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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Entretien avec Pascale Weber, du Duo Hantu</title>
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		<dc:creator>Gabrielle Carron , Hantu et Pascale Weber</dc:creator>


		<dc:subject>entretien</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Dans le droit-fil de son texte dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro 113, Gabrielle Carron a r&#233;alis&#233; un entretien avec Pascale Weber, qui avec Jean Delsaux forme le duo Hantu dont nous publions, aujourd'hui la seconde partie. Au centre de ce dialogue, le rituel et bien s&#251;r, la catharsis. &#034;Je crois que c'est la m&#234;me chose, de faire le rituel pour soi ou pour les autres.&#034; Mais bien d'autres sujets sont abord&#233;s qui nous permettent de d&#233;couvrir plus pr&#233;cis&#233;ment le travail novateur de ce duo d&#233;j&#224; mythique de perfomeurs !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Entretien" rel="tag"&gt;entretien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/performance" rel="tag"&gt;performance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1822-002e7.jpg?1772233306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le droit-fil de son texte dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro 113, Gabrielle Carron a r&#233;alis&#233; un entretien avec Pascale Weber, qui avec Jean Delsaux forme le duo Hantu dont nous publions, aujourd'hui la seconde partie. Au centre de ce dialogue, le rituel et bien s&#251;r, la catharsis. &#034;Je crois que c'est la m&#234;me chose, de faire le rituel pour soi ou pour les autres.&#034; Mais bien d'autres sujets sont abord&#233;s qui nous permettent de d&#233;couvrir plus pr&#233;cis&#233;ment le travail novateur de ce duo d&#233;j&#224; mythique de perfomeurs !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SECONDE PARTIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gabrielle Carron :&lt;/strong&gt; Comment d&#233;finiriez-vous le rituel, alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Weber :&lt;/strong&gt; Le rituel c'est une performance, lorsque c'est une action que l'on m&#232;ne sans pouvoir anticiper ses prolongements, une action qui nous transcende, que l'on commence &#224; comprendre au moment o&#249; on agit. Il y a une envie, un besoin, une &#233;nergie &#224; la base, le d&#233;sir de remettre les &#233;nergies dans le bon ordre, de permettre que l'&#233;nergie re-circule l&#224; o&#249; l'on sent qu'il y a un blocage, une pression, une difficult&#233; &#224; respirer, une peur, une angoisse, Comme l&#224; sur ces photographies (s&#233;rie &#171; comme l'herbe pousse &#187;) r&#233;alis&#233;es pendant le premier confinement, ce sentiment d'ins&#233;curit&#233; encore, performer torse nue dans la rue la nuit en bravant l'interdit de sortie en d&#233;ambulant autour de la Rotonde, place connue pour le commerce du crack &#224; Paris. Des migrants drogu&#233;s abandonn&#233;s avan&#231;ant comme des zombies dans les rues vides. Besoin de traverser cet espace et d'affronter cette peur insupportable et ce sentiment d'oppression pour reprendre ensuite mon souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Est-ce que vous parleriez d'une forme de catharsis ? Faites-vous le rituel pour vous, pour les autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Bien s&#251;r, la catharsis. Je crois que c'est la m&#234;me chose, de faire le rituel pour soi ou pour les autres. Chacun a son r&#244;le, le spectateur participe aussi du rituel, &#224; sa place, il met la pression, il soutient, il respire, il renvoie l'&#233;nergie de sa pr&#233;sence. Il permet que cette &#233;nergie reste sur le performer, il est un chainon de l'espace ceintur&#233; qu'&#233;voque ce cercle de terre pr&#233;sent dans la partie basse de l'exposition. Ce cercle de protection a &#233;t&#233; trac&#233; &#224; notre demande par Michiko Fou pour Nature Vive. Le film raconte en images notre ressenti actuel : covid, masques, confinement, oppression. Appel &#224; l'ensauvagement, toutes ces choses qu'on ne sort pas, d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image_4-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/image_4-10-afab1.jpg?1614614785' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; La performance permet de les laisser sortir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Oui, elle permet de les faire sortir, et m&#234;me de faire des choses qui sont effrayantes pour celui qui les fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Avez-vous d&#233;j&#224; eu des r&#233;actions hors du commun, violentes d'un public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Je ne crois pas qu'Hantu prenne les gens en otage, &#224; aucun moment. Cela provoque de la violence. Parfois des gens sont venus nous trouver boulevers&#233;s &#224; la fin de certaines performances, affect&#233;s par la mort de proches, par la re-connexion avec leurs racines culturelles, par leur affinit&#233; avec notre relation au monde v&#233;g&#233;tal. Des r&#233;actions un peu violentes parfois par rapport au lieu. Effectivement choisir un lieu institutionnel pour faire une action qui n'est pas en lien avec cette institution, Il est parfois difficile de statuer sur ce qui se fait : un rituel qui est per&#231;u comme un spectacle ou un spectacle qui est per&#231;u comme un rituel. Certaines personnes ne comprennent pas ce qu'ils voient et sont habitu&#233;es &#224; ce que l'institution leur dise ce dont ils sont t&#233;moins. Je me souviens de quelqu'un qui &#233;tait tr&#232;s en col&#232;re qu'on puisse faire un rituel mortuaire sur une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre, le lieu de la fiction. La narration serait du c&#244;t&#233; de la fiction et la pr&#233;sence du c&#244;t&#233; de la r&#233;alit&#233; ? Il y a tant de niveaux de la r&#233;alit&#233;. N&#233;anmoins il faut bien choisir les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Vous faites beaucoup de performances en int&#233;rieur, en ext&#233;rieur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; La distinction se fait plut&#244;t entre performances avec et sans public. Elles peuvent avoir lieu en int&#233;rieur ou en ext&#233;rieur, en milieu urbain ou dans le no man's land, dans des lieux prot&#233;g&#233;s ou demandant une vigilance particuli&#232;re. Dans les r&#233;gions froides ou &#233;quatoriales, elles mettent &#224; l'&#233;preuve le corps d&#233;sorient&#233; par un nouvel environnement, difficile de parler d'explorations &#224; cause de l'histoire coloniale, mais il y a un d&#233;sir de d&#233;couvrir quelque chose d'autre, un potentiel, la possibilit&#233; d'une r&#233;alit&#233; insoup&#231;onn&#233;e, un entrainement &#224; l'inconnu et &#224; l'ind&#233;termin&#233;. Avec le public les choses se compliquent. Aujourd'hui performer dans l'espace public devient de plus en plus contraignant et il faut souvent agir de fa&#231;on furtive, clandestine pour &#234;tre s&#251;re de voir un projet aboutir. En int&#233;rieur l'action est souvent encadr&#233;e par une institution qui r&#233;duit le performer &#224; un prestataire de sensations plus ou moins fortes (l'obligeant &#224; une surench&#232;re exhibitionniste) tout en respectant des normes de s&#233;curit&#233; qui interdisent tout &#233;cart par rapport au sc&#233;nario programm&#233;. Organisateurs et performers se doivent d'&#234;tre diplomates et r&#233;actifs. Je me souviens, par exemple, d'une performance &#224; Jakarta, sur une place publique (UrBanian &#224; l'Institut d'art Kesenian, Jakarta/Indon&#233;sie en 2014) qui se trouvait &#234;tre &#224; &#233;quidistance du plus ancien bidonville de la Capitale (Kebon Sayur Kampung) et des Beaux-Arts (Institut Kesenian Jakarta). Nous &#233;tions programm&#233;s autour d'un Banian, lieu de rassemblement traditionnel, entre deux appels &#224; la pri&#232;re rituelle. Ce lieu, point de convergence, espace du consensus, ou de celui qui terrorise, sc&#232;ne d'une violence jou&#233;e par des artistes pour un public, d'une violence &#233;prouv&#233;e par des artistes en repr&#233;sentation, d'une possible violence r&#233;elle qui emprunte aux codes du spectaculaire et qui n'a rien &#224; voir avec l'art : l'acte terroriste, puisque de nouveaux attentats devaient bient&#244;t frapper Jakarta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence de l'institution n'a rien de comparable naturellement mais elle n'est pas moins &#224; l'origine d'une auto-censure. Nous avons perform&#233; au Palais de Tokyo (Incorporations, L'Humain d&#233;bord&#233; n&#176;2, s&#233;minaire performatif, 17/06/2013 ; Homo Erectus, 2013), au Mus&#233;e de la Chasse et de la Nature (La Traque, dans le cadre du colloque Performances et animalit&#233;s, 13-14/11/2013), aux Beaux-Arts de Saint-P&#233;tersbourg (Colloque &#171; Nouvelles formes de pr&#233;sences dans la performance &#187;, 1-2/06/2017)&#8230; Il serait mal venu donc que je critique l'institution, pourtant je m'interroge sur la fonction et le statut des performances r&#233;alis&#233;es dans ce cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Qu'est-ce que vous ressentez lorsque vous performez dans un mus&#233;e ? Y a t-il des rituels institutionnels, des codes &#224; suivre, est-ce que c'est plus contraignant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Le public qui est l&#224; est tr&#232;s particulier, et c'est une contrainte sinon une obligation &#224; se conformer &#224; des pratiques qui rel&#232;vent de l'expos&#233; savant, de la conf&#233;rence devant un public d'initi&#233;s. Il y a imm&#233;diatement une intellectualisation de la performance c'est-&#224;-dire une instrumentalisation de la performance &#224; des fins discursives. Le mus&#233;e participe de cette intellectualisation. Et comme le mus&#233;e permet une certaine visibilit&#233;, la performance en institution devient un exercice oblig&#233; de d&#233;monstration rh&#233;torique verbale et gestuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; C'est Polina Dubchinskaya qui m'a parl&#233; de vous, en tant que directrice de sa th&#232;se sur l'institutionnalisation de la performance. Son sujet m'int&#233;resse beaucoup, &#231;a m'int&#233;resse de r&#233;fl&#233;chir &#224; cette utopie de mettre la performance dans le mus&#233;e. Michel Foucault a parl&#233; d'h&#233;t&#233;rotopie, le lieu o&#249; l'utopie se r&#233;alise. Le mus&#233;e, est-ce que &#231;a pourrait &#234;tre &#231;a ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image-5-6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH356/image-5-6-d1a80.jpg?1614614785' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Le poids du lieu, de l'administration, et au-del&#224; du symbole du mus&#233;e&#8230; Cela me fait penser au film The Square, notamment &#224; la sc&#232;ne avec cet homme-singe qui en dit long sur la performance dans le mus&#233;e. En fait, on peut tout, mais on ne peut rien. Dans le mus&#233;e, et sur la sc&#232;ne, se joue une esp&#232;ce de fiction de libert&#233; et de d&#233;foulement du corps, mais sur sc&#232;ne au moins le jeu ne se fait pas passer pour la r&#233;alit&#233;, m&#234;me si justement il y a un frottement entre le jeu et le r&#233;el. En fait la performance qui est promue aujourd'hui dans les mus&#233;es s'inscrit en continuit&#233; avec l'ensemble des collections. L'ins&#233;curit&#233; n'a pas sa place, or la performance est, comme toute substance, active pour le meilleur ou pour le pire, je veux dire jusqu'&#224; permettre au performer de jouer sa mort ou d'alt&#233;rer profond&#233;ment, irr&#233;m&#233;diablement son organisme. La seule fa&#231;on de faire vivre l'institution, qu'il s'agisse du mus&#233;e ou de l'universit&#233;, c'est de ne pas la respecter. S'il est impossible de chahuter un tant soit peu l'institution c'est qu'on ne peut rien en attendre de constructif et d'inventif en r&#233;ponse &#224; la crise actuelle. Les analyses historiques permettent de mettre en perspective la cr&#233;ation, le r&#244;le du nu par exemple dans la photographie, en parall&#232;le de l'histoire du f&#233;minisme, cette fa&#231;on de d&#233;passer la peur et les normes de la repr&#233;sentation de soi&#8230; mais il s'agit l&#224; d'un discours d&#233;j&#224; structur&#233; sur le corps. Dans la pratique artistique, le corps c'est &#224; la fois moins grave et &#224; la fois beaucoup plus s&#233;rieux, &#224; la fois plus profond et plus l&#233;ger que ce que l'on en dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc oui, j'ai du mal &#224; croire &#224; la performance dans le cadre institutionnel, en m&#234;me temps, c'est un exercice qui n'emp&#234;che pas que l'on puisse aussi s'affranchir du lieu, simplement choisir l'espace du rassemblement ou du d&#233;ploiement du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons perform&#233; dans des lieux naturels symboliques et connus au S&#225;pmi par exemple. Dans ces lieux qui ne sont r&#233;gent&#233;s par personne, les visiteurs m&#233;ditent, se prom&#232;nent, y tournent un clip vid&#233;o pour une chanson. Chacun y fait ce qu'il veut &#224; partir du moment o&#249; le lieu est respect&#233; et laiss&#233; en &#233;tat. Bien s&#251;r l'isolement n'est pas &#233;tranger &#224; cela. Un mus&#233;e, ce n'est pas le cas. &#199;a pr&#233;tend donner une libert&#233;, mais en r&#233;alit&#233; cela ne la donne pas, &#231;a donne juste l'occasion de jouer, de repr&#233;senter l'id&#233;e de libert&#233; et d'ouverture d'esprit. C'est juste un lieu de repr&#233;sentation. La pr&#233;sence et la