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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Sur/peindre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Cauda</dc:creator>


		<dc:subject>essai </dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Surfigurer est &#224; entendre tel qu'on entendait figurer au XVe si&#232;cle : &#171; D&#233;crire un d&#233;tour hors de la ressemblance et la d&#233;signation, entrer dans le domaine paradoxal de l'&#233;quivoque et de la dissemblance. &#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2229-1c3d7.jpg?1772205331' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Surfigurer est &#224; entendre tel qu'on entendait figurer au XVe si&#232;cle : &#171; D&#233;crire un d&#233;tour hors de la ressemblance et la d&#233;signation, entrer dans le domaine paradoxal de l'&#233;quivoque et de la dissemblance. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui que le r&#233;el est dans un rapport de stricte &#233;galit&#233; avec le visible, rien n'existe en dehors de son image. Aussi la peinture ne saurait avoir d'autre objet que le d&#233;j&#224;-vu et d'autres exigences que de l'interroger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Qu'arriverait-il &#224; la peinture si on ne peignait que ce qui co&#239;ncide avec son image ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Peindre le d&#233;j&#224;-vu ne revient-il pas &#224; le maintenir dessus le monde des images par le signe efficace de sa propre destruction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Dans la peinture, l'absence du peintre n'appara&#238;t-elle pas comme une empreinte dans laquelle le spectateur peut glisser ses pas, alors que le photographe ne manque jamais &#224; la photographie qui est la preuve de sa pr&#233;sence omnipotente dans laquelle le spectateur vient buter comme contre un mur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peindre le d&#233;j&#224;-vu, autrement dit se d&#233;livrer des clefs qui ouvrent la repr&#233;sentation, et redonner une figure au monde par le trou que fait la peinture dans cette image que le r&#233;el a pris pour seul mod&#232;le, et &#224; qui elle se substitue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les visages peints par Poussin, par leur &#233;vidente appartenance au principe du d&#233;j&#224;-vu, rec&#232;lent des signes avant-coureurs de surfiguration. D&#233;j&#224;-vu par l'&#339;il, l'&#339;il absolu (l'&#339;il de Dieu) plus que jamais omnipr&#233;sent dans l'approche surfigurative qui pose avec Lui un signe &#233;gal entre le visible et le r&#233;el. Ils ont aussi cette frontalit&#233; myst&#233;rieuse (l'expression est de Daniel Kl&#233;baner ) qui les pr&#233;sente, en quelque sorte, de face et de profil en m&#234;me temps, un peu comme s'ils pariaient sur l'existence de Dieu (profil ou face ?), pari qui engage aussi la surfiguration. &#192; la question de savoir s'il y a un moyen de voir le dessous du jeu, la surfiguration r&#233;pond : &#171; Oui, la Peinture et le reste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue dialectique du destin de l'art, le passage de l'&#233;motion dionysiaque au r&#234;ve apollinien n'est aucunement r&#233;versible. En revanche, avec la surfiguration, le r&#234;ve apollinien de la photographie est emport&#233; dans le sommeil de l'&#233;motion jusqu'au r&#233;veil de celle-ci par la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edgar A. Poe : &#171; Ainsi tout argument fond&#233; sur la fiction est applicable &#224; la v&#233;rit&#233; ; et la recherche de la v&#233;rit&#233; est le but. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au si&#232;cle dernier, au cours des ann&#233;es 1960/1970, le verbe &#171; peindre &#187;, &#224; l'exception de quelques (emplois) monochromes, a d&#233;sert&#233; le vocabulaire de la plupart des artistes. D'autres, comme Stella et Reinhardt, tent&#232;rent m&#234;me d'&lt;i&gt;ex&#233;cuter&lt;/i&gt; l&#224; leur &#171; Dernier Tableau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la th&#233;orie a alors quitt&#233; le champ de la repr&#233;sentation (jug&#233;e triviale) pour celui de la pr&#233;sentation et du pr&#233;sentateur. Dans le m&#234;me temps, la t&#233;l&#233;vision prenait le pas sur le cin&#233;ma, et, &#171; Rio Bravo &#187; &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme le dernier western&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_famille-goya.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH394/1_famille-goya-1634f.jpg?1677671747' width='500' height='394' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jacques Cauda &#8212; Famille (Goya), pastel sur papier 2015
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour m&#233;moire, la pr&#233;sentation, dite performative, confondue &#224; son &#233;nonciation, &#233;tait son propre r&#233;f&#233;rent autoproclam&#233; et totalitaire. Tautologiquement une et se d&#233;signant comme tout, elle ne d&#233;signa rien d'autre que sa propre fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Thuiller : &#171; Plus un art limite ses moyens, et plus il se lib&#232;re du temps ; plus il se veut total, et plus court est l'instant o&#249; il se r&#233;alise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les figures de la surfiguration ont ceci en commun qu'elles comprennent l'acte d'imitation et non son r&#233;sultat. Elles en comprennent la cause, &#171; comprendre &#187; au double sens d'avoir avec soi et de percevoir, la cause d'&#234;tre caus&#233;e par l'omnipr&#233;sence de l'&#339;il dont on ignore o&#249; il se trouve, et les effets qui en d&#233;coulent : qu'il est impossible de rendre (visible) ce par quoi on est regard&#233;, bien que ce par quoi on est regard&#233; soit la cause de notre regard, sauf &#224; l'inscrire dans l'imagination du r&#234;ve et du d&#233;j&#224;-vu qu'il comprend avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on fait un portrait, il y a trois mani&#232;res de poser un visage : ou de face, ou de trois-quarts, ou de profil. De face, le portrait regarde son semblable, c'est-&#224;-dire la mort droit dans les yeux. De trois-quarts, il regarde Dieu, l'&#233;ternit&#233;, l'infini. Et de profil, sa post&#233;rit&#233;, comme &#201;rasme peint par Holbein regarde son acte d'&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une quatri&#232;me, cubiste, qui est de rendre toutes les trois en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, le regard est port&#233; sur le temps. Et davantage avec le cubisme qui ajoute du temps biologique au temps math&#233;matique, m&#233;tronome jusqu'alors en peinture. Pour la biologie, comme pour la peinture cubiste, 1 n'est pas &#233;gal &#224; 1, le temps qui passe entre les deux les rend dissemblables, un peu comme s'il s'agissait du m&#234;me sous les traits d'un autre qui d&#233;file sous les traits du m&#234;me. En somme, une figure + une figure + une figure &#233;galeraient une surfigure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger de Piles &#233;crirait aujourd'hui qu'il y a deux sortes d'id&#233;es : l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale qui convient &#224; tous les hommes, c'est la photographie ; et l'id&#233;e particuli&#232;re qui convient au peintre seulement, c'est la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;zanne : &#171; La nature, pour nous hommes, est plus en profondeur qu'en surface, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'introduire dans nos vibrations de lumi&#232;re repr&#233;sent&#233;es par les rouges et les jaunes, une somme suffisante de bleut&#233;s pour faire sentir l'air. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la surfiguration, la couleur repr&#233;sente aussi bien que le trait. Et tout particuli&#232;rement quand il s'agit d'un portrait o&#249; la profondeur n'est plus seulement une question d'espace mais d'int&#233;riorit&#233;. Un bleu, par exemple, exprimera l'articulation qu'il y a entre le souffle du monde et celui du d&#233;j&#224;-vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux phrases &#224; surfigurer au pass&#233; &lt;i&gt;r&#233;miniscent&lt;/i&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
