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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Magie du temps presque arr&#234;t&#233;</title>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les photographies qui ont le plus &#233;mu Vasapolli sont celles de Robert Capa &#224; Omaha Beach le 6 juin 1944. Pour le photographe italien ces images survivantes &#8212; floues, chaotiques &#8212; transmettent la terreur et l'humanit&#233; de ce moment avec une intensit&#233; incomparable. Il a toujours admir&#233; le courage de Capa : il se tenait dans l'eau, sous le feu, pour montrer ce que le monde ne pouvait voir.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/vasapolli-81444.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les photographies qui ont le plus &#233;mu Alessandro Vasapolli sont celles de Robert Capa &#224; Omaha Beach le 6 juin 1944. Pour le photographe italien ces images survivantes &#8212; floues, chaotiques &#8212; transmettent la terreur et l'humanit&#233; de ce moment avec une intensit&#233; incomparable. Il a toujours admir&#233; le courage de Capa : il se tenait dans l'eau, sous le feu, pour montrer ce que le monde ne pouvait voir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les portraits d'Alessandro Vasapolli, le sujet n'est jamais donn&#233; frontalement ; il advient dans une vibration, une diffraction, une tension chromatique. Ce qui frappe d'abord, c'est la mat&#233;rialit&#233; de ses photographies. Il ne d&#233;l&#232;gue rien au hasard ni aux automatismes num&#233;riques. Il con&#231;oit ses propres filtres, &#233;labore des syst&#232;mes chromatiques sp&#233;cifiques, contr&#244;le le tirage comme un laboratoire intime.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce refus de la post-production corrective n'est pas un purisme : c'est une position th&#233;orique. L'image doit na&#238;tre de la lumi&#232;re elle-m&#234;me, et non d'un artifice ult&#233;rieur. Elle est le r&#233;sultat d'un dispositif pens&#233;, presque architectural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines s&#233;ries, le mouvement &#8212; notamment celui du corps &#8212; devient un terrain d'analyse du temps. La figure ne danse pas pour &#234;tre repr&#233;sent&#233;e ; elle sert &#224; d&#233;composer l'espace, &#224; fragmenter la continuit&#233; visuelle. Ailleurs, les silhouettes f&#233;minines apparaissent comme des pr&#233;sences &#224; la fois r&#233;v&#233;l&#233;es et soustraites : le regard cherche un visage, une identit&#233;, mais se heurte &#224; une forme d'&#233;clipse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque est constitutif de l'&#339;uvre. Il oblige le spectateur &#224; compl&#233;ter, &#224; projeter, &#224; douter. En ce sens, Vasapolli appartient &#224; cette g&#233;n&#233;ration d'artistes qui consid&#232;rent la photographie comme un m&#233;dium conceptuel sans renoncer &#224; sa sensualit&#233;. La couleur, chez lui, n'est jamais illustrative : elle agit comme une &#233;nergie. Elle perturbe la lecture imm&#233;diate, introduit un trouble, parfois une forme de vertige optique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrir Alessandro Vasapolli, c'est accepter de ralentir. C'est consentir &#224; ce que l'image r&#233;siste. Et dans cette r&#233;sistance m&#234;me, quelque chose se r&#233;v&#232;le : une photographie qui ne montre pas le monde, mais qui nous apprend &#224; le percevoir autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ses souvenirs d'enfance les plus vifs provient des films Super 8 de son p&#232;re. Jeune, il avait voyag&#233; avec ses parents dans certains des endroits les plus recul&#233;s et aventureux, immortalisant tout avec une petite cam&#233;ra. Certains soirs, quand il &#233;tait enfant, il sortait le projecteur et projetait ces films sur un grand drap blanc. Il &#233;tait fascin&#233; par tout le rituel : le bruit des bobines, le l&#233;ger fr&#233;missement des images. Il voyait quelque chose de r&#233;el, mais transform&#233; : ces sc&#232;nes appartenaient &#224; l'histoire de sa famille, mais &#224; l'&#233;cran, elles semblaient venir d'un autre monde entre m&#233;moire et fiction. Cette ambigu&#239;t&#233; l'a profond&#233;ment marqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il utilise une large gamme d'appareils, du moyen et grand format argentique &#224; un reflex num&#233;rique haute r&#233;solution. Son projet actuel implique un appareil 4&#215;5 sur mesure &#233;quip&#233; d'un dos num&#233;rique, un outil hybride qui lui permet de travailler avec la pr&#233;cision et l'intentionnalit&#233; du grand format tout en profitant des possibilit&#233;s de la technologie contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de Robert Capa, des artistes comme Alfred Stieglitz, Hugo Henneberg et Edward J. Steichen ont ouvert son imagination &#224; l'id&#233;e que la photographie peut r&#233;v&#233;ler des r&#233;alit&#233;s juste au-del&#224; de la perception ordinaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, il trouve une grande inspiration chez des peintres comme Toulouse-Lautrec, Pierre Bonnard et &#201;douard Vuillard pour leur utilisation de la couleur. Il admire aussi Zao Wou-Ki pour le lyrisme de son abstraction, ainsi que des mouvements comme l'orphisme, qui explorent la lumi&#232;re, le rythme et la couleur d'une mani&#232;re tr&#232;s proche de sa sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de faire mieux &#224; chaque fois est ce qui le pousse en avant. Et pour lui, la toute premi&#232;re photo &lt;i&gt;Point de vue du Gras&lt;/i&gt; de Joseph Nic&#233;phore Ni&#233;pce, reste l'image fragile et granuleuse qui a marqu&#233; la naissance d'un nouveau m&#233;dium. D&#232;s ce moment, notre mani&#232;re d'enregistrer, de m&#233;moriser et de comprendre le monde a &#233;t&#233; transform&#233;e &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si pendant des si&#232;cles, les outils photographiques ont &#233;volu&#233; pour reproduire la vision humaine le plus fid&#232;lement, Alessandro Vasapolli va dans la direction oppos&#233;e : modifier la cam&#233;ra pour qu'elle enregistre une r&#233;alit&#233; selon une logique perceptuelle diff&#233;rente. Ce n'est pas manipuler, mais au contraire, cr&#233;er une photographie directe, non alt&#233;r&#233;e, r&#233;v&#233;lant le monde autrement. Allant bien au-del&#224; de la repr&#233;sentation de l'espace, il explore des structures de l'exp&#233;rience comme le temps, la perception et la continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le noir et blanc interpr&#232;te la r&#233;alit&#233;, la couleur peut devenir interpr&#233;tative selon une logique perceptuelle non humaine, comme il l'exp&#233;rimente dans son travail. Pour lui, la technique est fondamentale, mais elle doit toujours servir le contenu et l'impact esth&#233;tique. Elle permet de d&#233;passer les limites de notre perception biologique, mais elle n'est jamais un objectif en soi. Pour chaque photo, il contr&#244;le tout pour cr&#233;er le cadre id&#233;al, puis laisse la magie se produire spontan&#233;ment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_26957 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/b_invito_slipstream-1-scaled.jpg' width=&#034;203&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alessandro Vasapolli, &#171; Slipstream &#187;, Solo Show &#224; la Fondazione Natale Capellaro, Turin (Italie), s'est termin&#233; le 28 f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Au-del&#224; des m&#232;res</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/couv_retourner_le_regard_copie-01b42.