quelques puits de lumi&#232;re travaillent, qu'ils soient per&#231;ants ou d'un rouge effleurant les silhouettes, &#224; une esth&#233;tique de l'attention.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi nous ne sommes pas dans une fiction, nous ne touchons pas &#224; un monde possible, nous n'avons d'ailleurs que faire du vraisemblable. Nous sommes port&#233;s dans un monde tangible. Nous ne toucherons pourtant &#224; rien, nous pr&#234;terons l'oreille. La bande son est la mati&#232;re. C'est un film aride d'images, mais complet de sa bande son. Tu nous plonges dans un d&#233;nudement, une forme d'&#233;pure ? Pour cette attention au son.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &gt;Judith : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Chaque plan a &#233;t&#233; travaill&#233; de mani&#232;re &#224; devenir une chambre d'&#233;coute. C'est pourquoi l'espace, le r&#233;cit et aussi les actions, sont r&#233;duits &#224; l&#8216;essentiel. D'ailleurs il y a un rapport entre la prise de son et l'immobilit&#233;, et le &#171; moindre &#187; geste. J'ai de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale dans mon travail tendance &#224; enlever plut&#244;t qu'&#224; ajouter. L&#224;, il fallait que l'attention soit port&#233;e au son oui, et que l'espace en permette la diffusion, l'&#233;cho. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_11.39.38.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_11.39.38-a9b56.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attention&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;7h15 merle noir&lt;/i&gt;, C'est le r&#233;cit de nos pas en avant, &#224; l'aveugle vers l'oiseau inconnu. Cet oiseau inconnu, c'est l'entier, menu et n&#233;cessaire merveilleux de ce r&#233;cit. Le pr&#233;texte aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film ici se pose comme un relai d'attention, nous sommes attentifs &#224; ceux qui pr&#234;tent attention. Ils sont affair&#233;s vers l'ext&#233;rieur, &#224; y vivre, &#224; l'&#233;couter, &#224; ne pas passer entre les feuillages en ignorants. Ils participent au lieu. Nous suivons leur geste, il y en a peu, on guette leurs mains, leurs quelques dires. Ils sont l&#224; pour r&#233;colter et traduire ce qu'ils r&#233;coltent. Les micros se posent sur des branches perch&#233;es, les micros se tiennent &#224; la main marchant, ils se camouflent aussi. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;colte se voit sur le sonagramme, la r&#233;colte se voit sur la carte, elle s'affiche en note sur le carnet. L'homme est un traducteur d'oiseau. On le voit traduire. Et le merveilleux a bien lieu, le merveilleux qui &#233;chappe &#224; cette traduction. Le point d'interrogation, l'oiseau inconnu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mana, elle, est en plein &lt;i&gt;mimesis&lt;/i&gt;, elle s'essaie &#224; cette langue qui n'est pas la sienne. Elle &#233;coute et tente de restituer avec sa propre voix, elle part essayer de converser avec les oiseaux. Que cache cette posture mim&#233;tique, que nous-m&#234;me spectateurs engageons avec Mana et l'homme ? Peut&#8211;&#234;tre nous nous plaisons &#224; nous fondre dans la &lt;i&gt;mimesis&lt;/i&gt; comme le fait Mana avec les oiseaux. Nous fr&#233;quentons donc nous imitons. Nous imitons et peut&#8211;&#234;tre ainsi nous comprenons entre connaissance et compr&#233;hension. L'attention de Mana et de l'homme est au c&#339;ur de ce film. Comment as-tu abord&#233; cette th&#233;matique de la traduction, de la &lt;i&gt;mimesis &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.38.05.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-27_a_10.38.05-cabb5.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &gt; Judith : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La traduction est &#224; beaucoup d'endroits du film, chaque personnage utilise ses moyens, ses outils. Jean nomme chaque esp&#232;ce qu'il entend, il lit aussi les sonagrammes, qui sont des traductions de sons en images. Mana traduit en musique et comme elle est aussi musicienne, un &#233;change est possible. C'est comme si la musique pouvait constituer une base de communication ou peut-&#234;tre simplement de commun, entre les oiseaux et les humains. Donc elle est celle qui dans le film, doit &#234;tre proche, engage sa pr&#233;sence. Celle qui entra&#238;ne dans le p&#233;riple nocturne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_11.40.34.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_11.40.34-43654.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17716 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_11.38.19.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_11.38.19-7711b.