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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Ce que nous sommes...</title>
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		<dc:date>2019-09-28T11:10:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Louis Poitevin et Vittoria Gerardi</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>galerie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour sa nouvelle exposition personnelle &#224; la galerie Thierry Bigaignon, la jeune artiste photographe Vittoria Gerardi nous entra&#238;ne dans une m&#233;ditation que seules des images de ruines rendent possibles. En choisissant de poser son appareil dans le paysage nu et d&#233;vast&#233; mais magique de Pomp&#233;i, elle convoque non seulement les fant&#244;mes du pass&#233; mais les arcanes de notre pr&#233;sent. L'inventivit&#233; de sa d&#233;marche la conduit &#224; proposer non tant un regard sur cette ville d'hier qu'&#224; nous offrir une vision sur notre situation de toujours.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Italie" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/galerie" rel="tag"&gt;galerie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH122/arton1508-64b32.jpg?1772198979' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour sa nouvelle exposition personnelle &#224; la galerie Thierry Bigaignon, la jeune artiste photographe Vittoria Gerardi nous entra&#238;ne dans une m&#233;ditation que seules des images de ruines rendent possibles. En choisissant de poser son appareil dans le paysage nu et d&#233;vast&#233; mais magique de Pomp&#233;i, elle convoque non seulement les fant&#244;mes du pass&#233; mais les arcanes de notre pr&#233;sent. L'inventivit&#233; de sa d&#233;marche la conduit &#224; proposer non tant un regard sur cette ville d'hier qu'&#224; nous offrir une vision sur notre situation de toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que nous ne voulons pas savoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vittoria Gerardi est une po&#233;tesse contemporaine qui au lieu de nous plonger dans une m&#233;ditation par les mots y parvient, comme rarement photographes le font, par des images. Elle prouve, et cela est plus que n&#233;cessaire en des temps o&#249; les images ne cessent de soi-disant refl&#233;ter la r&#233;alit&#233;, que certaines images peuvent &#234;tre des vecteurs de pens&#233;es et de r&#234;veries partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui n'a justement r&#234;v&#233; d'aller un jour &#224; Pomp&#233;i ? Nombreux sont ceux qui ont fait le voyage &#224; Naples et pris le train pour descendre &#224; la gare qui dessert la ville morte. Plus nombreux ceux qui ne l'ont pas encore fait. Mais chacun de nous a au moins dans un coin de sa m&#233;moire quelques images de ces ruines magiques et chacun a donc d&#233;j&#224; v&#233;cu en r&#234;ve ne serait-ce que quelques instants dans ce monde qui fut si longtemps effac&#233; de la m&#233;moire des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Pomp&#233;i est aussi un morceau de m&#233;moire partag&#233;e m&#234;me par ceux qui ne connaissent pas son nom. Car les ruines sont partout dans chaque pays, dans chaque culture dans chaque civilisation et comme telles, lorsqu'elles surgissent devant nous au d&#233;tour dune for&#234;t ou derri&#232;re des murs, dans un recoin de ville moderne ou dans un d&#233;sert plus aride que l'oubli, elles nous plongent dans un &#233;tat psychique particulier qui, probablement, est, malgr&#233; des sensibilit&#233;s culturelles diff&#233;rentes, commun &#224; toute l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;96&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/09_pompeii.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH405/09_pompeii-e65c0.jpg?1569669027' width='500' height='405' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vittoria Gerardi, Pompeii, House of the Venus in the Shell, Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les ruines ont ce pouvoir de nous entra&#238;ner au-del&#224; du pensable vers des zones o&#249; l'esprit sent qu'&#224; la fois il se perd et qu'en m&#234;me temps il se &#171; trouve &#187; ou plut&#244;t se d&#233;couvre. Car nous sommes tous des habitants de l'habitude. C'est ce qui fait notre force et constitue notre faiblesse : nous savons et ne voulons pas savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le leitmotiv de nos existences qu'elles soient br&#232;ves et orageuses ou longues et d&#233;licates. Et