1) Christian Boltanski : &#171; Reconstitution d'un accident qui ne m'est jamais arriv&#233; et o&#249; j'ai trouv&#233; la mort. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Roland Barthes : &#171; &#202;tre photographi&#233; produit un sentiment de perte d'identit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surfigur&#233;, le temps est l'expression de la continuation de la photographie qui n'est plus dans la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie rel&#232;ve du mythe de Diane, la peinture de celui d'Act&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste surfiguratif se tient &#224; mi-chemin du visible et de l'invisible, pr&#233;cis&#233;ment l&#224; o&#249; r&#234;ve une image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inconscient a &#233;t&#233; d&#233;couvert pour redonner un &#339;il &#224; la figure du monde que la photographie venait de lui &#244;ter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_frago-cauda.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/2_frago-cauda-d6f30.jpg?1772191836' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jacques Cauda &#8212; Frago
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le rapport qu'entretient la peinture avec la photographie au travers de la surfiguration est &#224; rapprocher de celui qui, sous le coup de la naissance du Purgatoire au XIIIe si&#232;cle, permit &#224; Giotto de faire passer l'art de peindre du grec au latin. Dans les deux cas, il s'agit d'un entre-deux, d'un espace nouveau, produit des relations qui unissent l'espace de la soci&#233;t&#233; des morts &#224; celui de la soci&#233;t&#233; des vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le portrait nous montre les mots que nous sommes devenus. Surfigur&#233;e, la peinture d'un visage est &#224; entendre comme une vocalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peinture aurait-elle des oreilles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le portrait surfiguratif est fait de visages qu'il re&#231;oit en lui comme un corps re&#231;oit issu de lui-m&#234;me des corps suppl&#233;mentaires. Chaque corps a son avant-corps par la forme qui l'organise, et son &lt;i&gt;apr&#232;s-corps&lt;/i&gt; par le prolongement de sa mati&#232;re. Au geste surfiguratif de les faire tenir &#224; la fois et en m&#234;me temps, en eux-m&#234;mes et hors d'eux-m&#234;mes, y &#234;tre tout en n'y &#233;tant pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la surfiguration, la peinture fait un trou dans la suite ininterrompue de &#171; maintenant &#187; qu'est la vie et dans la suite &#171; d'ici et maintenant &#187; qu'est la photographie, un trou o&#249; plonger ce qu'il y a de plus ressemblant &#224; la ressemblance par excellence : le cadavre. L'homme est ainsi fait (&#224; l'image de son &#233;tranget&#233; cadav&#233;rique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goethe : &#171; Dans toute forme organique, l'ext&#233;rieur proc&#232;de morphologiquement de l'int&#233;rieur. &#187; Ainsi, avec la peinture le b&#339;uf sera toujours &#233;corch&#233; et la le&#231;on toujours d'anatomie. De m&#234;me, prise dans la perspective surfigurative, la peinture est &#224; regarder comme l'int&#233;rieur d'une image (photographique), intestine &#224; la repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Georges Bataille : &#171; Toute question est d'abord une question d'emploi du temps. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Walter Benjamin : &#171; Ce n'est pas un hasard si le portrait a jou&#233; un r&#244;le central aux premiers temps de la photographie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le peintre surfiguratif, il s'agit d'objectiver la perception subjective, de prendre pour objet des sensations dont la source n'est plus la nature mais sa repr&#233;sentation r&#233;tinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir c'est tendre le d&#233;sir au miroir ou l'inverse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste surfiguratif a pour ambition premi&#232;re de refaire l'amour avec la peinture, avec le monde par la jouissance qui fait que la peinture est la peinture parce qu'elle donne &#224; jouir. Peindre est &#224; concevoir comme ph&#233;nom&#232;ne &#233;rotique et le peintre comme amant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_la-plage.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/3_la-plage-cf0fc.jpg?1677671747' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jacques Cauda &#8212; La-plage
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;toile, 100x73cm
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jean-Luc Marion : &#171; L'amant n'aime pas tant pour &#234;tre que pour r&#233;sister &#224; ce qui annule l'&#234;tre. &#187; &#171; L'amour ne d&#233;rive pas de l'ego mais le pr&#233;c&#232;de et le donne &#224; lui &#224; lui-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le peintre n'aime pas tant pour peindre que pour r&#233;sister &#224; ce qui annule la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valentin Retz : &#171; Marcel Duchamp ne ha&#239;ssait pas seulement la peinture et, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale tout ce qui l'avait pr&#233;c&#233;d&#233;, il ha&#239;ssait avec la plus grande indiff&#233;rence, et donc avec la plus grande cruaut&#233;, tout ce qui de pr&#232;s ou de loin se rapportait &#224; la jouissance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste surfiguratif redonne un corps &#224; la peinture dont l'histoire d&#233;j&#224; &#233;crite revient au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le geste surfiguratif, ce n'est pas le fait de produire de l'&#234;tre qui est unique, c'est la mani&#232;re de le produire. L'&#234;tre produit par le peintre surfiguratif est univoque avec l'&#234;tre produit par les effets de la peinture, (en consid&#233;rant que le peintre agit en produisant l'acte d'exister concomitamment avec ses effets).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une mise en perspective surfigurative, qui de l'image photographique ou de la peinture occuperait le point de vue ou le point de fuite ? La question, &#233;videmment infond&#233;e, est absurde, elle rel&#232;ve m&#234;me du n'importe quoi. Mais de la poser, nous invite &#224; conclure que si, par extraordinaire, ces deux points se trouvaient &#224; co&#239;ncider sur un m&#234;me plan, ce ne serait plus comme autrefois par le seul effet d'une projection en miroir mais en imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gracian : &#171; La transmutation est davantage fond&#233;e lorsque le th&#232;me transform&#233; entretient quelques &#233;quivalences avec celui en lequel on le transforme, et il se trouve ainsi comme sous deux lumi&#232;res, sur deux versants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on encore qualifier l'art d'anticipatif et doter l'artiste d'un don de double vue, proph&#233;tique et voyant ? Adorno :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Anticipation d'un inconnu&#8230; &#187; Berenson : &#171; Mod&#232;les pour des g&#233;n&#233;rations futures&#8230; &#187; Starobinski : &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Anticipation des changements de l'esprit collectif&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kafka : &#171; Miroir qui avance&#8230; &#187; Etc&#8230; Aujourd'hui que le regard, coup&#233; de son histoire, g&#238;t au fond d'un urinoir, il semble plut&#244;t que pour beaucoup l'avenir n'est plus qu'au pr&#233;sent perp&#233;tuel et l'art au milieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_lascaux-ithyphallique.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH351/4_lascaux-ithyphallique-872a8.jpg?1677671747' width='500' height='351' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jacques Cauda &#8212; Lascaux ithyphallique
