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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Entrer dans la danse : handicap et CI</title>
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		<dc:creator>&#201;tienne Diemert</dc:creator>


		<dc:subject>handicap</dc:subject>
		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>sant&#233; mentale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis trente ans, Isabelle Brunaud cherche et se cherche &#224; la crois&#233;e du contact-improvisation (CI) et du handicap. Pour TK-21, elle nous ouvre les portes de sa maison, dans le 18e arrondissement de Paris, et nous livre ses r&#233;flexions sur ces deux th&#232;mes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/handicape" rel="tag"&gt;handicap&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sante-mentale" rel="tag"&gt;sant&#233; mentale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton2569-289c5.jpg?1772204059' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis trente ans, Isabelle Brunaud cherche et se cherche &#224; la crois&#233;e du contact-improvisation (CI) et du handicap. Pour TK-21, elle nous ouvre les portes de sa maison, dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris, et nous livre ses r&#233;flexions sur ces deux th&#232;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque mois, au Carreau du Temple, se d&#233;roule une &#233;trange chor&#233;graphie o&#249; des corps aux capacit&#233;s et aux potentiels divers se mobilisent par le toucher. Dans cette diversit&#233; sont incluses toutes les formes de handicaps, qu'ils soient moteurs, mentaux, l&#233;gers ou lourds, visibles ou invisibles&#8230; Ce creuset, o&#249; confluent les singularit&#233;s, valides et non valides, c'est la jam de danse contact-improvisation (CI) de la compagnie Anqa : une sorte de bal, un lieu d'entra&#238;nement et de socialisation, un espace &#224; l'architecture complexe, libre et ouverte, n&#233;e de l'&#233;coute entre les corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les vendredis, au Palais de la Femme, m&#234;me c&#233;r&#233;monie, pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un cours &#224; 18 h 30. Alexandra, handicap&#233;e motrice, s'y rend avec constance et r&#233;gularit&#233;, m&#234;me s'il lui faut accomplir pour cela un v&#233;ritable p&#233;riple d'Aubervilliers &#224; Paris : elle doit prendre trois bus en fauteuil roulant, les services de la PAM (Pour aider &#224; la mobilit&#233;) se r&#233;v&#233;lant souvent d&#233;faillants, puis revenir de la capitale &#224; 22 h 30. C'est, pour elle, une hygi&#232;ne de vie et un geste qui conduit &#224; l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux rendez-vous portent l'estampille d'Anqa, compagnie dirig&#233;e par Isabelle Brunaud qui travaille &lt;i&gt;&#171; avec des danseurs aux habilet&#233;s partag&#233;es, en situation ou non de handicap &#187;&lt;/i&gt;. Anqa est le nom d'un oiseau mythique en sanscrit, sorte de Ph&#233;nix, oiseau r&#233;silient. La structure associative a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 2003, sous le premier nom de Danse avec les roues, aux c&#244;t&#233;s de Soizic Barbancey, rejointe en 2005 par Lila Derridj, Anne-Catherine Nicoladz&#233;, Mathilde Monfreux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les formats et les actions de la compagnie sont multiples : cours de CI, ateliers, jams accessibles aux personnes &#224; mobilit&#233; r&#233;duite, performances, cr&#233;ations chor&#233;graphiques o&#249; se m&#234;lent composition et improvisation. Comme la r&#233;cente pi&#232;ce &lt;i&gt;Takamashi&lt;/i&gt;, dont les parties &#233;crites offrent un propos sur l'homme valide &#171; augment&#233; &#187; ou le non-valide &#171; r&#233;par&#233; &#187; et qui int&#232;gre des orth&#232;ses, &lt;i&gt;&#171; des coquilles en plastique l&#233;ger qui moulent le corps des enfants ou des adolescents handicap&#233;s et qui les maintiennent dans des postures de verticalisation &#187;&lt;/i&gt;, explique Isabelle Brunaud. Ces orth&#232;ses peuvent &#234;tre endoss&#233;es par les danseurs afin de les transformer en personnages bizarres, inattendus. Elles deviennent, &#224; l'instar du fauteuil roulant, &lt;i&gt;&#171; des supports physiques du corps et des supports de l'imaginaire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21867 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/taka_ml-ef352.jpg?1772189675' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Yann Delcambre
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169;Yann Delcambre
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux rencontres cruciales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin d'Isabelle Brunaud s'est peu &#224; peu dessin&#233; au croisement du CI et du handicap. En 1994, &#224; 26 ans, on lui propose d'animer un atelier aupr&#232;s de personnes en situation de handicap mental. &lt;i&gt;&#171; J'ai accept&#233; et j'ai eu un coup de foudre. C'&#233;tait une rencontre avec des personnes qui n'avaient pas les codes qu'on a habituellement dans la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Puis vient un autre atelier aupr&#232;s de personnes handicap&#233;es motrices, dans une MJC &#224; &#201;vry, qui confirme cette orientation. Dans les deux cas se posent les m&#234;mes questions : sur quelle technique de danse s'appuyer pour mettre les corps en mouvement ? Comment trouver une relation p&#233;dagogique horizontale, sans rapport de ma&#238;tre &#224; &#233;l&#232;ve ni mod&#232;le &#224; reproduire ? Car les difficult&#233;s arrivent vite. Notamment, la danse butoh se r&#233;v&#232;le une impasse : &lt;i&gt;&#171; Quelqu'un m'a dit : &#8220;Tu veux nous faire visualiser des choses &#224; l'int&#233;rieur du corps. &#199;a part de l'int&#233;rieur, de l'image, mais moi, mon corps, c'est une enveloppe vide. Alors, qu'est-ce que tu veux que je danse avec &#231;a ?&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chemin faisant, Isabelle d&#233;couvre Candoco, une compagnie anglaise cr&#233;&#233;e par C&#233;leste Dandeker-Arnold et Adam Benjamin en 1991 et fond&#233;e sur une pluralit&#233; de danseurs, dont un homme-tronc, David Toole. Celle-ci utilise les principes du CI, courant de danse contemporaine n&#233; aux &#201;tats-Unis en 1972 : le toucher, le partage du poids, l'engagement spatial, l'&#233;coute, etc. Isabelle se forme alors au CI aupr&#232;s de Didier Silhol, qui deviendra plus tard son compagnon et le p&#232;re de son enfant. Elle re&#231;oit l'appui de Nadine Hernu, enseignante &#224; l'universit&#233; d'&#201;vry, qui lui envoie ses &#233;tudiantes : &lt;i&gt;&#171; &#199;a a cr&#233;&#233; quelque chose, cette ouverture, le fait de ne pas &#234;tre en ghetto mais d'avoir des habilet&#233;s diff&#233;rentes et un &#8220;corps commun&#8221;. On a tous un corps et il n'y a pas de hi&#233;rarchie entre un corps stigmatis&#233; et un corps qui ne l'est pas. Et on fait avec &#231;a, avec ce qu'on a en commun d'abord, qui est li&#233; aux principes physiques du CI. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le toucher relationnel, au c&#339;ur de cette pratique, renouvelle compl&#232;tement la relation &#224; autrui : &lt;i&gt;&#171; Les personnes en situation de handicap sont habitu&#233;es &#224; ce que le toucher soit technique pour les habiller ou soignant pour les soigner, mais il n'y a pas un toucher relationnel. Et l&#224;, on est dans un toucher de ce type, mais pas dans son aspect psychologique, dans un aspect ludique et de danse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CI permet de &lt;i&gt;&#171; cr&#233;er du lien avec soi, avec le partenaire et avec la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Isabelle, par cette recherche, r&#233;aborde et r&#233;&#233;value son propre handicap : une &#233;paule lux&#233;e en raison d'une chute aux barres asym&#233;triques &#224; l'&#226;ge de 10 ans, qui l'emp&#234;che par exemple de prendre appui sur les mains ou d'effectuer certains mouvements. Cette blessure lui a barr&#233; une carri&#232;re de danseuse. Qu'importe, elle fera danser les autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;finir le handicap&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s des personnes handicap&#233;es motrices au mouvement pourrait para&#238;tre paradoxal : celles-ci se tournent vers ce qui leur est a priori refus&#233; en raison de leur infirmit&#233;. Isabelle bat en br&#232;che cet argument validiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Marc-Olivier Bherer, &#171; Le validisme, une analyse des rapports sociaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Quand on rencontre une personne en fauteuil roulant, on ne voit que son fauteuil. Mais si on regardait les corps qui sont &#224; l'int&#233;rieur ? Ils ont des corps, des sensations, comme tout le monde. On en revient &#224; la notion de &#8220;corps commun&#8221;. Apr&#232;s, leur corps leur &#233;chappe, parce qu'ils ont des soins, ils sont tout le temps accompagn&#233;s. On les fait bouger. Ils n'ont pas beaucoup l'occasion de bouger par eux-m&#234;mes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'occasion pour Isabelle de produire une d&#233;finition du handicap qui s'&#233;carte de l'id&#233;e de d&#233;ficit ou de d&#233;ficience : &lt;i&gt;&#171; Le handicap, c'est ce qui nous emp&#234;che de faire les choses comme les autres. Ce n'est pas la personne qui est handicap&#233;e, si on va plus loin, c'est la soci&#233;t&#233; qui handicape la personne. La personne, elle a juste un truc en moins ou en plus. On voit le fauteuil, les b&#233;quilles. On ne voit pas la personne d'abord. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres d&#233;finitions du handicap se c&#244;toient en termes d'anomalie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Georges Canguilhem, Le Normal et le Pathologique (1966), PUF, 1999, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de variation individuelle et d'exceptionnalit&#233;, qui toutes reconduisent &#224; l'alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Identit&#233; et alt&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tour par l'alt&#233;rit&#233; permet &#224; la fois de fonder la subjectivit&#233; et d'asseoir une d&#233;marche artistique buissonnante, nourrie de rencontres. &lt;i&gt;&#171; C'est l'alt&#233;rit&#233; qui nous r&#233;v&#232;le notre diff&#233;rence et qui nous rend notre identit&#233;. C'est toujours l'histoire de &#8220;l'autre me r&#233;v&#232;le&#8221;, je le touche, mais il me r&#233;v&#232;le. Ce dialogue, cette libert&#233;, ce jeu, &#231;a rend cr&#233;atif, autonome et &#233;mancip&#233;. Avoir la force de s'appuyer sur ce qu'on est, avoir une parole qui vient de soi et pas de ce qu'on nous dit de faire. Parce qu'il y a beaucoup ces rapports de pouvoir o&#249; l'on dit aux plus fragiles : &#8220;Il faut faire ci, il faut faire &#231;a&#8230;&#8221; Apr&#232;s, moi, &#231;a me pla&#238;t de voir : &#8220;T'es qui, toi ? T'es quoi, toi ?&#8221; &#187;&lt;/i&gt; Isabelle ajoute d'un air gourmand et malicieux : &lt;i&gt;&#171; J'ai ador&#233; me plonger dans la temporalit&#233; des personnes qui avaient d'autres coordinations et d'autres tonicit&#233;s. Et prendre le temps d'&#233;couter. On entre dans des &#233;paisseurs. C'est presque comme des m&#233;ditations. Et puis ce n'est plus la personne dite &#8220;valide&#8221; qui guide, mais on peut avoir un dialogue physique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par les actions d'Anqa &#8211; soutenues par un collectif compos&#233;, entre autres, de Daniel Franchini, Serge Pauchon, Annie Quentrec, Marie-Laure Kaminski et Alain Faure &#8211;, Isabelle contribue &#224; redonner aux handicap&#233;s une inscription au sein de la cit&#233; et une meilleure visibilit&#233; dans le domaine culturel, ce qui n'est pas si courant. Elle &#339;uvre &#233;galement &#224; une autre d&#233;finition de la danse, fond&#233;e sur le CI, et &#224; la non-normativit&#233;, &#224; l'&#233;galit&#233;, au droit &#224; la diff&#233;rence des corps, enfin reconnus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.anqa-danseaveclesroues.fr" class="spip_out"&gt;La compagnie Anqa&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; Marc-Olivier Bherer, &#171; Le validisme, une analyse des rapports sociaux par le prisme du handicap &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; Georges Canguilhem, &lt;i&gt;Le Normal et le Pathologique&lt;/i&gt; (1966), PUF, 1999, p. 81-88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#169;Lila Derridj pour la photo d'ouverture. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Yann Delcambre pour l'autre photo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#171; &#192; travers solitudes et d&#233;serts &#187; (1)</title>
		<link>https://www.tk-21.com/A-travers-solitudes-et-deserts-1</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Diemert et Guillaume Fandel</dc:creator>


