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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Hermann Hesse, romancier, penseur, peintre : l'art peut-il sauver ?</title>
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		<dc:creator>Georges Bloess</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Hermann Hesse : cet auteur majeur semble aujourd'hui bien oubli&#233;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH133/arton1024-1104f.jpg?1772261815' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hermann Hesse : cet auteur majeur semble aujourd'hui bien oubli&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il compte pourtant parmi les rares romanciers allemands qui ont marqu&#233; le XXe si&#232;cle, &#224; l'&#233;gal d'un Thomas Mann, d'un Kafka, d'un Musil. Parmi les grands titres qu'il nous a laiss&#233;s (dans l'ordre : &lt;i&gt;Siddartha, Le loup des steppes, Narcisse et Goldmund, Le jeu des perles de verre&lt;/i&gt;), le premier a promu Hermann Hesse au rang d'&#233;crivain universel ; Il a suscit&#233; l'enthousiasme d'une jeunesse en r&#233;volte sur tous les continents, vers la fin des ann&#233;es soixante. Une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re s'est reconnue dans la qu&#234;te obstin&#233;e d'un adolescent indien r&#233;solu &#224; trouver sa voie personnelle, sa v&#233;rit&#233; intime, au prix d'une rupture de tous ses liens sociaux et du sacrifice d'une vie confortable. Avec plusieurs d&#233;cennies d'avance, &lt;i&gt;Siddartha&lt;/i&gt; annon&#231;ait l'esprit de la Beat Generation am&#233;ricaine ; la r&#233;volte &#233;tudiante qui, &#224; l'approche des ann&#233;es soixante-dix, a secou&#233; tout l'Occident, en a puissamment amplifi&#233; l'&#233;cho. Ce roman a &#233;t&#233; son &#233;tendard, sa Bible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la situation d'Hermann Hesse dans son &#233;poque, je renvoie le lecteur &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hermann Hesse donc, ap&#244;tre d'une qu&#234;te de soi-m&#234;me, d'une recherche intransigeante qui le pousse &#224; se d&#233;faire de tous ses liens, &#224; contester les institutions les plus v&#233;n&#233;r&#233;es &#8211; tradition, religion, famille &#8211; pour affirmer la seule loi qui vaille : celle de l'individu et de son droit &#224; r&#233;aliser son d&#233;sir. L'individu comme valeur ultime ? La proposition semble de nature &#224; int&#233;resser la jeunesse de notre &#233;poque, qu'on dit &#233;perdue d'&#233;panouissement individuel &#8211; au point que la coh&#233;sion de nos soci&#233;t&#233;s en serait gravement menac&#233;e. C'est pourtant se contenter d'un slogan facile et d'une conception bien superficielle de cet &#171; individu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il convient de le lire de plus pr&#232;s, et c'est sans doute la raison pour laquelle cet auteur exigeant est aujourd'hui moins en vogue. Lorsque Hermann Hesse demande &#224; chacun de &#171; se trouver soi-m&#234;me &#187; (expression devenue aujourd'hui si banale et galvaud&#233;e qu'elle invite &#224; la vigilance) et de s'affirmer &#8211; en de multiples occasions, notamment dans son abondante correspondance, il conjure les jeunes de son pays &#224; &#171; prendre au s&#233;rieux leur propre personne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf H.H., Briefwechsel (Correspondance), Francfort 1974 &#233;dit. Suhrkamp, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211;, ce n'est pas simplement au nom d'un ego ayant droit &#224; la satisfaction de ses d&#233;sirs imm&#233;diats. Il lui importe bien davantage de se conna&#238;tre et d'&#233;couter la part secr&#232;te de son &#234;tre ; n'y a-t-il pas en chacun une tendance au renoncement, &#224; la capitulation devant une autorit&#233; arbitraire ? Une peur de laisser se d&#233;chainer des forces int&#233;rieures encore inconnues ? Comment pouvons-nous vivre avec le perp&#233;tuel grondement de ce d&#233;saccord au plus profond de nous-m&#234;mes ? L'&#339;uvre d'Hermann Hesse est tout enti&#232;re travers&#233;e par cette tension entre cette part de nous-m&#234;me d&#233;sireuse d'une paix avec la soci&#233;t&#233; au prix du conformisme le plus vil, et cette autre part, obscure et r&#233;volt&#233;e, dont nous n'avons qu'une connaissance confuse. &#338;uvre tourment&#233;e, d&#233;chir&#233;e, violente, aupr&#232;s de laquelle les d&#233;lires du Surr&#233;alisme ne sont souvent que paisibles plaisanteries, et que seul peut-&#234;tre un Blaise Cendrars parvient &#224; &#233;galer ; &#339;uvre qui c&#244;toie le crime et le suicide, et qui semble d&#233;montrer que la qu&#234;te de soi-m&#234;me est une t&#226;che paradoxale : &#224; la fois n&#233;cessaire et impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette recherche, Hermann Hesse l'a pourtant poursuivie tout au long de son existence. Sa vie fut-elle donc un enfer ? Bien des pages de ses confidences nous donnent des raisons de le croire. Et bien des fois il a eu la tentation d'y mettre fin, n'&#233;taient les quelques &#233;claircies qui lui ont rendu courage. Parmi ces &#233;claircies, il faut compter son &#339;uvre peinte : ce sont des milliers d'aquarelles, dont certaines admirables, qu'il laisse &#224; la post&#233;rit&#233;, et si le public allemand et suisse est aujourd'hui bien renseign&#233; sur cet aspect de son &#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mentionnons seulement : la fondation qui lui a &#233;t&#233; consacr&#233;e &#224; Montagnola (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le n&#244;tre reste tr&#232;s largement ignorant de cette &#171; part de lumi&#232;re &#187; dans la vie d'Hermann Hesse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9321 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L494xH650/13_visiondereve1-bbde7.jpg?1509805939' width='494' height='650' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vision de r&#234;ve &#8211; d&#233;cembre 1917
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; parcourir ce dossier riche et pourtant in&#233;gal &#8211; il comporte de tr&#232;s belles r&#233;ussites, mais &#233;galement des r&#233;alisations assez quelconques &#8211;, nous sommes amen&#233;s &#224; nous poser bien des questions. Quelle place, quelle signification accorder, au sein d'une production aussi imposante, &#224; ces &#339;uvres peintes &#8211; ce sont, pour la plupart, des paysages de la Suisse italienne ? Quelle valeur Hesse leur attribuait-il personnellement ? Un fait m&#233;rite d'&#234;tre retenu : l'&#233;crivain s'avoue d&#233;pourvu du moindre talent de dessinateur ou de peintre, et ce n'est qu'au prix d'un effort opini&#226;tre qu'il parvient, au bout de quelques ann&#233;es, &#224; un r&#233;sultat relativement acceptable. C'est dire l'importance, &#224; ses yeux, de ce moyen d'expression. Quels en sont donc la fonction et l'enjeu dans son &#233;conomie psychique ? Nous savons qu'il ne recherchait sur ce terrain nul prestige (bien qu'il ait eu l'occasion d'exposer ses propres r&#233;alisations aux c&#244;t&#233;s d'artistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment avec Emil Nolde.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de renom, et de recueillir des appr&#233;ciations &#233;logieuses). Ces aquarelles ne sont-elles que le reflet, une simple illustration de ses motifs romanesques ? Leur apportent-elles au contraire un contrepoids de nature &#224; modifier, ou du moins &#224; &#233;largir la port&#233;e de son message ? C'est ce qu'il convient d'examiner, en &#233;mettant l'hypoth&#232;se suivante : dessiner et peindre n'apportent-ils pas &#224; Hermann Hesse un soulagement inesp&#233;r&#233;, ne laissent-ils pas entrevoir l'issue de sa crise existentielle ? Cette activit&#233; pourrait lui offrir plus qu'un sursis : elle pourrait le sauver d'un naufrage annonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH576/14_visiondereve2-8b151.jpg?1772217640' width='500' height='576' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vision de r&#234;ve &#8211; 1916-1917
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux sources de l'expression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque p&#233;n&#232;tre dans l'&#339;uvre romanesque d'Herman Hesse ne tarde pas &#224; s'&#233;tonner de l'omnipr&#233;sence des conflits qui la traversent ; conflits latents quoique douloureux d&#233;j&#224;, dans les textes ant&#233;rieurs &#224; 1914, et qui par la suite ne cessent de s'exacerber, jusqu'au paroxysme que constitue &lt;i&gt;Le loup des steppes&lt;/i&gt; (1927). Le lecteur curieux de l'itin&#233;raire personnel de l'auteur a t&#244;t fait de constater, par les nombreux signes et clins d'&#339;il gliss&#233;s au fil des pages, le caract&#232;re fortement autobiographique de chaque r&#233;cit. Tous les personnages ne sont qu'autant de pr&#234;te-noms, leurs tribulations, leurs souffrances, Hesse les a v&#233;cues lui-m&#234;me, parfois tr&#232;s peu de temps avant de les transcrire dans des fictions. C'est, &#224; peine d&#233;guis&#233;e, sa propre histoire qu'il met en sc&#232;ne. R&#233;cits-confessions, par lesquels il se d&#233;livrerait de son pass&#233; ? Cependant toute confession chez Hesse s'accompagne, semble-t-il, d'un besoin d'expiation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle tension p&#232;se sur lui ! Depuis son enfance, Hermann est hant&#233; par le spectre d'une faute commise ; il va jusqu'&#224; pr&#233;voir la souillure d'un p&#233;ch&#233; &#224; venir. Tel est le fardeau dont l'ont charg&#233; ses parents, habitants d'une bourgade foresti&#232;re d'Allemagne m&#233;ridionale bien &#233;loign&#233;e des mouvements culturels et sociaux qui transforment, &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;, les grandes villes de ce pays. Eux sont demeur&#233;s fid&#232;les &#224; une foi ancestrale, h&#233;rit&#233;e de la doctrine pi&#233;tiste n&#233;e au d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle ; ils en sont les serviteurs z&#233;l&#233;s, dans leur action sociale comme dans leur pr&#233;dication. Fond&#233;e sur l'hostilit&#233; envers toute autorit&#233; institu&#233;e, cette forme de pi&#233;t&#233; ne conna&#238;t qu'une seule instance : Dieu en personne, un dieu tr&#232;s peu mis&#233;ricordieux, un juge plut&#244;t, face auquel seule notre vertu et nos &#339;uvres ont quelque chance d'obtenir quelque indulgence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je renvoie &#224; la description du milieu familial et de l'h&#233;ritage