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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Quand les murs pleurent</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Poitevin et Konny Steding</dc:creator>


		<dc:subject>rue</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;C'est toujours de la rue que &#231;a part, dans la rue que &#231;a commence de la rue que &#231;a vient, dans la rue que &#231;a se joue et finalement &#224; la rue que cela retourne.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton347-d152c.jpg?1772248033' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est toujours de la rue que &#231;a part, dans la rue que &#231;a commence de la rue que &#231;a vient, dans la rue que &#231;a se joue et finalement &#224; la rue que cela retourne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ambuler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui d&#233;ambule aujourd'hui dans Paris, pas de quelques instants dans son quartier pour faire les courses, mais souvent et dans n'importe quel quartier, au gr&#233; de ses humeurs ou de ses obligations, quiconque donc se comporte un tant soit peu en po&#232;te urbain mental, les mouvements des yeux rejoignant l'errance du corps et la prolongeant de telle mani&#232;re qu'ils glissent le long des murs autant que les pieds, eux, survolent les trottoirs, celui-ci ou celle-l&#224; rencontrera, au d&#233;tour d'un carrefour, dans l'angle mort d'un recoin sali ou install&#233; au milieu d'une place sur un support inattendu, lui faisant face ou l'observant de biais, l'un de ces grands dessins que Konny Steding fait et colle &#224; l'envi depuis quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb2545|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent, il s'agit d'un visage de femme, le sien. Mais elle n'est pas seule &#224; se retrouver plaqu&#233;e au mur en trois m&#232;tres sur quatre. Il y a aussi, par exemple, un jeune homme, genre bcbg ou genre jeune de banlieue ainsi que d'autres visages f&#233;minins qui ne sont pas le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233;, ce n'est pas le plus important, m&#234;me si le fait de se mettre en sc&#232;ne participe enti&#232;rement de la mani&#232;re qu'a Konny Steding de d&#233;ployer sa pr&#233;sence dans la ville et de laisser filer ensemble le fil rouge de sa vie et celui de son art.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2546|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur de nombreux dessins, ce fil rouge s'est transform&#233; en une coul&#233;e de larmes qui semblent descendre d'une paupi&#232;re pour former le delta d'un fleuve improbable. Parfois aussi, ce fil rouge est d&#233;ploy&#233; au sol de la rue &#224; la porte d'une galerie, par exemple comme la trace d'un crime qui n'aura pas lieu et dont la seule &#233;vocation suffit pourtant &#224; faire se lever protestations ou questions, &#224; faire s'&#233;veiller l'agressivit&#233; ou le doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toujours de la rue que &#231;a part, dans la rue que &#231;a commence de la rue que &#231;a vient, dans la rue que &#231;a se joue et finalement &#224; la rue que cela retourne. M&#234;me si parfois elle expose dans une galerie, m&#234;me si parfois elle intervient dans une foire d'art, m&#234;me si c'est sur les toits qu'elle grimpe pour aller voir le ciel de plus pr&#232;s, ou dans les couloirs du m&#233;tro qu'elle se prom&#232;ne, c'est toujours en relation avec la rue qu'elle agit et qu'elle pense.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2547|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La rue, c'est l&#224; que se croisent ind&#233;finiment, non seulement les gens, tous les gens, et avec eux toutes les histoires, mais c'est l&#224; que ne cessent de se frotter l'une contre l'autre les peaux, et avec les peaux les enveloppes, celle qui distingue un individu de l'autre, celle qui s&#233;pare le public du priv&#233;, celle qui comme la feuille de papier &#224; cigarette qui entoure le tabac se consume avec lui, allum&#233;e qu'elle est au feu de l'intensit&#233; des passions urbaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Konny Steding est moins une fille des rue qu'une actrice de la limite, une voyageuse imp&#233;nitente qui ne cesse d'arpenter les lignes ind&#233;cidables mais omnipr&#233;sentes qui courent &#224; travers la ville et dont l'enchev&#234;trement constitue la plus invisible et la plus constante des trames.