<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.tk-21.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>TK-21 </title>
	<link>https://www.tk-21.com/</link>
	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.tk-21.com/spip.php?id_auteur=3860&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>TK-21 </title>
		<url>https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L144xH172/siteon0-33817.png?1772187034</url>
		<link>https://www.tk-21.com/</link>
		<height>172</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Oviri Bougard : Un trou noir &#224; Tahiti</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Oviri-Bougard-Un-trou-noir-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Oviri-Bougard-Un-trou-noir-a</guid>
		<dc:date>2020-01-03T15:22:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice Petitjean et Jonathan Bougard</dc:creator>


		<dc:subject>peinture</dc:subject>
		<dc:subject>dessin</dc:subject>
		<dc:subject>Oc&#233;anie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Jonathan Bougard n'est pas sur Tahiti par hasard. Jonathan Bougard n'est pas sur Tahiti par choix.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/dessin" rel="tag"&gt;dessin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Oceanie" rel="tag"&gt;Oc&#233;anie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH109/arton1599-b9b41.jpg?1772233332' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jonathan Bougard n'est pas sur Tahiti par hasard. Jonathan Bougard n'est pas sur Tahiti par choix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jonathan Bougard n'est pas parti l&#224;-bas pour &#171; poss&#233;der le caract&#232;re oc&#233;anien &#187;, comme disait Gauguin. Jonathan Bougard n'est pas parti l&#224;-bas non plus pour &#234;tre poss&#233;d&#233; par lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'avait rien lu sur Tahiti, n'en avait pas r&#234;v&#233;, n'en connaissait que les fables que tout le monde conna&#238;t. Il n'avait pas projet&#233; ce voyage. C'est ce voyage qui l'a projet&#233; dans une autre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une carte postale est arriv&#233;e, qui l'appelait, de l'autre bout de la Terre. Tahiti n'&#233;tait pour lui ni une terre de fantasme, ni une terre d'&#233;lection. Tahiti l'a pourtant choisi, au moins autant que le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14029 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH694/1_bougard-c3fdf.jpg?1772190022' width='500' height='694' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le &#171; polyn&#233;sien &#187; Jonathan Bougard fait corps avec son pays d'adoption. Ceux qui connaissaient son travail avant son d&#233;part sentent confus&#233;ment ce que cet univers lui a apport&#233;. A bien des &#233;gards, son style est rest&#233; le m&#234;me &#8211; toujours reconnaissable. Pourtant, il semble s'&#234;tre enrichi d'une complexit&#233; qui lui appartenait d&#233;j&#224; en propre &#8211; bien qu'inexprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'inscrire en faux contre une vision bien-pensante &#171; humaniste &#187; de l'art de Bougard, qui ne ferait qu'illustrer la &#171; marchandisation &#187; du corps f&#233;minin, la maltraitance, la mis&#232;re &#233;conomique, ou la cruaut&#233; de la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la laideur, parfois hideuse, des figures f&#233;minines chez Bougard, aux visages d&#233;mesur&#233;s, mena&#231;ants, aux corps ob&#232;ses ou d&#233;form&#233;s, n'est pas celle de la victime horrifi&#233;e : elle est le reflet d'une fantasmatique angoiss&#233;e, et rel&#232;ve plut&#244;t d'une fascination non-&#233;rotique pour la femme, pour la femme-sorci&#232;re, grima&#231;ante, au rictus d&#233;moniaque, pour la femme-cadavre, aux orbites noircies, &#224; la face blanchie, pour l'obsc&#233;nit&#233; fantomatique