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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Wanda Mihuleac ou la d&#233;mocratie des sens &#8212; II/II</title>
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		<dc:date>2020-05-31T20:35:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Wanda Mihuleac</dc:creator>


		<dc:subject>installation</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Dans son travail plastique proprement dite, Wanda Mihuleac brasse toutes sortes de mat&#233;riaux, notamment d'origine naturelle. Confronter plusieurs disciplines artistiques appara&#238;t donc in&#233;vitable dans la logique de sa d&#233;marche esth&#233;tique. De plus cette probl&#233;matique rejoint certaines pr&#233;occupations philosophiques r&#233;centes comme le montre avec pr&#233;cision la seconde partie de cet essai sur son &#339;uvre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/installation" rel="tag"&gt;installation&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH134/arton1697-50309.jpg?1772245732' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='134' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son travail plastique proprement dite, Wanda Mihuleac brasse toutes sortes de mat&#233;riaux, notamment d'origine naturelle. Confronter plusieurs disciplines artistiques appara&#238;t donc in&#233;vitable dans la logique de sa d&#233;marche esth&#233;tique. De plus cette probl&#233;matique rejoint certaines pr&#233;occupations philosophiques r&#233;centes comme le montre avec pr&#233;cision la seconde partie de cet essai sur son &#339;uvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1991, poursuivant inlassablement sa qu&#234;te d'une confrontation entre plusieurs modes d'expression artistique, Wanda Mihuleac con&#231;oit la sc&#233;nographie de &lt;i&gt;Laborinthe&lt;/i&gt; avec un texte de Jean-Clarence Lambert, une musique enregistr&#233;e de Horia Surianu &#224; partir d'une &#339;uvre pour saxophone, la bande magn&#233;tique ayant &#233;t&#233; finalis&#233;e par Jacques Grison. &#192; cette occasion, elle a r&#233;alis&#233; des sculptures en laiton et des projections sur les murs de la Salle Byzantine de l'h&#244;tel particulier de la Comtesse de B&#233;hague. W. Mihuleac ne consid&#233;rait pas cet &#233;v&#233;nement comme un spectacle au sens traditionnel du terme, bien qu'elle ait &#233;labor&#233; une sorte de d&#233;cor pour ce projet, sous la forme de projections. Il ne s'agissait pas d'images vid&#233;o, mais plut&#244;t ce qu'elle qualifierait d'une &#171; projection &#224; l'ancienne &#187; car, en 1991, arriv&#233;e depuis peu de Roumanie, elle ne disposait pas des moyens techniques en question. Elle a donc d&#251; proc&#233;der &#224; une projection de diapositives en utilisant un petit appareil qu'elle tenait sur ses genoux ; la dimension des images &#233;tait de plus de 2 m&#232;tres au carr&#233;. Les images reproduisaient, sur le c&#244;t&#233; lat&#233;ral de la sc&#232;ne, le mot &#171; laborinthe &#187;, &#233;crit avec des morceaux de saxophone, en laiton. L'avantage de cet appareil, de fabrication sovi&#233;tique, c'est qu'il &#233;tait l&#233;ger et pouvait donc bouger, ce qui donnait &#224; Wanda la possibilit&#233; de d&#233;placer les images afin de produire une impression de mouvement, m&#234;me si cela n'&#233;tait pas vraiment assimilable &#224; de la vid&#233;o. La musique intervenait parfois en contrepoint de la lecture du texte, dans une traduction en roumain.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14968 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;183&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH666/4_laborinthe_spectacle-838bb.jpg?1772213651' width='500' height='666' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Laborinthe spectacle pluridisciplinaire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;texte de Jean-Clarence Lambert, musique de Horia Surianu, sc&#233;nographie de Wanda Mihuleac, H&#244;tel de B&#233;hague, Ambassade de Roumanie, Paris 1991
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; En 1991 eut aussi lieu un festival de musique fran&#231;aise &#224; la Maison de la Radio de Bucarest et l'on m'a demand&#233; &#224; cette occasion si je pourrais imaginer un contrepoint visuel. Toutefois, je ne souhaitais pas introduire quelque &#233;l&#233;ment tape-&#224;-l'&#339;il, qui interviendrait au premier plan, car je tiens &#224; cette d&#233;mocratie des sens que j'&#233;voquais pr&#233;c&#233;demment. Le r&#244;le attribu&#233; aux arts plastiques n'est pas toujours d'occuper la place principale. Et c'est ainsi qu'est n&#233; le projet &#171; avantson &#187; auquel participait Daniel Kientzy. Le titre reposait une fois encore sur un jeu de mot. Il s'agissait de proposer un &#233;v&#233;nement qui se situe avant que les gens viennent &#233;couter un concert consacr&#233; &#224; la musique contemporaine. Cela se passait dans un tr&#232;s grand hall. J'avais choisi de r&#233;unir les housses, caisses et &#233;tuis des instruments destin&#233;s &#224; &#234;tre entendus lors du concert qui allait suivre, ces emballages &#233;tant comme travaill&#233;s en tant que sculptures ; j'ai donc con&#231;u une sorte de promenade parmi ces &#233;tuis plac&#233;s sur la sc&#232;ne. Dans tout cela, il y avait l'id&#233;e de l'absence, de l'attente &#8211; voire du vide &#8211;, puisque le son, c'&#233;tait ce qui allait se produire ult&#233;rieurement, au moment du concert. D'une certaine mani&#232;re, les instruments &#233;taient pr&#233;sents par l'interm&#233;diaire des &#233;tuis, comme en creux. On entendait pourtant d&#233;j&#224; leurs sonorit&#233;s, dans la mesure o&#249; les musiciens les accordaient, m&#234;l&#233;s aux bruits du public qui arrivait dans la salle. C'&#233;tait comme un pr&#233;ambule &#224; quelque chose en train de se faire. Dans un vaste &#233;tui de contrebasse, j'avais par ailleurs cach&#233; un mod&#232;le f&#233;minin vivant, vu de dos, et qui bougeait. Le titre &#171; Avantson &#187; insinuait &#233;galement le fait qu'il s'av&#233;rait plus que n&#233;cessaire d'avancer une fois pour toutes dans la compr&#233;hension de la musique et des arts plastiques. Cette installation est rest&#233;e pendant toute la dur&#233;e du festival, c'est-&#224;-dire une dizaine de jours (exception faite, bien s&#251;r, du mod&#232;le vivant).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14967 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;93&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_cd_livre.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/3_cd_livre-b7f8f.jpg?1591002758' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Page du livre d'artiste &#171; vox clamantis in deserto, avec le CD, musique de J.Y.Bosseur
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une autre r&#233;alisation, bas&#233;e sur la photo et la vid&#233;o, avait pour titre &lt;i&gt;La voix qui se voit&lt;/i&gt;. Waanda Mihuleac l'a concr&#233;tis&#233;e dans le cadre de ses &#233;tudes &#224; l'Universit&#233; de Paris I, le sujet de sa th&#232;se portant sur la d&#233;construction dans les plastiques, un de ses th&#232;mes de pr&#233;dilection. C'est &#224; cette &#233;poque qu'elle a rencontr&#233; Jacques Derrida, avec qui elle a publi&#233; trois livres. Dans le troisi&#232;me, &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;, figure aussi un CD dans lequel sa voix est accompagn&#233;e par une musique en partie &#233;lectroacoustique de D. Kientzy. Elle lui a pr&#233;sent&#233; cette vid&#233;o, influenc&#233;e par sa philosophie. Le film a &#233;t&#233; diffus&#233;, en la pr&#233;sence du philosophe, dans la galerie Est-ouest, &#224; New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du vernissage, Derrida a justement donn&#233; une conf&#233;rence au cours de laquelle il s'est exprim&#233; sur les relations entre image et texte, ainsi que sur l'art de la greffe et sur les tableaux et installations de W. Mihuleac associ&#233;s &#224; cette th&#233;matique. Dans le film, on ne voyait que la bouche de Sarah Lallemand, qui mimait une &#233;mission de sons. &#192; la fin, dans sa bouche &#233;tait cach&#233; un &#339;il de verre. Une chanteuse d'op&#233;ra, S&#233;lima, r&#233;agissait aux images en question en improvisant alors une m&#233;lop&#233;e tr&#232;s violente, ponctu&#233;e de cris, sur une unique phrase &#171; la voix, la voix, la voix qui se voit &#187;, comme s'il s'agissait d'une post-synchronisation, un peu &#224; la mani&#232;re d'un &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_or_livre_j_d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/6_or_livre_j_d-b638b.jpg?1591002758' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Livre OR avec un CD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;(la voix de J.Derrida et la musique &#233;lectro-acoustique de D.Kientzy
