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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Ostie II/II</title>
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		<dc:creator>Clare Mary Puyfoulhoux</dc:creator>


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		<dc:subject>Italie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Imaginer l'impensable, d&#233;crire l'indescriptible, la mort, celle de Pier Paolo Pasolini...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH97/arton1848-0336c.jpg?1772193939' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Imaginer l'impensable, d&#233;crire l'indescriptible, la mort, celle de Pier Paolo Pasolini...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un &#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit fig&#233; - face, profil. Acc&#233;l&#233;r&#233; des traits qui se tordent, sont tordus, la chair et la bouche ont ouvert et ferm&#233;, danse hyst&#233;rique, quelque chose n'a de cesse d'aller du pli au repli, regard. Les yeux voient, sortant de l'orbite, c'est ce qui est derri&#232;re, ce qui vient apr&#232;s qu'ils regardent au travers de ce qui est l&#224;, devant, qui adresse le corps, qui l'invective et le percute, qui le touche &#224; peine, qui frissonne &#224; le regarder, qui &#233;cume. La bouche est un gouffre, le cul est un gouffre, l'oreille droite, la narine, la plaie qui s'ouvre. L'int&#233;rieur du corps, un gouffre. Le sang qui court pour sortir, pour investir l'espace, pour remplir sa fonction de d&#233;cor, un gouffre aussi. Les os sont contraste, les visc&#232;res un gouffre. La main, le bras : un trait. Noir, os, rouge, peau fendue, bleuie, jaunie, &#339;il gonfl&#233;. Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les blessures ont m&#251;ri sur le mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu'un a lev&#233; la main. Quelqu'un a dit, et dans un temps donn&#233;, que cela serait, que pour une raison qui serait d'abord la b&#234;tise, une vie se terminerait de la plus violente des mani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH686/1_ostie-2-bf058.jpg?1614614743' width='500' height='686' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ostie est un port, est un lieu, est une bouche affam&#233;e. Il y a deux raisons. Si nous croyons l'Histoire, il y a des pierres qui attestent que l'homme a exist&#233; palpitant comme nous, dans une enveloppe de chair, de sang pareil, de gouffres et de cruaut&#233;. Qu'il y a soci&#233;t&#233;, que l'on taille les pierres pour y marcher ou s'y cacher. Que l'on regarde les reliefs les peintures, que le rouge compte. Que le corps &#224; la pierre s'use, que le corps a perdu, qu'il ne fait plus qu'un avec nous qui sommes corps pareils et qui caressons la pierre comme le condamn&#233; sa potence, qui la sentons, douce, qui la r&#234;vons en aboutissement de nous. Ostie pour transiter pour marchander pour consommer d&#233;j&#224;. Ce qu'il a dit, d&#233;j&#224;. Ostie efficace, prot&#233;g&#233;e, d&#233;fendue, habit&#233;e pour cela. Et Rome de d&#233;gueuler. Les enfants des quartiers courent, plongent, tombent dans l'eau sale qui va se laver ; jettent leurs rebuts, leurs secrets dans le monstre fleuve qui en a charri&#233;. La ville chie. Ostie trie. Ostie est aussi la mer, la plage, la glace en ice cream, le r&#234;ve am&#233;ricain, le souvenir fasciste, le Coney Island, la p&#232;gre, la femme sale, l'odeur de friture, la mis&#232;re, le r&#233;veil en fa&#231;ade, la ruine quand elle parle du pr&#233;sent, la ruine au pr&#233;sent, la mati&#232;re incapable de r&#233;sister aux saisons, la poudre qui fait br&#251;ler les yeux, les corps presque nus, la chaleur, l'&#233;t&#233;, l'hiver, la peur, les barbel&#233;s. Cette deuxi&#232;me raison sent, la narine est bouch&#233;e tant cela sent ; sel, poussi&#232;re, sueur. Les couleurs sont vives de mat&#233;riaux n&#233;s pour &#234;tre las et qui collent &#224; la peau et se d&#233;chirent, composent le paysage en ponctuation de chairs, de coudes et d'&#233;clats. Les orifices salis de bouches aux dents sales, aux dents moisies qui sont celles que le mort a aim&#233;es, a sues, celles peut-&#234;tre pourquoi, croit-on, il a fait. De Messaline &#224; Messie, l'&#233;criture ronge, lac&#232;re et d&#233;p&#232;ce le vernis, rentre dans les couleurs de bleu de gris de blanc de sale, enl&#232;ve le noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les yeux donc, regardent. La bouche sienne parle, se tait. Combien de corps sortis du ventre de la nuit pour le rejoindre ? Combien de regards en retour, et qui pour h&#233;siter ? On parle en dizaines, on pense meute, ce sont les mains de la meute, les dents, c'est la furie qui s'exprime, qui s'acharne comme elle aime, car elle aime, furieusement, ce regard-l&#224; qui sait, cette bouche-l&#224; qui dit, ces os-l&#224; m&#234;mes qui sont, qui