repr&#233;sentation sont deux r&#233;alit&#233;s incompatibles. On a beaucoup de chance avec l'Espace Rue Fran&#231;aise, car Miss China, qui a d&#233;j&#224; organis&#233; beaucoup de performances ici (&#171; Les Lundis de la Performance &#187;), ne nous a m&#234;me pas demand&#233; ce qu'on allait en faire, elle nous a donn&#233; toute libert&#233;. Aujourd'hui, avec la pression que nous ressentons tous, les petites peurs, les interdits, les formulaires d'autorisation dont l'appr&#233;ciation d'ailleurs par des agents ne nous mettent pas &#224; l'abri d'une contravention, obtenir soudain un espace de libert&#233; nous a permis de r&#233;aliser une exposition et un film (et le film en particulier) qui parle de la col&#232;re en nous, et que nous ne nous autorisions pas jusqu'alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Est-ce que vous pensez que la performance peut &#234;tre le lieu de r&#233;alisation de l'utopie, un lieu o&#249; tout est possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; La performance c'est le moment de confrontation avec le r&#233;el. L'utopie c&#244;toie les visions nocturnes, les r&#234;ves dirig&#233;s lorsqu'on imagine la performance. L&#224; c'est le lieu de tous les possibles, mais la performance, c'est le moment du passage &#224; l'acte, et pour moi on n'est plus dans l'utopie. Et par ailleurs, la question de l'utopie je ne pense pas qu'elle soit davantage li&#233;e &#224; la performance qu'au dessin. Le dessin est peut-&#234;tre davantage charg&#233; d'utopie, parce qu'on peut s'affranchir du corps, la performance ne peut pas s'affranchir du corps. Quand Bob Flanagan, atteint d&#232;s l'enfance par la mucoviscidose, performe la douleur, jouissant dans la douleur, par une inversion du mal en plaisir, il n'est pas dans l'utopie il se bat r&#233;ellement contre la mort, lorsqu'ORLAN imagine un corps transform&#233;, elle imagine. Quand elle passe &#224; la chirurgie, elle arrive rapidement aux limites de ce qu'un corps peut accepter comme intervention chirurgicale. Donc utopie, non. Par contre, c'est le lieu o&#249; on va repousser ou retourner les interdits. Et l'interdit, ce n'est pas l'utopie. L'interdit tu l'identifies tr&#232;s bien. Pendant le confinement, tu vois o&#249; il est, quand tu es une femme et qu'on te dit qu'il ne faut pas se promener &#224; poil dans la rue parce que tu vas te faire violer, tu vois bien o&#249; est l'interdit. Et ORLAN aujourd'hui, c'est comme si elle n'avait plus de corps, elle est d&#233;poss&#233;d&#233;e de son corps. Elle dit que son corps est devenu son &#339;uvre, mais en r&#233;alit&#233;, pour moi c'est son &#339;uvre qui a vampiris&#233; son corps, elle est esclave de l'image qu'elle a construite d'elle-m&#234;me. Que reste-t-il de l'&#233;mancipation qu'elle revendiquait ? Quelle part d'utopie y a t-il dans ce corps qui n'existe plus qu'en tant qu'image ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Et d'ailleurs, elle souhaite faire exposer son corps dans un mus&#233;e apr&#232;s sa mort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Oui ! Donc, l&#224; pour moi, la performance a vrill&#233;e, c'est le risque. Mais peut-&#234;tre est-ce le destin de toute performance. Un art fragile et &#233;ph&#233;m&#232;re, c'est l'art le plus fragile qui soit. Quand on a fait un tableau, une fois que c'est jou&#233;, c'est jou&#233;. La performance, c'est fulgurant (on ne peut pas refuser la fulgurance de la transformation d'ORLAN). Ce qui est important pour faire vivre la performance (c'est-&#224;-dire la conserver) c'est le r&#233;cit, comme Beuys, la fiction. La performance c'est un retour &#224; l'ordre de l'oralit&#233; : les choses existent parce qu'on se les raconte. Et je me pose la question du statut de la performance chez Beuys, est-ce que sa biographie ne serait pas sa plus grande performance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Exactement, la construction de sa propre mythologie personnelle, cette auto-mythification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Oui, car cette construction, cette mythologie, c'est la seule chose qu'on ne peut pas s'approprier (par &#171; re-enactment &#187;). Beuys fait de son existence une sorte d'institution biographique, Lorsque Marina Abramovic refait sa performance (&#171; Comment expliquer les tableaux &#224; un li&#232;vre mort &#187;), elle d&#233;joue une part du r&#233;cit de la performance de Beuys en s'invitant dans son histoire. En fait, j'ai l'impression qu'elle devient elle-m&#234;me une institution en faisant cela : incarner la m&#233;moire vivante d'un monstre disparu, un exercice de style qui ne risque pas de se heurter &#224; l'incompr&#233;hension ni la critique auxquelles l'&#339;uvre originale a d&#233;j&#224; r&#233;pondu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Oui, je pense par exemple aux masques Dada en carton, qui normalement ne devraient pas se trouver dans un mus&#233;e, c'&#233;tait des objets pens&#233;s pour &#234;tre &#233;ph&#233;m&#232;res. Mais les conservateurs s'&#233;vertuent &#224; les restaurer, les refaire, perp&#233;tuer co&#251;te que co&#251;te l'histoire de l'art. Ces &#339;uvres tendent presque &#224; atteindre un statut d'objet sacr&#233;, inali&#233;nable, intouchable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image-6-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH497/image-6-4-ab0c4.jpg?1614614786' width='500' height='497' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Entretien conduit et retranscrit par Gabrielle Carron le 13 novembre 2020, au 3, rue Fran&#231;aise, &#224; 17h00.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exposition &#171; Comme l'herbe pousse &#187;, Espace Rue Fran&#231;aise, 3, rue Fran&#231;aise, 75001, Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du 11 au 17 novembre 2020. Vid&#233;o de l'exposition. Site d'Hantu (Weber+Delsaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascale Weber a suivi une formation en design environnement &#224; Paris (E&#769;cole Sup. de Design Indus.) puis un cursus universitaire en Art et Sciences de l'art &#224; la Sorbonne (Paris 1-St Charles). En parall&#232;le de la performance, elle pratique notamment la danse butoh, le r&#234;ve &#233;veill&#233; et autres voyages dirig&#233;s, des techniques vocales issues du joik, du chant de gorge ou chant diphonique et parmi les disciplines somatiques, la m&#233;thode Feldenkrais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Delsaux a suivi une formation en Arts Plastiques option Images num&#233;riques a&#768; l'Universit&#233; Paris 8. Il a co-dirig&#233; Brouillard pre&#769;cis, un atelier de cr&#233;ation en images de synth&#232;se et images vid&#233;o, durant 15 ann&#233;es &#224; Marseille. Il pratique la photographie et la vid&#233;o et s'appuie dans son travail artistique sur son exp&#233;rience de la Bio-&#233;nergie et du Tai-Qi-Chuan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Pascale Weber, Duo Hantu</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Pascale-Weber-Duo-Hantu</link>
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		<dc:date>2021-01-30T15:42:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gabrielle Carron , Hantu et Pascale Weber</dc:creator>


		<dc:subject>entretien</dc:subject>
		<dc:subject>performance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans le droit-fil de son texte dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro 113, Gabrielle Carron a r&#233;alis&#233; un entretien avec Pascale Weber, qui avec Jean Delsaux forme le duo Hantu dont nous publions, aujourd'hui la premi&#232;re partie. &#171; C'est surtout la question de la performance qui se pose. Parce qu'on appelle performances beaucoup de choses. Clairement, dans notre travail il y a une volont&#233; de construire des rituels. &#187; Mais bien d'autres sujets sont abord&#233;s qui nous permettent de d&#233;couvrir plus pr&#233;cis&#233;ment le travail novateur de ce duo d&#233;j&#224; mythique !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/performance" rel="tag"&gt;performance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1804-f4e76.jpg?1772233307' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le droit-fil de son texte dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro 113, Gabrielle Carron a r&#233;alis&#233; un entretien avec Pascale Weber, qui avec Jean Delsaux forme le duo Hantu dont nous publions, aujourd'hui la premi&#232;re partie. &#171; C'est surtout la question de la performance qui se pose. Parce qu'on appelle performances beaucoup de choses. Clairement, dans notre travail il y a une volont&#233; de construire des rituels. &#187; Mais bien d'autres sujets sont abord&#233;s qui nous permettent de d&#233;couvrir plus pr&#233;cis&#233;ment le travail novateur de ce duo d&#233;j&#224; mythique !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; L'artiste est celui qui, en permanence, laisse la plaie ouverte &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 13 novembre 2020 - journ&#233;e si particuli&#232;re &#224; Paris - je brave l'interdit du confinement pour me rendre au 3, rue Fran&#231;aise, dans le premier arrondissement, apr&#232;s avoir travers&#233; une Cour du Louvre et une rue de Rivoli d&#233;sert&#233;es. Dans le cadre de mes recherches sur le corps contemporain et la performance, me voil&#224; &#224; l'Espace Fran&#231;aise, o&#249; le duo de performeurs Hantu (Pascale Weber et Jean Delsaux) pr&#233;sentent leur exposition &#171; Comme l'herbe pousse &#187;. Apr&#232;s la visite (voir l'article publi&#233; dans TK-21), je m'assois avec Pascale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partie 1&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gabrielle Carron :&lt;/strong&gt; Comment votre duo s'organise-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Weber :&lt;/strong&gt; Lorsque nous avons fond&#233; Hantu nos r&#244;les &#233;taient tr&#232;s s&#233;par&#233;s et nous n'avions aucune concertation pr&#233;alable &#224; la performance. Jean &#233;tait dans la repr&#233;sentation et j'&#233;tais dans la pr&#233;sence. Il s'occupait compl&#232;tement de la mise en image, et je d&#233;veloppais un travail de concentration &#224; partir de la m&#233;moire du corps, parfois en aveugle, Jean &#233;tait mes yeux. Nous n'avons pas r&#233;fl&#233;chi &#224; notre mode op&#233;ratoire jusqu'&#224; ce qu'on rencontre des Sikerei (chamans) de Mentawai au sud de Sumatra (Indon&#233;sie) qui nous ont expliqu&#233; que souvent les chamans travaillent par deux, le premier est en connexion avec la nature tandis que le second fait le lien avec la communaut&#233;, pour laquelle il traduit ce qui se passe. Quand il y a interaction avec le public durant la performance (et non avant ou apr&#232;s) c'est Jean qui fait le lien, comme pour la performance &lt;strong&gt;Corps et Arbres&lt;/strong&gt; r&#233;alis&#233;e au ch&#226;teau de Monthelon pour laquelle il &#233;voquait d'un rituel de Sulawesi et c'est lui qui fait les images pour rendre compte de ce qui se passe. Au d&#233;but de notre travail en duo il n'y avait aucune communication entre nous, on faisait chacun ce qu'on avait &#224; faire. &#192; chacun son r&#244;le, on ne peut pas noyer sa responsabilit&#233; dans l'autre dans un duo. Petit &#224; petit, et pas de fa&#231;on syst&#233;matique, pour le travail de montage vid&#233;o, par exemple, on a commenc&#233; &#224; travailler &#224; trois, lui, moi et Hantu. Il arrive maintenant que Jean passe &#224; l'&#233;cran. Et parfois les choses sont un petit peu plus poreuses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image-1-11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH351/image-1-11-a10d2.jpg?1772213562' width='500' height='351' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Depuis combien de temps travaillez-vous ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P : Environ une quinzaine d'ann&#233;es&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Lorsque nous &#233;tions dans cette premi&#232;re salle de l'exposition, nous avons parl&#233; de la diff&#233;renciation entre les photos perform&#233;es et la performance photographi&#233;e. Est-ce que pour vous, les restes, les traces de la performance peuvent prendre le statut d'objet d'art ? Ou simplement des documents d'archives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Je ne suis pas s&#251;re qu'on puisse r&#233;pondre de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale et de fa&#231;on d&#233;finitive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Est-ce que vous pensez que le mus&#233;e peut s'approprier ces objets pour r&#233;activer les performances, en en faisant presque parfois des objets sacr&#233;s, comme les restes des performances de Joseph Beuys devenus objets de mus&#233;es, alors que la performance se veut &#233;ph&#233;m&#232;re, libre ? Je me pose cette question de la post&#233;rit&#233; au mus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; C'est surtout la question de la performance qui se pose. Parce qu'on appelle performances beaucoup de choses. Clairement, dans notre travail il y a une volont&#233; de construire des rituels. Lorsqu'on voyage et que nous rencontrons des populations autochtones, c'est en nous faisant partager leurs rituels que nous entrons en contact ou que nous pouvons pr&#233;tendre entrer en contact avec elles. Et lorsqu'on revient en France notre id&#233;e n'est pas de rejouer ces rituels con&#231;us et r&#233;alis&#233;s dans un autre contexte, &#231;a n'aurait aucun sens, et d'un point de vue &#233;thique cela est contestable. Nous essayons plut&#244;t