spirituel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aussi n'y a-t-il, dans l'&#233;ducation d'Hermann et de ses fr&#232;res et s&#339;urs, gu&#232;re de place pour les sentiments. Bien rares, les souvenirs d'une marque de tendresse. Tr&#232;s vifs et cuisants, au contraire, ceux des punitions subies pour les manquements &#224; un devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'exprimer, dans un tel climat spirituel ? Certes, si l'on entend par l&#224; un examen de conscience&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression musicale de la seconde moiti&#233; du XVIIIe si&#232;cle, marqu&#233;e par ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; c'est m&#234;me recommand&#233;. Pas question cependant de confondre cet exercice avec l'&#233;criture d&#233;sordonn&#233;e d'une imagination hors de contr&#244;le ! Les fantaisies po&#233;tiques que s'autorise Hermann dans son enfance sont accueillies avec froideur par son p&#232;re, il y soup&#231;onne la manifestation d'une &#226;me rebelle. Rien de bien original, objectera-t-on, dans cette r&#233;bellion. L'esprit de r&#233;volte n'est-il pas justement la caract&#233;ristique de la g&#233;n&#233;ration &#224; laquelle appartient le jeune Hermann ? Depuis Frank Wedekind et le br&#251;lot que fut son &lt;i&gt;Eveil du Printemps&lt;/i&gt;, en passant par Thomas Mann, R.M.Rilke et toute une cohorte de po&#232;tes et de peintres regroup&#233;s sous la banni&#232;re du mouvement expressionniste, la g&#233;n&#233;ration n&#233;e peu apr&#232;s la cr&#233;ation du Grand Reich s'&#233;l&#232;ve avec force contre la loi de ses p&#232;res ; des p&#232;res &#171; fondateurs &#187; d'une civilisation industrielle, technique et bancaire, des p&#232;res avides d'&#233;tendre leur pouvoir et d'installer le r&#232;gne d'une Allemagne dominatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hermann Hesse n'est que l'un de ces jeunes, parmi des milliers d'autres, &#224; pratiquer l'&#233;criture comme un d&#233;fi. Sauf qu'en ce qui le concerne, la tension entre l'esprit de soumission et le d&#233;sir de transgresser les interdits se fait de plus en plus insoutenable. L'expression se fait chez lui le territoire, le champ clos de ce combat. Seule la voie de la cr&#233;ation litt&#233;raire et artistique offre une issue &#224; ce conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre dans &lt;i&gt;Demian&lt;/i&gt;, court roman r&#233;dig&#233; dans les ann&#233;es les plus sombres de la Grande Guerre, qu'apparaissent en pleine lumi&#232;re les multiples facettes du combat int&#233;rieur d'Hermann Hesse, et que s'exposent ses enjeux. Il n'est sans doute pas indiff&#233;rent que le manuscrit ait &#233;t&#233; adress&#233; &#224; l'&#233;diteur sous le pseudonyme d'Emil Sinclair : c'est sous un masque que se font le plus ais&#233;ment les confessions et les aveux. Celui qui s'exprime ici &#224; la premi&#232;re personne se contente de raconter, &#224; d'infimes d&#233;tails pr&#232;s, l'entr&#233;e dans l'adolescence, puis dans la vie adulte, d'Hermann Hesse lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#232;s l'enfance que s'installe le conflit ; il divise une jeune &#226;me, la d&#233;chire entre deux mondes incompatibles. D'un c&#244;t&#233;, un monde de lumi&#232;re et d'ordre offrant &#224; l'enfant la s&#233;curit&#233; parentale, garante elle-m&#234;me de l'ob&#233;issance &#224; des r&#232;gles, &#224; des lois fond&#233;es sur ce qu'il croit &#234;tre le bon sens. Mais ce monde n'est pas le seul monde. &#194;g&#233; d'&#224; peine dix ans, Emil a le pressentiment qu'il existe un autre monde, plong&#233; dans l'obscurit&#233; et o&#249; r&#232;gne le d&#233;sordre ; un monde dangereux, myst&#233;rieux, inqui&#233;tant, cependant attirant pour ces m&#234;mes raisons ! Emil s'enhardit et entrouvre ses portes. D&#232;s les premiers pas, il commet, &#224; l'instigation d'un gar&#231;on plus &#226;g&#233; que lui, une peccadille. Ce dernier, mettant &#224; profit la na&#239;vet&#233; d'Emil, appara&#238;t d'abord sous les traits du Tentateur, puis d'un ma&#238;tre chanteur averti. Apr&#232;s avoir encourag&#233; Emil &#224; commettre un larcin, il le menace de le d&#233;noncer &#224; ses parents. En &#233;change de son silence, il lui r&#233;clame une forte somme d'argent. Glac&#233; d'&#233;pouvante, Emil voit se succ&#233;der les nuits d'insomnie ; sa sant&#233; s'alt&#232;re. Le temps de l'innocence heureuse est r&#233;volu, irr&#233;m&#233;diablement perdu. Pour autant, Emil regrette-t-il sa faute ? Nous assistons ici au premier coup de th&#233;&#226;tre de son existence : elle est certes douloureuse, cette exp&#233;rience. Mais elle constitue surtout une initiation : elle vient de lui r&#233;v&#233;ler l'existence d'un monde infiniment plus complexe dont son p&#232;re, enferm&#233; dans l'univers born&#233; de ses dogmes rigides, n'a pas la moindre notion. Alors prend naissance dans l'esprit d'Emil cet &#233;trange sentiment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je me sentais sup&#233;rieur &#224; mon p&#232;re !&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Demian, S&#228;mtliche Werke 3 Die Romane, Francfort 2001, &#233;dit. Suhrkamp p. 246.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentiment &#224; vrai dire tr&#232;s inconfortable, qui prend acte d'une rupture int&#233;rieure, qui brise des liens de confiance, introduit un malaise dans la famille, projette pr&#233;matur&#233;ment dans l'inconnu un esprit encore trop tendre. Dans l'Inconnu, et non pas dans le Mal : la nuance est d'importance. Tout enfant qu'il est, Emil pressent d&#233;j&#224; qu'il ne souhaite pas faire dispara&#238;tre ce mal ; celui-ci loge au plus profond, au plus intime de sa personne. D&#232;s lors il s'agira plut&#244;t d'en prendre son parti et au besoin, de se prot&#233;ger de ses effets. L'itin&#233;raire de l'adolescent se confondra d&#233;sormais, dans le roman de &lt;i&gt;Demian&lt;/i&gt;, avec les exp&#233;riences favorisant son acceptation de la dualit&#233; de ses tendances int&#233;rieures. Chemin escarp&#233;, o&#249; erreurs et illusions guettent l'adolescent ; bien des fois Emil est sur le point de s'&#233;garer dans des impasses. Emil n'a pas connaissance de ses forces ni de ses limites ; projet&#233; dans un monde qui &#233;chappe aux r&#232;gles ordinaires, il prend des risques inconsid&#233;r&#233;s ; malgr&#233; les m&#233;saventures qu'il subit, il &#233;prouve la fiert&#233; d'un initi&#233;, en con&#231;oit, bien &#224; tort, un sentiment de sup&#233;riorit&#233;. A plusieurs reprises il est sauv&#233;, presque par miracle, gr&#226;ce &#224; l'intervention d'un jeune homme d'une surprenante maturit&#233; : celui-ci n'est autre que Demian, en qui le lecteur n'a aucun mal &#224; reconna&#238;tre le &#171; daimon &#187; grec, ce g&#233;nie qui, dans les heures d&#233;cisives, inspire nos meilleures actions. Demian intervient-il &#224; la mani&#232;re d'un ange gardien ? En apparence seulement, car peu lui importe de remettre Emil sur le chemin de la vertu. Il l'invite bien plut&#244;t &#224; d&#233;couvrir sa propre loi int&#233;rieure et &#224; n'avoir qu'un faible souci du jugement des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ob&#233;ir &#224; notre loi int&#233;rieure, &#224; une autorit&#233; ne valant que pour nous seuls ? C'est d'une r&#233;volution que parle Demian. Elle &#233;branle notre culture jusqu'en ses fondements. Annonc&#233;e il y a peu par l'injonction de Nietzsche : &#171; Deviens ce que tu es ! &#187; (&#171; Werde, der du bist ! &#187;), elle fait retour comme la r&#233;plique d'une secousse tellurique. Hesse place en avant-propos du roman un avertissement au lecteur qui fait &#233;cho au commandement de Nietzsche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La vie de chaque &#234;tre humain est un chemin vers lui-m&#234;me, la tentative &lt;br class='autobr' /&gt;
d'un chemin, l'esquisse d'un sentier. Jamais aucun &#234;tre humain n'a &#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
enti&#232;rement lui-m&#234;me ; mais malgr&#233; tout chacun aspire &#224; le devenir, l'un&lt;br class='autobr' /&gt;
confus&#233;ment, l'autre de mani&#232;re plus limpide ; chacun selon ses moyens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chacun transporte avec lui des r&#233;sidus de sa naissance, s&#233;cr&#233;tions ou &lt;br class='autobr' /&gt;
coquilles d'&#339;ufs de son entourage, et ceci jusqu'&#224; sa fin. Plus d'un n'acc&#232;de jamais &#224; l'&#233;tat d'humain, demeure grenouille, l&#233;zard ou fourmi. Plus &lt;br class='autobr' /&gt;
d'un est humain en sa partie sup&#233;rieure et reste poisson en sa partie&lt;br class='autobr' /&gt;
inf&#233;rieure. Mais chacun est un projet de la Nature en vue de l'humain.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In : H.H., S&#228;mtliche Werke 3 Die Romane, Francfort 2001, &#233;dit. Suhrkamp p. 236.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vibrante exhortation, o&#249; se m&#234;lent sagesse profonde et lumineux optimisme ! Message d'esp&#233;rance r&#233;dig&#233; en 1917, dans les heures les plus tragiques de l'histoire europ&#233;enne. Demian ne para&#238;t toutefois qu'en 1919, tandis que les nations bellig&#233;rantes se rel&#232;vent lentement du cataclysme. Le message surprend tout autant si l'on se repr&#233;sente les difficult&#233;s personnelles auxquelles Hesse doit alors faire face : son isolement intellectuel, confin&#233; dans la Suisse italienne qui l'abrite, lui le r&#233;prouv&#233;, honni en Allemagne pour son pacifisme et son hostilit&#233; au chauvinisme pangermanique ; sa mis&#232;re sociale, lui qui est priv&#233; de ressources et doit vivre d'exp&#233;dients. Sa solitude affective, son mariage avec une femme aux nerfs fragiles est un d&#233;sastre, et l'&#233;ducation de ses enfants en souffre gravement. La menace p&#232;se d&#233;sormais sur sa sant&#233; physique, et plus encore sur son &#233;quilibre psychique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Gunnar Decker, opus cit&#233;, p. 480 sq.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment entendre, dans pareil contexte, cet appel &#224; trouver &#171; son chemin vers soi-m&#234;me &#187; ? C'est, pour une bonne part, un d&#233;fi, une bravade envers la Destin&#233;e. Il est cependant permis d'y voir &#233;galement l'influence bienfaisante de la th&#233;rapie analytique entreprise par Hesse au tournant des ann&#233;es 1916-1917.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_gothard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH415/3_gothard-9eb46.jpg?1509814313' width='500' height='415' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;H&#228;user im Nebel &#8211; um 1923
