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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>L'interpr&#233;tation de l'art contemporain</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lin Chi-Ming</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>conf&#233;rence </dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Ta&#239;wan</dc:subject>
		<dc:subject>colloque</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si la critique d'art traditionnellement se cat&#233;gorise en critique impressionniste, historique et m&#233;taphorique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CF. Mel Bochner, &#171; Serial art, Systems, Solipsism &#187;, Arts Magazine, Summer, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand il s'agit de l'art contemporain, l'approche plus descriptive qui met l'accent sur la perception et la conception de l'&#339;uvre semble plus pertinente.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH99/arton1170-32407.jpg?1772251320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la critique d'art traditionnellement se cat&#233;gorise en critique impressionniste, historique et m&#233;taphorique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CF. Mel Bochner, &#171; Serial art, Systems, Solipsism &#187;, Arts Magazine, Summer, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand il s'agit de l'art contemporain, l'approche plus descriptive qui met l'accent sur la perception et la conception de l'&#339;uvre semble plus pertinente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si la critique d'art traditionnellement se cat&#233;gorise en critique impressionniste, historique et m&#233;taphorique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CF. Mel Bochner, &#171; Serial art, Systems, Solipsism &#187;, Arts Magazine, Summer, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand il s'agit de l'art contemporain, l'approche plus descriptive qui met l'accent sur la perception et la conception de l'&#339;uvre semble plus pertinente.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1. La critique impressionniste est une critique qui concerne plus les effets de l'&#339;uvre d'art sur le spectateur. Elle semble &#234;tre une approche d&#233;su&#232;te, vieillie et trop subjective. Cependant elle a tout de m&#234;me le m&#233;rite de ne pas faire l'abstraction du ressentir de la part du spectateur. Mais comment seraient fond&#233;es ces impressions ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 2. La critique de l'approche historique travaille sur des relations entre les &#339;uvres, surtout sur l'&#233;volution des formes et des techniques. Cette critique &#233;tablie une structure historique et y met des &#339;uvres pour les observer ou les justifier. La critique pratiqu&#233;e par Clement Greenberg en est un exemple illustre. Il a &#233;tabli une histoire t&#233;l&#233;ologique sous-jacente et y met des &#339;uvres comme celles de l'expressionnisme abstrait pour justifier d'abord leur statut historique puis leur valeur. Dans la situation contemporaine o&#249; l'on ne voit pas aussi claire une seule ligne d'histoire, cette approche devient probl&#233;matique.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 3. La critique m&#233;taphorique proc&#232;de par des analogies nombreuses, parfois color&#233;e d'une apparence savante. Le probl&#232;me de cette approche est qu'elle n&#233;glige souvent l'individualit&#233; mat&#233;rielle de l'&#339;uvre, ce point est aussi le point fragile de toutes ces trois approches.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'approche descriptive qui met l'accent sur la perception et la conception de l'&#339;uvre semble plus pertinente, quand l'individualit&#233; mat&#233;rielle et la conception derri&#232;re l'op&#233;ration s&#233;rielle, syst&#233;matique et m&#233;thodique sont les enjeux principaux. Par la perception, il s'agit d'un regard qui explore &#224; la fois les d&#233;tails, les feuilletages de l'&#339;uvre et le site dans lequel elle se situe. Au lieu d'une description plus ou moins longue, on pr&#233;f&#232;re parler d'une description plus ou moins &#233;paisse (cf. &#171; thick description &#187;). Puis quand il s'agit du plan conceptuel, tr&#232;s souvent il semble exister une sorte tension entre le concept et le percept : quand la description ne peut plus aller tr&#232;s loin dans la mat&#233;rialit&#233; de l'&#339;uvre, le concept se met en avant. Dans un tel moment, la description tourne autour de l'&#339;uvre et cherche &#224; p&#233;n&#233;trer dedans par le biais de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la description est importante pour la critique de l'art contemporain, on se demande quel en serait le lien entre la description et l'interpr&#233;tation, quand il s'agit de la compr&#233;hension de l'&#339;uvre ? Est-ce la description, en tant que base de la critique, est aussi le fondement de l'interpr&#233;tation ? L'interpr&#233;tation qui tente &#224; donner une perspective du sens &#224; l'&#339;uvre, guide-t-elle, voire t&#233;l&#233;guide-t-elle en quelque sorte la description ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; ces questions, jadis j'ai &#233;crit une th&#232;se &#224; Paris il y a presque vingt ans sous la direction de Jacques Leenhardt, l'ancien pr&#233;sident de l'AICA. C'&#233;tait sur la critique d'art de Diderot et de Baudelaire. Dans cette table ronde, je vais &#233;voquer plut&#244;t un article qui sera publi&#233; fin novembre &#224; Paris. On verra dans la pratique, &#224; travers une sorte d'auto-analyse, comment ces trois approches mentionn&#233;es plus haut sont entr&#233;es en jeu avec l'approche descriptive pour construire l'interpr&#233;tation. Ceci veut dire, dans la pratique, si l'on regarde les d&#233;tails concrets, il n'y a pas d'approche pure et tous ces moyens, comme dans une bo&#238;te d'outils, sont toujours d&#233;ploy&#233;s en mixit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article en question est intitul&#233; &lt;i&gt;Une esth&#233;tique de la double vision : sur l'art de Yao Jui-Chung et la conscience paysag&#232;re du peuple survivant&lt;/i&gt;, Il s'agit d'un artiste contemporain de Ta&#239;wan, Yao Jui-Chung, qui est &#224; la fois peintre et photographe. L'article commence ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas rare qu'un artiste contemporain pratique &#224; la fois la photographie et la peinture, mais s'il s'inspire de la peinture paysag&#232;re de tradition chinoise mill&#233;naire tout en pratiquant une photographie tr&#232;s contemporaine usant des lois occidentales de la perspective, on aura tr&#232;s envie de comprendre ce qui lie les deux domaines. YAO Jui-Chung (n&#233; en 1969 &#224; Ta&#239;pei), l'un des artistes ta&#239;wanais les plus actifs de sa g&#233;n&#233;ration, r&#233;pond justement &#224; un tel profil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son site officiel, bilingue, pr&#233;sente la quasi totalit&#233; de ses &#339;uvres.