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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Architectures int&#233;rieures</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Norbert Godon et Sophie Pouille</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Trouvant ses fondements dans l'antiquit&#233;, la m&#233;taphore qui associe structures psychologiques et architecturales conduit par jeu de miroir &#224; d&#233;crire les soubassements de la personnalit&#233; comme ceux d'un &#233;difice ou d'une ville enti&#232;re et inversement, &#224; lire la structure d'un b&#226;timent ou d'une cit&#233; &#224; travers les mod&#232;les de la psychanalyse ou les apports de la psychiatrie.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH104/arton1141-4cecc.jpg?1772247813' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trouvant ses fondements dans l'antiquit&#233;, la m&#233;taphore qui associe structures psychologiques et architecturales conduit par jeu de miroir &#224; d&#233;crire les soubassements de la personnalit&#233; comme ceux d'un &#233;difice ou d'une ville enti&#232;re et inversement, &#224; lire la structure d'un b&#226;timent ou d'une cit&#233; &#224; travers les mod&#232;les de la psychanalyse ou les apports de la psychiatrie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exposition &lt;i&gt;Architectures int&#233;rieures&lt;/i&gt; se propose de remonter aux premi&#232;res strates de cette histoire pour prouver la solidit&#233; d'une m&#233;taphore qui a fait de l'association entre architecture et psychanalyse un lieu commun. Elle cherche ainsi faire ressortir l'empreinte des arch&#233;types sur lesquels cette association d'id&#233;es s'est construite pour mieux envisager sa vitalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, l'exposition am&#232;ne objets d'art et d'architecture &#224; se c&#244;toyer, situant le propos dans les interstices. La question des architectures int&#233;rieures est ainsi abord&#233;e sous les angles les plus &#233;clat&#233;s et les plus compl&#233;mentaires possibles, se pr&#233;sentant sous l'aspect d'un d&#233;sordre organis&#233; de fragments, structure propre &#224; cr&#233;er des zones de frictions, de d&#233;sirs, autrement dit de rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture, l'urbanisme, la sociologie, la psychanalyse ou la psychiatrie se trouvent ainsi convoqu&#233;s au m&#234;me endroit pour donner de chacun des objets en pr&#233;sence une lecture multiple, changeant selon le point de vue adopt&#233;. Les cloisons entre les disciplines n'en resteront pas moins pos&#233;es, pour ce qu'elles permettent justement le contact : la coupure, la limite, la fronti&#232;re &#233;tant par d&#233;finition n&#233;cessaire &#224; l'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envisageant les fondements historiques de la m&#233;taphore &#224; travers ses r&#233;surgences dans la culture contemporaine, l'exposition remonte aux &lt;i&gt;ars memoriae&lt;/i&gt; de l'antiquit&#233;. Cette pratique, relevant de l'art rh&#233;torique, supposait des orateurs qu'ils ordonnent leur m&#233;moire en &#233;difiant des villes imaginaires. Ils pouvaient alors y d&#233;ambuler pour suivre &#224; volont&#233; le cheminement d'un discours ou d'une r&#233;flexion. Les plans de ces &#233;difices imaginaires, form&#233;s sur le mod&#232;le des cit&#233;s qu'ils fr&#233;quentaient au quotidien, en constituaient sans doute autant de r&#233;pliques immat&#233;rielles, d&#233;form&#233;es par le souvenir de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vestiges de telles pratiques concoururent au Moyen Age &#224; l'&#233;dification de la morale religieuse sous forme de constructions monumentales. A l'&#233;chelle de la cath&#233;drale, ou de la ville qui s'organisait autour d'elle, les parcours architecturaux pouvaient s'agencer en v&#233;ritables chemins de foi. Les espaces symboliques travers&#233;s par le croyant pour consolider son &#226;me et pouvoir l'&#233;lever en &#233;vitant les chemins tortur&#233;s de la d&#233;perdition, furent mat&#233;riellement incarn&#233;s par les &#233;difices religieux et sans doute projet&#233;s par les hommes sur tout leur environnement. La concordance entre espaces physiques et symboliques trouvera avec l'apog&#233;e du monoth&#233;isme sa dimension morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'architecture renaissante &#224; l'architecture r&#233;volutionnaire en passant par les utopies classiques fa&#231;onn&#233;es &#224; l'esprit des Lumi&#232;res, l'application des figures de la g&#233;om&#233;trie euclidienne aux &#233;difices devait incarner publiquement le r&#232;gne de la raison. Les mod&#232;les de la grille, du carr&#233;, du cercle, de l'&#233;toile et de toutes autres figures sym&#233;triques, constituaient des symboles unificateurs &#224; m&#234;me de repr&#233;senter l'ordre promis par la rationalisation des structures sociales et des passions humaines. Avec l'&#233;radication de toutes les fantaisies d&#233;coratives et autres boursouflures issues de l'imagination, les monuments publics, et les villes qui s'y conformaient, devaient imposer d'un bloc, l'image d'un ordre moral fond&#233; sur la raison, afin d'&#233;difier le peuple &#224; ses vertus. L'architecture &#233;rige la volont&#233; utopique de parfaire l'homme en rationalisant les structures sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grille deviendra ensuite le mod&#232;le de pr&#233;dilection de l'&#232;re industrielle. Pr&#233;sidant d&#232;s la renaissance &#224; l'organisation des colonies dans le nouveau monde, elle imposait d&#233;j&#224; le vouloir de l'envahisseur dans le paysage. Si pour les missionnaires d'alors, elle traduisait l'inflexibilit&#233; du p&#232;re &#233;ternel, pour les citadins du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle elle retranscrivait celle du paternalisme &#233;tatique ou priv&#233;. Signifiant aussi l'urgence de b&#226;tir dans un contexte conflictuel, la grille constituait la solution la plus rapide pour r&#233;pondre aux probl&#232;mes de surpopulation. Au moyen de deux axes perpendiculaires dont le croisement se r&#233;p&#233;tait &#224; l'infini, les conflits &#233;taient endigu&#233;s et