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. En chemin vers soi : voies, impasses et cha&#238;nes du moi psychologique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise d'adolescence marqu&#233;e par la r&#233;bellion contre l'institution scolaire, la vantardise bruyante des jeunes gens en mal d'affirmation de leur virilit&#233;, la fr&#233;quentation des bars, les concours ineptes des buveurs de bi&#232;re : la liste est longue des errements d'Emil Sinclair. Elle n'est, h&#233;las, que le fid&#232;le reflet des comportements d'Hermann Hesse qui, &#224; l'approche de la quarantaine, est loin de s'assagir. Ses &#233;carts et escapades ne lui procurent que des satisfactions momentan&#233;es ; en s'&#233;tourdissant, il tente de fuir un mal-&#234;tre profond qui ne tarde pas &#224; le rattraper. Apparaissent les vell&#233;it&#233;s suicidaires &#8211; elles sont clairement &#233;voqu&#233;es dans &lt;i&gt;Demian&lt;/i&gt;, mais attribu&#233;es &#224; des personnages secondaires afin d'en att&#233;nuer la violence. Hesse se sent en grand danger. D&#233;j&#224; habitu&#233; des &#233;tablissements de cure en raison d'une sant&#233; fragile, il ne lui reste qu'un pas &#224; franchir pour confier son malaise psychique aux experts en cette mati&#232;re. La science psychanalytique et sa pratique clinique sont encore jeunes ; parmi les intellectuels et les artistes, les pr&#233;ventions envers cette m&#233;thode th&#233;rapeutique sont tr&#232;s fortes. Hesse semble pourtant n'avoir pas le choix. Il r&#233;side &#224; Berne ; or en Suisse, c'est Carl Gustav Jung qui fait &#233;cole, s'&#233;tant r&#233;cemment &#233;mancip&#233; de la tutelle viennoise. C'est donc tout naturellement aupr&#232;s d'un assistant de Jung que se rend Hermann Hesse ; celui-ci le re&#231;oit dans son cabinet de Lucerne, et l'auteur y poursuit sa cure tout en se consacrant &#224; la r&#233;daction de &lt;i&gt;Demian&lt;/i&gt; et de plusieurs nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la conception freudienne de la s&#233;ance psychanalytique, presque exclusivement centr&#233;e sur la parole du patient, celle de Jung favorise le libre exercice de l'imagination chez ce dernier, sollicite ses capacit&#233;s de repr&#233;sentation ; le th&#233;rapeute ne se cantonne pas dans un &#171; silence bienveillant &#187;, mais fait acte de pr&#233;sence, intervient comme un guide secourable, parfois comme un conseiller amical. La relation clinique s'enrichit de supports visuels, tels que le dessin ou la photographie. Jung lui-m&#234;me ne m&#233;dite-t-il pas depuis plusieurs ann&#233;es sur l'iconographie que nous ont laiss&#233;e, depuis la nuit des temps, les astrologues et les alchimistes ? Ne se plonge-t-il pas dans les textes des moines bouddhistes et tao&#239;stes pour puiser, &#224; la source des mythes et des symboles, des enseignements inaccessibles &#224; notre science occidentale ? Ses r&#233;flexions l'entra&#238;nent &#224; &#233;tudier sur sa propre personne les effets des repr&#233;sentations graphiques auxquelles s'exer&#231;aient les moines tib&#233;tains ; &#224; cette fin, il met &#224; profit son remarquable talent artistique, dont le &lt;i&gt;Livre Rouge&lt;/i&gt; (port&#233; tardivement &#224; la connaissance du public par ses h&#233;ritiers) constitue le t&#233;moignage. Sans doute est-ce sur le mod&#232;le de son mentor que le th&#233;rapeute d'Hermann Hesse encourage ce dernier &#224; donner &#224; ses r&#234;ves une forme visible en les tra&#231;ant sur le papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareille invitation n'est pas un mince &#233;v&#233;nement. Non pas qu'Hermann Hesse, romancier et po&#232;te d&#233;j&#224; renomm&#233;, se montre indiff&#233;rent aux arts visuels. C'est m&#234;me tout le contraire. Un de ses romans, &lt;i&gt;Rosshalde&lt;/i&gt;, paru &#224; la veille de la guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In : S&#228;mtliche Werke 3 Die Romane, opus cit&#233;.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont le personnage central est un peintre, est consacr&#233; aux joies et aux tourments de l'artiste pris en tenaille entre les exigences de sa mission et les servitudes de la vie quotidienne et bourgeoise &#8211; c'est, &#224; peine transpos&#233;e, la condition personnelle d'Hermann Hesse. En bon connaisseur de la vie artistique de son temps, il arrive &#224; Hesse d'intervenir publiquement, par voie de presse, &#224; l'occasion d'une exposition. Mais il ne s'est pas encore essay&#233; &#224; la pratique en tant que telle, et se r&#233;v&#232;le &#8211; ses premiers dessins de r&#234;ves l'attestent &#8211; d'une extr&#234;me gaucherie dans l'ex&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; bien m&#233;diocre de ses r&#233;alisations &#233;chapperait-elle au docteur Lang, analyste par ailleurs tr&#232;s sensible au talent litt&#233;raire de son patient ? Quel objectif poursuit-il donc en persistant &#224; l'encourager sur cette voie ? S'il s'agit simplement de s'exprimer, la r&#233;ussite est ind&#233;niable : les dessins d'Hermann Hesse rapportent des visions saisissantes, et ce n'est pas de r&#234;ves, mais bel et bien d'effrayants cauchemars qu'il convient de parler. Il y a sans doute autre chose : en dessinant, le patient proc&#232;de peut-&#234;tre &#224; un utile exercice de m&#233;morisation ; et il n'est pas exclu que l'exercice du dessin acc&#233;l&#232;re l'activit&#233; onirique, alimentant ainsi le mat&#233;riel livr&#233; au th&#233;rapeute pour le meilleur b&#233;n&#233;fice de la cure. Mais l'effort de dessiner a surtout pour effet de placer Hermann Hesse face &#224; lui-m&#234;me ; ses r&#233;alisations graphiques sont de v&#233;ritables coups de sonde dans des profondeurs insoup&#231;onn&#233;es, des r&#233;v&#233;lateurs qui l'obligent &#224; se reconna&#238;tre, en des images sans concession. C'est notamment le cas dans quelques autoportraits : quoique malhabiles, ils pr&#233;sentent l'avantage d'aller droit &#224; l'essentiel. Traits tir&#233;s, l&#232;vres fines et serr&#233;es comme si elles voulaient retenir une terrible r&#233;v&#233;lation &#8211; celle qu'aper&#231;oivent des yeux fixes et pleins de cruaut&#233;. La tension est extr&#234;me, aggrav&#233;e par l'usage, certes primitif mais ici judicieux, du couple de couleurs compl&#233;mentaires vert-rouge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH646/5_lestoitsdem1923-91160.jpg?1772217640' width='500' height='646' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Cortivallo &#8211; 21. 8. 1923
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces autoportraits sont r&#233;alis&#233;s dans un &#233;tat presque convulsif ; la confusion est totale entre Hermann et Emil, son double dans le roman &lt;i&gt;Demian&lt;/i&gt; ; le r&#233;cit apporte les d&#233;tails suivants : au cours d'une nuit fi&#233;vreuse, Emil trace sur le papier une s&#233;rie de visages, en tapisse les murs de sa chambre, s'y reconna&#238;t, mais y devine avec stupeur d'autres personnages apparaissant en filigrane derri&#232;re les contours ; leurs traits lui rappellent d'abord ceux de son ami Demian, mais ils empruntent &#233;galement un aspect f&#233;minin, &#233;voquant alors ceux de B&#233;atrice, une jeune femme crois&#233;e dans la rue et qui remplit d'une violente nostalgie le c&#339;ur d'Emil. Il est en proie au vertige : que signifient ces visions, et qu'annoncent-elles ? Plusieurs identit&#233;s peuvent-elles coexister en un seul &#234;tre ? Comment se &#171; mettre en chemin vers soi-m&#234;me &#187;, et comment en trouver le courage, s'il est trac&#233; d'avance et se pr&#233;sente sous un &#233;clairage aussi terrifiant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pourtant pas d'autre choix. La travers&#233;e de ces images est un passage oblig&#233;, Hermann pressent que c'est en raison m&#234;me de leur caract&#232;re &#233;quivoque qu'elles nous mettent sur la voie de notre v&#233;rit&#233; intime ; pour leur part, les images ext&#233;rieures, reflets du th&#233;&#226;tre social, nous enferment dans des illusions sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demian nous sugg&#232;re cependant une autre m&#233;thode d'acc&#232;s &#224; notre v&#233;rit&#233; individuelle, l&#233;g&#232;re variante de la pr&#233;c&#233;dente : elle consiste moins &#224; reproduire notre portrait physique momentan&#233; qu'&#224; d&#233;chiffrer les symboles permanents que renferment les images. C'est ainsi qu'il remarque, en se postant face &#224; la maison familiale d'Emil Sinclair, le blason qui orne le linteau du portail ; sur ce blason figure un &#233;pervier, dont il fait l'embl&#232;me d'Emil. Hermann Hesse compare volontiers son propre profil &#224; celui de cet oiseau pr&#233;dateur ; ce n'est toutefois pas de cette image superficielle que Demian veut parler, mais de la mission, de la destin&#233;e, de la raison d'&#234;tre de son jeune ami. Nombreux sont les oiseaux qui traversent le ciel dans les romans et nouvelles d'Hermann Hesse &#8211; depuis &lt;i&gt;Demian&lt;/i&gt; jusqu'&#224; &lt;i&gt;Narcisse et Goldmund&lt;/i&gt;, en passant par &lt;i&gt;Siddartha&lt;/i&gt;. On en aper&#231;oit l'un d'eux, pos&#233; sur un arbre solitaire, dans le paysage montagneux et d&#233;sertique d'une aquarelle, qui semble nous livrer un message d&#233;cisif pour l'avenir du h&#233;ros d'un &#233;crit romanesque. Toujours la pr&#233;sence de l'oiseau nous rappelle l'urgence d'une lib&#233;ration : n'a-t-il pas d&#251; briser la coquille dans laquelle il fut couv&#233; ? C'est donc un appel &#224; la lib&#233;ration des chaines familiales et sociales, &#224; un vol souverain au-dessus des contingences humaines, tel qu'il a pu &#234;tre lanc&#233; par Baudelaire, par Rimbaud, par Nietzsche. L'altitude nous condamne &#224; la solitude ? Ce n'est, pense Demian, pas trop cher pay&#233; pour devenir soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne semble pas sans int&#233;r&#234;t de constater, sur ce terrain de la production de symboles, qu'il existe des similitudes entre les esquisses d'Hermann Hesse et les dessins infiniment plus &#233;labor&#233;s de C.G.Jung. Parmi ceux qu'il a r&#233;unis dans le volume intitul&#233; &lt;i&gt;Le Livre Rouge&lt;/i&gt;, et dont la plupart sont contemporains des principales &#339;uvres d'Hermann Hesse, l'un d'eux repr&#233;sente un personnage aux ailes d&#233;ploy&#233;es. Pourtant rien ne l'assimile &#224; un ange : sa longue barbe blanche rappellerait plut&#244;t quelque vieux chevalier sorti d'un drame wagn&#233;rien, veillant sur un tr&#233;sor ou sur un secret imm&#233;morial. Pour Jung comme pour Hesse, l'acc&#232;s &#224; soi-m&#234;me pose la question des images sous toutes leurs formes ; au nombre de celles-ci comptent les &#233;v&#233;nements, les rencontres, les &#233;preuves auxquels nous soumet l'existence ; beaucoup parmi ces images ne sont qu'illusions auxquelles nous avons la faiblesse de nous attacher.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH552/6_lestoitsdem1923-f2bfa.jpg?1509805281' width='500' height='552' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D&#228;cher von Montagnola &#8211; um 1923
