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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Identit&#233; et voisinage</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alisson Cheng</dc:creator>


		<dc:subject>Chine</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;De tout temps, le th&#232;me du voyage a inspir&#233; l'imaginaire des artistes et a contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation d'&#339;uvres majeures&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Chine" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Longwy" rel="tag"&gt;Longwy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH78/arton642-47aa4.jpg?1772257464' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De tout temps, le th&#232;me du voyage a inspir&#233; l'imaginaire des artistes et a contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation d'&#339;uvres majeures&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De tout temps, le th&#232;me du voyage a inspir&#233; l'imaginaire des artistes et a contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation d'&#339;uvres majeures, entre autres, litt&#233;raires, comme &lt;i&gt;L'Odyss&#233;e&lt;/i&gt; d'Hom&#232;re, po&#232;me fondateur de la civilisation europ&#233;enne, ou encore le &lt;i&gt;Don Quichotte&lt;/i&gt; de Cervant&#232;s, consid&#233;r&#233; congrument comme le dernier roman de chevalerie et le premier roman moderne, ou enfin &lt;i&gt;Sur la Route&lt;/i&gt; de Jack Kerouac, roman fondamental de la Beat Generation, mouvement litt&#233;raire et artistique n&#233; dans les ann&#233;es 1950 aux &#201;tats-Unis. Son importance est telle que le r&#233;cit de voyage s'impose comme un genre &#224; part enti&#232;re, litt&#233;raire mais aussi cin&#233;matographique, dans lequel la part d'al&#233;atoire comprise dans l'entreprise du voyage se r&#233;percute sur le voyageur lui-m&#234;me puisque ce dernier y fait la d&#233;couverte d'une alt&#233;rit&#233; qui lui renvoie, &#224; la mani&#232;re d'un miroir, une image alt&#233;r&#233;e ou renouvel&#233;e de son &#234;tre dont il laissera une trace, un t&#233;moignage. Dans une soci&#233;t&#233; contemporaine o&#249; les avanc&#233;es techniques et technologiques ont radicalement conditionn&#233; la red&#233;finition des espaces, celle-ci proc&#233;dant d'une r&#233;duction consid&#233;rable des distances et de la dur&#233;e des d&#233;placements, cette d&#233;couverte se voit affect&#233;e de mani&#232;re significative. D'ailleurs, le resserrement de l'espace international ne se cantonne gu&#232;re qu'&#224; la th&#233;matique du voyage et concerne conjointement le domaine politique, &#233;conomique et social car comme l'exprime Claude Hag&#232;ge (1985), &#171; l'extension illimit&#233;e des contacts sociaux [est un] processus o&#249; se lit une relative ma&#238;trise du temps par la r&#233;duction de l'espace [&#8230;] &#187;. Ces r&#233;percussions conduisent donc in&#233;vitablement &#224; l'&#233;tablissement d'un vivre ensemble et d'une conception in&#233;dite du rapport &#224; soi, &#224; l'Autre, au monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_ecran_2014-07-18_a_20.07.45.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/capture_d_ecran_2014-07-18_a_20.07.45-76d33.jpg?1509815874' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les voyages peuvent devenir le moyen d'&#339;uvrer pour le partage des cultures et le d&#233;veloppement des arts et des sciences, mais ils peuvent aussi &#234;tre celui de conqu&#234;tes dans le sillage desquelles de nouvelles langues et de nouvelles coutumes s'imposent, ou dans lesquelles des transferts de savoir-faire, de capitaux et d'hommes s'op&#232;rent. Si le r&#233;el est touch&#233; par ce ph&#233;nom&#232;ne, il en va de m&#234;me pour la repr&#233;sentation de ses images. D&#232;s lors, il semble que le r&#233;cit du voyage et le mode sur lequel il est narr&#233; sont aussi r&#233;v&#233;lateurs que le voyage lui-m&#234;me. En s'interrogeant sur les motivations de l'&#233;crivain dont Jean-Paul Sartre (1948) nous rappelle que &#171; pour celui-ci, l'art est une fuite ; pour celui-l&#224;, un moyen de conqu&#233;rir &#187; et qu'il &#171; peut fuir dans un ermitage, dans la folie, dans la mort ; [&#8230;] conqu&#233;rir par les armes. Pourquoi justement &#233;crire, faire par &#233;crit ses &#233;vasions et ses conqu&#234;tes ? &#187;, l'on peut se pencher sur les raisons qui ont pouss&#233; un auteur &#224; laisser une trace de ces &#233;changes et de ces interf&#233;rences dans le cadre du voyage et, plus largement encore, dans celui du voisinage. L'expression de la repr&#233;sentation des rapports de force engendr&#233;s par le voisinage se retrouve significativement et d'une mani&#232;re compl&#233;mentaire dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, un roman de Fran&#231;ois Bon publi&#233; en 2004, et dans le film de Gianni Amelio, &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;La stella che non c'&#232;&lt;/i&gt;) sorti en 2006. Les deux r&#233;cits retracent d'une part, et chacun &#224; sa mani&#232;re, le parcours de victimes collat&#233;rales d'une industrie europ&#233;enne en souffrance, mise en difficult&#233; par une Asie en pleine croissance, et interrogent d'autre part les rapports de voisinage au sein d'une soci&#233;t&#233; contemporaine n&#233;olib&#233;rale. Ces &#339;uvres montrent le drame qui se joue lorsque ces acteurs n'envisagent les relations de voisinage qu'&#224; l'aune de l'int&#233;r&#234;t que peuvent leur rapporter leurs h&#244;tes : &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, en exposant les causes d'un d&#233;sastre industriel &#224; travers le t&#233;moignage des ouvri&#232;res