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le retrait reste la qualit&#233; premi&#232;re de ce travail qui distribue les signes presque imperceptibles de changements d'&#233;poque, de temps. L'artiste nous redonne un sens auroral qui se perd de plus en plus. Sans que les choses apparaissent avec clart&#233; on vient rechercher ici, dans la retraite et son recul, une autre, plus vivace et originaire de ce que nous m&#234;mes avons connu et &#233;prouv&#233; dans nos &#233;tranges et provisoires &#233;piphanies matricielles voire marines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soustrait aux prises habituelles, en recul, priv&#233; de relief ou simplement de l'&#233;vidence allant de soi le long des jours, le paysage chez Liron est donc soumis &#224; une &#233;trange &#233;rosion et &#233;rection. La terre tend aimant&#233;e vers la m&#232;re voir la mer de celle-l&#224; et ses ou nos souvenirs une fois de plus semblent eux aussi se perdre en elle. Le paysage change mais en restant le m&#234;me. C'est (aussi) une mani&#232;re de retrouver une forme d'extase ou de ne pas la quitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, noter, dessiner, peindre, garder trace de tous ces moments o&#249; le temps est soudain suspendu deviennent un jeu d'&#233;chos &#8212; voire de conjurer la m&#233;lancolie. Preuve que le cr&#233;ateur n'est pas de ceux qui se contentent d'errer dans les paysages qui le pr&#233;c&#232;dent. Par ses toiles, photographies, sculptures et vid&#233;os, il aborde par exemple le paysage baln&#233;aire &#224; travers une exp&#233;rience commune. Qui ne se souvient pas de vacances aussi familiales que maritimes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains elles &#233;taient le signe d'une joie d&#233;bordante, pour d'autres d'une sorte d'anxi&#233;t&#233;. L'un et l'autre de ces sentiments font porter une attention particuli&#232;re au paysage d'emprunt. Mais l'auteur est sensible &#224; des &#171; pans &#187; que nous ignorions face &#224; ceux que nous fr&#233;quentons au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un d&#233;part ponctuel, le cr&#233;ateur g&#233;n&#232;re toujours un processus tr&#232;s particulier. Des &#233;l&#233;ments architecturaux font ainsi irruption dans des paysages o&#249; la v&#233;g&#233;tation veut garder le premier plan. J&#233;r&#233;my Liron peint aussi des villas rectilignes, anguleuses, mais il sait porter son regard sur des d&#233;tails qui sont autant d'intrusions, d'accidents de parcours. Tout est l&#224; mais vacille, comme affaibli, sans fermet&#233;, soudain distant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ses &#339;uvres comme dans ses textes Liron touche &#224; l'essence-m&#234;me de la critique d'art. Car en cette posture instinctive pour lui, il met en sc&#232;ne un regard qui cherche &#224; n'en plus finir, au point de parvenir &#224; une sorte d'&#233;lucidation extr&#234;me. &lt;i&gt;&#171; S'il se sert du m&#233;dium de l'&#233;criture, c'est qu'il est seul capable, comme un hydrolat, de s'impr&#233;gner d'une mati&#232;re premi&#232;re per&#231;ue et assimil&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit L&#233;a Bismuth la pr&#233;faci&#232;re du livre. Ici Liron devient le v&#233;ritable critique d'art qui retourne le regard, d&#233;passe le &#171; go&#251;t &#187; pour atteindre, une subjectivit&#233; partageable, &lt;i&gt;&#171; une forme paradoxale d'objectivit&#233; intime &#187;&lt;/i&gt; ajoute la pr&#233;faci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste l'a d'ailleurs lui m&#234;me bien compris lorsqu'il affirme : &lt;i&gt;&#171; Ne passe-t-on pas la majeure partie de son temps &#224; inventer par petites parcelles les souvenirs exacts de ce qui ne cesse continuellement de nous &#233;chapper ? &#187;&lt;/i&gt;. Le cr&#233;ateur en inventant ou en devenant critique de son travail les retient : mais de mani&#232;re distanci&#233;e, &#224; travers l'&#233;pure mais aussi par effet de vitre de son livre. Elle laisse passer la lumi&#232;re et tient lieu aussi d'&#233;cran pour un tel artiste et &#233;crivain dont le regard n'est jamais inerte. Il fonce toujours au-del&#224; de ses propres &#171; m&#232;res &#187; (primitives ou plus retard&#233;es) qui le porte vers les lointains non d'en face mais dedans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_26959 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/11-33.jpg' width=&#034;340&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#233;my Liron, &#171; Retourner le regard &#187;, L'Atelier contemporain, 2026, 424 p., 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Hauts voltages / hautes voltiges</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Hauts-voltages-hautes-voltiges</link>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH119/arton2813-7cd00.jpg?1772367389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais ici, il ne s'agit pas de &lt;i&gt;L'Ecriture du d&#233;sastre&lt;/i&gt; de Maurice Blanchot. Les mots avancent l&#224; o&#249; &lt;i&gt;&#171; l'alfa b&#233;e &#187;&lt;/i&gt; et la syntaxe se d&#233;multiplie, sous pr&#233;texte de classements, pour d&#233;sorganiser l'apparent logos, avec gourmandise et goinfrerie, de ses ordres admis. Face &#224; la cupidit&#233; lib&#233;rale, la litt&#233;rature offre un retour d'ombre, en prouvant combien tout logos peut s'enrayer lorsque les c&#244;tes du non-sens montent mais pour le redresser.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici les &lt;i&gt;&#171; courants &#187;&lt;/i&gt; de Philippe Jaffeux ont pris la forme d'un processus s&#233;riel, r&#233;p&#233;titif et minimal ; dans ses carr&#233;s parfaits de 26 affirmations en 26 lignes, un d&#233;chiffrement de notre conscience, quitte &#224; nous donner du plomb dans l'aile. Il poursuit ainsi sa campagne de fouilles selon la potence et le ciel o&#249; il &lt;i&gt;&#171; explore l'insouciance d'une hasar&#171; t &#187; qui observe l'&#233;tude d'une ignorance &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; o&#249; ses incisions sont fines par la lame des lignes (et leur &#226;me). Elles reconstituent notre savoir o&#249; parfois des r&#233;p&#233;tions semblent se r&#233;gler sur un tel &lt;i&gt;&#171; abus &#187;&lt;/i&gt; (dit l'auteur) mais sans exc&#232;s et, sauf son respect pour, s'ajuster &#224; la mesure d'un d&#233;s&#233;quilibre juste, dans ce qui devient une sorte de br&#233;viaire dont la racine est carr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De telles aventures (si l'on peut dire) de la r&#233;flexion la plus profonde cr&#233;ent notre joie par une telle lecture puisque ses tablettes et tablatures tentent d'intercepter un chaos &lt;i&gt;&#171; impassible &#187;&lt;/i&gt;. Existent l&#224; des m&#233;t&#233;orites lan&#231;ant des pierres sur nos incertitudes gr&#226;ce &#224; de telles &lt;i&gt;&#171; v&#233;rit&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur s'arrime en son logos plus ou moins alpha b&#233;tique &#224; nous sortir de notre animalit&#233; dans son savoir &#224; flux et &#224; sens dont ici aucun n'est interdit. Bref ce que l'on n'apprend ne pas savoir permet de comprendre que la puissance des ab&#238;mes est dans le cerveau d'un tel h&#233;ros. Il est entre Ulysse et cas l'ipso dans son don et son odyss&#233;e. Et contre ceux qui la ferme, il l'ouvre dans ses joyaux et diamants dont la sophistique se divise du poulpe par la pens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouvel ouvrage devient une p&#233;pite incandescente, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la traduire en mots, pour mieux la canaliser, l'approcher, l'apprivoiser. Car la premi&#232;re &#233;motion (ou la r&#233;flexion derni&#232;re) ouvre, emporte, fige, t&#233;tanise entre invocation c&#233;leste et imminence du danger d'&#234;tre refa&#231;onn&#233;s par des affirmations parfois compliqu&#233;es pour les raisonneurs. Mais les sentences de l'auteur, elles, ne sont jamais bancales.