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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Karna - une d&#233;chirure dans le tissu du temps</title>
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		<dc:date>2025-02-02T12:27:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karl Magnus Petersson</dc:creator>


		<dc:subject>performance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le site particulier et mythique de Karnaberg est situ&#233; dans une ancienne for&#234;t dans la campagne &#224; l'ext&#233;rieur de Kalmar, dans le sud de la Su&#232;de. Il s'agit d'une colline de blocs, constitu&#233;e de gros rochers rassembl&#233;s par la couche de glace. Cette &#233;trange formation rocheuse est comme un moment fig&#233; de fureur g&#233;ologique, un ancien monument aux forces inimaginables de la nature.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/performance" rel="tag"&gt;performance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2607-f332b.jpg?1772233841' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le site particulier et mythique de Karnaberg est situ&#233; dans une ancienne for&#234;t dans la campagne &#224; l'ext&#233;rieur de Kalmar, dans le sud de la Su&#232;de. Il s'agit d'une colline de blocs, constitu&#233;e de gros rochers rassembl&#233;s par la couche de glace. Cette &#233;trange formation rocheuse est comme un moment fig&#233; de fureur g&#233;ologique, un ancien monument aux forces inimaginables de la nature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sentier qui m&#232;ne &#224; Karnaberg est bord&#233; de mottes de racines et d'arbres tomb&#233;s au sol, faiblement &#233;clair&#233; par la lumi&#232;re filtrant &#224; travers les hauts houppiers. Il sent fortement la mousse humide, les marais et le bois en d&#233;composition. Marcher sur ce sentier, c'est comme entrer dans le monde des images de John Bauer, un pays cr&#233;pusculaire, r&#234;veur et &#233;vocateur, o&#249; rien n'est impossible. Il est facile d'imaginer l'impact que ce lieu a pu avoir sur les gens dans le pass&#233;. Les habitants des villages devaient avoir un grand respect pour l'incompr&#233;hensible montagne rocheuse et craindre ce qui pouvait se cacher dans ses sombres cavit&#233;s. Karnaberg a &#233;t&#233; le repaire de bandits de grand chemin et de voleurs &#224; travers les &#226;ges, et m&#234;me dans la premi&#232;re moiti&#233; du 19&#7497; si&#232;cle, il y avait des voleurs notoires. Outre les personnes qui, pour une raison ou une autre, &#233;taient venues vivre en dehors de la communaut&#233; villageoise, il y avait aussi des trolls et d'autres cr&#233;atures dans la for&#234;t. Dans les temps anciens, les trolls &#233;taient une r&#233;alit&#233; et un mod&#232;le explicatif de l'anormal et de l'incompr&#233;hensible, comme le fait que les gens pouvaient parfois dispara&#238;tre. Le monde des trolls &#233;tait une sorte de miroir du monde humain. Ils pouvaient &#234;tre parfois utiles, mais aussi sournois et attirer les voyageurs &#233;gar&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22046 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_karna_foto_peder_nabo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/2_karna_foto_peder_nabo-cab54.jpg?1737321215' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre de loin que l'on voit le mieux son village natal. Pendant mes ann&#233;es d'&#233;tudes &#224; l'&#233;cole d'art Valand de G&#246;teborg, il m'arrivait de penser au terrain de jeu magique de mon enfance, aux exp&#233;ditions d'escalade et d'exploration parmi les rochers et les grottes de Karnaberg. L'id&#233;e de faire quelque chose l&#224;-bas commen&#231;ait &#224; prendre forme. Les ann&#233;es ont pass&#233;, mais la vision d'un spectacle artistique son et lumi&#232;re &#224; Karnaberg avec des danseurs, des musiciens et de nouveaux artistes de cirque &#233;tait toujours pr&#233;sente dans mon esprit. La r&#233;alisation est devenue possible gr&#226;ce &#224; une rencontre cr&#233;ative avec la troupe de th&#233;&#226;tre Kompani Error et l'artiste et compositrice Ida Ad&#233;e Olsson. D'autres acteurs culturels se sont ajout&#233;s &#224; ce groupe de travail initial, chacun apportant ses propres comp&#233;tences sp&#233;cialis&#233;es. Bas&#233; sur le mysticisme inh&#233;rent et le caract&#232;re unique du lieu de Karnaberg, le spectacle s'est d&#233;velopp&#233;, et c'est dans la riche flore des vieilles histoires que nous avons trouv&#233; l'inspiration et les personnages. Ida Ad&#233;e Olsson a &#233;crit de nouvelles chansons bas&#233;es sur l'histoire de la jeune fille Karna. La danse, les arts du feu et de nouveaux num&#233;ros de cirque ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par Kompani Error en collaboration avec Peder Nabo, qui a compos&#233; une nouvelle musique pour eux. Une trentaine de personnes ont particip&#233; de diverses mani&#232;res au spectacle, dirig&#233; par Joakim Engstrand.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22048 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_karna_foto_peder_nabo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/5_karna_foto_peder_nabo-d90bf.jpg?1737321215' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre Karna &#8212; &lt;i&gt;en reva i tiden&lt;/i&gt; (Karna - une faille dans le temps) est une interpr&#233;tation libre et po&#233;tique bas&#233;e sur les histoires de la jeune fille Karna qui vivait dans le village de K&#228;ttilshult. Un jour, alors qu'elle garde des ch&#232;vres avec sa jeune s&#339;ur pr&#232;s du grand cairn de pierre, elle est attir&#233;e par les trolls qui vivent dans les creux sombres. La jeune fille, qui ne se doute de rien, est attir&#233;e par les voix bruissantes de la montagne et, soudain, elle perd sa s&#339;ur. Elle monte sur les rochers et devient de plus en plus li&#233;e par le pouvoir des trolls. La famille, les proches et les amis suivent sa s&#339;ur jusqu'&#224; la montagne pour la chercher, mais Karna est introuvable. Comprenant qu'il n'y a que peu de chances de s'&#233;chapper, la jeune fille endeuill&#233;e est d&#233;sesp&#233;r&#233;e, malheureuse et souhaite ardemment rentrer chez elle. Pour la remettre de bonne humeur, les cr&#233;atures de la montagne organisent des danses, des jongleries et des tours de feu. Peut-&#234;tre les habitants de la montagne n'ont-ils pas vraiment de mauvaises intentions mais veulent-ils inviter Karna &#224; une f&#234;te inoubliable ? Les humains vivent dans un temps et une r&#233;alit&#233; parall&#232;les &#224; ceux des cr&#233;atures qui existent dans la for&#234;t et la montagne depuis des temps imm&#233;moriaux. Au cours d'une nuit merveilleuse et enchant&#233;e, une d&#233;chirure appara&#238;t dans le tissu qui les s&#233;pare. Les s&#339;urs sont enfin r&#233;unies. Karna, qui n'a &#233;t&#233; absente qu'une nuit, est encore jeune et belle, mais une nuit dans la montagne a dur&#233; toute une vie au village et sa petite s&#339;ur est maintenant une vieille femme. Dans notre version de l'histoire de Karna, les trolls sont plus sympathiques que dans les anciennes versions et repr&#233;sentent la curiosit&#233; et la nature d&#233;brid&#233;e plut&#244;t que la m&#233;chancet&#233;. La v&#233;ritable menace s'av&#232;re &#234;tre le temps, qui s&#233;pare les deux s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22052 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/karna-18_foto_andre_lindahl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/karna-18_foto_andre_lindahl-e5aad.jpg?1772189631' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Karna - Une faille dans le temps a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; quatre reprises en septembre 2023 et &#224; sept reprises en septembre 2024. Le public devait emprunter un chemin &#233;troit, &#224; peine &#233;clair&#233; par des enfants munis de lanternes. Le spectacle commen&#231;ait par une histoire de Sigrid Oldenburg sur les trolls et leur monde, et ensuite Karna et sa s&#339;ur apparaissaient. Dans la soir&#233;e claire de septembre, les l&#233;gendes anciennes ont &#233;t&#233; combin&#233;es &#224; une expression contemporaine par la musique, la danse, le cirque contemporain et les &#233;clairages. Le pass&#233; a rencontr&#233; le pr&#233;sent dans un spectacle &#233;vocateur dont la sc&#232;ne &#233;tait le lieu &#233;trange et spectaculaire de Karnaberg.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;padding:59.19% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/1026055624?badge=0&amp;autopause=0&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;Karna - en reva i tiden&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Participants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Id&#233;e et initiative artistique : Karl Magnus Petersson&lt;br class='autobr' /&gt;
