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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>L'agalma de &#171; Terreur jubilatoire &#187;</title>
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		<dc:date>2016-02-23T21:43:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eun Young Leepark et Herv&#233; Hubert</dc:creator>


		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
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		<dc:subject>amour</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Terreur jubilatoire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment une artiste de langue cor&#233;enne a eu ce g&#233;nie de trouver cette expression extraordinaire en langue fran&#231;aise de &#171; terreur jubilatoire &#187; ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH83/arton847-adb81.jpg?1772216270' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Terreur jubilatoire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment une artiste de langue cor&#233;enne a eu ce g&#233;nie de trouver cette expression extraordinaire en langue fran&#231;aise de &#171; terreur jubilatoire &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/156383758?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;400&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Dans les textes qui ornent la vid&#233;o qui porte ce titre, Eun Young Lee Park nous livre quelques bribes de son secret. Et cela int&#233;resse un psychanalyste au plus au point puisque dans ces secrets en partie d&#233;voil&#233;s, il est parl&#233; de son enfance, de ses souvenirs de petite fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud a insist&#233; sur ce point : l'&#339;uvre d'art peut &#234;tre lue &#224; partir des souvenirs d'enfance, et l'exemple de son &#233;tude sur L&#233;onard de Vinci est enseignant jusque dans ses erreurs. Cette r&#233;f&#233;rence &#224; Freud n'est pas &#233;loign&#233;e de ce qui est mis en sc&#232;ne dans &lt;i&gt;Terreur jubilatoire&lt;/i&gt; : l'inventeur de la psychanalyse dit avoir &#233;prouv&#233; de la terreur, enfant, devant la sculpture de Michel-Ange repr&#233;sentant Mo&#239;se. C'est peut-&#234;tre le destin de cette terreur qui lui fait &#233;crire que les &#339;uvres d'art, et notamment les sculptures, produisent sur lui un effet puissant. Il s'en est suivi pour Freud un travail d'&#233;criture, d'interpr&#233;tation ; un d&#233;cryptage &#224; la Champollion, un passage par les signifiants et leurs traces &#233;crites face aux hi&#233;roglyphes des &#339;uvres d'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les souvenirs &#233;voqu&#233;s par Eun Young enfant ? Ils sont au nombre de deux et de registres diff&#233;rents : un souvenir qui concerne l'agonie et la mort de son grand-p&#232;re d'une part, les images de l'explosion d'Hiroshima d'autre part. L'agonie du grand-p&#232;re marque pour elle l'arriv&#233;e de cette terreur : l'indicible de la souffrance de ce grand-p&#232;re qui va mourir, d'une terre qui devient pr&#233;sente tragiquement et le glissement qui se produit vers une &#233;l&#233;vation, celle du chant de bonzesses qui psalmodient, et il se produit une op&#233;ration magique dans un rapport &#224; l'all&#233;gresse et ce v&#233;cu &#233;motionnel paradoxal qui lie ce jubilatoire &#224; la terreur de voir dispara&#238;tre dans la mort, un &#234;tre aim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7848 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2-18.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH272/2-18-decd4.jpg?1509823151' width='500' height='272' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'explosion d'Hiroshima est quant &#224; elle une image terrible, qui fascine par l'expression d'une force puissante qui confine &#224; la beaut&#233; et se conjugue &#224; l'horreur de la destruction d'humains par d'autres humains. Ces images utilis&#233;es par les puissances politiques viendront de fa&#231;on r&#233;p&#233;titive marquer une menace, celle de la guerre nucl&#233;aire avec les fr&#232;res cor&#233;ens du Nord. Menace r&#233;p&#233;t&#233;e de ce qui conjugue le beau, l'esth&#233;tique, la douleur et le tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe dans la narration de ces souvenirs est bien s&#251;r la puissance de l'image, de l'imaginaire en tant qu'il porte de fa&#231;on contradictoire la force de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re une image, il y a un &#339;il et c'est bien cet organe pulsatile qui captive dans la &#171; terreur jubilatoire &#187;. Organe pulsatile&#8230; Lacan qualifie l'&#339;il, d'organe toujours double dans son &lt;i&gt;S&#233;minaire &#8211; l'angoisse&lt;/i&gt; en 1963. Je le qualifie de pulsatile en r&#233;f&#233;rence &#224; la m&#233;decine. Pulsatile qualifie en effet un type de douleur qui se produit par pulsations, et ce terme de pulsations renvoie par son &#233;tymologie &#224; &#171; action de frapper, heurt, choc &#187;. Lorsque le regard se rend captif dans le travail film&#233; d' Eun Young Lee, il se noue &#224; une oreille, &#224; des sons. L'image de l'&#339;il ainsi produite fascine et le mouvement de cette image copule avec des sonorit&#233;s qui transmettent &#224; la fois des lamentations chant&#233;es et des transmissions de coups m&#233;talliques. La pulsion artistique est &#224; l'&#339;uvre. Ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu dans l'enfance a &#233;t&#233; transform&#233; et le destin pulsionnel du heurt a eu la possibilit&#233; active de passer &#224; la satisfaction de l'exigence du sublime. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dit de Lacan dans son &lt;i&gt;S&#233;minaire &#8211; Le Sinthome&lt;/i&gt; le 18 novembre 1975 trouve alors tout son d&#233;ploiement : &#171; Les pulsions, c'est l'&#233;cho dans le corps du fait qu'il y a un dire, mais que ce dire, pour qu'il r&#233;sonne, pour qu'il consonne [&#8230;] il faut que le corps y soit sensible. C'est parce que le corps a quelques orifices dont le plus important, parce qu'il ne peut se boucher, se clore, est l'oreille, que r&#233;pond dans le corps ce que j'ai appel&#233; la voix. L'embarrassement est assur&#233;ment qu'il n'y a pas que l'oreille, le regard lui fait une concurrence &#233;minente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eun Young Lee Park nous aide &#224; saisir l'orientation propos&#233;e par Lacan dans ce m&#234;me s&#233;minaire, &#224; savoir qu'il convient de d&#233;passer la fonction du sens pour se briser &#224; un nouvel imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au laisser tomber qui se transmet dans le cr&#233;puscule du ciel, la chute des feuilles, la chute d'un corps, se produit la captation par une forme qui noue le visuel voil&#233; du paravent et le sonore, les lamentations des psalmodies et la musique des instruments, afin de produire un jouir, une joie, une all&#233;gresse, qui prennent une valeur de jubilation par la fonction du Beau. Eun Young Lee dans sa cr&#233;ation, nous transmet une autre fa&#231;on de toucher le voile de la beaut&#233; recouvrant l'horreur. Lacan dans le &lt;i&gt;S&#233;minaire &#8211; Les non-dupes errent&lt;/i&gt; le 12 mars 1974 l&#232;ve ce m&#234;me voile sur le rapport du Beau et de la mort, soulignant que la mort n'est pas &#224; la port&#233;e du vrai mais &#224; la port&#233;e du Beau : &#171; [&#8230;] Pour avoir affaire &#224; la mort, &#231;a ne se passe qu'avec le Beau, l&#224; o&#249; &#231;a fait touche. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la &lt;i&gt;Terreur jubilatoire&lt;/i&gt; cela fait touche et cela noue la sensation du corps, l'image et les sons, pour faire pulsation vers la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La divination de l'inconscient que rec&#232;le cette cr&#233;ation artistique s'apparente &#224; celle que confie Antonin Artaud dans &lt;i&gt;L'art et la mort&lt;/i&gt; lorsqu'il nous parle de son exp&#233;rience : &#171; Qui, au sein de certaines angoisses, au fond de quelques r&#234;ves n'a connu la mort comme une sensation brisante et merveilleuse avec quoi rien ne peut se confondre dans l'ordre de l'esprit ? &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Artaud Antonin, L'art et la mort, in &#338;uvres compl&#232;tes I*, Nrf, Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et il conviendrait d'interroger Eun Young Lee sur ses r&#234;ves d'enfant pour pouvoir en dire &#224; partir de se que d&#233;clare Artaud : &#171; Je viens de d&#233;crire une sensation d'angoisse et de r&#234;ve, l'angoisse glissant dans le r&#234;ve, &#224; peu pr&#232;s comme j'imagine que l'agonie doit glisser et s'achever finalement dans la mort. En tout cas de tels r&#234;ves ne peuvent pas mentir. Ils ne mentent pas. Et ces sensations de mort mises bout &#224; bout, cette suffocation, ce d&#233;sespoir, ces assoupissements, cette d&#233;solation, ce silence, les voit-on dans la suspension agrandie d'un r&#234;ve, avec ce sentiment qu'une des faces de la r&#233;alit&#233; nouvelle est perp&#233;tuellement derri&#232;re soi.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 124.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7849 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3-20.