de comprendre &#171; qu'est-ce qu'un rituel ? &#187;, &#171; &#224; quoi il sert dans une communaut&#233; et pour un individu ? &#187;. Aujourd'hui on se rend compte que dans nos soci&#233;t&#233;s, nous agissons de fa&#231;on r&#233;p&#233;t&#233;e, organis&#233;e et tr&#232;s encadr&#233;e, mais il nous manque certains rituels qui structuraient autrefois la vie individuelle et collective, d'une fa&#231;on qui nous semblerait aujourd'hui et dans la soci&#233;t&#233; occidentale la&#239;que extr&#234;mement contraignante. En affirmant la possibilit&#233; de s'approprier des gestes, de les jouer librement &#224; notre fa&#231;on, de nombreuses performances t&#233;moignent de la n&#233;cessit&#233; du rituel et des rep&#232;res qu'il propose. Le rituel c'est le moyen que l'on a de s'inscrire dans un lieu et dans un temps. C'est &#233;galement une fa&#231;on de r&#233;server des moments (des espaces-temps) qui &#233;chappent au stress et aux imp&#233;ratifs du pouvoir... Lorsque le gouvernement ou l'institution d&#233;cr&#232;tent que des choses sont essentielles et d'autres ne le sont pas par exemple. Le rituel est un mode d'action &#233;tranger &#224; la question de la n&#233;cessit&#233;, &#171; on fait &#187; parce qu'on ressent le besoin de faire, sans ce besoin le rituel n'est plus qu'un geste folklorique, une obligation morale justifi&#233;e ou non, une habitude d&#233;nu&#233;e de sens. Qui peut juger pour autrui de la n&#233;cessit&#233; qu'il t&#233;moigne de mettre des fleurs sur une tombe ? Le rituel c'est quelque chose que l'on r&#233;p&#232;te parce que simplement au moment o&#249; on le fait &#231;a fait du bien. On ne peut pas d&#233;cr&#233;ter que quelque chose est un rituel. Le rituel c'est avant tout une &#233;preuve du r&#233;el, il perdure parce qu'une action qu'on a men&#233;e a encore un sens &#224; &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;e. Parfois, le sens se vide. C'est la raison pour laquelle je ne suis pas toujours d'accord avec ce qu'on appelle le &#171; re-enactement &#187;. Pour moi, si c'est juste pour rejouer un moment qui a en son temps op&#233;r&#233; une lib&#233;ration (du sens, de l'&#233;nergie, une &#233;mancipation&#8230;), alors on transforme en exercice de genre ce qui a &#233;t&#233; une mise &#224; l'&#233;preuve du corps, un moment de v&#233;rit&#233;. Le danger ne peut pas se reconstituer, il se transforme en fonction de ce que l'on vit ; on ne peut pas faire de l'archive un spectacle vivant en jouant le pass&#233; au pr&#233;sent, mais on peut performer le r&#233;cit du pass&#233; au pr&#233;sent, comme dans la tradition des griots ou des conteurs. Il n'y aurait probablement aucun sens &#224; rejouer dans un autre contexte les performances que nous avons faites clandestinement dans Paris la nuit lors du confinement, le spectacle de &#171; re-enactement &#187;, non seulement ne se justifie pas, mais constitue une spoliation, au m&#234;me titre que l'on parle de spoliation culturelle des am&#233;rindiens lorsque l'on fait des pi&#232;ges &#224; r&#234;ves qui tentent d'imiter les amulettes commercialis&#233;es par les Ojibwa, C'est une spoliation. Le rituel s'impose de lui-m&#234;me, au m&#234;me titre que nous pouvons faire notre caf&#233;, moulu chaque matin, pour moi &#224; la turque, pour Jean &#224; l'italienne, et c'est tous les jours comme &#231;a. Jusqu'au jour peut-&#234;tre o&#249; on en aura assez. Mais en attendant cela nous permet de nous mettre au travail et de nous inscrire dans le temps, tout simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objets, expos&#233;s l&#224;-haut dans la mezzanine, que j'appelle des objets-rituels dans la mesure o&#249; on les r&#233;utilise, deviendront des objets-traces si on ne les utilise plus, nul ne sait quand les choses vont passer d'un statut &#224; l'autre. Ici par exemple, il y a eu un rituel r&#233;alis&#233; par Simona Polvani pour le film &lt;i&gt;Nature Vive&lt;/i&gt; tourn&#233; dans l'espace de l'exposition, elle a r&#233;alis&#233; un pansement qu'elle a coll&#233; sur le reste d'un compost, c'est une trace et en m&#234;me temps &#231;a vient rappeler qu'il y avait quelque chose qu'on a nettoy&#233;. En fait, un objet-trace, intervient comme un commentaire, un objet-trace c'est un commentaire mat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image-2-12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/image-2-12-11239.jpg?1772213562' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Vous avez beaucoup parl&#233; de panser les plaies, de bander le corps, du concept du soin. Pourquoi cela vous int&#233;resse-t-il autant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Peut-&#234;tre parce que lorsque j'ai commenc&#233; &#224; travailler, on disait que l'artiste &#233;tait celui qui devait agir sur la fracture sociale, pour &#171; soulager &#187; toute une frange de la population malmen&#233;e par notre soci&#233;t&#233;. En fait je ne crois pas que l'artiste soit l&#224; pour&#8230; comme un pansement, c'est-&#224;-dire pour cacher la mis&#232;re du monde. Je crois au contraire que l'artiste est celui qui en permanence laisse la plaie ouverte, et l'entretien, pour montrer que le mal est l&#224;, qu'il est vain de le cacher, que la cicatrisation est impossible tant qu'on ne soigne pas la cause de la douleur &#224; l'int&#233;rieur. Donc le pansement ne cache pas la plaie, le pansement est r&#233;v&#233;lateur de la plaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Juste pour revenir sur le rituel, est-ce que vous pensez que la performance est le moyen et lieu privil&#233;gi&#233; pour recr&#233;er des rituels, ou cela peut se faire dans d'autres espaces ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; La performance, c'est l'affirmation de la n&#233;cessit&#233; et de l'op&#233;rativit&#233; du rituel. Mais la performance ce n'est pas toujours ou uniquement le performatif, li&#233; &#224; l'exploit et au spectaculaire, &#224; une situation particuli&#232;re. Et on ne peut pas consid&#233;rer sur un m&#234;me plan une performance, une photographie perform&#233;e ou une situation performative. Que je pense &#224; Francesca Woodman, Cindy Sherman ou Ana Medieta, on a un travail du corps en repr&#233;sentation et un rapport &#224; l'image que l'on ne peut pas simplement r&#233;sumer par le terme performance, il se joue quelque chose de tr&#232;s subtile entre la cr&#233;ation d'une situation, d'un contexte, d'une action, d'une exp&#233;rience physique, d'une mise en sc&#232;ne du corps, et de la conception d'une image (photographique ou vid&#233;o) qui rel&#232;ve tant&#244;t de la performance tant&#244;t du performatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici pour le film &lt;i&gt;Nature Vive&lt;/i&gt; Hantu a demand&#233; &#224; six artistes de venir performer dans la galerie : comment faire coexister des corps, accueillir des artistes dans notre travail. C'est une situation performative, ce n'est pas une performance. Dans la performance il y a quelque chose de profond&#233;ment ind&#233;termin&#233;, incertain, &#171; ins&#233;cure &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Est-ce que l'usage de tous ces v&#233;g&#233;taux participe de cette volont&#233; de laisser la place &#224; l'incertitude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; Oui, compl&#232;tement. Je renvoie au titre de l'exposition &#171; Comme l'herbe pousse &#187;, vivre, penser, cr&#233;er, pratiquer l'art comme l'herbe pousse, sur les c&#244;t&#233;s des grands chemins. Int&#233;grer le v&#233;g&#233;tal c'est admettre notre incapacit&#233; &#224; tout contr&#244;ler. Chaque performance pour laquelle nous utilisons des v&#233;g&#233;taux doit &#234;tre pr&#233;par&#233;e quelques jours &#224; l'avance, pour que les plantes germent, parfois elles germent plus vite que pr&#233;vu, et du coup il faut en faire pousser d'autres qui n'ont pas toujours le temps de sortir&#8230; Il est impossible de presser une plante (nous n'utilisons aucun activateur ni engrais chimique !). Dans le film &lt;i&gt;Nature Vive&lt;/i&gt;, N&#233;va (notre chienne) aboie et se couche quand on lui demande (globalement !). Une plante je ne peux pas lui dire &#171; Pousse, pousse, pousse &#187;, si ce n'est pas le moment, elle ne sort pas de terre. &#199;a d&#233;pend du soleil, de beaucoup de choses qu'effectivement on ne contr&#244;le pas. C'est salvateur. On essaye moins de contr&#244;ler notre projet, notre envie, l'intention, on laisse plus volontiers le d&#233;roul&#233; nous &#233;chapper. C'est dans cet &#233;cart, entre ce que l'on a pr&#233;vu et la mise &#224; l'&#233;preuve du r&#233;el que les choses int&#233;ressantes surviennent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image-3-11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/image-3-11-77b7d.jpg?1772213562' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G :&lt;/strong&gt; Avez-vous des exemples ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P :&lt;/strong&gt; En fait, cela concerne notre &#233;tat d'esprit ; on s'attend de moins en moins &#224; certaines choses, on cherche moins &#224; anticiper. Par exemple, dans les deux performances que l'on a faites &#224; Rio (Brazilian Arboretum et Germination), on &#233;tait venus avec des plantes, on avait pr&#233;sent&#233; rapidement notre travail au groupe. Les gens performaient par deux, sans se conna&#238;tre n&#233;cessairement, ils prenaient une plante et l'un fixait la plante sur l'autre. Le plus int&#233;ressant c'est ce que les gens am&#232;nent, leur imaginaire, leur histoire, leurs initiatives. Une femme a pos&#233; la plante sur le torse d'un homme, sur son c&#339;ur plus pr&#233;cis&#233;ment, avant d'apprendre qu'il avait eu un grave accident cardiaque. On a eu une femme qui venait de se faire op&#233;rer d'un cancer du sein, qui a mis la plante sur sa poitrine. Un jeune couple avait r&#233;ussi &#224; obtenir deux plantes auxquelles ils avaient donn&#233; un nom, l'un masculin et l'autre f&#233;minin en vue de leur adoption. Ce n'est pas des choses qui nous &#233;chappent, c'est plut&#244;t qu'on laisse une ouverture possible pour que la vie nous rattrape, que le rituel permette &#224; la vie de rejoindre la performance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En de simples jardins</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Un-conte-du-futur</link>
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		<dc:date>2020-12-27T22:12:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hantu et Pascale Weber</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Artistes pratiquant la performance le duo Hantu nous livre aujourd'hui une fiction qui nous plonge la t&#234;te la premi&#232;re dans nos d&#233;nis, nos angoisses en nous confrontant &#224; ces lointains devenus si proches que nos r&#234;ves, fatigu&#233;s, se muent en angoisse et l'angoisse en une plus grande fatigue encore.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH105/arton1807-886b9.jpg?1772233307' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Artistes pratiquant la performance le duo Hantu nous livre aujourd'hui une fiction qui nous plonge la t&#234;te la premi&#232;re dans nos d&#233;nis, nos angoisses en nous confrontant &#224; ces lointains devenus si proches que nos r&#234;ves, fatigu&#233;s, se muent en angoisse et l'angoisse en une plus grande fatigue encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Destruction totale des for&#234;ts primaires de notre plan&#232;te, sols acidifi&#233;s et impropres &#224; la culture sur site. &lt;br class='autobr' /&gt;