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exploration de ses travaux artistiques nous conduit &#224; conna&#238;tre et &#224; comprendre :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1. un style peu connu de la peinture paysag&#232;re traditionnelle chinoise ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2. la mani&#232;re dont ce &#171; style transform&#233; des montagnes et des eaux &#187; implique une double vision du monde ; &lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3. le devenir de cette double vision dans ses pratiques photographiques ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4. et finalement, le rapport susceptible de se tisser entre la photographie contemporaine et la longue histoire de la peinture chinoise. &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_10549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L494xH700/1_lin-2-a9ef1.jpg?1519670687' width='494' height='700' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Wonderful - The island of silence motel, painting hand made paper, ink and gold leaf 70&#215;100cm, 2007
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour interpr&#233;ter l'esth&#233;tique de la double vision de Yao, je suis donc amen&#233; &#224; expliquer d'abord un style peu connu de la peinture paysag&#232;re de la Chine ancienne. C'est une approche qui est clairement historique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peinture de paysage chinoise qui appara&#238;t vers la fin de la dynastie des Ming (XVIe- d&#233;but du XVIIe si&#232;cle), r&#233;put&#233;e &#171; originale &#187; et &#171; &#233;trange &#187;, est qualifi&#233;e de &#171; style transform&#233; &#187; dans l'id&#233;e qu'elle transforme le paysage o&#249; l'on habite et l'on voyage en une construction fantastique, improbable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Style transformed : a special exhibition of works by five late Ming artists, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#171; d&#233;crire &#187; ce style aux lecteurs francophones qui n'en sont que peu familiers, je devrais passer par l'analogie donc par l'approche m&#233;taphorique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons un rocher de forme originale et &#233;trange, tel qu'on aime &#224; les collectionner dans les jardins chinois pour les disposer parmi les v&#233;g&#233;taux, d'une certaine mani&#232;re &#224; l'image des statues dans un jardin occidental&#8230; ce rocher se trouve &#233;trangement agrandi plusieurs milliers de fois pour devenir une montagne. On aura ainsi une id&#233;e approximative de la peinture paysag&#232;re chinoise du style transform&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article devrait citer aussi l'histoire g&#233;n&#233;rale pour avancer un concept cl&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Au milieu du XVIIe si&#232;cle] La capitale de l'empire des Ming est envahie et occup&#233;e par des paysans en r&#233;volte. Pour &#233;viter l'humiliation, le dernier empereur Chongzhen (r. 1627-1644) de la dynastie des Mings s'est pendu dans la montagne Ging qui entoure la cit&#233; interdite. L'empire est finalement repris par le peuple nomade des Qing venu de la Mandchourie. Dans ce grand bouleversement historique, beaucoup de lettr&#233;s et de descendants royaux perdent leurs droits et leur statut social. Ils se consid&#232;rent comme peuple survivant d'un empire d&#233;funt (&lt;i&gt;Yimin&lt;/i&gt;, litt&#233;ralement &#171; peuple r&#233;siduel &#187;) et ne veulent plus entrer dans la bureaucratie pour occuper un poste quel qu'il soit. Dans l'id&#233;ologie des lettr&#233;s, ils sont devenus ce peuple exclu, fuyant de lui-m&#234;me le syst&#232;me (&lt;i&gt;Yeyi&lt;/i&gt;, errant dans la sauvagerie). Dans ce contexte, le &#171; style transform&#233; &#187; qui invente souvent un paysage imp&#233;n&#233;trable (mais cependant habit&#233;), t&#233;moigne d'une attitude de refus du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce concept d'un &#171; art d' un peuple survivant &#187;, conduit &#224; ma premi&#232;re et principale interpr&#233;tation de l'esth&#233;tique de Yao :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le style &#171; transform&#233; &#187; d&#233;crit un paysage fantastique, &#224; la limite de l'artificiel, l'adoption, l'imitation et la citation de ce style par Yao, un artiste contemporain, cr&#233;ent une artificialit&#233; de second degr&#233;. Celle-ci, encore plus sophistiqu&#233;e, se transporte sur un plan politique. Comme nous l'avons &#233;voqu&#233; plus haut, ce paysage du style &#171; transform&#233; &#187; acquiert un sens politique apr&#232;s la fin des Ming : les peintres, qui se consid&#232;rent comme faisant partie d'un peuple survivant d'une dynastie d&#233;funte, expriment leur tristesse et leur d&#233;sarroi en peignant un monde dans lequel l'homme ordinaire est rejet&#233;, n'est plus accueilli, ne peut plus voyager&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s la fin de la dynastie des Ming, plusieurs peintres importants sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce paysage est politique mais indirectement et de mani&#232;re n&#233;gative. Il est plus offensif dans la mesure o&#249; il raconte une double histoire, &#224; la fois actuelle et pass&#233;e, celle d'un pays d&#233;funt, qui a perdu son &#226;me, est devenu fantomatique : &#171; le pays est bris&#233;, reste le paysage &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tir&#233; d'un po&#232;me c&#233;l&#232;bre, la &#171; Vision du printemps &#187; de Du Fu : la capitale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En termes picturaux, c'est de peindre &#224; la fois le paysage qui y est encore et quelque chose qui est absente, bris&#233;e, qui n'est plus l&#224;. En transposant ce style des montagnes et des eaux dans un monde actuel, Yao sugg&#232;re que l'aspect de son propre pays est fantomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois le temps ne me permet pas d'aller plus loin pour expliquer le lien entre les peintures paysag&#232;res de Yao et sa nouvelle photographie topographique. Pour