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; &lt;i&gt;Est&lt;/i&gt; consiste en une installation vid&#233;o de grande dimension (2 m. sur 10 m. environ), au sein de laquelle les gens pouvaient se d&#233;placer, et qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e &#224; l'occasion d'une exposition au Mus&#233;e d'art contemporain de Bucarest en 1996. Elle se pr&#233;sentait sous la forme d'un mur avec des miroirs concaves flexibles accroch&#233;s &#224; une structure m&#233;tallique de forme semi-circulaire. Au centre &#233;tait &#233;rig&#233;e une colonne en fer comprenant trois postes de t&#233;l&#233;vision &#224; l'ancienne. J'avais cr&#233;&#233; un rouleau tr&#232;s abstrait &#224; partir des trois couleurs des drapeaux fran&#231;ais (bleu, blanc, rouge) et roumain (bleu, jaune, rouge). Le glissement entre les deux drapeaux s'op&#233;rait facilement puisque seule une couleur diff&#233;rait. Comme les images se refl&#233;taient dans le miroir de fa&#231;on assez d&#233;construite, on voyait le public qui devenait d&#233;form&#233;, ainsi que le mot &#171; est &#187;, qui se d&#233;composait &#233;galement. La bande-son avait &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e par D. Kientzy &#224; partir, notamment, de la voix de Jacques Derrida qui lisait son texte &lt;i&gt;Est&lt;/i&gt;, &#233;crit pr&#233;cis&#233;ment pour cette installation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_vlcsnap.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/7_vlcsnap-bedb0.jpg?1591002759' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; La voix qui se voit &#187; vid&#233;o avec les vocalises de Selima
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette occasion, Derrida a d&#233;clar&#233; en particulier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; Tout cela fait une &#339;uvre impressionnante, &#224; la fois par sa diversit&#233;, par la diversit&#233; de ses supports, de ses &#233;l&#233;ments, par sa dur&#233;e, mais aussi par la multiplicit&#233; des m&#233;diums en quelque sorte ; tout &#224; l'heure je disais, il y a le corps, la greffe, il y a diff&#233;rents arts, la musique. La musique est incorpor&#233;e, non seulement dans l'&#339;uvre que vous avez vue en bas, &lt;i&gt;La voix qui se voit&lt;/i&gt;, mais m&#234;me dans &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;, il y a ma voix, et aussi l'intervention d'un musicien fran&#231;ais &#8211; le saxophoniste Daniel Kientzy &#8211;, et donc la possibilit&#233; musicale, l'enregistrement ; en cons&#233;quence, la technique de reproduction musicale est incorpor&#233;e dans le corps m&#234;me de l'&#339;uvre singuli&#232;re. Donc tout cela est &#224; la fois tr&#232;s impressionnant par la richesse, la diversit&#233; des lieux, des milieux, des m&#233;diums, mais aussi par la coh&#233;rence, par l'insistance, par l'unit&#233; du projet, parce qu'&#224; travers toute cette galerie d'&#339;uvres &#224; la fois si diverses et chaque fois singuli&#232;res, il y a une pens&#233;e qui est continue, insistante, pers&#233;v&#233;rante et cons&#233;quente avec elle-m&#234;me, et c'est sa signature.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14972 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;234&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_rouge.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/3_rouge-3f719.jpg?1591002759' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Rouge &#187; spectacle pluridisciplinaire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;po&#232;me de Maria Mailat, musique de Philippe di Betta, interpr&#233;t&#233;e au saxophone par di Betta, performeuse A.Seel, sc&#233;nographie et costumes Wanda Mihuleac, Th&#233;&#226;tre-Po&#232;me, Bruxelles, 2003
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1999, &#224; l'invitation du Th&#233;&#226;tre Po&#232;me de Bruxelles pour le festival international &#171; &#192; corps et &#224; cri &#187;, dirig&#233; par l'actrice et metteur en sc&#232;ne Monique Dorsel, W. Mihuleac pr&#233;senta &lt;i&gt;R0UGE &#224; pleine gorge&lt;/i&gt; de la po&#233;tesse et romanci&#232;re d'origine roumaine Maria Ma&#239;lat, pour laquelle elle a con&#231;u &#224; la fois la sc&#233;nographie et les costumes. Il s'agissait d'un monologue avec voix (l'auteure lisait elle-m&#234;me son texte) et saxophone. Philippe Di Betta qui en avait compos&#233; et jou&#233; la musique, une sorte de tango plut&#244;t violent, t&#233;moigne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; Suivant des th&#233;matiques po&#233;tiques et musicales sugg&#233;r&#233;es par Maria, la musique (enregistr&#233;e par moi, avec essentiellement des percussions, un synth&#233;tiseur et des saxophones) s'est cr&#233;&#233;e comme un album de &#171; souvenirs(mots)-images(d&#233;cor)-ambiance sonore &#187;, dans une conception et volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#171; artisanale &#187; (quasi improvis&#233;e, impr&#233;cise et avec un sentiment d'instantan&#233;) pour accentuer la force po&#233;tique et engag&#233;e du discours-d&#233;cor. Wanda a voulu un passage du musicien, en direct, pour fusionner encore davantage la pr&#233;sence de la musique dans la cr&#233;ation du spectacle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervenait aussi une performeuse qui &#171; promenait &#187; sur la sc&#232;ne les costumes de la plasticienne ; ceux-ci comportaient des allusions &#224; la p&#233;riode communiste, ce qui explique la pr&#233;sence de la faucille et du marteau en velours rouge qu'elle portait comme un porte-jarretelles ou un chapeau ; &#224; proximit&#233; &#233;tait plac&#233; un rideau sur lequel &#233;tait inscrit le sigle Coca Cola ; il y avait donc une opposition entre deux p&#244;les, le rouge du couple faucille/marteau et cette m&#234;me couleur correspondant &#224; la publicit&#233; pour cette c&#233;l&#232;bre boisson (&#224; cette occasion, W. Mihuleac avait repris des &#233;l&#233;ments d'une installation qu'elle avait r&#233;alis&#233;e au Th&#233;&#226;tre Marbeuf, et qui jouait aussi sur un ph&#233;nom&#232;ne de balance entre les pays de l'est et de l'ouest, comme entre la faucille et le marteau). En 2004, cet &#233;v&#233;nement donna lieu &#224; un livre accompagn&#233; d'un CD, aux &#233;ditions Transignum.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14969 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;134&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/5_vox_clamantis-06bee.jpg?1591002759' width='500' height='750' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Vox clamantis in deserto &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;installation texte de Marie-Jos&#233; Mondzain, musique de J.Y.Bosseur, galerie Vitoux Paris, 1998
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; &#192; mon avis, une des r&#233;alisations les plus abouties a &#233;t&#233; par ailleurs &lt;i&gt;Vox clamantis in deserto&lt;/i&gt; (2001). D'abord en raison du texte &#233;crit par Marie-Jos&#233; Mondzain, qui s'est beaucoup exprim&#233;e sur le pouvoir des images. Ensuite, en tant que plasticienne, j'ai eu l'id&#233;e d'explorer le ph&#233;nom&#232;ne de l'image en miroir ; un des questionnements touchait &#224; la notion de narcissisme ; ou plut&#244;t de narcissit&#233;, jeu de mot qui associe narcisse et c&#233;cit&#233;. Dans la cave vo&#251;t&#233;e de la galerie Pierre-Marie Vitoux, dans le Marais, on avait plac&#233; un grand miroir et suspendu des cloches de 25 cm de haut environ. L'image d'une bouche de femme agrandie qui crie, parle ou se r&#233;volte (d'o&#249; le titre), avait &#233;t&#233; dissimul&#233;e dans chaque cloche. Cette bouche ne pouvait donc pas &#234;tre vue directement, mais seulement &#224; travers son reflet dans le miroir, sorte de second degr&#233; de l'image. C'&#233;tait tout un jeu sur les notions d'apparition et de disparition. Dans la mesure o&#249; il se d&#233;pla&#231;ait, le spectateur pouvait se voir dans le miroir parmi les bouches, se retrouvant donc plus ou moins malgr&#233; lui comme inclus dans le projet, participant &#224; l'image. La probl&#233;matique, c'est de chercher &#224; savoir ce que l'on donne &#224; voir aux autres. Mon id&#233;e, c'&#233;tait que l'on ne per&#231;oive pas les voix, et dans ce cas, c'est la musique de Jean-Yves Bosseur qui a cr&#233;&#233; une forme de r&#233;sonance, amplifiant cet &#233;cho, car elle faisait entendre huit voix en relation avec les huit images de bouche dispos&#233;es dans les cloches.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14966 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;126&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_avant_1991_installation.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/2_avant_1991_installation-76652.jpg?1591002759' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Avant-son &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;installation &#224; la Maison de la Radio, Bucarest, Festival de la musique contemporaine fran&#231;aise, 1991