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;La mine&lt;/strong&gt;, cet incongru. &lt;/strong&gt; La mine de Viallas, r&#233;int&#233;gr&#233;e &#224; la for&#234;t, murs embroussaill&#233;s. Elle fonctionne comme un pivot dans le film, o&#249; les oiseaux ne s'&#233;noncent plus, o&#249; le dialogue prend sa forme la plus prolixe du film. On y parle du pass&#233;, de l'usine, d'ouvriers qui s'&#233;chinent &#224; regarder toute la journ&#233;e. Il y avait du bruit, les ouvriers devenaient sourds, conte l'homme. Alors entre celui qui parle et celui ou ceux dont il parle, la fourche des possibles humains est immense. Chacun est humain &#224; sa fa&#231;on, on pourrait dire que chacun &lt;i&gt;humaine&lt;/i&gt; &#224; sa fa&#231;on, l'un dans des murs avec du visuel et du bruit, l'autre humaine avec le moins de murs possibles, avec une &#233;coute et des oiseaux. L'un en revers de l'autre. &#202;tre humain, ce peut &#234;tre un verbe qui inclut et exclut tant d'actions. Car je ne vous l'ai pas dit, &#234;tre humain est un verbe. Il s'agit de s'int&#233;resser donc &#224; la palette des possibles mani&#232;res d'&lt;i&gt;humainer&lt;/i&gt;, des possibles mani&#232;res d'&lt;i&gt;oiseauter&lt;/i&gt;. Mana et l'homme sont affair&#233;s &#224; &#233;couter, enregistrer, comprendre les multitudes mani&#232;res dont les oiseaux &lt;i&gt;oiseautent&lt;/i&gt; dans ce lieu. Ainsi le film aborde la th&#233;matique des gestes et de l'attention des sp&#233;cimens humains, qu'ils guettent l'&#233;clair d'argent ou le chant d'un oiseau. &#192; travers cet &#233;pisode de la mine, les actes, les gestes et les choix de Mana et de l'homme prennent une autre saveur, comme si tu mettais en perspective ce qui a &#233;t&#233; &#233;nonc&#233;, d&#233;crit en d&#233;but de film, non ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_11.49.44.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_11.49.44-9ad35.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &gt;Judith : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ce qui m'int&#233;ressait dans la mine : d&#233;j&#224; l'espace en lui m&#234;me, une architecture hallucinante construite en fond de vall&#233;e, o&#249; il n'y a quasiment jamais de soleil, abandonn&#233;e depuis la fin du XIX&#232;me. La forme du lieu, son ancrage dans le creux de la montage, en font un espace d'o&#249; peuvent r&#233;sonner des sons, les &#233;chos d'un pass&#233;. On a l'impression que tout s'est arr&#234;t&#233; d'un coup il y a 2 si&#232;cles. L'histoire d'une catastrophe &#233;mane de ce site, sur lequel rien n'a jamais &#233;t&#233; reconstruit. Mais, des vies qui l'ont travers&#233;, tout &#224; disparu. Il ne reste plus rien, &#224; part les ruines, il n'y a plus de trace. Et puis les bribes d'histoires qui se racontent au village, qui ressemblent &#224; des contes, celle des ouvriers qui attendent un signal, ici un ph&#233;nom&#232;ne lumineux, l'&#233;clair d'argent, comme une chim&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#231;a r&#233;sonne avec les activit&#233;s et la qu&#234;te des personnages. Les personnages cherchent justement &#224; conserver et, en m&#234;me temps, avec la voix de l'animal inconnu, le film bascule dans le fantastique. Cette voix est une chim&#232;re sonore. Les personnages, comme les mineurs, attendent son signal, et le suivent pour aller vers l'inconnu, le r&#234;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;quence de la mine apporte &#233;galement une autre dimension, elle ram&#232;ne une m&#233;moire collective, celle des mineurs, qui dispara&#238;t aussi, comme les chants des oiseaux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin&lt;/strong&gt; J'aime cette derni&#232;re sc&#232;ne qui nous rapproche du visage de Mana, bras lev&#233;, elle ferme les yeux, puis une ombre passe sur son visage, elle les rouvre et guette. Il y a dans cette attitude deux ph&#233;nom&#232;nes qui adoucissent mon &#234;tre : la politesse rendue &#224; l'oiseau, et la reddition de sa propre personne au lieu. Se laisser traverser par le son qu'elle capte, s'oublier presque, se poser enti&#232;re aussi &#224; l'&#233;coute, &#224; une compl&#232;te attention. Ainsi, na&#239;ve que je suis, je l'imagine bient&#244;t converser avec les oiseaux en s'adressant &#224; eux &#224; la deuxi&#232;me personne, ainsi je suis pr&#234;te &#224; croire, port&#233; par le conte, qu'elle tutoie quelques sp&#233;cimens d'un sous-bois de Loz&#232;re. Judith Auffray r&#233;alise le film &lt;i&gt;7h15 merle noir&lt;/i&gt;, un film qui par son titre m&#234;me conjugue l'humain et l'oiseau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_14.23.11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/capture_d_e_cran_2021-11-29_a_14.23.11-f9782.jpg?1772192213' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.lefresnoy.net/fr/Ecole/etudiant/543/judith-auffray" class="spip_out"&gt;&#224; propos de Judith Auffray&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nous empruntons le terme d'humainer &#224; INGOLD, Tim, Machiavel chez les babouins : pour une anthropologie au-del&#224; de l'humain, trad. Luigi Balice, Christophe Degoutin et Laurent Perez, Paris, France, Asinamali, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les images sont des captures d'&#233;cran tir&#233;es du film 7h15 merle noir, tous droits r&#233;serv&#233;s &#224; Judith Auffray.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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