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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Huiti&#232;me Biennale d'estampe contemporaine</title>
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		<dc:date>2019-09-27T10:01:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ayda-Su Nurog&#774;lu , Ce&#769;cile Marical , Christine Bouvier-Bernard , Muriel Baumgartner et Pascale Parrein</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>dessin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; O&#249; est le r&#233;el : au ciel ou au fond des eaux ? L'infini, en nos songes, est aussi profond au firmament que sous les ondes. &#187; (&lt;i&gt;L'eau et les r&#234;ves&lt;/i&gt;, G. Bachelard)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/dessin" rel="tag"&gt;dessin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1503-4612f.jpg?1772202060' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; O&#249; est le r&#233;el : au ciel ou au fond des eaux ? L'infini, en nos songes, est aussi profond au firmament que sous les ondes. &#187; (&lt;i&gt;L'eau et les r&#234;ves&lt;/i&gt;, G. Bachelard)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La cellule est la plus petite unit&#233; vivante capable de se reproduire de fa&#231;on autonome et le corps humain en compte cent mille milliards, en plus d'&#234;tre colonis&#233; par des organismes unicellulaires (bact&#233;ries) dans une proportion une &#224; dix fois sup&#233;rieure ! Les cellules se d&#233;veloppent et prennent vie sur la terre gr&#226;ce &#224; l'eau. Indispensable &#224; la vie, l'eau symbolise l'origine de toute cr&#233;ation, elle est pr&#233;sente dans toutes les phases de l'existence, depuis l'apparition de la vie jusqu'&#224; la mort, et m&#234;me lors de la putr&#233;faction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment liquide est en cela un lieu de passage, cr&#233;ant un espace interm&#233;diaire d'un monde &#224; l'autre, du monde des vivants au royaume des morts, il est le m&#233;dium qui permet de faire le voyage, d'aller &#171; de l'autre c&#244;t&#233; &#187;. La mort est inh&#233;rente &#224; la vie. Elle prend dans notre imaginaire de multiples visages, de multiples formes, elle se dessine par nos tentatives &#233;gotiques ou spirituelles d'explorer l'inconnu, et ce, malgr&#233; nos peurs conscientes ou inconscientes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la mythologie grecque, l'eau parcourt les Enfers dont elle alimente les fleuves : Ach&#233;ron, le fleuve du chagrin, Styx, le fleuve de la haine, L&#233;th&#233;, le fleuve de l'oubli, Cocyte, le torrent des lamentations et Phl&#233;g&#233;thon, la rivi&#232;re de flammes. Oui, le fluide peut &#234;tre feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les profondeurs qu'Hypnos vit pr&#232;s de L&#233;th&#233;. Fils de la nuit et fr&#232;re jumeau de Thanatos, il nous gouverne en m&#234;me temps qu'il est vital &#224; notre &#233;quilibre. Il sait se changer en oiseau pour endormir les dieux, jusqu'&#224; d&#233;signer sur nos tombeaux l'&#233;ternel sommeil. Ainsi il survole notre monde, nous plonge litt&#233;ralement dans notre inconscient et nous garde la nuit tandis que Thanatos veille quelque part, attendant son heurt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre dans ces espaces que la magie des esprits invisibles op&#232;re sur nos &#226;mes. En tout cas, des forces habitent notre monde, qu'il soit min&#233;ral, v&#233;g&#233;tal, animal ou humain. De l&#224;, dans ses croyances l'homme cr&#233;e son humanit&#233; (terrestre) et son devenir (spirituel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Hypnos est aussi le p&#232;re de Morph&#233;e, initiateur de nos songes, et l'artiste s'en inspire ; en qu&#234;te d'une puissante mythologie, il travaille &#224; l'&#233;coute de son inconscient et de sa part de r&#234;ve. R&#234;ver se veut &#233;chapper &#224; la mort. Explorer l'inconnu, n'est-ce pas le territoire de pr&#233;dilection pour l'artiste ? Aller en soi, se heurter au r&#233;el et t&#233;moigner de la vuln&#233;rabilit&#233; des choses, de la fragilit&#233; de la condition humaine, crier son regard au monde, et r&#234;ver - peut-&#234;tre - &#224; un monde d&#233;gag&#233; de sa noirceur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les gravures pr&#233;sent&#233;es pour la huiti&#232;me biennale d'estampe