<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.tk-21.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>TK-21 </title>
	<link>https://www.tk-21.com/</link>
	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.tk-21.com/spip.php?id_auteur=24&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>TK-21 </title>
		<url>https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L144xH172/siteon0-33817.png?1772187034</url>
		<link>https://www.tk-21.com/</link>
		<height>172</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Des v&#234;tements intelligents</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Des-vetements-intelligents</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Des-vetements-intelligents</guid>
		<dc:date>2021-07-29T18:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>costume/v&#234;tement</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La mode sud-africaine est empreinte des luttes qui ont secou&#233; le pays : retour sur l'histoire de l'apartheid et regard vers un avenir ouvert au monde. En termes de v&#234;tements, cela se traduit en un croisement innovant de styles historiques et actuels.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/costume-vetement" rel="tag"&gt;costume/v&#234;tement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Allemagne" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Afrique-du-sud" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1931-2cb3e.jpg?1772203094' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mode sud-africaine est empreinte des luttes qui ont secou&#233; le pays : retour sur l'histoire de l'apartheid et regard vers un avenir ouvert au monde. En termes de v&#234;tements, cela se traduit en un croisement innovant de styles historiques et actuels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le milieu international de la mode, l'Afrique du Sud est depuis longtemps consid&#233;r&#233;e comme un pr&#233;curseur. Le pays poss&#232;de un milieu de mode dynamique et prometteur et a d&#233;j&#224; produit de nombreux cr&#233;ateurs de renom. L'Afrique du Sud est particuli&#232;rement reconnue pour son exceptionnelle mode de la rue. Le 8 septembre 2019, Thebe Magugu est devenu le premier cr&#233;ateur de mode du continent africain &#224; remporter le prix LVMH &#224; Paris. Il s'agit certainement du prix international le plus prestigieux pour les jeunes designers. Le jeune cr&#233;ateur sud-africain avait d&#233;j&#224; re&#231;u un prix lors de l'International Fashion Showcase 2019 &#224; Londres au printemps de cette m&#234;me ann&#233;e. Les collections de Magugu doivent beaucoup aux cultures alternatives sud-africaines. Sa haute couture co&#239;ncide avec la mode de la rue et un examen g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'histoire de son pays vue d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_04_c_agnese_sanvito_lr.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/ifs2019_south_africa_04_c_agnese_sanvito_lr-177c2.jpg?1627583857' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Magugu a pr&#233;sent&#233; sa collection d'&#233;t&#233; 2020 &#224; Paris, intitul&#233;e Prosopographie. Sa mode s&#233;duit par ses coupes &#233;l&#233;gantes et ses d&#233;tails surprenants, ses mati&#232;res nobles et ses couleurs intenses, ainsi que par l'utilisation efficace d'images et de motifs. Les mod&#232;les de la collection Prosopography s'inspirent de la mode f&#233;minine des ann&#233;es 50 et 60, que le cr&#233;ateur traduit &#224; notre &#233;poque. Les robes fluides et moulantes, les jupes pliss&#233;es et les blouses taill&#233;es expriment une f&#233;minit&#233; &#233;l&#233;gante et confiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les v&#234;tements de cette collection portent une micro-puce qui donne acc&#232;s &#224; des informations de fond via la plateforme de la soci&#233;t&#233; de marketing et de technologie Verisium. Il s'agit du contexte historique, des techniques de production ou des sources d'inspiration de chaque v&#234;tement. Le motif floral-abstrait de la &#8220;Zebra Mud Blouse&#8221;, par exemple, a &#233;t&#233; appliqu&#233; sur le tissu avec de l'argile m&#233;lang&#233;e par un gu&#233;risseur sud-africain, ce qui explique la couleur chaude et intense brun-rouge. Le designer utilise les derniers d&#233;veloppements technologiques et cr&#233;e de nouveaux moyens de communication et de fid&#233;lisation pour ses clients. Sa mode se caract&#233;rise non seulement par son esth&#233;tique et sa cr&#233;ativit&#233;, mais aussi par l'innovation et une conscience historique et sociale aiguis&#233;e. Il touche ainsi au c&#339;ur d'une &#233;poque o&#249; des th&#232;mes tels que la d&#233;colonisation, la consommation et la durabilit&#233;, le changement climatique, la diversit&#233; et la parit&#233; entre les sexes sont &#233;galement &#224; la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;finition particuli&#232;re de l'identit&#233; et de l'authenticit&#233; est au centre de l'&#339;uvre de Magugu, o&#249; l'authentique, selon lui, &#034;est quelque chose de tr&#232;s personnel. On ne devient pas plus authentique en s'isolant et en se d&#233;connectant du d&#233;veloppement mondial. L'authenticit&#233; s'exprime plut&#244;t dans la mani&#232;re dont on s'y met en relation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_02_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_02_c_agnese_sanvito-e2927.jpg?1772203090' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire du pays racont&#233;e &#224; travers la mode&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Kimberly en 1993, Magugu vit aujourd'hui &#224; Johannesburg, o&#249; il a &#233;galement suivi une formation de styliste de mode &#224; la Lisof Fashion School. Il a lanc&#233; sa premi&#232;re collection de v&#234;tements pour femmes en 2017. Les cr&#233;ations de son label, qui porte simplement son nom, expriment l'attitude de vie de toute une g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette g&#233;n&#233;ration cherche une nouvelle approche de l'histoire difficile de son pays, qui jette encore aujourd'hui une longue ombre sur la nation arc-en-ciel. Magugu se concentre consciemment sur le contexte historique, l'&#233;lucidation et l'&#233;ducation dans son travail. Il veut raconter des histoires avec sa mode et rompt avec les id&#233;es re&#231;ues. Dans une interview, il souligne l'importance des v&#234;tements : &#034;J'appr&#233;cie particuli&#232;rement les v&#234;tements qui sont intelligents, c'est-&#224;-dire qui transmettent un message au-del&#224; de leur qualit&#233; mat&#233;rielle et dont on peut m&#234;me apprendre quelque chose.&#034; Il choisit des titres programmatiques pour ses collections. Pour son installation &#8220;African Studies&#8221; prim&#233;e dans le cadre de l'exposition Brave New Worlds &#224; la Somerset House de Londres, il a plac&#233; les poup&#233;es vestimentaires sur une longue bande de papier imprim&#233;e du texte de la constitution sud-africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magugu publie &#233;galement son propre magazine sous la forme d'un annuaire, appel&#233; Faculty Press, ce qui n'est pas un hasard. Il souhaite y documenter, avec d'autres artistes, la culture contemporaine de la sc&#232;ne cr&#233;ative en Afrique du Sud. Le th&#232;me du premier num&#233;ro &#233;tait &#233;galement &#8220;African Studies&#8221; et la couverture pr&#233;sentait un membre du duo d'artistes den performance queers FAKA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les v&#234;tements et la mode ont une grande importance en Afrique du Sud, qui va bien au-del&#224; de la perception ext&#233;rieure des v&#234;tements traditionnels zoulous en peaux d'animaux, du perlage (tissage et broderie de perles) mondialement connu, ou des tissus shweshwe &#224; motifs g&#233;om&#233;triques qui sont maintenant produits dans de nombreuses couleurs et tr&#232;s r&#233;pandues. Ces influences jouent &#233;galement un r&#244;le important dans la mode contemporaine. Le jeune designer Laduma Ngxokolo s'est fait conna&#238;tre &#224; l'international avec sa marque de tricots Maxhosa, fond&#233;e en 2012. Il reprend les symboles, les motifs et les couleurs du perlage traditionnel des Xhosa et les transf&#232;re dans une autre r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle. Dans la rencontre des traditions indig&#232;nes avec les influences internationales (comme dans le perlage et le schweshwe) et la mode mondiale de l'influence europ&#233;enne, l'identit&#233; culturelle continue d'&#234;tre red&#233;finie et n&#233;goci&#233;e &#224; travers les v&#234;tements. Les v&#234;tements sont utilis&#233;s pour s'exprimer et peuvent souvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s comme une d&#233;claration politique. Stuart Hall a soulign&#233; un jour &#034;comment le style, que les critiques culturels grand public consid&#232;rent souvent comme une simple coquille, la couverture et l'enrobage de la pilule, est lui-m&#234;me devenu le sujet de l'histoire au sein du r&#233;pertoire noir&#034;. C'est &#224; travers le style, qui est &#224; la fois normatif et individuel, que se jouent les r&#233;f&#233;rences dont Magugu parle comme de l'authenticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_06_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_06_c_agnese_sanvito-604ea.jpg?1772203090' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pantsula : la danse comme prise de pouvoir... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magugu a choisi une chanson sud-africaine comme bande sonore de son installation &#224; Londres. Il s'agit d'un remix de la l&#233;gendaire chanteuse de kwaito Lebo Mathosa, d&#233;c&#233;d&#233;e dans un accident de voiture en 2006. La chanteuse a &#233;t&#233; une figure centrale de la sc&#232;ne musicale des ann&#233;es 1990, qui ont marqu&#233; la fin de l'apartheid. Lebo Mathosa repr&#233;sente la g&#233;n&#233;ration qui a contribu&#233; &#224; ce changement et elle repr&#233;sente &#233;galement ce qui est probablement la sous-culture la plus influente en Afrique du Sud : le pantsula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes d'aujourd'hui connaissent le pantsula comme une forme de danse urbaine originale qui attire l'attention internationale. Beaucoup veulent faire carri&#232;re en tant que danseurs. Le pantsula est apparu dans les townships dans les ann&#233;es 1980. Mais le m&#233;lange de danse, de mode, de langue et de prise de position a des racines qui remontent &#224; la Renaissance de So-phiatown dans les ann&#233;es 1940.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quartier r&#233;sidentiel de Sophiatown, dans l'ouest de Johannesburg, habit&#233; par des personnes de toutes les couleurs de peau et de toutes les ethnies, s'est transform&#233; en un centre culturel dans les ann&#233;es 1940 et 1950, comparable &#224; Harlem &#224; New York dans les ann&#233;es 1920. De nombreuses personnalit&#233;s c&#233;l&#232;bres ont &#233;merg&#233; de cette sc&#232;ne culturelle, comme la chanteuse Miriam Makeba. Nombre d'entre eux, dont le futur pr&#233;sident de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela, se sont oppos&#233;s au r&#233;gime d'apartheid, notamment lorsque le gouvernement a voulu d&#233;truire le quartier, ce qui s'est produit en 1955 malgr&#233; des protestations persistantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style de vie de l'&#233;poque &#233;tait influenc&#233; par les films am&#233;ricains et la musique de jazz. Les images sur l'&#233;cran et les pochettes de disques ont &#233;galement eu une influence durable sur les v&#234;tements. Chapeau, costume, chemise, cravate, chaussures en cuir uni ou bicolores, parfois associ&#233;es &#224; un trench-coat, &#233;taient en vogue. Les femmes cultivent un style nettement f&#233;minin. Leurs robes ou chemisiers et jupes assorties, ainsi que leurs chaussures &#224; demi-talons, provenaient souvent des m&#234;mes labels internationaux que ceux des hommes. Il y avait aussi le style d&#233;contract&#233; avec des pantalons pliss&#233;s, des chemises en flanelle &#224; carreaux, des pulls en tricot &#224; motifs g&#233;om&#233;triques et des blousons. Ce style montre les influences de la mode sportive britannique, irlandaise et &#233;cossaise, mais aussi am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciennes photos de portraits dans les albums de famille t&#233;moignent encore du style de l'&#233;poque, dont une partie a &#233;t&#233; conserv&#233;e dans les armoires des parents et des grands-parents de la g&#233;n&#233;ration post-apartheid. &#192; la fin des ann&#233;es 2000, presque dix ans apr&#232;s la fin de l'apartheid, de nombreux jeunes ont voulu faire revivre cette p&#233;riode et la ramener dans la m&#233;moire collective, notamment des collectifs de mode comme Khumbula, I-see-a-different-you et les Sartists. Ils ont mis en sc&#232;ne et v&#233;cu le style historique comme un roman-photo et se sont empar&#233;s d'un pass&#233; refoul&#233; - et donc parfois transfigur&#233;. Mais ils ont actualis&#233; leurs mod&#232;les et ont consciemment &#233;tabli un contrepoint &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation des ann&#233;es 2000. Dans sa collection Prosopography, Thebe Magugu s'inspire &#233;galement du style de cette &#233;poque, en s'inspirant des femmes du mouvement Black Sash, qui avaient milit&#233; pour l'&#233;galit&#233; des droits de la population noire &#224; partir des ann&#233;es 1950 et portaient une ceinture noire lors de leurs manifestations, ce qui a donn&#233; son nom au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture pantsula puise &#233;galement dans cette &#233;poque et combine habilement l'image am&#233;ricaine du gangster avec le gentleman myst&#233;rieux et irr&#233;prochable et coureur de jupons (Humphrey Bogart), l'intellectuel et l'artiste (Harlem Renaissance, Jazz), le com&#233;dien (Frank Sinatra, Fred Astaire) et l'activiste politique (mouvement Black Power, Malcolm X). D&#232;s les ann&#233;es 1980, les jeunes des townships ont modernis&#233; des styles historiques et traditionnelles de musique et de danse, notamment le marabi. Ils ont cr&#233;&#233; le style de danse Pantsula d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_06_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_06_c_agnese_sanvito-604ea.jpg?1772203090' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... et signe d'ind&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme Pantsula est souvent traduit par &#034;dandinement de canard&#034;. Cela pourrait faire r&#233;f&#233;rence &#224; la fois &#224; une posture caract&#233;ristique des danses traditionnelles sud-africaines et aux jeunes gens affect&#233;s qui d&#233;filaient dans les rues des townships pour montrer leurs v&#234;tements de marque co&#251;teux, en prenant soin de ne pas se couvrir de poussi&#232;re. Une autre explication du terme suppose qu'il s'agit d'un emprunt &#224; une forme de danse ant&#233;rieure dans laquelle le pantalon (anglais : pants) &#233;tait en fait baiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux Pantsulas ont &#233;galement &#233;t&#233; politiquement actifs dans les ann&#233;es 1980 et 1990 dans la r&#233;sistance au r&#233;gime d'apartheid. Les groupes de danse pantsula se sont affront&#233;s lors de comp&#233;titions. L'individualit&#233; joue un r&#244;le important, mais lorsqu'ils se produisent en groupe, ils dansent dans des &#034;uniformes&#034; identiques. Les uniformes scolaires et les v&#234;tements de travail ont remplac&#233; la mode haut de gamme de la g&#233;n&#233;ration Sophiatown des ann&#233;es 40 et 50. Ces v&#234;tements &#233;taient pour la plupart issus de l'usage quotidien, moins chers et faciles &#224; obtenir en grand nombre, mais ils &#233;taient &#233;galement modifi&#233;s individuellement. Le groupe de danse &#034;Vibrations&#034; a cr&#233;&#233; le look traditionnel de l'&#233;chiquier dans les ann&#233;es 1980 en s&#233;parant des chemises et des pantalons de deux couleurs diff&#233;rentes et en les recousant en alternance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des marques comme la marque am&#233;ricaine de v&#234;tements de travail Dickies ont gagn&#233; en popularit&#233;. Aujourd'hui encore, de nombreux danseurs portent des Dickies, ainsi que des combinaisons de travail et des salopettes bleues et oranges, dont certaines proviennent &#233;galement de marques locales, comme Alaska par City Outfitters. Le nom Alaska a &#233;galement &#233;t&#233; utilis&#233; par un groupe l&#233;gendaire de kwaito. Le costume dit de cuisine (Kitchen-Suit ou Mathanda-Kitchen) est &#233;galement une tenue de travail datant de l'&#233;poque de l'apartheid. Il a des manches courtes, un pantalon court et une ceinture attach&#233;e dans le dos. Les manches, les jambes du pantalon et la ceinture sont d&#233;cor&#233;es de rubans rouges. Le costume &#233;tait port&#233; par les hommes et les femmes qui travaillaient dans les cuisines et les m&#233;nages. Aujourd'hui, c'est un article de mode produit par City Outfitters dans toutes les couleurs et tous les motifs possibles et port&#233; par de nombreux danseurs de Pantsula comme costume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapeau caract&#233;ristique des Pantsulas reste le spoti, une casquette en coton &#224; bord &#233;troit, &#233;galement appel&#233;e chapeau de p&#234;cheur, qui est enfil&#233;e, retourn&#233;e ou pli&#233;e de diff&#233;rentes mani&#232;res selon l'humeur du porteur. Les chaussures en cuir de haute qualit&#233; ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par les baskets Converse &#034;Chucks&#034; All Stars, moins ch&#232;res, plus l&#233;g&#232;res et plus souples. Le spoti et la Converse All Stars sont devenues depuis les symboles de la culture pantsula. Kopano Ratele, aujourd'hui professeur &#224; l'universit&#233; de Pretoria, raconte dans un texte publi&#233; en 2012 qu'il devait absolument avoir une paire de Converse All Stars lorsqu'il &#233;tait adolescent et admet que son image de la masculinit&#233; &#224; l'&#233;poque d&#233;pendait beaucoup du port de ces chaussures. Il y a aussi une photo de Thebe Magugu tenant une chaussure Converse blanche que l'on peut trouver sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_07_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_07_c_agnese_sanvito-51a06.jpg?1772203090' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une repr&#233;sentation de l'avenir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux v&#234;tements port&#233;s par les Pantsulas se retrouvent &#233;galement dans la mode actuelle, soit dans leur version originale, soit sous forme de coupes similaires. R&#233;cemment, certains labels locaux ont m&#234;me vu le jour, directement commercialis&#233;s par les danseurs de Pantsula eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est pass&#233; de l'autonomisation par la mode bas&#233;e sur les mod&#232;les am&#233;ricains et europ&#233;ens, que Homi K. Bhabha appelait du mim&#233;tisme, &#224; une mode que l'on peut qualifier d'authentique au sens de Thebe Magugu. Le jeune designer reprend des mod&#232;les historiques et les combine avec des th&#232;mes actuels et les technologies d'avenir. L'African Fashion Research Institute (AFRI), fond&#233; en 2019, suit une approche similaire. L'AFRI veut d&#233;velopper la recherche sur la mode en Afrique et &#224; propos de l'Afrique par le biais d'expositions virtuelles et r&#233;elles, de podcasts, de discussions, d'ateliers, de conf&#233;rences et de performances. En 2019, &#224; la Momo Gallery de Johannesburg, AFRI a pr&#233;sent&#233; une exposition virtuelle documentant le travail de trois cr&#233;ateurs de mode africains lors de l'International Fashion Showcase 2019 &#224; Londres, dont Thebe Magugu. Organis&#233;e par les deux membres fondateurs d'AFRI, Erica de Greef et Lesiba Mabitsela, l'exposition utilise des technologies innovantes, des formats num&#233;riques et la r&#233;alit&#233; virtuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un projet phare qui donne acc&#232;s &#224; des sources indispensables et cr&#233;e une plateforme pour une nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes cr&#233;ateurs critiques qui veulent r&#233;inventer la mode.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_08_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_08_c_agnese_sanvito-c29fe.jpg?1772203091' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://bit.ly/2tPnTDA" class="spip_out"&gt;https://bit.ly/2tPnTDA&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans : Iz3w Magazin, 377 Der Lauf der Mode, M&#228;rz/April 2020, S.31-33 (&lt;a href=&#034;https://www.iz3w.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.iz3w.org&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Murky Dancing</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Murky-Dancing</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Murky-Dancing</guid>
