mercredi 30 septembre 2020

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Manière de faire ce qui se chante encore ou la mort de Rowshan

(Ferdowsi : Livre des Rois, chant et dotâr, Rowshan Golafruz) — Seconde partie

, Joël Roussiez

Rowshan, tu meurs dans un songe, le malheur est sur toi sans honneur. On le dit comme on peut, on l’a dit comme ce fut.

IV

Le nouveau régent, et notre cavalier, je le dis nôtre car on s’attache à lui, dût s’occuper d’organiser le mouvement des troupeaux, la perception des redevances, les embauches, les mariages dont les responsabilités sont grandes. Qui s’allie avec qui, voilà une affaire sérieuse. Mais notre cavalier s’y prenait bien, il eut même compliment du Bey au sujet d’une affaire d’alliance. Isah était la fiancée, Mahmud le fiancé, tous deux seraient héritiers de grands biens, de beaucoup au-dessus des ceux du Grand Bey. On donna au père de l’une une place lointaine et très honorifique, au père de l’autre une place tout aussi favorable. Les amants ne purent se voir de longtemps, et le temps aidant… Le temps aide, voilà que nous avançons dans l’histoire de notre cavalier, de sa cavale qui dans le troupeau fut saisie par l’étalon noir, le magnifique Igradèch. Naquit une pouliche mais à qui revient-elle ? Au Cavalier, au Bey qui fait saillir ? Et l’ancien régent dans les trames et les intrigues pousse des racontars, élargit les rumeurs, favorise la jactance, on le dit comme ça. Alors sous la tente de deux ares, dans le village de Lisaphan, on entend ce qui ne s’entend pas, des bruits courent sur le Cavalier, d’où vient-il, que veut-il, à qui la pouliche de droit, plus belle, on ne vit ! Mais la vie continue, fuite devant soi, et l’histoire progresse, je le dis comme il faut. Le Cavalier s’enrichit bientôt voilà qu’il s’amourache, c’est ainsi que ce fut exprimé, de la fille du Bey qui est très belle, il faut dire ce qui est. Japha, c’est son nom, des cheveux noirs, noirs sont ses cheveux sous un léger foulard, mèches lourdes, couleuvres de jais qui s’ourlent jusqu’aux reins. Qui les a vus, a vu ce qui séduit ! Mais les yeux ! Les yeux, c’est la brûlure, escarbille de feu sous les plumes ténébreuses, regard qui égare, flèche, poignard, le Cavalier blessé, hagard, il se laissa frapper, je le dis ! … Puis l’ancien régent, cabale obscure, voyant l’intrigue qui se noue, révèle au Bey ce qui est en cours. Le Bey sait déjà, tout cela est su, c’est le piège qu’il tend, il veut voir où la traîtrise se glisse, où l’honnêteté s’affirme, il veut saisir de l’homme le déshonneur, la droiture, l’honneur ou la fourberie. Il veut saisir la manière qui distingue le vrai du faux. Je le dis sans façon : la pouliche grandit, le Cavalier au profit du Bey la cède. C’est le cadeau qui plaît, on dresse déjà la jeune jument et à la corde, elle répond docilement. Vient alors l’heure des comptes, un jour en effet, c’est le jour des comptes. Le Cavalier, et régent pour nous autres, rend ce qu’il doit rendre, partage, évalue, projette et distribue. Le Bey en est content mais survient l’intendant, il manque dix moutons et trois vaches, les comptes ne sont pas bons, un cheval en surplus a disparu. Le Bey furieux de son