licenci&#233;es et &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt; en suivant un ing&#233;nieur italien d&#233;s&#339;uvr&#233; qui, bien que r&#233;cemment renvoy&#233;, prend le parti de se rendre en Chine afin d'y r&#233;parer un haut-fourneau d&#233;fectueux dont il avait la charge dans son usine. L'on constate d&#232;s lors que les changements sont de plusieurs ordres puisqu'ils conduisent &#224; une perte du lieu qui atteint l'individu dans son identit&#233; et conduit &#224; un &#233;miettement de la m&#233;moire auquel ces auteurs tentent de rem&#233;dier par le biais d'une valorisation de la voix de ceux et de celles que le voyageur rencontre et dont il se fait parfois le relais, lui-m&#234;me devenant &#224; son tour le t&#233;moin d'une soci&#233;t&#233; qui tend &#224; se d&#233;shumaniser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5518 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_ecran_2014-07-29_a_15.24.19.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/capture_d_ecran_2014-07-29_a_15.24.19-28fa3.jpg?1509815874' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La trace g&#233;ographique et m&#233;morielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre un roman &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; est une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &#233;crite par Fran&#231;ois Bon en 2004. La m&#234;me ann&#233;e l'auteur publie un roman &#233;ponyme qui n'est toutefois pas une transcription litt&#233;rale de celle-ci. Dans ces deux textes, F. Bon revient sur la profonde crise qui a frapp&#233; la Lorraine dans les ann&#233;es 1980 et 1990, &#224; laquelle les pouvoirs publics pensent pouvoir rem&#233;dier en soutenant l'implantation de trois usines de t&#233;l&#233;viseurs et de fours &#224; micro-ondes de l'entreprise sud-cor&#233;enne Daewoo, entre 1992 et 1998, dans les villes de Fameck, Villiers la Montagne, Mont Saint Martin. Cependant, ce projet de r&#233;industrialisation est de courte dur&#233;e puisque 10 ans apr&#232;s l'ouverture du site de Fameck, les usines ferment une &#224; une en l'espace de quelques mois pour &#234;tre relocalis&#233;es en Pologne et en Chine. Ces fermetures successives ne laissent qu'une trace &#233;ph&#233;m&#232;re dans les m&#233;dias qui se chargent de relayer l'information de mani&#232;re s&#233;lective en se concentrant moins sur le discours des salari&#233;s que sur les &#233;clats de violence qui &#233;maillent le conflit, &#224; l'image des pratiques de blocage ou d'occupation des locaux, ou encore de la s&#233;questration du directeur d'usine, autant d'actions radicales qui t&#233;moignent de la d&#233;tresse des ouvriers &#224; qui l'on refuse un plan social d&#233;cent. L'incendie criminel de Mont Saint Martin marque, quant &#224; lui, le retrait d&#233;finitif de la soci&#233;t&#233; qui laisse les 1200 victimes de cette restructuration industrielle dans un profond d&#233;sarroi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5519 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_ecran_2014-07-29_a_15.30.27_copie_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/capture_d_ecran_2014-07-29_a_15.30.27_copie_copie-844be.jpg?1509815874' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de Daewoo est loin d'&#234;tre un cas isol&#233;, la r&#233;p&#233;tition d'annonces de plans sociaux et de fermetures d'usines contribuant &#224; intensifier non seulement la force des conflits mais aussi leur br&#232;ve surm&#233;diatisation. Un relai s'op&#232;re alors par la reprise de ces sujets dans d'autres media, entre autres, litt&#233;raire, mais aussi cin&#233;matographique comme dans &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt;. D'ailleurs, la citation suivante qui est tir&#233;e du &lt;i&gt;Pantagruel&lt;/i&gt; de Rabelais et sur laquelle s'ouvre &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, &#171; Et l&#224; commen&#231;ay &#224; penser qu'il est bien vray ce que l'on dit, que la moiti&#233; du monde ne s&#231;ay comment l'aultre vit &#187;, trouve un &#233;cho particulier dans le film d'Amelio. Celui-ci s'ouvre sur une mise en sc&#232;ne de la col&#232;re d'ouvriers italiens qui accueillent un ensemble de dirigeants chinois venus finaliser la vente du haut-fourneau de leur usine. Les malentendus s'encha&#238;nent entre les responsables chinois et le technicien italien, Vincenzo Buonavolont&#224;, malgr&#233; la pr&#233;sence de Liu Hua, une interpr&#232;te chinoise d&#233;p&#234;ch&#233;e sur place, qui peine &#224; &#233;tablir un dialogue entre les diff&#233;rents interlocuteurs. Malgr&#233; cet &#233;chec, Buonavolont&#224; s'envole pour la Chine avec, pour tout bagage, la pi&#232;ce de rechange du haut-fourneau et un dictionnaire, sans savoir qu'il part &#224; la d&#233;couverte d'un pays en pleine mutation, de ses habitants, ses traditions, ses forces et ses contradictions. Dans le film, tout comme dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, l'un des premiers champs &#224; &#234;tre contamin&#233; par le bouleversement &#233;conomique est le lieu g&#233;ographique puisque le voisinage red&#233;finit les fronti&#232;res, redistribue les espaces et redessine la carte des &#233;changes entre les hommes. Dans un entretien datant de 2012, Fran&#231;ois Bon fait part du lien esth&#233;tique qui le lie au paysage industriel. Il revient sur le paysage &#171; immens&#233;ment beau dans son pragmatisme d'architectures superpos&#233;es [...] &#187; qu'offrent les aci&#233;ries de Longwy et qui r&#233;appara&#238;t dans son roman &#224; travers une fascination des lieux et de la g&#233;om&#233;trie des espaces - o&#249; le plus souvent r&#232;gnent l'absence d'activit&#233;, de