ce que nous ne voulons pas savoir se tient pourtant &#224; la fois en nous et devant nous. En nous, cela bruisse comme une poussi&#232;re qui se soul&#232;ve sous un souffle trop puissant. Devant nous cela s'exhibe comme une ombre qui s'&#233;chappe et pourtant semble nous avoir reconnu &#224; peine s'est-elle &#233;vanouie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux photographies r&#233;alis&#233;es par Vittoria Gerardi, voil&#224; ce qui s'avance vers nous, un balancement sempiternel qui nous r&#233;v&#232;le &#224; nous-m&#234;mes, un balancement qui nous fait osciller entre l'admiration et la tristesse. Admiration de ces ruines majestueuses affirmant leur puissance de s'opposer &#224; lui &#224; m&#234;me la peau du temps. Tristesse de tout ce que l'on sait m&#234;me si l'on ignore les d&#233;tails au sujet de cette ville engloutie en un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il nous faut bien accepter de comprendre que nous pensons &#224; la violence de cette si brutale disparition des habitants de cette ville tout en acceptant que ce n'est pas cela qui nous rend triste, mais de ne pas pouvoir faire revenir &#224; la vie le souvenir impossible de leur apparition.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13290 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH618/16_pompeii_o-bfea2.jpg?1569669027' width='500' height='618' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vittoria Gerardi, Pompeii, Odeon, courtesy Galerie Thierry Bigaignon
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De pierre et de pl&#226;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant il devient possible de faire face &#224; ces images de Pomp&#233;i et de commencer &#224; les regarder. Car elles ont cet &#233;trange pouvoir de se tenir devant nous plus affirmatives que toute d&#233;claration officielle de pr&#233;sence. C'est en tout cas cela qu'elles permettent de faire &#224; ces pierres fragiles, &#224; ces ombres effleurant des murs, &#224; ces traces &#224; peine perceptibles, s'afficher et s'affirmer au moyen et &#224; travers ces minces feuilles de papier sur lesquelles para&#238;t leur image au point de nous tenir t&#234;te et de s'adresser &#224; nous enfin avec la puissance de qui n'a plus rien &#224; prouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il y a quelque chose d'autre qui nous happe, quelque chose d'&#233;vident et de myst&#233;rieux &#224; la fois qui prend l'aspect de cette blancheur si inattendue enveloppant tout ce qui semble chercher &#224; exploser au jour et qui se trouve comme rel&#233;gu&#233; par cette blancheur m&#234;me dans un lointain miraculeux parce qu'il nous effleure justement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par les images que Vittoria Gerardi a r&#233;alis&#233;es &#224; Pomp&#233;i, les ruines sont comme m&#233;tamorphos&#233;es. C'est aussi &#224; cause de ce blanc du pl&#226;tre fin dont elle recouvre minutieusement ses images, qui en redouble de son immensit&#233; de vapeur la distance au point qu'elle s'inverse devant nous, pour nous, faisant exister dans une proximit&#233; vraie ce qui sinon n'aurait pour nom que celui de disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose s'avance en &#233;mergeant de l'au-del&#224; du temps. Quelque chose s'avance en diffractant la lumi&#232;re au point que tout semble appartenir &#224; l'envers des choses, &#224; cette partie du monde dans laquelle le n&#233;gatif est roi, celui qui hante la pens&#233;e comme celui qui hante les photographies. Quelque chose s'avance au rythme d'un souffle qui s'efface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pl&#226;tre est une vapeur qui fait revenir le lointain, ce monde d'avant le souvenir, ce monde d'au-del&#224; de la m&#233;moire, si pr&#232;s de nous que nous voyons non pas des ruines, non pas des images, mais le souvenir m&#234;me au moment o&#249; il se forme et qui co&#239;ncide en chacun de nous avec celui o&#249; il commence &#224; dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pierre, cette affirmation qui traverse le temps, se mue, un fois vaporis&#233;e de ce blanc magique, en aveu et cela alors m&#234;me qu'elle semble s'effacer cette fois pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;padding:56.25% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/361642994?