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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Je ne veux plus vous voir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laura Lafon et Sylvain Duthu</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Intime</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On n'utilisait pas d'&#233;pluche-l&#233;gumes. On pr&#233;f&#233;rait peler les patates avec un couteau sur le journal de la veille. J'ai d&#233;couvert &#231;a en quittant la maison pour me mettre en co-location.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Intime" rel="tag"&gt;Intime&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton648-53416.jpg?1772247494' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On n'utilisait pas d'&#233;pluche-l&#233;gumes. On pr&#233;f&#233;rait peler les patates avec un couteau sur le journal de la veille. J'ai d&#233;couvert &#231;a en quittant la maison pour me mettre en co-location. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours apr&#232;s mon emm&#233;nagement, je suis partie une journ&#233;e &#224; la mer avec celle qui deviendrait rapidement mon amie. Dans la voiture, on est tomb&#233; sur France-Culture ; &#231;a parlait de Ren&#233; Char, je me souviens avoir imit&#233; le pr&#233;sentateur. Je n'avais &#233;videmment jamais entendu parler de lui et &#224; la maison c'&#233;tait une culture qui ne nous appartenait pas. On tombait dessus, on &#233;coutait deux-trois phrases, on rigolait avant de zapper. Fanny elle, laissait l'&#233;mission. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet est l'aboutissement en images d'un questionnement qui pr&#233;occupait d&#233;j&#224; l'enfant, qui forge s&#251;rement l'adulte. Le sentiment de trahir son milieu d'origine, et l'angoisse malgr&#233; tout d'une disparition in&#233;vitable. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe src=&#034;//player.vimeo.com/video/113073654?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il y a deux temps. Le temps permanent, et le temps ponctuel. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le temps de la famille, presque immuable. Un temps qui passe mais qui n'a pourtant presque pas boug&#233;. Le temps du repas de midi, du fromage, du verre de vin, de la vaisselle chaque fois sortie dans le m&#234;me sens, toujours la m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps des gestes r&#233;p&#233;t&#233;s, chaque fois semblables sans pour autant gagner en pr&#233;cision, car le temps passe, malgr&#233; tout, m&#234;me si rien ne bouge vraiment. Le temps des silences, le temps de l'ennui, fermer les volets chaque jour &#224; la m&#234;me heure, parler du changement d'heure justement, parler du temps qu'il fait, parler au poste de t&#233;l&#233;vision, parler souvent pour ne rien dire, puis ne plus rien dire du tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on les voit parler, on se demande ce qu'ils disaient &#224; vingt ans, est-ce qu'il y avait une flamme qui les poussait &#224; se dire des choses d&#233;fendues ? Est-ce qu'il y avait d'autres femmes, est-ce qu'il y avait d'autres hommes, des secrets partag&#233;s, des promesses tenues, des &#233;clats, des joies, ou n'y avait-t-il d&#233;j&#224; pas grand chose ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps qui fait dire que &#231;a passe, et &#231;a passe en effet. Les enfants deviennent les parents, nos parents, et l'on comprend que les choix sont &#233;troits. Que les vies sont les m&#234;mes, &#224; une &#233;poque pr&#232;s. On a peur. Pour nos parents. On a peur pour nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui nous a pr&#233;c&#233;d&#233;, se retrouve devant nous, il faudra une r&#233;volution pour le faire changer. Une r&#233;volution, un tour complet sur soi-m&#234;me : un d&#233;part, une coupure et un retour vers soi. Partir pour pouvoir revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors on revient. C'est le second temps, ponctuel. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands-parents sont l&#224; comme on reste sans rien dire dans une salle de cin&#233; quand le film est termin&#233;. Ils jouent une com&#233;die qui souvent leur &#233;chappe, le portable, Internet, c'est un monde de fous, nous &#224; l'&#233;poque&#8230; Et le monde ext&#233;rieur, ils ne l'expliquent plus vraiment, ou alors tr&#232;s mal, ou alors c'est la t&#233;l&#233; qui a dit &#231;a. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les parents, qui ressemblent de plus en plus &#224; leurs parents, qui le deviennent presque, semblent prendre conscience de la farce sociale qui immobilise les destins. Si les trajectoires sont diff&#233;rentes, et souvent ascendantes, nos parents semblent mesurer au pr&#233;sent l'&#233;cart qui se cr&#233;&#233; derri&#232;re eux, entre ce qu'ils sont et ce qu'ils auraient aim&#233; &#234;tre. Entre ce qu'ils font, et ce qu'ils auraient aim&#233; faire. Des regrets peut-&#234;tre. Des envies de fuite, des crises de la quarantaine &#224; 60. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des regrets s&#251;rement, et nous, les enfants, qui enfon&#231;ons le clou. Pas de jalousie. Nous, nous sommes devenus trop diff&#233;rents, et on ne sait toujours pas si c'est une injure ou un pardon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons eu la chance gr&#226;ce &#224; eux d'&#233;tudier, et nous nous en sommes servis pour ne pas leur ressembler. Nous les avons trahis. Le paradoxe veut qu'ils soient fiers de nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
On se regarde comme des &#233;trangers devenus. Nous, on h&#233;site &#224; faire de leurs mani&#232;res quelque chose de noble, quelque chose de tr&#232;s beau, l&#224; o&#249; eux jugent s&#251;rement qu'on les juge de haut. Ni l'un ni l'autre, nous sommes coinc&#233;s exactement l&#224;, entre ceux qui nous ont construits et ce que nous devenons. Entre ce que nous f&#251;mes et ce que nous serons. La honte, la d&#233;nonciation, la piti&#233;, l'admiration. Il faudra apprendre &#224; ne pas tomber dans le pi&#232;ge si l'on veut observer. Maintenant ils acceptent qu'on les photographie. Ils acceptent m&#234;me qu'on en fasse quelque chose d'artistique, ou quelque chose comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs yeux, la distance est immense. Au milieu de tout &#231;a il y a nous. Sommes-nous des miracul&#233;s ? Sommes-nous les tra&#238;tres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toulouse, avril 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Photographie liquide &#8212; III /III</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Photographie-liquide-III</link>
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		<dc:date>2013-01-24T00:54:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laura Lafon</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Croisant ses r&#233;flexions sur la photographie et sur la notion d'auteur, Joan Fontcuberta aborde sous un angle nouveau l'exposition de soi, cette forme de jeu avec le Je. Partant du constat d'un monde envahi par l'image &#8211; qui fait qu'aujourd'hui &#171; nous habitons l'image &#187; &#8211;, l'artiste s'interroge sur la n&#233;cessit&#233;, pour le photographe, d'en produire d'autres encore.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH94/arton285-d7d1b.jpg?1772247499' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Croisant ses r&#233;flexions sur la photographie et sur la notion d'auteur, Joan Fontcuberta aborde sous un angle nouveau l'exposition de soi, cette forme de jeu avec le Je. Partant du constat d'un monde envahi par l'image &#8211; qui fait qu'aujourd'hui &#171; nous habitons l'image &#187; &#8211;, l'artiste s'interroge sur la n&#233;cessit&#233;, pour le photographe, d'en produire d'autres encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me partie : &lt;br class='autobr' /&gt;
De l'art du tout photographiable : la postphotographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I &#8211; L'autoportrait en r&#233;seau repris dans le champ de l'art : A traves del espejo&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb2316|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Croisant ses r&#233;flexions sur la photographie et sur la notion d'auteur, Joan Fontcuberta aborde sous un angle nouveau l'exposition de soi, cette forme de jeu avec le Je. Partant du constat d'un monde envahi par l'image &#8211; qui fait qu'aujourd'hui &#171; nous habitons l'image &#187; &#8211;, l'artiste s'interroge sur la n&#233;cessit&#233;, pour le photographe, d'en produire d'autres encore. L'exp&#233;rience men&#233;e par Julian Germain, Murilo Gody &amp; Patricia Azevedo dans les favelas de Belo Horizonte, consistant &#224; confier un appareil aux habitants, ne montre-t-elle pas que ces derniers sont les mieux &#224; m&#234;me de r&#233;aliser des images &#171; justes &#187; du milieu dans lequel ils vivent ? Ces photographies &#171; sans qualit&#233; &#187; (si on les compare, par exemple, aux clich&#233;s qu'en obtiendrait un Sebastiao Salgado) et sans auteur, constitueraient peut-&#234;tre &#171; le seul espoir &#187; d'une restitution pertinente du r&#233;el. De m&#234;me, lorsque Erik Kessels r&#233;unit les clich&#233;s des sc&#232;nes inaugurales de r&#233;cits pornographiques, dont il met ainsi en lumi&#232;re le caract&#232;re st&#233;r&#233;otyp&#233;, voire comique, il devient prescripteur et non r&#233;alisateur. Sur le mode humoristique, Love Exposure, du cin&#233;aste japonais Sion Sono, d&#233;ploie des tr&#233;sors d'inventivit&#233; photographique : cherchant &#224; &#171; voler &#187; des images de culottes in situ, le h&#233;ros r&#233;alise toutes sortes d'acrobaties emprunt&#233;es au kung fu, fixe son appareil sur une voiture t&#233;l&#233;guid&#233;e, etc. De ces trois mani&#232;res &#8211; radicalement diff&#233;rentes les unes des autres &#8211; de produire une collection d'images photographiques, Fontcuberta tire un enseignement quant &#224; l'auctorialit&#233; et ses d&#233;placements contemporains. Reprenant &#224; son compte cette &#171; dissolution de l'auteur dans le prescripteur &#187;, il a con&#231;u un nouvel ensemble photographique r&#233;unissant une s&#233;rie colossale d'autoportraits num&#233;riques pris au travers d'un reflet. Bo&#238;tes de nuit, automobiles, vitrines de magasin, salles de bains, chambres d'h&#244;tels, etc. : dans des lieux publics ou chez soi, les miroirs abondent, et offrent d&#233;sormais la tentation non seulement de s'y contempler, mais de s'y saisir, de mani&#232;re spontan&#233;e, pour ne pas dire compulsive. Les r&#233;flectogrammes qui en r&#233;sultent pr&#233;sentent la particularit&#233; de montrer, outre le d&#233;cor et la ou les personnes qui s'auto-photographient, l'appareil lui-m&#234;me. Destin&#233;es &#224; &#234;tre mises en circulation via Internet, ces images constituent un immense r&#233;servoir de donn&#233;es. S'int&#233;ressant &#224; ces nouvelles formes de photographies ainsi qu'&#224; leur usage, Joan Fontcuberta en r&#233;v&#232;le les sp&#233;cificit&#233;s. Car de ces expositions de soi r&#233;sulte une esth&#233;tique photographique, que l'artiste qualifie d'&#171; esth&#233;tique de l'acc&#232;s &#187;, avec son cort&#232;ge de lieux communs : poses visant &#224; mettre en valeur sa propre anatomie, auto complaisance, &#233;rotisme ou pornographie, etc. En outre, ce sont des photographies &#171; d&#233;tach&#233;es de la v&#233;rit&#233; et de la m&#233;moire &#187;, toujours mises en sc&#232;ne et, contrairement &#224; leur fonction m&#233;morielle premi&#232;re, vou&#233;es &#224; &#234;tre jet&#233;es. Le contenu de l'image &#8211; l'exposition de soi &#8211; importe donc moins que sa valeur de communication, ou de pseudo-communication, de son d&#233;placement depuis l'espace priv&#233; ou intime vers l'espace public d'Internet. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Fontcuberta et N. Pugnet, &#171; Derri&#232;re le miroir, Jeux d'exposition. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une double motivation narcissique et exhibitionniste domine ces autoportraits et fragilise de plus en plus la fronti&#232;re entre priv&#233; et public. Dans ces photos la volont&#233; ludique et auto exploratrice prend le pied sur la fonction m&#233;morielle. Se prendre en photo et se montrer sur les r&#233;seaux sociaux fait partie des jeux de s&#233;duction et des rituels de communication des nouvelles subcultures li&#233;es aux NTIC. La photographie se transforme en pur message destin&#233; &#224; &#234;tre envoy&#233; et &#233;chang&#233; : &#171; elle r&#233;sulte d'un pur geste communicationnel dont la dimension pand&#233;mique ob&#233;it &#224; un large spectre de motivations &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Fontcuberta, Por un manifiesto posfotogr&#225;fico .&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail titanesque de recherche et d'accumulation d'autoportraits pris dans des miroirs puis post&#233;s sur Internet &#233;labore une s&#233;rie d'images qui, prises individuellement, n'ont pas d'autre sens que de montrer le corps. Ce qui int&#233;resse dans cette accumulation est la recherche du geste, sans lui trouver de cause que celle de se regarder et de se montrer au monde. Il est stup&#233;fiant de voir l'abondance d'images qui sont ainsi diffus&#233;es en ligne via des plateformes ayant des buts diff&#233;rents. Facebook, Twitter, Tuentic, Badoo, Myspace sont des sites o&#249; pr&#233;valent l'interaction et le sentiment communautaire et o&#249; l'image, comme nous l'avons vu est signe identitaire d'un individu en attente de confirmation par le groupe. D'autres sites sont uniquement vou&#233;s &#224; la diffusion d'images sp&#233;cifiques : Bar/Public Bathroom Self Portraits regorge d'autoportraits pris dans des toilettes publiques. Enfin, ce travail met l'accent sur l'exhibition de sensualit&#233; voire de sexualit&#233; en piochant dans des sites &#233;rotiques plus ou moins amateurs tels que &lt;a href=&#034;http://www.selfshotphotos.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.selfshotphotos.com&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.mirrorgirls.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mirrorgirls.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Fontcuberta, ces autoportraits au miroir sont des images qui se regardent elles-m&#234;mes, prises dans les al&#233;as de leurs propres fictions, diffus&#233;es sur Internet sans but plus important que de se montrer au monde. Le message qu'elles v&#233;hiculent para&#238;t soudain moins transparent. Existerait-il un &#171; degr&#233; z&#233;ro &#187; de l'&#233;criture photographique ? O&#249; serait alors la v&#233;rit&#233; ? Jusqu'&#224; quel point pourrait-on y croire ? Ces images o&#249; pose l'agent photographiant/photographi&#233; cachent une mascarade maitris&#233;e par lui, ainsi l'hypoth&#233;tique sinc&#233;rit&#233; de l'appareil photographique n'est plus envisageable. &#171; Une fois la photographie disqualifi&#233;e en tant que t&#233;moin fiable, sa cr&#233;dibilit&#233;, au lieu de reposer sur ses qualit&#233;s intrins&#232;ques, se reporterait sur le photographe en tant qu'auteur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Fontcuberta, Le baiser de Judas. Photographie et v&#233;rit&#233;, Paris, Actes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#233;cise-t-il&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Blow up, blow up : prises, reprises, surprises de vue par Joan Fontcuberta.