du fantasme : entrem&#234;lements de membres et d'ombres, de corps silhouett&#233;s, de visages spectraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut combattre aussi l'id&#233;e selon laquelle son art transgresserait des interdits (lesquels subsistent encore, en la mati&#232;re ?), ou jouerait sur les limites entre l'ind&#233;cence et l'&#233;rotisme. L'&#233;rotisme de ses &#339;uvres n'est pas un &#171; en-de&#231;&#224; &#187; de l'ind&#233;cence, ni m&#234;me seulement une conjuration de l'obsc&#233;nit&#233; pornographique : il n'est pas de l'ordre de l'hypocrisie tartuffesque occidentale (cachez ce sexe que je ne saurais voir, mais cachez-le pour mieux m'exciter), mais poss&#232;de une dimension ancestrale apotropa&#239;que : il nous prot&#232;ge des p&#233;rils de la chair noire &#8211; de ce trou d&#233;visageant qui d&#233;-figure et annihile toute innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, l'art de Bougard parle le langage de l'affectivit&#233; archa&#239;que, et pas celui de l'humanisme occidental : c'est ainsi qu'il faut l'appr&#233;hender.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14030 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH698/2_bougard-cc6eb.jpg?1772190022' width='500' height='698' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le combat de l'ombre et de la lumi&#232;re qui se joue dans les dessins de Bougard se joue &#224; m&#234;me la chair. C'est l'enjeu, aussi bien que l'aire de jeu. Les chairs blanches et les chairs stri&#233;es se mesurent : la chair blanche et rare de la lumi&#232;re contre la chair stri&#233;e de l'ombre, qui menace sans cesse d'envahir les orbites, la bouche, les orifices du corps, dans un rayonnement sombre de d&#233;sir et d'effroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, il serait bien difficile d'analyser ces dessins &#224; la lumi&#232;re d'une &#171; &#233;rotique &#187;, d'une taxinomie des formes de d&#233;sir qui &#233;tudierait les cat&#233;gories pulsionnelles &#224; l'&#339;uvre, ne serait-ce que par l'habilet&#233; avec laquelle Bougard joue et d&#233;joue les codes de l'&#233;rotique occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propre du dessin, c'est d'&#233;viter le coloris, donc l'incarnat, donc la chair. M&#234;me en grand &#233;cart, le sexe f&#233;minin est souvent r&#233;duit ici &#224; n'&#234;tre qu'une ombre, un trait. Singer les positions pornographiques en &#233;cartant pr&#233;cis&#233;ment du cadre de la repr&#233;sentation ce qui justifie habituellement ces poses, la vision du sexe f&#233;minin, c'est donc se livrer &#224; une conjuration sauvage, non de l'&#233;rotisme, mais de l'obsc&#233;nit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a oubli&#233; sans doute ce que l'exhibition du sexe f&#233;minin pouvait receler de sens diff&#233;rents, pour ne retenir que la seule excitation &#233;rotique. Dans l'Antiquit&#233;, lorsqu'une femme exhibait son sexe de fa&#231;on railleuse &#224; un homme, son intention premi&#232;re &#233;tait de le traiter de l&#226;che et d'eunuque. La d&#233;nudation &#233;tait alors per&#231;ue comme un moyen magique ou une man&#339;uvre d'intimidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte c&#233;l&#232;bre (&#171; La nudit&#233; comme moyen d'intimidation &#187;), S&#224;ndor Ferenczi voit dans la nudit&#233; un moyen &#171; d'intimider le moi en le confrontant &#224; des quantit&#233;s ou &#224; des modes inad&#233;quats de libido. &#187; Le petit gar&#231;on ainsi intimid&#233; par sa m&#232;re perd tout envie de dormir avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH701/3_bougard-800ec.jpg?1578065081' width='500' height='701' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Gommer le sexe f&#233;minin, ce n'est donc pas seulement gommer l'obscur objet du d&#233;sir, c'est gommer la raillerie possible, la