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/361642994&#034;&gt;Vittoria Gerardi &#8211; Pompeii&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/user25678686&#034;&gt;TK-21&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le tombeau d'o&#249; chacun &#233;merge&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et puis dans cette exposition des &#339;uvres nouvelles, il y a les cubes, des cubes blancs dispos&#233;s comme des jouets apparemment sans fonction ou comme des d&#233;s de grande taille dont on aurait oubli&#233; de peindre les faces avec les points noirs indiquant les chiffres ou encore des bo&#238;tes oubli&#233;es qu'on viendrait de retrouver et qu'on aurait nettoy&#233;es pour que leur blancheur originelle redevienne &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si taille et forme varient l&#233;g&#232;rement, ces bo&#238;tes pos&#233;es au sol intriguent n&#233;cessairement. Et il faut en passer par la courte vid&#233;o qui permet de comprendre le processus de cr&#233;ation de ces objets inattendus. Car il ne faut pas attendre longtemps pour remarquer la pr&#233;sence au centre de chaque cube &#233;mergeant du blanc intense un fine ligne sombre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH749/03_pompeii-5f0d5.jpg?1569669027' width='500' height='749' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vittoria Gerardi, Pompeii, installation view
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et en regardant ce film on comprend. Vittoria Gerardi a repris le processus qui a permis sur les fouilles de Pomp&#233;i de donner forme aux corps absent&#233;s dissouts pas la lave mais ayant laiss&#233; en creux une marque de leur pr&#233;sence. Outre le fait qu'elle y cite une sc&#232;ne du &lt;i&gt;Voyage en Italie&lt;/i&gt; de Roberto Rossellini, elle r&#233;v&#232;le la mani&#232;re qu'elle a eu de travailler pour r&#233;aliser ces cubes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit tout simplement de pl&#226;tre coul&#233; dans des moules et dans lesquels encore humides l'artiste glisse un image dont elle ne laisse affleure que la bande sup&#233;rieure. Le reste se comprend de soi-m&#234;me. Elle prolonge redouble et inverse le processus d'excavation des corps par remplacement du vide par le plein du pl&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle inscrit l'image dans le magma de la mati&#232;re, une forme de temps coagul&#233; qui n'a plus rien &#224; voir avec les temps des horloges ni d'ailleurs avec celui des souvenirs mais avec la mati&#232;re m&#234;me des sentiments qui n'existent que de s'imprimer dans la chair qui les porte et les garde mais les rend invisibles en tant que tels sinon lorsqu'ils finissent par affleurer &#224; travers gestes et mots avant de retourner creuser leurs galeries au gr&#233; du syst&#232;me nerveux dans la trame de la chair.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;77&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH749/13_pompeii-eb7d5.jpg?1569669027' width='500' height='749' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vittoria Gerardi, Pompeii, Sculptures 4, Courtesy Galerie Thierry Bigaignon
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce qui se produit avec ces cubes de pl&#226;tre polis est de l'ordre d'une r&#233;v&#233;lation. Elle concerne l'image, sa fonction et sa puissance, sa fragilit&#233; et son impuissance et elle vient toucher en chacun de nous l'id&#233;e de l'impossible qui nous hante, non tant celle de la mort que celle d'une renaissance possible, d'une r&#233;surrection. C'est Lazare qui semble chercher &#224; sortir de la nuit de la mort que l'on contemple, ou de la nuit d'avant la vie. Cette nuit tient tout enti&#232;re dans la masse blanche du cube, un condens&#233; de poussi&#232;re et de lumi&#232;re et c'est elle qui affleure comme si elle tentait en se montrant d'affirmer qu'elle existe lors m&#234;me que ce faisant elle s'offre en p&#226;ture au soleil qui n'aura de cesse de la faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le lien est &#233;tabli entre ces images toutes uniques car retravaill&#233;es par un lent travail de la main consistant &#224; les couvrir de poussi&#232;re de pl&#226;tre pour les envoyer plus vite encore vers leur devenir lumi&#232;re et ces cubes de pl&#226;tre d'o&#249; comme sortant du tombeau dont chacun &#233;merge un fine ligne sombre vient &#224; la fois indiquer, d&#233;chirer et signaler la possibilit&#233; du visible comme un moment improbable de la manifestation de la vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vittoria Gerardi &#8212; Pompeii&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Exposition du 12 septembre au 10 novembre 2019&lt;br class='autobr' /&gt;