		<dc:date>2016-08-06T12:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Moinard et Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>corps</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Que ce soit le studio, que se soit le th&#233;&#226;tre, pour moi c'est vraiment un lieu sacr&#233;. C'est un peu comme quand on glisse dans de l'eau, ou que l'on nage dans un lac. C'est ce genre d'abandon o&#249; je me trouve bien. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Carol Prieur, danseuse, Compagnie Marie Chouinard*)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton914-c112b.jpg?1772249812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Que ce soit le studio, que se soit le th&#233;&#226;tre, pour moi c'est vraiment un lieu sacr&#233;. C'est un peu comme quand on glisse dans de l'eau, ou que l'on nage dans un lac. C'est ce genre d'abandon o&#249; je me trouve bien. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Carol Prieur, danseuse, Compagnie Marie Chouinard*)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement est comme l'eau, fluide, mall&#233;able, il porte le corps. Le mouvement rend le corps insaisissable. Il est ainsi subjugue &#224; l'espace-temps. L'image en revanche, dans sa technicit&#233;, constitue une certaine mat&#233;rialit&#233;. Elle est un m&#233;dium, mais elle reste fig&#233;e. Elle marque un arr&#234;t dans le temps et r&#233;duit l'espace &#224; la surface. Mais malgr&#233; leur apparente incompatibilit&#233;, mouvement et image sont intimement li&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/murky_dancing_page_07_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/murky_dancing_page_07_image_0001-759be.jpg?1772249812' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La plupart des images de la danse sont r&#233;alis&#233;es par des photographes avec des objectifs et des filtres particuliers, adapt&#233;s aux conditions de faible lumi&#232;re &#224; l'int&#233;rieur d'un th&#233;&#226;tre. La prise des images se fait souvent lors d'une r&#233;p&#233;tition sp&#233;cialement organis&#233;e pendant laquelle la lumi&#232;re sur sc&#232;ne est augment&#233; afin de faciliter la prise d'images. Les photographes travaillent avec des temps d'exposition tr&#232;s courts et souvent utilisent le mode rafale qui permet de d&#233;clencher d'un seul coup une s&#233;rie d'images prises en quelques fractions de seconde et d'en choisir qu'une &#8212; la plus r&#233;ussie et la plus nette. Quelques fois les danseurs, en costumes de sc&#232;ne, posent tout simplement pour les images.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/murky_dancing_page_13_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH364/murky_dancing_page_13_image_0001-9b921.jpg?1509806577' width='500' height='364' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les formes de repr&#233;sentation du mouvement en photographie sont multiples. Souvent, l'image constitue un moment d'arr&#234;t, c'est &#224; dire, l'image net d'un corps fig&#233;, pris &#224; n'importe quel moment dans l'ex&#233;cution d'un mouvement. D'autres images montrent la trace du mouvement sous forme de filaments, un proc&#233;d&#233; tr&#232;s populaire quand il s'agit de capter le mouvement &#224; travers des traces de lumi&#232;re, notamment de voitures dans la nuit. Ce proc&#233;d&#233; repose sur des temps d'exposition assez longs. Pour repr&#233;senter un corps en mouvement on se sert &#233;galement de mati&#232;res comme de l'eau, du tissu ou de la farine qui aident &#224; rendre visible le mouvement ou plut&#244;t ses effets. On peut &#233;galement trouver des images s&#233;quentielles, recomposant le mouvement soit dans une s&#233;rie d'images, soit en une seule image (imposition multiple). Ces derniers rappellent le travail du photographe anglais Eadweard Muybridge, pionnier en la mati&#232;re, qui, dans les ann&#233;es 1880, s'&#233;tait consacr&#233; &#224; l'&#233;tude du mouvement des hommes ainsi que des animaux, en utilisant un dispositif de plusieurs cam&#233;ras, d&#233;clench&#233;es par des sensors de contact.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8273 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/murky_dancing_page_14_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH353/murky_dancing_page_14_image_0001-0a7e4.jpg?1772249812' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des images qui montrent la densit&#233; du mouvement en lui donnant de la texture sont plus rares. Il est difficile de trouver un &#233;quilibre entre la repr&#233;sentation du corps et du mouvement. Le corps est toujours pr&#233;sent, il ne disparait pas. Mais lorsque le mouvement prend corps et devient tangible, comme dans les images de danse de Bruno Moinard, le corps fond dans le mouvement. Les images font preuve d'une douceur, d'une mall&#233;abilit&#233; : Elles montrent comment le mouvement est quelque chose qui se cr&#233;e et qui peut avoir diff&#233;rentes qualit&#233;s. Le mouvement est sculpt&#233; et form&#233; par le corps &#8211; et le corps est &#224; son tour sculpt&#233; par le mouvement dans ces images. On a l'impression en les regardant que l'on sculpte la terre avec les mains. Le mouvement s'inscrit dans l'espace et la photographie en montre la trace. C'est l'effet du flou, qui &#233;voque &#233;galement une certaine l&#233;g&#232;ret&#233;, une fragilit&#233; aussi. Les corps sont port&#233;s par le mouvement, se trouvent en apesanteur, en suspension : Ils sont comme suspendus dans le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8277 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/murky_dancing_page_18_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/murky_dancing_page_18_image_0001-beb0a.jpg?1509806577' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement appara&#238;t ainsi comme quelque chose qui &#171; arrive &#187; au corps, qui lui donne forme en m&#234;me temps. La grande fragilit&#233; dans ces images repose certainement sur le fait que les corps ne sont pas d&#233;finis comme corps, mais seulement dans le mouvement, par le mouvement, qui prend corps dans l'image. Le mouvement est densifi&#233; dans l'image, se solidifie. Ici, le mouvement fait corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Moinard, technicien de spectacle et r&#233;gisseur lumi&#232;re, a cr&#233;e cette s&#233;rie d'images pendant une dizaine d'ann&#233;es dans son lieu de travail : le th&#233;&#226;tre. Il est un photographe autodidacte, mais il a une connaissance tr&#232;s intime de la danse, travaillant depuis bient&#244;t 30 ans essentiellement avec des danseurs, et notamment en cr&#233;ation lumi&#232;re. Il a donc une intuition ph&#233;nom&#233;nale quand &#224; la relation de ces trois &#233;l&#233;ments : l'espace, la lumi&#232;re et le mouvement, qui se traduit dans les images de la s&#233;rie &lt;i&gt;Murky Dancing&lt;/i&gt;. Bien plus que la danseuse ou le danseur, c'est cette relation qui l'int&#233;resse. En son et en lumi&#232;re, comme derri&#232;re l'objectif de son appareil photo, la m&#234;me question le pr&#233;occupe : comment rendre le mouvement sensible ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/murky_dancing_page_19_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/murky_dancing_page_19_image_0001-1c8c5.jpg?1509806577' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En physique quantique on conna&#238;t le principe d'incertitude de Heisenberg (ou principe d'ind&#233;termination). En 1927, le physicien allemand Werner Heisenberg a &#233;nonc&#233; qu'il est impossible de d&#233;terminer &#224; la fois la position et la quantit&#233; de mouvement d'une particule. Heisenberg avait d&#233;couvert que plus il pr&#233;cise la vitesse de la particule, moins il pourra d&#233;terminer sa position, et inversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette m&#234;me incertitude que parlent les images de Bruno Moinard. Il n'y est pas question du corps et de sa position dans l'espace, il parle du mouvement et comment le corps est subjugu&#233; au mouvement, comment il donne forme &#224; ce mouvement et est emport&#233; par lui en m&#234;me temps. Le corps en tant qu'objet d&#233;fini dispara&#238;t &#8211; on ne le voit que dans le mouvement ou &#224; travers le mouvement. C'est bien contraire &#224; la plupart des images de la danse o&#249; l'on voit le corps bien d&#233;fini dans l'espace et o&#249; le mouvement dispara&#238;t &#8211; enfin : est arr&#234;t&#233;. Ici, il n'y a pas d'arr&#234;t, il y a pr&#233;sence et trace de pr&#233;sence. Cela correspond &#233;galement &#224; la mani&#232;re de d&#233;crire la photographie : comme arr&#234;t du temps ou bien comme trace, comme &#171; inscription &#187; de la lumi&#232;re sur la surface sensible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/murky_dancing_page_20_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/murky_dancing_page_20_image_0001-87cd1.jpg?1509806577' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le spectateur est renvoy&#233; &#224; la dichotomie entre arr&#234;t et mouvement, corps et trace, lumi&#232;re et ombre, dur&#233;e et instant, peut-&#234;tre m&#234;me : vie et mort &#8211; fondamentales dans la danse, le spectacle et aussi dans la photographie. Dans les photographies de Bruno Moinard, la danse semble &#233;chapper &#224; la prise d'image, elle n'est pas captive de l'image mais la traverse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Carol Prieur, cit&#233; d'apr&#232;s &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/151044409&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vimeo.com/151044409&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dimension photographique</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-dimension-photographique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/La-dimension-photographique</guid>
		<dc:date>2013-07-30T16:13:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller et Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>Appareil</dc:subject>
		<dc:subject>radioactivity</dc:subject>
		<dc:subject>plantscape</dc:subject>
		<dc:subject>calotype</dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Centrale nucl&#233;aire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;To see a world in a grain of sand&lt;br class='autobr' /&gt;
And a heaven in a wild flower,&lt;br class='autobr' /&gt;
Hold infinity in the palm of your hand&lt;br class='autobr' /&gt;
And eternity in an hour&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Appareil" rel="directory"&gt;Appareil&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Appareil-35" rel="tag"&gt;Appareil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/radioactivity" rel="tag"&gt;radioactivity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/plantscape" rel="tag"&gt;plantscape&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/calotype" rel="tag"&gt;calotype&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Centrale-nucleaire" rel="tag"&gt;Centrale nucl&#233;aire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton391-5a30d.jpg?1772253763' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;To see a world in a grain of sand&lt;br class='autobr' /&gt;
And a heaven in a wild flower,&lt;br class='autobr' /&gt;
Hold infinity in the palm of your hand&lt;br class='autobr' /&gt;
And eternity in an hour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;William Blake (1757 &#8211; 1827) &#171; Auguries of Innocence &#187;&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;111&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/cattenom-5908-5911-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH213/cattenom-5908-5911-m_verdier-36eef.jpg?1772189784' width='500' height='213' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Cattenom
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Centrale Nucl&#233;aire (nuclear power plants). &lt;br class='autobr' /&gt;
Calotype assist&#233;, assisted Calotype
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La photographie est trompeuse. Facilement elle se laisse prendre pour miroir fid&#232;le de la r&#233;alit&#233; et fait oublier tout ce qui la d&#233;finit comme image, ce qui n'est pourtant pas le cas de la peinture. Une mani&#232;re de d&#233;jouer ce ph&#233;nom&#232;ne est de travailler avec la mat&#233;rialit&#233; et de faire appara&#238;tre l'aspect technique de la photographie dans les images. La surface lisse et l'effet miroir de la photographie se voient alors d&#233;rang&#233;s, le regard revient &#224; la surface et le spectateur reconna&#238;t qu'il regarde une image. La photographie peut alors &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme m&#233;dium de repr&#233;sentation picturale et non comme simple simulacre du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs possibilit&#233;s s'offrent aux photographes pour r&#233;v&#233;ler l'aspect technique de l'image. Ils peuvent intervenir au moment de la prise de vue en manipulant les appareils. Ils peuvent manipuler les images au moment du d&#233;veloppement ou les retravailler &#224; l'ordinateur. Les photographies peuvent &#234;tre utilis&#233;es comme mat&#233;riau de base et &#234;tre manipul&#233;es en tant qu'objets.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;122&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/dampierre-c-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH314/dampierre-c-m_verdier-7a7b1.jpg?1509815881' width='500' height='314' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dampierre sur Loire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Centrale Nucl&#233;aire (nuclear power plants). &lt;br class='autobr' /&gt;
Calotype assist&#233;, assisted Calotype
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans son travail, Martial Verdier reprend un ancien proc&#233;d&#233; de prise de vues qui fait partie de l'histoire de la photographie mais que l'on n'utilise pratiquement plus aujourd'hui. Il se sert du calotype et obtient des images myst&#233;rieuses &#224; gros grain. Il permet de faire surgir leur mat&#233;rialit&#233; et conf&#232;re aux images ces couleurs tr&#232;s particuli&#232;res qui rappellent la peinture. &#192; premi&#232;re vue, c'est la surface picturale de l'image qui prime sur le sujet, le regard porte aussi bien sur le&lt;i&gt; comment&lt;/i&gt; que sur le &lt;i&gt;quoi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3201 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;158&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/st-laurent-etang2-e1-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH263/st-laurent-etang2-e1-m_verdier-e63bd.jpg?1772189784' width='500' height='263' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Laurent, L'&#206;le aux Mouettes
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Saint-Laurent-Nouan &lt;br class='autobr' /&gt;
Centrale Nucl&#233;aire (nuclear power plants). &lt;br class='autobr' /&gt;
Calotype assist&#233;, assisted Calotype
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les deux mythes fondamentaux sur l'invention de la peinture, le premier m&#233;dium de la reproduction picturale, se basent sur deux proc&#233;d&#233;s diff&#233;rents, celui de la projection et celui du reflet. Tandis qu'en Gr&#232;ce antique Pline vit l'origine de la peinture dans l'ombre d'un homme retrac&#233;e sur un mur par son amante pour garder son souvenir, &#224; la Renaissance, c'est L&#233;on Battista Alberti qui fit de Narcisse contemplant son reflet &#224; la surface de l'eau jusqu'&#224; se m&#233;prendre mortellement de sa propre image, son inventeur. Depuis, la peinture est prise entre projection et effet miroir ou trompe-l'&#339;il.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Victor I. Stoichita, A Short History of the Shadow. London,1997&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#193; travers les si&#232;cles, les artistes, aussi bien les peintres que les photographes, ont utilis&#233; nombre de proc&#233;d&#233;s optiques. Cet usage d'outils techniques est essentiellement li&#233; au probl&#232;me de repr&#233;sentation d'une r&#233;alit&#233; spatiale, voire temporelle, donc &#224; trois ou quatre dimensions, sur une surface plane, donc &#224; deux dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re invention majeure fut celle de la perspective, un mode de reconstruction de l'espace complexe, combinant les lois de la g&#233;om&#233;trie et de l'optique. La perspective est avant tout un instrument de projection. Les peintres travaillaient avec une grille en fil de fer pour transposer une vue dans les bonnes dimensions sur une toile. Les peintres qui peignaient les plafonds baroques se sont &#233;galement servis de grilles pour projeter leurs &#339;uvres sur les coupoles en appliquant les lois optiques. Bas&#233;e sur des calculs pr&#233;cis, l'illusion parfaite se produit et on a l'impression que l'espace se prolonge au-del&#224; des limites impos&#233;es par les murs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre invention historique fut celle du miroir. Il devient un sujet important en peinture, non seulement comme objet et symbole de la repr&#233;sentation de la nature et de l'innocence de la Vierge dans un contexte religieux, mais aussi en tant qu'instrument et outil de travail, ainsi que comme objet de r&#233;flexion sur la condition de la repr&#233;sentation picturale en g&#233;n&#233;ral.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Heinrich Schwarz, &#171; The Mirror in Art &#187; (1952), in : Heinrich Schwarz. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Au XVIIIe si&#232;cle, le miroir noir, dit le miroir de Claude, un miroir concave et suffisamment petit pour tenir dans la paume d'une main, servait aussi bien aux promeneurs qu'aux peintres pour &#171; capturer &#187; et contempler une vision de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que des personnes se soient promen&#233;es en regardant la nature dans un miroir est remarquable, car ils ne regardaient donc plus la nature autour d'eux, mais son reflet, l'image de la nature renvoy&#233;e par le miroir. Pour les peintres c'&#233;tait un instrument tr&#232;s pratique car le miroir permettait de capturer et de contempler tout un panorama de nature rassembl&#233; dans une main et r&#233;duit en taille et de pouvoir le retracer plus facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'instrument optique le plus influent fut sans doute la chambre noire.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Heinrich Schwarz, &#171; Vermeer and the Camera Obscura &#187; (1966), in : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans la chambre noire se croisent les principes de la projection et du reflet. La lumi&#232;re entre par un petit trou dans la bo&#238;te noire et projette une image sur le mur ou l'&#233;cran en face. Selon les lois optiques, cette image appara&#238;t d'abord t&#234;te-b&#234;che et pas tr&#232;s nette. Elle sera ensuite r&#233;ajust&#233;e par le moyen d'un miroir et am&#233;lior&#233;e par des lentilles optiques, mais elle restera longtemps &#233;ph&#233;m&#232;re. Au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, Daguerre r&#233;ussit &#224; la fixer sur une plaque de verre et obtint un objet unique. Ni&#232;pce d&#233;veloppa en m&#234;me temps la premi&#232;re image reproductible en se servant de ses connaissances en imprimerie et Fox-Talbot cr&#233;a finalement le premier proc&#233;d&#233; n&#233;gatif, le calotype, qui utilise des n&#233;gatifs papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque instantan&#233;ment, la photographie suscita l'int&#233;r&#234;t des peintres. Les images photographiques servaient de mod&#232;les surtout pour les portraits et les paysages et inspir&#232;rent de nouvelles formes de repr&#233;sentation, notamment du mouvement. L'interf&#233;rence r&#233;elle et l'&#233;change fructueux entre peinture et photographie ont &#233;t&#233; relev&#233;s notamment par l'historien d'art autrichien Heinrich Schwarz au d&#233;but du XXe si&#232;cle. Pour Schwarz, la liaison entre art et science &#233;tait la condition historique pour le d&#233;veloppement de la photographie. La photographie n'introduit donc, selon Schwarz, aucune rupture au XIXe si&#232;cle et ce n'est que le modernisme, au d&#233;but du XXe si&#232;cle, qui provoqua une c&#233;sure en dissociant peinture et photographie : &#171; Une histoire de l'art abstrait pourrait commencer aussi bien avec Daguerre qu'avec Kandinsky &#187; est probablement son commentaire le plus pertinent &#224; ce sujet.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Heinrich Schwarz, &#171; Before 1839 : Symptoms and Trends &#187; (1963/64), in : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Walter Benjamin a poursuivi la m&#234;me r&#233;flexion lorsqu'il &#233;crivit son texte sur la reproductibilit&#233; de l'image. Pour lui, la photographie, et plus particuli&#232;rement le film, &#233;tait parfaitement adapt&#233;e au d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; moderne. La perte de l'aura, consid&#233;r&#233;e aujourd'hui g&#233;n&#233;ralement comme une chose n&#233;gative, ne constituait pour Benjamin qu'un effet in&#233;vitable et enti&#232;rement positif : elle allait tout naturellement de pair avec le modernisme. Concernant &#224; la fois l'identit&#233; de l'image et sa dimension historique, l'aura est une notion complexe &#224; multiples facettes et elle n'est pas r&#233;serv&#233;e &#224; la peinture. Quand la mati&#232;re picturale est pr&#233;sente dans l'image de fa&#231;on &#224; troubler, voire an&#233;antir son caract&#232;re indiciel, l'image est, selon Benjamin, dot&#233;e d'aura.