moquerie, l'identification insultante, la magie noire de la chair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient, par exemple, la fascination qu'on &#233;prouve presque immanquablement devant le dessin de la femme &#224; t&#234;te de trou ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la nudit&#233; remet en cause, c'est pr&#233;cis&#233;ment le primat du visage dans le domaine de l'expressivit&#233;, ce qu'Agamben, dans &lt;i&gt;Nudit&#233;s&lt;/i&gt;, appelle la &#171; supr&#233;matie expressive du visage &#187;. Il rappelle que, dans le &lt;i&gt;Charmide&lt;/i&gt; de Platon, le jeune &#233;ph&#232;be &#233;ponyme du dialogue est si beau que si jamais &#171; il acceptait de se d&#233;shabiller, vous croiriez qu'il n'a pas de visage &#187;. Non pas bien s&#251;r que son visage soit laid : c'est que la d&#233;nudation du corps occulterait le visage, et ferait du jeune homme un &#234;tre litt&#233;ralement sans visage (&lt;i&gt;apros&#333;pos&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos, Henri Michaux rapporte une exp&#233;rience personnelle d'apparence curieuse dans &lt;i&gt;Un Barbare en Asie&lt;/i&gt; : &#171; Je me souviens d'avoir &#233;t&#233; frapp&#233; et d&#233;sillusionn&#233; quantit&#233; de fois en France par le fait que les seins d'une femme, quand il m'arrivait de les voir d&#233;voil&#233;s, n'&#233;taient que beaux, alors que la figure [&#8230;] si travaill&#233;e par l'intelligence, par une &#226;me bizarre er recherch&#233;e [&#8230;] m'avait induit &#224; croire que les seins seraient recherch&#233;s, eux aussi, et originaux. Mais un sein n'est pas un visage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un sein n'exprime pas grand-chose, &#233;crit-il &#233;galement. C'est &#224; la figure qu'on a recours pour savoir &#224; quel caract&#232;re on a affaire. &#187; C'est le visage qui porte le caract&#232;re, le visage &#8211; et singuli&#232;rement le regard &#8211; qui est le miroir de l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nudit&#233;, le corps semble pourtant vouloir concurrencer le visage, lui voler ce monopole de l'expressivit&#233;, et nous d&#233;taillons parfois les charmes d'un corps nouveau, extasi&#233;s, ravis, comme si l'aisselle ou le sexe avaient quelque chose de primordial &#224; nous &lt;i&gt;dire&lt;/i&gt;. Dans la pornographie, &#233;crit encore Agamben, &#171; la seule t&#226;che qui revient d&#233;sormais au visage est d'exprimer la conscience effront&#233;e de l'exposition du corps nu au regard. L'effronterie (la perte du visage) est aujourd'hui la contrepartie n&#233;cessaire &#224; la nudit&#233; sans voiles. Le visage, devenu complice de la nudit&#233;, regardant l'objectif ou clignant de l'&#339;il vers le spectateur, donne &#224; voir une absence de secret. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14032 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH692/4_bougard-b82ba.jpg?1578065081' width='500' height='692' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;illade, en quelque sorte, remplace le regard-miroir de l'&#226;me, et l'effronterie signe la disparition du visage comme caract&#232;re, et son effondrement dans la pure exposition. Ce que l'on d&#233;-visage, lorsqu'on regarde une fille nue, jambes &#233;cart&#233;es, sexe ouvert, et qui vous regarde pourtant droit dans les yeux, c'est pr&#233;cis&#233;ment l'effondrement, l'ab&#238;me o&#249; dispara&#238;t son visage : son trou. Et c'est ce trou noir qui vous aspire, bien davantage que l'autre. L'obsc&#233;nit&#233; n'est jamais dans l'&#233;cartement des cuisses : elle est dans l'effronterie d'un sourire. Voil&#224; ce &#224; quoi s'affronte donc Bougard dans ce dessin, sans doute un des plus beaux, un des plus troublants, o&#249; une femme nue arbore un trou &#224; la place de la t&#234;te. A l'effronterie des clich&#233;s pornographiques, il