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Afin de mettre un terme &#224; l'incessant d&#233;fil&#233; de ces images, Jung se met en qu&#234;te d'une figuration stable, essentielle. Il est lui-m&#234;me, &#224; l'&#233;gal de Hesse, hant&#233; par des r&#234;ves d'une terrible violence &#8211; une biographie compar&#233;e r&#233;v&#232;lerait, sur bien des points, une surprenante parent&#233; entre les deux hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Carl Gustav Jung : Erinnerungen Tr&#228;ume Gedanken, New York 1961, &#233;dit. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, si bien que leur rencontre effective, au tournant de 1920, semble inscrite dans la logique des choses - ; parvenu aux limites de la crise psychotique, c'est la m&#233;ditation sur les mandalas, figures du Bouddhisme et du Tantrisme, qui lui rend quelque s&#233;r&#233;nit&#233; ; il commence &#224; s'y exercer &#224; son tour, aux environs de 1910, et leur imprime sa marque originale. Il en fait bient&#244;t l'une de ses occupations favorites. &#171; Devenir soi-m&#234;me &#187; &#224; travers ce dispositif pictural constitue d&#233;sormais sa contribution majeure &#224; l'aventure psychanalytique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milieux inform&#233;s d&#233;couvriront assez vite que sa conception du &#171; moi &#187; s'est passablement &#233;loign&#233;e de celle de Freud, et que ce dernier avait r&#233;sum&#233;e dans la formule : &#171; L&#224; o&#249; &#233;tait le &#231;a, doit advenir le moi &#187; (&#171; Wo Es war, soll Ich werden &#187;). Similaire en apparence &#224; celle du fondateur de la psychanalyse, la d&#233;marche jungienne s'en &#233;carte en ce qu'elle repose sur une d&#233;finition oppos&#233;e du &#171; &#231;a &#187;, et par voie de cons&#233;quence, du &#171; moi &#187;. Tandis que pour Freud, l'inconscient n'est jamais que la somme des refoulements impos&#233;s par la vie sociale, l'Inconscient est selon Jung un ph&#233;nom&#232;ne majuscule, nourri par les s&#233;diments d&#233;pos&#233;s dans notre m&#233;moire depuis les g&#233;n&#233;rations les plus lointaines ; les mythes ancestraux en constituent un terreau d'une infinie richesse. Il est le tr&#233;sor oubli&#233; auquel nous n'avons acc&#232;s qu'&#224; travers nos r&#234;ves. Nous avons pour t&#226;che de l'explorer, de l'affronter, de le transformer ; il peut nous &#234;tre fatal si nous le subissons, b&#233;n&#233;fique si nous savons le ma&#238;triser. Mais nul ne saurait devenir lui-m&#234;me en s'obstinant &#224; l'ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voie royale de l'exploration de cet inconscient et, partant, d'un acc&#232;s &#224; la pl&#233;nitude d'un &#171; moi &#187;, consiste donc &#224; projeter sur le papier notre v&#233;cu et nos &#233;motions. Le moindre dessin d'enfant fonctionne &#224; la mani&#232;re d'un sismographe de ses affects. La projection sur un plan g&#233;om&#233;trique n'est qu'une variante tr&#232;s &#233;labor&#233;e de cet instinct graphique : notre corps s'y dispose comme sur une carte. Contentons-nous, dans le cadre de cet expos&#233;, de cette simple hypoth&#232;se, en faisant abstraction de l'appareil philosophique et symbolique qui le sous-tend. Chacun peut ais&#233;ment comprendre l'effet que produit ce rabattement de nos affects sur un plan : c'est une mise &#224; distance, et le transfert de notre dur&#233;e personnelle sur la dimension spatiale vise &#224; nous inscrire dans un cadre plus large, &#224; replacer le moi dans une relation &#224; ce qui lui est ext&#233;rieur ; le moi se r&#233;duit &#224; un simple point au sein d'un vaste ensemble, il n'est plus que le motif passager d'une symphonie, ou plus exactement le simple &#233;l&#233;ment d'une synchronie. En est-il le centre, comme le serait le moyeu d'une roue ? Ce centre est-il capable d'imprimer un mouvement &#224; cette roue, ou se contente-t-il de s'&#233;largir en cercles concentriques, tel une pierre jet&#233;e dans un lac ? A moins qu'il soit le centre d'un carr&#233; dont les angles formeront les points cardinaux d'un univers psychique parvenu &#224; la stabilit&#233; ? Tels sont les aspects les plus courants que prennent les mandalas. Qu'elle &#233;voque dynamisme ou au contraire statisme, la figuration du mandala vise &#224; localiser des zones d'&#233;nergie, &#224; leur d&#233;signer une place au sein d'un ensemble harmonieux dont les contours opposent l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur. Le moi s'apparente ici &#224; un cosmos o&#249; s'effectue en permanence une circulation de forces, un &#233;change d'&#233;nergies. Dans un tel dispositif, les relations entre conscience et inconscient semblent parvenues &#224; l'&#233;quilibre : le centre attire &#224; lui les forces ext&#233;rieures puis, les ayant absorb&#233;es, il les renvoie &#224; la p&#233;riph&#233;rie. Ce mouvement ne rend-il pas visible le processus d'individuation qui constitue le socle de la pens&#233;e jungienne ? N'est-il pas &#233;galement conforme en tous points &#224; la conception d'Hermann Hesse, selon laquelle toute trajectoire humaine a pour objectif la r&#233;alisation de soi-m&#234;me ? Rien de surprenant, par cons&#233;quent, dans le fait de voir ce dernier r&#233;aliser, &#224; la suite de Jung, &#224; son tour des mandalas. En effet, tout le rapproche de Jung : ils sont chacun fils de pasteur et se sont &#233;loign&#233;s de leur foi, le m&#233;diocre talent de pr&#233;dicateur de leurs g&#233;niteurs &#233;tant pour une bonne part responsable de ces d&#233;sertions ; tous deux manifestent, d&#232;s l'enfance, une attirance marqu&#233;e pour les ph&#233;nom&#232;nes dits &#171; paranormaux &#187; ; ils partagent enfin un go&#251;t prononc&#233; pour la spiritualit&#233; hindoue ; anim&#233;s d'une &#233;gale passion pour la mythologie de ce continent, c'est &#224; travers celle-ci qu'ils forgent la notion d'inconscient collectif, o&#249; l'&#233;l&#233;ment f&#233;minin est plac&#233; au c&#339;ur de la vie onirique et de la pulsion cr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH646/9_metamorphose1923-f3048.jpg?1772217641' width='500' height='646' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Aus &#187; Piktors Verwandlungen &#171; &#8211; 1923
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leur commune passion pour la civilisation de l'Inde n'est-elle pas de nature &#224; sceller entre eux une fraternit&#233; spirituelle ? &lt;i&gt;Siddartha&lt;/i&gt;, r&#233;dig&#233; en 1921 et publi&#233; l'ann&#233;e suivante, pourrait repr&#233;senter le fruit de leur communion d'id&#233;es. Or, sous les apparences de l'unit&#233;, c'est en r&#233;alit&#233; une discr&#232;te prise de distance que d&#233;crit ce roman, contemporain exact de la relation th&#233;rapeutique poursuivie par Hesse avec Jung. L'itin&#233;raire de son h&#233;ros progresse par ruptures successives avec ses ma&#238;tres ; il se d&#233;robe &#224; eux, s'en d&#233;pouille, tel un serpent devant effectuer ses mues, abandonnant derri&#232;re soi ses enveloppes mortes. On reconna&#238;t ici la pulsion de r&#233;bellion qui caract&#233;risait le jeune Hermann. R&#233;ussite sociale, liens amicaux ou amoureux, rien ne saurait retenir le talentueux &lt;i&gt;Siddartha&lt;/i&gt; dans sa marche vers une parfaite indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de tout bien terrestre. Est-ce v&#233;ritablement cela, le chemin qui conduit &#224; soi-m&#234;me ? L'ultime message du roman se r&#233;sume en un scepticisme d&#233;finitif quant &#224; toute entreprise humaine, et l'unique source de sagesse r&#233;side, selon Siddartha, dans le fleuve dont il s'est fait l'humble passeur : le spectacle de son flux permanent et son bruissement ininterrompu lui d&#233;montrent la vanit&#233; de toute entreprise, comme de toute philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impermanence, fluidit&#233; de toutes choses, vacuit&#233; des visions du monde ; futilit&#233; de nos valeurs, de nos distinctions morales. Tout cela n'est que d&#233;rision, aux yeux d'Hermann Hesse, face &#224; la puissance d'un D&#233;sir universel et aveugle pour lequel Bien et Mal, vertu et crime, vie et mort ne sont qu'accidents, et finalement pleinement &#233;quivalents, telles les deux faces d'une m&#234;me m&#233;daille. Se dessine d&#232;s lors, en filigrane, un doute sur les fins derni&#232;res de la &#171; psychologie analytique &#187; fond&#233;e par Jung : porter secours &#224; ce &#171; moi &#187; prisonnier de ses pulsions inconscientes ? Favoriser leur sublimation, afin de promouvoir l'insertion de l'individu dans la communaut&#233; humaine ? Hesse exprime son scepticisme sur cette d&#233;marche, s'en ouvre en toute franchise dans une lettre &#224; Jung : &#171; Sublimation&#8230; un sacrifice &#187;, op&#233;ration qu'il r&#233;prouve ; il n'en accepte qu'un seul : &#171; pour moi, la musique classique, celle de Bach, de Mozart, de Beethoven, m&#233;rite tous les sacrifices &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Briefwechsel, opus cit&#233;, p.126/127.