		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>landscape</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je serai votre guide lors d'une ambulance-itin&#233;rance &#171; &#224; travers solitudes et d&#233;serts &#187;. L'expression, due &#224; al-Yaq&#251;bi vers 891, d&#233;crit la travers&#233;e du Sahara par les caravanes, soit mille huit cents kilom&#232;tres &#224; vol d'oiseau pour se rendre des steppes pr&#233;sahariennes au Sahel encore aride. Je cheminerai de recension en recension pour cerner le th&#232;me du d&#233;sert en philosophie et en litt&#233;rature. Premi&#232;re &#233;tape : &#171; Gel &#187; de Thomas Bernhard.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Lire-ecrire" rel="directory"&gt;Voir, Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/landscape" rel="tag"&gt;landscape&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2135-38794.jpg?1772247947' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je serai votre guide lors d'une ambulance-itin&#233;rance &#171; &#224; travers solitudes et d&#233;serts &#187;. L'expression, due &#224; al-Yaq&#251;bi vers 891, d&#233;crit la travers&#233;e du Sahara par les caravanes, soit mille huit cents kilom&#232;tres &#224; vol d'oiseau pour se rendre des steppes pr&#233;sahariennes au Sahel encore aride. Je cheminerai de recension en recension pour cerner le th&#232;me du d&#233;sert en philosophie et en litt&#233;rature. Premi&#232;re &#233;tape : &#171; Gel &#187; de Thomas Bernhard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Gel,&lt;/i&gt; premier roman de Thomas Bernhard paru en 1963, la structure du r&#233;cit repose sur l'alternance de deux voix et sur une topographie pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monologue ou dialogue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le narrateur est un jeune &#233;tudiant en m&#233;decine. Il re&#231;oit la mission secr&#232;te d'observer le comportement du fr&#232;re du chirurgien de Schwarzach, de recueillir ses r&#233;flexions et d'en rendre compte par &#233;crit &#8212; ce que le narrateur ne livrera qu'&#224; la fin du roman, apr&#232;s vingt-sept jours d'&#233;coute attentive, en six lettres qui formeront son &lt;i&gt;rapport d'enqu&#234;te&lt;/i&gt;. En fait, celui-ci s'&#233;tend aux dimensions du livre qui, dans son ensemble et ses multiples d&#233;tails, agit en tant que portrait ou description. Ce fr&#232;re, nomm&#233; Strauch, est un vieux peintre misanthrope qui a br&#251;l&#233; son &#339;uvre et qui s'est retir&#233; en haute montagne dans le village de Weng, en Autriche. Il est caract&#233;ris&#233; comme une &lt;i&gt;&#171; esp&#232;ce de personnage id&#233;al &#187;&lt;/i&gt; subversif mais incoh&#233;rent, malmenant le sens commun mais &lt;i&gt;&#171; aux id&#233;es en d&#233;sordre &#187;,&lt;/i&gt; souffrant mille maux et mille morts, comme dans &lt;i&gt;Perturbation,&lt;/i&gt; second roman de l'auteur, paru en 1967 et consacr&#233; au th&#232;me de la maladie. Telles sont les motivations plausibles de l'inqui&#233;tude du chirurgien de Schwarzach, apr&#232;s vingt ans de silence. Mais le narrateur, au cours de sa mission, submerg&#233; par le flot de paroles du peintre Strauch, ne tarde pas &#224; subir son influence et son emprise funestes&#8230; Leur relation, d'abord scell&#233;e par l'entente, est &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; qualifi&#233;e de &#171; r&#233;clusion &#187; pleine d'angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18513 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/iceland_0768_jokulsa_800px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/iceland_0768_jokulsa_800px-2-2f953.jpg?1662638433' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Fandel - Iceland J&#246;kuls&#225;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autre lieu : le d&#233;sert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la topographie de &lt;i&gt;Gel,&lt;/i&gt; les lieux se distribuent verticalement de la gare de chemin de fer &#224; la cime des monts : il y a le chantier de l'usine &#233;lectrique et l'usine de cellulose (toutes deux situ&#233;es en contrebas du village), l'auberge, le chemin creux, la for&#234;t de m&#233;l&#232;zes, l'hospice, le cimeti&#232;re et enfin le presbyt&#232;re. Ces lieux sont inlassablement parcourus par le narrateur et le peintre Strauch au cours de marches o&#249; l'un pr&#233;c&#232;de toujours l'autre : &lt;i&gt;&#171; Je me trouve enti&#232;rement sous l'influence du peintre, je dois l'accompagner &#8212; c'est-&#224;-dire : je ne dois pas, mais je ne peux pas faire autrement que l'accompagner : m&#234;me s'il ne m'y invite pas toujours, je vais avec lui. Et ce ne sont pas des promenades, mais tout simplement des marches dans la neige, &#224; travers le vent et la for&#234;t, dans le froid&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Bernhard, Gel, trad. par Boris Simon et Jos&#233;e Turk-Meyer, Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Ces tours et d&#233;tours illustrent la mission du narrateur : &lt;i&gt;&#171; explorer quelque chose d'inexplorable &#187;&lt;/i&gt; jusqu'&#224; r&#233;soudre un probl&#232;me ou d&#233;couvrir une conspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une notation marginale fait appara&#238;tre un autre lieu, celui du d&#233;sert, au-del&#224; ces &lt;i&gt;&#171; paysages exsangues &#187;&lt;/i&gt; marqu&#233;s par le rigoureux hiver : &lt;i&gt;&#171; Si vous suivez la direction que je vous indique avec mon b&#226;ton, vous trouverez un vallon, o&#249; vous pourrez vous promener sans la moindre crainte, des heures et des heures, dit-il. Vous ne risquez pas d'&#234;tre d&#233;couvert. Rien ne peut vous arriver : c'est le d&#233;sert complet. Pas de richesses mini&#232;res, pas de cultures, rien. Vous trouverez quelques traces des temps pass&#233;s, des pierres, des fragments de murs, des signes dont personne ne conna&#238;t l'origine. Quelques rapports myst&#233;rieux avec le soleil ? Des bouleaux. Une &#233;glise en ruine. Des squelettes. Du gibier. Quatre, cinq jours de solitude, de silence absolu. La nature &#224; l'&#233;tat pur, vierge de toute atteinte humaine. &#199;&#224; et l&#224; une chute d'eau. C'est comme si l'on se promenait &#224; travers un si&#232;cle d'une puret&#233; exceptionnelle, que nul &#234;tre humain n'a encore souill&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 16.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette citation, les deux traducteurs ont rendu &lt;i&gt;alles ist g&#228;nzlich ausgestorben&lt;/i&gt; (litt&#233;ralement, &#171; il n'y a aucun signe de vie &#187;, &#171; tout est compl&#232;tement mort &#187;) par ce signifiant : &#171; c'est le d&#233;sert complet &#187;. &#192; quelques pages de la fin, ils r&#233;cidivent : &lt;i&gt;als w&#228;re die Menschheit ausgestorben&lt;/i&gt; est traduit par &#171; c'est comme si le monde entier &#233;tait d&#233;sert &#187;. L'allemand compte deux mots distincts : &lt;i&gt;die W&#252;ste&lt;/i&gt; d&#233;signe le d&#233;sert g&#233;ographique, tandis que &lt;i&gt;die &#214;de&lt;/i&gt; pointe le d&#233;sert au figur&#233; comme d&#233;solation, solitude, monotonie et vide int&#233;rieur. Seule &lt;i&gt;die &#214;de&lt;/i&gt; est pr&#233;sente dans le roman, &#224; trois occurrences. &lt;i&gt;Ein&#246;de&lt;/i&gt; (&#171; contr&#233;e d&#233;sertique, coin perdu &#187;) appara&#238;t une fois, au vingt-troisi&#232;me jour, dans le nom compos&#233; &lt;i&gt;Menschenein&#246;de&lt;/i&gt; (&#171; d&#233;sert des humains &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sert r&#233;serve ou pr&#233;serve ici une ouverture &#8212; br&#232;che, perc&#233;e ou trou&#233;e &#8212; au sein du monde clos de Weng ; ce n'est pas une enclave g&#233;ographique, un territoire enferm&#233; dans un autre, mais une &#233;tendue qui invite &#224; l'&#233;chapp&#233;e et qui voisine avec la distance illimit&#233;e, la pure ext&#233;riorit&#233;, le dehors&#8230; C'est pourquoi je le d&#233;signerai comme &#171; autre lieu &#187; et &#171; atopie &#187;. L&#224;, il n'y a pas &lt;i&gt;&#226;me qui vive,&lt;/i&gt; il n'y a &lt;i&gt;personne&lt;/i&gt;, aucun semblable pour &#233;tayer ou amorcer la moindre relation imaginaire &lt;i&gt;(&#171; &#234;tre d&#233;couvert &#187;),&lt;/i&gt; ce qui rel&#232;ve du th&#232;me de l'&#238;le d&#233;serte. Faire l'exp&#233;rience du d&#233;sert, c'est faire l'&#233;preuve de la solitude, th&#232;me sur lequel je reviendrai plus bas. Mais il faut franchir un nouveau seuil : l'espace d&#233;peupl&#233;, d&#233;sert&#233; ou d&#233;sertifi&#233;, o&#249; la vie se rar&#233;fie et o&#249; le vide s'&#233;panouit, est celui du retrait de toute subjectivit&#233; &#8212; espace non v&#233;cu par une conscience, &#233;chappant &#224; toute vis&#233;e intentionnelle, pur r&#233;el qui se d&#233;robe &#224; la saisie conceptuelle. Le d&#233;sert est asubjectif &lt;i&gt;(&#171; un si&#232;cle que nul &#234;tre humain n'a encore souill&#233; &#187;)&lt;/i&gt; et asignifiant &lt;i&gt;(&#171; des signes dont personne ne conna&#238;t l'origine &#187;).&lt;/i&gt; Enfin, et c'en est la conclusion logique, il y r&#232;gne un suspens d'&#233;v&#233;nement, soit l'&#233;puisement de ce-qui-arrive ou de ce-qui-survient sous les auspices de la surprise, et qui donne son sel, voire son sens, &#224; l'existence &lt;i&gt;(&#171; rien ne peut vous arriver &#187;).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corollaire du d&#233;sert, le peintre Strauch m&#232;ne des &lt;i&gt;&#171; exp&#233;ditions dans les jungles de la solitude &#187;.&lt;/i&gt; Il ajoute : &lt;i&gt;&#171; Ma famille, les parents, tout cet univers auquel j'aurais pu rester attach&#233; et auquel j'ai toujours essay&#233; de m'attacher, tr&#232;s t&#244;t, s'est dissous pour moi dans les t&#233;n&#232;bres, a disparu du jour au lendemain dans la nuit &lt;i&gt;[&#8230;]&lt;/i&gt;. D&#232;s mon enfance, je me suis senti solitaire, peut-&#234;tre l'ai-je &#233;t&#233; depuis toujours. Le sentiment de solitude m'a pr&#233;occup&#233; du plus loin que je me souvienne. De m&#234;me, la notion de solitude, le fait d'&#234;tre enferm&#233; en soi-m&#234;me. Tel que j'&#233;tais, je ne pouvais imaginer de rester seul toujours, tout le temps de ma vie. Je ne pouvais me mettre cette id&#233;e dans la t&#234;te, je ne pouvais pas l'y faire entrer et je ne pouvais pas non plus m'en lib&#233;rer. J'y revenais toujours, sans secours de nulle part. J'&#233;tais l&#224;, dans la contradiction. C'&#233;tait l&#224; que je m'&#233;veillai, et pas o&#249; j'aurais d&#251; m'&#233;veiller, en un lieu en accord avec ma sensibilit&#233;. Enfance et jeunesse furent une solitude tout aussi cruelle que l'affreuse solitude de ma vieillesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 30.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ferons l'hypoth&#232;se que la m&#233;taphore du d&#233;sert structure le r&#233;cit comme celle du gel, qui reconduit &#224; la finitude, exposant au danger de mourir de froid. Le d&#233;sert, qui exclut toute pr&#233;sence et o&#249; la vie se rar&#233;fie &#224; l'extr&#234;me, expose &#224; la disparition. De fait, au terme de l'&#233;criture du rapport d'enqu&#234;te du narrateur, le peintre Strauch dispara&#238;tra, ce qui avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; d&#232;s la page 93 : &lt;i&gt;&#171; Le peintre dit : &#8220;Ici, des gens disparaissent sans jamais r&#233;appara&#238;tre, on ne les retrouve plus&#8221;. Je pourrais vous citer plusieurs cas de gens qui ont d&#233;j&#224; disparu ici&#8221; &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Entre le peintre et moi r&#232;gne une sorte d'ambiance cr&#233;pusculaire. Ce qu'il dit ressemble &#224; une pluie qui tombe dans le lointain, sur un paysage &#233;trange, des nuages, qui assombrissent tout le voisinage. Il dit : &#8220;la proximit&#233; d'un &#234;tre humain engendre en nous le d&#233;sir de le conna&#238;tre jusqu'au point o&#249; il cesse d'exister pour nous : c'est ainsi avec les &#234;tres humains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 212.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8221;. &#187; &lt;/i&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pulsion de mort&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; rebours de l'id&#233;e de croissance &#8212; germination, &#233;closion et floraison &#8212;, le pessimisme ou la m&#233;lancolie de Thomas Bernhard, toujours alli&#233;s au grotesque, mettent en valeur l'extinction et le d&#233;p&#233;rissement, notamment via le th&#232;me du suicide qui court &#224; travers toute l'&#339;uvre. Cela consonne avec la pulsion de mort, th&#233;oris&#233;e par Freud en 1920 dans &lt;i&gt;Au-del&#224; du principe de plaisir,&lt;/i&gt; laquelle se manifeste par un retour du vivant vers l'inorganique et l'&#233;tat de repos. Chez Thomas Bernhard, on en trouve la formule la plus ramass&#233;e ici : &lt;i&gt;&#171; La mort s'insinue habilement au c&#339;ur m&#234;me de la vie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 17.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Et en d'autres endroits, il &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; &#8220;Le moment le plus r&#233;ussi de la vie est la mort. Il ne faut relier l'esp&#233;rance qu'&#224; la mort, qu'&#224; l'avenir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 186.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;&#8221; &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Souvent le lieu lui semble un tombeau pareil &#224; ceux de Venise, de l'&#238;le de San Michele, o&#249; les morts &#8220;sont aussi mis les uns au-dessus des autres. N'avez-vous pas &#233;t&#233; frapp&#233; par ce fait que les hommes habitent des cimeti&#232;res ? Que les grandes cit&#233;s sont de grands cimeti&#232;res ? Les petites villes, des cimeti&#232;res plus petits ? Et les villages, encore plus petits ? Que le lit est un cercueil ? Que les v&#234;tements sont des habits mortuaires ? Et que tous nos actes sont des exercices pr&#233;paratoires &#224; la mort ? Toute l'existence est un &#233;ternel essai de mise en bi&#232;re et d'enterrement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 163-164.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.askanialab.com/" class="spip_out"&gt;Site de Guillaume Fandel &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas Bernhard, &lt;i&gt;Gel,&lt;/i&gt; trad. par Boris Simon et Jos&#233;e Turk-Meyer, Gallimard, 1967, p. 155.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 163-164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Livre d'artiste &#8220;The Place to be&#8221;</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Livre-d-artiste-The-Place-to-be</link>