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2315|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II &#8211; La postphotographie comme extr&#234;me contemporain : institutionnalisation par les Rencontres d'Arles 2011 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 &#8211; From Here On&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 1928 la photographie bouleversait le monde &#171; comme l'eau, comme le gaz, comme le courant &#233;lectrique viennent de loin dans nos demeures r&#233;pondre &#224; nos besoins moyennant un effort quasi nul, ainsi serons-nous aliment&#233;s d'images visuelles ou auditives, naissant et s'&#233;vanouissant au moindre geste, presque &#224; un signe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Val&#233;ry, La conqu&#234;te de l'ubiquit&#233;, 1928, &#338;uvres, Paris, Gallimard, coll. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le medium photographique vit gr&#226;ce au num&#233;rique une grande transformation, tant au niveau de sa production, que de sa distribution, de son archive et sa consommation. Tout devient photographiable et tout peut &#234;tre photographi&#233;. La nature num&#233;rique du digital permet pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la photographie, la possibilit&#233; de cr&#233;er des images sans pr&#233;sence de l'objet ou de la r&#233;alit&#233; qui les g&#233;n&#232;re. L'image digitale est une structure r&#233;ticulaire qui convertit la lumi&#232;re en information digitale, en ce sens elle est diff&#233;rente de la photographie argentique qui transformait m&#233;caniquement la lumi&#232;re sur un support concret. &#171; Cette nature num&#233;rique a rendu possible l'absence de l'objet r&#233;el pour produire des images. Le r&#233;f&#233;rent n'est plus indispensable, presque facultatif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enric Mira, Conf&#233;rence Euphories et peurs autour de l'image digitale, 7 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gr&#226;ce au num&#233;rique la photographie s'est d&#233;mat&#233;rialis&#233;e, nous n'avons plus besoin d'un support papier pour la faire exister. La photographie argentique avait besoin d'un geste entre la pellicule et le rendu, l'&#233;cran est d&#233;sormais le support qui accueille l'image comme produit fini. Certes, des retouches peuvent &#234;tre effectu&#233;es comme dans le processus analogique, cependant ordinateur, t&#233;l&#233;phone mobile, tablette graphique sont des lieux que l'on peut qualifier de non-lieu. &#171; L'&#233;cran est devenu ce lieu de l'exp&#233;rience esth&#233;tique et sociable, le nouveau visage de la subjectivit&#233; et le substitut de la corpor&#233;it&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui devient int&#233;ressant est l'appropriation de ces bouleversements sociaux de la pratique photographique par le monde de l'art. L'exposition Tous photographes, au mus&#233;e de l'&#201;lys&#233;e &#224; Lausanne en 2007 &#233;rigeait d&#233;j&#224; les pratiques amateurs comme int&#233;ressantes pour l'artiste. R&#233;cup&#233;ration et r&#233;appropriation ne sont pas les facteurs d&#233;terminants de cette nouvelle photographie artistique, Duchamp et son ready-made les ont depuis longtemps int&#233;gr&#233;es au champ. Ce qui est d&#233;finitivement nouveau et qui doit &#234;tre pris en compte par l'artiste est Internet et la multitude d'images qui le parcourt. &#171; Ce que les artistes cherchaient autrefois dans la nature, en d&#233;ambulant dans les villes, en feuilletant les magazines, ou en fouillant dans les cartons des march&#233;s aux puces, ils le trouvent aujourd'hui sur la Toile. L'Internet est une nouvelle source de langage vernaculaire, un puits sans fond d'id&#233;es et d'&#233;merveillements &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;ment Cherroux, Manifeste From Here On, Rencontres d'Arles 2011.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exposition From Here On pr&#233;sent&#233;e aux Rencontres d'Arles 2011 se pr&#233;sente comme un manifeste c&#233;l&#233;brant ces nouveaux usages dans la photographie d'art. R&#233;alis&#233;e par Joan Fontcuberta qui a r&#233;uni autour de lui quatre de ses amis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le commissariat d'exposition est compos&#233; de Cl&#233;ment Cherroux historien de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle pr&#233;sente le travail de trente six artistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Liste des 36 artistes expos&#233;s : Adrian Sauer, Andreas Schmidt, Aram (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui pensent la cr&#233;ation photographique &#224; travers le prisme de la Toile. Certaines images ont &#233;t&#233; prises &#224; partir de cam&#233;ras de surveillance, d'autres de portables, d'autres encore proviennent d'eBay ou de Google Street View. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2318|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;2 &#8211; Objectivation dans le champ de l'art : transfiguration de pratiques vernaculaires 2.0&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appropriation et le d&#233;tournement ne sont pas des techniques nouvelles dans le champ de l'art. Elle est une &#171; distanciation, un pr&#233;l&#232;vement, un r&#233;investissement personnel, de l'emprunt, voire de l'impr&#233;gnation. Il s'agit alors, au contraire, d'un dialogue, d'une &#233;coute, d'une exp&#233;rience de l'alt&#233;rit&#233;. L'appropriation de ce point de vue est une rencontre, une r&#233;flexion, une analyse d&#233;bouchant sur du singulier et de l'innovation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Art et appropriation [Actes du colloque organis&#233; par le CEREAP / sous la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quand Andy Warhol prenait deux bo&#238;tes de soupe et qu'il nommait l'une des deux &#171; &#339;uvre d'art &#187;, il &#233;rigeait un objet du quotidien dans le champ de l'art en admettant que l'intention artistique pr&#233;valait sur les qualit&#233;s intrins&#232;ques de l'objet. L'exp&#233;rience que l'objet procure ne peut plus d&#233;sormais servir de r&#233;f&#233;rence &#224; l'inscription dans le champ artistique. La diff&#233;rence n'est plus perceptive mais ontologique. L'interpr&#233;tation fait l'&#339;uvre d'art, telle est la th&#232;se soutenue par Arthur Danto.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arthur Danto, La transfiguration du banal, &#201;ditions du Seuil, 1989.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle n'est donc pas ferm&#233;e puisqu'elle d&#233;pend d'un agent et &#233;volue, prend vie : il s'agit de la transfiguration. Selon lui, une &#339;uvre d'art est conditionn&#233;e par l'intentionnalit&#233; de son auteur et doit &#171; incarner cette signification m&#233;taphoriquement &#187;, ou &#234;tre &#171; un v&#233;hicule message gr&#226;ce &#224; des traits consid&#233;r&#233;s comme signes &#187;. Les photographies mises en ligne n'ont individuellement pas de sens propre si ce n'est une vague repr&#233;sentation du r&#233;el. L'artiste travaillant avec elles doit trouver cette signification m&#233;taphorique et se sert du monde virtuel comme mat&#233;riau pour une mise en lumi&#232;re des pratiques photographiques. L'art ainsi pens&#233; se tournant donc d'abord sur lui-m&#234;me, quelle fonction tient le medium photographique dans la soci&#233;t&#233; contemporaine ? Quel sens donner &#224; cet amas de visuels ? Les mutations technologiques permettent un d&#233;veloppement des pratiques populaires dans les domaines artistiques. La photographie est &#233;videmment la premi&#232;re touch&#233;e : d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233;e comme &#171; art moyen &#187; dans les ann&#233;es 1960, le num&#233;rique a consid&#233;rablement ouvert les fronti&#232;res entre art et amateurisme. Faire une belle photographie n'est plus aujourd'hui r&#233;serv&#233; &#224; une &#233;lite artistique, et les canons de la photographie dans le champ de l'art ne correspondent plus aux sch&#233;mas esth&#233;tiques traditionnels. L'art s'est lib&#233;r&#233; de son crit&#232;re technique, la ma&#238;trise de l'objet n'est plus la base fondamentale de son essence. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2319|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;3 &#8211; L'extr&#234;me contemporain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie contemporaine suppose une double hypoth&#232;se de travail. Le regard subit une nouvelle mod&#233;lisation qui passe d&#233;sormais par l'&#233;cran. &#171; Que l'&#233;cran soit t&#233;l&#233;visuel, informatis&#233; ou vid&#233;ographique, c'est &#224; lui d&#233;sormais que s'affronte le regard : &#224; sa surface mouvante, trembl&#233;e et pixellis&#233;e, comme si la surface &#233;cranique refl&#233;tait dor&#233;navant mieux que toute autre le R&#233;el de l'extr&#234;me contemporain &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Baqu&#233;, Photographie plasticienne. L'extr&#234;me contemporain, Paris, &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le photographe agit comme passeur de sens, d'images, entre les images. La photographie gr&#226;ce au num&#233;rique est plus l&#233;g&#232;re, fluide, mobile, sur diff&#233;rents supports. Ces deux hypoth&#232;ses sont confirm&#233;es dans la d&#233;marche men&#233;e par le Manifeste From Here On qui bouleverse d&#232;s lors les questions d'esth&#233;tique se positionnant aujourd'hui comme extr&#234;me contemporain. &#171; Banalisation de l'appropriation d'une part, hyper accessibilit&#233; aux images de l'autre, la conjonction de ces deux facteurs est particuli&#232;rement f&#233;conde. Elle cr&#233;e les conditions d'une stimulation artistique. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;ment Cherroux, Manifeste From Here On, Rencontres d'Arles 2011.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2320|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;4 &#8211; Qu'est ce qu'un auteur photographique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les artistes r&#233;unis ici s'inscrivent par exemple tous dans le grand mouvement de d&#233;sacralisation du savoir-faire artistique entam&#233; au d&#233;but du XXe si&#232;cle au profit d'une c&#233;l&#233;bration du choix de l'artiste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La sociohistoire de la figure de l'artiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Moulin, &#171; De l'artisan au professionnel : l'artiste &#187;, Sociologie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permet de comprendre le statut et le r&#244;le qu'il tient dans la soci&#233;t&#233;. Au Moyen &#194;ge, l'artiste est avant tout un artisan qui travaille en collectif, dans des ateliers, tout son m&#233;rite vient de son savoir faire et de son aptitude &#224; produire des canons esth&#233;tiques, sans vraiment impr&#233;gner son art d'une conscience originelle. La p&#233;riode classique des XVIIIe et XIXe si&#232;cles est acad&#233;mis&#233;e. L'artiste est grand par le savoir, l'esth&#233;tique s'objective, se rationnalise, les formes sont standardis&#233;es, l'artiste doit produire de la perfection, de la complexit&#233;. Enfin, une troisi&#232;me figure sociale de l'artiste &#233;merge au Romantisme : tout repose d&#233;sormais sur un individu cr&#233;ateur, singulier, qui s'oppose &#224; l'Acad&#233;mie. L'artiste recherche l'originalit&#233;, la nouveaut&#233; et son art doit exprimer son individualit&#233; cr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique litt&#233;raire avant-gardiste &#224; la fin des ann&#233;es 1960, d&#233;fendue entres autres par Barthes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Barthes, &#171; La mort de l'auteur &#187;, 1968.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Foucault&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Foucault, &#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, Conf&#233;rence &#224; la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tente de red&#233;finir la notion d'auteur, le d&#233;clarant mort afin de restituer &#224; l'&#339;uvre sa primordialit&#233;. L'auteur ne doit plus s'inscrire dans un r&#233;gime d'inspiration mais d'intention qui devient l'essence de l'&#339;uvre faisant naitre le lecteur, s'appropriant le texte. L'auteur n'est plus &#224; l'origine du texte, il provient du langage lui-m&#234;me. Si l'on transpose cette conception de l'auteur &#224; notre cas d'&#233;tude, alors les v&#233;ritables auteurs des photographies sont ces personnes qui les glanent sur la Toile, les collectionnent et finalement lisent en elles une signification qui n'existait pas a priori. &#171; Pour l'appropriationniste qui travaille &#224; l'&#232;re du tout num&#233;rique, il ne s'agit plus de nier son statut d'auteur, mais plut&#244;t de jouer, ou de faire croire, &#224; sa propre disparition, tout en sachant que ce jeu ne trompe d&#233;sormais plus personne. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;ment Cherroux, Manifeste From Here On, Rencontres d'Arles 2011.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Si les 8799661 personnes qui ont photographi&#233; des couchers de soleil et les ont post&#233;s sur Flickr&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Penelope Umbrico, 8799661 soleils de flickr.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n'avaient pas conscience de cet acte commun, par quoi &#233;tait-il motiv&#233; ? La raison individuelle ne nous int&#233;resse pas ici, c'est se rendre compte de cet acte, qui semble presque inutile, c'est prendre conscience et mettre le doigt sur une pratique du medium photographique, c'est utiliser cette d&#233;couverte en la rendant qui plus est visuellement esth&#233;tique et l'exposer sur un mur mus&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste auteur est celui qui, s&#233;lectionnant des images dans un flux ininterrompu, les restitue sous des formes diff&#233;rentes, livre et exposition, lesquelles, &#224; leur tour, nous tiennent lieu de m&#233;moire autant que de miroir. Il ne s'agit plus de produire des &#339;uvres mais de &#171; prescrire du sens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;rence Manifeste Postphotographique Joan Fontcuberta.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La fonction d'auteur se confond avec celles de commissaire d'exposition, de collectionneur, d'historien de l'art, de th&#233;oricien, ou encore avec celles de l'enseignement. Dans un monde visuel satur&#233; de repr&#233;sentations qui ne semblent plus avoir de sens, l'artiste doit &#339;uvrer &#224; une &#233;cologie de l'image. Puisque la circulation et la consommation pr&#233;valent d&#233;sormais dans la vie d'une image, au d&#233;triment de son contenu, un recyclage de celle-ci est n&#233;cessaire si on veut lui redonner du sens. Une remise en cause des fondements de l'histoire de l'art s'impose. Traditionnellement, l'originalit&#233; de l'acte constitue la qualification artistique, ici la paternit&#233; est remise en cause, l'auteur n'est plus celui qui prend la photographie mais celui qui se l'approprie. Il se camoufle derri&#232;re les images qui, mises en s&#233;rie, font l'&#339;uvre d'art. On pourrait parler d'une vision co-autoriale, collaborative, ou encore interactive pour qualifier ces &#339;uvres presque orphelines. Chacun, en se confrontant aux photographies post&#233;s par ces autres, inconnus, se confronte &#224; sa propre image. Un regard r&#233;flexif associ&#233; &#224; une dimension humoristique questionne ainsi le medium lui-m&#234;me, et la place qu'il tient r&#233;ellement dans la soci&#233;t&#233;. Pour Fontcuberta, l'art devra laisser plus de place au ludique, &#171; au d&#233;triment d'un art h&#233;g&#233;monique qui a fait de l'anh&#233;donie (le solennel et l'ennuyeux) son drapeau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;rence Joan.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et devra privil&#233;gier &#171; les pratiques de cr&#233;ation qui nous habituent &#224; la d&#233;possession : mieux vaut partager que poss&#233;der &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; afin de renoncer &#224; la surconsommation d'images et agiter les consciences. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2321|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;5 &#8211; La postphotographie comme irr&#233;m&#233;diable actualisation du langage photographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From Here On regroupe des travaux relevant clairement plus de l'&#233;dition que de l'enregistrement m&#233;canique du r&#233;el, qui s'inscrit dans cette logique d'&#233;cologie des images. J'ai visit&#233; cette exposition en compagnie d'amis photoreporters qui refusaient de la qualifier de &#171; photographie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#233;galement l'&#233;tude du Livre d'Or de l'exposition par O. Beuvelet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne s'agit pas pour eux de photographies, puisque cela va en quelque sorte &#224; l'encontre de leur m&#233;tier : la production d'images visuelles. Penser cela c'est oublier que l'image n'a pas qu'un seul sens de repr&#233;sentation. Chaque travail constitue une image en soi compos&#233;e d'une multitude de photographies d&#233;j&#224; enregistr&#233;es. Il faut consid&#233;rer l'image comme une production de l'esprit qui userait de repr&#233;sentations visuelles pour signifier quelque chose au-del&#224; d'elles. &#171; Il faut faire une diff&#233;rence entre les images qu'on trouve sur Internet et celles pr&#233;sent&#233;es dans l'exposition. Entre les deux, il y a la m&#233;diation d'un artiste. C'est &#231;a qui recr&#233;e de l'intelligence, de la raret&#233; et de la valeur ajout&#233;e. Si on pense que l'expo n'est qu'un flux d'images accessibles sur le Web, on passe &#224; c&#244;t&#233; de notre exposition. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;ment Cherroux interview&#233; par Telerama .&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le travail de Doug Rickard intitul&#233; A New American Picture constitue une nouvelle forme de photodocumentaire, justement expos&#233; au BAL &#8211; lieu d'exposition d&#233;di&#233; aux formes contemporaines du document &#8211; en 2010. Les images sont tir&#233;es du logiciel Google Street View et re-photographi&#233;es en ligne. Ses sc&#232;nes de rues prises &#224; Atlanta, Miami, Camdem, Los Angeles ou Memphis semblent toutes pr&#233;c&#233;der un fait divers imminent, au choix r&#232;glements de compte entre bandes, viols, bastons, assassinats&#8230; Doug Rickard exacerbe au maximum le sentiment d'ins&#233;curit&#233; du lecteur tout en dressant un portrait &#224; la violence sourde du r&#234;ve am&#233;ricain. Le choix du titre marque clairement l'intention documentaire de Rickard puisqu'il fait r&#233;f&#233;rence &#224; des papes du photodocumentaire tels que Walker Evans (travail American Photographs) ou Robert Frank (The Americans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images elles-m&#234;mes sont le langage de cette nouvelle photographie que Fontcuberta qualifie de postphotographie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Por un manifiesto posfotogr&#225;fico .&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il part d'un fait divers &#224; Hong Kong : il est plus facile de demander aux livreurs de pizza de r&#233;aliser des photos d'un &#233;v&#233;nement de rue gr&#226;ce &#224; leur connaissance du trafic routier qu'&#224; des professionnels bien que ceux-ci obtiendraient une photo plus esth&#233;tique. Le travail men&#233; par Aichi Hirano qui consiste &#224; donner des appareils photo jetables aux victimes du tremblement de terre du 11 mars 2011 au Japon puis &#224; les r&#233;colter et les pr&#233;senter comme &#339;uvre d'art documentaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;rie Rolls 7 .&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne montre-t-il pas que ces derni&#232;res sont les mieux &#224; m&#234;me de r&#233;aliser des images &#171; justes &#187; de la catastrophe qu'ils doivent surmonter ? L'artiste avait d&#233;j&#224; disparu derri&#232;re le commissaire d'exposition qui fut &#233;clips&#233; par le critique. On assiste d&#233;sormais &#224; un effacement du photographe derri&#232;re la photographie elle-m&#234;me, reine du nouveau langage postphotographique. Utiliser des images existantes pour replacer la photographie au c&#339;ur de son processus, pour qu'elles fassent &#171; preuve &#187; de nouveau. &#171; Fallait-il clouer le Web sur une cimaise pour que certains s'aper&#231;oivent de son existence ? La r&#233;ponse est oui. L'exposition apporte la preuve de la puissance et de la coh&#233;rence g&#233;n&#233;rique cach&#233;e dans les plis de la toile. En sortant de l'exposition, l'habitu&#233; des circulations en ligne se dira que le Web est encore plus beau, plus vaste et plus riche que cette br&#232;ve anthologie. Mais tous ne le savent pas encore. &#8220;From here on&#8221; &#8211; &#224; partir de maintenant &#8211;, il sera plus difficile d'afficher son ignorance. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Gunthert, &#171; From Here On, Arles rencontre la photo num&#233;rique &#187;, Culture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2322|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La liquidit&#233; r&#233;git la photographie &#224; l'&#232;re num&#233;rique, sa pratique, sa fonction, son expression artistique. L'&#233;tude des usages de la photographie de profil dans un groupe d'adolescents permet une approche centr&#233;e sur ce sujet, tout en s'int&#233;ressant aux questions d'identit&#233; et de socialisation amicale. La photographie s'ins&#232;re dans un sch&#233;ma complexe m&#234;lant narcissisme et rapport &#224; l'autre. Se prendre en photo c'est se regarder. La diffuser c'est essayer de se contr&#244;ler en donnant une image positive de soi. Pour cela, l'adolescent a besoin des autres puisque la photographie prise soi-m&#234;me est socialement inacceptable. Afin de corriger le r&#233;el qui est souvent insatisfaisant, l'adolescente plus que l'adolescent use de la retouche num&#233;rique, tout en se limitant puisque l'image doit toujours rester fid&#232;le &#224; la r&#233;alit&#233;, sous peine de sanction sociale. Les moments de mise en sc&#232;ne permettent &#233;galement de jouer sur le r&#233;el et de s'approprier une esth&#233;tique emprunt&#233;e au monde de la mode, &#224; laquelle les filles aimeraient ressembler. Enfin, en publiant ses photos, l'adolescent attend une reconnaissance, un adoubement de la part des autres, afin d'asseoir l'identit&#233; positive que la photographie choisie avait fait naitre. &#171; La publicisation de certaines facettes de soi, intimes ou priv&#233;es, se justifie &#224; l'&#233;vidence par la recherche de marques approbatives susceptibles de permettre &#224; ceux qui s'exposent de se rapporter positivement &#224; leur subjectivit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Granjon et J. Denou&#235;l &#171; Exposition de soi et reconnaissance de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La photographie dans le prisme de sa liquidit&#233; constitue une clef pour comprendre ces dispositifs sociaux qui rendent l'individu &#171; centr&#233; sur la satisfaction imm&#233;diate de ses d&#233;sirs et intol&#233;rant &#224; la frustration, [poursuivant] cependant, dans de nouvelles formes de d&#233;passement de soi, une qu&#234;te d'Absolu, toujours d'actualit&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Nicole, &#171; Un individu paradoxal &#187; in Nicole Aubert, L'individu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2323|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parler du concept de liquidit&#233; nous am&#232;ne vers des questionnements qui repensent la soci&#233;t&#233; contemporaine comme hypermoderne. Si l'on peut la rapprocher de la postmodernit&#233;, courant de pens&#233;e &#233;mergeant dans les ann&#233;es 1960, la diff&#233;rence se joue peut-&#234;tre dans une approche moins critique qui aurait int&#233;gr&#233; les postulats d'un individu avant tout consommateur, individualiste, et en qu&#234;te de nouveaux rep&#232;res. Alors que la postmodernit&#233; se situe en rupture avec la modernit&#233;, l'hypermodernit&#233; serait sa version contemporaine exacerb&#233;e, une sorte de surmodernit&#233;. Cela reviendrait-il en quelque sorte &#224; revaloriser les bouleversements sociaux, les consid&#233;rant de toute fa&#231;on comme d&#233;sormais irr&#233;versibles ? Le pr&#233;fixe post assignerait la disparition de la modernit&#233;, nous assisterions plut&#244;t &#224; son &#171; parach&#232;vement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Lipovetsky, &#171; Temps contre temps ou la soci&#233;t&#233; hypermoderne &#187;, in Gilles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'aucuns signent la mort de la photographie tu&#233;e par l'av&#232;nement du num&#233;rique. Le trop de photographies ne tue pas la photographie ! Il faut seulement reconsid&#233;rer la place qu'elle prend dans la soci&#233;t&#233; et quelles fonctions elle y tient. Il s'agit plus d'une c&#233;l&#233;bration de la d&#233;mocratisation du medium plut&#244;t que sa ruine. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2324|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le champ de l'art institutionnalise en 2011 ces consid&#233;rations via l'exposition manifeste From Here On. Cr&#233;ant la pol&#233;mique autour de ces photographies tir&#233;es du web communautaire, il s'agit d'une reconstruction de l'auteur et un effondrement des bases esth&#233;tiques dans le champ photographique. Qu'est ce que l'artiste auteur &#224; l'heure de la photographie 2.0 ? Celui qui glane, collectionne et lit les photographies trouv&#233;es sur l'immensit&#233; de la Toile, donnant un sens qui n'existe pas a priori dans chaque image, r&#233;v&#233;lant ainsi le visible au monde et r&#233;fl&#233;chissant &#224; la place et l'usage du medium photographique. L'artiste revendique son nom sur des photographies qui ne proviennent pourtant pas de son geste m&#233;canique, il met en sc&#232;ne son propre suicide pour r&#233;v&#233;ler la puissance des images elles-m&#234;mes comme langage du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mat&#233;rialisation de l'objet photographique et de sa paternit&#233; entra&#238;ne une remise en cause du concept de droit d'auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le droit d'auteur en France se divise en deux branches. Le droit moral (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme le soul&#232;ve la manifestation en marge de l'exposition From Here On, durant les Rencontres d'Arles 2011. Internet remet en cause cette notion du droit d'auteur auquel la France semble fortement attach&#233;e. L&#233;galement l'exposition ne respecte pas les droits d'auteur puisqu'il s'agit d'une r&#233;appropriation de photographies originellement prises par d'autres que ceux qui les utilisent. Ce manifeste essaie de frayer un chemin vers une nouvelle conception du droit d'auteur ; Internet r&#233;clame une adaptation de la loi, de fa&#231;on urgente. Ne pas se laisser d&#233;passer par le num&#233;rique, tel est l'enjeu auquel doit faire face la justice depuis les ann&#233;es 2000, la musique &#233;tant le domaine le plus touch&#233;, ruinant presque l'industrie. From Here On ne compte &#233;videmment pas tuer la profession de photographes. En questionnant la notion et la fonction de l'auteur, les commissaires de l'exposition essaient plut&#244;t de le red&#233;finir. Puisque nous sommes tous d&#233;sormais photographes, produisons-nous pour autant des &#339;uvres de l'esprit ? Peut-on revendiquer pareille conception quand il s'agit de prendre en photographie son sexe avec une webcam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Frank Schallmaier a r&#233;uni 169 photographies de verges.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#192; cela vient s'ajouter la question du droit &#224; l'image. Mais puisque l'image est partout, de la cam&#233;ra de surveillance au tra&#231;age sur les r&#233;seaux sociaux en passant par la photographie sur une montagne russe, est-ce encore l&#233;gitime ? La photographie telle qu'elle est envisag&#233;e par le droit et dans les m&#339;urs a &#233;volu&#233;. Prendre conscience de ces changements d&#233;sormais irr&#233;versibles permet de mettre le doigt sur les travers de nos soci&#233;t&#233;s, sans jugement, sans nostalgie pass&#233;iste o&#249; l'image n'avait tout simplement pas les m&#234;mes fonctions. R&#233;aliser cela c'est accepter que la photographie vue dans le prisme de la liquidit&#233; d&#233;coule et renforce les &#233;volutions soci&#233;tales &#224; l'&#232;re num&#233;rique. Bien loin d'&#234;tre morte, la photographie vit simplement une p&#233;riode qui la d&#233;passe tout en la repla&#231;ant en son c&#339;ur : la postphotographie. &lt;tt&gt;&lt;emb2317|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Fontcuberta et N. Pugnet, &#171; Derri&#232;re le miroir, Jeux d'exposition. Pratique et th&#233;orie de l'exposition &#187;, Ecole Sup&#233;rieure des Beaux-Arts, N&#238;mes, 2009-2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Fontcuberta, Por un manifiesto posfotogr&#225;fico &lt;a href=&#034;http://www.lavanguardia.com/cultura/20110511/54152218372/por-un-manifiesto-posfotografico.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lavanguardia.com/cultura/20110511/54152218372/por-un-manifiesto-posfotografico.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Fontcuberta, &lt;i&gt;Le baiser de Judas. Photographie et v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Actes Sud, 2005, p. 155-156.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Blow up, blow up : prises, reprises, surprises de vue&lt;/i&gt; par Joan Fontcuberta.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Val&#233;ry, &lt;i&gt;La conqu&#234;te de l'ubiquit&#233;&lt;/i&gt;, 1928, &#338;uvres, Paris, Gallimard, coll. La Pl&#233;iade, 1960.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enric Mira, &lt;i&gt;Conf&#233;rence Euphories et peurs autour de l'image digitale&lt;/i&gt;, 7 avril 2011, Murcia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;ment Cherroux, &lt;i&gt;Manifeste From Here On&lt;/i&gt;, Rencontres d'Arles 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le commissariat d'exposition est compos&#233; de Cl&#233;ment Cherroux historien de la photographie conservateur au Centre Georges Pompidou, Erik Kessels directeur de l'agence de communication KesselsKramer, Martin Parr photographe de renomm&#233;e mondiale et Joachim Schmid photographe qui travaille avec des photographies trouv&#233;es depuis 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Liste des 36 artistes expos&#233;s : Adrian Sauer, Andreas Schmidt, Aram Bartholl, Claudia Sola, Constant Dullaart, Corinne Vionnet, Cum*, David Crawford, Doug Rickard, Ewoudt Boonstra, Frank Schallmaier, Gilbert Hage, Hans Aarsman, Hermann Zschiegner, James Howard, Jenny Odell, Jens Sundheim, John Haddock, Jon Rafman, Josh Poehlein, Kurt Caviezel, Laurence A&#235;gerter, Marco Bohr, Martin Crawl, Micheal O'Connell a.k.a Mocksim, Mishka Henner, Monica Haller, Nancy Bean, Pavel Maria Smejkal, Penelope Umbrico, Roy Arden, Shion Sono, The Get Out Clause, Thomas Mailaender, Viktoria Binschtok, Willem Popelier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Art et appropriation [Actes du colloque organis&#233; par le CEREAP / sous la dir. de Dominique Berthet. - Petit-Bourg (Guadeloupe) : Ibis Rouge, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arthur Danto, &lt;i&gt;La transfiguration du banal&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Seuil, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Baqu&#233;, Photographie plasticienne. L'extr&#234;me contemporain, Paris, &#201;ditions du Regard, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;ment Cherroux, &lt;i&gt;Manifeste From Here On&lt;/i&gt;, Rencontres d'Arles 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Moulin, &#171; De l'artisan au professionnel : l'artiste &#187;, Sociologie du travail, 25, 1985, pp. 388-403.