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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Les Elles du Desir</title>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avec Colette Debl&#233; les cycles font un &#233;cart et les vieux &#233;vangiles ne se ferment plus en cercle. La cha&#238;ne de la gen&#232;se est emport&#233;e dans la turbulence. R&#233;soudre une &#233;nigme se serait &#234;tre Oedipe ou le meurtre ou le manque. Alors il convient de rompre les visions l&#233;gendaires - entendez enfantines - il convient de transporter l'air au dessous de la mer l&#224; o&#249; les th&#233;ories ne disent rien qui vaille.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/les_elles_du_desir-653b0.jpg?1783201143' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec Colette Debl&#233; les cycles font un &#233;cart et les vieux &#233;vangiles ne se ferment plus en cercle. La cha&#238;ne de la gen&#232;se est emport&#233;e dans la turbulence. R&#233;soudre une &#233;nigme ce serait &#234;tre Oedipe ou le meurtre ou le manque. Alors il convient de rompre les visions l&#233;gendaires - entendez enfantines - il convient de transporter l'air au dessous de la mer l&#224; o&#249; les th&#233;ories ne disent rien qui vaille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;ros d&#233;borde sur les deux Am&#233;riques br&#251;lant devant les eaux du Gulf Stream qui se tord de plaisir. Il n'y a rien que des standards de jazz &#224; se r&#233;pandre au milieu des vapeurs d'alcool. La mouche d'Or tel un corps durable creuse son nid dans l'interstice d'une g&#233;mellit&#233;. La hi&#233;rarchie des sexes n'est plus fonction de la peur, elle ne collectionne, ne capitalise plus les exploits, elle ne d&#233;truit plus tout ce qu'elle touche. Seule l'absence de d&#233;sir engraisse nos terreurs mais le plaisir en deux engendrent de nouvelles foudres. On franchit une fracture, on recoud une f&#234;lure.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'artiste n'a cess&#233; de cr&#233;er des images o&#249; les &#171; faces oppos&#233;es des choses &#187; coexistent et o&#249; le f&#233;minin prend toute sa dimension et son accomplissement dans une enqu&#234;te fil&#233;e tout au long de l'histoire de l'art, &#224; la recherche des images de la femme. Plus de deux mille lavis, dessins et peintures constituent une sorte d'essai plastique sur la repr&#233;sentation des femmes dans l'histoire de l'art. Ce projet, l'artiste l'a clairement d&#233;fini : &#171; A-t-on jamais tent&#233; d'explorer par des seuls moyens plastiques l'histoire de l'art ou l'un de ses aspects, comme le font l'historien et l'essayiste &#224; l'aide de l'&#233;criture. Mon projet est de tenter, &#224; travers une infinit&#233; de dessins, de reprendre les diverses repr&#233;sentations de la femme depuis la pr&#233;histoire jusqu'&#224; nos jours afin de r&#233;aliser une analyse visuelle des diverses postures, situations, mises en sc&#232;ne. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'art singulier de Colette Debl&#233;, c'est en m&#234;me temps comme une synth&#232;se de l'histoire de l'art qui nous saute aux yeux. Le lavis est la technique essentielle que Colette Debl&#233; a choisi pour appr&#233;hender la femme et pour la pr&#233;senter. Mais toutes les nuances de ses lavis ne pouvaient pas &#234;tre respect&#233;es avec nos m&#233;thodes artisanales d'impression et Colette Debl&#233; a accept&#233; des interpr&#233;tations de ses &#339;uvres originales, des transpositions de ses lavis, et elle nous a accord&#233; une grande libert&#233; pour le choix des couleurs de ses silhouettes pour les livres courants.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'artiste de pr&#233;ciser : &#171; Je peins parce que je ne sais pas parler. Je peins pour &#234;tre l&#224; quand je ne serais plus l&#224;. Et la bonne conscience de mon plaisir de peindre. Je peins parce que j'ai besoin de peindre, c'est ma respiration. Je peins comme une pouss&#233;e v&#233;g&#233;tale. Avec la m&#234;me n&#233;cessit&#233; qu'une rhubarbe pousse ses feuilles. C'est ma vie, la vie. Lavis &#187;. Chaque &#339;uvre saisit une attitude, une posture, un simple geste d'une femme appartenant &#224; une sc&#232;ne peinte, sculpt&#233;e ou photographi&#233;e provenant de n'importe quelle &#233;poque. &#201;merge donc toujours un personnage f&#233;minin pr&#233;lev&#233; par l'artiste de la configuration d'origine, de son sanctuaire premier. Mais la re-pr&#233;sentation qu'elle en donne ignore le contexte tout en conservant se trace fantomatique. Des &#171; idoles l&#233;g&#232;res &#187;, comme les d&#233;finit Jean-Paul Goux, arrach&#233;es aux carri&#232;res antiques, montent vers des plafonds c&#233;lestes ou vers des &#238;les o&#249; le vent souffle o&#249; il veut.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La femme est donc d&#233;esse mais &#224; la religion des plus pa&#239;ennes. Et l'artiste en est la pr&#234;tresse lib&#233;ratrice et gorgeant les cl&#233;s de vo&#251;tes de leurs nouvelles cath&#233;drales aux ogives parfois ouvertement &#233;rotiques. Condensation et d&#233;placement, brutalit&#233; d'un d&#233;sir f&#233;minin, f&#233;minisation de la sexualit&#233; qui du phallus passe &#224; la cascade, Colette Debl&#233; cr&#233;e une pluie, un ruissellement dont le cercle ne cesse de s'agrandir. On est dedans sans y &#234;tre, mais on esp&#232;re ne pas en &#234;tre exclu et ce depuis une sc&#232;ne primitive o&#249; immanquablement l'artiste finira par nous faire remonter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colette Debl&#233; d&#233;membre ainsi certains r&#234;ves de jouissance pour mieux en remonter d'autres. Quelque chose communique avec tout. Le sexe f&#233;minin soudain est non seulement &#224; mais notre image. Nous sommes (nous les m&#226;les) son reste qui se consume : une &#233;vanescence &#224; peine visible qui se d&#233;sagr&#232;ge en tant que promesse si souvent non ou mal tenue. Les unes de nues, les voil&#233;es ou les d&#233;v&#234;tues par nu&#233;es parviennent malgr&#233; tout &#224; mod&#233;rer le froid de l'hiver sur les &#238;les de leurs corps telles que Colette Debl&#233; les a r&#233;invent&#233;es ainsi que le centre de l'amour. Certes il ne co&#239;ncide pas toujours avec le centre de la vie. Mais avec les femmes de Debl&#233; et ses &#171; anc&#234;tres &#187; toujours.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si ce n'est pas son objectif premier, elle nous permet de savourer jusque dans l'&#233;cart la substance m&#234;me de l'intimit&#233; ut&#233;rine. Car ici est le lieu et la r&#233;alit&#233;, l'identit&#233; supr&#234;me, la nuit d'&#233;t&#233;. Les figures f&#233;minines de l'artiste harc&#232;lent donc l'origine jusqu'o&#249; elle ne sera plus, o&#249; nous serons enfin. Arrachant &#224; la barbarie iconographique et &#171; male-igne &#187; des si&#232;cles pass&#233;s ses figurines, Colette Debl&#233; corrige le un avec le deux. Elle soigne le fruit plus que le tronc. Elle ne loge pas l'air dans la racine, mais sur la fleur. Le sexe masculin glisse ainsi &#224; l'oubli, s'ampute de lui-m&#234;me car il fut toujours peu prolixe sinon de sa d&#233;it&#233; autoprogramm&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; Jeux de dames &#187;, Colette Debl&#233; Exposition,&lt;br class='autobr' /&gt;