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Existe l&#224; une forme d' &lt;i&gt;&#171; orph&#233;lisme &#187;&lt;/i&gt; d'un genre particulier, g&#233;om&#233;trique et &#171; cadr&#233;e &#187;. Jaffeux renonce aux d&#233;combres et ruines des penseurs et les d&#233;passe par un autre p&#244;le : &#224; savoir, celui des naissances et l'&#233;preuve d'accouchements de la pens&#233;e en des constellations &#233;lectives au moment o&#249; l'habitus et la norme n'ont pas encore droit de cit&#233; &#8212; et pour cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux, &lt;i&gt;Courants fous&lt;/i&gt;, &#201;ditions Les M&#233;t&#233;ores, 2026, 80 p., 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'amour alcool de mante</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir (ou sa confusion ), reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir &#8212; ou sa confusion &#8212;, reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour elle, l'amour ne r&#233;pond de rien. Mais demande tout : &lt;i&gt;&#171; J'ai pass&#233; des semaines avec lui, les plus d&#233;cisives &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit-elle. Mais quand il est absent, l'auteure &#233;crit. C'est la maladie de la mort, maladie de la vie. C'est un but. Une course.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a plus, car chez Duras les amants sont coup&#233;s du monde et ils r&#234;vent &#8212; le mot est important &#8212; m&#234;me s'il y a loin chez eux la coupe aux l&#232;vres. Ils r&#234;vent de vivre comme le reste d'une peuplade perdue dans le temps lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bien plus encore. Car dans cet espace, les amants durassiens sont &#233;pris, d&#233;sempar&#233;s et achev&#233;s. Il leur faut &#8212; faudrait &#8212; ainsi sortir de l'histoire et de l'Histoire, afin d'atteindre un &#171; temps pur &#187; qui n'appartiendrait qu'&#224; eux. Un temps sans conscience, un temps des premiers &#234;tres. L'amour devient non seulement le philtre myst&#233;rieux qui unit et s&#233;pare mais le filtre contre la r&#233;ceptivit&#233; organis&#233;e, &#224; l'hospitalit&#233; sociale exogame, s&#233;lective, qui ne cesse de trier et ne peut accepter la passion, par nature obsessionnelle, qui d&#233;range son ordre.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais chez elle, l'amour est aussi la chair qui se manifeste. Ses h&#233;ro&#239;nes tentent de sortir du jeu d'inhibition psychique et de la stupeur sexuelle organis&#233;es. Toutefois, un tel luxe la soci&#233;t&#233; ne peut se l'offrir tant elle aime risquer de faire capoter la passion dans quelque chose de mystique que toute sexualit&#233; entrave. Mais chez Duras, m&#234;me si la cr&#233;atrice ne l'exhibe pas, la chair n'est plus un &#233;cran. Elle est au centre du dispositif romanesque.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-ci permet d'entendre ce qui n'a pas de nom, de s'approcher de soi en s'approchant de l'autre. L'&#233;treinte ouvre le refoul&#233;, &#224; savoir ce qu'on a repouss&#233; dans la solitude qu'aucun ne m&#233;rite. Et donc en cons&#233;quence ses h&#233;ro&#239;nes deviennent des menteuses &#224; force d'&#234;tre sinc&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots ne peuvent contenir la fi&#232;vre, ils la biaisent, en font (presque) un usage pervers. Comme si le langage lui-m&#234;me (parce qu'il est social) aime &#8212; ne l'aimant pas &#8212; contredire la passion.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'amour ne sera qu'un temps non partag&#233;, non v&#233;cu ensemble, si ce n'est que par bouff&#233;es d'autant plus immenses qu'elles sont &#224; la base m&#234;me r&#233;duites &#224; leur plus simple expression &#224; l'&#233;chelle du temps humain. Toutefois, en d&#233;pit de l'&#233;chec &#171; programm&#233; &#187;, les amants d&#233;couvrent que leur corps parle, peut parler une langue &#233;trang&#232;re, extraordinairement mutique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'est pas neuf, cela pourrait sembler &#171; fleur bleue &#187;. Mais l'auteure donne &#224; cet &#233;tat une dimension tragique neuve. On n'est pas &#224; V&#233;rone, mais &#224; Venise, Calcutta, Paris. Trouville enfin. Et si, &#224; mesure que la passion semble apprendre les rudiments du langage et de la peau, les mots s'effondrent en phrases spasmes ? D&#232;s lors, rien ne se cr&#233;e, tout se transforme. En culpabilit&#233; ou en omission.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence l'&#234;tre ne peut se d&#233;nuder que dans le langage. Il devient le seul recours. Mais si &#8212; et comme l'&#233;crit Pascal Quignard &lt;i&gt;&#171; Entre les jambes de la premi&#232;re femme le premier ermite montra d&#233;j&#224; son visage &#187; &lt;/i&gt; &#8212; &#224; travers son &#339;uvre, Duras nous rend plus perspicaces ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute la question du sexe hante l'&#233;criture de Marguerite dans la mesure o&#249; s'y rencontre l'inad&#233;quation fondamentale de la langue aux choses, de la femme et de l'homme. Mais pour n'&#234;tre pas le pauvre jouet du m&#226;le et comme ses h&#233;ro&#239;nes, Duras se veut magique en &#233;crivant l'amour : la raison courte d'haleine, silencieuse d&#233;pose et range son fouet par ses phrases, ses lacunes. Dans ses foudroyantes joie et douleur.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus Marguerite Duras divulgue des noces &#233;rotiques pour remettre en jeu le d&#233;sir. L'&#201;poux s'adresse &#224; elle, elle s'adresse &#224; l'amant. Ravie en esprit, ravie physiquement, souffrant le Calvaire, revivant la Passion, mourant &#224; elle le transport amoureux la p&#233;n&#232;tre comme elle fut p&#233;n&#233;tr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#233;crire, dit-elle. L'&#233;criture ne se quitte pas. C'est une maladie, une addiction, un alcoolisme. &#201;crire ce qu'on ne sait pas. Ou plus. Ou trop bien. &#201;crire ne sauve rien. &#201;crire sauve &#171; la Petite &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/11.png' width=&#034;277&#034; height=&#034;445&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Marguerite Duras, &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Amant et autres &#233;crits, &lt;br class='autobr' /&gt;