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Louis Cane : &#171; Il me semble qu'aujourd'hui, &#224; part les hommes de lettres, plus personne dans le milieu de l'art ne s'int&#233;resse vraiment &#224; la repr&#233;sentation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martial Raysse : &#171; Parlant de peinture, il est surprenant d'entendre dire ces derni&#232;res ann&#233;es &#171; retour &#224; la peinture &#187; comme si les int&#233;ress&#233;s y &#233;taient arriv&#233;s&#8230; Les grands peintres, bien que situ&#233;s dans le pass&#233; par le temps historique, sont en r&#233;alit&#233;, sur le plan de l'esprit, loin devant nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser le d&#233;j&#224;-vu comme ossature d'une th&#233;orie (et d'une pratique) de la peinture a l'avantage d'en &#234;tre exclu. Voir est imm&#233;diat, alors que d&#233;j&#224; voir donne le recul, l'exclusion, n&#233;cessaire &#224; toute &#233;laboration du regard. Rien ne se constitue sans la distance dont le regard est l'auteur. D'autre part, &#233;crire sur la peinture, c'est aussi s'en faire regarder, car &#171; c'est l'&#339;il, dit Edmond Jab&#232;s, qui d&#233;clenche le vrai questionnement, l'interrogation des mille interrogations qui sommeillent dans la lettre &#187; sous les traits d'un regard endormi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique de l'art est toujours en avance sur la th&#233;orie. Plus exactement, c'est la th&#233;orie qui est toujours en retard sur la pratique. Pour la surfigure et la surfiguration, la pratique et la th&#233;orie sont express&#233;ment contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Val&#233;ry distingue le regard de l'homme de celui du peintre : &#171; L'homme vit et se meut dans ce qu'il voit mais il ne voit que ce qu'il songe. Quant au peintre : &#171; il ne peut qu'il ne voie ce &#224; quoi il songe, et songe ce qu'il voit &#187;. Par cons&#233;quent, au plus fort de la surfiguration, ce qu'il voit le meut &#224; toujours revoir ce qu'il songe comme ce &#224; quoi il songe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surfigurer c'est raconter une histoire, avec un d&#233;but et une fin, qui d&#233;tache la figure du fond qui l'enveloppe et qui signe en cela l'absence de la r&#233;alit&#233; d'o&#249; elle a &#233;t&#233; extraite, en l'occurrence de l'image industrielle. Ainsi, la figure surfigur&#233;e ne se doit pas seulement &#224; la ressemblance mais surtout &#224; la pr&#233;sence masqu&#233;e et sign&#233;e par l'absence de cette image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image c'est avant tout une pr&#233;sence. La pr&#233;sence d'une chose dont elle se d&#233;tache sans jamais la quitter. Elle pr&#233;sente le retrait de cette chose qui lui colle &#224; la peau. Elle en montre l'absence par la pr&#233;sence, et dans un m&#234;me mouvement : elle repr&#233;sente. C'est ce mouvement que surligne la surfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peinture n'est pas une image. Elle n'est pas non plus une non-image. Elle est entre deux, la passe entre l'attrait et le retrait, entre le portrait et le soustrait, entre le trait et l'extrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Didi-Huberman : &#171; Chaque image offerte &#224; notre regard ne se sera donn&#233;e, dans son &#233;vidence m&#234;me, qu'&#224; travers l'&#233;conomie d&#233;concertante de paradoxes toujours nou&#233;s &#224; d'autres paradoxes. Chaque image ne se sera donn&#233;e que comme l'intensit&#233; affolante, souvent sublime, d'une simultan&#233;it&#233; contradictoire, d'une r&#233;union d'ordres h&#233;t&#233;rog&#232;nes, dans le passage le plus libre des repr&#233;sentations de choses aux repr&#233;sentions de mots. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_lascaux.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/5_lascaux-d4c9d.jpg?1677671747' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jacques Cauda &#8212; Lascaux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Livrer l'image photographique au jeu de l'&#233;tranget&#233;, la d&#233;figurer pour mieux la surfigurer dans l'atteinte visuelle d'une coloration d&#233;concertante, surnaturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surfiguration rend &#224; la m&#233;moire ce que l'image industrielle a abandonn&#233; &#224; la lumi&#232;re : le trop-per&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surfigurer c'est donner &#224; l'image une peinture du dedans dissoute dans la couleur et la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surfiguration ne mod&#232;le pas, elle module, pour reprendre le verbe de C&#233;zanne, elle module sur tous les tons les effets de cette n&#233;gation : la peinture n'est pas une image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Clair : &#171; Dans son rapport au r&#233;el, ce que le regard envisage c'est le visage de son propre n&#233;ant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_les-transats.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/6_les-transats-ff9b2.jpg?1677671747' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jacques Cauda &#8212; Les Transats
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;toile, 100x73cm
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de la peinture il y a Lascaux, et, &#224; l'origine de l'Origine du Monde, Courbet. D'un c&#244;t&#233;, un homme ithyphallique, de l'autre une fente. La corne et la muleta. Deux &#171; histoires &#187; crois&#233;es qui font tout le regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Teyss&#232;dre : &#171; La grotte peinte dans l'Origine du Monde a pu montrer que ce qui se passe dans l'&#233;criture, se passe sous les deux yeux de la mort. Deux yeux non pas d'un c&#244;t&#233; mais l'un en retrait de l'autre, dans la profondeur. Car pour peu que l'on se souvienne (comment ne pas s'en souvenir ?) que le sujet du tableau, c'est un sexe de femme, peut-&#234;tre se repr&#233;sentera-t-on l'autre sujet, celui du d&#233;sir, sous l'aspect de l'homme-p&#233;nis qui tombe roide mort &#224; travers un double trou de regard, l'&#339;il aveugl&#233; du Cyclope qui saigne au bord du trou, l'&#339;il qui regarde Ca&#239;n. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surfigurer c'est faire que le regard redevienne le miroir de la mort de l'image aveugl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste surfiguratif n'estime que les arts plans. Il rejette la sculpture et l'architecture. Au th&#233;&#226;tre il pr&#233;f&#232;re le cin&#233;ma, et &#224; la danse Fred Astaire. De la photographie, complice, il s'amuse et se sert, complice aussi, des &#233;crans. Il aime &#233;galement les pages rectangulaires de toutes les litt&#233;ratures, la sacr&#233;e comme la profane. Avec un go&#251;t marqu&#233; pour la premi&#232;re qui a l'avantage sur la seconde d'attabler la peinture &#224; la mort : &#171; Si Dieu peut accomplir des miracles &#224; travers les os, il est clair qu'il peut en faire aussi &#224; travers les images &#187;. Concile de Nic&#233;e II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image photographique a mauvais genre, elle est le reflet de ce que Castiglione appelait la p&#233;danterie de l'exactitude, et &#224; laquelle il opposait le principe de suggestion. Elle copie &#224; l'envi les moindres accidents que la nature impuissante &#224; corriger r&#233;p&#232;te inlassablement. Mais elle le fait sans faille, sans erreur, sans accident. Autrement dit, elle rend l'imparfait &#224; la perfection. Maintenant num&#233;rique, on lui a d&#233;cern&#233; le titre d'artifice jusqu'alors d&#233;volu &#224; la peinture, et consid&#233;r&#233; par Vasari comme le seul antidote au naturel empoisonnant. C'est donc d&#233;sormais une image &#224; deux t&#234;tes, une t&#234;te artificielle et une t&#234;te naturelle, qui a pour regard les yeux de la suggestion : le principe surfiguratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galil&#233;e : &#171; Artistique au plus haut point sera l'imitation qui repr&#233;sente le relief par son contraire qui est le plan. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/7_velasquez--les-lances-e7bde.jpg?1772191836' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jacques Cauda &#8212; Vel&#225;zquez &#8212; Les lances