simplifier &#224; l'extr&#234;me, on dirait que la photographie de Yao qui privil&#233;gie les ruines est aussi issue d'une esth&#233;tique de la double vision qui montre d'abord une r&#233;alit&#233; m&#234;l&#233;e de fausset&#233;, d'artificiel, et qui, selon lui, est froide et ali&#233;nante et puis r&#233;orient&#233;e, avec ses vid&#233;os, vers la survie en illusion maintenue de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de conclusion, je dirais que pour interpr&#233;ter l'art contemporain, en pratique, toutes les approches sont bonnes et souvent n&#233;cessaires, et on se retrouve plut&#244;t dans une structure en tension, tir&#233;e entre la description et l'interpr&#233;tation, entre la perception et la conception, entre l'histoire et le m&#233;taphore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CF. Mel Bochner, &#171; Serial art, Systems, Solipsism &#187;, &lt;i&gt;Arts Magazine&lt;/i&gt;, Summer, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CF. Mel Bochner, &#171; Serial art, Systems, Solipsism &#187;, &lt;i&gt;Arts Magazine&lt;/i&gt;, Summer, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CF. Mel Bochner, &#171; Serial art, Systems, Solipsism &#187;, &lt;i&gt;Arts Magazine&lt;/i&gt;, Summer, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Son site officiel, bilingue, pr&#233;sente la quasi totalit&#233; de ses &#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Style transformed : a special exhibition of works by five late Ming artists&lt;/i&gt;, Catalogue d'exposition, Ta&#239;pei : National Palace Museum, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Apr&#232;s la fin de la dynastie des Ming, plusieurs peintres importants sont devenus moines et l'on compte quatre grands peintres-moines au d&#233;but de la dynastie des Qing, tel Shi Tao. Devenir moine veut dire se retirer du monde des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tir&#233; d'un po&#232;me c&#233;l&#232;bre, la &#171; Vision du printemps &#187; de Du Fu : la capitale de la dynastie des Tang, Chang-an, &#233;tait occup&#233;e par l'arm&#233;e r&#233;volt&#233;e en 756, et Du Fu lui-m&#234;me captur&#233; par cette arm&#233;e et y a &#233;t&#233; emmen&#233; ; le po&#232;te a &#233;crit ce po&#232;me en 757 pour exprimer ses &#233;motions en voyant l'arriv&#233;e du printemps.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Couverture : Ruins - Gods &amp; Idols Surround the Border 1993&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Une esth&#233;tique de la double vision</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Une-esthetique-de-la-double-vision</link>
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		<dc:date>2018-01-28T18:32:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lin Chi-Ming</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>conf&#233;rence </dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Ta&#239;wan</dc:subject>
		<dc:subject>colloque</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;LIN Chiming, President de l'AICA Taiwan et Professeur au D&#233;partement art et design de la National Taipei University of Education, nous offre un nouveau voyage dans ces terres lointaines et si singuli&#232;res, celles qui ont vu na&#238;tre la peinture de paysage dont nous allons pouvoir d&#233;couvrir l'histoire.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH110/arton1165-c93a5.jpg?1772251320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;LIN Chiming, President de l'AICA Taiwan et Professeur au D&#233;partement art et design de la National Taipei University of Education, nous offre un nouveau voyage dans ces terres lointaines et si singuli&#232;res, celles qui ont vu na&#238;tre la peinture de paysage dont nous allons pouvoir d&#233;couvrir l'histoire. &#034;L'une des valeurs de la peinture paysag&#232;re chinoise r&#233;side dans l'id&#233;e qu'elle d&#233;peint un pays habitable et permettant d'y voyager spirituellement. Dans le tout premier grand trait&#233; des montagnes et des eaux, celui de Zong Bing (375-443), se trouve d&#233;j&#224; l'id&#233;e d'une peinture paysag&#232;re permettant un voyage spirituel dans les montagnes et des eaux sans quitter la chambre voire le lit.&#034; &#192; nous, occidentaux dubitatifs, d'accepter prendre ce chemin sans avoir peur de nous y perdre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est pas rare qu'un artiste contemporain pratique &#224; la fois la photographie et la peinture, mais s'il s'inspire de la peinture paysag&#232;re de tradition chinoise mill&#233;naire tout en pratiquant une photographie tr&#232;s contemporaine usant des lois occidentales de la perspective, on aura tr&#232;s envie de comprendre ce qui lie les deux domaines. YAO Jui-Chung (n&#233; en 1969 &#224; Taipei), l'un des artistes ta&#239;wanais les plus actifs de sa g&#233;n&#233;ration, r&#233;pond justement &#224; un tel profil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son site officiel, bilingue, pr&#233;sente la quasi totalit&#233; de ses &#339;uvres :&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exploration de ses travaux artistiques nous conduit &#224; conna&#238;tre et &#224; comprendre&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1. un style peu connu de la peinture paysag&#232;re traditionnelle chinoise ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2. la mani&#232;re dont ce &#171; style transform&#233; des montagnes et des eaux &#187; implique une double vision du monde ; &lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3. le devenir de cette double vision dans ses pratiques photographiques ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4. et finalement, le rapport susceptible de se tisser entre la photographie contemporaine et la longue histoire de la peinture chinoise.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par ce style peu connu de la peinture traditionnelle chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10423 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;111&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_lin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH210/1_lin-cf336.jpg?1517053916' width='500' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 1 &#8212; Dust in the Wind-Seclusion, painting, India handmade paper, ink, and gold leaf 200 x 80cm 2011