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Barthes, &#171; La mort de l'auteur &#187;, 1968.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Foucault, &#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, Conf&#233;rence &#224; la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de philosophie, 1969.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;ment Cherroux, &lt;i&gt;Manifeste From Here On&lt;/i&gt;, Rencontres d'Arles 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Penelope Umbrico, &lt;i&gt;8799661 soleils de flickr&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conf&#233;rence Manifeste Postphotographique Joan Fontcuberta.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conf&#233;rence Joan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#233;galement l'&#233;tude du Livre d'Or de l'exposition par O. Beuvelet culturevisuelle.org/parergon/archives/1236.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;ment Cherroux interview&#233; par Telerama &lt;a href=&#034;http://www.telerama.fr/scenes/oui-on-peut-etre-photographe-avec-les-photos-des-autres,70936.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.telerama.fr/scenes/oui-on-peut-etre-photographe-avec-les-photos-des-autres,70936.php&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Por un manifiesto posfotogr&#225;fico &lt;a href=&#034;http://www.lavanguardia.com/cultura/20110511/54152218372/por-un-manifiesto-posfotografico.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lavanguardia.com/cultura/20110511/54152218372/por-un-manifiesto-posfotografico.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;rie Rolls 7 &lt;a href=&#034;http://www.rolls7.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rolls7.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Gunthert, &#171; From Here On, Arles rencontre la photo num&#233;rique &#187;, Culture Visuelle, 2011 culturevisuelle.org/icones/1853.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Granjon et J. Denou&#235;l &#171; Exposition de soi et reconnaissance de singularit&#233;s subjectives sur les sites de r&#233;seaux sociaux &#187;, Sociologie 1/2010 (Vol. 1), p. 25-43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Nicole, &#171; Un individu paradoxal &#187; in Nicole Aubert, &lt;i&gt;L'individu hypermoderne&#233;r&#232;s&lt;/i&gt; &#171; Sociologie clinique &#187;, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Lipovetsky, &#171; Temps contre temps ou la soci&#233;t&#233; hypermoderne &#187;, in Gilles Lipovetsky, S&#233;bastien Charles, Les temps hypermodernes, Grasset, Nouveau coll&#232;ge de philosophie, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le droit d'auteur en France se divise en deux branches. Le droit moral permet &#224; l'auteur de faire respecter sa qualit&#233; d'auteur de fa&#231;on perp&#233;tuelle et inali&#233;nable. Le droit patrimonial permet &#224; l'auteur ou &#224; ses ayants droit l'exploitation commerciale de l'&#339;uvre, pour une dur&#233;e variable. L'&#339;uvre tombe ensuite dans le domaine public.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Frank Schallmaier a r&#233;uni 169 photographies de verges.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Photographie liquide &#8212; II/III</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Photographie-liquide-II</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Photographie-liquide-II</guid>
		<dc:date>2012-12-18T15:08:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laura Lafon</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le concept de liquidit&#233; r&#233;git la photographie &#224; l'&#232;re num&#233;rique, sa pratique, sa fonction, son expression artistique. La photographie n'a de sens aujourd'hui que dans sa diffusion voire sa production num&#233;rique. Bien loin d'&#234;tre morte, la photographie vit simplement une p&#233;riode qui la d&#233;passe tout en la repla&#231;ant en son c&#339;ur : la postphotographie.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Reseaux-sociaux" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton294-810c0.jpg?1772247499' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le concept de liquidit&#233; r&#233;git la photographie &#224; l'&#232;re num&#233;rique, sa pratique, sa fonction, son expression artistique. La photographie n'a de sens aujourd'hui que dans sa diffusion voire sa production num&#233;rique. Bien loin d'&#234;tre morte, la photographie vit simplement une p&#233;riode qui la d&#233;passe tout en la repla&#231;ant en son c&#339;ur : la postphotographie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; global&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2163|left&gt;&lt;/tt&gt;Le concept de liquidit&#233; r&#233;git la photographie &#224; l'&#232;re num&#233;rique, sa pratique, sa fonction, son expression artistique. La photographie n'a de sens aujourd'hui que dans sa diffusion, voire sa production num&#233;rique. L'&#233;tude des usages de la photographie de profil dans un groupe d'adolescents est une clef d'entr&#233;e sur ce sujet en s'int&#233;ressant aux questions d'identit&#233; et de socialisation amicale. Internet permet l'exhibition de facettes de soi sensiblement diff&#233;rentes et contr&#244;l&#233;es de la r&#233;alit&#233; puisqu'il cr&#233;e de nouveaux mondes o&#249; imm&#233;diatet&#233; et surabondance sont les ma&#238;tres mots. La photographie y remplacent parfois les mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2161|left&gt;&lt;/tt&gt;Le champ de l'art institutionnalise en 2011 ces consid&#233;rations via l'exposition manifeste &lt;i&gt;From Here On&lt;/i&gt;. Cr&#233;ant la pol&#233;mique autour de ces photographies tir&#233;es du web communautaire, il s'agit d'une reconstruction de l'auteur et un effondrement des bases esth&#233;tiques dans le champ photographique. Qu'est ce que l'artiste auteur &#224; l'heure de la photographie 2.0 ? Celui qui glane, collectionne et lit les photographies trouv&#233;es sur l'immensit&#233; de la Toile, donnant un sens qui n'existe pas &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; dans chaque image, r&#233;v&#233;lant ainsi le visible au monde et r&#233;fl&#233;chissant &#224; la place et l'usage du medium photographique. L'artiste revendique son nom sur des photographies qui ne proviennent pourtant pas de son geste m&#233;canique, il met en sc&#232;ne son propre suicide pour r&#233;v&#233;ler la puissance des images elles-m&#234;mes comme langage du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2162|left&gt;&lt;/tt&gt;La photographie telle qu'elle est envisag&#233;e par le droit et dans les m&#339;urs a &#233;volu&#233;. Prendre conscience de ces changements d&#233;sormais irr&#233;versibles permet de mettre le doigt sur les travers de nos soci&#233;t&#233;s, sans jugement, sans nostalgie pass&#233;iste o&#249; l'image n'avait tout simplement pas les m&#234;mes fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;aliser cela c'est accepter que la photographie vue dans le prisme de la liquidit&#233; d&#233;coule et renforce les &#233;volutions soci&#233;tales &#224; l'&#232;re num&#233;rique. Bien loin d'&#234;tre morte, la photographie vit simplement une p&#233;riode qui la d&#233;passe tout en la repla&#231;ant en son c&#339;ur : la postphotographie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2030 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH382/1-photoliquide-2-7d02f.jpg?1772197887' width='500' height='382' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Juvenilia N&#176; 37 (Burnt)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re partie : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'autre comme m&#233;diateur entre moi et moi. Usages de la photographie de profil dans un groupe d'adolescents&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie &lt;i&gt;Juvenilia&lt;/i&gt; de Ole John Aandal regroupe des autoportraits post&#233;s sur Internet par des adolescents. Ainsi compil&#233;es et expos&#233;es en s&#233;rie, ces photographies tentent de percer, voire de cr&#233;er un imaginaire adolescent. Ce sont &#171; des images esth&#233;tisantes, souvent sur-sexualis&#233;es, [qui] affichent un style fait-maison. La plupart sont prises en int&#233;rieur et beaucoup montrent un d&#233;tail du corps rendu abstrait par un cadrage tr&#232;s serr&#233; &#8211; une l&#232;vre ou une paupi&#232;re par exemple. Ensemble, elles agissent comme un autoportrait collectif fascinant de la jeune g&#233;n&#233;ration et de son langage visuel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Bright, Autofocus l'autoportrait dans la photographie contemporaine, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tenter de comprendre les adolescents selon ces autoportraits post&#233;s demande une ma&#238;trise d'un certain langage visuel associ&#233; &#224; Internet, et ne semble pas accessible &#224; tous. Ce qui est photographiable traduit des normes sociales plus ou moins explicites et d&#233;pend du contexte de production, de diffusion et de r&#233;ception. En clair une photographie est un langage cod&#233; qui demande l'adh&#233;sion &#224; des sch&#232;mes de perception pour &#234;tre d&#233;crypt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2171|left&gt;&lt;/tt&gt;Les sciences sociales et humaines s'int&#233;ressent aux nouveaux ph&#233;nom&#232;nes qui m&#234;lent jeunes g&#233;n&#233;rations et nouvelles technologies, puisque les premi&#232;res sont les usagers naturels des secondes. &#201;tudier les usages et modes de production de la photographie de profil dans un groupe de jeunes adolescents am&#232;ne &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ces questions d'autoportrait diffus&#233; sur un r&#233;seau social, et &#224; penser le groupe comme principal &#233;l&#233;ment formateur et constructeur identitaire. &#171; Les pr&#233;adolescents &#233;laborent un monde social partag&#233; avec leurs pairs, c'est-&#224;-dire au sens de Strauss, un r&#233;seau dans lequel ils interagissent selon des valeurs, des &#171; formes de communication, de symbolisation, des univers de discours &#187; communs et propres. Enfin l'Internet peut devenir un support pour la construction identitaire, en leur permettant d'aborder plus ais&#233;ment certaines pr&#233;occupations angoissantes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Metton, &#171; Les usages de l'Internet par les coll&#233;giens &#187;, R&#233;seaux 1/2004 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les travaux qui questionnent les nouveaux usages de la photographie int&#233;gr&#233;e aux nouvelles technologies, notamment t&#233;l&#233;phone mobile et Internet, constituent &#233;galement de solides bases de r&#233;flexion. Nous verrons dans cette partie comment la photographie est produite, diffus&#233;e, et quel r&#244;le elle op&#232;re dans la construction identitaire de l'individu. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2164|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Sera pr&#233;sent&#233; ici un r&#233;sum&#233; d'une enqu&#234;te &#224; caract&#232;re sociologique qui s'attache &#224; &#233;tudier les conventions esth&#233;tiques et sociales de la photo de profil dans un groupe d'adolescents issus des classes sup&#233;rieures, habitant la proche banlieue parisienne, entrant en classe de seconde dans un &#233;tablissement priv&#233;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH382/2-photo-liquide-2-6b52b.jpg?1772197887' width='500' height='382' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Juvenilia N&#176; 8 (Blue Girl)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- Pratique photographie et Facebook dans le groupe d'adolescents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie dans ce groupe d'adolescents se r&#233;duit uniquement &#224; du num&#233;rique via des bo&#238;tiers compacts ou des t&#233;l&#233;phones portables. Certaines filles souhaitent avoir un r&#233;flexe num&#233;rique estimant que leurs photos seraient ainsi &#171; plus esth&#233;tiques &#187;. Apr&#232;s quelques retouches faites sur photofiltre les photos sont directement mises en ligne sur le r&#233;seau social Facebook, seul site de partage et communicationnel utilis&#233;, d&#233;tr&#244;nant il y a peu le chat messenger (au sein du groupe). Les adolescents ne prennent pas de photos avec leurs webcams bien que tous en aient une. Ils continuent cependant de l'utiliser parfois comme &#171; un jeu &#187;, moment de &#171; d&#233;lire &#187; entre copains mais l'usage se r&#233;duit &#224; l'activit&#233; et n'a aucune fonction au-del&#224; du moment pass&#233; ensemble : les photos ne sont ni post&#233;es en ligne, presque pas conserv&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2165|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les adolescents font de la photographie leur fonction principale sur Facebook. L'une d'eux est consciente que cet int&#233;r&#234;t pour la photographie est sp&#233;cifique &#224; leur groupe voire leur milieu social puisqu'elle compare son usage avec celui de son demi-fr&#232;re qui habite les &#171; quartiers chauds &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2166|left&gt;&lt;/tt&gt;Les sciences sociales ont beaucoup &#233;tudi&#233; les usages des nouvelles technologies dans cette perspective, notamment via les blogs. Si on trouve de nombreuses ressemblances avec les blogs, les adolescents ici &#233;tudi&#233;s n'utilisent pas tout &#224; fait Facebook de la m&#234;me mani&#232;re. Si en effet Facebook sert de &#171; support aux sociabilit&#233;s pr&#233;existantes &#187; cela ne passe pas par &#171; la pr&#233;sentation de son r&#233;seau personnel et par la m&#233;morisation d'&#233;v&#233;nements collectifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. Delaunay-T&#233;terel &#171; Sociabilit&#233; juv&#233;nile et construction de l'identit&#233; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On ne trouve pas d'albums photos r&#233;pertoriant les moments pass&#233;s ensemble par th&#232;me, les adolescents ne font pas de pr&#233;sentation de leurs amis &#233;labor&#233;e comme on en trouvait sur les blogs. Facebook serait une sorte de blog liquide, on ne grave plus les relations dans la pr&#233;sentation du lien d'amiti&#233;, importe plus les nombreux messages post&#233;s rappelant l'existence de ce lien. Les photographies y sont consomm&#233;es, faisant le buzz puis mourant par l'amas de nouveaut&#233;s chaque jour. L'importance est clairement mise sur le pr&#233;sent, on n'h&#233;site pas &#224; supprimer des albums photos, les adolescents mettent peu de commentaires sous les photos qui sont post&#233;es (en tant que pr&#233;sentation) ou le cas &#233;ch&#233;ant font juste r&#233;f&#233;rence au moment pass&#233; en mettant par exemple des chansons que les adolescents &#8211; les filles presque exclusivement &#8211; trouvent &#171; styl&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Facebook permet d'assouvir un d&#233;sir d'extimit&#233; soit le &#171; d&#233;sir de montrer son intimit&#233; pour que les autres la valident et qu'elle prenne une plus grande valeur &#224; nos yeux. Diff&#233;rent de l'exhibitionnisme o&#249; l'intimit&#233; expos&#233;e est ici d&#233;j&#224; s&#251;re, elle est montr&#233;e pour subjuguer. Dans l'extimit&#233;, il y a une prise de risque &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. Aubert et C. Haroche, Les tyrannies de la visibilit&#233;. &#202;tre visible pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2177|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;2 &#8211; Temps de la prise de vue et nouvelles fonctions sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe d'adolescents &#233;tudi&#233; est grand consommateur de photographies, un appareil photo num&#233;rique compact est toujours pr&#233;sent dans le groupe, sinon le t&#233;l&#233;phone portable &#8211; des smartphones &#8211; fait office d'appareil photo. Marine, une jeune fille, est la photographe du groupe, clairement reconnue comme telle par les autres. Toujours avoir un appareil photo sur soi permet de pr&#233;voir une potentielle prise de vue. Il s'agit donc plus d'un besoin de photographier qu'un besoin d'acqu&#233;rir des images, ce qui remet clairement en cause la fonction sociale attribu&#233;e par Bourdieu &#224; la photographie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le besoin de photographier n'est pas autre chose qu'un besoin de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puisque l'appareil photo est presque un membre du groupe, toujours pr&#233;sent, pr&#234;t &#224; &#234;tre d&#233;clench&#233;, &#171; des fois on dit prend ton appareil photo on fera des photos &#187;, la photographie est une activit&#233; &#224; part enti&#232;re du groupe plus qu'une mani&#232;re d'enregistrer l'exceptionnel. Ces photos ont pour fonction principale d'&#234;tre mises en ligne sur Facebook apr&#232;s avoir servi de passe-temps dans l'apr&#232;s-midi. Les possibilit&#233;s num&#233;riques de produire une infinit&#233; d'images entra&#238;nent une sur-production de photographies qui seront vite oubli&#233;es voire peut-&#234;tre, &#224; terme, effac&#233;es &#8211; des albums photos Facebook et m&#234;me de l'ordinateur quand cela prend trop de place. Cet usage de la photographie s'inscrit donc dans la conception liquide de la photographie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2033 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;96&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L397xH503/4-photo-liquide-2-bis-dd067.jpg?1772197887' width='397' height='503' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En un jour cette photographie de profil recueille 17 approbations amicales
