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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Dans le blanc des yeux du temps</title>
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		<dc:date>2012-09-30T07:46:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>Lucie Noel Thune</dc:creator>


		<dc:subject>dessin</dc:subject>
		<dc:subject>abstraction</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Lucie Noel Thune est une artiste connue pour ses installations dans lesquelles le froid et le blanc jouent un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant. Elle r&#233;alise aussi des sculptures en cire blanche. Lors d'une r&#233;sidence &#224; Paris, elle a r&#233;alis&#233; un ensemble de dessins sur des feuilles de papier-calque qu'elle superpose sur deux ou trois &#233;paisseurs non sans avoir, en plus du dessin, d&#233;chir&#233; d&#233;licatement &#224; la main des zones enti&#232;res de la feuille, laissant ainsi &#224; la lumi&#232;re le soin de dessiner elle-m&#234;me de nouveaux contours, plus rugueux, plus inqui&#233;tants.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Appareil" rel="directory"&gt;Appareil&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/dessin" rel="tag"&gt;dessin&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton263-6785b.jpg?1772222297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lucie Noel Thune est une artiste connue pour ses installations dans lesquelles le froid et le blanc jouent un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant. Elle r&#233;alise aussi des sculptures en cire blanche. Lors d'une r&#233;sidence &#224; Paris, elle a r&#233;alis&#233; un ensemble de dessins sur des feuilles de papier-calque qu'elle superpose sur deux ou trois &#233;paisseurs non sans avoir, en plus du dessin, d&#233;chir&#233; d&#233;licatement &#224; la main des zones enti&#232;res de la feuille, laissant ainsi &#224; la lumi&#232;re le soin de dessiner elle-m&#234;me de nouveaux contours, plus rugueux, plus inqui&#233;tants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Le halo du blanc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le blanc dans ses &#339;uvres parle de la neige et du froid. Rien d'&#233;tonnant puisqu'elle est norv&#233;gienne et qu'il est inutile de nier ses origines surtout lorsque l'on d&#233;veloppe un travail d'imagination m&#233;morielle comme elle le fait avec ces dessins qui mettent en sc&#232;ne la densit&#233; feuillue d'un jardin imaginaire enlac&#233; par le froid.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1795|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jardin ! Ce simple nom r&#233;sonne comme un programme et comme une promesse. Celui que dessine Lucie Noel Thune n'est pas le vert jardin des amours enfantines, ni celui du paradis, mais le jardin sauvage tel qu'il para&#238;t lorsqu'il est pris dans les premi&#232;res gel&#233;es. Alors tout est blanc, si blanc que cet &#233;tat transitoire dans lequel tout est fig&#233; peut &#234;tre per&#231;u comme une porte ouverte sur la page du r&#234;ve, du grand r&#234;ve de la vie. Ce jardin hante sa m&#233;moire. Mais ce qui fait qu'il est si vivant en elle aujourd'hui encore dans sa blancheur m&#234;me, c'est d'&#234;tre peupl&#233; de souvenirs incertains.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1796|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Souvent, on affecte de croire que les souvenirs se devraient d'&#234;tre pr&#233;cis. Mais c'est l&#224; une approche par trop influenc&#233;e par le roman policier. Les souvenirs, en fait, sont des masses floues qui charrient des &#233;l&#233;ments variables provenant de strates m&#233;morielles diverses, non unifi&#233;es et &#224; travers lesquelles nous allons sans &#234;tre ma&#238;tre de notre chemin. Le jardin gel&#233; de Lucie Noel Thune porte en lui, non tant le poids de tel ou tel souvenir, qu'il ne nous rend pr&#233;sent le halo trouble, blanc et &#233;pais, translucide et aux contours incertains de la masse floue qui constitue au sens strict le r&#234;ve. Et c'est en elle que nous aimons &#224; nous replonger, tant elle nous permet de vivre dans le r&#234;ve et non de souffrir en revivant tel ou tel r&#234;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1797|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La puissance de cet ensemble de dessins tient &#224; leur capacit&#233; de mobiliser l'essence du r&#234;ve. Par le jeu des trac&#233;s, des d&#233;coupages &#224; la main dans la chair du papier et celui de transparences, &#233;veill&#233;es par la lumi&#232;re qui se faufile entre les diff&#233;rentes surfaces, LNT parvient &#224; faire vibrer ensemble &#224; la fois ce qui est l&#224;, l'&#233;ternel pr&#233;sent du pr&#233;sent et ce qui n'est pas l&#224;, l'ombre