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH273/3-20-ea385.jpg?1509823151' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit d'un tout autre rapport au traumatisme et &#224; son effet de terreur qui se met en cr&#233;ation ici avec l'&#339;il, une autre r&#233;sonance du corps gr&#226;ce &#224; la vibration scopique mise en jeu. Artaud souffre en sa qualit&#233; d'&#171; homme accident&#233; de l'Occident &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression est de Jacques Lacan.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de son rapport de v&#233;rit&#233; au souffle cr&#233;atif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La langue cor&#233;enne et la culture qui habite ce rapport &#224; la &#171; lalangue &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Lacan utilise ce concept de &#171; lalangue &#187; &#224; la fin de son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, introduit un autre &lt;i&gt;phylum&lt;/i&gt; pour reprendre l'expression de Lacan dans son &lt;i&gt;S&#233;minaire &#8211; D'un discours qui ne serait pas du semblant&lt;/i&gt; lorsqu'il &#233;voque la diff&#233;rence introduite par l'&#233;criture chinoise dans le rapport aux discours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Lacan, S&#233;minaire XVIII, &#171; D'un discours qui ne serait pas du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de raccord disjonctif avec Artaud concerne un &#233;nonc&#233; de ce dernier, toujours dans &lt;i&gt;L'Art et la Mort&lt;/i&gt; : &#171; Le centre id&#233;al de tout se ramasse autour d'un point de plus en plus mince. &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 143-144.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, une image fixe fait point central dans l'&#233;cran de la &lt;i&gt;Terreur jubilatoire&lt;/i&gt; qui nous regarde. Cela a un effet li&#233; &#224; ce que Lacan souligne dans son &lt;i&gt;S&#233;minaire &#8211; Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse&lt;/i&gt; : &#171; Dans le champ scopique, le regard est au-dehors, je suis regard&#233;, c'est-&#224;-dire je suis tableau. &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Lacan, S&#233;minaire Livre XI, Le Seuil, Paris, 1973, p. 98.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Psychanalyste et peintre, je suis en l'occurence agent regard&#233; du spectacle de la vid&#233;o et tente d'en dire plut&#244;t qu'en lire. Dans l'acte de peindre ou de filmer un drame intime se transforme autour du trou de l'&#339;il&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Herv&#233; Hubert-Klein, &#171; Transfert pictural et drame de peindre &#187; in Art, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la terreur v&#233;cue qui toujours provoque un d&#233;placement et un &#233;cart, une ligne de fuite, il peut &#234;tre suppos&#233; dans le r&#233;cit qui en est fait par Eun Young Lee, qu'elle a &#233;t&#233; touch&#233;e par la lumi&#232;re aux alentours de la sc&#232;ne cr&#233;pusculaire de l'agonie de son grand-p&#232;re, sc&#232;ne qui l'atterre, et que cette touche fait lien avec l'iris de l'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis frapp&#233; par la co&#239;ncidence de ce qui se transmet du film &lt;i&gt;Terreur jubilatoire&lt;/i&gt; avec ce qu'indique Lacan dans son &lt;i&gt;S&#233;minaire &#8211; l'objet et le regard&lt;/i&gt; concernant la ligne et la lumi&#232;re :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'essentiel du rapport de l'apparence &#224; l'&#234;tre [&#8230;] n'est pas dans la ligne droite, il est dans le point lumineux &#8211; point d'irradiation, ruissellement, feu, source jaillissante de reflets. La lumi&#232;re se propage sans doute en ligne droite, mais elle se r&#233;fracte, elle se diffuse, elle inonde, elle remplit &#8211; n'oublions pas cette coupe qu'est notre &#339;il &#8211; elle en d&#233;borde aussi, elle n&#233;cessite, autour de la coupe oculaire, toute une s&#233;rie d'organes, d'appareils, de d&#233;fenses. Ce n'est pas simplement &#224; la distance que l'iris r&#233;agit, c'est aussi &#224; la lumi&#232;re [&#8230;]. &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 87-88.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner &#224; cette occasion un autre point de co&#239;ncidence entre le travail de l'artiste cor&#233;enne et les trouvailles de Lacan. Ce dernier fait lien dans son &lt;i&gt;S&#233;minaire &#8211; Entre terre et terreur&lt;/i&gt;, sans correspondance &#233;tymologique. Eun Young Lee fait avec sa peinture une production artistique m&#234;lant, eau, terre et peinture, depuis son arriv&#233;e en France. &#201;trange destin de signifiants &#233;trangers ou pur hasard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; notre boussole : la vid&#233;o et l'&#339;il.