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La question de l'imitation qui ne se posait plus depuis l'invention de la photographie revient sur le devant de la sc&#232;ne picturale gr&#226;ce au geste surfiguratif. Et rien n'est moins provocant que de regarder le pass&#233; sous les traits du pr&#233;sent. Et le d&#233;j&#224;-vu comme une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Breton : &#171; Autrement appr&#233;ciable m'appara&#238;t la tentation ininterrompue de confronter tout ce qui existe &#224; tout ce qui peut exister, de faire surgir du jamais-vu de tout ce qui peut exhorter le d&#233;j&#224;-vu &#224; se faire moins &#233;tourdiment voir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie ne questionne jamais la mim&#232;sis, elle ne se demande pas ce qu'il faut retenir, ni comment le faut-il : ou en totalit&#233; ou en partie ? Elle enregistre tout machinalement. Que penser alors de la surfiguration qui la prend pour mod&#232;le ? Reviendrait-elle &#224; renouer avec la peinture d'imitation tant d&#233;cri&#233;e par Baudelaire ? Non. La surfiguration r&#233;inscrit la peinture au c&#339;ur de la modernit&#233; et rend &#224; l'imagination l'imitation heureusement sacrifi&#233;e au d&#233;sir de revoir ce que Ga&#235;tan Picon appelle &#171; l'inchoatif d'un monde qu'il serait faux de croire achev&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surfigurer c'est capter le mouvement de la chair et du sang dans les corps devenus exsangues et fantomatiques parce que vid&#233;s de leur temps par des machines &#224; fabriquer de l'image. Surfigurer c'est redonner des couleurs aux fant&#244;mes que nous sommes devenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merleau-Ponty : &#171; Non pas voir par le dehors, comme les autres voient, le contour d'un corps qu'on habite, mais surtout &#234;tre vu par lui, exister en lui, &#233;migrer, &#234;tre s&#233;duit, capt&#233;, ali&#233;n&#233; par le fant&#244;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste surfiguratif &#171; parle &#187; la peinture dans une langue encore inconnue &#224; la peinture. Les mots sont les m&#234;mes mais leur sens a gliss&#233; vers un autre toujours d&#233;rob&#233;. Ce glissement entra&#238;ne la surfiguration &#224; pr&#233;senter l'image &#224; l'&#233;preuve de la peinture, dont le visible &#224; l'invisibilit&#233; provocante se d&#233;robe lui aussi sans cesse. Faut-il pr&#233;ciser que l'appareil photo et la cam&#233;ra ne produisent pas de visible (ce ne sont pas des lunettes) mais seulement des images ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surfiguration pose la question de savoir comment retourner le gant du mensonge en v&#233;rit&#233; ? Comment pousser la nature amplifi&#233;e de toutes ses copies &#224; recouvrer l'imagination, la reine du vrai, positivement apparent&#233;e avec l'infini, selon Baudelaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atelier surfiguratif est le dernier lieu o&#249; reposent les images. Le trou o&#249; elles tombent sous l'&#339;il de la peinture. Leurs cendres, l'obscur le noir l'oubli, sont &#224; la naissance du geste surfiguratif, la lumi&#232;re la couleur la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Picasso : &#171; Le r&#244;le de la peinture n'est pas de peindre le mouvement, de mettre la r&#233;alit&#233; en mouvement. Son r&#244;le est plut&#244;t d'arr&#234;ter le mouvement. Il faut aller plus loin que le mouvement pour arr&#234;ter l'image. Sinon on court derri&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constantin Brunner a introduit, entre la r&#233;alit&#233; fictive (reconnue par les sens) et la r&#233;alit&#233; abstraite (reconnue par la pens&#233;e abstraite), le fictivisme qui prend pour objet la r&#233;alit&#233; convertie en absolu ou l'absolu fictif. La surfiguration, entre la r&#233;alit&#233; de l'image et la r&#233;alit&#233; de la peinture, prend pour objet la surfigure convertie en absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baudelaire : &#171; Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur condamne &#224; peindre, h&#233;las, sur les t&#233;n&#232;bres&#8230; C'est Elle, Noire ! Et pourtant lumineuse&#8230; &#187; Peindre sur les t&#233;n&#232;bres, peindre pour recouvrir l'image, l'obscurcir, la br&#251;ler et trouver dans cet acte cette lumi&#232;re qui appara&#238;t, tel est le palimpseste mis en place par le geste surfiguratif : tons superpos&#233;s, recouverts, traces martyres, jeux d'images, photos d&#233;figur&#233;es puis surfigur&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_velasquez-ve_nus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/8_velasquez-ve_nus-36aa5.jpg?1677671748' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jacques Cauda &#8212; Vel&#225;zquez &#8211; V&#233;nus
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Christine Buci-Glucksmann : &#171; D'embl&#233;e, le travail de l'&#339;il &#171; mort &#187; est travail de m&#233;moire, rassemblant des traces pour faire advenir de l'&#202;tre. D'embl&#233;e aussi, la peinture s'origine dans la blessure de l'&#339;il souvent peint comme aveugle, anonyme, sans regard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surfiguration privil&#233;gie le portrait. Tout portrait tient &#224; la fois de l'appara&#238;tre et du dispara&#238;tre : un visage appara&#238;t &#224; la lumi&#232;re de sa propre fin et dit : &#171; &#199;a a &#233;t&#233;. &#187; Exactement comme l'image photographique, cin&#233;matographique, vid&#233;ographique, arrache &#224; la mort des moments &#231;a et l&#224;. Pourquoi alors peindre ce que l'image nous donne imm&#233;diatement et beaucoup mieux, en regard de l'imitation, que ce que la peinture ne pourra jamais faire. Yves Bonnefoy annonce que la disparition du portrait dans la peinture, &#224; la fin du XXe si&#232;cle, est un mauvais signe pour l'avenir qu'il nous reste &#224; vivre. Sans doute parce que la peinture r&#233;f&#232;re davantage &#224; la mort que l'image. Par l'image, la mort est arr&#234;t&#233;e ; par la peinture elle est en plein travail. Et dans le geste surfiguratif, qui a pour mod&#232;le l'image du mod&#232;le et non plus le mod&#232;le lui-m&#234;me, la peinture multiplie le dispara&#238;tre par deux, et par autant son pouvoir de subversion, c'est-&#224;-dire ses chances de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'image industrielle serve de mod&#232;le &#224; la surfiguration importe plus qu'il n'y para&#238;t. Cette image marque le territoire des yeux. Elle est le voile (le manteau avec lequel Sem et Japhet recouvrirent la nudit&#233; de No&#233;) sans quoi rien de visible ne saurait &#234;tre permis. Il revient ensuite au geste surfiguratif de recr&#233;er le regard en aveuglant cette image de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Picabia in J&#233;sus Rastaquou&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Nous sommes un tube digestif.&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Notre t&#234;te a deux besoins comme le ventre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re phrase &#233;claire d'un jour nouveau l'imp&#233;ratif eucharistique cher &#224; la surfiguration : &#171; Avale et tu verras ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde enfonce le clou : le ventre commande &#224; J&#233;sus de rentrer par la bouche avant que la Peinture ne Lui ordonne de ressortir par la t&#234;te. Tandis que les mains font le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kandinsky &#233;crivait, il y a pr&#232;s d'un si&#232;cle, que la peinture &#233;tait encore presque r&#233;duite &#224; se contenter des formes qu'elle empruntait &#224; la nature. Avec la surfiguration qui emprunte ses formes &#224; l'image industrielle, qui est &#224; la nature ce que le poisson rouge est &#224; son bocal : un centre du milieu d'autour, il ne s'agit plus d'une r&#233;duction mais d'une somme. Une somme th&#233;ologique dont le total trinitaire (centre+milieu+autour) est toujours &#233;gal &#224; Un. Pour Kandinsky, cette trinit&#233; est g&#233;om&#233;trique, c'est un triangle qui figure assez bien, dit-il, la vie spirituelle. Un triangle dont la partie la plus proche du sommet atteindra &#171; demain &#187; l'endroit o&#249; la pointe &#233;tait &#171; aujourd'hui &#187;. &#171; Aujourd'hui &#187; et &#171; demain &#187;, pr&#233;cise-t-il, doivent &#234;tre pris dans le m&#234;me sens que les jours de la cr&#233;ation dans la Bible. &#192; la base du triangle se tient une foule affam&#233;e de pain spirituel qui convient &#224; ses besoins. C'est le pain de la transsubstantiation que lui tend aujourd'hui la surfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le myst&#232;re de l'eucharistie, la transsubstantiation du pain et du vin qui ouvre le corps r&#233;el &#224; sa possible repr&#233;sentation, c'est-&#224;-dire &#224; la peinture, est le credo de la surfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La table : le tableau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Frontispice : Jacques Cauda &#8212; Rapha&#235;l&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Profession de foi</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Profession-de-foi</link>