protégé argue qu’il conspire contre lui, sa fille, la belle Japha ne se plaint pas de lui, pourtant il lui manque de respect, l’ancien régent ne l’a-t-il pas vu lui offrir un mouchoir de dentelle ? Et ce mouchoir, aïe, aïe, aïe, à qui fut-il qui n’est plus ? Qui n’est plus : Leila, Ali, on le sait, mais à qui la dentelle ? Voici le Bey furieux, accusant l’intrigue derrière le cadeau, la pouliche nerveuse, bientôt jument fine et forte, sœur de Rakhch le cheval de Rostam. Aïe, voilà clos le débat, le mouchoir est montré, c’est celui-ci, c’est bien lui. Mais Japha n’est pas là, Bey, elle peut, elle seule, dire ce qu’il en est : un amour partagé… Un amour partagé sans le père sachant ; quel partage, quelle honte ! L’ancien régent accuse. Alors de la petite foule réunie pour juger, sort un homme pâle, un sage d’autrefois, barbe longue et cheveux épars, visages de vieillesse, parchemin de savoir ; c’est celui qui s’exprime : moi qui ai beaucoup lu et beaucoup appris… Il connaît le mouchoir, il fut celui de son ami, le vénérable Amjad en la tribu des Yaouzi au-delà du fleuve Mahad. De lui, le mouchoir parvint à son fils Ali qui le donna à Rowshan qui est ce cavalier-là, celui-là dont le père refusa la main de Leila : affront et colère sont nés de l’orgueil des pères ! Et le Bey qui est père, en sa gorge retient et la colère et le sanglot, on le dit confusément mais on chante : furieux et triste celui qui montre les dents pleure avec ses yeux ! Il s’arrache les cheveux, sort son poignard, veut fendre sa veste atteindre le cœur puis soudain se rue sur le Cavalier, le retient à la ceinture, ses muscles sont puissants, sa colère est grande, le Cavalier ne se défend pas, tu es mon père, contre toi je ne lèverai pas le bras, fais ce que tu dois ! Soudain la main, voyez la main, la main du Bey, la voilà sans force, pince brisée, griffe retirée : qu’on amène Japha, ma fille bien aimée ! Alors, je raconte, que vint fièrement la fille du grand Bey, de la tente de deux ares, elle est sortie déjà. Autour, on se déplace, place, place, le Grand Bey la réclame, elle avance parmi les siens, les ânes et les poules écartent leurs ménages, les enfants de tous âges s’inquiètent, silencieux sous les caresses, bouche bée, ils observent. Avance donc Japha, c’est elle au pied léger, le vent, une brise, un souffle dans ses vêtements, et ses yeux, soleil sur les eaux, et les sourcils, plumes de faisan noir, et ses joues, pétale de deux roses, elle avance rapidement. Le Bey : viens, approche, vois-tu celui-ci ? Il présente le Cavalier : veux-tu de lui ? Et la belle Japha, sourire inquiet – oui inquiet – car qui sait ? Je le dis. Japha, perles de fins diamants entre les rubis de ses lèvres, n’ouvre la bouche que très peu sans un mot. Le Bey à son admiration, n’en attend pas davantage, il comprend. Et la petite foule retient le harcèlement de son sang, respire à peine et prépare les you-you. Mais, aïe-aïe, encore, le régent, l’ancien, ça va de soi, criaille : qu’en est-il des comptes ? Il en veut à ta fortune, Bey ! Le Bey blêmit, saisit l’ancien régent, le jette dans la foule, horreur il se relève saute sur le Cavalier, veut éteindre sa vie : ta fortune, la voici !