la population, soigneusement cadr&#233;e, ne pouvait que se tenir &#224; carreau. Paradoxalement, ce sont dans ces espaces, con&#231;us comme on concevait autrefois les cimeti&#232;res, que se forment le plus de pathologies mentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cloisonnant la ville suivant une typologie pr&#233;cise d'activit&#233;s afin de viser l'efficacit&#233; en mati&#232;re de productivit&#233;, le mod&#232;le du plan en damier, dont l'exemple avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; apport&#233; au cinqui&#232;me si&#232;cle avant notre &#232;re par la r&#233;novation du port d'Ath&#232;nes, continue &#224; faire loi tout au long du vingti&#232;me. A la lumi&#232;re des recherches psychanalytiques, ce mod&#232;le trouvera alors des contempteurs qui, pour d&#233;noncer ses effets n&#233;fastes sur la sant&#233; mentale des habitants, voient dans son syst&#232;me de cloisonnement l'image analytique du p&#232;re castrateur et dans son rythme r&#233;p&#233;titif &#224; l'exc&#232;s, la mise en &#339;uvre des pulsions de mort symptomatiques de la n&#233;vrose obsessionnelle &#233;tendue &#224; l'&#233;chelle de toute une soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppant la dialectique du dedans et du dehors, de l'ensemble et du particulier, de la concentration et de l'&#233;talement, la m&#233;taphore architecturale permet de lire les relations humaines telles qu'elles s'&#233;crivent dans l'espace, d'identifier les valeurs qui la cimentent ou les failles qui la menacent d'un effondrement plus ou moins imminent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, avec la d&#233;couverte de l'inconscient et l'id&#233;e &#233;mergente que l'individu n'est pas fait d'une pi&#232;ce, que le sujet est en lui-m&#234;me divis&#233;, &#233;clat&#233; en plusieurs instances qui ne communiquent pas, ce sont les m&#233;taphores architecturales cette fois qui sont r&#233;investies pour d&#233;crire la structure de la psych&#233;. &#201;difices fractur&#233;s et architectures impossibles deviennent alors des images commun&#233;ment invoqu&#233;es pour tenter de d&#233;crire les fondements de la vie psychique ordinaire comme les troubles psychiatriques les plus aigus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, la psychanalyse cherche ainsi &#224; d&#233;crire la structure du sujet au moyen de sch&#233;mas conceptuels qui s'agencent &#224; la mani&#232;re de volumes construits sur les bases de la topologie. L'architecture constitue ici un simple mod&#232;le, une mani&#232;re pratique de manipuler des notions difficilement saisissables. Elle ne cherche en aucun cas &#224; s&#233;dimenter la dynamique de la vie int&#233;rieure dans une th&#233;orie rigide, en la figeant dans une image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la m&#233;taphore, il s'agit de voir en quoi la question centrale de l'architecture rejoint celle de la construction du sujet : pris dans une relation entre le dedans et le dehors, l'individu comme le b&#226;timent se structurent autour du vide, du trou. En quoi l'habitat fait-il sens contre le r&#233;el, tout contre lui, en posant un mur pour pr&#233;server l'intime de l'autre, le familier de l'inqui&#233;tant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, des psychiatres mettent &#224; l'&#233;preuve les rapports qui peuvent s'&#233;tablir entre l'&#233;tat mental de leurs patients et la disposition des espaces au sein de leurs h&#244;pitaux. Comparant les structures d'un asile avec ses patients, &#224; celles d'une ville avec ses habitants, les conclusions de leurs exp&#233;riences s'av&#232;rent riches d'enseignements pour l'urbanisme. L'articulation des espaces habit&#233;s articule la vie sociale qui &#224; son tour, permet d'articuler l'identit&#233; de chacun. En r&#233;tablissant les liens de cette cha&#238;ne signifiante, la psychoth&#233;rapie institutionnelle remettra en cause le bien fond&#233; des cloisons sans ouverture, qui s&#233;parent aussi bien les espaces physiques que les disciplines et les fonctions sociales des individus. Ces cloisons, pos&#233;es pour &#233;vacuer les conflits, &#233;vacuent en m&#234;me temps toute possibilit&#233; de rencontre et fabriquent de l'angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sordre urbain, le chaos visuel, la confusion des activit&#233;s, l'absence de hi&#233;rarchisation entre les espaces, avaient beau &#234;tre condamn&#233;s par les b&#226;tisseurs d'utopies classiques ou les moralistes de l'&#232;re industrielle comme source de d&#233;s&#233;quilibre mental ; c'est dans l'entrem&#234;lement des espaces et des fonctions que la rencontre est rendue possible et que la ville fait sens, articulant des zones de d&#233;sirs et de conflits n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville inscrit dans l'espace une histoire. Les habitudes, les valeurs et les fantasmes des hommes qui y vivaient s'y lisent. Elle est comme une trace fossilis&#233;e des relations qui les animaient. Aussi, la structure d'une ville qui se forme en partant simultan&#233;ment de plusieurs endroits et ne cesse de se modifier au cours du temps, s'oppose &#224; la structure rigide, projet&#233;e d'un seul tenant &#224; partir d'un seul point d&#233;cisionnel dans un cadre pr&#233;alablement d&#233;fini. La structure de la ville, comme celle du sujet, n'est pas une chose fixe, elle se d&#233;ploie selon un mouvement vital qui la modifie en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition &lt;i&gt;Architectures int&#233;rieures&lt;/i&gt; propose ainsi de donner corps &#224; ces lectures qui entreprennent d'associer constructions architecturales et psychiques pour favoriser les glissements du mat&#233;riel au conceptuel. En ce sens, elle s'attachera &#224; rendre palpables les limites de l'abstraction intellectuelle, soulignant &#224; quel point notre rapport au monde sensible et les dispositions m&#234;me de notre corps d&#233;terminent nos modes de pens&#233;e. En quoi le fait de disposer de deux mains pour saisir, d&#233;placer et assembler les choses qui nous entourent, d&#233;termine notre mani&#232;re d'organiser nos pens&#233;es pour &#233;chafauder des th&#233;ories ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, l'exposition