Archipel Butor, &lt;br class='autobr' /&gt;
20 juin au 23 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27527 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1-1b.jpg' width=&#034;212&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>D'un livre, l'autre : l'Incompossible</title>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tandis que je me trouvais &#224; mon bureau, pench&#233; sur mon &#233;cran, entour&#233; de mes livres, j'avais la sensation singuli&#232;re que ma fille, son espi&#232;gle et bienveillant petit fant&#244;me, se tenait derri&#232;re moi, &#233;piant par-dessus mon &#233;paule ce que j'&#233;tais en train d'&#233;crire et, avec moi, s'enchantant de la vieille histoire que si souvent nous avions racont&#233;e ensemble. Comme si, ayant maintenant chang&#233; de r&#244;le, pareille &#224; Peter, flottant dans le vide, de l'autre c&#244;t&#233; d'une immat&#233;rielle fen&#234;tre ferm&#233;e derri&#232;re laquelle je n'aurais pas pu la rejoindre (Philippe Forest).&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/miniture_article_1.jpg-3704494134-831ab.webp?1783201143' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tandis que je me trouvais &#224; mon bureau, pench&#233; sur mon &#233;cran, entour&#233; de mes livres, j'avais la sensation singuli&#232;re que ma fille, son espi&#232;gle et bienveillant petit fant&#244;me, se tenait derri&#232;re moi, &#233;piant par-dessus mon &#233;paule ce que j'&#233;tais en train d'&#233;crire et, avec moi, s'enchantant de la vieille histoire que si souvent nous avions racont&#233;e ensemble. Comme si, ayant maintenant chang&#233; de r&#244;le, pareille &#224; Peter, flottant dans le vide, de l'autre c&#244;t&#233; d'une immat&#233;rielle fen&#234;tre ferm&#233;e derri&#232;re laquelle je n'aurais pas pu la rejoindre (Philippe Forest).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au livre qu'il a autrefois &#233;crit - le superbe et douloureux &#171; L'enfant &#233;ternel &#187; - Philippe Forest avait donn&#233; pour titre le d&#233;but de la premi&#232;re phrase du roman de Barrie (premi&#232;re version &#233;crite de Peter Pan : &#171; Tous les enfants, sauf un &#187;. &#192; celui qu'il publie aujourd'hui, il donne pour titre la fin de sa derni&#232;re phrase &#187; : Gais, innocents et sans c&#339;ur. Ces deux livres se r&#233;unissent et se rejoignent enfin dans les deux bouts de la cha&#238;ne et les deux bouts d'une fable et d'une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fable de Peter Pan a contenu la sienne - la vraie, m&#234;me si son nouveau roman disparait au sein de la l&#233;gendaire fiction de J.M. Barrie, auteur de Peter Pan. Et Forest de pr&#233;ciser : &#171; L'histoire se termine. Elle recommence aussi. La derni&#232;re phrase formule la promesse que tiendra la premi&#232;re lorsqu'il se trouvera quelqu'un pour reprendre le roman et pour le rouvrir &#224; la page par laquelle il d&#233;butait. &#187; Et pour le romancier le propre des contes est que jamais ils ne se terminent que pour recommencer aussit&#244;t. Ceux qui les racontent ou qui les &#233;coutent ont disparu depuis longtemps, personne ne se souvient plus d'eux ni de ce que fut leur vie, mais, myst&#233;rieusement, ils leur survivent. Ils scintillent dans le soir comme la F&#233;e Clochette de Peter Pan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Barrie avait &#233;crit que les enfants sont &#171; sans c&#339;ur &#187;, pour Forest ils parlent de la cruelle et triste loi du Temps. L'existence reste un &#171; sauve qui peut ! &#187; o&#249; tous les coups sont permis, surtout si l'on pense au Capitaine Crochet. Certes le monde n'est qu'un meurtrier man&#232;ge dont la roue d&#233;p&#234;che vers le rien mais selon l'auteur ceux qui s'abandonnent &#224; son abominable vertige, y ont pris leur passager plaisir. Ce n'est la faute de personne. Nul n'est coupable. Chacun, innocent, jouit ainsi, bravement, gaiement, du r&#233;pit que lui accorde le crocodile dont le ventre, monotone et imperturbable m&#233;tronome, &#233;nonce le verdict &#224; l'ex&#233;cution duquel l'existence ne sursoit jamais tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les histoires n'aient jamais de fin, c'est ce que dit Barrie et Forest le croit (un peu) m&#234;me si, bien s&#251;r, il en va autrement de la vie, sans rien nous faire oublier de son am&#232;re le&#231;on. Elles nous consolent un peu du terrible tour que lui donne le Temps. La loi veut que les enfants grandissent, qu'ils vieillissent et qu'ils meurent. Wendy s'en souvient quand Peter l'oublie. Mais lui, n'a qu'une id&#233;e en t&#234;te. Il veut jouer encore et toujours aux jeux qui lui plaisent, profiter sans peine de l'&#233;ternel recommencement de la vie, s'enchanter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, c'&#233;tait le souhait de Philippe Forest lorsqu'il racontait Peter Pan &#224; sa fille. &#171; Nous nous plaisions des m&#234;mes choses sur lesquelles, parfois, nous versions les m&#234;mes larmes. Nous les d&#233;couvrions, nous les retrouvions. Et nul, pas m&#234;me nous, n'aurait pu dire quel sens avait le sourire que l'on voyait &#224; nos deux visages, si nous faisions seulement semblant d'&#234;tre gais ou alors simplement semblant d'&#234;tre tristes &#187;, &#233;crit Forest. Preuve que son nouveau roman fait avec le premier le joint parfait &#8211; enfin si l'on peut dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que Forest nous touche une fois de plus, en acm&#233; : &#171; Tandis que je me trouvais &#224; mon bureau, pench&#233; sur mon &#233;cran, entour&#233; de mes livres, j'avais la sensation singuli&#232;re que ma fille, son espi&#232;gle et bienveillant petit fant&#244;me, se tenait derri&#232;re moi, &#233;piant par-dessus mon &#233;paule ce que j'&#233;tais en train d'&#233;crire et, avec moi, s'enchantant de la vieille histoire que si souvent nous avions racont&#233;e ensemble. &#187; En fait Peter Pan est un astre et comme le romancier nous nous nourrissons de lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Forest, &#171; Gais, innocents et sans c&#339;ur&#034;. &#192; propos de Peter Pan &#187;, &lt;br class='autobr' /&gt;