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2548|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi les images qu'elle colle dans la rue ont-elles tout d'abord pour fonction de signaler l'existence de cette trame &#224; laquelle elles donnent une visibilit&#233; &#224; travers un visage ou un objet, car ne l'oublions pas, souvent un pistolet est l&#224;, pr&#233;sent dans l'image &#224; proximit&#233; de la t&#234;te planant moins comme une menace que comme le signal muet d'une temp&#234;te en cours. Ou un slogan ironique comme celui qui semble couler de ses l&#232;vres sur les &#339;uvres coll&#233;es en ce moment au centre de Paris et qui dit &#171; God save the art institutions &#187;, qu'il faut entendre &#224; la mani&#232;re dont les Sex Pistols chantaient &#171; God save the Queen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le doute&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;taler sa t&#234;te ainsi sur les murs d'une ville &#233;trang&#232;re, car Konny Steding ne vit pas &#224; Paris m&#234;me si elle y vient si souvent qu'on pourrait presque dire qu'elle en est l'un des fant&#244;mes les plus assidus, ne peut se faire sans que plane l'ombre du doute.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2552|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas le doute sur l'identit&#233; ou l'origine, ni m&#234;me le doute philosophique sur l'existence, la sienne ou celle de dieu, non le doute comme dimension de l'existence, comme modalit&#233; d'une affirmation impossible, l'affirmation de soi comme &#233;l&#233;ment vivant non pas dans la marge mais sur la marge, non pas dans l'ombre mais sur la ligne qui ne cesse de s&#233;parer et relier ensemble les contraires les plus &#233;vidents et les plus secrets.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2549|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi eux, il y a ces faux contraires que l'on nomme art et vie depuis bient&#244;t un si&#232;cle. Konny Steding ne cherche pas &#224; prolonger leurs noces interminables, elle tend &#224; interroger leur absurdit&#233; et donc la terrible maigreur de nos ambitions, la tenace faiblesse de caract&#232;re qui nous anime, la singuli&#232;re hypocrisie qui nous fait aujourd'hui encore faire semblant d'h&#233;siter entre le prix d'un tableau et la chaleur d'un feu de chemin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2550|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle le sait bien, et nous aussi d'ailleurs, nous voulons les deux. Elle, elle dit simplement, en &#233;talant ses images dans les rues, que rien de tout cela ne tient debout, et que la seule po&#233;sie possible pour nous, urbains fatigu&#233;s du XXIe si&#232;cle, serait celle, radicale, du doute comme pratique de &#171; d&#233;s&#233;curisation &#187; de nos certitudes asservies, comme manifestation de notre &#233;tat psychique borderline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rouge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle intervienne avec une poubelle au vernissage de la FIAC ou qu'elle joue avec des poubelles dans la rue, qu'elle marche en laissant couler un fil de &#171; sang &#187; rouge sur la chauss&#233;e et que ce fil rouge continue de couler lorsqu'elle p&#233;n&#232;tre dans une galerie, qu'elle intervienne la nuit sur les toits ou qu'elle fasse des actions encore avec des poubelles qu'elle marque de son passage ou qu'elle utilise comme des moyens de transport ou de s&#233;jour temporaire, Konny Steding ne cesse de tirer sur ce fil rouge dont on a dit qu'il est celui qui retient ensemble les autres fils qui composent la trame de la ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2551|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En testant la capacit&#233; d'habitation d'une poubelle ou en faisant saigner la rue, Konny Steding montre que la ville est une superposition de peaux dont on oublie souvent qu'elles sont cousues ensemble. Elle nous renvoie &#224; cette m&#233;lancolie initiale et permanente, cette m&#233;lancolie de la rue parce que la rue, chaque rue, n'importe quelle rue, est, de ces peaux multiples, &#224; la fois la couture et la ligne d'oubli. Et nous, chacun de nous est un fragment de ces peaux qui, reli&#233;es ensemble, la composent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;talant sa t&#234;te sur les murs gris de la ville, en ourlant son regard d'une larme de sang dont on a dit combien elle coud entre elles les paupi&#232;res du temps, en ornant parfois le doute d'une arme de poing, Konny Steding irradie la ville de cette question sans r&#233;ponse qui se prononce ainsi : o&#249; suis-je ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2554|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En faisant suinter les murs de ces larmes rouge vie, Konny Steding fait se lever en nous la mar&#233;e montante des pleurs, ceux par lesquels nous avouons que nous savons que nous sommes seuls, que chacun est personne et que personne ne viendra nous sauver.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2567|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.moretti-moretti.com/" class="spip_out"&gt;Galerie moretti &amp; moretti 6 Cour B&#233;rard, 75004 Paris 09 50 90 29 01&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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