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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Lionel Loetscher</title>
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		<dc:date>2011-10-18T19:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lionel Geny</dc:creator>


		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>espace</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Articul&#233; sur la traditionnelle dichotomie Nature/Culture, l'ensemble du projet questionne les rapports de l'homme &#224; la Nature d&#233;sign&#233;e simultan&#233;ment comme concept, espace et repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/espace" rel="tag"&gt;espace&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton121-08dbd.jpg?1772247489' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Articul&#233; sur la traditionnelle dichotomie Nature/Culture, l'ensemble du projet questionne les rapports de l'homme &#224; la Nature d&#233;sign&#233;e simultan&#233;ment comme concept, espace et repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;[Sp&#233;cimen / [spesim&#949;n]/ (lat. specimen)]
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;nom commun masculin&lt;br class='autobr' /&gt;
1. &#202;tre ou objet repr&#233;sentatif qui donne une id&#233;e de l'esp&#232;ce ou de la cat&#233;gorie dont il fait partie.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Exemplaire, mod&#232;le, &#233;chantillon offert gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nom propre masculin&lt;br class='autobr' /&gt;
Antonomase inverse d&#233;signant Lionel Loetscher, plasticien dont les caract&#233;ristiques et les productions empruntent les attributs d&#233;finitionnels du nom commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Project Nature-Natures]&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nature &#187;, par del&#224; m&#234;me la d&#233;finition qu'en donne les dictionnaires est un territoire conceptuel qui d&#233;passe, transcende sa propre physicalit&#233; et qui est offert &#224; tous les possibles, les plausibles, les vraisemblances et les fictions de l'art. Elle n'est pas uniquement invoqu&#233;e pour des raisons &#233;cologiques. Elle est tour &#224; tour mat&#233;riau, repr&#233;sentation qui interroge la nature de l'Homme, la nature de la Nature, leurs conditions et l'&#233;ventail des probl&#232;mes soci&#233;taux qu'imposent leurs mutuelles interactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le questionnement sur l'id&#233;e de nature ne soit en rien une originalit&#233;, force est de constater la mont&#233;e des probl&#232;mes &#233;cologiques, l'industrialisation de masse et l'apparition des nouvelles sciences, il s'actualise et rev&#234;t diverses formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foi en la science ou adepte de la d&#233;croissance, l'opinion s'&#233;gare dans des paradoxes et ne trouve de r&#233;ponse convenable, l'aporie appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Cabinet de curiosit&#233;s]&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De prime abord, lorsque nous nous trouvons confront&#233; &#224; l'ensemble des productions de Lionel Loetscher, une impression de bric-&#224;-brac, de curiosit&#233;s s'esquisse. La Nature devient un motif. Motif de protestation chez les uns, motifs d'embellissement chez les autres. Une pulsion esth&#233;tique nous attire dans l'&#233;sot&#233;risme des formes bizarres : arbre dans un verre ; paysages cultiv&#233;s dans une baignoire, un &#233;vier, sur une table ; vermicelles conditionn&#233; en sachet, en flacon, en paquet ; &#233;chantillons de vieux papiers peints aux motifs floraux diverses contaminant les dessins digigraphiques, recherches et observations myrm&#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de d&#233;marches h&#233;t&#233;roclites de Lionel Loetscher, nous font penser au cabinet de curiosit&#233;s du XVIe et XVIIe si&#232;cle, o&#249; en un lieu (le book, l'atelier, l'espace d'exposition) est rassembl&#233;, collect&#233;, inventori&#233;, une multitude d'objets rares ou &#233;tranges repr&#233;sentant les trois r&#232;gnes contemporains : le monde animal et v&#233;g&#233;tal (naturalia), le monde humain avec ses r&#233;alisations (artificialia), et le monde informatique &#224; travers ses repr&#233;sentations (virtualia).