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son cas est loin d'&#234;tre isol&#233;. Bon nombre d'&#233;crivains et d'artistes de son temps se d&#233;clarent m&#233;fiants envers la psychanalyse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je renvoie, sur ce point, le lecteur &#224; mon ouvrage Peinture et po&#233;sie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certains se sont, bien avant lui, allong&#233;s sur le divan d'un praticien. Rilke garde un souvenir douloureux de sa cure entam&#233;e sur les instances de Lou Andreas Salom&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf l'ouvrage collectif dirig&#233; par Michel Itty et Silke Schauder : Rainer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ce fut une torture qui aggravait son mal, il lui fallut y mettre une fin brutale. Beaucoup font part de leur franche hostilit&#233; envers cette intrusion dans leur vie affective ; ils craignent pour la plupart que cette intervention porte pr&#233;judice &#224; leur capacit&#233; cr&#233;atrice : ne les frapperait-elle pas de st&#233;rilit&#233; ? Certains y soup&#231;onnent l'instauration sournoise d'une police de l'&#226;me : au nom de ses hypoth&#232;ses arbitraires, la psychanalyse aurait pour objectif de r&#233;duire la vie psychique &#224; une norme. Mise en ordre de notre vie int&#233;rieure au nom de la science ! Son id&#233;al ne serait-il pas celui d'une humanit&#233; uniforme, qu'il conviendrait de mettre &#224; l'abri de tous les individus dangereux ? Ils gardent &#224; l'esprit la tentative toute r&#233;cente du sinistre docteur Lombroso pour d&#233;montrer qu'entre un g&#233;nie et un criminel, il n'y avait qu'une infime diff&#233;rence. La psychanalyse peine &#224; se d&#233;marquer de cette vision polici&#232;re de la vie psychique &#8211; en d&#233;pit des efforts de Freud pour distinguer ses propres approches de celles d'une psychiatrie normative. Pour un Gustav Mahler conquis, converti et &#171; gu&#233;ri &#187;, en quelques heures d'entretiens avec Freud, sur le paquebot qui les emm&#232;ne tous deux aux Etats-Unis, combien d'artistes pr&#233;f&#232;rent s'accommoder de leurs tourments ? Combien d'entre eux les cultivent, malgr&#233; les crises et parfois au p&#233;ril de leur vie ? Entre le sacrifice suppos&#233; de leur imagination cr&#233;atrice et le retour &#224; la banalit&#233; de la vie quotidienne une fois que serait banni leur d&#233;mon int&#233;rieur, ils n'h&#233;sitent pas. Plut&#244;t que de disperser aux quatre vents les miettes de son pass&#233; douloureux, Rilke pr&#233;f&#232;re rester fid&#232;le &#224; sa mission de po&#232;te. Cette mission ne consiste-t-elle pas &#224; b&#226;tir des fables, &#224; forger des mythes en vue d'&#233;difier ses contemporains, plut&#244;t qu'&#224; gaspiller en vains monologues les fragments de son enfance dans le secret d'un cabinet m&#233;dical ? A plus d'une d&#233;cennie d'&#233;cart et presque dans les m&#234;mes termes, Hermann Hesse reprend, dans sa lettre &#224; Jung, l'argumentation de Rilke. Il trace ainsi une nette fronti&#232;re entre le simple compte-rendu clinique et le processus de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de chercher ailleurs la raison d'une prise de distance. Ce faisant, Hesse assume d&#233;sormais le risque d'affronter seul les tourments psychiques, mais &#233;galement existentiels, qui vont le hanter tout au long des ann&#233;es vingt ; tourments qui sautent aux yeux du lecteur dans ses &#339;uvres, mais dont sa correspondance et le chaos de sa vie quotidienne attestent la pleine r&#233;alit&#233;. Ce n'est plus dans les pas de Jung, ce ma&#238;tre des mandalas et expert en sciences &#233;sot&#233;riques, mais dans ceux de Nietzsche, ce voyageur solitaire, qu'Hermann Hesse poursuit sa marche ; et de mani&#232;re symptomatique, c'est par un nouvel exercice du dessin que celle-ci proc&#232;de : plus simple, plus innocent, plus spontan&#233; que ses figures abstraites h&#233;rit&#233;es de la spiritualit&#233; hindoue, un dessin qui consiste &#224; s'ouvrir au paysage ext&#233;rieur, &#224; en recueillir les impressions et &#224; entamer avec lui un dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L426xH650/10_metamorphose1923-6bfdf.jpg?1509805282' width='426' height='650' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Aus &#187; Piktors Verwandlungen &#171; &#8211; 1923
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par-del&#224; l'&#233;criture asservie au moi : la peinture comme lib&#233;ration et r&#233;demption&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que serait-il advenu d'Hermann Hesse sans le secours du dessin et de l'aquarelle ? Une lettre &#224; une &#233;tudiante, en juillet 1930, en donne un aper&#231;u :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La vibration de quelques couleurs, au milieu d'une existence difficile&lt;br class='autobr' /&gt;
Et probl&#233;matique, peut recr&#233;er en nous la foi et la libert&#233;.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Briefwechsel, opus cit&#233;.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fr&#233;mit en lisant de telles confidences. Peu de choses rattachent Hesse &#224; la vie ; ce qui domine, c'est le paroxysme des tensions int&#233;rieures, le d&#233;go&#251;t de l'existence, les pulsions suicidaires. Ce climat lugubre est travers&#233; de quelques &#233;clairs de lumi&#232;re ; tous surviennent &#224; la faveur d'une pause dans l'&#233;criture. Hesse &#233;change le stylo pour le crayon et le pinceau, et se sent bient&#244;t apais&#233;, presque d&#233;livr&#233; d'un insupportable fardeau ; c'est ce qu'attestent plusieurs de ses d&#233;clarations. Ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les choses sont telles que je ne serais plus en vie depuis longtemps&lt;br class='autobr' /&gt;
si, dans les p&#233;riodes les plus graves de mon existence, mes premi&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
tentatives en peinture ne m'avaient consol&#233; et sauv&#233;.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Ina Seidel, 12/9/1925, in : Briefwechsel, opus cit&#233;.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifierait-il que cette activit&#233; serait en elle-m&#234;me source de bien-&#234;tre ? Comment rester sourd &#224; la plainte &#233;chapp&#233;e, &#224; l'aube du Romantisme, par Senancour, dans son m&#233;lancolique &lt;i&gt;Obermann&lt;/i&gt;, et dont l'&#233;cho r&#233;sonne encore parmi nous : &#171; Il me semble que si je savais peindre, je serais plus heureux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Obermann, premi&#232;re &#233;dition 1804, nouvelle &#233;dition Paris 1984, Gallimard p. 175.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Nul doute qu'Hermann Hesse partage ce jugement, lui qui avoue que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans cette existence que je ressens de plus en plus comme une torture,&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est [&#8230;] parmi les rares joies qui me rattachent malgr&#233; tout &#224; la vie,&lt;br class='autobr' /&gt;
avec le soleil de l'&#233;t&#233;, mon attirance &#233;rotique occasionnelle pour les &lt;br class='autobr' /&gt;
femmes, il y a avant tout la peinture.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Die Grenzen &#252;berfliegen&#8230;, opus cit&#233;, p. 71.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes. S'agit-il, pour autant, d'une nouvelle conversion ? Et se serait-elle op&#233;r&#233;e si facilement ? Il convient d'observer ici avec prudence, et de suivre ce qui s'apparente plut&#244;t &#224; un cheminement lent et r&#233;gulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, pour commencer, les dessins de r&#234;ve, r&#233;alis&#233;s sous l'impulsion du docteur Lang : visions d'&#233;pouvante sans exception aucune. Un personnage difforme, prostr&#233;, pench&#233; sur une table de bar, au milieu d'une place vide ; sur l'horizon que ferme une cha&#238;ne de montagnes court un animal minuscule, dont la couleur rouge vif semble pourtant lourde de menaces. Ailleurs c'est un ivrogne titubant, errant dans une rue, tandis que les arbres se tordent sous la violence du vent ; ailleurs encore, des serpents dressent leurs t&#234;tes hors de leur cage, dardent leurs langues, s'appr&#234;tent &#224; mordre un promeneur imprudent. Ou alors c'est un corps de femme, trac&#233; &#224; grands traits sch&#233;matiques, qui s'impose en gros plan : le d&#233;sir se d&#233;voile ici avec une force presque agressive qu'accentue son anonymat ; car cette femme n'a pas besoin de t&#234;te, elle se donne &#224; conna&#238;tre comme la femme des origines, &#224; la fois d&#233;sirable et mena&#231;ante.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_gothard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH463/4_gothard-b3271.jpg?1772217641' width='500' height='463' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Blick zum Gotthard &#8211; um 1924
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Terreurs anciennes, traumatismes ingu&#233;rissables, annonces de malheurs &#224; venir ? Tout cela se m&#234;le ici dans une extr&#234;me confusion, et l'auteur de ces dessins leur attribue sans h&#233;siter une valeur de pr&#233;sage. Nulle vertu adjuvante ou apaisante dans ces repr&#233;sentations ; elles r&#233;veillent, redoublent une angoisse, ravivent une plaie, rendent imminente la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forte est alors la tentation, pour qui se penche avec attention sur le riche catalogue des aquarelles, de distinguer nettement ces &#171; visions de r&#234;ves &#187; des paysages qu'Hermann Hesse a multipli&#233;s, avec un bonheur &#233;vident, durant ses randonn&#233;es dans le Tessin. Faute d'acc&#232;s &#224; l'ensemble de sa production graphique et picturale, il n'est pas facile d'ordonner cette production en p&#233;riodes. Les paysages ont-ils remplac&#233; d&#233;finitivement les visions de cauchemar ? Les deux genres se sont-ils entrem&#234;l&#233;s au contraire, au moins jusque vers 1927, &#233;poque d'une crise aig&#252;e ? La persistance discr&#232;te de certains motifs mena&#231;ants sur certaines aquarelles accr&#233;dite cette derni&#232;re hypoth&#232;se. Quoiqu'il en soit, si la qu&#234;te de toute une vie &#224; consist&#233; pour Hesse &#224; &#171; trouver son r&#234;ve &#187;, nul doute que c'est dans ces aquarelles qu'il a atteint son but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecartons d'embl&#233;e la facilit&#233; de porter sur elles un jugement esth&#233;tique (certains observateurs se sont parfois montr&#233;s s&#233;v&#232;res, par malveillance ou simple n&#233;gligence). C'est ici la d&#233;marche, non le r&#233;sultat, qui doit nous occuper. Contrairement au processus d'&#233;criture o&#249; seuls sont en &#233;veil l'esprit et l'imagination, c'est le corps qui se trouve mobilis&#233; dans la contemplation du paysage. Immobile en apparence, mais devant disposer d'un outillage vari&#233;, dont il exp&#233;rimente progressivement l'usage au fur et &#224; mesure de ses besoins. La main, le bras sont actifs ; l'&#339;il d&#233;cide d'un cadrage, mesure des proportions, capte des formes et des couleurs ; ce corps que l'on croit statique s'impr&#232;gne de sensations non seulement visuelles, mais aussi rythmiques &#8211; car ces sensations font retour, se reproduisant tant&#244;t &#224; l'identique, tant&#244;t selon de l&#233;g&#232;res variations &#8211;, car il y a, comme l'ont ressenti les auteurs les plus perspicaces, une &#171; musique du paysage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce concentr&#233; de souffrances qu'est devenue la vie psychique d'Hermann Hesse se met &#224; l'unisson de cet orchestre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Siddartha regarda autour de lui, comme s'il voyait le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hesse imagine une rubrique n&#233;crologique le concernant, o&#249; figurerait la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