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		<dc:date>2021-10-03T15:02:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Diemert et Julie Chovin</dc:creator>


		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>Berlin</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Julie Chovin, plasticienne bas&#233;e &#224; Berlin, a publi&#233; en mars 2021 un livre d'artiste chez Vexer Verlag. Retour sur un &#233;v&#233;nement &#233;ditorial qui condense un projet au long cours.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Villes" rel="directory"&gt;Villes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Berlin" rel="tag"&gt;Berlin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Allemagne" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1946-188e9.jpg?1772247947' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Julie Chovin, plasticienne bas&#233;e &#224; Berlin, a publi&#233; en mars 2021 un livre d'artiste chez Vexer Verlag. Retour sur un &#233;v&#233;nement &#233;ditorial qui condense un projet au long cours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le livre de Julie Chovin, sobrement intitul&#233; &lt;i&gt;The Place to be. Nightclubs in Berlin (2013-2020)&lt;/i&gt; et publi&#233; chez Vexer Verlag, se pr&#233;sente comme une carte g&#233;ographique pli&#233;e de 30 x 12 cm, format &#233;ditorial cr&#233;&#233; sp&#233;cialement pour ce projet par le studio de graphisme Daniel Rother. Le titre appara&#238;t en gaufrage sur le recto de la couverture, tandis que les noms de l'artiste et de la maison d'&#233;dition se retrouvent au verso. Des rabats viennent prot&#233;ger l'int&#233;rieur, dont l'un contient deux courts textes scientifiques de Boris Gr&#233;sillon et de S&#233;verine Marguin, sur lesquels nous reviendrons. Rappelons que la s&#233;rie &lt;i&gt;The Place to be&lt;/i&gt; se d&#233;ploie en 220 clich&#233;s d'entr&#233;es de clubs berlinois, pris de jour, de l'ext&#233;rieur et de mani&#232;re frontale, en couleur et en 24 x 36, selon un protocole r&#233;gulier. La mise en pages les superpose deux &#224; deux, en y joignant leurs coordonn&#233;es GPS, sur papier brillant. Enfin, la reliure suisse qui a &#233;t&#233; propos&#233;e par le studio de graphisme concourt &#224; transformer ce livre de photographies en livre-objet ou en livre d'artiste que l'on voudra int&#233;grer, au titre d'&#233;l&#233;ment au sein d'un ensemble ouvert, dans sa biblioth&#232;que id&#233;ale. Une &#233;dition ult&#233;rieure et limit&#233;e de cet ouvrage s'enrichira d'une carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;closent les livres ? Et, plus particuli&#232;rement, comment naissent les recueils, catalogues ou anthologies ? L'&#233;dition photographique jouit d'une tradition qui remonte aux origines du m&#233;dium, comme l'ont mis en &#233;vidence Martin Parr et Gerry Badger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin Parr et Gerry Badger, Le Livre de photographies. Une histoire, trois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'une des principales fonctions du livre &#8212; et le livre d'images n'y &#233;chappe pas &#8212; est support&#233;e par la reliure : il s'agit de rassembler des feuillets qui, sinon, resteraient &#233;pars et seraient emport&#233;s par les vents, et de les ordonner suivant une logique et une esth&#233;tique propres. La vis&#233;e de ces deux actions &#233;tant de construire un ensemble. Julie Chovin s'est livr&#233;e &#224; un tel travail apr&#232;s une campagne photographique de sept ans, r&#233;alis&#233;e entre 2013 et 2020 et consacr&#233;e &#224; un objet exclusif (voir une interview avec l'artiste &lt;a href=&#034;https://www.tk-21.com/The-Place-to-be&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et la description ainsi que le commentaire du projet &lt;a href=&#034;https://www.tk-21.com/The-Place-to-be-a-collection&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la collection &#224; son auteure&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de nos entretiens de 2015, Julie Chovin et moi-m&#234;me &#233;tions tomb&#233;s d'accord sur le signifiant de &#171; collection &#187; pour d&#233;signer le regroupement de tous les clubs. La collection &#233;tait en quelque sorte la m&#233;taphore de la s&#233;rie photographique, qui a acquis ses lettres de noblesse avec le style documentaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Olivier Lugon, Le Style documentaire. D'August Sander &#224; Walker Evans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celui-ci se caract&#233;rise par les propri&#233;t&#233;s suivantes : s&#233;rialit&#233;, r&#233;p&#233;tition, impersonnalit&#233;, absence de lyrisme ou d'emphase, objectalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque Julie Chovin habite &#224; Berlin depuis onze ans, il convient d'en passer par les mots de l'allemand : &#171; collection &#187; se dit &lt;i&gt;Sammlung&lt;/i&gt; et est apparent&#233;, dans son &#233;tymologie, &#224; &lt;i&gt;zusammen&lt;/i&gt; (&#171; ensemble &#187;) et &#224; &lt;i&gt;samt&lt;/i&gt; (&#171; avec &#187;). On retrouve l&#224; les crit&#232;res d'ensemble et de coh&#233;rence qui d&#233;finissaient plus haut le livre. Le verbe &#224; l'infinitif est &lt;i&gt;sammeln&lt;/i&gt; qui renvoie aux synonymes &lt;i&gt;zusammentragen, zusammenbringen, vereinigen, anh&#228;ufen&lt;/i&gt; : la &lt;i&gt;Sammlung&lt;/i&gt; se sp&#233;cifie d'&#234;tre une r&#233;union d'objets organis&#233;e suivant un d&#233;sir et qui a pour effet de produire une figure de collectionneur, ici une collectionneuse-plasticienne, d'apr&#232;s l'analyse de G&#233;rard Wajcman dans son lumineux essai &lt;i&gt;Collection&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Wajcman, Collection, Nous, 2014.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, l'objet ou la chose en eux-m&#234;mes &#8212; &#171; ce qui est collect&#233; ou collectionn&#233; &#187; &#8212; se d&#233;clinent selon divers substantifs, dont les plus fr&#233;quents sont &lt;i&gt;das Ding&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;der Gegenstand&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le collectionneur est donc le sujet suppos&#233; &#224; la collection comme ensemble, c'est-&#224;-dire comme forme m&#233;dit&#233;e, organis&#233;e, pens&#233;e. [&#8230;] La collection n'est pas seulement, pour quelque raison que ce soit, m&#233;dit&#233;e, organis&#233;e, pens&#233;e : elle est d'abord voulue. Au milieu de la collection, ou circulant entre tous les objets de la collection, ciment subtil, il y a le d&#233;sir du sujet suppos&#233; qu'on appelle le collectionneur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 33 et 36.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17202 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_9592-modifier_jchovin_web.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/img_9592-modifier_jchovin_web-fbf58.jpg?1772193444' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ouvertures textuelles &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;The Place to be. Nightclubs in Berlin (2013-2020)&lt;/i&gt; s'enrichit de deux courts commentaires scientifiques de Boris Gr&#233;sillon et de S&#233;verine Marguin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boris Gr&#233;sillon, g&#233;ographe et professeur de g&#233;ographie, a &#233;crit un ouvrage sur l'underground dans les ann&#233;es 1990, &#224; Berlin : &lt;i&gt;Berlin, m&#233;tropole culturelle,&lt;/i&gt; paru chez Belin, en 2002. Il signe ici &#171; Quand le off devient in : petite chronique de la techno berlinoise &#187; et montre comment les clubs et la musique techno, d'abord symboles de la contre-culture, sont devenus partie int&#233;grante d'un marketing urbain et culturel &#224; partir du tournant du si&#232;cle : &#171; Le nouveau Berlin finit par d&#233;vorer ceux-l&#224; m&#234;mes, artistes, DJ, musiciens, g&#233;rants de clubs ou de labels, qui l'ont enfant&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;verine Marguin, chercheuse en sociologie du travail, de l'art et de l'espace, signe &#171; Une architecture berlinoise de la danse &#187;. Elle pr&#233;cise comment le mat&#233;riel visuel de l'artiste, par son exhaustivit&#233; et son principe de juxtaposition, illustre la disparit&#233; architecturale des clubs et forme une base de donn&#233;es valide pour une exploration socio-spatiale de la ville. Apr&#232;s avoir d&#233;fini des groupes ou clusters en fonction de quatre crit&#232;res &#8212; fonction d'origine du b&#226;timent ; mat&#233;rialit&#233; de l'architecture ; transparence ; propret&#233; ou entretien &#8212;, elle conclut sur la possibilit&#233; d'&#233;tendre l'analyse &#224; d'autres dimensions pour cerner l'ancrage de ce lieu, d&#233;di&#233; &#224; la f&#234;te, &#224; la musique et &#224; la danse, dans le tissu urbain. &#171; Le mat&#233;riel de Julie Chovin est captivant et donne mati&#232;re &#224; r&#233;flexion sur la mani&#232;re d'exp&#233;rimenter de nouvelles m&#233;thodes visuelles dans la recherche en sciences sociales &#8212; autrement dit, sur la mani&#232;re dont la recherche artistique et la sociologie peuvent b&#233;n&#233;ficier l'une de l'autre. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.juliechovin.com/" class="spip_out"&gt;Site de Julie Chovin&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martin Parr et Gerry Badger, &lt;i&gt;Le Livre de photographies. Une histoire,&lt;/i&gt; trois vol., Phaidon, 2005-2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; Olivier Lugon, &lt;i&gt;Le Style documentaire. D'August Sander &#224; Walker Evans (1920-1945),&lt;/i&gt; Macula, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Wajcman, &lt;i&gt;Collection&lt;/i&gt;, Nous, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.,&lt;/i&gt; p. 33 et 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Colophon :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. tirage, Vexer Verlag 2021&lt;br class='autobr' /&gt;
220 pages, 12,1 x 30 cm, reliure suisse cousue Images et concept : Julie Chovin&lt;br class='autobr' /&gt;
Textes : Boris Gre&#769;sillon et Se&#769;verine Marguin Langues : allemand, anglais, franc&#807;ais&lt;br class='autobr' /&gt;
Design : Studio Daniel Rother&lt;br class='autobr' /&gt;
E&#769;dition : Vexer&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 978-3-907112-29-8&lt;br class='autobr' /&gt;
Prix : 32 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_9418-modifier_jchovin_web.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_9418-modifier_jchovin_web.jpg' width=&#034;533&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>OVNI : une introduction</title>
		<link>https://www.tk-21.com/OVNI-une-introduction</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/OVNI-une-introduction</guid>
		<dc:date>2016-10-30T10:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Diemert et Virginie Rochetti</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis cinq ans, la revue en ligne TK-21 de&#769;crypte ce que sont les images aujourd'hui, leur statut, leurs fonctions, les enjeux socie&#769;taux et psychiques qui y sont lie&#769;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apre&#768;s les expe&#769;riences d'expositions en 2007, a&#768; la galerie 89 avec le Groupe Novembre, a&#768; la biennale de Samara (Russie) en 2013, a&#768; Paris en 2014 avec les photographes tai&#776;wanais pour &#171; Re&#770;ver la terre &#187;, TK- 21 LaRevue propose, a&#768; la galerie La Ville a des arts, cinq semaines d'exposition, auxquelles s'ajouteront des performances, des surprises musicales et sonores.&lt;br class='autobr' /&gt;
