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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>D&#233;multiplier : sur les pas de Cl&#233;rambault</title>
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		<dc:creator>Eric Aupol</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;C'est avant l'entr&#233;e dans un espace, que l'on ne verra jamais, sur le seuil de ce que sera l'espace de la sentence et du destin, que sont pris ces corps, comme des pi&#232;ces d'un jeu d'&#233;chec attendant le d&#233;but de partie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Intime" rel="tag"&gt;Intime&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton652-1608f.jpg?1772255806' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est avant l'entr&#233;e dans un espace, que l'on ne verra jamais, sur le seuil de ce que sera l'espace de la sentence et du destin, que sont pris ces corps, comme des pi&#232;ces d'un jeu d'&#233;chec attendant le d&#233;but de partie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/tombe_malakoff.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/tombe_malakoff-ed0dd.jpg?1509824583' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tombe de Cl&#233;rambault, Malakoff, 50 x 70 cm
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vers 57 ans, je commen&#231;ais &#224; voir de mon &#339;il droit les formes des objets modifi&#233;s de fa&#231;on bizarre. Leurs contours n'&#233;taient plus seulement impr&#233;cis, mais multipli&#233;s. Dans la nuit, tout point lumineux se changeait en constellation, les anses incandescentes des ampoules &#233;lectriques semblaient au nombre de cinq ou six dans chaque ampoule... Dans le jour, surtout en cas de contrastes marqu&#233;s entre clair et sombre, seuls les contours les plus lumineux des objets se d&#233;doublaient, les contours clairs et irr&#233;els m'apparaissaient d'autant plus nets qu'ils trouvaient pour se d&#233;tacher un fond plus sombre. (&lt;i&gt;Souvenirs d'un m&#233;decin op&#233;r&#233; de la cataracte&lt;/i&gt;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ga&#233;tan Gatian de Cl&#233;rambault mourut en 1934 de mani&#232;re dramatique : devenu aveugle, il se suicida chez lui, par arme &#224; feu, devant son miroir. Une st&#232;le islamique grav&#233;e rapport&#233;e d'un de ses nombreux voyages au Maroc a, comme il en avait exprim&#233; le d&#233;sir, &#233;t&#233; dress&#233;e il y a quelques ann&#233;es apr&#232;s &#234;tre rest&#233;e tr&#232;s longtemps dans les sous-sols du Mus&#233;e de l'Homme, derri&#232;re sa tombe (et o&#249; se d&#233;roule cette ligne : &#171; souvenons nous de l'assaut de la mort &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plaque de marbre blanc, grav&#233;e, &#224; F&#232;s, par un marbrier sp&#233;cialis&#233; dans la gravure des plaques fun&#233;raires musulmanes, &#233;voque en contrepoint et comme image cet objet achet&#233; de son vivant par le m&#233;decin, dans une anticipation pr&#233;-mortem. La phrase inscrite, extraite, comme toutes les citations retranscrites dans cette s&#233;rie, des &lt;i&gt;Souvenirs d'un m&#233;decin op&#233;r&#233; de la cataracte&lt;/i&gt;, m'est apparue embl&#233;matique de l'&#233;criture de Cl&#233;rambault. Une distance analytique, positiviste et scientifique, pour l'analyse de son propre corps, de sa propre maladie et aveuglement progressif. Une distance tourn&#233;e aussi vers soi, dans le retrait et le refus d'une forme d'expansion, dans la pr&#233;cision et la &#171; nettet&#233; &#187; des termes et du style. La gravure blanche dans la pierre blanche devrait produire un temps d'adaptation de l'&#339;il pour sa lecture, signalant physiquement l'organe occulaire au spectateur. Elle cl&#244;t &#233;galement ce m&#234;me livre, comme, l&#224; encore, une invitation &#224; la dissection d'un &#339;il (et d'un esprit), sympt&#244;me d'une forme de rigueur moderne, par la volont&#233; farouche d'observer, d'analyser, d'archiver, de classer, d'&#233;crire