<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.tk-21.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>TK-21 </title>
	<link>https://www.tk-21.com/</link>
	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.tk-21.com/spip.php?id_auteur=3425&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>TK-21 </title>
		<url>https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L144xH172/siteon0-33817.png?1772187034</url>
		<link>https://www.tk-21.com/</link>
		<height>172</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Du Dancing au Tragique</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Du-Dancing-au-Tragique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Du-Dancing-au-Tragique</guid>
		<dc:date>2014-12-21T16:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Houeix et Philippe Verri&#232;le</dc:creator>


		<dc:subject>danse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour &#234;tre d'une exquise gentillesse et d'une discr&#233;tion exemplaire, Thierry Malandain se trouve cependant p&#233;riodiquement au c&#339;ur du d&#233;bat. Auteur de plus de 80 pi&#232;ces, le chor&#233;graphe qui dirige le Centre Chor&#233;graphique National de Biarritz tourne beaucoup, particuli&#232;rement &#224; l'&#233;tranger quoi qu'il se voit r&#233;guli&#232;rement, en France, pris dans le vieux d&#233;bat sur la contemporan&#233;&#239;t&#233; de la danse et le vocabulaire n&#233;o-classique. Lui s'avoue en dehors des pol&#233;miques, mais n'en assume pas moins son int&#233;r&#234;t pour des formes issues de la tradition chor&#233;graphique.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton661-55430.png?1772231003' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour &#234;tre d'une exquise gentillesse et d'une discr&#233;tion exemplaire, Thierry Malandain se trouve cependant p&#233;riodiquement au c&#339;ur du d&#233;bat. Auteur de plus de 80 pi&#232;ces, le chor&#233;graphe qui dirige le Centre Chor&#233;graphique National de Biarritz tourne beaucoup, particuli&#232;rement &#224; l'&#233;tranger quoi qu'il se voit r&#233;guli&#232;rement, en France, pris dans le vieux d&#233;bat sur la contemporan&#233;&#239;t&#233; de la danse et le vocabulaire n&#233;o-classique. Lui s'avoue en dehors des pol&#233;miques, mais n'en assume pas moins son int&#233;r&#234;t pour des formes issues de la tradition chor&#233;graphique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Or cette approche peut ouvrir quelques perspectives int&#233;ressantes dans le rapport entre l'image et le spectacle. Ainsi, Estro qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le 8 novembre &#224; San S&#233;bastian (Esp.) pour les 20 danseurs de la compagnie du Malandain Ballet Biarritz. Le photographe Olivier Houeix qui suit le travail du chor&#233;graphe depuis 2000 et lui a d&#233;j&#224; consacr&#233; plusieurs ouvrages a photographi&#233; la pi&#232;ce au plus pr&#232;s. Avec le sens du d&#233;tail et de la composition plastique qui caract&#233;risent son approche, il a su montrer tout l'enjeu de la pi&#232;ce, &#224; savoir comment le sublime transfigure le quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'image est saisissante de ce corps comme en l&#233;vitation sur des &#233;toiles. Pourtant, il faut s'arr&#234;ter car, de fa&#231;on inattendue, Estro commence par le Stabat. Un d&#233;tour d'histoire musicale s'impose. La pi&#232;ce se r&#233;f&#233;re explicitement &#224; l'Estro Armonico, opus 3 de Vivaldi dont on pourrait traduire le titre par &#034;Invention harmonique&#034;. Ce c&#233;l&#232;bre cycle de 12 concerti publi&#233;s en 1711 a contribu&#233; &#224; fixer la forme du concerto avec ses deux mouvements vifs encadrant un adagio, le tout dans un d&#233;bat entre le violon et l'orchestre. Choisir le titre Estro, c'est choisir de se placer dans une perspective spectaculaire bien balis&#233;e, d'autant que cet ensemble n'a pas &#233;t&#233; souvent chor&#233;graphi&#233; sinon en 1963 par John Crako (1927-1973) dans une vision singuli&#232;rement &#034;vitamin&#233;e&#8220;. Et que Malandain a lui-m&#234;me dans&#233;&#8230; Donc tout &#233;tait clair. Et voil&#224; qu'Estro commence par le Stabat Mater du m&#234;me Vivaldi, ce qui n'est pas du tout la m&#234;me chose. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus troublant, ouvrir Estro par le Stabat, c'est choisir un contre-sens visuel. Stabat est un concept musical. Outre l'&#339;uvre de Vivaldi, on conna&#238;t celle de Josquin de Pr&#233;s, Palestrina, Pergol&#232;se voire Rossini ou Verdi, tous compositeurs partis du texte attribu&#233; &#224; Jacopone de Todi. Stabat, c'est de la musique et cela signifie &#034;la m&#232;re &#233;tait debout&#034;. Et voil&#224; qu'&#224; rebours de ce qu'indique physiquement le choix musical, le chor&#233;graphe choisit de partir d'une tout autre r&#233;f&#233;rence, purement picturale : le Gisant. On notera cependant sur la photo un infime d&#233;tail : il y a de la chair sous le mort.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/estro_page_02_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/estro_page_02_image_0001-8a632.jpg?1772230937' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les danseurs &#8211;figure du corps social- s'active &#224; transporter les lanternes, ces &#233;tranges lumignons &#233;voquant aussi le brasero et s'&#233;cartent. Ils ont d&#233;gag&#233; le gisant et sous lui, les jambes d'une femme, que cachait la foule, les braseros, les ombres. Elle se redresse, et au gisant s'adjoint, comme dans un jeu de construction. R&#233;bus plastique dont la r&#233;ponse est encore un des grands th&#232;mes de l'histoire de l'art : la pi&#233;ta. Il s'agit bien de la combinaison de la m&#232;re, debout (stabat) et du fils gisant. &lt;br class='autobr' /&gt;
La composition, parfaitement saisie par Olivier Houeix, pose explicitement la pi&#233;ta dans une approche picturale, douleur ind&#233;passable de la m&#232;re dans le cadre du tableau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/estro_page_03_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/estro_page_03_image_0001-62122.jpg?1772230937' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout install&#233; dans le sublime plastique du tableau, le spectateur ne s'attend pas &#224; la rupture soudaine. Une bascule d'&#233;clairage ouvre tout l'espace sc&#233;nique au regard quand tout avait &#233;t&#233; centr&#233;e sur la pi&#233;ta tandis que s'&#233;l&#232;ve la musique de l'Estro. Brutal changement d'atmosph&#232;re. Thierry Malandain a structur&#233; sa pi&#232;ce en grandes s&#233;quences altern&#233;es. Entre les parties du Stabat s'intercalent trois des concerti de l'opus 3, pris &#224; chaque fois dans leur trois mouvements. Cette musique de l'invention, de l'exc&#232;s et de la jubilation, appelle un mouvement de groupe, forme chorale qui n'est pas sans rappeler l'auto-organisation des groupes de danses sociales, ici lisible par des gestes de bras, d'&#233;paules, d'appuis sur des jambes fermement camp&#233;es au sol. Nous &#233;tions dans la Passion, nous voil&#224; en bo&#238;te de nuit. Le grotesque de la vie quotidienne s'exprimant dans ses f&#234;tes et dans ses plaisirs. L'alternance des mouvements et leurs indications contrast&#233;s de tempo soulignent la succession des sentiments v&#233;cus dans cette vie du quotidien. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'Estro, l'hybris, est-ce trop ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/estro_page_04_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/estro_page_04_image_0001-94607.jpg?1772230937' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au banal du jour le jour, dans un mouvement dialectique interne rigoureux, la pi&#232;ce revient au Stabat et affine son propos. Chor&#233;graphiquement centr&#233; sur le duo &#034;m&#232;re-fils&#034;, ce second temps du tragique d&#233;veloppe la th&#233;matique de la pi&#233;ta dont la stabilit&#233; (et l'on mesure la relation au stabat) n'autorise que peu de mouvements. Thierry Malandain r&#232;gle alors un probl&#232;me d'esth&#233;tique chor&#233;graphique redoutable : avec une forme quasiment parfaite, fig&#233;e dans l'expression d&#233;finitive du tragique, soit la pi&#233;ta et la croix, il trouve une mobilit&#233; qui permet l'expressivit&#233; du mouvement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette trouvaille