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jean-Yves Bosseur avait propos&#233; deux s&#233;quences vocales enregistr&#233;es. L'une, pr&#233;sent&#233;e en diptyque, &#233;tait bas&#233;e sur un entrelacs polyphonique de quatre voix f&#233;minines r&#233;alis&#233; sous la forme d'un &lt;i&gt;rerecording&lt;/i&gt; (la chanteuse &#233;tait H&#233;l&#232;ne Ruggeri). L'autre &#233;tait de caract&#232;re beaucoup plus vertical et homophonique. Il s'agissait d'une suite d'accords assez complexes, entrecoup&#233;s de silences, pour un groupe de 8 voix mixtes (les interpr&#232;tes &#233;taient les solistes du Collegium vocal de Gand). Dans les deux cas, toute connotation s&#233;mantique &#233;tait comme brouill&#233;e ou effac&#233;e, les &#233;l&#233;ments phon&#233;tiques &#233;tant &#233;nonc&#233;s en de&#231;&#224; de toute signification. Le son est bien s&#251;r d&#233;terminant dans cette installation o&#249; l'on voit la voix qui se voit dans le miroir, tout en entendant la voix en vrai (ou en tout cas sous forme d'enregistrement). Ult&#233;rieurement, une nouvelle mise en espace de &lt;i&gt;Vox clamantis&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; con&#231;ue pour le mus&#233;e d'art contemporain de Budapest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, en collaboration avec Bruno Michelet, W. Mihuleac a r&#233;alis&#233; un film vid&#233;o, &lt;i&gt;Dans la peau de la peau&#233;sie&lt;/i&gt;, dans lequel on pouvait entendre les voix de deux po&#232;tes, Jean Portante et Magda C&#259;rneci, mix&#233;es avec une musique &#233;lectroacoustique de Jean-Louis Dhermy. Ce film a ult&#233;rieurement donn&#233; lieu &#224; une performance dans&#233;e en plein air dans le cadre de &#171; La nuit blanche &#187;, le 6 octobre 2007, de 20h &#224; 6h du matin, par des &#233;tudiants de l'&#201;cole des Beaux-Arts, rue de la Roquette, &#224; Paris. Wanda en avait con&#231;u les costumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; En 2006, j'ai aussi r&#233;alis&#233; &lt;i&gt;La g&#233;ographie sonore&lt;/i&gt; avec un texte d'Alain Jouffroy, une cr&#233;ation musicale de Horia Surianu, qu'il a intitul&#233;e &lt;i&gt;La carte sonore&lt;/i&gt;. On pouvait voir des projections de morceaux de cartes g&#233;ographiques sur lesquelles j'ai &#233;crit le texte de Jouffroy. Il le lisait lui-m&#234;me et son intervention &#233;tait parfaitement int&#233;gr&#233;e &#224; la musique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Horia Surianu d&#233;clare &#224; propos de cette collaboration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; L'intersection entre la d&#233;marche po&#233;tique d'Alain Jouffroy et la musique qui l'accompagne, et que j'ai improvis&#233;e en collaboration avec Daniel Kientzy se trouve au niveau de la rupture et de l'impr&#233;vu. Le style &#171; jet&#233; &#187; du po&#232;te se traduit par les cassures de bouteilles de verre qui parfois &#171; explosent &#187; avec violence ou sont &#171; caress&#233;es &#187; avec douceur dans une improvisation qui cherche des contrastes. Les sons harmoniques de saxophone jou&#233;s en continu, improvis&#233;s par Daniel Kientzy donnent une autre dimension contrastante par rapport aux explosions de verres en cr&#233;ant un &#233;l&#233;ment de continuit&#233; entre les ruptures et un trajet &#171; presque pr&#233;vu &#187; dans un environnement sonore de verres cass&#233;s toujours impr&#233;vu. Les contrastes des sens du texte et la r&#233;citation sonore aussi tr&#232;s contrastante de la voix d'Alain Jouffroy se retrouvent avec la musique dans une structure profonde, parfois antagoniste, cr&#233;e par les sons de verres et la trame sonore en continu du saxophone. Cette d&#233;marche musicale qui fait coexister la discontinuit&#233; avec la continuit&#233; et qui se m&#233;lange avec la po&#233;sie sonore r&#233;cit&#233;e par Alain Jouffroy offre un &#171; cocktail &#187; explosif.&lt;/i&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, &lt;i&gt;Noli me tangere&lt;/i&gt; suscite une nouvelle forme d'&#233;changes entre plusieurs moyens d'expression. Dans son texte, Davide Napoli entrecroise quatre langues (fran&#231;ais, latin, italien et roumain), tandis que Wanda Mihuleac con&#231;oit un &#171; design chor&#233;graphique &#187; incarn&#233; par la pr&#233;sence d'Isabelle Maurel et la contribution musicale de l'altiste Cornelia Petroiu, qui avait r&#233;alis&#233; pour la circonstance un montage d'extraits d'&#339;uvres de 15 compositeurs diff&#233;rents qu'elle a repris &#224; son compte de mani&#232;re tout &#224; fait personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; &lt;i&gt;Noli me tangere&lt;/i&gt; est n&#233; du croisement de plusieurs projets : celui de Wanda Mihuleac, d&#233;di&#233;e aux beaux livres ; celui de Davide Napoli, &#224; l'origine du texte ; et celui d'Isabelle Maurel, chor&#233;graphe toujours en qu&#234;te de postures myst&#233;rieuses. Quand Wanda me demanda de chercher des morceaux pour ce projet, je me suis sentie d&#233;rout&#233;e. Cependant, par la suite, je me suis habitu&#233;e &#224; &#233;couter les paroles m&#234;l&#233;es au son de l'alto. Cette combinaison est vraiment magique et fait r&#234;ver. Comme toujours, quand Wanda me parla de son nouveau projet, je fus s&#251;re qu'il d&#251;t lui ressembler : myst&#232;re, surprise, f&#233;minit&#233;... oui, la couleur de la f&#233;minit&#233;, c'est Wanda.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Cette fois-ci, elle me parla du projet &lt;i&gt;Noli me tangere&lt;/i&gt;. D&#232;s que j'entendis les premi&#232;res paroles, je compris que j'avais bien anticip&#233; : l'inattendu &#233;tait bien l&#224; avec la voix de Davide Napoli, masculine et p&#233;n&#233;trante, pleine de mille nuances, la belle tenue majestueuse d'Isabelle Maurel, la chor&#233;graphe, auxquels se rajoutait mon alto glissant sur divers registres, autant de promesses d'accomplissement. Chacun des interpr&#232;tes aurait &#224; parcourir un trajet en dehors de la r&#233;alit&#233;, dont le syncr&#233;tisme ferait fondre les limites jusqu'&#224; faire appara&#238;tre...Wanda. Si on la regardait, on ne verrait pas un r&#233;gisseur mais l'&#226;me m&#234;me du jeu artistique.&lt;/i&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016-17, W. Mihuleac entreprend un tr&#232;s ambitieux projet auquel ont contribu&#233;, comme son titre l'indique, plus d'une centaine d'artistes et d'&#233;crivains, &lt;i&gt;101 livres-ardoises&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les multiples apports, l'&#233;criture musicale a tout naturellement trouv&#233; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8212; Pour l'ouvrage &lt;i&gt;101 livres-ardoises&lt;/i&gt; (2016-17) on a travaill&#233; &#224; partir d'un rouleau d'orgue de barbarie qui comportait d&#233;j&#224; un certain nombre de perforations, ce qui fait que Jean-Yves Bosseur a &#233;crit sur un support qui &#233;tait impr&#233;gn&#233; d'une pi&#232;ce musicale pr&#233;existante. Cela est devenu une sorte de r&#233;&#233;criture, de palimpseste, de paraphrase, visuellement tr&#232;s stimulante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cas du livre-ardoise, l'id&#233;e &#233;tait d'avoir une continuit&#233;, de jouer sur l'horizontalit&#233; de la partition qui se d&#233;ployait, alors que, dans le cas de &lt;i&gt;Vox clamantis in deserto&lt;/i&gt;, c'&#233;tait l'axe vertical qui pr&#233;dominait.