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		<dc:date>2019-12-02T21:09:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Cauda</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cinq extraits du livre Profession de foi de Jacques Cauda qui vient d'&#234;tre publi&#233; par les &#233;ditions Tinbad.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH108/arton1575-15dc7.jpg?1772205332' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cinq extraits du livre Profession de foi de Jacques Cauda qui vient d'&#234;tre publi&#233; par les &#233;ditions Tinbad.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier extrait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Moi cauda du latin &lt;i&gt;cauda&lt;/i&gt; &#171; la queue &#187; car malsain de corps et d'esprit et malsain de queue dit cauda dit aussi le v&#233;n&#233;neux moi qui ne crois qu'au mal car malsain de queue au bout d'un corps qui ne croit en rien ni au nom du p&#232;re ni au sain d'esprit moi au nom du fiste je dis ici en toute innocence que je suis comme la fl&#232;che du Parthe d&#233;coch&#233;e &#224; cheval sur la queue du cheval c'est-&#224;-dire en cauda forc&#233;ment venenum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois il &#233;tait une fois deux fois qui sait la guerre et c'est pourquoi le Parthe est mont&#233; &#224; cheval sur le dos du cheval qui va vers l'avant loin devant mais poursuivi par un autre un non-Parthe qui poursuit cauda qui galope sur son cheval qui galope car c'est la guerre se dit-il avant de se retourner d'un bond gracile vers l'arri&#232;re afin de d&#233;cocher sa fl&#232;che l&#224; dans le c&#339;ur de l'autre qu'il regarde tomber mourir en tombant &lt;i&gt;cadaver&lt;/i&gt; dit-on en latin &lt;i&gt;cadaver &amp; cadaverina&lt;/i&gt; autrement dit charogne &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si seulement si c'est dire la condition humaine ou non du nom car il s'agit aussi d'un cheval et d'une queue deux peut-&#234;tre qui sait celle de cauda et celle du cheval que monte le venenum l'autre est mort la guerre serait finie si seulement si ce n'&#233;tait plus la guerre mais il y a d'autres autres qui galopent vers moi qui suis malsain de corps mont&#233; sur mon cheval car c'est comme &#231;a comme infinie la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&lt;br class='autobr' /&gt;
L&lt;br class='autobr' /&gt;
E&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la cl&#233; de l'histoire qui a commenc&#233; comme suit cauda est poursuivi par un cheval mont&#233; par un autre ce cheval est aussi malsain qu'il l'est car il est aussi capable de se retourner en galopant vers l'avant afin que l'autre soit tu&#233; d'une fl&#232;che une seule d&#233;coch&#233;e par lui cauda qui croit se retourner alors que c'est son cheval qui est aussi le mien&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH713/1_gilles-2019-108c3.jpg?1573587456' width='500' height='713' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me extrait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce matin en fouillant dans les traces laiss&#233;es par mon pass&#233;, j'ai retrouv&#233; quelques &#233;clats d'un film que j'avais tourn&#233; en 1975. En 16mm, noir et blanc, un court m&#233;trage d'environ 15 minutes dont j'ignore ce qu'il est devenu. Il ne m'en reste qu'une feuille de papier qui dit &#224; la fois peu et beaucoup. Une feuille o&#249; se lit le commencement de mon film oubli&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cor : une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre filtr&#233;e dans son entier par un voile de cr&#234;pe noir agit&#233; par le vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Plan d'ensemble plong&#233; de la sc&#232;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fond, dans la p&#233;nombre, une femme se tient de dos et monologue. Ses paroles couvertes par le vent et les fr&#233;missements du voile sont difficilement audibles :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;vide&#8230; d&#233;plac&#233;&#8230; loi&#8230; cach&#233;&#8230; ton regard&#8230; premier mensonge&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Panoramique vertical de haut en bas, puis travelling avant tr&#232;s lent jusqu'&#224; un plan moyen (large) sur la femme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chute du voile pendant la fermeture au noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Plan serr&#233; sur la femme qui est nue couch&#233;e sur la sc&#232;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
On entend une voix dire : &#171; Je me tiens devant Dieu et j'ai &#233;t&#233; envoy&#233; pour vous parler &#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Gros plan sur le sexe de la femme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cadrages et d&#233;placements sont subtilement accord&#233;s &#224; la m&#233;canique du d&#233;sir, &#224; son excitation comme &#224; sa r&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Travelling arri&#232;re tr&#232;s lent&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La voix (tout doucement) :&#171; Vous voyez comme tout est simple. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Fermeture au noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme, dont j'&#233;tais amoureux et avec qui je vivais dans un studio du XIIIe arrondissement, jouait le r&#244;le de la femme. Je faisais la voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la tendre na&#239;vet&#233; qui enveloppait chacune de ces images et les troublait pr&#233;cis&#233;ment de par leur innocence, la beaut&#233; de mon amoureuse nue se masturbant sur la sc&#232;ne fut le pourquoi de mon film. J'avais souhait&#233; qu'elle se caress&#226;t sur l'air qu'il y a dans la &lt;i&gt;Passion selon saint Matthieu&lt;/i&gt; de Bach : &lt;i&gt;Blute nur, du liebes Herz&lt;/i&gt;. M&#233;lodie que j'avais choisie parce qu'elle pr&#233;figure la forme pr&#233;f&#233;r&#233;e de la musique post-classique, c'est-&#224;-dire la phrase de huit mesures, dans laquelle une figure est r&#233;p&#233;t&#233;e, puis suivent deux variations de cette figure et, de nouveau, elle est r&#233;p&#233;t&#233;e. R&#233;p&#233;titions qui annoncent la musique dod&#233;caphonique qu'on peut r&#233;sumer par cette phrase de Kierkegaard qui m'est ch&#232;re : &#171; La r&#233;p&#233;tition, voil&#224; la r&#233;alit&#233; et le s&#233;rieux de la vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon d&#233;sir, &#224; la relecture de ces quelques plans, les imagine autour du cou d'Olympia attach&#233;s en un petit ruban de lumi&#232;re noire. Et de regarder C&#233;zanne (&lt;i&gt;Une moderne Olympia&lt;/i&gt;) regarder Manet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma, c'est une chose tr&#232;s simple : c'est quand la cam&#233;ra tourne, a dit Jean Eustache, comme le rappelle Jean Duran&#231;on dans son article sur &lt;i&gt;L'ombre des femmes&lt;/i&gt; de Philippe Garrel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, vous voyez comme tout est simple.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH666/3_cauda-1d1af.jpg?1772189648' width='500' height='666' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me extrait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous part&#238;mes quelques jours. Pr&#232;s de Chartes o&#249; je voulais la filmer. Inoubliable, ch&#233;rie et redout&#233;e, Chartres dans les jupes du ciel retrouss&#233;. Demeure de La Vierge sur Terre. Grandes l&#232;vres de pierre, vagin de lumi&#232;re. Toison dor&#233;e. Par le portail central au tympan duquel Elle tr&#244;ne en majest&#233;. Chartres, c'est Sa maison, quand on y entre tous les verbes se mettent au pr&#233;sent, pr&#233;sent de l'indicatif et pr&#233;sent de soi : je me donne. Je ne m'appartiens plus. Je suis au c&#339;ur du gai savoir du vide. L&#233;ger. Le charbon de mon &#234;tre passe &#224; l'or, du noir &#224; l'urine : je m'inonde ! Je ne m'aime plus, j'aime. Je dis quelques mots secrets &#224; moi-m&#234;me et en moi-m&#234;me. Je m'arr&#234;te &#224; la petite chapelle Notre-Dame-de-Sous-Terre, je prie. Longuement. Puis, je sors au septentrion et je regarde encore une fois Ses perfections, sur les voussures du portail nord, le triomphe des sages sur les folles, et les douze figures de femmes qui ornent Son &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moteur : &lt;i&gt;&#171; Marie passe la main dans ses cheveux qu'elle a blonds jusqu'au milieu du dos. Splendeur. Maison d'&#226;me. D&#233;lectation. Bouche b&#233;e sans limite, j'&#233;largis mon &#234;tre. Perle, rouge &#224; l&#232;vres, bustier, mini-jupe, bas noirs et talons aiguille. Je la regarde comme le feu mange la paille &#199;a va commencer. Quelques pas dans l'all&#233;e du jardin et la voiture d&#233;marre. Destination ? La ville&#8230; Du monde&#8230; La clameur et marcher&#8230; Elle devant, moi derri&#232;re &#224; une vingtaine de pas. Je marche en fascination, elle en sorcellerie. Je marche avec des paroles agissantes, je dis : &#8220;Je br&#251;le le mal en mon sein&#8221;. Je dis aussi plus sereinement : &#8220;Rien n'est plus spirituel qu'une femme en corset&#8221;. Elle trottine. Les passants se retournent. La sifflent. Ce sont des servants. Elle secoue ses cheveux. Ses seins d&#233;nud&#233;s jusqu'aux pointes, ils y pensent : 95 bonnet C ! La route de l'idole est en eux. Moi, derri&#232;re, je garde le sentier de ma rectitude, je suis un buffle attach&#233; &#224; la ceinture de ses hanches, je suis son cul qui crie au fou qui d&#233;sire !