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Walter Benjamin, L'&#339;uvre d'art &#224; l'&#233;poque de sa reproductibilit&#233; technique. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la notion de la &#171; touche &#187;, g&#233;n&#233;ralement employ&#233;e en peinture pour d&#233;signer l'intervention visible du peintre, se voit &#233;galement appliqu&#233;e &#224; la photographie. Ernst Kallai fut parmi les premiers &#224; abandonner la distinction entre photographie et peinture. Au lieu de s'attarder sur la diff&#233;renciation entre reproduction et cr&#233;ation, il commen&#231;a &#224; parler de la mati&#232;re picturale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernst Kallai, Malerei und Fotografie (1927) in : Wolfgang Kemp, Theorie der (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans sa r&#233;action &#224; l'article de Kallai, Lazlo Moholy-Nagy employa et diff&#233;rencia le terme de &#171; Lichtfaktur (touche de la lumi&#232;re) &#187; &#224; propos de la photographie. C'est au m&#234;me moment que la question de savoir si la photographie est un art se posa, et si elle est enti&#232;rement &#233;tablie et reconnue au sein des institutions de l'art aujourd'hui, c'est aussi gr&#226;ce &#224; la reconnaissance de son statut d'image par l'histoire de l'art. Le paradoxe de cette reconnaissance r&#233;side dans l'acceptation du fait que cette image moderne &#233;tait per&#231;ue dans sa dimension artistique et plasticienne, c'est-&#224;-dire d'une mani&#232;re qui allait &#224; l'encontre du concept m&#234;me de modernit&#233; &#233;nonc&#233; par Benjamin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des &#233;crits sur la photographie constate que celle-ci a entra&#238;n&#233; un changement du monde ou du moins de la perception du monde. En admettant ceci, on est &#233;galement conduit &#224; accepter l'id&#233;e que les images elles-m&#234;mes ont chang&#233; de nature. Mais malgr&#233; ce double constat, la photographie ne cesse toujours pas de se retrouver en concurrence avec la peinture. Cette querelle moderne est nourrie par quelques principes esth&#233;tiques anciens qui s'affrontent depuis des si&#232;cles. La distinction entre art et technique qui se traduit par une opposition entre image technique et image artistique d'une part, et la distinction entre reproduction et cr&#233;ation, d'autre part. Cette derni&#232;re se refl&#232;te notamment dans l'id&#233;e re&#231;ue que l'invention de la photographie &#244;ta &#224; la peinture la contrainte du r&#233;alisme et lui ouvrit par l&#224; le chemin &#224; l'abstraction. C'est cette r&#233;duction de la photographie &#224; sa qualit&#233; de miroir fid&#232;le de la nature qui a instaur&#233; le doute sur sa dimension artistique ou plasticienne. Des ann&#233;es trente &#224; aujourd'hui, cette th&#232;se, r&#233;guli&#232;rement r&#233;p&#233;t&#233;e, hante la photographie et incite un certain nombre de photographes &#224; travailler justement sur ce c&#244;t&#233; de la photographie, &#224; savoir les aspects qui permettent de rompre avec l'id&#233;e que la photographie donne une image fid&#232;le de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revient &#224; Vil&#233;m Flusser d'avoir soulev&#233; les enjeux majeurs de la photographie dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XXe si&#232;cle, ce qui permit de comprendre l'image photographique comme une construction complexe, r&#233;gie par des contraintes techniques, souvent occult&#233;es. Selon Flusser, le photographe travaille avec un appareil et cet appareil contient des programmes, la photographie ne faisant finalement que reproduire ces programmes. Mais le photographe a la possibilit&#233; d'agir :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Premi&#232;rement on peut tromper l'appareil, aussi obstin&#233; soit-il. Deuxi&#232;mement, on peut introduire clandestinement dans son programme des intentions humaines qui n'y &#233;taient pas pr&#233;vues. Troisi&#232;mement, on peut contraindre l'appareil &#224; produire de l'impr&#233;vu, de l'improbable, de l'informatif. Quatri&#232;mement, on peut m&#233;priser l'appareil ainsi que ses productions, et d&#233;tourner son int&#233;r&#234;t de la chose en g&#233;n&#233;ral pour le concentrer sur l'information. En d'autres termes, la libert&#233; est la strat&#233;gie qui consiste &#224; soumettre le hasard et la n&#233;cessit&#233; &#224; l'intention humaine. &#202;tre libre, c'est jouer contre les appareils. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vil&#233;m Flusser, Pour une philosophie de la photographie. Paris, 2004, p. 83&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;108&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/bugey5-4x5-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH357/bugey5-4x5-m_verdier-d4c6d.jpg?1509815881' width='500' height='357' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bugey
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Centrale Nucl&#233;aire (nuclear power plants). &lt;br class='autobr' /&gt;
Calotype assist&#233;, assisted Calotype
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ici r&#233;side la particularit&#233; du travail de Martial Verdier qui choisit de se servir d'un vieux proc&#233;d&#233; photographique peu fiable au d&#233;triment des inventions nouvelles et de le soumettre aux possibilit&#233;s qu'offre le num&#233;rique. Le calotype n'&#233;tait qu'une &#233;tape dans le progr&#232;s technique de la photographie, qui allait vers une am&#233;lioration permanente de la qualit&#233; des images et l'optimisation de la prise de vue. Martial Verdier travaille avec la contrainte technique qu'offre ce proc&#233;d&#233; et r&#233;introduit une partie de hasard dans la prise de vue qu'il exploite par la suite. Le calotype impose plusieurs contraintes particuli&#232;rement int&#233;ressantes notamment par rapport au travail du photographe sur les &#171; monstres &#187;, les grandes implantations industrielles et centrales nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;109&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/marcoule-01-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH208/marcoule-01-m_verdier-bbf29.jpg?1772189784' width='500' height='208' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Marcoule Rh&#244;ne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Centre Nucl&#233;aire (nuclear center). &lt;br class='autobr' /&gt;
Calotype assist&#233;, assisted Calotype
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, le calotype exige un travail &#224; la chambre, c'est-&#224;-dire l'utilisation de mat&#233;riel photographique lourd, encombrant et difficile &#224; manier. Deuxi&#232;mement, les plaques n&#233;cessitent un travail de pr&#233;paration long pour obtenir des supports n&#233;gatifs adapt&#233;s et limitent le nombre de prises de vue. Le photographe part avec un nombre pr&#233;cis de plaques et est oblig&#233; de bien choisir son angle de vue &#224; chaque prise. Troisi&#232;mement, le calotype impose un temps de pose extr&#234;mement long, allant de 10 &#224; 20 minutes, voire plus. En plus, le r&#233;sultat n'est ni enti&#232;rement contr&#244;lable, ni imm&#233;diatement v&#233;rifiable. Quatri&#232;mement, le photographe est oblig&#233; de d&#233;velopper les n&#233;gatifs et de tirer ces clich&#233;s, qu'il retravaille en num&#233;rique par la suite. La production d'une image est donc un long processus qui offre au photographe la possibilit&#233; d'intervenir et d'influencer le r&#233;sultat &#224; plusieurs stades.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/saint-alban_04-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH260/saint-alban_04-m_verdier-84d50.jpg?1509815882' width='500' height='260' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Alban
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le temps revient ici en force d&#233;terminante de mani&#232;re presque existentielle, car l'image, pour pouvoir &#234;tre prise, a besoin de ce temps. C'est un facteur presque enti&#232;rement oubli&#233; aujourd'hui, puisqu'il est d&#233;sormais possible de prendre des photos partout, tout le temps, l'image est toujours disponible, le r&#233;sultat est imm&#233;diat, la photographie est d&#233;pourvue de son statut d'objet, elle est et reste num&#233;rique, elle a gagn&#233; le don de l'ubiquit&#233;, se laisse envoyer d'un bout du monde &#224; l'autre, visible partout, instantan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/gravelines_3-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH400/gravelines_3-m_verdier-e327d.jpg?1509815882' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Gravelines
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Centrale Nucl&#233;aire (nuclear power plants). &lt;br class='autobr' /&gt;
Calotype assist&#233;, assisted Calotype
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me contrainte rel&#232;ve de la mati&#232;re photographique, le grain, la touche, les couleurs. Tout ce qui accentue la surface de l'image et r&#233;v&#232;le son caract&#232;re pictural emp&#234;che le spectateur de s'identifier trop facilement avec le motif. Robert Smithson, protagoniste du land art, avait tr&#232;s justement constat&#233; que la photographie permettait de reconsid&#233;rer la cat&#233;gorie esth&#233;tique du pittoresque en parlant du &#171; photoresque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/golfech-1017-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH400/golfech-1017-m_verdier-3f032.jpg?1509815882' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Golfech
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Centrale Nucl&#233;aire (nuclear power plants). &lt;br class='autobr' /&gt;
Calotype assist&#233;, assisted Calotype
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces aspects donnent aux images de Martial Verdier un c&#244;t&#233; myst&#233;rieux qui, dans le cas des centrales nucl&#233;aires, rajoute un niveau de lecture. Ce sont des images qui se sont d&#233;pos&#233;es et inscrites avec le temps sur le support comme ces interventions humaines se sont inscrites dans le paysage en y laissant des traces et d&#233;p&#244;ts pour des si&#232;cles &#224; venir. Le titre &#171; Les monstres &#187; leur donne un c&#244;t&#233; f&#233;erique qui est renforc&#233; par l'aspect pittoresque de l'image et fait &#224; la fois allusion au c&#244;t&#233; dangereux, cach&#233; sous la surface. La menace que repr&#233;sentent les centrales nucl&#233;aires est une menace mortelle mais latente, elle reste invisible, &#224; peine palpable et pourtant est omnipr&#233;sente. Face &#224; cette menace, l'humanit&#233; a choisi de mettre la t&#234;te dans le sable, comme si le fait que l'irradiation nucl&#233;aire soit invisible an&#233;antissait la dimension du danger et celle du temps. Il est signifiant qu'&#224; cette &#233;poque plac&#233;e sous le signe de la consommation, ce qui &#233;chappe au visible et &#224; l'imm&#233;diatet&#233; n'est pas consid&#233;r&#233;. C'est un sujet particuli&#232;rement propice pour un photographe de disposer de sa libert&#233; et de produire des images qui interpellent non seulement par ce qu'elles montrent mais aussi par leur condition m&#234;me d'images.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;108&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/bugey-4-4x5-m_verdier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/bugey-4-4x5-m_verdier-fa3c6.jpg?1509815882' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bugey
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Centrale Nucl&#233;aire (nuclear power plants). &lt;br class='autobr' /&gt;
Calotype assist&#233;, assisted Calotype
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;William Blake (1757 &#8211; 1827) &#171; Auguries of Innocence &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Victor I. Stoichita, A Short History of the Shadow. London,1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Heinrich Schwarz, &#171; The Mirror in Art &#187; (1952), &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Heinrich Schwarz. Techniken des Sehens - vor und nach der Fotografie. Ausgew&#228;hlte Schriften 1929-1966. Salzburg, 2006, p. 201-220&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Heinrich Schwarz, &#171; Vermeer and the Camera Obscura &#187; (1966), &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Heinrich Schwarz. Techniken des Sehens - vor und nach der Fotografie. Ausgew&#228;hlte Schriften 1929-1966. Salzburg, 2006, p. 239-256&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. Heinrich Schwarz, &#171; Before 1839 : Symptoms and Trends &#187; (1963/64), &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Heinrich Schwarz. Techniken des Sehens - vor und nach der Fotografie. Ausgew&#228;hlte Schriften 1929-1966. Salzburg, 2006, p.183-200&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Walter Benjamin, L'&#339;uvre d'art &#224; l'&#233;poque de sa reproductibilit&#233; technique. Paris, 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernst Kallai, Malerei und Fotografie (1927) &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Wolfgang Kemp, Theorie der Fotografie II 1912-1945, M&#252;nchen, 1999, p. 113-120&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vil&#233;m Flusser, Pour une philosophie de la photographie. Paris, 2004, p. 83&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Oswenka II</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Oswenka-II</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Oswenka-II</guid>
		<dc:date>2013-02-21T22:37:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le costume, cet ensemble coordonn&#233; veste et pantalon, est un ph&#233;nom&#232;ne particulier dans l'histoire de la mode. Entre son invention &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle et aujourd'hui, il s'impose comme &#171; le &#187; v&#234;tement masculin par excellence.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Afrique-du-sud" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH87/arton325-78e1b.jpg?1772203094' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le costume, cet ensemble coordonn&#233; veste et pantalon, est un ph&#233;nom&#232;ne particulier dans l'histoire de la mode. Entre son invention &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle et aujourd'hui, il s'impose comme &#171; le &#187; v&#234;tement masculin par excellence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Oswenka&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La primaut&#233; du costume deux ou trois pi&#232;ces&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2373|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le costume, cet ensemble coordonn&#233; veste et pantalon, est un ph&#233;nom&#232;ne particulier dans l'histoire de la mode. Entre son invention &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle et aujourd'hui, il s'impose comme &#171; le &#187; v&#234;tement masculin par excellence. S'il a &#233;t&#233; par moments rejet&#233;, il n'a jamais &#233;t&#233; profond&#233;ment alt&#233;r&#233; dans sa forme. Il est le symbole d'une &#233;l&#233;gance absolue, incarnant &#224; lui seul beaut&#233; et pouvoir, et est en ce sens le vecteur de l'image d'une sexualit&#233; masculine positive. Infiniment variable et adaptable, le costume semble r&#233;sister au principe de changement permanent de la mode. Quant aux accessoires utilis&#233;s par ceux qui le portent, on peut constater qu'ils sont toujours int&#233;gr&#233;s &#224; la ligne g&#233;n&#233;rale du v&#234;tement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2372|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Port&#233; dans le monde entier, le costume fait l'image de l'homme moderne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Anne Hollander, Sex and Suits : The evolution of modern dress, New York, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mod&#232;le europ&#233;en de l'habit masculin, il a &#233;t&#233; largement adopt&#233; par les hommes en Afrique qui ont par ailleurs su cr&#233;er un v&#233;ritable culte d'&#233;l&#233;gance autour de ce v&#234;tement. Que l'on &#233;voque les sapeurs du Congo ou les swenkas d'Afrique du Sud, il s'agit toujours d'une v&#233;ritable appropriation et non d'un simple emprunt signalant un ph&#233;nom&#232;ne d'&#233;chappatoire social.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2371|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Chorale et mariages : l'origine du swenka&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des swenkas sont issus de l'isicathamiya, une pratique de chant a cappella. C'est en fr&#233;quentant ces groupes qu'ils en viennent &#224; se consacrer au swenking. C'est bien &#233;videmment le cas d'Adolphus Mbuyisa. Ayant grandi sous l'autorit&#233; d'un p&#232;re qui exigeait avant tout un comportement respectueux et qui prenait grand soin de ses v&#234;tements, Adolphus a appris d&#232;s son enfance &#224; soigner son apparence. Des premiers v&#234;tements qui leur ont &#233;t&#233; donn&#233;s par les blancs ou aux v&#234;tements qu'il s'est achet&#233; lui-m&#234;me par la suite, il leur a toujours port&#233; la m&#234;me attention. De plus, jeune homme, il s'est mis &#224; chanter dans une chorale &#224; Durban.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2369|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'isicathamyia remonte &#224; une tradition ancestrale zouloue qui se pratique depuis plus d'un si&#232;cle et qui a &#233;t&#233; adapt&#233;e aux nouvelles conditions de vie dans les villes par les travailleurs migrants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Veit Erlmann, Nightsong : Power, Performance, and Practice in South (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les chorales sont g&#233;n&#233;ralement compos&#233;es d'une dizaine d'hommes, nombre qui peut quelques fois aller jusqu'&#224; vingt. Les chanteurs sont tous v&#234;tus du m&#234;me costume. Chemise, cravate et chaussures sont, bien s&#251;r, assortis. Seul le chef de la troupe se distingue, g&#233;n&#233;ralement par un costume d'une autre couleur et par une apparence souvent encore plus soign&#233;e que celle des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2374|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils chantent des chansons simples, dont les textes parlent de la vie de tous les jours, de l'amour, de la mort, de dieu... Rassembl&#233;s dans un grand demi-cercle, ils ponctuent leurs chants de gestes et de pas de danse, suivant une chor&#233;graphie qui rappelle celle de la danse traditionnelle zouloue, mais dans une version plus souple.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;tt&gt;&lt;emb2383|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les comp&#233;titions d'isicathamiya et de swenking&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes se produisent traditionnellement lors les mariages et ou dans d'autre types de f&#234;tes, mais ils s'affrontent aussi dans des comp&#233;titions qui peuvent durer toute une journ&#233;e ou toute une nuit. Les groupes d&#233;filent alors les uns apr&#232;s les autres devant une salle pleine et un juge, sp&#233;cialement d&#233;sign&#233; pour cette tache. Le juge est g&#233;n&#233;ralement une personne abord&#233;e dans la rue, qui n'a dans l'id&#233;al aucun lien avec les chanteurs et qui ne conna&#238;t pas ou peu leur pratique. Ce qui est pris en compte et jug&#233; lors du concours, ce sont la tenue, la pr&#233;sentation, la chor&#233;graphie et la qualit&#233; des chansons tant sur le plan musical que sur celui du contenu. C'est au sein de ces manifestations qu'est apparue une nouvelle forme de comp&#233;tition, celle de l'homme le mieux habill&#233; : Oswenka.