coll. Blanche, Gallimard, 2026, 160 p., 18 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1-38.jpg' width=&#034;228&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'outre voir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>photographie contemporaine</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>Eros</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C&#233;cilia Jauniau s'attache &#224; des individus, &#224; des personnalit&#233;s. Elle a &#233;tudi&#233; la peinture et les arts plastiques &#224; l'Universit&#233; Paris 8 puis au Queen's College de New York. Elle y a d&#233;couvert la photographie et plus particuli&#232;rement le portrait et le nu f&#233;minin.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Eros" rel="tag"&gt;Eros&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L148xH150/cecilaj-81f7d.jpg?1780165489' class='spip_logo spip_logo_right' width='148' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C&#233;cilia Jauniau s'attache &#224; des individus, &#224; des personnalit&#233;s. Elle a &#233;tudi&#233; la peinture et les arts plastiques &#224; l'Universit&#233; Paris 8 puis au Queen's College de New York. Elle y a d&#233;couvert la photographie et plus particuli&#232;rement le portrait et le nu f&#233;minin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but se sa carri&#232;re, s'appuyant sur des images chin&#233;es, C&#233;cilia Jauniau recherchait des visages durs et s&#233;v&#232;res afin d'y discerner les femmes qui se cachaient derri&#232;re. Leur retenue avait trait &#224; leur histoire personnelle et familiale. Ces femmes &#233;taient montr&#233;es corset&#233;es mais - et cons&#233;quence - tout autant d&#233;shabill&#233;es. Il s'agissait de d&#233;senclaver celles qui &#233;taient prisonni&#232;res de l'enfer de leur propre repr&#233;sentation. &#171; Les lib&#233;rer passe par le d&#233;sir, l'envie de suivre leur instinct. Elles sont prises en tenaille par la soci&#233;t&#233; et les convenances, j'ai envie de les d&#233;brider &#187; &#233;crivait l'artiste. Le nu lui a ouvert un nouveau champ. Il lib&#232;re moins l'image qu'une &#171; parole &#187; murmur&#233;e ou muette. Le corps y reprend ce qui lui a &#233;t&#233; confisqu&#233;. Il peut assumer ses d&#233;sirs. En ce sens C&#233;cilia Jauniau reste passionn&#233;e par les corps morcel&#233;s de Bellmer, le f&#233;tichisme de Molinier, la puissance figurale de Nan Goldin et la crudit&#233; d'un Saudek et ses corps de femmes abandonn&#233;s, crus, d&#233;goulinants, fa&#231;onn&#233;s, pervers. &#171; Ce sont des d&#233;monstrations presque monstrueuses &#187; proclame l'artiste. Elle a d&#233;couvert l&#224; le grand chemin de sa recherche. Ne choisissant jamais des mod&#232;les professionnels, elle trouve ses femmes par annonces puis elles discutent longuement. Comme l'&#233;crit l'artiste, &#171; elles rel&#232;vent un d&#233;fi la plupart du temps. Leur d&#233;marche est li&#233;e &#224; leur histoire personnelle. Ce passage &#224; l'acte, cette mise &#224; nu est quasi th&#233;rapeutique. Elles ressentent le besoin de s'affirmer pour maintes et maintes raisons, comme une rupture familiale, une culture trop oppressante. Leur geste va contre leur &#233;ducation o&#249; les brimades qu'elles ont pu subir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Place Dauphine &#187;, C&#233;cilia Jauniau garde l'art de pratiquer des raisons subliminales. Ses photos influencent la vision des voyeurs (et voyeuses) voire leurs songes naissants dans ses jeux non du hasard mais du r&#233;el (parfois l&#233;g&#232;rement caviard&#233;). &#192; sa mani&#232;re elle r&#233;invente un chant de Maldoror l&#224; o&#249; la pens&#233;e d'autrui veut s'infiltrer dans son sexe ouvert ou &#171; &#233;pingl&#233; &#187;. La photographe par ses propres mises en sc&#232;ne, collages et sensations, d&#233;couvre l&#224; o&#249; g&#233;n&#233;ralement reste du manque d'&#234;tre son intimit&#233;. Existe l&#224; forc&#233;ment un chapelet de d&#233;sirs parfois agraf&#233;s dans un impensable dont il faut aimer le r&#234;ve de l'impudeur et de sa &#171; fatale &#187; beaut&#233;. Il s'agit toujours de regarder le sexe en face dont son honneur peut &#234;tre parfois ouvert entre deux chaises. Il n'existe pas pour lui de mauvais profil. Celui-ci est toujours bon dans son long sillage. Et nous faisons bien des culbutes &#224; travers ce miroir qui ne joue que tr&#232;s rarement avec son ombre. Et quoique marqu&#233;, le rose ne subit jamais d'ecchymoses. Nous sommes pleins de cette vision o&#249; certains ou certaines pensent que leur cerveau prend l'eau. Et ce sexe parfois aussi. C'est un origami crochet&#233; ou qui s'envole. Pour Cecilia Jauniau son sexe est plus que sa dauphine, sa muse et ranime nos flammes qui d&#233;bordent de sa propre salive du fond de sa galerie. Tout reste fascinant, non sans humour discret, v&#233;riste. C'est l'&#233;loge du secret. &#201;ric le souligne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/cecila.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH637/cecila-45ede.jpg?1778056456' width='500' height='637' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;C&#233;cilia Jauniau et Eric, &#171; Place Dauphine &#187;, non pagin&#233;, &#224; commander &#224; La Musardine (Paris) ou sur son facebook et Instagram.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Toilettes intime</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Toilettes-intime</link>
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		<dc:date>2026-05-30T18:12:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>photographie contemporaine</dc:subject>
		<dc:subject>Eros</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La photographie &#233;rotique peut aborder le &#171; charme &#187; de bien des mani&#232;res mais ici, elle part du corps, des manques de l'&#234;tre, de ces trous b&#233;ants o&#249; circulent les &#233;motions que sa simple &#171; enveloppe &#187; ne peut contenir.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH117/mok_1-a7234.jpg?1780165489' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La photographie &#233;rotique peut aborder le &#171; charme &#187; de bien des mani&#232;res mais ici, elle part du corps, des manques de l'&#234;tre, de ces trous b&#233;ants o&#249; circulent les &#233;motions que sa simple &#171; enveloppe &#187; ne peut contenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vivienne Mok fabrique des mondes non seulement avec la nudit&#233; mais avec ce qui lui manque : ses belles toilettes &#8211; dessus chics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette part ne fait pas d&#233;faut, bien au contraire. Le textile ne fait pas tache dans de telles existences f&#233;minines ou masculines. &#202;tre v&#234;tu, c'est s'accepter, accepter la photographie qui devient la part des jours et des nuits. Le seuil de chaque prise glisse entre le corps et la fluidit&#233; de ses habits. Existe un combat entre la r&#233;alit&#233; pure du corps et son v&#234;tement qui fait de chaque &#234;tre une fleur. Le &#171; vierge &#187; se transforme en vif car le textile en donne un autre charme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas le fruit accueilli de la peau mais de la suggestion par des sensations voil&#233;es puisque le nu est soumis - et heureux - &#224; la mati&#232;re qui lui r&#233;siste. &#202;tre habill&#233; (enfin presque) n'&#233;nonce en rien une d&#233;faite mais un plaisir de et par la beaut&#233; des mises en sc&#232;ne de Vivienne Mok.