corps, de vie. Dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, l'auteur reprend cette probl&#233;matique de la perte du lieu avec la volont&#233; de d&#233;crire ce qui est g&#233;n&#233;ralement ignor&#233; ou qui est, comme le souligne Georges P&#233;rec (1975) dont il s'est beaucoup inspir&#233;, d&#233;laiss&#233; par le regard contrairement &#224; ce qui est habituellement &#171; d&#233;crit, inventori&#233;, photographi&#233;, racont&#233; ou recens&#233; &#187; pour saisir &#171; ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5520 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_ecran_2014-08-14_a_15.16.56_copie_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/capture_d_ecran_2014-08-14_a_15.16.56_copie_copie-8a281.jpg?1509815875' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la disparition de l'usine est r&#233;sum&#233;e par le simple d&#233;mant&#232;lement de l'enseigne de la marque cor&#233;enne : &#171; Quand j'&#233;tais arriv&#233;, c'est un O majuscule qui se promenait dans le ciel, soulev&#233; par le bras jaune de la grue au-dessus du rectangle bleu de l'usine : et DAEWO puis DAEW puis AEW puis EW, enfin ce seul W au lieu de DAEWOO, &#233;crit en g&#233;ant sur l'usine &#187;. Cette image forte de l'effacement du lieu, d'une activit&#233; mais aussi d'une identit&#233;, est aussi pr&#233;sente dans le film d'Amelio &#224; travers une photo parachevant la signature du contrat de vente du haut-fourneau par l'&#233;quipe chinoise qui pose triomphalement devant celui-ci. De la disparition d'un nom &#224; celle d'un instrument de travail, la suppression du lieu est act&#233;e par la pr&#233;sence de traces - l'image &#233;vanescente de lettres dans le ciel ou la gravure dans le papier - qui annoncent la fin d'un monde et le d&#233;but d'un autre. La douleur li&#233;e &#224; cette perte est d'autant plus forte que celui-ci repr&#233;sente un v&#233;ritable espace de vie pour ses occupants : les usines chinoises de &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt; repr&#233;sentent plus qu'un espace de travail, les enfants y c&#244;toyant des ouvriers qui partagent leur quotidien autour d'un repas au plus pr&#232;s des machines. Sur ce sujet, Bon semble plus partag&#233; puisque &lt;i&gt;Sortie d'Usine&lt;/i&gt;, sorti en 1982, faisait de ce lieu de travail celui d'une parole anesth&#233;sie. Toutefois, dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, il est au contraire celui o&#249; s'exerce la parole, entre autres celle de Sylvia F. &#8211; figure centrale du r&#233;cit puisqu'elle conduit le mouvement des ouvri&#232;res de l'usine avant de se suicider &#8211; qui selon l'une de ses coll&#232;gues &#171; [&#8230;] &#233;tait celle qui nous inventait les fables &#187;. De fait, l'usine figure le lieu de l'expression d'une subjectivit&#233; auquel le groupe cor&#233;en va mettre un terme. S'enclenche alors un rapport de force entre voisins qui prend la forme d'un &#171; litige politique &#187; dans le sens que lui donne Jacques Ranci&#232;re (1995), c'est-&#224;-dire lorsque celui-ci &#171; n'est pas une discussion entre partenaires mais une interlocution qui met en jeu la situation m&#234;me d'interlocution &#187;. Ce qui est aussi d&#233;nonc&#233;, c'est le caract&#232;re d'interchangeabilit&#233;, des lieux tout d'abord puisque tout est &#171; d&#233;mont&#233;, tout [est] emball&#233;, vendu aux ench&#232;res et transport&#233; en Turquie &#187;, comme le haut-fourneau italien d&#233;mont&#233; et transf&#233;r&#233; en Chine ; puis des &#234;tres comme le souligne l'une des ouvri&#232;res de Daewoo qui pense &#224; cette &#171; autre &#187; qui va la remplacer, devant ce m&#234;me miroir qui refl&#233;tait ses gestes quotidiens : &#171; Il me semble que je la vois, la fille, l&#224;-bas dans son usine, et que face &#224; elle reste ce reflet de moi dans l'acier poli. Moi dans l'acier regardant en ce moment la fille, effectuant mes propres gestes &#187;. Ces espaces vides, douloureux stigmates occasionn&#233;s par le voisinage, vont former un parcours pour les narrateurs de Bon et d'Amelio, observateurs et t&#233;moins de leur temps, qui vont tenter de lui redonner sens par le biais d'une enqu&#234;te physique mais aussi intellectuelle, les traces g&#233;ographiques ou topographiques &#233;tant reli&#233;es &#224; celles de la m&#233;moire. Le traitement de la trace m&#233;morielle dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; prend la forme d'une enqu&#234;te, et celle d'un voyage r&#233;dempteur pour Buonavolont&#224; qui ne m&#233;nagera pas ses efforts pour laisser une trace derri&#232;re lui, celle de la bonne action. L'engagement de ces voyageurs (le narrateur de Bon se compare lui-m&#234;me ironiquement &#224; un Nicolas Bouvier d&#233;ambulant dans les rues de Samarkand ou de Kyoto tandis que les employ&#233;s doivent affronter le ch&#244;mage) est donc essentiel dans le processus de restitution de la trace dans le rapport entre pass&#233; et pr&#233;sent. Dans &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt;, le regard d&#233;senchant&#233; de la jeune interpr&#232;te chinoise qui accompagne Buonavolont&#224; dans son p&#233;riple traduit les contradictions d'une Chine prise entre modernit&#233; et tradition : en prenant pour exemple les d&#233;placements de population forc&#233;s et la mort de villages qu'entra&#238;ne la construction de barrages, cette derni&#232;re d&#233;nonce les d&#233;g&#226;ts sociaux qui accompagnent in&#233;luctablement les avanc&#233;es d'un progr&#232;s aveugle et impitoyable. Dans ce contexte, la perte et l'oubli sont donc des th&#232;mes centraux : l'une des principales fonctions de la m&#233;moire dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; consiste