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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Il y a plus de feux que d'&#233;toiles ! </title>
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		<dc:creator>Michel Couturier et Michela Sacchetto</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette conversation tourne autour de deux s&#233;ries de travaux que l'artiste Michel Couturier a entam&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000, issus d'une recherche sur l'espace public et les signes que l'on y trouve. Avec ces deux s&#233;ries, l'artiste rejoue certains d&#233;tails du paysage urbain, en proposant, comme dans une logique intertextuelle, plusieurs lectures de leur pr&#233;sence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L106xH150/arton722-8fb85.jpg?1772213921' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette conversation tourne autour de deux s&#233;ries de travaux que l'artiste Michel Couturier a entam&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000, issus d'une recherche sur l'espace public et les signes que l'on y trouve. Avec ces deux s&#233;ries, l'artiste rejoue certains d&#233;tails du paysage urbain, en proposant, comme dans une logique intertextuelle, plusieurs lectures de leur pr&#233;sence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;P&#233;riph&#233;ries &lt;i&gt;est une s&#233;rie d'affiches publicitaires 120 x 170 cm o&#249; apparaissent des vues de parkings de supermarch&#233;s et de lieu p&#233;riurbains, sur lesquelles viennent se greffer des &#233;nonc&#233;s inspir&#233;s de &lt;/i&gt;Dialogues avec Leuco&lt;i&gt;, conversations mythologiques &#233;crites par Cesare Pavese au lendemain de la seconde guerre mondiale. Une deuxi&#232;me s&#233;rie, cette fois de dessins, trace les silhouettes de certains &#233;l&#233;ments verticaux du d&#233;cor urbain. Dans les figures &#224; l'encre de chine, &#224; la peinture noire, &#224; la craie s&#232;che et au pastel gras, on reconnait des panneaux publicitaires, des poteaux d'&#233;clairage ou encore des poteaux &#233;lectriques tels que l'on en voit align&#233;s dans les p&#244;les logistiques le long du p&#233;riph&#233;rique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux s&#233;ries seront expos&#233;es au Mus&#233;e de la Photographie &#224; Charleroi &#224; partir du 22 mai 2015. Le titre de l'exposition, qui est aussi le titre de la conversation, est extrait de&lt;/i&gt; Dialogues avec Leuco. &lt;i&gt;Il &#233;voque une situation nocturne o&#249; on constate que l'&#233;conomie des lumi&#232;res est invers&#233;e : l'artifice a pris le dessus sur la nature.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; * * *&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_6376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH708/avec_des_dents_2015-16eca.jpg?1772213700' width='500' height='708' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Michela S. : &lt;i&gt;L'exposition que tu t'appr&#234;tes &#224; pr&#233;senter au Mus&#233;e de la photographie op&#232;re un retour sur deux de tes s&#233;ries. Je trouve int&#233;ressant que l'on commence par parler du regard r&#233;trospectif qui habite tes dessins et tes compositions de photos et de textes. Ces &#339;uvres font surgir dans le pr&#233;sent de l'image un tas d'autres images et de discours pass&#233;s. Elles nous plongent dans une temporalit&#233; hybride, qui me rappelle celle qu'on retrouve dans certains films n&#233;or&#233;alistes ou dans les f&#234;tes foraines. Cela, je dirais, par le biais du montage dans les affiches et de l'isolement et du rendu approximatif des figures dans les dessins.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel C. : Dans la s&#233;rie d'affiches, plusieurs temps, plusieurs &#233;poques se rencontrent et s'entrechoquent. Je per&#231;ois ou plut&#244;t j'imagine que des temps et aussi des lieux diff&#233;rents se superposent sur les parkings des supermarch&#233;s comme s'il s'agissait d'un lieu particulier, un temple, un bois sacr&#233; ou que sais-je et o&#249; aurait lieu un moment crucial de l'existence, o&#249; seraient prononc&#233;es des paroles d&#233;cisives. Les sentences &#233;crites sur les affiches ont pour origine la mythologie grecque : des r&#233;cits imm&#233;moriaux fix&#233;s d'abord dans la litt&#233;rature antique. Ils ont &#233;t&#233; revisit&#233;s au milieu du XXe si&#232;cle par Pavese pour d&#233;crire la situation politique qui lui &#233;tait contemporaine. Dans les Ann&#233;es 70, les cin&#233;astes Straub et Huillet ont mis en sc&#232;ne le texte de Pavese. L'id&#233;e d'entamer un travail avec de telles r&#233;f&#233;rences a &#233;t&#233; au d&#233;part une boutade. C'est devenu ensuite un outil pour travailler sur ces lieux, pour leur arracher quelque chose comme un aveu. Ouvrir une sorte de puits temporel dans le bitume du parking.