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le livre-ardoise qu'elle m'a propos&#233; de concevoir, W. Mihuleac, m'avait procur&#233; un rouleau de piano m&#233;canique correspondant &#224; quelques mesures des &lt;i&gt;Songes d'une nuit d'&#233;t&#233;&lt;/i&gt; de F&#233;lix Mendelssohn. Par un heureux hasard, j'avais compos&#233; peu de temps auparavant deux pi&#232;ces pour orgue de barbarie, &lt;i&gt;Au march&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;En m&#233;moire de Robardig&lt;/i&gt; pour lesquelles j'avais confectionn&#233; moi-m&#234;me les rouleaux. Mais dans ce cas, comme dans les marges des perforations li&#233;es au fragment d'origine et en tenant &#233;troitement compte de leurs emplacements, j'ai inscrit ma propre partition &lt;i&gt;Songe nocturne&#8230;et rare&lt;/i&gt;, pour saxophone contrebasse, qui appelle plusieurs sens de lecture. Les notations interviennent comme en de&#231;&#224; de l'espace de l'&#339;uvre de r&#233;f&#233;rence, &#224; la fois en ce qui concerne le registre (g&#233;n&#233;ralement polaris&#233; dans l'extr&#234;me-grave) et les effets, avec le recours &#224; divers bruits (cl&#233;s, souffle&#8230;) exclus du r&#233;pertoire musical traditionnel. J'ai d'ailleurs tenu &#224; observer une distance maximale avec la pi&#232;ce de r&#233;f&#233;rence, n'en gardant que certains contours tr&#232;s g&#233;n&#233;raux. Dans le titre, l'adjectif &#171; rare &#187; s'applique &#224; l'instrument soliste pour lequel la partition a &#233;t&#233; con&#231;ue, le musicien pr&#233;vu pour son interpr&#233;tation &#233;tant Daniel Kientzy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Yves Bosseur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_14965 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_affi_jouffroy.jpg' width=&#034;530&#034; height=&#034;750&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'intersection entre la d&#233;marche po&#233;tique d'Alain Jouffroy et la musique qui l'accompagne improvis&#233;e par Horia Surianu en collaboration avec Daniel Kientzy se trouve au niveau de la rupture et de l'impr&#233;vu . Le style &#034;jet&#233;&#034; du po&#232;te se traduit par les cassures de bouteilles de verre qui parfois &#034;explosent&#034; avec violence ou sont &#034;caress&#233;es&#034; avec douceur dans une improvisation qui cherche des contrastes. Les sons harmoniques de saxophone jou&#233;s en continu, improvis&#233;s par Daniel Kientzy donnent une autre dimension contrastante par rapport aux explosions de verres en cr&#233;ant un &#233;l&#233;ment de continuit&#233; entre les ruptures et un trajet &#034;presque pr&#233;vu&#034; dans un environnement sonore de verres cass&#233;s toujours impr&#233;vu. Les contrastes des sens du texte et la r&#233;citation sonore aussi tr&#232;s contrastante de la voix d'Alain Jouffroy se retrouvent avec la musique dans une structure profonde, parfois antagoniste, cr&#233;e par les sons de verres et la trame sonore en continu du saxophone. Cette d&#233;marche musicale qui fait coexister la discontinuit&#233; avec la continuit&#233; et qui se m&#233;lange avec la po&#233;sie sonore r&#233;cit&#233;e par Alain Jouffroy offre un &#034;cocktail&#034; explosif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les fictives campagnes &#233;lectorales</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Les-fictives-campagnes-electorales</link>
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		<dc:date>2020-05-01T17:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Snyers et Wanda Mihuleac</dc:creator>


		<dc:subject>installation</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>Fluxus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les diff&#233;rents projets de fausses campagnes &#233;lectorales con&#231;ues par Wanda Mihuleac et Alain Snyers posent la question de la relation entre l'art et le politique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/installation" rel="tag"&gt;installation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Fluxus" rel="tag"&gt;Fluxus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH103/arton1668-f5bfe.jpg?1772245732' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les diff&#233;rents projets de fausses campagnes &#233;lectorales con&#231;ues par Wanda Mihuleac et Alain Snyers posent la question de la relation entre l'art et le politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les campagnes &#233;lectorales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parmi les multiples formes d'expression de la politique, la campagne &#233;lectorale en est une qui r&#233;unit une diversit&#233; de probl&#233;matiques int&#233;ressantes pour &#234;tre abord&#233;es par l'art et faire l'objet d'un traitement original. Une campagne conjugue l'&#233;laboration d'un discours porteur d'intentions et de fiction, un choix d'images flatteuses et id&#233;alis&#233;es et une strat&#233;gie de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imaginaires sous-tendant quelques soient les campagnes repr&#233;sentent un int&#233;ressant sujet de soci&#233;t&#233; mais aussi un mod&#232;le d'usage de la parole et des signes pour une nouvelle appropriation artistique. &#192; trois reprises, les deux artistes Mihuleac et Snyers ont choisi de construire un projet parodique et burlesque sous la forme de fictives campagnes &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fut initi&#233;e en 2004 &#224; l'occasion des &#233;lections europ&#233;ennes avec, en image, un groupe d'une vingtaine de candidats fantoches. En 2019, avec les &#171; Roumpfs en campagne &#187;, une nouvelle campagne europ&#233;enne fut conduite. Les &#233;lections municipales fran&#231;aises de mars 2020 ont permis la cr&#233;ation de la liste Coqs et Poules pour Paris (CPpP).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_margaret.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH344/1_margaret-efbb2.jpg?1772221884' width='500' height='344' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Candidate Margaret, 2004
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le politique comme sujet d'art&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces projets artistiques qui abordent la question politique sont d'abord port&#233;s par un regard sur des pratiques propres de nos d&#233;mocraties, pratiques consid&#233;r&#233;es comme fondamentales. Le processus &#233;lectoral central dans nos soci&#233;t&#233;s r&#233;unit deux champs d'int&#233;r&#234;t pour l'observateur. Le premier est celui de l'expression collective d'une soci&#233;t&#233; en dialogue avec elle-m&#234;me. Le second, de par la forme du processus &#233;lectoral m&#234;me, convoque les discours de communication, le sens donn&#233; aux images et la formulation de projets conjuguant r&#233;alisme et prospective. Ces deux champs compl&#233;mentaires peuvent ais&#233;ment recouper des pr&#233;occupations d'artistes quand ceux-ci affichent un engagement dans l'espace politique et une volont&#233; d'inscrire un projet en r&#233;sonance avec celui-ci. L'appropriation de codes et de processus connus comme ceux des campagnes &#233;lectorales permet &#224; l'artiste de construire un autre regard sur le politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Art et politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de l'Histoire, le bin&#244;me art et politique a connu une large diversit&#233; de formes dans lesquelles les degr&#233;s d'implication des artistes ont vari&#233;s selon les &#233;poques et les circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position dominante des artistes dans l'Histoire moderne de l'art est celle de la critique, possible de par leur ind&#233;pendance et leur position d'observateur qui leur permet un regard non partisan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les artistes, ces diverses formes d'attitudes et de propos ont toujours &#233;t&#233; port&#233;es par le souci de consid&#233;rer le champ politique comme un territoire collectif d'analyse et d'appropriation. Par le biais du m&#233;dium qu'est l'art, l'artiste se rapproche du politique pour le reconsid&#233;rer au nom de l'ind&#233;pendance de la pens&#233;e et du regard critique. L'artiste est aussi engag&#233; en tant que citoyen concern&#233; par la chose publique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH708/2_coqs_4-be77c.jpg?1588353683' width='500' height='708' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Coqs et Poules pour Paris 4e arrondissement, Lut&#232;ce et Rivoli, 2020
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art de la parodie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La parodie est un mode op&#233;ratoire largement employ&#233; par les artistes dans leurs approches du r&#233;el y compris dans leurs relations avec le politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la parodie, le d&#233;tournement r&#233;alis&#233; par l'artiste donne du politique une image diff&#233;rente o&#249; la caricature souligne le non-vu comme le non-dit et relativise autant les pr&#233;tentions que les certitudes politiciennes. Le propos artistique apporte ici, outre une n&#233;cessaire fantaisie, la dimension du doute et d'un utile questionnement. Cette position suppose que l'art peut et doit pouvoir interroger les composantes du corps social incluant de fait le champ politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usage de la parodie permet avec une fausse l&#233;g&#232;ret&#233; de s'approprier les codes et modes de communication du champ vis&#233;, ici dans l'occurrence, le politique &#224; travers l'une de ses formes d'expression, la campagne &#233;lectorale. Cette appropriation construit une sorte de contre-champ d'une r&#233;alit&#233; regard&#233;e avec le recul n&#233;cessaire au questionnement et &#224; la construction d'un autre langage, celui de la cr&#233;ation artistique ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mises en &#339;uvre de campagnes