contemporaine, les noirs de l'encre sont le pendant &#224; la transparence de l'eau. Mati&#232;re myst&#233;rieuse surgissant de la nuit des temps, l'eau d&#233;ploie toutes ses nuances de transparences et de subtilit&#233;s. Au c&#339;ur du vivant, diaphane, le noir et le blanc se jouent des jeux de miroirs, de reflet, de sym&#233;trie. Al&#233;atoire, l'eau circule dans le format, calme, impr&#233;gnant le papier depuis l'encre du pinceau ou l'encre taille douce, elle figure sous forme d'ondulations noires &#233;mergeant ou enveloppant des formes mi-humaines ou v&#233;g&#233;tales comme le mouvement d'une chevelure dans l'eau. Elle participe, habite et envahit l'image. Quand l'eau dispara&#238;t, tout est p&#233;trifi&#233;, fossilis&#233; et le vivant se fige, les visages sont fantomatiques, les regards lointains et vid&#233;s de leur pr&#233;sence si puissante. Que reste-t-il encore de la vie ? Les os ? Pour combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le flux de l'eau se fait fil conducteur et guide le choix de ces quatre artistes ici rassembl&#233;es au centre d'exposition Les R&#233;servoirs. Il s'agit de l'ancien r&#233;servoir d'eau de la ville de Limay datant de 1867. La gravure est un discours de l'empreinte &#224; travers lequel chacune t&#233;moigne &#224; sa mani&#232;re du vivant qui fa&#231;onne notre monde. Ainsi, Christine Bouvier d&#233;veloppe un travail autour des notions de temps, de souvenir et d'image, C&#233;cile Marical d&#233;die sa cr&#233;ation &#224; la fragilit&#233; de la condition humaine et s'interroge sur la trace d'un &#171; pass&#233; qui ne passe pas &#187;, Pascale Parrein explore des mondes invisibles &#224; l'&#339;il nu, des &#171; petites choses &#187; microscopiques, et Ayda-Su Nuro&#287;lu &#233;tablit un dialogue entre l'Orient et l'Occident tout en vagabondant entre l'homme et l'animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Muriel Baumgartner&lt;/strong&gt;, juillet 2019 Artiste-enseignante &#224; l'EMAP de Limay.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Christine Bouvier&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_13178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;90&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_vortex_b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH497/1_vortex_b-505e5.jpg?1569578973' width='500' height='497' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vortex
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Techniques mixtes (transfert, eau-forte, aquatinte, pointe s&#232;che), 40x40cm, 2014.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Appre&#769;hender la masse mouvante de l'eau, incertaine. L'eau qui se&#769;pare, l'eau qui relie tanto&#770;t calme, re&#769;fle&#769;chissante, tanto&#770;t mue par des courants ou forces Coriolis, a&#768; l'instar d' Univers-&#238;les, lointaines ne&#769;buleuses ou galaxies. Apprivoiser l'eau, pour de mentales odysse&#769;es...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Bouvier, extrait du texte e&#769;crit pour le catalogue de l'exposition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une quinzaine d'anne&#769;es, je mets en relation photographie et gravure dans un travail sur le paysage dont l'eau est un e&#769;le&#769;ment constitutif. D'abord inspire&#769; par une fore&#770;t, situe&#769;e sur d'anciennes carrie&#768;res souterraines qui ont fragilise&#769; les sous-sols, et provoque&#769; de surprenants effondrements inonde&#769;s, paysages chaotiques, il s'est ensuite resserre&#769; sur des objets plus modestes : flaques d'eau, petits ruisseaux. L'eau silencieuse, stagnante, miroir offert a&#768; l'infini, et l'eau murmurante, en flux, qui s'e&#769;coule... Puis de petits tourbillons en cours de formation et de dissolution, renvoyant, avec un certain vertige, a&#768; d'autres e&#769;le&#769;ments, de l'univers, parfois infiniment petits, parfois infiniment grands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&#768; la mesure du sentiment de pre&#769;sence au monde ou de de&#769;sorientation que me procure la perception de ces micros-paysages, je tente parfois de leur confe&#769;rer une importance, en gravant de grandes planches de me&#769;tal. Je conjugue alors deux e&#769;chelles de travail : celle du corps, comme pour plonger dans l'image, et celle du geste de la main, pour pre&#769;ciser d'infimes de&#769;tails.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_dessiner_b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/2_dessiner_b-060cb.jpg?1569578973' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dessiner