ne font qu'&#234;tre et ont le charme de toute vie. C'est ma c&#244;te qui crie quand la tienne se brise. Je bande. Je suis jeune, il est vieux, et je bande. Nous rions. Papi. On voit Papi que l'&#233;b&#232;ne de tes cheveux est plastique. On le voit. On voit ta peur. On voit les rides comme des ailes autour de tes yeux. Des falaises encadrant ta bouche et ton nez. Tu es trop coquet, trop appr&#234;t&#233;. Il n'y a que ton sourire qui soit jeune. Tu ne souriras plus. Il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de cet instant qu'il &#233;tait l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_ostie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/2_ostie-79986.jpg?1614614743' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour -&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme sur le sol est un corps mort. Battu &#224; mort. Un homme est mort. Il y a sur le sol ce qui reste &#224; traiter d'une vie, cela &#233;tait chaud cela pensait cela marchait cela totalement &#233;tait de l'&#339;il qui parfois &#224; la lumi&#232;re d'un insupportable soleil rappelait celui d'un mod&#232;le autrefois peint ; est &#224; pr&#233;sent raide, difficile &#224; nommer. Langue, bouche, joues se tordent, balayant les possibles. Rencontre : l'eau &#224; bulles salive et l'air en appel claquent, cherchant sans trouver &#224; faire monter un son du larynx. Le sol est la plage ou un terrain vague selon qui le raconte. Immanquable pittoresque de la sc&#232;ne, le son du vent, la solitude du matin. L'espace est &#224; jamais celui de la sc&#232;ne ainsi dessin&#233;e en creux, par l'insupportable vide laiss&#233; autour du corps, apr&#232;s le corps. Se demande : avec une beaut&#233; pareille. Avait-il du rouge &#224; ses l&#232;vres ou du fard ? Faisait-il comme l'homme que l'on aime, des d&#233;hanch&#233;s l&#233;gers la main lev&#233;e ? &#201;tait-il autrement, comme cet homme que l'on veut, qui sont eux, avec des ongles bleus ou noirs, des collants mandarine, une terrible virilit&#233; dans l'ensemble et qui la rend elle, miroir de celui, follement d&#233;sirable en lui ? Dans un film, mauvais, l'homme qui joue celui-l&#224; mort lorsqu'il vivait nous apprend : il ne vient pas r&#244;der sur les terrains vagues pour &#234;tre suc&#233; en dominant, il supplie. C'est un homme qui s'&#233;crase, qui subit son envie. Dans le film cach&#233;, dans le film honteux, dans le film supplici&#233; &#224; devoir encore vivre cela. Le visage ravageur qui a toujours fait peur et envie supplie. Lui. Se demande gratte cr&#226;ne. Comme il est d&#233;cevant de marcher voyeur dans l'ombre de celui. Pieds d&#233;sesp&#233;r&#233;ment trop petits mal form&#233;s de l'enfant enfilant les souliers d'or et d'argent de maman. Visitant le corps de maman. Ce que maman. C'est cela que d&#233;couvre demande : chercher toujours &#224; voir o&#249; l'on ne m'invitait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps qui est l&#224; perfor&#233;, ramass&#233;, dont le c&#339;ur &#233;clat&#233; &#224; l'int&#233;rieur de la cage thoracique a battu, est d'un homme. Cet homme est l&#224;-bas, &#224; l'endroit voulu, qui se veut encore. Il n'est pas et il est facile, cet homme dont le nom roule en oreille comme un chant op&#232;re, il est bon de le vouloir comme un paquet, comme un objet, comme ce beau f&#233;tiche l&#224;, plein de courage, ind&#233;fectible. La peur quand elle est celle du regard des autres, quand elle est celle de la b&#234;tise, quand elle est celle du vouloir qui tisse en ramifications dans l'&#226;me. Penseur rebelle, homosexuel, provocateur, grand connaisseur des &#201;vangiles, fils d'une m&#232;re, autrefois d'un p&#232;re, po&#232;te, dramaturge, cin&#233;aste, chroniqueur, contre la bourgeoisie jusque dans ses cheveux, dans sa po&#233;sie rebelle, dans son rapport au miroir dominant de la beaut&#233;, &#224; l'id&#233;e romantique, romanesque, de d&#233;tr&#244;ner seulement le p&#232;re au lieu de tendre la main au fr&#232;re ; mang&#232;rent m&#234;me de la merde. Tenter de comprendre comment un &#339;il, une t&#234;te, une main ont pu produire cela. Se demande voit bien, pr&#233;f&#233;rer le frisson &#224; cela, penser que l'&#201;glise soutenait. Imaginer secrets. Souvent drap&#233;s lourds des rideaux, pierres froides et secr&#232;tes, l'univers de l'homme projet&#233; dans l'esprit de celle qui le voit, l'imagine, &#224; pr&#233;sent corps explos&#233; sur le sol, termin&#233;. Tout ce qui au fond fait envie. Tout ce qui doit garder le myst&#232;re. Tout ce qu'il faut regarder sans voir. Tout ce qui est &#233;lev&#233;, sur&#233;lev&#233;, plac&#233; haut sur socle sale. Tout cela qui est r&#234;ve et fantasme, qui par l&#224; m&#234;me n'existe pas sans aur&#233;ole, dont je ne saisis pas d'asp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_ostie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/3_ostie-cb2b5.jpg?1772193708' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sage-femme Ostie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour -&lt;br class='autobr' /&gt;