Metteur en sc&#232;ne : Joakim Engstrand&lt;br class='autobr' /&gt;
Karna : chant, paroles et musique : Ida Ad&#233;e Olsson&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#339;ur de Karna jeune fille : Wilda Olsson Hagberg&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#339;ur de Karna vieille femme : Kristina Olsson&lt;br class='autobr' /&gt;
Musique : Peder Nabo&lt;br class='autobr' /&gt;
Mixage : Eternal Wonder, Albin Appelqvist&lt;br class='autobr' /&gt;
Nouveau cirque, danse et art du feu : Kompani Error et Snailmail&lt;br class='autobr' /&gt;
Chor&#233;graphie : Lisen Hertzman&lt;br class='autobr' /&gt;
Narratrice : Sigrid Oldenburg&lt;br class='autobr' /&gt;
Assistant : Viktor Petersson&lt;br class='autobr' /&gt;
B&#233;n&#233;voles&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/karna-5_foto_andre_lindahl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/karna-5_foto_andre_lindahl.jpg' width=&#034;533&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On Karl Magnus Peterssons artistic practice</title>
		<link>https://www.tk-21.com/On-Karl-Magnus-Peterssons-artistic</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/On-Karl-Magnus-Peterssons-artistic</guid>
		<dc:date>2020-11-30T14:21:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karl Magnus Petersson et Martin Schibli</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Su&#232;de</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Karl Magnus Petersson's world moves between history, memory and cultural heritage with its impact on the present here and now. The artist captures fragments of events which can now be seen as past memories that may seem uncertain in the interplay between a public official history writing, the collective and the private memory. Memories that work in the past but to a very high degree can be real for their contemporaries, even if they are forgotten, repressed or hidden. They grab our attention.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Suede" rel="tag"&gt;Su&#232;de&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH90/arton1776-3ff39.jpg?1772233841' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Karl Magnus Petersson's world moves between history, memory and cultural heritage with its impact on the present here and now. The artist captures fragments of events which can now be seen as past memories that may seem uncertain in the interplay between a public official history writing, the collective and the private memory. Memories that work in the past but to a very high degree can be real for their contemporaries, even if they are forgotten, repressed or hidden. They grab our attention.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5926 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5matsal.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH199/5matsal-569b4.jpg?1772190298' width='500' height='199' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Image from the series, Sealed (Dining Room)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;In the artist's previous work, such memories can be shaped by interior images that can be reminiscent of the grandparents' home, as in the series Sealed. The series consists of staged photographs of a model building in the scale 1:10. Furniture and other elements in the model are made of various found objects such as buttons, packaging, fittings and keys. The model consists of a number of rooms that form a fictional mansion environment where time seems to have stopped in a time capsule. The pictures from models of the interiors from different rooms. The character of the pictures is often so realistic that one can easily believe that the pictures come from real homes and not are photos taken on a model. Millions of Swedes can refer to these interiors as memorabilia from their parents 'or grandparents' homes. Dining room, living room, mora clock, crystal chandelier, seems to stand still in these more or less seemingly untouched environments. Often, such homes were built on the joint efforts through generations. Such older home interiors have more or less disappeared over time, many times without subsequent generations seeing any value in them. Homes fell into disrepair, furniture was scattered to the wind, or sold at farm auctions, or simply thrown away.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now, when the belief in constant economic growth has partly been lost by many (- in Sweden), and the future does not obviously look bright for everyone anymore, many are now beginning to long for a bygone era that seemed more optimistic and, above all, perhaps safer. The ending can be seen as distracting reminders of a lost world. But, not entirely, disturbing fragments of history remain in the memory and remind us &#8212; sometimes reluctantly &#8212; of another world. Another time. In a country like Sweden, which for a long period was in constant economic success, where the inhabitants adopted a belief in an ever-improving welfare, which was also confirmed every year, the presence of history may have lost its significance. The future was more important, brighter and not least faster. The cultural heritage was also no longer considered important, rather something that was to be aired out and replaced with something new. There are many examples : in urban planning, as is well known, this meant that many Swedish cities demolished significant parts of their city centers, which were replaced by something that symbolized the future and the welfare society. In school teaching, Swedish history has increasingly fallen away, being able to Sweden's regent lengths today is regarded as a highly insignificant knowledge for the future, and so on.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15676 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/martin_schibli_on_karl_magnus_peterssons_artistic_practice_page_2_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH246/martin_schibli_on_karl_magnus_peterssons_artistic_practice_page_2_image_0001-eaabf.jpg?1605468023' width='500' height='246' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Image from the series &#034;The city&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;At first, Petersson only exhibited the staged photographs. In connection with the photo series and model the city, the artist also begins to exhibit the model itself in the form of illuminated installations &#8212; and not just the staged photographs. In the City, as in all of Petersson's models, light management is a central parameter for constructing the models. The viewer of the subject almost always seems to be in a darkness that looks at something illuminated &#8212; albeit dimly. In terms of time, the motifs seem to be shaped as if it were late evening or night time. The light that can be seen in the pictures is always a part of the model itself, such as street lamps, unquenched office rooms or the like that contribute to light and shadows having a greater depth effect. In the City model, the light comes from street lamps, empty reception halls and more. The candle is cold and white with a more sterilized glow. Visually, the City has the character of a newly built city or at least a new district. Perhaps an office area without housing that is abandoned every night and weekend and clinically free from human activity. A constructed place for a fictional life.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5832 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/_mg_4665.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/_mg_4665-644a4.jpg?1772190298' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Archipelago