Qu’arriva-t-il ensuite que je n’aie pas encore dit ? Je le dis bientôt.

V

Les lignes de fins diamants s’écartent, bouche entrouverte c’est un cri qui s’élance du cœur et ne peut être retenu, Japha sous la crainte du malheur hurle soudain l’effroi qui dresse les cheveux. Aïe ! L’ancien régent, rancœur insensée, âme égarée, d’un couteau de boucher veut trancher du Cavalier la tête, d’une pauvre lame faite pour égorger, il veut ôter sa vie, c’est bien assez ! Pas de poignard, de sabre, ni d’épée : voici pour toi ! L’honneur est bafoué, passe encore la vengeance mais la bassesse déshonore le Bey qui lance alors une lame fine, lame de Tolède, flèche vive de feu, poignard qui transperce entre les omoplates du régent vicieux qui s’écroule. Boire le sang du traître même le sable s’y refuse et ce ne sont que les mouches qui pompent avidement la gelée gluante dont le rouge noircit. Je le dis, flaque noire qui tache l’endroit, personne n’y passe sans cracher ! Le Cavalier alors s’avance vers le Bey, s’agenouille à ses pieds réclame sur ses cheveux la main du père qui protège, avoue ce qu’il aime et Japha ferme deux lèvres de rubis tandis que ses yeux pleurent. L’amour fait souffrir, qui ne le sait ? Éh, éh oui, je le raconte : voici la joie ! Le Père accepte la liaison, on fera mariage grandiose et bombance de dix jours, venez mes chers enfants, embrassez votre père. Voici la mère qui pleure, et la sœur et le frère, tous embrassent chacun, on l’a ainsi décrit : et même les gens de la troupe se mêlent à la mêlée. La pouliche sera pour la fille du Bey, Japha, ainsi elle revient au Cavalier qui héritera bientôt : je suis vieux, il me faut songer à partir, dit le Bey. Le frère nullement, nullement le frère, ni la sœur ne s’en offusquent car leur revient aussi leur part, l’île de Mendorh et d’autres territoires de pâture… Ainsi s’arrange donc l’histoire, le mariage a bien lieu, on le croit, on l’a dit. Il y eut bombance de dix jours, de loin, on vint offrir des parfums, des nattes, des tapis, des chèvres aussi, des moutons et des bœufs, et puis force vaisselle d’or, d’argent et d’étain ; harnachements de Cordoue, lames de forge de Tolède, eau de rose de Konya, de Cappadoce, on porta des fruits et le guano de pigeon ; quelques chameaux déblatérèrent, ceux de l’homme riche, oncle de Japha qui venait de loin, d’un pays qu’on rencontre à la remonte du fleuve Mahad sur la droite dans les vallées sèches mais riches de sels et de pierres remarquables. Père de Laila, c’était lui, du fils de son frère, c’était l’oncle d’Ali… Wouip, wouip, de l’une, parent de première ligne, de l’autre de seconde. Il voit le Cavalier, ne le reconnaît, félicite le garçon, félicite sa nièce, félicite l’un et l’autre et leur trouve bonne mine, sans façon est l’homme riche des vallées sèches, sans apprêt, c’est un homme fort et simple, on le décrit ainsi. Voici donc, je le dis, la nuit première de la fête, celle qui unira les corps. Tard, très tard s’épuisent les chansons et les plats, tard, très tard les amants épuisés vont au lit sous un dais de fleurs et de lin. L’amour est consommé dès cette première nuit. Le bonheur pétille derrière les yeux cernés. On recommence, aux lendemains qui chantent, on exprime sa joie ! Le rossignol, la fauvette chantent, les lourdes têtes des palmiers dansent, sous le soleil clément les tables sont remises, les gâteaux, les gigots reviennent. A dix jours, le vieil oncle déclare : maintenant il faut reprendre la tâche, je vais rentrer. On se quitte, le dire ainsi est exact. Embrassades cependant, pleurs parfois : quand donc nous reverrons-nous ? Le Bey en fait la demande. Tu me l’enverras, répond le frère de sa femme, l’oncle de Japha, Japha, perles de nacre, regard adamantin… Il lui serait, oui, il lui serait agréable de la voir chez lui, avec celui-ci, ce neveu, mari de sa nièce : que Dieu les ait en sa clémence ! Et il s’en va, il s’en va l’Oncle bienheureux, il regagne par le désert son lieu, son endroit de terres sèches mais prodigues, c’est ainsi qu’on l’a décrit. Il est accompagné d’un unique serviteur, on ne l’a pas dit, ils chevauchent de concert avec prudence, les dunes sont les dunes, ici