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Techniques mixtes (transfert, eau-forte, aquatinte, pointe-s&#232;che), 40x40cm, 2018.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pre&#768;s de ma maison, il y a un ancien lavoir, avec un bassin a&#768; ciel-ouvert. Cet endroit est devenu pour moi une sorte de laboratoire, perceptif et re&#769;flexif. Je dessine sur la surface de l'eau, je module les ondes, je joue avec les e&#769;clats de lumie&#768;re, les re&#769;flexions, et leurs projections vibrantes, a&#768; certaines heures du matin, lorsque le soleil est au rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'associe parfois des figures humaines, ou leurs reflets, ou les projections de leurs reflets qui deviennent alors de sombres silhouettes, prises dans la danse lumineuse et fugitive des dessins de l'eau. E&#769;trange the&#769;a&#770;tre d'ombres, perte de repe&#768;res...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je photographie ces e&#769;ve&#768;nements e&#769;vanescents, comme pour en extraire des instants. J'en transfe&#768;re des images sur la surface miroitante du cuivre. Je provoque un jeu de disparitions et re&#769;apparitions successives de ces empreintes d'images, en les livrant a&#768; la corrosion re&#769;pe&#769;te&#769;e des bains d'acide, a&#768; l'insidieuse &#171; eau forte &#187;. Elles sont alors a&#768; la fois dissoutes et inscrites dans l'e&#769;paisseur du me&#769;tal. Je re&#769;incarne ces vestiges d'images avec les gestes et les outils du graveur, cre&#769;ant des aspe&#769;rite&#769;s, griffant le cuivre pour accrocher le noir de l'encre, le polissant pour faire advenir la lumie&#768;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les impressions sur le papier, nouvelles images, sont la me&#769;moire de ces expe&#769;riences, l'empreinte d'un moment...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christine Bouvier&lt;/strong&gt;, juin 2019, pour la Biennale de gravure aux Re&#769;servoirs, lieu dont la fonction passe&#769;e re&#769;sonne singulie&#768;rement avec mon travail.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce&#769;cile Marical&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_13180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH700/1_nyamata_m-29154.jpg?1569578973' width='500' height='700' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s Nyamata
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Estampe technique libre, 70x50cm, 2014.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'a&#238;tre du langage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Du moins savent-ils (les artistes), en d&#233;pla&#231;ant les points de vue, en renversant les espaces, en inventant de nouveaux rapports, de nouveaux contacts, ce qui est bien mieux que croire y r&#233;pondre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Didi-Huberman, &#202;tre cr&#226;ne.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du temps, il faut du temps, de celui qui est apr&#232;s, apr&#232;s une blessure, un deuil, apr&#232;s l'impensable, apr&#232;s le Rwanda. C&#233;cile Marical collecte, accumule, photographie, expose aux intemp&#233;ries, au feu, &#224; l'eau, confie au temps. Elle attend, elle exp&#233;rimente, et cette attente ne cesse de s'approfondir, de se confondre avec ses exp&#233;rimentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est long, lent, mais le processus d&#233;livre l'inattendu de sa po&#233;sie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, dans ses &lt;i&gt;Essais de Carnets Br&#251;l&#233;s&lt;/i&gt;, l'encre traverse les papiers de soie en r&#233;v&#233;lant les &#233;chos d'un visage dont le regard, alors, &#233;carte les g&#233;n&#233;ralit&#233;s de l'&#234;tre, supprime toute distinction entre forme et fond : &#171; le visage s'est tourn&#233; vers moi, et c'est cela sa nudit&#233; m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuel L&#233;vinas, Totalit&#233; et infini.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aller au pas des choses &#187;, dit Montaigne, dans la lenteur et l'effacement de soi-m&#234;me. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, les empreintes tiennent une place centrale : par exemple, celle de la fleur de l'Umurinzi collect&#233;e au Rwanda est dans la s&#233;rie d'estampes &lt;i&gt;Apr&#232;s Nyamata&lt;/i&gt; une sorte de citation, une citation de mati&#232;re-m&#233;moire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire une empreinte est un geste modeste, humble, comme s'effacer pour laisser passer. Cette humilit&#233; est la condition premi&#232;re pour que s'exprime &#171; ce tr&#232;s fragile langage que les hommes disposent entre la violence de la question et le silence de la r&#233;ponse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Umirinzi est un arbre sacr&#233; du Rwanda qui signifie &#171; le gardien &#187; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH666/2_persona_m-6fb77.jpg?1772190009' width='500' height='666' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Persona II
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Estampe technique libre, 40x30cm, 2018.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'entre-deux est notre condition, nous souffle C&#233;cile Marical, il faut partir de l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous ne voulons plus transformer les causes en p&#233;cheresses et les cons&#233;quences en bourreaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roland Barthes, Essais critiques.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les s&#233;ries &lt;i&gt;Apr&#232;s Bisesero&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Apr&#232;s Nyamata&lt;/i&gt;, l'universalit&#233; impersonnelle des cr&#226;nes du g&#233;nocide des Tutsi sont une autre inhumanit&#233;. Les cr&#226;nes sont d&#233;fonc&#233;s et leur trou repr&#233;sente la part manquante, une bouche : &#171; quelque chose appelle dans le mouvement de sa propre disparition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;ric Nietzsche, Aurore.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Georges P&#233;rec nous dit : &#171; Il n'y a pas plus obscur qu'un blanc &#187; (&lt;i&gt;La disparition&lt;/i&gt;), il nous propose d'exp&#233;rimenter la disparition par la mati&#232;re m&#234;me du texte : l'absence du E, qu'il entendait intimement EUX en hommage &#224; ses parents perdus durant la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, chaque phrase du livre est aussi un cr&#226;ne avec ce trou qui crie l'absence, nous faisant face dans l'a&#238;tre du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Christian Zimmermann&lt;/strong&gt;, juillet 2019.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ayda-Su Nuro&#287;lu&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_13183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_ayda_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH326/2_ayda_n-2fcd5.jpg?1569578974' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Terra Madre Remix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;S&#233;rigraphie artisanale sur encres, 51x74 cm, 2019.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les travaux d'Ayda-Su Nuro&#287;lu &#233;tablissent, bien s&#251;r, un dialogue entre l'Orient et l'Occident, que ce soit par les formes ou les sujets qui affleurent sourdement de ses &#339;uvres. Mais elle n'est pas une &#171; artiste du monde &#187; comme voudrait nous le faire penser son itin&#233;raire personnel et professionnel, et comme voudrait le faire penser l'&#233;poque. Elle est une artiste des mondes, des infra-mondes. Nullement conceptuelles, ses recherches font remonter &#224; la surface du papier, des visions envo&#251;tantes et sensuelles, enfouies dans des n&#339;uds symboliques, eux-m&#234;mes int&#233;rioris&#233;s et refoul&#233;s par l'individu, mais constitutifs de son identit&#233; profonde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH741/1_ayda_n-e0a5c.jpg?1772190009' width='500' height='741' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Terra Madre Remix 2