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;il la remercie en un constat &#233;loign&#233; du d&#233;cevant. La photographe recommence le jeu du charme men&#233; vers la po&#233;sie. Ici, elle ne cherche pas les offrandes du ventre. Par ses dessus chics, le corps s'&#233;chappe d&#233;j&#224;. Il &#233;chappe &#224; ce qui &#233;tait et trouve l&#224; des passerelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est merveilleux par bien des effets d'interstices et de pans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fissure est entre-l&#226;ch&#233;e en plein jour. Mais va pour la m&#233;lancolie. Alors remercions la photographe suissesse charg&#233;e d'&#233;nergie et de visions non cloisonn&#233;es. C'est beau, c'est un beau moment, c'est une photographie riche. Bref chez elle tout est beau - comment peut-on le dire autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, on aime cette &#339;uvre car elle est silencieuse en de telles d&#233;clarations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste travaille sur le r&#233;el dans la d&#233;pense du textile qui perturbe et focalise une vue non seulement sur le corps. Il y a l&#224; une pr&#233;sence tierce non sans buter sur elle mais pour submerger l'&#233;motion. Le v&#234;tement rassure, prot&#232;ge, enveloppe, attise vers une nouvelle perte de vue ou d'errance. Le textile d&#233;borde le corps comme un enfant qui cherche en celui-ci ce qu'il va trouver. Cela fait une image centr&#233;e vers le dehors o&#249; est ceint un dedans. D'un c&#244;t&#233;, l'habit, c'est la vue. De l'autre, le corps. La vue ne vient qu'apr&#232;s. Et se projette, s'&#233;gare : quelle n&#233;cessit&#233; et quelle joie, dans cette pr&#233;sence duale o&#249; le nouveau charme na&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/mok.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH739/mok-58c40.jpg?1778056960' width='500' height='739' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Vivienne Mok, &lt;a href=&#034;https://viviennemok.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://viviennemok.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#339;uvre et son syndrome</title>
		<link>https://www.tk-21.com/L-oeuvre-et-son-syndrome</link>
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		<dc:date>2026-05-03T18:04:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sans le savoir (ou presque) James-Matthew Barrie a cr&#233;&#233; par Peter Pan non seulement un mythe mais un syndrome. Il fut d'ailleurs victime de son personnage. Le fils pr&#233;f&#233;r&#233; de sa m&#232;re (David) qui avait &#224; peu pr&#232;s le double de son &#226;ge (13 ans), mourut lorsque le futur auteur n'avait pas encore sept ans. Il essaya de le remplacer dans le c&#339;ur de sa m&#232;re, allant jusqu'&#224; s'habiller avec les v&#234;tements du d&#233;funt pour s'identifier &#224; lui.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/jpgp_peter_pan-0ccbc.jpg?1777833663' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sans le savoir &#8212; ou presque &#8212; James-Matthew Barrie a cr&#233;&#233; par Peter Pan non seulement un mythe mais un syndrome. Il fut d'ailleurs victime de son personnage. Le fils pr&#233;f&#233;r&#233; de sa m&#232;re, David, qui avait &#224; peu pr&#232;s le double de son &#226;ge &#8212; 13 ans &#8212; mourut lorsque le futur auteur n'avait pas encore sept ans. Il essaya de le remplacer dans le c&#339;ur de sa m&#232;re, allant jusqu'&#224; s'habiller avec les v&#234;tements du d&#233;funt pour s'identifier &#224; lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enfance de J. M. Barrie est marqu&#233;e par ce drame, et le petit James se construit sur une f&#234;lure. Toute sa vie, il essaye d'emporter l'amour de sa m&#232;re, mais n'y parvient jamais tout &#224; fait. Il se donne mission de consoler sa m&#232;re de cette perte, et son besoin d'&#233;crire provient tr&#232;s probablement d'une volont&#233; de r&#233;cr&#233;er le monde en niant le drame. Le th&#232;me de la jeunesse &#233;ternelle est r&#233;current dans son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. Barrie &#233;tait un homme menu et fluet, de petite taille. On a parfois soulign&#233; sa d&#233;marche quasi-enfantine &#8212; tel son h&#233;ros Peter qui ne veut pas grandir. On suppose, sans la moindre preuve, que ce personnage atypique &#233;tait androgyne et que ce fut l'une des raisons de son divorce. Le personnage de Peter Pan appara&#238;t pour la premi&#232;re fois dans un roman fantaisiste intitul&#233; &lt;i&gt;&#171; Le petit oiseau blanc &#187;.&lt;/i&gt; J. M. Barrie d&#233;veloppe le personnage de Peter pour cr&#233;er la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &#171; Peter Pan, ou le gar&#231;on qui ne voulait pas grandir &#187;, et sa carri&#232;re n'eut plus d'interruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel h&#233;ros est caract&#233;ris&#233; par le refus persistant de quitter l'enfance &#8212; on en trouve plus tard chez le &lt;i&gt;Roi de la Pop&lt;/i&gt; Michael Jackson une illustration saisissante. Il pr&#233;senta d&#232;s son plus jeune &#226;ge des signes distinctifs de cette pathologie. Elle marquera profond&#233;ment sa vie personnelle et professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme chez Michael Jackson, dans la vie de J. M. Barrie, les racines de ce syndrome remontent &#224; sa structure familiale particuli&#232;re et aux conditions de son d&#233;veloppement pr&#233;coce dans une fratrie de dix enfants o&#249; s'installent des dynamiques dysfonctionnelles. L'enfant devrait normalement construire son identit&#233; &#224; travers des interactions sociales &#233;quilibr&#233;es mais de fait, il ne les trouva que plus tard dans ses &#233;tudes et sa vie &#224; Londres en tant que dramaturge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Peter Pan &#233;chappe &#224; son cr&#233;ateur. Il n'a rien d'un &#171; Bambi &#187;, ignore sa fragilit&#233; en conduisant ses proches vers une certaine maturit&#233;. Son histoire et son mythe nous ram&#232;nent au monde des contes de f&#233;es, de l'attraction naturelle vers le monde de l'enfance et sa capacit&#233; &#224; &#233;tablir des relations privil&#233;gi&#233;es avec les jeunes, voire avec des adultes, en acceptant le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun peut y voir, &#224; tort ou &#224; raison, une identification profonde &#224; l'enfance comme refuge psychologique. Mais reste &#224; savoir si Peter Pan se per&#231;oit lui-m&#234;me comme un enfant et trouve naturel de partager leur univers ? De fait, loin d'un stress &#233;motionnel, il subsume les adultes et leur pouvoir. Avec ses compagnons (et certes avec une conjonction magique et f&#233;tiche), il r&#233;pond aux incompr&#233;hensions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'existe donc pas dans cette f&#233;erie la phobie du monde adulte et de ses responsabilit&#233;s. Les adultes autoritaires n'incarnent plus des mod&#232;les masculins matures, mais face &#224; eux Peter Pan est rassurant, escogriffe, aventurier. De fait, Peter Pan joue le r&#244;le de figure parentale alternative qui gomme toute carence relationnelle. Un