pour la premi&#232;re fois. Le monde &#233;tait beau, le monde &#233;tait &#233;trange&lt;br class='autobr' /&gt;
et &#233;nigmatique, le monde &#233;tait riche de couleurs ! Ici le bleu, l&#224; le jaune,&lt;br class='autobr' /&gt;
et l&#224; le vert, le ciel coulait et aussi le fleuve, la for&#234;t et la montagne&lt;br class='autobr' /&gt;
se dressaient, tout &#233;tait beau, &#233;nigmatique et magique, et au milieu&lt;br class='autobr' /&gt;
de tout cela, lui Siddartha, qui s'&#233;veillait, en chemin vers lui-m&#234;me.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Siddartha, Francfort 1974, Suhrkamp Taschenbuch, p. 36.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH589/11_rue-de-village-c2ec4.jpg?1509805282' width='500' height='589' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Motiv in Montagnola &#8211; 20. 6. 1927
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Doit-on conclure qu'il s'est enfin trouv&#233;, ou plut&#244;t qu'il est parvenu &#224; s'oublier ? L&#224; encore il convient de patienter. M&#234;me en l'absence d'une vue d'ensemble sur son &#339;uvre peinte, on s'aper&#231;oit que cet oubli et cette ouverture ne se sont pas faits en un jour ; ils r&#233;sultent d'une lente conqu&#234;te qui a comport&#233; des avanc&#233;es, des stagnations, des retraites ; sous la paix apparente, le retour d'images obs&#233;dantes reste possible ; mais c'est pr&#233;cis&#233;ment la permanence de ce conflit, certes sous une forme att&#233;nu&#233;e, qui constitue la richesse et la densit&#233; de ce message pictural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvons-nous d&#233;finir cette conqu&#234;te comme celle d'un acc&#232;s &#224; l'innocence ? Praticien d&#233;butant et maladroit, Hesse n'est pas pour autant vierge de toute culture artistique. Il se situe lui-m&#234;me avec lucidit&#233; parmi les acteurs de l'avant-garde de son si&#232;cle, se range r&#233;solument dans le courant expressionniste14. Il partage le pathos tragique d'un Kirchner, d'un Heckel, au-dessus desquels plane l'ombre de Van Gogh. C'est de la dimension tragique du nouvel art, de l'appel d&#233;sesp&#233;r&#233; qui retentit depuis &lt;i&gt;Le Cri&lt;/i&gt; d'Eduard Munch, c'est de tout cela qu'Hermann Hesse se charge dans &lt;i&gt;Le dernier &#233;t&#233; de Klingsor&lt;/i&gt;, une nouvelle o&#249; il met en sc&#232;ne un peintre qui consume sa vie en des exc&#232;s sans nombre ; son &#233;tat d'ivresse le dote d'une clairvoyance d&#233;cupl&#233;e, et en m&#234;me temps le condamne. Sa h&#226;te &#224; vouloir fixer ses sensations sur la toile est aussi une course de vitesse contre l'extinction de ces sensations ; une urgence de jouir avant que ne le saisisse la main froide du Destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Klingsor ? le choix de ce nom, o&#249; l'on reconna&#238;t le magicien d'un drame wagn&#233;rien et, plus en amont, celui du ma&#238;tre des r&#234;ves dans l'&lt;i&gt;Ofterdingen&lt;/i&gt; de Novalis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Novalis, Heinrich von Ofterdingen (1799) : la parution de ce roman marque la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'a rien d'innocent. Hesse dote son personnage de ses pouvoirs magiques ; ce dernier se fait l'interpr&#232;te de sa propre soif d'&#233;motions intenses, de son d&#233;sir d'&#233;treindre la multitude in&#233;puisable des impressions. Les aquarelles traduisent, ou plut&#244;t expriment directement par les traits et les couleurs ce que le r&#233;cit ne parvient &#224; sugg&#233;rer que de mani&#232;re abstraite. Chaque feuillet vibre, sous l'aspect d'un fragment de paysage, de la violente pulsation d'un c&#339;ur br&#251;lant de ses derniers feux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH616/11_montagne-arbre-48a2a.jpg?1509814313' width='500' height='616' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Montagne et arbres &#8211; 1919
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Non pas qu'Hermann Hesse ait atteint aussi facilement, dans ses aquarelles, &#224; la force qui caract&#233;rise son &#233;criture, ainsi qu'&#224; la spontan&#233;it&#233; souhaitable. Spectateur averti des &#233;v&#233;nements artistiques de son temps, il en a une connaissance certes approfondie ; cependant nous pouvons y soup&#231;onner un handicap autant qu'un avantage. Il reste, au moins dans les premi&#232;res ann&#233;es de sa production, tr&#232;s d&#233;pendant de ses mod&#232;les cubistes et expressionnistes. Sans aller jusqu'&#224; les copier de fa&#231;on servile, il en adopte trop superficiellement les principes : ainsi, pour une &lt;i&gt;Maison cubiste&lt;/i&gt; ou un &lt;i&gt;Paysage&lt;/i&gt; du m&#234;me nom, il ne suffit pas de g&#233;om&#233;triser les formes pour se conformer &#224; l'esth&#233;tique cubiste. Il en va de m&#234;me pour ses sympathies envers l'Expressionnisme : le rendu d'un motif par plans superpos&#233;s jouant sur les effets de transparence nous rappelle trop la mani&#232;re d'un August Macke, d'un Paul Klee ou encore d'un Feininger ; il est vrai qu'&#224; travers eux, c'est de son ami Louis Moilliet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce dernier accompagnait Paul Klee et August Macke lors de leur voyage en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'il cherche &#224; se rapprocher. Il est permis de n'accorder qu'une place modeste &#224; ces r&#233;alisations qui, malgr&#233; le charme qui s'en d&#233;gage, demeurent quelque peu scolaires. Plus convaincantes sont celles o&#249; les formes se resserrent, se densifient et o&#249;, par voie de cons&#233;quence, les couleurs se regroupent pour pr&#233;senter des contrastes de compl&#233;mentaires. Certaines vues des villages du Tessin rapprochent alors les travaux d'Hermann Hesse de ceux de Gabriele M&#252;nter, ou m&#234;me de Kandinsky (dans la p&#233;riode qui pr&#233;c&#232;de chez lui son saut dans la pure abstraction).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hesse est ici sur la voie d'une peinture visionnaire. C'est dans son aptitude &#224; deviner, sous l'apparence ordinaire, la pr&#233;sence d'une r&#233;alit&#233; fantastique, que sa peinture acquiert toute sa valeur. Lorsque la violence des pulsions inconscientes vient chez lui heurter le fragile &#233;cran de la perception consciente, la toile s'anime et lib&#232;re une parole originale. Certaines visions se chargent d'une atmosph&#232;re dramatique, telle cette &lt;i&gt;Montagne et Arbre&lt;/i&gt;, contemporaine du r&#233;cit de &lt;i&gt;Klingsor&lt;/i&gt; (1919), o&#249; resurgit le sentiment d'une menace imminente, difficilement contenue dans un paysage d&#233;sertique. La masse montagneuse semble se ramasser en une forme monstrueuse que tentent vainement de d&#233;fier un sapin et une fleur minuscule, fragiles signes de vie qui ont su se frayer, par on ne sait quel miracle, un passage &#224; travers les blocs rocheux. Mais laissons plut&#244;t la parole &#224; Hesse, qui avait donn&#233; une description po&#233;tique de cette sensation, bien avant de la figurer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'arbre se dressait l&#224;, dans son &#233;trange et imm&#233;moriale solitude,&lt;br class='autobr' /&gt;
Dur et rigide sur son rocher, et le bleu froid du ciel traversait ses&lt;br class='autobr' /&gt;
Branches. Sur son sommet un oiseau noir poussait une chanson &lt;br class='autobr' /&gt;
Rauque. R&#234;ve silencieux d'une courte halte tr&#232;s haut au-dessus &lt;br class='autobr' /&gt;
du monde. Le soleil br&#251;lait, le rocher &#233;tait incandescent, l'espace&lt;br class='autobr' /&gt;
immobile et s&#233;v&#232;re (&#8230;) L'oiseau noir chantait, et son &#339;il brillant&lt;br class='autobr' /&gt;
et dur nous fixait de son cristal noir. Difficile &#224; soutenir son regard, &lt;br class='autobr' /&gt;
difficile &#224; soutenir aussi son chant, et terrible surtout la solitude &lt;br class='autobr' /&gt;
et le vide de ce lieu, l'immensit&#233; vertigineuse des espaces c&#233;lestes&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sertiques. Mourir &#233;tait une inimaginable volupt&#233;, demeurer ici-bas, &lt;br class='autobr' /&gt;
une peine sans nom. Il fallait que quelque chose se passe, &#224; l'instant &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me, sans quoi nous serions p&#233;trifi&#233;s d'&#233;pouvante, et avec nous&lt;br class='autobr' /&gt;
le monde entier [&#8230;] Cela mena&#231;ait, cela venait, c'&#233;tait l&#224;.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans : Die Grenzen &#252;berfliegen, der Maler Hermann Hesse, Berne 2012, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_fleur-casarossa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH463/1_fleur-casarossa-fc5f9.jpg?1509814313' width='500' height='463' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Goldener Oktober &#8211; 31. 10. 1932