&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'assied &#224; la terrasse d'un caf&#233;. Il fait beau, l'air est clair, elle commande un caf&#233;, elle dit : &#8220;Un caf&#233; allong&#233;&#8221;, en croisant les jambes si haut qu'on voit au-del&#224; de la lisi&#232;re de ses bas. Moi, accoud&#233; au bar, je joue l'indiff&#233;rent, je voile ma face par mes mots, je ne dis pas : &#8220;Je l'ai amen&#233;e ici afin que tout soit montr&#233; !&#8221; Je commande sans donner la main &#224; mon exaltation, je dis au gar&#231;on qui regardait ses seins, ses bas, ses cuisses, sa bouche comme une cour int&#233;rieure qui fait transpirer : &#8220;Toi qui comptes mon errance, je te paie les mercis&#8221;. Je module. Pendant qu'elle continue la pose en terrasse parmi les assaillants, les crocodiles, les oppress&#233;s et qu'elle putasse avec persistance, je fais de mon mieux, accoud&#233; au chor&#232;ge, avec musique, chant et po&#232;me, je dis : &#8220;C'est ma blessure, elle me bouleverse et je m'&#233;panche !&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle se l&#232;ve (ses ch&#233;rissants semblent annul&#233;s, ils raconteront plus tard &#224; leurs fils, leurs p&#232;res, leurs semblables, que sais-je encore, je ne m'en soucie plus), je marche derri&#232;re elle jusqu'au d&#233;nouement. Jusqu'&#224; la forme a priori du bonheur le plus parfait. Elle y acquittera mes v&#339;ux, mon d&#233;sir tendu sur elle comme le cordeau sur la pierre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On y est. Je me cache un peu derri&#232;re un buisson parmi tous les rameaux, les arbres, l'herbe pos&#233;e sur la terre, et je demande une branche, pour qu'on ne me voie plus. Elle s'est assise sur le banc.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un matin d'&#233;t&#233;, les promeneurs sont encore peu nombreux, certains traversent le parc, press&#233;s sans faire racine, ils passent ; d'autres musent, badent en r&#234;vant derri&#232;re leur chien. Il y a aussi quelques couples qui ne s'attardent pas sur la belle qui attend l'&#233;lu pour jouer l'&#233;gar&#233;e. Je dis : &#8220;Montre-toi, je te la donne &#224; voir mais ne t'illusionne pas, elle est la ligne, tu n'es que le poisson&#8221;. Le voici. Il vient. Il approche. Il a la soixantaine, un brin d&#233;garni, un pantalon de toile claire sous une chemisette &#224; carreaux. Est-ce un signe ? Oui. Je vois d&#233;j&#224; sur lui le souffle de mon propre ch&#233;rissement. Il sera consacr&#233;, et sa vie d&#233;pos&#233;e, l&#224;, ici, devant elle (&#233;parpill&#233;e, humide, splendide, butin grand ouvert). Il reste sans bouche comme quelqu'un qui mangerait sans nourriture. Et moi pareillement comme un veau p&#226;turant sous la gr&#234;le&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au retour, c'est moi qui conduis. Vite. Les dents serr&#233;es, sans un mot. Au dernier feu (la ville s'efface derri&#232;re nous) j'ouvre la bo&#238;te &#224; gants. Je les passe et j'acc&#233;l&#232;re, avec l'impression de racheter mon tort. Ils sont en cuir noir, et sans r&#233;mission. C'est pourquoi je dis : &#8220;Alors, tu as encore tout montr&#233; au vieux, tout, ta d&#233;bauche, ton sillon, ton &#339;illet du doigt enfonc&#233; jusqu'o&#249; ? Dis ? Dis tout ! Dis-le comment tu as d&#233;gag&#233; pour lui ton bouton et tout &#233;cart&#233; pour l'amour de toi !&#8221; &#192; cette vitesse (je dis en m&#234;me que je lis : 135) c'est vite la campagne, les champs de chaque c&#244;t&#233; d'une petite route &#224; lacets, puis la for&#234;t. &#8220;La for&#234;t ! Tu entends !&#8221; Les pneus crissent. Je prends brutalement &#224; droite un chemin de terre qui s'enfonce sous les arbres. J'y roule toujours avec vitalit&#233;, certes, mais dans la caresse et la splendeur des feuilles ; et tandis que dans ma poitrine remonte ma rumination, je dis d'une voix qui rabat tout d'un seul coup : &#8220;Descends !&#8221; Elle est l&#224; debout impassible comme une borne, campant son opprobre sans fr&#233;mir (elle s'innocente) quand j'arrache ses v&#234;tements. Ne restent d'elle que sa chair, ses bas, ses perles et ses talons aiguille : elle est nue, elle triomphe. Je lui dis d'avancer l&#224; o&#249; il n'y a ni sentier ni rien, l&#224; o&#249; on touche la foison qui rampe sur la terre, l&#224; o&#249; le vert n'est qu'une ronce sans gazon. &#8220;Va !&#8221; Elle vacille, toujours la t&#234;te haute (ses cheveux crochent aux branches et ses jambes &#224; l'&#233;pine). Elle vacille. Son cul d'or &#224; la folie me rend &#226;ne et milicien, la cravache &#224; la main gant&#233;e, je frappe, j'ajoute &#224; sa tourmente, je frappe, vingt, trente fois, &#224; chaque pas, chaque m&#232;tre, o&#249; elle menace &#224; chaque coup de tomber. Je frappe en ordre de jouir ! (Elle est toute ma guerre). Je frappe jusqu'&#224; L'arbre, le n&#244;tre, le ch&#234;ne du rendez-vous, l'arbre faiseur de bien : il a cent yeux de hauteur ! Je l'attache, les mains hautes (&#224; la premi&#232;re branche qui surplombe sa t&#234;te), ses cheveux d'or qui coulent sur ses reins. Son ventre et ses seins coll&#233;s &#224; m&#234;me le tronc, et j'entre en elle comme en plein midi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon ambition &#233;tait de la laisser telle quelle, ligot&#233;e au tronc, moisir en solitude dans le noir si noir de la for&#234;t. Et de rouler vers Paris l'&#226;me p&#233;tillante. L'ai-je r&#233;alis&#233;e ? Qui sait ? Aujourd'hui, il y a le film, un court m&#233;trage 16mm couleurs de 16 minutes et 33 secondes, intitul&#233; &lt;i&gt;Le trou de la Vierge&lt;/i&gt;. En hommage &#224; Philippe Sollers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/4_cauda-fea53.jpg?1772189648' width='500' height='667' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me extrait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Madame Avon. Les premi&#232;res s'inscrivent au c&#339;ur du verger tel un arbre plein, telle une poutre tenant la m&#233;moire par la main o&#249; tracer un trait sur le n&#233;ant. La premi&#232;re que j'ai aim&#233;e physiquement &#233;tait bien plus &#226;g&#233;e que moi. J'avais treize ans et pr&#234;t &#224; donner ma bouche &#224; la nouveaut&#233;, ma puissance naissait et mon souffle cherchait sa premi&#232;re messag&#232;re. Ce fut une vieille femme de trente-cinq ans qui vendait des cosm&#233;tiques. Son commerce (le porte &#224; porte) la d&#233;signait par le sort. Qui ne l'avait r&#234;v&#233;e, ch&#233;rie en imagination et bais&#233;e pour de bon ? Tous avaient cri&#233; son nom, servi son cul et gard&#233; son c&#339;ur appuy&#233; sur le leur. Effront&#233;e, elle ne cachait rien de ses convoitises et de son d&#233;sir de copulation. Elle postait son &#234;tre &#224; l'endroit des hommes qui bandaient. Tout lui &#233;tait connu, elle appartenait au foutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous habitions le m&#234;me immeuble, signe prodigieux pour ma vigueur d&#233;j&#224; visible et r&#233;solue et d&#233;j&#224; prisonni&#232;re du bruit cadenc&#233; de ses talons montant l'escalier. De son cul, de ses seins qui sautaient, immenses, et de sa bouche toute-puissante, exacte, et conforme &#224; la logique de ce qui se passait en moi quand je la croisais. Mais j'&#233;tais enfant et m&#233;lancolique. Je n'osais pas. Je n'osais pas conna&#238;tre l'enti&#232;re exactitude du lien qui m'agitait, laminait mes nuits d'images, de formes &#224; demi vives, faites de cet argile infa&#231;onn&#233; qui est propre au puceau. Celui qui pense &#224; tout contre tout espoir d'y parvenir, qui dit pour (ne pas) faire&#8230; mais quand ? Quand passer ses