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michela S. : &lt;i&gt;Tes images parcourent effectivement l'espace-temps de la mythologie grecque et celui de la mythologie marchande d'Auchan. Elles composent un paysage banal, en s'appuyant d'ailleurs sur des proportions norm&#233;es par la tradition du genre de la peinture de paysage. Elles nous donnent &#224; voir un d&#233;cor que l'on reconna&#238;t bel et bien comme le n&#244;tre, dans lequel on peut lire les signes d'une rh&#233;torique du pouvoir qui traverse les si&#232;cles. Un d&#233;cor o&#249; se joue le retour &#233;ternel de la com&#233;die humaine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel C. : Je pense plut&#244;t &#224; l'ali&#233;nation contemporaine, aux limites de notre libert&#233;. C'est peut-&#234;tre une question &#233;ternelle mais c'est aussi une question politique. Mais je suis heureux que tu parles de com&#233;die. Il y a un c&#244;t&#233; tragi-comique dans ces affiches qui pour moi est important. Le grand &#233;cart entre trivialit&#233; contemporaine et solennit&#233; et trag&#233;die antique est bien &#233;videmment un ressort comique. Il y a, comme dans le cin&#233;ma burlesque, un d&#233;calage, un d&#233;s&#233;quilibre. C'est quelque chose de plus que simplement rapprocher diff&#233;rents temps ou lieux comme deux termes dans une m&#234;me phrase. &#199;a ne suffirait pas pour que ce rapport impossible fonctionne de mani&#232;re int&#233;ressante. Il faut un &#233;l&#233;ment assez &#233;tranger au lieu, au d&#233;cor pour que ce que tu appelles les signes d'une rh&#233;torique du pouvoir deviennent perceptibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MIchela S. : &lt;i&gt;C'est de l'ordre de l'humour noir, de nous servir les drames de l'humanit&#233; sur une affiche publicitaire. Un humour qui se joue surtout &#224; niveau du montage image &#8211; texte. Parlons donc de ce montage, ou mieux de comment les mythes prennent leur place l&#224;-dedans. Dans&lt;/i&gt; Dialogues avec Leuco, &lt;i&gt;le mythe appara&#238;t comme m&#233;talangage. Le pass&#233;, d&#233;j&#224; inexorablement humain, habit&#233; par des hommes affair&#233;s &#224; leurs dieux et &#224; leurs peurs, parle du pr&#233;sent &#224; travers la forme mythique. C'est le langage qui fait qu'on y a cru et qu'on y croit. On dirait que tu veux tester l'efficacit&#233; de ce langage. Comment r&#233;sonne la forme mythique quand on se balade avec un caddie au milieu des all&#233;es ou nous attendent des tonnes de &#171; promesses de bonheur &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel C. : Les marchandises dans les shopping malls ne sont pas des &#171; promesses de bonheur &#187; : elles nous d&#233;&#231;oivent une fois qu'on les acquiert, elles nous frustrent si on ne peut pas se les payer. Les parkings de supermarch&#233;s me semblaient une sorte de quintessence de l'espace public, d'un &#233;tat de la soci&#233;t&#233;, un peu comme Paul Nizan voyait la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne mise &#224; nu dans les comptoirs commerciaux occidentaux d'Aden. Dans les b&#226;timents et sur les parkings des Auchan par exemple, un plan tr&#232;s pr&#233;cis semble contr&#244;ler pr&#233;cis&#233;ment tout ce qui est visible, la pr&#233;sence de chaque objet, la forme du moindre petit buisson. C'est aussi un espace dans lequel la circulation des personnes autant que celle des v&#233;hicules est soumise &#224; des r&#232;gles strictes et r&#233;gie par une signalisation omnipr&#233;sente : on y circule dans un univers de signes contraignants. Internet, les codes wifi, les interfaces, les &#233;crans sont une &#233;tape ult&#233;rieure de cette m&#234;me ali&#233;nation de l'espace. Encore un mot &#224; propos de la mythologie : reporter notre espace contemporain &#224; celui de l'antiquit&#233; mythique, constitu&#233; de lieux sacr&#233;s, inconnus, interdits etc..., c'est une mani&#232;re de jeter un regard sur notre place dans notre espace d&#233;senchant&#233;, orthogonal, uniformis&#233; o&#249; nous sommes sens&#233;s &#234;tre libres mais o&#249; nous nous savons conditionn&#233;s et qui est travaill&#233; par la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, les flux et les vitesses de circulation, sans compter les barri&#232;res, les fronti&#232;res...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michela S. : &lt;i&gt;Dans les deux s&#233;ries on voit &#233;merger un parall&#232;le entre design de l'espace et langage mythique. Je pense par exemple aux sujets de tes dessins, donc &#224; ces structures verticales qui marquent le territoire avec une certaine rh&#233;torique virile. Ta d&#233;marche de r&#233;duction des volumes &#224; des surfaces noires, o&#249; l'on perd les d&#233;tails de fabrication des objets, accentue un certain effet de naturalisation. Un poteau &#233;lectrique ressemble &#224; un pin maritime. Un panneau JCDecaux &#224; un cactus. Ces landmarks pr&#233;tendent se confondre &#224; la nature, comme s'ils &#233;taient l&#224; depuis toujours. La transition de la culture dans la nature est un des principes du mythe. Barthes nous dit que le propre du langage mythique, par effet de sa structure interne, est de faire que les choses finissent par simplement &#171; signifier toutes seules &#187;. Je suis tent&#233;e de dire aussi que les figures qui apparaissent dans tes dessins, un peu comme tes affiches, sont donc porteuses d'&#233;nonc&#233;s mythiques.