La Pl&#233;iade, &lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard 2026, 992 p. &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
64,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Ce qui tue</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour Alain Marc, la langue est une b&#234;te respiratoire. Elle revient &#224; sa racine et elle est sa fianc&#233;e fant&#244;me. L'auteur ram&#232;ne une nouvelle fois &#224; la richesse sonore et non &#224; l'abstraction de la langue.&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ces &#171; Po&#232;mes &#224; dire et &#224; crier &#187; nous vivons dans un autre monde que r&#233;el, constamment immerg&#233;s et en essayant de surmonter notre angoisse d&#232;s que tout part : &#171; D&#233;sir de Vie ou de Mort / Qu'ai-je d&#233;cid&#233; &#224; l'Aurore de ma / VIE &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Alain Marc, la langue est une b&#234;te respiratoire. Elle revient &#224; sa racine et elle est sa fianc&#233;e fant&#244;me. L'auteur ram&#232;ne une nouvelle fois &#224; la richesse sonore et non &#224; l'abstraction de la langue. Sa pens&#233;e miroite dans une &#233;nergie o&#249; les mots ne sont pas les choses mais la pens&#233;e s'entend par l'incarnation qu'ils lui donnent. Et &#224; travers cette langue et son exp&#233;rience, Alain Marc donne l'id&#233;e que la pens&#233;e est une course de haie au sein d'une richesse phonique, sa danse et son mouvement sourd. Il continue &#224; travailler &#224; l'aveugle, sachant que l'&#233;criture en sait plus que lui au nom d'une r&#233;v&#233;lation, d'une m&#233;tamorphose, d'une transfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La chair de l'homme &#187; (pour reprendre un titre de Novarina) repr&#233;sente le trou o&#249; se d&#233;verse ou plut&#244;t se r&#233;vulse une histoire qui nous bouleverse &#224; coup de r&#233;p&#233;titions, d'ictus &#8212; chaque fragment d'un texte refl&#233;tant son ensemble en perp&#233;tuel mouvement. Tout fonctionne au nom de la variation l&#224; o&#249; la mati&#232;re redevient poussi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque mot comme chaque image n'est donc que ce qu'en disait d&#233;j&#224; Diderot lorsqu'il &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; dans mon imagination, elle n'est qu'une ombre passag&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Mais cette ombre poss&#232;de la capacit&#233; &#224; devenir un lieu, une impersonnelle et inqui&#233;tante zone du vivant l&#224; o&#249; le sens bascule. L'auteur &#233;vide les espaces sens&#233;s. Il nous d&#233;place de ses lieux d'absence o&#249; tout d&#233;sir de voir le place.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte n'est ni le propre ni le figur&#233;, ni le pur ou le r&#233;alis&#233;, mais une zone o&#249; nous perdons notre capacit&#233; de penser seulement avec lucidit&#233;. L'&#339;uvre nous permet ainsi de nous perdre et de nous retrouver, tant elle souligne le fait que, comme le signalait Giacometti, &lt;i&gt;&#171; j'ai toujours eu l'impression d'&#234;tre un personnage vague, un peu flou, mal situ&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#339;uvre reste ainsi rarissime, o&#249; le corps ne dispara&#238;t pas et o&#249; le monde des apparences est exclu. Il y a soudainement une place pour quelque chose d'autre, qui est bien plus que la figuration d'une ombre &#171; port&#233;e &#187;. Ici, les rep&#232;res s'effacent pour laisser appara&#238;tre l'humain. Nous ne sommes m&#234;me plus dans le peu de choses mais dans l'air du lieu et dans l'aire d'un jeu qui nous absorbe et nous dig&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces &#171; Po&#232;mes &#224; dire et &#224; crier &#187;, nous vivons dans un autre monde, non r&#233;el, constamment immerg&#233;s en essayant de surmonter notre angoisse d&#232;s que tout part : &lt;i&gt;&#171; D&#233;sir de Vie ou de Mort / Qu'ai-je d&#233;cid&#233; &#224; l'Aurore de ma / VIE &#187;&lt;/i&gt;. L'enfance &#233;tait pour lui une mauvaise donne. Dans ces moment-l&#224;, c'&#233;tait toujours son regard qui &lt;i&gt;&#171; s'arr&#234;tait de Vivre en Premier &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perdre la m&#233;moire permet de &lt;i&gt;&#171; ne pas / Continuer &#224; Sur Vivre / Mais bien un jour se d&#233;cider / DE VIVRE &#187;&lt;/i&gt;. C'est l&#224; devenir qui on est dans le territoire du seul. L&#224; o&#249; les po&#232;mes de Marc s'amenuisent mais en tout l'inverse d'un &#233;tiolement. A chaque espace d'un instant la r&#232;gle est : &lt;i&gt;&#171; Debout /Rester la / T&#234;te Droite &#187;&lt;/i&gt; et r&#233;parer les Bleus de l'&#226;me pour avoir &lt;i&gt;&#171; le courage de dire JE &#187;&lt;/i&gt;. Car c'est bien la premi&#232;re Victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la salle de jeu &#224; vivre est toujours l&#224;, o&#249; &lt;i&gt;&#171; m&#234;me les choses ont une M&#233;moire &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur, ici, est le t&#233;moin aujourd'hui sans objet d'un pass&#233; que l'on n'oublie jamais l&#224; o&#249; la soci&#233;t&#233; exclut les fous. Et ce parce que personne ne supporte et &lt;i&gt;&#171; a peur pour lui-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt; de r&#233;aliser qui nous sommes, dans la soci&#233;t&#233; des animaux, m&#234;me quand le jugement s'an&#233;antit. C'est l&#224; alors que l'on se trouve au bord de la mort mais au d&#233;bordement de l'existence.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23086 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/alain_marc_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/alain_marc_couv.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;615&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Alain Marc, &#171; le Choix de la folie, le Grand cycle de la vie ou l'odyss&#233;e humaine #2 &#187;, Co&#233;ditions Douro et Z4 Editions, 2026, 164 p., 15 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au del&#224; du bruit et du silence</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Au-dela-du-bruit-et-du-silence</link>
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		<dc:date>2026-02-02T09:51:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>photographie conceptuelle</dc:subject>