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les montagnes et les eaux du style &#171; transform&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des valeurs de la peinture paysag&#232;re chinoise r&#233;side dans l'id&#233;e qu'elle d&#233;peint un pays habitable et permettant d'y voyager spirituellement. En chinois, le mot &lt;i&gt;shanshui&lt;/i&gt; - &#23665;&#27700;, montagne-eau &#8211; d&#233;signe &#224; la fois le paysage pictural et le paysage litt&#233;raire, (la peinture et la po&#233;sie). Dans le tout premier grand trait&#233; des montagnes et des eaux, celui de Zong Bing (375-443), se trouve d&#233;j&#224; l'id&#233;e d'une peinture paysag&#232;re permettant un voyage spirituel dans les montagnes et des eaux sans quitter la chambre voire le lit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zong Bing (375-443), &#171; Hua shan shui xu &#187; [Pr&#233;face &#224; la peinture paysag&#232;re], (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quelques si&#232;cles plus tard, dans la dynastie des Song du nord, Guo Xi (c. 1000 - c. 1087), dans un autre grand trait&#233; sur les montagnes et les eaux avance l'id&#233;e qu'une peinture de paysage est valable non seulement parce qu'elle permet de se rendre dans la for&#234;t et pr&#232;s de la source sans quitter la table et le hall d'entr&#233;e mais aussi parce qu'elle s&#233;lectionne des sites agr&#233;ables dans lesquels habiter et voyager ont plus de valeur que le plaisir de la vue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guo Xi, Linquan gaozhi, Hauts messages des for&#234;ts et des sources, P&#233;kin : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle tradition, un espace que l'on ne pourrait pas p&#233;n&#233;trer serait paradoxal. Il cr&#233;erait une sorte d'ext&#233;riorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me d'un paysage. Non seulement ce genre de paysage ne serait pas naturel, description de la nature mais la peinture de paysage y perdrait sa l&#233;gitimit&#233; et son sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peinture de paysage chinoise qui appara&#238;t vers la fin de la dynastie des Ming (XVIe- d&#233;but du XVIIe si&#232;cle), r&#233;put&#233;e &#171; originale &#187; et &#171; &#233;trange &#187;, est qualifi&#233;e de &#171; style transform&#233; &#187; dans l'id&#233;e qu'elle transforme le paysage o&#249; l'on habite et l'on voyage en une construction fantastique, improbable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Style transformed : a special exhibition of works by five late Ming artists, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'id&#233;e de base de cette transformation n'est pourtant pas totalement &#233;trang&#232;re &#224; la tradition orthodoxe. Le d&#233;veloppement, aux environs du dernier si&#232;cle des Ming, de la peinture paysag&#232;re chinoise qui se dit reli&#233;e d'abord &#224; la tradition, c'est-&#224;-dire aux ma&#238;tres du pass&#233; plus qu'au paysage naturel, est une r&#232;gle &#233;tablie. L'&#233;loignement du r&#233;el est l'une des cons&#233;quences d'une tradition riche d'une histoire de plus de mille ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;136&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_lin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH342/2_lin-15e5d.jpg?1517053916' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 2 &#8212; Wonderful- Playing mah-jong, Win extra point for self-drawn, painting, handmade paper, ink, and gold leaf 100&#215;70cm 2007
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Imaginons un rocher de forme originale et &#233;trange, tel qu'on aime &#224; les collectionner dans les jardins chinois pour les disposer parmi les v&#233;g&#233;taux, d'une certaine mani&#232;re &#224; l'image des statues dans un jardin occidental&#8230; ce rocher se trouve &#233;trangement agrandi plusieurs milliers de fois pour devenir une montagne. On aura ainsi une id&#233;e approximative de la peinture paysag&#232;re chinoise du style transform&#233;. Selon des &#233;tudes r&#233;centes men&#233;es notamment par l'historien d'art am&#233;ricain James Cahill&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Cahill, The Compelling Image : Nature and Style in Seventeenth-Century (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce style des montagnes et des eaux, excentriques et &#233;tranges, soit &#171; non naturelles &#187;, est issu de la confluence de trois mouvements historiques : le contact avec le paysage occidental, le retour &#224; la peinture de paysage &#171; grandiose &#187; du dixi&#232;me si&#232;cle, celle de la dynastie des Song du nord (960-1127), et une rh&#233;torique de r&#233;sistance invent&#233;e par les peintres professionnels et non officiels. Chacune de ces trois dynamiques n&#233;cessite une explication&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Yao, qui lui-m&#234;me est un grand alpiniste, pour expliquer l'apparition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, le contact avec le paysage occidental, notamment gr&#226;ce aux gravures apport&#233;es par les missionnaires, donne, gr&#226;ce &#224; la perspective albertienne, une nouvelle vision du monde. Mais encore il ouvre la voie d'une nouvelle possibilit&#233; du paysage, plut&#244;t fantastique, dans lequel l'histoire des anges et des saints pourrait se d&#233;rouler. Tel le nuage dans lequel surgissent les &#234;tre surnaturels comme l'apparition de l'ange devant le Christ dans la gravure de Nadal en 1593. Ainsi dans &lt;i&gt;les Lohans&lt;/i&gt; (1601) de Wu Bin (ca. 1550-ca. 1621), on voit pour la premi&#232;re fois le dragon chinois appara&#238;tre dans un volume de nuage comme entour&#233; d'un ensemble de vagues en torsion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fantastic and Extraordinary : The Realm of Wu Bin's Painting, Catalogue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La nouveaut&#233; de cette visualisation r&#233;side dans le fait que l'on y voit clairement le corps entier du dragon et que la forme du nuage est proche de celle des nuages occidentaux qui entourent les anges ou les dieux grecs descendus sur terre. Une autre nouveaut&#233; visuelle est la grotte o&#249; s'abritent parfois les personnages bibliques : on la retrouve dans un rouleau de Gong Xian (1618-1689) o&#249; l'on voit, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la peinture chinoise selon James Cahill, un rendu plus net lorsqu'on s'avance vers le fond de la grotte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Cahill, The Compelling Image, op. cit. Ch. 5.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'arriv&#233;e de la peinture paysag&#232;re occidentale en Chine ne donne donc pas acc&#232;s &#224; une vision plus pr&#233;cise et plus r&#233;aliste de la nature, mais &#224; un monde dans lequel le fantastique et le surnaturel trouvent leur place et s'int&#232;grent dans le paysage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;123&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH700/3_lin-d49f7.jpg?1517053916' width='500' height='700' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 3 &#8212; Romance - falling in love as a flash, painting, handmade paper, ink, gold leaf, and acrylic 100&#215;140cm 2009