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel C. : Les arbres, les champs, presque tous les paysages europ&#233;ens sont fabriqu&#233;s, construits pour des raisons militaires ou de production agricole ou industrielle. Aujourd'hui, le paysage est inclus dans le design des espaces p&#233;riurbains. Les objets que je dessine sont souvent li&#233;s &#224; une forme r&#233;elle ou m&#233;taphorique de contr&#244;le. Je les imagine porteurs de sens, au del&#224; de leur fonction utilitaire imm&#233;diate et j'essaie de reconna&#238;tre en eux des signes, une explication. Mais c'est une position qui a quelque chose d'ambivalent car je ne veux ni ne peux enfermer l'objet dans un jugement avant de le pr&#233;senter au regardeur. C'est donc encore une mani&#232;re de les d&#233;signer, de les rep&#233;rer et mais aussi de les comprendre, de les domestiquer, de les dompter, de les conjurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michela S. : &lt;i&gt;La domestication est une fa&#231;on d'activer au niveau subjectif ou collectif tous ces signes qui poussent un peu partout. C'est un processus qui inclut la volont&#233; critique bien s&#251;r, mais aussi le jeu, et une certaine affection. On peut rattacher &#224; ces signes des histoires de vie qui &#233;chappent tout &#224; fait aux intentions de leurs producteurs. Si les signes sont notre paysage, on peut bien les remanier &#224; notre sauce, en brisant les distances qui les sacralisent, pour en tirer des mythologies plus discr&#232;tes. C'est &#224; ce &#171; jeu contre jeu &#187; que tu fais r&#233;f&#233;rence quand tu cites Italo Calvino en ouverture de l'&#233;dition qui reproduit la s&#233;rie des dessins ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel C. : Il s'agit d'une fable moderne : &lt;i&gt;Marcovaldo, Le bois sur l'autoroute&lt;/i&gt;. &#192; Turin, dans les ann&#233;es 60, vit une famille pauvre et nombreuse. C'est l'hiver et les enfants sortent de la ville &#224; la recherche de bois pour se chauffer. Ils arrivent au bord d'une autoroute bord&#233;e de publicit&#233;s, un paysage qu'ils voient pour la premi&#232;re fois. Ignorants, ils prennent les objets publicitaires pour des arbres. La confusion est productive : ils se chaufferont effectivement avec. Ils ont explor&#233; et domestiqu&#233; la for&#234;t de publicit&#233;s qui a pris la place de la for&#234;t primaire. Ces enfants sont intr&#233;pides et bourr&#233;s de r&#234;ve et d'imagination. Ils sont motiv&#233;s par un besoin imp&#233;rieux : ne pas mourir de froid. Outre le caract&#232;re fabuleux de la confusion entre for&#234;t et objets publicitaires, l'histoire d&#233;crit des sc&#232;nes dignes d'un film de Buster Keaton. L'action des enfants de &lt;i&gt;Marcovaldo&lt;/i&gt; est non seulement comique et merveilleuse, elle est aussi un v&#233;ritable travail cr&#233;atif de lib&#233;ration. Dans une situation sociale dramatique et injuste, c'est une lutte !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/deja_2013.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH708/deja_2013-c6a23.jpg?1509823433' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Michel Couturier&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a plus de feux que d'&#233;toiles&lt;br class='autobr' /&gt;
23.05 - 06 .12.2015&lt;br class='autobr' /&gt;
Opening Vendredi / Friday 22.06 19h - 21h (7pm - 9pm)&lt;br class='autobr' /&gt;
Mus&#233;e de la Photographie de Charleroi&lt;br class='autobr' /&gt;
Avenue Paul Pastur 11 - 6032 Charleroi - Belgique&lt;br class='autobr' /&gt;
Mardi / Tuesday &#8211; Dimanche / Sunday - 10h &#8211; 18h (10am &#8211; 6pm)&lt;br class='autobr' /&gt;
+32 71 43 58 10 - mpc.info@museephoto.be&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.museephoto.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.museephoto.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Couturier&lt;br class='autobr' /&gt;
Galeries d'&#233;coute, 2014&lt;br class='autobr' /&gt;
In situ installation&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Halles de Philippeville, BE&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/etwas_2013.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/etwas_2013.jpg' width=&#034;565&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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