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Archipelago is a model of 70 square meters of a fictional archipelago on a scale of 1/40. The archipelago is strongly rooted in Swedish cultural history and something that functions as an identity for the individual. For many Swedes, the archipelagos are the symbol of summer and holidays. It stands for something positive. In culture, the archipelago has been a common motif in art since the 19th century, The Swedish author August Strindberg based the book Hemso&#776;borna on a specific place at Stockholm Archipelago and Astrid Lindgren did also so in Saltkra&#778;kan. Many artists' idyllic attitude towards the archipelago has also led that the motif, when used in Art, often turns into kitsch. But, perhaps this often more romantic image of the archipelago is something authentic that many long for, at the same time it is about to disappear ? The archipelago is also undergoing a transformation today, from increased generosity to building on beach plots, to life moving from being small homogeneous communities to becoming Holiday destinations and weekend homes for rich city people. In other words, it is becoming an increasingly important part of a larger tourism and recreational economy, where the money comes from outside these communities. And all attempts to try to become part of the authentic environment that many strive for from the outside contribute paradoxically instead of transforming it. Strindberg found himself in the end being expelled by the people he portrayed from his perspective in many and very tender ways.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The photo series and models Sealed and Archipelago both seem to take place largely in a twilight zone that takes place between a lost history, a lost cultural heritage and a lost future. A zone between a real world and a world that is more difficult to define, which becomes a field of tension between the two. A loss arises when the real story increasingly falls away. It is erased as memories fade away, leaving only detached fragments. It is a world that cannot be returned to, at the same time as it is reminiscent of the individual's background. It also leads to our idea of the future &#8212; which stems from experiences and memories &#8212; also fading the future away as the memories disappear. For many, the future has proved increasingly unattainable. Another field is the tension between the individual and the collective memory. How many of the memories are the individual's memory, or the result of a collective memory, if one exists now ? But, in this twilight zone, you also do not always know if it is your own memory, or a collective memory, or if you are just stuck on the repeat function on a magnetic tape that is increasingly worn and becomes indistinct.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/amusement_park_87.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH293/amusement_park_87-aa607.jpg?1772190298' width='500' height='293' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Amusement Park 87
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;The latest of Petersson's models &#8212; each project takes several years to plan and implement &#8212; is an amusement park, first shown at the exhibition. After the apocalypse, only optimism remains, Va&#776;xjo&#776; Art Gallery in autumn 2016, curator Martin Schibli. Here, the artist seems to allude to a future cultural heritage in a near future world. The scenario is an abandoned amusement park in scale 1/20. An amusement park whose Viking boats, carousels and Ferris wheels continue to spin even when the staff and their visitors have disappeared. The raffle stands and shooting ranges are still lit. Something has happened here, but what ? The individuals are gone. A world where no one needs entertainment, but still running ? Or is there simply no human left in life who can shut down the park anymore ? The amusement park has often been used in popular culture in its opposite sense as something artificial and scary. Many horror scenes in numerous movies take place in amusement parks. One of the more typical characters in the amusement park is the clown, a fictional character who, through his mask or make-up, conveys a knowledge of the world and reality that usually no one listens to. This trait sometimes makes the clown funny, but mostly tragic. The clown involuntarily assumes the role of the viewer who inconsolably seeks the community to be accepted. Not least fantastic and empathetic portrayed by Joaquin Phoenix in the film The Joker (2019). The ability to be clear-sighted and tragic certainly contributes to the clown being considered a very frightening character. In the autumn of 2016, clowns scare the lives of individuals a bit all over the world, from the USA to Sma&#778;land. The artist Bruce Nauman in several works hinted at the parity between the artist and the clown as he often transformed himself as the character as a clown. A metaphor that equated art with the fool's ability to see reality as it was.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/martin_schibli_on_karl_magnus_peterssons_artistic_practice_page_5_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/martin_schibli_on_karl_magnus_peterssons_artistic_practice_page_5_image_0001-940d7.jpg?1605468023' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Image from the series &#034;Amusement Park&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;The Amusement Park and The City series have both subsequently emerged as eerie omens over our time in 2020. The pandemic has meant abandoned offices and in some cities entire districts when people have been allowed &#8211; or sometimes forces - to work at home or companies have been closed down. Amusement parks such as Gro&#776;na Lund and Liseberg in Sweden have been closed to visitors throughout the season. However, their skyline has been seen over large parts of Stockholm and Gothenburg and constantly reminded that we are in another time where the hedonistic contemporary has been reminded that the party may be over.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the exhibition Missing, Gallery Skelderhus 3 - 25 October 2020, Petersson presented images from the series Stills, which he has repeatedly and continuously worked with since the beginning of the millennium. The images can be described as artistic visual representations based on sonar scanning of existing wrecks mainly in the Baltic Sea. The audio files from the sonar are transformed into images via a special computer program whose results come as printouts. The artist photographs these prints to remove pixels and to create a slightly softer image. Visually, the images are dark and the contours of the wreck appear as a greenish shimmering light in the dark. The darkness is symptomatic of the artist's aesthetics, but in these images they strengthen the perception that one is at a depth below the water surface where one can view the wreck. In practice, it is not possible to photograph such large vessels under the water due to limited visibility and the refraction of light by the water. The individual character of the wreck in the pictures is in turn affected by a number of factors such as salt and oxygen content in the water, currents, temperature and more. For example, there is no shipworm in the Baltic Sea, which means that wooden ships can be preserved for centuries and still be almost intact as when they sank, while they would decay quickly on the west coast. Sometimes the wrecks are scrapped and destroyed for that reason afterwards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The works in the Stills-series often contain a strong field of tension in terms of design and discrepancy between the aesthetic appearance of the images and the real story that forms the basis for the image's motif. In most cases, these wrecks are also to be regarded as cemeteries for crew and occasional passengers who died in connection with the incident. The common shipwreck of the Romantics was almost always a consequence of the forces of nature, which contributed to the idea of the sublime when humanity realizes the grandeur of nature &#8212; and indirectly of God. In Petersson's paintings, there may be a high degree of sublimity in the aesthetic design of human shortcomings, but all wrecks are a consequence of human decisions. The grandeur of romance in the face of disaster has been transformed into the self-destruction of humanity.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gustloff.