doigts sous sa jupe jusqu'&#224; la fente, rouler les yeux de l'extase en se l&#233;chant la bouche et la renverser d'un coup ! &#192; l'&#233;vidence, qui chuchote ainsi en sous-sol se voit souvent exauc&#233;. Il y a enfin un jour, une heure, un endroit, o&#249; nantir sa dette envers la parole d'o&#249; il vient et donner forme d'homme &#224; son chuchotement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son appartement lui ressemblait. Il la r&#233;alisait, justifiait son &#226;ge et frappait le visiteur comme une botte de chicotins rend amer. Mais j'en dis d&#233;j&#224; trop ! Ordonne-toi et reprends tes dires : elle &#233;tait belle, songe parmi mon r&#234;ve qui l'approchait, assise dans un grand fauteuil us&#233; mais arrogant, o&#249; elle multipliait ses jambes, ses cuisses, poussant sa culotte du cr&#233;puscule vers le jour, une culotte de dentelles noires, oisives, alanguies, en qu&#234;te de mains buissonni&#232;res. Le c&#339;ur contemple ce qu'il souhaite ! Et rien de ce qu'il avait souhait&#233; ne lui manquait, &#224; r&#234;ve fid&#232;le, r&#233;alit&#233; d'exception, elle ouvrit grand les cuisses. Je m'y jetais comme le pauvre sur l'or, la faim sur le pain, j'y portais mes l&#232;vres, mon souffle, mon sirocco, ma langue&#8230; et mon d&#233;go&#251;t ! Son vagin sentait le hareng, le yaourt vieux d'un si&#232;cle et l'esp&#233;rance tromp&#233;e. La fosse. Et l'ordure. Du lieu o&#249; je la gobais, la bouche plaqu&#233;e, le museau pris dans ses mains fi&#233;vreuses et ses sifflements : &#171; Sssalaud ssssssalaud petit ssssalaud &#187;, j'en vins, relevant la t&#234;te, au cercle sup&#233;rieur, principat du terme : voir, cette essence du savoir. Je vis ! Je vis cette femme. Ensuite je la vis se d&#233;shabiller, d&#233;couvrir sa terre d'ombremort. Montrer ses seins d&#233;fortifi&#233;s, nus, d&#233;sol&#233;s, mous, flasques, d&#233;cr&#233;pits, paraboles de tout ce qui coule, rampe et d&#233;gueule. Ils inspiraient le vomir jusqu'&#224; la calomnie. Ses cuisses verget&#233;es et ses pieds d&#233;chaux, puis son cul d&#233;ball&#233;, elle dit : &#171; Finis-moi, comme &#231;a ! &#187; &#192; quatre pattes, les reins tendus, suppliants. Tristes sales flaques de la couleur d'un bouge de la couleur du gris tr&#232;s gris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH724/5_cauda-21897.jpg?1573587456' width='500' height='724' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinqui&#232;me extrait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La langue grecque puis latine traita le probl&#232;me de l'&#233;criture vraie du Livre comme graphe d'un recouvrement fond&#233; sur l'homonymie du visible et de l'invisible, de l'ancien et du nouveau.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marie-Jos&#233; Mondzain, &lt;i&gt;Le commerce des regards.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le truchement du r&#234;ve, le sommeil m'apparut cette nuit-l&#224; comme l'un des meilleurs moments &#224; vivre &#224; deux (Juliette &#233;tait rentr&#233;e), dans cette douceur des corps devenus cin&#233;matographiques et qu'on entend marcher pieds nus dans sa t&#234;te. Les corps au cin&#233;ma sont des images de la langue que nous devenons dans nos r&#234;ves. Et des images qui, pour muettes qu'elles sont, s'entendent marcher pieds nus, et sans autre effet que celui du langage. Exemple : &#171; la nudit&#233; a cr&#233;&#233; le mot &#8220;femme&#8221; &#224; son image &#187;. Ses fesses &#233;taient contre moi qui r&#234;vais qui l'embrassais dans le cou. Plus loin, les yeux de plus en plus enfonc&#233;s dans mon r&#234;ve, je l'entendais poser ses cheveux sur mon ventre, en m&#234;me temps que sa bouche m'apparaissait comme pos&#233;e sur une table recouverte d'une nappe blanche derri&#232;re laquelle des couches &#233;paisses de couleur appliqu&#233;es les unes sur les autres, et dont l'effet transpirait de dessous en dessus, m'emportaient au fil du r&#234;ve dans un souffle nouveau devenu nuage o&#249; je me r&#233;fl&#233;chissais &#224; la mani&#232;re d'une couleur sur un miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au r&#233;veil, ce matin-l&#224;, aucun de nous ne petit-d&#233;jeuna sauf un caf&#233; noir &#233;lectrique pour moi qui restais couch&#233; pour admirer Juliette aller et venir toute nue trottinant sur ses talons aiguille. J'avalai mon caf&#233; vite fait et tendis la tasse &#224; Juliette qui la reprit en m'embrassant. Sa langue (docile servante de mon esprit : avale et tu verras) cherchant et recherchant &#224; travers moi toutes sortes d'aventures, dont celle de d&#233;poser respectueusement une hostie consacr&#233;e sur son cul. Un peu plus tard, dans la matin&#233;e, je me souviendrai de cette image : pourquoi et comment &#233;tais-je pass&#233; de la table de mon r&#234;ve recouverte d'une nappe blanche &#224; la table eucharistique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre appartement &#233;tait en L. Sur la barre horizontale, orient&#233;e &#224; l'est, il y avait notre chambre. Sur la verticale, reli&#233;es par un long couloir, la salle &#224; manger et la chambre d'amis qui s'ouvraient sur une grande terrasse o&#249; Juliette se dorait d&#232;s les premiers rayons. Maintenant, il serait assez malin que vous dessiniez mentalement ce L en partant du bas avec la sensation de monter avec lui. Vous y &#234;tes ? Passez la porte d'entr&#233;e et le vestibule o&#249; deux foug&#232;res se faisaient face. Savez-vous ce que c'est que de faire la foug&#232;re ? Passez la chambre d'amis et regardez la salle &#224; manger ouverte sur la terrasse. Les fleurs. Des &#339;illets. Des blancs, des rouges et des roses, dont certains &#233;taient d&#233;j&#224; ouverts en cette fin du mois d'avril. Savez-vous comment on dit aussi &#171; &#339;illet &#187; en anglais ? &lt;i&gt;Eyelet-hole&lt;/i&gt; ! Il y avait aussi du jaune : cor&#233;opsis, &#339;noth&#232;re, h&#233;lianth&#232;me et achill&#233;e. Le jaune est la couleur de l'&#233;ternel retour, des narcisses de printemps aux feuilles de l'automne (du bois jaunissant). Du citron, du soleil, des pigments biliaires et du petit pan de mur. Chez l'animal, le jaune s'oppose merveilleusement au noir : souvenez-vous de notre gu&#234;pe ! C'est aussi la couleur du gai savoir, &#171; sur l'ar&#232;ne unie des cieux, j'ai vu le soleil qui t'emporte &#187;. Pour le bleu, il y avait la scabieuse (encore en bouton), herbe des sables et des rocailles aux capitules bleu mauve utilis&#233;e autrefois contre la gale&#8230; irruption scabieuse&#8230;l&#233;sion scabieuse&#8230; du latin &lt;i&gt;scabies&lt;/i&gt; &#171; gale &#187; &#171; scabreux &#187;, etc. Le vert &#233;tait donn&#233; par une vigne, un lierre, un buis et du thym. Le vert est le fond de la nature parce que le vert se marie facilement &#224; toutes les autres couleurs du spectre solaire dont la combinaison est le blanc. Question : le corps porterait-il le blanc de la fiction qui le divise ? Maintenant, revenez dans la salle &#224; manger et remarquez le compotier sur la table empli d'&#233;corces d'artichauts blancs de J&#233;rusalem que Juliette conserve soigneusement chaque &#233;t&#233;. Ensuite, prenez le couloir et rentrez dans la chambre o&#249; j'&#233;tais encore couch&#233;, r&#234;vassant comme si j'entendais en moi-m&#234;me une foison de lettres vivantes gazonner dans ma t&#234;te. Pourquoi ? Parce que vous y aurez vu Juliette tenir ses mains ferm&#233;es et les ouvrir pour montrer qu'elles ne contenaient que l'air envol&#233; du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le pourquoi de son voyage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_13726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_cauda_couv_i.jpg' width=&#034;239&#034; height=&#034;350&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Profession de foi&lt;/i&gt; Jacques Cauda&lt;br class='autobr' /&gt;
Prix : 18,00 &#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 979-10-96415-23-6&lt;br class='autobr' /&gt;
Broch&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dimensions : 14,0 cm &#215; 20,5 cm &#215; 1,3 cm&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ditions Tinbad&lt;br class='autobr' /&gt;
127, boulevard Raspail - 75006 Paris&lt;br class='autobr' /&gt;