fictives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de la volont&#233; de consid&#233;rer comme essentielle une forme de la d&#233;mocratie qu'est le processus &#233;lectif, Wanda Mihuleac et Alain Snyers ont, depuis 2004, ponctuellement con&#231;u et organis&#233; trois campagnes fictives o&#249; la d&#233;rision et la moquerie deviennent l'argument politique des candidats caricaturaux aux intentions et attitudes directement inspir&#233;es du mod&#232;le r&#233;el ainsi plagi&#233;. Chacun d'eux y ont d&#233;velopp&#233;s des programmes personnalis&#233;s et li&#233;s aux contextes g&#233;ographiques et culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chacune de ces trois campagnes, un travail particulier de photomontages permet la construction de la figure de chaque candidat. Leurs visuels d&#233;j&#224; tr&#232;s caricaturaux sont prolong&#233;s par des textes dont les formules s'inspirent directement du vocabulaire politique combin&#233; avec divers expressions du langage courant. Les messages sont ainsi de v&#233;ritables cr&#233;ations textuelles d'un absurde ayant pour fondements la communication politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur de chacune de ces trois campagnes est la s&#233;rie des candidats et de leurs portraits &#171; officiels &#187;, 20 en 2009, 28 en 2019 et 20 en 2020. Ces portraits en synth&#233;tisant images et textes, deviennent les &#339;uvres centrales des projets. Pour plagier le principe des campagnes, les trois &#233;ditions ont d&#233;velopp&#233; chacune leur propre mat&#233;riel &#233;lectoral comme des affiches, des tracts et des communiqu&#233;s parodiant le langage des communicants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le et en compl&#233;ment des s&#233;ries de portraits et de professions de foi/ programmes, diff&#233;rentes actions ont mat&#233;rialis&#233; ces campagnes par plusieurs op&#233;rations de collage d'affiches sur d'authentiques panneaux &#233;lectoraux durant le temps officiel des campagnes. En septembre 2004, un vote fut organis&#233; dans la rue de Seine &#224; Paris suivi d'un d&#233;pouillement dans un pseudo-bureau de vote. En 2019 et en 2020, de fausses conf&#233;rences de presse ont permis de pr&#233;senter tr&#232;s officiellement les candidats et d'engager lors de chacun de ces pastiches un d&#233;bat avec le public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rentes composantes de ces projets en font des dispositifs complets et v&#233;ritablement multim&#233;dia s'inspirant au plus pr&#232;s du mod&#232;le de campagnes institutionnelles pour &#233;laborer des syst&#232;mes parall&#232;les de cr&#233;ations devenues autonomes par leur charge parodique et burlesque.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_coqs_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3_coqs_5-a0486.jpg?1772221884' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Coqs et Poules pour Paris 5e arrondissement, Clovis et Lemoine, 2020
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La campagne europ&#233;enne de 2004&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne d&#233;nomm&#233;e &#233;lections partiales a suppos&#233; l'existence d'un scrutin d&#233;cal&#233; dans la premi&#232;re circonscription de Paris. La fictive liste conduite par Mihuleac et Snyers &#233;tait compos&#233;e de candidats uniquement nomm&#233;s par leurs pr&#233;nom : &lt;i&gt;Maria, Martin, Franz, Charles ou Ingrid.&lt;/i&gt; Leurs effrayants portraits conjuguaient monstruosit&#233;, violence et absurdit&#233;. L'aspect textuel &#233;tait principalement orient&#233; vers les promesses &#233;lectorales d&#233;tournant des expressions courantes du langage courant comme &lt;i&gt;Georges vous roulera dans la farine&#8230; Frida, votre candidate coupera pour vous ses cheveux en quatre et peignera la girafe&#8230; Nicolas vous m&#232;nera en bateau pour aller droit dans le mur&#8230; Dave vous dorera la pilule et vous fera prendre des vessies pour des lanternes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux campagnes d'affichage ont pr&#233;sent&#233; les vingt portraits et leurs slogans aux passants de la rue de la Roquette (Paris 11e) et rue Jacques Callot (Paris 6e) o&#249; un bureau de vote fut install&#233; avec bulletins, urne et assesseurs. Une r&#233;plique de d&#233;pouillement a cl&#244;tur&#233; ce simulacre &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH706/4_e_lections_lambert-a08c2.jpg?1772221884' width='500' height='706' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#201;lections europ&#233;ennes, Roumpf, Pierre Lambert, Belgique, 2019
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La campagne europ&#233;enne de 2019, les Roumpfs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette seconde &#233;dition europ&#233;enne a vu la cr&#233;ation d'une liste transnationale compos&#233;e de 28 candidats repr&#233;sentant les 28 pays de l'U.E. L'unit&#233; de ce groupe fut exprim&#233;e par l'utilisation commune de la figure du &#171; Stroumpf &#187; devenu l'avatar de 28 Roumpfs d&#233;clin&#233;s selon les diff&#233;rentes caract&#233;ristiques nationales. Chacun d'eux arborant leurs attributs locaux combinant le grotesque &#224; des r&#233;f&#233;rences autant g&#233;ographiques que culturelles. Chacune des candidatures fut accompagn&#233;e du projet politique du candidat dont le r&#233;sum&#233; figura sur les affiches officielles en fran&#231;ais et partiellement en anglais. Leurs mises en page mix&#232;rent les &#233;l&#233;ments typographiques (slogans) et visuels (Roumpfs et accessoires) pour r&#233;aliser ainsi une &#339;uvre num&#233;rique autonome d&#233;clinable selon les besoins de diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne d'affiche de l'int&#233;gral de la s&#233;rie se tint rue L&#233;on Frot (Paris 11e) sur 28 panneaux &#233;lectoraux disponibles durant la campagne officielle. Cette exposition de plein air compl&#233;ta des accrochages des 28 portraits en galerie. Un simulacre de conf&#233;rence de presse fut organis&#233;e sous la forme d'une performance le 6 avril au Summertime studio (Paris) pr&#233;sentant non seulement le projet des 28 Roumpfs mais aussi quelques produits d&#233;riv&#233;s de publicit&#233; &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre aux &#233;ditions &lt;i&gt;Transignum &lt;/i&gt; (Paris) fut &#233;dit&#233; &#224; cette occasion pr&#233;sentant la totalit&#233; de 28 candidatures accompagn&#233;es de leurs programmes &#224; vis&#233;e europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH708/5_e_lections_espagne-bb5eb.jpg?1588353684' width='500' height='708' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#201;lections europ&#233;ennes, Roumpf, Maria Martinez, Espagne, 2019
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La campagne des municipales de mars 2020, Paris&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections municipales de mars 2020 de Paris ont &#233;t&#233; l'occasion de mener une nouvelle campagne pour laquelle les avatars choisis &#233;taient le coq et la poule respectant ainsi la parit&#233;. La r&#233;f&#233;rence au coq fran&#231;ais et l'allusion moqueuse &#224; la volaille sont volontaires pour construire un projet compl&#232;tement parodique en lien &#233;troit avec la r&#233;alit&#233; topologique parisienne &#224; travers 20 candidatures li&#233;es aux 20 arrondissements de la capitale. L'ensemble des noms des 40 candidats (titulaires et suppl&#233;ants) est r&#233;dig&#233; &#224; partir des noms de rues ou avenues de chacun des arrondissements repr&#233;sent&#233;s. Ainsi le bin&#244;me du 1er arrondissement est celui d'&lt;i&gt;Honor&#233; Vend&#244;me&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Victoria Turbigo&lt;/i&gt; sa suppl&#233;ante, le 12e est repr&#233;sent&#233; par &lt;i&gt;Durance Daumesnil&lt;/i&gt; accompagn&#233;e de &lt;i&gt;Dorian Charenton, Marguerite Lamotte&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#201;mile Vaugirard&lt;/i&gt; sont pour le 20e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe du photomontage qui combine images et mots construit une fantasque galerie de portraits de coqs et poules pour Paris. Chaque bin&#244;me est accompagn&#233; de slogans tous adapt&#233;s &#224; des sites et lieux connus dans chaque arrondissement. Un travail d'articulation entre les r&#233;alit&#233;s connues du terrain et une construction autant imaginaire que grotesque a caract&#233;ris&#233; cette campagne pr&#233;sent&#233;e comme celle des gallinac&#233;s &#224; la conqu&#234;te du grand poulailler que serait la mairie de Paris. L'ironie s'est d&#233;clin&#233;e aux diff&#233;rents niveaux de communication d'un dispositif complet parodiant le fonctionnement et le vocabulaire politique tout en &#233;laborant un projet existant de par lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs s&#233;ries d'affiches ont &#233;t&#233; coll&#233;es dans diff&#233;rents arrondissements sur les panneaux install&#233;s pour la campagne officielle. Des portraits de coqs ou de poules se sont ainsi trouv&#233;s c&#244;te &#224; c&#244;te &#224; d'authentiques candidats en campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une exposition et une conf&#233;rence de presse sous forme de performance avec acteurs se sont tenues en mars 2020 au th&#233;&#226;tre du Rond-Point (Paris) ainsi que la pr&#233;sence d'un stand de librairie pr&#233;sentant les posters et publications relatives aux coqs et poules pour Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_e_lections_france.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/6_e_lections_france-b990f.jpg?1772221884' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#201;lections europ&#233;ennes, Roumpf, Gaston Martin, France, 2019