tel h&#233;ros est l'as de performance face aux pirates. Et apr&#232;s tout il devient une th&#233;rapie et une sublimation litt&#233;raire du syndrome dont il h&#233;rita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. Barrie exprime, &#224; travers lui et son &#339;uvre, une conqu&#234;te d'expression &#233;motionnelle et des moments cr&#233;atifs o&#249; il acc&#233;da &#224; un accomplissement. Par le succ&#232;s de son h&#233;ros, il est sans doute sorti de sch&#233;mas psychologiques &#233;tablis dans l'enfance. Il a r&#233;alis&#233; une reconstruction contre le refus persistant de la maturit&#233; &#233;motionnelle et contre l'&#233;vitement des responsabilit&#233;s adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, exit dans les attitudes des enfants de son histoire la conservation de traits comportementaux infantiles et la recherche de protection dans l'univers de l'enfance. Sans troubles anxieux li&#233;s &#224; la perspective de grandir. Au contraire. Preuve que l'univers de Peter Pan reste une &#339;uvre ouverte et &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_27131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/19-12.jpg' width=&#034;188&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;James Matthew Barrie, &#171; Peter Pan &#187;, &#201;dition de Cornelius Crowley, Jean-Michel D&#233;prats et Philippe Forest, Collection &#171; Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade &#187; (n&#176;684), Gallimard, 2026, 1168 p., 67 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La le&#231;on du langage</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-lecon-du-langage</link>
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		<dc:date>2026-05-03T18:03:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans les &#171; Histoires de Samora M&#226;chel &#187;, il ne s'agit pas de saccage ni de destruction, mais d'un retour dans une forme d'exaltation et d'une paradoxale r&#233;surrection. D'autant que Pierre Guyotat &#233;tait habit&#233; par l'Histoire, celle des soci&#233;t&#233;s et des corps, comme par celle de la langue. &lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/jpgp_guyotat-24e71.jpg?1777833663' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les &#171; Histoires de Samora M&#226;chel &#187;, il ne s'agit pas de saccage ni de destruction, mais d'un retour dans une forme d'exaltation et d'une paradoxale r&#233;surrection. D'autant que Pierre Guyotat &#233;tait habit&#233; par l'Histoire, celle des soci&#233;t&#233;s et des corps, comme par celle de la langue. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La lecture publique qu'il fit de ce livre fut une &#233;preuve. Il la vivait comme telle, mais aussi comme un accomplissement d'une teste au rythme &#233;trange, inou&#239; non sans une extraordinaire douceur. Tous ceux qui l'ont entendu lire le savent, c'&#233;tait comme une exp&#233;rience de transsubstantiation : des sc&#232;nes de bordel chant&#233;es avec la tendresse murmur&#233;e d'une berceuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crit ou vocalis&#233; le livre est la &#171; poche de rythmes &#187; l&#224; l'id&#233;e y est d'abord. Son rythme est li&#233; au souffle, au battement du c&#339;ur, &#224; la vision sociale et organique qu'il avait de la langue. Elle &#233;tait pour lui vivante, travaill&#233;e par ses origines mais la transformation de la langue &#233;tait en plus un acte politique pour la rendre plus vive m&#234;me si, surtout, un c&#339;ur bat : celui de l'humanit&#233; avec ses contradictions, sa violence et sa tendresse dans le frottement des extr&#234;mes l&#224; &#171; l'ordure et la m&#233;taphysique &#187; qui fait chanter la langue. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humain est ici sauvage, violent et saisissant de nos soci&#233;t&#233;s. Ici le &#171; prostitutionnel &#187; &#8212; &#224; savoir le personnage omnipr&#233;sent &#8212; est celui du &#171; putain &#187; qui ne veut pas qu'on l'abandonne &#224; un autre &#233;tat sans pour autant se faire consoler. Et ce l&#224; o&#249; ces &#171; Histoires &#187; tiennent le monde qu'elles repr&#233;sentent pour celui qui ne terrifierait que s'il &#233;tait r&#233;el. Or il n'y a rien de plus r&#233;el, ni de plus naturel que le monde que Guyotat montre par une langue et non de leurs &#171; effets &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre les &#233;diteurs des &#171; Histoires de Samora M&#226;chel &#187; offrent quelques cl&#233;s. Par exemple les r&#232;gles dites de la &#171; bab&#233;lisation &#187;, concernant les lettres &#171; a &#187;, &#171; e &#187;, &#171; u &#187;, &#171; i &#187;. Mais ils expliquent encore comment dire &#224; la place de &#171; cinq &#187; &#171; &#231;anq &#187;, et &#171; vingt &#187; &#171; vangt &#187;. Dans ce texte les lettres ne disparaissent pas : elles se m&#233;tamorphosent, pour ralentir, acc&#233;l&#233;rer, muscler le texte et lui offrir du &#171; Change &#187; comme l'appelait Jean-Claude Montel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas limiter cette langue o&#249; l'oralit&#233; r&#232;gnerait en ma&#238;tre. Tout est &#171; bien &#187; &#233;crit certes mal, mais pour exprimer mieux et sans jamais pour l'auteur de se faire complice d'une illusion ou participer &#224; un fantasme. Guyotat &#233;crit son langage en et avec lui, voire &#224; sa place mais pour le signer en m&#234;me temps que lui. Et surtout existe ici &#8212; comme dans &#171; Prog&#233;nitures &#187; ou &#171; Joyeux animaux de la mis&#232;re &#187; &#224; une &#171; le&#231;on sur la langue fran&#231;aise &#187; pour reprendre le titre que Guyotat avait donn&#233; &#224; ses cours &#224; l'universit&#233; de Paris VIII Saint-Denis,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_27129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/17-14.jpg' width=&#034;244&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pierre Guyotat, Histoires de Samora M&#226;chel, Gallimard, Hors-s&#233;rie Litt&#233;rature, 2026, 710 p., 28 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Magie du temps presque arr&#234;t&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les photographies qui ont le plus &#233;mu Vasapolli sont celles de Robert Capa &#224; Omaha Beach le 6 juin 1944. Pour le photographe italien ces images survivantes &#8212; floues, chaotiques &#8212; transmettent la terreur et l'humanit&#233; de ce moment avec une intensit&#233; incomparable. Il a toujours admir&#233; le courage de Capa : il se tenait dans l'eau, sous le feu, pour montrer ce que le monde ne pouvait voir.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/vasapolli-81444.