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH211/gustloff-9ff7f.jpg?1509972599' width='500' height='211' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Stills (Wilhelm Gustloff)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;The selection between which wrecks that Petersson is primarily interested in takes place from a historical perspective &#8212; preferably 20th century ships located in the Baltic Sea &#8212; although there are exceptions. All images are of wrecks that have been sunk by bombers, mines or torpedoes as a result of First and Second World War or the Cold War. The vessels may be civilian cargo vessels that were sunk as they transported Cole or steel. Some ships were mainly to be regarded primarily as refugee ships. For example, the ship Wilhelm Gustloff, which was sunk by a Soviet submarine on January 30, 1945, in which about 9,000 people lost their lifes. It is the world's largest single ship catastrophe wreck and the captain of the submarine - Marinesko - was posthumously elevated to the hero of the Soviet Union. The Still : Wilhelm Gustloff &#807; together with Still : Steuben and Still : Goya, makes up a trilogy that is an important part of exhibition &#8212; It was a really nice ship &#8212; curated by Martin Schibli and Iwona Bigos that was a group show presenting artists from around Baltic Sea that reflected the sinking of Wilhelm Gustloff, presented in Gdansk (PL), Lu&#776;beck (DE) and Va&#776;xjo&#776; (SE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The exhibition Missing shows another selection of images from the Stills sonar series, such as an unidentified Soviet submarine or an unidentified shipwreck. Several images in the exhibition consist of wrecks of civilian cargo ships that deliberately constituted targets because they transported iron ore from Sweden to Germany during World War II. Or conversely transported coal to Sweden. S / S Torsten - one of the few wrecks outside the Baltic Sea in the artist's sonar series - went on the morning of 28 May 1940 on a mine from her journey with coal from Danzig (now Gdansk) to Gothenburg. Exceptionally, in this case, the entire crew survived. The exhibition also includes a northwestern Ska&#778;ne connection through a larger sonar image of S/S Ada Gorthon which was sunk off O&#776;land on Swedish waters by the Soviet submarine SC 317 &#8212; with Captain Moschow &#8212; on 22 June 1942. Eight of the crew survive but fourteen died. The ship was owned by shipping company AB Gefion (which later became Gorthon's shipping companies) and was based in Helsingborg. The ship's name is also inscribed on the Seamen's Monument in Helsingborg over the sailors who died and ships that sank as a result of World War II connected to the city. Gorthon was one of many prominent shipping companies in Helsingborg and later became part of Transatlantic.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5823 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/bengt_sture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH319/bengt_sture-657a8.jpg?1509972599' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Stills (S/S Bengt Sture)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Another ship at the exhibition is S/S Bengt Sture, which transported coal from Germany to Sweden. The ship had left Danzig (now Gdansk) on October 28, 1942. The ship was to call at Trelleborg the following day but never showed up. For many years it remained unclear what had happened to the ship and only many years later did it appear that the ship was attacked and sunk by a Soviet submarine SC 406 with Captain Osipov. It also turns out that eight out of fifteen crew members from the ship were rescued by the submarine crew and handed over to a naval base in the Soviet Union. Their further fate has not been fully established and the issue has sometimes come up in talks between Sweden and the Soviet Union and later Russia. They were probably executed more or less immediately. But the relatives fought for a long time to find answers what happen to the loved one. The father of the captain of S/S Bengt Sture, had as a daily routine to go out from his house &#8212; situated along the south Swedish coast &#8212; and up to small hill, and looked out at the Baltic Sea, to see if the ship Bengt Sture was coming back.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now all these ships are at the bottom &#8212; hidden from the world and literally below the surface &#8212; in some cases more or less forgotten, and thus they no longer remind the contemporary of their history. But at the same time, it might be good for the future to be able to do without conflicts and wars that these wrecks also come to the surface. That the countries around the Baltic Sea can find a common language in how we look at these wrecks and how they are treated in the Baltic Sea's joint history writing. For Sweden, the existence of the wreck also becomes a dissonance between the official collective Swedish historiography and the actual events when it took place during Second World War. Or at least the artist suggests the need for a more complex description of history as the wreck through its existence also testifies to trade and dependence between Sweden and the Third Reich. Maybe we need to bring light into these boats, symbolically bring them to the surface, and mourn the victims. Sweeping under the carpet may look good at the moment, but the dirt remains and affects us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It can also be mentioned that many of the wrecks that Petersson worked with over the years have become increasingly difficult to access today. Both for sonar measurement and to dive on. As is well known, the geopolitical significance of the Baltic Sea has increased during the 2010s and thus also the areas of conflicts. It also means that the struggle for history writing has increased and that gaining interpretive precedence has become central. Anyone who has access to the source material &#8212; i.e. the wrecks &#8212; thus has a historical advantage. It is no longer uncommon for the coastguard from different countries to try to disrupt and prevent investigations of historical wrecks. The wrecks of the Baltic Sea become chess figures in this new geopolitical struggle. Thus, the timeliness of sonar images has become increasingly accentuated in recent years.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Magnus Petersson's total image production can often be viewed from an art historical thread by Memento Mori. They testify in secret about another time &#8212; a forgotten story. The artist's picture suites are reminiscent and disturbing. They urge us to bring the forgotten to the surface. Fragments that can be very real and and whose existence haunts us like ghosts for the future. The only way to get rid of them is to confront the existence of the hidden and let them become complete Memento Moris over the actions of mankind during the 20th century and today.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/fo_rlist_1_utskrift-ff117.jpg?1605468023' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fo&#776;rlist 1 utskrift
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/fo_rlist_3_utskrift-1d5bb.jpg?1605468023' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fo&#776;rlist 3 utskrift
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.karlmagnuspetersson.se" class="spip_out"&gt;www.karlmagnuspetersson.se&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La voix des fant&#244;mes</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-voix-des-fantomes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/La-voix-des-fantomes</guid>
		<dc:date>2015-01-27T00:33:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Poitevin et Karl Magnus Petersson</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Su&#232;de</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Connu aujourd'hui pour son travail remarquable sur des &#233;paves photographi&#233;es dans les fonds marins, Magnus Petersson, photographe n&#233; en 1971, a produit auparavant des s&#233;ries qui malgr&#233; des sujets apparemment diff&#233;rents, n'en portent pas moins les m&#234;mes stigmates : aucun humain, une atmosph&#232;re d'apr&#232;s la fin du monde, ou d'un monde, des tons tendant vers le monochrome, une pr&#233;sence de lignes g&#233;om&#233;triques contrari&#233;es, un temps immobile et l'imprescriptible impression que ce que l'on voit est en m&#234;me temps une image d'objets r&#233;els et une image faite &#224; partir de maquettes ou de mod&#232;les r&#233;duits.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Suede" rel="tag"&gt;Su&#232;de&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH80/arton671-11f92.jpg?1772233841' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Connu aujourd'hui pour son travail remarquable sur des &#233;paves photographi&#233;es dans les fonds marins, Magnus Petersson, photographe n&#233; en 1971, a produit auparavant des s&#233;ries qui malgr&#233; des sujets apparemment diff&#233;rents, n'en portent pas moins les m&#234;mes stigmates : aucun humain, une atmosph&#232;re d'apr&#232;s la fin du monde, ou d'un monde, des tons tendant vers le monochrome, une pr&#233;sence de lignes g&#233;om&#233;triques contrari&#233;es, un temps immobile et l'imprescriptible impression que ce que l'on voit est en m&#234;me temps une image d'objets r&#233;els et une image faite &#224; partir de maquettes ou de mod&#232;les r&#233;duits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5824 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/goya.