était le chemin des caravanes, le voici disparu, un autre est né. Ils chevauchent et soudain, voici qu’ils découvrent entre deux dunes resserrées, deux dunes hautes et rapprochées, rares dunes qui se suivent et laissent entre leurs flancs une vallée, une crevasse profonde, on peut le dire ainsi ; ils découvrent donc une cavale sur le flanc couchée et sans vie semble-t-il et la montant encore coincé, le cavalier par son burnous mêlé aux harnais de cuir : un harnachement précieux, déclare le serviteur. Le serviteur propose, l’Oncle dispose, propose le serviteur de descendre, d’y prendre la bride, le mors, les rênes, les étriers, les étrivières, la sous-ventrière, et la selle, les quartiers s’il se peut ! Le burnous ? Le burnous, tu n’y penses pas ! L’Oncle s’en offusque, existe-t-il un honneur pour le voleur ? Quoiqu’il en soit, je le dis comme ça vient, le serviteur descend prend ce qu’il peut, l’Oncle s’est éloigné maussade, maussade on le dit, car il faut bien faire le feu du bois qui se présente. Qui passe à côté du butin, peut-il être respecté ? L’Oncle, à l’ombre de sa monture, accepte l’occasion. Le serviteur montre bientôt les pièces de harnais. Quel est ce sigle déjà vu, à qui appartient-il ? Ah mais, à qui donc, l’Oncle a pris de l’âge, il s’en rend compte, il le regrette, mais à qui donc ce sceau ? On chevauche vers chez soi, la route est longe et pénible après les sables, c’est la pierre. Yep, yep ! Il faut encourager les bêtes, on cavale tant bien que mal, voici le lit d’un oued, caillasse et galets font trébucher, l’Oncle tombe soudain et il saigne au front, le serviteur veut essuyer le sang : ôte-toi, ôte te dis-je, ne suis-je pas le père ? Où est donc ma fille, Leila que je n’ai protégée ? Un homme l’aurait égorgée, cela se peut-il ? Qui l’a vu ? Et l’Oncle se lamente en essuyant son front. Il se redresse soudain, soudain, cela lui revient d’un homme, un cavalier avec belle cavale on l’appelait, comment donc qu’on l’appelait, peux-tu le dire ? Rowshan, c’était son nom ; Rowshan, un bel homme, n’était-ce pas son ami ? Oui, son ami c’était, le serviteur confirme et l’homme, père de Leila, s’étonne assis dans le lit asséché : qu’est-il devenu ? On ne sait !... Bientôt maître et serviteur, chevauchent à nouveau, voici la vallée sèche et les falaises qui la bordent, sinueux est le chemin qui contourne les vieux rocs, mille ans peut-être qu’ils sont là ! L’Oncle s’en soucie : où serais-je bientôt ? Et puis ça lui revient, Rowshan et sa cavale, belle bête ; les sigles, les poinçons, le décor de la selle, oui, c’est bien ça, c’est bien eux. Montre voir ce que c’est ? On s’arrête, on déballe et voilà, c’est bien ça : la bride, les étrivières, la selle, les étriers et voici le R de son nom ! Le conte raconte ceci, je le dis : … Un cavalier partit, puis dans la crevasse de sable coincé sous la cavale, tous deux se débattaient contre l’ensevelissement puis de guerre lasse abandonnant la lutte, dormant et donc rêvant. Il partit et la route devant lui était comme le mirage d’une piste, un cavalier fuyait, franchissant le désert, nageant dans le fleuve Mahad, comme une éponge lourde dérivant jusqu’à l’île Mehrod où le sauva un homme qui avait un âne et le conduisit au Bey qui l’éleva au grade de régent, le maria à sa fille mais l’Oncle le reconnut comme celui qui avait fui Leila, sa fille ; et peut-être, il faut que ce soit éclairci, avait, est-ce possible, tué celle-ci. Aïe, aïe, aïe que ma tête est confuse, je dis : mais encore qu’en est-il d’Ali ? Ali et Leila tous deux enlacés sur le lit, le sommeil les a pris, Rowshan tardait à venir, il faisait chaud, tous deux s’endormirent et les corps ? Les corps, inspirant, expirant, choses vivantes l’une vers l’autre dans la nuit du sommeil et les brumes des rêves, l’un vers l’autre se mêlant, c’est ainsi qu’on le dit… Dunes sur dunes dans la fuite, la crevasse insurmontable et les deux, cavale et cavalier ensevelis, je ne l’ajoute pas, c’est ainsi, les paroles glissent, les paroles fuient, les paroles se mêlent l’une à l’autre : le Cavalier s’en sort, de la fille du Bey le voilà mari mais l’Oncle devine que c’est lui, que pourrait-il s’ensuivre ?