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 &#8211; Les pairs sur Internet : recherche d'autonomie et appartenance &#224; un groupe&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les particularit&#233;s de l'adolescence, telles que la recherche d'autonomie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2166|left&gt;&lt;/tt&gt;Se montrer avec ses amis est une fonction essentielle de la photographie sur Facebook et plus g&#233;n&#233;ralement sur Internet qui devient le &#171; media de l'entre-soi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;O. Tredan, &#171; Les weblog dans la Cit&#233; : Entre qu&#234;te de l'entre-soi et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette valorisation de l'appartenance au groupe traduite par la photo avec l'autre approfondit le lien amical tiss&#233; entre eux dans la r&#233;alit&#233;. Il est int&#233;ressant de remarquer que les adolescents &#233;tudi&#233;s ont chang&#233; leur nom sur Facebook afin de se constituer en nouvelle famille. Utilisant un acronyme r&#233;unissant toutes les premi&#232;res lettres de leur nom originel, ils singularisent par l&#224; leur groupe afin de montrer les liens qui les unissent au reste de leurs amis Facebook et de cultiver le sentiment d'appartenance. &#171; L'Internet est devenu un moyen de marquer les premiers signes de son ind&#233;pendance relationnelle au sein du foyer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Metton, &#171; Les usages de l'Internet par les coll&#233;giens &#187;, R&#233;seaux 1/2004 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 &#8211; D&#233;finition d'une nouvelle esth&#233;tique photographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de se faire d&#233;tr&#244;ner par Facebook, MySpace &#233;tait le r&#233;seau social le plus utilis&#233;. Bien que la photographie tenait une place moins importante myspace a popularis&#233; un type d'image particuli&#232;re : les myspace angles. Ce type d'autoportrait est compl&#232;tement rejet&#233; par le groupe d'adolescents &#233;tudi&#233;. Cette photo fait &#171; piti&#233; &#187;, elle est &#171; ridicule, narcissique &#187; et signifie que &#171; la personne s'aime &#187;. D&#233;sormais la photographie doit &#234;tre &#171; prise sur le vif &#187;, &#171; par surprise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2168|left&gt;&lt;/tt&gt;Les adolescents &#233;tablissent alors un nouveau canon esth&#233;tique en &#233;laborant, choisissant et diffusant des photos en ligne ; canon qui leur est propre et n'a aucune pr&#233;tention &#224; &#234;tre qualifi&#233; de nouvelle esth&#233;tique adolescente. Filles et gar&#231;ons s'accordent pour dire qu'une photo &#171; prise sur le fait &#187; est meilleure, on refuse donc la photographie pos&#233;e comme elle peut l'&#234;tre dans la famille par exemple, ou lors d'&#233;v&#233;nements particuliers o&#249; la photographie sert encore de capteur du temps pass&#233;. Les filles surtout parlent de l'esth&#233;tique dans leur choix de photographies de profil. Elles aiment les photos &#171; styl&#233;es &#187; qui ressemblent aux photographies de mode. Les photographies sont toujours assez sobres, de sorte &#224; mettre en valeur le v&#234;tement et la personne. Les filles avouent tenter de r&#233;aliser ce genre de photographies. R&#233;aliser de jolies photographies dans cette esth&#233;tique devient donc une activit&#233; &#224; part enti&#232;re et fait l'objet de sessions de prises de vue . &#171; C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui s'appelle un &#8220;profil optimis&#233;&#8221; de l'identit&#233; distordue en ligne, qui permet de rendre les images de soi post&#233;es dans cette immense vitrine num&#233;rique conformes &#224; des canons photographiques impos&#233;s par la publicit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Lardelliet et C. Bryon-Portet, &#171; Ego 2.0 &#187; &#171; Quelques consid&#233;rations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Lors de ces s&#233;ances, des centaines de photos sont prises dans l'unique but d'en poster quelques unes sur Facebook : &#171; g&#233;n&#233;ralement on en met pas plus de cent sur Facebook &#187;. La diffusion de ces photos est le but en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que la norme du groupe &#233;tudi&#233; est de rejeter le &#171; trop de retouche &#187;. Pourtant, en regardant leurs photographies mises en ligne, on s'aper&#231;oit rapidement qu'elles sont toutes - ou presque &#8211; retouch&#233;es. Tous parlent de la retouche comme d'un usage dangereux qui peut rapidement trahir l'apparence r&#233;elle de la personne. Cependant la retouche, si elle est raisonnablement utilis&#233;e, aide &#224; arranger un corps que l'on n'accepte pas. La photographie joue ce r&#244;le de miroir que l'on pourrait d&#233;former &#224; notre guise gr&#226;ce &#224; des logiciels correcteurs, afin de reconna&#238;tre dans notre reflet le corps que l'on accepte d'avoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2175|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;5 &#8211; Une pratique genr&#233;e : fausse domination f&#233;minine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les filles contr&#244;lent compl&#232;tement la photographie au sein du groupe. Ce sont elles qui prennent les photos, qui initient les moments de prise de vue, les diffusent sur Facebook, donc d&#233;cident de ce qui sera visible et surtout, choisissent la photo de profil, cette &#171; carte d'identit&#233; &#187; virtuelle. De m&#234;me ils avouent avoir chang&#233; leur nom sur Facebook sur d&#233;cision d'une amie fille. Les filles dominent donc l'usage de la photographie dans le groupe, face &#224; des gar&#231;ons qui y portent beaucoup moins d'attention. Quantitativement les filles cumulent clairement plus de photographies sur Facebook. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2176|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; c&#244;t&#233; de cela, les filles font plus attention &#224; leur image et ont un droit de regard plus important sur les photos qui sont diffus&#233;es (demandent &#224; retirer certaines photos g&#234;nantes), notamment en rapport avec le sexe masculin qui aura acc&#232;s &#224; ces images. &#171; Quand y'a des mecs, des ex, qui regardent des photos trop moches de nous apr&#232;s, je sais pas [&#8230;] quelquefois il y a des mecs qui me parlent que j'ai pas vu depuis longtemps et ils vont mettre sur Facebook, t'es trop belle, mais j'ai peur que quand ils me voient en vrai, ah ben non c'est pas &#231;a &#187;. Que l'attention &#224; soi soit plus forte chez les filles renvoie aux processus de socialisation genr&#233;e qui se jouent &#224; cet &#226;ge-l&#224;. &lt;tt&gt;&lt;doc2168|left&gt;&lt;/tt&gt;L'adolescence est la d&#233;couverte de la sexualit&#233; et donc de la sexualisation des pratiques et des comportements. Delaunay-T&#233;t&#233;rel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. Delaunay-T&#233;terel &#171; Sociabilit&#233; juv&#233;nile et construction de l'identit&#233; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montrait d&#233;j&#224; que l'importance de la relation au sexe oppos&#233; sur le blog permet de se tourner vers l'autre sexe et donc d'appr&#233;hender des r&#244;les genres, de se confronter &#224; des relations qui restent myst&#233;rieuses et difficiles dans le r&#233;el. Les filles int&#232;grent les conventions esth&#233;tiques et sociales corporelles qui s'exercent d'autant plus chez elles. Le petit copain devient le r&#233;f&#233;rent qui fera prendre confiance en soi ; par l&#224; m&#234;me il marque un certain oubli pour l'image que l'on diffusera en ligne. Cela ne signifie pas que l'on s'y d&#233;sint&#233;ressera, mais plut&#244;t que la fille contr&#244;lera moins son identit&#233; virtuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si les filles dominent la pratique de la photographie et le contr&#244;le de l'image sur le r&#233;seau social, on ne peut pas dire qu'une r&#233;volution genr&#233;e soit ici mise en &#339;uvre, puisque cela reste dans le cadre du syst&#232;me patriarcal au sein duquel la fille attache plus d'importance &#224; son image dans le but de plaire au sexe masculin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6 &#8211; L'autre : interm&#233;diaire entre moi et moi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savoir quelle &#233;tait la meilleure photo de profil que les adolescents pouvaient avoir &#233;tait n&#233;cessaire afin de comprendre quels crit&#232;res ils pr&#233;f&#232;rent mettre en avant. Pour les filles, la photo de profil joue en fait le r&#244;le de la photographie d'identit&#233; : il faut donc appara&#238;tre seul, dans une posture o&#249; l'on est pris sur le vif et o&#249; l'apparence physique doit &#234;tre &#224; son avantage. &lt;tt&gt;&lt;doc2173|left&gt;&lt;/tt&gt;Pourtant comme nous l'avons dit, il est socialement interdit de se prendre en photo soi-m&#234;me, &#171; &#231;a fait un peu la personne qui s'aime trop &#187;, la pr&#233;sentation de soi passe donc forc&#233;ment par l'autre, qui est l'interm&#233;diaire n&#233;cessaire &#224; la production de la photographie id&#233;ale. On demande donc aux autres amies de nous prendre en photo, et cette pratique n'est pas per&#231;ue n&#233;gativement par le groupe. Pourtant, le principe est le m&#234;me : demander &#224; cr&#233;er une image de soi. Cela veut dire que la photographie de profil s'adresse non seulement au groupe de pairs qui participe &#224; cette exhibition, mais aussi &#224; tous les autres, ces sept cents amis Facebook que les adolescents ont et qui ne sont en fait que de vagues connaissances. L'autre, celui du groupe de pair, a un r&#244;le d&#233;terminant dans le choix de la photographie, et donc dans la construction de l'image de soi. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2167|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;canismes mis en &#339;uvre par Facebook (possibilit&#233; de cliquer sur un onglet j'aime pour signifier son approbation et commentaires que l'on peut laisser sur chaque activit&#233; et photographie) constituent un syst&#232;me d'encouragement &#224; l'approbation ou &#224; la sanction sociale. Ce processus incite donc les adolescents &#224; poster la photographie qui aura le plus de succ&#232;s, qui recevra le plus de j'aime, qui fera en quelque sorte le buzz. L'imm&#233;diatet&#233; est une valeur compl&#232;tement int&#233;gr&#233;e &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne, les adolescents estimant qu'une photographie &#171; marche &#187; ou pas en moins de quelques heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2170|left&gt;&lt;/tt&gt;Cette approbation virtuelle de l'autre participe &#224; l'acceptation individuelle &#171; dans une p&#233;riode de pubert&#233; o&#249; les jeunes doivent faire face &#224; des mutations extr&#234;mement rapides de leur corps et &#224; des questionnements existentiels angoissants [et] l'Internet appara&#238;t comme un recours pour aborder certaines pr&#233;occupations difficiles &#224; exposer en face-&#224;-face &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Metton, &#171; Les usages de l'Internet par les coll&#233;giens &#187;, R&#233;seaux 1/2004 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle &#233;galement de Facebook dans la r&#233;alit&#233;, on se demande conseil entre s&#339;urs et entre copines, on s'incite mutuellement &#224; aller aimer la photo de l'autre, afin d'avoir le plus d'approbation et de cr&#233;er le buzz par un effet d'entra&#238;nement. &#171; Les conditions de r&#233;alisation de soi sont n&#233;cessairement li&#233;es &#224; des relations de reconnaissance, c'est &#224; dire &#224; des formes de confirmation mutuelle du caract&#232;re autonome et individualis&#233; des personnes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Honneth cit&#233; dans F. Granjon et J. Denou&#235;l &#171; Exposition de soi et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. (Honneth)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2169|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;7 &#8211; La conscience d'un sur-soi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2174|left&gt;&lt;/tt&gt;Les filles et les gar&#231;ons n'ont pas la m&#234;me approche du virtuel. Pour les premi&#232;res il y a une diff&#233;rence entre Facebook et la r&#233;alit&#233; qui s'exprime d&#233;j&#224; par l'usage de la retouche qui permet une am&#233;lioration de l'apparence. Elles ont aussi conscience que les comportements sur Internet sont favoris&#233;s puisque &#171; lib&#233;r&#233;s des contraintes de la copr&#233;sence &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thompson cit&#233; dans F. Granjon et J. Denou&#235;l &#171; Exposition de soi et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Thompson). La photographie post&#233;e sur Facebook est une image construite et approuv&#233;e en amont de sa diffusion par l'autre, en qui on a confiance. Les commentaires qui agissent comme des &#171; marques de reconnaissance publiques, incarn&#233;es et situ&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Goffman cit&#233; dans F. Granjon et J. Denou&#235;l &#171; Exposition de soi et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Goffman) renforcent cette image et par l&#224; m&#234;me l'identit&#233; positive qui y est associ&#233;e. Ces feedbacks font passer cette communication dans un &#171; &#233;change communicationnel triangul&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Cardon et H. Delaunay-T&#233;terel, &#171; La production de soi comme technique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en deux temps : l'affichage en ligne essayant d'attirer l'autre puis le temps de r&#233;ponse par le j'aime ou le commentaire. Ce que l'individu pr&#233;sente de lui n'est qu'une facette de son identit&#233; dont la photographie ne pr&#233;sente qu'un aspect communicationnel. Les &#233;changes qu'elle introduit permettent l'expression d'un sur-soi qui prolonge ou compl&#232;te le soi. Il s'agit d' &#171; un moi beaucoup plus conforme &#224; [mes] d&#233;sirs par le biais d'un