A&#768; cette occasion, TK-21 publie son premier nume&#769;ro hors s&#233;rie papier au format 30 x 40, intitule&#769; OVNI.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce triple projet qui est pr&#233;sent&#233; ici : cinq expositions en bin&#244;me ; une premi&#232;re &#233;dition papier ; l'amorce d'une mutation &#233;ditoriale.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH101/arton942-6481c.jpg?1772247947' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce num&#233;ro hors s&#233;rie OVNI s'ouvre sur un &#171; point de vue &#187; &#8212; auquel conduit une lente marche d'approche &#8212; qui permet d'embrasser l'&#233;tendue qui s&#233;pare le texte des images ! Un enjeu th&#233;orique ou une situation qui seront approch&#233;s &#224; partir des caract&#232;res d'un objet visuel non identifi&#233;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#167;1. Les OVNIS ou &#171; petits hommes verts &#187; ont suscit&#233; de multiples &#339;uvres de science-fiction, qui sont autant de variations et de d&#233;lires sur le m&#234;me th&#232;me : de &lt;i&gt;La Guerre des mondes&lt;/i&gt; de H.G. Wells (1898) &#224; &lt;i&gt;The Body Snatchers&lt;/i&gt; de Jack Finney (1955), en passant par &lt;i&gt;Rencontres du troisi&#232;me type&lt;/i&gt; de Steven Spielberg (1977) ou l'embl&#233;matique &lt;i&gt;E.T. l'extraterrestre&lt;/i&gt; (1982) du m&#234;me r&#233;alisateur&#8230; Ce qui se cache derri&#232;re l'invasion extraterrestre, c'est la figure mena&#231;ante d'un Autre m&#233;chant, depuis laquelle accoster aux rivages splendides de la parano&#239;a&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;OVNI : il d&#233;barque, intempestif.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue OVNI se sert de ce th&#232;me rebattu seulement comme toile de fond ; elle s'empare du mode d'apparition de l'objet volant &#8211; son appara&#238;tre &#224; valeur verbale &#8211; pour signifier la fulgurance du geste &#233;ditorial qui a pr&#233;sid&#233; &#224; sa cr&#233;ation. Quel geste pour quel collectif et pour quel objectif ? Ce num&#233;ro hors s&#233;rie de TK-21 est le fruit d'un travail d'&#233;quipe, d'une somme de singularit&#233;s, d'un ensemble ouvert qui m&#234;le les parcours et les points de vue&#8230; Foin d'un comit&#233; &#233;ditorial ou scientifique ! Foin du magazine de presse, dont la forme fig&#233;e r&#233;pond &#224; des standards historiques d'ordre, d'ordonnance et d'organisation ! Ce qui se donne &#224; voir, &#224; palper, &#224; brouter, c'est d'abord un volume visuel, compos&#233; de doubles-pages &#224; articuler comme bon vous semblera&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;OVNI : il est comme la foudre &#8211; et le coup de foudre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;v&#233;nement d&#233;sastreux qui atterre, qui d&#233;concerte, qui cause une peine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; qui conduisent &#224; la sid&#233;ration.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fulguration ou foudroiement ? Passion ou action ? Parmi les &#171; m&#233;t&#233;ores &#187; d&#233;crits par Aristote dans l'Antiquit&#233;, l'&#233;clair &#8212; &#233;l&#233;ment du monde c&#233;leste, qui &#233;chappe &#224; la g&#233;n&#233;ration et &#224; la corruption &#8212; occupe une place de choix : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est de l'&#233;clair et du tonnerre, du typhon, de la trombe d'eau chaude et des coups de foudre qu'il faut parler. De ces ph&#233;nom&#232;nes, il faut supposer que le principe est le m&#234;me. L'exhalaison, comme nous l'avons dit, est double, l'une humide, l'autre s&#232;che [&#8230;] Il y a des auteurs qui, comme Clid&#232;me, disent que l'&#233;clair n'a pas d'existence r&#233;elle, mais qu'il n'est qu'apparence. Ils le comparent &#224; un ph&#233;nom&#232;ne semblable, quand on frappe la mer avec un b&#226;ton : l'eau appara&#238;t alors lumineuse dans la nuit. De la m&#234;me fa&#231;on, quand, dans le nuage, l'humidit&#233; est frapp&#233;e, l'&#233;clair est cette apparition brillante. [&#8230;] Telles sont les doctrines des autres sur le tonnerre et l'&#233;clair. Pour les uns, l'&#233;clair est une r&#233;flexion, pour d'autres un &#233;clat de lumi&#232;re, tandis que le tonnerre est son extinction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, M&#233;t&#233;orologiques, Paris, Gallimard, coll. &#171; Tel &#187;, 2008, Livre II, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#167;2.&lt;/strong&gt; C'est sur les bris&#233;es de Jean-Fran&#231;ois Lyotard que nous nous &#233;lancerons pour opposer le &lt;i&gt;visible&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;lisible&lt;/i&gt; comme deux ordres strictement h&#233;t&#233;rog&#232;nes. Leur rapport rel&#232;ve de la disjonction, comme se s&#233;parent, chez Jacques Lacan, le &lt;i&gt;r&#233;el&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;symbolique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;OVNI : dans un premier temps, il rend muet ; dans un second temps, il lib&#232;re le discours.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre de l'image exc&#232;de &#171; ce que l'on peut en dire &#187; (son propos, repris et modul&#233; dans le commentaire) comme la simple perception de la forme &lt;i&gt;(Gestalt)&lt;/i&gt; dans l'espace : elle est marqu&#233;e du sceau de l'&#233;v&#233;nement, elle &lt;i&gt;fait &#233;v&#233;nement&lt;/i&gt; pour le t&#233;moin-regardeur. Ainsi de cette jeune enfant de six ans, fascin&#233;e, mais de mani&#232;re mortif&#232;re, par les stigmates de saint Fran&#231;ois d'Assise peints sur la fresque d'une &#233;glise de Toscane&#8230; Cette mauvaise rencontre, &#224; l'&#226;ge de six ans, formerait-elle l'ombilic d'une passion des images, chez cette jeune fille, qui la conduira de l'histoire de l'art au cin&#233;ma d'animation ? Il n'est pas interdit de le penser. O&#249; l'on voit que l'&#233;v&#233;nement, saisi dans les rets de la parole et dans les motifs de l'existence, ouvre sur le discours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;OVNI : il donne lieu &#224; un torrent de mots &#8212; jailli de la bouche des t&#233;moins &#8212;, qui enveloppe les images dans l'apr&#232;s-coup. Saisis de logorrh&#233;e, ceux-ci commentent l'exp&#233;rience visuelle &#224; l'infini.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence des &#233;v&#233;nements &#8212; irr&#233;ductible au simple quotidien &#8212; se pr&#234;te merveilleusement &#224; cette reprise, &#224; concevoir comme examen, d&#233;chiffrement et travail psychique, qui permettra seule d'en extraire toute la s&#232;ve. Les &#339;uvres plastiques ob&#233;issent &#224; la m&#234;me logique et &#224; la m&#234;me temporalit&#233; : d'abord, exp&#233;rience brute, exp&#233;rience muette, face &#224; l'&#339;uvre ; puis r&#233;ception qui en appelle aux pouvoirs de la parole et aux discours multiples qui viendront l'habiller (qu'il s'agisse de l'esth&#233;tique, de l'histoire de l'art, du journalisme, ou de la conversation mondaine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#167;3.&lt;/strong&gt; Redonnons sa dimension plastique au texte &#8212; qu'il soit cr&#233;ation litt&#233;raire ou commentaire critique &#8212;, en le d&#233;finissant comme &lt;i&gt;pas-&#224;-lire&lt;/i&gt; et en d&#233;bordant le mouvement de la signification, de la &#171; comprenette &#187;, si commun&#233;ment partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;OVNI : l'exp&#233;rience visuelle est intime, impartageable et singuli&#232;re, &#224; l'oppos&#233; du &#171; grand spectacle &#187; qui divertit et ravit les foules. Lui r&#233;pond l'exp&#233;rience de la lecture, &#224; condition que le texte se pare d'une puissance plastique et figurale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du plus loin que nous &#233;crivions, il est question d'une seule et m&#234;me chose : d&#233;faire la &#171; cl&#244;ture du texte &#187; ! Non seulement ouvrir la litt&#233;rature sur les autres arts ; non seulement m&#233;nager, au sein du texte, des trou&#233;es, des &#233;chapp&#233;es visibles, des revoirs (&#171; traces, empreintes laiss&#233;e par le pied de l'animal chass&#233; &#187;) et des regards (&#171; ouvertures dans un ouvrage d'art &#187;) ; mais redonner sa puissance plastique et figurale &#224; l'&#233;crit : splendeur, vibrance et pouvoir t&#233;r&#233;brant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Fran&#231;ois Lyotard : &#171; Tout discours a son vis-&#224;-vis, l'objet dont il parle, qui est l&#224;-bas, comme son d&#233;sign&#233; dans un horizon : vue bordant le discours. [&#8230;] La froide prose n'existe presque pas, sauf au plus bas de la communication. Un discours est &#233;pais. Il ne signifie pas seulement, il exprime. Et s'il exprime, c'est qu'il a lui aussi du boug&#233; consign&#233; en lui, du mouvement, de la force, pour soulever la table des significations par un s&#233;isme qui fait le sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Fran&#231;ois Lyotard, Discours, Figure, Paris, Klincksieck, 1971, pp. 13-15.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Guyotat : &#171; La peinture guide ma main : toute ma cr&#233;ation future est dans mon regard int&#233;rieur : que cessent les tourments de ma vie et la voici devant moi : toutes les figures de la fiction &#224; faire sont l&#224;, toutes devant moi, avec tous les supports, tous les d&#233;cors, toutes les lumi&#232;res, tous les reliefs comme un tableau de la Cr&#233;ation, &#224; moi maintenant de les animer, de les faire parler sans en quitter une seule des yeux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Guyotat, Coma, Paris, Mercure de France, 2006. Cit&#233; par Jacques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Coda. La vision pure serait un impens&#233; qui demande le&lt;/i&gt; logos &lt;i&gt;pour lui assurer existence. Trouver les mots pour sortir du r&#233;gime d'ambigu&#239;t&#233; ou d'&#233;quivocit&#233; &#8212; r&#233;pondant au lieu des limbes &#8212; des images ? Oui, rendre compte par la parole ou l'&#233;crit ou de l'exp&#233;rience visuelle !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/meduse_3me_de_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH336/meduse_3me_de_couv-6fe34.jpg?1772190834' width='500' height='336' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;v&#233;nement d&#233;sastreux qui atterre, qui d&#233;concerte, qui cause une peine extr&#234;me &#187;, selon le dictionnaire du Littr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aristote, &lt;i&gt;M&#233;t&#233;orologiques,&lt;/i&gt; Paris, Gallimard, coll. &#171; Tel &#187;, 2008, Livre II, 9, p. 255 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Fran&#231;ois Lyotard, &lt;i&gt;Discours, Figure,&lt;/i&gt; Paris, Klincksieck, 1971, pp. 13-15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Guyotat, &lt;i&gt;Coma,&lt;/i&gt; Paris, Mercure de France, 2006. Cit&#233; par Jacques Henric dans &#171; La peinture mise en voix &#187;, in &lt;i&gt;Pierre Guyotat. La mati&#232;re de nos &#339;uvres,&lt;/i&gt; Arles, Actes Sud, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qui borde la mer</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Ce-qui-borde-la-mer</link>
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		<dc:date>2015-12-20T13:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Diemert et Guillaume Fandel</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;pondant &#224; une commande concernant la mer du Nord, le photographe Guillaume Fandel a long&#233; le littoral de la mer du Nord jusqu'aux &#238;les de la Frise et &#224; la mer des Wadden (d&#233;j&#224; imag&#233;e par Johan van der Keuken dans &#8220;La Jungle plate&#8221; en 1978).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton832-d8138.jpg?1772247947' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;R&#233;pondant &#224; une commande du conseil g&#233;n&#233;ral de Moselle sur le th&#232;me de la mer du Nord, le photographe Guillaume Fandel a long&#233; ce littoral jusqu'aux &#238;les de la Frise et &#224; la mer des Wadden (d&#233;j&#224; imag&#233;e par Johan van der Keuken dans &#8220;La Jungle plate&#8221; en 1978).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur les rivages de la mer du Nord, il n'y a pas de &#171; bord de mer &#187;. L'expression d&#233;signe le plus souvent un lieu de vill&#233;giature, une c&#244;te fr&#233;quent&#233;e, une plage populeuse &#8212;pr&#233;sence multiple et profuse. La vis&#233;e de ces photographies est autre : rendre compte des confins du territoire, d'une langue de terre sauvage ou d&#233;sert&#233;e, d'un bord littoral ; s'exposer en tant qu'observateur &#224; l'effet de bord. Mais que recouvre cette formulation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;res nouvelles de l'exploration : tout commence avec une &#171; exposition &#187;, &lt;br&gt;par laquelle l'observateur d&#233;crit une lente avanc&#233;e vers le paysage et vers l'&#233;v&#233;nement de l'image. Il se porte &#224; la rencontre du lieu, quelles que soient les modalit&#233;s de cette rencontre ; il s'abandonne &#224; la contemplation d'une &#233;tendue dans la perspective d'en enregistrer et d'en interpr&#233;ter les signes ou les marqueurs ainsi que les bornes (toujours l'&#233;tendue est comprise entre deux bornes, deux limites ou deux seuils, qui forment un cadre ou un champ). &lt;br&gt;Lumi&#232;res changeantes des Pays-Bas, manteau de neige, cama&#239;eu de teintes effac&#233;es ; un lit de pierres semble partager l'eau du sol et courir en courbe vers l'horizon ; deux surfaces vierges s'&#233;tendent &#224; perte de vue depuis cette ligne jusqu'aux c&#244;t&#233;s du cadre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'effet de bord propre au littoral, le photographe prend le risque d'un entre-deux ; il n'est plus dans l'enceinte des terres, au mitan ou au milieu d'une g&#233;ographie, au sein ou au centre de la demeure ; il pose pied sur le rivage, cette frange qui borde la mer et qui voisine avec la distance illimit&#233;e, avec l'ext&#233;riorit&#233;. &lt;i&gt;Finis terrae.