chor&#233;graphique permet de dynamiser une variation confi&#233;e &#224; la qui danse litt&#233;ralement la forme g&#233;om&#233;trique parfaite de la croix. Ce coup de force permet &#233;largie le propos tragique et ouvre au propos profond de l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/estro_page_05_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/estro_page_05_image_0001-aa5af.jpg?1772230937' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas cette seule m&#232;re qui porte la trag&#233;die : toute femme est potentiellement la M&#232;re tragique. L'id&#233;e est formidablement traduite dans une sc&#232;ne exceptionnelle. Les dix danseuses, en une seule file, allong&#233;es jambes &#233;cart&#233;es perpendiculairement au public, chacune couch&#233;e dans l'ouverture des jambes de la pr&#233;c&#233;dente, re&#231;oit, &#224; son tour le corps roulant du fils gisant, puis se rel&#232;ve -pi&#233;ta toujours nouvelle- avant de rejoindre la masse confuse des femmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pi&#233;ta, en tant qu'ic&#244;ne, n'aurait pas permis l'&#233;largissement du propos. En m&#234;lant le caract&#232;re quasiment tabulaire de cette forme visuelle &#224; un processus d'essence dynamique, le chor&#233;graphe exprime cette universalit&#233; du tragique d'une fa&#231;on parfaite, tant dans sa lisibilit&#233; que dans sa port&#233;e &#233;motionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque femme est toutes les femmes et la th&#233;orie des femmes qui pleurent les hommes marque la condition humaine&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/estro_page_06_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/estro_page_06_image_0001-52a8e.jpg?1772230937' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'alternance est maintenant &#233;tablie, la pi&#232;ce rebascule donc vers le trivial des petites vies. On se drague, on s'&#233;prend, on se jalouse. Le concerto &#233;coule les petits &#233;pisodes du sentimentalisme quotidien, ces moments d&#233;risoires, ici traduit par cette atmosph&#232;re de soir&#233;e dansante ou de bo&#238;te de nuit pas fra&#238;che, l'assistance assise en rang contemplant le drame minuscule de la rivalit&#233; amoureuse. Ce qu'en 1986 la chor&#233;graphe Annie Delich&#232;re avait appell&#233; &#034;La chaude nullit&#233; de l'esp&#232;ce&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/estro_page_07_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/estro_page_07_image_0001-493e1.jpg?1772230937' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 Eja Mater, fons amoris&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retour au tragique s'appuie sur l'un des airs les plus sublimes du Stabat Mater de Vivaldi : le Eja Mater. Le texte dit &#034;Voici la m&#232;re, source d'amour&#034;. Sur le plateau, l'expression du tragique s'appuie sur les m&#234;mes processus que ceux d&#233;velopp&#233;s au d&#233;but : focalisation sur le duo (cercle lumineux), mise en mouvement de l'ic&#244;ne graphique de la pi&#233;ta, composition chor&#233;graphique monodique par opposition aux formes chorales. Mais cette fois, la forme du duo r&#233;pond &#224; la multiplicit&#233; des amours d&#233;velopp&#233;es dans la partie pr&#233;c&#233;dente, opposant donc l'amour maternel &#224; la sensualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5743 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/estro_page_08_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/estro_page_08_image_0001-9dd48.jpg?1772230937' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8 La mort est une com&#233;die de la vie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me &#8212; et dernier &#8212; recours au concerto de l'Estro Armonico aurait pu susciter un trouble. Dans cette vie quotidienne du groupe, la chor&#233;graphie aborde un moment plus sombre, celui de la mort. Mais, comme le petit malheur habituel cher &#224; Freund, il s'agit d'une petite mort de rien qui, m&#234;me collective, d&#233;rive rapidement en farce apr&#232;s avoir pris la forme du charnier s'av&#232;re tout simplement l'effondrement collectif des corps rompus d'exces. Un vaste remuement des