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, le retour au style des Song du nord est un mouvement historique qui n&#233;cessite d'en comprendre les &#233;tapes. Dans une p&#233;riode proche de l'apparition du style transform&#233; repr&#233;sent&#233; d'abord, principalement par Wu Bin, puis par Chen Hongshou (1598-1652), le peintre-critique Don Qichang (1555&#8211;1636)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. James Cahill, op. cit., Ch. 2.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; met en place une th&#233;orie de la double filiation de la peinture paysag&#232;re de Chine calqu&#233;e sur le d&#233;veloppement du bouddhisme-zen en Chine : une filiation du nord (&#233;cole nord) et une filiation du sud (&#233;cole sud). Pour Dong, la filiation du sud, pr&#244;n&#233;e par les lettr&#233;s, qui est une mise en valeur de l'int&#233;riorit&#233;, est sup&#233;rieure &#224; la filiation du nord : celle-ci est une &#233;cole de la description et de l'exploration du monde ext&#233;rieur par les peintres professionnels et par ceux de la cour. A ceci, il faudrait ajouter le d&#233;bat, qui a &#233;clat&#233; au d&#233;but des Mings, sur la sup&#233;riorit&#233; de la peinture de la dynastie des Yuan ou de celle de la dynastie des Song. Dans la th&#233;orie de Dong, la filiation du sud est celle de l'orthodoxie tout comme le bouddhisme-zen du sud. Le retour au style des Song du nord est donc une r&#233;action contre cette th&#233;orie paradigmatique qui domine, depuis le d&#233;but du XVIIe si&#232;cle, le discours sur l'art en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;99&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_lin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH365/4_lin-0f856.jpg?1517053916' width='500' height='365' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 4 &#8212; Heaven, photo installation, B&amp;W FB paper, gold leaf 900cm &#215; 360cm &#215; 500cm 2001
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me point pour comprendre l'&#233;mergence et le d&#233;veloppement de ce style &#171; transform&#233; &#187;, souvent consid&#233;r&#233; comme non orthodoxe voire marginal, concerne l'histoire g&#233;n&#233;rale et dynastique. La capitale de l'empire des Ming est envahie et occup&#233;e par des paysans en r&#233;volte. Pour &#233;viter l'humiliation, le dernier empereur Chongzhen (r&#232;gne 1627-1644) s'est pendu dans la montagne Ging qui entoure la cit&#233; interdite. L'empire est finalement repris par le peuple nomade des Qing venu de la Mandchourie. Dans ce grand bouleversement historique, beaucoup de lettr&#233;s et de descendants royaux perdent leurs droits et leur statut social. Ils se consid&#232;rent comme peuple survivant d'un empire d&#233;funt (&lt;i&gt;Yimin&lt;/i&gt;, litt&#233;ralement &#171; peuple r&#233;siduel &#187;) et ne veulent plus entrer dans la bureaucratie pour occuper un poste quel qu'il soit. Dans l'id&#233;ologie des lettr&#233;s, ils sont devenus ce peuple exclu, fuyant de lui-m&#234;me le syst&#232;me (&lt;i&gt;Yeyi&lt;/i&gt;, errant dans la sauvagerie). Dans ce contexte, le &#171; style transform&#233; &#187; qui invente souvent un paysage imp&#233;n&#233;trable (mais cependant habit&#233;), t&#233;moigne d'une attitude de refus du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose maintenant la question suivante : quel sens peut avoir, dans une perspective contemporaine, la pratique d'un tel style par Yao et d'autres ? Quel sens cela a-t-il, en ce d&#233;but du XXIe si&#232;cle, de conserver la th&#233;matique des montagnes et des eaux, m&#234;me si cela se fait dans un tout autre m&#233;dium impliquant une esth&#233;tique fort diff&#233;rente ? (Fig. 1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose &#233;galement la question du statut de telles peintures. Ob&#233;issent-elles au genre paysage ? Ne sont-elles pas le m&#233;lange d'une peinture de paysage et d'une peinture de personnages ? Le &#171; style transform&#233; &#187;, aussi audacieux et anti-traditionnel soit-il, respecte quand m&#234;me les conventions du genre quand des personnages sont pr&#233;sents dans le paysage : si ce ne sont pas des lettr&#233;s et leurs serviteurs qui contemplent le paysage ou font des activit&#233;s qui leur sont sp&#233;cifiques &#8211; &#233;couter le vent qui souffle entre les pins, faire la lecture, jouer du luth &#8211;, ce sont des personnages tr&#232;s classiques, des p&#234;cheurs et des b&#251;cherons. Mais quand Yao inclut ses personnages modernes, randonneurs munis d'un sac &#224; dos, touristes explorant le site en voiture, amateurs de bains dans les sources chaudes, le m&#233;lange des genres suscite une tension, du cynisme, voire un sentiment de r&#233;volte vis-&#224;-vis de la tradition. (Fig. 2)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;156&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_lin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/5_lin-39659.jpg?1517053916' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 5 &#8212; Administration Building of Shuiwei Beach, Hou-Long, Miaoli : Construction started in 1990, NT$ 17,022,000 &#169; Yao, Jui-Chung photography 2010