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH370/goya-be972.jpg?1509972598' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Steamers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dandy reconverti dans les bateaux de recherche et les images prises &#224; partir de sonars d'&#233;paves reposant sous la mer baltique &#224; de grandes profondeurs, il a d'abord photographi&#233; des bateaux, en noir et blanc et des maisons ou des b&#226;timents isol&#233;s, comme des stations-service, venant &#224; nous comme des apparitions surgissant de l'ombre dans une nuit &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces images anciennes en noir et blanc, celles de navires de croisi&#232;re anciens, de leurs coursives presque aussi impressionnantes que le d&#233;cor de &lt;i&gt;Solaris&lt;/i&gt;, de leurs int&#233;rieurs d&#233;suets et vides, il importe de remarquer combien elles portent en germe la tonalit&#233; et l'esprit qui hantent aujourd'hui encore tout le travail de Magnus Petersson. On doit moins &#233;voquer la l&#233;gende du Hollandais volant, que repenser au po&#232;me de Mallarm&#233; &lt;i&gt;Brise Marine&lt;/i&gt; dont deux des vers sonnent ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je partirai ! Steamer balan&#231;ant ta m&#226;ture, &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#232;ve l'ancre pour une exotique nature ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ses premi&#232;res images pouvaient encore &#233;voquer le d&#233;part, et les &#233;paves sous-marines en t&#233;moignent avec force, les images actuelles &#233;voquent plut&#244;t ce que nous dit la suite du po&#232;me de Mallarm&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un Ennui, d&#233;sol&#233; par les cruels espoirs,&lt;br class='autobr' /&gt;
Croit encore &#224; l'adieu supr&#234;me des mouchoirs !&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, peut-&#234;tre, les m&#226;ts, invitant les orages&lt;br class='autobr' /&gt;
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages&lt;br class='autobr' /&gt;
Perdus, sans m&#226;ts, sans m&#226;ts, ni fertiles &#238;lots...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, &#244; mon c&#339;ur, entends le chant des matelots ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, fait assez rare, soudain nous nous prenons, face aux images de Magnus Petersson, &#224; tendre l'oreille. Dans ce silence ourl&#233; par les vagues ou par une lumi&#232;re cadav&#233;rique, alors qu'aucune pr&#233;sence humaine n'est perceptible, nous guettons. Et guettant signaux ou signes, nous finissons par envisager que rien ni personne ne se manifestera. Et pourtant nous sommes l&#224;, fig&#233;s dans l'attente, guetteurs intempestifs pris au pi&#232;ge du glacis des images, cherchant &#224; percevoir la voix que r&#233;prime en s'exhibant toute image.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4ko_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH186/4ko_k-277da.jpg?1509972598' width='500' height='186' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Int&#233;rieurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;rons dans notre voyage &#224; travers les images de Magnus Petersson un mouvement qui va nous conduire des repr&#233;sentations d'int&#233;rieurs aux repr&#233;sentations de b&#226;timents vus de l'ext&#233;rieur. Non qu'il y ait un privil&#232;ge quelconque &#224; accorder &#224; l'un ou l'autre genre d'image, mais cela nous permet d'appr&#233;hender son parcours comme une tentative de mise en sc&#232;ne d'une question relative moins au visible ou au non visible qu'&#224; la pr&#233;sence potentielle d'entit&#233;s non vues, sises ici ou l&#224;, dans la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre m&#234;me que la singularit&#233; du travail de Magnus Petersson tient en ceci qu'il tend, de s&#233;rie en s&#233;rie, &#224; se saisir en un geste improbable de la vision de l'autre, l'autre &#233;tant ici le regard que pourrait porter un fant&#244;me, une entit&#233; non vue ou non visible par l'homme sur les choses que les yeux des humains voient, eux, sans s'&#233;tonner avec une satisfaction irr&#233;pressible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans cet ensemble titr&#233; &lt;i&gt;Sealed&lt;/i&gt;, on est invit&#233; &#224; parcourir tant du regard que de l'imagination les diff&#233;rentes pi&#232;ces de ce que, en une in&#233;vitable synth&#232;se, nous appellerons une demeure. Car il est plus simple pour l'esprit d'appr&#233;hender ce qu'il ne conna&#238;t pas en le projetant dans une synth&#232;se qu'il peut cerner d'un mot, ici le mot maison. Nous reconnaissons bien l'int&#233;rieur d'une maison et nous parvenons assez vite &#224; constater que toutes les pi&#232;ces ressemblent &#224; celles d'une maison vid&#233;e de ses habitants pour l'hiver par exemple, puisque la plupart des meubles, des si&#232;ges en tout cas, sont recouverts d'un drap blanc cens&#233; les prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/12vindskammare.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH161/12vindskammare-c2457.jpg?1772190260' width='500' height='161' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et c'est &#224; partir de ce constat somme toute banal que tout se met, en nous, &#224; glisser irr&#233;sistiblement. Entendons les certitudes n&#233;es d'une lecture rapide et consensuelle des &#233;vidences visibles pr&#233;sent&#233;es par l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'en fait, dans cette maison vide, dans ce monde abandonn&#233; par ses habitants, &#224; mesure que notre regard parcourt les pi&#232;ces, il appara&#238;t qu'il ne cesse de se passer quelque chose. Toute la question, celle que nous adresse ces images de Magnus Petersson, celle que nous ne cessons de nous adresser &#224; nous-m&#234;mes, c'est celle-ci : qu'est donc cette &#171; chose &#187; qui est en train d'avoir lieu sous nos yeux et que pourtant nous ne parvenons pas &#224; percevoir, &#224; d&#233;chiffrer, &#224; voir, &#224; appr&#233;hender ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait invoquer l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; freudienne, et &#224; juste titre &#224; condition de comprendre cet &#171; int&#233;rieur &#187; vide comme l'incarnation du &#171; double &#187; qui est au c&#339;ur de la probl&#233;matique de ce texte, et que ce que nous voyons c'est en effet un visage non tant refoul&#233; que non vu par nous, puisqu'il s'agit de la maison telle qu'elle est quand nous n'y sommes pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux indices corroborent cette hypoth&#232;se, et en particulier un ensemble de d&#233;tails qui &#171; prouvent &#187; que la maison, pour abandonn&#233;e ou vide qu'elle soit, n'en est pas moins habit&#233;e ou hant&#233;e : des verres sur la table, un jeu d'&#233;chec sur le gu&#233;ridon, un livre sur le bureau, des casseroles sur le po&#234;le. La maison ne cesse pas d'exister lorsque nous n'y sommes pas. D'autres semblent y vivre ou du moins y passer. Mais qui sont-ils ? Des &#234;tres vivants ? Ayant des corps ? Si c'est le cas, ils sont absents car on ne voit aucun corps. Seulement des draps recouvrant des si&#232;ges mais qui leur conf&#232;re en effet une v&#233;ritable allure de fant&#244;me. Oui, ce que nous montrent ces images de Magnus Petersson, c'est un monde habit&#233; par des fant&#244;mes, hant&#233; par des fant&#244;mes, un monde fantomatique dans lequel ce que l'on cherche &#224; apercevoir, ce sont des fant&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous les voyons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en cela que tient toute la puissance de ces images que de nous les donner &#224; voir en tant que m&#233;lange indiscernable de pr&#233;sence et d'absence dirait-on dans le vieux langage de la m&#233;taphysique. Or, en tant que m&#233;lange indiscernable ils sont justement non pas &#171; invisibles &#187; mais &#171; non vus &#187;. Il faut la strat&#233;gie imageante de Magnus Petersson pour que le &#171; non vu &#187; se r&#233;v&#232;le comme tel, comme mouvement de l'&#339;il vers le myst&#232;re du visible m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ici dans ce silence de maison vide o&#249; il n'y a donc que des meubles, tout bouge. Tout tremble, tout semble pr&#234;t &#224; se mettre en mouvement, tout est l&#224; non pas pr&#234;t &#224; jaillir mais jaillissant, surgissant dans la