sur-soi valorisant ou gratifiant &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Jaureguiberry, &#034;Hypermodernit&#233; et manipulation de soi&#034;, in L'individu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; une lecture optimiste de cette perspective conduit &#224; penser que l'exp&#233;rience de sur-soi peut fonctionner comme espace de recadrage de soi et des autres dans une attitude plus ouverte et cr&#233;atrice &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2172|left&gt;&lt;/tt&gt;Extimisation et recherche d'approbation par l'autre sont, en g&#233;n&#233;ral, les traits principaux des usages de la photographie de profil. L'&#233;tude de cas pr&#233;sent&#233;e pr&#233;c&#233;demment &#233;claire une pratique pr&#233;cise d'un groupe d'adolescents socialement situ&#233;, elle n'a aucune vocation &#224; parler de la photographie chez les adolescents mais a servi d'exemple de recherche sur la photographie liquide &#224; l'&#232;re num&#233;rique. La photographie fait &#339;uvre de langage sur les r&#233;seaux sociaux o&#249; l'imm&#233;diatet&#233; et la diffusion permises par les avanc&#233;es technologiques sont des valeurs primordiales. La photographie remplace les mots. Dans un monde satur&#233; d'images regardons &#224; quel point ce constat est vrai en nous int&#233;ressant &#224; l'art photographique qui, s'il n'est plus motiv&#233; par le savoir-faire technique &#8211; accessible &#224; tous gr&#226;ce &#224; la technique &#8211; doit faire de ces mutations son mat&#233;riau et donner une vision r&#233;flexive du monde et des usages du medium. Le photographe th&#233;oricien Joan Fontcuberta travaille depuis de nombreuses ann&#233;es sur ces questions de photographie liquide &#224; l'&#232;re num&#233;rique et des bouleversements que cela engendre dans le champ de l'art. Son travail de collection et d'exposition de &#171; r&#233;flectogrammes &#187; (autoportraits au miroir) s'interroge sur les questions d'extimit&#233;, d'exhibition et de rapport &#224; soi et &#224; l'autre sur Internet, et ouvre la voie &#224; un nouveau courant artistique qu'il nomme postphotographie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2178|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Bright, &lt;i&gt;Autofocus l'autoportrait dans la photographie contemporaine&lt;/i&gt;, Paris, Thames &amp; Hudson, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C. Metton, &#171; Les usages de l'Internet par les coll&#233;giens &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt; 1/2004 (n&#176; 123).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H. Delaunay-T&#233;terel &#171; Sociabilit&#233; juv&#233;nile et construction de l'identit&#233; &#187;, &lt;i&gt;Informations sociales&lt;/i&gt; 1/2008 (n&#176; 145), p. 48-57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N. Aubert et C. Haroche, &lt;i&gt;Les tyrannies de la visibilit&#233;. &#202;tre visible pour exister ?&lt;/i&gt;, Paris, Er&#232;s, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le besoin de photographier n'est pas autre chose qu'un besoin de photographies qui, gr&#226;ce &#224; leur qualit&#233; de reproduction du r&#233;el, t&#233;moignent et expriment la v&#233;rit&#233; du souvenir &#187; in P. Bourdieu (sous la direction de), &lt;i&gt;Un art moyen, Essai sur les usages sociaux de la photographie&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les particularit&#233;s de l'adolescence, telles que la recherche d'autonomie et dans le m&#234;me temps d'appartenance &#224; un groupe, semblent particuli&#232;rement bien s'accorder avec les applications relationnelles et &#8220;individualisantes&#8221; d'Internet &#187; in S. Gallez et C. Lobet-Maris , &#171; Les jeunes sur Internet. Se construire un autre chez-soi &#187;, &lt;i&gt;Communication&lt;/i&gt;, Vol. 28/2 | 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;O. Tredan, &#171; Les weblog dans la Cit&#233; : Entre qu&#234;te de l'entre-soi et affirmation identitaire &#187;, &lt;i&gt;Cahiers de Recherches Marsouin&lt;/i&gt;, n&#176;6, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C. Metton, &#171; Les usages de l'Internet par les coll&#233;giens &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt; 1/2004 (n&#176; 123).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Lardelliet et C. Bryon-Portet, &#171; Ego 2.0 &#187; &#171; Quelques consid&#233;rations th&#233;oriques sur l'identit&#233; et les relations &#224; l'&#232;re des r&#233;seaux &#187;, &lt;i&gt;Les cahiers du num&#233;rique&lt;/i&gt;, 2010/1 Vol.6, p.13-34&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H. Delaunay-T&#233;terel &#171; Sociabilit&#233; juv&#233;nile et construction de l'identit&#233; &#187;, &lt;i&gt;Informations sociales&lt;/i&gt; 1/2008 (n&#176; 145), p. 48-57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C. Metton, &#171; Les usages de l'Internet par les coll&#233;giens &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt; 1/2004 (n&#176; 123).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Honneth cit&#233; dans F. Granjon et J. Denou&#235;l &#171; Exposition de soi et reconnaissance de singularit&#233;s subjectives sur les sites de r&#233;seaux sociaux &#187;, &lt;i&gt;Sociologie&lt;/i&gt; 1/2010 (Vol. 1), p. 25-43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thompson cit&#233; dans F. Granjon et J. Denou&#235;l &#171; Exposition de soi et reconnaissance de singularit&#233;s subjectives sur les sites de r&#233;seaux sociaux &#187;, &lt;i&gt;Sociologie&lt;/i&gt; 1/2010 (Vol. 1), p. 25-43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Goffman cit&#233; dans F. Granjon et J. Denou&#235;l &#171; Exposition de soi et reconnaissance de singularit&#233;s subjectives sur les sites de r&#233;seaux sociaux &#187;, &lt;i&gt;Sociologie&lt;/i&gt; 1/2010 (Vol. 1), p. 25-43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Cardon et H. Delaunay-T&#233;terel, &#171; La production de soi comme technique relationnelle &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt; 4/2006 (n&#176;138), p. 15-71.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Jaureguiberry, &#034;Hypermodernit&#233; et manipulation de soi&#034;, in &lt;i&gt;L'individu hypermoderne&lt;/i&gt;, N. Aubert (dir.), Toulouse, &#201;r&#232;s, 2004, pp. 155-168.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Photographie liquide &#8212; I/III</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Photographie-liquide-I</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Photographie-liquide-I</guid>
		<dc:date>2012-11-27T14:05:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laura Lafon</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Pourquoi r&#233;alisez-vous des autoportraits ? Prenez-vous des photos de vous seulement pour vous ou aussi pour vos amis en ligne ? &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Reseaux-sociaux" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton281-ba393.jpg?1772196908' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Pourquoi r&#233;alisez-vous des autoportraits ? Prenez-vous des photos de vous seulement pour vous ou aussi pour vos amis en ligne ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb1996|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pourquoi r&#233;alisez-vous des autoportraits ? Prenez-vous des photos de vous seulement pour vous ou aussi pour vos amis en ligne ? &#187; sont les questions de d&#233;part du travail photographique du berlinois Wolfram Hahn pour sa s&#233;rie Into the light qui lui a valu le World Press Photo en 2011. Il tente de retracer le processus de production des photos de soi mises en ligne. Sorte de &#171; making-of de l'identit&#233; digitale &#187;. Rien de spectaculaire dans ces moments du quotidien qui mettent en sc&#232;ne des instants cens&#233;s &#234;tre charg&#233;s de v&#233;rit&#233;. On y voit des personnes assises sur leur canap&#233;, se photographiant avec une webcam ou un t&#233;l&#233;phone portable. &#202;tre chez soi, seul, tout en &#233;tant simultan&#233;ment en contact avec les autres est d&#233;sormais permis et largement pratiqu&#233; gr&#226;ce aux r&#233;seaux sociaux num&#233;riques. Wolfram Hahn a demand&#233; &#224; des inconnus trouv&#233;s sur la toile de poser pour lui en reproduisant le geste et la situation de la prise de vue de leur photographie de profil. Si le r&#233;sultat peut &#234;tre discut&#233; notamment quant &#224; la v&#233;racit&#233; des situations donn&#233;es &#8211; que l'on pourrait facilement trouver trop mises en sc&#232;ne &#8211; le fait que cette s&#233;rie soit couronn&#233;e d'un World Press Photo prouve un int&#233;r&#234;t pour ces nouvelles pratiques photographiques d'autorepr&#233;sentation de soi. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1997|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est ce qui pousse un individu &#224; se repr&#233;senter visuellement ? Pourquoi cr&#233;er une image de soi ? La photographie est-elle le miroir de la r&#233;alit&#233;, mieux, de la v&#233;rit&#233; ? Puis-je atteindre mon essence, mon &#234;tre, gr&#226;ce &#224; mon reflet ? Gr&#226;ce &#224; cette trace que laisse la lumi&#232;re sur du papier ou un &#233;cran ? Oliver Wendell Holmes, m&#233;decin, homme de lettres et photographe, baptisa le daguerr&#233;otype &#171; miroir de la m&#233;moire &#187; dans un article paru dans The Atlantic Monthly en juin 1859. Les miroirs ne prennent de sens que lorsque quelqu'un se regarde en eux, leur histoire revient &#224; &#233;tudier l'histoire de la vision, de la conscience et de la connaissance. En psychanalyse le miroir &#233;quivaut &#224; une &#233;tape du d&#233;veloppement psychologique durant laquelle l'enfant se reconna&#238;t dans son reflet et s'identifie avec son image. Pour Lacan, cette &#233;tape appel&#233;e &#171; stade du miroir &#187; constitue une borne constitutive du moi et du sujet. Au moment de la reconnaissance succ&#232;de celui de ne plus se reconna&#238;tre, na&#238;t alors la d&#233;ception de ne pouvoir seulement acc&#233;der &#224; une image trompeuse, s&#233;par&#233;e de soi qui ne nous appartient pas et qui est en d&#233;finitive une illusion ou une tromperie. Pourtant les autoportraits en peinture et photographie abondent. De tout temps. &#171; Pourquoi un artiste se prend-il lui m&#234;me comme sujet ? Par amour de soi, &#233;videmment, c'est la r&#233;ponse qui vient &#224; l'esprit, mais pourquoi pas par d&#233;sespoir de soi, ou par lucidit&#233; de soi ? &#187; Herv&#233; Guibert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples d'autoportraits qui ont marqu&#233; l'histoire de l'art sont nombreux. Le premier dat&#233; est l'autoportrait en noy&#233; d'Hippolyte Bayard en 1840. Repr&#233;sent&#233; comme mort, Bayard utilise le proc&#233;d&#233; qu'il avait mis au point mais qui ne f&#251;t pas reconnu par l'&#201;tat &#224; sa juste valeur &#8211; pr&#233;f&#233;rant l&#233;gitimer l'invention de Daguerre &#8211; afin de soulever cette injustice. Il s'agit donc d'un acte presque politique. Bayard donne une image de l'artiste mort, ce n'est pas son essence qui nous est pr&#233;sent&#233;e l&#224;, mais une volont&#233; de se r&#233;v&#233;ler et de rester ainsi dans l'histoire comme l'inventeur de la photographie. &#171; Lorsque nous regardons un autoportrait photographique, nous ne voyons pas un individu ou une description visuelle de l'essence d'un &#234;tre, mais une d&#233;monstration &#171; d'estime de soi, d'instinct de conservation, d'autor&#233;v&#233;lation et d'autocr&#233;ation &#187; ouverte &#224; toutes nos interpr&#233;tations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Bright, Autofocus l'autoportrait dans la photographie contemporaine, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1998|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Internet est d&#233;sormais la norme de communication universelle et les possibilit&#233;s engendr&#233;es par les avanc&#233;es technologiques nous m&#232;nent peu &#224; peu dans cette noosph&#232;re qu'id&#233;alis&#232;rent Vladimir Ivanovich Vernadsky et Pierre Teihard de Chardin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G.S. Levit : The Biosphere and the Noosphere Theories of V. I. Vernadsky and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comment peut-on affirmer que le cyberespace est un monde social pleinement int&#233;gr&#233; dans le r&#233;el ? En 2008 un mariage sur huit aux &#201;tats-Unis est le fruit d'une rencontre sur Internet. En juin 2010 Facebook accueille cinq cent millions d'utilisateurs, soit une population qui repr&#233;senterait le troisi&#232;me pays le plus peupl&#233; du monde, entre l'Inde et les &#201;tats-Unis. Plus de 31000 millions de recherches sont effectu&#233;es chaque mois sur Google en 2008. On pr&#233;voit pour 2013 la construction d'un super ordinateur qui d&#233;passerait les capacit&#233;s informatiques neurologiques d'un cerveau humain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces donn&#233;es sont tir&#233;es du texte de pr&#233;sentation du livre A traves del (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qui doute encore de l'in&#233;vitable &#233;volution g&#233;n&#233;r&#233;e par les nouvelles technologies ? &#192; d&#233;faut de ne pouvoir revenir en arri&#232;re, mais toutefois conscients des d&#233;rives que peuvent entrainer certaines &#233;volutions, &#233;tudions les pratiques et usages qui en sont fait afin de mieux les comprendre pour maitriser leurs enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Photographie liquide et nouvelles fonctions sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb1999|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce qui caract&#233;rise les soci&#233;t&#233;s dites avanc&#233;es, c'est que ces soci&#233;t&#233;s consomment aujourd'hui des images et non plus des croyances. La jouissance passe par l'image : voil&#224; la grande mutation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Barthes, La chambre claire : note sur la photographie, Paris, Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;doc2026|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les changements socioculturels impliquent des bouleversements dans la conception et les usages de l'image et des technologies qui permettent de la produire, la diffuser, la stocker. Nous analysons la photographie &#224; l'&#232;re num&#233;rique selon le sch&#232;me de la liquidit&#233; de Bauman&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Z. Bauman, La vie liquide, &#201;ditions du Rouergue, 2006.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La solidit&#233; caract&#233;ristique des soci&#233;t&#233;s industrielles de l'&#233;poque moderne envisageait la photographie comme trace de la r&#233;alit&#233;. On prenait des photos dans des moments d'exception, l'id&#233;e de permanence et de conservation r&#233;gissait la prise de vue. Le temps avait une valeur et un usage diff&#233;rent. On prenait une photographie pour montrer &#171; ce qui a &#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Barthes, La chambre claire : note sur la photographie, Paris, Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et pour donner du sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Sontag, Sur la photographie, Christian Bourgois, 1982.