Comme on finit un rêve en se levant brusquement, dans la crevasse on s’ébroue, on sort du piège, on se secoue et la course reprend, cavalcade éperdue que ne ronge aucun frein, on le dit de cette manière, cavalcade que rien ne retient donc, toute à la fuite étourdie et confuse sans plus d’amour, ni de haine ! Hé, hé, hé ! Des talons s’agace la cavale, du lointain se brouille le regard, toujours devant, l’étendue des sables et puis un cavalier, ombre que les vapeurs mollissent, je le dis ainsi : apparition, miracle ou destin, c’est Ali qui se presse, bientôt il est sur lui, moins fatigué, il rattrape l’ami qui veut fuir : loin de moi ami, amant de Leila, je ne veux plus de toi, laisse courir mon cheval. Ali par la bride retient la cavale qui docile à la main amicale marche doucement, les deux hommes sont proches : qu’y a-t-il, qu’as-tu ? Leila et toi enlacés sur le lit, crois-tu que je n’ai rien vu ? Ah, l’ami, ah mon bon, ce ne sont qu’amicale tendresse, point d’amour je le jure. Tu le jures ? Oui ! Alors tous deux en compagnie, ils gagnent le chemin du retour, Leila par ici ou là, elle attend, voit venir la paire, deux amis de toujours, et son sourire, rubis et diamants, s’élargit mais alors… Alors, écoutez bien, alors vint sur la droite une bande de pillards Houkruz, sabre en main et violence surgie, renoncerait-on au butin qu’on peut prendre facilement. Une femme et deux hommes ce n’est rien, on file, on saute, on cravache les cavales et c’est la course ! Hou, hou, hou, je le chante : c’est la course éreintante, sauve qui peut, chacun roule pour sa vie, n’en est-il pas toujours ainsi ? Leila prise en chasse mais les deux hommes ses amis, les deux hommes, leurs vies sans elle ne les tente plus. Voilà l’appât, voici le gibier, deux hommes à fine monture, richesse dans les ceintures, harnais de luxe, selle kirghize. Soudain, oui soudain il faut le dire ainsi, la surprise est stupeur, un homme, malfrat maudit, homme harcelant la vertu, immonde créature soudain sur les épaules de Leila d’un bond se jette. Elle tombe dans la poussière, se démène, l’homme dessus déjà, l’homme sans honneur, voleur d’hymen et les deux cavaliers harcelés derrière à leur tour tourmentés, on lance contre eux, il faut le croire, un léopard et un lion toutes deux bêtes féroces. Que faire, il n’y a pas de chance, il faut fuir ou mourir. Ali guerrier véloce sur le léopard qu’il blesse mais à son tour ce dernier, voyez comme on l’exprime, la bataille est complexe, ce dernier mord, crocs puissants dans la jambe plantés. Et tombe le cavalier, et le Lion s’entremêle bientôt, à coups de dents se déchire la chair que les fauves se disputent. Voici Rowshan qui survient, il voit le drame, le tragique l’atteint, ah, les pleurs, il en faudrait mais il n’est plus temps, il faut fuir, Rowshan fuit, tu es seul, il y va de ta vie ! Je le dis, je le chante, le malheur est sur lui, point d’honneur dans la fuite, qu’en est-il de l’amante ? Les chiens, les fennecs et les hyènes… Oui, c’est cela que rumine dans sa crevasse le Cavalier Rowshan tandis qu’avec sa cavale, il faiblit et s’endort quand le rêve s’empare de son âme… Rowshan, tu meurs dans un songe, le malheur est sur toi sans honneur. On le dit comme on peut, on l’a dit comme ce fut.