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le style &#171; transform&#233; &#187; d&#233;crit un paysage fantastique, &#224; la limite de l'artificiel, l'adoption, l'imitation et la citation de ce style cr&#233;ent une artificialit&#233; de second degr&#233;. Celle-ci, encore plus sophistiqu&#233;e, se transporte sur un plan politique. Comme nous l'avons &#233;voqu&#233; plus haut, ce paysage du style &#171; transform&#233; &#187; acquiert un sens politique apr&#232;s la fin des Ming : les peintres, qui se consid&#232;rent comme faisant partie d'un peuple survivant d'une dynastie d&#233;funte, expriment leur tristesse et leur d&#233;sarroi en peignant un monde dans lequel l'homme ordinaire est rejet&#233;, n'est plus accueilli, ne peut plus voyager&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s la fin de la dynastie des Ming, plusieurs peintres importants sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce paysage est politique mais indirectement et de mani&#232;re n&#233;gative. Il est plus offensif car il raconte une double histoire, &#224; la fois actuelle et pass&#233;e, celle d'un pays d&#233;funt, qui a perdu son &#226;me, est devenu fantomatique : &#171; le pays est bris&#233;, reste le paysage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tir&#233; d'un po&#232;me c&#233;l&#232;bre, la &#171; Vision du printemps &#187; de Du Fu : la capitale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Transposant ce style des montagnes et des eaux dans un monde actuel, Yao sugg&#232;re que l'aspect de son propre pays est fantomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un plan plus technique, cette r&#233;f&#233;rence &#224; la peinture du style &#171; transform&#233; &#187; est coh&#233;rente avec la distance prise par Yao avec l'esth&#233;tique traditionnelle chinoise de la peinture paysag&#232;re qui met en valeur la spiritualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10428 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;157&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH653/6_lin-bfe7e.jpg?1517053916' width='500' height='653' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 6 &#8212; Territory takeover - Republic of China 17 October 1945 to recent (Landing point - Keelung), performance-photo installation, 150 x 100cm 1994
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La valeur du spirituel est pr&#233;sente d&#232;s le d&#233;but d'une pens&#233;e de la tradition chinoise sur la peinture des montagnes et des eaux. &#171; Concernant le paysage (montagnes-eaux), il y a de la mat&#233;rialit&#233; mais elle tend au spirituel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La traduction est tir&#233;e de Fran&#231;ois Jullien, Vivre de Paysage ou l'impens&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, dit Zong Bing (375-443), l'auteur du premier grand trait&#233; de la peinture paysag&#232;re chinoise. Cette valeur du spirituel ouvre la voie de la m&#233;diation par le paysage afin d'acc&#233;der &#224; la sagesse. Au VIe si&#232;cle, en des termes plus proches du processus artistique et du jugement critique, Xie He (479-502) instaure comme le premier de ses six principes-canons artistiques, l'animation et le mouvement de la r&#233;sonance du souffle-&#233;nergie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Souffle-&#233;nergie (qi) est longtemps la base de l'explication du monde pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, concr&#233;tisant ainsi la valeur du spirituel. Yao rejette ces principes-canons qui ont domin&#233; l'histoire de la peinture chinoise pendant plus de 1500 ans. Il le fait en changeant d'outil (le stylo au lieu du pinceau), de support (papier au coton indien au lieu du papier traditionnel chinois pour encre-chine), de technique pour le &#171; laiss&#233; blanc &#187; (il y met des feuilles d'or) (Fig. 3)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'id&#233;e d'une invention personnelle contre les six principes-canons de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage de Yao est aussi antiorthodoxe que le style &#171; transform&#233; &#187; n&#233; quatre si&#232;cles auparavant. Comme nous l'avons montr&#233; plus haut, il en a une double vision, relative &#224; la fois au pr&#233;sent et au pass&#233; d&#233;funt apr&#232;s la chute de l'empire des Ming. On y sent le vide du pr&#233;sent, l'inqui&#233;tude d'un temps qui travaille &#224; ruiner le monde. Derri&#232;re le visible de l'image se cache un autre plan, plus conceptuel. En d&#233;finitive, cette distance prise avec la fa&#231;on famili&#232;re de d&#233;crire le monde provoque une tension interrogative chez le spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10429 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_lin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/7_lin-77df7.jpg?1772220202' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 7 &#8212; Phantom of History, video, Single-channel Video, Color 2' 28&#8221; 2007
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'esth&#233;tique des ruines dans une nouvelle perspective topographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En relation avec une telle double vision, Yao poursuit un travail sur l'esth&#233;tique de la ruine avec un int&#233;r&#234;t soutenu tout au long de son &#233;volution artistique. Th&#232;me central de ses pratiques photographiques, cet int&#233;r&#234;t se rapproche du parti-pris des &lt;i&gt;New Topographics&lt;/i&gt;, n&#233; aux Etats-Unis dans les ann&#233;es 1970&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;William Jenkins, New Topographics : Photographs of a Man-Altered Landscape. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce mouvement artistique, l'accent mis sur le paysage modifi&#233; par l'homme succ&#232;de &#224; la recherche du sublime dans une nature vierge, voire sauvage. Dans ses diverses s&#233;ries du style &#171; nouvelles topographies des ruines (contemporaines) de Ta&#239;wan &#187;, Yao montre d'abord une r&#233;alit&#233; m&#234;l&#233;e de fausset&#233;, d'artificiel, qui, selon lui, est froide et ali&#233;nante (2000-2003) (Fig. 4). Il collectionne ces s&#233;ries de mani&#232;re syst&#233;matique, comme l'on fait Bernd et Hilla Becher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2005, Yao met en place quatre cat&#233;gories de ruines : industrielles, religieuses, architecturales et militaires. Chaque ruine r&#233;sulte de causes &#233;conomico-politiques sp&#233;cifiques qui ont conduit &#224; l'abandon des sites. La lev&#233;e de la loi martiale &#224; Ta&#239;wan en 1987 est certainement l'un des principaux facteurs de ces d&#233;laissements. La main-mise de l'&#201;tat sur l'industrie est alors all&#233;g&#233;e mais beaucoup de parcs industriels, jusque l&#224; monopolis&#233;s par l'&#201;tat, ne sont pas repris par le priv&#233;. Dans la p&#233;riode de d&#233;mocratisation, certaines bases militaires qui prot&#233;geaient l'oligarchie dans les zones urbaines se d&#233;placent vers les p&#233;riph&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de ces s&#233;ries initiales sur la r&#233;alit&#233; froide, Yao s'est lanc&#233; dans une longue enqu&#234;te collective avec ses &#233;tudiants (plus de 220 en total) sur les &#233;tablissements publics laiss&#233;s vacants, surnomm&#233;s &#171; pavillons de moustiques &#187; (cinq volets publi&#233;s entre 2010 et 2016 (Fig. 5)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yao