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On figeait le temps et on souhaitait le conserver surtout dans une logique de m&#233;moire et de souvenir. La photographie liquide est d&#233;sormais gouvern&#233;e par des valeurs oppos&#233;es. Puisque tout est photographiable, puisque l'on peut techniquement prendre une photo &#224; chaque instant, nous accumulons et accumulons des fichiers. Ce ne sont m&#234;me plus des objets puisque nous ne les tirons plus sur papier et que souvent les images se perdent : nous les oublions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'images nous accompagne perp&#233;tuellement dans nos vies. Ce n'est plus l'exceptionnalit&#233; de l'instant qui pr&#233;domine la prise de vue mais la banalit&#233; du quotidien. Cette nouvelle photographie vient donc remettre en cause l'&#233;tude r&#233;alis&#233;e par Bourdieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Bourdieu (sous la direction de), Un art moyen, Essai sur les usages (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans les ann&#233;es 1960 sur les usages sociaux de la photographie alors pr&#233;sent&#233;e comme un art moyen. La fonction principale de la photographie &#233;tait alors de solenniser et &#233;terniser les grands moments de la vie familiale, de renforcer l'int&#233;gration du groupe familial en r&#233;affirmant le sentiment qu'il a de lui-m&#234;me et de son unit&#233;. La photographie servait avant tout &#224; fixer l'image des temps forts et servait de symbole du souvenir des bons moments pass&#233;s ensemble. &#171; Le besoin de photographier n'est pas autre chose qu'un besoin de photographies qui, gr&#226;ce &#224; leur qualit&#233; de reproduction du r&#233;el, t&#233;moignent et expriment la v&#233;rit&#233; du souvenir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, avec les nouvelles technologies &#171; la dimension de repr&#233;sentation est mise au service du r&#233;el, non plus au pass&#233; mais au pr&#233;sent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C.A. Rivi&#232;re &#171; T&#233;l&#233;phone mobile et photographie : les nouvelles formes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. De plus, l'avanc&#233;e technologique a permis une diversification et un &#233;largissement des pratiques photographiques, d&#233;sormais d&#233;sacralis&#233;es. D&#233;j&#224;, l'acc&#232;s &#224; l'outil photographique s'est d&#233;mocratis&#233;, et nous constatons une nette progression de sa consommation. Depuis 2001, les ventes d'appareil photo num&#233;riques ont d&#233;pass&#233; celles des appareils traditionnels selon une courbe de diffusion &#171; plus rapide que le r&#233;frig&#233;rateur et la t&#233;l&#233;vision et proche du t&#233;l&#233;phone portable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ainsi alors qu'&#171; en 1965, 40% des individus d&#233;claraient faire des photos, aujourd'hui ce sont 81% des Fran&#231;ais qui pratiquent, au moins occasionnellement, la photographie amateur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Presque &#233;videmment, ces bouleversements technologiques engendrent des modifications dans la mani&#232;re de consommer, de produire et de diffuser ces objets photographiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Int&#233;gration technologique : t&#233;l&#233;phonie mobile et photographie, le paradigme de la liquidit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2027|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La t&#233;l&#233;phonie mobile est la technologie qui s'est implant&#233;e le plus rapidement. On parle d'int&#233;gration cross media. 67% de la population mondiale a un mobile dont 60% avec une fonctionnalit&#233; appareil photo et 30% un acc&#232;s &#224; Internet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;rence de Juan Migual Aguado, &#171; Fotograf&#237;a l&#237;quida : &#191;para qu&#233; quiero (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y a dix fois plus de t&#233;l&#233;phones disposant d'appareil photo que de bo&#238;tiers. C'est une technologie pervasive (de l'anglais, omnipr&#233;sente et virulente) et opportune. Le mobile est le dispositif num&#233;rique le plus rattach&#233; &#224; l'identit&#233; de son utilisateur, il fait int&#233;gralement partie de nous et est un &#233;l&#233;ment sans lequel nous nous sentons nus. Nous sommes rattach&#233;s de mani&#232;re permanente &#224; lui et donc aux autres puisque sa portabilit&#233; permet une joignabilit&#233; permanente et une instantan&#233;it&#233; de l'&#233;change. Surtout, les &#233;volutions technologiques sont si rapides que le mobile int&#232;gre tr&#232;s rapidement de nouvelles fonctionnalit&#233;s. Les pr&#233;visions estiment qu'en 2014, deux tiers de la consommation Internet sera mobile, et que 70% des contenus &#233;chang&#233;s seront des images et des videos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'int&#233;gration technologique qui cr&#233;e d&#233;sormais des t&#233;l&#233;phones mobiles en capacit&#233; de produire et stocker des photographies de tr&#232;s bonne qualit&#233; est une excellente illustration de la photographie liquide et de ces changements sociaux. L'imm&#233;diatet&#233; gouverne d&#233;sormais le circuit de production et de diffusion des images dans l'&#233;poque &#171; surmoderne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Ab&#233;l&#232;s. M. Aug&#233;, Non-lieux. Introduction &#224; une anthropologie de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; la modalit&#233; essentielle est &#171; l'exc&#232;s et la surabondance &#233;v&#233;nementielle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie a d&#233;sormais une fonction &#233;v&#233;nementielle qui inscrit la relation au temps et la relation &#224; l'autre au c&#339;ur d'un imaginaire positif du lien interpersonnel et plus encore du lien intime, le mobile investissant la toute puissance du temps r&#233;el et de la continuit&#233; du lien sans interruption, et la photographie l'arr&#234;t sur un temps immortalis&#233; comme n&#233;gation du temps qui passe et de la distance &#224; l'autre. &#171; La rencontre de ces deux imaginaires cr&#233;e les conditions d'une exp&#233;rience affective sur-connot&#233;e dans une fonction de symbolisation de l'&#234;tre ensemble &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C.A. Rivi&#232;re &#171; T&#233;l&#233;phone mobile et photographie : les nouvelles formes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La photographie est utilis&#233;e comme un m&#233;dia de communication instantan&#233; qui permet une optimisation de l'efficacit&#233; du message en s'appuyant sur les propri&#233;t&#233;s visuelles de l'image. Elle se substitue directement &#224; ce qu'elle repr&#233;sente puisque &#171; les crit&#232;res de ressemblance et de lisibilit&#233; qui la d&#233;finissent optimisent la capacit&#233; d'objectivit&#233; et d'authenticit&#233; de ce que l'on cherche &#224; communiquer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'image, en devenant la chose elle m&#234;me, ne fonctionne plus comme un signe, &#171; elle perd sa dimension de langage et de symbole et se r&#233;duit &#224; ce qu'elle montre comme preuve et v&#233;rit&#233; des faits qu'elle montre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'image trace et l'image signe semblent r&#233;concili&#233;es cr&#233;ant de fait un langage hyper- r&#233;el, ou r&#233;alit&#233; augment&#233;e. La motivation &#224; photographier n'est plus aujourd'hui de fixer le temps qui passe mais le temps pr&#233;sent, banalisant sa pratique et se mettant au service de la construction de l'&#234;tre ensemble plus que du souvenir. Les choix photographiques populaires se tournent d&#233;sormais vers &#171; l'&#233;motion en tant qu'elle est inattendue et spontan&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et non plus vers l'exceptionnalit&#233; comme symbole du groupe. Rivi&#232;re &#233;tudie ainsi la photographie festive qui &#233;tait avant un moment solennel du groupe, de l'&#234;tre ensemble, en dehors de toute routine quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la photographie de f&#234;te devient au contraire &#171; l'instrument d'objectivation de l'individu dans toute sa singularit&#233;, dans toute sa v&#233;rit&#233; non sociale, d&#233;gag&#233; de ses habits de f&#234;te ou de ses habits sociaux. L'acte photographique et communicationnel prend lui-m&#234;me valeur d'activit&#233; ludique et de signe social de complicit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur fait ainsi un rapprochement entre ces valeurs traduites dans ces nouveaux usages communicationnels de la photographie de mobile et le postmodernisme : d&#233;mat&#233;rialisation du contact favorisant un double id&#233;al de libert&#233; individuelle et de lien fusionnel, surinvestissement de l'image comme mise en sc&#232;ne de l'individu et de l'intimit&#233;, survalorisation du pr&#233;sent et de l'imm&#233;diatet&#233; du plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la photographie int&#233;gr&#233;e &#224; un t&#233;l&#233;phone mobile permet d'assouvir cette obsession pour la banalit&#233;, de photographier tout ce qui est d&#233;sormais photographiable et surtout, de participer &#224; l'usage biographique de nos vies, permettant ainsi une profusion d'autoportraits photographiques. De plus, l'image est rapidement modelable via des logiciels int&#233;gr&#233;s &#224; l'outil, ce n'est pas tant l'image qui importe que ce que l'on pourra en faire par la suite, notamment la diffuser tr&#232;s rapidement sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La photographie comme porte d'entr&#233;e &#224; l'identit&#233; num&#233;rique &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb2002|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment parler de soi sur Internet pose des questions sur la porosit&#233; des fronti&#232;res entre public et priv&#233;, entre intimit&#233; et publicit&#233;. Pour Serge Tisseron, &#171; le droit &#224; l'intimit&#233; entre aujourd'hui de plus en plus en concurrence apparente avec un d&#233;sir &#171; d'extimit&#233; &#187;, d&#233;fini comme le &#171; mouvement qui pousse chacun &#224; mettre en avant une partie de sa vie intime, autant physique que psychique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Tisseron., L'intimit&#233; surexpos&#233;e, Paris, Fayard, 2002.&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les r&#233;seaux sociaux num&#233;riques permettent l'exhibition en ligne d&#233;pourvue de relations charnelles, leurs usagers inventent ainsi des mani&#232;res originales et ludiques d'y participer. L'&#233;cran est &#224; la fois fen&#234;tre et barri&#232;re de la communication. Il permet de toucher &#224; une infinit&#233; de sph&#232;res tout en conservant l'anonymat. Peu de contrainte s'exerce sur la personne qui communique et s'expose sur Internet. Quelle est la part de v&#233;rit&#233; dans les donn&#233;es diffus&#233;es sur Internet ? L'usager laisse derri&#232;re lui des traces qui sont archiv&#233;es virtuellement et difficilement supprimables. Une identit&#233; num&#233;rique est cr&#233;&#233;e mais rien ne peut garantir la v&#233;racit&#233; d'ad&#233;quation entre r&#233;el et virtuel. Pour reprendre les termes de Lardellier et Bryon-Portet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Lardelliet et C. Bryon-Portet, &#171; Ego 2.0 &#187; &#171; Quelques consid&#233;rations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; la Toile modernise et surtout post-modernise la production d'identit&#233;s &#187; puisque l'individu peut exprimer &#171; ses identit&#233;s alternatives sans cynisme ou moralisme excessif &#187;. Les r&#233;seaux sociaux virtuels, gr&#226;ce &#224; l'&#233;cran qui marque une distance entre soi et l'autre, font place &#224; la tentation de &#171; se voir un peu plus beau/belle qu'on est et de s'exp&#233;rimenter diff&#233;rent(e) ; en voyant les effets ainsi produits sur autrui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Internet r&#233;invente une d&#233;finition de l'identit&#233; : mouvante et surfeuse, l'identit&#233; devient liquide &#171; d&#233;li&#233;e des cadres institutionnels stables qui la contenaient, et la contraignaient auparavant &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2003|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tudier l'autoportrait photographique sur Internet constitue un mode d'entr&#233;e dans cette identit&#233; num&#233;rique. Les portraits avec miroir, qui hantent l'histoire de la peinture et de la photographie, ne disparaissent pas avec l'av&#232;nement du num&#233;rique et d'Internet. Bien au contraire une nouvelle forme d'identit&#233; graphique na&#238;t de ce cyberespace. Les autoportraits au miroir rendus possibles gr&#226;ce &#224; l'int&#233;gration technologique d'appareil photo sur t&#233;l&#233;phone mobile ou au d&#233;veloppement massif des compacts num&#233;riques foisonnent sur la toile. L'artiste et th&#233;oricien de la photographie Joan Fontcuberta nomme &#171; reflectogrammes &#187; cette actualisation des traditionnels portraits au miroir. Aujourd'hui se regarder soi dans un miroir n'est plus l'unique but recherch&#233;, le caract&#232;re pr&#233;dominant de ce ph&#233;nom&#232;ne est le partage des images rendu possible gr&#226;ce aux innombrables sites en ligne. Il y a les blogs &#233;videmment, les pages personnelles, les sites de partage d'images comme Flickr ou Photolog, les r&#233;seaux sociaux... La volont&#233; de publier ces images sur ces mondes virtuels r&#233;v&#232;le, nous le verrons, un besoin de reconnaissance qui se traduit par des feedback, commentaires en retours aux publications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme l'invention de la photographie, la transition num&#233;rique pouvait laisser craindre un ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;valorisation des images. Ce n'est pas ce qui s'est produit. Le ressort fondamental des plateformes visuelles, nous l'apercevons d&#233;sormais, a &#233;t&#233; un principe de collectivisation des contenus. De ce principe d&#233;coule un nouvel &#233;tat de l'image comme propri&#233;t&#233; commune qui a transform&#233; fondamentalement les usages. Aujourd'hui, la v&#233;ritable valeur d'une image est d'&#234;tre partageable. La r&#233;alisation collaborative de la plus importante archive visuelle en est la cons&#233;quence directe &#8211; et l'un des r&#233;sultats les plus concrets des usages du web 2.0 &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Gunthert, &#171; L'image partag&#233;e, comment Internet a chang&#233; l'&#233;conomie des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Image de soi via l'autoportrait en r&#233;seau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2028|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La photo de profil est un autoportrait qui prend son sens une fois partag&#233;e dans un r&#233;seau virtuel. Elle n'est que tr&#232;s rarement, nous le verrons, une photo prise par la personne repr&#233;sent&#233;e, cependant nous consid&#233;rons que, choisir parmi la multitude de repr&#233;sentations num&#233;riques offerte par les &#233;volutions technologiques et soci&#233;tales successives, constitue un autoportrait. Le fait de privil&#233;gier telle image de soi &#224; une autre rend compte du d&#233;sir de se pr&#233;senter sous telle forme. D&#233;finir la photo de profil comme un autoportrait tient dans le choix d'une photographie qui sera l'image de mon identit&#233; num&#233;rique. Car qu'est-ce qu'une image ? &#171; Bien que ne renvoyant pas toujours au visible [elle] emprunte certains traits au visuel et d&#233;pend de la production d'un sujet : imaginaire ou concr&#232;te, l'image passe par quelqu'un, qui la produit ou la reconnait &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Joly, Introduction &#224; l'analyse de l'image, Paris, Nathan, 1993.