corps qui d&#233;g&#233;n&#232;re en f&#234;te et en annonce d'autres. Cette mort-l&#224;, pour ne pas &#234;tre la petite, n'en est pas moins gu&#232;re s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout autre est l'univers du Stabat vers lequel une derni&#232;re fois l'&#339;uvre bascule du dancing au tragique. Et dans ce monde-l&#224;, la mort n'ouvre pas &#224; la joie forcen&#233;e. Les corps ne se m&#234;lent pas. Le gisant est redress&#233; par le groupe, brandi &#224; bout de bras, avant de dispara&#238;tre dans la foule toute tourn&#233;e vers les &#233;toiles. Rappel que si la trag&#233;die n'appartient pas &#224; la vie, elle permet n&#233;anmoins l'&#233;l&#233;vation collective.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/estro_page_09_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/estro_page_09_image_0001-a46fe.jpg?1772230937' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gangue et l'image</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-gangue-et-l-image</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/La-gangue-et-l-image</guid>
		<dc:date>2014-06-24T00:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Philippe et Philippe Verri&#232;le</dc:creator>


		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>nu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Paradoxale, fragile et provocante, danseuse doutant de sa danse, encore jeune chor&#233;graphe et pourtant d&#233;j&#224; tr&#232;s reconnue, Kataline Patka&#239; occupe une place singuli&#232;re dans la danse actuelle.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/mot20" rel="tag"&gt;nu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton590-790d8.jpg?1772231003' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paradoxale, fragile et provocante, danseuse doutant de sa danse, encore jeune chor&#233;graphe et pourtant d&#233;j&#224; tr&#232;s reconnue, Kataline Patka&#239; occupe une place singuli&#232;re dans la danse actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ses &#339;uvres souvent titillent le bon go&#251;t et les beaux esprits qui s'offusquent &#8211; comme pour &lt;i&gt;X'XY&lt;/i&gt; (2004) &#8211; de la th&#233;matique sexuelle ou de la provocation &#8211; comme dans &lt;i&gt;Rock Identity&lt;/i&gt; (2007), solo qui interroge &#224; travers un corps de femme les mani&#232;res de bouger de figures aussi m&#226;les qu'iconiques de la musique rock, Jim Morrison, Kurt Cobain, mais aussi Bertrand Cantat&#8230; Ce qui t&#233;moigne d'une certaine force et ind&#233;pendance de caract&#232;re. Mais n'emp&#234;che pas la reconnaissance, elle re&#231;oit le prix SACD du Nouveau talent chor&#233;graphique en 2008, mais se lance, avec Yves-No&#235;l Genot, dans le tr&#232;s improbable &lt;i&gt;C'est pas pour les cochons&lt;/i&gt; (2009) ce qui n'est gu&#232;re institutionnel&#8230; Ainsi va le parcours de cette risque-tout pratiquant l'outrance avec un naturel confondant. Cette fois, avec Jeudi, elle joue &#224; l'&#238;le d&#233;serte avec une copine. Ce qui a encore eu vertu de choquer le joli monde intellectuel, mais m&#233;rite qu'on y jette un &#339;il, ici celui plus qu'aff&#251;t&#233; de Laurent Philippe, tr&#232;s grande figure de la photo de danse. Or Jeudi joue sur le presque invisible, d'o&#249; un rapport complexe &#224; l'image.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lph1827001-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/lph1827001-2-45cdd.jpg?1509806580' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Laurent Philippe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au commencement&#8230; Evidemment&#8230; La glaise, l'obscurit&#233;, l'ind&#233;fini. Pour le spectateur, Jeudi commence dans l'ombre o&#249; grouille quelque chose de gluant. Il est impossible d'identifier clairement ce qui bouge sinon que la pr&#233;sence de ce portique froidement m&#233;tallique, contemporain et technique met cet ind&#233;finissable sous le registre de la confrontation du primitif et du technologique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Na&#238;t quelque chose comme un informe. On songe &#224; H&#233;siode : &#171; Chaos, l'ab&#238;me b&#233;ant naquit le tout premier &#187;. Oui, mais ceci n'est pas photographique sinon par m&#233;taphore or, un photographe de sc&#232;ne proc&#232;de en reporter et &#171; j'ai cherch&#233; &#224; faire image et donc d&#233;cid&#233; de ne pas respect&#233; totalement la pi&#232;ce pour la montrer &#187;explique le photographe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Curieusement, le regard peut voir ce qui se cache quand le photographe ne peut que le trahir pour le montrer&#8230; Si tant est que traduction est toujours trahison.