Groupes d'hommes, barres d'immeubles, petits bosquets, le film mauvais jouait sur la honte, faisait voir coupable celui qui allait comme cela chercher quoi de son plaisir qu'il ne comprenait pas mais que l'homme mort tr&#232;s exactement savait. Se demande toujours de qui la honte &#233;mane, de quoi elle parle, quel sympt&#244;me elle incarne. Certainement : la mort a ainsi donn&#233; raison. Outre l'incommensurable violence, qui est une fa&#231;on de dire, ici d'&#233;crire, l'impossibilit&#233; de penser, de figurer, de voir ce qui a &#233;t&#233;, la mort a permis au spectaculaire d'occuper tout l'espace. Quand Pasolini arrive, sonore ou &#233;crit, c'est pluie aveuglante de confettis. Se demande voit : la sp&#233;cificit&#233; du terrain vague est de n'&#234;tre pas plat. Creux et bosses &#224; traverser pour se voir, se retrouver, s'affairer. S'isole en reliefs. Se retire en &#233;tant l&#224;, toujours. Dans le film mauvais, l'homme qui joue celui-l&#224; mort s'agenouille comme on prie, plonge dans la chaleur et l'odeur de la vie, l&#224; d'o&#249; elle jaillit. Il est d'ailleurs essentiellement cela qu'on a retenu de lui, figure froide faite d'angles, de courage, force, figure molle, affam&#233;e, de honte gagn&#233;e. Ainsi divis&#233;e, la figure est arrach&#233;e &#224; l'homme qu'elle nie enfin tout &#224; fait. Somme de donn&#233;es, compos&#233;e de traits : aimant sa maman, se rebellant, voyageant, dirigeant, sachant, tellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais que pouvez-vous ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Rit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais dix-neuf ans, vingt-cinq, je ne me relevais pas de ce que la guerre avait &#233;t&#233;, de ce que j'avais pu jouir en elle constamment, de ce que nous avions travers&#233; puis referm&#233; ce temps. Je regardais, je voyais. J'arrivais adulte au temps de l'&#233;pilogue et constatais : on ne tue plus, cela n'existe plus d'&#233;radiquer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_ostie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH328/4_ostie-6dc73.jpg?1772193708' width='500' height='328' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Terme dei cisiarii frigidarium
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'amant s'&#233;loigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est mort, certes, celui qui fait cible, qui quelques ann&#233;es en lieu et place de nos passions a fait le pantin, on l'a pendu haut et court, on aurait pu le grimer, le tra&#238;ner par les pieds &#224; travers la foule de l'Italie, le mener dans tous les coins du monde pour montrer, faire toucher la peau d'un tyran tomb&#233;. On aurait pu, nous aurions voulu peut-&#234;tre le d&#233;pecer, l'&#233;carteler. Il ne serait plus et nous penserions aussi que la nuit est revenue. Il est mort c'est un mot, les fonctions de son corps ont cess&#233;. Il y a eu des dossiers, des enqu&#234;tes, la chose a &#233;t&#233; jug&#233;e, encombr&#233;e de mille mots. Vous ne pouvez rien. Rien n'est mort. Ainsi, ce qui se joue cette nuit n'est rien puisqu'&#224; dix-neuf ans, vingt-cinq, mon c&#339;ur dans ma cage thoracique dans mon corps dans mes veines, dans chaque cellule, mon c&#339;ur en combustion mon c&#339;ur charg&#233; mon c&#339;ur &#224; l'acm&#233; de ce qu'il pouvait a explos&#233; puisque les lucioles s'&#233;teignaient, puisqu'on avait manufactur&#233; la mort puisqu'on avait invers&#233; la cadence puisqu'on avait humili&#233; la vie puisqu'on avait bombard&#233; en sachant, puisqu'on avait franchi jusqu'&#224; cette fronti&#232;re-l&#224;. Tout le reste serait &#224; cr&#233;dit. Alors. Vous croyez, si nombreux que vous en &#234;tes un essaim, face &#224; mon corps d'homme &#226;g&#233;, vous croyez m'effrayer ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ostie</title>
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		<dc:creator>Clare Mary Puyfoulhoux</dc:creator>


		<dc:subject>Eros</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>catastrophe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; Ostie, un jour de 1975, penser et voir l'insoutenable.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/catastrophe" rel="tag"&gt;catastrophe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1826-0c6e5.jpg?1772193939' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Ostie, un jour de 1975, penser et voir l'insoutenable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;We have power in ourselves to do it, but it is a&lt;br class='autobr' /&gt;