&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'image de soi fait r&#233;f&#233;rence &#224; des images mentales via des op&#233;rations individuelles ou collectives. Comme le politique en campagne qui se met en sc&#232;ne afin de mobiliser des sch&#232;mes socioculturels, chacun construit la repr&#233;sentation qu'il donne &#224; l'autre en usant d'images. Puisque l'image ne sera jamais ce qu'elle &#233;voque, qu'elle n'est qu'un signe, puisque &#171; cette chose que l'on per&#231;oit tient lieu de quelque chose d'autre : c'est la particularit&#233; du signe : &#234;tre l&#224;, pr&#233;sent, pour d&#233;signer ou signifier autre chose, d'absent, concret ou abstrait &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie de profil ne sera toujours qu'un signe qui tentera de repr&#233;senter une identit&#233;, chose impalpable, non visuelle, presque abstraite. Certes, la photographie de profil peut &#234;tre vue comme ic&#244;ne au sens pierc&#233;en, puisque souvent le signifiant et le signifi&#233; sont la m&#234;me personne, cependant il ne s'agit pas l&#224; d'une photographie d'identit&#233; qui servirait uniquement &#224; des fins de reconnaissance, la photographie de profil participe &#224; un processus de construction identitaire, compris dans un domaine voire un monde social o&#249; s'&#233;laborent des r&#232;gles propres. L'identit&#233; num&#233;rique ouvre la voie &#224; de nouvelles mani&#232;res d'aborder les questions du moi, du soi et de l'autre. De plus, int&#233;gr&#233;e dans un r&#233;seau social num&#233;rique, la validit&#233; du sens du signe n'est pas &#233;vidente et d&#233;pend de sa r&#233;ception, et donc &#171; du contexte de son apparition comme de l'attente de son r&#233;cepteur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La photographie de profil agit comme un symbole du moi, puisqu'elle a besoin de construction et de conventions socioculturelles comprises et partag&#233;es par d'autres que celui qui la fabrique et/ou la choisit. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2005|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la mani&#232;re d'un portrait chinois, pourrait-on deviner la personnalit&#233; ou l'identit&#233; de quelqu'un en regardant sa photographie de profil ? Un article de Lib&#233;ration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Montre-moi ton avatar je te dirai qui tu es sur .&#034; id=&#034;nh3-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; paru en juin 2011 fait une tentative. Qu'y apprend-on ? Que l'air triste est banni&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Georges, Identit&#233;s virtuelles, les profils utilisateur du web 2, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que le choix r&#233;sulte d'une appr&#233;ciation de la photographie, ou bien qu'elle &#233;tait la seule qui repr&#233;sentait l'individu sur le moment : &#171; on anticipe qui peut nous voir et la mani&#232;re dont on veut se pr&#233;senter &#224; leurs yeux, exactement comme dans la vraie vie &#187; selon Thibaut Thomas, sp&#233;cialiste en strat&#233;gie des r&#233;seaux sociaux. Enfin, le choix de la photographie serait d&#233;termin&#233; par une anticipation de ce que les autres en penseront. Jusque l&#224;, cette id&#233;e appuie l'&#233;tude de cas que nous m&#232;nerons. Cependant, ce &#171; mythe &#187; de l'avatar avance que sa valeur iconique d&#233;pend de son contenu. Pourtant une simple comparaison avec le nom d'utilisateur qui accompagne toujours l'avatar indique que ce dernier n'a qu'une fonction signal&#233;tique et d&#233;corative. Autrement dit, l'avatar marque les interactions et guide le regard des utilisateurs. Donc, le contenu de l'avatar n'aurait pas de valeur iconique en soi. Cependant, l'analyse des usages d'avatar dans des &#233;v&#233;nements sp&#233;cifiques comme la photo pol&#233;mique de l'ambassadeur tunisien ou le s&#233;isme japonais de mars 2011 montrent que ce sont les diff&#233;rentes utilisations de l'avatar qui lui attribuent une valeur iconographique, comme le souligne Fatima Aziz32&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Aziz, culturevisuelle.org/imagecircle/2011/06/21/les-cinq-mythes-de-l%E2%80%9&#034; id=&#034;nh3-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La photographie de profil ne doit &#234;tre &#171; qu'un point d'entr&#233;e pour comprendre les diff&#233;rentes mani&#232;res de gestion de soi &#224; travers ses r&#244;les culturels dans un site de r&#233;seau social &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tudions la photographie de profil dans une perspective de sociologie des usages o&#249; les r&#233;seaux sociaux qui accueillent la photographie et donc l'image de soi lui conf&#232;rent avant tout une fonction communicationnelle. En &#233;tudiant les choix de diffusion et de production de photographies de profil d'un groupe d'adolescents de classe sup&#233;rieure, nous voulons montrer comment l'autoportrait favorise la construction identitaire &#224; un &#226;ge o&#249; le narcissisme des transformations corporelles bouleverse les acquis sociaux. Quelles sont les conventions de l'autoportrait dans ce groupe social ? Quels sont les go&#251;ts, ce pass&#233; s&#233;diment&#233;, qui se n&#233;gocient dans l'&#233;change avec les autres ? Quelle est la norme de la photographie de profil ? Quel est son processus de production ? Enfin, gr&#226;ce aux m&#233;canismes d'interaction qui sont propres aux r&#233;seaux sociaux nous verrons combien Facebook permet d'assouvir un d&#233;sir d'extimit&#233;, soit le &#171; d&#233;sir de montrer son intimit&#233; pour que les autres la valident et qu'elle prenne une plus grande valeur &#224; nos yeux. Diff&#233;rent de l'exhibitionnisme o&#249; l'intimit&#233; expos&#233;e est ici d&#233;j&#224; s&#251;re, elle est montr&#233;e pour subjuguer. Dans l'extimit&#233;, il y a une prise de risque &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. Aubert et C. Haroche, Les tyrannies de la visibilit&#233;. &#202;tre visible pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le medium photographique contemporain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;doc2029|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque les bouleversements technologiques modifient les usages sociaux de la photographie et que chacun est d&#233;sormais en capacit&#233; technologique de produire de belles photographies, de capter cet instant d&#233;cisif cher &#224; Cartier-Bresson, de retoucher via les logiciels t&#233;l&#233;chargeables gratuitement en ligne et accessibles gr&#226;ce &#224; de tr&#232;s p&#233;dagogiques tutoriels. Qu'est-ce que faire de la photographie aujourd'hui ? Quelles fonctions remplit le m&#233;dium ? Cela a-t-il encore du sens de photographier un coucher de soleil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Penelope Umbrico, 8 7 99 661 Soleils de Flickr.&#034; id=&#034;nh3-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou la tour Eiffel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Corinne Vionnet, Photo opportunities.&#034; id=&#034;nh3-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; alors qu'il me suffit de googliser ces termes pour trouver respectivement 708 000 et 2 460 000 images en moins de 0,3 seconde. Google, Yahoo, Wikipedia, YouTube, Flickr, Facebook, MySpace, Second Life, eBay, PayPal, Skype, etc&#233;t&#233;ra ont chang&#233; nos vies et la vie de la photographie. &#171; C'est l&#224; un ph&#233;nom&#232;ne comparable &#224; l'installation, au XIXe si&#232;cle, dans les immeubles des grandes villes, des r&#233;seaux d'eau courante puis de gaz. On sait combien ces nouvelles commodit&#233;s de l'habitat moderne ont modifi&#233; en profondeur les modes de vie, le confort et l'hygi&#232;ne. Nous avons d&#233;sormais &#224; domicile un robinet &#224; images qui bouleverse tout aussi radicalement nos habitudes visuelles. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;ment Cherroux, Manifeste From Here On, Rencontres d'Arles 2011.&#034; id=&#034;nh3-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous &#233;tudierons l'av&#232;nement d'un nouveau courant artistique pla&#231;ant la liquidit&#233; photographique comme base de recherche : la post photographie. &#201;mergeant dans un contexte o&#249; de nouveaux usages vernaculaires et fonctionnels sont mis en &#339;uvre et r&#233;appropri&#233;s par les artistes, la photographie est d&#232;s lors envisag&#233;e comme moyen communicationnel essentiel de notre vie en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existant virtuel, si l'on d&#233;passe l'oxymore, est un terrain d'enqu&#234;te incroyable. Roc Herms&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roc Herms, Postcards from Home, .&#034; id=&#034;nh3-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un autre photographe catalan, a travaill&#233; sur ces possibilit&#233;s d'expression de soi dans des univers uniquement rendus possibles gr&#226;ce au num&#233;rique. Il s'est immerg&#233; durant plus d'un an dans la communaut&#233; virtuelle des joueurs de Playstation 3. PlayStation Home se pr&#233;sente comme un village num&#233;rique en images 3D constitu&#233; d'espaces publics et priv&#233;s dans lequel chaque utilisateur est repr&#233;sent&#233; par un avatar. L'utilisateur peut librement se d&#233;placer dans l'environnement pour discuter, partager du contenu multim&#233;dia, se divertir, s'informer ou consommer. Le programme s'apparente &#224; des applications tels que Second Life, The Sims Online ou encore MySpace. La plateforme reconstitue la vie r&#233;elle &#224; la diff&#233;rence pr&#232;s que chaque utilisateur peut s'y cr&#233;er dix huit personnages diff&#233;rents, comme autant de vies ou facettes de soi que l'on exp&#233;rimenterait comme des individus &#224; part enti&#232;re. Le fantasme joue une place consid&#233;rable dans ces projections de soi o&#249; l'individu peut &#171; &#234;tre &#187; dans ce monde virtuel comme il souhaite &#171; para&#238;tre &#187;. Changer son sexe, son &#226;ge, son apparence physique, son mode de vie, ses pratiques&#8230; tout est modulable et possible dans ce monde virtuel, tout est &#171; personnalisable &#187; et permet &#224; l'individu d'&#233;chapper &#224; lui-m&#234;me r&#233;el pour se constituer en/un autre. Roc Herms s'est plong&#233; dans ce monde virtuel et, gr&#226;ce &#224; la fonction &#171; capture d'&#233;cran &#187;, est en quelque sorte devenu photographe attitr&#233; de ce monde. Il documente alors ces vies virtuelles, prenant des images de ce monde, rencontrant des personnages et des instants de vie, &#224; la mani&#232;re de Cartier-Bresson ou &#224; d'Arbus. Il part du principe que la photographie a d&#233;j&#224; tout document&#233; de la r&#233;alit&#233;. Les plateformes num&#233;riques en cr&#233;ant des mondes virtuels d&#233;doublent cette r&#233;alit&#233; que la photographie doit rapporter en images afin de questionner le(s) monde(s). Ces nouvelles repr&#233;sentations visuelles bouleversent les codes esth&#233;tiques de la photographie, se faisant le signe d'une r&#233;alit&#233; d&#233;doubl&#233;e, c'est les sens et les code de l'image qui se transforment, ouvrant la voie &#224; une nouvelle esth&#233;tique num&#233;rique. &#201;tonnamment, les photographies produites par Herms sont visuellement int&#233;ressantes. Si la plupart ont surtout une valeur documentaire, d'autres se font l'exemple d'une esth&#233;tique nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce qu'&#234;tre artiste photographe aujourd'hui ? Est-ce celui qui ma&#238;trise l'usage du medium ou celui qui se place avec une r&#233;flexivit&#233; suffisamment grande par rapport &#224; lui pour donner une image du monde ? L'auteur photographe doit r&#233;v&#233;ler l'invisible &#224; partir du visible et c'est sans nul doute sur l'immense terrain d'&#233;tude visuelle qu'offre Internet qu'il doit se positionner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Bright, &lt;i&gt;Autofocus l'autoportrait dans la photographie contemporaine&lt;/i&gt;, Paris, Thames &amp; Hudson, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G.S. Levit : &lt;i&gt;The Biosphere and the Noosphere Theories of V. I. Vernadsky and P. Teilhard de Chardin : A Methodological Essay&lt;/i&gt;, International Archives on the History of Science/Archives internationales d'histoire des sciences, 50 (144), 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces donn&#233;es sont tir&#233;es du texte de pr&#233;sentation du livre &lt;i&gt;A traves del espejo&lt;/i&gt; de Joan Fontcuberta.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Barthes, &lt;i&gt;La chambre claire : note sur la photographie&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Z. Bauman, &lt;i&gt;La vie liquide&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Rouergue, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Barthes, &lt;i&gt;La chambre claire : note sur la photographie&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Sontag, &lt;i&gt;Sur la photographie&lt;/i&gt;, Christian Bourgois, 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Bourdieu (sous la direction de), &lt;i&gt;Un art moyen, Essai sur les usages sociaux de la photographie&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C.A. Rivi&#232;re &#171; T&#233;l&#233;phone mobile et photographie : les nouvelles formes de sociabilit&#233;s visuelles au quotidien &#187;, Soci&#233;t&#233;s 1/2006 (n 91), p. 119-134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conf&#233;rence de Juan Migual Aguado, &#171; Fotograf&#237;a l&#237;quida : &#191;para qu&#233; quiero una c&#225;mara en mi m&#243;vil, si ya tengo una ? &#187;, Jornadas sobre fotograf&#237;a, Internet y redes sociales, 08/04/2011, Murcia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Ab&#233;l&#232;s. M. Aug&#233;, &lt;i&gt;Non-lieux. Introduction &#224; une anthropologie de la surmodernit&#233;&lt;/i&gt;, L'Homme, 1994, vol. 34, n&#176; 129, pp. 193-194.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C.A. Rivi&#232;re &#171; T&#233;l&#233;phone mobile et photographie : les nouvelles formes de sociabilit&#233;s visuelles au quotidien &#187;, Soci&#233;t&#233;s 1/2006 (no 91), p. 119-134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. Tisseron., L'intimit&#233; surexpos&#233;e, Paris, Fayard, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Lardelliet et C. Bryon-Portet, &#171; Ego 2.0 &#187; &#171; Quelques consid&#233;rations th&#233;oriques sur l'identit&#233; et les relations &#224; l'&#232;re des r&#233;seaux &#187;, Les cahiers du num&#233;rique, 2010/1 Vol.6, p.13-34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. Gunthert, &#171; L'image partag&#233;e, comment Internet a chang&#233; l'&#233;conomie des images &#187;, Etudes photographiques n&#176;24, novembre 2009, p.183-195.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Joly, &lt;i&gt;Introduction &#224; l'analyse de l'image&lt;/i&gt;, Paris, Nathan, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Montre-moi ton avatar je te dirai qui tu es sur &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/vous/01012343271-montre-moi-ton-avatar-je-te-dirai-qui-tu-es&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.liberation.fr/vous/01012343271-montre-moi-ton-avatar-je-te-dirai-qui-tu-es&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Georges, &lt;i&gt;Identit&#233;s virtuelles, les profils utilisateur du web 2&lt;/i&gt;, Questions th&#233;oriques, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Aziz, culturevisuelle.org/imagecircle/2011/06/21/les-cinq-mythes-de-l%E2%80%99avatar-dun-reseau-social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N. Aubert et C. Haroche, Les tyrannies de la visibilit&#233;. &#202;tre visible pour exister ?, Paris, Er&#232;s, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Penelope Umbrico, 8 7 99 661 Soleils de Flickr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Corinne Vionnet, Photo opportunities.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;ment Cherroux, &lt;i&gt;Manifeste From Here On&lt;/i&gt;, Rencontres d'Arles 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roc Herms, Postcards from Home, &lt;a href=&#034;http://www.rocherms.com/album.php?intro=1&amp;cont=1&amp;id=1&amp;idalbum=91&amp;idsubmenu=105&amp;idioma=Esp&amp;color=black&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rocherms.com/album.php?intro=1&amp;cont=1&amp;id=1&amp;idalbum=91&amp;idsubmenu=105&amp;idioma=Esp&amp;color=black&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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