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette vision gla&#231;ante fait-elle exception dans sa production picturale, simple r&#233;surgence de terreurs anciennes ? On trouve pourtant d'autres traces de cette aptitude &#224; rester fascin&#233;, paralys&#233;, comme d&#233;sert&#233; par ses propres forces vitales devant un spectacle dont la puissance le d&#233;passe. Tout autant que l'immobilit&#233; d'un sommet alpin, c'est le d&#233;ferlement ininterrompu des images qui, dans &lt;i&gt;Les m&#233;tamorphoses de Pictor&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le bal masqu&#233;&lt;/i&gt;, provoque un vertige des sens : visions ext&#233;rieures ou au contraire surgies de son propre fonds, dans un &#233;tat quasi hallucinatoire ? On croit deviner des regards, des langues de serpents, des personnages grotesques dans ce qui ressemble, en format r&#233;duit, &#224; une Tentation de Saint-Antoine. Un &#171; moi &#187; est ici en perdition, &#224; nouveau proche du naufrage. En va-t-il vraiment diff&#233;remment, lorsque Hermann Hesse se penche sur un massif de fleurs ? Il n'y a pas loin, entre ces corolles et les yeux qui le fixent dans &lt;i&gt;Le bal masqu&#233;&lt;/i&gt; ; de m&#234;me leurs p&#233;tales sont comparables &#224; des tentacules pr&#234;ts &#224; le saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc rompre ce charme. Refuser de c&#233;der au vertige, se mettre &#224; distance, choisir l'intervalle suffisant qui permette de respirer librement. Alors ces yeux qui partout l'assaillent pourront redevenir simples fen&#234;tres, les cr&#233;atures ondoyantes redevenir stables fa&#231;ades, demeures villageoises d&#233;livr&#233;es de trag&#233;dies familiales ; les serpents redeviendront paisibles chemins conduisant vers des communaut&#233;s humaines sereines. Il s'&#233;loignera, le pic monstrueux d'une montagne, pour laisser place au clocher d'une &#233;glise rurale, t&#233;moignage tangible d'une Madone aimante. Tel est le v&#339;u muet que prononcent les paysages qui, au fil des ann&#233;es, s'amoncellent dans les cartons d'Hermann Hesse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L492xH650/2_fleur-casarossa-7e698.jpg?1509805283' width='492' height='650' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Blumenbeet vor der Casa rossa &#8211; September 1933
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Telle est aussi, &#224; l'heure o&#249; elle s'ach&#232;ve, la trajectoire de sa peinture : n&#233;e de l'obsession et de l'oppression, elle parvient lentement &#224; se lib&#233;rer, &#224; atteindre un &#233;tat de contemplation. Ce chemin ne rejoint-il pas celui qu'a, depuis ses origines romantiques, parcouru l'histoire du paysage pictural dans son ensemble ? Ce chemin est &#233;troitement proche de celui qu'Hermann Hesse emprunte dans le domaine spirituel : aux nombreux jeunes qui viennent le solliciter au d&#233;but des ann&#233;es trente et qui sont en proie &#224; un profond d&#233;sarroi intellectuel, il conseille de ne se soumettre &#224; aucun guide, &#224; aucun mot d'ordre, mais &#224; devenir &#224; eux-m&#234;mes leur ma&#238;tre ; quant aux personnes parvenues &#224; maturit&#233;, elles doivent au contraire apprendre &#224; se d&#233;tacher d'elles-m&#234;mes ; renversant la formule nietzsch&#233;enne &#171; Werde, der du bist &#187;, il leur indique la voie d'une &#171; d&#233;construction &#187;, d'un renoncement &#224; devenir (&#171; ent-werden &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Briefwechsel, opus cit&#233;, p. 93.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;tachement ne s'apparente en rien &#224; une indiff&#233;rence envers la vie. C'est une adh&#233;sion, un acquiescement &#224; toutes ses formes, que permet justement ce changement complet d'orientation du regard. Changement qui n'est pas sans rappeler cette observation qui inaugure la &lt;i&gt;Huiti&#232;me El&#233;gie&lt;/i&gt; de Rilke :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De tous ses yeux la cr&#233;ature voit l'Ouvert.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R.M.Rilke, Gesammelte Werke Band I, Francfort 1955, &#201;dit. Insel, p. 714.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus qui donne naissance &#224; une toile peinte et qui n'a nul besoin d'une prise de conscience, consiste &#224; transformer des mati&#232;res &#8211; encres, fusains, pigments color&#233;s, huiles &#8211; en forces ; &#224; renouer le contact avec les &#233;nergies &#233;l&#233;mentaires contenues dans ces mati&#232;res brutes. En observateur visionnaire, Hesse est convaincu que c'est en raison d'une volont&#233; inscrite dans la pierre qu'il voit se dresser soudain, au d&#233;tour d'un chemin, une petite &#233;glise de montagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A nouveau des arbres [&#8230;], une route br&#251;lante, aveuglante, puis un nouveau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qu'est-ce, dans de telles conditions, que le r&#244;le d'un artiste ? Il consiste &#224; n'&#234;tre plus que l'op&#233;rateur d'un processus chimique. Hesse est parvenu &#224; cette altitude o&#249;, disposant sur le papier les formes et les nuances des couleurs, les relations entre celles-ci s'&#233;tablissent d'elles-m&#234;mes ; leur &#233;quilibre s'obtient presque spontan&#233;ment. C'est ce &#171; jeu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre du 27 juillet 1930, cit&#233;e dans : DieGrenzen &#252;berfliegen&#8230;, opus cit&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (le terme est chez lui assez rare pour &#234;tre salu&#233;, on croit l'entendre prononcer le mot &#171; bonheur &#187;) qui s'exprime dans le dialogue entre les lignes des montagnes, entre les nuances que prennent les prairies et les collines selon les saisons et l'atmosph&#232;re. Ailleurs ce jeu s'exprime par la m&#233;taphore d'un flottement entre un individu et son environnement : Hesse le compare (pr&#234;tant la formule &#224; un peintre de ses amis) &#224; un poisson &#233;voluant, gr&#226;ce &#224; sa poche ventrale gonfl&#233;e d'air, en totale apesanteur dans le milieu aquatique. Flottement harmonieux que, de son c&#244;t&#233;, Paul Klee sugg&#232;re dans sa &lt;i&gt;Magie de Poissons&lt;/i&gt; (1926 ?).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_matind_hiver.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH445/7_matind_hiver-2d307.jpg?1772217641' width='500' height='445' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Verschneites Seetal &#8211; 7. 12. 1933
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes convi&#233;s &#224; partager avec lui le bonheur de ce flottement. Parmi ses aquarelles les plus r&#233;ussies, certaines donnent &#224; voir, en leur centre, un lac alpin. Elles intriguent, autant par leur fr&#233;quence que par le choix de ce point de vue. Comment comprendre la pr&#233;dilection de l'aquarelliste pour ce motif ? La cl&#233; d'une interpr&#233;tation nous est sans doute donn&#233;e dans la r&#233;flexion qui conclut la nouvelle &lt;i&gt;Entr&#233;e en soi-m&#234;me&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Einkehr&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H.H., Die Erz&#228;hlungen, Francfort 1973, &#233;dit. Suhrkamp, p. 225/226.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; 1919) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Repr&#233;sente-toi ton &#234;tre comme un lac profond n'ayant qu'une surface &#233;troite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette surface est la conscience. Elle est claire, il s'y produit ce que&lt;br class='autobr' /&gt;
nous nommons la pens&#233;e [&#8230;]. Mais s'exerce une pouss&#233;e venue des &lt;br class='autobr' /&gt;
profondeurs , toujours ce qui est dans les profondeurs s'&#233;l&#232;ve, et toujours&lt;br class='autobr' /&gt;
ce qui est en haut s'enfonce ; sans rel&#226;che circulent les courants [&#8230;].&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me que le lac est compos&#233; d'eau, de m&#234;me notre moi, ou notre &#226;me&lt;br class='autobr' /&gt;
sont-ils faits d'une &#233;toffe o&#249; s'&#233;changent ind&#233;finiment souvenirs et impressions.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lac, reflet de notre moi, c&#339;ur de notre vie psychique ! Il ne serait alors pas exag&#233;r&#233; de se risquer &#224; consid&#233;rer la peinture d'Hermann Hesse comme une r&#233;ponse apport&#233;e aux mandalas de C.G.Jung. A la symbolique complexe rassembl&#233;e par ce dernier, Hesse se contente d'opposer l'&#233;vidence du monde et de ses &#171; secrets manifestes &#187; &#8211; pour parler en termes goeth&#233;ens. Ne sommes-nous pas en effet incarn&#233;s dans les formes dont la nature est prodigue ? N'avons-nous pas, dans les arbres surtout, mais aussi dans la fleur la plus minuscule, de parfaits interpr&#232;tes de notre propre destin&#233;e ? Hesse n'a pas manqu&#233; d'avouer son incapacit&#233; &#224; reproduire une silhouette humaine. Il n'en avait, en r&#233;alit&#233;, aucun besoin de le faire : il suffit, par exemple, d'un sous-bois dissimulant un abri pr&#233;caire pour &#233;voquer avec &#233;loquence notre besoin de retraite. Et quand se soul&#232;ve le flanc d'une montagne, ne dit-il pas clairement la passion qui nous anime ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Elle semblait hurler la montagne et la douleur l'ouvrait, b&#233;ante [&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela n'&#233;tait lisible que pour lui seul, &#233;criture secr&#232;te d&#233;chiffrable&lt;br class='autobr' /&gt;
pour lui seul, note h&#226;tive et instantan&#233;e, o&#249; le c&#339;ur et la nature r&#233;sonnaient &lt;br class='autobr' /&gt;
d'une harmonique neuve et puissante.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Klingsor&#8230;, opus cit&#233;, p. 259.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_matind_hiver.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH441/8_matind_hiver-ec049.jpg?1772217641' width='500' height='441' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Wintermorgen &#8211; 6. 2. 1933