enfin, le sympt&#244;me et la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233; en tant qu'interne en m&#233;decine &#224; l'Infirmerie Sp&#233;ciale de la Pr&#233;fecture de Police de Paris en mars 1902, il y est nomm&#233; m&#233;decin adjoint en janvier 1905, puis m&#233;decin en mars 1913, et devient m&#233;decin-chef en mars 1920. Dans ce contexte, au service d'admission d'urgence des ali&#233;n&#233;s, il voit quantit&#233; de personnes (environ 2 000 par an) faisant manifestement &#233;tat de troubles mentaux et qui perturbent l'ordre public. Charge au m&#233;decin d'&#233;tablir un diagnostic, puis de diriger, de gr&#233; ou de force, chacun(e) vers un &#233;tablissement m&#233;dical et psychiatrique. C'est ainsi que nombre de destins furent dans les mains de Cl&#233;rambault, certain(e)s ne sortant jamais de l'institution psychiatrique et asilaire de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il fut surtout c&#233;l&#232;bre pour ses travaux de m&#233;decin-certificateur &#224; l'Infirmerie sp&#233;ciale Psychiatrique de la Pr&#233;fecture de Police de Paris, o&#249; il r&#233;dige une &#339;uvre ouverte, un rien gongorique, &#224; la fois pr&#233;cieux et pr&#233;cis, au jour le jour, pendant presque quarante ans, de plus de treize mille certificats m&#233;dico-l&#233;gaux in&#233;dits, autant de diagnostiques d'internement asilaire correspondant &#224; autant de patients en crise (hallucin&#233;s ou psychotiques) que la police ramassait en ville et lui remettait tout au cours de sa carri&#232;re. (Antonio Guzman)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les portraits, r&#233;alis&#233;s dans un protocole pr&#233;cis &#8211; de dos, cheveux longs en arri&#232;re, &lt;i&gt;le m&#234;me &#233;l&#233;ment de porte r&#233;p&#233;t&#233; et multipli&#233;&lt;/i&gt; dans chaque image &#8211; voudraient montrer la fragilit&#233; des corps en attente. C'est avant l'entr&#233;e dans un espace, que l'on ne verra jamais, sur le seuil de ce que sera l'espace de la sentence et du destin, que sont pris ces corps, comme des pi&#232;ces d'un jeu d'&#233;chec attendant le d&#233;but de partie. Corps en attente, &#224; l'avant sc&#232;ne &#8211; il sera, dans l'ensemble de ce travail photographique beaucoup question de th&#233;&#226;tralit&#233;, de repr&#233;sentation, de frontalit&#233; sc&#233;nique &#8211;, juste un peu avant que quelque chose ne se passe, dans la potentialit&#233; d'un mouvement, d'une d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/etude-7-paris.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH777/etude-7-paris-1d37a.jpg?1509824583' width='500' height='777' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le corps d&#233;couvert jusqu'&#224; la taille donne &#224; penser une incarnation potentielle, celle que le m&#233;decin observait &lt;i&gt;jusque dans sa dis-simulation&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;toffe pos&#233;e en dessous de la taille, parfois &#233;l&#233;gante et travaill&#233;e, comme les n&#339;uds d&#233;crits par le m&#233;decin lors de ses conf&#233;rences sur le drap&#233; &#224; l'&#201;cole des Beaux-Arts, et parfois presque informe, comme une violence symbolique faite au corps auscult&#233;, et bient&#244;t, sans doute, enferm&#233;, au corps social et marginal. Le cheveu, fil qui traverse, sous diverses formes (cheveu, ligne, pli du tissus, lettre, trame) l'ensemble de la s&#233;rie, donne, comme la peau de chaque corps, une gamme chromique &#233;voluant du blanc laiteux au brun fonc&#233;. Comme une charte de couleur, qui nomme et classe aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de trouver une m&#234;me tension dans ces hommes (aussi aux cheveux longs et de dos, un corps d&#233;sexu&#233; mais parfois d&#233;sirable) et femmes en attente, comme le patient est en attente de diagnostic, le mod&#232;le en attente de la photographie qui lui sera prise. Le regard est absent, le dos tourn&#233; en appelle au regard du spectateur, qui pourrait &#234;tre le suivant (ou la suivante).