justement &#224; lutter contre l'oubli, et l'id&#233;e du devoir de m&#233;moire semble renvoyer quant &#224; elle &#224; celle du &#171; devoir de ne pas oublier &#187; (Ric&#339;ur, 2001) puisque l'auteur dirige son roman vers la restitution de la parole oubli&#233;e des employ&#233;s licenci&#233;s. Les t&#233;moins des drames qui se jouent ou qui se sont jou&#233;s se placent dans une position de spectateurs &#171; engag&#233;s &#187;, donnant &#224; leur repr&#233;sentation de la trace une importance aussi grande qu'&#224; la trace elle-m&#234;me. Tandis que Buonavonlont&#224; rencontre en Italie et &#224; l'autre bout du monde les m&#234;mes victimes de cette avanc&#233;e &#233;conomique, le narrateur de &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; cherche &#224; identifier les diff&#233;rents acteurs du drame afin de rendre justice aux victimes. Ainsi, ces deux r&#233;cits ont en commun de replacer l'homme au c&#339;ur de leur discours. Dans le cas pr&#233;sent, &#171; le recours au t&#233;moignage est pleinement justifi&#233;, dans la mesure o&#249; l'objet de l'histoire, ce n'est pas le pass&#233;, ce n'est pas le temps, mais ce sont &#171; les hommes dans le temps &#187;. Ces lieux deviennent alors ceux o&#249; un dialogue semble pouvoir s'instaurer ou, plut&#244;t, ne semble pouvoir y parvenir puisque les victimes sont priv&#233;es d'une parole, d'un travail et d'une histoire que seul le souvenir perp&#233;tue. Il s'agit donc de voir comment ces &#339;uvres redonnent la parole &#224; des individus marginalis&#233;s au c&#339;ur du voisinage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5521 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_ecran_2014-08-14_a_15.17.44_copie_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/capture_d_ecran_2014-08-14_a_15.17.44_copie_copie-66cf6.jpg?1509815875' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les enjeux de la langue : de la lutte au dialogue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le projet de F. Bon, dont le &#171; travail, c'est de rendre compte par l'&#233;criture de rapports et d'&#233;v&#233;nements qui concernent les hommes entre eux &#187;, vise &#224; nous faire repenser les rapports entre politique et &#233;criture dans le contexte du voisinage. L'un des probl&#232;mes majeurs engendr&#233; par ce ph&#233;nom&#232;ne est une d&#233;t&#233;rioration des rapports entre les individus caract&#233;ris&#233;e par l'absence de dialogue et accentu&#233;e par la pr&#233;sence d'imp&#233;ratifs &#233;conomiques qui imposent aux salari&#233;s une culture d'entreprise diff&#233;rente, voire une nouvelle langue. Chez G. Amelio comme chez F. Bon, la figure patronale n'a pour seule identit&#233; qu'une nationalit&#233;, dans certains cas, qu'un nom ; comme l'indiquent les ouvri&#232;res de Daewoo, celle-ci n'a pas de visage &#224; leur offrir : &#171; il le savait bien que le grand patron, celui de la holding, ou le responsable Europe, &#231;a ne les emp&#234;chait sans doute pas de dormir, qu'on s&#233;questre notre chef dans leur bureau. On enferme un visage, mais le groupe qui nous met dehors n'a pas de visage. Pas de visage qu'on ait jamais pu conna&#238;tre &#187;. Ainsi, toute lutte contre les instances dirigeantes semble vaine, perdue d'avance puisque l'adversaire est invisible. Pour donner une apparence &#224; ce &#171; groupe sans visage &#187;, la soci&#233;t&#233; cor&#233;enne substitue sa pr&#233;sence physique par la devise &#171; D&#233;fi, sacrifice, cr&#233;ativit&#233; &#187; qui est placard&#233;e &#224; l'entr&#233;e de l'usine et qui tend &#224; montrer une interchangeabilit&#233; des m&#233;thodes de travail et des mod&#232;les culturels. En outre, ces tensions sont aussi visibles dans la langue, au sens que Claude Hag&#232;ge lui donne, en tant qu'elle est un &#171; bien politique &#187;, et son exercice une &#171; supr&#233;matie &#187; qui investit &#171; d'autorit&#233; &#187; celui qui la poss&#232;de. Dans Daewoo, un jeu d'ordre linguistique s'instaure et accentue l'absence de dialogue entre voisins. Celui-ci est tout d'abord perceptible dans la confrontation des idiomes nationaux (la langue des employ&#233;s fran&#231;ais r&#233;pond &#224; celle des dirigeants cor&#233;ens) que la pr&#233;sence d'interpr&#232;tes sur le terrain ne semble pouvoir r&#233;gler. La barri&#232;re linguistique qui s'&#233;rige entre les diff&#233;rents orateurs &#8211; il semble peu loisible d'utiliser le terme d'interlocuteurs le cas &#233;ch&#233;ant puisqu'il n'y a pas de dialogue &#8211; est renforc&#233;e par l'apparition d'une autre divergence majeure : la langue modeste des salari&#233;s s'oppose au &#171; verbiage des biens-intentionn&#233;s de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale &#187; des instances invisibles, de ceux qui &#171; commandent ou y pr&#233;tendent &#187;. Ainsi, ces partisans recourent &#224; la &#171; langue de bois &#187;, qualifi&#233;e aussi de &#171; novlangue &#187; par les ouvri&#232;res de Daewoo et que Claude Hag&#232;ge d&#233;finit comme &#171; un style par lequel on s'assure le contr&#244;le de tout, en masquant le r&#233;el sous les mots &#187;. Cet usage autonymique de la langue qui permet &#171; d'esquiver par le discours l'affrontement du r&#233;el &#187; met en &#233;vidence la congruence d'une absence de r&#233;f&#233;rent physique et linguistique exprimant une d&#233;shumanisation des relations de voisinage. Ce conflit dirig&#233; par une classe qui d&#233;tient &#171; le monopole de l'expression l&#233;gitime &#187; (Eng&#233;libert, 2007) met en lumi&#232;re l'oppression d'individus dont la voix est exempte de l&#233;gitimit&#233; et que l'auteur tente de