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les photographies qui ont le plus &#233;mu Alessandro Vasapolli sont celles de Robert Capa &#224; Omaha Beach le 6 juin 1944. Pour le photographe italien ces images survivantes &#8212; floues, chaotiques &#8212; transmettent la terreur et l'humanit&#233; de ce moment avec une intensit&#233; incomparable. Il a toujours admir&#233; le courage de Capa : il se tenait dans l'eau, sous le feu, pour montrer ce que le monde ne pouvait voir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les portraits d'Alessandro Vasapolli, le sujet n'est jamais donn&#233; frontalement ; il advient dans une vibration, une diffraction, une tension chromatique. Ce qui frappe d'abord, c'est la mat&#233;rialit&#233; de ses photographies. Il ne d&#233;l&#232;gue rien au hasard ni aux automatismes num&#233;riques. Il con&#231;oit ses propres filtres, &#233;labore des syst&#232;mes chromatiques sp&#233;cifiques, contr&#244;le le tirage comme un laboratoire intime.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce refus de la post-production corrective n'est pas un purisme : c'est une position th&#233;orique. L'image doit na&#238;tre de la lumi&#232;re elle-m&#234;me, et non d'un artifice ult&#233;rieur. Elle est le r&#233;sultat d'un dispositif pens&#233;, presque architectural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines s&#233;ries, le mouvement &#8212; notamment celui du corps &#8212; devient un terrain d'analyse du temps. La figure ne danse pas pour &#234;tre repr&#233;sent&#233;e ; elle sert &#224; d&#233;composer l'espace, &#224; fragmenter la continuit&#233; visuelle. Ailleurs, les silhouettes f&#233;minines apparaissent comme des pr&#233;sences &#224; la fois r&#233;v&#233;l&#233;es et soustraites : le regard cherche un visage, une identit&#233;, mais se heurte &#224; une forme d'&#233;clipse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque est constitutif de l'&#339;uvre. Il oblige le spectateur &#224; compl&#233;ter, &#224; projeter, &#224; douter. En ce sens, Vasapolli appartient &#224; cette g&#233;n&#233;ration d'artistes qui consid&#232;rent la photographie comme un m&#233;dium conceptuel sans renoncer &#224; sa sensualit&#233;. La couleur, chez lui, n'est jamais illustrative : elle agit comme une &#233;nergie. Elle perturbe la lecture imm&#233;diate, introduit un trouble, parfois une forme de vertige optique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrir Alessandro Vasapolli, c'est accepter de ralentir. C'est consentir &#224; ce que l'image r&#233;siste. Et dans cette r&#233;sistance m&#234;me, quelque chose se r&#233;v&#232;le : une photographie qui ne montre pas le monde, mais qui nous apprend &#224; le percevoir autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ses souvenirs d'enfance les plus vifs provient des films Super 8 de son p&#232;re. Jeune, il avait voyag&#233; avec ses parents dans certains des endroits les plus recul&#233;s et aventureux, immortalisant tout avec une petite cam&#233;ra. Certains soirs, quand il &#233;tait enfant, il sortait le projecteur et projetait ces films sur un grand drap blanc. Il &#233;tait fascin&#233; par tout le rituel : le bruit des bobines, le l&#233;ger fr&#233;missement des images. Il voyait quelque chose de r&#233;el, mais transform&#233; : ces sc&#232;nes appartenaient &#224; l'histoire de sa famille, mais &#224; l'&#233;cran, elles semblaient venir d'un autre monde entre m&#233;moire et fiction. Cette ambigu&#239;t&#233; l'a profond&#233;ment marqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il utilise une large gamme d'appareils, du moyen et grand format argentique &#224; un reflex num&#233;rique haute r&#233;solution. Son projet actuel implique un appareil 4&#215;5 sur mesure &#233;quip&#233; d'un dos num&#233;rique, un outil hybride qui lui permet de travailler avec la pr&#233;cision et l'intentionnalit&#233; du grand format tout en profitant des possibilit&#233;s de la technologie contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de Robert Capa, des artistes comme Alfred Stieglitz, Hugo Henneberg et Edward J. Steichen ont ouvert son imagination &#224; l'id&#233;e que la photographie peut r&#233;v&#233;ler des r&#233;alit&#233;s juste au-del&#224; de la perception ordinaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, il trouve une grande inspiration chez des peintres comme Toulouse-Lautrec, Pierre Bonnard et &#201;douard Vuillard pour leur utilisation de la couleur. Il admire aussi Zao Wou-Ki pour le lyrisme de son abstraction, ainsi que des mouvements comme l'orphisme, qui explorent la lumi&#232;re, le rythme et la couleur d'une mani&#232;re tr&#232;s proche de sa sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de faire mieux &#224; chaque fois est ce qui le pousse en avant. Et pour lui, la toute premi&#232;re photo &lt;i&gt;Point de vue du Gras&lt;/i&gt; de Joseph Nic&#233;phore Ni&#233;pce, reste l'image fragile et granuleuse qui a marqu&#233; la naissance d'un nouveau m&#233;dium. D&#232;s ce moment, notre mani&#232;re d'enregistrer, de m&#233;moriser et de comprendre le monde a &#233;t&#233; transform&#233;e &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si pendant des si&#232;cles, les outils photographiques ont &#233;volu&#233; pour reproduire la vision humaine le plus fid&#232;lement, Alessandro Vasapolli va dans la direction oppos&#233;e : modifier la cam&#233;ra pour qu'elle enregistre une r&#233;alit&#233; selon une logique perceptuelle diff&#233;rente. Ce n'est pas manipuler, mais au contraire, cr&#233;er une photographie directe, non alt&#233;r&#233;e, r&#233;v&#233;lant le monde autrement. Allant bien au-del&#224; de la repr&#233;sentation de l'espace, il explore des structures de l'exp&#233;rience comme le temps, la perception et la continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le noir et blanc interpr&#232;te la r&#233;alit&#233;, la couleur peut devenir interpr&#233;tative selon une logique perceptuelle non humaine, comme il l'exp&#233;rimente dans son travail. Pour lui, la technique est fondamentale, mais elle doit toujours servir le contenu et l'impact esth&#233;tique. Elle permet de d&#233;passer les limites de notre perception biologique, mais elle n'est jamais un objectif en soi. Pour chaque photo, il contr&#244;le tout pour cr&#233;er le cadre id&#233;al, puis laisse la magie se produire spontan&#233;ment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_26957 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/b_invito_slipstream-1-scaled.jpg' width=&#034;203&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alessandro Vasapolli, &#171; Slipstream &#187;, Solo Show &#224; la Fondazione Natale Capellaro, Turin (Italie), s'est termin&#233; le 28 f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Au-del&#224; des m&#232;res</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Au-dela-des-meres</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/couv_retourner_le_regard_copie-01b42.