power that we have no power to do ; for if he show us&lt;br class='autobr' /&gt; his wounds and tell us his deeds, we are to put our&lt;br class='autobr' /&gt; tongues into those wounds and speak for them ; so, if&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
he tell us his noble deeds, we must also tell him&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
our noble acceptance of them. Ingratitude is&lt;br class='autobr' /&gt; monstrous, and for the multitude to be ingrateful,&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
were to make a monster of the multitude : of the&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
which we being members, should bring ourselves to be&lt;br class='autobr' /&gt; monstrous members&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Shakespeare, Coriolanus, II. 3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cr&#226;ne et les testicules.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On pense toujours, parce qu'ils sont froids, qu'ils ne sentent pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cr&#226;ne et le corps des testicules. C'est nou&#233; au fond et, m&#234;me lorsqu'ils oublient ou ignorent, tout leur corps le rappelle &#224; un moment et ils meurent eux aussi. Ce sont des ann&#233;es perdues, des ann&#233;es qui se paient. Il y avait un cr&#226;ne, des bobines, et des testicules. Une voiture et sa jumelle. Un corps, ses yeux, ses m&#226;choires, leur fa&#231;on de d&#233;couper. Il y avait un corps. Il y avait des images pens&#233;es, produites, des images que l'on a projet&#233;es, que l'on projette. Il y avait le rien de ces images, leur immat&#233;rialit&#233;. Il y avait pr&#233;m&#233;ditation, pr&#233;vision. Le cr&#226;ne avait vu, voyait. Les testicules &#233;taient pleines. S&#232;ve ou vie, comme le sang qui circule. Les f&#233;murs aussi, la perforation. Un, deux, beaucoup, puis &#224; outrance. Des trous. Penser au trou, toucher sa chair. Sentir comme &#233;choue, comme impossible &#224; savoir, comme &#231;a reste une id&#233;e. Il y avait les mots aussi, ceux qui sont dits, que l'on sait. Il y avait le ch&#339;ur en premier, entit&#233; superbe. Pas le cr&#226;ne et les testicules. Il y avait qu'il savait. D'aucuns diraient voulait. Fig&#233;s, leurs l&#232;vres dardant ce que leur regard voulait - lui. Et quand on dit voulait, on tait, on jette l'autre dans la benne, on le dissocie, lui, de ce qui nous, mais alors seulement traverse. Mille bouches transies, satisfaites de ce qu'il voulait et a eu, lui. Tous ces corps pleins de vie. L'image longtemps qui &#233;tait un vieux, un b&#226;ton qui se meut, son pommeau noir, les chiffres en blanc. Ce b&#226;ton dans les c&#244;tes dans les reins, dans le cul probablement. L'id&#233;e du pr&#233;pub&#232;re qu'on a toujours vu long, sec, puissance de jais, qui avait peut-&#234;tre un accent, et qui sentait. Et comme c'est sale l'id&#233;e d'aller l&#224; pour faire &#231;a. C'est effrayant &#231;a qui nous fait peur, &#231;a qui fait fr&#233;mir, la libert&#233; de qui veut. On oublie tout le subir, tout ce qui rampe du d&#233;sir, parce que c'est toute la peau l&#224; qui g&#233;mit, qui a peur. Facile, la pupille regarderait. Elle n'avouerait pas comment autour c'est bien mieux, c'est moins corps. Car c'est le bord qui saisit, qui r&#233;colte en tremblant. La pupille de penser. Le cr&#226;ne avait agi, les testicules. Le cr&#226;ne d'un corps beau, sculptural, d&#233;licieux. Le cr&#226;ne d'un corps froid qui sait, qui veut, qui sait voulant. Le cr&#226;ne d'un corps qui est all&#233;, lui, qui a voulu d'abord, conduit ensuite, choisi aussi l'autre corps, celui pour, celui avec lequel. Est-ce qu'un corps peut ignorer &#234;tre emmen&#233; et &#224; quelle fin ? Enfin quel drame, pour nous femmes j'entends, qu'il n'ait pas vu la femme ou qu'il ait fait comme l'ange tordu, devant-derri&#232;re au pr&#233;sent continu. Il savait. Dans le ch&#339;ur c'est opaque de poussi&#232;re. &#199;a commence pr&#233;cis&#233;ment o&#249; l'antique finissait. Tout a &#233;t&#233; remu&#233;, c'est pass&#233;. Et qui saura encore tandis que le cr&#226;ne et les testicules ont v&#233;cu. Cette image qui revient qui f&#251;t seule, qui f&#251;t celle d'un habitacle noir et d'un autre corps vrai dont on sentait pourtant qu'il ne retenait pas le bord, ou alors la p&#233;riph&#233;rie. Va mesurer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_ostie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH309/1_ostie-8985a.jpg?1772193939' width='500' height='309' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ruines d'Ostie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Plan