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2380|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les concours des swenkas se d&#233;roulent presque toujours, mais pas exclusivement, dans le cadre des comp&#233;titions d'isicathamiya. Aux d&#233;buts, les prestations des swenkas &#233;taient tr&#232;s courtes. Elles ne duraient que quelques minutes et ne consistaient qu'en des pr&#233;sentations de soi dans des poses, presque immobiles, debout devant le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but &#233;tait de mettre en valeur l'habit, le costume, sous tous ses aspects. Le jugement portait sur la qualit&#233; des v&#234;tements et des accessoires et sur l'harmonie des couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la profonde humanit&#233; qu'expriment ces hommes, ils restent, lors des concours, des concurrents s&#233;v&#232;res. Et dans une comp&#233;tition, l'important c'est de gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le classement est annonc&#233; par le juge &#224; la fin des pr&#233;sentations en partant du dernier (4-3-2-1) et c'est seulement au moment de la remise des prix (g&#233;n&#233;ralement des sommes plus ou moins importantes d'argent) que leurs noms sont d&#233;voil&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2377|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment de leur passage, on les appelle par des chiffres, &#224; partir du 5, pour &#233;viter les chiffres utilis&#233;s dans le classement final. Au d&#233;but de la comp&#233;tition, les chiffres sont not&#233;s sur des bouts de papier et les swenkas qui participent &#224; la comp&#233;tition tirent chacun un num&#233;ro au hasard qui indique donc l'ordre de leur passage en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Participer &#224; une comp&#233;tition engage &#224; chaque fois des frais consid&#233;rables pour chacun d'entre eux. Outre le fait de se procurer les v&#234;tements, &#224; des prix variables, selon les marques ou les tailleurs qu'ils choisissent et les accessoires qu'ils y ajoutent, il faut tenir compte du prix du pressing, des frais de transport et du droit d'entr&#233;e dont chaque participant doit s'acquitter avant la comp&#233;tition. Souvent, pour les comp&#233;titions de moindre importance, c'est l'argent r&#233;colt&#233; pour la participation qui est vers&#233; comme prix au vainqueur, un peu comme dans un jeu de hasard o&#249; la mise reviendrait au gagnant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2384|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les ma&#238;tres du swenking&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le d&#233;roulement de la comp&#233;tition a &#233;volu&#233;. Les prestations durent de plus en plus longtemps (5 &#224; 8 minutes), et une simple pr&#233;sentation de v&#234;tements s'est transform&#233;e en un v&#233;ritable d&#233;fil&#233;. Outre la qualit&#233; des v&#234;tements, l'attention va &#224; celui qui les porte et &#224; la mani&#232;re dont il les porte. Ceci a entra&#238;n&#233; une modification du statut m&#234;me du swenka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre un bon swenka, il faut d&#233;sormais savoir associer les qualit&#233;s du danseur ou de l'acteur &#224; l'&#233;l&#233;gance d'un style vestimentaire individuel. L'id&#233;e reste la m&#234;me : montrer ses v&#234;tements et les accessoires assortis. Aujourd'hui, les swenkas inventent aussi leur propre chor&#233;graphie, certains allant jusqu'&#224; incarner un personnage. La tache n'est pas facile et la dramaturgie comme la pr&#233;sence sur sc&#232;ne font l'objet d'un travail attentif et soign&#233;, d'autant que le swenking se fait toujours sans accompagnement musical, dans le silence le plus complet.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2375|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Adolphus Mbuyisa perfectionne l'&#233;l&#233;gance de ses tenues par la parcimonie de ses gestes. Il tient &#224; ce que sa pr&#233;sentation soit courte. Sa d&#233;marche, il la veut souple et gracieuse. Chaque geste est &#233;tudi&#233;, chaque mouvement doit produire un effet. Avec les grands swenkas comme Adolphus, il est impossible de se concentrer sur la chor&#233;graphie, les pas, les gestes. Tout est dans la s&#233;duction et la mani&#232;re de capturer le regard du spectateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vusi Kunene, un bel homme dans la fleur de l'&#226;ge, suit Adolphus dans sa d&#233;marche visant &#224; une &#233;l&#233;gance parfaite et &#224; une pr&#233;sentation forte et impeccable. Encore plus rigoureux, il veille soigneusement sur les effets qu'il produit sur sc&#232;ne. Sa d&#233;marche est tr&#232;s rythm&#233;e et il alterne moments d'immobilit&#233;, pas lents et mesur&#233;s, mouvements fluides et mouvements plus rapides. Il a aussi mis au point une mani&#232;re singuli&#232;re de tourner lentement sur lui-m&#234;me sans jamais s'arr&#234;ter, gr&#226;ce &#224; laquelle il s'assure de la fascination de son public.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2376|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Adolphus et Vusi ne semblent jamais faire d'effort, leur d&#233;marche, parfaite, reste l&#233;g&#232;re, presque nonchalante. Leur ma&#238;trise absolue fait penser &#224; ce que Baldassare Castiglione avait appel&#233; &#224; une autre &#233;poque la &lt;i&gt;sprezzatura&lt;/i&gt; : donner de l'aisance et du naturel &#224; un comportement hautement artificiel et cod&#233;, celui de l'&#233;tiquette de la cour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Baldassare Castiglione : Il libro del Cortegiano, Venise, 1528 (Le Livre du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dingani Zulu n'est pas dans la m&#234;me finesse ni la m&#234;me r&#233;serve. Ses gestes sont amples, impressionnants, presque acrobatiques. Tel un prestidigitateur, il joue de son v&#234;tement, et changeant subitement ses postures, il cr&#233;e la surprise. &#192; la fin de sa prestation, il saute hors de la sc&#232;ne, suscitant cris et rires dans l'audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jotham Dhlamini est un homme joyeux, plein d'humour, ce qu'il traduit sur sc&#232;ne &#224; travers le caract&#232;re comique, parfois presque clownesque de sa d&#233;marche. Les rires dans le public sont fr&#233;quents lors de ses prestations. Par rapport &#224; l'&#233;l&#233;gance parfaite d'Adolphus ou de Vusi, tout en restant tr&#232;s m&#233;ticuleux dans sa fa&#231;on de bouger, il arrive &#224; tourner en d&#233;rision le s&#233;rieux de la situation et s'impose par l'originalit&#233; de sa prestation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2370|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait d'avoir de l'humour et du r&#233;pondant dans la conversation, ainsi qu'un style de vie raffin&#233; et urbain, &#233;tait aussi n&#233;cessaire &#224; l'homme de cour du XVIe si&#232;cle que son &#233;l&#233;gance et la ma&#238;trise de son comportement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prestations des swenkas, et en particulier celles des swenkas de l'ancienne g&#233;n&#233;ration, sont des performances qui laissent entrevoir leur personnalit&#233;. Ce sont autant des mises en sc&#232;ne portant sur les v&#234;tements que la pr&#233;sentation d'un style de vie ou l'expression d'une revendication identitaire. La force de caract&#232;re et la dignit&#233; personnelles de ces hommes se traduisent par l'individualit&#233; d'une d&#233;marche et une &#233;l&#233;gance enti&#232;rement &#171; int&#233;rioris&#233;e &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2386|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Artiste ou mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le caract&#232;re th&#233;&#226;tral de leurs comp&#233;titions, les swenkas ne se consid&#232;rent pas comme des artistes de sc&#232;ne. L'essentiel &#233;tant le v&#234;tement, ils se consid&#232;rent comme des mod&#232;les. Il en d&#233;coule entre autres choses que quiconque veut les prendre en photo se doit de les r&#233;mun&#233;rer. Mais ce n'est pas le nombre de prises de vues qui compte, c'est le nombre de costumes pr&#233;sent&#233;s. Si le m&#234;me swenka est pris en photo avec deux costumes diff&#233;rents, il convient donc de le payer deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comp&#233;titions sont organis&#233;es par les communaut&#233;s dans les foyers de travailleurs ou les salles des f&#234;tes et quelquefois par des personnes priv&#233;es. Qui veut organiser une comp&#233;tition doit fournir le lieu, le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie, les juges, le public &#233;tant alors consid&#233;r&#233; comme secondaire. Les gens viennent de toute fa&#231;on gr&#226;ce au bouche-&#224;-oreille. De plus, on propose en g&#233;n&#233;ral dans ce cas une contribution qui va &#224; l'association des swenkas ainsi qu'une participation aux prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2387|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Philosophie du swenking&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le swenking, c'est aussi une expression d'amour et de passion pour les beaux v&#234;tements. Les swenkas d&#233;pensent une tr&#232;s grande partie de l'argent qu'ils gagnent dans leur garde-robe, certains d&#232;s leur plus jeune &#226;ge. Leur attention se porte avant tout sur les habits qu'ils portent en comp&#233;tition, mais pour eux la comp&#233;tition n'est pas une fin en soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les comp&#233;titions sont la partie la plus visible et la plus s&#233;duisante du swenking, mais &#234;tre un swenka, cela implique d'&#234;tre attentif &#224; son allure, &#224; sa personne, d'&#234;tre distingu&#233;, sur la sc&#232;ne lors de la comp&#233;tition, mais aussi et surtout dans la vie de tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les costumes de comp&#233;tition, les swenkas poss&#232;dent des beaux v&#234;tements pour toutes les occasions, et souvent arborent un blazer classique qu'ils portent dans le contexte plus d&#233;tendu de la sortie du dimanche apr&#232;s-midi. Malgr&#233; le caract&#232;re conservateur et classique des costumes port&#233;s en comp&#233;tition, les swenkas suivent la mode, lorsqu'il s'agit des v&#234;tements qu'ils portent au quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2388|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;loge de l'&#233;l&#233;gance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la comp&#233;tition, l'&#233;l&#233;gance tient autant &#224; la qualit&#233; du v&#234;tement qu'au style des swenkas. Si le costume sur mesure est de rigueur pour la vieille g&#233;n&#233;ration, les v&#234;tements de marques s'imposent pour la jeune g&#233;n&#233;ration qui porte donc des costumes o&#249; l'&#233;tiquette figure de mani&#232;re bien visible au bord de la manche de la veste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les couleurs soient bien choisies, c'est-&#224;-dire qu'il n'y en ait pas trop et qu'elles s'harmonisent, m&#234;me dans le cas de couleurs tr&#232;s vives. Il convient d'assortir en g&#233;n&#233;ral deux et au maximum trois couleurs, pas plus. Par exemple, le costume rose p&#233;tillant que porte Mcebo Zondo est assorti avec du blanc ou du noir. D'autres couleurs qui pourraient s'harmoniser, tel un vert &#233;meraude par exemple, sont proscrites, car trop criardes &#224; son go&#251;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si le mot &#171; swenking &#187; semble &#234;tre d&#233;riv&#233; du verbe anglais &#171; to swank &#187; (en mettre plein la vue), il existe des limites qui ne doivent pas &#234;tre d&#233;pass&#233;es. Car le swenking est un concours d'&#233;l&#233;gance et non d'ostentation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2381|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il appartient donc aux swenkas de veiller sur la ligne qui s&#233;pare le bon du mauvais go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils aiment le luxe, ils savent qu'ils doivent se garder de toute vulgarit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les swenkas se soucient de savoir si une couleur leur sied mieux qu'une autre et ils portent un grand int&#233;r&#234;t &#224; la coupe de leurs v&#234;tements. C'est pourquoi ils ont une pr&#233;f&#233;rence pour les costumes faits sur mesure. Par ailleurs, ils se fournissent dans des boutiques sp&#233;cialis&#233;es et dans les grands centres commerciaux. Leur pr&#233;f&#233;rence va alors &#224; des marques italiennes et anglaises, mais &#233;galement fran&#231;aises. Ils choisissent parmi les gammes du pr&#234;t-&#224;-porter, jamais dans la haute couture.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2378|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le costume n'est qu'une partie de l'ensemble, mais pas la moindre, &#233;videmment. En effet, il faut y ajouter les chemises, les cravates, les bijoux, les socquettes et surtout les chaussures. Celles-ci doivent &#234;tre en cuir. Elles sont souvent bicolores et de pr&#233;f&#233;rence de fabrication anglaise ou italienne. Adolphus Mbuyisa poss&#232;de une collection impressionnante de cravates, de n&#339;uds papillons et d'&#233;charpes. Tous ces accessoires sont class&#233;s par couleurs dans des bo&#238;tes s&#233;par&#233;es. &#192; cela s'ajoutent les bijoux comme les bagues et d'autres accessoires comme les pinces de cravate, les broches, les &#233;pingles, les montres et les boutons de manchettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'achat d'un nouveau costume et des accessoires assortis est d'une telle importance que les swenkas sont pr&#234;ts &#224; parcourir toute la ville pour aller chercher les bonnes socquettes au bon endroit &#8211; quitte &#224; d&#233;penser de l'argent en plus dans le transport et &#224; y consacrer toute une apr&#232;s-midi. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2389|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#202;tre swenka, &#234;tre gentleman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adolphus Mbuyisa a soixante ans. Il est le pr&#233;sident de l'association des swenkas qui compte une cinquantaine d'adh&#233;rents. Un peu plus de la moiti&#233; d'entre eux est install&#233;e &#224; Johannesburg et aux environs, l'autre moiti&#233; &#224; Durban, quelques-uns vivant &#224; la campagne dans la r&#233;gion du KwaZulu-Natal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui veut participer aux comp&#233;titions doit d'abord &#234;tre membre de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre se composer une garde-robe, le candidat est oblig&#233; de para&#238;tre devant un jury et, comme dans une confr&#233;rie, il est tenu d'accepter et de respecter les r&#232;gles de comportement impos&#233;es par l'association. Ces r&#232;gles sont &#233;crites. Elles portent &#224; la fois sur la tenue vestimentaire pour la comp&#233;tition (par exemple, il est d&#233;conseill&#233; de porter des vestes de costume &#224; col dit &#034;mao&#034; ou des pantalons longs qui couvrent les chaussures) et sur le comportement (par exemple, il est interdit de fumer et de boire en public). Les r&#232;gles de comportement restent en vigueur m&#234;me en dehors de la comp&#233;tition. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2382|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui enfreint les r&#232;gles peut se voir r&#233;primand&#233;, &#234;tre condamn&#233; &#224; payer une amende, &#234;tre exclu de la comp&#233;tition, voire de l'association, dans le cas d'une infraction grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les swenkas sont tr&#232;s respect&#233;s dans leur communaut&#233; et dans la soci&#233;t&#233;. Ils sont reconnus pour le respect qu'ils portent aux autres et &#224; eux-m&#234;mes, respect qui s'exprime &#224; travers les v&#234;tements et les r&#232;gles de comportement qu'ils se donnent. &#202;tre un swenka veut dire &#234;tre un gentleman. L'apparence y est certes pour quelque chose, mais ce n'est qu'une image ext&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les valeurs morales et personnelles sont essentielles car elles sont le fondement du swenka. Mais de plus, elles aident &#224; se forger un caract&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Poss&#233;der un beau costume et savoir se pavaner devant un juge ne fait pas un swenka. &#171; Swenking, dit Adolphus Mbuyisa, c'est une histoire d'amour-propre et d'appr&#233;ciation que l'on porte &#224; soi-m&#234;me, mais &#233;galement aux autres. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2368|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2390|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Anne Hollander, Sex and Suits : The evolution of modern dress, New York, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Veit Erlmann, Nightsong : Power, Performance, and Practice in South Africa, University of Chicago Press, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Baldassare Castiglione : &lt;i&gt;Il libro del Cortegiano&lt;/i&gt;, Venise, 1528 (&lt;i&gt;Le Livre du courtisan&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233; par Alain Pons, &#233;ditions G&#233;rard Lebovici, Paris, 1987).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gulliver &#224; Lav&#233;ra</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Gulliver-a-Lavera</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Gulliver-a-Lavera</guid>
		<dc:date>2012-08-20T23:23:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller et Salvatore Puglia</dc:creator>


		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>plantscape</dc:subject>
		<dc:subject>environnement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le paysage est une construction complexe, il correspond &#224; une vue que l'on porte sur un environnement et il existe seulement &#224; travers le regard d'un spectateur. Plus qu'un reflet du monde ext&#233;rieur et de la nature environnante, le paysage forme un espace de projection par excellence et refl&#232;te diff&#233;rentes visions et conceptions, artistiques et politiques, que notre civilisation a impos&#233;es &#224; la nature &#224; travers les si&#232;cles. Les images de Salvatore Puglia rendent compte &#224; la fois du c&#244;t&#233; composite du paysage actuel, form&#233; de superposition d'images historiques et de la dimension critique inh&#233;rente &#224; notre regard sur la nature qui entra&#238;ne &#224; la d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/plantscape" rel="tag"&gt;plantscape&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/environnement" rel="tag"&gt;environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH65/arton228-d0c1a.jpg?1772253763' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='65' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le paysage est une construction complexe, il correspond &#224; une vue que l'on porte sur un environnement et il existe seulement &#224; travers le regard d'un spectateur. Plus qu'un reflet du monde ext&#233;rieur et de la nature environnante, le paysage forme un espace de projection par excellence et refl&#232;te diff&#233;rentes visions et conceptions, artistiques et politiques, que notre civilisation a impos&#233;es &#224; la nature &#224; travers les si&#232;cles. Les images de Salvatore Puglia rendent compte &#224; la fois du c&#244;t&#233; composite du paysage actuel, form&#233; de superposition d'images historiques et de la dimension critique inh&#233;rente &#224; notre regard sur la nature qui entra&#238;ne &#224; la d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le site de Lav&#233;ra au sud de la France est un des plus grand complexes p&#233;trochimiques d'Europe, souvent &#224; la une des journaux pour les accidents qui s'y sont produits et les luttes syndicales de ses employ&#233;s. Situ&#233; sur la c&#244;te de la Provence, dans la commune de Martigues, en un endroit plut&#244;t paradisiaque, la raffinerie a &#233;t&#233; mise en service en 1933 et associe une importante industrie p&#233;trochimique qui r&#233;unit les productions d'ol&#233;fines et de chlore, et produit notamment du PVC pour les domaines de la sant&#233;, de l'habitat et de l'emballage.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1808|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les images noir et blanc en format panoramique, prises aux premi&#232;res heures du matin, montrent une nature sauvage en premier plan et rappellent volontairement dans la composition la peinture de paysage et dans l'aspect documentaire les premi&#232;res photographies de paysages industriels. Les images de Salvatore Puglia se composent de diff&#233;rentes couches. Il int&#232;gre les tirages photographiques dans d'autres syst&#232;mes picturaux et leur invente de nouveaux contextes, afin de mieux d&#233;voiler leurs intentions et les rapports entre production d'images et dimension historique. &#171; En premier plan, une vue de plage. Sur le fond, des b&#226;timents industriels. &#187; &#233;crit-il &#224; propos de ses images. &#171; Ensuite deux autres couches : sur la couche interm&#233;diaire, une coul&#233;e de peinture tr&#232;s dilu&#233;e qui en s&#233;chant coagule en cr&#233;ant une forme de nuage (ou de soleil) ; imprim&#233;es sur verre en premier plan, presque effac&#233;es par le rudimentaire proc&#233;d&#233; de transfert au trichlor&#233;thyl&#232;ne, des gravures d'apr&#232;s &lt;i&gt;Les Voyages de Gulliver&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb1353|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taches de couleur, rappellent vaguement des nuages ou un soleil rouge et malsain, font penser en m&#234;me temps &#224; la pollution chimique de l'air et des eaux. Le trichlor&#233;thyl&#232;ne, un solvant de corps gras d&#233;riv&#233; de l'&#233;thyl&#232;ne, est une substance hautement toxique et un polluant important de l'air et surtout de l'eau qui menace les nappes phr&#233;atiques. Class&#233; carcinog&#232;ne probable, il irrite la peau et le syst&#232;me nerveux, causant de nombreux cas de maladie professionnelle. L'&#233;thyl&#232;ne fait partie des substances produites sur le site de Lav&#233;ra &#224; hauteur de 740 000 tonnes par an. Le photographe se sert ici des effets photosensibilisants du trichlor&#233;thyl&#232;ne pour l'utiliser comme liquide transfert.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1809|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les images ainsi transf&#233;r&#233;es sont des gravures d'apr&#232;s &lt;i&gt;Les Voyages de Gulliver&lt;/i&gt;, roman fantasque et surtout all&#233;gorique et critique de la soci&#233;t&#233; anglaise du XVIIIe si&#232;cle, &#233;crit par Jonathan Swift. Ce texte hautement politique, garni de r&#233;f&#233;rences brisantes, deviendra par la suite, une fois d&#233;pouill&#233; de son caract&#232;re satirique, un livre pour enfants &#224; succ&#232;s. Avec cette r&#233;f&#233;rence, le photographe rajoute une derni&#232;re touche &#224; l'image d'une soci&#233;t&#233; qui met sciemment en danger la vie et n'a cesse de raconter l'histoire fabuleuse d'un progr&#232;s industriel tr&#232;s ch&#232;rement pay&#233; en ressources vitales qui est en train de se d&#233;s&#233;quilibrer de plus en plus. L'artiste, espi&#232;gle, nous renvoie &#224; notre imaginaire et nous laisse d&#233;couvrir l'ab&#238;me sous la surface esth&#233;tique de l'image. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb1810|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en danger de l'environnement par l'homme est un des grands th&#232;mes qui surgit dans la photographie de paysage contemporaine. Depuis l'Antiquit&#233;, les hommes ont construit des jardins pour domestiquer la nature, mais aujourd'hui, nous exer&#231;ons une emprise beaucoup plus large sur la nature. La conscience de la fragilit&#233; de la situation &#233;cologique, d&#233;sormais globale, vient se heurter &#224; la qu&#234;te personnelle de spiritualit&#233; et la vision romantique du paysage qui perdure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maboneng, lieu de lumi&#232;re</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Maboneng-lieu-de-lumiere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Maboneng-lieu-de-lumiere</guid>