portera donc sur la mani&#232;re dont les volumes construits peuvent &#234;tre invoqu&#233;s jusque dans les discours pour faire image, facilitant la compr&#233;hension de rapports logiques complexes ou de ph&#233;nom&#232;nes difficiles &#224; appr&#233;hender.. Car l'exp&#233;rience de la d&#233;ambulation dans un espace construit nous est famili&#232;re, elle constitue toujours une voie d'acc&#232;s pour &#233;voluer dans l'espace des id&#233;es. D&#232;s qu'il s'agit de mettre en relation des concepts, de construire un raisonnement ou d'en retracer le cheminement, le vocabulaire de l'architecture s'impose tout naturellement. En tentant de donner corps aux m&#233;taphores architecturales, les objets qui cohabitent dans cette exposition invitent ainsi &#224; toucher ce qui rel&#232;ve de l'insaisissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le propos g&#233;n&#233;ral de l'exposition s'articule en trois espaces. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'eux aborde le sujet au travers d'un th&#232;me qui recoupe la division traditionnelle des instances de l'esprit : la psych&#233;, la m&#233;moire et la raison. Ce d&#233;coupage d&#233;fini par la philosophie classique propose une forme de cloisonnement ouvert par ces trois angles d'approche. Chacune des salles s'en trouve &#224; la fois li&#233;e et s&#233;par&#233;e des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du parcours, une suite de petits textes raconte par fragments l'histoire de cette ancienne m&#233;taphore qui associe structures mentales et architecturales. De leur c&#244;t&#233;, les &#339;uvres entrent en r&#233;sonance avec le propos sans jamais chercher &#224; l'illustrer, s'inscrivant en porte-&#224;-faux pour jouer de la discontinuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/5_image-57165.jpg?1772196118' width='500' height='667' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'architecture comme structure du sujet, la structure du sujet comme architecture &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi l'image d'un &#233;difice donnerait-elle une id&#233;e de la mani&#232;re dont une personnalit&#233; se charpente ? La repr&#233;sentation du psychisme sous la forme d'une maison pavillonnaire constitue l'une des id&#233;es pr&#233;fabriqu&#233;es les plus r&#233;pandues en mati&#232;re de psychologie. Le moi y est g&#233;n&#233;ralement figur&#233; par un &#233;difice plus ou moins stable, plus ou moins solide ou fissur&#233;. M&#234;me lorsqu'elles d&#233;crivent la pathologie, ces constructions imaginaires semblent ob&#233;ir aux lois rassurantes de la pesanteur, leurs volumes s'articulent selon notre exp&#233;rience de l'espace. C'est donc tout naturellement Ouvrage complexe de charpente, l'&#339;uvre d'un artisan charpentier, Hugues Retif, qui nous introduit dans le premier espace de l'ex- position, nous invitant &#224; consid&#233;rer sur une maquette les les ar&#234;tiers, les arbal&#233;triers et les contrefiches qui, allant de biais, font pourtant la solidit&#233; d'une toiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'opposant &#224; cette imagerie simpliste, la psychanalyse rappelait que l'individu n'&#233;tait pas ma&#238;tre en sa demeure et que de telles repr&#233;sentations, solidement ancr&#233;es dans le sol, ne permettaient pas de d&#233;crire les fondements de la vie psychique. La structure du sujet, m&#234;me la plus norm&#233;e, est d&#233;termin&#233;e par l'incoh&#233;rence et la discontinuit&#233;. Au-del&#224; de la m&#233;taphore, si l'individu et l'architecture ont un point commun, c'est bien celui de se structurer dans une relation entre un dedans et un dehors. Dans les deux cas, il s'agit de construire autour d'un vide, d'un trou central et de structurer ce vide. L'architecture aurait ainsi pour fonction premi&#232;re d'&#233;riger des murs contre un dehors angoissant, a n de pr&#233;server l'intime de l'autre, le familier de l'&#233;tranger, le rassurant de l'inqui&#233;tant et faire foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Mengzhi Zheng, &lt;i&gt;Pli / D&#233;pli&lt;/i&gt;, apparaissant sous la forme d'une maquette de maison pavillonnaire dont les ar&#234;tes auraient &#233;t&#233; &#233;clat&#233;es, place le vide en son centre. Cet &#233;difice utopique, o&#249; dedans et dehors s'interp&#233;n&#232;trent, rel&#232;ve &#224; la fois de la maquette en volume et du patron d&#233;pli&#233;. Il semble se d&#233;ployer simultan&#233;ment dans plusieurs espaces qui coexistent dans des dimensions parall&#232;les. L'&#339;uvre propose ainsi d'appr&#233;hender ce qu'est le vide structur&#233; par l'architecture et par le sujet : un vide qui est &#224; la fois dedans et dehors. Car, en psychanalyse comme en architecture, l'&#233;quilibre repose sur les zones de passage entre le dedans et le dehors. Il faut que &#231;a circule entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur. Qu'il y ait &#233;quilibre entre les mouvements centrip&#232;tes et centrifuges, le repli et l'ouverture, le familier et l'&#233;tranger, la s&#233;curit&#233; et le risque. L'ouverture totale, comme la fermeture absolue des cloisons, produit de l'angoisse, m&#234;me si les images de maisons imp&#233;n&#233;trables ou d'int&#233;rieurs lib&#233;ralement ouverts par de grandes baies vitr&#233;es constituent des repr&#233;sentations norm&#233;es de la tranquillit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les m&#233;taphores architecturales, outre celle du pavillon, celle du th&#233;&#226;tre de la conscience est &#233;galement des plus r&#233;currentes. Faisant &#233;cho &#224; ce lieu commun, les quatre maquettes de Yann Rocher issues de la s&#233;rie des &lt;i&gt;Th&#233;&#226;tres-Fictions&lt;/i&gt;, mettent en sc&#232;ne ce qui peut s'y jouer. Repli&#233;es sur elles-m&#234;mes, elles font co&#239;ncider bo&#238;te sc&#233;nique et bo&#238;te cr&#226;nienne. Chacun de ces petits &#233;difices est ainsi le &#233;difi&#233; par un concept, une id&#233;e abstraite qui, une fois projet&#233;e, devient projet. Le &lt;i&gt;Th&#233;&#226;tre mental&lt;/i&gt;, tenant &#224; la fois de l'observatoire et du mausol&#233;e, offre un point de vue st&#233;r&#233;oscopique sur