&lt;/i&gt; Ici finissent les terres, c'est le bout du chemin ! Aux extr&#233;mit&#233;s correspondent souvent l'imminence d'un &#233;v&#233;nement, la promesse (ou la menace) d'un d&#233;passement ou d'un accomplissement &#8212; et le tremblement qui en r&#233;sulte dans la psych&#233;&#8230; Aux abords de l'&#238;le frisonne d'Ameland pr&#233;valent silence, d&#233;pouillement et d&#233;paysement (au sens de sortie hors du petit pays en direction de la mer, de changement de milieu, de passage) ; mais le punctum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Piq&#251;re, point ou petite tache en latin, le punctum a &#233;t&#233; th&#233;oris&#233; par Roland (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de la photographie existe bel et bien, qui conduit les regards jusqu'&#224; l'envol des oiseaux vers la nue. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crivant est sentinelle qui t&#233;moigne de la r&#233;alit&#233; la plus imm&#233;diate, quand le photographe est une vigie qui scrute les lointains pour en recueillir l'image. &lt;br&gt;Avec une grande retenue, entre finitude et infini, Guillaume Fandel a long&#233; le littoral nord en s'approchant au plus pr&#232;s des signes discrets qui le composent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.askanialab.com/noordzee-1/" class="spip_out"&gt;Site de Guillaume Fandel. &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Piq&#251;re, point ou petite tache en latin, le &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; th&#233;oris&#233; par Roland Barthes dans &lt;i&gt;La Chambre claire&lt;/i&gt; et d&#233;signe &#171; ce qui me point ou me meurtrit &#187;, ce qui m'attire et m'atteint au sein de la photographie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Texte &#233;crit &#224; l'occasion de l'exposition collective &#171; Voyages, rivages. De la Seille &#224; la mer du Nord &#187;, qui a eu lieu &#224; Bruxelles en 2010, &#224; l'initiative du conseil g&#233;n&#233;ral de Moselle. &lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;rie compl&#232;te &#171; Noordzee &#187; est visible sur le site de Guillaume Fandel : &lt;a href=&#034;http://www.askanialab.com/noordzee-1/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.askanialab.com/noordzee-1/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus de textes d'&#201;tienne Diemert : &lt;a href=&#034;http://etiennediemert.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://etiennediemert.tumblr.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Islande, Ultima Thul&#233;</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Islande-Ultima-Thule-807</link>
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		<dc:date>2015-11-25T18:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Diemert et Guillaume Fandel</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>landscape</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Qu'appelle-t-on le &#171; visible &#187; par opposition &#224; l'image, au d&#233;j&#224;-vu et au visuel ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/landscape" rel="tag"&gt;landscape&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton807-8984e.jpg?1772247947' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'appelle-t-on le &#171; visible &#187; par opposition &#224; l'image, au d&#233;j&#224;-vu et au visuel ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En repartant des premiers mots de Jean-Christophe Bailly dans &#171; Le visible est le cach&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Christophe Bailly, Le Parti pris des animaux, &#171; Le visible est le cach&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une d&#233;finition s'esquisse : le visible, ce serait le milieu vibratile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Fran&#231;ois Bon, &#171; De la tectonique des plaques en milieu urbain &#187;, publi&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, con&#231;u comme entour, entourage et enveloppe sensible (&#171; le visible est ce qui nous entoure, nous pr&#233;c&#232;de et nous suit &#187;), tiss&#233; de rythmes et de discours, o&#249; &#233;volue le photographe et d'o&#249; il descelle et pr&#233;l&#232;ve l'image du paysage : cette d&#233;coupe, &#224; travers la vis&#233;e de son appareil, vaut &#224; la fois pour d&#233;couverte, d&#233;voilement et ouverture de l'&#234;tre au moment propice, et pour construction de formes, de couleurs et de textures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le visible soit tiss&#233; de discours s'exemplifie par le choix de l'Islande dans la derni&#232;re campagne photographique de Guillaume Fandel : choix proprement g&#233;ographique, qui s'inscrit dans une revue g&#233;n&#233;rale des d&#233;serts, chauds ou glac&#233;s, mers et steppes (donc du c&#244;t&#233; de l'espace lisse selon Deleuze &amp; Guattari) ; mais relay&#233; par toute une litt&#233;rature sur le site mythologique de Thul&#233; (mentionn&#233; par Pyth&#233;as le Massaliote au IVe si&#232;cle av. J.-C.) et sur l'insularit&#233; &#8212; au confluent d'une nature vierge, intacte, mouvement&#233;e, rejoignant par l&#224; l'esth&#233;tique du sublime, et d'un flot de discours, de r&#233;cits et de r&#233;citatifs, qui viennent informer cette nature et lui donner la parole. Ainsi, de Raoul Schrott, &#233;crivain autrichien n&#233; en 1965, qui &#233;crit &#224; propos de l'Islande : &#171; Il y avait autrefois des &#238;les, comme l'Utopie coup&#233;e de la terre avec sa baie pleine de hauts-fonds et de r&#233;cifs, les canaux circulaires d'une Atlantide, les &#238;les heureuses des Hesp&#233;rides et les scories des Encantadas, les &#238;les situ&#233;es devant les c&#244;tes et les lieux solitaires [&#8230;]. Iles sans rade et sans mer ; jalons sur le rayon d'un monde habitable, balises et amers. Elles ne faisaient que d&#233;signer les limites de ce monde et restaient au-del&#224; de l'horizon. Ici, seulement, il y avait une &lt;i&gt;ultima thule,&lt;/i&gt; uniquement sur cette face qui se courbe devant l'horizon ; la terre n'&#233;tait pas encore ronde, et il y avait l&#224; quelque chose d'encore intouchable, un p&#244;le, une &lt;i&gt;terra incognita&lt;/i&gt; dont les cartes disaient seulement : &lt;i&gt;ibi dracones et ubi leones,&lt;/i&gt; les grylles [monstres, dans les &#339;uvres antiques de la glyptique, c'est-&#224;-dire la gravure sur pierres fines] et antipodes du monde r&#233;el. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raoul Schrott, Finis Terrae, traduit de l'allemand par Nicole Casanova, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette s&#233;rie s'inscrit donc dans une qu&#234;te du lieu : &#171; lieu acceptable &#187; pour Raymond Depardon ; &#171; vrai lieu &#187; pour Yves Bonnefoy &#8212; sans chercher &#224; fonder quoi que ce soit, ni centre autour duquel s'organiseraient l'existence et le lieu, ni fondation ou soubassement de l'architecture, ni fondement de sens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/fandel_guillaume_04_low.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/fandel_guillaume_04_low-c14be.jpg?1509806440' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette s&#233;rie de photographies est-elle &#224; vocation documentaire ou proc&#232;de-t-elle d'une interpr&#233;tation de l'existant ? L'&lt;i&gt;unheimlich&lt;/i&gt; comme &#171; &#233;preuve du d&#233;paysement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. deux textes sur l'&#339;uvre de Thibaut Cuisset qui d&#233;ploient cette notion : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; et non comme &#171; inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; &#187;, selon Freud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sigmund Freud, &#171; L'inqui&#233;tant &#187; in &#338;uvres compl&#232;tes de Freud, tome XV, PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui plie les deux significations du terme allemand &lt;i&gt;heimlich&lt;/i&gt; l'une sur l'autre (&#171; familier &#187; et &#171; secret &#187;) pour penser le retour du refoul&#233; sous forme angoissante &#8212; semble &#234;tre le mode de traitement plastique et la matrice de sens de cette s&#233;rie : en t&#233;moignent la dramatisation de la lumi&#232;re de certaines photographies, due &#224; des conditions m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mement tourment&#233;es ; le paradigme du fonc&#233; ou du sombre, qui l'emporte sur celui de la clart&#233; ; enfin, la pure &#233;tendue sans bornes ni jalons qui viendraient la limiter&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;rie s'organise en trois parties, cinq s&#233;quences distinctes d'images et trois diptyques o&#249; la continuit&#233; entre les deux pans &#8212; parfois artificielle et non r&#233;f&#233;rentielle &#8212; est assur&#233;e soit par la ligne d'horizon, soit par la ligne de cr&#234;te d'un mont volcanique. Ce qui frappe, d&#232;s l'entr&#233;e ou l'ouverture, c'est le velout&#233; des textures, le model&#233; des volumes, la couleur comme vibration et d&#233;ploiement d'infinies nuances au sein de la gamme de tons &#8212; presque effet de moire rejoignant le milieu vibratile du visible d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; &#8212;, la comp&#233;n&#233;tration des &#233;l&#233;ments, enfin : bordeaux &#233;teint macul&#233; de bleu qui s'&#233;tend jusqu'au pied du volcan devin&#233; dans le lointain atmosph&#233;rique ; marron franc tirant sur le roux, ou le rouill&#233;, m&#234;l&#233; de touches, de nuages ou de panaches de blanc ; langues de terre charbonneuse (cendres volcaniques ?) contre flancs vert vif, et cependant assombris, de la colline ; beige cr&#233;meux du d&#233;sert min&#233;ral, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conjoignant le sublime et l'&lt;i&gt;unheimlich,&lt;/i&gt; Guillaume Fandel esquisse l&#224; une esth&#233;tique propre, qui se s&#233;pare du pittoresque &#8212; notamment par le minimalisme de ses paysages min&#233;raux &#8212; comme de la clart&#233; et de la transparence de l'&#233;vidence, qui informaient sa pr&#233;c&#233;dente s&#233;rie sur la mer du Nord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.askanialab.com/" class="spip_out"&gt;le site de Guillaume Fandel&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Christophe Bailly, &lt;i&gt;Le Parti pris des animaux,&lt;/i&gt; &#171; Le visible est le cach&#233; &#187;, Christian Bourgois, 2013, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Fran&#231;ois Bon, &#171; De la tectonique des plaques en milieu urbain &#187;, publi&#233; en 2012 sur son blog du Tiers Livre : &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tierslivre.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Raoul Schrott, &lt;i&gt;Finis Terrae,&lt;/i&gt; traduit de l'allemand par Nicole Casanova, &#201;ditions Hachette, 1999, p. 127-128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. deux textes sur l'&#339;uvre de Thibaut Cuisset qui d&#233;ploient cette notion : &#171; La Loire de Thibaut Cuisset &#187; sign&#233; par Jean-Christophe Bailly (2001) ; &#171; Le d&#233;paysagement &#187; sign&#233; par Philippe Lacoue-Labarthe (2005). Les deux textes sont accessibles &#224; l'adresse suivante : &lt;a href=&#034;http://www.fillesducalvaire.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fillesducalvaire.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sigmund Freud, &#171; L'inqui&#233;tant &#187; in &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes de Freud,&lt;/i&gt; tome XV, PUF, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Guillaume Fandel : &lt;a href=&#034;http://www.askanialab.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.askanialab.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tienne Diemert : &lt;a href=&#034;http://etiennediemert.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://etiennediemert.tumblr.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>The Place to be</title>
		<link>https://www.tk-21.com/The-Place-to-be</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/The-Place-to-be</guid>
		<dc:date>2015-11-25T18:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Diemert et Julie Chovin</dc:creator>


		<dc:subject>modernit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