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cabinet contemporain s'enrichit avec le d&#233;veloppement des explorations et exp&#233;rimentations de l'artiste et la d&#233;couverte de nouvelles terres magmatiques en constante mutation (des sciences, des technologies, du virtuel). Tant&#244;t cr&#233;ateur romantique, tant&#244;t scientifique en blouse blanche, tant&#244;t sociologue, anthropologue investi dans le champ social, Lionel Loetscher t&#233;moigne d'une immense libert&#233; dans laquelle &#233;merge des formes, un microcosme ou un r&#233;sum&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa qu&#234;te de l'id&#233;e de &#171; Nature &#187; l'am&#232;ne au final &#224; employer sciences et technologies, grand r&#233;cit, une fiction avec des h&#233;ros fourmis, des reconstitutions de paysages, des d&#233;tournements symboliques par lesquels le vermicelle devient une cellule souche du nouveau terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire naturelle dans le projet Nature-Natures, comporte son lot de merveilles dans lesquels se dessinent, se projettent mythologie, fascination, contemplation, craintes de l'Homme face aux &#233;nigmes de la Nature, de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nature oscille au ciel de ce cabinet dans l'incertitude de son &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne somme pas si loin de la Renaissance ou les merveilles qui constituent les cabinets de curiosit&#233;s ont eu leurs lots de fac&#233;ties et d'impostures face &#224; l'inexpliqu&#233;, l'indicible. Corne de licorne, oiseau de paradis, etc., encombrent les &#233;tag&#232;res et c&#244;toient les bizarreries naturelles fossiles, coquillages, oursins et autres. Cette p&#233;riode &#233;minemment contemporaine sur plus d'un point &#233;tait hant&#233;e, tourment&#233;e par l'id&#233;e de passage, de transmutation. L'alchimie &#233;tait l'affaire du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nature est agenc&#233;e, ordonnanc&#233;e, r&#233;pertori&#233;e, inventori&#233;e, falsifi&#233;e, hybrid&#233;e, d&#233;tourn&#233;e, expliqu&#233;e par la science et l'imaginaire de l'Homme. L'univers de Lionel Loetscher nous montre la vacuit&#233; de l'int&#233;rieur en nous pla&#231;ant dans un monde excentr&#233; reli&#233; &#224; des rhizomes insondable de r&#233;f&#233;rents maill&#233;s en r&#233;seau, offrant une structure ouverte aux lectures multiples et &#224; la prolif&#233;ration des r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proche d'un surr&#233;alisme, l'artiste distille une certaine substance po&#233;tique d'un r&#233;el hybrid&#233; &#224; un imaginaire, &#224; une fiction dans lesquels se m&#234;lent fables, sciences, arts. Le merveilleux est remis en cause par la rationalit&#233; car l'apparat s&#233;ducteur, la joliesse de ses productions cache en son fond les angoisses d'une soci&#233;t&#233;. Il est question de notre existence comme fiction et le faux semblant devient pilier de l'&#233;difice critique dans lequel on r&#233;it&#232;re l'ironie du sophiste : convoquer le simulacre pour questionner l'authentique. Le &#171; Faux vrai &#187; contribue &#224; l'&#233;laboration &#171; Vrai faux &#187;. Le faux est r&#233;habilit&#233; par la dignit&#233; car elle met en &#233;vidence une r&#233;alit&#233; devenue opaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Esp&#232;ce d'espace]&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard des &#339;uvres de Lionel Loetscher, nous sommes frapp&#233;s par ce sympt&#244;me d'&#171; Alice aux pays des merveilles &#187;. En effet, le monde que nous dresse l'artiste est nourri d'ornements (papiers