la radiographie en coupe d'un cr&#226;ne, dans les cavit&#233;s duquel un th&#233;&#226;tre est am&#233;nag&#233;. A l'&#233;chelle de l'individu, la fermeture totale du b&#226;timent et la mention de l'h&#244;pital sur la radiographie peuvent renvoyer au petit th&#233;&#226;tre int&#233;rieur de l'introspection. A l'&#233;chelle de la ville, elles peuvent aussi bien renvoyer &#224; la situation du th&#233;&#226;tre dans son rapport au lien social. De m&#234;me, le &lt;i&gt;Th&#233;&#226;tre panoptique&lt;/i&gt; r&#233;ifie tout &#224; la fois un id&#233;al politique totalitaire, que l'utopie du contr&#244;le absolu de soi par la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En retournant comme un gant le dispositif du th&#233;&#226;tre pour faire du spectateur le centre du spectacle, le &lt;i&gt;Th&#233;&#226;tre &#224; loge&lt;/i&gt; entretient aussi ce double jeu. Il incarne aussi bien la dimension sp&#233;culaire de la formation du sujet, qui commence &#224; exister en se voyant vu par les autres ; que la position du public, allant parfois uniquement au th&#233;&#226;tre pour se voir y prendre place. Le &lt;i&gt;Th&#233;&#226;tre fant&#244;me,&lt;/i&gt; prend pour sa part la forme d'un navire dont la coque squelettique d&#233;coupe une lyre, invocation symbolique du pouvoir de l'art qui est cens&#233; ouvrir les hommes &#224; l'harmonie du monde. Mais trop ouverte, la lyre ne peut r&#233;sonner. Il lui manque ce que les luthiers nomment une &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre m&#233;taphore, la forteresse avec ses remparts et ses tours, &#233;rig&#233;e pour se prot&#233;ger des intrusions ou se couper litt&#233;ralement du monde, est aussi en t&#234;te des repr&#233;sentations collectives. L'association de la pierre &#224; la douleur, identifi&#233;e en psychanalyse comme une aperception corporelle &#233;l&#233;mentaire, fait de la fortification une image privil&#233;gi&#233;e d&#232;s qu'il s'agit de repr&#233;senter les ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;fense contre les agressions. Les traumatismes, de leur c&#244;t&#233;, se feront fissures, br&#232;ches ou failles. Ces images s'av&#232;rent ainsi compl&#233;mentaires. L'une est en saillie, l'autre en creux. Sur ce principe, &lt;i&gt;Fortifications post-traumatiques&lt;/i&gt; de Norbert Godon donne &#224; voir la mani&#232;re dont un rempart est &#233;rig&#233; &#224; l'endroit m&#234;me d'une fissure, pour enclore la zone fractur&#233;e. L'&#339;uvre mat&#233;rialise ainsi des m&#233;taphores employ&#233;es pour d&#233;crire un processus de d&#233;fense n&#233;cessaire avant toute r&#233;silience. Suite &#224; un traumatisme, le sujet cherche &#224; l'endiguer pour &#233;viter de retourner &#224; l'endroit sensible. Le dessin d'une fissure de trottoir a ainsi &#233;t&#233; extrud&#233; avec les mat&#233;riaux les plus pr&#233;caires possibles, en l'occurrence du carton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au del&#224; des typologies de constructions, le rapport entre sujet et architecture rejoint encore la question des cloisons et de leurs ouvertures. Pour se mettre &#224; l'abri de l'angoissante &#233;tranget&#233; du r&#233;el qui est dehors, le sujet se d&#233;finit un espace familier, un int&#233;rieur. Il se coupe du monde en y m&#233;nageant comme une zone de r&#233;serve, en lui imposant des limites pr&#233;cises, qui l'isole des fluctuations chaotiques et incessantes du monde, un endroit o&#249; elles n'ont plus cours. Le sujet se construit en &#233;rigeant des murs qui lui permettent de se pr&#233;server, d'accompagner la transformation perp&#233;tuelle des choses, l'inattendu, l'impr&#233;visible, l'absurde. A l'int&#233;rieur, tout se fige pour un temps. Semblables aux zones de r&#233;serve anguleuses que Sophie Pouille m&#233;nageant la grisaille de la s&#233;rie &lt;i&gt;Ecotone de la psych&#233;&lt;/i&gt; les fronti&#232;res toutes arbitraires qui sont impos&#233;es au r&#233;el par le sujet dessinent des aires de repos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quilibre du sujet se trouve ainsi menac&#233; lorsqu'il est mal ferm&#233; sur l'ext&#233;rieur et que le r&#233;el, dans tout son caract&#232;re angoissant, entre librement dans son espace int&#233;rieur. Mais son &#233;quilibre est &#233;galement menac&#233; lorsqu'&#224; l'inverse, l'espace int&#233;rieur, dans tout son caract&#232;re familier, est totalement coup&#233; de l'ext&#233;rieur, ne pr&#233;sentant aucune ouverture. A trop vouloir s'en isoler, l'angoisse du r&#233;el surgit alors de l'int&#233;rieur. Le familier apparait &#233;tranger, ce qui devait rassurer inqui&#232;te, ce qui ne devait rester inchang&#233; change &#224; vue. Le vide que structure le sujet est aussi bien &#224; l'ext&#233;rieur qu'&#224; l'int&#233;rieur. Le &lt;i&gt;Carr&#233; Noir&lt;/i&gt;, d'Antoine Schmitt r&#233;alis&#233; avec un simple stylo sur une feuille d'imprimante, montre le trajet d'une ligne qui tourne autour d'un centre vide et, bille en t&#234;te, s'y cogne sans cesse. Les obsessions deviennent envahissantes, la peur de ce qui est contourn&#233; augmente &#224; force d'&#234;tre contourn&#233;, l'&#233;vitement de l'angoisse devient source d'angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH618/1_image-5-ff1c8.jpg?1511806674' width='500' height='618' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ecotone de la psych&#233;, Sophie Pouille, 2017