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5637 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/etude-8-paris.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH775/etude-8-paris-e76b9.jpg?1772240380' width='500' height='775' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le classement des corps est un des grands projet de ce que fut l'&#233;poque moderne. Photographie, identit&#233; judiciaire et psychiatrie sont trois syst&#232;mes mod&#232;les du XXe si&#232;cle, travaillant de concert (Bertillon, Charcot,...), classant, archivant les types. La photographie, outil moderne par excellence, partageant elle aussi son statut entre art et science, fut bien s&#251;r l'outil privil&#233;gi&#233; de cette obsession typologique et ethnographique. Les marges, surtout, politiques, soci&#233;tales ou ethniques dans l'empire florissant (la question coloniale, &#233;voqu&#233;e dans les portraits, me semble partie prenante de la volont&#233; d'analyse. L'empire se construit sur la rationalisation et une utopie de progr&#232;s), furent les corps les plus sollicit&#233;s (car les plus &#233;tranges ou incompris ?) pour tenter de rationaliser le monde et se pr&#233;munir, dans l'utopie de l'&#233;poque, du hasard et de l'accident, de ce qui &#233;chapperait &#224; un contr&#244;le et une analyse, &#224; une th&#233;orie m&#233;caniste des maladies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie comme outil de rationalit&#233; et rationalisation des corps, du temps et des espaces. Mais les tensions subsistent toujours &#224; la raison. Enfin, ces &#233;tudes se veulent, l&#224; encore, comme une image-miroir des portraits de Cl&#233;rambault photographe r&#233;alis&#233;s &#224; F&#232;s, o&#249; le corps dispara&#238;t derri&#232;re le pli et la masse du drap&#233;, o&#249; l'analyse et la s&#233;quence pr&#233;valent sur l'exotisme, le sexuel et le romantique. La chair se fait presque absente, et la photographie offre une tension du mouvement dans les s&#233;quences du photographe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/residence_lyautey.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/residence_lyautey-538dd.jpg?1509824583' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sidence du Mar&#233;chal Lyautey, F&#232;s, 50 x 70 cm
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Mar&#233;chal Lyautey, officier pendant les guerres coloniales, premier r&#233;sident g&#233;n&#233;ral du protectorat fran&#231;ais au Maroc en 1912 f&#251;t tr&#232;s proche de Cl&#233;rambault, lui demandant de construire le service psychiatrique moderne du Maroc, assistant avec son &#233;pouse aux fr&#233;quentes conf&#233;rences de Cl&#233;rambault &#224; l'Acad&#233;mie des Beaux-Arts sur le pli et le drap&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5642 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/portrait_postmortem.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/portrait_postmortem-7b3dc.jpg?1509824583' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Portrait post-mortem de Cl&#233;rambault, La Salp&#234;tri&#232;re, Paris, 50 x 70 cm
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture, le tissus (nou&#233; et d&#233;nou&#233; dans un m&#234;me temps), la lumi&#232;re : encore une image manquante, un corps absent, un hommage par le biais du m&#233;decin photographe, une &#233;vocation personnelle et po&#233;tique de l'homme &#224; la passion de l'&#233;toffe, de l'&#233;criture et de la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme de l'&#233;toffe &#233;voque enfin les cours de Cl&#233;rambault sur l'&#233;tude technique du drap&#233;, et notamment la forme du &#171; faux bouton berb&#232;re &#187;, dont Cl&#233;rambault explique la r&#233;alisation (Noyau Inclus Ligatur&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La fibule tient par transfixion ; notre dispositif tient par ligature. Posez