lumi&#232;re comme lumi&#232;re, dans l'ombre comme blanc, dans le sombre comme dor&#233;, dans la nuit comme &#339;il, dans le miroir sans tain comme reflet dans un &#339;il d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, notre regard persistant &#224; fouiller l'image, nous revenons &#224; l'impression premi&#232;re qu'il n'aurait pas fallu quitter et qui d'ailleurs nous rattrape et nous saisit cette fois sans nous l&#226;cher : ce n'est pas l'int&#233;rieur d'une maison que nous regardons, que nous voyons, mais des &#233;l&#233;ments qui sont des maquettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions effectu&#233; l'attribution en associant l'int&#233;rieur &#224; &#171; une &#187; maison. Le myst&#232;re s'&#233;tait all&#233;g&#233;, mais nous sentions qu'il s'&#233;paississait pourtant en amont de notre perception. Ce n'&#233;tait pas un int&#233;rieur &#224; &#233;chelle 1 que nous scrutions &#224; travers ces images mais une reconstitution &#224; &#233;chelle 1/10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors tout bascule, l'&#233;cheveau des certitudes concernant les images, la soi-disant r&#233;alit&#233;, les certitudes forg&#233;es &#224; partir de ce que nous percevons, le sens &#224; donner aux informations de nos sens. Mais aussi tout se recadre, commence &#224; se recomposer avant m&#234;me que notre cerveau refasse le point &#224; sa mani&#232;re et appr&#233;hende la miniature dans l'espace de l'image, le mod&#232;le r&#233;duit dans l'&#233;vidence du visible, le vraisemblable dans les failles du possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5850 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/exit_road_3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/exit_road_3-fbd9d.jpg?1509972598' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;duction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En travaillant sur les images de Magnus Petersson, on d&#233;couvre en effet assez vite que mises &#224; part les images des fonds sous-marins et les premi&#232;res images des Steamers, l'essentiel de sa production est le fruit d'installations de grande taille, tr&#232;s &#233;labor&#233;es et d'images faites &#224; partir de ces installations qui, elles, sont orient&#233;es vers la pr&#233;sentation d'un myst&#232;re plus complexe que celui qui lie notre perception &#224; l'&#233;vidence des processus de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que, comme c'est souvent le cas dans les &#339;uvres photographiques trouvant leur place dans le champ de l'art contemporain, ce qu'il cherche &#224; appr&#233;hender se trouve moins dans le pr&#233;sent que dans les formes irr&#233;ductibles du pass&#233;. La s&#233;rie encore en cours aujourd'hui, intitul&#233;e &lt;i&gt;Archipelago&lt;/i&gt;, met en sc&#232;ne &#224; l'&#233;chelle 1/40 des maisons de p&#234;cheurs dans des &#238;les d'un archipel fictif typique de la Baltique. Nous voyons donc non seulement des maquettes mais des st&#233;r&#233;otypes, ou plus exactement des mises en sc&#232;nes en mod&#232;le r&#233;duit d'&#233;l&#233;ments issus de la m&#233;moire collective et peu ou plus accessibles aujourd'hui parce que n'existant plus ou n'&#233;tant plus habit&#233;s r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les sp&#233;cificit&#233;s de l'installation, un socle de 8,5m x 8,5m &#224; hauteur d'&#339;il, la nuit dans laquelle sont plong&#233;s les spectateurs les emp&#234;che de voir ceux qui se trouvent de l'autre c&#244;t&#233; de l'installation &#224; regarder le m&#234;me paysage. Mais nous, nous sommes face aux images faites &#224; partir de cette installation, &#224; ces maisons plong&#233;es dans un bleu extraterrestre, &#224; ces lampadaires ou ces portes d'entr&#233;e rayonnant d'un jaune extatique et se refl&#233;tant sur le fond noir d'un oc&#233;an de plastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce qui importe n'est pas tant de d&#233;crypter le dispositif illusionniste que de plonger dans l'image, de se laisser prendre par ce que l'on voit. Et ce que l'on voit, c'est la forme r&#234;v&#233;e d'un souvenir, c'est-&#224;-dire un souvenir &#224; l'&#233;tat brut et un r&#234;ve &#224; l'&#233;tat pur, puisqu'il n'y a pas de diff&#233;rence fondamentale entre r&#234;ve et souvenir. L'un comme l'autre est constitu&#233; d'images qui se succ&#232;dent dans l'esprit &#224; mesure qu'on les rappelle. Et c'est ce geste de rappel que Magnus Petersson effectue &#224; la fois par l'installation et par la prise de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, il en appelle en nous &#224; l'enfance, aux mondes construits des trains &#233;lectriques, circuits automobiles ou autres mais en le d&#233;calant de telle mani&#232;re que c'est l'adulte qui regarde son enfance en regardant la maquette, et dans le second cas, les images rappellent en nous la forme m&#234;me du souvenir, r&#234;ve nimb&#233; d'&#233;ternit&#233; &#233;mergeant dans le bleu nuit tremblant annonciateur de fin du monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/_mg_4726.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH168/_mg_4726-5e60a.jpg?1772190260' width='500' height='168' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et comme dans les images de l'int&#233;rieur de la maison, on attend. On attend que quelqu'un sorte, qu'une voix s'&#233;l&#232;ve, qu'un mouvement se produise, aussi bien dans une maison que sur l'eau &#233;trangement calme, trop calme pour n'&#234;tre pas en proie &#224; un sortil&#232;ge. Le monde de Magnus Petersson est un monde qui nous replonge dans l'ambiance du conte, ce monde impossible dans lequel justement tout est possible. Et puis, plus radical en un sens, ce que nous &#233;prouvons face &#224; ce monde silencieux, c'est un &#233;trange sentiment de solitude, ou plus exactement d'&#233;prouver cette solitude si particuli&#232;re qui nous &#233;treint lorsque nous faisons face ou plut&#244;t que nous envahit ce sentiment d'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; dont a parl&#233; Freud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ces maquettes et les images qu'elles rendent possibles, en nous faisant &#224; nouveau passer par la case de l'enfance par le biais du mod&#232;le r&#233;duit, qui offre au spectateur adulte que nous sommes devenus un passage vers les zones oubli&#233;es de la toute puissance que l'on &#233;prouve face &#224; des mondes en miniature que l'on croit pouvoir contr&#244;ler, nous permettent de revivre dans un monde hant&#233; par les &#226;mes, les esprits, les revenants et les fant&#244;mes, dans un monde qui, pour &#234;tre le double du n&#244;tre, n'en est que plus &#233;trange justement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il semble qu'au cours de notre &#233;volution individuelle, nous ayons tous travers&#233; une phase correspondant &#224; cet animisme des primitifs, qu'elle ne se soit d&#233;roul&#233;e chez aucun d'entre nous sans laisser des restes et des traces encore &#224; m&#234;me de s'exprimer, et que tout ce qui nous para&#238;t aujourd'hui &#171; &#233;trangement inqui&#233;tant &#187; r&#233;ponde &#224; une condition, qui est de toucher &#224; ces restes d'activit&#233; psychique animiste et de les inciter &#224; s'exprimer. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sigmund Freud, L'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233;, &#201;ditions Gallimard, Coll. Folio (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'&#233;vidence, Magnus Petersson nous conduit avec ces images litt&#233;ralement et exactement au seuil d'un monde qui, devant nous, va &#233;veiller par l'attente sans objet qu'il provoque, le d&#233;sir de voir enfin en nous ce monde se mettre &#224; bouger, de voir enfin surgir une &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5927 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6galleri.