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#202;tre politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#224; des mod&#232;les connus comme ceux des processus &#233;lectoraux sous-entend une volont&#233; manifeste d'inscrire une d&#233;marche artistique dans un temps pr&#233;sent et d'y int&#233;grer une dimension politique. M&#234;me si celle-ci est abord&#233;e par la parodie, il n'en demeure pas moins que sa prise en compte t&#233;moigne d'un r&#233;el int&#233;r&#234;t pour la d&#233;mocratie et ses formes vivantes. Ces parodies revendiquent l'expression de la critique libre et de l'ind&#233;pendance de l'art. Avec les outils du burlesque, du d&#233;tournement ou de l'humour, ces diff&#233;rentes campagnes, au del&#224; du clin d'&#339;il complice, se positionnent comme d'authentiques engagements politiques en donnant &#224; voir et &#224; lire une autre forme, plus ludique de la politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Frontispice : Candidat Martin, 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Wanda Mihuleac ou la d&#233;mocratie des sens &#8212; I</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Wanda-Mihuleac-ou-la-democratie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Wanda-Mihuleac-ou-la-democratie</guid>
		<dc:date>2020-05-01T17:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Wanda Mihuleac</dc:creator>


		<dc:subject>performance</dc:subject>
		<dc:subject>installation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans son &#339;uvre plastique proprement dite, Wanda Mihuleac brasse toutes sortes de mat&#233;riaux, notamment d'origine naturelle. Confronter plusieurs disciplines artistiques appara&#238;t donc in&#233;vitable dans la logique de sa d&#233;marche esth&#233;tique. De plus cette probl&#233;matique rejoint certaines pr&#233;occupations philosophiques r&#233;centes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/performance" rel="tag"&gt;performance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/installation" rel="tag"&gt;installation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1667-f9537.jpg?1772245733' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son &#339;uvre plastique proprement dite, Wanda Mihuleac brasse toutes sortes de mat&#233;riaux, notamment d'origine naturelle. Confronter plusieurs disciplines artistiques appara&#238;t donc in&#233;vitable dans la logique de sa d&#233;marche esth&#233;tique. De plus cette probl&#233;matique rejoint certaines pr&#233;occupations philosophiques r&#233;centes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;marche de Wanda Mihuleac pouvant &#234;tre qualifi&#233;e de synesth&#233;sique, il para&#238;t tout d'abord important de pr&#233;ciser les tenants et aboutissants de cette notion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La synesth&#233;sie (du grec &lt;i&gt;syn&lt;/i&gt;, avec - union -, et &lt;i&gt;aesthesis&lt;/i&gt;, sensation) est un ph&#233;nom&#232;ne neurologique impliquant que deux ou plusieurs sens sont associ&#233;s. La synesth&#233;sie concernant des interactions entre formes et couleurs est plut&#244;t r&#233;pandue, alors que celle qui s'applique aux go&#251;ts et odeurs est plut&#244;t rare. En 2004, l'Association Am&#233;ricaine de Synesth&#233;sie en d&#233;nombrait 152 formes diff&#233;rentes. D'un point de vue clinique, alors que des m&#233;taphores exprimant un croisement de sens sont parfois qualifi&#233;es de &#171; synesth&#233;tiques &#187;, une vraie synesth&#233;sie d'origine neurologique est involontaire et concernerait une personne sur 23, soit environ 4 % de la population. Il est toutefois difficile de quantifier pr&#233;cis&#233;ment le nombre de personnes v&#233;ritablement synesth&#232;tes dans une population donn&#233;e, cette notion &#233;tant subjective car bas&#233;e sur la perception personnelle. Si certaines personnes peuvent ignorer leur synesth&#233;sie, d'autres peuvent se d&#233;clarer synesth&#232;tes sans l'&#234;tre v&#233;ritablement, ou &#224; des degr&#233;s notablement plus faibles que d'autres, s'approchant d'une perception &#171; normale &#187;. Ainsi, il a pu &#234;tre avanc&#233; que la synesth&#233;sie ne concernait qu'une personne sur 2 000, mais cette statistique appara&#238;t en fait relativement peu fiable. L'origine de la synesth&#233;sie pourrait &#234;tre li&#233;e &#224; un facteur g&#233;n&#233;tique, la synesth&#233;sie semblant se transmettre par h&#233;r&#233;dit&#233; par le biais de certains chromosomes. Elle peut donc &#234;tre acquise d&#232;s la naissance (la personne concern&#233;e sera alors qualifi&#233;e de &#171; synesth&#232;te &#187;) ; mais elle peut aussi r&#233;sulter de la prise de drogues hallucinog&#232;nes, comme le peyotl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la qu&#234;te artistique de W. Mihuleac, la question de la fusion de diff&#233;rents champs d'expression joue un r&#244;le fondamental. Pourtant, sur cet aspect &#233;galement, il convient de faire le point :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop lin&#233;aire, statique et sch&#233;matique, la classification acad&#233;mique, qui divisait les disciplines artistiques en arts de la vue ou arts de l'espace (architecture, sculpture, peinture), arts de l'ou&#239;e ou arts du temps (musique et arts du langage) et arts du mouvement ou arts de synth&#232;se (danse, th&#233;&#226;tre, cin&#233;ma), se r&#233;v&#232;le de plus en plus caduque, incapable de rendre compte des profondes mutations que conna&#238;t ces derni&#232;res d&#233;cennies chaque mode de pens&#233;e et d'expression. Plus globalement, il est d&#233;sormais incontestable que plusieurs sens se trouvent concern&#233;s par chacune des cat&#233;gories pr&#233;c&#233;demment cit&#233;es et que, par cons&#233;quent, toute tentative syst&#233;matique de classement devient inop&#233;rante dans les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, la classification &#233;tablie par &#201;tienne Souriau dans sa &lt;i&gt;Correspondance des arts&lt;/i&gt; &#233;chappe &#224; cet aspect lin&#233;aire. Celui-ci choisit en effet de pr&#233;senter les diverses pratiques &#224; l'int&#233;rieur d'une forme circulaire comportant deux niveaux. Le premier concerne les arts non repr&#233;sentatifs, le second les arts repr&#233;sentatifs. Il d&#233;finit sept &#171; tranches &#187; qui correspondent aux ph&#233;nom&#232;nes de ligne, volume, couleur, lumi&#232;re, mouvement, son articul&#233;, son musical, chacun pouvant s'appliquer aux deux niveaux mentionn&#233;s. Ce sch&#233;ma offre bien s&#251;r l'avantage de sugg&#233;rer des possibilit&#233;s de passage, de transition d'une zone &#224; l'autre, m&#234;me si l'on peut, une fois encore, contester la validit&#233; de ce type de classement qui simplifie le faire artistique et instaure des fronti&#232;res qui seront fatalement d&#233;bord&#233;es dans la pratique. Souriau en est bien conscient lorsqu'il d&#233;clare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il est essentiel, &#224; notre sujet bien entendu, de nous rendre compte avec autant d'attention de ce qui divise entre eux les arts que de ce qui les unit, malgr&#233; leurs diff&#233;rences. Il faut saisir avec exactitude la nature de la coupure qui les s&#233;pare, des cloisons qui les isolent et &#224; travers lesquelles s'&#233;tablissent leurs correspondances&#8230; Pour les musiciens, il est par excellence l'art de l'air, l'art dont l'air en vibration est la v&#233;ritable mati&#232;re premi&#232;re. Mais pourtant, l'air n'appartient pas au seul musicien&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Souriau, &#201;tienne, Correspondance des arts, Paris, Flammarion, 1969, p. 227.