Jui-Chung and Lost Society Document, Mirage I-V : Disused Public (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Le changement de r&#233;gime politique &#233;voqu&#233; plus haut, est responsable de l'&#233;tat d'une partie d'entre eux mais la majeure partie de ces gaspillages d'argent public provient de projets mal &#233;tudi&#233;s et mal pr&#233;par&#233;s, souvent li&#233;s &#224; des promesses &#233;lectorales. Apr&#232;s que les suffrages &#233;lectoraux sont r&#233;colt&#233;s, on ne se soucie plus de la gestion quotidienne, pourvu que l'inauguration des b&#226;timents puisse rendre, pour les politiques, le service d'une exposition m&#233;diatique. Ce sont, en quelque sorte, des ruines programm&#233;es. L'engagement de Yao et de ses &#233;tudiants a eu un tel retentissement dans les m&#233;dias que le gouvernement s'est senti obliger de faire attention et de chercher des rem&#232;des&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il existe une traduction abrig&#233;e en englais de ce projet : Yao (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Yao, deux autres lignes t&#233;moignent, chacune &#224; sa mani&#232;re, d'une filiation avec la vision double du pr&#233;sent et du pass&#233; d&#233;funt h&#233;rit&#233;e de la fin de l'Empire des Ming. La premi&#232;re ligne remonte de tr&#232;s loin, au milieu des ann&#233;es 1990. Elle s'int&#233;resse &#224; la R&#233;publique de Chine que Chiang Kai-shek a introduite &#224; Ta&#239;wan apr&#232;s sa d&#233;faite dans la guerre civile en Chine entre les communistes et les nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Yao, cette &#171; R&#233;publique de Chine &#187; que Ta&#239;wan porte encore comme nom officiel est en r&#233;alit&#233; un mort vivant, c'est-&#224;-dire, une r&#233;alit&#233; politique tr&#233;pass&#233;e mais maintenue dans l'illusion qu'elle est toujours en vie. Font partie des moyens d&#233;ploy&#233;s pour maintenir cette illusion la loi martiale elle-m&#234;me, l'endoctrinement, le contr&#244;le de la libert&#233; d'expression, le compromis et la complicit&#233; avec la Chine populaire (la fameuse &#171; politique d'une seule Chine &#187;), les diverses strat&#233;gies de r&#233;pression du mouvement d'ind&#233;pendance de Ta&#239;wan.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10430 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;95&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_lin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/8_lin-3bb80.jpg?1772220202' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 8 &#8212; Long Live, video, Single-channel Video, Color, Sound 5 minutes 20 seconds 2011
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout jeune Yao a tr&#232;s bien compris ce jeu de mensonge et se joue de sa rh&#233;torique dans un esprit de moquerie et de parodie. Ce travail commence d'abord par les photos d'actions (par exemple, pisser comme un chien) r&#233;alis&#233;es dans des sites historiques tels les lieux de d&#233;barquement des envahisseurs historiques, y compris les nationalistes. (Fig.6) En terme de paysage, ce sont, pour le pays, des lieux de m&#233;moires traumatiques, un paysage dans lequel le fant&#244;me de l'histoire r&#244;de encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2007, Yao a r&#233;alis&#233; une s&#233;rie de cinq vid&#233;os o&#249; ces fant&#244;mes de l'histoire sont personnifi&#233;s, sugg&#233;rant la figure d'un g&#233;n&#233;ralissime en uniforme. (Fig. 7) Les sites de ces vid&#233;os sont marqu&#233;s par l'id&#233;e d'une r&#233;publique d&#233;funte mais existant et &#171; marchant &#187; encore. On y trouve : le parc, d&#233;cor&#233; de centaines de statues de Chiang et de son fils d&#233;boulonn&#233;es de leurs bases habituelles ; le parc des monuments en miniature dans lequel se trouve aussi le palais pr&#233;sidentiel ; la plus haute montagne de Ta&#239;wan (la Montagne de Jade) dont le sommet est orn&#233; d'une statue d'un ancien grand dignitaire de la R&#233;publique de Chine ; le grand hall de r&#233;union o&#249; sont encore accroch&#233;s les fameux slogans de Chiang. (Fig. 8) Mais l'ensemble est tomb&#233; litt&#233;ralement en ruine, jusqu'&#224; la prison destin&#233;e aux prisonniers politiques dans l'&#206;le Verte, une petite &#238;le voisine de la grande &#238;le de Ta&#239;wan. Tous ces lieux sugg&#232;rent une R&#233;publique qui n'a de r&#233;alit&#233; que le nom, laquelle est hant&#233;e par certains fant&#244;mes qui ne veulent pas partir. Ces vid&#233;os font partie d'une g&#233;ographie politique configur&#233;e non seulement par la lutte entre les nationalistes et les communistes mais aussi par cette guerre froide qui semble se rallumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie la plus r&#233;cente de Yao est une enqu&#234;te photographique sur les grandes idoles de la croyance populaire. (Fig. 9) Selon lui, il existe &#224; Ta&#239;wan plus de douze mille temples. Ce ph&#233;nom&#232;ne religieux est le plus complexe de tout le monde chinois. Un temple de ce genre est souvent surmont&#233; d'une idole de taille exag&#233;r&#233;e, soi-disant proportionnelle au nombre de ses croyants et &#224; la force de sa divinit&#233;. Yao a voulu garder dans ses collections, des photos de plus de cent quatre-vingt temples, cimeti&#232;res, parcs publics et parcs &#224; th&#232;me, fond&#233;es sur un regard plus typologique que folklorique, et sur un point de vue plus vernaculaire qu'acad&#233;mique. Il &#233;vite ainsi de photographier les rituels ou les activit&#233;s dont ils pourraient &#234;tre l'objet pour se consacrer &#224; la concr&#233;tisation du d&#233;sir populaire dont ces idoles sont des incarnations. Avec cette s&#233;rie, Yao revient alors aux th&#232;mes plus classiques de la vie et de la mort, de la v&#233;rit&#233; de ce monde et de son au-del&#224;. Il rejoint ainsi, mais apr&#232;s maints d&#233;tours, le point fondateur de la l&#233;gitimit&#233; de la peinture de paysage de la Chine ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;119&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/9_lin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH401/9_lin-746b9.jpg?1772220202' width='500' height='401' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 9 &#8212; Incarnation- Temple of the Queen Mother of the West, Mt. Datong, Shulin Dist., New Taipei City 2016-17