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH202/6galleri-59f3e.jpg?1509972598' width='500' height='202' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me avec la s&#233;rie &lt;i&gt;Exit road&lt;/i&gt;, des images tir&#233;es de l'installation d'une station-service dans un d&#233;cor nocturne, petit monde en soi &#233;clair&#233; par le n&#233;on de l'enseigne sans message et r&#233;v&#233;lant une pi&#232;ce vide. L'&#339;il fouille &#224; l'int&#233;rieur, ne voit aucune pr&#233;sence humaine et comprend vite que personne ne viendra jamais. L'attente est conduite &#224; son point de rupture dans les images de Magnus Petersson, jusqu'&#224; ce moment o&#249;, d&#233;&#231;ue, elle explose en son contraire, la reconnaissance de notre solitude absolue, irr&#233;m&#233;diable, incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5852 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH377/exit_road1-c205a.jpg?1509972598' width='500' height='377' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le paysage joue un r&#244;le essentiel. Le fragment d'autoroute, vide &#233;videmment, renforce non tant l'illusion que la sensation de solitude. C'est un facteur d'accroissement de la tension intime, bas&#233; sur le fait que le paysage, qui est cens&#233;, surtout lorsqu'il est compos&#233; d'&#233;l&#233;ments construits par l'homme, accompagner de certitude la pr&#233;sence d'autres hommes, joue ici le r&#244;le inverse. Le paysage, au lieu de constituer un &#233;l&#233;ment rassurant, participe &#224; l'accroissement de l'&#233;tranget&#233; qui fait monter l'angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le point essentiel face &#224; ces images est sans doute le fait qu'elles nous installent dans une situation impossible et pourtant r&#233;elle. En effet, nous nous tenons au seuil d'un monde fictif m&#234;me s'il ressemble en tout point &#224; la r&#233;alit&#233;, dont nous sommes doublement exclus, parce qu'il est vide, qu'il est un monde sans hommes, et parce qu'il est per&#231;u comme ayant une dimension non adapt&#233;e &#224; celle de notre corps quoique visuellement familier. Comme homme nous sommes renvoy&#233;s &#224; notre solitude et comme enfant nous sommes renvoy&#233;s &#224; notre impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, il ne nous reste qu'&#224; nous perdre les yeux grands ouverts dans les halos verts ou bleus et &#224; errer, fant&#244;mes devenus, entre les murs de cette station-service en essayant d'oublier qu'il ne passera jamais aucune voiture sur l'autoroute du destin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5835 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH383/_mg_4678-118fa.jpg?1772190260' width='500' height='383' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ontologie du fant&#244;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble d'images qui caract&#233;rise le plus aujourd'hui le travail de Magnus Petersson, ce sont les images qu'il fabrique &#224; partir de la saisie d'images de sonar dans les fonds marins de la mer Baltique. Ces images sont celles de navires qui transportaient des civils fuyant les combats lors de la Seconde Guerre mondiale et qui ont coul&#233;, certains apr&#232;s qu'on a pr&#233;venu les passagers et qu'ils ont pu quitter le navire, d'autres ayant coul&#233; avec leurs passagers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5823 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/bengt_sture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH319/bengt_sture-657a8.jpg?1509972599' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Stills (S/S Bengt Sture)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, Magnus Petersson &#233;crit lui-m&#234;me dans une note de travail les choses suivantes : &#171; Throughout the centuries the Baltic Sea has been an important trade route where goods have been exchanged and contacts have been made between people in emerging cities and in important trading posts. Many naval battles have been fought in these waters and many merchant ships have fallen victims of these battles, not least during the merciless wars of the 20th century.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An outline emerges unexpectedly from the otherwise even lower graph on the sonic depth finder and its presence makes us aware of this. In thousands of anonymous places under an undisclosing surface of water rests shipwrecks that due to the absence of the wood eating shipworm in the Baltic Sea have been preserved. Moments of desperate struggle and chaos have been preserved in the silent depths of the deep seas when both ship and crew lost against the raging sea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A side-scan sonar is a marine technological instrument that scans the seabed using diagonal sound waves that are being transformed into an image in the computer. An objective gaze is directed down towards something the human eye cannot see and it is registering a world beyond the accessible. Ships that never reached their destination suddenly emerges on then screen, time capsules that have been left to the slowly progressing decay of the depths are again becoming visible. The sound waves that are reaching down through the dark waters are returning back with echoes of an apocalyptic story.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This work has been created in collaboration with Deep Sea Productions, the people behind the search for the lost Swedish DC 3 air plane. I have since 2005 continuously been taking part in their expeditions and together with the company Marin M&#228;tteknik have been scanning areas of the Baltic Sea which has resulted in the discovery of a large number of shipwrecks. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/_mg_4731.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH234/_mg_4731-f4bf6.jpg?1509972599' width='500' height='234' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous importe ici, c'est moins la confirmation de l'existence de ces &#233;paves sous-marines principalement, que la relation entre absence de visibilit&#233; dans la nuit des fonds marins et r&#233;v&#233;lation d'une forme, entre onde et vision. Car ce qui est en jeu ce sont les diff&#233;rents modes de perception que de nouveaux supports techniques rendent possibles et l'in&#233;vitable transcription de ces ondes en des formes visibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'invisible, on le pressent ici, ne d&#233;signera pas l'incernable et insaisissable pr&#233;sence d'une entit&#233; supra humaine. L'invisible g&#238;t tout entier dans ce que la vue en tant que &#171; sens &#187; occulte. L'invisible est donc ce qui se tient ou se maintient dans la sph&#232;re du &#171; non vu &#187;. En d'autres termes voir ne suffit pas, m&#234;me si, comme ce travail issu des profondeurs de Magnus Petersson nous le prouve, voir peut finalement &#234;tre source de surprise. Plut&#244;t que de nous offrir des images r&#233;v&#233;lant un myst&#232;re, il nous donne &#224; voir des images portant avec elles le myst&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons identifier certains de ces navires, d'autres restent sans nom. Mais ce n'est pas ce qui importe. Ce qui compte ici se joue au-del&#224; de la m&#233;moire. C'est le fait que de telles images nous donnent &#224; voir des fant&#244;mes. C'est le fait que de telles images portent avec elles, ce qui est peu courant dans l'infinit&#233; des images accessibles &#224; nous &#224; chaque instant aujourd'hui, m&#234;me si cette dimension les hante toutes, la trame fantomale qui constitue la &#171; v&#233;rit&#233; secr&#232;te &#187; de toute image, de chaque image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'image qui ne soit pas, sinon d'un fant&#244;me, du moins fantomale. Non &#224; cause de l'antienne que r&#233;p&#232;te le perroquet de Barthes, &#171; &#231;aa&#233;t&#233; ! &#231;aa&#233;t&#233; ! &#231;aa&#233;t&#233; ! &#187;, mais parce que la dimension ontologique dans laquelle nous situons notre existence est en fait bien peu assur&#233;e. L&#224; o&#249; nous nous effor&#231;ons de croire qu'elle plonge ses racines dans la profondeur de l'&#233;tant tout en &#233;tirant ses cheveux vers les sph&#232;res invisibles &#224; l'&#339;il o&#249; logerait cependant l'invisible qui est la forme active de l'esprit, nous ne pouvons que constater que nous avan&#231;ons sur un &#171; sol fragile &#187; et que notre cerveau est hant&#233; par des formes ind&#233;cidables et les ombres que jette le &#171; non-&#234;tre &#187; sur la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui alourdit notre relation &#224; l'image, c'est qu'elle a &#233;t&#233; inscrite sur la port&#233;e qui relie et articule absence et pr&#233;sence. Sartre d&#233;j&#224; y insistait dans &lt;i&gt;L'imaginaire&lt;/i&gt;, en faisant de l'image un mode de pr&#233;sentification de l'absence. Il &#233;crivait : &#171; L'image peut se d&#233;finir, comme la perception, le rapport de l'objet &#224; une conscience. Nous avons tent&#233;, dans la deuxi&#232;me partie de ce travail, d'&#233;crire la fa&#231;on dont l'objet se donne, absent, &#224; travers une pr&#233;sence. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., &#201;ditions Gallimard, Coll. Folio Essais, p. 170.