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'art, c'est tous les arts &#187;, &#171; l'art, c'est ce qui rend comparables entre elles la peinture ou la po&#233;sie, l'architecture ou la danse &#187; &#233;crit-il encore. Et si, pour reprendre une expression de l'esth&#233;ticien Charles Lalo, on peut parler de &#171; polyphonie &#187; &#224; propos d'une &#339;uvre d'art, encore faut-il &#233;viter d'en rester &#224; de vagues m&#233;taphores. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cet &#233;cueil qu'&#233;vite W. Mihuleac dans son projet pluriartistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#339;uvre plastique proprement dite, elle brasse fr&#233;quemment toutes sortes de mat&#233;riaux, notamment d'origine naturelle. Confronter plusieurs disciplines artistiques appara&#238;t donc dans la logique de sa d&#233;marche esth&#233;tique. C'est l&#224; une probl&#233;matique qui rejoint certaines pr&#233;occupations philosophiques r&#233;centes. Pour le philosophe et esth&#233;ticien Mikel Dufrenne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le probl&#232;me est de d&#233;terminer s'il y a quelque chose de commun, non plus entre des pratiques ou les produits de ces pratiques, mais entre des essences, sans qu'il soit n&#233;cessaire de situer ces essences dans un ciel quelconque&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dufrenne, Mikel, L'&#339;il et l'oreille, Montr&#233;al, L'Hexagone, 1987, p. 176.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te dont il s'agit alors prendrait en quelque sorte pour cible un &#233;tat pr&#233;-sensible de la conscience, qui pourrait &#234;tre virtuellement &#224; la fois du musical et du pictural. Or, pour Dufrenne, nous ne pouvons vivre l'exp&#233;rience du sensible qu'&#224; partir de la pluralit&#233; des sens et n'avons par cons&#233;quent la possibilit&#233; que de pressentir cette dimension primordiale du pr&#233;-sensible, non de l'expliciter rationnellement ou de pr&#233;tendre l'actualiser consciemment dans une &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept wagn&#233;rien de &lt;i&gt;Gesamtkunstwerk&lt;/i&gt; (art total), que Kandinsky a repris &#224; son compte de mani&#232;re tout &#224; fait personnelle tout en le critiquant fermement, peut tr&#232;s bien fonctionner pour l'analyse des &#339;uvres de Wanda Mihuleac, mais &#224; certaines conditions. Ce terme &#233;tait d&#233;j&#224; utilis&#233; par un philosophe et critique d'art roumain, Andrei Plesu, qui a &#233;crit &#224; propos d'une exposition des &#339;uvres de la plasticienne au Mus&#233;e d'art de Bucarest en 1988. En effet, si l'on peut parler d'art total &#224; propos de certains de ses projets et, plus globalement, de son engagement artistique, il convient n&#233;anmoins de rester prudent quant &#224; la r&#233;f&#233;rence &#224; une telle notion, car W. Mihuleac ne vise nullement un strict parall&#233;lisme entre les diff&#233;rents domaines, pas plus qu'elle ne cherche &#224; contr&#244;ler leurs relations dans le d&#233;tail. De plus, l'espace qu'elle vise pour de tels projets ne se limite nullement &#224; celui des galeries ou des mus&#233;es, mais est susceptible de s'appliquer &#224; la rue elle-m&#234;me, le propos se chargeant d&#232;s lors d'une dimension politique, comme en t&#233;moigne l'&#233;v&#233;nement &lt;i&gt;L'insurrection po&#233;tique&lt;/i&gt;. Il serait plus judicieux de parler &#224; cet &#233;gard, avec Michel Foucault, d'h&#233;t&#233;rotopie. L'enjeu est d&#232;s lors de concevoir l'ensemble des arts dans une grande unit&#233;, de r&#233;aliser une ambitieuse synth&#232;se entre texte, musique, danse et arts plastiques. W. Mihuleac tient d'ailleurs &#224; ce que ce dernier domaine ne domine pas. Cet &#233;change pourrait faire penser aux &lt;i&gt;Tableaux d'une exposition&lt;/i&gt; (1874) de Moussorgsky. le compositeur y &#233;voque le souvenir de l'&#339;uvre d'un de ses amis peintres r&#233;cemment d&#233;c&#233;d&#233;, Victor Hartmann. Cette r&#233;alisation suscitera plusieurs prolongements au XXe si&#232;cle. A partir de 1909, Kandinsky avait commenc&#233; &#224; concevoir le projet d'un spectacle synth&#233;tique bas&#233; sur les &lt;i&gt;Tableaux d'une exposition&lt;/i&gt; ; il prend toutefois imm&#233;diatement ses distances vis-&#224;-vis de toute intention strictement analogique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si la musique refl&#232;te quelque chose, ce ne sont s&#251;rement pas les tableautins peints, mais les exp&#233;riences de Moussorgsky, qui d&#233;passent de loin le contenu de la chose peinte&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;pliant de la Hochschule der K&#252;nste, Berlin, nov.-d&#233;c. 1983, n&#176;8123.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait par ailleurs qu'&#224; l'occasion de la cr&#233;ation de ce spectacle &#224; Dessau en 1928, Kandinsky ait contribu&#233; &#224; l'invention d'un orgue &#224; couleurs. Pour s'accorder avec les costumes des deux danseurs, dont le g&#233;om&#233;trisme n'est pas sans &#233;voquer le ballet triadique d'Oskar Schlemmer, il avait con&#231;u un d&#233;cor abstrait, o&#249; la couleur de l'&#233;clairage intervenait de mani&#232;re ind&#233;pendante &#171; en tant que peinture approfondie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle apr&#232;s Kandinsky et exactement un si&#232;cle apr&#232;s Moussorgsky, K.P. Brehmer reprend &#224; son compte l'id&#233;e des &lt;i&gt;Tableaux d'une exposition&lt;/i&gt;, se servant des apports de la technologie, en l'occurrence du sonographe, pour traduire des motifs musicaux sous forme d'une succession de graphismes qu'il d&#233;veloppa pour les faire correspondre &#224; un ensemble de dix &#171; tableaux &#187;. Les &#171; peintures sonores &#187; de Moussorgsky &#233;taient en effet bas&#233;es sur un simple accord de cinq notes et &#224; chacun des tableaux &#233;tait attribu&#233; un motif m&#233;lodique particulier. Lors d'une exposition &#224; New York en 1975, des magn&#233;tophones &#224; cassette pos&#233;s sur des socles permettaient de concr&#233;tiser musicalement cette promenade de tableau en tableau. K.P. Brehmer r&#233;alisa simultan&#233;ment &#224; partir des sonogrammes un cycle d'eau-fortes qui donn&#232;rent lieu &#224; une nouvelle reprise en compte musicale, due cette fois au compositeur Phil Corner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; la naissance d'un projet, souvent &#224; la crois&#233;e de la performance et de l'installation, W. Mihuleac tient &#224; en d&#233;finir assez pr&#233;cis&#233;ment les tenants et aboutissants, par la suite, elle laissera &#224; ses partenaires, musiciens, danseurs et &#233;crivains, la possibilit&#233; de d&#233;velopper leurs pratiques respectives, sans pr&#233;tendre infl&#233;chir de mani&#232;re imp&#233;rative leurs choix. D'o&#249; l'importance, pour elle, de constituer un groupe d'individus avec qui elle se sent en confiance, susceptible d'engendrer un climat de coop&#233;ration et de complicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de Wanda Mihuleac pour la musique vient tout naturellement de son contexte familial &#224; Bucarest : sa m&#232;re jouait du piano, son grand-p&#232;re du violon et, de temps en temps, des quatuors et de petits ensembles de musique de chambre intervenaient au cours de r&#233;unions familiales. Pour sa part, Wanda ne se sentait gu&#232;re dou&#233;e pour la musique et s'est rapidement orient&#233;e vers le dessin et les arts plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'a pas cherch&#233; &#224; cr&#233;er des rapports directs entre ces deux arts, &#224; l'instar de Paul Klee. Par contre, elle a vite ressenti des formes de r&#233;sonance entre ces moyens d'expression, notamment &#224; travers tout ce qui rel&#232;ve de chances d'expansion dans les principes artistiques mis en &#339;uvre. D&#233;j&#224; &#224; Bucarest, elle avait tent&#233; de cr&#233;er, &#224; sa fa&#231;on, des &#339;uvres d'art total en confrontant arts plastiques, sculpture, musique, danse et texte. Elle a ainsi commenc&#233; par travailler avec Octavian Nemescu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tout comme lui, j'&#233;tais alors dans une p&#233;riode &#233;cologiste, avec des pr&#233;occupations tr&#232;s pr&#233;gnantes en rapport avec la nature, et nous avons r&#233;alis&#233; des performances, de son c&#244;t&#233; avec des moyens &#233;lectro-acoustiques &#224; partir des sons de l'environnement. Il y avait &#233;galement Horia Surianu, ainsi que Aurel Stroe, que j'ai rencontr&#233; &#224; Darmstadt. Avec lui, j'avais con&#231;u une installation, &lt;i&gt;Le foyer&lt;/i&gt;, dont la th&#233;matique tournait autour de la cit&#233; rurale. Ult&#233;rieurement, j'ai beaucoup collabor&#233; avec le saxophoniste Daniel Kientzy. Quand je me suis install&#233; en France, nous avons mis au point des installations avec des morceaux de saxophone en laiton, ce qui m'a conduit &#224; r&#233;aliser de grandes sculptures, par exemple &#224; Arc et Senans, en 1991, musicalis&#233;es en quelque sorte par lui&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos recueillis le 28 janvier 2020.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14716 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;172&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_mihuleac.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/1_mihuleac-39de2.jpg?1588354135' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Mur murmure mur, performance participative avec le public