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience de la lumi&#232;re d'Eun Young Lee concerne justement dans sa cr&#233;ation artistique l'iris, mot qui renvoie dans son histoire &#233;tymologique occidentale &#224; messager de Dieu, et donc messager de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;il et son iris sont en mouvement incessant dans le film et viennent mettre en fonction des allers-retours fascinants : extension, r&#233;tractation, explosion, r&#233;tr&#233;cissement, irradiation, rayonnement, qui peuvent faire associer sur le champignon atomique d'Hiroshima. Une ext&#233;riorit&#233; implacable de la musique m&#233;tallique rend sensible la surface du corps, la peau, &#224; l'impact des sons et de leurs combinaisons. Il se transmet ainsi l'exp&#233;rience de ce qui, &#224; partir du &lt;i&gt;break-down&lt;/i&gt; ou de l'&lt;i&gt;Hilflogiskeit&lt;/i&gt;, a pu faire consonner, r&#233;sonner un corps, une pens&#233;e, des images avec un jouir de la pulsion scopique et prendre valeur vers la vie et la cr&#233;ation. L'iris tient pour l'artiste cette fonction de joie cr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finesse du travail artistique met dans ce contexte en mouvement l'outil de la syncope, de l'objet syncop&#233;, tant au niveau visuel qu'au niveau sonore. La syncope qui &#233;tymologiquement renvoie elle aussi &#224; &#171; briser, frapper &#187; est d'abord sonore, coupure dans la combinaison des sons pour faire sentir la fonction du vent. Elle est aussi visuelle et la coupure instaur&#233;e met en &#233;vidence un d&#233;doublement de la fonction de l'&#339;il. C'est dans ce d&#233;doublement m&#234;me o&#249; s'ouvre pleinement l'&#226;me po&#233;tique d'Eun Young Lee.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il peut &#233;galement &#234;tre retrouv&#233; dans cette &#171; terreur jubilatoire &#187; une contribution &#224; un savoir possible sur le malaise dans la civilisation du monde moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message de l'iris prend ainsi une valeur suppl&#233;mentaire qui permet de mieux saisir ce que Lacan incite &#224; penser lorsqu'il &#233;voque les fonctions de la voix et du regard dans ce qu'il y a &#171; de profond&#233;ment masqu&#233; dans la critique de l'histoire que nous avons v&#233;cu. C'est, pr&#233;sentifiant les formes le plus monstrueuses et pr&#233;tendument d&#233;pass&#233;es de l'holocauste, le drame du nazisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le d&#233;doublement de la fonction de l'&#339;il met bien au devant de la sc&#232;ne, les m&#233;canismes qui peuvent faire capture : la fascination et l'&#233;lision. L'&#233;clat de l'iris, ses reflets peuvent produire aveuglement ou effet de fascination et ainsi absorber le regard. D'un autre c&#244;t&#233;, l'&#233;vanouissement, l'&lt;i&gt;aphanisis&lt;/i&gt; du sujet, son &#233;lision, sa syncope, interrogent sur le destin subjectif face &#224; la pulsion. L&#224; encore le propos de Lacan qui indique comment Freud analyse dans &lt;i&gt;Psychologie des masses et analyse du moi&lt;/i&gt; en 1921, le ph&#233;nom&#232;ne du &#171; passage de toute une masse &#224; un regard univoque &#187;, est &#233;clair&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les mots ne peuvent dire, le d&#233;sir artistique d' Eun Young Lee en fait &lt;i&gt;agalma&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Artaud Antonin, L'art et la mort, in &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt; I*, Nrf, Gallimard, Paris, 1984, p. 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression est de Jacques Lacan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Lacan utilise ce concept de &#171; lalangue &#187; &#224; la fin de son enseignement notamment dans &lt;i&gt;Le moment de conclure&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Lacan, &lt;i&gt;S&#233;minaire XVIII&lt;/i&gt;, &#171; D'un discours qui ne serait pas du semblant &#187;, Paris, Le Seuil, 2006, p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 143-144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Lacan, &lt;i&gt;S&#233;minaire Livre XI&lt;/i&gt;, Le Seuil, Paris, 1973, p. 98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Herv&#233; Hubert-Klein, &#171; Transfert pictural et drame de peindre &#187; in &lt;i&gt;Art, Pychoanalysis and Revolution&lt;/i&gt;, Underdog Art Company, London, 2011, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 87-88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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