		<dc:subject>photographie contemporaine</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette exposition est une grande r&#233;trospective qui pr&#233;sente des &#339;uvres de toutes les p&#233;riodes du travail de Jeff Wall. Elle retrace le d&#233;veloppement multi&#8209;strates de son &#339;uvre, de la fin des ann&#233;es 1980 jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie-conceptuelle" rel="tag"&gt;photographie conceptuelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie-documentaire-critique" rel="tag"&gt;photographie contemporaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2796-72998.jpg?1772199436' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus de quarante ans, Jeff Wall oscille entre la mise en sc&#232;ne spectaculaire et l'observation documentaire. Famili&#232;res et &#233;tranges, des situations quotidiennes sont &#233;lev&#233;es au rang de sc&#232;nes presque oniriques o&#249; le r&#233;alisateur privil&#233;gie le tableau photographique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais Wall explore aussi des enjeux sociaux et politiques majeurs. Son &#339;uvre est travers&#233;e par des interrogations profondes portant sur des sujets aussi vari&#233;s que la nature de la r&#233;alit&#233;, le genre, la race et la classe sociale..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public est projet&#233; au centre de tels motifs par un sentiment de curiosit&#233;, tant les photographies de Wall happent chaque regardeur. En explorant davantage l'image, celui-ci d&#233;couvre des indices sur les &#233;v&#233;nements pr&#233;c&#233;dant ou suivant la sc&#232;ne, ce qui cr&#233;e du suspense et encourage sa participation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Wall, le silence permet &#224; ce m&#233;dium de d&#233;crire sans expliquer, et il ajoute : &lt;i&gt;&#171; Ce n'est que dans le domaine de l'art que cette n&#233;cessit&#233; peut &#234;tre mise de c&#244;t&#233; et que la photographie existe comme une image &#224; contempler, comme une occasion laiss&#233;e au spectateur de r&#233;pondre de mani&#232;re subjective. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, une photographie fige et r&#233;duit au silence la r&#233;alit&#233; dans laquelle elle a &#233;t&#233; &#171; captur&#233;e &#187;. Contrairement &#224; un photojournaliste, qui saisit des instants fugitifs et des &#233;v&#233;nements r&#233;els, Wall ne part pas &#224; la chasse aux images.&lt;i&gt; &#171; Je ne suis pas un chasseur d'images. &#187;&lt;/i&gt; Il travaille plut&#244;t sur de longues p&#233;riodes. Il utilise les technologies num&#233;riques pour cr&#233;er des tableaux photographiques &#233;labor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses images sont mises en sc&#232;ne et &#233;clair&#233;es selon un processus proche de celui du cin&#233;ma. Le r&#233;sultat est ce que l'on a appel&#233; une photographie &#171; presque &#187; documentaire, o&#249; des sc&#232;nes ordinaires sont m&#233;ticuleusement orchestr&#233;es. &lt;i&gt;&#171; La libert&#233; dont je disposais pour recomposer les sc&#232;nes a introduit de nouveaux &#233;l&#233;ments que j'ai trouv&#233;s plus int&#233;ressants que ce que j'avais r&#233;ellement vu. Cette libert&#233; est l'un des &#233;l&#233;ments fondamentaux que j'essaie de pr&#233;server dans mon travail. &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Wall. Ses &#339;uvres s'appuient souvent sur des r&#233;f&#233;rences &#224; des chefs&#8209;d'&#339;uvre de l'art, de la litt&#233;rature et du cin&#233;ma, en particulier le n&#233;or&#233;alisme italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande r&#233;trospective qui vient de s'achever au Intesa Sanpaolo Museum-Gallerie d'Italia de Turin pr&#233;sentait des &#339;uvres de toutes les p&#233;riodes du travail de Jeff Wall. Avec vingt-sept &#339;uvres pr&#233;sent&#233;es, l'exposition retrace le d&#233;veloppement multi&#8209;strates de la production du photographe canadien, des ann&#233;es 1980 jusqu'&#224; ses r&#233;alisations les plus r&#233;centes en 2023, tout en offrant un aper&#231;u des processus complexes mis en &#339;uvre pour les cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle comprenait une importante s&#233;lection de caissons lumineux de Wall, qui s'inspirent du langage de la publicit&#233;, ainsi que des tirages en noir et blanc et en couleur. Ses images grand format, pr&#233;sent&#233;es &#224; taille humaine, exercent une attraction magn&#233;tique sur les visiteurs. Bien qu'elles puissent sembler r&#233;elles au premier abord, les photographies de Jeff Wall repr&#233;sentent quelque chose tr&#232;s proche de la r&#233;alit&#233;, mais sans &#234;tre simplement son reflet direct.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jeff Wall, &#171; Photographs &#187;, exposition au Intesa Sanpaolo Museum (Gallerie d'Italia), Turin, octobre 2025-1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N.B. L'exposition &#233;tait organis&#233;e par David Campany qui conna&#238;t Jeff Wall et travaille avec lui depuis pr&#232;s de vingt ans. Critique d'art et directeur de la cr&#233;ation de l'International Center of Photography (ICP) &#224; New York, Campany a publi&#233; plusieurs essais et entretiens avec l'artiste, et a pr&#233;sent&#233; ses photographies &#224; l'ICP New York, &#224; la Whitechapel Gallery &#224; Londres, au Bal &#224; Paris et au FoMu d'Anvers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Portrait du photographe en &#171; road runner &#187;</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Portrait-du-photographe-en-road</link>
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		<dc:date>2025-12-28T15:45:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Maciej Markowicz ne prend pas des photographies, il les re&#231;oit : &#171; prendre &#187; implique le contr&#244;le, la possession, l'extraction. &#171; Recevoir &#187; suppose la collaboration, l'humilit&#233;, la pr&#233;sence. Sa routine est un rituel de pr&#233;sence : il entre dans la Camera Obscura plong&#233;e dans le noir et dans mon propre esprit, dans cet espace de subconscient o&#249; le noir r&#233;v&#232;le au lieu de dissimuler.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2778-af446.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Maciej Markowicz ne prend pas des photographies, il les re&#231;oit : &#171; prendre &#187; implique le contr&#244;le, la possession, l'extraction. &#171; Recevoir &#187; suppose la collaboration, l'humilit&#233;, la pr&#233;sence. Sa routine est un rituel de pr&#233;sence : il entre dans la Camera Obscura plong&#233;e dans le noir et dans mon propre esprit, dans cet espace de subconscient o&#249; le noir r&#233;v&#232;le au lieu de dissimuler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il accroche le papier photographique dans l'obscurit&#233; totale &#8212; c'est une sorte de danse, guid&#233;e par la m&#233;moire et le toucher plut&#244;t que par la vue. La performance qui se joue &#224; l'int&#233;rieur de la Camera Obscura n'est pas destin&#233;e &#224; un public. Selon lui, &lt;i&gt;&#171; c'est une relation de parent&#233; avec la lumi&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. &#192; ce titre, Maciej Markowicz compte huit secondes &#8212; ni sept, ni neuf. Huit secondes sont son portail personnel vers le moment pr&#233;sent. &lt;i&gt;&#171; Parce que savoir que je pourrais ne plus &#234;tre l&#224; demain, rend chaque tranche de huit secondes sacr&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; pr&#233;cise-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces huit secondes, le cr&#233;ateur devient immobile. Il respire, il sent le mouvement. Il devient une partie de la Camera Obscura en mouvement, une partie du lieu, une partie du voyage de la lumi&#232;re depuis le Soleil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis le papier est d&#233;velopp&#233; et l'autobiographie de la lumi&#232;re se r&#233;v&#232;le. L'auteur ne la manipule pas, ne la &#171; corrige &#187; pas dans Photoshop, n'essaie pas d'am&#233;liorer ce que la lumi&#232;re a &#233;crit. &lt;i&gt;&#171; Ce qui s'est pass&#233; s'est pass&#233;. Le temps a coul&#233;, la lumi&#232;re a dans&#233;, et j'&#233;tais pr&#233;sent pour en &#234;tre le t&#233;moin. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit-il&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce but l'artiste demande &#224; la nouvelle g&#233;n&#233;ration de photographes exp&#233;rimentaux de cesser de s'int&#233;resser &#224; la photographie. L'objectif est de s'int&#233;resser &#224; ce qu'ils veulent r&#233;v&#233;ler. Une fois qu'ils auront explor&#233; en profondeur votre engagement envers votre sujet, leurs outils deviendront secondaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, son but reste de faire une chose avec une telle d&#233;votion qu'elle en r&#233;v&#232;le l'infini.&lt;i&gt; &#171; Ma grand-m&#232;re m'appelait roadrunner. Puis j'ai failli manquer de temps &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit-il. Mais cette prise de conscience a tout chang&#233;. Elle a rendu chaque instant pr&#233;cieux. Chaque photo est sacr&#233;e. Chaque tranche de huit secondes est un cadeau. La th&#233;rapie r&#233;side dans la pratique, non dans la reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roadrunner a donc d&#233;couvert que, pour rattraper le temps, il faut d'abord cesser de courir. La Camera Obscura apprend que huit secondes d'attention totale ne donnent pas moins et donnent tout. Elles offrent une fen&#234;tre infinie &#224; l'int&#233;rieur de chaque moment ordinaire. Il faut se consacrer &#224; le r&#233;v&#233;ler, et pas seulement &#224; le photographier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maciej Markowicz : &#171; Above the River and Under the Sky, &#187; galerie Innsitu, Innsbruck, &#224; partir de janvier 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#339;ufs durent</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Les-oeufs-durent</link>
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		<dc:date>2025-12-28T15:44:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l'existence. C'est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D'o&#249; ce continent f&#233;erique face au noir qui &#233;treint. Le tout-en-un souci de clart&#233; pour exprimer ici une col&#232;re noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui d&#233;passe toujours bien des seuils essentiels fait de la col&#232;re &#224; la fois un seuil.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH137/arton2777-24234.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l'existence. C'est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D'o&#249; ce continent f&#233;erique face au noir qui &#233;treint. Le tout-en-un souci de clart&#233; pour exprimer ici une col&#232;re noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui d&#233;passe toujours bien des seuils essentiels fait de la col&#232;re &#224; la fois un seuil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son essence provient de l'enfance o&#249; tout part, tout revient mais o&#249; la vie d'adulte s'exerce &#224; un apprentissage de la distance. Mais si la col&#232;re reste la musique de ses aubes, en naissent de volutes noy&#233;es loin d'un laiteux effet-m&#232;re que Juliette Brevilliero &#8212; &#224; moiti&#233; qui elle est et qui elle fut &#8212; ne se contente pas d'errer mais trouve par ses po&#232;mes (plus que des pare-fum&#233;e) existence et sa v&#233;rit&#233; loin de l'insouciance, du calme et de la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autant que l'&#339;uvre de Juliette Brevilliero renverse les principes trop placides de la po&#233;sie souvent riv&#233;e au culte de l'occident. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour une telle auteure, trouver le chemin de l'esp&#233;rance et de la d&#233;sesp&#233;rance, &#233;crire est une affaire complexe, exp&#233;rimentale, &#233;volutive. Et dans ce livre, le sourire au monde n'est pas simple mais &#8212; paradoxalement &#8212; l'onde de la col&#232;re est une gr&#226;ce. Son irruption fait parfois qu'on ne sait que penser. Mais, avec le temps, une telle femme est r&#233;gulatrice en passant du chemin des hommes et des femmes avec parfois une once de gaiet&#233;, m&#234;me si &#224; qui elle s'adresse, re&#231;ut la nostalgie en h&#233;ritage. Pour le meilleur et pour le pire.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pleuvent ici des souvenirs f&#234;l&#233;s sur ce livre de chair, d'&#226;me et de papier l&#224; o&#249; les ponts de Paris ne suffisent pas pour celle dont son errance et son enqu&#234;te fil&#233;e se h&#226;te vers elle mais qui par ses allit&#233;rations, sa pulsion &#233;crit des textes tr&#232;s noirs sur page blanche mais pour &#8212; inconsciemment peut-&#234;tre &#8212; renverser la donne.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici ses po&#232;mes s'imbriquent, se t&#233;lescopent, se d&#233;coupent, se malaxent, dans une chirurgie de l'existence. Preuve que sa po&#233;sie reste bien au-del&#224; de la d&#233;su&#233;tude et ses pr&#233;suppos&#233;s. Elle incarne la col&#232;re qui pourrait gueuler vers un possible appel &#224; la libert&#233; d'&#234;tre parmi des al&#233;as existentiels. De la vie, le ciel se fait &#226;pre car elle reste farouchement d&#233;faite mais ici en fa&#231;on d'&#233;veiller, au sein d'une &#233;pop&#233;e, l'auteure cavale et se d&#233;cha&#238;ne en de tels po&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Se retrouvent col&#232;re, n&#233;gociation, pulsions en un tel assemblage de vers et de proses po&#233;tiques jusqu'&#224; un &#171; insens&#233; mirage &#187; face &#224; la r&#233;alit&#233;. De fait existe une sorte d'Odyss&#233;e face &#224; des espaces satur&#233;s, l&#224; o&#249; les mots ne sont pas que des baumes ou des cataplasmes mais des accouchements progressifs face &#224; ce qui fut et ce qui arrive. Mais dans un tel cas les &#339;ufs durent.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste chez Juliette Brevilliero une ivresse du langage. Elle en n'est pas m&#233;galomaniaque mais reste juste face &#224; tout ce qui la et nous matraque. Elle se d&#233;robe &#224; la nuit et devient pour nous une guide. Louons donc sa sorte d'avidit&#233; scripturale par laquelle elle nous secourt au sein d'une spectaculaire alt&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes la col&#232;re est gla&#231;ante, parfois sans queue ni t&#234;te ou mouroir aux alouettes. Mais l'auteure poursuit son &#171; pas au-del&#224; &#187; cher &#224; Blanchot o&#249; parfois se touche le fond. Car la col&#232;re enfantine fait toucher un n&#233;ant sans fond, mais ici elle devient bien arm&#233;e (comme Mallarm&#233;) contre la r&#233;alit&#233; mais pour la v&#233;rit&#233;. P&#233;n&#233;tr&#233;e parfois de la sagesse de l'Inde, l'auteure se d&#233;gage de la rage des chiens en des sortes de valses d&#233;licates qui frisent parfois l'insouciance.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La verve de la cr&#233;atrice permet que la pens&#233;e par de tels mots provoque l'inconscient. C'est une mani&#232;re de faire fuser ce qui normalement et ailleurs se refuse tant l'infusion demeure nocturne. Et dans ses scansions (en partie de ses textes de prose po&#233;tiques) le noir de nuit perdure mais l'aube supplie de d&#233;gager les couleurs pass&#233;es et de s'&#233;treindre d'elle-m&#234;me loin de la nostalgie.