r&#233;habiliter. Pour ce faire, ce dernier compense le silence des victimes et l'absence de dialogue pendant le temps de crise par la construction m&#233;ticuleuse d'un enchev&#234;trement de voix qui conduit &#224; une v&#233;ritable polyphonie : sont m&#234;l&#233;s entre eux le t&#233;moignage du narrateur &#224; travers le r&#233;cit de l'enqu&#234;te qu'il m&#232;ne, celui des ouvri&#232;res (dans des passages qualifi&#233;s en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale d'&#171; entretiens &#187;), des extraits de sa pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, de journaux et des r&#233;flexions sur le r&#244;le de la litt&#233;rature. En redonnant la parole aux salari&#233;s, l'auteur remplit son r&#233;cit de ces multiples voix, les &#171; entretiens &#187; que le narrateur a avec les diff&#233;rents acteurs de la crise ayant pour effet de faire surgir &#224; travers un seul individu &#171; tous les personnages &#224; la fois, chacun avec sa voix &#187;. M&#234;me si la lutte des int&#233;r&#234;ts au c&#339;ur du voisinage s'effectue par la supr&#233;matie de la langue qui est un &#171; pouvoir clandestin &#187; redout&#233;, il n'en reste pas moins qu'il permet de &#171; d&#233;faire les identit&#233;s auxquelles chacun est assign&#233; &#187; et de favoriser l'&#233;mergence d'un dialogue, d'une passerelle permettant &#224; une individualit&#233; de s'affirmer par la recr&#233;ation d'un espace commun rappelant &#224; l'Autre l'existence d'un monde o&#249; la cohabitation est possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image15_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/image15_1-f6bea.jpg?1509815875' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt;, c'est bien la langue qui fait le lien entre les &#234;tres. Tandis que dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; la pr&#233;sence d'interm&#233;diaires ne semble pouvoir conduire &#224; l'&#233;tablissement d'un dialogue entre voisins, dans le film d'Amelio au contraire celle-ci constitue l'une des solutions majeures &#224; cet &#233;cueil. Comme le souligne Fran&#231;ois Cheng dans son essai &lt;i&gt;Le Dialogue&lt;/i&gt; (2002), le lien entre les individus est avant tout linguistique puisque m&#234;me si &#171; [&#8230;] force nous est de constater, avec stup&#233;faction, qu'il n'y a pas de syst&#232;me constitu&#233; plus &#233;tanche, dressant des barri&#232;res aussi s&#233;v&#232;rement gard&#233;es, difficilement franchissables aux yeux de quelqu'un qui n'a pas la chance de &#171; na&#238;tre dedans &#187;. [&#8230;] C'est bien au moyen de notre langue, &#224; travers notre langue, que nous nous d&#233;couvrons, que nous nous r&#233;v&#233;lons, que nous parvenons &#224; nous relier aux autres [&#8230;] &#187;. Ce film met en exergue le myst&#232;re d'individus que le dialogue permet de rapprocher, lorsque le voisinage les isole davantage dans leur solitude, les exclut un peu plus dans leur marginalit&#233;. L'une des figures en marge de cette soci&#233;t&#233; est Liu, la jeune traductrice qui guide les pas de Buonavolont&#224; et qui a &#233;t&#233; licenci&#233;e par sa faute. En outre, l'interpr&#232;te, qui dit &#234;tre &#171; venue au monde de travers &#187;, est aussi la m&#232;re d'un enfant qu'elle a eu hors mariage et dont elle a laiss&#233; la garde &#224; sa grand-m&#232;re. Liu, marginale &#233;conomique et sociale, permet de rompre son isolement gr&#226;ce au dialogue qui r&#233;tablit le contact entre des &#234;tres qu'&lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; tout oppose, dans un contexte singulier, celui du voyage, moteur qui enclenche ce mouvement vers l'Autre. Ce lien est d'ailleurs sugg&#233;r&#233; d&#232;s la premi&#232;re rencontre de la traductrice et du technicien dans l'usine o&#249; s'effectue la vente du haut-fourneau. Pendant cette sc&#232;ne, Buonavolont&#224; tente d'avertir les nouveaux propri&#233;taires de la dangerosit&#233; potentielle de la machine qu'il propose de r&#233;parer. Ne parlant pas leur langue et doutant des comp&#233;tences de l'interpr&#232;te, le technicien s'empare de son dictionnaire pour traduire lui-m&#234;me ses instructions. Au terme de l'&#233;change, ce dictionnaire qui transite de main en main entre les deux protagonistes appara&#238;t comme un outil de travail cristallisant bien plus des malentendus culturels que linguistiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5523 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image4_1ok.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/image4_1ok-dc5c2.jpg?1509815875' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, c'est ce m&#234;me dictionnaire, abandonn&#233; par l'interpr&#232;te et r&#233;cup&#233;r&#233; par le technicien, qui perp&#233;tue ce lien linguistique. En effet, fra&#238;chement d&#233;barqu&#233; en Chine, l'Italien retrouve fortuitement la jeune traductrice dans les all&#233;es d'une biblioth&#232;que ; le choix de ce lieu, qui marque le d&#233;but d'une qu&#234;te commune vers la connaissance de l'Autre, est loin d'&#234;tre anodin puisqu'il est celui du savoir et de l'ouverture sur le monde. La langue est une composante essentielle dans le cadre du politique, tel que Claude Hag&#232;ge le d&#233;crit, dans ce sens que les mots et les phrases sont selon lui &#171; les instruments naturels de [l]a socialisation [de l'homme] et peut-&#234;tre, les obstacles &#224; sa solitude &#187;. Ainsi, dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; l'&#233;tanch&#233;it&#233; linguistique marque une vision individualiste du politique, excluant toute possibilit&#233; de dialogue m&#234;me par le biais d'un interm&#233;diaire qui ne permet &#224; aucun moment