contact : editions.tinbad@gmail.com&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.editionstinbad.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.editionstinbad.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustrations : &#169; Jacques Cauda&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Jacques Cauda</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Cauda</dc:creator>


		<dc:subject>Couleur</dc:subject>
		<dc:subject>dessin</dc:subject>

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_cauda.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH672/1_cauda-7774f.jpg?1772190203' width='500' height='672' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jaune Cauda</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Basquin et Jacques Cauda</dc:creator>


		<dc:subject>peinture</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>Couleur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il y avait le jaune cadmium, &lt;i&gt;Jaune le soleil&lt;/i&gt; (film de Marguerite Duras, qui excella plus dans le cin&#233;matographe que dans l'art litt&#233;raire, cela ne se sait pas encore assez) ; il faudra maintenant compter avec le jaune-Cauda.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH86/arton1304-d48e8.jpg?1772205332' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y avait le jaune cadmium, &lt;i&gt;Jaune le soleil&lt;/i&gt; (film de Marguerite Duras, qui excella plus dans le cin&#233;matographe que dans l'art litt&#233;raire, cela ne se sait pas encore assez) ; il faudra maintenant compter avec le jaune-Cauda.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Chez l'animal, le jaune s'oppose merveilleusement au noir : la gu&#234;pe, le z&#232;bre, le tigre et le dronefly. C'est la couleur du gai savoir &#187;&lt;/i&gt; (visuel). Comment l'obtient-on ? Eh bien, par &lt;i&gt;cut-up&lt;/i&gt; tout &#224; fait burroughsien (toute couleur chez le peintre inventeur du mouvement surfiguratif (j'y reviendrai) &#233;tant un palimpseste) : &lt;i&gt;&#171; Le Tournesol correspond / On extrait ce colorant des graines au deuxi&#232;me grand bleu v&#233;g&#233;tal. &#187;&lt;/i&gt; Comment ? Le jaune, c'est (aussi) le bleu ? On n'y comprend plus rien&#8230; C'est-&#224;-dire que le bleu est compl&#233;mentaire du jaune. En plus d'&#234;tre l'une des trois couleurs fondamentales avec le rouge. Rouge ? Oui, comme dans : &lt;i&gt;&#171; Le kerm&#232;s un insecte qui donne un rouge &#233;carlate r&#233;side sur les ch&#234;nes kerm&#232;s / broy&#233;es et la poudre obtenue est soluble dans l'eau / On obtient un rouge &#233;quivalent au rouge vermillon / m&#233;langeant avec du vinaigre et du citron &#187;&lt;/i&gt; (on revient toujours au jaune-Cauda). Cette syntaxe n'est pas tr&#232;s orthodoxe, me direz-vous !? Oui, mais apr&#232;s Brion Gysin, tout est possible, non ? Comment ? Vous ne saviez pas ? Le collage ne vous dit rien ? M&#234;me les papiers-coll&#233;s de Picasso, vous n'en avez jamais entendu parler ? Vous avez cru sur parole ce mauvais &#233;crivain fran&#231;ais, Michel Houellebecq, qui d&#233;clara n'aimer pas sa peinture ? Mon Dieu ! Tout est &#224; reprendre &#224; z&#233;ro. La biblioth&#232;que est toute en d&#233;sordre. Le Mus&#233;e aussi. Reprenons : &lt;i&gt;&#171; Ce sont les femelles qui sont &#224; l'origine du rouge carmin. &#187;&lt;/i&gt; &#199;a se pr&#233;cise : le beau souci de Jacques Cauda est d'&#233;crire comme on peint (ou de peindre comme on m&#233;crit) : &lt;i&gt;&#171; J'&#233;cris de la peinture et je dessine de l'&#233;criture &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit-il dans sa vraie-fausse interview coll&#233;e au milieu de son livre de vrai peintre (livre obscur !). Mais encore ? &lt;i&gt;&#171; La cochenille du Nopal est un insecte qui se d&#233;veloppe sont &#224; l'origine du rouge camin&lt;/i&gt; [encore un faux raccord !&#8230;] &lt;i&gt;sur les figuiers de barbarie La pourpre est issue d'un liquide&lt;/i&gt; jaune &lt;i&gt;ferment&#233; provenant dont l'invention est attribu&#233;e aux H&#233;breux d'une glande extraite d'un mollusque&lt;/i&gt; le Murex L'encre de S&#233;che &#187; (c'est moi qui souligne). Cut.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11518 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH666/cauda3-8273c.jpg?1772205307' width='500' height='666' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vous l'aurez compris : &lt;i&gt;LA TE LI ER&lt;/i&gt; est un livre de peintre embourb&#233; jusqu'au cou dans la (sale) mati&#232;re : &lt;i&gt;&#171; noir de cep de vigne carbonis&#233; &#187;, &#171; boyaux de toutes les couleurs &#187;, &#171; entrailles de toutes les formes &#187;&lt;/i&gt;, pastel &#224; l'huile (hum&#8230; pas tr&#232;s contemporain (content pour rien ?), tout &#231;a !), &lt;i&gt;&#171; fer mangan&#232;se cuivre sulfures de mercure zinc de cadmium ou de plomb noir gal&#232;ne carbonates de calcium &#187;&lt;/i&gt;, etc. Pas tr&#232;s &lt;i&gt;vegan&lt;/i&gt;, le Cauda ! Qu'en dit la COP21 ? Ces produits &#8212; tr&#232;s polluants &#8212; ne sont-ils pas &lt;i&gt;d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; tous interdits ? Nous voulons de l'art en plastique ou polym&#232;res recyclables, fa&#231;on Xavier Veilhan ou Jeff Koons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Cauda a lu Jacques Henric et Philippe Sollers (qui, eux-m&#234;mes, ne le semblent pas vouloir lire &#8212; mais ceci est une autre histoire, celle de la st&#233;rilit&#233; de notre temps sans p&#232;res &#8212; celui o&#249; nous tournons dans la nuit et sommes pris dans la glace de la st&#233;rilit&#233; consid&#233;r&#233;e comme un des beaux-arts) : &lt;i&gt;&#171; Les femmes sont les rouages du voir. &#187;&lt;/i&gt; Le &#171; &#231;a-voir &#187; est &#224; l'origine de tout sa-voir/savoir. Il faut accepter de regarder/voir, m&#234;me l'horrible, pour acc&#233;der au gai savoir visuel/text(sex)uel : &lt;i&gt;&#171; Je la&lt;/i&gt; [Genevi&#232;ve &#8212; un mod&#232;le du peintre] &lt;i&gt;r&#233;veille en fanfare. Avec une fourchette plant&#233;e artistiquement dans l'&#339;il oppos&#233; au pied coup&#233;&lt;/i&gt; [pr&#233;c&#233;demment, pour une &#233;tude anatomique]. &lt;i&gt;&#199;a fait une jolie diagonale, une ligne de fuite &#224; suivre. &#187;&lt;/i&gt; Ce passage justifierait-il &#224; lui tout seul l'existence de la nouvelle collection que dirige Philippe Thireau chez Z4 &#233;ditions, &#171; La diagonale de l'&#233;crivain &#187; ? La perspective comme p&#233;ch&#233; originel de la peinture occidentale ? Allez savoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11519 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH503/cauda4-c5388.jpg?1538387606' width='500' height='503' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avale et tu verras ! &#187;&lt;/i&gt; : telle semble &#234;tre la seule m&#233;taphysique toute mat&#233;rialiste, non pas du philosophe (coucou, Michel Onfray, dont le seul bon livre s'appelle &lt;i&gt;Le ventre des philosophes&lt;/i&gt; &#8212; et qui depuis fort longtemps s'est perdu dans des livres de ressentiment contre de bien plus grands artistes que lui), mais du peintr&#233;crivain Cauda : &lt;i&gt;&#171; J'enfourne le globe oculaire qui croque mou sous ma dent. Manducation. &#187;&lt;/i&gt; Le go&#251;t est le &lt;i&gt;nec plus ultra&lt;/i&gt; de l'intelligence, disait l'auguste comte dit &#171; de Lautr&#233;amont &#187;&#8230; Vous reprendrez bien une part avec l'autre &#339;il restant ? Il faut affiner ses/nos sensations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier mot sur le mouvement surfiguratif fond&#233; par Cauda pour lutter (&#224; mort) contre la fin toujours annonc&#233;e de la peinture : &lt;i&gt;&#171; Telle est l'ambition du peintre surfiguratif : redonner un regard au monde aveugl&#233; o&#249; rien n'existe plus d&#233;sormais en dehors de son image aveuglante, en un mot : surfigurer ! [&#8230;] Le monde est devenu une image et le peindre, c'est r&#233;&#233;crire cette image. &#187;&lt;/i&gt; Jacques Cauda, adepte paradoxal des th&#233;ories de Guy Debord ? Voire&#8230; Mais, voyez :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; LA TE LI ER &#187; de Jacques CAUDA, Z4 &#233;ditions, 100 p., 9,50 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Ziv&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Monthury&lt;br class='autobr' /&gt;
39300 Les Nans&lt;br class='autobr' /&gt;
France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://z4editions.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://z4editions.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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