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De chair et de chant, un tel livre devient une fontaine &#171; ub&#233;rale &#187; l&#224; o&#249; l'ineffable a bien des choses &#224; dire et &#224; monter. De plus l'auteure en transforme leurs paradoxes en explorant sa face cach&#233;e &#8212; &#226;me comprise. Sa col&#232;re est une facette avec laquelle il faut n&#233;gocier mais en devenant dupe de rien, &lt;i&gt;&#171; entre onirisme, r&#233;alit&#233; et surr&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt; comme l'auteure &#233;crivait lors d'une de ses interviews. Un tel &#171; &#233;tat des lieux &#187; fait grincer avec une sensorialit&#233; musicale et intelligente des promesses d'enchantements. Mais seront-elles toujours tenues ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_22988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/colere-juliette-brevilliero_livre.jpg' width=&#034;402&#034; height=&#034;640&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Juliette Brevilliero &#171; Col&#232;re &#187;, coll. Po&#233;sie, &#201;ditions Ma&#239;a, 2025, 124 p., 20,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alex Pinna </title>
		<link>https://www.tk-21.com/Alex-Pinna</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Alex-Pinna</guid>
		<dc:date>2025-11-30T16:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>sculpture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les bronzes quasi diaphanes du sculpteur italien Alex Pinna &#233;tablissent des voix dans le silence. Chaque &#339;uvre devient une trace cr&#233;pusculaire et l'&#233;l&#233;ment &#233;pars-perdu d'un troupeau diss&#233;min&#233;. Chaque pi&#232;ce, &#224; la recherche d'un appui, et donc livr&#233;e &#224; sa seule errance. Et l'artiste &#224; travers, elle fait d&#233;couvrir un mode presque solipsisme d'existence.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2767-2e43e.jpg?1772199436' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les bronzes quasi diaphanes du sculpteur italien Alex Pinna &#233;tablissent des voix dans le silence. Chaque &#339;uvre devient une trace cr&#233;pusculaire et l'&#233;l&#233;ment &#233;pars-perdu d'un troupeau diss&#233;min&#233;. Chaque pi&#232;ce, &#224; la recherche d'un appui, et donc livr&#233;e &#224; sa seule errance. Et l'artiste &#224; travers, elle fait d&#233;couvrir un mode presque solipsisme d'existence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exp&#233;rience opaque (qu'induit la mati&#232;re) renvoie &#224; l'opaque de nous-m&#234;mes. Poussant plus loin la recherche entam&#233;e par Giacometti, Alex Pinna joue de la fragilit&#233; (silhouettes longilignes et comme des bandes minces et qui ont parfois besoin de s'appuyer contre un mur pour tenir debout) et de la densit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il semble soudain que de telles &#233;pures dorment appuy&#233;es contre des murs. Mais elles peuvent tout autant repr&#233;senter des r&#234;veuses insomniaques qui n'ont qu'un souci : ne pas d&#233;ranger l'air dans lequel elles baignent. Les courants d'air peuvent bien faire bouger les rideaux : de telles silhouettes demeurent immuables. En se frottant &#224; elles, la lumi&#232;re, voulant entrer dans leur masse gr&#234;le, semble s'y d&#233;composer.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Lentement, imp&#233;rieusement, les personnages en bronze d'Alex Pinna semblent engag&#233;s vers leur disparition tant ils sont mis dans les situations o&#249; ils sont install&#233;s en situations pr&#233;caires et en bascule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose de la qualit&#233; de la possession leur appartient encore sur de tels &#171; leurres &#187;. Face &#224; l'effort de contr&#244;le, de coh&#233;rence de l'artiste, et par la mati&#232;re qui lui &#233;chappe forc&#233;ment, surgit la brusque &#233;toile d'une contraction du r&#233;el et la v&#233;rit&#233; incorpor&#233;e au plus profond du vide mais aussi de la pr&#233;sence et sa survie.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Existent l&#224; des paraboles et des r&#233;currences qu'engage un tel travail. Surgit ce dessous pas effet de surface, cette pr&#233;carit&#233; par effet de masse qui impose un silence le plus profond.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Alex Pinna nous rappelle ainsi combien nous sommes nuits de nos nuits. Et si des lumi&#232;res poussent sur les pentes de ses silhouettes, elles coulent par effet de rebonds sur possible au jour.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces personnages &#171; borderline &#187; (au sens le plus pr&#233;cis) semblent surgir issue des fontaines du bronze et deviennent des silhouettes oblongues et ce qu'elles ne sont pas : &#224; savoir des simulacres.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Apparemment monotones, r&#233;p&#233;titives, imperm&#233;ables &#224; ce qui les entourent (sinon leur point d'appui) chaque statue ressemble &#224; nos voix qui se sont tues. Elle semble nous dire : &#171; dors &#187; puisque notre attente est interminable, notre attente est sans nom.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Plac&#233;es dans l'espace de mani&#232;re &#224; en faire &#233;prouver le poids, de telles &#339;uvres en constituent comme des gouttes allong&#233;es et puls&#233;es l&#224; o&#249; paradoxalement tout semble sur le point de s'all&#233;ger (autre version du vertige ou de la chute).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, plus que s'appuyant contre un mur, elles l'&#233;tayent. C'est pourquoi la singularit&#233; des lignes et des d&#233;coupages de leurs formes, qui en s'exhaussant s'effacent, donne un effet &#224; la fois de pr&#233;carit&#233; et de fixation. En faisant effacer les d&#233;tails du corps, l'artiste en traduit l'essence au sein m&#234;me de la mati&#232;re. C'est par elle que surgit le plus impalpable du peu que nous sommes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
D'une pi&#232;ce &#224; l'autre, quelque chose change : mais Alex Pinna sait ne leur faire subir que des variations minimales. La silhouette de chaque &#339;uvre cr&#233;e de la sorte une succession d'imbrication et d'empi&#232;tement du quasi identique. Toutefois, chaque pi&#232;ce poss&#232;de son appel particulier, n&#233; ici d'une angoisse sourde (non brute mais comme distanci&#233;e) et un vertige identique. Dans son allongement, chaque silhouette propose un dur oreiller pour la m&#233;moire la plus profonde.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#339;uvre sc&#233;narise des r&#233;gions les plus &#233;loign&#233;es du corps qui se propagent en ses lignes droites mais pench&#233;es. Et si ses diff&#233;rentes pi&#232;ces semblent proches les unes des autres, existent des jonctions, d&#233;tours, pi&#232;ges, et &#171; quark &#187; du mythe de qui nous sommes telle que la m&#233;moire des profondeurs peut nous le rappeler.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#339;uvre de Pinna devient donc la m&#233;moire de cette m&#233;moire. C'est le &#171; mime &#187; de l'indicible d&#233;couvert par une technique qui donne &#224; chaque statue son rythme, son reflet de fant&#244;me. Il joue contre la pr&#233;sence et en devient la digression. Inlassablement, le regard s'abandonne &#224; de nouveaux angles que le travail de Pinna exp&#233;rimente pour mieux sugg&#233;rer, par une sorte de pr&#233;cision minutieuse des lignes, notre t&#233;nuit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Alex Pinna, &#171; Uncle Twine &#187;, exposition au Karara Art Center, Janvier 2025. &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22939 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/alex_pinna_outlook-tlsqf504.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/alex_pinna_outlook-tlsqf504.jpg' width=&#034;618&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>N'avoir qu'une ride et s'asseoir dessus</title>