substitue &lt;i&gt;l'effrontement&lt;/i&gt; pur et simple : plus de visage, du tout, la t&#234;te trou&#233;e, &lt;i&gt;head like a hole&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme &#224; la t&#234;te de trou, &lt;i&gt;apros&#333;pos&lt;/i&gt; plut&#244;t qu'ac&#233;phale, &#224; la t&#234;te litt&#233;ralement sans visage, mais au corps superbe, est donc une femme sans caract&#232;re, une femme sans &#226;me. Le regard du spectateur, attir&#233; par ce qui n'est qu'&#224; peine de l'ordre de la repr&#233;sentation, mais de la t&#226;che, du manque, mime celui du consommateur de pornographie, qui va et vient sans cesse entre le corps et le visage, entre le sexe exhib&#233; et le regard complice. Mais le vide de ce trou attire bien davantage l'&#339;il qu'un visage effront&#233; &#8211; qui n'aurait &#233;t&#233; que la fa&#231;ade lisse de l'habituelle apparence, sur lequel glisserait le regard pour s'en aller vaquer ailleurs. C'est l&#224; la grandeur de cette &#339;uvre : ce trou noir aspire litt&#233;ralement le regard, qui ne peut qu'y revenir obsessivement, malgr&#233; l'attrait pourtant si puissant du corps nu. Bougard dresse le regard de son spectateur, lui dessine le trajet qu'il emprunte habituellement, lui intime de le suivre comme &#224; l'accoutum&#233;e, mais en lui montrant de force sa part d'ombre : l'effrontement du visage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14033 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH716/5_bougard-8f3d1.jpg?1578065081' width='500' height='716' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;f&#233;rence accord&#233;e aux petites filles, aux jeunes filles nullipares, voire impub&#232;res, s'explique donc par la volont&#233; de retrouver la nudit&#233; innocente comme &#171; v&#234;tement de gr&#226;ce &#187;, voire la nudit&#233; pr&#233;lapsaire, pour &#171; remonter &#224; l'humanit&#233; en enfance, comme disait Gauguin. L'Eve de mon choix est presque un animal ; voila pourquoi elle est chaste, quoique nue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Europ&#233;en qui voit des seins nus, &#233;crit malicieusement Henri Michaux, pense, malgr&#233; lui, qu'il va se passer quelque chose. Mais il ne se passe rien. Alors, il s'habitue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce non-lieu, ce &lt;i&gt;quelque chose&lt;/i&gt; qui n'arrive pas, qui n'a pas lieu, est l'espace o&#249; des gestes eussent pu, eussent d&#251; &#234;tre commis, et qui ne s'est jamais ouvert, et qui se referme sur une nudit&#233; incompl&#232;te, &#224; laquelle on s'habitue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la &#171; signature th&#233;ologique &#187; qui est celle de la nudit&#233; dans nos cultures occidentales fait que la nudit&#233; n'est pas un &#233;tat, mais un &#233;v&#232;nement, une chose qui &lt;i&gt;arrive&lt;/i&gt;, une &#171; forme qui ne se laisse jamais saisir int&#233;gralement dans son surgissement &#187;. (Agamben, &lt;i&gt;Nudit&#233;s&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nudit&#233; n'est jamais achev&#233;e, elle est toujours en voie d'ach&#232;vement ; la nudit&#233; d'une fille, m&#234;me totalement nue, est encore masqu&#233;e par ses mouvements. &#171; Le d&#233;sir, &#233;crit Agamben, est un moyen de d&#233;shabiller le corps de ses mouvements comme de ses v&#234;tements et de le faire exister comme pure chair. &#187; C'est un trait qu'il partage avec la pose, en peinture : essayer d'achever la nudit&#233;, de permettre l'av&#232;nement d'une nudit&#233; totale, de signer la fin de l'&#233;v&#232;nement-nudit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le nu &lt;i&gt;se porte tr&#232;s difficilement&lt;/i&gt;, &#233;crit encore Michaux, c'est une technique de l'&#226;me. Il ne suffit pas d'enlever ses habits. Il faut s'enlever sa canaillerie&#8230; et son embarras. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se passe-t-il quelque chose, dans les dessins de Bougard ? Souvent, l'action y est comme suspendue, d'un &#233;v&#232;nement &#224; venir dont on ne peut rien pr&#233;voir, &#224; l'image de ce &#171; let's make it happen &#187; susurr&#233;e par une jeune fille &#224; une autre, sans qu'on sache du tout de quoi retourne l'advenue de cet &#233;v&#233;nement qu'on se prend &#224; esp&#233;rer pourtant, &#224; d&#233;sirer intens&#233;ment. L'&#233;v&#233;nement-nudit&#233; y est comme invisible, absent&#233;is&#233;, inadvenu. Un &#171; quelque chose &#187; va se passer dont nous ne serons pas t&#233;moins : la sc&#232;ne secr&#232;te n'est pas hors du champ visuel de la repr&#233;sentation, elle est hors du temps, subtilis&#233;e par le g&#233;nie du non-lieu, et pr&#233;c&#232;de l'instant privil&#233;gi&#233; que d'autres auraient choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on voit n'est rien chez Bouvard : ce qui compte, ce sont les signes impactuels, les modalit&#233;s affectantes du dessin, en bref, ce que cela &lt;i&gt;provoque&lt;/i&gt;. L'aspect, lui, n'est qu'une fa&#231;ade, une facette, un instant de la mati&#232;re. L'impact seul peut justifier l'existence d'une &#339;uvre d'art.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14034 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH704/6_bougard-4c12f.jpg?1578065081' width='500' height='704' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ce dont Bougard fait l'exp&#233;rience &#224; m&#234;me son art, c'est que la simplicit&#233; volontaire, le dessin, le trait, n'appelle pas &#224; l'&#233;pure, &#224; la transparence, &#224; ce faux naturel limpide qui n'est que le travestissement de l'authenticit&#233;, mais au contraire &#224; la profusion, &#224; la saturation de l'espace, &#224; la multiplication presque ind&#233;chiffrable de signes et de symboles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains dessins de Jonathan sont beaux comme les vestiges d'une civilisation disparue, dont on mesure intuitivement la richesse et la profondeur, mais dont on a perdu la clef et le secret. Vous savez qu'il y a l&#224; du sens. Que cela, autrefois, il y a longtemps sans doute, a voulu dire quelque chose. Que cela voudrait encore dire quelque chose, si seulement vous saviez. Vous scrutez les apparitions et les r&#233;apparitions d'animaux symboliques obscurs : souris, chouettes, morse, porc c&#233;leste, colombe, cerf blanc&#8230; et &#224; trop vouloir vous contenter des codes de l'&lt;i&gt;ekphrasis&lt;/i&gt;, vous voil&#224; soudainement projet&#233; devant les murs d'une caverne pr&#233;historique. D&#233;crire ne suffit pas. Que signifie tout cela pour l'artiste ? A-t-il lui-m&#234;me la clef de cette parade sauvage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, c'est la surcharge de d&#233;tails qui d&#233;courage et conjure d'avance l'interpr&#233;tation. Cette surcharge, propre &#224; certains dessins d'ali&#233;n&#233;s, comme la &#171; Baubo &#187; de la &#171; Collection Prinzhorn &#187; (d&#233;partement de psychiatrie de l'Universit&#233; de Heidelberg), n'est pas seulement d&#233;corative : elle mime le foisonnement d'un monde &#224; la fois effrayant et joyeux &#8211; diabolique prolif&#233;ration d'homoncules farfad&#233;ens, ou petit monde familier des esprits protecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie &#171; Machine Project &#187;, tout se passe comme si ces &#171; d&#233;tails encadrants &#187; &#233;taient grossis, comme sous un microscope, jusqu'&#224; former l'essentiel de l'&#339;uvre. Dans cette s&#233;rie, nomm&#233;e sans doute par antiphrase, aucune ligne droite, le machinique prend la forme d'une machine d&#233;sirante o&#249; tout communique, comme dans un monde d'avant la s&#233;paration, enti&#232;rement parcouru de courants telluriques, d'&#233;lectricit&#233;, de turbulences magn&#233;tico-oniriques, de tremblements &#233;pileptiques, cosmologiques et t&#233;ratologiques, dans des images anamorphos&#233;es qui sont autant de repr&#233;sentations des forces naturelles de l'inconscient, et o&#249; pullulent d'imaginaires animalcules.