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		<dc:subject>entretien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien avec Julie Chovin, artiste d'origine fran&#231;aise et vivant &#224; Berlin, auteure de la s&#233;rie photographique et du projet de livre The Place to be.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Villes" rel="directory"&gt;Villes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/modernite" rel="tag"&gt;modernit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Entretien" rel="tag"&gt;entretien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton795-7cc46.jpg?1772247947' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p align=&#034;justify&#034;&gt;Entretien avec Julie Chovin, artiste d'origine fran&#231;aise et vivant &#224; Berlin, auteure de la s&#233;rie photographique et du projet de livre &#8220;The Place to be&#8221;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les clubs &#224; Berlin : quotidiennet&#233; et carte postale ; le Berghain comme &#233;picentre du clubbing dans la capitale ; l'architecture vernaculaire ; un business&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julie Chovin :&lt;/strong&gt; Le point de d&#233;part de la s&#233;rie, c'est la correspondance suivie avec ma grand-m&#232;re : je lui envoyais des photos de Berlin ; et, &#224; un moment, je me suis dit : &#171; Mais si elle venait &#224; Berlin, qu'est-ce que je pourrais lui montrer ? Qu'est-ce qu'il y a &#224; voir en dehors des monuments et des lieux historiques ? &#187; Eh bien, la deuxi&#232;me chose, ce sont les clubs ! Mais, comme elle a 80 ans, on ne va pas aller en club ! Donc, c'est comme si je lui faisais faire un tour des clubs, mais de l'ext&#233;rieur&#8230; Ce point de vue de la mamie &#8212; la mienne ou celle qui habite &#224; c&#244;t&#233; du Berghain et qui va faire ses courses au supermarch&#233; local &#8212; m'int&#233;ressait grandement : la petite mamie, elle va faire son Lidl, et elle regarde le gros b&#226;timent, et elle voit ce qui appara&#238;t sur les photos&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi l'id&#233;e, un peu ironique, de jouer sur le c&#244;t&#233; d&#233;ceptif, o&#249; tu viens en week-end &#224; Berlin pour faire des clubs &#8212; et tu ne peux pas entrer dans le club, tu restes dehors : qu'est-ce que tu vois ? Tu vois : //about blank&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nom d'un club mythique &#224; Berlin.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui est une esp&#232;ce de pauvre maison en b&#233;ton &#224; c&#244;t&#233; d'un chantier, vers Ostkreuz, et il y a des tuyaux devant &#8212; ils sont rigolos, ces tuyaux, et c'est rigolo &#224; cadrer en photo : ils sont bleus ou roses &#8212;, mais il y a un c&#244;t&#233; glauque, qui fait certes partie de l'imaginaire berlinois, mais qui est aussi&#8230; C'est l'aspect de Berlin qu'on ne montre pas ! Ce que je voulais souligner, c'&#233;tait la diff&#233;rence entre l'image qu'on a de la ville quand on ne la conna&#238;t pas et ce qu'on voit vraiment quand on y vient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde parle des clubs, mais en fait on n'en a pas d'images : dedans, tu ne fais pas de photo et, dehors, &#231;a ne viendrait &#224; l'id&#233;e de personne de prendre une photo d'un club de l'ext&#233;rieur ! Ce qui int&#233;resse tout le monde, c'est dedans&#8230; C'&#233;tait jouer sur la question du secret : parce qu'un club comme le Berghain, il est de notori&#233;t&#233; publique que tu n'y fais pas de photos, m&#234;me dans les toilettes&#8230; Je pense que tu te fais mettre dehors ! Et quand tu entres, d'ailleurs, on te dit : &#171; Ah ! tu as un appareil photo sur ton t&#233;l&#233;phone : tu ne fais pas de photos ! &#187; Et ce qui se passe en soir&#233;e reste donc en soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_9215-juliechovin-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_9215-juliechovin-2-535e7.jpg?1772195532' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Berghain, c'est un immense endroit en b&#233;ton, qui est une ancienne centrale &#233;lectrique ; le lieu est beau en soi : tu as un plafond &#233;norme, c'est sur deux niveaux, avec des endroits o&#249; tu passes au-dessus, tu vois les gens danser ; il y a un sound-system qui est fou ; les gens sont tr&#232;s libres et ont des m&#339;urs tr&#232;s libres ; et la musique est bien, c'est de la techno ! Il y a ce c&#244;t&#233; r&#233;gressif, noir, o&#249; la techno ressemble &#224; un rythme cardiaque, et le club, &#224; un &#171; ut&#233;rus imaginaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'analyse de Francesco Masci, philosophe italien n&#233; en 1967, qu'il a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; o&#249;, quand tu prends des drogues ou de l'alcool, ou m&#234;me sans rien, tu es alt&#233;r&#233;, tes sens sont alt&#233;r&#233;s &#224; cause de la musique et de l'ambiance, &#224; cause des gens&#8230; Il y a un c&#244;t&#233; &#171; zombie &#187; dans cette culture du clubbing &#224; Berlin, parce que la musique est tr&#232;s r&#233;p&#233;titive &#8212; tu as des clubs o&#249; passent toutes sortes de musiques, mais la plupart sont des clubs o&#249; passent de la minimale ou de la techno ou de la musique &#233;lectronique &#8212; ; tu as un c&#244;t&#233; tr&#232;s r&#233;current qui est un peu hypnotisant ; les gens dansent de fa&#231;on tr&#232;s s&#233;par&#233;e, dans leur bulle, soit &#224; cause des drogues, soit sans, et ce n'est pas de la musique que tu suis avec ton corps : c'est une sorte de faux rythme qui se cr&#233;e avec la minimale et, quand tu vois &#231;a de l'ext&#233;rieur, c'est aussi tr&#232;s impressionnant : tu vois presque 300 personnes bouger sur de la musique, mais chacun dans leur truc ! Et le lieu est extraordinaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, les propri&#233;taires du Berghain ont mont&#233; leur business : ils font le tri d'une fa&#231;on que personne ne comprend ; c'est 14 &#8364; l'entr&#233;e, etc. C'est un business que tu paies pour une certaine exp&#233;rience, comme tu paies pour aller voir le cin&#233;ma en 3D. Il n'y a pas d'autre lieu qui soit exactement comme &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une gravure que j'ai expos&#233;e dans une expo en octobre 2014&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de l'exposition Monuments &#224; la galerie T&#234;te, situ&#233;e &#224; Sch&#246;nhauser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est une photogravure, donc une technique ancienne utilis&#233;e &#224; la fin du XIXe si&#232;cle pour faire des cartes postales, justement. J'ai repris une photo du Berghain, que j'ai vectoris&#233;e &#8212; donc, c'est un dessin vectoriel &#8212; et que j'ai imprim&#233;e avec cette technique de photogravure pendant un workshop &#224; Weissensee, l'&#233;cole d'art de Berlin-Est. Du coup, tu as un c&#244;t&#233; un peu dur, parce que c'est du dessin vectoriel, les lignes sont tr&#232;s droites (ce n'est pas du tout un dessin &#224; la main), avec des d&#233;grad&#233;s tr&#232;s propres et, en m&#234;me temps, ce c&#244;t&#233; ancien d&#251; &#224; la technique avec un papier beige ou blanc cass&#233; : tu sens la marque d'impression, avec les petits trucs dentel&#233;s, vraiment comme une vieille gravure&#8230; C'est une pi&#232;ce hors de la s&#233;rie, mais cela fait partie de la r&#233;flexion sur les clubs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de montrer les clubs jouait avec cette id&#233;e : tu as un hipster qui arrive et qui ne peut pas entrer dans le club, que voit-il ? C'&#233;tait de replacer les b&#226;timents eux-m&#234;mes, dont certains ont un int&#233;r&#234;t architectural, dans un paysage quotidien, dans le sens de la mamie, comme je le disais, et dans l'environnement qui est le leur et qu'on oublie. Par exemple, pour la photo de : //about blank, tout l'espace autour est int&#233;ressant, parce que tu as des immeubles &#8212; on ne les voit pas sur la photo, parce qu'ils sont trop loin &#8212; qui sont typiquement d'Allemagne de l'Est ; tu as un espace vide, parce qu'il y avait le Mur qui ne passait pas loin ; tu as tout l'espace de la gare aussi, qui a chang&#233;&#8230; Et, pour certains, &#231;a montre aussi quelque chose de positif, de tr&#232;s malin de la part des Berlinois, quand ils ont ouvert ces clubs dans ces lieux o&#249; il n'y avait personne, o&#249; il y avait de l'espace pour des raisons politiques et historiques, o&#249; personne n'allait r&#226;ler contre le bruit&#8230; &#199;a montre la r&#233;utilisation d'architectures qui avaient une fonction et que l'on r&#233;affecte &#224; une autre fonction. Et justement, il y avait un article d'un architecte qui a &#233;crit l&#224;-dessus, sur un blog qui s'appelle Failed Architecture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Imre van der Gaag, &#171; Function Follows Form : How Berlin turns Horror into (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; il parle de la r&#233;utilisation de ces espaces-l&#224;, qui sont laiss&#233;s vides et &#224; l'abandon par le retrait de l'industrialisation dans des pays comme l'Allemagne et surtout &#224; Berlin, avec l'histoire qu'on conna&#238;t : la chute du Mur, la r&#233;unification des deux Allemagnes&#8230; Et donc, ces espaces ont &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s par les gens qui ont ouvert les clubs jusqu'&#224; devenir maintenant un vrai business ! Maintenant, tu vois certaines &#233;quipes de clubs &#8212; qui sont toujours les m&#234;mes : ils ont ouvert &#231;a entre copains et avec trois bouts de ficelle &#8212; faire des plans avec la ville, recevoir des financements et faire des am&#233;nagements : &#231;a va du &lt;i&gt;Spielplatz&lt;/i&gt; (&#171; parc de jeux &#187;) pour les enfants au club avec la petite plage&#8230; Tu as l&#224; en concentr&#233; tout le clich&#233; de l'&#233;t&#233; &#224; Berlin !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_7672-juliechovin_500.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_7672-juliechovin_500-c06af.jpg?1772195532' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je suis arriv&#233;e il y a cinq ans, en 2010, et c'&#233;tait d&#233;j&#224; trop tard&#8230; Il y avait quand m&#234;me le Bar 25, sur la Spreeufer &#224; Friedrichshain, ce club mythique, qui n'est pas dans la s&#233;rie, parce qu'il a ferm&#233; la premi&#232;re ann&#233;e, mais que tu pouvais voir en passant&#8230; Il y a un film intitul&#233; &lt;i&gt;Bar 25, Tage ausserhalb der Zeit&lt;/i&gt; (&#171; Bar 25, des jours en dehors du temps &#187;) qui a &#233;t&#233; tourn&#233; dessus. C'est justement de ce club et de cette &#233;quipe dont je te parlais pr&#233;c&#233;demment ; ils ont ouvert le Kater Holzig en face, qui a ferm&#233; aussi (il est ferm&#233; sur la photo que j'ai) ; et ils ont ouvert en face Der blaue Kater ou le Kater blau, o&#249; je ne suis pas all&#233;e, mais ils ont am&#233;nag&#233; un espace o&#249; il y a un march&#233; aux puces&#8230; Et &#224; cet endroit, ils vont faire ce dont je parle, le Holzmarkt.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/essais_800_web_kater.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH166/essais_800_web_kater-a4d0c.jpg?1509806442' width='500' height='166' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un urbanisme n&#233;olib&#233;ral : la gestion de la ville comme business&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julie Chovin : &lt;/strong&gt; Ce que j'ai mis un peu de temps &#224; comprendre et ce dont j'avais fait l'exp&#233;rience &#224; Saint-&#201;tienne, lorsque j'&#233;tais &#233;tudiante aux Beaux-Arts, c'&#233;tait cette id&#233;e que, maintenant, &#8212; c'est ce qu'explique David Harvey dans &lt;i&gt;G&#233;ographie de la domination&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Harvey, G&#233;ographie de la domination, Les Prairies ordinaires, Paris, 2008.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; toutes les villes sont comme des entreprises : tu as un budget de communication et de marketing et tu fais la pub de ta ville&#8230; C'est ce que ce g&#233;ographe britannique appelle le &#171; monopole &#187; ; tu inventes un monopole et une rente de monopole. C'est-&#224;-dire que la ville vit maintenant du tourisme &#8212; parce qu'il y a cinq ans ce n'&#233;tait pas encore le cas, mais maintenant &#231;a g&#233;n&#232;re des profits &#233;normes : le nombre de touristes double pratiquement chaque ann&#233;e ! C'est bien, il n'y avait pas grand-chose &#224; Berlin, les gens vivent maintenant de quelque chose, mais cela d&#233;truit le charme propre de la ville : &#224; force de refaire les clubs suivant l'id&#233;e que l'on se fait d'un club &#224; Berlin, &#231;a perd de son charme et &#231;a d&#233;truit ce pourquoi les gens sont venus ! Tu viens pour quelque chose et tu le d&#233;truis en venant le voir ! Et il y a aussi l'id&#233;e que chaque ville fait sa com', mais tu n'oublies pas qu'il y a des gens qui y vivent au jour le jour, comme &#224; Paris, o&#249; les gens sont &#233;nerv&#233;s par les touristes&#8230; &#192; un moment, on se dit : oui, et alors, il n'y aura plus d'habitants dans Paris, il n'y aura que des touristes qui viennent voir la tour Eiffel ! On peut imaginer dans le cas extr&#234;me que Berlin soit vid&#233;e de ses habitants, parce que les loyers sont devenus trop chers, et que tu n'aies plus que des touristes qui viennent l&#224; pour quinze jours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_9108-juliechovin_500.