Disparition des esp&#232;ces communes animales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus aucun oiseau non plus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2108. Enfin seul.e.s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;2108, ann&#233;e du basculement de l'ancien monde vers celui que nous connaissons d&#233;sormais ; des &#233;pid&#233;mies ont finalement eu raison des animaux d'&#233;levage que l'exploitation intensive avait durablement fragilis&#233;s, lorsque ce n'est pas l'humain directement qui les achevait par peur d'&#234;tre contamin&#233; par des supervirus que nul ne savait combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; toucha le fond de son histoire lorsque parall&#232;lement &#224; l'extinction de toutes les esp&#232;ces animales vivant dans la nature, et comme par fatigue, ou par une lassitude g&#233;n&#233;rale, les animaux domestiques jusqu'alors fid&#232;les &#224; ses d&#233;lires, frapp&#233;s d'apoplexie, d&#233;cid&#232;rent d'accompagner dans la mort les esp&#232;ces sauvages. Tous les mammif&#232;res, except&#233; l'homme, disparurent compl&#232;tement de la surface de la Terre. L'humain restait seul avec lui-m&#234;me, roi en son royaume et d&#233;lirant devant son miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis ce fut au tour des insectes de d&#233;serter la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme fit alors l'exp&#233;rience d'un silence nouveau, celui de la fin de l'existence de ce qui n'&#233;tait pas lui. Et comme ce silence &#233;tait terrible et l'emp&#234;chait de dormir, il inventa de curieuses c&#233;r&#233;monies qui faisaient &#233;cho &#224; celles de rites anciens, et faisaient r&#233;appara&#238;tre dans de curieux travestissements, des sc&#233;nographies et des danses d'imitation, les animaux, les arbres et plantes disparus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rituels de la disparition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Naturellement ces jeux avaient la vertu de lui permettre de s'absenter de lui-m&#234;me pour une alt&#233;rit&#233; dont il doutait &#224; pr&#233;sent qu'elle ait jamais exist&#233;. Depuis qu'ils &#233;taient disparus, les &#234;tres animaux et v&#233;g&#233;taux que nous avions sacrifi&#233;s au d&#233;veloppement d&#233;r&#233;gul&#233; de notre civilisation &#233;taient devenus les dieux que nous priions. Nous leur f&#238;mes des offrandes sacrificielles, lors de festivit&#233;s v&#233;ganes, hypocaloriques et gluten free, qui auraient sembl&#233; bien frugales &#224; nos anc&#234;tres de la premi&#232;re moiti&#233; du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements climatiques avaient occasionn&#233;s depuis plus de deux si&#232;cles un gros stress m&#233;taboliques chez l'&#234;tre humain, qui devait s'alimenter presque exclusivement de plantes autopollinisables, notamment des gramin&#233;es chez qui la pollinisation est an&#233;mophile, utilisant le vent pour disperser la graine. Avec cette alimentation, nombreux &#233;taient ceux qui d&#233;veloppaient des allergies graves, car les c&#233;r&#233;ales, d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es, recevaient des traitements ind&#233;termin&#233;s, impos&#233;s par la seule industrie qui subsista, l'industrie chimio-agricole. Les farines &#233;taient trait&#233;es pour rassasier autant que possible la population affam&#233;e des jeunes adultes en p&#233;riode de forte croissance tout en limitant les effets des pesticides, en contenant les allergies et en facilitant les processus d'assimilation des macromol&#233;cules glucidiques et lipidiques en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_figure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH304/2_figure-846d3.jpg?1772221610' width='500' height='304' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les rituels v&#233;ganes op&#233;r&#233;s en l'honneur des dieux animaux et v&#233;g&#233;taux, tout &#233;tait initiatique et imaginaire &#224; la fois, car plus rien de ce que nos r&#233;cits rapportaient n'existait encore : il s'agissait de rituels d'initiation &#224; la perte, &#224; l'amenuisement. Les illumin&#233;s ne racontaient plus l'apparition de la Vierge mais la disparition du Vivant. Mais surtout, il y avait dans le mouvement de ces initi&#233;s quelque chose qui n'&#233;tait plus humain. De l'&#233;nergie &#224; l'&#233;tat pur. Il y avait dans leurs pri&#232;res quelque chose de terrible comme le d&#233;passement de la fin, car la mort n'&#233;tait plus &#224; venir, tous les animaux s'en &#233;taient all&#233;s et nous, sans comprendre comment cela &#233;tait possible, nous &#233;tions encore l&#224;, vivant dans le plus grand d&#233;nuement, dans un d&#233;tachement de ce qui avait &#233;t&#233; et ne serait jamais plus. Mais alors, si la mort &#233;tait derri&#232;re nous, que pouvait-il donc se profiler devant ? Contre toute attente, des communaut&#233;s commenc&#232;rent &#224; c&#233;l&#233;brer les divers potentiels que la vie porte et d&#233;veloppe, avec r&#233;silience, insensible aux exp&#233;rimentations de fin du monde que nous avions men&#233;es jusqu'alors avec beaucoup d'inventivit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vertumnisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'est apparu &#224; la fin du XXI&#232;me si&#232;cle le vertumnisme, un courant spirituel qui s'est rapidement propag&#233; sur tous les continents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant en m&#233;moire des ph&#233;nom&#232;nes de pollinisation particuliers op&#233;r&#233;s par des animaux, la zoogamie, les vertumnistes imagin&#232;rent intervenir eux-m&#234;mes directement dans les processus de reproduction des plantes afin d'enrichir leur propre &#233;cosyst&#232;me. &#192; l'aide de petits b&#226;tonnets, ils tent&#232;rent d'abord de fertiliser les plantes en s'inspirant des anciennes techniques entomogames, mais ce travail minutieux d'insecte amoureux fut un douloureux &#233;chec. Les fleurs, souvent rachitiques et fragiles, ne supportaient pas les op&#233;rations inflig&#233;es par des humains. Ceux-ci &#233;taient trop maladroits, d'autant que les carences nutritionnelles les rendaient incapables d'agir longtemps avec doigt&#233; et pr&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_figure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH288/3_figure-d17c0.jpg?1772221610' width='500' height='288' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les vertumnistes se tourn&#232;rent alors vers des techniques ornithophiles et cheiropt&#233;rophiles, frottant leur visage et leurs cheveux contre les fleurs pour se charger en poudre fertile comme nagu&#232;re les colibris ou les chauve-souris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres adeptes, grattant le sol, les talus ou les parois calcaires, explor&#232;rent la zoochorie, la diss&#233;mination des graines dans des cachettes naturelles, des glands, faines ou noisettes. Mais les routes et les sols am&#233;nag&#233;s par l'humain &#233;taient imperm&#233;ables et emp&#234;chaient les graines plant&#233;es de s'y d&#233;velopper, entre les autoroutes, les parkings immenses et les bases industrielles g&#233;antes bitum&#233;es, le sol cuit par la disparition des v&#233;g&#233;taux devenait trop dur pour que les graines parviennent &#224; s'y enfoncer et &#224; germer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pilleurs de graines passaient derri&#232;re les gratteurs de sol pour leur d&#233;rober un butin non n&#233;gligeable en ces temps de survie alimentaire. Alors, les fid&#232;les d&#233;cid&#232;rent de porter les graines &#224; m&#234;me leur corps, le temps de leur germination, et parfois davantage. Certains vertumnistes v&#233;curent de v&#233;ritables passions avec les plantes qu'ils portaient.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_figure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH321/4_figure-e2dd6.jpg?1609107588' width='500' height='321' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La multiplication v&#233;g&#233;tative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des communaut&#233;s humaines commenc&#232;rent &#224; vouer un culte au dieu Vertumne, construisant des autels sur lesquels ils disposaient des assortiments culinaires artificiels, &#233;voquants des fleurs et des fruits du pass&#233;, en guise d'offrandes, et portant &#224; la ceinture des amulettes en forme de petits l&#233;gumes phalliques en pierre de savon. Aux solstices d'hiver et d'&#233;t&#233;, avait lieu une f&#234;te rituelle &#233;voquant les buffets orgiaques des anciens mythes ; les diff&#233;rentes communaut&#233;s collectaient, au prix d'efforts insens&#233;s parfois, les quelques fruits disponibles dans le monde, cultiv&#233;s hors-sol dans des serres hyper-prot&#233;g&#233;es, propri&#233;t&#233; des plus grands trusts de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_figure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH324/5_figure-9fa1d.jpg?1772221610' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y avait &#233;galement d'anciens punks anarchistes qui r&#233;guli&#232;rement cultivaient des plantes sur leur corps. L'id&#233;e leur serait venue lors de leur fuite hors des basses terres menac&#233;es par la mont&#233;e des eaux et ouvertes aux circulations les plus diverses. Certaines esp&#232;ces opportunistes avaient germ&#233; qui dans une poche, qui au creux d'une aisselle, ou encore dans une chevelure aux dreadlocks accueillantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps ils avaient tent&#233; de se d&#233;barrasser de ces v&#233;g&#233;tations incongrues, doutant qu'elles puissent arriver &#224; maturit&#233;, presque vex&#233;s de servir de terreau &#224; des graines.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_figure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH280/6_figure-7f3ba.jpg?1609107588' width='500' height='280' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y avait parmi eux un enfant taciturne, que l'on pensait muet de naissance qui fut le premier, il ne se lavait pas, &#224; faire pousser dans sa tignasse terreuse un plan de pissenlit dont on put recueillir et mastiquer religieusement les feuilles. S'en suivirent toutes sortes d'exp&#233;rimentations plus ou moins heureuses, selon les graines emport&#233;es et la patience des corps-porteurs. Une jeune femme r&#233;ussit, en restant allong&#233;e plusieurs semaines au bord d'un ruisseau &#224; faire pousser une salade entre ses seins, la tenant pr&#233;cautionneusement &#224; l'abri des regards impudiques, elle aurait transmis le trognon &#224; un homme pour qu'il renouvelle l'exp&#233;rience, la croissance de la plante ayant trop irrit&#233; sa peau pour qu'elle r&#233;it&#232;re imm&#233;diatement l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16010 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_figure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/7_figure-b652a.jpg?1609107588' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur toute la surface de la Terre, les humains priaient les l&#233;gumes sacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines jeunes personnes de la communaut&#233; des Vertumnistes se vouaient &#224; l'amour des l&#233;gumes, et &#224; la multiplication v&#233;g&#233;tative. Dansant et chantant, elles accompagnaient les fruits et les l&#233;gumes, survivants des temps de l'Abondance, les aidant &#224; repousser ind&#233;finiment. C'&#233;tait g&#233;n&#233;ralement de jeunes vierges, dont l'identification et l'orientation sexuelles n'&#233;taient pas toujours encore d&#233;finie, qui &#339;uvraient pour que les v&#233;g&#233;taux puissent profiter d'un mode de reproduction asexu&#233;e, con&#231;ue &#224; partir de restes alimentaires ou &#224; partir d'un simple fragment v&#233;g&#233;tal : stolon, tubercule, rhizome, drageon, tige, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, et &#224; la diff&#233;rence des semis, la multiplication v&#233;g&#233;tative fut consid&#233;r&#233;e comme sacr&#233;e parce qu'elle permettait d'engendrer un v&#233;g&#233;tal sans faire intervenir de gam&#232;tes. Sans ces fruits et l&#233;gumes, qui pouvaient &#224; partir du plant-m&#232;re se multiplier ind&#233;finiment sans passer par les graines, sans doute aurions-nous disparu. Bien s&#251;r cette technique h&#233;rit&#233;e de nos anc&#234;tres jardiniers n'&#233;tait pas si hasardeuse lorsqu'elle &#233;tait utilis&#233;e avec des plantes en pot. Mais cela se compliquait terriblement d&#232;s lors qu'il s'agissait de bouturer ou de marcotter de fragiles plants &#224; m&#234;me le corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire pousser sur soi des carottes et des patates douces, &#224; partir d'&#233;pluchures ou de germes, demandait une grande discipline et une profonde s&#233;r&#233;nit&#233;. Seuls quelques initi&#233;s aux techniques de la m&#233;ditation symbiotique humain-v&#233;g&#233;tale acc&#233;daient &#224; ce savoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les M&#233;lis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;V&#233;n&#233;rant la Nymphe Melissa, les M&#233;lis, cousins des Verdumnistes, d&#233;velopp&#232;rent le culte du pollen, pratique &#233;rotique &#224; laquelle ne s'adonnaient que les plus fortun&#233;s, &#224; l'invitation de rares occasions festives propos&#233;es par l'un d'eux. L'espace sacr&#233; s'organisait &#224; la nuit tomb&#233;e ; les M&#233;lis positionn&#233;es en cercle ex&#233;cutaient une transe par l'inhalation du nectar. Leurs corps, secou&#233;s fr&#233;n&#233;tiquement par des r&#233;actions allergiques, suivaient le rythme simple et ancestral de la musique sacr&#233;e, jusqu'&#224; tomber comme des pierres en formant un tas d'humains. Puis ils se relevaient &#224; la fa&#231;on de revenants du pass&#233; pour reformer le cercle. Les yeux gonfl&#233;s et le nez coulant. Des parfums &#233;taient diffus&#233;s, &#233;voquant des plantes disparues, ces fragrances artificielles et souvent nocives, donnaient la naus&#233;e. Dans des cas tr&#232;s exceptionnels les M&#233;lis utilisaient des huiles essentielles, qui n'en &#233;taient pas moins dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16011 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_figure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH309/8_figure-330c1.jpg?1772221610' width='500' height='309' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tous les esprits &#233;taient convoqu&#233;s, les bons et les mauvais. Les c&#233;r&#233;monies finissaient toujours par une procession, dans un paysage &#224; inventer, vers un sanctuaire de pierres cach&#233; au milieu d'autres pierres. Suite &#224; l'extinction des papillons et des colonies d'abeilles, 90 % des esp&#232;ces d'arbres avaient disparu au profit des gymnospermes, ces organismes qui se reproduisent en dispersant leur pollen dans le vent. Faire l'ascension d'une montagne ou se promener dans la plaine consistait &#224; chercher du regard quelques rares conif&#232;res, quelques noisetiers plus rares encore, de rachitiques saules ou enfin de p&#226;les bouleaux. Ces arbres faisaient l'objet de rites sacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/9_figure.