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;riau au moyen duquel le sujet &#233;rige des murs pour se prot&#233;ger de l'intrusion du r&#233;el n'est autre que sa langue. Le sujet habite sa maison comme il habite sa langue. Elle pose des cloisons, d&#233;coupe et articule le monde en cat&#233;gories. Les mots, comme les murs, structurent le r&#233;el qui n'a aucun sens a n de lui en donner un. L'espace inhabitable s'articule alors en lieux. Les estampes issues du projet &lt;i&gt;Glossolalies&lt;/i&gt; de Fr&#233;d&#233;ric Dumond sont comme une r&#233;miniscence ce principe, au fondement des rapports entre structure du sujet et architecture, entre habitat et parole. Ces plans de b&#226;timents enti&#232;rement faits de mots invitent des langues de tous les continents &#224; se croiser. Poursuivant depuis plusieurs ann&#233;es le projet utopique de composer un po&#232;me en perp&#233;tuel mouvement dans toutes les langues du monde, l'artiste livre ici un fragment d'un vaste &#233;difice en cours d'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#234;ves, de m&#234;me que les contes et autres r&#233;cits traditionnels, agencent volontiers symboles et m&#233;taphores architecturales pour figurer les m&#233;andres de la vie affective. Remparts, murs, portes, fen&#234;tres, cours, couloirs et autres lieux de passages mat&#233;rialisent ainsi la circulation des d&#233;sirs et les contraintes qui s'&#233;rigent sur leur chemin. Ici, l'image du b&#226;ti semble capable de repr&#233;senter les &#233;motions lorsque, pr&#233;cis&#233;ment, la structure du b&#226;ti &#233;chappe &#224; toute repr&#233;sentation, dessinant des espaces aux dispositions incertaines et changeantes. Les &lt;i&gt;Perspectives int&#233;rieures&lt;/i&gt; de Fr&#233;d&#233;ric Khodja, d&#233;plient ainsi les espaces oniriques &#224; la mani&#232;re d'une involution, o&#249; la surface m&#234;me de la feuille se prend au jeu de retournements impossibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la fonction d'une architecture &#233;tait d'habiter la m&#233;moire des hommes qui y vivent en devenant support de leurs &#233;motions, sans doute devrait-elle &#234;tre &#224; l'image de ces espaces que les r&#234;ves articulent.. Elle serait alors con&#231;ue de mani&#232;re &#224; ce qu'on ne puisse jamais en avoir une vision d'ensemble exacte. Se livrant de fa&#231;on partielle, elle offrirait des aspects toujours diff&#233;rents selon l'&#233;motion qu'on lui pr&#234;te. &#201;trang&#232;res &#224; toute consid&#233;ration de mesure, ces architectures seraient pens&#233;es en termes de contrastes et d'&#233;v&#233;nements. Elles m&#233;nageraient enfin des nombreuses zones de jeu entre les tensions qui l'animent : des endroits o&#249; le ferm&#233; s'ouvre et l'ouvert se ferme, o&#249; la p&#233;riph&#233;rie investit le centre et le centre la p&#233;riph&#233;rie, o&#249; le dehors et le dedans s'investissent et o&#249; les obstacles favorisent la circulation plut&#244;t que l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/6_image-55db9.jpg?1772196118' width='500' height='667' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;moire comme architecture, l'architecture comme m&#233;moire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;ars memoriae&lt;/i&gt; de l'antiquit&#233;, issus des premiers trait&#233;s de rh&#233;torique, supposaient des orateurs qu'ils ordonnent leur m&#233;moire en &#233;difiant des villes imaginaires. Les souvenirs devaient &#234;tre d&#233;pos&#233;s dans l'enceinte de b&#226;timents imaginaires. Ils pouvaient alors y d&#233;ambuler pour suivre &#224; volont&#233; le cheminement d'un discours ou d'une r&#233;flexion. Les plans des &#233;difices imaginaires, form&#233;s sur le mod&#232;le des cit&#233;s que les orateurs fr&#233;quentaient au quotidien, en constituaient sans doute autant de r&#233;pliques immat&#233;rielles, d&#233;form&#233;es par le souvenir de chacun. Se fondant sur les vestiges de telles pratiques, l'&#233;dification de la morale religieuse au cours du Moyen Age &#233;tablit une concordance entre espaces physiques et symboliques. La traduction du discours dans l'espace trouvait alors une dimension morale toute nouvelle. Entre architecture gothique et pens&#233;e scolastique, s'&#233;tablissait une homologie de structure qui faisait de l'architecture religieuse, et des villes par extension, une forme d'&#233;criture dont l'influence ne devrait d&#233;cliner qu'avec l'invention de l'imprimerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la Renaissance, diff&#233;rentes utopies d'inspiration religieuse figurent des villes fortifi&#233;es dont les enceintes sym&#233;triques d&#233;veloppent sur leurs murs des versets entiers de la bible. Rev&#234;tant une dimension toute symbolique, elles incarnent l'espace mental du fid&#232;le prot&#233;g&#233; dans sa foi par les pr&#233;ceptes et les saints commandements qu'il garde en m&#233;moire. Les quatre &lt;i&gt;Carr&#233;s d'&#226;mes&lt;/i&gt; de Matthieu Pilaud articulent chacun, au moyen d'aimants, quatre modules de bois qui redessinent comme l'emprunte laiss&#233;e dans la m&#233;moire collective par ces remparts. Ils alternent courbes et contrecourbes &#224; la mani&#232;re des fortifications id&#233;ales &#233;rig&#233;es dans le pass&#233;. Mais la dimension g&#233;om&#233;trique et r&#233;p&#233;titive du motif qui pouvait symboliser l'application rigide d'une doctrine id&#233;aliste est ici compens&#233;e par un principe de combinaison al&#233;atoire. Le jeu des aimants vient redonner vie &#224; la r&#232;gle. Le mod&#232;le fixe, imp&#233;rieux, s'en trouve assoupli et peut &#234;tre anim&#233; : au sens &#233;tymologique, une &#226;me lui est insuffl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;investie et remise en question par la psychanalyse au d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle, l'association entre ville et m&#233;moire am&#232;ne un nouveau renversement des termes. C'est &#224; la ville de repr&#233;senter le processus de construction de la m&#233;moire individuelle. Il s'agit de comparer la mani&#232;re dont la m&#233;moire et la ville historique se structurent. La ville conserve- rait les traces de ses &#233;tats pass&#233;s jusque dans ses fondations r&#233;centes. Le pass&#233; structure donc le pr&#233;sent, moins en raison des ruines qu'on peut exhumer ici et l&#224;, qu'en raison de la disposition m&#234;me des b&#226;timents disparus, dont l'emplacement d&#233;termine le plan de la ville actuelle. Les phases ant&#233;rieures se perdent dans les suivantes, auxquelles elles abandonnent leur mati&#232;re. Tel est le mode de conservation du pass&#233; propre &#224; la vie psychique. Si rien ne dispara&#238;t de ce qui s'est form&#233;, tout repara&#238;t sous une forme &#224; chaque fois renouvel&#233;e. La m&#233;moire conserve les souvenirs en les remoulant sans cesse, copiant la copie, puis la copie de la copie, pour s'&#233;loigner toujours un peu plus de l'original.