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_9108-juliechovin_500-c9b10.jpg?1772195532' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a un lien avec mon travail d'avant : ce sont ces photos de corsets qui sont sur mon site&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est la contrainte d'un corps physique. Ce qui m'a pos&#233; question dans les s&#233;ries ult&#233;rieures, c'est le &#171; corps social &#187; et le groupe : comment contraindre une population ? Il y a la question du pouvoir politique, mais aussi celle du lieu de vie : on peut voir l'architecture et l'urbanisme comme une sorte de pouvoir ou d'organisation pour canaliser les &#233;nergies. Et je me suis int&#233;ress&#233;e &#224; l'architecture et aux villes par ce biais-l&#224;. C'est une analyse du corset, qui serait le corset de la ville. Mes derni&#232;res lectures portent sur cet aspect r&#233;cent, n&#233;olib&#233;ral, des projets architecturaux, des grands projets urbains (comme l'on dit), qui sont mis en place partout, comme l'a&#233;roport de Berlin-Brandenburg, ou l'autoroute, ou m&#234;me &#224; East Side Gallery, le projet autour de la Spree, o&#249; maintenant il y a l'immeuble Coca-Cola, Universal Music, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens ont manifest&#233; les cinq ann&#233;es avant que j'arrive en 2010. Je suis all&#233;e &#224; l'une des derni&#232;res manifestations contre ces projets-l&#224;, une semaine apr&#232;s mon arriv&#233;e &#224; Berlin ; je me suis fait embarquer dans une manifestation tr&#232;s festive, d'ailleurs. Plus r&#233;cemment, les gens ont protest&#233; pour Tempelhof, parce qu'ils voulaient faire des grands travaux, mettre une rang&#233;e d'immeubles en plus, qui auraient &#233;t&#233; des habitations de luxe, non destin&#233;es &#224; la population d'origine des quartiers p&#233;riph&#233;riques de Tempelhof, et cr&#233;er un lac artificiel&#8230; Enfin, des choses qui sont un peu absurdes, avec &#233;norm&#233;ment d'argent, alors que les gens se satisfont de l'existant tel qu'il est ! C'est la ligne n&#233;olib&#233;rale, o&#249; on ne fait plus les projets pour les habitants, mais o&#249; la ville devient une entreprise comme une autre, avec des profits et des b&#233;n&#233;fices, des investisseurs priv&#233;s, etc. On oublie qu'il s'agit de lieux de vie pour des gens qui ont des enfants, qui vieillissent&#8230; La ville &#8212; et Berlin en est un tr&#232;s bon exemple &#8212; n'est plus pens&#233;e pour les gens qui y vivent, mais pour les investisseurs ! Donc, on construit des bureaux l&#224; o&#249; il y avait le Mur, etc. C'est l'urbanisme n&#233;olib&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un discours politique que je tiens l&#224; &#8212; et que je ne veux pas sp&#233;cialement tenir dans mes &#339;uvres &#8212;, mais qui est une r&#233;alit&#233; : c'est une relation de pouvoir, comme les relations de pouvoir qu'il y avait avec le corps f&#233;minin, dans le corset, en rapport avec l'image de la mode, qui cr&#233;e elle-m&#234;me une sorte de corset invisible, o&#249; les femmes font tout pour ressembler &#224; un mod&#232;le id&#233;al. On en parle maintenant ! Il y a des projets men&#233;s pour que les femmes s'assument comme elles sont, mais c'est tr&#232;s r&#233;cent : &#231;a fait deux ou trois ans. Ma s&#233;rie sur les corsets date de 2004. Les s&#233;ries d'images et de photographies urbaines sont dans cet esprit-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en train de lire ce livre, &lt;i&gt;Villes contest&#233;es. Pour une g&#233;ographie critique de l'urbain&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;cile Gintrac &amp; Matthieu Giroud, Villes contest&#233;es. Pour une g&#233;ographie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : c'est un recueil de textes, dont certains sont traduits pour la premi&#232;re fois, les uns &#233;tant plus anciens que d'autres ; et il y a une introduction &#224; chaque contribution, o&#249; l'auteur et la publication sont replac&#233;s dans leur contexte : est-ce que c'est un universitaire ?, etc. Ce sont des textes qui ne sont pas tr&#232;s longs et qui sont passionnants !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/klub7_30-juliechovin_500.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH324/klub7_30-juliechovin_500-e1da6.jpg?1772195532' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.juliechovin.com/" class="spip_out"&gt;Site de Julie Chovin. &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nom d'un club mythique &#224; Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'analyse de Francesco Masci, philosophe italien n&#233; en 1967, qu'il a d&#233;velopp&#233;e lors d'une intervention &#224; la librairie Zadig de Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de l'exposition &lt;i&gt;Monuments&lt;/i&gt; &#224; la galerie T&#234;te, situ&#233;e &#224; Sch&#246;nhauser Allee 161A, 10435 Berlin (&lt;a href=&#034;http://www.tete.nu/_MOnuMENTS&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tete.nu/_MOnuMENTS&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Imre van der Gaag, &#171; Function Follows Form : How Berlin turns Horror into Beauty &#187;, article accessible sous ce lien : &lt;a href=&#034;http://www.failedarchitecture.com/berlin-horror-beauty/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.failedarchitecture.com/berlin-horror-beauty/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;David Harvey, &lt;i&gt;G&#233;ographie de la domination&lt;/i&gt;, Les Prairies ordinaires, Paris, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.juliechovin.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.juliechovin.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#233;cile Gintrac &amp; Matthieu Giroud, &lt;i&gt;Villes contest&#233;es. Pour une g&#233;ographie critique de l'urbain,&lt;/i&gt; Paris, Les Prairies ordinaires, 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis &#224; Berlin le 27 juillet 2015 par &#201;tienne Diemert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet entretien fait suite au texte &lt;a href='https://www.tk-21.com/The-Place-to-be-a-collection' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;The Place to be : a collection,&lt;/i&gt; publi&#233; dans le num&#233;ro 51 de la revue.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>The Place to be : a collection</title>
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		<dc:date>2015-10-28T10:54:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Diemert et Julie Chovin</dc:creator>


		<dc:subject>modernit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Carnet de voyage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quelle est la d&#233;marche de Julie Chovin au cours de ses multiples promenades et d&#233;rives psycho-g&#233;ographiques dans les villes d'Europe occidentale et centrale ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton797-9354d.jpg?1772247947' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelle est la d&#233;marche de Julie Chovin au cours de ses multiples promenades et d&#233;rives psycho-g&#233;ographiques dans les villes d'Europe occidentale et centrale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment d&#233;finir la nature d'une d&#233;marche artistique (encore appel&#233;e &#171; approche &#187;, &#171; protocole &#187; ou &#171; processus de cr&#233;ation &#187;) ? Il faut sans doute prendre le terme de &lt;i&gt;d&#233;marche&lt;/i&gt; &#224; la lettre, c'est-&#224;-dire avec la double valeur de mani&#232;re de marcher (&#171; La d&#233;marche est la physionomie du corps &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Honor&#233; de Balzac, Th&#233;orie de la d&#233;marche, Fayard, coll. &#171; Mille et Une Nuits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ou d'avancer dans un raisonnement (du c&#244;t&#233; de la &#171; m&#233;thode &#187; au sens &#233;tymologique) et d'adresse &#224; autrui en vue d'obtenir quelque chose de lui &#8212; ne serait-ce qu'une r&#233;ponse&#8230; La d&#233;marche serait alors la signature personnelle du sujet, impossible &#224; imiter et &#224; falsifier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Mission : Impossible 5. Rogue Nation (2015), sc&#233;nario et r&#233;al. de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le propre du corps et de la pens&#233;e, tous deux impliqu&#233;s dans un mouvement d'adresse &#224; autrui. Le geste esth&#233;tique se noue ainsi aux effets symboliques comme imaginaires de l'&#339;uvre sur le spectateur. Quelle est la d&#233;marche de Julie Chovin au cours de ses multiples promenades et d&#233;rives psycho-g&#233;ographiques dans les villes d'Europe occidentale et centrale ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/club4_juliechovin_800_web.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/club4_juliechovin_800_web-c23a5.jpg?1772213059' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fl&#226;neur et la cartographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Marcheur, arpenteur, p&#233;r&#233;grin ou voyageur&#8230; toutes ces figures ressortissent au personnage du fl&#226;neur, tel que l'a convoqu&#233; Walter Benjamin &#224; propos de Baudelaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Walter Benjamin, Charles Baudelaire. Un po&#232;te lyrique &#224; l'apog&#233;e du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#233;taphore ou m&#233;tamorphose possible du photographe&#8230; Et Thierry Davila a fait du concept de &lt;i&gt;cin&#233;plastique&lt;/i&gt;, introduit par &#201;lie Faure en 1920 &#224; propos du cin&#233;ma, l'un des signifiants majeurs de son livre intitul&#233; &lt;i&gt;Marcher, cr&#233;er&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thierry Davila, Marcher, cr&#233;er. D&#233;placements, fl&#226;neries, d&#233;rives dans l'art (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour penser les &#339;uvres artistiques qui int&#232;grent le d&#233;placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique de la fl&#226;nerie oriente toute l'activit&#233; artistique de Julie Chovin : &#224; Berlin, &#224; Hanovre, en Pologne, ou, comme elle projette de le faire prochainement, &#224; Tbilissi, il s'agit de perdre ses rep&#232;res ou de &lt;i&gt;se perdre&lt;/i&gt; au sein de la ville, tout en la photographiant sous forme de notes visuelles et d'archives personnelles qu'elle publie apr&#232;s-coup sur son blog&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, cette pratique s'assimile &#224; celle de la &#171; papillonne &#187;, comme variation continue des activit&#233;s et des objets amoureux chez Charles Fourier (reprise &#224; son compte par Roland Barthes), ou de la chasse aux papillons, comme collecte et collection extensive de sp&#233;cimens, toujours relanc&#233;e par le d&#233;sir de l'exemplaire manquant&#8230; Le geste de la fl&#226;neuse-collectionneuse est une saisie visuelle du particulier, du singulier de la ville, qui se fragmente en autant de perspectives, et une fa&#231;on d'aller de vue en vue, sans se pr&#233;occuper de l'&lt;i&gt;&#220;berblick&lt;/i&gt;. Cette multiplicit&#233; de vues partielles dessine une cartographie recompos&#233;e de la ville : il s'agit d'un &#171; plan d&#233;chiquet&#233; &#187; &#224; la mani&#232;re d'Abe Kobo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abe Kobo, Le Plan d&#233;chiquet&#233;, LGF Le Livre de poche, Paris, 1993. Roman paru (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou d'une &lt;i&gt;carte imaginaire&lt;/i&gt;, comme l'envisage Alain Milon dans &lt;i&gt;Cartes incertaines&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Milon, Cartes incertaines. Regard critique sur l'espace, Les Belles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie &lt;i&gt;The Place to be&lt;/i&gt;, que nous allons maintenant tenter d'examiner, cette fl&#226;nerie se mue en parcours : rallier une destination de club &#224; pied ou en v&#233;lo ; photographier l'entr&#233;e du club ; et produire progressivement une cartographie de la ville de Berlin, telles sont les trois &#233;tapes de ce projet ou de ce processus de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH385/carte_01_jchovin-27172.jpg?1509806443' width='500' height='385' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;The Place to be : le mythe de Berlin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie de photographies entam&#233;e fin 2013 et intitul&#233;e &lt;i&gt;The Place to be&lt;/i&gt; &#8212; qui se destine &#224; la publication &#233;ditoriale et non &#224; l'exposition &#8212; se d&#233;ploie en 165 clich&#233;s d'entr&#233;es de clubs berlinois, pris de jour et de mani&#232;re frontale, en couleur et en 24 x 36, selon un protocole r&#233;gulier. Les tropes convoqu&#233;s, d'apr&#232;s la typologie &#233;tablie par Dominique Baqu&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Baqu&#233;, Photographie plasticienne. L'Extr&#234;me Contemporain, &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sont ceux du paysage urbain et du banal : il s'agit de ressaisir l'objet architectural &#171; club &#187; du point de vue des riverains &lt;i&gt;(Anwohner)&lt;/i&gt;, des habitants &lt;i&gt;(Einwohner)&lt;/i&gt;, et plus particuli&#232;rement de la grand-m&#232;re qui va faire ses courses au supermarch&#233; situ&#233; &#224; proximit&#233;, et selon une inversion du regard : les clubs sont vus de jour et de l'ext&#233;rieur, ce qui renverse la perspective habituelle&#8230; Il ne m'appartient pas de retracer ici les origines et l'histoire du clubbing, ce que d'autres &#8212; journalistes, historiens ou philosophes &#8212; ont fait avec plus de rigueur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Jean-Yves Leloup, Musique non-stop : pop mutations et r&#233;volution techno, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais peut-&#234;tre de noter combien le choix de cet &lt;i&gt;objet&lt;/i&gt; et de cette &lt;i&gt;sc&#232;ne&lt;/i&gt; embl&#233;matise la capitale allemande, surtout &#224; l'&#233;tranger, &#224; la mani&#232;re d'un &#233;tendard ou d'une banni&#232;re&#8230; La s&#233;rie se situe donc &#224; la jonction entre un imaginaire fantasm&#233; de la ville &#8212; une image ou un clich&#233; &#8212; et une forme de quotidiennet&#233; et d'usage des lieux ; elle s'&#233;prouve dans cette tension dynamique entre la &lt;i&gt;carte postale, la carte g&#233;ographique&lt;/i&gt; sous l'esp&#232;ce du plan recompos&#233; de la ville et la &lt;i&gt;carte incertaine&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'annonce comme collection ou inventaire exhaustifs des clubs berlinois prend son origine dans la liste de 165 lieux publi&#233;e par la Ville de Berlin sur son site Internet et actualis&#233;e chaque ann&#233;e. Or, ce site affiche comme slogan : &#171; Berlin, the place to be &#187; ! Nous sommes l&#224; au c&#339;ur de la fabrique du r&#233;cit &lt;i&gt;(storytelling),&lt;/i&gt; de la l&#233;gende ou du mythe berlinois, comme exhibition privil&#233;gi&#233;e de la sc&#232;ne techno et de la musique &#233;lectronique, f&#233;tiches modernes qui alimentent la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; (ou &#171; rumeur &#187; roulant infiniment de place en place, d'agora en agora).