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH365/9_figure-bb53b.jpg?1609107588' width='500' height='365' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lors de la procession vers le sanctuaire, on imaginait en d&#233;ambulant dans l'espace, un tout autre paysage, qui serait propice &#224; la m&#233;ditation des mystiques, &#224; la communion avec des plantes et des animaux sauvages, un espace de conjuration de la mort, hant&#233; par le fol espoir non pas de th&#233;rapie individuelle et collective mais de reconstruction, de renaturalisation d'un monde diversifi&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e au sanctuaire, la pr&#234;tresse organisait avec les fid&#232;les une c&#233;r&#233;monie culinaire. Aux pains de c&#233;r&#233;ales, lorsque celles-ci &#233;taient support&#233;es, &#233;taient associ&#233;s quelques l&#233;gumes dont on avait affin&#233; la culture, &#224; m&#234;me le corps. Cela pr&#233;sentait un double int&#233;r&#234;t : la nourriture &#233;tait prot&#233;g&#233;e des pilleurs et restait facilement &#224; disposition, mais surtout, on s'&#233;tait aper&#231;u que, de ce mode symbiotique, le corps pouvait tirer sa force vitale ; porter une plante contre soi &#233;tait une fa&#231;on de se soigner, d'&#233;quilibrer des flux d'&#233;nergie, d'assimiler des vitamines et des nutriments, un moyen essentiel de se nourrir. Certains d'ailleurs refusant toutes gramin&#233;es, ne se nourrissaient que d'air, de lumi&#232;re et de v&#233;g&#233;taux pos&#233;s sur le corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique alimentaire alternative avait des pr&#233;c&#233;dents. &#192; commencer par certains yogis qui pratiquaient le pr&#226;nisme, en se nourrissant exclusivement du pr&#226;na, principe vital dans la tradition indienne. Mais de c&#233;l&#232;bres figures chr&#233;tiennes du 20 et 21eme si&#232;cles avaient &#233;galement cess&#233; de s'alimenter et m&#234;me de boire pour se nourrir de la lumi&#232;re du soleil, comme une plante utilisant l'&#233;nergie de la photosynth&#232;se, on appelait cela le sungazing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait enfin, la population d'une r&#233;gion que l'on appelait autrefois la Silicon Valley, qui avait cess&#233; de manger, buvant occasionnellement des substituts alimentaires. Cela avait d'ailleurs impact&#233; la physiologie dentaire des habitants qui avaient renonc&#233; &#224; m&#226;cher. Dans cette r&#233;gion du monde, on affirmait d&#233;j&#224; dans la deuxi&#232;me partie du XXe si&#232;cle, que le corps n'avait pas besoin de nourriture &#224; d&#233;glutir mais seulement des composants chimiques extraits de la nourriture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui la Silicon Valley n'est plus qu'une bande de terre semi-d&#233;sertique sans vie et grignot&#233;e par la mont&#233;e de la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui le monde est si diff&#233;rent. Pourtant dans leur d&#233;nuement, la pr&#233;carit&#233; de leur habitat et l'aust&#233;rit&#233; de leur existence, nos contemporains rappellent aux plus anciens, d'autres humains qui vivaient jadis dans des campements aux portes de Paris, sous le p&#233;riph, dans des bidonvilles, avec rien, sans nourriture, ni v&#234;tements chauds, et sans que personne n'imagine qu'ils pr&#233;figuraient l'humanit&#233; &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui tout le monde est pauvre. La pression d&#233;mographique associ&#233;e &#224; la disparition du vivant nous ont oblig&#233; &#224; nous convertir &#224; l'alimentation a&#233;ro-dermique : se nourrir par la peau du soleil et du contact avec quelques v&#233;g&#233;taux, et r&#233;server le partage de quelques victuailles v&#233;g&#233;tales, graines, l&#233;gumes et jus, aux rares festins rituels qui marquent le changement des saisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde serait presque sage&#8230; si ne subsistaient pas ici ou l&#224; des individus, des groupes parfois, tent&#233;s par la facilit&#233; et l'avidit&#233;, de s'accaparer encore et toujours, les ressources si rares de nourriture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Frontispice : En de simples jardins, &#169; hantu, 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Note d'introduction sur le colloque Corps, encore&#8230;</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Note-d-introduction-sur-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Note-d-introduction-sur-le</guid>
		<dc:date>2018-08-29T16:14:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Muzellec et Pascale Weber</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Eros</dc:subject>
		<dc:subject>conf&#233;rence </dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>gestes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce colloque, intitul&#233; Corps, encore... s'est d&#233;roul&#233; les 8, 9 et 10 juin &#224; Roubaix, en marge de l'exposition &#233;ponyme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La manifestation s'est tenue au Non-Lieu, un espace patrimonial, l'ancienne usine Cavrois-Mahieu qui porte la m&#233;moire de la production textile de la ville. Ces rencontres rassemblaient entre autres des artistes, des performeurs, des th&#233;oriciens et des chercheurs.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/gestes" rel="tag"&gt;gestes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1281-e55ea.jpg?1772233307' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce colloque, intitul&#233; Corps, encore... s'est d&#233;roul&#233; les 8, 9 et 10 juin &#224; Roubaix, en marge de l'exposition &#233;ponyme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La manifestation s'est tenue au Non-Lieu, un espace patrimonial, l'ancienne usine Cavrois-Mahieu qui porte la m&#233;moire de la production textile de la ville. Ces rencontres rassemblaient entre autres des artistes, des performeurs, des th&#233;oriciens et des chercheurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le th&#232;me de ces rencontres portait sur le corps, sa pr&#233;sence, sa repr&#233;sentation, sa dimension symbolique comme ses aspects les plus triviaux et sa mise &#224; l'&#233;preuve dans la production artistique contemporaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;volutions port&#233;es par Duchamp sur le regard, par Artaud sur le cri du corps, ou De Kooning sur la sensation, par Louise Bourgeois sur le lien entre cr&#233;ation, subconscient et r&#233;activation des souvenirs, les Actionnistes ou Gina Pane sur la mise &#224; l'&#233;preuve et les seuils de tol&#233;rance du corps, Carolee Schneeman sur la chair...ne sont que quelques exemples marquants qui permettent d'interroger ce que nous refusons encore souvent de voir quant &#224; notre rapport au corps pulsionnel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11338 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/0_carvalho.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/0_carvalho-dfd68.jpg?1772200444' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Angelica de Carvalho
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment les &#339;uvres de Paul McCarthy, Jan Fabre, Xavier Leroy, Deborah De Robertis, Marina Abramovic, Heather Hansen... t&#233;moignent combien les pulsions du corps sont forces de compr&#233;hension et de renversement dans l'histoire de l'art : fonctions d'objet et de sujet interchang&#233;es, gestes et mouvements du corps devenus objets artistiques et po&#233;tiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le titre de ces rencontres, Corps encore&#8230;,&#233;voque &#224; la fois le rapport du corps &#224; sa propre perte et le corps insaisissable, conscient et inconscient, visible et invisible, pr&#233;sent et fuyant&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois tables rondes se sont succ&#233;d&#233;es d&#233;clinant des formes de d&#233;bordement du corps : Pulsion, R&#233;pulsion, D&#233;voration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces termes sont &#224; comprendre comme des invitations &#224; penser le corps par le corps, &#224; partir de lui et non comme entit&#233; illustrant un &#233;tat, jouant un geste ou une qualit&#233; sugg&#233;r&#233;s par le discours.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11339 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L467xH700/1_gadenne-23d83.jpg?1535483030' width='467' height='700' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bertrand Gadenne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment faire parler ce corps qui r&#233;siste &#224; la logique discursive ? Comment parler en effet sans d'embl&#233;e manquer son but ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre parti-pris fut de confronter des exp&#233;riences et des points de vue vari&#233;s pour amorcer des pistes de r&#233;ponses tiss&#233;es entre les diff&#233;rentes interventions, entre le corps morcel&#233; du th&#233;&#226;tre de Gao Xingjian et les photomontages de Reed 013, entre les performances de Steven Cohen et l'installation La quantit&#233; de sang pomp&#233;e par le c&#339;ur humain en une heure et vingt-huit minutes de Laurence Dervaux, entre le rappel historique du genre performatif et l'humour du corps ventriloque, la po&#233;sie d'un corps reli&#233; &#224; son environnement et la disparition de ce corps des espaces d&#233;truits par les catastrophes nucl&#233;aires, sans oublier la morale, la violence des conventions genr&#233;es et l'ensemble des contraintes impos&#233;es par la soci&#233;t&#233; sur les tenues et agissements convenables, sur le r&#244;le des pratiques somatiques dans la lib&#233;ration et la r&#233;appropriation du corps par le corps, la r&#233;silience et le plaisir&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sujet du corps ne finit pas de d&#233;border et met en &#233;chec tout autre langage. Des mots qui en vain cherchent &#224; atteindre le corps, mais qui, comme lui, ne renoncent pas &#224; l'impossible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11340 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_chang-yu-lin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/2_chang-yu-lin-99d71.jpg?1772200444' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Chang Yu Lin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE NON-LIEU, association cr&#233;&#233;e &#224; Roubaix en 2002, travaille autour du lien entre le patrimoine, les m&#233;moires collectives et la cr&#233;ation artistique. Son territoire d'origine l'a naturellement conduit &#224; creuser la question du patrimoine industriel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Non-Lieu d&#233;veloppe une d&#233;marche militante et transdisciplinaire qui se singularise par quelques lignes d'exigence r&#233;currentes : l'int&#233;grit&#233; des lieux et des supports patrimoniaux, la sollicitation et l'hommage aux m&#233;moires collectives vivantes, la prise en compte de ces deux sources comme inspiration d'une cr&#233;ation artistique faisant sens. Les actions de l'association naissent de rencontres fortes, de l'envie de r&#233;aliser des projets originaux hors norme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Non-Lieu a un lieu : un morceau de l'Usine Cavrois-Mahieu, ancienne filature de laine comme il y en avait tant dans l'ancienne capitale textile. Dans ces locaux qu'elle a sauv&#233;s de la d&#233;molition et dont elle est devenue propri&#233;taire, l'association d&#233;veloppe des activit&#233;s artistiques et culturelles en dialogue avec les traces du pass&#233; industriel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11341 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_dervaux-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/4_dervaux-2-5e00d.jpg?1772200444' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Laurence Dervaux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_11352 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/logos.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/logos.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;139&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Non-Lieu&lt;br class='autobr' /&gt;
Usine Cavrois-Mahieu&lt;br class='autobr' /&gt;
117 rue Montgolfier&lt;br class='autobr' /&gt;
F-59100 Roubaix&lt;br class='autobr' /&gt;
00 33 20 80 99 68&lt;br class='autobr' /&gt;
contact@non-lieu.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.non-lieu.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.non-lieu.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le corps comme cr&#233;ation</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Le-corps-comme-creation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Le-corps-comme-creation</guid>