l'instauration d'une &#233;bauche de dialogue entre les diff&#233;rents acteurs du conflit ; au contraire, dans &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt;, les nombreux malentendus linguistiques composent partiellement ou int&#233;gralement des &#233;changes qui se r&#233;v&#232;lent toujours possibles. Comme l'indique Buonavonlont&#224; &#224; l'un des responsables chinois, tout est affaire de volont&#233; et c'est aussi cette qualit&#233; qui lui permettra malgr&#233; l'absence de son interpr&#232;te, de remettre la pi&#232;ce de rechange aux ouvriers de l'usine qu'il cherche. En r&#233;alit&#233;, la r&#233;ussite de ce projet est visible dans celle du rapprochement entre les &#234;tres puisque l'aide de Buonavolont&#224; en tant que technicien se r&#233;v&#232;le inutile : entretemps, les &#233;quipes chinoises ont proc&#233;d&#233; aux r&#233;parations n&#233;cessaires sur le haut-fourneau. L'ouverture &#224; l'Autre et la bonne volont&#233; du voyageur - l'onomastique est particuli&#232;rement &#233;loquente - est au c&#339;ur m&#234;me du dialogue. Si l'homme est avant tout &#171; homo loquens &#187; et qu'il se retrouve dans l'&#171; aptitude obstin&#233;e au dialogue avec son semblable, [et la] vocation &#224; pratiquer l'&#233;change &#187;, cet &#233;change appara&#238;t d'autant plus riche qu'il conduit, en retour, &#224; la connaissance de soi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image_14_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/image_14_1-a3d90.jpg?1509815875' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recentrement sur l'individu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les histoires de G. Amelio, de F. Bon, et d'autres auteurs encore, mettent en sc&#232;ne des personnages populaires qui sont le symbole de la fin d'un monde. Celles-ci font non seulement surgir la v&#233;rit&#233; des &#171; petites vies, des petites peines &#187;, &#224; laquelle s'oppose celle des grandes puissances qui n'ont pas de visage, mais elles redonnent aussi une expression &#224; ceux et celles que l'on prive de parole, ces &#171; sans-voix &#187; qui ne semblent pouvoir se faire entendre que par le biais de violents coups d'&#233;clat. Ces personnages qui repr&#233;sentent l'ordinaire, l'anonymat, la marginalit&#233; se racontent sur le mode du singulier et de la diffraction : ce sont des instants de vie fragment&#233;s qui sont mis au premier plan et auxquels il faut donner ou redonner sens car, malgr&#233; le bouleversement engendr&#233; par les effets du voisinages, la vie suit son cours dans une soci&#233;t&#233; o&#249; chacun tente de trouver sa place. Chez Amelio, le voyage et l'errance, qui font saillir la multiplicit&#233; des instants de vie, poussent &#224; une immersion du voyageur dans un collectif sans nom duquel surgit le partage. La d&#233;couverte de cet Autre avec qui un dialogue est possible est ce qui fait d&#233;faut dans le roman de F. Bon. En fait, cette imperm&#233;abilit&#233; des &#233;changes, soutenue par une voix inaudible (la novlangue) y annihile toute forme de r&#233;sistance de la part des individus. Elle r&#233;pond &#224; une forme d'engagement complexe dans &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt;, comme en t&#233;moigne la sc&#232;ne dans laquelle le protagoniste se trouve frein&#233; dans son avanc&#233;e par un policier chinois ferm&#233; &#224; toute discussion mais qui lui viendra pourtant en aide. Ce comportement versatile qui intrigue le voyageur trouve toutefois un &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse dans la bouche de l'interpr&#232;te : &#171; Le Chinois te fait un croche-pied, puis t'aide &#224; te relever &#187;. La r&#233;habilitation de la parole marginale conduit non seulement &#224; combler le vide laiss&#233; par la r&#233;duction des espaces, &#224; d&#233;noncer les ravages d'une soci&#233;t&#233; guid&#233;e par les int&#233;r&#234;ts financiers, mais aussi &#224; honorer la m&#233;moire des morts et des laiss&#233;s-pour-compte. Le narrateur du roman de F. Bon et Vincenzo Buonavolont&#224; sont donc investis d'une fonction sociale car chacun, &#224; sa mani&#232;re, refuse ce statut de spectateur passif ; d'autre part, m&#234;me si les deux auteurs ne pr&#233;sentent pas des &#339;uvres militantes, les entreprises de leurs personnages ne sont pas moins le r&#233;sultat d'un engagement. Le voyage entrepris par le technicien r&#233;v&#232;le un th&#232;me r&#233;current dans les films de Gianni Amelio, celui du voyage r&#233;dempteur : au terme de son aventure le personnage principal s'aper&#231;oit que l'essentiel de son p&#233;riple prend davantage sens dans le voyage lui-m&#234;me et ses multiples d&#233;couvertes que dans le but qu'il s'en &#233;tait donn&#233;. Dans la trame romanesque de Fran&#231;ois Bon, le mode de repr&#233;sentation est emprunt d'un caract&#232;re visuel auquel contribue l'ajout d'&#233;l&#233;ments journalistes et th&#233;&#226;traux qui donne une dimension particuli&#232;re aux personnages. Le drame tend &#224; prendre la forme d'un spectacle auquel les acteurs assistent impuissants pour devenir, en somme, les spectateurs de leur propre drame. Toutefois, en le mettant en sc&#232;ne dans une pi&#232;ce &#233;ponyme et en en r&#233;introduisant des extraits dans son roman, l'auteur redonne leur voix &#224; ces m&#234;mes victimes. La premi&#232;re phrase du roman : &#171; Refuser. Faire face &#224; l'effacement m&#234;me. &#187; t&#233;moigne de cette lutte contre l'interchangeabilit&#233; des lieux et des &#234;tres, et contre l'effacement auquel conduit la r&#233;alit&#233; implacable du ch&#244;mage favoris&#233;e par l'essor d'une nouvelle carte du monde ; mais elle d&#233;nonce