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;S&#233;rigraphie artisanale sur encres, 74x51 cm, 2019.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les formes opaques, en pointill&#233;s, superpos&#233;es de ses cr&#233;ations entrelacent les civilisations, les genres et les esp&#232;ces. Ces &#339;uvres sont sauvages et r&#233;tives &#224; tous les r&#233;cits civilisationnels ; ce que nous livre Ayda-Su Nuro&#287;lu c'est un paganisme qui nous saute aux yeux et au ventre. Son paganisme fait tomber la pseudo-nature des &#234;tres et des relations, et nous rappelle nos illusions et nos pulsions qui vagabondent quelque part entre l'homme et l'animal.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pascale Parrein&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_13184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH718/1_cell1a_p-33e02.jpg?1772190009' width='500' height='718' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Cellule I
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Gravure au carborundum, 90x70cm, 2013.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cellules et Mitose&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; La cellule est l'unit&#233; de structure, fonctionnelle et reproductrice constituant toute partie d'un &#234;tre vivant. Chaque cellule est une entit&#233; vivante qui, dans le cas d'organismes multicellulaires, fonctionne de mani&#232;re autonome, mais coordonn&#233;e avec les autres. Les cellules de m&#234;me type sont r&#233;unies en tissus, eux-m&#234;mes r&#233;unis en organes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie de dessins et gravures, &lt;i&gt;Cellules&lt;/i&gt;, un monde organique invisible &#224; l'&#339;il nu envahit de grandes feuilles blanches comme dans un retournement d'&#233;chelle. Ce travail fait r&#233;f&#233;rence &#224; une &#233;poque o&#249; ces deux media &#233;taient les moyens privil&#233;gi&#233;s de repr&#233;senter, expliquer et diffuser les connaissances scientifiques et techniques de fa&#231;on pr&#233;cise et objective. Mais aujourd'hui d'autres outils se sont substitu&#233;s pour remplir ce r&#244;le. Ce travail donc n'a rien de scientifique, mais t&#233;moigne de la fascination pour un monde d'&#233;l&#233;gance, d'une grande richesse plastique, pr&#233;sentant d'innombrables d&#233;clinaisons formelles, des capacit&#233;s de motilit&#233; et d'organisations complexes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH701/2_cell5a_p-42532.jpg?1569578974' width='500' height='701' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Cellule V (d&#233;tail)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Gravure au carborundum, 90x70cm, 2013.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces travaux de grande dimension (environ 70x100cm) sont destin&#233;s &#224; &#234;tre pr&#233;sent&#233;s comme de grandes affiches, dont on peut inverser le sens, car les cellules ne sont pas soumises &#224; la gravit&#233;, jouer avec les r&#233;p&#233;titions et les rythmes cr&#233;&#233;s entre les diff&#233;rents motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de ces estampes ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es dans le cadre d'une r&#233;sidence en cours &#224; l'atelier genevois de gravure GE Grave.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Bouvier, extrait du texte e&#769;crit pour le catalogue de l'exposition &#171; Iles &#187;, le Trait, galerie du Bout du Monde, St Hypocrite- du-Fort, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georges Didi-Huberman, &lt;i&gt;&#202;tre cr&#226;ne&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel L&#233;vinas, &lt;i&gt;Totalit&#233; et infini&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Umirinzi est un arbre sacr&#233; du Rwanda qui signifie &#171; le gardien &#187; en Kinyarwanda.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roland Barthes, &lt;i&gt;Essais critiques&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;ric Nietzsche, &lt;i&gt;Aurore&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Exposition organise&#769;e par l'E&#769;cole Municipale d'Arts Plastiques de Limay sur une proposition de Muriel Baumgartner &lt;br class='autobr' /&gt;
Coordination : Muriel Baumgartner / Richard Penloup &lt;br class='autobr' /&gt;
Me&#769;diation : Muriel Baumgartner&lt;br class='autobr' /&gt;
Exposition ouverte du 12 septembre au 13 octobre 2019 les RE&#769;SERVOIRS - 2 rue des re&#769;servoirs, 78520 Limay&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.ville-limay.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ville-limay.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration couverture : Christine Bouvier, Porjections&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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