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mat&#233;rialisant le mode de conservation des souvenirs, Les &lt;i&gt;Hybrides&lt;/i&gt; de Sara Favriau sont r&#233;alis&#233;s &#224; partir de moulages en pl&#226;tre de divers emballages d'outillages et autres produits industriels. Et ces emballages, qui ont eux m&#234;me &#233;t&#233; moul&#233;s pour &#233;pouser grossi&#232;rement la forme de l'objet qu'ils devaient prot&#233;ger, sortent alors des volumes simplifi&#233;s. L'artiste vient ensuite creuser, gratter, retailler ces &#233;pigones pour faire ressurgir les miniatures de ruines antiques que leurs formes sugg&#233;raient. Les moulages ainsi retaill&#233;s comme les souvenirs, &#233;pousent pleinement les arch&#233;types de la ruine qui s'y superposaient par r&#233;miniscence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_image-6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH359/2_image-6-59498.jpg?1772196118' width='500' height='359' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hybrides [d&#233;tail], Sara Favriau, 2014
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces vestiges tous neufs, sortis de moules pr&#233;fabriqu&#233;s relevant du monde industriel, une fois exhum&#233;s du pr&#233;sent, &#233;tablissent un pont entre le nouveau et l'ancien. Parall&#232;lement, le rapport &#224; la miniature permet de faire entrer l'espace public dans l'univers intime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposant un nouveau retournement des termes de l'analogie, les th&#233;oriciens du mouvement architectural de l'organicisme ainsi que des tenants du vitalisme, proposent d'envisager la structure des villes historiques comme porteuse d'une m&#233;moire propre. La ville historique porte la m&#233;moire des g&#233;n&#233;rations qui l'ont b&#226;tie, accueillant ses nouveaux habitants dans un espace partag&#233; en les invitant &#224; participer &#224; cette histoire commune. Chaque cellule d'habitat donne &#224; voir, non seulement la place qu'occupaient les individus disparus, mais aussi leurs relations et les valeurs qui ont d&#233;fini leurs positions les unes par rapport aux autres. En tant qu'inscription de l'homme dans l'espace, l'architecture aurait ainsi pour fonction de m&#233;nager une place aux histoires personnelles dans le r&#233;cit urbain et, comme l'&#233;criture, de faire trace, de garder m&#233;moire de leur appartenance &#224; l'histoire collective. Elle d&#233;termine ainsi la mani&#232;re dont chaque habitant se sent int&#233;gr&#233; dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;moire vivante de la ville, &#233;maill&#233;e d'oublis, de trous, est n&#233;anmoins lisible dans son ensemble. Elle diff&#232;re des lieux de m&#233;moire que mat&#233;rialisent les monuments &#233;rig&#233;s par la volont&#233; pour momifier le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les os &#224; moelle que Konrad Loder conserve apr&#232;s chacun de ses repas pour les sceller dans l'&#233;tain, compose comme un paysage de ruines, des tron&#231;ons de colonnes &#233;croul&#233;es dont les hauteurs ne se d&#233;finissent pas en termes de mesure id&#233;ale, mais suivant les al&#233;as du vivant. &lt;i&gt;Osso buco&lt;/i&gt;, renvoie ainsi &#224; l'origine organique de notre volont&#233; d'&#233;riger des monuments en hauteur, colonnes, tours ou ob&#233;lisque. Mais plus encore l'&#339;uvre souligne l'importance des contingences r&#233;elles qui am&#232;nent de la variation dans la r&#233;p&#233;tition du m&#234;me, de l'al&#233;atoire dans la r&#232;gle, d&#232;s lors que l'on construit sur le long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;Carte m&#233;moire&lt;/i&gt; de Norbert Godon reproduit en laine d'acier le plan du vieux Lyon, tel que figur&#233; par une carte du seizi&#232;me si&#232;cle. Inversant les rapports de volumes, les grandes art&#232;res et l'ensemble des rues apparaissent en relief pour dessiner un r&#233;seau dense o&#249; l'emplacement de chaque b&#226;timent se r&#233;v&#232;le en creux. En mettant au premier plan les espaces de circulation et d'&#233;changes, le caract&#232;re organique du maillage des rues s'apparente &#224; un r&#233;seau veineux o&#249; qui semble &#234;tre d&#233;termin&#233; autant par la topographie de la presqu'&#238;le que par l'interaction de chaque cellule d'habitat. Entrelacs de cheveux gris ou amas de poussi&#232;re, les filaments de ce mat&#233;riau destin&#233; &#224; remettre les vieilles choses &#224; neuf invoquent le souvenir de cette vieille ville dans son caract&#232;re fragile et p&#233;rissable. L'ancienne disposition de la presqu'&#238;le a aujourd'hui totalement disparue, remplac&#233;e au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle par le mod&#232;le en damier qui r&#233;pondait aux besoins de l'industrie textile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#224; la mani&#232;re d'un palimpseste, la &lt;i&gt;Stratigraphie&lt;/i&gt; de Sophie Pouille, joue de la transparence du verre dont elle grave la surface pour faire appara&#238;tre les usages superpos&#233;s d'un m&#234;me lieu. L'&#339;uvre donne ainsi &#224; voir comment, &#224; partir d'un plan rigide impos&#233; au d&#233;part, la vie qui s'y d&#233;ploie, tentant d'en modifier les usages et les configurations, y superposant des infrastructures souvent pr&#233;caires et &#233;ph&#233;m&#232;res pour le rendre habitable. Les strates se recouvrent comme autant de corrections apport&#233;es au texte de d&#233;part, trop doctrinaire. L'&#233;nergie vitale vient progressivement brouiller les grandes lignes imp&#233;rieuses des premiers trac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/4_image-3-379d7.jpg?1772196119' width='500' height='667' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'architecture comme repr&#233;sentant de la raison, la repr&#233;sentation de raisonnements par l'architecture &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture renaissante voit dans l'application des figures goniom&#233;triques aux &#233;difices une mani&#232;re d'affirmer publiquement le r&#232;gne de la raison, annon&#231;ant un ordre moral nouveau. Les mod&#232;les du carr&#233;, du cercle, de l'hexagone, de l'&#233;toile et autres figures