aussi la normalisation d'&#233;v&#233;nements laissant croire &#171; que tout ici, en apparence, continuait comme avant &#187;, la r&#233;signation, et la douleur inh&#233;rente &#224; ces drames. Apr&#232;s &lt;i&gt;Sortie d'usine&lt;/i&gt; qui d&#233;non&#231;ait aussi le destin tragique de ces victimes, &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; prend la forme d'une enqu&#234;te o&#249; l'enchev&#234;trement de voix et de pi&#232;ces journalistiques semble s'int&#233;grer dans le cadre d'un renouvellement de la forme qui vise &#224; se d&#233;tacher de la lin&#233;arit&#233; d'un r&#233;cit pr&#244;nant la repr&#233;sentation du r&#233;el. En fait, celle-ci ne se fait pas &#224; la mani&#232;re des &#171; grands r&#233;cits &#187; dont parle Jean-Fran&#231;ois Lyotard, c'est-&#224;-dire de ceux qui retracent le destin de personnages forts et la r&#233;volte d'un peuple, puisqu'elle suit et recompose le parcours de figures isol&#233;es, de &#171; figures minuscules, [de] figures marginales &#187; (&lt;i&gt;Adler&lt;/i&gt;, 2012). Le romancier interroge, &#224; travers la parole transpos&#233;e des ouvri&#232;res licenci&#233;es, la place de l'homme dans la soci&#233;t&#233; et l'absence de relations humaines dans un monde o&#249; les fronti&#232;res se r&#233;sorbent. De ce point de vue, gr&#226;ce &#224; une fouille m&#233;ticuleuse, voire arch&#233;ologique, des vestiges du conflit, le roman rend visible les rapports de force desquels surgit la voix de ceux que l'on refusait d'entendre lors de la crise. La structure de l'enqu&#234;te permet ainsi d'une part de redonner vie &#224; un r&#233;cit qui ne peut atteindre directement le r&#233;el de l'&#233;v&#233;nement pass&#233;, et aussi de s'approcher de l'invisible, de ce que la crise n'a pu r&#233;v&#233;ler, entre autres, la reconfiguration de l'espace politique duquel sont &#233;vinc&#233;s la majeure partie des acteurs sociaux. &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; comme &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt; mettent en rapport les hommes et les changements provoqu&#233;s par le voisinage, mais aussi et peut-&#234;tre avant tout, les &#171; hommes entre eux &#187;. L'absence de contact lors de la crise conduit a une absence de dialogue que le roman et le film mettent en sc&#232;ne puisque comme le souligne Jacques Ranci&#232;re, l'activit&#233; politique est ce qui &#171; fait entendre comme discours ce qui n'&#233;tait entendu que comme bruit &#187;. Ainsi, la p&#233;riode de lutte durant laquelle les diff&#233;rents coups d'&#233;clat se substituent au dialogue, &#224; l'instar de la col&#232;re des ouvriers italiens sur laquelle le film s'ouvre ou des incendies volontaires dont les ouvri&#232;res de Daewoo reconnaissent elles-m&#234;mes que &#171; c'est &#231;a aussi, le symbole du feu : un partage &#187;, fait place &#224; un espace qui est offert &#224; l'expression de la parole. &#192; l'int&#233;rieur de celui-ci, les figures agonistiques font place &#224; des figures marginales mais fortes : dans &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt;, les convictions de Buonavolont&#224; conduisent &#224; l'&#233;tablissement d'un dialogue avec un ensemble de voix marginales et oubli&#233;es par la folie du progr&#232;s &#233;conomique ; dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, c'est l'ensemble m&#234;me de ces voix fragmentaires qui reconstitue, avec une acuit&#233; presque photographique, le puzzle du drame.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5525 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image10_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/image10_1-d0192.jpg?1509815875' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt; font tous deux &#233;tat d'une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment touch&#233;e par une red&#233;finition des espaces &#233;conomiques, politiques et g&#233;ographiques avec lesquels les populations doivent se familiariser. Les pr&#233;occupations r&#233;gionales chez Bon qui ressortissent aux restructurations, &#224; une culture d'entreprise qui impose des relations salariales et des m&#233;thodes in&#233;dites r&#233;pondent &#224; un ensemble plus vaste dans lequel le film d'Amelio convie le spectateur. En fait, ce sont les enjeux d'une d&#233;localisation tant &#233;conomique que politique qui se jouent dans ces soci&#233;t&#233;s o&#249; &#171; le temps est &#224; l'usine jetable &#187; et qui r&#233;pondent &#224; une autre r&#233;alit&#233;, celle d'un politique d&#233;personnalis&#233; et motiv&#233; par les imp&#233;ratifs d'un march&#233; insaisissable. La contestation de l'&#233;ph&#233;m&#232;re, visible dans les &#339;uvres de Bon et de Gianni, s'exprime par le biais de la langue, celle-ci &#233;tant li&#233;e au politique. Tandis que l'&#233;crivain dit sur son site (&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/DW/index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tierslivre.net/livres/DW/index.html&lt;/a&gt;) arpenter le &#171; gigantesque univers de langages &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; le vocabulaire de l'&#233;conomie, qui consid&#232;re l&#233;gitime qu'une usine dure huit ans et s'en aille ; les r&#233;cits de vie, et ce qui d&#233;coule de ce monde de chiffres lorsqu'on l'applique au couple [&#8230;]. Enfin tout ce qu'il y a apr&#232;s, quand les journaux n'en parlent plus [&#8230;] &#187;, le cin&#233;aste &#233;tablit son r&#233;cit sur une opposition tant linguistique que culturelle. Dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, c'est &#224; partir de traces significatives, de pi&#232;ces testimoniales, que le narrateur, &#224; la mani&#232;re d'un