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pupille se prom&#232;ne, elle l&#232;che, circule. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu peux penser tu vois. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors il avait fait &#231;a, lui, penser comme on ne le fera jamais. Et &#231;a semblait tr&#232;s simple tr&#232;s limpide, &#233;vident, ce qu'il avait pens&#233;. Il avait risqu&#233; en pensant de penser. Il avait risqu&#233; les trous, le cr&#226;ne, les testicules. C'est le pays aussi. On dira le pays, sa gangr&#232;ne, son histoire. Ce qui veut pr&#233;server, continuer, &#233;craser, tout manger. On dira le peuple et la pl&#232;be et le jeu et la m&#232;re. Donc je pensais &#224; l'habitacle noir, j'imaginais les si&#232;ges en noir et la carrosserie blanche. &#199;a lui va bien le blanc, m&#234;me si dedans, dans l'habitacle, &#231;a fait des lignes seulement, un cadre. &#199;a aussi il pensait, savait, comme nous ne saurons jamais. Parce qu'on a un cr&#226;ne aussi des testicules aussi des anus, des f&#233;murs, une chair, des tendons. Je n'ai pas de voiture, il n'y a pas de plage. Et dans ma chair, n&#233;ant. Depuis lui tout n&#233;ant. Depuis lui et les autres que l'on cite, que l'on crie, que l'on signale comme &#233;tant comme voulant comme nous aurions &#233;t&#233;. Cette histoire de m&#233;pris, comme je te hais, comme m'indiff&#232;rent l'id&#233;e et la forme, comme &#231;a me pla&#238;t, moi, de savoir ce petit pouvoir. Ce que je veux voir, un voir qui tue alors. Pas encore et encore des corps rapi&#233;c&#233;s, diminu&#233;s, sur lesquels s'&#233;pancher. Pas la mis&#232;re exhib&#233;e, pas d'&#233;tendard de la mort, non. La jouissance, &#231;a le cr&#226;ne l'avait compris. &#199;a les couilles. La jouissance d&#233;brid&#233;e, mise sans analyse sous mes yeux, &#224; mes yeux, jusque dans mon cr&#226;ne, satur&#233;e, insoutenable, vue, impossible &#224; d&#233;-voir. Pas encore la piti&#233;, la preuve par piti&#233;, la grisaille ah oui c'est sale, ah oui c'est triste, ah oui nos vies elles sont comme &#231;a, et pour &#231;a pr&#233;cis&#233;ment, que les autres n'ont pas de c&#339;ur, n'ont pas d'&#226;me, n'ont plus de regard, ont &#224; peine des dents et alors, sans incisive. La complicit&#233; passive, subie, histoire de survie. On s'en fout, on le sait, qu'est-ce qu'on pourrait encore nous raconter ? Lait coup&#233;, enfants morts, gaz, caoutchouc, saut de fen&#234;tre, coup de corde ou de cervelle. Le cr&#226;ne et les testicules. Le f&#233;mur. La bo&#238;te &#224; vitesse, les pneus qui lui ont roul&#233; dessus, les mains qui ont frapp&#233;, qui ont tir&#233;, qui ont plant&#233; et les bouches baveuses, les rictus, la douleur vive, sourde, ce que le cr&#226;ne pensait, l&#224;, &#224; ce moment-l&#224;, cinq secondes avant, et quand il a compris ? Quand il a su qu'enfin, entendu ? Quand il a vu ? Quand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;crit comme on ronge comme on gratte comme on transpire, il ne se soumet pas, &#224; rien, ne pense pas, que penser de l'impronon&#231;able dont on ne se souvient pas, que l'on peine &#224; entendre, qui rentre dans les synapses, sous le front, dans la racine du cr&#226;ne. Il ne dit pas, il fait pire ; il ne ment pas, ne prof&#232;re pas, diffuse, porte &#224; l'oreille et &#224; l'&#339;il ce qu'ils ne sauraient, ce qu'ils, et veulent. Il &#233;crit pire, fait pire, le fait nu sur la plage, debout &#224; Ostie, assis sur une chaise jambes crois&#233;es. Les jambes crois&#233;es des bourreaux, des victimes, des croqueurs de jambes et de bras. Sublime. La jambe, le genou, le pied qui balance, qui pense, qui mesure son pouvoir. On le dit de la femme pas de l'homme pourtant c'est au bout de la cheville masculine que se joue. C'est ce qu'il sait quand il r&#233;colte les sourires &#233;dent&#233;s les odeurs de plastique de tomate de sucre de fromage r&#226;p&#233;. Les os baignent. Les sodas. Il le dit. Il &#233;crit pire, avec des lunettes sombres, des montures sombres, des poignets sombres, un pull bien sombre. Il dit, pense, nu sur la plage &#224; Ostie, habill&#233; &#224; Ostie, rev&#234;tu enti&#232;rement d'Ostie dont on sait qu'autrefois, qu'aujourd'hui, qu'on s'y prom&#232;ne et qu'on s'y gare. Il sait qu'il part. C'est merveille quand il s'empare et il sait. Lui sa m&#232;re et les autres. L'horreur des flux, de cette fatigue-l&#224;. La peau tir&#233;e, tombante. Il sait &#231;a aussi. Personne pour dire le temps, la v&#233;rit&#233; du temps qui est maintenant qui est l&#224; qui l&#224; dit. &#199;a aurait pu &#234;tre autrement mais &#231;a aurait &#233;t&#233; et le discours aussi aurait dit. Il ne va pas sans, il doit foncer, doit arracher quelques bribes de mots, dessiner, faire tomber la poussi&#232;re et la nettoyer. La faire tomber annihil&#233;e. Laide et sommaire. Un sens, des variables, une suite logique. Quelque chose de logique que l'on dit, qui se dit. Le dire pour dessiner un corps &#224; Ostie perfor&#233;, l'&#233;cume, les dents, les mains, le sang, les pantalons, les voitures, l'id&#233;e avant, les murmures, l'&#339;il qui voit l'&#339;il qui sait dans l'&#339;il qui apprend, qui comprend. Les murmures qui r&#233;duisent la pierre en sable, le geste que les mots soul&#232;vent. Ce qui, et pour chacun.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;428&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_autel-de-mars.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH386/4_autel-de-mars-24971.jpg?1610818356' width='500' height='386' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Autel de Mars et Venus