		<dc:date>2018-08-29T16:13:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascale Weber</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>colloque</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ajustements sensibles entre Pre&#769;sence et Repre&#769;sentation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte est inspir&#233; par le travail que le duo Hantu (Weber+Delsaux) a men&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/colloque" rel="tag"&gt;colloque&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH85/arton1278-4d8b5.jpg?1772233307' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ajustements sensibles entre Pre&#769;sence et Repre&#769;sentation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte est inspir&#233; par le travail que le duo Hantu (Weber+Delsaux) a men&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pascale Weber, notice biographique &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascale Weber est performeure. Elle a fond&#233; avec Jean Delsaux le duo &lt;strong&gt;Hantu &lt;/strong&gt; suite a&#768; une se&#769;rie de performances portant sur la me&#769;moire du corps et les fanto&#770;mes qui le hantent : Hantu signifie &#171; Fanto&#770;me &#187; en indone&#769;sien. Les performances du duo traitent depuis plus largement de l'articulation entre le corps pre&#769;sent et le corps repre&#769;sente&#769;. Pascale Weber s'int&#233;resse &#224; la place du corps &#8211;mobile et immobile &#8211; dans l'espace et envisage la pre&#769;sence comme la conscience d'e&#770;tre vivant, conscience sans cesse actualise&#769;e de ce que sont un corps humain, son sexe, son genre, son &#226;ge, sa force, son organisation motrice, sa respiration et son interaction avec son environnement, sa relation a&#768; l'Autre, sa place dans le groupe social. Jean Delsaux s'int&#233;resse au vide, actant que l'&#339;uvre n'est pas un objet que l'on regarde mais un espace par rapport auquel on se situe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repre&#769;sentation renvoie autant a&#768; la cre&#769;ation artistique et au document d'archives (notamment photo et vide&#769;o) qu'aux images mentales dont il est question dans les pratiques de visualisation (respiration visualise&#769;e en Shiatsu, I.F.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Inte&#769;grations fonctionnelles &#187;&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; chez M. Feldenkrais, R.E.D.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Re&#770;ve E&#769;veille&#769; Dirige&#769; &#187;&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; chez R. Desoille, sophrologie...). Entre pre&#769;sence et repre&#769;sentation, Hantu performe la manifestation et la continuation du de&#769;sir vital, en s'appuyant tant sur une pratique re&#769;gulie&#768;re de la danse Butoh que celle des voyages dirige&#769;s, des techniques vocales issues du joik, du chant de gorge ou chant diphonique, des pratiques somatiques e&#769;voque&#769;es plus haut ou d'un travail plus ancien en bio-e&#769;nergie et Tai&#776;-Ji-Quan car ces techniques permettent des ajustements sensibles du corps et de la perception que nous en avons, tandis qu'il se re&#769;invente pour survivre et s'adapter a&#768; tout ce qui autour de nous change e&#769;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.hantu.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.hantu.fr&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
pascaleweber@hantu.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Performer ce n'est pas vraiment danser, ce n'est pas vraiment faire du th&#233;&#226;tre non plus, ce n'est pas un sport&#8230; Dans le cas de Hantu, c'est prendre le corps, cet ensemble complexe, &#171; a&#768; la fois vague et insistant &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Francois Lyotard, E&#769;preuve d'e&#769;criture, ouvrage publie&#769; a&#768; l'occasion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Jean-Franc&#807;ois Lyotard) comme sujet de travail et matie&#768;re premie&#768;re manipule&#769;e, c'est encore mener une r&#233;flexion in vivo sur ce que cache et ce que r&#233;v&#232;le ce corps, sur l'&#233;nergie imaginaire qui le meut et qu'il renouv&#232;le de m&#233;tamorphose en m&#233;tamorphose. Une articulation donc entre mouvement dans&#233;, pr&#233;sence chor&#233;graphi&#233;e et mise &#224; l'&#233;preuve du corps. Dit autrement, je ne suis pas une danseuse qui chercherait &#224; r&#233;ussir un mouvement sp&#233;cifique mais je cherche &#224; mobiliser mon corps, &#224; le mettre en tension pour comprendre comment je suis agie par l'environnement, le contexte, et la repr&#233;sentation publique lorsque les spectateurs sont convi&#233;s. Rien n'est aussi intime que le processus de cr&#233;ation artistique que les pratiques sensibles du corps. En m&#234;me temps rien n'est plus commun &#224; chaque g&#233;n&#233;ration, rien n'est plus culturel et structurant que nos usages du corps, nos ressentis, notre fa&#231;on de le repr&#233;senter, c'est que nous construisons souvent ensemble ce qui nous semble si personnel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;100&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_hantu_weber_delsaux.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/1_hantu_weber_delsaux-cc65a.jpg?1772189859' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Performer ce n'est pas vraiment danser&#034;- Hantu (Weber+Delsaux), performance a&#768; Kangiqsujuaq, 2017
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les danseurs et les acteurs de th&#233;&#226;tre sont les premiers &#224; s'&#234;tre int&#233;ress&#233;s aux pratiques somatiques, pour comprendre leur outil de travail, pour pallier ses d&#233;ficiences, pour d&#233;velopper ses qualit&#233;, par curiosit&#233; aussi&#8230; Les pratiques du corps et les processus de cr&#233;ation s'entrem&#234;lent et se nourrissent sans que l'on sache parfois les distinguer car pour un artiste l'expe&#769;rience corporelle et personnelle touche autant &#224; l'investigation sur le fonctionnement de son propre corps qu'&#224; la cr&#233;ation, et finalement il me semble que la cr&#233;ation artistique au sein des performances que nous menons en duo avec Jean Delsaux rel&#232;ve des pratiques somatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en tant qu'artistes-performeurs parler de notre exp&#233;rience de cre&#769;ation en lien avec l'univers somatique ? Je souhaite ici t&#233;moigner de notre parcours afin de d&#233;gager les enjeux spe&#769;cifiques et singuliers qui sont apparus dans notre questionnement sur le corps et sur l'art d'&#234;tre corps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre duo conc&#807;oit et re&#769;alise des performances dans lesquelles le corps immobilis&#233; ou en mouvement est confronte&#769; au regard sur ce corps. Je m'appuie sur plusieurs pratiques somatiques (Feldenkrais, Body Mind Centering, sophrologie, re&#770;ve dirige&#769;) ainsi que la danse Butoh, pour de&#769;velopper mon action mais aussi ma pre&#769;sence, Jean Delsaux s'appuie sur son expe&#769;rience de l'analyse bio-energe&#769;tique et sa pratique du Tai Ji Quan pour m'accompagner dans mes de&#769;placements, en fonction des besoins particuliers de la mise en repre&#769;sentation de ma pre&#769;sence en action.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/286309860?color=456d86&amp;portrait=0&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/286309860&#034;&gt;Corps Cr&#233;ation, premi&#232;re partie&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/hervebernard&#034;&gt;BERNARD Herv&#233; (rvb)&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 &#201;couter le corps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi fait-on tout cela, pourquoi met-on toute cette &#233;nergie &#224; concevoir des performances et &#224; mettre &#224; l'&#233;preuve notre corps ? Je pourrais r&#233;pondre un peu vite que la performance est un acte de r&#233;sistance. Mais une r&#233;sistance &#224; qui ? &#224; quoi ? &#224; la normalisation du corps ? &#192; la standardisation ? &#192; la contrainte des corps par toutes les formes de pouvoirs ? Ces questions un peu na&#239;ves t&#233;moignent simplement qu'il n'est pas si ais&#233; de concevoir le corps comme cr&#233;ation. Et tout particuli&#232;rement alors qu'il n'est plus question de parler de performance et de pratiques somatiques sans &#234;tre d&#233;port&#233; avec un certain puritanisme sur le terrain du care, il me semble important de souligner que la cr&#233;ation de soi n'est pas le d&#233;veloppement personnel d'un corps optimis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche sur le corps que nous tentons de conduire par la pratique artistique au sein de Hantu ne concerne naturellement pas le corps g&#233;n&#233;rique ou la recherche d'un corps id&#233;al ou encore le corps vis&#233; par le d&#233;veloppement personnel, mais une recherche sur le passage d'un corps &#224; la 3e personne &#224; un corps &#224; la 1&#232;re personne, d'un corps-objet &#224; un corps-sujet, et d'un corps comme espace de rencontre avec un territoire vivant. Cette recherche sur le corps ne vaut qu'au pr&#233;sent, en pr&#233;sence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;l&#233;pr&#233;sence comprise, nous avons r&#233;alis&#233; plusieurs performances via Skype (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ne peut &#234;tre que permanente et continue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;148&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH167/ill1_accommodation_tk-21_blog-c6d8a.jpg?1535559930' width='500' height='167' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Accommodation
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;juin 2016 &#224; la Maison de L'Italie de la Cit&#233; Internationale (Paris). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; hantu (weber+delsaux), 2016.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; hantu (weber+delsaux), 2016.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Souvent, il m'est apparu comme une sorte d'incompatibilit&#233; entre le travail d'&#233;criture &#8212; la d&#233;clamation, le simple passage par le verbe et le fait de nommer ce qui se produit, ce qui est, ce qui est ressenti &#8212; et le travail du corps. Probablement cela tient-il &#224; la lin&#233;arit&#233; du texte, &#224; la succession des informations qu'il livre, et &#224; la facilit&#233; de soustraire cette parole qu'il conserve &#224; un contexte, tandis que le corps n'existe que dans l'espace qui l'accueille, qui lui permet d'exister, de respirer, de se mouvoir, et tandis que ses actions n'ont de sens que dans l'&#233;change qu'il a avec ce lieu, et qu'enfin tout ce qui est lui arrive en bloc comme le monde arrive &#224; l'enfant sortant de l'ut&#233;rus. Je me r&#233;p&#232;te, l'espace et le temps du corps est un pr&#233;sent permanent, continu&#233; et en transformation constante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux univers incompatibles s'informent n&#233;anmoins, le verbe permet au corps de parler et de se souvenir autrement et le corps pr&#234;te sa chair sensible &#224; l'&#233;criture. L'&#233;criture, c'est celle de ce texte par exemple qui tente de retranscrire l'exp&#233;rience d'une pratique, c'est celle des citations ou des listes de mots &#233;nonc&#233;s dans les performances, comme Accommodation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;r&#233;alis&#233;e en juin 2016 &#224; la Maison de L'Italie de la Cit&#233; Internationale (Paris).&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans laquelle je citai la Lettre sur les aveugles &#224; l'usage de ceux qui voient (Diderot). C'est &#233;galement les listes de mots &#233;nonc&#233;s successivement par Jean Delsaux et moi-m&#234;me dans la performance Faute d'&#201;den&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;r&#233;alis&#233; en juin 2018 au Non-Lieu &#224; Roubaix avec Sylvie Roques &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;alis&#233;e au Non-Lieu. Des listes de mots, un proc&#233;d&#233; &#233;nonciatif qui n'implique aucune construction narrative textuelle dans la performance, et qui pr&#233;sente davantage une suite de situations (des tableaux vivants). Parler devient une action du corps, comme cracher, souffler&#8230; D'ailleurs c'est ce que je fais avant de prendre la parole, comme un serpent mauvais, comme un corps qui crache toute sa col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L395xH700/3_hantu_weber-946c7.jpg?1535559930' width='395' height='700' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hantu (Weber+Delsaux), exercices de de&#769;placement-mouvement traversant, Paris, 2017
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture enfin est celle de Sylvie Roques. Elle d&#233;clame en d&#233;but et en fin de la performance un texte qui inscrit le temps et la progression dans une r&#233;flexion qui d&#233;borde tout en d&#233;limitant la performance. Or c'est pr&#233;cis&#233;ment la difficult&#233; de ce type d'action : marquer le commencement et la fin. Hantu travaille r&#233;guli&#232;rement avec des artistes aux diffe&#769;rents backgrounds : th&#233;&#226;tre, performance, musique... La partition des performances devient la fois plus complexe, surtout polycentrique, elle donne &#224; voir un ou des dialogue(s) en e&#769;laboration continue, chacun cherche sa place en suivant sa propre direction et ses propres intuitions : personne ne peut &#234;tre &#171; corps &#187; &#224; la place de l'autre. Chacun doit ajuster son corps et ajuster son intervention, son positionnement. La proposition performative apparait comme un organisme vivant et pour convaincre doit toucher le corps &#8211; de celui qui participe et de celui qui regarde&#8211;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi le but de ce texte n'est-il pas performatif mais de trouver par les mots une r&#233;sonnance &#224; ce qui est v&#233;cu par le corps en-de&#231;&#224; et au-del&#224; du langage verbal, et de provoquer de nouvelles images mentales gr&#226;ce &#224; ce dialogue imaginaire. Le r&#233;cit d'exp&#233;rience comme le re&#769;cit initiatique ou le r&#233;cit de voyage et les fictions se construisent en faisant appel a&#768; notre expe&#769;rience sensible, subjective et concr&#232;te a&#768; la fois. Ce sont des &#171; savoirs incorpore&#769;s &#187; dit Descola. Il n'y a pas lieu de se&#769;parer l'expe&#769;rience de pense&#769;e de l'artiste et son expe&#769;rience de vie. Il s'agirait plut&#244;t pour reprendre les mots de Marika Rizzi : &#171; de de&#769;placer le&#769;ge&#768;rement la question du sentir pour situer ce dernier dans son articulation entre le geste et le re&#769;cit d'expe&#769;rience &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le texte de pr&#233;sentation de la conf&#233;rence &#171; Donner