deux &#233;toffes plat &#224; plat ; poussez votre index sous l'&#233;toffe inf&#233;rieure et liez, en retirant votre index, le chou d'&#233;toffe &#224; double &#233;paisseur que votre index avait soulev&#233; : les deux &#233;toffes resteront solidement unies. Pour que le chou ne puisse glisser dans son collier, nous remplirons la cavit&#233;, avant de lier, par une bille ou tout autre corps rond que la ligature enfermera. L'ensemble pourrait &#234;tre appel&#233;, en raison de son aspect, un faux bouton, et, en raison de sa structure, un noyau li&#233; ; mais la d&#233;finition compl&#232;te serait : chou d'&#233;toffe &#224; deux &#233;paisseurs, avec noyau et ligature. (Recherches technologiques sur le drap&#233;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Maristane Sidi Frej &#224; F&#232;s &#233;tait le plus c&#233;l&#232;bre et le plus important des maristanes du Maroc. Sa naissance, son apog&#233;e et sa d&#233;gradation sont &#233;troitement li&#233;s &#224; la grandeur et &#224; la d&#233;cadence de la dynastie m&#233;rinide. Les M&#233;rinides ont suivi en cela l'exemple des Almohades et ont dot&#233; le Maroc d'une &#171; cha&#238;ne &#187; de maristanes r&#233;partie dans les grandes villes marocaines, entre autres &#224; F&#232;s, Mekn&#232;s, Sal&#233;, Rabat et Safi. Il est situ&#233; au c&#339;ur de la plus vieille partie de la m&#233;dina de F&#232;s, &#224; proximit&#233; du sanctuaire de Moulay Idriss, Saint-Patron de la ville, entre le souk El Attarine et le souk du Henn&#233;. Le maristane &#233;tait compos&#233; d'un rez-de-chauss&#233;e comprenant 18 chambrettes, et d'un &#233;tage qui en avait 22. Le rez-de-chauss&#233;e &#233;tait fait pour l'hospitalisation des hommes et l'&#233;tage au-dessus pour celle des femmes, ainsi qu'un jardin attenant pour la promenade des malades et les concerts de musique andalouse qui leur &#233;taient donn&#233;s chaque semaine. La gestion du maristane &#233;tait assur&#233;e par un administrateur aid&#233; de secr&#233;taires et contr&#244;l&#233; par un Nadir des Habous qui supervisait l'utilisation des biens qui faisaient vivre l'institution. Il est pratiquement certain que plusieurs &#171; sp&#233;cialit&#233;s &#187; m&#233;dicales &#233;taient pratiqu&#233;es dans le maristane dont &#171; la m&#233;decine interne &#187;, l'orthop&#233;die, l'ophtalmologie et la psychiatrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps de sa splendeur, le maristane Sidi Frej a tr&#232;s probablement servi de mod&#232;le pour la construction du premier h&#244;pital psychiatrique dans le monde occidental. En effet, le P&#232;re Gilbert Jofre &#233;tait venu &#224; deux reprises en &#171; Afrique &#187; pour racheter des prisonniers de guerre chr&#233;tiens &#224; la fin du XIVe si&#232;cle. Les rois M&#233;rinides avaient alors pour capitale F&#232;s, et c'est tr&#232;s probablement avec eux que les n&#233;gociations avaient lieu. Le maristane Sidi Frej &#233;tant situ&#233; en plein centre de la m&#233;dina, il est impossible &#224; un visiteur qui passe m&#234;me tr&#232;s peu de jours dans la ville de ne pas &#234;tre au courant de l'existence de cette institution, qui par ailleurs repr&#233;sentait un &#233;l&#233;ment de fiert&#233; de la ville. Le p&#232;re Jofre cr&#233;a une association qui construisit le premier asile pour ali&#233;n&#233;s &#224; Valence, en Espagne, en 1410. Ceci repr&#233;sente un excellent exemple du &#171; transfert de technologie &#187; sud-nord de la fin du Moyen &#194;ge. Par la suite, les Espagnols ont construit des h&#244;pitaux psychiatriques dans les principales villes d'Espagne, en Am&#233;rique centrale, et dans les autres pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du d&#233;but du XVe si&#232;cle, le sultan m&#233;rinide Abou Said Othman Il a commenc&#233; &#224; vendre et &#224; hypoth&#233;quer les biens du maristane pour &#233;quiper son arm&#233;e, et ce malgr&#233; les protestations de la population. Le maristane