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le retrait reste la qualit&#233; premi&#232;re de ce travail qui distribue les signes presque imperceptibles de changements d'&#233;poque, de temps. L'artiste nous redonne un sens auroral qui se perd de plus en plus. Sans que les choses apparaissent avec clart&#233; on vient rechercher ici, dans la retraite et son recul, une autre, plus vivace et originaire de ce que nous m&#234;mes avons connu et &#233;prouv&#233; dans nos &#233;tranges et provisoires &#233;piphanies matricielles voire marines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soustrait aux prises habituelles, en recul, priv&#233; de relief ou simplement de l'&#233;vidence allant de soi le long des jours, le paysage chez Liron est donc soumis &#224; une &#233;trange &#233;rosion et &#233;rection. La terre tend aimant&#233;e vers la m&#232;re voir la mer de celle-l&#224; et ses ou nos souvenirs une fois de plus semblent eux aussi se perdre en elle. Le paysage change mais en restant le m&#234;me. C'est (aussi) une mani&#232;re de retrouver une forme d'extase ou de ne pas la quitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, noter, dessiner, peindre, garder trace de tous ces moments o&#249; le temps est soudain suspendu deviennent un jeu d'&#233;chos &#8212; voire de conjurer la m&#233;lancolie. Preuve que le cr&#233;ateur n'est pas de ceux qui se contentent d'errer dans les paysages qui le pr&#233;c&#232;dent. Par ses toiles, photographies, sculptures et vid&#233;os, il aborde par exemple le paysage baln&#233;aire &#224; travers une exp&#233;rience commune. Qui ne se souvient pas de vacances aussi familiales que maritimes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains elles &#233;taient le signe d'une joie d&#233;bordante, pour d'autres d'une sorte d'anxi&#233;t&#233;. L'un et l'autre de ces sentiments font porter une attention particuli&#232;re au paysage d'emprunt. Mais l'auteur est sensible &#224; des &#171; pans &#187; que nous ignorions face &#224; ceux que nous fr&#233;quentons au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un d&#233;part ponctuel, le cr&#233;ateur g&#233;n&#232;re toujours un processus tr&#232;s particulier. Des &#233;l&#233;ments architecturaux font ainsi irruption dans des paysages o&#249; la v&#233;g&#233;tation veut garder le premier plan. J&#233;r&#233;my Liron peint aussi des villas rectilignes, anguleuses, mais il sait porter son regard sur des d&#233;tails qui sont autant d'intrusions, d'accidents de parcours. Tout est l&#224; mais vacille, comme affaibli, sans fermet&#233;, soudain distant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ses &#339;uvres comme dans ses textes Liron touche &#224; l'essence-m&#234;me de la critique d'art. Car en cette posture instinctive pour lui, il met en sc&#232;ne un regard qui cherche &#224; n'en plus finir, au point de parvenir &#224; une sorte d'&#233;lucidation extr&#234;me. &lt;i&gt;&#171; S'il se sert du m&#233;dium de l'&#233;criture, c'est qu'il est seul capable, comme un hydrolat, de s'impr&#233;gner d'une mati&#232;re premi&#232;re per&#231;ue et assimil&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit L&#233;a Bismuth la pr&#233;faci&#232;re du livre. Ici Liron devient le v&#233;ritable critique d'art qui retourne le regard, d&#233;passe le &#171; go&#251;t &#187; pour atteindre, une subjectivit&#233; partageable, &lt;i&gt;&#171; une forme paradoxale d'objectivit&#233; intime &#187;&lt;/i&gt; ajoute la pr&#233;faci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste l'a d'ailleurs lui m&#234;me bien compris lorsqu'il affirme : &lt;i&gt;&#171; Ne passe-t-on pas la majeure partie de son temps &#224; inventer par petites parcelles les souvenirs exacts de ce qui ne cesse continuellement de nous &#233;chapper ? &#187;&lt;/i&gt;. Le cr&#233;ateur en inventant ou en devenant critique de son travail les retient : mais de mani&#232;re distanci&#233;e, &#224; travers l'&#233;pure mais aussi par effet de vitre de son livre. Elle laisse passer la lumi&#232;re et tient lieu aussi d'&#233;cran pour un tel artiste et &#233;crivain dont le regard n'est jamais inerte. Il fonce toujours au-del&#224; de ses propres &#171; m&#232;res &#187; (primitives ou plus retard&#233;es) qui le porte vers les lointains non d'en face mais dedans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_26959 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/11-33.jpg' width=&#034;340&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#233;my Liron, &#171; Retourner le regard &#187;, L'Atelier contemporain, 2026, 424 p., 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Hauts voltages / hautes voltiges</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Hauts-voltages-hautes-voltiges</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH119/arton2813-7cd00.jpg?1772367389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais ici, il ne s'agit pas de &lt;i&gt;L'Ecriture du d&#233;sastre&lt;/i&gt; de Maurice Blanchot. Les mots avancent l&#224; o&#249; &lt;i&gt;&#171; l'alfa b&#233;e &#187;&lt;/i&gt; et la syntaxe se d&#233;multiplie, sous pr&#233;texte de classements, pour d&#233;sorganiser l'apparent logos, avec gourmandise et goinfrerie, de ses ordres admis. Face &#224; la cupidit&#233; lib&#233;rale, la litt&#233;rature offre un retour d'ombre, en prouvant combien tout logos peut s'enrayer lorsque les c&#244;tes du non-sens montent mais pour le redresser.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici les &lt;i&gt;&#171; courants &#187;&lt;/i&gt; de Philippe Jaffeux ont pris la forme d'un processus s&#233;riel, r&#233;p&#233;titif et minimal ; dans ses carr&#233;s parfaits de 26 affirmations en 26 lignes, un d&#233;chiffrement de notre conscience, quitte &#224; nous donner du plomb dans l'aile. Il poursuit ainsi sa campagne de fouilles selon la potence et le ciel o&#249; il &lt;i&gt;&#171; explore l'insouciance d'une hasar&#171; t &#187; qui observe l'&#233;tude d'une ignorance &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; o&#249; ses incisions sont fines par la lame des lignes (et leur &#226;me). Elles reconstituent notre savoir o&#249; parfois des r&#233;p&#233;tions semblent se r&#233;gler sur un tel &lt;i&gt;&#171; abus &#187;&lt;/i&gt; (dit l'auteur) mais sans exc&#232;s et, sauf son respect pour, s'ajuster &#224; la mesure d'un d&#233;s&#233;quilibre juste, dans ce qui devient une sorte de br&#233;viaire dont la racine est carr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De telles aventures (si l'on peut dire) de la r&#233;flexion la plus profonde cr&#233;ent notre joie par une telle lecture puisque ses tablettes et tablatures tentent d'intercepter un chaos &lt;i&gt;&#171; impassible &#187;&lt;/i&gt;. Existent l&#224; des m&#233;t&#233;orites lan&#231;ant des pierres sur nos incertitudes gr&#226;ce &#224; de telles &lt;i&gt;&#171; v&#233;rit&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur s'arrime en son logos plus ou moins alpha b&#233;tique &#224; nous sortir de notre animalit&#233; dans son savoir &#224; flux et &#224; sens dont ici aucun n'est interdit. Bref ce que l'on n'apprend ne pas savoir permet de comprendre que la puissance des ab&#238;mes est dans le cerveau d'un tel h&#233;ros. Il est entre Ulysse et cas l'ipso dans son don et son odyss&#233;e. Et contre ceux qui la ferme, il l'ouvre dans ses joyaux et diamants dont la sophistique se divise du poulpe par la pens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouvel ouvrage devient une p&#233;pite incandescente, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la traduire en mots, pour mieux la canaliser, l'approcher, l'apprivoiser. Car la premi&#232;re &#233;motion (ou la r&#233;flexion derni&#232;re) ouvre, emporte, fige, t&#233;tanise entre invocation c&#233;leste et imminence du danger d'&#234;tre refa&#231;onn&#233;s par des affirmations parfois compliqu&#233;es pour les raisonneurs. Mais les sentences de l'auteur, elles, ne sont jamais bancales.