sym&#233;triques, constituent des symboles unificateurs &#224; m&#234;me de repr&#233;senter l'ordre promis par la ma&#238;trise raisonn&#233;e des passions. Avec ces figures d&#233;sincarn&#233;es, la recherche des proportions id&#233;ales par le calcul fait paradoxalement du corps l'origine de ses mod&#232;les. Car le corps y est d&#233;fini comme un corps type, un corps &#233;talon qui, une fois inscrit dans un cercle ou un carr&#233;, permet d'&#233;tablir des r&#232;gles de construction universelles. Dans la droite ligneuse de cette tradition, les cit&#233;es g&#233;om&#233;triques des utopies classiques fa&#231;onn&#233;es par l'esprit des lumi&#232;res, d&#233;terminent &#224; leur tour les &#233;difices de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire. Les places et monuments publics doivent imposer d'un bloc l'image d'un ordre moral fond&#233; sur la raison afin d'&#233;difier le peuple &#224; ses vertus. L'architecture &#233;rige la volont&#233; utopique de parfaire l'homme en rationalisant les structures sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Asphaltes&lt;/i&gt; de Simon Boudvin, s'empare de la figure de l'hexagone, figure id&#233;ale de la g&#233;om&#233;trie euclidienne et des anciens pavages en tomettes, pour la couler dans un mat&#233;riau contemporain des plus prosa&#239;ques, l'asphalte. C'est pourtant bien en hexagone que les premiers pains de bitume &#233;taient coul&#233;s au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle. L'&#339;uvre a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e au moyen d'exc&#233;dents de bitume r&#233;cup&#233;r&#233;s &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'une route puis remoul&#233; pour &#233;pouser l'arch&#233;type d'une figure &#224; forte connotation mystique. L'association de cette forme id&#233;ale &#224; un mat&#233;riau issu du pourrissement de mati&#232;res organiques ram&#232;ne le fantasme de la rationalisation du b&#226;ti au ras du sol. Nos villes se construisent sur la base de nos d&#233;chets, et plus particuli&#232;rement sur ceux de la voiture &#224; essence, qui a reconfigur&#233; le paysage au vingti&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en r&#233;ponse la &lt;i&gt;Boucharde d'urbaniste&lt;/i&gt; de Matthieu Pilaud, nonchalamment adoss&#233;e sur un pan de mur comme le balais d'un technicien de surface peu consciencieux, propose un paradoxe. La boucharde, rouleau pr&#233;sentant une sorte de tampon en bas-relief, est l'un des outils les plus anciens &#224; &#234;tre utilis&#233;s pour obtenir des frises d&#233;coratives, notamment employ&#233; dans la poterie. L'urbanisme est quant &#224; lui une apparu &#224; un moment de l'histoire o&#249; le discours architectural le plus influent pr&#244;nait l'abolition de tout &#233;l&#233;ment d&#233;coratif. Discours amus&#233; sur le formalisme donc, sur un probl&#232;me de mise &#224; plat. Le plan devient le lieu o&#249; l'on joue avec des motifs, ces derniers ne pouvant plus &#234;tre appr&#233;ci&#233;s que d'avion, ou directement sur les planches de l'architecte. Autre paradoxe, le mod&#232;le dessin&#233; en bas-relief n'adopte pas le plan en damier des urbanistes progressistes, mais au contraire celui arch&#233;typal des rues de la vielle ville cher aux th&#233;oriciens structuralistes. Mani&#232;re de montrer qu'un mod&#232;le reste un mod&#232;le, et qu'il suppose la reproduction et la standardisation, m&#234;me s'il s'agit d'imiter du fait main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, l'enchev&#234;trement des constructions, la confusion des activit&#233;s, l'absence de hi&#233;rarchisation entre les espaces, le chaos visuel g&#233;n&#233;ral, seront r&#233;guli&#232;rement condamn&#233;s par les contempteurs de la ville industrielle. Le d&#233;sordre urbain constituerait une mise &#224; l'&#233;preuve du sens moral des habitants voire mise en p&#233;ril de leur &#233;quilibre mental. Les couples de notions opposant dos &#224; dos ordre et d&#233;sordre, raison et d&#233;raison, sain et malsain, se trouvent ainsi intimement associ&#233;s. Pr&#233;figurant le style international qui se d&#233;veloppe entre les deux guerres mondiales, les premi&#232;res unit&#233;s d'habitation r&#233;pondront ainsi aux besoins types de l'homme du vingti&#232;me si&#232;cle sur des bases orthogonales. L'industrialisation de l'habitat et la m&#233;canisation des esprits supposent un individu standardis&#233; &#224; l'image de l'espace qu'il occupe. L'habitat devient un habitacle qui sert &#224; ranger l'outil de production humain. Le design s'empare de l'architecture qui pense les formes des b&#226;timents &#224; la mani&#232;re dont on fait le packaging d'une bo&#238;te ou d'un &#233;tui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_image-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH325/3_image-5-9a2bf.jpg?1511806674' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Boucharde d'urbaniste, Matthieu Pilaud, 2005
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les deux pi&#232;ces issues de la s&#233;rie &lt;i&gt;Heaumes&lt;/i&gt; de Matthieu Pilaud renvoient &#224; cette question au travers d'une r&#233;flexion proprement sculpturale. Faisant r&#233;f&#233;rence &#224; un ancien casque qui couvrait le visage des guerriers, le titre Heaumes renvoie &#233;galement, dans un anglais approximatif, &#224; la maison con&#231;ue en tant que foyer. Image de l'habitat d&#233;fensif par excellence, ces deux figures ne vont pas sans &#233;voquer les constructions contemporaines qui exhibent des habitacles plus ou moins courbes en partant ouvertement du principe qu'un b&#226;timent doit se d&#233;tacher et s'isoler de son environnement imm&#233;diat, voire se replier &#224; l'int&#233;rieur de sa coquille pour ne pas en subir l'influence d&#233;structurante. Mais il s'agit bien ici de sculptures, et en cela d'objets, qui n'ont pas pr&#233;tention &#224; devenir des habitats. Ils sont faits pour &#234;tre contenus dans un champ de vision surplombant. Pour cette raison, elles restent &#224; l'&#233;chelle de la main, qui peut virtuellement les englober. Le jeu entre contenant et contenu est pr&#233;cis&#233;ment ce qui les structure. Leur forme concave englobe elle-m&#234;me