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Panneau avec repr&#233;sentation du lupercal : Romulus et R&#233;mus nourris par la louve, entour&#233;s par des repr&#233;sentations du Tibre et du Palatin. Marbre, &#339;uvre romaine de la fin du r&#232;gne de Trajan (98-117 ap. J.-C.), r&#233;employ&#233;e sous le r&#232;gne d'Hadrien (117-132 ap. J.-C.) comme base pour une statue du dieu Silvain. Trouv&#233; &#224; Ostie, place des Corporations. Conserv&#233; au mus&#233;e de Palazzo Massimo alle Terme (Rome).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qui attendait derri&#232;re un t&#233;l&#233;phone &#224; c&#244;t&#233; d'une lumi&#232;re les jambes crois&#233;es aussi. Combien de jambes, de t&#233;l&#233;phones, de stylos pr&#234;ts &#224; noter. Quelle surprise quel extr&#234;me quel rebond, qui ose encore parler de passion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors il a dit que des vieux derri&#232;re une fen&#234;tre, que la terre retourn&#233;e et le feu, que la merde en gamelle, que des rang&#233;es de pieux. Des fesses, des armes, des uniformes. Un extr&#234;me, l'invraisemblable. Il a lev&#233; son doigt, il a dit un corps, que les corps. Il faut les aimer, avoir aim&#233;, sentir un corps. Il a dit le bras, touch&#233; le poignet. Il a pass&#233; sa main sur sa joue, laiss&#233; la m&#226;choire induire le geste, laiss&#233; les doigts chercher le creux, l'oreille, le cheveu. Il a laiss&#233; la main faire cela. Et il savait le sel de l'oc&#233;an comme on sait le chant des plantes, la douce odeur d'une feuille arrach&#233;e, l'humidit&#233; dans la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une sc&#232;ne o&#249; des ruines &#224; proximit&#233; de b&#226;timents. Des barres r&#233;centes, la pellicule peine &#224; rendre le temps. Un amour. Il y a cette sc&#232;ne extr&#234;mement cruelle. Na&#239;ve. Il y a le maquillage de trop qui vieillit mal, ailleurs. Il y a des corps. Il y a aussi un jardin, des portes. Le jeune qui aime un jeune qui aime une m&#232;re qui aime sa s&#339;ur et dont m&#234;me le p&#232;re dans les fourr&#233;s. Il y a la peur. Dit-on, est-il possible m&#234;me de penser d'une beaut&#233; qu'elle serait insurmontable ? Le corps se tra&#238;ne encore en chien, superposant les sph&#232;res si autres, distinctes. Ne rien voler &#224; aucun, mais alors la hi&#233;rarchie dans les d&#233;sirs qui ne se d&#233;multiplient pas tout &#224; fait comme le pain et qui, immanquablement, puisque c'est comme sur le feu, saisit, sont impartageables. Sans voler ni mentir. Sans pr&#233;f&#233;rer pourtant l'urgence en choisit un, veut le un, sait le d&#233;sespoir que sera fausse et plate la v&#233;rit&#233;, sait que sera comme l'&#339;il voit incomparable, sait que sera insuffisant encore &#224; l'autre. Sait jusqu'&#224; la mort, et dans son film meurt. M&#233;thodique du dressage, de l'endoctrinement qui ne co&#239;ncide pas avec la nature animale transie. Hier elle parlait des passions mystiques, c'est peut-&#234;tre plus facile quand c'est le corps du fils.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_neptune.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/2_neptune-e1d21.jpg?1772193939' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le triomphe de Neptune
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Ostie
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il fait nuit. Il faut un terrain vague, une ruelle calme. Il y a le n&#233;on d&#233;j&#224; de l'&#233;clairage public. Il y a l'asphalte. Il y a la ligne trac&#233;e pour le passage des engins, pour qu'ils se passent se croisent, circulent. Qu'ils arrivent, le chemin. On se gare. Il y a les lieux sp&#233;cifiques des rencontres qui sont cach&#233;s, visibles, connus, qui font que les cous se d&#233;tournent pour que les regards s'&#233;cartent. Ceux qui passent et qui savent, qui doivent passer, qui savent. Qui passent encore et savent, rentrent chez eux sachant, n'ayant jamais vu, parlant parfois mais riant, ou alors jugeant, ne disant jamais la distance r&#233;elle, comment le corps irradie, sonde sensible du passant, de savoir sans voir, de presque vouloir. De penser, et qui r&#234;ve de succomber. Le plaisir qu'ils auront &#224; savoir alors demain, &#224; dire &#233;videmment. Mais lui est de ceux, &#233;tait. Il y a pour eux autre chose, le plaisir tr&#232;s fugace, la temporalit&#233; imm&#233;diate d'une main qui se