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que serait le mythe, distinct de la mythologie comme de la mythomanie, dans ce cas ? &#171; Par &#8220;mythe&#8221;, il faudrait entendre l'ouverture d'une possibilit&#233; de sens &#8212; d'un sens non pas muni de significations accomplies (c'est ce que je nommerais &#8220;mythologie&#8221;), mais d'un sens, simplement, en tant que mouvement, &#233;v&#233;nement, existence. [&#8230;] Le mot &#8220;mythe&#8221; porte la demande d'un parler-de-soi ou d'un parler propre. Autrement dit, tendanciellement un idiome qui serait celui d'un &lt;i&gt;idios&lt;/i&gt; &#8212; d'un propre &#8212; qui ne serait pas un &#8220;soi&#8221; (subjectivit&#233;, authenticit&#233;, naturalit&#233;, originarit&#233;, etc.). Mythe est un signe vers une parole propre sans propri&#233;taire, sans appropriation possible. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathilde Girard &amp; Jean-Luc Nancy, Proprement dit. Entretien sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le mythe de Berlin, ce serait le r&#233;cit de soi, l'autographie, que la ville produirait d'elle-m&#234;me et selon son rythme propre ; la mythologie correspondrait aux grandes significations socio-historiques, telles que l'id&#233;ologie nazie ou le Mur de Berlin ; enfin, la mythomanie rel&#232;verait de la fable ou de l'affabulation, donc d'un certain mensonge ou d'une fiction fabriqu&#233;e&#8230; Les trois niveaux de sens sont tress&#233;s dans la s&#233;rie de Julie Chovin, &lt;i&gt;The Place to be,&lt;/i&gt; qui se veut lecture et d&#233;chiffrement du mythe, c'est-&#224;-dire d&#233;mystification : il s'agirait, d'une part, de pointer la facticit&#233; du discours qui enveloppe le club ; d'autre part, d'insister sur la corruption du mythe par la mythomanie : l'&lt;i&gt;underground,&lt;/i&gt; mythologie ou f&#233;tiche moderne (au sens de Roland Barthes, cette fois-ci), victime de son succ&#232;s et du tourisme du clubbing&#8230; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7091 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_8421-juliechovin_500.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_8421-juliechovin_500-3dcd6.jpg?1772213059' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les influences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il serait tentant de voir dans &lt;i&gt;The Place to be&lt;/i&gt; une &#233;ni&#232;me s&#233;rie photographique d'inspiration documentaire et semi-conceptuelle, &#224; la mani&#232;re des Becher et de l'&#233;cole de D&#252;sseldorf : m&#234;mes frontalit&#233;, neutralit&#233; et s&#233;rialit&#233;&#8230; Ce serait pourtant m&#233;conna&#238;tre d'autres influences, plus pr&#233;gnantes et pertinentes, au rang desquelles Ed Ruscha et Toon Michiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ed Ruscha, peintre et photographe am&#233;ricain n&#233; en 1937, a publi&#233; &lt;i&gt;Twenty-Six Gasoline Stations&lt;/i&gt; en 1963, premier livre de photographies &#224; se revendiquer en tant qu'&#339;uvre d'artiste ; cette s&#233;rie se pr&#233;sente comme le relev&#233; documentaire, th&#233;matique et s&#233;quentiel d'un objet caract&#233;ristique de l'Am&#233;rique, la station-service, le long de la route 66. Ed Ruscha dira : &#171; Mes images ne sont pas si int&#233;ressantes que &#231;a, pas plus que leur contenu. Elles repr&#233;sentent simplement une collection de &#8220;faits&#8221; &lt;i&gt;(a collection of facts),&lt;/i&gt; comme si mon livre donnait &#224; voir une suite de &#8220;ready-mades&#8221;&#8230; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; propos de Various Small Fires and Milk : Ed Ruscha commente ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tr&#232;s marqu&#233; par la culture de l'imprim&#233; et la typographie comme par l'influence d'Eug&#232;ne Atget et de Walker Evans, il a d'abord produit des photographies d'enseignes, ainsi qu'il s'en explique &#224; Walter Hopps dans un entretien de 1992&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 203.&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avant d'amorcer un travail plastique sur la relation entre visible et scriptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toon Michiels, graphiste et photographe n&#233;erlandais n&#233; en 1950, a produit &lt;i&gt;American Neon Signs by Day and Night&lt;/i&gt; en 1980 (&#171; Enseignes lumineuses am&#233;ricaines de jour et de nuit &#187;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La s&#233;rie &#233;tait expos&#233;e aux Rencontres internationales de la photographie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#339;uvre inspir&#233;e par Robert Venturi &amp; Denise Scott Brown, tous deux architectes, qui ont publi&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1970 &lt;i&gt;Learning from Las Vegas.&lt;/i&gt; La s&#233;rie de Michiels, qui concerne les enseignes de motels &#224; Reno et &#224; Las Vegas, est &#224; la fois une revue de &#171; fragments mythiques d'Am&#233;rique &#187; et un plaidoyer pour la revalorisation de l'architecture vernaculaire ; d'ailleurs, Toon Michiels se d&#233;finit plut&#244;t comme &#171; collectionneur d'images &#187; que comme photographe (il fait notamment la collection de &lt;i&gt;cartes postales&lt;/i&gt; populaires d'Am&#233;rique, repr&#233;sentant surtout des voitures). Dans l'entretien avec Frits Gierstberg qui ouvre le livre consacr&#233; &#224; cette s&#233;rie (paru en fran&#231;ais chez Marval, en 2015), il dit : &#171; Ce qui me fascine, c'est que [ces n&#233;ons] contiennent tous les clich&#233;s sur le pays, sur le Texas, que ce soient les vaches Longhorn, les cactus, les sombreros ou autres&#8230; Ils confirment l'identit&#233; locale de mani&#232;re gaie et optimiste. Comme une sorte de pop art. Ce sont de fortes repr&#233;sentations de l'&#233;poque, comme par exemple les r&#233;f&#233;rences &#224; la navigation spatiale am&#233;ricaine, qui avait un tel succ&#232;s alors. &#187; L&#224; o&#249; Toon Michiels collectionne les repr&#233;sentations positives du pays, Julie Chovin adopte une position critique vis-&#224;-vis du mythe. Il est &#224; noter qu'elle a &#233;galement un projet sur l'Am&#233;rique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Projet intitul&#233; American Landscape : &#171; Il s'agit d'une s&#233;rie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et si on herborisait ? &#187; propose Olivier Cadiot &#224; Marianne Alphant, alors en panne d'&#233;criture, lors d'une s&#233;ance amicale de coaching&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; Fairy Coach &#187;, conf&#233;rence in&#233;dite prononc&#233;e par Marianne Alphant au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; c'est ce que fait Julie Chovin, en cr&#233;ant un catalogue (un &#171; faux guide touristique &#187;, dit-elle), une revue ou un nuancier, qui comporterait autant de vari&#233;t&#233;s de clubs que de touches de couleurs &#8212; soit l'id&#233;e m&#234;me de collection&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7095 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/klub7_1-juliechovin_500.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH323/klub7_1-juliechovin_500-4675f.jpg?1772213059' width='500' height='323' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Honor&#233; de Balzac, &lt;i&gt;Th&#233;orie de la d&#233;marche&lt;/i&gt;, Fayard, coll. &#171; Mille et Une Nuits &#187;, Paris, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf.&lt;i&gt; Mission : Impossible 5. Rogue Nation&lt;/i&gt; (2015), sc&#233;nario et r&#233;al. de Christopher McQuarrie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Walter Benjamin, &lt;i&gt;Charles Baudelaire. Un po&#232;te lyrique &#224; l'apog&#233;e du capitalisme&lt;/i&gt;, trad. J. Lacoste, Payot, Paris, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thierry Davila, &lt;i&gt;Marcher, cr&#233;er. D&#233;placements, fl&#226;neries, d&#233;rives dans l'art de la fin du xxe si&#232;cle&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Regard, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://vvrac.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://vvrac.tumblr.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Abe Kobo, &lt;i&gt;Le Plan d&#233;chiquet&#233;&lt;/i&gt;, LGF Le Livre de poche, Paris, 1993. Roman paru au Japon en 1967 et adapt&#233; au cin&#233;ma l'ann&#233;e suivante par Hiroshi Teshigahara, sous le titre &lt;i&gt;L'Homme sans carte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Milon, &lt;i&gt;Cartes incertaines. Regard critique sur l'espace&lt;/i&gt;, Les Belles Lettres, coll. &#171; Encre marine &#187;, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Baqu&#233;, &lt;i&gt;Photographie plasticienne. L'Extr&#234;me Contemporain&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Regard, Paris, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Jean-Yves Leloup, &lt;i&gt;Musique non-stop : pop mutations et r&#233;volution techno&lt;/i&gt;, Le Mot et le Reste, 2015. Fr&#233;d&#233;ric Cisnal, &lt;i&gt;Berlin avant la techno. Du post-punk &#224; la chute du Mur&lt;/i&gt;, Le Mot et le Reste, 2015. On consultera aussi la conf&#233;rence de Bastien Gallet, prononc&#233;e dans le cadre du colloque &lt;i&gt;Musiques &#233;lectroniques et sciences sociales&lt;/i&gt; &#224; l'EHESS : &#171; Le club comme paradigme : technologie, espace, mouvement &#187;. En anglais : Shapiro, &lt;i&gt;Turn The Beat Around&lt;/i&gt; ; Brewster et Broughton, &lt;i&gt;Last Night A DJ Saved My Life&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mathilde Girard &amp; Jean-Luc Nancy, &lt;i&gt;Proprement dit. Entretien sur le mythe&lt;/i&gt;, &#201;ditions Lignes, Paris, 2015, p. 20 et 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#192; propos de &lt;i&gt;Various Small Fires and Milk&lt;/i&gt; : Ed Ruscha commente ses curieuses publications &#187;, entretien avec John Coplans paru en 1965, in &lt;i&gt;Ed Ruscha. Huit Textes et vingt-trois entretiens (1965-2009)&lt;/i&gt;, textes rassembl&#233;s et pr&#233;sent&#233;s par Jean-Pierre Criqui, JRP Ringier, Zurich, 2010, p. 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 203.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La s&#233;rie &#233;tait expos&#233;e aux Rencontres internationales de la photographie d'Arles 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Projet intitul&#233; &lt;i&gt;American Landscape&lt;/i&gt; : &#171; Il s'agit d'une s&#233;rie de photographies qui d&#233;construisent les codes de la photographie de paysages am&#233;ricains et qui s&#232;ment le doute sur le lieu de prise de vue, car quelque chose manque des USA, que ce soient l'&#233;chelle, les surfaces, les voitures&#8230; &#187; (Julie Chovin).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &#171; &lt;i&gt;Fairy Coach&lt;/i&gt; &#187;, conf&#233;rence in&#233;dite prononc&#233;e par Marianne Alphant au colloque Olivier Cadiot, qui a eu lieu du 30 septembre au 2 octobre 2015, &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.juliechovin.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.juliechovin.com&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://vvrac.tumblr.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://vvrac.tumblr.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.etiennediemert.tumblr.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.etiennediemert.tumblr.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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