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait sans doute renverser cet adage, comme on le faisait autrefois des idoles. Et ces images y participent &#224; leur mani&#232;re en ce qu'elles font remonter &#224; la surface en quelque sorte non une pr&#233;sence ou une absence mais une carcasse, un cadavre, une forme &#171; sur la toile oubli&#233;e et que l'artiste ach&#232;ve seulement par le souvenir &#187;. C'est le souvenir de quelque chose qui n'existe plus qui revient, c'est le souvenir d'un oubli, d'un mort, c'est un cadavre, autrement dit le souvenir d'un fant&#244;me qui revient nous hanter comme fant&#244;me disant &#224; sa mani&#232;re que ce qui a exist&#233; avant n'&#233;tait qu'un songe et que la seule r&#233;alit&#233; qui vaille, la seule forme durable est cette forme saisie au seuil de l'effondrement, le tremblement du possible dans la nuit imp&#233;n&#233;trable de la conscience abolie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gustloff.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH211/gustloff-9ff7f.jpg?1509972599' width='500' height='211' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Stills (Wilhelm Gustloff)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que voyons-nous ? Des masses verd&#226;tres, des lignes floues, des frisottis, des lignes asignifiantes ressemblant, si elles doivent ressembler &#224; quelque chose, plus &#224; des ossements dans une tombe pr&#233;historique qu'&#224; autre chose. Nous sommes en train de regarder par le petit trou de serrure d'un sonar, dans le secret de la tombe. Nous sommes ici les voyeurs ultimes, ceux qui traquent le myst&#232;re de la disparition des corps et qui ne d&#233;couvrent au mieux que des formes &#224; l'&#233;tat instable en train de se dissoudre ou peut-&#234;tre en train de na&#238;tre. Il n'y a, sans doute est-ce d&#251; &#224; l'impact de la technique m&#234;me, que peu de diff&#233;rences entre ces images et celles des f&#339;tus lors des &#233;chographies pr&#233;natales. En tout cas nous avons plong&#233; dans la grotte ut&#233;rine qu'est l'oc&#233;an et nous en remontons ces images qui ne sont ni des souvenirs, ni des preuves mais des confirmations que l&#224; comme ailleurs d&#233;j&#224; on r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fant&#244;me est ant&#233;rieur &#224; l'existence, le fantomal &#224; l'ontologique, le tremblement &#224; la stabilisation, l'h&#233;sitation &#224; la capture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fant&#244;me, on ne le voit pas. Il fait bouger les rideaux et laisse derri&#232;re lui un l&#233;ger courant d'air. C'est une vibration qui se joue de la mati&#232;re, semble capable de la traverser et de l'ignorer. Le fant&#244;me est la forme du corps dans le tissu des r&#234;ves, une ombre capable de traverser tous les obstacles et de revenir &#224; son point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les photographies de Magnus Petersson sont, en fait, r&#233;alis&#233;es &#224; partir des ondes que capte un sonar qui glisse comme une raie manta sur les fonds marins. Ce sont donc des captures d'ondes et ces ondes forment des lignes qui s'&#233;tagent en strates diverses. Ces images sont faites de sons superpos&#233;s, de strates ou de couches de son et elles n'ont pas d'autre consistance que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des lignes et ce qu'elles montrent ce sont des &#233;paisseurs plus ou moins importantes. Nous savons ou nous croyons savoir et nous reconnaissons des navires &#233;chou&#233;s su le fond de la Baltique. Et nous avons s&#251;rement raison. Mais ce que nous voyons ce sont des r&#233;sidus de r&#234;ve, car en fait personne ne les voit sinon ceux qui tentent de recomposer sous formes d'images les informations envoy&#233;es par le sonar. Quand &#231;a s'&#233;teint, il n'y a plus rien, comme au cin&#233;ma. Ce n'est rien d'autre que &#231;a un r&#234;ve, des apparitions de fant&#244;mes sur l'&#233;cran du cr&#226;ne ou celui de l'ordinateur. Ce que l'on nomme r&#233;alit&#233; n'est qu'un moment de ce processus qui se d&#233;ploie simplement &#224; plus grande lenteur. La r&#233;alit&#233;, c'est un &#171; fig&#233; &#187; d'ondes, comme on dirait un drap&#233; de lignes, qui se crispent un peu avant de retourner &#224; l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5923 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2hall.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH202/2hall-6d9da.jpg?1509972599' width='500' height='202' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est quelque chose de plus qui est &#224; chercher, moins du c&#244;t&#233; de la confirmation de la consistance de la r&#233;alit&#233; mais plus du c&#244;t&#233; d'une v&#233;rit&#233; intime concernant les images. Cette v&#233;rit&#233; intime de l'image, son secret, c'est qu'elle est faite de couches d'informations qui n'ont chacune pas plus de consistance que n'en a l'&#233;toffe dont sont faits les r&#234;ves. Souvenons-nous un instant. C'est Prospero qui parle dans &lt;i&gt;La Temp&#234;te&lt;/i&gt; de Shakespeare, &#224; l'acte IV, dans la sc&#232;ne 1 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Our revels now are ended. These our actors, / As I foretold you, were all spirits, and / Are melted into air, into thin air : / And like the baseless fabric of this vision, / The cloud-capp'd tow'rs, the gorgeous palaces / The solemn temples, the great globe itself, / Yea, all which it inherit, shall dissolve, / And, like this insubstantial pageant faded, / Leave not a rack behind. We are such stuff / As dreams are made on ; and our little life / Is rounded with a sleep. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nos divertissements sont finis. Nos acteurs, je vous en ai pr&#233;venu, &#233;taient tous des esprits ; ils se sont fondus en air, en air impalpable. Un jour..., de m&#234;me que l'&#233;difice sans base de cette vision, les tours coiff&#233;es de nu&#233;es, les magnifiques palais, les temples solennels, ce globe immense lui-m&#234;me, et tout ce qu'il contient, se dissoudront, sans laisser plus de brume &#224; l'horizon que la f&#234;te immat&#233;rielle qui vient de s'&#233;vanouir ! Nous sommes de l'&#233;toffe dont sont faits les r&#234;ves, et notre petite vie est envelopp&#233;e dans un somme... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, encore et toujours, c'est de croire ou de pr&#233;tendre le contraire qui est erreur ou mensonge. Et Magnus Petersson ne ment pas, il traque la v&#233;rit&#233;, pas celle des faits, celle du songe dans la trame du v&#233;cu et de la vie au c&#339;ur m&#234;me de l'&#233;toffe du r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, ces navires dont les formes oubli&#233;es &#233;mergent un instant pour nous hors de la cave de l'oubli, ces navires baign&#233;s dans le silence du fond des oc&#233;ans, ces navires nous parlent ou plut&#244;t ils nous font entendre la voix des matelots qu'&#233;voquait Mallarm&#233;. Alors, encore une fois, mais ces fois sont rares, on le comprend, les images et les images photographiques en particulier, sont des fen&#234;tres qui ouvrent sur le monde des fant&#244;mes et des mani&#232;res de faire na&#238;tre en nous l'&#233;cho de leur voix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous les entendons et nous savons que nous le faisons. Nous n'osons y croire parce que ce serait contraire &#224; la raison mais nous savons aussi que cela a lieu, en nous &#224; chaque instant, cette audition intime du secret du visible, qu'il est hant&#233; par &#171; L'inflexion des voix ch&#232;res qui se sont tues &#187; comme le disait si bien Paul Verlaine. C'est elles sans doute que Magnus Petersson traque au-del&#224; du visible, elles dont il d&#233;sire le plus se repa&#238;tre, elles qui remontent &#224; travers ces lignes vertes semblables &#224; des corps inanim&#233;s dans le souvenir d'une baleine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/_mg_4755.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/_mg_4755-5db92.jpg?1772190260' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gustloffold.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH279/gustloffold-f0b5f.jpg?1772190260' width='500' height='279' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sigmund Freud, &lt;i&gt;L'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233;&lt;/i&gt;, &#201;ditions Gallimard, Coll. Folio Essais, N 93, p. 245.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Op. cit., &#201;ditions Gallimard, Coll. Folio Essais, p. 170.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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