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14035 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_bougard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH359/8_bougard-3378f.jpg?1578065081' width='500' height='359' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces bacilles du symbolique, o&#249; l'on retrouve des animaux stylis&#233;s (girafe, oisillon, poissons, serpents) peuvent aussi bien repr&#233;senter une part de sauvagerie conjur&#233;e, sous la forme de tatouages tribaux ou de masques rituels, que d'innocence et d'enfance souriante, dans une sarabande fantasmagorique d'&#234;tres f&#233;&#233;riques, enfantins, carnavalesques. Puis ces indig&#232;nes enfantins, ces femmes tatou&#233;es, ces &#234;tres casqu&#233;s de cornes, ces pr&#234;tres &#224; hache, ces poissons volants, ces chats &#233;tranges, ces diablotins ail&#233;s, ces clowns &#224; chapeau, footballers &#224; bonnet, et autres gargouilles extraterrestres, finissent tous, les sauvages comme les innocents, par s'embrasser, puis par copuler ensemble tandis que se m&#233;langent les langues au-dessus d'eux (anglais, fran&#231;ais, tahitien) prolongeant la tradition inaugur&#233;e par Gauguin, pour c&#233;l&#233;brer, dans une grande jubilation conjuratoire, les noces blanches et noires de l'Enfance et de l'Effroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette dialectique de l'ombre et de la lumi&#232;re, de la surcharge et du blanc, des macules et de l'immacul&#233;, de l'espace solaire vierge et de la saturation nocturne de signes (saturation sur la peau m&#234;me, &#224; la surface des corps tatou&#233;s, calligraphi&#233;s, o&#249; la nature se couvre de marques), le sexe et le visage d&#233;vor&#233;s d'ombre sont comme les refuges disjoints de l'inatteignable &lt;i&gt;secret&lt;/i&gt; de l'&#234;tre, de sa transcendance concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la derni&#232;re s&#233;rie de dessins en revanche, les animaux repr&#233;sent&#233;s sortent de l'ordre du symbolique pour r&#233;int&#233;grer un cadre familier : celui de la profusion, du d&#233;sordre bienheureux d'un monde agricole foisonnant de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence si &#233;trangement &#171; r&#233;aliste &#187; de ces animaux ne rel&#232;ve pas ici de cette &#171; pr&#233;cision stupide qui nous rive &#224; la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle &#187;, comme disait Gauguin. Elle a un sens anthropologique et politique : elle vise &#224; &#233;clairer, &#224; dissiper les t&#233;n&#232;bres d'un aveuglement conceptuel majeur, qui affecte jusqu'&#224; notre perception.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH684/9_bougard-eed6e.jpg?1772190022' width='500' height='684' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette c&#233;cit&#233;, nous la partageons tous, au point que l'imaginaire du &#171; sauvage &#187; se confond absolument avec des images de d&#233;nuement, ce que l'anthropologie &#233;conomique classique appelle une &#171; &#233;conomie de subsistance &#187;, c'est-&#224;-dire une &#233;conomie de la mis&#232;re. L'&#233;conomie dite primitive serait une &#233;conomie qui parviendrait tout juste, et &#224; grand-peine, &#224; assurer la subsistance de la soci&#233;t&#233;. Au mieux, les surplus seraient utilis&#233;s pour des f&#234;tes ponctuelles sacrifiant le travail de plusieurs mois en une pure d&#233;pense somptuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, la lecture de Marshall Sahlins agit comme les dessins de Bougard, au point que notre