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4854 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lph1827003-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/lph1827003-2-ebe02.jpg?1509806580' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Laurent Philippe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec la mont&#233;e de la lumi&#232;re, cela qui bougeait dans le fond, &#233;merge. Il y a une grosse boule indistincte qui roule sur elle-m&#234;me. On y distingue petit &#224; petit des formes d'humanit&#233;. Double naissance de deux femmes que la lumi&#232;re d&#233;taille graduellement, comme un d&#233;but du monde. La chaude tonalit&#233; de l'argile et sa mati&#232;re squameuse tend &#224; r&#233;ifier les deux corps encore nou&#233;s dans un masse charnelle peu diff&#233;renti&#233;e. Lentement la boule se d&#233;noue, apparaissent deux corps mais encore p&#233;riodiquement repris par leur gangue primordiale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4855 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lph1827005-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/lph1827005-2-68699.jpg?1509806580' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Laurent Philippe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Finement compos&#233; sur une progression de la gestuelle, l'enfantement mutuel r&#233;v&#232;le les deux femmes. Elles sont. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement passe &#224; l'unisson, ce qui permet, paradoxalement, d'identifier les interpr&#232;tes. Faire la m&#234;me chose ensemble est l'occasion d'acqu&#233;rir une reconnaissance individuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
On note que cette accession &#224; l'indemnit&#233; passe par un mouvement que l'on peut qualifier de technique. Un &#233;quilibre ainsi tenu sur les fessiers requiert de mobiliser fortement les abdominaux. C'est donc une mani&#232;re de ma&#238;trise qui signe l'existence tandis que le photographe s'attache &#224; l'&#233;trange coloration de l'argile bleue comme une marque d'identification.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lph1827010-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/lph1827010-2-a503a.jpg?1509806580' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Laurent Philippe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est un des tr&#232;s beaux moment de la pi&#232;ce. Sorties de la gangues les deux &#234;tres se d&#233;couvrent l'une l'autre en regardant la m&#234;me chose tandis que les deux corps, en opposition de force l'un &#224; l'autre, se dressent mutuellement. La photo traduit cemoment de tension physique dynamique et, en saisissant l'ourl&#233; de lumi&#232;re sur le profil, donne une forme tr&#232;s classique &#224; cette invention de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lph1827043-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH752/lph1827043-2-05686.jpg?1509806580' width='500' height='752' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Laurent Philippe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chez Patka&#239;, il faut que cela grince ; jamais d'attendrissement, toujours un moment d'exc&#232;s. Les femmes identifiables, conscientes d'elles-m&#234;mes, se l&#232;vent, d&#233;couvrent le portique. Dans un de ces moments curieux qui justifient la r&#233;putation sulfureuse de la dame, la voil&#224; qui d&#233;couvre d'une langue aventureuse cet &#233;trange objet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lph1827050-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/lph1827050-2-c709b.jpg?1509806580' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Laurent Philippe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis elles s'alanguissent. Moment complexe que d'&#233;voquer la langueur dans la gestuelle sans tomber dans l'ennui. Pour &#234;tre juste, ce moment de l'&#339;uvre n'y &#233;chappe pas vraiment. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le recours &#224; l'image fait l'&#233;conomie de cette langueur. La photographie saisie l'&#233;volution de la carnation. Les deux femme apparaissent tandis qu'en s&#233;chant, l'argile d&#233;gage la chair et lib&#232;re les bacchantes. De l'&#233;volution de la mati&#232;re comme dramaturgie. Le sentiment &#233;tait diffus &#224; la vision, mais trouve une mani&#232;re d'&#233;vidence &#224; la photo.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4859 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lph1827061-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH752/lph1827061-2-3740b.jpg?1509806580' width='500' height='752' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Laurent Philippe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elles montent dans le portique, s'alanguissent &#224; nouveau. Le jeu de composition est pourtant subtil qui joue sur le miroir de la gestuelle. La performance de Justine Bernachon, ici t&#234;te en bas, est remarquable qui laisse accroire &#224; une parfaite r&#233;versibilit&#233; de l'image. Tout fonctionne comme si la d&#233;couverte de l'identit&#233; conduisait &#224; une impasse. Dans cette construction-culture technologique contre Eden de la chair- l'alt&#233;rit&#233; s'alt&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4860 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lph1827069-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH752/lph1827069-2-8fdfd.jpg?1509806580' width='500' height='752' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Laurent Philippe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elles se sont &#233;chapp&#233;es de la technique. Les mouvements de transe, d&#233;sordonn&#233;s et enfantins, &#233;voquent les photos de Monte-Verit&#224;, cette colonie utopique des artistes pacifistes allemands r&#233;fugi&#233;s pr&#232;s d'Ascona pendant la premi&#232;re guerre. La chaleur de l'&#233;clairage, peau nue des danseuses, les cheveux comme emm&#234;l&#233;s. La qualit&#233; picturale de l'image renvoie aux toiles expressionnistes. Il y a du Kirchner aussi dans ces sauts, lequel &#233;tait aussi photographe. L'expressionnisme comme vision de l'Eden traduit dans une photo de la jubilation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Toutes les amazones veulent mourir d'aimer</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Toutes-les-amazones-veulent-mourir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Toutes-les-amazones-veulent-mourir</guid>
		<dc:date>2014-05-27T10:52:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Paillier et Philippe Verri&#232;le</dc:creator>


		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>gestes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Figure de la Jeune Danse Fran&#231;aise depuis son duo &lt;i&gt;Instance&lt;/i&gt; (1983) avec Bernardo Montet, Catherine Diverr&#232;s ne cesse d'alimenter la chronique chor&#233;graphique.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/gestes" rel="tag"&gt;gestes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton569-a32ca.jpg?1772231004' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Figure de la Jeune Danse Fran&#231;aise depuis son duo &lt;i&gt;Instance&lt;/i&gt; (1983) avec Bernardo Montet, Catherine Diverr&#232;s ne cesse d'alimenter la chronique chor&#233;graphique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Figure de la Jeune Danse Fran&#231;aise depuis son duo &lt;i&gt;Instance&lt;/i&gt; (1983) avec Bernardo Montet, Catherine Diverr&#232;s ne cesse d'alimenter la chronique chor&#233;graphique. Elle l'a nourri de pi&#232;ces majeures &lt;i&gt;L'arbitre des &#233;l&#233;gances&lt;/i&gt; (1986), &lt;i&gt;Concertino&lt;/i&gt; (1990), &lt;i&gt;Tauride&lt;/i&gt; (1992), &lt;i&gt;Stances II&lt;/i&gt; (1997), &lt;i&gt;Solide&lt;/i&gt; (2004), &lt;i&gt;Encor&lt;/i&gt; (2010), ou le r&#233;cent &lt;i&gt;O