voix aux sens et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour reprendre le fil de notre histoire, les pratiques somatiques me sont soudain apparues comme exercices indispensables de retour sur le corps et outil de d&#233;passement des discours par rapport au corps. La notion d'ajustement m'a sembl&#233; primordiale car elle permet au corps de se re&#769;inventer et de re&#769;inventer des fac&#807;ons de se mouvoir, de ressentir la gravite&#769;, en re&#769;fe&#769;rence a&#768; M. Feldenkrais, mais aussi en revisitant la verticalite&#769;, le lien aux forces telluriques et a&#768; l'e&#769;nergie ascensionnelle que ce&#769;le&#768;bre e&#769;galement le Butoh, ou la circulation et la perception de l'e&#769;nergie auxquelles se re&#769;fe&#768;re la pratique de Tai-Ji-Quan ; De toute &#233;vidence le verbe comme l'image permettent au corps de pr&#233;ciser le champ de son action sp&#233;cifique, hors du langage mais aussi au-del&#224; de la repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/286310380?color=456d86&amp;portrait=0&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/286310380&#034;&gt;Corps Cr&#233;ation, seconde partie&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/hervebernard&#034;&gt;BERNARD Herv&#233; (rvb)&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 Le corps poreux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se mettre dans un certain &#233;tat pour performer, &#234;tre en sur-pr&#233;sence afin de d&#233;passer le contexte de la pr&#233;sentation publique ou du tournage vid&#233;o, lorsqu'il s'agit d'une performance film&#233;e. Cela signifie que le corps r&#233;ussit &#224; faire image sans pour autant se r&#233;duire &#224; cette image, sans se laisser enfermer dedans. Ce que j'appelle une sur-pr&#233;sence est une force d'attention tourn&#233;e &#224; la fois vers le dedans et vers le dehors, qui permet de faire circuler des images, des ressentis des &#233;nergies de soi, son intimit&#233;, ses fantasmes, ses peurs personnelles vers l'&#233;motion collective, mais aussi de saisir et de s'appuyer sur les corps alentours (public et partenaires), leur intimit&#233;, leurs fantasmes, leurs &#233;motions individuelles et collectives pour d&#233;passer le cadre d'un simple exercice autor&#233;f&#233;renc&#233;. Les &#233;motions et les imaginaires doivent communiquer et d&#233;border des corps et des regards en se pr&#233;cisant. Les pratiques somatiques nous apprennent &#224; r&#233;duire toujours davantage l'intensite&#769; des stimuli pour nuancer davantage nos exp&#233;riences et parvenir &#224; une perception toujours plus fine faite de micro stimuli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons travaill&#233; au sein de Hantu &#224; ces micro-perceptions &#224; travers des exp&#233;riences d'immersion et d'immobilisation du corps (&#171; Corps et Arbres &#187;), par micro-mouvements (&#171; The Drift &#187;&#8230;) et par une e&#769;conomie de gestes tandis que nous faisions l'expe&#769;rience de l'espace, du lien entre le corps, son espace propre, son environnement et son milieu, pour reprendre la distinction que fait J. Gibson dans son e&#769;cologie de la perception.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11348 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;150&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/14_hantu_weber_delsaux.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/14_hantu_weber_delsaux-9bde4.jpg?1772189859' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hantu (Weber+Delsaux) &#8211; Berceuse (pour les rennes qui n'ont pas surve&#769;cu a&#768; l'hiver), e&#769;motions-empathie-images mentales-apparitions, Norve&#768;ge, 2015
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut se mettre &#224; nouveau dans un &#233;tat particulier pour rendre compte a posteriori d'une action, pour se rem&#233;morer &#224; la fois de l'intention qui l'a conduite, de l'&#233;motion et de la perception qui ont &#233;merg&#233; au moment de l'action.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deborah Hay qui fut &#233;l&#232;ve de Merce Cunningham, travaille avec des corps en refusant la traditionnelle distinction entre danseurs et non-danseurs, et pour les Circle Dances, 1971, par exemple elle r&#233;alise des partitions chor&#233;graphiques qui doivent &#234;tre ex&#233;cut&#233;es r&#233;guli&#232;rement, o&#249; que l'on soit, dans l'espace domestique... Ainsi l'&#233;criture augment&#233;e d'observations collig&#233;es a pour Deborah Hay un r&#244;le p&#233;dagogique, de recherche et de structuration de la pratique artistique. Tandis que Georges Appaix r&#233;alise au sein de sa compagnie &#171; La liseuse &#187; depuis 1984 des chor&#233;graphies structur&#233;es autour de l'&#233;criture, l'oralit&#233;, parfois le chant. La langue est alors davantage utilis&#233;e comme moteur rythmique, o&#249; se m&#234;lent humour et po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours aux pratiques somatiques est souvent li&#233; au d&#233;sir de comprendre des habitudes corporelles et de pouvoir en changer malgr&#233; les sch&#233;mas ancr&#233;s dans notre corps depuis ses premiers mouvements, ses premiers pas&#8230; Dans mon cas, et c'est plut&#244;t courant, c'est suite &#224; une blessure que j'ai commenc&#233; &#224; pratiquer r&#233;guli&#232;rement des exercices de kin&#233;sith&#233;rapie, &#224; la clinique du musicien, de Feldenkrais, de shiatsu (Masunaga), de sophrologie caic&#233;dienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Kirstie Simson m&#232;ne par exemple un travail de recherche qui int&#232;gre &#233;criture, aikido et danse improvis&#233;e, explorant &#171; le potentiel de la r&#233;ponse du corps &#224; l'envie primordiale de se d&#233;placer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation du programme d'un workshop anim&#233; par Kirstie Simson &#224; Cambridge en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La forme dans&#233;e n'est pas arr&#234;t&#233;e, elle est un processus de recherche autour de possibles que pr&#233;sentent le toucher et le partage de la relation gravitaire par exemple. Pour changer de modes de fonctionnement, de postures et d'usages du corps il faut d'abord observer et comprendre ce que nous faisons avec notre corps, et pour cela il nous faut l'&#233;prouver pour sentir et ressentir ce qui se joue en lui, avec lui : &#8220;Pour faire ce que tu veux, tu as besoin de savoir ce que tu fais, pour savoir ce que tu fais, tu as besoin de sentir&#8221; dit Moshe Feldenkrais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc de&#769;placer ses habitudes de mouvement ? Pour Feldenkrais, l'habitude est une action que l'on re&#769;pe&#768;te sans le savoir et le praticien tente de mettre en e&#769;vidence l'action qui fabrique cette habitude, qui conditionne les relations a&#768; l'autre, a&#768; l'espace et les sensations, les e&#769;motions, les perceptions de soi. Le patient est conscient de sa perception mais rarement de toutes ses sensations. Entre chaque mouvement, la me&#769;thode Feldenkrais impose un rapide temps de pose qui permet au patient de reconfigurer ses repre&#769;sentations et d'installer de nouvelles directions pour agir inde&#769;pendamment des habitudes gestuelles encore ancre&#769;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11346 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_hantu_weber.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/4_hantu_weber-18347.jpg?1772189859' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hantu (Weber+Delsaux), The drift - vue de la performance
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'arre&#770;t est un grand principe commun a&#768; diffe&#769;rentes pratiques somatiques, notamment la me&#769;thode Alexander. La particularite&#769; de Feldenkrais est de s'attacher au neutre. Comment e&#770;tre dans sa gravite&#769;, debout sans e&#770;tre engage&#769;, sans e&#770;tre de&#769;ja&#768; dans une expression et dans une relation du corps a&#768; l'autre : flotter, devenir invisible. Le neutre est un ide&#769;al dynamique de la&#770;cher-prise. Pour Moshe Feldenkrais : &#171; Un ajustement est un acte d'apprentissage re&#769;ussi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Moshe Feldenkrais, L'e&#770;tre et la maturire&#769; du comportement (une e&#769;tude sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et tandis que se de&#769;veloppe sa libido, l'humain ne cesse de s'ajuster a&#768; son environnement. Le Body-Mind Centering est davantage qu'une technique, il s'agit d'une approche sur le mouvement, le toucher, la voix. Il s'agit d'incorporer, de mettre en corps, d'incarner. Comme Feldenkrais, cette me&#769;thode se re&#769;fe&#768;re aux repre&#769;sentations des diffe&#769;rents syste&#768;mes du corps : physiologique, anatomique, structurel, architectural, organique, circuits liquides, pour aider a&#768; construire un e&#769;quilibre ge&#769;ne&#769;ral qui s'e&#769;tend a&#768; la conscience cellulaire. Nous sommes 1 milliard de cellules, qui chacune participe de notre identite&#769; et de notre me&#769;moire. Le BMC applique ainsi les dernie&#768;res de&#769;couvertes scientifiques a&#768; la recherche somatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les int&#233;grations fonctionnelles sont autant de moments et de d&#233;placements du travail de la performance. Parce que l'exercice de la performance est dynamique, il se transforme, en m&#234;me temps que s'affirme la n&#233;cessit&#233; de retrouver des &#233;tats physiques, physiologiques - mais avec un corps diff&#233;rent- atteints en performance. Notre processus cr&#233;atif s'est enrichi ainsi gr&#226;ce aux pratiques somatiques, mais aussi aux vocalises, chants de gorge, voyages int&#233;rieurs ou transes chamano&#239;des.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon hypoth&#232;se &#8212; est-elle v&#233;rifiable ? &#8212; est que nous consid&#233;rons le monde comme &#233;tant de plus en plus complexe parce que nous ne parvenons plus &#224; nous repr&#233;senter nous-m&#234;mes au sein de ce qui nous entoure. D&#233;connect&#233;s de notre corps, de nos sensations les plus fines, de nos &#233;motions les plus fragiles, sont ne savons plus ce que nous ressentons, nous ne nous y attardons pas surtout, tandis que ces perceptions sont les t&#233;moignages de notre inscription attentive et attentionn&#233;e dans un espace commun &#224; l'ensemble du vivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre corps vit tr&#232;s diff&#233;remment de notre intelligence discursive la complexit&#233;. Imaginons un instant percevoir avec toutes nos cellules &#224; la fois tout l'espace qui nous entoure pour chaque seconde qui passe. D'un point de vue kinesth&#233;sique, le corps est d'embl&#233;e plac&#233; dans un &#233;tat de non-savoir, il renonce tr&#232;s vite si tant est qu'il ait eu pour projet de r&#233;aliser cet impossible (voir devant et derri&#232;re lui &#224; la fois par exemple) car dans un souci d'efficacit&#233;, il doit assurer la s&#233;curit&#233; de sa position et de ses mouvements. Il s'imagine ainsi lui-m&#234;me comme il ne pourra jamais se voir et imagine les dangers potentiels.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/286310640?color=456d86&amp;portrait=0&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/286310640&#034;&gt;Corps Cr&#233;ation, troisi&#232;me partie&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/hervebernard&#034;&gt;BERNARD Herv&#233; (rvb)&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 La M&#233;t&#233;orologie du corps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La m&#233;t&#233;orologie du corps est la d&#233;nomination po&#233;tique d'un travail corporel cr&#233;&#233; et transmis au Japon par le danseur de Butoh Tanaka Min. Les manipulations (ou basic work) comportent sept s&#233;ries effectu&#233;es deux par deux, dans une relation d'aide, par contact manuel, sur le rythme de la respiration, chacun des partenaires &#233;tant tour &#224; tour actif ou passif. Cette pratique, &#224; base de pressions et d'&#233;tirements dans le rel&#226;chement, &#233;veille la prise de conscience des zones de tensions et produit un r&#233;&#233;quilibrage des &#233;nergies. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre est ainsi moteur dans la prise de conscience du corps, l'autre comme celui qui regarde et nous permet ainsi de nous voir, l'autre qui nous touche et nous manipule et nous permet de passer du r&#244;le d'actif &#224; celui de passif, et l'autre vers lequel on cherche &#224; aller soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de notre duo, il est rarement question du statut du 2&#232;me performer, parce que sa pr&#233;sence est souvent moins spectaculaire. Observateur actif, Jean Delsaux op&#232;re des choix esth&#233;tiques et une lecture du corps qui s'appuie sur une attention &#224; mon corps et qui renvoie autant &#224; la m&#233;t&#233;orologie du corps de Tanaka Min qu'&#224; la bio-&#233;nergie, qu'il a par ailleurs longtemps pratiqu&#233;e. L'analyse bio-e&#769;nerge&#769;tique repose sur la pre&#769;sence du corps, elle postule que les traumatismes psychiques se sont inscrits dans celui-ci et y ont forme&#769; des n&#339;uds qui bloquent la circulation libre de l'e&#769;nergie. Elle a de&#769;veloppe&#769; une &#171; lecture &#187; du corps qui non-seulement rend attentif a&#768; celui-ci mais permet d'analyser de comprendre le sens des postures. Le Tai Qi Chuan se transmet en dehors du langage, par la re&#769;pe&#769;tition des gestes du &#171; mode&#768;le &#187;. Il insiste sur la circulation de l'e&#769;nergie dans l'ensemble du corps et permet, d'une part, la mai&#770;trise posturale et gestuelle du corps dans l'espace et, d'autre part, la lecture du corps adverse, de ses postures et dynamiques, enfin, de synchroniser sa propre dynamique a&#768; celle de l'autre, de sorte a&#768; parer les attaques et effectuer des contre-attaques approprie&#769;es. Ces caracte&#769;ristiques des deux disciplines cite&#769;es permettent a&#768; celui qui doit re&#769;aliser une repre&#769;sentation du corps en pre&#769;sence, de lire ce corps, de se placer par rapport a&#768; lui, dans le temps et l'espace de la performance, en en ayant compris les intentions et anticipe&#769; les e&#769;volutions. La repre&#769;sentation n'est plus de&#768;s lors une simple mise en image d'un objet, d'un mode&#768;le, mais la constitution d'un duo compose&#769; de deux entite&#769;s distinctes et autonomes, concourant a&#768; un re&#769;sultat commun. Qu'il s'agisse de photographies ou de films enregistre&#769;s ou de vide&#769;oprojection en direct pour le public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps devant l'observateur n'est donc pas juste pr&#233;sent, il est pr&#233;sent &#224; lui. Sa pr&#233;sence constitue l'Autre qui regarde : non seulement parce qu'il regarde mais aussi parce que dans son cas, Jean fait des images qui pourront &#234;tre vues par d'autres. Ma pr&#233;sence fait qu'il ne filme pas quelque chose pour dire ce qui le concerne mais pour restituer ce qui me concerne. Les images qui sont faites sont sign&#233;es &#224; deux pour cette raison : les performances sont un dialogue, et nous cherchons chaque fois chacun notre place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre est &#233;galement l'accompagnateur : il faut exercer des moyens physiologiques particuliers pour accompagner le corps de l'autre, dans ses d&#233;placements, pour qu'une mise en relation et en respiration communes soient possibles (Ta&#239;-Ji). L'autre enfin (comme pr&#233;sence genr&#233;e, r&#233;elle ou symbolique) permet une possibilit&#233; de retournement dans les r&#244;les attribu&#233;s, une ambig&#252;it&#233; de la relation et des aspirations (relation et projection de domination, s&#233;duction, soumission, manipulation). C'est du moins ce qui est mis en sc&#232;ne dans la performance Faute d'&#201;den, lorsque reprenant les personnages de la fresque de Masaccio, Adam et &#200;ve chass&#233;s du Paradis, je prend la pose d'Adam en me cachant les yeux et Jean prend la pose d'&#200;ve en se cachant les seins et l'entrejambes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;188&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH255/ill2_faute_d_eden_hantutk-21_blog-c152b.jpg?1535559930' width='500' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Faute d'Eden
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;juin 2018 au Non-Lieu &#224; Roubaix avec Sylvie Roques &#224; la d&#233;clamation et Bordel Pavelski &#224; la guitare &#233;lectrique. &#169; hantu (weber+delsaux), 2018.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; hantu (weber+delsaux), 2018.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est par besoin d'alt&#233;rit&#233;, d'inversion de polarit&#233;s&#8230;toujours que nous travaillons souvent dans des contextes &#171; anthropologiques &#187; faisant appel a&#768; une poe&#769;tique ethnographique (expression du curateur Okwui Enwezor)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuelle Che&#769;rel. &#171; La Triennale de Paris, Intense Proximite&#769; : l'amorce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notre recherche se de&#769;veloppe sur le terrain, lors de voyages (de la jungle e&#769;quatoriale a&#768; l'arctique Canadien ou au Sapmi Norve&#769;gien) et de la mise a&#768; l'e&#769;preuve de notre corps a&#768; des conditions climatiques et un environnement culturel qui ne&#769;cessitent une adaptation. La confrontation du corps immerg&#233; dans des milieux et des cultures inconnus est stimulante et invite &#224; reconfigurer nos habitudes et nos sch&#233;mas corporels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous cherchons alors a&#768; saisir les forces qui animent le territoire que nous arpentons, a&#768; saisir la ge&#769;o-poe&#769;tique du lieu, sa structure, sa formation, ses re&#769;seaux d'e&#769;coulements et de circulations ge&#769;o-e&#769;nerge&#769;tiques autant qu'a&#768; saisir les usages et habitudes (activite&#769;s, danses, gestuelles)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par notre corps et une attention exerc&#233;e &#224; ce qu'il ressent, nous nous connectons &#224; tout ce qui nous entoure &#224; la fois &#224; un micro-niveau, li&#233; aux difficult&#233;s existentielles que tout un chacun, et &#224; une macro-niveau, touchant &#224; des questions environnementales, soci&#233;tales, politiques, &#233;thiques qui d&#233;bordent naturellement notre seule personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acte performatif est un acte cognitif, en ce sens qu'il d&#233;veloppe un travail sur la perception de l'espace et du mouvement en proposant d'explorer diffe&#769;rentes qualite&#769;s de pre&#769;sence. Il stimule autant qu'il se nourrit de nos m&#233;moires et de nos identit&#233;s, et accompagne notre propre m&#233;tamorphose comme celle de notre environnement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11347 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/12_hantu.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/12_hantu-d131e.jpg?1772189859' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hantu (Weber+Delsaux), Attelage de saumons femelles (apparition en re&#770;ve), 2016
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 L'origine biologique du re&#770;ve et de la fabulation. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je conclurai en rappelant l'importance du r&#234;ve dans notre construction corporelle et identitaire. Ce sont encore les pratiques sensibles du corps qui ont nourri le processus cre&#769;atif de Hantu en nous invitant &#224; approfondir une gymnastique du re&#770;ve, avec par exemple la pratique du RED (le Re&#770;ve &#201;veille&#769; Dirige&#769;) d&#233;velopp&#233;e par Robert Desoille. Car &#171; L'apprentissage est, chez l'Homme, relie&#769; a&#768; l'imagination &#187; (Feldenkrais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Moshe Feldenkrais, L'e&#770;tre et la maturite&#769; du comportement (une e&#769;tude sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), et comme les expe&#769;riences sensorielles ne sont pas isole&#769;es dans une partie du corps, notre imagination se de&#769;ploie dans tout notre organisme, nous re&#770;vons et imaginons avec notre corps et notre syste&#768;me nerveux entier. Nous rencontrons les e&#770;tres de nos re&#770;ves en impliquant tout notre corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le re&#770;ve est une condition d'apprentissage : e&#769;tudier, pratiquer et diriger le re&#770;ve &#8211;diurne ou e&#769;veille&#769;. Gaston Bachelard consacrera le 4e&#768;me chapitre de son livre L'air et les songes a&#768; Robert Desoille et a&#768; la technique qu'il de&#769;veloppe, le &#034;re&#770;ve e&#769;veille&#769; dirige&#769;&#034;. Cette pratique se base sur deux constats, le premier que toutes les e&#769;motions, les ressentis, les sentiments peuvent avoir des images mentales et symboliques e&#769;quivalentes, le second, qu'en agissant et en de&#769;plac&#807;ant ces repre&#769;sentations dans notre imaginaire, il est possible d'agir sur nos e&#769;motions.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Desoille, Le re&#770;ve e&#769;veille&#769; en psychothe&#769;rapie, Essai sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette impe&#769;rieuse condition d'apprentissage montre que les processus mentaux et somatiques sont inextricablement lie&#769;s dans le de&#769;veloppement de l'individu. Le processus de fabulation qui s'ope&#768;re dans notre imagination prend sa source de&#768;s la naissance, voire la conception, dans la re&#769;alite&#769; mate&#769;rielle qu'expe&#769;rimente le corps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les progre&#768;s en embryologie ont montre&#769; que durant les deux premiers mois de la formation d'un e&#770;tre humain en effet, l'embryon bouge et touche, il est touche&#769; comme le f&#339;tus touche et est touche&#769; dans le ventre de sa me&#768;re. Les pratiques somatiques et le BMC en particulier sont de ve&#769;ritables me&#769;thodes de fabulations, de repre&#769;sentations mentales et de voyages a&#768; l'inte&#769;rieur de nos tissus et de nos os. Nos os sont vivants, traverse&#769;s par des fluides, par l'air. Ils se renouvellent totalement anne&#769;es apre&#768;s anne&#769;es. Nous savons nous reposer sur nos os, mais dans nos os ? Car le squelette est la clef de compre&#769;hension globale de notre corps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je rapporte ces informations suite a&#768; un workshop BMC sur les os dirige&#769; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est une me&#769;moire, il se souvient des diffe&#769;rents stades qu'il a fallu traverser pour apprendre a&#768; se mettre debout.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte est inspir&#233; par le travail que le duo Hantu (Weber+Delsaux) a men&#233; au sein du collectif RHIZOMES lequel pr&#233;sentait des parcours corporels et cre&#769;atifs de la contemporane&#769;ite&#769; dans le cadre d'un cycle de confe&#769;rences a&#768; la Maison des Sciences de l'Homme (Paris) sur l'apport des techniques somatiques a&#768; la cre&#769;ation chore&#769;graphique organis&#233; par Carlo Locatelli (artiste associe&#769; a&#768; la compagnie Avventure di vita), Ste&#769;phanie Decante (Universite&#769; de Nanterre) &amp; Franc&#807;oise Quillet (Cirras).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte est inspir&#233; par le travail que le duo Hantu (Weber+Delsaux) a men&#233; au sein du collectif RHIZOMES lequel pr&#233;sentait des parcours corporels et cre&#769;atifs de la contemporane&#769;ite&#769; dans le cadre d'un cycle de confe&#769;rences a&#768; la Maison des Sciences de l'Homme (Paris) sur l'apport des techniques somatiques a&#768; la cre&#769;ation chore&#769;graphique organis&#233; par Carlo Locatelli (artiste associe&#769; a&#768; la compagnie Avventure di vita), Ste&#769;phanie Decante (Universite&#769; de Nanterre) &amp; Franc&#807;oise Quillet (Cirras).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Inte&#769;grations fonctionnelles &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Re&#770;ve E&#769;veille&#769; Dirige&#769; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Francois Lyotard, E&#769;preuve d'e&#769;criture, ouvrage publie&#769; a&#768; l'occasion de l'exposition &#8220;Les Immate&#769;riaux&#8221;, Centre Pompidou Paris, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T&#233;l&#233;pr&#233;sence comprise, nous avons r&#233;alis&#233; plusieurs performances via Skype et Facetime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;r&#233;alis&#233;e en juin 2016 &#224; la Maison de L'Italie de la Cit&#233; Internationale (Paris).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;r&#233;alis&#233; en juin 2018 au Non-Lieu &#224; Roubaix avec Sylvie Roques &#224; la d&#233;clamation et Bordel Pavelski &#224; la guitare &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le texte de pr&#233;sentation de la conf&#233;rence &#171; Donner voix aux sens et corps aux mots. De l'&#233;criture du sensible &#224; l'&#233;criture du geste &#187;, qu'elle a donn&#233;e dans le cadre de Rhizomes &#224; la Maison des Sciences de l'Homme (Paris) le 19 f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Citation du programme d'un workshop anim&#233; par Kirstie Simson &#224; Cambridge en septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Moshe Feldenkrais, &lt;i&gt;L'e&#770;tre et la maturire&#769; du comportement (une e&#769;tude sur l'anxie&#769;te&#769;, le sexe, la gravitation et l'apprentissage)&lt;/i&gt; d'apre&#768;s &lt;i&gt;Body and Mature Behaviour&lt;/i&gt; (1949), ed. L'Espace du Temps Pre&#769;sent, Paris, 2008, p.60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lessoreuse.com/lmdc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lessoreuse.com/lmdc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuelle Che&#769;rel. &#171; &lt;i&gt; La Triennale de Paris, Intense Proximite&#769; : l'amorce d'une mutation &#187; dans L'Histoire n'est pas donne&#769;e. Art Contemporain et Postcolonialite&#769; en France&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de Rennes, 2016, p. 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Moshe Feldenkrais, &lt;i&gt;L'e&#770;tre et la maturite&#769; du comportement (une e&#769;tude sur l'anxie&#769;te&#769;, le sexe, la gravitation et l'apprentissage)&lt;/i&gt; d'apre&#768;s Body and Mature Behaviour (1949), ed. L'Espace du Temps Pre&#769;sent, Paris, 2008, p.247.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Desoille, &lt;i&gt;Le re&#770;ve e&#769;veille&#769; en psychothe&#769;rapie, Essai sur la fonction de re&#769;gulation de l'inconscient collectif&lt;/i&gt;, PUF, Paris 1945.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je rapporte ces informations suite a&#768; un workshop BMC sur les os dirige&#769; par Lulla Chourlin a&#768; la Cartoucherie de Vincennes auquel elle eut la gentillesse de m'inviter en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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