du mardi au samedi de 12 h &#224; 19 h&lt;br class='autobr' /&gt;
Galerie Thierry Bigaignon&lt;br class='autobr' /&gt;
9, rue Charlot, 75003 Paris, France - &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l : +33.(0)1.83.56.05.82&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.thierrybigaignon.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.thierrybigaignon.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration couverture : Vittoria Gerardi, Pompeii Triangular Forum, courtesy Galerie Thierry Bigaignon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Confine - Plus loin que l'horizon</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Confine-Plus-loin-que-l-horizon</link>
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		<dc:date>2017-09-29T09:22:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Poitevin et Vittoria Gerardi</dc:creator>


		<dc:subject>dessin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un voyage, des villes, et au milieu, un d&#233;sert.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/dessin" rel="tag"&gt;dessin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH61/arton1108-8f0c5.jpg?1772198979' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='61' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un voyage, des villes, et au milieu, un d&#233;sert.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La vall&#233;e de la mort s'impose : monde sans l'homme, monde d'avant l'homme, monde d'apr&#232;s l'homme, monde dans lequel l'homme n'a pas sa place. Vivre et mourir sont, ici, sur la m&#234;me ligne, &#224; la m&#234;me hauteur, celle du regard. Et devant, l&#224; o&#249; le regard se perd, comme toujours, comme partout l'horizon. &#192; ceci pr&#232;s que de cet horizon, il n'y a rien &#224; attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on peut imaginer que soudain, de l'horizon, une caravane apparaissent qui sonne, comme ce fut le cas pour Saint-Exup&#233;ry, dont l'avion s'&#233;tait abim&#233; dans le d&#233;sert, l'heure du sauvetage. Hors de ce sc&#233;nario, l'horizon se tient l&#224;, &#233;ternellement inaccessible, d&#233;courageant toute tentative de le rejoindre, puisque vivre, ici, c'est d&#233;j&#224; mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant une autre exp&#233;rience est possible. Sans doute pas directement dans le d&#233;sert, mais en relation &#233;troite et intime avec lui. C'est de cette exp&#233;rience que parlent les oeuvres de la jeune artiste italienne vivant &#224; Londres, Vittoria Gerardi.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/235716972&#034;&gt;Confine Paris 2017&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/user25678686&#034;&gt;TK-21&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Horizon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'horizon est un mot qui &#224; lui seul dit tout de la situation de l'homme, de sa pr&#233;sence physique sur terre, comme de sa situation existentielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avancer, c'est ne jamais l'atteindre. Attendre, c'est laisser ouverte la possibilit&#233; que rien ne se manifeste. La ph&#233;nom&#233;nologie a parfaitement compris qu'au-del&#224; de sa mat&#233;rialit&#233; l'horizon &#233;tait porteur d'une m&#233;taphore puissante transform&#233;e en un concept efficace, puisqu'elle en fait le &#171; lieu &#187; le plus lointain devant elle et le plus int&#233;rieur en elle, dont conscience &#233;tait pourvue. L'horizon, dans la pens&#233;e occidentale est toujours l'horizon de la conscience. Il est la nom de l'inatteignable et la forme de l'attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Vittoria Gerardi a compris gr&#226;ce &#224; une sorte de r&#233;v&#233;lation v&#233;cue dans la vall&#233;e de la mort, c'est qu'il n'y avait plus rien &#224; attendre de l'horizon en termes de confirmation des conditions d'une existence possiblement heureuse pour la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, il lui est apparu possible que, d&#232;s lors qu'on n'attendait plus rien &#8211; posture qui r&#233;sume bien la situation existentielle de l'humanit&#233; en ce d&#233;but de mill&#233;naire apr&#232;s l'impossible recours &#224; un dieu pour expliquer ou justifier le monde &#8211; on puisse avoir recours &#224; l'horizon comme matrice imaginale. S'il n'y a rien &#224; voir au-del&#224; de la ligne de l'horizon, d&#232;s lors, il est possible de faire de cette ligne de partage entre ciel et terre, attente et d&#233;sespoir, forme &#233;mergente et disparition programm&#233;e de tout, l'&#233;l&#233;ment d'une production de formes qui fasse exister une sorte d'anti-monde comme r&#233;ponse &#224; la vanit&#233; de l'attente.