		<dc:date>2012-08-20T23:12:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>rue</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>cityscape</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Maboneng veut dire &#171; lieu de lumi&#232;re &#187; en Sesotho. Plus encore qu'un lieu de lumi&#232;re, c'est un lieu de rencontre, un centre de cr&#233;ativit&#233; dans une ville qui n'a pas de centre : Johannesburg, sans cesse d&#233;chir&#233;e et recompos&#233;e.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Villes" rel="directory"&gt;Villes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/cityscape" rel="tag"&gt;cityscape&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Afrique-du-sud" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH56/arton251-2c5ca.jpg?1772203094' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='56' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Maboneng veut dire &#171; lieu de lumi&#232;re &#187; en Sesotho. Plus encore qu'un lieu de lumi&#232;re, c'est un lieu de rencontre, un centre de cr&#233;ativit&#233; dans une ville qui n'a pas de centre : Johannesburg, sans cesse d&#233;chir&#233;e et recompos&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Johannesburg est une ville o&#249; se croisent les chemins de beaucoup de personnes qui repartent ensuite dans diff&#233;rentes directions. Mais au points de leur croisements na&#238;t une grande &#233;nergie et cette &#233;nergie nourrit la ville, la fait grandir et se mouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02032012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/02032012-885f5.jpg?1772203094' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un soir je descends Bree Street vers Newtown. Adolphus m'accompagne et nous parlons. Il dit : &#171; Il fut un temps o&#249; l'on ne pouvait pas voir un seul homme noir dans la rue ici... &#187; Je lui r&#233;ponds : &#171; Aujourd'hui, on ne peut pas voir un seul homme blanc dans la rue ici... &#187;. Nous nous regardons et nous rions. C'est de l'histoire, ce qui compte vraiment, c'est que nous marchons en ce moment ici ensemble dans la rue, un homme noir d'un certain &#226;ge et une jeune femme blanche, et que nous pouvons en rire. De tels moments sont rares et la conscience du fait qu'il ait senti le besoin de m'accompagner pour que je sois en s&#233;curit&#233;, outre son &#233;ducation de parfait gentleman, trouble notre joie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/01032012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH239/01032012-caebe.jpg?1772203094' width='500' height='239' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;placement de la population majoritairement blanche et du quartier des affaires vers le nord de Johannesburg, le centre-ville a accueilli une population majoritairement noire et originaire de tous les pays d'Afrique et est devenu un non-lieu pour une grande partie de personnes, noires et blanches.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03032012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH237/03032012-bd63e.jpg?1509806750' width='500' height='237' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent en Afrique du Sud, les probl&#232;mes ne sont pas r&#233;solus, mais d&#233;plac&#233;s. Inverser la situation n'a encore jamais fait avancer. Le vivre ensemble s'apprend au jour le jour et quelquefois p&#233;niblement dans une soci&#233;t&#233; qui s'est construite sur la s&#233;paration. Bient&#244;t 20 ans apr&#232;s la fin de l'apartheid, les marges de man&#339;uvre sont parfois tr&#232;s &#233;troites et l'&#233;quilibre reste fragile, suspendu &#224; la volont&#233; de chacun d'&#233;riger des ponts sans avoir la moindre id&#233;e, s'ils tiendront, &#224; l'endroit o&#249; d'autres avaient pris soin de creuser des foss&#233;s, trop larges et trop profonds pour ne jamais &#234;tre travers&#233;s. Marcher sur ces ponts revient &#224; marcher sur un fil. Chacun veille sur ses pas, toujours en train de scruter l'autre, des fois qu'il l&#226;cherait le bout du fil sur lequel on avance et toujours aux aguets, des fois qu'un acte de sabotage interviendrait de l'ext&#233;rieur. L'ignorance, m&#234;me involontaire, est le plus grand danger. La conscience, aussi de cette ignorance, est le plus grand atout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04032012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/04032012-bbb08.jpg?1772203095' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un grand orage &#233;clate au moment o&#249; j'arrive &#224; Maboneng et une pluie torrentielle se met &#224; tomber. C'est un dimanche apr&#232;s-midi. Le vent &#233;crase les gouttes contre les vitres et l'eau chute du toit. Il fait sombre et on n'y voit rien. Impossible de regarder au del&#224; des confins de la cour int&#233;rieure du b&#226;timent. Peu de temps apr&#232;s, la pluie cesse de tomber et le ciel s'&#233;claircit. Le regard porte vers l'ouest, sur le centre ville de Johannesburg. Les silhouettes des tours des immeubles plus proches se dessinent &#224; l'horizon avec le Carlton Center au milieu en face.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/05022012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH241/05022012-7f2eb.jpg?1509806751' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Construit &#224; la fin des ann&#233;es 1960 et inaugur&#233; en 1973, ce gratte-ciel de 50 &#233;tages et 223 m de haut est le plus haut b&#226;timent en Afrique et fait partie du patrimoine architectural embl&#233;matique de la ville de Johannesburg. La tour elle-m&#234;me abrite essentiellement des bureaux et le si&#232;ge social de la compagnie de transports Transnet, son propri&#233;taire actuel. Elle marque un tr&#232;s grand centre commercial, qui s'&#233;tend autour d'un atrium central couvert d'une verri&#232;re et descend sur plusieurs niveaux au sous-sol de ce vaste complexe, comprenant en plus un parking, une patinoire et un h&#244;tel de luxe, l&#233;gendaire &#224; son &#233;poque, mais ferm&#233; en 1997 et qui reste aujourd'hui abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20022012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH241/20022012-84c65.jpg?1509806751' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je suis assise en face de la fen&#234;tre dans le lobby de l'h&#244;tel 12 Decades qui se trouve au septi&#232;me &#233;tage du b&#226;timent Main Street Life et j'essaie d'&#233;tablir une connexion Internet. Dans ma chambre de l'autre c&#244;t&#233; du couloir, la r&#233;ception est trop faible, ici le signal est plus puissant, mais ce n'est pas pour autant que le r&#233;seau fonctionne. Je commence &#224; discuter avec un professeur d'architecture de Chicago. Il n'arrive pas non plus &#224; se connecter et il est furieux, car il doit envoyer des documents urgents chez lui. Alert&#233; par le professeur, le gardien de nuit de l'h&#244;tel arrive. Il a inform&#233; le fournisseur et ne peut rien faire de plus. Il faut attendre. Probablement demain matin. Le professeur pousse quelques injures, tourne les talons et s'en va dans sa chambre en claquant la porte. Nous nous regardons avec le gardien de nuit et nous haussons les &#233;paules en souriant. C'est un homme grand et plut&#244;t mince, d'un naturel tr&#232;s doux et ferme, avec un beau sourire. Son calme et sa gentillesse sont rassurants. Est-ce qu'il y a souvent des probl&#232;mes avec Internet ? Demande-je. H&#233;las, oui...! Dit-il avec un autre sourire. Nous discutons un peu. Ensuite il part faire un tour sur le toit et je retourne dans ma chambre, me changer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/13022012a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/13022012a-8586e.jpg?1509806751' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je descends un peu plus tard pour aller au cin&#233;ma, regarder &#171; Africa shafted under one roof &#187;, un film documentaire r&#233;alis&#233; par Ingrid Martens qui parle du b&#226;timent Ponte et de ses habitants. Le Ponte est un autre &#233;difice encore plus embl&#233;matique que le Carlton. Il est aussi situ&#233; &#224; proximit&#233; de Maboneng, mais un peu plus vers le nord, sur le bord du quartier de Hillbrow et en face de Yeoville. Outre son aura de monument, Ponte tient le record du plus haut b&#226;timent r&#233;sidentiel sur le continent africain. Initialement con&#231;u comme une habitation de luxe avec des vues spectaculaires sur la ville et situ&#233; entre un quartier pris&#233; et cosmopolite (Hillbrow) et &#224; c&#244;t&#233; d'un quartier r&#233;sidentiel de bon standing (Yeoville), Ponte est devenu par la suite un lieu de refuge pour des immigr&#233;s venant de toute l'Afrique et cherchant fortune &#224; Johannesburg, situ&#233; d&#233;sormais dans un environnement avec un taux de criminalit&#233; record. Le photographe sud-africain Michael Subotzky s'est fait conna&#238;tre par un public international avec &#171; Ponte City &#187;, un projet photographique qu'il d&#233;veloppe avec Patrick Waterhouse autour de ce b&#226;timent et qui a re&#231;u le prix D&#233;couverte aux Rencontres d'Arles en 2011. Connaissant le travail de Michael, je suis curieuse de d&#233;couvrir le film. Le film se joue presque exclusivement dans les ascenseurs, nous fait rencontrer les habitants, les laisse parler. Il en sort un plaidoyer contre le racisme, touchant, contradictoire et rempli d'humanit&#233;. La r&#233;alisatrice est pr&#233;sente, il y a une petite discussion avec le public apr&#232;s le film.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1657 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/13022012b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH241/13022012b-fa2fc.jpg?1509806751' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En sortant de la salle, je croise une amie historienne de l'art de Berlin qui travaille sur un project de recherche en Afrique du Sud, comme moi, et est venue assister &#224; la conf&#233;rence annuelle des historiens de l'art sud-africains qui se tient &#224; Pretoria dans les jours qui viennent. Elle me pr&#233;sente une collaboratrice du Goethe-Institut avec qui je discute longuement. C'est un heureux hasard. &#192; la fermeture, un des deux patrons du cin&#233;ma vient nous rejoindre. Il nous rapporte les derni&#232;res nouvelles du jour. Depuis peu, le quartier poss&#232;de son propre service de transport, ce qui est une bonne initiative dans une ville o&#249; les transports en commun sont rares et mal organis&#233;s et les taxis collectifs difficiles d'usage pour les non-habitu&#233;s et les &#233;trangers. Marcher &#224; pied n'est pas une alternative praticable pour tout le monde et n'est surtout pas conseill&#233; la nuit, aussi, &#233;tant donn&#233; l'&#233;tendue de la ville, ce n'est pas vraiment un moyen de d&#233;placement adapt&#233;. Ainsi on reste souvent bloqu&#233; sans voiture. Maintenant un mini-bus, baptis&#233; &#171; Mabo-go &#187; attend devant l'h&#244;tel. Le chauffeur fait des circuits r&#233;guliers le matin et le soir et propose aussi des services &#224; la carte. Il emm&#232;ne tout le monde, touristes, habitants et employ&#233;s confondus. Ce jour-l&#224;, il s'&#233;tait fait arr&#234;ter et menacer, arme &#224; l'appui, par un groupe de chauffeurs de taxis collectifs. Ces chauffeurs sont organis&#233;s comme une mafia et contr&#244;lent leur territoire. L'incident a pu &#234;tre r&#233;gl&#233; et n'a pas eu de cons&#233;quences, autres que le versement d'une somme d'argent &#224; l'association des taxis. Les chauffeurs de taxis collectifs ont un certain pouvoir et il le font valoir, m&#234;me vis-&#224;-vis les autorit&#233;s publiques quand il s'agit d'entrave sur leur territoire &#8211; que ce soit par l'installation de transports en commun ou par la cr&#233;ation de p&#233;ages sur les routes. En dehors du probl&#232;me de l'orientation et de la langue, les taxis collectifs constituent le moyen de transport le plus fiable et le moins cher &#224; Johannesburg &#8211; mais certainement pas le plus rapide. Les gares de taxis collectifs constituent un monde &#224; part, ce sont des plaques tournantes, toujours grouillant de monde, souvent li&#233;es aux march&#233;s d'alimentation et/ou de v&#234;tements et entour&#233;es des petits stands de vente improvis&#233;s par des vendeurs de trottoir qui pr&#233;sentent un ensemble de bonbons, pop-corn, Zambuk (un baume au camphre que beaucoup mettent aussi sur les l&#232;vres) et des cigarettes &#224; l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/14022012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/14022012-448c8.jpg?1509806752' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je rentre tard et tombe sur le gardien de nuit dans l'entr&#233;e de l'h&#244;tel. Il est en train de parler au t&#233;l&#233;phone et me fait signe de l'attendre. Quand il raccroche, il me dit que l'ascenseur est en panne et me fait passer par l'autre entr&#233;e pour prendre le deuxi&#232;me ascenseur. L'autre personne qui prend l'ascenseur avec moi est Jonathan Liebman, visionnaire et promoteur du quartier. Il a organis&#233; un d&#238;ner avec des sponsors sur le toit du b&#226;timent qui vient tout juste d'&#234;tre termin&#233;. Pendant un certain temps, il dort aussi &#224; l'h&#244;tel, en changeant de chambre tous les jours ou presque, selon les disponibilit&#233;s. Ses bureaux sont dans le b&#226;timent &#224; c&#244;t&#233; qui est en phase de construction. Il tient &#224; &#234;tre pr&#233;sent sur les lieux. Il a toujours fait ainsi, d&#232;s le d&#233;part &#8211; d&#232;s le d&#233;but de la r&#233;habilitation du premier complexe de b&#226;timents qu'il ach&#232;te en 2008 et qui deviendra par la suite Arts on Main. Nous discutons le temps de monter. Le tout avait commenc&#233; avec le constat qu'il cherchait en vain un endroit pour vivre et travailler dans la ville de Johannesburg qui correspondrait &#224; ses ambitions. Par cons&#233;quent, il a d&#233;cid&#233; de le cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1659 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/Joburg_Skyline.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH136/Joburg_Skyline-6256d.jpg?1509806752' width='500' height='136' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En suivant l'exemple du r&#233;am&#233;nagement d'un complexe industriel &#224; Milpark, dans la p&#233;riph&#233;rie ouest de la ville, il ach&#232;te un premier complexe de b&#226;timents situ&#233; dans un carr&#233; entre Fox et Main Street donnant sur Berea Street, dans un quartier situ&#233; &#224; l'est du centre-ville de Johannesburg qui comprend nombre de vieux b&#226;timents industriels en partie abandonn&#233;s et propices &#224; &#234;tre transform&#233;es en espaces de travail et de vie modernes. Il commence &#224; cr&#233;er Arts on Main, un espace de travail, comprenant ateliers d'artistes, galeries et espaces de travail et d'exposition. Son projet constitue une initiative importante dans le r&#233;am&#233;nagement du centre-ville de Johannesburg et repr&#233;sente une contribution majeure au d&#233;veloppement urbain de la ville. Persuad&#233; que d'autre gens viendront partager sa vision d'une nouvelle vie dans la ville de Johannesburg et de la cr&#233;ation d'une communaut&#233; cr&#233;ative, il continue &#224; d&#233;velopper son projet et commence &#224; se lancer dans la cr&#233;ation d'une &#233;conomie communautaire et int&#233;grante qui offre des possibilit&#233;s &#224; tout et chacun. Le projet gagne vite en envergure. Main Street Life, un complexe r&#233;sidentiel avec restaurants, boutiques, cin&#233;ma d'art et d'essai, th&#233;&#226;tre, espaces de travail et d'exposition et h&#244;tel, est inaugur&#233; &#224; peine deux ans apr&#232;s Arts on Main. Cette ann&#233;e, le Main Change, Revolution House et Fox Street Studios ont ouvert leur portes, et deux autres b&#226;timents, Artists and Res et le MOAD, le premier mus&#233;e du design en Afrique, sont en phase de construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>VII - L'image &#224; l'&#226;ge biotechnologique ou du pictorial turn au bionic turn</title>
		<link>https://www.tk-21.com/VII-L-image-a-l-age</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/VII-L-image-a-l-age</guid>
		<dc:date>2012-04-11T11:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>s&#233;minaire</dc:subject>
		<dc:subject>catastrophe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Conf&#233;rence sur la premi&#232;re partie du livre Cloning Terror de W.J.T Mitchell, publi&#233; en 2011, exposant la th&#232;se centrale de Mitchell pour la mettre en perspective avec la th&#233;orie des images qu'il a d&#233;velopp&#233; et les questions du s&#233;minaire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/2011-2012-Vivre-comme-une-image" rel="directory"&gt;2011-2012 &#034;Vivre comme une image&#034; Images et politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/seminaire" rel="tag"&gt;s&#233;minaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/catastrophe" rel="tag"&gt;catastrophe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH94/arton201-38f23.jpg?1772198834' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff201.jpg?1366617355&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1994, Mitchell avait forg&#233; la notion de &#171; pictorial turn &#187; pour r&#233;pondre &#224; deux ph&#233;nom&#232;nes : la reproductibilit&#233; m&#233;canique des images nous a donn&#233; 1) plus d'images et 2) la n&#233;cessit&#233; de penser le monde en images. Depuis, nous sommes pass&#233;s dans un &#226;ge post-benjaminien et nous affrontons un nouveau tournant qu'il nomme le &#171; bionic turn &#187;. La reproductibilit&#233; des images n'est d&#233;sormais plus m&#233;canique, mais digitale et conna&#238;t des parall&#232;les dans le domaine de la biologie, o&#249; nous sommes d&#233;sormais capables de produire des copies g&#233;n&#233;tiques, des clones. Le clonage intervient de mani&#232;re surprenante dans cette histoire, comme m&#233;taphore ou m&#233;tapiction, et comme mod&#232;le pour parler de ce nouveau r&#233;gime des images.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W.J.T Mitchell est professeur d'Anglais et d'Histoire de l'art &#224; l'Universit&#233; de Chicago. Il m&#232;ne une r&#233;flexion th&#233;orique sur l'image et le rapport image/texte et interroge ses usages esth&#233;tiques et ses significations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre qui a pour titre &lt;i&gt;Cloning terror&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; &#233;crit suite aux &#233;v&#233;nements du 11 septembre 2001 et comporte une analyse des images - et discours - employ&#233;s pour t&#233;moigner des attentats sur le World Trade Center &#224; New York et dans le contexte de la soi-disante &lt;i&gt;guerre contre la terreur&lt;/i&gt; qui a suivi ces &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion de Mitchell part d'un constat troublant : il y a une confusion entre image et r&#233;alit&#233; &#8211; intentionnelle ou non-intentionnelle &#8211; et cette confusion t&#233;moigne d'une nouvelle crise de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La manipulation des images&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le photographe allemand Thomas Hoepker (*1936, vit &#224; New York, membre de l'agence Magnum depuis 1989) a pris une image le 11 septembre 2001 sur le Hudson River pr&#232;s de Brooklyn qui est devenue une ic&#244;ne : la photographie la plus controvers&#233;e de cet &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/00-9-11-911-thomas-hoepker-brooklyn-river-people.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/00-9-11-911-thomas-hoepker-brooklyn-river-people-aa57c.jpg?1772198834' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Thomas Hoepker, USA. Brooklyn, New York. September 11, 2001