peints, assiettes, lustres aux motifs floraux) d'agr&#233;ments visuels. Ce monde de superfluit&#233;s s&#233;ductrices nous fait adopter une posture contemplative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pays des merveilles, lieu commun empreint d'euph&#233;mismes, d'hyperboles, de litotes, de m&#233;taphores que nous traversons, donne des indications tr&#232;s pr&#233;cises sur notre univers tiss&#233; de s&#233;duisantes &#171; inqui&#233;tantes familiarit&#233;s &#187;. Dans ce monde de l'imaginaire, les objets avec lesquels nous cohabitons dans le r&#233;el se chargent d'une nouvelle symbolique. Les artefacts domestiques (fourchettes, rasoirs, pinces &#224; linge, vaisselle) habituellement inoffensifs se dramatisent, se d&#233;monisent, se surdimensionnent. Les vermicelles dont le jeu enfantin consiste &#224; construire de mani&#232;re ludique des mots, deviennent un motif contamin&#233; par ces maux contemporains (HIV, Guerre, terrorisme, attentat, contamination) d&#251;s &#224; la n&#233;o-barbarie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lionel Loetscher utilise tout un r&#233;pertoire de formes que l'on raccroche au monde de l'enfance (vermicelle, virtualisation du paysage qui fait penser aux jeux vid&#233;o, maquette comme espace de projection d'un monde id&#233;al recr&#233;&#233;, papier peint r&#233;f&#233;rant de la v&#233;tust&#233; chaleureuse de grand-papa et grand-maman) innocent, inoffensif qu'il d&#233;tourne avec le clinique, froid, violent monde des adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi s&#233;ductrice que peut l'&#234;tre une maquette de for&#234;t dans un &#233;vier, sur un carrelage, elle nous fait penser &#224; l'ambiance clinique de notre habitat, froid, blanc, carrel&#233;, &#224; la contamination, la moisissure. La chaleur d'un vieux papier peint aux motifs floraux est contredite par la froideur d'un design moderne de tank, d'obus. En somme, les contenants et les contenus se confondent, se confrontent, se heurtent, s'hybrident. Les &#171; alpages &#187; virtualis&#233;s ne sont pas une invitation au jeu, au tourisme, ils deviennent un champ de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La blancheur immacul&#233;e de la digigraphie est contamin&#233;e par l'ornement ostentatoire des motifs floraux. L'Homme est-il le contaminant ou le contamin&#233; dans sa culture de la Nature ? Ces m&#234;mes papiers peints aux &#233;vocations de chaleur, de confort, se chargent d'une dimension plus guerri&#232;re, celle de la culture bact&#233;riologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; R&#234;ve/R&#233;alit&#233;s &#187;, &#171; &#202;tre/para&#238;tre &#187;, &#171; Enfant/Adulte &#187; autant de dualit&#233;s plus que de mise dans notre soci&#233;t&#233; qui pr&#244;ne le spectacle, les loisirs, le ludique, le festif, l'eug&#233;nisme. Les relations conflictuelles que chacun entretient avec ces &#171; choses-concepts &#187;, cet [esp&#232;ce d'espace] de rencontres sont autant de manifestations de notre malaise physiologique que psychologique. On peut, &#224; partir de l&#224;, interpr&#233;ter cet itin&#233;raire comme une initiation au monde adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Paysage/Territoire]&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le travail de Lionel Loetscher, parler de merveilles, de curiosit&#233;s et interroger cette traditionnelle dualit&#233; Nature/Culture &#8212; Culture &#233;tant compris dans son acception la plus large int&#233;grant l'art, la science, les technologies, &#8230; &#8212; am&#232;nent &#224; questionner la domestication de la nature par l'homme &#224; travers l'invention du paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre son rapport au monde, &#224; son environnement l'Homme cr&#233;a des proc&#233;dures, des protocoles d'observation qui passent par la technologie. L'invention du paysage d&#233;bute par ces protocoles d'observation. L'environnement est pass&#233; sous lunette gr&#226;ce &#224; l'optique, isol&#233;, conditionn&#233; par tout un appareillage scientifique dans des fins d'observation et de compr&#233;hension du monde. Puis, l'Homme en fabrique des images. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'hypoth&#232;se est alors de rencontrer le R&#233;el dans une proc&#233;dure que l'on fabrique. On en tire des lois, des sciences et nous exer&#231;ons, de fait, une foi aveugle envers cette proc&#233;dure. Dans le domaine artistique, ces proc&#233;dures r&#233;gies en grande partie par la science, prennent en fonction de l'&#233;poque le nom de st&#233;nop&#233;, de quadratura, de perspective, de camera obscura, d'appareil photographique, d'image de synth&#232;se, etc. Elles appareillent notre observation afin de poser le monde comme &#233;tant monde. Chaque &#233;poque et chaque territoire culturel a eu son quota de v&#233;rit&#233;s (le nombre d'or, la perspective, effet de ressemblance et celui de vraisemblance) sur le rapport de la R&#233;alit&#233;, avec nos repr&#233;sentations du monde. Nous savons pourtant bien que la mani&#232;re de repr&#233;senter n'est que le r&#233;sultat d'un consensus, d'affaires d'&#233;coles, d'acad&#233;mies, d'id&#233;ologies religieuses ou politiques. Voir, c'est l'addition de documents, de connaissances scientifiques, culturelles, sociales et religieuses. C'est une exp&#233;rience intime et collective de notre appr&#233;hension d'un R&#233;el. L'image catalyse et synchronise l'observation qu'il y a entre le monde et nous. Cette distance serait ainsi l'image qui se forme dans la conscience. Par ce principe, notre mani&#232;re d'appr&#233;hender aujourd'hui le monde via l'image, serait une connaissance g&#233;n&#233;rique qui fonde globalement nos attitudes et proc&#233;dures op&#233;ratoires dans l'observation du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de l'optique &#224; la Renaissance, avec la red&#233;couverte d'Euclide, s'efforce de mettre &#224; jour toutes les r&#232;gles qui r&#233;gissent la nature. C'est ce que fait Alberti lorsqu'il pose, pour la premi&#232;re fois, les jalons techniques permettant de tracer une perspective correcte. Il accompagne son explication de cet argument : &#171; repr&#233;senter le monde qui nous entoure r&#233;clame, de l'artiste, une connaissance scientifique des lois qui le r&#233;gissent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans tout processus &#171; apprentissage &#187; (processus d'acquisition de pratiques, de connaissances, comp&#233;tences, d'attitudes ou de valeurs culturelles) qui consiste &#224; acqu&#233;rir ou &#224; modifier une repr&#233;sentation d'un environnement de fa&#231;on &#224; permettre avec celui-ci des interactions efficaces ou de plus en plus efficaces, se succ&#232;dent &#224; la phase d'observation, l'imitation, l'essai, la r&#233;p&#233;tition, la pr&#233;sentation. N&#233; de la perspective, le paysage (ic&#244;ne de la Nature), est un espace de glissement de l'artificiel sur le naturel, et qui rend les objets visibles dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une invention qui tient lieu de fondation pour la r&#233;alit&#233; sensible, sans que nous ne soyons conscients des artifices de notre perception. Le sentiment de satisfaction que chacun &#233;prouve devant un paysage est la forme implicite qui attend son &#171; remplissement &#187;, son accomplissement. Aussi le caract&#232;re implicite du paysage vient du sentiment de sa perfection. Notre &#233;tonnement, notre malaise vient de ce que nous puissions avoir un tel sentiment devant des assemblages construits aussi peu naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la transformation des rep&#232;res due &#224; l'explosion de l'espace, la notion de paysage entre in&#233;vitablement en crise. Non pas &#224; cause des d&#233;gradations que l'homme fait subir au sol, au climat, &#224; la faune et &#224; la flore, mais parce que le syst&#232;me formel sur lequel repose la notion de paysage s'effondre devant la d&#233;couverte des espaces virtuels