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Musique jou&#233;e par Daniel Kientzy &amp; Philippe di Betta, la danseuse Mich&#232;le Dhalu&lt;br class='autobr' /&gt;
galerie M.Vitoux Paris 1991
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport avec les autres disciplines artistiques, W. Mihuleac tient toutefois &#224; une relative ind&#233;pendance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai un grand respect pour les sp&#233;cificit&#233;s. Je serais plut&#244;t en faveur d'une alternative visuelle &#224; un projet sonore. Ce serait, selon moi, la meilleure solution pour concr&#233;tiser des projets multim&#233;dias. Un autre moment fort a &#233;t&#233; une installation au th&#233;&#226;tre du Hasard &#224; Blois, avec D. Kientzy et Serge de Laubier, &lt;i&gt;Pur-sax&lt;/i&gt; (1991-92) Il y avait tout un travail sur les lumi&#232;res. Devant chaque &#339;uvre, qui mesurait plus de 6 m&#232;tres, l'&#233;clairagiste, G&#233;rard Karlikow, commandait par ordinateur des spots et l'on pouvait voir des reflets lumineux sur les pi&#232;ces de laiton qui se mettaient ainsi &#224; briller. Les musiques diffus&#233;es (de Miereanu, Brizzi, Surianu&#8230;) avaient &#233;t&#233; choisies par D. Kientzy.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;172&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_mihuleac.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/3_mihuleac-2c72c.jpg?1588354135' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Mur murmure mur, performance participative avec le public
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Musique jou&#233;e par Daniel Kientzy &amp; Philippe di Betta, la danseuse Mich&#232;le Dhalu&lt;br class='autobr' /&gt;
galerie M.Vitoux Paris 1991
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'aventure la plus passionnante avec la musique a &#233;t&#233; une installation-performance plurisensorielle, repr&#233;sentative de ma conception de l'art total, avec une danseuse, que j'ai imagin&#233;e pour la galerie Vitoux, &#224; Paris, en 1991,&lt;/i&gt; Mur murmure ; &lt;i&gt;l'id&#233;e de ce dispositif, c'&#233;tait de mettre en relief le sentiment de la peur ; d'o&#249; le choix de bander les yeux des gens. Tout le monde vivait dans l'attente d'une situation qui pouvait se r&#233;v&#233;ler apocalyptique, puisque cela se passait au moment de d&#233;claration de la guerre du Golfe. J'ai donc voulu jouer sur cette ambiance g&#233;n&#233;rale dont, en fait, le danger &#233;tait observ&#233; de loin. Le spectre de la guerre &#233;tait pressenti, m&#234;me si celle-ci ne s'imposait pas concr&#232;tement aux esprits. Au cours de cette performance participative, la danseuse &#233;tait nue, assise sur un pi&#233;destal, comme une sculpture grecque. Pour ma part, en tant que plasticienne, j'ai repris des postures classiques de l'art gr&#233;co-romain. La danseuse restait ainsi, telle une sculpture vivante. Les gens entraient dans la galerie. En ce qui concerne le domaine plastique, il y avait bien des tableaux de nus sur les murs de la galerie, mais on ne pouvait pas les voir, en raison des bandeaux. La danseuse, qui n'&#233;tait pas filiforme mais bien en chair, descendait de son socle, toujours nue ; elle demandait alors aux visiteurs de se bander les yeux, le bandeau renvoyant &#224; la violence des ex&#233;cutions des condamn&#233;s &#224; mort dans les r&#233;gimes totalitaires. Elle dansait sur une musique extr&#234;mement forte jou&#233;e aux saxophones par D. Kientzy et Philippe Di Betta, qui consistait en un collage de diff&#233;rentes s&#233;quences auquel s'ajoutaient des improvisations. Cette musique &#233;tait un v&#233;ritable catalyseur pour la perception globale de l'action. On ressentait les vibrations des mouvements de la danseuse, mais on ne pouvait pas les visualiser, &#224; cause du bandeau. C'&#233;tait donc la musique qui orientait le message que l'on tentait de faire passer. La danseuse touchait les gens sur l'oreille non pas avec la main, mais avec la plante des pieds. Tout &#233;tait film&#233; en vid&#233;o par G. Mazilu. &#192; la fin, elle demandait aux gens de retirer leurs bandeaux noirs. La galerie avait un escalier qui menait &#224; une cave. La danseuse l'a descendu, ce qui &#233;tait une allusion au&lt;/i&gt; Nu descendant l'escalier &lt;i&gt;de Marcel Duchamp (cette performance fourmillait d'ailleurs de citations culturelles). Les instrumentistes descendaient eux aussi, ce qui contribuait &#224; une spatialisation de la musique. Il est &#233;galement important de signaler que les visiteurs-spectateurs &#233;taient amen&#233;s &#224; bouger.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;172&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH666/2_mihuleac-674f0.jpg?1772216436' width='500' height='666' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Mur murmure mur, performance participative avec le public
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Musique jou&#233;e par Daniel Kientzy &amp; Philippe di Betta, la danseuse Mich&#232;le Dhalu&lt;br class='autobr' /&gt;
galerie M.Vitoux Paris 1991
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Environ une semaine plus tard, on a projet&#233; le film en question &#224; ce m&#234;me public qui avait particip&#233; &#224; la performance. Et les gens estimaient que celui-ci ne correspondait pas &#224; ce &#224; quoi ils avaient assist&#233;, disaient qu'ils avaient ressenti tout autre chose. Mon id&#233;e, c'&#233;tait de mettre cette performance en rapport avec les &#233;v&#233;nements politiques qui avaient lieu &#224; l'&#233;poque et donnaient lieu &#224; une v&#233;ritable d&#233;sinformation, une vraie arnaque m&#233;diatique et intellectuelle. Mon id&#233;e cach&#233;e, qui rejoint aussi celle de l' &#171; homo spectator &#187;, si bien d&#233;velopp&#233;e par Marie-Jos&#233; Mondzain, &#233;tait en d&#233;finitive de sous-entendre que la v&#233;rit&#233; visuelle film&#233;e n'&#233;tait jamais que tr&#232;s partielle. Toute la question tournait autour des relations entre le voir, le senti et le ressenti. Une de mes convictions, c'est de parvenir &#224; une sorte de d&#233;mocratie des sens. Le spectacle, c'est l'art total. Justement, au cours de cette performance, il y avait des aspects li&#233;s au son, au mouvement, mais &#233;galement &#224; des qualit&#233;s tactiles et olfactives. En effet, comme elle &#233;tait nue et qu'elle ex&#233;cutait des mouvements tr&#232;s violents, la danseuse transpirait. On percevait donc aussi fortement l'odeur de l'effort physique, cette introduction de l'odorat au sein d'une performance me semblant un point tr&#232;s important qu'il convient de souligner ; tout cela participait concr&#232;tement d'une d&#233;mocratie des sens qui d&#233;montrait qu'il existe une autre r&#233;alit&#233; que celle que l'on croit avoir saisie. Et dans le film, il n'y avait pas, bien s&#251;r, le sentiment du toucher, de l'odeur. De plus, dans le subconscient transpara&#238;t cette id&#233;e que l'on est victime d'une certaine agression. Mes installations et performances ont toujours plusieurs niveaux de lecture dont le musical constitue l'une des composantes. Pour cette performance, je n'avais pas r&#233;dig&#233; de synopsis ; mais des amis &#233;crivains ont senti le besoin d'&#233;crire &#224; ce propos et cela a repr&#233;sent&#233; une forme de prolongement de mon projet.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Souriau, &#201;tienne, &lt;i&gt;Correspondance des arts&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 1969, p. 227.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dufrenne, Mikel, &lt;i&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, L'Hexagone, 1987, p. 176.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;pliant de la Hochschule der K&#252;nste, Berlin, nov.-d&#233;c. 1983, n&#176;8123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Propos recueillis le 28 janvier 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Frontispice : Pur sax, installation sonore, The&#769;a&#770;tre du hazard, Blois, Installation avec des sculptures en laiton r&#233;alis&#233;es avec des pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es du saxophone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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