incernable du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2 Esth&#233;tique du double&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a des feuilles et des branches, il y a des fleurs et des grains, il y a des lignes qui d&#233;limitent et des lignes ouvertes, il y a des formes qui semblent pleines et d'autres qui se creusent, il y a des d&#233;chirures qui font trembler les ombres et des lignes noires qui semblent hant&#233;es par une sym&#233;trie que parfois elles r&#233;ussissent &#224; former et il y a de grandes plages qui, libres de toute emprise d'une forme, agissent comme une pause dans le grand souffle du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1798|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a parfois des &#233;quilibres magiques, souvenirs d'un monde d'ordre dans un univers et surtout ce treillis d'herbes sauvages. Mais dans les deux cas, ce qui compte, ce qui porte le dessin et ce qui constitue la trame secr&#232;te du r&#234;ve et du souvenir qui est ici le v&#233;ritable sujet de ces dessins, ce sont les ombres et les ombres d'ombre, et les ombres que font les ombres d'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension plastique de ces &#339;uvres de Lucie Noel Thune est tout enti&#232;re port&#233;e par ce qui appara&#238;t comme une m&#233;ditation lucide et profonde, une m&#233;ditation sur le double, sur l'ombre qui se trouverait derri&#232;re l'ombre, c'est-&#224;-dire sur les formes de l'oubli en tant qu'il porte et permet seul &#224; la m&#233;moire de se constituer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1799|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis il y a la question des limites, celles des lignes, celles des formes, celles des d&#233;chirures. Dans ces dessins, la limite est litt&#233;ralement mise &#224; nu. C'est comme si le jardin &#233;tait finalement vu en &#233;tat d'apesanteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ce que voit Lucie Noel Thune, car il s'agit bien d'une sorte de &#171; vision &#187;, c'est que, de dessiner ce jardin aux strates translucides, c'est comme explorer la pens&#233;e, ses m&#233;canismes secrets, ses rouages inconnus, ses zones d'ombre qui nous font &#224; la fois si peur et nous fascinent tant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1800|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, &#224; regarder et regarder encore ce qui se joue dans cette multiplicit&#233; d&#233;sordonn&#233;e, c'est l'&#233;mergence possible d'une sym&#233;trie, d'une sym&#233;trie vague, ind&#233;cise parfois, mais d'une sym&#233;trie quand m&#234;me. En d'autres termes, ce qui tente de venir au jour &#224; travers ces strates de blanc fig&#233;, &#224; travers ces lignes et ces d&#233;chirures, c'est le double, notre double.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1801|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en tout cas, lui que l'on attend, lui que l'on finit par esp&#233;rer voir surgir du fond trouble des strates qui se r&#233;pondent, remonter entre les lignes &#224; travers les d&#233;chirures, comme s'il allait enfin surgir du fond, mur ou table contre lesquels sont pos&#233;s les dessins.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1802|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce double, c'est le n&#244;tre mais pas comme individu, pas comme personne, comme structure vivante en &#233;volution constante. C'est cela qu'incarne ici ce jardin qu'il a fallu recouvrir en le gelant sous le voile blanc du r&#234;ve pour pouvoir tenter de voir, et, voyant, de comprendre. La m&#233;ditation lente se mue en vision salvatrice et l'organique rejoint la pens&#233;e. La pens&#233;e en est le fruit et malgr&#233; tous ses efforts, elle ne parvient pas &#224; oublier qu'elle est faite des fils de la nature et qu'en elle vit son souffle.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1803|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dessiner, m&#233;diter, peindre, cr&#233;er, c'est tenter de rejoindre sur la toile ou la page le souffle de la nature qui vit en nous &#224; l'&#233;tat de souvenir pr&#234;t &#224; se r&#233;veiller et que trop souvent nous ignorons.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1804|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lucie Noel Thune a choisi de ne pas l'ignorer. C'est &#224; la reconqu&#234;te de ce blanc des origines invent&#233;es qu'elle nous invite et gr&#226;ce &#224; elle en regardant ses dessins nous nous tenons au seuil du jardin, pr&#234;ts maintenant &#224; faire le pas d&#233;cisif qui nous reconduira du cauchemar de la nuit au r&#234;ve blanc du temps que nous osons enfin regarder droit dans les yeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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