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH618/vittoria_gerardi_confine_116_courtesy_galerie_thierry_bigaignon-0ae16.jpg?1772196670' width='500' height='618' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Labyrinthe et r&#233;v&#233;lation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sert s'&#233;tant manifest&#233; &#224; elle comme une r&#233;v&#233;lation, qui est au fond celle de notre situation existentielle globale, Vittoria Gerardi a aussit&#244;t compris deux choses : que le d&#233;sert &#233;tait, analogiquement &#233;gal au labyrinthe, un domaine dans lequel la pens&#233;e se trouve en se perdant et se perd parce qu'elle croit s'&#234;tre trouv&#233;e, et que l'imagination alli&#233;e &#224; des gestes de la main &#233;tait le moyen de r&#233;pondre &#224; ce qui sinon peut-&#234;tre v&#233;cu comme une chute &#224; travers tout dans l'ab&#238;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizon ne promettant plus rien, il est devenu possible de prolonger la r&#233;v&#233;lation du d&#233;sert par une r&#233;v&#233;lation &#224; travers des formes &#224; la fois port&#233;e par l'&#233;motion et produite par un jeu riche d'associations constructive entre la main et l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle appelle cela l'imagination visuelle. Cela fonctionne ainsi : ne pas tenir le n&#233;gatif pour une repr&#233;sentation de la r&#233;alit&#233; qu'il faudrait sauver, mais par des gestes de cache, de d&#233;coupe, de jeu avec les chimie et la lumi&#232;re dans la chambre noire, moins faire appara&#238;tre que produire une image seconde en reproduisant, en accomplissant, par soi-m&#234;me, dans le secret de la chambre, le processus de la r&#233;v&#233;lation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10002 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH623/vittoria_gerardi_confine_213-214-215-216-217-218-219-220-221_courtesy_galerie_thierry_bigaignon-6ef70.jpg?1772196670' width='500' height='623' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Narcisse sans visage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; il n'y a rien &#224; attendre, l&#224; aussi cro&#238;t le possible. C'est forte de cette r&#233;v&#233;lation que Vittoria Gerardi a pu s'approprier le d&#233;sert. En effet, dans ce face &#224; face, ce qu'elle a vu c'est le visage de l'homme, celui qu'il voit dans le miroir. Le d&#233;sert est l'image sans trait du vrai self. Et de jouer avec ce d&#233;sert horizon sans attente au moyen d'une pratique plasticienne de la photographie, c'est inventer le visage de de main de l'humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il n'est pas &#233;tonnant que poussant jusqu'&#224; ses limites pratiques son approche plasticienne de la photographie, dans un oubli radical de toute id&#233;e de repr&#233;sentation saisie par un n&#233;gatif et uniquement sensible &#224; des tonalit&#233;s de gris, de brun, elle se soit lanc&#233;e dans des oeuvres qui, par le m&#234;me jeu de cache radicalis&#233;, ont rendu manifeste sur l'image des ligens crois&#233;es, entrecrois&#233;es, un peu &#224; la mani&#232;re dont on repr&#233;sente l'adn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En int&#233;riorisant le d&#233;sert par la prise d'un photo, la d&#233;coupe du n&#233;gatif, le jeu de cache et d'exposition &#224; la lumi&#232;re, le montage et la r&#233;alisation finale d'une image unique, elle nous offre, &#224; chacun de nous, une sorte de portrait intime, en nous r&#233;v&#233;lant l'image inacceptable de ce que nous sommes, un &#234;tre perdu dans le d&#233;sert cosmique qui ne peut vivre qu'en imaginant. Et elle parvient &#224; nous faire de cette r&#233;v&#233;lation d&#233;ceptive, &#224; travers des images d'une douceur extr&#234;me qui sont comme une caresse qui crisse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_10003 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vittoria_gerardi_confine_257_courtesy_galerie_thierry_bigaignon.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vittoria_gerardi_confine_257_courtesy_galerie_thierry_bigaignon.jpg' width=&#034;784&#034; height=&#034;999&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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