Sensei&lt;/i&gt; (2012)&#8230; L'&#233;num&#233;ration ne vise pas &#224; convaincre, seulement &#224; souligner la permanence d'un talent et d'une &#339;uvre, ce qui n'emp&#234;che les pol&#233;miques et le r&#233;cent opus, &lt;i&gt;Penth&#233;sil&#233;es&lt;/i&gt; en a donn&#233; l'exemple. Or, chez Diverr&#232;s, la subtilit&#233; des images n'ob&#232;re jamais la qualit&#233; de la construction. Les critiques qui ont combattu la pi&#232;ce t&#233;moignent que l'on peut s'y laisser prendre &#224; la force du visuel sans tenir suffisamment compte de la composition. D&#232;s lors un petit retour sur l'image est utile, d'autant que c'est un des plus important photographe de la g&#233;n&#233;ration 1990-2000, Laurent Paillier, qui a suivi la pi&#232;ce lors de sa pr&#233;sentation &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4622 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/untitled-2-e067c.jpg?1509806581' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cela commence au noir. Sc&#233;nographie marqu&#233;e par ce tapis d'ombre, mur d'obscurit&#233;, les seules taches claires sont ces haut-parleurs comme pour souligner que le flux d'une histoire est &#224; discerner &#224; travers le son d'une composition musicale (Jean-Luc Guillonnet, Seijiro Murayama) tr&#232;s rugueux et abstrait. &lt;i&gt;Penth&#233;sil&#233;es&lt;/i&gt; commence par l'&#233;p&#233;e. D&#233;monstration collective, en ronde, comme une parade de ma&#238;tres mais qui d&#233;g&#233;n&#232;re. Femme contre homme, homme contre femme ; le dard ici point&#233; et qui dit d&#233;j&#224; que dans ce monde noir il ne sera question que de sexe. L&#233;g&#232;rement cambr&#233;e, comme on s'offre, la guerri&#232;re semble plus esp&#233;rer l'arme que chercher &#224; l'&#233;viter et le pas de l'homme tient plus de la parade que de l'offensive. Ce combat est un &#233;change de passion.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4623 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled3-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/untitled3-2-b9f0c.jpg?1772231004' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut lire le titre de Diverr&#232;s avec soin. Quoique la chor&#233;graphe se r&#233;f&#232;re au texte de Kleist, elle ajoute un &#034;s&#034; au nom de la reine des amazones. Les cinq femmes de la distribution sont donc &#224; tout moment susceptibles d'incarner &#034;la&#034; Penth&#233;sil&#233;e. Non pas une meute comme les spectres blancs que l'on appelle Wilis et qui hantent le second acte de Giselle, mais la rencontre, dans la course, de femmes emport&#233;es par le mouvement. Sur le sol noir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les femmes sont amazones, tous les hommes guerriers, h&#233;ros qui &#224; Achille m&#234;le Hercule, Th&#232;s&#233;e, etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4624 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled4-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/untitled4-4-1d9a9.jpg?1509806581' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'amazone n'est pas seulement la femme qui combat l'homme, elle est aussi celle qui ma&#238;trise le cheval, celle qui fait de son corps une excroissance de sa monture. Rarement la danse use de ce proc&#233;d&#233; de mim&#233;tisme dont t&#233;moigne ici l'image. Ic&#244;ne au sens de Peirce, la guerri&#232;re ne monte plus, elle fait cheval et il ne faut pas voir dans cette assimilation du corps de la femme &#224; un animal une quelconque d&#233;valorisation. Plut&#244;t, au-del&#224; de l'&#233;vocation du po&#232;me, une &#233;vocation de la force animale de la femme. Catherine Diverr&#232;s qui construit subtilement met en exergue cette sauvagerie avant que les femmes se mettent au service d'Hercule, chevaux de Diom&#232;de s'appr&#234;tant &#224; d&#233;vorer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4625 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/untitled5-b0feb.jpg?1772231004' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le style de la chor&#233;graphe joue tr&#232;s volontiers de la confrontation de l'abstraction tr&#232;s stylis&#233;e &#224; un trivial th&#233;&#226;tral. Alors un homme