doit de saisir le moment, des boutons &#224; ouvrir, &#224; faire sortir de, sauter, le tissu presque arrach&#233; et la salive fonctionnelle. Les petits interstices de v&#234;tements. Il y comme tout qui se tire qui ne ment pas ne peut pas doit imm&#233;diatement savoir aller prendre. Il y a ces rapidit&#233;s qui s'appellent reviens qui ne sont pas d&#233;j&#224; pass&#233;es qui ne sont qu'entam&#233;es qui existent plus &#224; l'arri&#232;re du cou d&#233;tourn&#233; du passant que dans la peau de celui qui s'introduit, qui est. Il y a l'urgence absolue c'est le feu, c'est r&#233;gulier : tous les soirs celui qui d'abord vient, repart, ensuite vient, repart, revient et repart, tremble le jour de revenir et repart, reste loin, attend, tourne, prend son v&#233;hicule son imper ses pas. Il repart. Il croit entendre a entendu a sursaut&#233; d'entendre un chat un cri la douceur d'une respiration. Il repart il en pleure. Il y a celui qui sait qui vient de loin qui peut rentrer et qui agit, &#339;il, corps et main, qui s'agenouille, qui fr&#233;mit. Il y a celui qui rit. Il y a peut-&#234;tre un premier, le fils du p&#232;re. Il y a du mouvement, des ruines encore, des plantes, de l'odeur humide, du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est grand si pr&#232;s, bruyant. Il suffirait d'avancer, on s'assoit. Allong&#233; sur la plage, marchant dans les ruines, fuyant les n&#233;ons. Le grillage qui s&#233;pare les terrains, l'herbe qui pousse parce qu'elle le peut. Deux hommes &#224; l'avant. Un rythme tr&#232;s rentr&#233;, o&#249; plonger. La caresse de cette surface froide et qui sale. Plong&#233;e. &#199;a remonte sur le dos, sous les bras, entre les jambes, massant le ventre creux. &#199;a br&#251;le entre la narine et la gorge, &#231;a transforme tout le cheveu qui s'&#233;tale, surface. Ensuite la sensation d'aimer le cheveu flottant, sa nouveaut&#233;. L'impossibilit&#233; dans laquelle on se retrouve de le toucher vraiment. Les yeux grands et qui peuvent, qui per&#231;ants sont d&#233;j&#224; froids. Le cuir et les pinces des pantalons, les toits de t&#244;le, la t&#244;le br&#251;lante, l'ombre, le b&#233;ton. L'herbe encore. Les abris, un drap blanc mais le drap blanc c'est apr&#232;s. On se demande pendant. Vagues. Cela sourit, le bois moisit, le sable est toujours noir. Partant venant, elle tente de gagner sur la terre pour l'atteindre. Il est l&#224; tandis qu'elle depuis des ann&#233;es se joue en m&#232;tres et condamn&#233;e &#224; un rythme. Elle l&#232;che &#224; nouveau, dans son chant la douleur. Elle dit qu'elle aurait pu le laver, qu'il aurait fallu qu'elle le lave, qu'il l'aurait souhait&#233;. Elle n'admet pas il est pr&#232;s, l&#224;, il aurait pu, quelqu'un aurait pu au moins &#231;a, lui donner &#224; l&#233;cher. Elle l'aurait port&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre un silence, peut-&#234;tre est-ce le silence, un moment de silence juste avant, quand la p&#233;rip&#233;tie s'engage et en s'engageant se compla&#238;t dans le suspens, se vautre dans le savoir qu'elle a de sa naissance, de l'in&#233;luctable exauc&#233; enfin de ce qu'elle est, qu'elle arrive et que les pupilles se dilatent, les c&#339;urs s'acc&#233;l&#232;rent, les tempes, la sueur, plus rien pour nier, pour douter, relativiser, m&#234;me l'inqui&#233;tude est pass&#233;e. C'est un silence qui n'est pas un arr&#234;t, c'est le moment o&#249; le bras tire et tend la corde de l'arc, o&#249; l'athl&#232;te plie encore plus les genoux, o&#249; le couple inspire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/10_messalina.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH391/10_messalina-fa1b5.jpg?1772193939' width='500' height='391' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Messaline morte et sa m&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Abigail Abildgaard, 1777
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ils sont sortis se sont group&#233;s, ont avanc&#233; un &#224; un ou &#224; plusieurs. Silhouettes sombres &#224; l'horizon, t&#226;ches sortant des fa&#231;ades blanches, sales, se mat&#233;rialisant lentement. Ils s'&#233;taient salu&#233;s avant, se salueraient. Ils ont pens&#233; &#224; quelque chose de normal, que ces os, normal, ce c&#339;ur normal, cette quantit&#233; de sang tr&#232;s normale et qu'un visage pareil, normal. Les enfants et les bras, tirant sur les bras, s'appuyant sur les bras, regardant ce que je ne vois pas. Ils ont jou&#233; pour lui ce qu'il aimait chez eux. L'ont &#233;t&#233; sans le vouloir mais tr&#232;s exactement comme il le savait. Assembl&#233;e. Ils ont cru, normal, que cela &#233;tait. Qu'une main frappe, qu'elle tient un objet pour frapper, qu'elle ne se contente pas d'efficacit&#233;. Les femmes se regardaient, portaient la prog&#233;niture sans lui cacher jamais les yeux. Tous voient le sol, la banalit&#233; d'un