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'usage de l'aquarelle n'a d&#232;s lors rien de fortuit chez Hermann Hesse : elle est l'outil indispensable &#224; la r&#234;verie, qui assure le mouvement permanent entre les formes &#8211; ou plus exactement, entre les &#234;tres ; l'eau est ce r&#233;v&#233;lateur par lequel viennent au jour les v&#233;rit&#233;s profondes, et gr&#226;ce auquel les symboles se font explicites. Et l'artiste, cet &#233;l&#233;ment flottant qui, semblable aux cr&#233;atures qui, chez Paul Klee, peuplent la &lt;i&gt;Magie des Poissons&lt;/i&gt;, &#233;tablit les &#233;quivalences, assure les &#233;changes et le dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi convient-il de nuancer : l'eau est davantage qu'un outil au service d'un ouvrier. Il faut au contraire imaginer une eau active, v&#233;ritable passeur du d&#233;sir d'Hermann Hesse, de sa soif de recueillir les impressions ext&#233;rieures. D&#233;sir &#224; sens unique, d&#233;sir sans &#233;cho ? Hesse prend parfois le temps, dans le &lt;i&gt;Dernier &#233;t&#233; de Klingsor&lt;/i&gt; et dans certains textes po&#233;tiques, de guetter une r&#233;ciprocit&#233; de ce d&#233;sir : ces tournesols, ces magnolias, ces vall&#233;es, ces successions de massifs montagneux, ne d&#233;sirent-ils pas &#234;tre regard&#233;s, absorb&#233;s, immortalis&#233;s sur la toile ? Qu'advient-il, dans ces conditions, de l'aspiration &#224; &#171; devenir soi-m&#234;me &#187; plac&#233;e au fondement de toute une &#339;uvre ? Hesse y renoncerait-il, dans l'extase d'une fusion avec la Nature ? Son choix ultime serait-il de s'abandonner &#224; l'Inconscient ? Tentation certes toujours pr&#233;sente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi : &#171; Ce qui est d&#233;terminant pour la valeur et la potentialisation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Infiniment plus f&#233;conde cependant est l'exp&#233;rience v&#233;cue du geste cr&#233;ateur, qui emporte bien au-del&#224; de ses limites ce &#171; moi &#187; prisonnier de son histoire tourment&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'intensit&#233; de cet oubli de soi dans le don sans r&#233;serve au monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines vues d'hiver des montagnes du Tessin en portent un incontestable t&#233;moignage. Les reliefs apparaissent &#224; demi noy&#233;s sous la neige, comme si les formes &#233;taient anim&#233;es d'un double mouvement, d'inspiration puis d'expiration. Les r&#233;serves am&#233;nag&#233;es entre les zones color&#233;es &#8211; entre le bleu soutenu du premier plan et le rose l&#233;ger du lointain &#8211; accentuent cet effet. Ces r&#233;serves sont davantage que des intervalles : il faut les recevoir comme des pauses, au sens musical du terme, comme des moments de respiration avant des &#171; reprises &#187;. Elles sont la respiration enfin lib&#233;r&#233;e d'Hermann Hesse lui-m&#234;me, dans l'&#233;change apais&#233; entre le moi et le monde, dans la contemplation sereine de l'Immense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mens en Vercors, f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la situation d'Hermann Hesse dans son &#233;poque, je renvoie le lecteur &#224; la synth&#232;se r&#233;alis&#233;e par son biographe Gunnar Decker : &lt;i&gt;Hermann Hesse, der Wanderer und sein Schatten (H.H., le voyageur et son ombre)&lt;/i&gt;, Francfort 2013, &#233;dit. Suhrkamp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf H.H., &lt;i&gt;Briefwechsel (Correspondance)&lt;/i&gt;, Francfort 1974 &#233;dit. Suhrkamp, lettre de janvier 1933, p. 93. Tous les extraits d'&#233;crits d'Hermann Hesse cit&#233;s dans cet article sont traduits par mes soins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mentionnons seulement : la fondation qui lui a &#233;t&#233; consacr&#233;e &#224; Montagnola (Suisse), le colloque organis&#233; &#224; Berne en 2012 et dont les actes sont r&#233;unis dans &lt;i&gt;Die Grenzen &#252;berfliegen Hermann Hesse als Maler&lt;/i&gt;, Berne 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment avec Emil Nolde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je renvoie &#224; la description du milieu familial et de l'h&#233;ritage spirituel pesant sur Hermann Hesse faite par Gunnar Decker, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression musicale de la seconde moiti&#233; du XVIIIe si&#232;cle, marqu&#233;e par ce qu'on nomme commun&#233;ment de p&#233;riode de l'&#171; Empfindsamkeit &#187; (&#171; Sensibilit&#233; &#187;) en comporte des exemples fameux, tel ce lied &lt;i&gt;Pr&#252;fung am Abend&lt;/i&gt; (Examen au soir).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf &lt;i&gt;Demian, S&#228;mtliche Werke 3 Die Romane&lt;/i&gt;, Francfort 2001, &#233;dit. Suhrkamp p. 246.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;In : H.H., &lt;i&gt;S&#228;mtliche Werke 3 Die Romane&lt;/i&gt;, Francfort 2001, &#233;dit. Suhrkamp p. 236.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf Gunnar Decker, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;, p. 480 sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;In : &lt;i&gt;S&#228;mtliche Werke 3 Die Romane&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf Carl Gustav Jung : &lt;i&gt;Erinnerungen Tr&#228;ume Gedanken&lt;/i&gt;, New York 1961, &#233;dit. Pantheon Books, et pour la traduction fran&#231;aise : &lt;i&gt;Ma vie&lt;/i&gt;, Paris 1973, &#233;dit. Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf Briefwechsel, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;, p.126/127.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je renvoie, sur ce point, le lecteur &#224; mon ouvrage &lt;i&gt;Peinture et po&#233;sie expressionnistes allemandes : Puissances de la subectivit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, &#233;dit. Suger 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf l'ouvrage collectif dirig&#233; par Michel Itty et Silke Schauder : &lt;i&gt;Rainer Maria Rilke, Inventaire-Ouvertures&lt;/i&gt;, Villeneuve d'Asq, &#233;dit. Septentrion 2013 (actes du colloque de Cerisy, ao&#251;t 2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf &lt;i&gt;Briefwechsel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre &#224; Ina Seidel, 12/9/1925, in : &lt;i&gt;Briefwechsel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Obermann&lt;/i&gt;, premi&#232;re &#233;dition 1804, nouvelle &#233;dition Paris 1984, Gallimard p. 175.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf &lt;i&gt;Die Grenzen &#252;berfliegen&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;, p. 71.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hesse imagine une rubrique n&#233;crologique le concernant, o&#249; figurerait la mention : &#171; excellent peintre, expressionniste &#187;. In : &#233;dit. Suhrkamp 1973, &lt;i&gt;Klingsors letzter Sommer, Erz&#228;hlungen II&lt;/i&gt;, p. 282/283.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Siddartha&lt;/i&gt;, Francfort 1974, Suhrkamp Taschenbuch, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Novalis, &lt;i&gt;Heinrich von Ofterdingen&lt;/i&gt; (1799) : la parution de ce roman marque la fondation du mouvement romantique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce dernier accompagnait Paul Klee et August Macke lors de leur voyage en Tunisie (avril 1914), &#233;pisode faisant partie des grands &#233;v&#233;nements de l'aventure artistique du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans : &lt;i&gt;Die Grenzen &#252;berfliegen, der Maler Hermann Hesse&lt;/i&gt;, Berne 2012, p. 114.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf &lt;i&gt;Briefwechsel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;, p. 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R.M.Rilke, &lt;i&gt;Gesammelte Werke Band I&lt;/i&gt;, Francfort 1955, &#201;dit. Insel, p. 714.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; A nouveau des arbres [&#8230;], une route br&#251;lante, aveuglante, puis un nouveau tournant : le but &#233;tait l&#224;, impr&#233;vu, et soudain [&#8230;] une &#233;glise en pierre rouge, joyeuse et fi&#232;re, se dressant &#224; l'assaut du ciel. &#187; In : &lt;i&gt;Klingsor&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;, p. 272.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre du 27 juillet 1930, cit&#233;e dans : &lt;i&gt;DieGrenzen &#252;berfliegen&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;, p. 71 : &#171; le jeu de quelques couleurs&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H.H., &lt;i&gt;Die Erz&#228;hlungen&lt;/i&gt;, Francfort 1973, &#233;dit. Suhrkamp, p. 225/226.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf &lt;i&gt;Klingsor&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;, p. 259.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi : &#171; Ce qui est d&#233;terminant pour la valeur et la potentialisation de mon moi, c'est que je dispose de bonnes relations fluides entre le domaine de la conscience et celui de l'inconscient. &#187; (In : &lt;i&gt;Einkehr&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;opus cit&#233;&lt;/i&gt;, p. 225).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'intensit&#233; de cet oubli de soi dans le don sans r&#233;serve au monde sensible, quelle exp&#233;rience ! C'&#233;tait la premi&#232;re fois depuis 1914 que j'ai pu m'oublier moi-m&#234;me, et le monde entier, et la guerre et tout le reste, pendant des journ&#233;es enti&#232;res ! &#187; (lettre du 27 mai 1917).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Frontispice : Dorfgasse &#8211; 4. 7. 1927 &#8211; Rue de village &#8211; 1927&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>III - Unica Z&#252;rn</title>
		<link>https://www.tk-21.com/III-Unica-Zurn</link>
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		<dc:date>2010-12-07T18:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Bloess</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>conscience </dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Intervention de Georges Bloess au s&#233;minaire &#177;i, le mardi 7 d&#233;cembre 2010, Unica Z&#252;rn et Hans Bellmer.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/2010-2011-Petite-anatomie-de-l" rel="directory"&gt;2010-2011 &#034;Petite anatomie de l'image&#034;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/conscience" rel="tag"&gt;conscience &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/seminaire" rel="tag"&gt;s&#233;minaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton85-03f12.jpg?1772206521' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Intervention de Georges Bloess au s&#233;minaire &#177;i, le mardi 7 d&#233;cembre 2010, Unica Z&#252;rn et Hans Bellmer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous pouvez &#233;couter cette intervention en cliquant sur les enregistrements ci-dessous.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;div class='spip_document_19721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/07122010271.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/07122010271-3b89a.jpg?1688383042' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_19722 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende&#034; data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-19722 &#034; data-id=&#034;428d969d417bbaf3e1680c994521f74e&#034; src=&#034;IMG/mp3/01_unicazu_rn_1.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:344}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;UnicaZu&#776;rn 1
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Georges Bloess/TK-21 s&#233;minaire (2010)
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript121732540569dec5916f4e71.05277261&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
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&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;UnicaZu&#776;rn 2
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