infinis. Apparaissent des mots comme &#171; site &#187; qui vient simultan&#233;ment signifier le r&#233;el (g&#233;ographie) et le virtuel (t&#233;l&#233;informatique). Naturalisation de la technique, acculturation de la nature, l'espace est plac&#233; au c&#339;ur de la r&#233;flexion de Lionel Loetscher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du jardin &#224; la fran&#231;aise au site internet, les espaces se g&#233;om&#233;trisent. Ils sont cadr&#233;s, quadratur&#233;s, conditionn&#233;s. Ces espaces dans l'&#339;uvre de l'artiste deviennent alternativement contenant-contenu conditionn&#233;, accommod&#233;, physiquement, symboliquement, esth&#233;tiquement. Sur le fond comme sur les formes, les questions qu'invoque Lionel Loetscher avec le merveilleux, le motif floral, la reconstitution d'un paysage en maquette, en virtuel confront&#233;, superpos&#233;, juxtapos&#233; &#224; un espace blanc minimaliste, g&#233;om&#233;trique, clinique, cr&#233;ent une tectonique. L'univers de Lionel Loetscher, c'est la superposition d'un jardin &#224; la fran&#231;aise sur un &#233;chiquier. Ces projets artistiques sont des topographies, des cartographies qui oscillent entre plan d'embellissement et plan d'occupation de site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tectonique de deux mondes : enfance/adulte, imaginaire/r&#233;el, virtuel/r&#233;el, contemplation/exp&#233;rimentation, art/science, nature/culture, nous offre pour notre d&#233;lectation visuelle, un jardin &#224; ambition esth&#233;tique et symbolique qui porte &#224; son apog&#233;e l'art de corriger la nature pour y imposer la sym&#233;trie. Il exprime le d&#233;sir d'exalter dans le v&#233;g&#233;tal, le triomphe de l'ordre sur le d&#233;sordre, de la culture sur la nature sauvage, du r&#233;fl&#233;chi sur le spontan&#233;. Positionn&#233; sur une terrasse sur&#233;lev&#233;e, le spectateur saisi d'un seul coup d'&#339;il l'agencement d'un jardin dont l'harmonie est savamment calcul&#233;e dans le dessin des parterres et l'emploi des surfaces d'eau, de compartiments de verdure qui s'ordonnent sur des plans g&#233;om&#233;triques et un axe ordonn&#233; sym&#233;triquement. Ce jardin &#224; la fran&#231;aise offre des compartiments occup&#233;s par des broderies v&#233;g&#233;tales (papier peint).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la contemplation s'immiscent insidieusement l'effroi, le doute. La nature est domestiqu&#233;e, ordonnanc&#233;e, ordonn&#233;e selon des principes scientifiques. La magie de l'art est peu &#224; peu &#233;branl&#233;e par la r&#233;alit&#233; de la science. Du paysage, nous glissons vers un territoire qui use des m&#234;mes principes g&#233;om&#233;triques : l'&#233;chiquier. Les pi&#232;ces qui l'occupent peuvent &#234;tre belles. Il ne reste que le principe qui gouverne ce monde, nous glace : la victoire du r&#233;fl&#233;chi sur le spontan&#233;, ordre, manipulation, agencement, contamination. La Nature est dans une &#233;prouvette, conditionn&#233;e, pour le meilleur des mondes. Un nouvel ordre s'instaure dans cette topographie. 64 cases, 2 camps, l'IGN, nous indique des rang&#233;es : lignes horizontales, des colonnes : lignes verticales, des diagonales un centre : les 4 cases centrales (d4, e4, d5, e5) des ailes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arbres en D4, nous en E5 : Echecs !! Evitons le Mat !&lt;br class='autobr' /&gt;
Coup de Lothar2, partie de 1999 &#224; Versailles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Replie : coup de Copenhague3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de revendications &#233;cologiques dans le travail de Lionel Loetscher, juste une exp&#233;rimentation. Dans la serre de notre [Sp&#233;cimen], contamin&#233; par l'effluve d'un kit initiatique du petit chimiste en &#233;bullition, notre besoin de nature est combl&#233; par un gaz &#224; effet de r&#234;ve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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