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cinq personnes sont assises au soleil et discutent pendant que la fum&#233;e noire monte sur Manhattan et enveloppe la ville &#224; l'horizon. Hoepker n'avait pas publi&#233; cette image &#224; la suite des &#233;v&#233;nements, car il ne la trouvait pas assez claire et repr&#233;sentative dans cette situation de catastrophe. Lorsqu'elle fut malgr&#233; tout expos&#233;e &#224; Munich cinq ans apr&#232;s les faits, cette image d&#233;clencha un grand d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; paraissait un &#233;ditorial qui &#233;pinglait l'image comme exemple de l'insouciance am&#233;ricaine, mentalit&#233; moralement abjecte : prendre un bain de soleil face &#224; la catastrophe. En r&#233;ponse, &#171; Slate &#187;, un magazine en ligne appartenant au &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt;, publiait un contre-article, avan&#231;ant la th&#232;se que les personnes assises sur la promenade au bord de l'Hudson river pourraient tout aussi bien &#234;tre en train de discuter tr&#232;s s&#233;rieusement des &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulaient sous leurs yeux. Suite &#224; cette discussion, deux des personnes sur la photographie se manifestaient et t&#233;moignaient qu'ils &#233;taient effectivement en train de parler des &#233;v&#233;nements, avec des inconnus, rencontr&#233;s sur place, et d&#233;mentissaient ainsi d&#233;finitivement la version du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; en donnant raison au contre-article, tout en reprochant au photographe que l'image ne soit pas assez claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le photographe lui-m&#234;me prenait officiellement position et soulignait que cette photo avait touch&#233; beaucoup de personnes pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle &#233;tait ambigu&#235;. Mais il se posait la question de savoir si cette photo ne repr&#233;sentait finalement que le mensonge sournois d'une image instantan&#233;e qui ignore le temps avant et apr&#232;s le moment o&#249; le photographe appuie sur le d&#233;clencheur. C'est bien le centre du probl&#232;me, cette image est devenue une ic&#244;ne parce qu'elle t&#233;moigne de la potencialit&#233; des images &#224; &#234;tre manipul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iconoclasme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le World Trade Center &#233;tait un complexe comprenant en tout sept immeubles d'affaires &#8211; dont les fameux tours jumelles &#8211; situ&#233; dans le bas de Manhattan. Il fut construit par l'architecte Minoru Yamasaki &#224; partir de 1953 et inaugur&#233; en 1973. Les deux tours jumelles devenaient rapidement un symbole pour la ville de New York, pour les &#201;tats-Unis ainsi que pour leur pouvoir &#233;conomique &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction du World Trade Center &#233;tait donc &#224; la fois un acte terroriste et un acte iconoclaste : il s'agissait de la destruction d'une image et par l&#224; de la cr&#233;ation d'une nouvelle image, qui est celle de la destruction. Autrement dit : l'image des tours, symbole de pouvoir, a &#233;t&#233; remplac&#233;e par l'image des tours d&#233;truites, symbole de la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de dire que le gouvernement am&#233;ricain a d&#233;cid&#233; de r&#233;pondre &#224; cet acte terroriste par une guerre. La question se pose, si cette r&#233;ponse a &#233;t&#233; ad&#233;quate, ou plus pr&#233;cis&#233;ment pourquoi elle ne l'a pas &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, une autre guerre s'amor&#231;ait, appel&#233;e la guerre contre la terreur (traduction probl&#233;matique en Fran&#231;ais d'ailleurs, car en France on parlait g&#233;n&#233;ralement de la guerre contre le terrorisme), c'&#233;tait une guerre des images, plus encore, cette guerre &#233;tait elle-m&#234;me une image. Selon Mitchell, la guerre contre la terreur est une &#171; conception imaginaire et m&#233;taphorique devenue r&#233;alit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W.J.T Mitchell : Cloning Terror. Ou la guerre des images du 11 septembre au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#233;taphores et images sont des &#171; erreurs &#187; pures et simples. D'un point de vue logique, une m&#233;taphore est une erreur cat&#233;gorielle, tandis qu'une image constitue une simulation ou une imitation, non une r&#233;alit&#233;. D&#232;s lors, mener une guerre contre la terreur est litt&#233;ralement impossible et aussi peu sens&#233; que de mener une &#171; guerre contre l'angoisse &#187;. Cette guerre est pourtant devenue une incontestable r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle et historique au cours de la premi&#232;re d&#233;cennie du XXIe si&#232;cle, litt&#233;ralis&#233;e et actualis&#233;e par la plus puissante machine militaire de la plan&#232;te. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibid., p. 17&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une m&#233;taphore qui a &#233;t&#233; prise pour r&#233;alit&#233;, ou plus pr&#233;cis&#233;ment, elle a &#233;t&#233; rendue r&#233;elle par la d&#233;cision des &#201;tats-Unis d'attaquer l'Irak. Pour Mitchell ce n'&#233;tait pas coh&#233;rent que de mobiliser une arm&#233;e contre un ennemi imaginaire. Imaginaire ne voulant ici pas dire un ennemi qui n'existe pas, mais un ennemi qui ne peut &#234;tre localis&#233;. C'&#233;tait une guerre sans objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les attentats du World Trade Center n'avaient aucune signification militaire. Il s'agissait de produire un spectacle qui traumatiserait une nation enti&#232;re &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibid., p. 47&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et un peu plus loin : &#171; D'innombrables commentateurs l'ont bien s&#251;r martel&#233; : La Guerre contre la Terreur n'a rien de m&#233;taphorique. Et ils ont raison en un sens, car la m&#233;taphore ne s'est que trop litt&#233;ralis&#233;e et r&#233;alis&#233;e dans les faits &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibid., p. 48&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement, la r&#233;action n'&#233;tait pas coh&#233;rente, mais elle a aggrav&#233; les choses. Pour Mitchell elle ne fait que repr&#233;senter l'incapacit&#233; des &#201;tats-Unis &#224; traiter de l'histoire et de la r&#233;alit&#233; et de surmonter les effets pathologiques de l'&#233;v&#233;nement, autrement dit, c'&#233;tait choisir un rem&#232;de qui, selon Mitchell, n'a fait qu'acc&#233;l&#233;rer les effets de la maladie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. : W.J.T Mitchell, conf&#233;rence du 30 novembre 2006 (en anglais) :&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La relation image/texte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste am&#233;ricaine Jenny Holzer (*1950, vit &#224; New York) se sert dans son travail essentiellement de textes qu'elle introduit sous forme de visuels dans l'espace public afin d'interpeller le spectateur. Elle se revendique elle-m&#234;me comme artiste publique. Selon elle, l'art doit non seulement &#234;tre dans la rue, mais doit aussi utiliser les moyens de communication les plus visibles, afin d'&#234;tre per&#231;u par le plus grand nombre de personnes les plus diff&#233;renci&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH383/02-large-45883.jpg?1772198834' width='500' height='383' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jenny Holzer, For The City. New York, 2004-5
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un long silence suite aux &#233;v&#233;nements du 11 septembre 2001, Jenny Holzer pr&#233;sente une s&#233;rie d'&#339;uvres, redessinant le paysage politique aux &#201;tats-Unis apr&#232;s le 11 septembre et relan&#231;ant le d&#233;bat sur les op&#233;rations officieuses du gouvernement am&#233;ricain : abus de prisonniers, trag&#233;dies en Irak, en Afghanistan et &#224; Guantanamo Bay.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L457xH600/10-large-1b293.jpg?1509821226' width='457' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jenny Holzer, For The City. New York, 2004-5
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle se sert de formulaires, lettres, empreintes digitales, mails et messages internes entr&#233;s dans le domaine public depuis l'Acte de libert&#233; d'information (Freedom of Information Act). Les documents sont plus ou moins morcel&#233;s ou effac&#233;s par la censure. Jenny Holzer les transforme en peintures avec un rendu tr&#232;s proche des s&#233;rigraphies de Warhol.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1062 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L459xH600/11-large-e05b9.jpg?1509821226' width='459' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jenny Holzer, For The City. New York, 2004-5
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2004-2005 elle a r&#233;alis&#233; des projections lumineuses dans la ville de New York, intitul&#233;es &lt;i&gt;For the City&lt;/i&gt;. Il s'agissait d'abord de trois projections &#224; la Cath&#233;drale de Saint John the Divine et &#224; la Cooper Union &#224; downtown Manhattan et au Bethesda Fountain au Central Park, et ensuite de deux projections suppl&#233;mentaires au Rockefeller Centre et &#224; la Bobst-Library de la New York University. Pour ces projections elle utilisait les m&#234;mes documents administratifs que pour les tableaux, mais &#233;galement toutes sortes de textes po&#233;tiques d'auteurs de nationalit&#233;s et d'horizons tr&#232;s divers. La diff&#233;rence dans l'utilisation de la langue entre documents informatifs et politiquement relevants et la po&#233;sie ne pourrait &#234;tre plus frappante. Son geste de reprise de ces textes, d&#233;nu&#233; de tout jugement de valeur ou de consid&#233;ration sur le bien et le mal servirait, selon l'artiste, &#224; s'approcher le plus possible de la v&#233;rit&#233; dans le sens le plus vague du terme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L460xH600/06-large-7e8c3.jpg?1509821226' width='460' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jenny Holzer, For The City. New York, 2004-5
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#171; Toute histoire renferme en r&#233;alit&#233; deux histoires : l'histoire des faits tels qu'ils se sont d&#233;roul&#233;s (&#171; ce qui s'est produit &#187;) et l'histoire des faits tels qu'ils ont &#233;t&#233; per&#231;us (&#171; ce qui s'est dit &#187;). La premi&#232;re porte sur les &#233;v&#233;nements ; la seconde sur les images et les mots qui d&#233;finissent le cadre au sein duquel ces &#233;v&#233;nements acqui&#232;rent une signification &#187; ou encore &#171; ce qui en a &#233;t&#233; dit en vue de la justifier, de l'expliquer et de la relater &#187; constate Mitchell.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W.J.T Mitchell : Cloning Terror. Ou la guerre des images du 11 septembre au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L462xH600/13-large-47047.jpg?1509821226' width='462' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jenny Holzer, For The City. New York, 2004-5
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un probl&#232;me nouveau, tout comme toutes les guerres ont bien aussi &#233;t&#233; des guerres d'images, mais ce qui a chang&#233;, c'est d'abord la quantit&#233; d'images et de commentaires qui circulent et surtout le temps de r&#233;action. Gr&#226;ce aux nouvelles technologies et aux r&#233;seaux sur Internet, les images circulent presque simultan&#233;ment avec les &#233;v&#233;nements, &#171; en temps r&#233;el &#187; comme l'on dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rupture d'&#233;chelle se traduit n&#233;cessairement par une crise de l'image, ce qui nous am&#232;ne au c&#339;ur du probl&#232;me : l'image &#224; l'&#226;ge biotechnologique ou du pictorial turn au bionic turn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; pictorial turn &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, Mitchell avait pos&#233; les fondements de sa pens&#233;e sur les images et le rapport image/texte avec la publication de &lt;i&gt;Picture Theory&lt;/i&gt;. Ce livre avait fait l'objet de deux s&#233;ances du s&#233;minaire en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Mitchell lui-m&#234;me qui avait forg&#233; la notion du &#171; pictorial turn &#187; dont il expose les principaux tenants dans le premier chapitre de l'ouvrage. Il y montre comment la pens&#233;e moderne s'est r&#233;orient&#233;e autour de paradigmes visuels qui semblent menacer et renverser toute possibilit&#233; de ma&#238;trise par le discours et traiter de l'image &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; la th&#233;orie et de la th&#233;orie comme imagerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tournure reprend une formule de Richard Rorty qui avait parl&#233; de &#171; linguistic turn &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard McKay Rorty, philosophe am&#233;ricain (1931-2007), figure centrale du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans la pr&#233;face d'une collection de textes publi&#233; en 1967 sous ce m&#234;me titre, Rorty a attaqu&#233; la philosophie analytique du langage qui, toujours attach&#233;e &#224; une th&#233;orie de la reconnaissance, essaie de r&#233;soudre des probl&#232;mes philosophiques en r&#233;formant le langage (construire un langage id&#233;al) ou de mieux comprendre le langage. Rorty consid&#232;re que les deux tentatives ont &#233;chou&#233; car, selon lui, une th&#233;orie de la reconnaissance est fondamentalement impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui int&#233;resse Mitchell, c'est que Rorty pr&#233;sente un mod&#232;le historique syst&#233;matique qui est proche de celui que nous retrouvons entre autre chez Vil&#233;m Flusser :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Antiquit&#233; et le Moyen &#194;ge connaissaient une philosophie des choses, du XVIIe au XIXe si&#232;cle elle &#233;tait remplac&#233;e par une philosophie des id&#233;es. Au XXe si&#232;cle finalement nous sommes pass&#233;s &#224; une philosophie des mots, c'est le linguistic turn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement cela veut dire que la textualit&#233; et le discours sont les mod&#232;les pr&#233;dominants pour expliquer et comprendre le monde. &#171; La soci&#233;t&#233; est un texte &#187; et les m&#233;thodes de la s&#233;miotique, linguistique et rh&#233;torique sont appliqu&#233;es dans toutes les disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; linguistic turn &#187; qui culmine &#224; la fin des ann&#233;es 60 et au d&#233;but des ann&#233;es 70, serait donc, selon Mitchell, dans les ann&#233;es 80 suivi d'un &#171; pictorial turn &#187;, c'est-&#224;-dire la pr&#233;dominance absolue des images et d'une compr&#233;hension du monde bas&#233;e sur et s'articulant &#224; travers des images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on accepte cette id&#233;e - partag&#233;e notamment par Flusser, m&#234;me s'il y a des diff&#233;rences par rapport &#224; la date de ce tournant - on est confront&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; d'introduire une science de l'image, une m&#233;thode de communication et de compr&#233;hension visuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; pictorial turn &#187; consiste en deux ph&#233;nom&#232;nes : la reproductibilit&#233; m&#233;canique des images qui est &#224; son origine, nous a donn&#233; 1) plus d'images et 2) la n&#233;cessit&#233; de penser le monde en images. Depuis, nous sommes pass&#233;s dans un &#226;ge post-benjaminien et nous affrontons actuellement un nouveau tournant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce second tournant dans le r&#233;gime des images est ce que Mitchell nomme le &#171; bionic turn &#187;. La reproductibilit&#233; des images n'est d&#233;sormais plus m&#233;canique, mais digitale et conna&#238;t des parall&#232;les dans le domaine de la biologie, o&#249; nous sommes d&#233;sormais capables de produire des copies g&#233;n&#233;tiques, des clones. Le clonage intervient de mani&#232;re surprenante dans cette histoire, comme m&#233;taphore ou m&#233;tapiction, et comme mod&#232;le pour parler de ce nouveau r&#233;gime des images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; bionic turn &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans l'&#232;re qui s'est ouverte avec le 11 Septembre, la nouveaut&#233; n'est pas le terrorisme. &#192; cet &#233;gard, le parall&#232;le avec l'innovation historique du clonage humain et animal est frappant. Depuis Aristote au moins, l'&#171; imitation de la vie &#187;, la cr&#233;ation de la r&#233;plique vivante d'un organisme &#233;taient des buts assign&#233;s &#224; l'art, &#224; l'esth&#233;tique et &#224; la technologie de l'image. Avec le progr&#232;s des biotechnologies, ce qui n'&#233;tait que &#171; m&#233;taphore &#187; est devenu techniquement et litt&#233;ralement possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, d&#232;s lors qu'il est devenu une r&#233;alit&#233; technique et mat&#233;rielle, le clonage s'est vu rem&#233;taphoris&#233; pour d&#233;signer diverses formes de copiage, d'imitation et de reproduction. Autrement dit, il est devenu une &#171; image de la production d'images &#187;, une m&#233;tapiction. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W.J.T Mitchell : Cloning Terror ou la guerre des images du 11 septembre au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion de m&#233;tapiction (meta-picture en Anglais) est centrale dans la pens&#233;e de Mitchell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Meta-pictures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de m&#233;tapiction d&#233;signe l'image &lt;i&gt;comme&lt;/i&gt; th&#233;orie, comme r&#233;flexion second-degr&#233; de la pratique de la repr&#233;sentation picturale et demande &#224; savoir ce que les images nous disent lorsqu'elles &lt;br class='autobr' /&gt;