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si cette trajectoire personnelle de Yao, qui articule la peinture paysag&#232;re traditionnelle et l'art des images contemporaines, la photographie et la vid&#233;o, est singuli&#232;re voire unique, l'artiste se situe en successeur du d&#233;veloppement en trois &#233;tapes successives de l'art paysager et de la modernisation de la peinture &#224; l'encre &#224; Ta&#239;wan. Premi&#232;re &#233;tape : le d&#233;but de la transmission de la tradition chinoise apr&#232;s l'arriv&#233;e des nationalistes. Seconde &#233;tape : la mont&#233;e en puissance des avant-gardes depuis fin des ann&#233;es cinquante. Troisi&#232;me &#233;tape : les exp&#233;rimentations de toutes sortes qui accompagnent l'&#233;mancipation li&#233;e &#224; la lev&#233;e de la loi martiale. Des peintures paysag&#232;res de Yao sont souvent incluses dans des expositions de type &#171; Nouvelle encre de Chine &#187; alors que son m&#233;dium s'&#233;loigne de la tradition. Il serait pr&#233;f&#233;rable de replacer ses travaux dans une Nouvelle esth&#233;tique de l'Extr&#234;me-Orient, un label aux contours souples. Cet article s'efforce de montrer que c'est dans une esth&#233;tique de la double vision qui le relie &#224; la conscience paysag&#232;re du peuple survivant que r&#233;side l'originalit&#233; de l'art de Yao.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Son site officiel, bilingue, pr&#233;sente la quasi totalit&#233; de ses &#339;uvres :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.yaojuichung.com/htdocs/?page=home&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.yaojuichung.com/htdocs/?page=home&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zong Bing (375-443), &#171; &lt;i&gt;Hua shan shui xu&lt;/i&gt; &#187; [Pr&#233;face &#224; la peinture paysag&#232;re], in &lt;i&gt;Zhogguo hualun leibian&lt;/i&gt;, Yu Jianhua &#233;d. Zhonghua Shuju, 1973, p. 583.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guo Xi, &lt;i&gt;Linquan gaozhi, Hauts messages des for&#234;ts et des sources&lt;/i&gt;, P&#233;kin : Zhonghua Shuju, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Style transformed : a special exhibition of works by five late Ming artists&lt;/i&gt;, Catalogue d'exposition, Taipei : National Palace Museum, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;James Cahill, &lt;i&gt;The Compelling Image : Nature and Style in Seventeenth-Century Chinese Painting&lt;/i&gt;, Cambridge, MA : Havard UP, 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon Yao, qui lui-m&#234;me est un grand alpiniste, pour expliquer l'apparition de ce style, outre ces trois facteurs propos&#233;s par James Cahill, il faudrait encore ajouter les longs voyages entrepris par ces peintres dans le paysage r&#233;el, tel Wu Bin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Fantastic and Extraordinary : The Realm of Wu Bin's Painting&lt;/i&gt;, Catalogue d'exposition, Taipei : National Palace Museum, 2012, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;James Cahill, &lt;i&gt;The Compelling Image, op. cit.&lt;/i&gt; Ch. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; James Cahill, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, Ch. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Apr&#232;s la fin de la dynastie des Ming, plusieurs peintres importants sont devenus moines et l'on compte quatre grands peintres-moines au d&#233;but de la dynastie des Qing, tel Shi Tao.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tir&#233; d'un po&#232;me c&#233;l&#232;bre, la &#171; Vision du printemps &#187; de Du Fu : la capitale de la dynstie des Tang, Chang-an, &#233;tait occup&#233;e par l'arm&#233;e r&#233;volte en 756, et Du Fu lui-m&#234;me capt&#233; par cette arm&#233;e et y a &#233;t&#233; emen&#233; ; le po&#232;te a &#233;crit ce po&#232;me en 757 pour exprimer ses &#233;motions en voyant le printemps arrivant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La traduction est tir&#233;e de Fran&#231;ois Jullien, &lt;i&gt;Vivre de Paysage ou l'impens&#233; de la Raison&lt;/i&gt;, Paris : Gallimard, 2014, p. 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Souffle-&#233;nergie (&lt;i&gt;qi&lt;/i&gt;) est longtemps la base de l'explication du monde pour les chinois. Pour que le souffle-&#233;nergie entre en r&#233;sonance, la peinture chinoise d&#233;ploie traditionnellement l'art du pinceau et de l'encre pour l'animer et le mettre en mouvement entre le plein et le vide. Cf. Fran&#231;ois Jullien, &#171; l'Esprit d'un paysage &#187;, in &lt;i&gt;La grande image n'a pas de forme&lt;/i&gt;, surtout pp. 436-442 de &lt;i&gt;La philosophie inqui&#233;t&#233;e par la pens&#233;e chinoise&lt;/i&gt;, Paris : Seuil, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'id&#233;e d'une invention personnelle contre les six principes-canons de Xie He, cf. le manuscrit pr&#233;paratoire de Yao pour une s&#233;rie de conf&#233;rences qu'il donnera &#224; Edinburgh, les 27-28 octobre 2017. Ce document se trouve sur son site (surtout la lecture 3) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.yaojuichung.com/htdocs/?page=news&amp;news_id=298#newspage&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.yaojuichung.com/htdocs/?page=news&amp;news_id=298#newspage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;William Jenkins,&lt;i&gt; New Topographics : Photographs of a Man-Altered Landscape&lt;/i&gt;. Catalogue. Rochester, NY : International Museum of Photography at the George Eastman House, 1975. &lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; Greg Foster-Rice and John Rohrbach ed., &lt;i&gt;Reframing the New Topographics&lt;/i&gt;, Chicago : The Center for American Places at Columbia College Chicago, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yao Jui-Chung and Lost Society Document, &lt;i&gt;Mirage I-V : Disused Public Property in Ta&#239;wan&lt;/i&gt;, Taipei : Garden City Publishing Co., 2010-2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il existe une traduction abrig&#233;e en englais de ce projet : Yao Jui-Chung+Lost Society Document, &lt;i&gt;Mirage : Disused Public Property in Ta&#239;wan&lt;/i&gt;, Taipei : Garden City, 2016. On y trouve l'analyse de la politique de la revitalisation et de son &#233;chec men&#233;e par le gouvernement central de Ta&#239;wan, p. 12-13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Une pr&#233;c&#233;dente version de cet article a &#233;t&#233; publi&#233;e dans &lt;i&gt;La Fabrique photographique des paysages&lt;/i&gt;, dir. par Monique Sicard, Aur&#232;le Crasson, Gabrielle Andries, Paris : Hermann, 2017.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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