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Existe l&#224; une forme d' &lt;i&gt;&#171; orph&#233;lisme &#187;&lt;/i&gt; d'un genre particulier, g&#233;om&#233;trique et &#171; cadr&#233;e &#187;. Jaffeux renonce aux d&#233;combres et ruines des penseurs et les d&#233;passe par un autre p&#244;le : &#224; savoir, celui des naissances et l'&#233;preuve d'accouchements de la pens&#233;e en des constellations &#233;lectives au moment o&#249; l'habitus et la norme n'ont pas encore droit de cit&#233; &#8212; et pour cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux, &lt;i&gt;Courants fous&lt;/i&gt;, &#201;ditions Les M&#233;t&#233;ores, 2026, 80 p., 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'amour alcool de mante</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir (ou sa confusion ), reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH124/arton2812-c8aa5.jpg?1772367389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir &#8212; ou sa confusion &#8212;, reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour elle, l'amour ne r&#233;pond de rien. Mais demande tout : &lt;i&gt;&#171; J'ai pass&#233; des semaines avec lui, les plus d&#233;cisives &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit-elle. Mais quand il est absent, l'auteure &#233;crit. C'est la maladie de la mort, maladie de la vie. C'est un but. Une course.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a plus, car chez Duras les amants sont coup&#233;s du monde et ils r&#234;vent &#8212; le mot est important &#8212; m&#234;me s'il y a loin chez eux la coupe aux l&#232;vres. Ils r&#234;vent de vivre comme le reste d'une peuplade perdue dans le temps lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bien plus encore. Car dans cet espace, les amants durassiens sont &#233;pris, d&#233;sempar&#233;s et achev&#233;s. Il leur faut &#8212; faudrait &#8212; ainsi sortir de l'histoire et de l'Histoire, afin d'atteindre un &#171; temps pur &#187; qui n'appartiendrait qu'&#224; eux. Un temps sans conscience, un temps des premiers &#234;tres. L'amour devient non seulement le philtre myst&#233;rieux qui unit et s&#233;pare mais le filtre contre la r&#233;ceptivit&#233; organis&#233;e, &#224; l'hospitalit&#233; sociale exogame, s&#233;lective, qui ne cesse de trier et ne peut accepter la passion, par nature obsessionnelle, qui d&#233;range son ordre.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais chez elle, l'amour est aussi la chair qui se manifeste. Ses h&#233;ro&#239;nes tentent de sortir du jeu d'inhibition psychique et de la stupeur sexuelle organis&#233;es. Toutefois, un tel luxe la soci&#233;t&#233; ne peut se l'offrir tant elle aime risquer de faire capoter la passion dans quelque chose de mystique que toute sexualit&#233; entrave. Mais chez Duras, m&#234;me si la cr&#233;atrice ne l'exhibe pas, la chair n'est plus un &#233;cran. Elle est au centre du dispositif romanesque.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-ci permet d'entendre ce qui n'a pas de nom, de s'approcher de soi en s'approchant de l'autre. L'&#233;treinte ouvre le refoul&#233;, &#224; savoir ce qu'on a repouss&#233; dans la solitude qu'aucun ne m&#233;rite. Et donc en cons&#233;quence ses h&#233;ro&#239;nes deviennent des menteuses &#224; force d'&#234;tre sinc&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots ne peuvent contenir la fi&#232;vre, ils la biaisent, en font (presque) un usage pervers. Comme si le langage lui-m&#234;me (parce qu'il est social) aime &#8212; ne l'aimant pas &#8212; contredire la passion.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'amour ne sera qu'un temps non partag&#233;, non v&#233;cu ensemble, si ce n'est que par bouff&#233;es d'autant plus immenses qu'elles sont &#224; la base m&#234;me r&#233;duites &#224; leur plus simple expression &#224; l'&#233;chelle du temps humain. Toutefois, en d&#233;pit de l'&#233;chec &#171; programm&#233; &#187;, les amants d&#233;couvrent que leur corps parle, peut parler une langue &#233;trang&#232;re, extraordinairement mutique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'est pas neuf, cela pourrait sembler &#171; fleur bleue &#187;. Mais l'auteure donne &#224; cet &#233;tat une dimension tragique neuve. On n'est pas &#224; V&#233;rone, mais &#224; Venise, Calcutta, Paris. Trouville enfin. Et si, &#224; mesure que la passion semble apprendre les rudiments du langage et de la peau, les mots s'effondrent en phrases spasmes ? D&#232;s lors, rien ne se cr&#233;e, tout se transforme. En culpabilit&#233; ou en omission.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence l'&#234;tre ne peut se d&#233;nuder que dans le langage. Il devient le seul recours. Mais si &#8212; et comme l'&#233;crit Pascal Quignard &lt;i&gt;&#171; Entre les jambes de la premi&#232;re femme le premier ermite montra d&#233;j&#224; son visage &#187; &lt;/i&gt; &#8212; &#224; travers son &#339;uvre, Duras nous rend plus perspicaces ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute la question du sexe hante l'&#233;criture de Marguerite dans la mesure o&#249; s'y rencontre l'inad&#233;quation fondamentale de la langue aux choses, de la femme et de l'homme. Mais pour n'&#234;tre pas le pauvre jouet du m&#226;le et comme ses h&#233;ro&#239;nes, Duras se veut magique en &#233;crivant l'amour : la raison courte d'haleine, silencieuse d&#233;pose et range son fouet par ses phrases, ses lacunes. Dans ses foudroyantes joie et douleur.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus Marguerite Duras divulgue des noces &#233;rotiques pour remettre en jeu le d&#233;sir. L'&#201;poux s'adresse &#224; elle, elle s'adresse &#224; l'amant. Ravie en esprit, ravie physiquement, souffrant le Calvaire, revivant la Passion, mourant &#224; elle le transport amoureux la p&#233;n&#232;tre comme elle fut p&#233;n&#233;tr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#233;crire, dit-elle. L'&#233;criture ne se quitte pas. C'est une maladie, une addiction, un alcoolisme. &#201;crire ce qu'on ne sait pas. Ou plus. Ou trop bien. &#201;crire ne sauve rien. &#201;crire sauve &#171; la Petite &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/11.png' width=&#034;277&#034; height=&#034;445&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Marguerite Duras, &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Amant et autres &#233;crits, &lt;br class='autobr' /&gt;
La Pl&#233;iade, &lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard 2026, 992 p. &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
64,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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