s'auto-th&#233;orisent (ou s'auto-d&#233;crivent). C'est une tentative d'&#233;tablir une nouvelle iconographie &#224; partir des images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant de m&#233;tapiction, Mitchell parle d'images sur images, c'est-&#224;-dire d'images qui se r&#233;f&#232;rent &#224; elles-m&#234;mes ou &#224; d'autres images, autrement dit des images qui montrent ce que c'est qu'une image. Nombreux sont les th&#233;oriciens qui ont parl&#233; de ce ph&#233;nom&#232;ne : Clement Greenberg, Michael Fried, Thierry de Duve, Ernst H. Gombrich, Michel Foucault, mais le probl&#232;me de la relation entre image et texte se pose toujours. Le &#171; meta-picture &#187; ne pr&#233;sente pas de solution &#224; ce probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Metapictures make visible the impossibility of a strict meta-language, a second-order representation that stands free of its first-order target. They also reveal the inextricable weaving together of representation and discourse, the imbrication of visual and verbal experience. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W.J.T. Mitchell : Picture Theory. Essays on Verbal and Visual (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de base &#233;tant la relation entre image et texte, la question est de savoir si la langue est le moyen de parler de l'image, ou si l'image est le moyen de parler de l'image ou comment cette relation peut &#234;tre articul&#233;e autrement et de mani&#232;re &#224; arriver &#224; un r&#233;sultat, c'est-&#224;-dire, arriver &#224; parler des images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie binaire pr&#233;dominante ne servant pas &#224; repr&#233;senter la relation entre images et textes, Mitchell essaie donc de la remplacer par une id&#233;e dialectique, qu'il nomme l' &#171; imagetexte &#187; et qui se transformera par la suite dans le concept d'une nouvelle iconologie et trouve son &#233;cho dans la pens&#233;e de la d&#233;construction selon Derrida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iconologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L' &#171; iconologie &#187;, c'est-&#224;-dire l'&#233;tude des images &#224; travers les m&#233;dias. D'un point de vue iconologique, les images constituent &#224; la fois des entit&#233;s verbales et visuelles, des m&#233;taphores et des symboles graphiques. Elles sont tout &#224; la fois des concepts, des objets, des formes mat&#233;rielles et symboliques. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W.J.T. Mitchell : Cloning Terror ou la guerre des images du 11 septembre au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'iconologie selon Mitchell est une science de l'image qui regarde &#224; la fois la signification (iconographie), l'action (ou efficacit&#233;), et la vie (seconde nature). Ce dernier aspect n&#233;cessite de consid&#233;rer l'image non comme une entit&#233; fig&#233;e (ce qui a longtemps sembl&#233; &#234;tre l'essence de la photographie) mais comme un organisme &#224; facettes multiples qui a la capacit&#233; de se reproduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de l'image active n'est pas nouvelle. Elle appara&#238;t dans l'&#339;uvre de Mitchell &#233;galement d&#232;s 1994, mais il ne l'associe pas directement &#224; l'image. Il en parle par rapport au paysage &#8211; qui par ailleurs n'est rien d'autre qu'une image &#8211; une m&#233;tapiction, certes, mais une image n&#233;anmoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'introduction d'un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Landscape and power&lt;/i&gt;, Mitchell distingue deux courants majeurs dans la consid&#233;ration du paysage. Selon le premier, qualifi&#233; de contemplatif, la lecture d'un paysage se fait sur la base de l'histoire de la peinture, tandis que pour le second, qualifi&#233; d'interpr&#233;tatif, le paysage est une all&#233;gorie dont la signification psychologique ou id&#233;ologique se d&#233;chiffre selon les m&#233;thodes s&#233;miotiques et herm&#233;neutiques. Le premier est associ&#233; au modernisme et le deuxi&#232;me au postmodernisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de Mitchell &#233;tait de joindre ces deux lectures en une nouvelle approche qui, au lieu de demander ce que le paysage est ou ce qu'il signifie, pose la question de savoir ce qu'il fait. Autrement dit, au lieu de consid&#233;rer le paysage comme un objet &#224; contempler ou un texte &#224; interpr&#233;ter, Mitchell y voit un proc&#233;d&#233; formant des identit&#233;s sociales et subjectives et interroge son identit&#233; en tant qu'acteur culturel. Pour articuler cette d&#233;marche il propose de transformer le mot paysage de substantif en verbe.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W.J.T. Mitchell (ed.) : Landscape and Power, Chicago, Univ. of Chicago (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De nos jours, surtout &#224; l'&#233;poque de la Guerre contre la Terreur et de la Guerre des Clones, nous ne pouvons plus nous contenter d'&#233;tudier la signification et l'efficacit&#233; des images. Nous devons nous pencher sur la fa&#231;on dont elles vivent et se meuvent, dont elles &#233;voluent et mutent, ainsi que sur les besoins, les d&#233;sirs et les demandes qu'elles incarnent, elles qui g&#233;n&#232;rent les affects et les &#233;motions animant les &#171; structures de sentiment &#187; de notre temps. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;W.J.T. Mitchell : Cloning Terror ou la guerre des images du 11 septembre au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est nouveau ici, c'est l'id&#233;e d'une image vivante qui est articul&#233;e en faisant &#224; la fois recours &#224; la philosophie ancienne et au concept biologique du clonage et fait ressurgir la peur de l'image comme double.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) dans son acception traditionnelle, l'iconologie est une discipline interpr&#233;tative qui s'int&#233;resse aux significations des images dans leur contexte historique. Plus r&#233;cemment, on a mis l'accent sur le &lt;i&gt;pouvoir&lt;/i&gt; qu'exercent les images sur le comportement humain. Ces deux approches demeurent indispensables, mais il nous faut les compl&#233;ter par un mod&#232;le plus ancien, celui de l'image vivante. Comme le r&#233;v&#233;lait Aristote, et comme l'ont compris toutes les cultures anciennes, les images sont des imitations de la vie qui constituent de fait une &#171; seconde nature &#187;. Les r&#233;cits religieux de la cr&#233;ation du monde invoquent presque invariablement un moment o&#249; des images sont cr&#233;&#233;es, puis port&#233;es &#224; la vie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibid., p. 19&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode ad&#233;quate pour traduire cette iconlogie de l'image vivante en pratique lui semble &#234;tre la m&#233;thode de la d&#233;construction selon Derrida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne suffit pas d'indiquer qu'une m&#233;taphore repose sur une erreur ou qu'une image manque de r&#233;alit&#233;. Il est tout aussi important de comprendre le processus qui conf&#232;re une litt&#233;ralit&#233; au m&#233;taphorique et une r&#233;alit&#233; &#224; l'image. Cela implique de renoncer &#224; l' &#171; iconoclasme critique &#187;, cette strat&#233;gie classique de l'iconologue qui lui permet de remporter des victoires faciles en exposant le caract&#232;re irr&#233;el et m&#233;taphorique de l'ic&#244;ne. Invoquer le sens commun pour d&#233;noncer abruptement le caract&#232;re illusoire des images ne servirait tout bonnement &#224; rien. En lieu et place, il nous faut une m&#233;thode qui reconnaisse et englobe &#224; la fois l'irr&#233;alit&#233; des images et leur r&#233;alit&#233; op&#233;ratoire. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibid., p. 18&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;construction selon Derrida est certes une m&#233;thode philosophique, mais avant tout une pratique d'analyse textuelle. Apr&#232;s avoir longuement r&#233;fl&#233;chi sur le rapport entre image et texte et essay&#233; de poser la probl&#233;matique en partant de l'image avec le &#171; pictorial turn &#187;, ce tournant dans la pens&#233;e de Mitchell peut surprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que Derrida suscite l'int&#233;r&#234;t de Mitchell avec son concept de la diff&#233;rance, car il pose le probl&#232;me de la repr&#233;sentation en dehors de la comparaison, sans &#233;tablir de structure de r&#233;f&#233;rence et de relation binaire et surtout qu'il l'aborde avec un concept actif. C'est cette d&#233;marche que Mitchell tente d'appliquer &#224; l'analyse des images dans la deuxi&#232;me partie du livre pour parler des images apparues &#224; la suite du 11 septembre 2001.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W.J.T Mitchell : &lt;i&gt;Cloning Terror. Ou la guerre des images du 11 septembre au pr&#233;sent&lt;/i&gt;, Paris, Les prairies ordinaires, 2011, p. 10&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibid., p. 17&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibid., p. 47&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibid., p. 48&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. : W.J.T Mitchell, conf&#233;rence du 30 novembre 2006 (en anglais) : &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=yqb8eTK1aMs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=yqb8eTK1aMs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W.J.T Mitchell : &lt;i&gt;Cloning Terror. Ou la guerre des images du 11 septembre au pr&#233;sent&lt;/i&gt;, Paris, Les prairies ordinaires, 2011, p. 9&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Richard McKay Rorty, philosophe am&#233;ricain (1931-2007), figure centrale du post-structuralisme am&#233;ricain, proche du n&#233;o-pragmatisme et du lib&#233;ralisme politique, dont l'&#339;uvre reste tr&#232;s controvers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W.J.T Mitchell : &lt;i&gt;Cloning Terror ou la guerre des images du 11 septembre au pr&#233;sent&lt;/i&gt;, Paris, Les prairies ordinaires, 2011, p. 48-49&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W.J.T. Mitchell : &lt;i&gt;Picture Theory. Essays on Verbal and Visual Representation&lt;/i&gt;, Chicago, Univ. of Chicago Press, 1994, p. 83&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W.J.T. Mitchell : &lt;i&gt;Cloning Terror ou la guerre des images du 11 septembre au pr&#233;sent&lt;/i&gt;, Paris, Les prairies ordinaires, 2011, p. 17&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W.J.T. Mitchell (ed.) : &lt;i&gt;Landscape and Power&lt;/i&gt;, Chicago, Univ. of Chicago Press, 1994, p. 1-2&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;W.J.T. Mitchell : &lt;i&gt;Cloning Terror ou la guerre des images du 11 septembre au pr&#233;sent&lt;/i&gt;, Paris, Les prairies ordinaires, 2011, p. 20&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibid., p. 19&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibid., p. 18&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Images d'introduction : &lt;br class='autobr' /&gt;
Jenny Holzer - Truisms&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>II - Fabriquer des images &#224; travers les v&#234;tements</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Seminaire-2011-2012-II-Fabriquer</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Seminaire-2011-2012-II-Fabriquer</guid>
		<dc:date>2011-11-02T02:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;minaire</dc:subject>
		<dc:subject>costume/v&#234;tement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Emanuele Coccia consid&#232;re que la &#171; facult&#233; sensible &#187; est la base de l'existence humaine et que cette facult&#233; s'articule principalement dans la production et la compr&#233;hension d'images. Se v&#234;tir revient selon Coccia &#224; se produire soi-m&#234;me en image. Ce nouveau corps &#8211; qui n'est d'autre que l'image &#8211; cr&#233;e par le v&#234;tement est un corps vide et correspond &#224; notre facult&#233; de transformation, plus pr&#233;cis&#233;ment notre facult&#233; de transformer toute sorte de chose en notre peau et inversement de nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/2011-2012-Vivre-comme-une-image" rel="directory"&gt;2011-2012 &#034;Vivre comme une image&#034; Images et politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/seminaire" rel="tag"&gt;s&#233;minaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/costume-vetement" rel="tag"&gt;costume/v&#234;tement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH118/arton140-d949f.jpg?1772198835' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Emanuele Coccia consid&#232;re que la &#171; facult&#233; sensible &#187; est la base de l'existence humaine et que cette facult&#233; s'articule principalement dans la production et la compr&#233;hension d'images. Se v&#234;tir revient selon Coccia &#224; se produire soi-m&#234;me en image. Ce nouveau corps &#8211; qui n'est d'autre que l'image &#8211; cr&#233;e par le v&#234;tement est un corps vide et correspond &#224; notre facult&#233; de transformation, plus pr&#233;cis&#233;ment notre facult&#233; de transformer toute sorte de chose en notre peau et inversement de nous incarner dans toute sorte de chose&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que la m&#233;taphysique du v&#234;tement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Emanuele Coccia consid&#232;re que la &#171; facult&#233; sensible &#187; est la base de l'existence humaine et que cette facult&#233; s'articule principalement dans la production et la compr&#233;hension d'images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la facult&#233; cognitive, l'&#234;tre humain se sert de ses cinq sens et de sa &#171; puissance perceptive &#187; pour appr&#233;hender le monde. Le sens de la vision y joue un r&#244;le important dans la mesure o&#249; il donne acc&#232;s aux images. Pour Coccia, les images sont constitutives de ce qu'il appelle &#171; la vie sensible &#187; : &#171; La vie sensible est la vie rendue possible par les images, la vie que les images rendent possible &#187; (page 121).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e existentielle de l'image est certes issue d'une d&#233;marche ph&#233;nom&#233;nologique mais se base sur la reconnaissance de l'&#234;tre humain en tant que sujet suite &#224; l'exp&#233;rience du miroir d&#233;crite par Lacan : &#171; Si ce n'est qu'en acqu&#233;rant une image ext&#233;rieure que l'enfant d'homme devient sujet, c'est parce que les images ont le pouvoir d'engendrer et de donner forme &#224; l'espace psychique inconscient, un pouvoir qui va bien au-del&#224; des simples fonctions gnos&#233;ologiques. &#187; (page 121)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'homme poss&#232;de deux facult&#233;s principales qui se r&#233;sument dans la pens&#233;e et le sensible. Le &#171; je pense donc je suis &#187; sera ici remplac&#233; par un &#171; je sens donc je suis &#187; et le sensible est chez Coccia synonyme de l'image. Image, tel que ce terme est employ&#233; ici, veut toujours dire deux choses : l'image comme objet et l'image comme facult&#233; de figurer le monde. Il est donc double-relationnel, il d&#233;signe &#224; la fois un processus et son r&#233;sultat, de la m&#234;me mani&#232;re que la notion de repr&#233;sentation. L'image est donc plus qu'un moyen de prendre connaissance ou de percevoir le monde : &#171; La vie sensible est la vie rendue possible par les images, la vie que les images rendent possible. (&#8230;) De la m&#234;me mani&#232;re les images (le sensible) existent en nous sous d'autres formes que celles de la connaissance et de la perception. (&#8230;) L'homme ne cesse d'acqu&#233;rir du sensible et d'en restituer au monde. (&#8230;) L'homme est donc lui aussi, par rapport au reste du monde, un m&#233;dium qui acquiert et restitue du sensible au monde, &#224; commencer par lui-m&#234;me, sa propre esp&#232;ce sensible, sa propre image, sa propre apparence. &#187; (pages 121-122).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est donc &#224; la fois producteur et r&#233;cepteur d'images. La distinction que Coccia fait entre perception et acquisition n'est pas toute &#224; fait claire, mais l'acquisition semble ici synonyme d'incorporation, mais pas au niveau des id&#233;es mais &#224; un niveau sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus grand enjeu pour l'homme m&#233;dium est le v&#234;tement et au sens large, toute intervention qu'il applique sur lui-m&#234;me &#224; des fins de repr&#233;sentation ou d'apparence et donc de production d'image. Se v&#234;tir est selon Coccia l'acte par excellence d' &#171; acqu&#233;rir physiquement &#187; et d' &#171; incorporer un sensible ext&#233;rieur &#187; (page 122) et &#171; notre relation avec les images &#187;, sa &#171; nature &#187; et sa &#171; r&#233;alit&#233; &#187;, s'explique seulement par l'acte de de v&#234;tir (page 123).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le fait que le v&#234;tement est porteur d'un nombre infini d'informations de l'ordre utilitaires, sociologiques, historiques et symboliques, l'habit qualifie l'homme et le distingue des animaux et des dieux. Mais c'est notamment quand l'habit cesse de r&#233;pondre &#224; des besoins pr&#233;cis ou des fins utiles et qu'il arr&#234;te d'&#234;tre porteur de symbolique qu'il devient porteur de sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci semble d'autant plus vrai quand on regarde les ph&#233;nom&#232;nes adjacents du v&#234;tement, tel le maquillage, les coiffures, les bijoux &#8211; qui, pour Coccia ne r&#233;pondent qu'&#224; des fins ornementales. L'ornement est, selon Coccia, l'&#233;l&#233;ment le plus &#233;loign&#233; de nous, car il n'a pas de rapport organique ni avec nous, ni avec le monde. Il constitue simplement un &#233;tat de chose, et nous sert &#224; v&#233;hiculer notre vie et notre subjectivit&#233;. L'ornement est un ph&#233;nom&#232;ne int&#233;ressant, car il peut, outre ses qualit&#233;s d&#233;coratives &#234;tre porteur de signification et devenir image.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le grotesque &#8211; l'ornement comme image&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le grotesque est un style d'ornement qui appara&#238;t au cours de la Renaissance. Il consiste de motifs singuliers, aussi abstraits que figuratifs, qui se suivent ou se r&#233;p&#232;tent et sont li&#233;s entre eux par des ornements. La composition de ces images ne suit pas les lois statiques de la r&#233;alit&#233; mais instaure une logique imaginaire. Ce n'est pas un ornement d&#233;coratif qui se trouve sur les bords, mais un mode pictural qui peut remplir des murs. Concr&#232;tement il s'agit la plupart du temps d'un ou de plusieurs motifs picturaux qui sont reproduits dans des cadres (illusion d'espace) et li&#233;s entre eux par des formes ornementales, parmi lesquelles on peut &#233;galement trouver des reproductions d'autres figures et personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ornement grotesque cr&#233;e un lien entre l'espace illusionniste de la repr&#233;sentation picturale et la surface d&#233;corative de l'ornement, il fait coexister le repr&#233;sentation de la r&#233;alit&#233; d'un objet et la structure abstraite et formelle de l'ornement dans un m&#234;me espace pictural. Image et repr&#233;sentation se confondent. L'image est mise en sc&#232;ne comme image et int&#233;gr&#233;e dans un autre espace qu'est un espace pictural et d&#233;coratif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pour nous rendre absolument reconnaissables, nous nous confondons avec quelque chose qui ne nous appartient pas. (&#8230;) Une portion &#233;trang&#232;re &#224; notre corps, faite seulement d'images, parvient &#224; v&#233;hiculer et &#224; exprimer plus que ne le font notre corps anatomique, notre &#226;me, sa psychologie, son caract&#232;re. &#187; (pages 124-125).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le v&#234;tement nous nous identifions avec un objet, un &#171; trait du monde &#187; qui exprime notre subjectivit&#233; : &#171; Dans toute cosm&#233;tique, l'individu habite les choses dans la mesure o&#249; les choses deviennent sa forme. &#187; (page 125). Et c'est cette chose qui, par le fait que nous l'utilisons pour figurer notre subjectivit&#233;, devient une part de nous-m&#234;mes, ce processus est donc r&#233;ciproque : &#171; On a l'habitude de d&#233;finir le mouvement spirituel propre au moi comme la force de se reconna&#238;tre en quelque chose d'ext&#233;rieur, qui devient par ce mouvement quelque chose de propre &#224; soi. &#187; (page 125).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le v&#234;tement comme image&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est selon Coccia impossible de s&#233;parer l'individu (le moi) du monde et il n'y a pas mieux que le v&#234;tement pour le d&#233;montrer. Le v&#234;tement &#8211; et par prolongation : l'image &#8211; devient alors la condition pour notre existence en tant qu'individus dans ce monde : &#171; Ne peut dire moi que celui qui sait se maquiller. &#187; (page 126) Le v&#234;tement est un corps &#233;tranger &#224; notre corps dont nous servons pour faire appara&#238;tre notre corps : &#171; Ce corps secondaire qui s'incarne &#224; chaque fois dans les v&#234;tements (toujours soutenus par le corps anatomique) n'est pas fait de chair mais simplement d'apparence. Et c'est toujours dans le m&#233;dium de ce corps non anatomique que le corps appara&#238;t, se donne &#224; voir, se r&#233;v&#232;le. &#187; (pages 127-128).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se v&#234;tir revient selon Coccia &#224; se produire soi-m&#234;me en image. Ce nouveau corps &#8211; qui n'est d'autre que l'image &#8211; cr&#233;&#233; par le v&#234;tement est un corps vide et correspond &#224; notre facult&#233; de transformation, plus pr&#233;cis&#233;ment notre facult&#233; de transformer toute sorte de chose en notre peau et inversement de nous incarner dans toute sorte de chose : &#171; (&#8230;) c'est la facult&#233; de transformer l'absolu impropre en un absolument propre ; et vice versa celle de transf&#233;rer (d'ali&#233;ner) le propre (ce qu'il y a pour nous de plus intime) en ce qui est absolument &#233;tranger. &#187; (page 128).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nudit&#233; ne peut en aucun cas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme &#233;tat id&#233;al, oppos&#233; au v&#234;tement, ou le pr&#233;c&#233;dant, elle en est plut&#244;t le compl&#233;ment : &#171; (&#8230;) s'habiller est la capacit&#233; d'&#234;tre nu hors de soi, par corps interpos&#233;. Vice versa, la nudit&#233; est la facult&#233; de s'ali&#233;ner ce qui constitue notre peau, de nous reconna&#238;tre au-del&#224; de notre apparence. (&#8230;) La vie humaine est la tension qui existe entre v&#234;tement et nudit&#233;. &#187; (page 129).