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		<dc:date>2025-11-30T16:45:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le roman de Laura Vazquez cr&#233;e un alignement non seulement de phrases, mais d'impressions de choc. Apr&#232;s &#171; La semaine perp&#233;tuelle &#187;, la narratrice (semblable et s&#339;ur de ce nouveau roman) va droit dedans face au n&#233;ant qui guette. Elle n'est pas souvent de bonne humeur mais peut &#233;crire dans son appartement ou dans un bar vide pr&#233;f&#233;r&#233;. Elle ne veut pas savoir ce qu'elle a fait mais se sent sombre, veut dispara&#238;tre du temps et &#233;prouve de la naus&#233;e. Mais (via cette voix) la romanci&#232;re est aussi po&#232;te qui au sein de son haut-le-c&#339;ur sait mettre le bordel m&#234;me si au nom de l'&#233;criture elle semble conna&#238;tre la maladie de la mort (tr&#232;s, tr&#232;s largement partag&#233;e).&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH112/arton2766-0b49d.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le roman de Laura Vazquez cr&#233;e un alignement non seulement de phrases, mais d'impressions de choc. Apr&#232;s &#171; La semaine perp&#233;tuelle &#187;, la narratrice (semblable et s&#339;ur de ce nouveau roman) va droit dedans face au n&#233;ant qui guette. Elle n'est pas souvent de bonne humeur mais peut &#233;crire dans son appartement ou dans un bar vide pr&#233;f&#233;r&#233;. Elle ne veut pas savoir ce qu'elle a fait mais se sent sombre, veut dispara&#238;tre du temps et &#233;prouve de la naus&#233;e. Mais, via cette voix, la romanci&#232;re est aussi po&#232;te qui au sein de son haut-le-c&#339;ur sait mettre le bordel m&#234;me si au nom de l'&#233;criture elle semble conna&#238;tre la maladie de la mort &#8212; tr&#232;s, tr&#232;s largement partag&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vazquez_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/vazquez_2-b7fbe.jpg?1763461871' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au besoin, elle s'oppose &#224; tous ses textes, feint de les renier, de les abjurer. Mais &#224; d&#233;faut de rester po&#233;tesse, il faut que la romanci&#232;re vive. Et de plus : elle s'acharne. C'est une nouvelle version de Pierre Guyotat ou Fernando Pessoa et bien plus que Thomas Bernhard. Que je cite en exergue, qui me donne l'&#233;lan. Elle semble avancer parfois sans liaison, voire &lt;i&gt;&#171; sans conjuguer parfois les verbes, sans concentrer &#187;&lt;/i&gt;, mais ne nous trompons pas. Gr&#226;ce &#224; elle, &lt;i&gt;&#171; le beau est toujours bizarre &#187; &lt;/i&gt; (Baudelaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans un tel roman, c'est quelque chose de bizarre, faire quelque chose de bizarre. Qui risque de se passer. Elle se gratte la t&#234;te pendant bien plus de 20 ans. Mais c'est personnel ; elle pense que lorsqu'elle &#233;crit, elle ne le fait pas, ne s'arroge pas de fonction. N&#233;anmoins, parfois, elle &#233;crit couch&#233;e pour mesurer la place qu'elle prend l&#224; o&#249; nous sommes, vers la fin de la civilisation, du monde et de tout le monde. Comme Beckett, elle sait que Malone meurt. Molloy idem. Et comme Godot, Laura Vazquez n'encourage pas la reproduction, &#233;crit peu (enfin presque) et n'a pas envie de perdre tout le temps. Se dit tricheuse puisqu'elle s'est livr&#233;e &#224; la parole quand elle aurait d&#251;, ou qu'il aurait fallu, se taire. Mais ce n'est pas de sa faute : juste de sa main. Mais un tel roman est plus que m&#233;rit&#233; ! Il d&#233;coupe parfois ses bords. Porte les valises de quelqu'un qui n'existe plus ; Miley Cyrus y appara&#238;t en r&#234;ve ou en r&#233;clame publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, sa narratrice est 100% d'accord avec certains de ses sentiments (tous se composent &#224; 99, 99% d'eau de source inconnue). Une telle h&#233;ro&#239;ne se dit dans ses carr&#233;s de tours, un quart vivante, un quart morte, un quart robot, un quart rien &#8212; histoire d'affirmer que la r&#233;alit&#233; n'existe pas. Mais c'est pourquoi elle se met &#224; &#233;crire. Tous les jours (Ah traitresse !). Rectangle du papier ou de l'ordi portable qu'importe. Et toujours en esp&#233;rant que les prolongements de ses romans perdent tout le monde. Ils deviennent des n&#233;o-Eccl&#233;siastiques (probablement des canailles) qui sourient et effraient. Et qu'importe si ses propres souvenirs se font vieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, l'essentiel de Laura Vazquez, c'est faire des livres (et sans doute, bien s&#251;r, l'amour). Son h&#233;ro&#239;ne aussi. Elle dit &#224; propos de son auteure, qu'elle &#233;crit toujours la m&#234;me chose. Ce qui n'est pas faux, mais il faut en mettre une couche ; car une h&#233;ro&#239;ne-narratrice ajoute du neuf ou donne des armes contre son auteure. Si bien que celle-ci songe d&#233;j&#224; &#224; produire sur elle un rapport vengeur !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un tel roman vaut la peine d'&#234;tre mal v&#233;cu. Des vrilles d&#233;passent (car vu ses textes anciens, il a beaucoup grandi). C'est un ab&#238;me de foule, un trou noir d'o&#249; l'on ne peut plus sortir, mais on y trouve beaucoup d'arbres, des foules, des avenues, un peu d'oxyg&#232;ne pour les nouveaux gratte-ciels aux normes antisismiques. Et parfois encore quelques autoroutes &#224; deux &#233;tages pour admirer l'oc&#233;an des banlieues et, avec un peu de chance, l'horizon du Mont-Blanc jamais d&#233;gag&#233; de la pollution. Les d&#233;g&#226;ts progressent, parfois m&#234;me deviennent des r&#233;seaux. Bref, c'est le dictionnaire du pr&#233;sent et surtout sa descente. Mais &#224; sa mani&#232;re, la narratrice nous dit : &lt;i&gt;&#171; Tr&#232;s chers amis, quel plaisir ! &#187;&lt;/i&gt; tant il reste &#224; Laura du souffle dans toutes ses dimensions et gr&#226;ce aux clefs qu'elle nous offre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lara Vazquez, &lt;i&gt;&#171; Les Forces &#187;&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Sous Sol, 2025, 304 p., 22,50 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/les_forces_-_vazquez_laura.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/les_forces_-_vazquez_laura.jpg' width=&#034;546&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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