est tomb&#233; progressivement dans la d&#233;cr&#233;pitude et a alors &#233;t&#233; transform&#233; petit &#224; petit en asile pour ali&#233;n&#233;s. L&#233;on l'Africain avait travaill&#233; pendant deux ans comme secr&#233;taire au d&#233;but du XVIe si&#232;cle au maristane Sidi Frej, et la description qu'il faisait de l'hospitalisation des malades mentaux n'&#233;tait pas des plus flatteuses. La situation a continu&#233; &#224; se d&#233;grader au fil des si&#232;cles et les t&#233;moignages que nous avons de l'&#233;tat des lieux en 1906 par Salmon et Michaux-Bellaire, ainsi que celui du Dr. du Mazel en 1922 sont catastrophiques. &#192; l'image du reste, l'assistance aux malades physiques ou mentaux s'&#233;tait d&#233;t&#233;rior&#233;e dans les maristanes, au point d'en faire plus des prisons que des lieux de soins. Le maristane Sidi Frej a ainsi fonctionn&#233; jusqu'en 1943, date &#224; laquelle il a &#233;t&#233; partiellement d&#233;truit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5638 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/maristan_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/maristan_1-95367.jpg?1509824584' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Quartier du Maristane Sidi Frej, F&#232;s, 100 x 75 cm
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est un Maristane imaginaire, une reconstitution photographique d'un espace-embl&#232;me de tout lieu asilaire et de l'imaginaire qu'il d&#233;veloppe, mais aussi la collusion, bien r&#233;elle, dans un espace ancien en r&#233;am&#233;nagement &#224; quelques pas de Sidi Frej, de temporalit&#233;s contradictoires, racont&#233;es par la mati&#232;re, par la lumi&#232;re et ses traces, par les lignes tir&#233;es &#224; chaque encablure des ouvertures / fermetures / passages, pour marquer dans l'espace un double mouvement de regard. Perspectives et contre-perspectives renvoient &#224; une dualit&#233; fictive de points de vue : le premier va vers le seuil, &#171; l'horizon &#187;, vers l'autre pi&#232;ce, dont la porte souligne une possible r&#233;partition du corps dans ce marquage, un tiers deux tiers, comme le cadrage d'une &#171; bonne &#187; image. Ce corps pr&#233;sent absent, en &#233;cho aux corps de dos photographi&#233;s, est une marque de la m&#233;trique, de la mesure de la distance, de la clart&#233; perspectiviste : le corps doit rentrer dans la cellule, l'ouverture est mesur&#233;e pour (un dernier coup d'&#339;il). L'autre point de vue reste celui du regardeur, vers l'&#339;il de celui qui observe et dirige, r&#233;partit et cadre. Photographe, psychiatre... L'espace est aussi une image du dispositif photographique, de la &lt;i&gt;camera obscura&lt;/i&gt; &#224; la chambre photographique, et enfin un &#233;cho lointain, une correspondance avec les studios de la pr&#233;fecture de police, ou le sol marquait &#224; l'adh&#233;sif toutes les indications de placements des &#171; bertillonn&#233;s &#187;, et les zones de profondeur de champ, de nettet&#233; donc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/maristan_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/maristan_4-de6a4.jpg?1509824584' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Quartier du Maristane Sidi Frej, F&#232;s, 75 x 100 cm
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De 1915 &#224; 1917, deux convalescences pass&#233;es au Maroc conduiront Cl&#233;rambault au Maristane de Sidi Frej, o&#249;, avec le soutien du Mar&#233;chal Lyautey, il construira les pr&#233;misses de la psychiatrie &#171; moderne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/pagetableau_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/pagetableau_1-f6be9.jpg?1509824584' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Page tableau, Paris / F&#232;s, 50 x 70 cm