arch&#233;ologue, m&#232;ne une enqu&#234;te minutieuse faite &#224; rebours pour remonter &#224; la source du malheur et raconter &#171; [&#8230;] cette histoire &#224; l'envers, cette histoire maintenant invisible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'enqu&#234;te peut &#234;tre aussi vue comme un acte politique de r&#233;sistance &#224; la disparition et au silence &#8211; et peut-&#234;tre celui d'un accompagnement du souvenir traumatisant d'individus dans une d&#233;marche ayant pour but ultime un apaisement de la m&#233;moire - dans lequel la perte du lieu devient le symbole de la perte du lien avec le politique. De fait, les effets du voisinage sont aussi mis &#224; l'&#233;preuve d'une esth&#233;tique de la trace qui s'exprime &#224; travers le parcours intellectuel et g&#233;ographique des voyageurs. Ainsi, chaque photo a&#233;rienne prise du site de Fameck, des vestiges de ce paysage d&#233;sol&#233;, rend de nouveau &#171; visible &#187; et lisible la carte de la ville ; dans &lt;i&gt;L'&#201;toile imaginaire&lt;/i&gt;, celle-ci se retrouve, par exemple, dans les villes, les villages et les innombrables routes que visite Vincenzo Buonavolont&#224; et qui reconstituent &#233;tape par &#233;tape la carte de son p&#233;riple chinois. Voil&#224; pourquoi la topographie semble avoir une place de choix dans ces deux &#339;uvres : le chemin parcouru, les bribes de pens&#233;es, de voix et les t&#233;moignages recueillis &#8211; qui sont autant de balises guidant les pas du lecteur ou du spectateur &#8211; s'acheminent vers la reconstitution d'une m&#233;moire individuelle qui peut se faire collective. Il n'est donc pas &#233;tonnant de voir que les personnages du roman de Bon soient caract&#233;ris&#233;s par un morcellement de la voix sur le plan syntaxique et que le portrait des individus rencontr&#233;s par Buonavolont&#224; se fasse davantage sur le mode du fragment. Dans cet ensemble de voix qui refl&#232;te le tableau d&#233;senchant&#233; d'une soci&#233;t&#233; chinoise o&#249; s'entrechoquent traditions et modernit&#233; surgit un espace o&#249; le dialogue prend place. Ainsi, le discours fait place &#224; un dialogue retors &#8211; dans lequel s'imbriquent les incompr&#233;hensions linguistiques et les malentendus culturels &#8211; auquel la volont&#233; permet de donner un sens. Dans &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, c'est par le biais de l'enqu&#234;te que l'auteur met en sc&#232;ne une entreprise politique au sens que Jacques Ranci&#232;re donne &#224; ce mot dans &lt;i&gt;La m&#233;sentente&lt;/i&gt; : &#171; l'activit&#233; politique [&#8230;] fait entendre un discours l&#224; o&#249; seul le bruit avait son lieu, fait entendre comme discours ce qui n'&#233;tait entendu que comme bruit &#187;. En redonnant la parole aux diff&#233;rents acteurs de la crise, ces r&#233;cits r&#233;tablissent le lien avec le politique, puisqu'ils rendent compte &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; du litige pass&#233; sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, comme le souligne Fran&#231;ois Cheng dans son essai &lt;i&gt;Le Dialogue&lt;/i&gt;, la port&#233;e de l'&#233;change est centrale dans ce type d'entreprise car &#171; un idiome n'est pas seulement un instrument objectif de d&#233;signation et de communication [&#8230;]. Une langue prend en charge notre conscience et nos affectivit&#233;s. Et &#224; un degr&#233; plus haut, elle est ce par quoi l'homme est &#224; m&#234;me de se d&#233;passer en acc&#233;dant &#224; une forme de cr&#233;ation, puisque toutes nos cr&#233;ations, au sens large, sont un langage &#187;. Ainsi, dans ces deux &#339;uvres, le territoire figure un palimpseste sur lequel se r&#233;&#233;crit sans cesse l'histoire d'une soci&#233;t&#233; o&#249; les rep&#232;res manquent parfois et o&#249; les r&#233;f&#233;rents deviennent interchangeables. Le cas &#233;ch&#233;ant, l'histoire doit donc se lire dans des &#233;clats de voix, dans la diversit&#233; des &#234;tres, des parcours, des documents, dans cet un ensemble de cartes qui, en se redistribuant elles-m&#234;mes redonnent de la force &#224; ces individus oubli&#233;s ou priv&#233;s d'identit&#233;. Si le roman de Fran&#231;ois Bon et le film d'Amelio divergent sur de nombreux points, avant tout sur le mode d'expression qui est le leur, l'on y retrouve malgr&#233; tout, au travers de ces qu&#234;tes diverses, la volont&#233; de se recentrer et de parvenir &#224; la v&#233;rit&#233; d'individus aujourd'hui perdus dans un monde o&#249; le terme de &#171; fronti&#232;res &#187; ne semble plus faire sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie&lt;/p&gt;
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		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est paru dans le Num&#233;ro 4 - VOYAGES/VOISINAGES, en septembre 2014 de la revue Croisements, revue annuelle francophone, qui traite des sciences humaines sous un angle multidisciplinaire, du point de vue des intellectuels asiatiques francophones ou en rapport avec les probl&#233;matiques sp&#233;cifiques &#224; l'Asie de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alisson Cheng est titulaire d'un doctorat en Litt&#233;rature fran&#231;aise et compar&#233;e obtenu &#224; l'universit&#233; Paris-Sorbonne. Elle est actuellement lectrice &#224; l'universit&#233; Hankuk des &#233;tudes &#233;trang&#232;res (HUFS) &#224; S&#233;oul, en Cor&#233;e du Sud. Derni&#232;re parution : &#171; Le Doyen de Killerine, entre hasard et providence ? &#187;, 2010, dans la revue en ligne Sans Papier dirig&#233;e par L. Dubreuil (Cornell University).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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