dessillement sur la condition primitive prend presque la forme d'un paradoxe : il lui revient en effet d'avoir d&#233;montr&#233; que ces soci&#233;t&#233;s &#8211; comme toutes celles qui ne sont pas trop &#233;loign&#233;es de leur puissance premi&#232;re &#8211; ne sont pas des soci&#233;t&#233;s de mis&#232;re, mais en tout point des soci&#233;t&#233;s &lt;i&gt;d'abondance&lt;/i&gt; : &#171; si en des temps courts &#224; intensit&#233; faible, la machine de production primitive assure la satisfaction des besoins mat&#233;riels des gens, c'est qu'elle fonctionne en de&#231;&#224; de ses possibilit&#233;s objectives, c'est qu'elle pourrait, si elle voulait, fonctionner plus longtemps et plus vite, produire des surplus, constituer des stocks &#187; (pr&#233;face de Pierre Clastres &#224; &lt;i&gt;Age de pierre, &#226;ge d'abondance&lt;/i&gt; de Marshall Sahlins). D'o&#249; la r&#233;putation de paresse des &#171; primitifs &#187; &#8211; chez tous les observateurs occidentalis&#233;s, depuis les missionnaires d'autant jusqu'aux fonctionnaires m&#233;tropolitains d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, pourquoi th&#233;sauriser, ou accumuler des stocks, quand les stocks sont, comme le dit Sahlins, &#171; dans la nature m&#234;me &#187; ? Ce qui est vrai pour les chasseurs-cueilleurs primitifs l'est aussi des soci&#233;t&#233;s d'agriculteurs qui fonctionnent sous les esp&#232;ces du &#171; Mode de Production Domestique &#187; (comprendre : le jardin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'incompr&#233;hension de Jonathan Bougard, dans un texte comme &#171; Paumotu Ma &#187;, o&#249; il rapporte : &#171; Juste derri&#232;re, il y a trois pamplemoussiers et une douzaine de grands cocotiers. Mais tous ces fruits pourrissent seulement. Cette bande de paumotu consomme que les produits du magasin. Tout ce qui pousse sur l'arbre, ils remarquent m&#234;me pas. Ils laissent tomber, et pourrir. Ils se nourrissent de cartons de cuisses de poulets &#233;lev&#233;s en batterie en quinze jours, de riz et de sachets de Twisties. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14037 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH692/10_bougard-0f5dd.jpg?1578065082' width='500' height='692' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'artiste remarque dans l'univers tahitien, ce qu'il rend dans ses dessins, plus que la luxuriance d'une nature intacte, ou les couleurs si vives d'une insularit&#233; si facilement con&#231;ue comme paradisiaque, c'est, au-del&#224; de la mis&#232;re relative des habitants parmi lesquels il a choisi de s'immerger (par rapport aux fonctionnaires d&#233;p&#234;ch&#233;s par la m&#233;tropole, par exemple) une &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; d'abondance&lt;/i&gt;, m&#234;me quand parfois cette abondance est &lt;i&gt;n&#233;glig&#233;e&lt;/i&gt; au profit de l'acculturation d&#233;primitivante de l'&#233;conomie de march&#233; : les &#171; produits du magasin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pourrait si vite &#234;tre interpr&#233;t&#233;, dans les dessins de Jonathan Bougard, comme une attention purement altruiste port&#233;e &#224; la duret&#233; des conditions d'existence des tahitiens, &#224; l'in&#233;galit&#233; des conditions sociales, bref : &#224; la mis&#232;re, est bien davantage qu'un t&#233;moignage &#171; humaniste &#187;. C'est un plaidoyer artistique pour une v&#233;ritable soci&#233;t&#233; d'abondance, qui n'est certes pas celle des poulets &#233;lev&#233;s en batterie et des sachets de Twisties&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Bougard montre, dans cette abondance d'animaux de toutes sortes, ce bric-&#224;-brac de poules, de chiens, de chats, de coq, de cochons, d'outils, d'enfants, de d&#233;bris assembl&#233;s &#224; la va vite, comme les t&#244;les sur un abri, ce n'est donc pas une &#233;conomie de la mis&#232;re permettant aux habitants de vivoter par la r&#233;cup et le syst&#232;me D : c'est une &#233;conomie d'abondance o&#249; le temps ne manque ni pour se baigner, ni pour jouer &#224; la corde &#224; sauter, ni pour poser, ni pour peindre, un monde o&#249; la multiplication des signes, o&#249; la saturation de l'espace n'est qu'un foisonnement bienheureux, et pas le d&#233;sordre mena&#231;ant du d&#233;nuement. Si les soci&#233;t&#233;s primitives sont des soci&#233;t&#233;s d'abondance, alors l'art de Bougard est un art de l'abondance, de l'harmonieuse saturation de signes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;nudation des jeunes filles, dans cette s&#233;rie, n'est donc pas &#224; comprendre dans un sens figural, mais litt&#233;ral : non comme une figure, une m&#233;taphore du d&#233;nuement, mais comme un rappel de notre nature profonde. A sa mani&#232;re, Bougard lui aussi r&#233;pond aux c&#233;l&#232;bres questions de Gauguin, les seules qui vaillent : D'o&#249; venons-nous ? Que sommes-nous ? O&#249; allons-nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas faits pour accumuler des surplus. Nous ne sommes pas faits pour th&#233;sauriser. Nous sommes faits pour la baignade, c'est-&#224;-dire pour le plaisir &#8211; pour jouir du &#171; simple sentiment d'exister &#187;, disait Thoreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contact avec ce qui reste du primitif, avec ce que le tahitien invente pour survivre en-dehors de la modernit&#233;, &#224; c&#244;t&#233; de la modernit&#233;, mais en m&#234;me temps que la modernit&#233;, &#224; l'image des &#171; molas &#187; de la soci&#233;t&#233; kuna, ces tableaux de tissu ancestraux, m&#233;moire des rites et des mythes, et qui int&#232;grent aujourd'hui le passage des modules lunaires ou des h&#233;licopt&#232;res, Jonathan Bougard est un artiste : il regarde passer les modules lunaires dans les yeux des petites filles tahitiennes, et il en fixe le reflet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fabrice Petitjean&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Portfolio suppl&#233;mentaire de dessins &#224; quatre mains de Scott Batty et Jonathan Bougard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Scott Batty chante et peint toujours, mais &#224; l'&#233;poque des gentlemen invisibles il &#233;crivait aussi de la po&#233;sie. Il peint surtout des fant&#244;mes. Beaucoup de collages aussi. On a expos&#233; ensemble &#224; l'Institut fran&#231;ais d'Innsbruck en 2002, &#224; l'occasion du &lt;i&gt;1 Int Upper Ground Festival&lt;/i&gt;. On a ensuite r&#233;alis&#233; ensemble une s&#233;rie d'images &#224; quatre mains pour le projet &lt;i&gt;Schreber pr&#233;sident&lt;/i&gt; (Fage &#233;ditions 2005), des dessins au trait qu'il a retravaill&#233;s &#224; sa mani&#232;re, mais ces images n'ont finalement pas &#233;t&#233; retenues pour la publication. Scott les a conserv&#233;es et elles seront visibles pour la premi&#232;re fois &#224; la galerie Hors-Champs du 27 au 31 janvier (avec quelques nouveaut&#233;s). Quinze ans plus tard. Comme quoi les traces ne se perdent jamais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jonathan Bougard &#8212; Tahiti d&#233;cembre 2019&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH706/1_batty-c2191.jpg?1772190022' width='500' height='706' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH712/2_batty-6c585.jpg?1578065082' width='500' height='712' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH713/3_batty-83078.jpg?1578065082' width='500' height='713' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH709/4_batty-65309.jpg?1578065082' width='500' height='709' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L320xH750/5_batty-0f2a6.jpg?1578065082' width='320' height='750' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