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le v&#234;tement humain est une coupure &#224; l'int&#233;rieur de l'homme, non pas entre le corps et l'ext&#233;rieur, mais entre le corps anatomique et un corps proth&#233;tique et purement virtuel. Les v&#234;tements et le corps sont deux r&#233;alit&#233;s d'un m&#234;me corps. Le v&#234;tement est seulement une portion de corps s&#233;par&#233;e selon l'&#234;tre et l'apparence. &#187; (page 129).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite histoire de la chemise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du XVe au XVIIIe si&#232;cle hommes et femmes portent des chemises. Elles sont amples et coup&#233;es simplement en forme d'un T. Les manches sont larges et finissent dans des manchettes &#233;troites ferm&#233;es par un bouton. Des volants en tissu ou dentelle ornaient le cou et les manches, ces cols et manchettes &#233;taient soit cousus sur la chemise, soit ind&#233;pendants de la chemise et pouvaient &#234;tre attach&#233;s et enlev&#233;s selon les besoins et occasions. La chemise descendait g&#233;n&#233;ralement jusqu'aux genoux. C'&#233;tait le seul dessous (on commence &#224; porter des culottes seulement au XVIIe si&#232;cle) et elle servait de jour comme sous v&#234;tement et de nuit comme chemise de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb468|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chemise avait une double fonction : comme on ne se lavait peu ou pas du tout, elle &#233;tait un garant de hygi&#232;ne et prot&#233;geait le corps &#8211; et comme les v&#234;tements ne pouvaient pour la plupart pas &#234;tre lav&#233;s &#224; cause des tissus pr&#233;cieux, broderies, peintures appliqu&#233;es &#224; leur surface, elle prot&#233;geait &#233;galement le v&#234;tement. Certains hommes portaient des chemises en coton sous leurs chemises de soie pour ne pas ab&#238;mer le tissu et aussi les dames portaient deux chemises : la premi&#232;re, &#171; vraie &#187; chemise et une deuxi&#232;me comme robe sous la robe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chemise repr&#233;sentait la propret&#233;. C'&#233;tait un signe de richesse de pouvoir changer de chemise tous les jours, voire plusieurs fois par jour, d'o&#249; les dictons changer de &#8230; comme de chemise, donner sa derni&#232;re chemise. La chemise &#233;tait une sorte de seconde peau. Qu'elle &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme telle montrent des coutumes, ainsi enveloppait-on le nouveau n&#233; dans une chemise de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On porte des chemises en Europe depuis le IIIe si&#232;cle. Selon l'&#233;poque, on l'a montre ou pas. G&#233;n&#233;ralement, elle apparaissait au niveau du cou, avec le col. Quelques fois on peut l'apercevoir hauteur de la taille, entre la veste et le pantalon chez les hommes. Au XIVe si&#232;cle, les v&#234;tements sont tr&#232;s serr&#233;s, mais on les coupe pour faire ressortir soit la chemise blanche, soit des doublures appliqu&#233;es &#224; cet effet. On a aussi utilis&#233; des rubans que l'on nouait autour du bras pour donner du volume au tissu de la chemise qui d&#233;passait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accessoires de la chemise deviennent rapidement des &#233;l&#233;ments ornementaux de premi&#232;re ordre. G&#233;n&#233;ralement fabriqu&#233;s dans des mat&#233;riaux pr&#233;cieux, cols et manchettes sont port&#233;s comme des bijoux. Les fraises, qui n&#233;cessitaient des m&#232;tres de tissus pr&#233;cieux, se voient d'ailleurs sanctionn&#233;es par des lois contre le gaspillage de la richesse en Espagne. Aux Pays-Bas on porte des cols en dentelle plats qui couvrent les &#233;paules &#8211; &#224; voir notamment dans la peinture de Van Dyck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb476|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au VIe si&#232;cle, le d&#233;collet&#233; glisse vers le bas &#8211; pour les hommes et pour les femmes. La chemise des femmes a un col tr&#232;s large qui s'ajuste avec un ruban &#224; la taille du d&#233;collet&#233; de la robe. Mais les dentelles que l'on peut distinguer autour du d&#233;collet&#233; des dames sont rarement celles des chemises. En g&#233;n&#233;ral, on les fixait directement &#224; la robe. En France on porte des cols et manchettes en plusieurs couches de dentelle &#8211; le jabot pour les hommes et les engageantes pour les dames. La chemise des hommes est fendue sur la poitrine jusqu'au nombril et on y attache le jabot en dentelles qui reste visible m&#234;me sous la veste, car elle ne se ferme qu'&#224; hauteur de la taille avec un bouton, pour faire appara&#238;tre le jabot dans toute sa splendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb481|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la fin de l'aristocratie disparaissent toutes ces formes exub&#233;rantes pour laisser place &#224; des codes vestimentaires sobres. On porte des chemises ouvertes avec de simples cols sans dentelle et jabot. Les hommes se nouent des cravates autour du cou qui peuvent prendre des dimensions semblables &#224; celles du jabot, mais ne seront jamais associ&#233;es &#224; la frivolit&#233; et au luxe. Les dames portent la chemise comme seule et unique robe &#8211; c'est le mode &#224; grecque du Directoire &#8211; voir les tableaux de Jacques-Louis David et d'Ingres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb477|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le linge joue un r&#244;le important dans la soci&#233;t&#233; depuis son apparition. D'abord r&#233;serv&#233; aux riches et nobles, il se d&#233;mocratise au cours du XVIIIe si&#232;cle et devient une pr&#233;occupation de la bourgeoisie qui copie la mode de la cour et r&#233;pand ses significations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la chemise est plus qu'un v&#234;tement. Situ&#233; entre la nudit&#233; et le v&#234;tement elle devient porteuse de signification &#233;rotique. Elle r&#233;pond aux d&#233;sir de d&#233;voiler et de voiler le corps. Ce qui est particuli&#232;rement vrai au XVIIe si&#232;cle qui est une &#233;poque sensuelle o&#249; l'on cherche avant tout &#224; stimuler les sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb471|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la chemise et de la lingerie illustre bien comment l'homme se cr&#233;e un deuxi&#232;me corps &#224; travers le v&#234;tement qui lui est un corps-image. Ce deuxi&#232;me corps dont parle Coccia, le corps virtuel, est d&#233;sign&#233; par &#171; une facult&#233; d'incorporation des corps &#233;trangers (facult&#233; des v&#234;tements) &#187; (page 130) et leur appropriation. Cet autre corps, proth&#233;tique et virtuel, est donc le corps sensible, celui qui fait image, l'image - et le v&#234;tement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Se v&#234;tir - donner forme au corps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le v&#234;tement a toujours servi &#224; mettre en valeur le corps ou plus exactement &#224; lui donner une forme. Cette forme est tr&#232;s souvent conditionn&#233;e par des id&#233;es sur la beaut&#233; (des images) qui sont pour la plupart en relation la sexualit&#233;. Ainsi reproche-t-on &#224; la mode du XVIIIe si&#232;cle de pr&#233;senter le corps f&#233;minin en permanente &#233;rection : le corset poussant les seins vers l'avant et les bras vers l'arri&#232;re. Juste un peu avant, au XVIe si&#232;cle, on avait cach&#233; les seins dans un corset de forme plate et conique, sur lequel on appliquait des perles en forme de cercles &#224; l'endroit des seins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#234;tement peut donc se d&#233;tacher compl&#232;tement de la r&#233;alit&#233; du corps anatomique et former un corps &#224; part qui ne r&#233;pond pas &#224; la r&#233;alit&#233; du corps qui le porte mais &#224; la r&#233;alit&#233; d'une image. Le v&#234;tement devient un art visuel, il cr&#233;e des fictions pour les corps qu'elle articule selon son propre vocabulaire po&#233;tique. Le v&#234;tement ne refl&#232;te pas l'environnement social de son porteur, mais cr&#233;e une image de ce corps. L'image (le portrait peint) joue un r&#244;le important dans ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#234;tement est donc la premi&#232;re image que nous produisons de nous-m&#234;mes. Elle se situe au croisement entre le monde int&#233;rieur et le monde ext&#233;rieur. Elle constitue &#224; la fois une ext&#233;riorisation de notre corps et une int&#233;riorisation du monde. C'est la base de notre vie, car nous n'existons qu'&#224; travers les images, telle est la m&#233;taphysique du v&#234;tement selon Coccia.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La mode et la facult&#233; m&#233;diatrice de l'homme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire ne s'arr&#234;te pas avec v&#234;tement, il y a aussi la mode : &#171; La mode est un processus d'identification qui op&#232;re avec des instruments non psychologiques. Ce n'est pas seulement l'int&#233;riorisation de l'image dans le miroir qui nous permet de devenir un moi, mais le fait d'assumer toute image quelle qu'elle soit qui est capable de nous faire appara&#238;tre d'une certaine mani&#232;re. &#187; (page 130).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mode correspond selon Coccia au fait que nous nous identifions &#224; l'image &#8211; pas intellectuellement, mais &#171; sensiblement &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; (&#8230;) avec la mode, c'est nous qui devenons image devant le monde et &#224; l'ext&#233;rieur de nous. &#187; La mode est en cela oppos&#233;e &#224; la conscience o&#249; &#171; le monde se fait image face &#224; nous et en nous (...) &#187; (page 130).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mode est donc li&#233;e &#224; notre condition de m&#233;dium dont il a &#233;t&#233; question plus haut. &#171; Dans la mode c'est nous-m&#234;mes qui nous transformons en un m&#233;dium, nous qui devenons le m&#233;dium de notre propre existence en tant qu'images. &#187; (page 131)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La facult&#233; de l'homme d'&#234;tre m&#233;dium est donc identique avec la mode, autrement dit, c'est gr&#226;ce &#224; la mode que l'homme devient m&#233;dium. La mode est pour Coccia non pas un ph&#233;nom&#232;ne al&#233;atoire et futile mais un mode de vie : &#171; Peut-&#234;tre n'appelons-nous vie que ce qui ne peut se transformer sous la forme d'une coutume, d'une mode : est vivant non celui qui a une substance, mais celui qui ne peut acc&#233;der &#224; sa substance propre qu'&#224; travers une coutume (un costume), une mode. Est en vie non pas celui qui a un &#234;tre, mais des modes d'&#234;tre. &#187; (page 120)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble utile de distinguer entre mode et v&#234;tement. Le monde a g&#233;n&#233;r&#233; nombre de mani&#232;res pour s'habiller depuis le d&#233;but de l'histoire, mais la mode qui fait irruption vers la fin du Moyen &#194;ge, est un syst&#232;me singulier qui se distingue de tout autre code vestimentaire et qui a produit une histoire visuelle du v&#234;tement unique au monde. La mode joue le risque, est subversive et avance de mani&#232;re irr&#233;guli&#232;re. Elle affecte le v&#234;tement dans sa totalit&#233; (coupes, tissus) ainsi que les d&#233;tails (accessoires). Elle est impr&#233;visible, irrationnelle, diversifi&#233;e. C'est la mode qui apporte la dimension ornementale que Coccia souligne : un ornement d&#233;pourvu de sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mode est moderne dans le sens qu'elle se consacre au progr&#232;s &#8211; social et personnel &#8211; et qu'elle c&#233;l&#232;bre la libre modification plut&#244;t que la pr&#233;servation des formes. La mode est un art (moderne) et une forme de repr&#233;sentation visuelle et picturale. Elle n'est pas le miroir de la soci&#233;t&#233;. Elle cr&#233;e des s&#233;quences d 'images qui sont des projections de la vie, nourries par des id&#233;es plus ou moins conscientes d'un imaginaire collectif en permanente mutation. La mode se distingue de toutes les soci&#233;t&#233;s traditionnelles o&#249; les v&#234;tements sont stables et o&#249; toute nouveaut&#233; est assimil&#233;e ou tout simplement ajout&#233;e sans pour autant changer la forme d'origine. Ces v&#234;tements sont imm&#233;diatement lisibles comme indicateurs sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Oswenka</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Oswenka</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Oswenka</guid>
		<dc:date>2011-10-18T20:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>
		<dc:subject>costume/v&#234;tement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#034;Number 10, number 10&#034; appelle le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie. Rapidement mais sans h&#226;te il traverse la salle, v&#234;tu d'un costume &#233;l&#233;gant, tout en rayures noir et blanc. Il monte les marches qui m&#232;nent &#224; la sc&#232;ne, se tourne et s'approche de la rampe o&#249; il s'immobilise en joignant les mains. Tous les regards se posent sur lui.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Villes" rel="directory"&gt;Villes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Afrique-du-sud" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/costume-vetement" rel="tag"&gt;costume/v&#234;tement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton111-bc20a.jpg?1772203095' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Number 10, number 10&#034; appelle le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie. Rapidement mais sans h&#226;te il traverse la salle, v&#234;tu d'un costume &#233;l&#233;gant, tout en rayures noires et blanches. Il monte les marches qui m&#232;nent &#224; la sc&#232;ne, se tourne et s'approche de la rampe o&#249; il s'immobilise en joignant les mains. Tous les regards se posent sur lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'incline respectueusement devant son juge en levant les yeux. Il porte deux bagues &#224; la main gauche et un papillon blanc. Sur le revers de sa veste brille une broche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du haut de la sc&#232;ne il pose son regard sur le juge et ne le l&#226;chera plus des yeux. Il ne voit que lui, les personnes dans la salle lui sont indiff&#233;rentes. Lorsqu'il avance le bras gauche, la manche de sa veste glisse en arri&#232;re et d&#233;couvre la montre qui orne son avant-bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pos&#233;ment, il avance le pied gauche et le soul&#232;ve du sol. Tous les regards glissent le long de sa jambe en fr&#244;lant ses socquettes et s'attardent sur ses chaussures avant de remonter le long de son corps. Il se redresse en suivant les regards et tourne sur lui m&#234;me comme sur un pas de danse. Jamais il ne l&#226;che son juge des yeux, sauf &#224; cet instant o&#249; il se montre de dos. Progressivement il ouvre sa veste et laisse entrevoir l'&#233;tiquette &#224; l'int&#233;rieur : Giorgio Armani. Lentement il enl&#232;ve la veste. En dessous il porte un gilet &#224; rayures et une chemise noire dont les manchettes doubl&#233;es de blanc sont l&#233;g&#232;rement repli&#233;es sur les bords et tenues par des boutons de manchettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se tourne &#224; nouveau en faisant un geste de la main comme pour mettre en garde. D'un pas tranquille et lent il fl&#226;ne le long de la sc&#232;ne dans le fond, en tenant la veste dans une main et en glissant l'autre main dans la poche de son pantalon. Ses mouvements sont fluides, ses pas mesur&#233;s. Il suit un rythme int&#233;rieur. Arriv&#233; au bout, il se retourne. Il se redresse majestueusement et marque un temps d'arr&#234;t, puis avec un geste entra&#238;nant de la main gauche revient d'un pas plus vif vers le milieu et l'avant de la sc&#232;ne. En tenant la veste pli&#233;e en deux dans la main droite de fa&#231;on &#224; ce que l'on voie la broche et le mouchoir en soie noire dans la poche poitrine, il s'incline &#224; nouveau, l&#233;g&#232;rement, comme pour tirer la r&#233;v&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avance l&#233;g&#232;rement son pied gauche et tient le bras gauche &#224; hauteur de sa poitrine. Tout y est &#224; la fois. Pendant un instant, il se d&#233;couvre enti&#232;rement jusqu'au moindre d&#233;tail et s'immobilise juste le temps de le parcourir du regard de haut en bas et d'en faire l'inventaire : la somme d'un habit &#233;l&#233;gant et de tous ses accessoires, parfait jusque dans le moindre d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doucement il se retire et se tourne &#224; nouveau avec un l&#233;ger sourire sur le bout des l&#232;vres. D'un geste nonchalant il remet sa veste. D'abord une premi&#232;re manche. Encore une occasion de pr&#233;senter la main gauche avec la montre et les bagues. Ensuite l'autre manche. Il s'arr&#234;te au milieu de la sc&#232;ne et avance. Il s'incline &#224; nouveau devant le juge en joignant ses mains, le regard toujours pos&#233; sur les yeux du juge. Il tient son regard, le marque d'un hochement l&#233;ger de la t&#234;te, comme pour s'en assurer, puis se retourne et s'en va. Il y a un murmure dans la salle. Quelques personnes applaudissent. Le juge se penche sur son papier et prend note.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La ville de l'eau</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-ville-de-l-eau</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/La-ville-de-l-eau</guid>
		<dc:date>2011-10-18T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>cityscape</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous nous sommes baign&#233;s pendant plus d'une heure. Il y avait du monde sur le petit bout de plage surveill&#233;, le seul endroit o&#249; la baignade &#233;tait autoris&#233;e. Les vagues &#233;taient hautes et le courant fort. La mar&#233;e &#233;tait en train de monter. Nous avons rempli des bouteilles d'eau de mer, une pour chacun. Ceux qui &#233;taient rest&#233;s sur la plage ont ajout&#233; une poign&#233;e de sable. Il ne faut pas oublier le sable, car si elle ne contient que de l'eau, la bouteille est vide.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Villes" rel="directory"&gt;Villes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/cityscape" rel="tag"&gt;cityscape&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Afrique-du-sud" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton110-8f6b9.jpg?1772203095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dimanche matin. Nous nous sommes baign&#233;s pendant plus d'une heure. Il y avait du monde sur le petit bout de plage surveill&#233;, le seul endroit o&#249; la baignade &#233;tait autoris&#233;e. Les vagues &#233;taient hautes et le courant fort. La mar&#233;e &#233;tait en train de monter. Nous avons rempli des bouteilles d'eau de mer, une pour chacun. Ceux qui &#233;taient rest&#233;s sur la plage ont ajout&#233; une poign&#233;e de sable. Il ne faut pas oublier le sable, car si elle ne contient que de l'eau, la bouteille est vide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand nous &#233;tions sur le d&#233;part, un petit groupe de fid&#232;les arrivait sur la plage avec des tambours. Ils chantaient et priaient face &#224; la mer. Ils portaient les uniformes vert et bleu de l'&#233;glise Zion. Certains s'avan&#231;aient dans l'eau, leur v&#234;tement flottant autour d'eux. Le soleil faisait briller les cha&#238;nes dor&#233;es et autres objets qu'ils avaient sur eux. Quelques m&#232;tres plus loin la houle couvrait presque enti&#232;rement leurs voix, mais les chants continuaient &#224; flotter dans l'air, port&#233;s par le vent, et nous accompagnaient en marchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau de mer sert &#224; chasser les mauvais esprits, elle prot&#232;ge. Les gens se baignent pour se purifier et ils remplissent des bouteilles d'eau de mer pour en ramener chez eux. C'est aussi un m&#233;dicament, certains en boivent dans des moments difficiles ou de d&#233;tresse. Il y en a m&#234;me qui dorment avec une bouteille sous l'oreiller pour retrouver la clart&#233; d'esprit dans une situation compliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille de mon d&#233;part en Europe je suis inqui&#232;te et anxieuse. Je me souviens de la bouteille que j'avais gard&#233;e pr&#232;s de moi. Elle est toujours &#224; l'endroit o&#249; je l'avais pos&#233;e, dans la salle de bains, &#224; c&#244;t&#233; de la baignoire. Avant de me coucher je bois une gorg&#233;e d'eau de mer, cette eau que j'avais cueillie dans l'Oc&#233;an Indien une semaine auparavant, et je m'endors avec la bouteille sous l'oreiller. Je dors mal, soit par appr&#233;hension du voyage, soit &#224; cause de la bouteille sous mon oreiller, mais je suis apais&#233;e et parfaitement calme quand je me r&#233;veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb385|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