un vide central et ces sculptures jumelles peuvent servir potentiellement de moules &#224; d'autre pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Seuil d'empi&#232;tement des distances personnelles&lt;/i&gt; de Norbert Godon mat&#233;rialise quant &#224; elle une construction th&#233;orique. Cet encastrement de chinois de cuisine donne &#224; voir l'enchev&#234;trement de bulles prox&#233;miques, notion form&#233;e dans les ann&#233;es soixante qui repr&#233;sente la distance personnelle observ&#233;e entre les membres d'une m&#234;me soci&#233;t&#233;. Cette distance joue le r&#244;le d'une bulle invisible qui entoure les organismes et d&#233;termine leurs relations. Dans une ville, le chevauchement non d&#233;sir&#233; des bulles en raison d'un manque d'espace est per&#231;u comme une intrusion et engendre de l'anxi&#233;t&#233;. Ce mod&#232;le montre que les individus dominants ont non seulement le privil&#232;ge d'&#234;tre souvent au centre de l'espace mais &#233;galement de b&#233;n&#233;ficier d'une distance personnelle plus grande que ceux qui occupent des positions inf&#233;rieures dans la hi&#233;rarchie. D'autre part, en dehors de la force centrifuge qui pousse les individus &#224; se tenir &#224; distance les uns des autres, une force centrip&#232;te les pousse &#224; ne pas franchir une distance psychologique au-del&#224; de laquelle l'anxi&#233;t&#233; commence &#224; se d&#233;velopper. On peut assimiler cette distance sociale &#224; un cercle invisible dont les limites enserreraient le groupe. Ce mod&#232;le invent&#233; pour s'opposer aux principes de l'urbanisme progressiste cherchait &#224; envisager la fonction des villes autrement qu'en termes de productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi dans le champ de l'urbanisme, le d&#233;sir d'ordre qui conduit &#224; figer le plan d'une ville sous couvert de rationalit&#233;s s'av&#232;rera aussi dangereux pour l'&#233;quilibre mental de ses habitants, qu'il s'av&#232;rera dangereux en psychanalyse de vouloir figer la structure du sujet dans une repr&#233;sentation taxinomique sous pr&#233;texte d'en clarifier les structures. Pour les tenants des th&#233;ories vitalistes, c'est &#224; l'inverse dans l'entrem&#234;lement des espaces et des fonctions que la ville offre une assise &#224; l'&#233;quilibre mental de ses habitants et conforte leur sens civique. Am&#233;nageant des zones de socialit&#233; o&#249; d&#233;sirs et conflits cohabitent, il s'agit de g&#233;n&#233;rer de la rencontre. La structure des villes historiques, se formant progressivement &#224; partir d'un foyer et se modifiant librement au cours du temps, s'oppose ainsi &#224; la structure projet&#233;e d'un seul tenant &#224; partir d'un cadre d&#233;fini, pour adopter une forme irr&#233;m&#233;diablement fig&#233;e. La ville doit pouvoir se d&#233;velopper dans le temps, suivant le mouvement vital qui la conduit &#224; &#234;tre modifi&#233;e en permanence par ses occupants m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;Organigramme du comportement obsessionnel&lt;/i&gt; de Norbert Godon est compos&#233; de l'encastrement d'une centaine de peignes dessinant un organigramme dont les cases ont &#233;t&#233; vid&#233;es de leur contenu informatif. Il &#233;tablit visuellement comme un raccourci entre les graphiques employ&#233;s dans le champ des sciences humaines et les plans d'architectures modernistes. Dans les deux cas, un m&#234;me go&#251;t pour l'orthogonalit&#233; s'exprime. L'assemblage donne &#224; appr&#233;hender de mani&#232;re sensible le plaisir que l'on peut &#233;prouver &#224; s'adonner &#224; une activit&#233; r&#233;p&#233;titive d'o&#249; l'impr&#233;vu est &#233;vacu&#233;, autrement dit &#224; ses pulsions de mort, sympt&#244;me de la n&#233;vrose obsessionnelle. Le plaisir manuel invoqu&#233; par l'encastrement des peignes, dont les encoches sont d&#233;j&#224; toutes faites, rejoint le plaisir intellectuel que l'on peut ressentir &#224; remplir des grilles pr&#233;&#233;tablies, pour aligner des chiffres ou des mots qui se croisent : un plaisir de construction d'o&#249; l'accident est &#233;vacu&#233;, et le r&#233;el avec lui, car tout a &#233;t&#233; pens&#233; d'avance. Si le mod&#232;le de l'orthogonalit&#233; trouve en lui-m&#234;me son origine dans les app&#233;tences perceptives de l'homme, c'est sans doute dans la culture du rationalisme qu'il faut chercher l'origine de son emploi compulsif. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Norbert Godon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://formeselementaires.com/" class="spip_out"&gt;Formes &#233;l&#233;mentaires - Architectures int&#233;rieures&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;A&#768; l'Attrape couleurs &lt;br class='autobr' /&gt;
du dimanche 5 novembre au dimanche 17 d&#233;&#769;cembre 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
Mairie annexe de Saint-Rambert, l'Ile Barbe, Place Henri Barbusse, 69009 Lyon &lt;br class='autobr' /&gt;
09 64 29 06 57, &lt;br class='autobr' /&gt;
attrape.couleurs@wanadoo.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.attrape-couleurs.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.attrape-couleurs.com&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ouvert du mercredi au dimanche de 14h a&#768; 18h ou sur rdv Entre&#769;e libre et me&#769;diateur a&#768; disposition du public Visites et ateliers de l'exposition sur re&#769;servation &lt;br class='autobr' /&gt;
Artistes commissaires &lt;br class='autobr' /&gt;
Norbert Godon et Sophie Pouille&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec &lt;br class='autobr' /&gt;
Simon Boudvin, Fre&#769;de&#769;ric Dumond, Sara Favriau, Fre&#769;de&#769;ric Khodja, Konrad Loder, Matthieu Pilaud, Hugues Retif, Yann Rocher, Antoine Schmitt, Mengzhi Zheng. &lt;br class='autobr' /&gt;
Charge&#769;s de l'exposition : Laura Ben Hai&#776;ba et Gilles Maignaud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Couverture : Fortification post-traumatique, Norbert Godon, 2016 &#169; Damien Arlettaz &lt;br class='autobr' /&gt;
Association formeselementaires.co&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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