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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Je ne veux plus vous voir</title>
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		<dc:date>2014-11-28T12:39:29Z</dc:date>
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		<dc:creator>Laura Lafon et Sylvain Duthu</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Intime</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On n'utilisait pas d'&#233;pluche-l&#233;gumes. On pr&#233;f&#233;rait peler les patates avec un couteau sur le journal de la veille. J'ai d&#233;couvert &#231;a en quittant la maison pour me mettre en co-location.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Intime" rel="tag"&gt;Intime&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton648-53416.jpg?1772247494' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On n'utilisait pas d'&#233;pluche-l&#233;gumes. On pr&#233;f&#233;rait peler les patates avec un couteau sur le journal de la veille. J'ai d&#233;couvert &#231;a en quittant la maison pour me mettre en co-location. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours apr&#232;s mon emm&#233;nagement, je suis partie une journ&#233;e &#224; la mer avec celle qui deviendrait rapidement mon amie. Dans la voiture, on est tomb&#233; sur France-Culture ; &#231;a parlait de Ren&#233; Char, je me souviens avoir imit&#233; le pr&#233;sentateur. Je n'avais &#233;videmment jamais entendu parler de lui et &#224; la maison c'&#233;tait une culture qui ne nous appartenait pas. On tombait dessus, on &#233;coutait deux-trois phrases, on rigolait avant de zapper. Fanny elle, laissait l'&#233;mission. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet est l'aboutissement en images d'un questionnement qui pr&#233;occupait d&#233;j&#224; l'enfant, qui forge s&#251;rement l'adulte. Le sentiment de trahir son milieu d'origine, et l'angoisse malgr&#233; tout d'une disparition in&#233;vitable. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe src=&#034;//player.vimeo.com/video/113073654?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il y a deux temps. Le temps permanent, et le temps ponctuel. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le temps de la famille, presque immuable. Un temps qui passe mais qui n'a pourtant presque pas boug&#233;. Le temps du repas de midi, du fromage, du verre de vin, de la vaisselle chaque fois sortie dans le m&#234;me sens, toujours la m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps des gestes r&#233;p&#233;t&#233;s, chaque fois semblables sans pour autant gagner en pr&#233;cision, car le temps passe, malgr&#233; tout, m&#234;me si rien ne bouge vraiment. Le temps des silences, le temps de l'ennui, fermer les volets chaque jour &#224; la m&#234;me heure, parler du changement d'heure justement, parler du temps qu'il fait, parler au poste de t&#233;l&#233;vision, parler souvent pour ne rien dire, puis ne plus rien dire du tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on les voit parler, on se demande ce qu'ils disaient &#224; vingt ans, est-ce qu'il y avait une flamme qui les poussait &#224; se dire des choses d&#233;fendues ? Est-ce qu'il y avait d'autres femmes, est-ce qu'il y avait d'autres hommes, des secrets partag&#233;s, des promesses tenues, des &#233;clats, des joies, ou n'y avait-t-il d&#233;j&#224; pas grand chose ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps qui fait dire que &#231;a passe, et &#231;a passe en effet. Les enfants deviennent les parents, nos parents, et l'on comprend que les choix sont &#233;troits. Que les vies sont les m&#234;mes, &#224; une &#233;poque pr&#232;s. On a peur. Pour nos parents. On a peur pour nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui nous a pr&#233;c&#233;d&#233;, se retrouve devant nous, il faudra une r&#233;volution pour le faire changer. Une r&#233;volution, un tour complet sur soi-m&#234;me : un d&#233;part, une coupure et un retour vers soi. Partir pour pouvoir revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors on revient. C'est le second temps, ponctuel. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands-parents sont l&#224; comme on reste sans rien dire dans une salle de cin&#233; quand le film est termin&#233;. Ils jouent une com&#233;die qui souvent leur &#233;chappe, le portable, Internet, c'est un monde de fous, nous &#224; l'&#233;poque&#8230; Et le monde ext&#233;rieur, ils ne l'expliquent plus vraiment, ou alors tr&#232;s mal, ou alors c'est la t&#233;l&#233; qui a dit &#231;a. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les parents, qui ressemblent de plus en plus &#224; leurs parents, qui le deviennent presque, semblent prendre conscience de la farce sociale qui immobilise les destins. Si les trajectoires sont diff&#233;rentes, et souvent ascendantes, nos parents semblent mesurer au pr&#233;sent l'&#233;cart qui se cr&#233;&#233; derri&#232;re eux, entre ce qu'ils sont et ce qu'ils auraient aim&#233; &#234;tre. Entre ce qu'ils font, et ce qu'ils auraient aim&#233; faire. Des regrets peut-&#234;tre. Des envies de fuite, des crises de la quarantaine &#224; 60. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des regrets s&#251;rement, et nous, les enfants, qui enfon&#231;ons le clou. Pas de jalousie. Nous, nous sommes devenus trop diff&#233;rents, et on ne sait toujours pas si c'est une injure ou un pardon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons eu la chance gr&#226;ce &#224; eux d'&#233;tudier, et nous nous en sommes servis pour ne pas leur ressembler. Nous les avons trahis. Le paradoxe veut qu'ils soient fiers de nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
On se regarde comme des &#233;trangers devenus. Nous, on h&#233;site &#224; faire de leurs mani&#232;res quelque chose de noble, quelque chose de tr&#232;s beau, l&#224; o&#249; eux jugent s&#251;rement qu'on les juge de haut. Ni l'un ni l'autre, nous sommes coinc&#233;s exactement l&#224;, entre ceux qui nous ont construits et ce que nous devenons. Entre ce que nous f&#251;mes et ce que nous serons. La honte, la d&#233;nonciation, la piti&#233;, l'admiration. Il faudra apprendre &#224; ne pas tomber dans le pi&#232;ge si l'on veut observer. Maintenant ils acceptent qu'on les photographie. Ils acceptent m&#234;me qu'on en fasse quelque chose d'artistique, ou quelque chose comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs yeux, la distance est immense. Au milieu de tout &#231;a il y a nous. Sommes-nous des miracul&#233;s ? Sommes-nous les tra&#238;tres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toulouse, avril 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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