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Trois textes en cartel accompagnant les photographies :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les d&#233;lires de la cataracte qui &#233;clatent chez les intoxiqu&#233;s peuvent avoir partiellement pour cause la terrible contention d'esprit que nous impose la solitude surtout quand nous ne sommes pas habitu&#233;s &#224; penser.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'obligation de se tenir soi-m&#234;me compagnie est une &#233;preuve &#224; laquelle nombre de cerveaux ne r&#233;sistent pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, labilit&#233; du pouls, comme marque d'&#233;motion latente.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois &#233;tudes d'un drap&#233;, entre nature morte et gisant (un corps pourrait appara&#238;tre sous le drap&#233;), rehauss&#233;es de trois extraits d'&#233;criture de Cl&#233;rambault. L'&#233;criture, qu'elle soit litt&#233;raire ou simplement diagnostique fut essentielle chez le m&#233;decin photographe. Les extraits choisis, tir&#233;s de &lt;i&gt;Souvenirs d'un m&#233;decin op&#233;r&#233; de la cataracte&lt;/i&gt;, mettent en exergue une forme de solitude et de retour sur soi, d'int&#233;riorit&#233;, d'isolement du monde aussi. R&#233;unis de prime abord par une sorte d'automatisme, &#233;criture et image permettent une association ouverte, cr&#233;ant une nouvelle image, une autre temporalit&#233; assez ind&#233;finissable, un principe de libre association, comme le serait un moment de s&#233;ance psychanalytique (!). Le mot, chez Cl&#233;rambault comme chez son &#233;l&#232;ve Lacan, annonce l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lettre comme l'&#233;toffe appellent l'arabesque, la courbe, le pli et le fil, un r&#233;cit qui se d&#233;ploie de fa&#231;on parcellaire et elliptique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5640 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/objet_outil_3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/objet_outil_3-2f4b0.jpg?1509824584' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Objet - outil, Paris / F&#232;s / Dunhuang, 40 x 30 cm
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une indexation imaginaire d'objets &#233;voquant la mesure, le classement, l'&#233;criture (le diagnostique), le pli, dans un &lt;i&gt;potentiel&lt;/i&gt; de fonctionnement et d'association, photographi&#233;s dans une pr&#233;cision et une nettet&#233; quasi &#171; hallucinatoire &#187;. Chaque prise de vue se veut comme la possible extraction d'un catalogue technique, objet sur fond noir, prise de vue frontale, une chromie l&#233;g&#232;rement bleue, froide, renvoyant &#224; cette rigoureuse distance de l'&#339;il analytique, l'hygi&#232;ne m&#233;dicale, une neutralit&#233; &#224; peine d&#233;plac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re pi&#232;ce est en attente de r&#233;alisation : trois cartons format 20 x 20 x 20 cm, en fa&#239;ence. Le mod&#232;le de carton est un mod&#232;le entre le carton d'archivage et de d&#233;m&#233;nagement, r&#233;gulier et cubique (longueur = largeur = hauteur). Le blanc de la c&#233;ramique signalera de nouveau la chromie des objets-outils, et dans un m&#234;me temps, la mati&#232;re des interstices du carton (veinure, trame, alv&#233;oles) sera pr&#233;cise dans ses plis, en contrepoint &#171; mati&#233;riste &#187; de l'aspect clinique de l'objet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Eric Aupol&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;multiplier&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur une proposition originale d'Antonio Guzman&lt;br class='autobr' /&gt;
Samedi 8 novembre 2014 &gt; Mardi 30 d&#233;cembre 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galerie Polaris&lt;br class='autobr' /&gt;
15, rue des Arquebusiers - 75003 Paris&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l. 33 (0)1 42 72 21 27&lt;br class='autobr' /&gt;
Fax 33 (0)9 59 47 28 47&lt;br class='autobr' /&gt;
contact@galeriepolaris.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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