corps, d'organes, ce qu'est la vie qui s'en va. La m&#232;re ne sait pas et l'homme n'est plus un enfant. Ils ont parl&#233;, elles ont parl&#233;, la poussi&#232;re et la mer continuant leur ballet. Il y avait eu la veille la beaut&#233; le d&#233;sir. Il y avait eu un &#339;il dans lequel voir, o&#249; entendre la paix possible du corps. Les voix disent autre chose, elle disent la banalit&#233; de ce qui est des pronostics des vilains mecs. Elles n'en sont pas au cin&#233;ma, m&#234;me pas encore au d&#233;sir. Elles pensent que c'est l'argent, que c'est le deal, que c'est l'un contre l'autre et qui s'ennuie tellement. Elles pensent que le temps doit &#234;tre ponctu&#233;, qu'il faut des actions qu'elles sont n&#233;cessaires, naturelles, qu'elles ont fonction meurtri&#232;re &#224; l'&#233;gard du temps, qu'elles doivent remplir, qu'elles se manifestent pour le remplir, pour les remplir de mati&#232;re, de consistance, qu'il s'agit de maintenir la lave en fusion. Elles pensent que la main, les mains, le corps, la vie ont tous ensemble produit un n&#339;ud qui est l&#224; sous leurs yeux pour les aider, les nourrir, leur faire sentir ou voir. Elles sont tr&#232;s loin de l'&#233;v&#233;nement. Tout le monde est sorti et d&#232;s six heures parce que c'&#233;tait la vie, le matin, parce que les jambes, qu'on voit petites et nues, couraient dans les escaliers, parce qu'il y avait eu quelqu'un et qu'une autre main avait frapp&#233;, une autre encore arm&#233;e de m&#233;tal ou de bois, qu'il y avait eu un acharnement normal comme il y en a quand c'est le n&#233;ant qui vous nargue et qu'il s'agit de signaler que rien n'est pas rien, que la mis&#232;re n'est pas, que le m&#233;pris n'est pas, que la nature de combustible ne va pas &#224; l'humain et que les forces ext&#233;rieures n'ont aucune prise sur la dignit&#233; d'hommes et de femmes qui sont hommes et sont femmes et savent tr&#232;s bien ce que d'autres hommes et femmes. Maintenant amas et peut-&#234;tre des invectives aux policiers. Peut-&#234;tre des regards. Peut-&#234;tre un doute &#224; l'arriv&#233;e des grad&#233;s. Mais sans surprise puisque tout le monde savait qu'il venait l&#224; pour crever, que c'est &#224; crever de venir, de tenir ensemble le pass&#233; et les murs qui s'effritent d&#233;j&#224;, les rues, les odeurs, la friture, le cri. Aussi &#224; un instant chaque &#233;chine s'est fig&#233;e, chaque main s'est serr&#233;e terriblement sur le bras sur la chair de l'enfant, les yeux se sont crois&#233;s, certains ont compt&#233;. De quelle m&#232;re, de quelle fille, &#224; quel c&#339;ur ces os crient-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un milliard de fois. Il a dit un milliard de fois. &#199;a a &#233;t&#233; trait&#233; un milliard de fois et il y a des techniques. J'ai dit pas moi. J'ai dit moi je n'ai pas encore regard&#233;. Je n'ai pas vu. J'ai entendu Ostie, il y a longtemps que j'entends Ostie, mais je n'en avais rien fait. J'ai vu un cin&#233;aste se filmer allant &#224; Ostie et n'y trouver rien. Je n'ai pas &#233;t&#233; &#233;mue, je n'ai rien vu. Il y avait du soleil, des routes qui semblaient n'&#234;tre qu'en cercle, &#238;le ou bulle, des grillages qui coupaient, une vespa, le cin&#233;aste, son casque. Le subterfuge d&#233;sarroi. Je me suis un peu ennuy&#233;e &#224; le voir tourner comme &#231;a, pour finir syst&#233;matiquement &#224; Rome. Il avait gagn&#233;. Il avait gagn&#233; parce qu'il a ajout&#233; ainsi sa vespa et son humour &#224; mon souvenir d'Ostie m&#234;me si Ostie fut pour moi les ruines d'un endroit que j'ai compris bien plus tard, et m&#234;me en port, comme &#233;tant l&#224;, vieux. Ostie que je n'ai compris qu'en rentrant et dont je ne savais pas, ne pouvais pas savoir qu'elle avait &#233;t&#233;, cette ville, autre chose que des ruines et th&#233;&#226;tre d'un bouleversement. Nous &#233;tions jeunes alors, et ignares, splendides comme la nu&#233;e des habitants du quartier sortis pour voir le cadavre d'homme sur le sol d&#233;figur&#233;, les os, le c&#339;ur et les testicules explos&#233;s sans savoir de qui il s'agissait, sans pouvoir s'&#233;mouvoir pour le qui tant le comment. C'est en y pensant, &#224; ce rapport entre qui et comment. Alors peut &#234;tre d&#233;j&#224; mille fois, et s&#251;rement d'ailleurs, et il le faut. Ces espaces qui retiennent nos regards, qu'on se r&#233;p&#232;te, qu'on se susurre, qu'on se passe de main en oreille et qui ne disent plus rien, nous marchands sales de temples maudits. Quand Pier Paolo Pasolini est mort, et puis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/palestra-ec9fa.jpg?1772193939' width='500' height='667' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Palestra d'Herculanum, quatri&#232;me style
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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