s'installe &#224; table avec le l&#233;ger ridicule de celui qui re&#231;oit les attentions sans les solliciter, on le nourrit, on le caresse, on le bichonne. Il est l&#233;g&#232;rement b&#233;at, derri&#232;re sa table. Le grotesque du quotidien et soudain apr&#232;s s'&#234;tre employ&#233; &#224; servir l'homme, la meute des louves se jette sur celui qu'elle caressaient. Ce qu'annon&#231;ait la m&#233;tamorphose des femmes en cavale se r&#233;alise. Les amazones ne veulent pas seulement dominer les hommes mais encore s'en repa&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;voration comme perspective de la lutte des sexes&#8230; Car il devient bien clair &#224; ce moment que de Kleist la chor&#233;graphe ne retient pas l'anecdote mais la certitude que la femme est toujours la reine amazone et l'homme toujours l'Hercule que la quotidiennet&#233; de la vie domestique condamne. Plus qu'Achille, voici Hercule au pied d'Omphale et il est symptomatique que cette sc&#232;ne d'&#233;tripage pr&#233;c&#232;de une d&#233;ploration christique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4626 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/untitled6-7b97c.jpg?1772231004' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le glissement vers le th&#233;&#226;tral grotesque entra&#238;ne la pi&#232;ce vers un vaste casting d&#233;risoire durant lequel chaque interpr&#232;te propose en quelques secondes, de l'histoire de l'amazone, une lecture dont le sens est souvent difficile &#224; lire en un si bref moment&#8230; Mais la photo les saisit dans leur richesse. Ainsi, dans celle-ci qui &#233;voque l'inversion sexuelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Empruntant les ustensiles du f&#233;tiche de la ballerine &#8211; pointes et tutu &#8211;, soit la forme absolue de la f&#233;minit&#233; construite dans par l'imagerie sexu&#233;e, le danseur renvoie &#224; ces escadrons de femmes-spectre qui hantent le monde des ballets. Et c'est aussi une lecture de Kleist que de souligner que ce triomphe final de la femme, avec le meurtre de l'homme, renvoie &#224; un autre monde comme celui sur lequel triomphe la ballerine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4627 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/untitled7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/untitled7-97123.jpg?1772231004' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de donner chaque sayn&#232;te comme une vision, la chor&#233;graphe choisit de les faire interrompre du jugement lapidaire d'une charg&#233; de casting. La s&#233;quence dure assez jusqu'&#224; l'exacerbation des frustrations rappelant que le casting est une forme cruelle qui fait de la rivalit&#233; de tous contre tous, la norme. Ce &#034;S&#034; ajout&#233; &#224; Penth&#233;sil&#233;e est donc si important que chacune soit &#224; son tour &#8211; et aspire &#224; l'&#234;tre &#8211; l'amante et la dominatrice meurtri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4638 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/laurent_paillier_dsc1657.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/laurent_paillier_dsc1657-ea43b.jpg?1509806581' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme un &#233;pilogue, tous reprennent un unisson, proche des danses chorales qu'affectionnait Pina Bausch, dont cette image est singuli&#232;rement proche. Avant la mort d'Achille &#8211; et de tous les h&#233;ros &#8211; voil&#224; le moment de l'unit&#233; dans le d&#233;voilement. Cette &#233;paule comme on montre l'endroit d'une blessure, la cible tatou&#233;e dans laquelle se fichera la fl&#232;che. Mais pas de trag&#233;die. Le grotesque de l'humanit&#233; triomphe entre le costume &#224; brandebourg et les robes longues bariol&#233;es. Les amazones r&#234;vent d'amour et les h&#233;ros de confort matrimonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Verri&#232;le&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Penth&#233;sil&#233;es ; Chor&#233;graphie : Catherine Diverr&#232;s ; Photos : Laurent Paillier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#233;&#226;tre National de Chaillot ; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
