lundi 2 novembre 2020

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Le Voyage dans la boîte - رحلة في الصندوق

Amine Sabir

, Amine Sabir et Martial Verdier

Abdelkrim arrive en Corse pour rapatrier au Maroc le corps de Saïd, son ami décédé dans la précarité. Il doit le rendre à sa famille au pays pour l’enterrer le plus vite possible.

Le Voyage dans la boite - رحلة في الصندوق from TK-21 on Vimeo.

C’est le récit du combat d’un homme, Abdelkrim, chargé d’une mission, rendre la dignité à un ami, immigré marocain en Corse, décédé dans la précarité, en le ramenant dans sa famille de l’autre côté de la Méditerranée où on attend impatiemment le corps pour l’enterrer...

Il doit organiser d’urgence le rapatriement, mais ça devient mission impossible quand il s’aperçoit qu’il n’a pas les moyens financiers de régler les frais de transfert.
L’attente du corps à la morgue est indigne, et insupportable pour Abdelkrim pris entre son incapacité à agir et la famille au Maroc qui réclame.

Il se bat contre la lourdeur administrative qui entrave sa quête.
La banque, les pompes funèbres... certes, tous sont dans leurs rôles, mais ils contribuent à empêcher cette noble mission. C’est aussi un combat contre lui-même et son propre échec à mener à bien cette mission.

Abdelkrim est un homme de la seconde génération des immigrés maghrébins, il n’était pas préparé à vivre une telle expérience. Il découvre et à travers son œil, le spectateur découvre, un monde dont il ignorait le fonctionnement, le tabou de la mort et toute l’économie qui l’entoure.

La communauté marocaine représente 10 % de la population corse et, vivant dans un certain isolement, elle trouve son salut dans l’attachement à ses rituels, dans la solidarité et sa force dans la foi religieuse. Il faut donner le temps au rituel religieux des morts.

À travers les yeux du personnage principal, le spectateur voyage et découvre ce milieu inconnu et invisible. C’est une double peine infligée au défunt, la mort dans la précarité et l’impossibilité d’être enterré auprès de sa famille qui l’attend de l’autre côté de la Méditerranée.

Le film alterne tensions et respiration pour permettre au spectateur de mieux s’identifier au héros.

Amine Sabir :
J’ai suivi en 2012/2013 un master en cinéma dont la finalité était d’écrire et réaliser un court-métrage en Corse produit par le Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques (LE GREC) et l’Université de Corse, et financé par la collectivité Territoriale de Corse.
J’ai commencé à faire des repérages et recherches afin d’écrire et réalisé un film documentaire sur le sujet des rapatriements dans leur pays des défunts marocains de Corse.